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Jeunesse et protection des mineurs
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Série : Dr Quinn, Medicine Woman
Création : 05.05.2011 à 20h38
Auteur : okapi
Statut : Terminée
« "Ardente plénitude" est la traduction d'une fanfiction de Pam Hunter intitulée "Heroes and fools". » okapi
Cette fanfic compte déjà 342 paragraphes
Puis, alors qu'une pensée lui traversait l'esprit, elle leva des yeux emplis de crainte vers Sully.
"Tu avais raison, Sully... Il est responsable de l'incendie... et de l'accident d'Andrew..."
Elle se mordit la lèvre et essaya de garder son calme.
"Il l'a admis ?" s'étonna Sully.
"Non... pas avec des mots... Mais j'ai mentionné les incidents et je l'ai vu dans ses yeux... Il l'a fait, Sully..."
Il secoua la tête de dégoût et demanda : "Alors, est-ce que tu crois qu'il va arrêter tout ça maintenant et nous laisser tranquille ?"
Elle avala sa salive.
"Je ne sais pas," répondit-elle.
"Je lui ai dit tout ce que je voulais lui dire... je lui ai même suggéré de quitter Colorado Springs..."
Sa voix traîna et elle se rappela la réaction d'Adrian face à cette proposition. 'Je ne partirai pas sans vous', il avait dit.
Elle frissonna et posa la joue contre l'épaule de Sully.
"Je veux rentrer à la maison, Sully," dit-elle tout bas. "S'il te plaît."
"Dès que Bess revient avec William," répondit-il. "Et après, on décidera de ce qu'on va faire..."
"Je ne sais plus quoi faire..."
"Je sais une chose que 'je' vais faire... ce soir," déclara Sully.
"Quoi donc ?"
"Je vais écrire au Sénateur Dinston... Il nous connaît... il nous fait confiance... Je crois qu'il devrait savoir le genre d'homme qui travaille pour lui," répondit-il, sûr de lui.
Pour une fois, Michaela tomba d'accord.
Elle hocha la tête et sourit de soulagement lorsqu'elle repéra Bess qui se dirigeait vers eux, William dans les bras.
Sully était assis près d'une lampe, dans la salle à manger, le bout d'un crayon coincé entre ses dents, réfléchissant à une tournure convenable pour adresser sa lettre au Sénateur Dinston.
Il avait découvert que c'était difficile d'écrire objectivement à propos d'un homme qui semblait vouloir ruiner leurs vies.
Une pensée lui vint en tête et il recommença à écrire.
Michaela était assise près de la cheminée, Katie fatiguée sur ses genoux, et elle se sentait plus épuisée que jamais auparavant dans sa vie.
Elle combattait depuis environ une demi-heure pour que ses paupières ne se ferment pas et, lorsqu'elle ferma à nouveau les yeux inconsciemment, elle soupira et somnola.
Elle fut réveillée en sursaut un petit moment après lorsqu'on lui prit Katie des bras.
Elle leva les yeux vers Kathleen.
"Je vais la mettre au lit, Michaela," dit-elle. "Vous avez l'air épuisée."
Michaela hocha la tête et essaya de se redresser dans sa chaise.
"Non, vous restez ici," dit Kathleen. "Je m'en occupe... ou vous feriez peut-être mieux d'aller au lit."
Michaela se tourna pour voir que Sully était toujours concentré sur sa lettre.
"Je vais rester ici encore un moment," répondit-elle d'une voix lasse.
Kathleen souleva Katie dans ses bras, l'installant un peu plus confortablement contre son épaule et s'assit sur le bras de l'autre chaise à bascule.
"Michaela ?" dit-elle doucement, pour ne pas déranger l'enfant endormi. "Je me demandais... puisque vous allez devoir retravailler à plein temps, je pourrais m'occuper à nouveau de Katie... et je serais heureuse d'avoir William aussi... Maintenant que vous commencez à introduire d'autres aliments, il n'aura plus besoin d'être autant allaité."
"Mais le mariage," protesta Michaela.
"C'est dans trois semaines... et la plupart des arrangements ont été faits... Je dois retourner à Denver pour ma robe de mariée, mais ce sera seulement pour un jour... J'adore m'occuper des enfants... J'aurais l'impression d'apporter ma contribution à nouveau..."
Michaela tendit la main et la posa sur celle de la jeune femme.
"Nous aimons vous avoir ici, vous le savez... Vous n'avez pas besoin d'apporter votre contribution."
"Je sais... Mais je me sentirais mieux si je le pouvais... Vous pourriez aller en ville ou au Château avec Eclair et je vous rejoindrais plus tard avec le chariot et les enfants... ça vous ferait économiser beaucoup de temps et d'énergie... vous allez devoir travailler beaucoup," continua Kathleen avec persuasion.
Michaela sourit. "Vous me donnez de bons arguments..."
La jeune femme sourit aussi et leva les sourcils avec interrogation. "Alors ?" demanda-t-elle.
Michaela hocha la tête avec reconnaissance.
"Nous allons essayer," dit-elle. "Et merci..."
"De rien," répondit la jeune femme.
"Maintenant, je vais mettre cette petite au lit... Bonne nuit Michaela..."
Michaela laissa échapper un soupir lorsque Kathleen quitta doucement la pièce et elle ne dut pas attendre bien longtemps avant que le sommeil menace de la submerger à nouveau, mais elle fut surprise lorsqu'elle sentit de gros bras se glisser sous elle et la soulever de sa chaise.
Elle ne s'exclama pas, ne protesta pas et n'ouvrit pas les yeux, elle se détendit simplement dans les bras qui la faisaient toujours se sentir en sécurité et aimée.
Tandis qu'elle posait la tête sur son épaule et qu'il traversait la pièce, il murmura doucement "ça a été un rude journée, Michaela, mais c'est fini maintenant, tu peux te détendre... et souviens-toi que c'est toi et moi... nous... C'est important."
Il lui embrassa la joue et commença à monter les escaliers avec précaution.
Chapitre 41
"Eh bien, nous avons finalement l'opportunité de parler tous ensemble," dit ironiquement Michaela à toute la famille assise autour du lit d'Andrew, à la clinique.
Colleen tendit la main et la posa sur celle de Michaela.
"Vous avez l'air fatiguée, maman... Nous n'avons pas besoin de parler maintenant... on verra après une bonne nuit de sommeil," offrit-elle avec inquiétude.
Michaela avait travaillé sans relâche à la clinique aujourd'hui, la queue de patients peinant à diminuer.
Il semblait que les habitants de Colorado Springs avaient stocké leurs divers maladies et maux pendant un petit moment et, bien sûr, par la même occasion, ils espéraient que Michaela leur raconterait ses aventures en Californie.
"Tout va bien, Colleen... Nous rentrerons à la maison dès que ce sera dit. Je sais que Brian a hâte que tout le monde sache ce qui est arrivé à San Francisco," répondit-elle en souriant.
Elle reçut des hochements de tête impatients et des regards intéressés, alors elle continua : "Nous vous avons déjà dit que nous avons passé presque une semaine comme invités du père de Lillian, Patric Beauchamp..."
Il y eut encore des hochements de tête.
"Il était très interessé par nous tous... mais surtout par vous, Matthew, Colleen et Brian... Il semblerait que lui et Lillian aient beaucoup parlé de vous trois lorsqu'elle était allitée à cause de sa maladie... Elle lui a dit tout ce qu'elle savait de vous... et apparemment, elle se sentait toujours coupable de la fois où elle était venue ici avec Ethan et qu'ils avaient essayé de vous ramener à San Francisco."
"Que peut-elle ressentir d'autre ?" marmonna Matthew avant de recevoir un regard sévère de Michaela.
Elle poursuivit : "Si vous vous souvenez, c'est Lillian qui a convaincu Ethan de vous laisser tous les deux ici... Elle savait que c'était mal de vous enlever à des personnes qui vous aimaient, votre famille et vos amis..."
Elle inspira profondément.
Maintenant venait la partie la plus difficile.
"Quand Monsieur Beauchamp a rencontré Brian, je crois qu'il a eu l'impression de le rencontrer à nouveau... plutôt que comme si c'était la première fois... Il connaissait certains traits de Brian, ce qu'il aimait et ce qu'il n'aimait pas... et il a été grandement intéressé de savoir ce que vous trois aviez fait durant ces quelques années... Lorsqu'il a découvert que vous vouliez tous étudier afin d'apprendre une profession, il a été très impressionné... Bien sûr, Lillian lui avait dit que Colleen voulait devenir médecin et il a semblé content quand nous lui avons dit que tu espérais reprendre tes études à l'automne, Colleen..."
"Est-ce que ça va en venir quelque part, Dr Mike ?" demanda brusquement Matthew. "J'ai des choses à faire..."
Cette fois, ce fut Kathleen qui lui lança un regard surpris et sévère, ce qui le fit taire.
"Oui, cela va nous mener quelque part... une chose très importante... et même surprenante," répondit Michaela.
Puis, elle continua rapidement : "A notre grande consternation, Monsieur Beauchamp – et avant même qu'il nous ai demandé de rester avec lui – a offert de... nous assister dans votre éducation... En fait, dans l'éducation de tous les enfants, dont celle de Katie et William..."
Colleen ouvrit la bouche de surprise et Matthew plissa les yeux, soupçonneux. "Que voulez-vous dire par 'assister' ?" demanda-t-il.
"Il va tout payer, Matthew !" s'exclama Brian avec excitation. "Donc, ça ne sera pas trop dur pour maman et papa..."
Matthew fronça les sourcils.
"J'espère que vous avez refusé," marmonna-t-il d'un ton maussade. "On n'a pas besoin d'aide de San Francisco," ajouta-t-il sarcastiquement.
"Non, en fait, nous n'avons pas refusé," répondit Michaela d'un ton neutre. "Nous voulions le faire au début... mais il a été très persuasif, un homme très gentil et persuasif..."
"Donc, vous allez laisser un étranger payer pour l'éducation des enfants ?" lâcha-t-il avec dégoût. "On dirait que papa a réussi à faire de lui ce qu'il voulait... comme il le fait avec tous les gens qui sont un peu trop faciles à berner..."
"Ce n'est pas ça du tout, Matthew," s'opposa vivement Brian. "Papa n'était même pas là ! Il ne savait rien de tout ça... et Monsieur Beauchamp ne s'est pas fait avoir par lui... Il nous a demandé de dire oui pour Lillian... Sa fille lui manque énormément... et de cette façon, il a l'impression de faire quelque chose en son nom."
"Je pourrais penser à beaucoup de choses qu'il pourrait faire en son nom... et nous laisser en dehors de tout ça," répondit Matthew, le regard menaçant.
A la surprise de Michaela, Sully prit la parole : "Nous le lui avons suggéré, Matthew... et il a l'intention de donner beaucoup de son argent à des écoles, des hôpitaux... Mais, il veut avoir le sentiment de faire partie de quelque chose qui suit son chemin pendant qu'il est encore en vie... et Lillian lui a si bien parlé de vous, qu'il voulait aider..."
"On n'a pas besoin d'aide," répéta le jeune homme.
"Ce n'est pas vrai, Matthew," dit une petite voix assurée à côté de lui.
Kathleen lui prit la main et dit calmement : "Tu te plains toujours du prix des livres de droit... à quel point c'est coûteux de s'abonner à des journaux de droit de l'Est... ou l'argent qu'il faut dépenser pour suivre des cours, à Denver ou plus loin..."
"Oui, c'est difficile, mais je peux y arriver tout seul..."
"Toi, peut-être," répondit-elle. "Mais, et Brian qui va partir au collège ? Et je sais combien ça a été difficile pour Colleen et Andrew d'économiser assez d'argent pour ses études à Philadelphie pendant les prochains deux ou trois ans."
Elle se tourna vers son amie. "N'est-ce pas Colleen ?" demanda-t-elle.
Colleen fronça les sourcils. "Oui, ça a été dur," répondit-elle. "Mais... Je ne suis pas sûre que ce soit bien qu'un étranger paye pour ces choses non plus... Je ne me sentirais pas bien..."
Elle se tourna vers son mari. "Andrew ?" l'appela-t-elle.
Andrew secoua la tête. "Je ne sais pas," répondit-il avec incertitude. "Je n'ai jamais rencontré cette Lillian... et je n'ai certainement jamais rencontré son père... ou le tien."
"Cela n'a rien à voir avec lui," coupa Brian.
"Je comprends que vous vous sentiez dans le doute," dit calmement Michaela. "Vous pouvez imaginer à quel point cette proposition nous a secoué au début, surtout quand il a expliqué que cela concernait aussi Katie et William... Mais ce que vous devez savoir, c'est que c'est un homme extrêmement riche qui se sent très seul... perdu, même, sans sa fille unique... Vous lui donnez une attache avec la jeunesse, pour les générations futures... Il le désire plus que tout."
"Et que veut-il en retour, Michaela ?" demanda Andrew.
"Rien," répliqua-t-elle tout de suite. "Sauf peut-être une lettre de temps en temps pour lui dire comment se passent vos études..."
"Rien du tout ?" Demanda Matthew avec prudence.
Elle secoua la tête.
"Donc, il n'attend rien de nous ? Comme le fait que Brian aille, par exemple, étudier à San Francisco ?"
Elle secoua à nouveau la tête.
Brian dit : "Papa lui a demandé... et il a dit que ça n'avait pas d'importance... Il savait que tu voulais étudier là où maman l'avait fait, Colleen... Lillian lui avait dit... et il semblait vraiment content que tu le veuilles toujours..."
Michaela leur donna à tous quelques minutes pour digérer la nouvelle et elle dit calmement : "Sur le chemin du retour, Sully et moi nous sommes arrêtés à Denver et avons signé les papiers à la banque... L'argent, une somme considérable, je dois dire, est prêt pour que vous l'utilisiez quand vous en aurez besoin... Tout ce que Monsieur Beauchamp a dit, c'est que cela devait être divisé de façon égale entre vous cinq..."
Les yeux de Colleen brillèrent soudain et elle serra la main d'Andrew avec plus de fermeté.
"Est-ce qu'il y a assez pour payer mes frais d'inscription, maman ? Et pour les livres ?"
Michaela rit.
"Il y a plus qu'il n'en faut, Colleen... En fait, il y a plus que ce qu'il te faudra pour payer ton logement... et même les billets de train d'ici à Philadelphie et vice versa."
Colleen pâlit et avala sa salive.
"Tant que ça ?" murmura-t-elle.
Michaela hocha la tête.
"Comme je l'ai dit, Monsieur Beauchamp est un homme extrêmement riche," répondit-elle.
"Je n'aurai pas besoin de cet argent, Dr Mike," la coupa Matthew avec assurance. "Vous pouvez renvoyer ma part."
"Oui... Nous pourrions le faire," répondit Michaela. "Mais nous préfèrerions pas... cela le blesserait trop... Si tu ne peux pas accepter pour toi-même, tu devrais peut-être penser à Kathleen et aux enfants que vous aurez..."
Lorsque Matthew leva les sourcils avec interrogation, elle continua : "Si tu disposes de cet argent pour t'assister dans tes études et pour développer ta bibliothèque de livres de droit, ça te permettra de soutenir ta famille, n'est-ce pas ? Et si tu ne dépenses pas tout, cela pourrait s'avérer pratique lorsque tes propres enfants voudront poursuivre leur scolarité..."
Elle balaya du regard toute sa famille.
Chacun d'entre eux semblait préoccupé, pesant le pour et le contre à accepter l'offre généreuse de Monsieur Beauchamp.
"La nuit nous portera conseil, d'accord ?" dit-elle doucement. "Je sais que Brian a déjà accepté... C'était peut-être plus facile pour lui, il a rencontré Monsieur Beauchamp et a reconnu combien il était sincère... Il vous a donné une merveilleuse opportunité qui ne se représentera pas... Ne dîtes pas non sans y avoir auparavant longuement réfléchi... vous pourriez bien priver vos familles de remarquables opportunités..."
Elle se leva et s'étira les muscles, puis se tourna vers Sully qui tenait Katie endomie dans ses bras.
"Je vais aller chercher William dans la pièce d'à côté et nous pourrons rentrer à la maison," dit-elle d'une petite voix. "Je me sens soudain très, très fatiguée... Bonne nuit tout le monde, dormez bien..."
Sully se leva immédiatement en reposant Katie sur son épaule.
Lorsque Michaela quitta la pièce, il la suivit jusqu'au palier, mais au lieu de sortir, il se tourna et dit doucement : "Souviens-toi de ce que je t'ai dit, Matthew... La fierté, c'est le fardeau de l'homme imbécile... et nous le savons tous les deux."
Il sourit à son fils aîné, fit une grimace à Colleen et partit.
Sully sortit par la porte d'entrée de la maison et prit une bonne bouffée d'air, déjà chaud, du petit matin.
Il semblait que la journée allait être chaude.
Il tourna le visage vers le soleil, ferma les yeux et soupira.
Si l'histoire de Tilson ne lui avait pas occupé tout l'esprit, il aurait vraiment pu profiter d'une journée d'été comme celle-là.
Il redressa les épaules, pensant soudain à toute vitesse aux choses qu'il voulait et devait faire.
Il descendit du porche et se dirigea vers la grange.
A l'intérieur, Matthew était en train de seller son cheval, se préparant pour une chevauchée vers la ville.
"Bonjour," dit Sully depuis la porte. "J'espérais te voir avant que tu partes."
Matthew se retourna et lui lança un regard suspicieux avant de dire : "Si c'est à propos d'hier soir et de cet histoire d'argent, je ne..."
"Ce n'est pas à propos d'hier soir, Matthew, " le coupa vivement Sully. "C'est à toi de voir maintenant, c'est ta décision... Non, je voulais te parler de quelques autres petites choses..."
Le jeune homme resserra la selle autour de son cheval et se tourna vers Sully.
"Lesquelles ?" demanda-t-il avec intérêt.
"Eh bien... Je voulais te demander où tu en étais avec ta maison... Je n'ai pas eu le temps d'y retourner depuis que nous sommes rentrés ici," répondit-il.
"Presque finie," répondit fièrement Matthew. "Je veux finir de poncer et polir les planches du sol aujourd'hui... et le poële arrive par le train cet après-midi... Je me demandais si tu pouvais venir m'aider, demain... Je me souviens combien le tien était lourd..."
"C'est l'une des choses dont je voulais te parler, Matthew... Je suis désolé, mais je ne vais pas pouvoir t'aider autant que je le voudrais..."
Lorsque Matthew fut sur le point de lui répondre, il continua rapidement : "Je t'aiderai avec le poële, ce n'est pas ça... Du moment que c'est demain matin pour que je puisse ensuite aller rejoindre Michaela au Château pour le déjeuner... Je ne veux pas qu'elle travaille là-bas toute seule..."
Matthew fronça les sourcils d'étonnement.
"On peut installer le poële demain matin, ça me va... Mais qu'est-ce que tu veux dire ? Tu ne veux pas qu'elle travaille là-bas seule ?"
"Je ne fais pas confiance au responsable, Tilson," répondit brièvement Sully.
"Je me doutais qu'il se passait quelque chose... surtout quand tu ne voulais que personne, et surtout pas lui, découvre où vous étiez partis..." répondit Matthew en fronçant les sourcils.
"Qu'est-ce qu'il se passe au juste ? Tu t'inquiètes pour lui et le Dr Mike ? Elle ne fera rien avec lui..."
Sully secoua la tête. "Je ne suis pas inquiet au sujet de Michaela... enfin, pas de cette façon... Je sais qu'elle ne ferait rien, mais je suis inquiet pour Tilson. Je crois qu'il est dangereux, Matthew," admit-il.
"Dangereux ? Qu'est-ce que tu veux dire ?"
"Je ne veux pas rentrer dans les détails, ce n'est pas à moi de le faire... mais quelqu'un pourrait être blessé et je ne veux pas que ça soit l'un d'entre nous, surtout Michaela ou les enfants..."
"Je peux prendre soin de moi, Sully... Mais, qu'est-ce que tu veux dire quand tu dis que les enfants sont en danger ? Il ne leur ferait pas de mal, n'est-ce pas ?"
"Je n'en suis pas sûr... Mais je crois qu'il n'est pas... sain d'esprit."
Sully s'arrêta et avala sa salive.
"C'est pour ça que je veux que tu gardes un oeil sur les enfants et Kathleen... Tu sais qu'elle va à nouveau s'occuper de Katie et qu'elle va prendre William avec elle... Je pense qu'ils devraient passer beaucoup de temps avec toi à la maison, pendant que tu y travailles... Comme ça, ils seront en sécurité."
Matthew fronça les sourcils lorsqu'il réalisa la gravité des paroles de Sully et leva les yeux avec une expression incrédule.
"Tu ne crois pas que... Si cet homme est dangereux, on doit faire quelque chose !"
"J'y travaille... Mais en attendant, nous devons nous serrer les coudes, c'est pour ça que je voulais que tu saches..."
"Si quelque chose arrive à Kathleen, au Dr Mike ou à un..."
Sully posa soudain la main sur l'épaule du jeune homme.
"Rien ne va leur arriver du moment que nous restons prudents, d'accord ?"
Matthew hocha la tête. "Kathleen va emmener les enfants à la maison ce matin avant d'aller à la clinique aux alentours de midi... ça dépendra de William..." dit-il tout bas.
"Et je serai à la clinique," finit Sully. "Demain, Michaela travaillera à la clinique le matin... Brian, Colleen et Andrew seront là-bas avec elle... et puis, je la rejoindrai au Château après t'avoir aidé avec le poële..."
Il serra l'épaule de Matthew pour le rassurer.
"Merci," dit-il doucement avant d'aller rapidement seller son cheval et celui de Michaela.
"Michaela... Je me demandais si je pouvais vous parler une minute..." demanda Hank en sortant sur le porche alors qu'elle quittait la clinique à l'heure du déjeuner, le jour suivant.
Le jour précédent avait été bien plus calme pour la famille Quinn/Sully, la majeure partie de la journée avait été passée ici, à la clinique en ville, mais aujourd'hui, c'était une toute autre histoire.
Elle avait terminé avec son dernier patient il y avait seulement quelques minutes et son premier rendez-vous au Château était prévu dans à peine quinze minutes.
Elle s'arrêta et se tourna vers lui avec impatience.
"Je suis attendue au Château dans très peu de temps, Hank," répondit-elle, toujours un peu embarrassée par l'aide qu'il lui avait apportée quelques jours plus tôt.
"Cela ne prendra pas une minute," répondit-il, attendant qu'elle rouvre la porte avant de la suivre à l'intérieur.
"En plus, j'aurais pensé que vous auriez trouvé une excuse pour ne plus retourner là-bas," taquina-t-il.
Elle se tourna vers lui.
"Je suis un médecin, Hank... qui doit diriger une clinique, deux cliniques en fait... Je ne peux pas décider de ne plus me présenter à l'une d'elles... Qu'en penseraient mes patients ?"
Il leva la main pour montrer qu'il abandonnait.
"D'accord, d'accord... Je vois bien... désolé de l'avoir mentionné..." marmonna-t-il.
Elle se sentit immédiatement contrite.
Après tout, il aurait pu arriver n'importe quoi s'il n'était pas intervenu lorsqu'Adrian l'accostait.
"Je suis désolée, Hank," dit-elle rapidement. "C'est juste que je suis tellement occupée... avec les deux cliniques... Oh et euh... Je voulais vous remercier pour... euh..."
Il rit.
"Ne vous en faîtes pas, Michaela... même si je le pensais quand je vous ai dit que vous devriez rester loin de lui... Il est dangereux, je pense... Je n'ai pas aimé la façon dont il vous a attrapée..."
"J'ai l'intention de rester loin de lui, autant que possible, Hank," répondit-elle, n'appréciant pas tellement d'être conseillée par le propriétaire du saloon.
Il hocha la tête. "Bien," acquiesça-t-il.
"Vous vouliez quelque chose ?" demanda-t-elle en jetant un coup d'oeil vers la porte ouverte.
"Euh... oui... Je me demandais..."
"Oui ?"
"Oui... Eh bien... s'il vous restez une boîte de cette pommade... Vous savez, celle qui aide pour les bleus... et toutes ces choses..." marmonna-t-il, incapable de la regarder dans les yeux.
Elle fronça les sourcils.
"Etes-vous blessé, Hank," demanda-t-elle tout de suite.
Il leva les sourcils et rit inconsciemment.
"Non... Pas moi," répondit-il d'un ton intransigeant.
"Qui alors ?" demanda-t-elle avec sévérité.
Il resta muet un moment et eut l'air incertain.
"Qui ?" répéta-t-elle. "Quelqu'un que je devrais voir ?"
Il secoua immédiatement la tête.
"Veut pas être vu par un docteur," admit-il maladroitement.
"Qui ne le voudrait pas ?" demanda-t-elle. "S'il est blessé... Je devrais vérifier son état."
"J'ai dit qu'elle ne voulait pas vous voir," répéta-t-il.
Elle plissa les yeux.
"Elle ?" demanda-t-elle avec prudence. "Vous ne voulez pas dire, Sophie, n'est-ce pas ?"
"Donnez-moi juste la pommade, Michaela," marmonna-t-il avec exaspération en fouillant dans sa poche avant d'en retirer quelques pièces.
"Elle a été battue sérieusement, Hank ? Est-ce que c'est grave ?" s'enquit-elle.
"D'accord, c'est Sophie... Mais ce n'est pas grave, pas comme la dernière fois... Juste quelques bleus," répondit Hank dont le regard commençait à briller de colère. "Alors, vous allez me vendre cette pommade, oui ou non ?"
Elle se dirigea rapidement vers les portes en verre de l'armoire médicale et prit un petit pot de pommade.
"C'était le même homme, n'est-ce pas Hank ?" demanda-t-elle calmement. "Qu'allez-vous faire ?"
"Je lui ai dit qu'elle pouvait plus le revoir," répondit-il. "Ça ne lui a pas fait plaisir, je vous ferais dire... Il lui a donné des cadeaux, et elle aime ça..."
"Mais avec les cadeaux vient l'agression," répondit Michaela avec une touche habituelle d'amertume dans la voix.
"Je pense toujours que vous devriez faire quelque chose contre lui, Hank," recommanda-t-elle solennellement. "Il est une menace... Nous pourrions le télégraphier au marshall..."
"J'ai déjà perdu sa clientèle à la Pépite," répondit Hank avec dégoût. "Il ne peut plus voir aucune de mes filles, ce n'est pas assez ?"
"Non, ce n'est pas assez," répondit-elle avec force. "Vous avez arrêté Adrian Tilson lorsqu'il était agressif envers moi l'autre jour... et d'après ce que vous avez dit, je sais ce que vous pensez d'un homme qui abuse d'une femme... Alors pourquoi ne faites-vous rien contre cet homme ?" demanda-t-elle.
"Ecoutez, Michaela," commença-t-il avec frustration. "Je l'ai empêché de s'approcher de mes filles... Il n'embêtera plus Sophie ou une autre... et je ne vais rien faire de plus..."
Michaela secoua la tête et lui donna la pommade.
"J'aimerais que Sophie vienne me voir... Vous pouvez lui demander ?" demanda-t-elle, résignée. "S'il y a des complications..."
"Je vous l'ai dit... Elle n'est pas autant blessée cette fois... juste quelques bleus."
Il leva le pot. "Merci pour ça... Je vais lui amener..."
Il s'avança vers la porte, mais s'arrêta et se retourna.
"Sully va aussi au Château ?" demanda-t-il soudain.
"Oui, on se rejoint là-bas," répondit Michaela en sachant tout de suite ce à quoi il pensait.
Il hocha la tête et l'avertit tout bas : "Eloignez-vous de Tilson, Michaela... Ne le laissez pas vous attraper quand vous n'êtes pas sur vos gardes..."
Ceci dit, il sortit en vitesse et traversa la rue agitée avant qu'elle ait pu réfléchir à une réponse adaptée.
Elle secoua la tête d'exaspération.
Rien n'était plus pareil depuis qu'Adrian Tilson était arrivé en ville !
Elle prit son sac médical, quitta la clinique avec précipitation, fermant la porte derrière elle, et monta Eclair.
Alors qu'elle descendait la rue vers la gare, tout en faisant un signe de tête à quelques adultes et quelques enfants qui s'amusaient, elle repéra une jeune femme habillée de vêtements criards qui marchait lentement vers elle.
Elle plissa les yeux lorsqu'elle reconnut qui c'était.
S'approchant d'elle, elle dit doucement : "Bonjour, Sophie... Hank m'a dit que vous ne vous sentiez pas bien..."
La jeune femme leva les yeux vers elle.
"Je vais bien, Dr Mike," dit-elle avec douceur. "Je lui ai dit de pas en faire toute une histoire..."
Du haut d'Eclair, il n'était pas difficile pour Michaela de voir les bleus sur le cou de la jeune femme, sur sa poitrine et ses épaules.
Heureusement, cette fois son visage n'était pas touché.
"Comment avez-vous pu le laisser vous faire ça encore une fois ?" demanda tristement Michaela.
"Il était en colère, Dr Mike... Mais il m'a promis qu'il ne recommencerait pas," répondit-elle, sûre d'elle.
Elle sourit soudain en regardant le visage anxieux du médecin.
Michaela secoua la tête.
La jeune femme avait l'air très belle et insouciante cet après-midi.
Elle ne comprendrait jamais comment elle pouvait être si peu rancunière.
"Au moins, il ne pourra plus vous approcher..." dit-elle. "Hank m'a dit qu'il n'avait plus le droit de vous voir."
Sophie soupira.
"J'aurais aimé qu'il ne fasse pas ça... J'aime bien cet homme... C'est le premier qui me fait des cadeaux..."
"A quoi vous servent-ils si vous devez souffrir parce qu'il vous agresse ?" la défia Michaela.
Sophie haussa les épaules.
"Ce n'est pas si terrible. Je m'y suis habituée... Mon père me battait, moi et mon frère, quand on avait fait une bêtise... Sauf qu'il ne nous donnait rien après..."
Elle sourit avec gêne, fit un signe de tête à Michaela et se remit à marcher.
Michaela songeuse la regarda marcher pendant un moment, puis elle donna un coup de talon dans les côtes d'Eclair lorsqu'elle se rappela soudain son rendez-vous à la clinique du Château.
Ce fut seulement quelques yards plus loin qu'elle réalisa quelque chose de véritablement stupéfiant et consternant, ce qui lui coupa le souffle un instant.
Elle tira sur les rênes et fit tourner Eclair pour pouvoir regarder une dernière fois Sophie qui se dirigeait vers la Pépite d'Or.
Il lui avait semblé que la jeune femme était quelque peu différente.
C'était en fait ses belles boucles d'oreilles en argent qui reflétaient les rayons du soleil en se balançant à ses oreilles !
Les mêmes boucles d'oreilles que celles qui se trouvaient dans la boîte décorée, posée sur le bureau d'Adrian Tilson !
Chapitre 42 :
L'esprit en ébullition, Michaela continua sa route en direction du Château.
Tandis que les diverses possibilités et implications naissaient devant ses yeux, son coeur battait la chamade et elle tremblait de choc et d'horreur.
Est-ce qu'Adrian Tilson était effectivement l'homme qui avait agressé Sophie ?
Pourquoi est-ce que cela la surprenait, la consternait tant ?
Elle tira les rênes d'Eclair, sachant qu'elle devait se calmer avant d'arriver à destination.
L'espace d'un instant, elle pensa faire demi-tour et retourner en ville, la pensée d'être n'importe où près d'Adrian la rendait malade.
Puis, elle se souvint que Sully devait la rejoindre au Château et il s'inquiéterait si elle ne venait pas.
Qu'allait-elle lui dire ?
Qu'allait-elle faire si elle tombait sur Adrian ?
Elle n'avait jamais ressenti une telle haine pour un homme auparavant, pour n'importe qui.
Cela lui fit peur.
Elle prit plusieurs bouffées d'air tandis que son coeur s'emballait à nouveau.
Elle le détestait pour ce qu'il lui faisait subir, pour la façon dont il la rendait sans défense, dont il la rendait en quelque sorte responsable de ce qu'il se passait.
Des larmes gonflaient ses yeux et elle lutta fort pour les contrôler.
Et pourquoi Hank le protégeait-il ?
Dans le passé, il aurait été le premier à l'expulser de la ville s'il avait fait cela.
Etait-ce à nouveau à cause d'elle ?
Elle se mordit la lèvre et essaya de garder le contrôle.
On devait faire quelque chose contre Adrian, et vite.
Elle l'avait évité et Hank lui avait interdit de voir ses filles... elle pouvait seulement imaginer quelle pourrait être sa réaction.
Elle sentit soudain une immense peur l'envahir, peut-être la plus grande peur dans sa vie jusqu'à présent, et pas seulement envers elle-même.
Elle devait aller voir Sully, il saurait quoi faire.
Elle donna un coup dans les côtes d'Eclair ce qui la fit accélérer soudainement.
Elle devait rejoindre le Château.
Sully entra avec détermination dans le vestibule peu éclairé du Château en jetant un regard de dédain vers la porte fermée du bureau de Tilson.
Lorsque Josiah lui sourit avec chaleur, Sully demanda : "Le Dr Mike est déjà arrivée ?" Le réceptioniste secoua la tête, alors il ressortit sous les rayons du soleil avec soulagement.
Il avait eu un peu peur que Michaela arrive avant lui.
Elle était toujours préoccupée par sa ponctualité, sauf si, bien sûr, il y avait une urgence médicale quelque part, là, sa première préoccupation était son patient.
Ne voulant pas attirer l'attention, surtout celle d'un certain directeur d'hôtel, il marcha sur le porche, loin de la porte principale, et il s'appuya sur la rambarde pour observer plusieurs clients qui savouraient le soleil et les sources.