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Ardente plénitude

Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi 
Statut : Terminée

« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi 

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"Maman ?" demanda Colleen avec anxiété tout en rôdant autour de Michaela à l'affut de chacun de ses gestes.

"Je ne sens pas de fracture du crâne," répondit Michaela, faisant confiance à ses mains sensibles et expertes pour poser son diagnostic.

"Je suis presque sûre que sa clavicule est cassée, par contre... Heureusement, elle est toujours en place, donc nous n'aurons pas à la toucher... Administrer du chloroforme à un patient avec une blessure à la tête peut être dangereux."

Colleen s'avança aux côtés de son mari et repoussa avec tendresse une mèche de cheveux de son front.

"Réveille-toi, Andrew," pria-t-elle tout bas. "S'il te plaît... pour moi..."

Elle secoua la tête tristement lorsqu'elle n'eut pas de réponse.

"Comment cela a-t-il pu arriver ?" demanda-t-elle dans un murmure. "Tu es toujours si prudent..."

Elle lui prit la main avec amour et la caressa avec son pouce.

"Réveille-toi maintenant," le supplia-t-elle à nouveau.

Michaela cessa de l'examiner un moment pour dire : "Il peut rester inconscient pendant longtemps, ma chérie... ça dépend de la sévérité du coup... Ne t'inquiète pas trop, pas encore..."

Colleen secoua la tête. "Je ne peux pas m'en empêcher, maman... Il a l'air si mal et sans défense..."

Elle toucha tendrement le bleu enflé sur le côté de son visage, entre l'oreille et la tempe et il gémit soudain sans prévenir.

"Maman ?" s'exclama-t-elle avec excitation.

Michaela se déplaça rapidement jusqu'à la tête d'Andrew et lui souleva une paupière.

"Andrew ?" demanda-t-elle doucement.

Il avala sa salive et sa bouche bougea comme s'il voulait parler, mais il gémit à nouveau.

"Tout va bien," dit-elle. "Vous avez eu un accident."

"Tête," gémit Andrew tout bas. "Mal..."

"Vous avez un gros bleu... mais je ne pense pas qu'il y ait une fracture... et votre clavicule pourrait bien être cassée, alors restez immobile, pour l'instant..."

Il avala sa salive et marmonna : "Colleen ?"

La jeune femme s'avança immédiatement.

"Je suis ici avec toi..." dit-elle doucement. "N'essaye pas de bouger, tout ira bien..." Elle lui prit la main et la serra fermement.

Il ferma les yeux, inspira profondément et serra la main de Colleen.

"Combien de temps va-t-il rester allongé comme ça ?" demanda Sully dans un murmure râleur et impatient, ce qui ne lui ressemblait pas.

"Il va rester au lit pendant quelques jours... mais j'ai bien peur qu'il ne soit pas capable de travailler pendant un moment," répondit doucement Michaela tandis qu'ils se tenaient tous les deux sur le palier de la clinique, éclairé d'une lampe.

"Tu vas rester ?"

"Oui... jusqu'à ce que je sois sûre qu'il n'ait pas subi un grave coup à la tête..."

Il serra les mâchoires avant d'inspirer profondément.

"Je vais ramener les enfants et Kathleen à la maison..." l'informa-t-il d'une voix basse mais sans appel.

Elle hocha la tête avec résignation. 


okapi  (08.01.2012 à 09:28)

"Je sais que tu t'inquiètes à propos de la maison et de la personne qui est entrée par effraction..." dit-elle doucement. "Vas-y... William et moi resterons ici avec Colleen et Andrew..."

"Assure-toi que quelqu'un soit tout le temps avec toi," l'avertit-il.

"Je ne crains rien ici, Sully," répondit-elle, un peu offensée par ses manières brusques.

Il hocha la tête, apparemment inconscient de la réaction de sa femme.

"Tu as tout ce qu'il te faut pour la nuit ? Et pour William ? Tu veux que moi ou Matthew te rapportions quelque chose ?"

Se décidant à affronter son côté revêche, elle répondit d'une voix charmeuse : "Toi, tu pourrais revenir et me tenir compagnie ?"

Il secoua immédiatement la tête. "Je ne veux pas laisser les enfants seuls... on ne sait pas ce qui pourrait arriver..."

"Bien sûr," acquiesça-t-elle. "Je plaisantais..."

"Je ne suis pas d'humeur à plaisanter, Michaela... pas lorsqu'il y a des choses étranges qui se passent par ici," répondit-il en se dirigeant vers les escaliers.

L'espace d'une seconde, il s'arrêta, se tourna pour lui lancer un sourire triste, presque pour se faire pardonner, et il dit : "Dis à Andrew que j'espère qu'il ira bientôt mieux..."

Lorsqu'elle reconnut l'adoucissement de son attitude par un hochement de tête, il descendit les escaliers en vitesse.

 

Michaela jeta un nouveau coup d'oeil d'impatience à l'horloge.

Il était neuf heures passées.

Après une nuit sans repos, elle avait fait toutes les tâches ménagères requises il y avait des heures.

Elle avait été persuadée que Sully et l'un ou plusieurs de leurs enfants seraient arrivés en ville à cette heure.

Andrew allait beaucoup mieux et elle espérait aller au Château voir Bess.

Elle savait que les habitants pardonneraient le fait que la clinique soit fermée une journée, mais elle savait aussi qu'à partir du lendemain, elle devrait travailler à plein temps, et cela voulait dire qu'elle allait aussi devoir s'occuper de la clinique du Château.

Elle avala sa salive.

La dernière chose qu'elle souhaitait, c'était de travailler là-bas régulièrement, mais bien qu'elle y ait beaucoup réfléchi depuis son réveil, elle n'avait pas été capable de trouver une autre solution.

C'était comme si le destin essayait de les mettre, elle et Adrian, au même endroit.

Elle soupira d'exaspération.

Elle regarda à nouveau l'horloge.

Où était Sully ? 


okapi  (09.01.2012 à 13:38)

Elle savait qu'il serait en colère si elle n'était pas là lorsqu'il arriverait enfin, mais ne pouvait-il pas comprendre qu'elle avait aussi des choses à faire ?

Elle regrettait déjà le fait de n'avoir pas eu l'opportunité de retourner voir Bess depuis leur rencontre improbable sur la route, la veille.

Maintenant, elle était déchirée entre réveiller la colère de Sully et être polie avec une amie.

Elle regarda le bébé dormir dans son berceau.

Si elle n'y allait pas bientôt, il se réveillerait et voudrait être nourri.

Elle se dirigea à grandes enjambées vers la patère et prit son châle.

Si Sully n'arrivait pas dans les prochaines cinq minutes, elle envelopperait William et partirait voir Bess toute seule.

 

Aux alentours de dix heures, Sully arriva en cheval à l'atelier du maréchal-ferrant et glissa du dos noisette de l'animal dans un mouvement fluide.

Robert E leva les yeux de là où il était, travaillant au-dessus de sa forge, et hocha la tête pour le saluer.

Tandis que Sully attachait son cheval, le forgeron demanda : "Des nouvelles d'Andrew ?"

Sully haussa les épaules. "Je ne suis pas encore allé à la clinique... Je te ferai savoir plus tard."

Robert E hocha la tête et, alors que Sully approchait, demanda : "Tu as une minute ?"

"Bien sûr," répondit-il. "Qu'y a-t-il ?"

Robert E entra dans l'établi et en ressortit avec l'essieu d'une roue de chariot. "Jette un coup d'oeil à ça," dit-il en le tendant à Sully.

Sully le regarda rapidement et lança un regard interrogateur à son ami. "Qu'est-ce qu'il y a, Robert E ?"

"Regarde-le bien, Sully," suggéra le forgeron, "ça vient du buggy d'Andrew, de la roue qui s'est détachée hier... et qui a causé l'accident... Je l'ai trouvé près de la route, dans l'herbe."

Sully fronça les sourcils et rapprocha l'essieu.

Il plissa les yeux et le rendit à Robert E d'un air spéculateur.

Robert E, lui aussi, l'examina sans y croire.

"Ce sont des marques étranges, n'est-ce pas ?" songea-t-il. "Comme si quelqu'un avait frappé dessus avec un marteau... Je n'ai jamais vu de marques comme ça avant... Pourquoi quelqu'un essaierait-il de faire ça ?"

"Peut-être s'il voulait le desserrer... et n'avait pas les bons outils," suggéra Sully, les dents serrées à cause de la colère qui commençait à bouillonner en lui.

"Hé, tu me connais !" protesta Robert E. "J'ai les bons outils... et je m'assure que tout est bien en place dès qu'un chariot quitte l'atelier..."

"Je ne parlais pas de toi, Robert E," se dépêcha de le rassurer Sully. "Peut-être quelqu'un d'autre..."

"Mais pourquoi ?"

Sully serra les lèvres.

"Beaucoup de choses bizarres se produisent en ce moment... celle-ci en est une de plus," murmura-t-il avec ambiguité.

"Tu parles de la personne qui est entrée par effraction chez toi ?" demanda le forgeron astucieux. "Tu as trouvé quelque chose qui manquait ?"

Sully secoua négativement la tête.

"Rien du tout," répondit-il.

"J'ai tout fouillé, chaque pièce, chaque placard, la grange... rien n'a été déplacé ni cassé... je ne comprends pas."

Robert E regarda à nouveau l'essieu dans sa main. "Je crois que je vais garder ça," dit-il doucement. "Je ne sais pas pourquoi quelqu'un voudrait blesser Andrew, mais si c'est le cas..."

Sully serra les mâchoires tout en réfléchissant à la seule personne dont il était sûr qu'elle gagnerait quelque chose en écartant Andrew pendant un moment, malgré le fait que le jeune docteur aurait pu être tué.

Il donna soudain une tape dans le dos de son ami et sortit de l'atelier.

"Je ferais mieux d'aller à la clinique," dit-il. "Michaela va se demander où je suis..."


okapi  (10.01.2012 à 13:49)

Michaela stoppa le chariot dans l'avant-cour du Château et se demanda à nouveau si c'était une bonne idée, après tout.

En colère après que Sully n'ait pas jugé bon de se montrer à la clinique, elle était partie en faisant la tête, mais plus elle se rapprochait, plus elle devenait incertaine.

Elle regarda William qui, maintenant que le chariot ne bougeait plus, commençait à remuer.

Redressant le dos, résolue, elle descendit du chariot, le prit dans les bras et monta les marches de l'entrée du Château.

Il faisait fraîs à l'intérieur ; tout était calme et accueillant.

Deux couples se dirigeaient vers les sources chaudes et un homme de son âge était assis dans un canapé confortable, il lisait le Denver Post de la veille.

Michaela s'approcha de Josiah, au bureau de réception, aussi discrète que possible.

Il sourit immédiatement lorsqu'il la reconnut.

"Bonjour, Dr..." commença-t-il avant d'être interrompue par la question rapide de Michaela : "Pourriez-vous me dire le numéro de chambre de Madame Bess Maloney, Josiah ?"

"Bien sûr," répondit-il. "Mais je l'ai vue sortir sur le porche, Dr Quinn... on dirait qu'elle va savourer le soleil pendant un moment..."

"Merci," répondit-elle.

"Passez une bonne journée..."

Elle traversa le hall rapidement et sortit sur le porche latéral où plusieurs clients étaient confortablement assis sur les meubles d'osier, bavardant ou lisant.

Un homme plus âgé ne faisait absolument rien, remarqua-t-elle avec amusement.

Sa tête se balançait d'avant en arrière, sa bouche était ouverte et il ronflait de satisfaction.

Elle balaya du regard le reste des clients et son visage s'éclaira lorsqu'elle repéra Bess, assise seule à une table, un livre ouvert sur les genoux.

Elle la regarda un moment. Elle avait un peu changé... Ses cheveux gris clairsemés étaient toujours mal coiffés, mais ses vêtements, autrefois à la mode, la mettaient en valeur et avaient l'air confortable.

Elle sourit et se dirigea aux côtés de la vieille femme.

"Bess ?" dit-elle tout bas pour ne pas lui faire peur.

La vieille femme leva la tête et découvrit la femme et l'enfant se tenant devant elle, dans la lumière du soleil du matin.

"Ah, Dr Quinn," dit-elle doucement avec un petit sourire. "Je vous en prie, asseyez-vous..."

Michaela se déplaça autour de la table et s'assit en face de la vieille femme ; de là, elle pouvait admirer le paysage montagneux et pittoresque éclairé par le soleil pour lequel le Château se vantait.

"Comment va le jeune-homme ?" demanda Bess sans attendre.

"Il est conscient, mais très, très endolori," répondit Michaela en posant William, maintenant bien éveillé, sur ses genoux.

"Il va avoir besoin d'une semaine ou deux pour récupérer... et son épaule va mettre à peu près six semaines avant de revenir à la normale."

Elle regarda la vieille femme qui avait les yeux posés sur le bébé.

"Merci pour tout ce que vous avez fait hier... Si vous n'aviez pas réussi à stopper un peu l'hémorragie..."

Sa voix mourut et elle sourit lorsque Bess agita la main pour écarter ce sujet.


okapi  (11.01.2012 à 14:26)

"Je ne pouvais pas le laisser perdre tout son sang sur la route, Dr Quinn..." répondit-elle. "Je suis contente d'apprendre que ça va aller pour lui..."

Il y eut un long silence, puis elle affirma : "Alors, ce petit être est le bébé que vous attendiez la dernière fois que je vous ai vue ?"

Michaela tourna William pour que Bess le voie mieux.

"Oui... C'est William Joseph," répondit-elle fièrement. "Vous voudriez le prendre ?"

La femme haussa les épaules d'un air indifférent, mais Michaela le lui tendit quand même.

Bess le posa immédiatement contre sa poitrine et lui embrassa doucement le haut de sa tête.

"Ce n'est pas un très gros bébé," murmura-t-elle.

Michaela rit. "Pourtant, vous ne diriez pas la même chose si vous voyiez comment il s'y prend pour nous faire savoir qu'il a faim... ce qui pourrait arriver à tout instant..."

Bess sourit presque à contre-coeur.

"Nous saurons sans doute nous débrouiller," répondit-elle sèchement en déplaçant le bébé sur ses genoux. 

En regardant Bess, Michaela ne put s'empêcher de repenser à sa dernière rencontre avec elle.

Elle et Sully étaient allés chez elle pour voir comment allait son arthrite avant de repartir pour Colorado Springs.

Bess avait été très réticente aussi, parlant peu et donnant peu d'informations sur elle.

Finalement, Michaela ne put retenir sa curiosité.

"Qu'est-ce qui vous a amené à Colorado Springs, Bess ?" demanda-t-elle.

La vieille femme maigre leva un sourcil et répondit d'un ton sardonique : "Je manquais de tisane à l'écorce de saule."

"Mais...!" commença Michaela avant de remarquer l'étincelle dans les yeux de Bess.

Elle répondit en souriant : "Je vous ai régulièrement envoyé de l'écorce de saule, Bess... Qu'est-ce qui vous a vraiment amené ici ?"

Bess haussa les épaules.

"J'ai vu la publicité pour cet endroit dans le journal de St. Louis... J'ai pensé que j'avais besoin de changement," répondit-elle timidement.

"Mais le voyage en train... et le Château ?" s'enquit Michaela. "Vous pourriez peut-être loger chez nous... ce serait bien moins cher..."

En entendant cela, Bess fit un grand sourire. "Vous ne devez pas faire de suppositions basées sur des apparences, Michaela," la réprimanda-t-elle. "Il se peut que je vive dans une maison qui a besoin de réparations et que je ne prête guère d'importance à mon physique, mais ça ne veut pas dire que je sois pauvre... ou que j'aie besoin de charité."

"Je ne voulais pas dire ça !" s'exclama Michaela avec embarras.

Bess leva la main pour la faire taire.

"Mais si... Soyez honnête... Vous pensiez que j'étais fauchée, n'est-ce pas ?"

Michaela baissa le regard vers sa jupe et la vieille femme continua : "Ah... Vous le pensiez... Mais vous aviez tort... J'ai les moyens de faire tout ce qu'il me plaît... Cependant, jusqu'à maintenant, je n'ai pas eu l'envie de faire autre chose que me terrer dans ma maison autrefois chic et visiter les jardins pour nourrir mes amis les oiseaux..."

Michaela leva les yeux et regarda Bess d'un air interrogateur.

"Alors, pourquoi avez-vous choisi maintenant... et ici ?" demanda-t-elle tout bas.


okapi  (12.01.2012 à 14:19)

"Eh bien, c'est peut-être une longue histoire, mais un certain jeune couple m'a parlé d'un endroit très loin de là où j'habite... un endroit où l'on donne moins d'importance aux conventions... un endroit entouré de hautes montagnes et où, comme par magie, de l'eau chaude jaillit du sol... de l'eau chaude qu'un jeune médecin m'a conseillée, il paraît que cela pourrait faire du bien à mon arthrite... Alors, j'ai décidé de visiter cet endroit, d'expérimenter ses attractions et m'évader temporairement de mon existence quelque peu isolée et monotone."

Elle regarda William qui touchait un des boutons de son chemisier et qui s'efforçait de le détacher.

"Je dois admettre qu'après que vous m'ayez parlé de la naissance de William... et chaque fois qu'un paquet d'écorce de saule arrivait par la poste... j'avais d'autant plus envie de venir faire un tour à Colorado Springs," confit-elle avec hésitation.

Michaela tendit la main et la posa sur la main noueuse de la vieille femme.

"Je suis contente que vous soyez venue," dit-elle doucement. "Et l'invitation à loger chez nous tient toujours... même si vous pouvez vous permettre le luxe du Château..."

Bess secoua la tête.

"J'ai fait assez de changements pour le moment, Dr Quinn... Ici je peux être aussi anonyme, et même aussi irascible que je le veux... Je ne pourrais pas faire ça chez vous... avec votre famille. Merci pour votre offre, mais je la décline."

Michaela hocha la tête et se câla au fond de sa chaise.

"Alors, que comptez-vous faire maintenant que vous êtes ici ?" demanda-t-elle.

"Eh bien... Je vais essayer de voir l'effet de ces sources chaudes sur mes pauvres jambes... et apprécier ce nouvel environnement pendant un moment," expliqua sèchement la vieille femme.

"Cependant, j'espère revoir votre charmant mari et rencontrer votre petite fille, Katie, c'est ça ?"

Michaela sourit et hocha la tête.

"Je n'ai pas eu l'occasion de dire à Sully que vous étiez en ville... Il voudra vous rendre visite lui aussi... donc vous devez venir souper à la maison... peut-être dans quelques jours quand les choses seront réglées... Je ne suis pas venue ici depuis notre retour de San Francisco," répondit-elle, pensive.

"Alors, que faites-vous ici ?!" la sermonna une nouvelle fois Bess. "Rentrez chez vous..."

"Je... Je voulais vous voir... savoir comment vous alliez et pourquoi vous étiez ici," répondit Michaela d'un air penaud.

"Eh bien, maintenant vous savez tout... Il est temps que vous rentriez chez vous," ordonna Bess. "Je suppose que vous nous reverrons dans un futur très proche..."

Michaela s'avança dans son siège.

"En fait, nous nous verrons probablement régulièrement," expliqua-t-elle avec regrets. "Je vais devoir m'occuper de la clinique ici... jusqu'à ce qu'Andrew soit prêt à reprendre le travail."

"Ah... Eh bien, vous n'avez aucune raison de rester plus longtemps alors... Je vous reverrai la prochaine fois que vous viendrez à la clinique... et nous organiserons ce souper que vous m'avez proposé."

Michaela se leva.

"Oui, j'aimerais beaucoup," dit-elle. Elle se pencha et prit William des genoux de Bess. "C'est bon de vous avoir ici."

Bess hocha la tête, lui fit signe de partir et baissa le regard sur son livre.

Cependant, tandis que Michaela passait les doubles portes vitrées vers l'intérieur du Château, elle ne vit pas le regard de Bess posé sur elle et le sourire se dessiner sur sa bouche d'habitude si sévère.


okapi  (14.01.2012 à 02:02)

Michaela frissonna en traversant le hall en vitesse, se dirigeant vers l'avant-cour.

Après avoir eu la chaleur du soleil sur la peau, l'obscurité et la fraîcheur de l'intérieur n'était presque pas aussi réjouissante que la pensée de pouvoir croiser Adrian à tout instant.

Le hall était vide, même l'homme qui lisait son journal avait été attiré par le soleil d'été du matin.

Elle accéléra le pas, soupirant avec soulagement lorsqu'elle atteignit la porte d'entrée sans mésaventure, mais son soulagement fut de courte durée.

"Michaela ?" appela une voix familière derrière elle, la faisant stopper net.

Elle pensa un instant qu'elle pouvait descendre les escaliers en courant jusqu'au chariot, mais elle se souvint de la promesse qu'elle avait faite à San Francisco d'affronter cet homme.

Elle se tourna vers lui. "Adrian," répondit-elle, glaciale.

"C'est bon de vous voir ici," dit-il avec son grand sourire satisfait.

"Je rendais visite à une amie," répondit-elle en s'avançant vers les marches.

"Je n'avais pas réalisé que vous étiez de retour de San Francisco," continua-t-il gaiement. "Je suppose que votre voyage a été agréable ?"

"En partie," répondit-elle dans le vague.

"J'ai été si surpris de vous voir là-bas... ravi aussi, bien entendu..."

Elle haussa les épaules et remua William dans ses bras qui commençait de gémir.

"Je ne souhaite pas parler de San Francisco, Adrian... du moins, pas maintenant... Je ferais mieux d'y aller," dit-elle, luttant pour garder une voix neutre.

"Eh bien... si vous le devez... Mais j'espérais que nous aurions l'opportunité de parler... Je suis là depuis presque cinq mois et nous nous sommes échangés seulement quelques banalités..."

"Nous sommes deux personnes occupées, Adrian," répondit-elle.

Elle fit un pas en avant et s'arrêta, remonta la marche et regarda l'homme dans les yeux.

"En fait, il est peut-être temps que nous parlions," dit-elle directement. "Mais pas aujourd'hui... Je dois ramener le bébé à la maison... et j'ai un patient à la clinique..." Elle s'arrêta et leva un sourcil. "Peut-être demain ?" suggéra-t-elle.

Son sourire de joie s'agrandit davantage.

"J'en serais plus que ravi," répondit-il. "A n'importe quelle heure, la plus convenable pour vous..."

Son sourire, qui cachait de noirs secrets, l'agaça plus qu'elle n'aurait jamais cru possible.

Elle inspira profondément.

Avec le besoin de faire éclater sa bulle, juste un peu, elle dit d'une voix calme : "Vous ne devriez peut-être pas être si content... ce que j'ai à vous dire ne va probablement pas vous plaire."

Son sourire s'estompa, mais seulement pendant un instant. "Vous ne pouvez rien dire qui puisse diminuer mon plaisir de passer du temps avec vous, Michaela... rien," répondit-il.

Elle plissa les yeux.

"N'en soyez pas si sûr, Adrian... J'ai énormément repensé à notre conversation à San Francisco..."

"Je suis content que vous l'ayez fait... Je pensais vraiment ce que j'ai dit."

"Mais vous ne m'avez pas beaucoup laissé la chance de vous répondre," ajouta-t-elle fermement. "J'ai l'intention de le faire demain... et je suis certaine que vous n'aimerez pas cela."

Son sourire disparut soudain et ses yeux marron s'assombrirent.

"Vous devriez être prudente, Michaela," l'avertit-il doucement. 


okapi  (14.01.2012 à 11:18)

Il s'avança vers elle. "Je ne laisse rien sur mon passage quand je veux quelque chose... rien, vous entendez ? Je ne l'ai jamais fait et je ne le ferai jamais."

"Eh bien, peut-être que vous avez finalement rencontré la bonne personne, Adrian," l'avertit-elle en retour. "Parce que je ne laisserai personne... Personne, vous m'entendez ? Gâcher mon bonheur ou celui de ma famille !"

Il renifla fortement de mépris et s'avança encore plus près d'elle, ses mains se refermant comme des pinces sur la douceur des avant-bras de Michaela.

"Je n'ai rien à faire de votre famille, Michaela... Ils sont tellement peu importants... et j'arriverai à mes fins."

Elle avala sa salive devant ses paroles menaçantes et tenta de se défaire de son emprise, inquiète pour le bébé, pris entre eux deux.

"Laissez-moi partir," demanda-t-elle avec fureur.

"Seulement quand vous réaliserez que je suis un ami formidable... ou un ennemi formidable... cela dépend de la façon dont vous choisissez de regarder les choses," répondit-il d'une voix de fer.

"Ce n'est pas l'attitude d'un ami, Adrian," lâcha-t-elle. "Laissez-moi partir ou je..."

Ses menaces furent empêchées par une forte voix rocailleuse qui demanda avec colère : "Lâchez-la, Tilson."

Adrian se retourna pour faire face à l'intrus et serra les mâchoires.

"J'ai dit, lâchez-la," ordonna à nouveau Hank.

Michaela se tourna elle aussi pour voir le propriétaire du saloon se tenir dans le hall du Château, avec Bess songeuse à ses côtés.

Les mains d'Adrian se resserrèrent momentanément autour de ses bras, la faisant grimacer de douleur, puis il la lâcha.

Il se recula avec un étrange mélange de ressentiment et de honte dans les traits de son visage.

"Ceci ne sont pas vos affaires, Lawson," lâcha-t-il.

"Je crois qu'à chaque fois que je vois un homme mal agir avec une femme, ce sont mes affaires," répondit froidement Hank en s'avançant d'un air menaçant, ce qui fit pâlir le directeur de l'hôtel.

Avec un mouvement ironique de la tête, Hank se tourna vers Michaela.

"Est-ce que ça va ?" demanda-t-il avec inquiétude.

Elle hocha la tête en silence, à la fois soulagée et embarassée.

"Bien," dit-il. "Vous rentrez chez vous ?"

Elle hocha à nouveau la tête et dit doucement : "A la clinique..."

"Je pense que je vais vous accompagner pour que vous y arriviez en sécurité," l'informa-t-il.

Il se tourna d'un air irrité vers Adrian qui reculait doucement vers le hall de l'hôtel.

"J'ai horreur des hommes qui doivent montrer leur force en s'attaquant à des femmes sans défense... je vous ai averti, cette fois... peut-être que la prochaine fois, on oubliera l'avertissement... et on passera à l'étape suivante," dit-il en aboyant et en pointant le doigt vers Adrian, qui semblait prostré.

Adrian avala sa salive et se redressa, essayant de ne pas paraître concerné, mais son attitude le trahissait pourtant, comme le révélaient sa respiration rapide et le tremblement de sa main.

"Comme je l'ai dit, Hank, ceci n'a rien à voir avec vous," tempêta-t-il à nouveau. "Maintenant, j'ai du travail qui m'attend... Au revoir, Michaela..."

Il se tourna précipitamment et se dirigea vers son sanctuaire : son bureau.

Michaela recommença à descendre les marches en tremblant.

"Vous êtes sûre que ça va ?" demanda Hank avec inquiétude.

Elle hocha la tête et, se souvenant des bonnes manières, elle se tourna et dit : "Merci Hank... C'était une situation très embarrassante."

Il leva un sourcil et sourit tristement.

 "Je suis d'accord avec ça... feriez mieux de ne pas fréquenter cet homme, Michaela... je crois que ce n'est pas de la bonne graine..."

"Je n'ai aucune intention de le fréquenter, Hank !" répondit Michaela, sur la défensive. "Je le hais."

"Eh bien... souvenez-vous juste d'être sur vos gardes," lui conseilla-t-il. "Tenez... donnez-moi le bébé pendant que vous grimpez dans le chariot..."

Après qu'elle et William se soient installés, il dit : "Maintenant... Attendez-moi, je vais chercher mon cheval."

"Vous n'avez pas besoin de m'accompagner, Hank," protesta-t-elle vivement tandis qu'il se dirigeait à grandes enjambées vers les poteaux où les chevaux étaient attachés.

"Laissez-moi juger de ça, Michaela," dit-il, en colère, en détachant son cheval avant de le monter.

Il trotta jusqu'au chariot et hocha la tête.

Elle soupira d'exaspération et fit claquer les rênes.

Il n'avait pas fait plus de dix yards quand ils entendirent un cavalier approcher au galop.

C'était Sully, le visage rouge de colère.

Il vint vers eux.

Hank regarda tour à tour Sully et Michaela et s'adressa à son vieil adversaire : "Je pense que je vais te laisser faire ça," marmonna-t-il avec ambiguité avant de donner un coup de talon dans les côtes de son cheval pour rentrer en ville.


okapi  (15.01.2012 à 15:19)

Chapitre 39 :

"Qu'est-ce qu'il voulait dire ?" demanda Sully à Michaela tout en regardant Hank disparaître dans un nuage de poussière sur la route menant en ville.
Elle haussa les épaules et fit à nouveau claquer les rênes, peu disposée à continuer sur ce sujet qui allait mener à de la colère.

Il fit faire demi-tour à son cheval et trotta à ses côtés.

"Je t'ai demandé ce qu'il voulait dire, Michaela," dit-il d'une voix froide et énervée.

Elle leva les yeux vers lui et comprit qu'elle ne pouvait pas rester silencieuse plus longtemps.

"J'ai... J'ai parlé à Adrian et... et Hank est intervenu," expliqua-t-elle avec hâte.

Il s'avança et lui prit les rênes des mains avec fureur avant de faire arrêter le chariot.

"Sully !" s'exclama-t-elle.

"Je ne vais pas te parler tout en avançant, Michaela," expliqua-t-il, en colère.

"Alors... tu dis que tu as parlé à Tilson ! Qu'est-ce que tu faisais ici de toute façon ? Je croyais qu'on était tombé d'accord que..."

"Je n'ai pas à me justifier auprès de toi, Sully... Tu n'es pas mon gardien," répondit Michaela, animée, puis elle sauta soudain du chariot arrêté et commença à faire les cent pas à terre.

"Non, mais je suis ton mari... et j'attends une explication."

Michaela lui jeta un regard de colère, le visage en feu et les lèvres serrées.

Enfin, elle inspira profondément et dit froidement : "Si tu étais venu à la clinique ce matin comme je m'y attendais... Je t'aurais dit que Bess était en ville et qu'elle logeait au Château..."

"Bess ?" marmonna-t-il, visiblement surpris.

"De St. Louis," ajouta-t-elle avec impatience.

Alors qu'il était évident d'après la lumière dans ses yeux qu'il avait compris de qui elle parlait, il était aussi clair que sa colère ne s'était pas évanouie.

Avec de grands gestes non-coordonnés, il la défia : "Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as dû venir ici toute seule, alors qu'on avait dit..."

"Est-ce que tu ne m'as pas écoutée, Sully ?" s'exclama-t-elle. "Je t'ai attendu ce matin, mais tu n'as pas daigné te montrer..."

"J'avais des choses à faire !"

"Des choses qui étaient plus importantes que ta femme et ton bébé ?" l'accusa-t-elle avec fureur. "Finalement, j'ai dû venir ici tout seule, puisque tu n'étais nulle part..."

"Je suis venu !" répondit-il en haussant davantage la voix. "Mais tu n'étais pas là ! Tu ne pouvais pas attendre un peu plus longtemps ?"

"J'ai attendu..."

"Pourquoi c'était si urgent de venir ici de toute façon ?" demanda-t-il.

"C'est Bess qui a aidé Andrew hier... Nous étions tous si occupés qu'on ne l'a pas remarqué... Quand j'ai compris que c'était elle, je lui ai dit que nous viendrions la voir, voir comment elle allait..." expliqua-t-elle, le corps tout tendu.

"Elle aurait pu attendre, Michaela... Je ne pouvais probablement pas prévoir que tu allais venir ici la voir alors que tu n'es même pas rentrée à la maison," répondit-il en lui tournant le dos et en faisant quelques pas agités.
"Peut-être... Mais après ce qu'elle a fait, c'était la moindre des choses que je puisse faire."

"Toi et tes manières délurées de Boston... Quand vas-tu réaliser que tu t'es mise en danger en venant ici seule ?"


okapi  (16.01.2012 à 14:10)

Michaela avala sa salive, reconnaissant la vérité de ses paroles, mais elle ne voulait pas l'admettre ouvertement, surtout en ce moment. "Je n'étais pas en danger," protesta-t-elle faiblement. "Il y avait des clients et du personnel partout."

"Tu sais que ça n'arrête pas Tilson."

Il s'arrêta de marcher et se tourna vers elle. "Qu'est-ce qu'il t'a dit ?"

Elle avala à nouveau sa salive. "Plein de choses ridicules qui n'ont aucun intérêt," répondit-elle d'une voix basse.

"Elles ont eu de l'intérêt pour toi... autrement, tu ne serais pas aussi secouée."

"Je ne suis pas secouée," déclara-t-elle avec véhémence.

"C'est pour ça que tu es pâle et que tu n'arrêtes pas de marcher ?"

"Je marche parce que je suis en colère... Tu n'as pas le droit de m'interroger sur ce que je fais," répondit-elle, sur la défensive.

"J'ai le droit... quand je sais que toi ou quelqu'un d'autre de la famille pourrait être blessé..."

Elle se tourna vers lui, les yeux emplis de colère, ce qui l'incita à poursuivre : "Tu sais que quelqu'un a trafiqué le buggy d'Andrew ?"

Elle devint encore plus pâle et s'exclama : "Quoi ?"

"Tu m'as bien entendu ! L'une des raisons pour lesquelles j'étais en retard ce matin, c'est parce que Robert E m'a montré quelque chose qu'il a trouvé là-bas... un essieu de roue endommâgé, un essieu du buggy d'Andrew !"

"Comment sais-tu que ça venait de son buggy ? Et comment sais-tu qu'il a été trafiqué ?"

"Parce qu'un buggy ne va pas très loin si un des essieux se déserre et lâche... la roue se décroche aussi... et Robert E a trouvé des marques étranges, comme si quelqu'un avait tapé dessus avec un marteau."

Elle avala sa salive et inspira profondément. "Pourquoi Adrian voudrait-il blesser Andrew ?"

Sully passa la main dans ses cheveux avec agitation.

"Que se passe-t-il si Andrew ne peut pas travailler pendant un moment ? Une certaine femme médecin doit travailler à la clinique ici, n'est-ce pas ? Là où il peut la voir, lui parler quand il veut... et faire Dieu sait quelles autres choses..."

Elle s'assit soudain sur l'herbe et posa la tête entre ses mains.

"Oh, mon Dieu," dit-elle. "Je ne peux pas croire qu'il ait fait ça..."

"Eh bien, je pense que si... étant donné le fait que je ne vois aucune autre raison pour laquelle quelqu'un voudrait blesser Andrew."

Elle leva brusquement la tête et regarda Sully d'un air de défi.

"Eh bien, rien n'arrivera plus à personne après demain... parce que j'ai prévu de lui parler... Je vais lui dire la vérité, que je ne ressens rien pour lui... qu'il ne peut pas continuer à faire ce qu'il fait... Je lui dirais même que ce serait mieux pour tout le monde s'il quittait Colorado Springs..."

"Tu comptais me parler de ce rendez-vous ?" demanda sèchement Sully en s'asseyant à côté d'elle.

"Bien sûr... On avait décidé que tu serais près de moi, tu t'en souviens ? Pourquoi crois-tu que je ne lui ai pas parlé directement ce matin ?"

"Je veux être près de toi, c'est sûr... S'il dit ou fait quelque chose d'incorrect, je le..."

 


okapi  (17.01.2012 à 14:26)

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