Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Jeunesse et protection des mineurs
Cette fanfic ne convient pas aux lecteurs de moins de 16 ans. Elle peut contenir des passages où la violence est suggérée, utiliser un langage susceptible de choquer ou comporter des scènes de sexe non explicites.
Ce pop-up te demande, lors de ta première connexion sur cette fanfic, de certifier que tu es âgé de plus de 16 ans pour pouvoir la lire. Si tu valides, ce pop-up n'apparaîtra plus. Si tu annules, ce pop-up réapparaîtra lors de ta prochaine visite.
Nous comptons sur ta franchise pour cliquer sur le bouton approprié :
Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
Elle lui serra fermement la main.
"Tu attendras... car si tu interviens, tout pourrait être gâché."
Il plissa les yeux et les muscles de sa mâchoire se crispèrent.
"Je ne vais pas rester sans rien faire, je ne peux pas..."
"Tu vas y être obligé cette fois, sauf si je te fais savoir que j'ai besoin de toi... S'il te plaît..."
Il se leva soudain, incapable de rester en place.
Il lança un regard vers la route et observa le Château, baigné par les rayons de soleil. "Je veux lui tordre le cou," marmonna-t-il. "Ça règlerait tout !"
Michaela se leva aussi.
"Sauf que tu serais en prison," répondit-elle tristement. "Pour une fois... Ecoute-moi, s'il te plaît... Laisse-moi essayer, la violence ne résoudra rien !" Le supplia-t-elle avant de grimper dans le chariot.
"Cet homme est malade, Michaela," l'avertit Sully en attachant son cheval à l'arrière avant de monter à côté d'elle.
Elle inspira profondément.
"On le saura demain, Sully... Mais là, William a faim... Je vais devoir vérifier l'état d'Andrew... et ensuite, j'aimerais 'vraiment' rentrer à la maison, si tu as le temps !"
Sully serra les dents et ses mains saisirent fermement les rênes et se retint de contre-attaquer sa remarque mordante, pour l'instant.
Brian apporta une nouvelle fourchette de purée à sa bouche et regarda tour à tour Michaela et Sully, une nouvelle fois.
Avec Matthew et Kathleen qui avaient décidé de tenir compagnie à Andrew et Colleen en ville, et ses parents qui ne parlaient pas, le souper avait été, jusqu'à présent, une affaire sombre et plutôt inconfortable.
Il avait essayé d'engager quelques discussions décousues, mais elles avaient été suivies de réponses mono-syllabiques et, alors que le repas se poursuivait, il devenait de plus en plus inquiet.
Finalement, il demanda avec anxiété : "Andrew va s'en remettre, n'est-ce pas maman ?"
Le regard surpris de Michaela rencontra le sien et, choquée, elle répondit : "Bien sûr, mon coeur... pourquoi demandes-tu cela ?"
Il haussa inconsciemment les épaules. "Je pensais qu'il devait y avoir quelque chose qui allait mal... je me demandais si ça pouvait être Andrew," répondit-il. "Vous êtes si silencieux."
Michaela rougit.
"Je suis désolée,"dit-elle immédiatement. "Mais tu peux être rassuré pour Andrew."
Sully regarda son fils d'un air pensif avant de marmonner d'un ton maussade : "Ta mère a été au Château ce matin, toute seule..."
"Sully !" s'exclama Michaela.
Brian écarquilla les yeux et se tourna vers sa mère pour la regarder d'un air accusateur. "Je croyais que tu allais rester éloignée de Monsieur Tilson," dit-il. "On le croyait tous..."
"Je ne suis pas allée là-bas pour voir Monsieur Tilson," répondit-elle en colère. "Et je préfèrerais que le sujet soit clos, maintenant."
"Tu lui as quand même couru dans les bras," marmonna Sully, incapable de passer à autre chose.
"Il n'a rien fait ?" demanda Brian avec anxiété.
"Je ne sais pas... demande à ta mère," répondit Sully, le regard fixé sur un point qui se trouvait derrière l'épaule gauche de Brian.
"Maman ?" demanda Brian, cherchant à être rassuré.
Michaela avala sa salive et dit avec plus de calme qu'elle n'en ressentait en fait : "J'ai dit que le sujet était clos... Je suis ici, n'est-ce pas ? Saine et sauve... Il n'y a aucune raison de s'inquiéter."
Elle posa sa fourchette et son couteau dans son assiette et demanda : "Tout le monde a fini ?"
Sully et Brian hochèrent la tête alors, elle se leva, rassembla les assiettes et se retira dans la cuisine.
Sully se leva également. "Je vais fermer la grange," dit-il avant de marcher à grands pas vers la porte ; puis, il sortit et la referma un peu plus fort qu'il aurait été nécessaire.
La tête de Michaela sursauta lorsqu'elle entendit le coup puis, elle s'essuya les mains sur son tablier et se dirigea aussi vers la porte.
"Surveille les enfants pour moi, Brian," dit-elle avant de suivre son mari dehors.
Elle découvrit Sully en train de nettoyer vigoureusement l'une des stalles des chevaux.
Elle ne perdit pas de temps.
"Comment oses-tu parler de moi de cette façon à Brian ?" l'accusa-t-elle.
Il s'arrêta et se tourna lentement vers elle.
"Il devient un homme, il a besoin de savoir... En plus, je voulais que tu réalises ce que tu fais à notre famille quand tu décides de partir toute seule..."
"Je ne suis pas partie toute seule," répéta-t-elle avec exaspération.
"C'est comme ça que j'appelle ça," répondit-il, têtu, avant de retourner à sa tâche.
Michaela l'observa un moment et dit d'un ton plaintif : "Sully... est-ce que tu as une idée de ce que cet homme, sorti du passé, me fait subir ?"
Il s'arrêta et inspira profondément avant de marmonner : "Je peux deviner."
"C'est ça, tu ne sais pas..."
Il s'arrêta et se redressa avant de lui lancer un regard plein de doutes.
Elle continua d'une voix forte, cette fois : "Je ne vais pas me cacher... Je ne vais pas commencer à avoir peur de faire les choses que j'aime, comme mon travail... Je l'ai fait avant et ça m'a presque détruite..."
Il fit un pas hésitant vers elle, mais elle leva la main pour l'arrêter.
"Mes quatre derniers mois au collège de médecine se sont tranformés en cauchemar," continua-t-elle, visiblement angoissée.
"Je me suis mise à regarder au coin des rues, à me terrer dans ma chambre à la pension, ou dans la bibliothèque... J'ai commencé à refuser des invitations, à trouver des excuses parce que j'avais peur qu'Adrian y soit... et il y était toujours. Je ne sais pas du tout comment il était au courant de mes faits et gestes... mais il semblait savoir. Je sentais immédiatement ses yeux posés sur moi... et puis, il venait vers moi et ne me lâchait plus jusqu'à ce que je remonte dans ma chambre... Est-ce que tu ne t'es jamais demandé pourquoi j'étais si hésitante à te faire confiance au début ? Il m'a fait tout ça..."
Des larmes commençaient à inonder ses yeux et cette fois, il vint jusqu'à elle et la prit dans les bras.
"Je ne vais pas le laisser recommencer, Sully," dit-elle avec des sanglots dans la voix, contre son torse. "Je suis plus vieille et plus sage maintenant... On doit lui faire face, on doit lui dire que ses attentions se sont pas réciproques, pas appréciées..."
"Et s'il devient violent ?" murmura Sully en lui caressa doucement les cheveux.
Elle le regarda avec des yeux plein de larmes.
"C'est là que tu interviens," répondit-elle d'une petite voix mais avec un sourire brave.
Il la serra contre lui.
"Je ne le supporterais pas si quelque chose t'arrivait," murmura-t-il contre ses cheveux.
"Rien n'arrivera," le rassura-t-elle. "Aussi longtemps que tu es là."
Il hocha la tête et elle demanda : "Alors, est-ce que tu comprends pourquoi je dois faire ça ? Pourquoi je dois me lever devant lui, pourquoi je ne peux pas te laisser le faire pour moi ?"
Il hocha à nouveau la tête et dit sincèrement : "Du moment que tu réalises que je ne pourrais pas te regarder ou t'écouter être blessée... Comme je te l'ai dit il y a longtemps, tu fais partie de moi... et je ne pourrais pas survivre s'il t'arrivait quelque chose..."
"Je comprends," répondit-elle tout bas.
Elle le regarda à nouveau dans les yeux et le supplia : "Tu me pardonnes pour ce matin ?"
Il posa la main sur sa joue et murmura : "Il n'y a rien à pardonner." Puis, il baissa la tête et réclama ses lèvres.
"Michaela ?" appela Dorothy alors que le chariot s'arrêtait devant la clinique en ville, le matin suivant.
La femme rousse se dépêcha d'arriver vers elle, venant de la Gazette, et elle rejoignit Michaela lorsque celle-ci atteignit le porche de la clinique.
"Je ne vous ai pas vue hier après-midi," dit-elle en faisant un signe de tête à Sully qui emmenait William à l'intérieur. "Je voulais savoir comment allait Andrew."
"Il va s'en sortir," répondit Michaela en montant sur le porche.
"Il devra rester au lit pendant quelques jours, et son épaule risque d'être douloureuse pendant un moment..."
"Ah, je suis contente qu'il aille mieux... Nous étions tous inquiets pour lui..." répondit la journaliste.
Lorsqu'elle étudia l'apparence et l'attitude de Michaela, elle plissa les yeux.
"Vous allez bien ?" demanda-t-elle avec anxiété. "Vous avez l'air pâle et... au bout du rouleau…"
Michaela s'affala sur le banc de bois près de la porte et Dorothy s'assit immédiatement à ses côtés.
"Je... Je n'ai pas bien dormi la nuit dernière... c'est tout," soupira Michaela.
Dorothy lui fit un triste sourire.
"Je pensais que votre voyage au loin allait vous remettre en forme... et vous aviez pourtant l'air très bien quand vous êtes revenue il y a quelques jours..."
Michaela haussa les épaules.
"Beaucoup de choses peuvent se passer en seulement quelques jours," répondit-elle dans le vague.
Dorothy fronça les sourcils.
"Quelque chose vous inquiète, Michaela ?" demanda-t-elle. "Andrew va s'en remettre, n'est-ce pas ?"
"Oh oui, bien sûr," répondit-elle tout de suite.
"Alors qu'est-ce qui vous tracasse ?"
Michaela peina à avaler sa salive et inspira profondément.
"Vous savez ce que l'on dit sur les démons personnels, Dorothy ?" demanda doucement. "Eh bien, j'ai l'intention d'en affronter un aujourd'hui..."
L'éditrice de la Gazette lui lança un regard interrogateur et plaisanta : "Je croyais que vous n'aviez peur de rien, Michaela..."
"Tout le monde a peur de quelque chose... ou de quelqu'un, Dorothy," répondit gravement Michaela.
Après un long moment pensif, Dorothy risqua : "Cela n'aurait pas à voir avec un certain directeur d'hôtel par hasard ?"
Michaela regarda immédiatement son amie. "Comment... Comment savez-vous ?" dit-elle, soufflée.
"Brian m'a dit qu'il s'était montré à San Francisco... il avait l'air assez préoccupé... Je me suis inquiétée lorsque j'ai découvert qu'il avait lui aussi quitté soudainement la ville... et je me suis demandée si ça avait un rapport avec vous..." expliqua Dorothy. "Il se passe quelque chose entre vous deux, n'est-ce pas ? Je l'ai vu dès le début..." dit-elle, l'expression sérieuse.
"C'est exactement ça !" s'exclama Michaela. "Il aimerait qu'il y ait quelque chose... il croit certainement qu'il y a déjà quelque chose... mais non... Jamais. Et je vais lui dire aujourd'hui."
Dorothy saisit la main de son amie.
"Je suis persuadée qu'il va entendre raison," dit-elle calmement, ignorante de l'étendue de l'obsession d'Adrian. "Soyez ferme avec lui. Est-ce que Sully sait ?"
Michaela hocha la tête.
"Il vient au Château avec moi," dit-elle d'une petite voix.
Dorothy lui caressa la main pour la réconforter.
"Tout ira bien, Michaela... Vous verrez." Elle se leva et dit en souriant : "Maintenant, allez voir votre patient... et moi, je vais retourner travailler..."
Michaela fit entrer Bess Maloney dans la clinique du Château et referma doucement la porte derrière elles.
Elle avait été surprise de voir, à son arrivée, que Bess allait être sa première patiente.
Quelque part, pas très loin, Sully prenait soin de William.
Elle avait essayé de lui dire qu'elle n'aurait pas besoin de lui jusqu'à ce qu'elle aille voir Adrian après la fermeture de la clinique pour la journée, mais il avait affirmé qu'il ne faisait pas confiance à Adrian et qu'il essaierait de venir la voir.
En réalité, elle se sentait en sécurité de le savoir près d'elle et se concentra sur sa patiente.
"Alors, Bess," dit-elle d'une voix professionnelle. "Que puis-je faire pour vous ?"
La vieille femme se tourna vers elle et dit avec un sourire pincé : "J'ai fait tout ce chemin pour mon arthrite, n'est-ce pas ? Je pensais que vous pourriez voir quel est mon état et me recommander le meilleur traitement..."
Michaela sourit et hocha la tête. "Bien sûr... Laissez-moi vous aider à monter sur la table d'examen."
A part le fort tic-tac d'une grande et prétentieuse horloge sur le mur près de la porte, le silence se fit dans la pièce pendant un moment, tandis que Michaela examinait les genoux et les chevilles enflés de Bess.
Finalement, la vieille femme ne put contenir sa curiosité plus longtemps.
"Allez-vous me dire ce qu'il s'est passé hier... ou est-ce que je dois vous le demander ?" s'enquit-elle abruptement.
Michaela détourna immédiatement le regard, ce qui l'incita à être encore plus directe : "Vous ne pouvez pas le nier... J'ai tout vu de mes propres yeux... En fait, c'est moi qui ai demandé à ce grand jeune homme à l'apparence négligée d'intervenir..."
Michaela resta à nouveau silencieuse.
Bess fronça les sourcils.
"D'accord, peut-être que je suis indiscrète... Mais quoi qu'il s'est passé, ce n'était pas agréable..."
Michaela rougit et avala difficilement sa salive et dit enfin sur un ton de regret : "Je suis désolée que vous ayez été témoin de cela..."
Bess la railla immédiatement. "Quelle absurdité ! J'étais inquiète pour vous... Vous étiez visiblement troublée par cet homme. Qui est-il au fait ?"
"Adrian Tilson, il dirige le Château."
"Ah... et vous... euh... le connaissez bien ?"
"Je le connais depuis longtemps, mais je doute que quelqu'un puisse bien le connaître," répondit tristement Michaela. "Je l'ai rencontré durant ma dernière année au collège de médecine... Cela fait très longtemps maintenant."
"Vous... Vous vous faisiez la cour peut-être ?"
Les yeux de Michaela s'agrandirent d'horreur. "Non !" s'exclama-t-elle. Puis, elle se radoucit pour dire : "Mais si vous le lui demandiez..."
"Il dirait que c'était le cas," compléta Bess.
Michaela baissa le regard au sol. "C'est une telle pagaille," dit-elle. "Quand j'ai quitté Philadelphie après mon diplôme, j'espérais ne jamais le revoir..."
"Depuis combien de temps est-il ici ?"
"Cela va faire environ cinq mois... Bien sûr, je ne l'ai pas vu du tout durant les premiers mois... Je me suis retirée pour m'occuper de William après sa naissance."
Elle avala sa salive et lutta pour refouler les larmes qui lui montaient aux yeux. "Quand j'ai appris qu'il vivait ici..."
Bess prit la main de Michaela. "Vous avez peur de lui, n'est-ce pas ?" demanda-t-elle doucement.
Michaela hocha la tête. "Alors vous devez faire quelque chose..."
Michaela leva les yeux et rencontra le regard inquiet de la vieille femme. "Je vais le faire... après la fermeture de la clinique aujourd'hui... Je vais aller lui parler."
"Toute seule ?!" s'exclama Bess.
"Eh bien, oui et non... Sully ne sera pas loin."
Bess hocha la tête et dit d'un ton pensif : "Avez-vous remarqué hier ? Cet homme est un couard... Il n'avait aucun scrupule à vous brutaliser, mais s'est enfui lorsqu'il a été confronté à quelqu'un de plus fort et en colère... Vous devriez peut-être laisser Sully faire ça."
"Je ne peux pas faire ça, Bess," répondit plaintivement Michaela.
Tandis que des larmes se faisaient un chemin sur ses joues, elle commença, sans prévenir, à raconter à son amie rusée tout ce qu'elle avait à savoir sur Adrian – leur passé commun, ce qu'elle et Sully croyaient qu'il avait fait, leurs peurs pour la sécurité de leur famille et de leurs amis.
En écoutant tout cela, Bess fronçait les sourcils et ses yeux gris s'assombrirent de compassion. Ce n'était pas souvent que Bess était émue par le sort d'un autre être humain. Elle s'était retirée des caprices et des déceptions de la société et de la communauté il y avait des années, mais le déroulement de cette histoire réveilla quelque chose de profondément enfoui en elle : le sens de la famille, de l'appartenance, ou peut-être le besoin d'appartenir.Elle serra la main de Michaela et la laissa sortir d'elle ses peurs et sa colère.
Et tout en se faisant, les deux femmes commencèrent le processus de guérison qui allait cimenter leur lien à jamais.
Michaela jeta un coup d'oeil à l'endroit où Sully se tenait nonchalamment, près du bureau de la réception.
Le moment était venu et la nervosité que ressentait Michaela menaçait de lui faire vaciller les jambes.
Elle inspira profondément et rencontra le regard de Bess qui était assise sur un canapé en cuir, un peu plus loin dans le vestibule, un livre ouvert sur ses genoux. Elle n'était jamais restée bien loin d'elle depuis leur conversation de ce matin. La vieille femme lui fit un hochement de tête presque imperceptible pour l'encourager.
Alors, elle inspira et frappa sur la porte du bureau du directeur.
Elle attendit seulement quelques secondes pour qu'elle s'ouvre en grand et Adrian apparut avec un large sourire.
"Ah... Michaela... Je suis si heureux que vous ayez décidé de me rendre visite après tout..." L'accueilla-t-il le regard plongé dans le sien. "Je vous en prie, entrez..."
Chapitre 40 :
Luttant pour contrôler un tic nerveux au coin de sa bouche, Michaela se tourna pour faire face à Adrian tandis qu'il la suivait à l'intérieur de son bureau.
Lorsqu'il commença à fermer la porte, elle dit fermement : "Je préfèrerais que vous ne faisiez pas ça..."
Il la regarda d'un air interrogateur, alors elle ajouta : "Laissez-la ouverte s'il vous plaît..."
"Mais Michaela," protesta-t-il. "On va nous entendre..."
"Alors, nous allons devoir parler doucement," répondit-elle avec détermination.
Il resta immobile un instant, comme s'il essayait de percer à jour ses intentions, et il haussa les épaules en laissant la porte entr'ouverte.
Il s'avança vers elle et elle lui ordonna à nouveau : "Et j'aimerais que vous vous asseyiez là-bas," dit-elle en montrant d'un signe de tête la chaise de l'autre côté du bureau.
Son visage s'assombrit un moment, mais il tomba finalement d'accord.
"Je ne sais pas ce qui vous prend, Michaela," dit-il avant de s'affaler dans l'imposante chaise en cuir. "Tout ce que je veux, c'est parler..."
"Moi aussi, Adrian," dit-elle.
Il lui sourit.
"Asseyez-vous, je vous en prie," lui dit-il en indiquant la chaise en face de lui.
"Euh... Je vais rester debout," répondit-elle en pliant les bras sur sa poitrine, pour se protéger.
Lorsqu'il y eut un long silence durant lequel Adrian l'étudia avec admiration, Michaela, nerveuse, fut forcée de dire : "Eh bien... Nous devrions peut-être commencer par hier..."
Adrian agita la main pour écarter cela.
"Un petit mal entendu, Michaela... C'est tout," lança-t-il. "N'y pensez pas..."
"Ne pas y penser ?" demanda Michaela, abasourdie.
"Nous nous sommes tous les deux un peu emportés, c'est tout," affirma-t-il. "Je souhaiterais vraiment que vous vous asseyiez..."
"Vous m'avez menacée, Adrian," dit froidement Michaela en restant debout.
"Dans la vivacité du moment, Michaela... N'avez-vous jamais rien dit que vous ayez regretté par la suite ?" se moqua-t-il.
"Je ne prends pas les menaces à la légère..."
"Elles ne voulaient rien dire..."
"Pour moi, si..."
"Eh bien, si c'est le cas, je m'en excuse," dit-il avec un sourire presque railleur. "Et pour vous prouver l'honnêteté de mes excuses, et comme preuve de mon estime, j'aimerais que vous preniez ceci..."
Il ouvrit le tiroir de son bureau et en sortit une petite boîte décorée qu'il fit glisser sur le bureau vers elle.
"Je n'en veux pas," dit-elle catégoriquement. "Je vous ai dit que je ne voulais plus aucun de vos cadeaux... plus 'aucune preuve de votre estime'."
Comme s'il ne l'avait pas écoutée, il tendit la main et souleva le couvercle afin de révéler une paire de boucles d'oreilles en argent filigrane très luxueuses.
"Je les ai vues à Denver... sur le chemin du retour de San Francisco," murmura-t-il. "Ne sont-elles pas magnifiques ? Elles m'ont fait penser à vous..."
Elle soupira et répéta : "Je n'en veux pas..."
"Vous changerez d'avis," l'avertit-il. "Les femmes aiment les belles choses..."
Elle secoua la tête d'exaspération, mais, réalisant qu'elle ne pourrait rien ajouter sur ce sujet, elle laissa la boîte ouverte sur le bureau et, essayant de le déstabiliser, elle demanda : "Comment saviez-vous que j'étais à San Francisco, Adrian ?"
Il fronça les sourcils d'étonnement.
"Je vous l'ai dit quand nous nous sommes parlés chez Miriam. J'ai été très surpris de vous voir là-bas... Je n'en avais aucune idée," affirma-t-il d'un ton léger.
"Je ne vous crois pas," répondit-elle, glaciale.
Il plissa les yeux, mais resta calme.
"Quoi qu'il en soit, c'est la vérité... Personne ici en ville n'aurait dit où vous étiez... Ils suggéraient que vous étiez, en fait, en train de visiter des collèges pour votre fils..."
"Donc, vous espérez me faire croire que, par coïncidence, vous avez fait le long voyage jusqu'à San Francisco au même moment que moi et ma famille ?"
"Oui, c'est ça," répondit-il. "C'était peut-être le destin."
"Le destin n'a rien à voir là-dedans," dit-elle.
"Ah, mais c'est là que vous avez tort," affirma-t-il, confiant. "Le destin nous rapproche depuis des années, Michaela. Il est vrai que nous avons passé de nombreuses années dans des villes différentes, mais peut-être que le destin attendait le bon moment... qu'il attendait que nous nous établissions tous les deux... avant de nous rapprocher."
Michaela écarquilla les yeux de consternation. Sully avait raison, cet homme n'était pas sain d'esprit.
"Adrian ?" dit-elle en radoucissant un peu sa voix. "Vous ai-je déjà donné une raison... une quelconque raison... de vous laisser penser que je vous retournais les sentiments que vous semblez avoir pour moi ?"
"Que je semble avoir !" s'exclama-t-il en haussant un peu la voix avant de jeter un rapide coup d'oeil coupable vers la porte ouverte.
Baissant la voix à nouveau, il avoua : "Michaela... Je vous ai aimée dès le premier jour où je vous ai vue... Je m'en souviens encore parfaitement... J'étais revenu du collège... vous et Miriam reveniez de la bibliothèque, les bras chargés de gros livres de médecine... Je descendais les escaliers et nos regards se sont rencontrés..." Il s'arrêta et prit une profonde inspiration. "Je suis devenu un homme damné à ce moment-là," songea-t-il.
"Vous n'avez pas répondu à ma question," répéta-t-elle en essayant de garder une touche de gentillesse dans la voix, mais aussi déterminée à ne pas se laisser abuser par les marques de dévotion de cet homme. En fait, ce qu'il disait lui haussait le coeur.
"Et quelle question était-ce ?" demanda-t-il en revenant dans le présent.
"Vous ai-je donné une raison de penser que j'ai des sentiments pour vous ?" répéta-t-elle doucement, en retenant son souffle lorsqu'il sembla réfléchir à une réponse.
Elle fut choquée lorsqu'il répondit avec sincérité : "Bien sûr."
"Quand ?" s'exclama-t-elle, en se demandant si elle avait bien fait de s'asseoir, après tout.
Il sourit et sembla à nouveau retourner dans le passé.
"Il y a eu cette fois au Savoy... Après avoir été à l'opéra avec Miriam et Robert... Vous m'avez demandé de vous raccompagner chez vous."
"Parce que Miriam et Robert avaient besoin de passer du temps seuls," affirma-t-elle à travers des dents serrées.
"Et puis il y a eu cette soirée chez... laissez-moi réfléchir... chez les Burnett, c'est ça ? Nous avons dansé."
"Cela aurait été malpoli de refuser... surtout que c'était la célébration des fiançailles de votre soeur et de Robert..."
"Nos promenades dans le parc..."
"Auxquelles vous n'étiez pas invité," répondit Michaela, obligée d'être directe.
Il secoua sa tête avec amusement.
"Michaela... Vous vous souvenez des choses si différemment de moi..."
"Je crois que vous vous êtes permis de tisser des rêves au fil des années, Adrian," répondit-elle, presque désolée pour lui, jusqu'à ce qu'elle se souvienne qu'Andrew était allité en ville.
Il s'avança dans son siège.
"Je n'ai rien imaginé du tout, Michaela... J'en ai toujours été certain, même durant ces longues années où nous étions séparés."
Elle secoua la tête et lui tourna brusquement le dos, se retrouvant face à face avec sa propre image, reproduite au crayon avec talent et accrochée sur le mur derrière la porte.
Elle eut le souffle coupé et se mordit la lèvre.
"Magnifique, n'est-ce pas ?" dit-il avec fierté.
"Un client artiste à l'hôtel où je travaillais à New York l'a faite pour moi... d'après votre photographie de remise des diplômes..."
Elle se tourna vers lui avec fureur.
"Adrian, tout ceci doit cesser !" s'exclama-t-elle avec résolution.
"Qu'est-ce qui doit cesser ?" demanda-t-il gaiement avant de s'appuyer contre le dossier de son siège.
"Cette... Ce ridicule fantasme !" s'exclama-t-elle vivement. "Quand allez-vous réaliser que ça ne vous mènera nulle part ? Je n'ai aucune intention d'avoir une quelconque relation avec vous, maintenant ou dans le futur..."
"Je ne vous crois pas," répondit-il avec désinvolture. "Vous êtes dans le déni, pas moi..."
"Je ne suis pas dans le déni," répondit-elle, en colère.
Elle se leva et commença à marcher.
"J'ai essayé de vous le dire à San Francisco... Il y a un seul homme que j'aime, et je l'aime de tout mon coeur et de toute mon âme... Pour toujours... Et cet homme, c'est Sully."
"Ce sauvage ?" railla Adrian. "Il est en-dessous de votre rang, Michaela... et plus tôt vous le comprendrez, mieux ce sera."
Elle se retint pour ne pas le gifler. Comment osait-il ? "Je ne vais même pas chercher à répondre à cette remarque stupide," dit-elle avec froideur. "Ce que vous pensez ne m'intéresse pas... Mais il est temps que vous arrêtiez votre cirque et laissiez ma famille tranquille."
"Mon cirque, Michaela ?" remarqua-t-il doucement.
"Les roses... m'observer depuis le porche du saloon..."
Elle s'arrêta et demanda : "Saviez-vous qu'il y avait eu un incendie dans la maison de notre hôte à San Francisco ? Ou que quelqu'un s'est acharné sur le buggy d'Andrew l'autre jour ?"
Juste pendant un moment, le masque de complaisance d'Adrian tomba. Cela ne dura pas longtemps, mais Michaela le vit. A l'intérieur, elle criait de triomphe et à l'extérieur, elle tremblait de peur. Leurs soupçons avaient été fondés et Dieu seul savait ce qu'il pouvait faire ensuite.
Il fronça les sourcils et ses yeux s'assombrirent, comme la veille. Il dit calmement : "Je n'ai aucune idée de quoi vous parlez, Michaela..."
"Vous en êtes sur ?"'
"Oui... Et je me fiche de vos insinuations..."
Elle serra les mâchoires. "Il est peut-être temps de vous rendre, Adrian," dit-elle. "Il est peut-être temps que vous quittiez Colorado Springs... avant que quelque chose arrive et nous détruise tous les deux," l'avertit-elle.
Il se pencha en avant et la fixa dans les yeux. "Je ne partirai pas sans vous," affirma-t-il.
"Alors, vous allez devoir rester ici très longtemps. C'est ma maison... C'est ici que je veux passer le reste de ma vie... avec ma famille et mes amis autour de moi," répondit-elle en se dirigeant vers la porte.
"Les choses peuvent changer, Michaela," dit-il avec un air de menace et si bas qu'elle ne fut pas certaine d'avoir bien entendu.
Elle se tourna pour lui faire à nouveau face et fut glacée sur place par son regard. Elle inspira profondément.
"Vous apprendrez que je ne m'effraye pas facilement, Adrian... Mais, contrairement à vous, je ne me servirai pas de menaces. J'espère que vous allez prendre en considération ce que je vous ai dit aujourd'hui et en tenir compte... Je ne m'attends plus à vous voir intervenir dans ma vie, dorénavant."
"Je ne souhaite pas intervenir, Michaela, comme vous le dîtes... Mais j'ai l'intention de vous persuader que votre vie pourrait être bien plus satisfaisante avec moi... Nous pourrions retourner dans l'Est, peut-être à New York... Vivre dans une maison à la hauteur de votre rang... J'apprécierais vous montrer durant des réunions..."
"Vous rêvez à nouveau, Adrian," le coupa Michaela. "Comme j'ai l'impression que vous n'êtes pas disposé à entendre quoi que ce soit d'autre, je crois que cette discussion est terminée..."
"Mais..." protesta Adrian. "Vous ne dînez pas avec moi ? J'ai tout prévu..."
"Non, merci," répondit-elle froidement. "Je vais manger avec ma famille..."
Il se leva de sa chaise avec colère et s'exclama d'une voix forte et sévère : "Michaela !"
"Bonne journée, Adrian..." dit-elle froidement. Puis, elle redressa les épaules, lui lança un dernier regard glacial et sortit de la pièce avec dignité.
Adrian resta debout, la bouche ouverte, réalisant qu'il allait devoir ré-évaluer sa prochaine étape dans la conquête de cette merveilleuse femme fougueuse.
L'espace d'un instant, il envisagea la possibilité de la suivre, mais il abattit son poing avec fureur sur le bureau et jeta la boîte contenant les boucles d'oreilles contre la porte fermée.
Les bijoux tombèrent au sol, dénigrés et rejetés.
Il lutta contre l'envie de les écraser avec ses pieds et il ouvrit brusquement la porte avant de pratiquement courir vers ses quartiers à l'arrière du Château.
Sully, tendu, avait le dos appuyé contre le mur, à quelques mètres de la porte ouverte du bureau de Tilson.
Son coeur battait fort et il se rendit compte qu'il priait, quelque chose qu'il ne faisait pas souvent. Il priait pour que Michaela gère la situation et ressorte saine et sauve. Il priait pour qu'Adrian retrouve sa raison et réalise la futilité de ses efforts et il priait afin d'être capable de contrôler cette envie constante et presque étouffante de se précipiter dans le bureau et d'arracher la vie à cet homme dément.
Il inspira profondément, mais cela ne sembla pas faire beaucoup de différence. Il pouvait entendre le murmure des voix venant de l'intérieur.
Il avait été fier de Michaela lorsqu'elle avait insisté pour que Tilson laisse la porte ouverte et lorsqu'elle lui avait dit, non ordonné, de s'asseoir à son bureau.
Il avait écouté cela clairement et, malgré la situation, avait souri d'amour pour cette brave et courageuse femme qui était son épouse.
Il aurait sincèrement voulu écouter tout ce qui se passait, mais Michaela lui avait vraiment demandé de ne rien écouter du tout.
Il avait été blessé au début, mais il avait réalisé qu'il faisait confiance à sa façon de s'impliquer.
Il inspira à nouveau profondément et se figea lorsque la voix de Tilson se chargea de colère.
Il serra les poings et s'efforça de tendre l'oreille, mais les voix redevinrent des murmures.
Il ne savait pas combien de temps il allait pouvoir supporter cela !
Il ferma les yeux et pria à nouveau, la même prière qu'auparavant.
Lorsqu'il les ouvrit, Bess se tenait à ses côtés, "ça va, Sully ?" demanda-t-elle avec inquiétude.
Il hocha la tête en silence, son attention toujours portée sur le murmure des voix.
Elle hocha la tête et s'appuya contre le mur à côté de lui.
"Qui s'occupe de William ?" demanda-t-elle doucement.
"Myra s'occupe de lui," répondit-il sans réfléchir.
Quelques minutes de tension de plus, elle demanda d'une petite voix : "Est-ce que cet homme est aussi mauvais qu'elle le dit ?"
Il plissa les yeux et se tourna pour la regarder.
"Elle vous a dit ?" demanda-t-il de surprise.
"Oui, ce matin," répondit Bess. "Elle était harassée et j'ai demandé pourquoi... alors, tout est sorti."
Il fronça les sourcils et tendit à nouveau l'oreille : la voix d'homme ne semblait pas avoir beaucoup changé.
"Je suis surpris qu'elle vous ait dit tout ça," marmonna-t-il.
"Je crois que ça l'a aidé de le dire à une étrangère," répondit Bess tout bas. "Donc, est-il aussi mauvais qu'elle le dit ?"
Il inspira.
"Une chose que vous devez savoir au sujet de Michaela, c'est qu'elle voit toujours le meilleur chez les gens... Donc, si elle vous a dit qu'il était mauvais, alors il l'est... sûrement même pire qu'elle le dit," répondit-il d'une voix basse et inquiète.
Bess reprit son souffle et, comme Sully, redirigea son attention vers les voix qui venaient du bureau.
Pendant quelques minutes, ils restèrent dans cette position, écoutant et priant.
De temps en temps, les voix s'élevaient un peu et ils pouvaient entendre des bribes de conversations, dont quelque chose qui avait à voir avec le destin qui ne cessait de les rapprocher et Michaela réfutant cette idée.
Sully se raidit.
Cela le blessait plus qu'il ne pouvait l'admettre d'entendre un autre homme dire ces choses à sa femme.
Il sentit une caresse rassurante sur son bras et regarda Bess qui leva vers lui des yeux emplis de compassion.
"Ne vous inquiétez pas, Sully," chuchota-t-elle. "Vous connaissez la vérité..."
Il hocha la tête et un tout petit peu de tension s'apaisa dans son corps.
Pour Sully, le temps passé debout dans le vestibule du Château ce matin-là fut interminable.
A un moment, lui et Bess furent stupéfaits lorsque la voix qui montait dans les aigus, de colère, fut celle de Michaela et non celle de Tilson.
Il l'entendit dire avec véhémence : "Ceci doit cesser !" et il attendit la réponse furieuse de Tilson.
Au lieu de cela, sa voix fut basse et presque inaudible.
Finalement, il sembla que Michaela regagnait la porte car sa voix devenait de plus en plus nette.
Il l'entendit dire : "Vous rêvez à nouveau, Adrian, et comme j'ai l'impression que vous n'êtes pas disposé à entendre quoi que ce soit d'autre, je crois que cette discussion est terminée..."
Il y eut un autre murmure, puis elle lui souhaita une bonne journée.
Adrian explosa : "Michaela !" l'appela-t-il avec fureur.
Sully se tendit et soupira de soulagement lorsqu'elle sortit de la pièce sans presque leur jeter un coup d'oeil à lui et à Bess et elle se dirigea vers l'avant-cour où était garé le chariot.
Il lui courut après et laissa Bess derrière lui.
Michaela avait atteint le chariot, respirait profondément et s'appuyait contre le véhicule comme si elle avait peur que ses genoux la trahissent.
Il l'entoura de ses bras et sentit qu'elle tremblait de tout son corps.
"Chut…" murmura-t-il. "Tout va bien, je suis avec toi..."
Elle se détendit dans son étreinte et s'accrocha à lui.
Elle murmura enfin : "Tu avais raison, Sully, il est malade..."
Un sanglot parcourut son corps et il la serra davantage contre lui.
"Il ne t'a pas écoutée ?" demanda-t-il doucement.
"Je ne sais pas... Parfois, je crois que si... et puis à un autre moment, c'est comme si on devait repartir de zéro..." murmura-t-elle.
Elle se tourna lorsqu'elle sentit une main sur son bras et plongea le regard dans les yeux aimants de Bess.
La vieille femme lui fit un sourire rassurant et dit à Sully : "Pourquoi vous ne la ramèneriez pas à la maison ?"
"Et William ?" murmura Michaela, toujours incapable de contrôler ses tremblements.
"Je vais le chercher pour vous," dit Bess. "Attendez ici, et parlez... Je reviens dans une minute."
Elle partit et Michaela s'appuya avec fatigue contre le corps de Sully.