HypnoFanfics

Après la pluie

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 16.05.2013 à 22h45
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Et si tout avait été différent ? 500 % Blass avec des pointes de Serenate et un peu de NJBC » katido 

COMMENTER CETTE FANFIC

Cette fanfic compte déjà 191 paragraphes

Afficher la fanfic

 

Vendredi 12 avril 2013 : 16h57

Assoupi dans le fauteuil placé à côté du lit de la patiente, rassuré par le bip régulier de l’électrocardiographe, la main de Blair reposant dans la sienne et leur fils endormi dans le creux de son autre bras, Chuck fut tiré de sa somnolence par les geignements d'Henry.

Il se redressa rapidement et tourna toute son attention sur le petit être qui remuait en pleurnichant de frustration.

Le jeune papa replaça la sucette dans la bouche de son fils qui téta le bout de silicone de son mieux mais sans résultat satisfaisant.

Chuck jeta un œil à sa montre. Quatre heures depuis qu'il lui avait donné son premier repas, Henry avait certainement à nouveau faim.

Il délibéra quelques secondes, observant sa femme dont les paupières étaient toujours closes.

Devait-il appeler l'infirmière pour lui demander un autre biberon  ?

Blair serait certainement en colère contre lui pour ne pas l'avoir réveillée mais elle avait besoin de reprendre des forces.

La jeune femme sentit la paume rassurante qui recouvrait la sienne glissée sur ses phalanges et les gémissements de son fils parvinrent jusqu'à elle, activant sur le champ son instinct maternel.

Elle cligna plusieurs fois des paupières avant que sa vue ne s'ajuste à la lumière et la scène qui s'offrit à elle fit battre son cœur plus rapidement.

Son mari tenait dans ses bras leur plus grand trésor, qui s'appliquait à sucer consciencieusement ce qui lui avait été présenté aux lèvres, en vain.

Alerté par le rythme croissant de l'appareil médical, Chuck se tourna vers elle et croisa son regard. Un sourire fit place à l'inquiétude sur ses traits anguleux.

- Salut, articula Blair malgré la sécheresse de sa gorge.

Elle avala pour dissiper cette gêne.

- Salut, répondit-il en se penchant vers elle pour déposer un baiser sur son front et Henry dans ses bras.

Le tempo de la machine accéléra encore.

Blair sentait les larmes s'accumuler aux coins de ses yeux et son cœur gonfler au contact de ce petit être qu'elle avait porté pendant neuf mois et qu'elle avait à peine eu le temps d'apercevoir au loin, avant de perdre conscience.

- Bonjour toi, souffla-t-elle d'une voix à peine audible tant l'émotion contractait les muscles de sa trachée.

De grandes pupilles sombres la scrutait intensément derrière le bouchon violet de la tututte dont Henry ne parvenait toujours pas à obtenir ce qu'il voulait.

Il tourna d'instinct la tête vers le sein nourricier et ouvrit grand la bouche, recrachant le bout de plastique inutile, avant de se remettre à brailler d'insatiatiété.

- Le digne fils de son père, rit-elle à travers ses larmes de joie, retrouvant l'usage de la parole.

Elle se releva pour décoller son dos du matelas et grimaça en tirant sur la chemise d'hôpital qu'elle portait, jusqu'à ce qu'un de ses seins soit découvert, puis entreprit de nourrir le petit goulu qui engloutit le mamelon présenté sans la moindre hésitation.

Une sensation de soulagement physique et psychologique se propagea en elle comme Henry semblait comblé par son action. Elle avait appris comment faire aux cours parentaux mais entre la théorie et la pratique, il y avait un pas ... qu'elle avait visiblement franchi avec succès, à leur plus grande satisfaction à tous les deux.

Elle releva la tête vers Chuck, qui les couvait du regard.

- Tu te sens bien  ? s'enquit-il d'une voix enrouée lui aussi.

Elle pouvait encore distinguer les éclats de l'épouvante et de l'angoisse qui s'étaient emparées de lui peu après que leur fils ait vu le jour, derrière l'amour qui brillait dans son regard.

- Je vais bien, le rassura-t-elle.

Une douleur irradiait sournoisement de son bas ventre mais rien qui ne justifiait de l'inquiéter outre mesure après avoir subi une césarienne, pensa-t-elle.

Elle ne laisserait rien gâcher ce moment de bonheur et certainement pas les tourments qui les avaient hantés pendant toute sa grossesse.

Elle caressa sa joue de ses phalanges, tout en veillant à ce qu'Henry ne perde pas son téton d'entre ses lèvres.

Quoi que, vu la ferveur avec laquelle il s'appliquait à tirer le lait de sa poitrine, il y avait peu de chance que ça arrive.

Chuck ferma les yeux, emprisonnant sa main sous la sienne avant de déposer un baiser dans sa paume.

Le soulagement pouvait réellement prendre possession de lui à présent.

Alertée par les cris du bébé et les sons du monitoring, une infirmière franchit la porte.

Elle vérifia les constantes de Blair et diminua le volume des appareils d'enregistrement.

Cette dernière gémit quand des contractions se firent sentir dans la partie inférieure de son utérus. Elle n'ignorait pas que nourrir son enfant au sein provoquait ce genre de réaction naturelle.

- C'est normal d'avoir quelques douleurs, s'exclama la professionnelle. Le médecin passera vérifier votre cicatrice d'ici quelques heures. Je vais rajouter un antidouleur dans votre perfusion jusqu'à sa visite. Vous allez rester en réa quelques jours pour éviter tous risques d'éclampsie post-partum. Si vous avez besoin de quoi que ce soit où sentez la moindre gêne, surtout n'hésitez pas à sonner.

Elle lui désigna la commande disposée au perroquet au-dessus du lit.

- Est-ce que j'ai vraiment besoin de ça  ? demanda la jeune maman en tirant légèrement sur les fils qui entraient dans ses narines et l'incommodaient fortement.

- Vous verrez ça avec le médecin quand il viendra vous voir, répondit la femme en blanc.

Elle quitta ensuite la chambre, laissant toute intimité à la nouvelle petite famille.

Chuck remua sur son siège, il détestait savoir que sa femme souffrait sans pouvoir rien faire pour l'aider.

- Tout va bien, répéta-t-elle en posant sa main sur celle de l'homme de sa vie.

- J'ai bien cru ...

Il sourit faiblement et pressa ses doigts autour des siens en signe d'assentiment mais elle pouvait dire qu'il ne baisserait pas sa garde de si tôt.

- Embrasse-moi, Bass  ! commanda-t-elle gentiment.

Il ne se fit pas prier. Il se leva et se pencha vers elle pour poser ses lèvres sur les siennes et son autre paume sur leur fils, toujours accroché au sein de sa mère.

L'activité du rythme cardiaque de Blair enregistré sur l'appareil s'emballa en sourdine.

- Je vous aime, tellement, susurra-t-il en posant son front contre celui de la femme de sa vie.

- Moi aussi, je vous aime.

- J'ai eu si peur, avoua-t-il tout bas.

Elle n'imaginait que trop bien ce par quoi il venait de passer.

- Nous sommes là, nous irons bien, le rassura-t-elle encore avant qu'Henry ne relâche son téton, rassasié jusqu'à la prochaine tétée.

Il l'embrassa tendrement sur la joue et caressa celle du nouveau-né qui cherchait des yeux celui qui l'avait protégé les toutes premières heures de sa vie.

De sa petite mimine minuscule, il agrippa l'index de son père et gigota contre sa mère.

- Viens-là, dit Chuck en s'écartant de Blair pour mieux le saisir sous la tête.

Il le redressa et le positionna à nouveau contre son épaule comme il l'avait fait quelques heures plus tôt, après lui avoir donné son biberon.

Blair en profita pour réajuster le vêtement qui appartenait à la clinique et se décala vers le bord du lit, faisant de son mieux pour éviter de tirer sur ses points de suture ainsi que sur les fils et tuyaux en tous genres qui la reliaient à l'électrocardiographe et au distributeur d'oxygène. Finalement, elle réussi à laisser assez de place vacante pour que Chuck puisse s'installer à ses côtés.

Une fois que son fils eu été changé, son mari, comprenant le message, se glissa doucement près d'elle, au-dessus des couvertures, après lui avoir remis le chérubin. Elle le cala bien contre elle, sa petite tête velue restant dans le creux de son épaule tandis qu'elle faisait de même dans celle de l'homme à qui appartenait son âme.

Ils restèrent ainsi presque une heure entière, profitant de la chaleur du cocon familiale, comptant et recomptant les doigts de leur enfant, le contemplant et tentant de déterminer de qui il tenait ses traits. Son front et son nez étaient sans conteste ceux de Blair, tandis que ses yeux et la ligne de sa mâchoire avaient été hérités de Chuck.

- Il est parfait, s'extasia la brune.

- Plus que parfait. Merci, ajouta-t-il.

- Merci à toi, murmura-t-elle en tentant de se couler un peu plus contre lui.

Mais sa cicatrice toute fraîche ne lui permettait pas de grands mouvements.

Au lieu de ça, il se déplaça plus près d'elle, entourant sa femme et son fils de son bras libre, l'autre étant placé sous la nuque de Blair. Il noua ses mains l'une à l'autre pour les garder dans son étreinte et embrassa pour la vingtième fois au moins la tempe chocolat de celle qu'il avait bien failli perdre aujourd'hui.

Il ferma les paupières et laissa aller sa tête contre la sienne. Elle enfouit son nez dans son cou et soupira d'aise entre les deux hommes de sa vie.

*****


katido  (17.06.2013 à 21:12)

 

Para 31

Vendredi 12 avril 2012 : 21h51

Chuck cheminait le long du couloir. Il avait rapidement avalé un café brûlant et un sandwich un peu desséché à la cafétéria de la clinique privée. C'était tout ce qu'il avait pu y trouver à cette heure tardive. La nourriture y était meilleure que dans les hôpitaux publiques mais cela restait de la nourriture de cantine et son palais, habitué aux cinq étoiles, n'appréciait que modérément. Cependant, il ne voulait pas s'absenter trop longtemps.

Il avait laissé sa femme et leur fils endormis chacun dans leur lit après la dernière tétée.

Blair lui avait assuré qu'elle allait parfaitement bien mais il avait préféré attendre le passage de l'obstétricien avant de quitter la chambre.

Ce dernier avait affirmé que la future maman ne restait en réanimation que par mesure de précaution et que ses constantes étaient bonnes. Il n'y avait donc pas lieu de s'inquiéter outre mesure.

Facile à dire pour lui  !

Ce n'était pas sa femme à lui qui était étendue sur un lit  d'hôpital et qui avait failli mourir à cause de son incompétence  !

Chuck n'avait plus aucune confiance en lui. Il lui avait confié ce qu'il avait de plus précieux et il avait pris ça à la légère. Il avait d'ores et déjà contacté un autre spécialiste et menacé le Docteur Bergman de lui faire perdre son droit d'exercer, même si ce dernier avait plaidé que l'hémorragie post-partum ne pouvait en aucun cas être prévisible.

Le professeur Lockwood officiait dans l'Utah et, d'après les informations renseignées par son nouveau privé, était le meilleur des meilleurs dans ce domaine. Il avait, dans un premier temps, refusé sa requête mais Chuck Bass ne prenait pas un «  non  » comme réponse.

Il suffisait juste d'y mettre le prix et quelques zéros de plus sur le chèques ou l'ordre de transaction et la magie opérait.

Même si la complication avait été évitée, elle pouvait survenir jusqu'à une semaine après l'accouchement. La nouvelle maman serait reliée à un électrocardiographe, avec interdiction de se lever pendant deux jours au minimum à cause de l'hémorragie post-partum et des risques toujours importants d'une éclampsie. La tension de la jeune femme devrait donc rester sous contrôle elle aussi, avait expliqué l'éminent spécialiste tout en confirmant les dires de son confrères, à savoir que tout cela était purement préventif.

Au moins, Blair avait obtenu le droit de se voir retirer le distributeur nasal d'oxygène. Mais pas l'intraveineuse logée dans une des veines de son bras, ni le catétaire de la la péridurale qui inhibaient la douleur. Elle pourrait en être débarrassée une fois que celle-ci ne serait plus trop prononcée. Des analgésiques compatibles avec l'allaitement maternel lui seraient alors prescrits.

Chuck s'alerta à la seconde où il franchit les portes de l'étage. Son cœur se mit à cogner comme un fou en reconnaissant la voix de la belle brune depuis le fond du couloir. Il hâta le pas et passa rapidement la porte pour la trouver quasiment hystérique.

- Madame Bass, calmez-vous tentait une infirmière d'origine africaine qu'il n'avait pas encore vue en lorgnant sur le tracé du monitoring derrière la patiente.

Elle débutait sans doute sa garde de nuit.

- Me calmer  ! Comment est-ce que je peux me calmer ? rugit la brunette hors d'elle.

- C'est la procédure standard dans ce genre de situation, reprit la professionnelle.

- Procédure standard  ! Je me fiche de vos procédures, hurla B en la fusillant du regard.

Elle continua à vociférer des menaces à l'encontre de cette dernière alors que l'appareil de mesures accusait un tracé bien trop rapide, même Chuck pouvait s'en rendre compte sans aucune compétence médicale.

- Blair  ! l'enjoint-il en se postant devant elle sans comprendre ce qui se passait.

Elle posa ses grands yeux chocolat sur lui et la frayeur se propagea dans chacune de ses cellules à la vitesse de la lumière. Le visage de son épouse reflétait la colère et l'indignation mais il pouvait y lire également la panique et le désespoir.

Le sang de Blair stoppa sa course dans ses veines quand elle vit l'angoisse que reflétaient soudain les pupilles de son mari et ça la fit revenir sur terre.

Le son de l'électrocardiographe qui résonnait en sourdine parvint jusqu'à ses tympans, jusque là emplis de ses propres cris et elle comprit qu'il avait peur pour elle. Son rythme cardiaque et sa tension étaient bien au-delà de la limite respectable et les risques d'une nouvelle hémorragie post-partum n'étaient pas encore totalement écartés.

Il avait déjà faillit la perdre une fois aujourd'hui et il ne supporterait pas ça se reproduise encore.

- Blair, articula-t-il avec difficulté d'un ton presque suppliant.

Il avait du mal à trouver sa propre respiration, les heures de l'après-midi tournoyant déjà à nouveau dans son esprit. Le sandwich qu'il venait d'ingérer pesait soudain des tonnes sur son estomac.

Sa voix n'était qu'un murmure et atteint la brune en plein cœur.

Elle posa un main tremblante sur la sienne et fit de son mieux pour combattre l'affolement qui l'avait saisi quand elle s'était réveillée seule dans la chambre.

Chuck et le bébé avaient disparu.

Incapable de quitter son lit, elle avait appuyé frénétiquement sur le bouton d'appel d'urgence et une infirmière à la peau couleur cacao s'était présentée devant elle, l'informant que son enfant avait été emmené à la pouponnière par une de ses collègues et qu'il lui serait ramené le lendemain matin.

- Elle a pris Henry, geignit-elle, pratiquement en sanglotant, la détresse clairement audible dans sa voix.

- Quoi  ? s'étrangla-t-il en se tournant vers la femme en blanc, constatant par la même occasion que le lit pédiatrique ou dormait son fils quand il était descendu se restaurer était vide.

Jusque là, toute son attention avait été focalisée sur Blair et sur les appareils de mesures.

- C'est ... c'est ... bégaya cette dernière devant les rétines enflammées de Chuck.

- Où est notre fils  ? tonna-t-il.

- A la nursery, réexpliqua rapidement l'infirmière.

Le jeune père sembla se calmer légèrement et elle en profita pour exposer le mode de fonctionnement de la clinique.

- Nous emmenons toujours les nourrissons à la pouponnière pour pouvoir les surveiller pendant la nuit quand la maman est dans l'impossibilité d'en prendre soin elle-même.

Chuck sentit la tension remonter dans le corps de Blair comme elle s'accrochait à ses phalanges aux derniers mots prononcés par la jeune femme.

- Je veux dire, se reprit d'elle-même cette dernière, qu'elle est toujours sous monitoring et qu'elle ne peux quitter son lit donc elle ne peut assurer ...

- On a compris, l'interrompit-il.

Il s'assied sur le rebord du lit ou la brunette était toujours sous le choc de la disparition soudaine de son enfant.

- Blair ... entama-t-il d'un ton plus serein.

Les battements dans sa poitrine reprenaient peu à peu une cadence plus lente et il avait besoin que ceux de son épouse suivent le même chemin.

- Je veux mon bébé, réclama la jeune maman d'une voix qui ne ressemblait pas du tout à Blair Waldorf - Bass.

C'était quasiment une supplique et ça brisa le cœur de Chuck. La journée avait été bien assez riche en émotions pour chacun d'eux sans en rajouter.

- Et si je reste ici pour la nuit  ? proposa-t-il à l'infirmière.

- Nous sommes dans l'unité de réanimation, déclara-t-elle en secouant la tête de droite et de gauche. Les patients ont besoin de calme ...

Elle jeta un regard chargé de reproches à la brune dont les cris avaient dû s'entendre jusqu'à l'autre aile de l'hôpital.

- Je serai discret, promit-il, je veillerai à ce que les pleurs d'Henry ne dérangent personne.

Elle soupira intérieurement, elle imaginait la suite du scénario pour l'avoir vécu plus d'une fois. Ils allaient menacer de la faire virer.

Ses voisins lui disaient souvent qu'elle avait de la chance de travailler dans une clinique privée et non publique, mais la seule chose qui était plus aisée était le standing des patients. Ils pensaient qu'ils pouvaient tout acheter avec leur fric, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent entre les murs de cet hôpital.

Lorsqu'ils étaient confrontés et démunis devant la maladie, ils étaient encore pire que les gens désargentés. Peu habitués à être impuissants à maîtriser leur monde, ils refusaient leur inaptitude à faire fléchir les lois de la science devant leur volonté.

Cependant, elle fut surprise de la réaction du nouveau père.

- S'il vous plaît, demanda-t-il simplement.

La sage-femme fut prise au dépourvu et hésita un instant.

Le jeune homme semblait aussi désemparé que la maman.

Chuck passa une main dans son cou, l'autre restant liée à celle de son épouse.

Il avait déjà dû négocier ferme pour être encore là à cette heure-ci. Les heures de visites étaient terminées depuis longtemps, mais il avait réussi à convaincre l'autre infirmière de le laisser passer encore un peu de temps auprès de sa femme et leur fils.

Il avait obtenu un autre sursis parce que le Dr Bergman était intervenu en donnant son accord. Sûrement parce qu'il espérait tempérer un tant soit peu la fureur du nouveau père à son encontre après la manière dont les choses avaient tourné lors de l'accouchement.

Mais ce dernier ne voulait rien devoir à ce pauvre type, visiblement incapable d'anticiper les complications. (Peu importe que le corps médical lui ait répété à plusieurs reprises que ce genre d'hémorragie était totalement imprévisible)

Il était harassé après cette journée et il n'avait plus vraiment l'envie de se disputer avec le personnel. Il aurait pu rappeler le médecin incompétent et aboyer des ordres (il l'aurait volontiers torturé encore un peu) ou user de son autorité naturelle qui fonctionnait sur la plupart des gens mais, le fait était qu'il était bien conscient de n'avoir qu'un pouvoir relatif sur les éléments qui l'entouraient depuis le début de cet après-midi.

Mettre le service de réanimation à sang et à feu ne résoudrait certainement pas la situation. Blair elle-même avait besoin de repos et de tranquillité et s'il perdait son sang-froid, la courbe du monitoring, qui oscillait à présent à nouveau dans la moyenne, allait remonter en piquée.

Il voulait juste apporter un peu de paix et de réconfort à la femme de sa vie. Il souhaitait pouvoir s'entourer de sa famille pour la nuit.

Il avait déjà failli à sa mission plus d'une fois aujourd'hui. Il n'aurait pas dû s'absenter pendant que Blair dormait pour aller vadrouiller dans les couloirs. Il aurait dû rester là et veiller sur eux.

- D'accord, accepta l'infirmière sensible à cette soudaine humilité si peu commune en ces lieux (et totalement étrangère à Chuck Bass en toutes autres circonstances), mais s'il pleure ...

- Je m'arrangerai pour ne pas troubler la quiétude des autres patients, assura-t-il avant qu'elle ne termine sa phrase.

Le cœur de Blair frémit quand l'autre jeune femme hocha la tête en assentiment.

- Je vais chercher le bébé, dit-elle en gagnant la porte.

Une vague d'émotion intense et de soulagement immense submergea la brune. Sans qu'elle puisse l'endiguer, les larmes roulèrent sur ses joues.

Elle attira son mari vers elle, se redressant du mieux qu'elle pouvait dans son lit malgré la douleur qui tiraillait subitement depuis son bas ventre alors qu'elle ne la sentait même pas la minute précédente et pressa son front contre son torse.

- Merci, murmura-t-elle tout bas.

Il referma ses bras autour d'elle et la serra tout contre lui.

- Pardon, s'excusa-t-il. Je n'aurai pas dû sortir de la chambre pendant que tu étais assoupie. C'était idiot, j'aurais dû anticiper ...

Elle s'écarta de lui pour plonger son regard dans le sien et plaça une main de chaque côté de l'arête de sa mâchoire.

- Chuck Bass, tu es le mari et le père le plus attentionné que je connaisse. Personne ne pourrait mieux prendre soin de nous que toi. Tu ne peux pas nous mettre dans une bulle pour nous protéger du monde extérieur.

- Mais je peux essayer, de toutes mes forces  ! s'entêta-t-il.

- Tu peux, oui, sourit-elle avant de frôler ses lèvres d'un baiser.

*****


katido  (18.06.2013 à 20:05)

 

Samedi 13 avril 2013 : 10h02

Harold Waldorf dépassa le bureau des infirmières, impatient de voir enfin sa fille et son petit-fils, son ex-femme sur les talons.

Les heures de visite ne débutaient qu'à 10h00 dans le service de réanimation et il avait dû patienter dans le couloir, comptant les minutes et les secondes avant d'obtenir le feux vert d'une jeune femme à la peau café au lait, trop heureuse de pouvoir quitter son poste. Malgré un début difficile, le reste de la nuit s'était passé sans accroc.

Seuls les parents proches étaient admis auprès des patients et le silence était requis.

Le père de la jeune femme frappa légèrement à la porte et la poussa lentement.

Il eut presque un mouvement de recul quand il aperçut sa Blairbear harnachée à tout un tas de tubes et de fils, drapée dans le linge blanc de la clinique qui donnait à sa peau d'opaline une teinte encore plus pâle et la faisait paraître encore plus frêle.

Du coin de l’œil, il perçut la présence d'une autre personne qui n'était autre que son gendre.

Le jeune homme lui adressa un signe de tête en guise de salut et s'approcha de ses beaux-parents, délaissant momentanément son fils qui dormait paisiblement dans son petit lit.

- Bonjour Chuck, souffla tout bas Eléanor. Comment va-t-elle  ?

- La soirée a été un peu agitée mais elle va bien. Elle s'est rendormie après la tétée de ce matin. Elle ne pourra pas se lever avant demain mais le médecin à dit que tout était ok. Si tout se passe comme prévu, elle quittera la réa mercredi, chuchota-t-il.

Son beau-père nota puis s'approcha du berceau pour admirer son petit-fils pour la première fois.

- Il a le nez de Blair, constata-t-il, attendri.

Harold sortit un ours en peluche du sac cadeau qu'il tenait à la main et le posa aux pieds de son petit-fils.

Finalement, ils avaient attendu d'être aux États-Unis pour se le procurer pendant les fêtes de Thanksgiving. Ils étaient allés dans le même magasin où il avait acheté celui de Blair, qui fournissait toujours les mêmes articles.

Eléanor sourit à la petite bouille rondelette d'Henry.

- Vous avez bien travaillé, reconnu-t-elle en se retenant de caresser sa petite joue dodue de peur de l'éveiller.

Ce bébé était de loin le plus beau qu'elle ait vu depuis longtemps. Depuis Blair, en fait.

Elle posa les yeux sur sa fille, étendue sur son lit, toujours au pays des songes. La machine qui enregistrait ses battements cardiaques indiquait que tout était calme en elle.

Un gargouillement sourd lui fit tourner la tête vers son beau-fils.

- Désolé, s'excusa-t-il.

- Tu devrais aller manger quelque chose, lui conseilla-t-elle.

- Ça ira, affirma-t-il.

Il avait picoré un peu sur le plateau du petit-déjeuner de son épouse, cette dernière insistant pour partager avec lui.

Cependant, un autre grondement de son système digestif démentit ses dires.

- Va manger, lui ordonna tout bas la styliste comme s'il était son propre enfant. On ne bougera pas d'ici, tu peux être tranquille.

Il lui avait suffit de trente secondes pour comprendre qu'il avait passé la nuit au chevet de sa fille. Son costume, le même qu'hier, était froissé. Le col de sa chemise était ouvert. Ses manches étaient retroussées. Et les yeux du jeune homme étaient rouges sur les rebords. Il manquait manifestement de sommeil et avait bien besoin de recharger ses batteries.

Il passa une main dans ses cheveux décoiffés, hésitant. La dernière fois qu'il avait quitter cette chambre, il avait retrouvé Blair en pleine crise de panique.

- Chuck  ! l'admonesta Eléanor, comme s'il avait dix ans.

Il acquiesça. Il ne pourrait rien arriver pendant son absence. Les parents de Blair resteraient avec eux. Il jeta un œil à sa montre, Henry ne devrait pas crier famine avant encore deux heures. Il avait donc techniquement le temps d'avaler vite fait quelque chose qui, espérait-il, contenterait et son estomac et ses papilles.

- Je serai là dans trente minutes, quarante au plus, céda-t-il.

- Prend ton temps, recommanda encore sa belle-mère.

Il abandonna donc son fils et sa femme aux bons soins d'Harold et Eléanor et longea le couloir pour arriver aux ascenseurs d'où sortait sa mère adoptive.

Lily s'avança ver lui et l'enveloppa dans une étreinte chaleureuse.

- Tu as passé la nuit ici  ? interrogea-t-elle devant son allure un peu débraillée et sa mine fatiguée.

Ce n'était pas une véritable question mais il opina du chef tout de même.

- Je m'en doutais, sourit-elle en lui présentant un sac en papier de la Maison Kayser qui renfermait des croissants frais à l'odeur appétissante et un café emporté de chez Joe. Avec juste un nuage de lait et deux sucres, ajouta-t-elle.

Son estomac se manifesta encore une fois et il saliva par anticipation.

- Merci, dit-il en savourant une gorgée du liquide foncé, sucré à souhait, sans attendre .

Lily posa tendrement une main sur sa joue.

- C'est à ça que servent les mères, non  ? En parlant de mère, comment va celle de ton fils  ?

- Bien, indiqua-t-il. Elle dort et Henry aussi. Harold et Eléanor sont auprès d'eux.

- Et toi  ? s'enquit-elle.

- Mieux, depuis que tu as pensé à me ramener de la véritable nourriture, s'exclama-t-il en mordant dans un croissant à belles dents.

Elle passa son bras dans le sien pendant qu'ils se dirigeaient vers une des salles d'attentes.

- Serena et Nate étaient très déçus de ne pas pouvoir entrer en réanimation, commenta-t-elle. Sans parler de Dorota.

- C'est juste pour quelques jours. Elle devrait avoir une chambre à la maternité mercredi et le nouvel obstétricien a dit que si tout allait bien, elle pourrait rentrer à la maison vendredi.

- Chuck  ! appela la voix de son meilleur ami derrière eux.

Le jeune homme et Lily se retournèrent pour apercevoir les deux protagonistes en personne.

- Comment va Blair  ? voulu savoir S.

Elle s'était rongé les sangs toute la nuit même si l'information que la brune était hors de danger avait bien été transmise par sa mère. Heureusement qu'elle avait pu se blottir dans les bras de son petit-ami pour calmer ses angoisses.

- Elle va bien, elle dort. Tu pourras la voir bientôt, la rassura son frère.

Elle poussa un soupire de soulagement.

- Et le bébé  ? demanda-t-elle, impatiente de tenir son neveu dans ses bras.

- Il dort aussi, l'informa Chuck.

Une petite moue boudeuse s'installa sur ses lèvres que Nate ne put s'empêcher d'embrasser.

*****

 


katido  (18.06.2013 à 20:06)

 

Para 32

Samedi 13 avril 2013  : 10h15

Blair s'éveilla moins de cinq minutes après que son mari ait quitté la chambre, comme si elle était réceptive à son absence même quand ils ne dormaient pas dans le même lit.

- Tu aurais au moins pu t'excuser pour hier, disait la voix de sa mère.

- Blairbear  ! s'exclama son père, en notant qu'elle ouvrait les paupières.

Sa fille les observa un peu déconcertée par la présence de ses parents, se demandant où elle se trouvait pendant quelques secondes.

Mais en balayant la pièce du regard, elle se rendit compte qu'elle était bien dans sa chambre d'hôpital et le lancement dans son flan quand elle étira un de ses bras pour repousser la couverture afin de voir Henry lui rappela qu'elle avait bien eu une césarienne et avait bien donné naissance à son fils.

- Papa, s'étonna-t-elle presque, cherchant la silhouette de son mari.

- J'ai envoyé Chuck manger quelque chose, indiqua sa mère, devinant les attentes de sa fille. Il était affamé, le pauvre.

Le jeune femme hocha la tête.

- Merci, dit-elle, son attention se reportant sur son enfant dont le lit était disposé le plus près possible près du sien.

- Il dort toujours, sourit Eléanor en posant les yeux sur son petit-fils.

Blair sourit à son tour en apercevant l'ourson. Un cadeau de son père à n'en pas douter.

Elle leva les yeux sur lui cette fois et le cœur d'Harold se réchauffa de voir les prunelles noisette de sa petite fille luire avec cet éclat d'or. Celui qui signifiait qu'elle était heureuse. Elle était hors de danger pour de bon.

- Comment tu te sens, ma chérie  ? demanda-t-il quand même en posant sa main sur la sienne.

- Et bien, avoir une césarienne n'était pas vraiment au programme mais étant donné la situation, je crois qu'on peut dire que je m'en suis bien sortie, réfléchit-elle à haute voix.

Elle n'avait pas vraiment eu le temps de digérer ce qui s'était passé encore. Les éléments s'étaient enchaînés si rapidement qu'elle reprenait à peine ses esprits, d'autant qu'elle avait été inconsciente une bonne partie du temps.

- Tu nous as fait très peur, commenta Harold.

Blair pouvait distinguer l'inquiétude qui l'avait envahi dans le son de sa voix.

Eléanor toussota un peu, mal à l'aise de se sentir de trop. La relation de son ex-mari et de sa fille avait toujours été bien plus forte que celle qu'elle entretenait avec chacun d'eux. Elle ne faisait pas le poids quand il s'agissait de ces deux-là.

- Je vais aller rejoindre Chuck, j'ai besoin d'un café moi aussi, annonça-t-elle maladroitement.

Harold acquiesça.

- J'en profiterai pour t'excuser, lui dit-elle un peu rudement en prenant son sac sur la table.

- Maman, attend  ! la rappela Blair avant qu'elle ne passe la porte.

Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait besoin de sa mère en cet instant précis. Sa présence la réconfortait sans raison apparente. C'était un peu étrange mais c'était comme si donner naissance à son propre enfant l'avait rapprochée de celle qui lui avait donné la vie. Un lien invisible l'unissait à présent à elle, comme si elle comprenait subitement mieux Eléanor, comme si elle était passée de l'autre côté du miroir.

Quelque chose d'indéfinissable qu'elle ne pouvait partager avec son père malgré toute la tendresse qu'elle lui portait.

La stylise se tourna vers sa fille, arquant un sourcil.

- Tu veux que je te ramène quelque chose de la cafétéria  ?

- Non, je voudrais juste ...

Elle regarda son père, un peu gênée.

- Est-ce que tu veux bien nous laisser quelques instants  ?

Harold la dévisagea, incrédule. C'était toujours à lui que sa petite princesse choisissait de s'adresser quand elle avait besoin d'un conseil. C'est à lui qu'elle confiait ses joies et ses peines quand elle était enfant.

Sauf qu'elle avait désormais un enfant à elle et sans savoir exactement quoi, il perçut que quelque chose avait fondamentalement changer dans leur relation.

- Bien, dit-il sans pouvoir totalement masquer l’offense. Je crois que c'est moi qui vais prendre un café avec Chuck finalement.

- Profite-en pour ...

- M'excuser, oui j'ai compris, maugréa-t-il.

Il se remémorait parfaitement pourquoi son ex-femme l'horripilait tant quand ils vivaient sous le même toit tout à coup.

- T'excuser pour quoi  ? demanda sa fille intriguée.

Cette fois c'est lui qui se sentit dans l'embarras. Il jeta un regard à Eléanor qui se garda bien de lui venir en aide.

- Je ... Hier on a vraiment eu très peur pour toi, comme je te l'ai dit. Nous sommes restés longtemps dans le hall sans aucune nouvelle et ...

La brunette fronça les sourcils, son père lui paraissait soudain très étrange.

- Il a un peu bousculé Chuck, lâcha la styliste qui s'agaçait d'entendre son ex-mari tourner autour du pot.

Harold avait toujours été si couard.

Les pupilles de sa fille perdirent leur éclat doré et s'assombrirent en une fraction de seconde.

L'avocat en eut un frisson qui lui remonta le long de l'échine.

Il n'avait jamais essuyé le regard que Blair dardait sur lui à présent. Elle n'avait plus rien de Blairbear ou de la petite princesse qu'il connaissait. Elle ne lui semblait plus, ni frêle, ni fragile. Une lueur de colère et d'hostilité couvait au fond de sa rétine, prête à s'embraser à la moindre occasion pour se transformer en flammes incandescentes.

- Il était le seul à avoir des informations, essaya-t-il de se justifier. Et il restait obstinément silencieux.

- Il venait de se faire expulsé de la salle d'opération. Il était complètement effondré. Je ne suis même pas certaine qu'il se rendait compte de l'endroit où il se trouvait, débita Eléanor.

Elle avait tancer son ex-mari pendant tout le trajet de retour après qu'ils aient été certains que leur fille était sauve. Cyrus et Roman avaient bien tentés de faire diversion mais la mère de Blair avait campé sur ses positions.

Une relation plus profonde qu'il n'y paraissait s'était développée entre elle et son gendre. Elle savait tout ce qu'elle lui devait et n'était pas prête à l'oublier.

- Nous étions tous sur les nerfs, avança Harold.

- Alors tu t'en es pris à lui  ? s'offusqua sa fille sur un ton où perçait nettement l'irritation.

- Il ne l'a pas non plus molesté. Enfin, pas tout à fait, se corrigea la styliste qui sentait venir l'orage devant l'attitude presque menaçante de Blair.

Elle connaissait assez son impétuosité, elle avait eu à y faire face plus d'une fois pendant son adolescence. Et elle avait pu la voir à l’œuvre lorsqu'elle devait gérer un problème à Waldorf Design. La nouvelle codirectrice n'avait rien à envier à l'ancienne. Elle savait monter au créneau pour obtenir ce qu'elle voulait. En cela, Eléanor avait réussi sa mission.

- Je lui présenterai mes excuses, déclara l'avocat en se dirigeant vers la porte pour accéder au désir exprimé par sa fille quelques minutes plus tôt.

Il ne s'était pas attendu à ce que qui que se soit – jamais - ne viennent s'immiscer entre lui et Blairbear mais, il apparaissait que c'était pourtant bel et bien le cas.

Peut-être était-il resté exilé trop longtemps ? Il ne l'avait pas vue s'éloigner de lui. Hier encore il cachait une pièce sous son oreiller et aujourd'hui elle était prête à se battre contre lui pour un autre.

- Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? voulut savoir Blair dés que son père eut passé le seuil.

- Disons juste que tout le monde était très inquiet et tu n'ignores pas à quel point ton père est surprotecteur envers toi. On avait aucune information de ce qui se passait derrière les portes de la salle d'opération. C'est à peine si on avait été informé que tu y avais été transportée pour une césarienne en urgence. S'il n'y avait pas eu cette infirmière polonaise que Dorota connaît, on ne l'aurait même pas su  ! Les médecins ne nous disaient absolument rien. Et puis un vigile a ramené Chuck parmi nous. Harold voulait désespérément avoir de tes nouvelles, comme nous tous, mais ton mari ne coopérait pas du tout. En fait, il était comme totalement absent et ton père a perdu son self-contrôle. Néanmoins, tout a fini par s'arranger. Bart s'est interposé, j'ai même craint un instant qu'ils ne s'écharpent tous les deux, mais Lily est intervenue et a tiré Chuck de sa torpeur en quelque sorte. Seulement il n'en savait pas plus que nous. Tous ce qu'il a pu dire, c'est que le bébé allait bien. Ensuite, il a foncé voir votre fils en nous laissant tous plantés là, au milieu du couloir.

La jeune femme sentit son pharynx se contracter. Chuck n'en n'avait pas parlé mais elle le connaissait assez pour deviner que ce genre de drame devait être un de ses pires cauchemars. Il avait grandi avec le poids de la mort de sa mère sur ses épaules d'enfant et, même si ce n'était pas la réalité, c'était quelque chose qui était profondément ancré en lui. Quelque chose qui l'empêchait encore aujourd'hui de célébrer correctement le jour de sa naissance.

«J'ai eu si peur  » l'entendit-elle à nouveau confesser à voix basse.

Pourtant, il avait tenu bon. Il avait dépassé sa peur. Il s'était occupé d'accueillir leur fils dans le monde pendant qu'elle se battait pour rester à leurs côtés. Et la nuit dernière, il l'avait passée à veiller sur leur sommeil, comme une sentinelle, sans se préoccuper de ses propres besoins, de sa propre fatigue. Il s'était même fustigé par ce qu'il s'était autorisé à se rendre à la cafétéria pour se sustenter.

- Qu'est ce que tu voulais me demander qui requiert l'absence de ton père  ? interrogea à son tour Eléanor.

- Je ... Hier soir, j'ai réagi de manière complètement irrationnelle, avoua-t-elle. Je me suis réveillée et le bébé n'était plus là. L'infirmière m'a dit qu'elle l'avait emmené à la nursery pour la nuit, pour veiller sur lui puisque je suis immobilisé dans ce lit et ... j'ai perdu les pédales ... je me suis mise à hurler que je voulais mon bébé et ... si Chuck n'était pas arrivé ... je ne sais pas comment ça se serrait terminé ... je lui ai même fait peur ... je ne m'en étais pas rendue compte mais le monitoring sifflait à cause de mon cœur qui s'emballait et ...

- Blair, n'importe quelle mère aurait fait de même. Henry et toi avez partager ton corps pendant neuf mois. Il est tout à fait légitime que tu veuilles prolonger le contact autant que faire ce peut. Votre relation est désormais différente. Toi, comme lui, allez devoir apprendre à vivre sans la présence constante de l'autre. Tes hormones s'affolent après l'accouchement. Cela porte un nom, ça s'appelle le baby blues et c'est très courant. De plus, la césarienne en urgence est quelque chose d'assez agressif pour la maman. Sans oublié que tu as subi un traumatisme important il y a un peu plus d'un an et il est normal que tu réagisses un peu excessivement ...

- Sauf que ce n'est pas la première fois que je nous mets en danger, moi ou le bébé, à cause de mon comportement irréfléchi. Et ça ne concerne pas que ma grossesse ou Henry. J'ai poussé une jeune femme dans la piscine simplement parce qu'elle conversait avec Chuck.

- Je crois que ce n'est pas avec moi que tu dois parler de ça, mais avec ton thérapeute. Le dérèglement hormonal de la grossesse peut être à l'origine de tes réactions impulsives mais tu dois reconnaître que c'est un trait de caractère chez toi. Il a sans doute été exacerbé par la gestation. A toi de voir si cela continue à prendre des proportions hors limites que tu es incapable de gérer ou pas. Mais dans tous les cas, le mieux est d'en faire part au Docteur Sherman si ça t'inquiète.

- Tu ne penses pas que je serais capable de faire du mal à mon enfant, n'est-ce pas ?

- C'est ce que tu penses ? s'étonna Eléanor.

- Je ne crois pas non, mais j'ai lu un article à propos de ces femmes qui ...

- Ce que je crois moi, c'est que tu devrais un peu moins lire tous ces articles qui décrivent des horreurs et qui emplissent ta jolie petite tête d'idées saugrenues parce que, fais-moi confiance, je connais ma petite fille et s'il y bien une chose que j'ai apprise, c'est qu'elle ne permet à personne de faire du mal à ceux qu'elle aime. Et je pense que ton père vient de le réaliser lui aussi. Ça, et le fait qu'il n'est plus le seul homme qui compte dans ta vie, ajouta-t-elle en souriant.

Sa fille lui rendit son sourire, un peu rassurée.

- Tu seras une maman formidable, renchérit encore la styliste. Je suis certaine que tu sauras tirer leçon des nombreuses erreurs que j'ai commises avec toi. Mais tu commettras les tiennes, parce que c'est aussi ça être parent. Tu apprendras vite que les enfants font également les leurs et que tu ne peux pas les mettre dans une bulle pour les protéger de tout. Le rôle des parents est de leur apprendre à grandir pour qu'un jour ils volent de leurs propres ailes, pas de les garder au nid pour l'éternité.

Le sourire de Blair s'accentua en réalisant qu'elle avait déclarer presque la même chose à Chuck, pas plus tard que la veille au soir. Elle ferait bien de suivre ses propres conseils. Elle était aussi déterminée à suivre ceux de sa mère. Elle parlerait de ses craintes au psychiatre lors de la prochaine séance de thérapie, quand elle serait sortie de cet hôpital.

Henry se mit à pleurer et détourna l'attention de sa mère, qui se focalisa entièrement sur lui.

- Oh  ! Chhhuuut, dit Eléanor en le soulevant dans ses bras pour le cajoler.

Elle attendait cet instant avec impatience.

- Bonjour toi, babilla la styliste. Je suis mamie Eléanor. Et toi, tu es beau comme un cœur.

Elle le berça doucement et son petit-fils ouvrit les yeux et ferma la bouche pour écouter babeler cet être étrange qui lui était inconnu.

Blair sourit devant l'attitude de sa mère. Jamais elle ne pensait la voir agir de cette manière. Elle avait l'air de prendre son rôle de grand-mère à cœur.

- Qui est le plus beau de tout les petits garçons du monde  ? C'est Henry. Et tu seras encore plus beau dans les vêtements que j'ai dessiné pour toi.

La jeune maman arqua un sourcil d'étonnement.

- Tu lui as fait faire des vêtements  ?

- Oui, j'ai décidé, si ma codirectrice est d'accord bien entendu, ajouta-t-elle, que puisque nous avions une nouvelle ligne pour femme enceinte, nous pourrions également agrémenter WD d'une gamme pour enfant, à commencer par les bébés.

Henry se remit à geindre et sa grand-mère le remit à Blair. La nouveauté avait son charme mais rien ne valait la chaleur des bras rassurants de sa mère ou de son père.

Celui-ci pénétra justement dans la chambre en compagnie d'Harold, qu'il avait croisé dans le couloir.

Un sourire illumina son visage à la vision de sa femme qui dorlotait leur fils. Il était ragaillardi par la visite (et le café accompagné de croissants) de sa mère adoptive et de leurs amis.

- Livraison spéciale, annonça-t-il en posant plusieurs paquets sur la tablette à côté du lit avant d'embrasser Blair et leur plus grand trésor.

Cette dernière répondit à son baiser et le prolongea un peu avant de lui rendre ses lèvres.

Elle prit le temps de détailler ses traits fatigués tandis qu'il s'emparait du premier cadeau.

- Serena a bien insisté pour qu'on ouvre le sien d'abord, rapporta-t-il en déchirant le papier multicolore.

Le contenu en était un body blanc à manches longues avec un motif de cravate rayée de bleu dessinée sur le devant, assorti à un pantalon marine et une mini veste de la même couleur portant l'inscription «  Je suis Henry Bass  » brodée à hauteur de la boutonnière.

Blair roula des yeux au ciel mais ne put s'empêcher d'éclater de rire.

Ce son se propagea en Chuck comme une vague de chaleur bienfaisante et plus que bien venue après ces moments d'angoisse.

Une carte de félicitation était jointe.

«  Dépêche-toi de sortir de là, j'ai plein de choses à te raconter  ! Ma meilleure amie me manque. Plein de Bisous à toi et à mon neveu. S  »

La jeune maman essuya rapidement une larme qui perlait à ses cils.

- Ça, c'est de Nate, indiqua-t-il en s'emparant d'un autre paquet.

Celui-là renfermait une tenue des Yankees ainsi qu'une casquette minuscules plus une balle et un gant de base-ball.

Il ne put réprimer un sourire. Son meilleur ami avait juré qu'il se chargerait lui-même de l'éducation sportive de son futur filleul étant donné les lacunes de son père en la matière, mais ne désespérait pas d'emmener ce dernier avec eux écumer les terrains « entre hommes »

- Le dernier est de Lily, l'informa-t-il.

Il déballa le cadeau et découvrit plusieurs doudous violets tous identiques.

Ils étaient destinés à son fils, mais également tout un symbole pour lui. Sa mère adoptive n'avait pas choisi la couleur au hasard. Il reçu le message cinq sur cinq.

*****


katido  (19.06.2013 à 20:05)

 

Samedi 13 avril 2013 : 10h48

Serena conversait avec sa mère et Nate devant les portes du service de réanimation quand son frère en revint avec le nouveau-né.

- Oh  ! Regarde moi ça, tu es trop trognon, toi, couina-t-elle en tendant déjà les bras pour le prendre.

Chuck hésita un instant et elle se vexa.

- Je sais tenir un bébé, Chuck  ! râla-t-elle en soufflant d'exaspération.

- Désolé, s'excusa-t-il.

Il devrait apprendre à dompter son instinct protecteur.

Il remit son fils à sa future marraine et vit quelque chose passer dans le regard de son meilleur ami en relevant la tête. Quelque chose qu'il identifiait sans encombre. Il ne se passerait pas deux mois avant de Serena Van Der Woodsen n'ait à son annulaire gauche la bague de fiançailles de la famille Archibald.

- Qu'est-ce que tu dirais de fêter ça ce soir, man  ? proposa l'héritier en question.

Après tout, c'était un événement à célébrer. La venue sur terre du premier descendant du NJBC n'était pas une chose anodine. Nate sentit poindre la nostalgie, concurrencée par l'envie d'aller de l'avant.

Ils avançaient chacun dans leur vie respective mais ils restaient soudés les uns aux autres. Beaucoup perdaient le contact avec leurs amis d'enfance après la remise des diplômes. L'université, leur carrière professionnelle, les faisaient entrer dans la vie adulte et active en laissant derrière eux leur jeunesse et leur adolescence, mais pas eux.

Quoi qu'il arrive, quelques soient le nombre des années, le lien établit entre eux ne se romprait pas. Ils continueraient à interagir dans la vie l'un de l'autre.

Chuck hocha la tête et passa une main sur son visage, frottant le coin de ses paupières de l'extrémité de ses doigts.

- Ok  ! Mais pas trop tard, répondit-il. Je ne sais pas si Blair pourra affronter une nuit sans Henry.

Et moi une autre nuit sans sommeil, songea-t-il.

- Tu sais que tu es un vrai petit ange, sourit Lily à l'intention d'Henry, conquise à son tour par son petit-fils.

Il attrapa une mèche de cheveux blonds qui pendait à sa portée et tira dessus de son petit poing minuscule.

- Aïe. Doucement, grimaça Serena en retirant une de ses boucles des petits doigts déjà agiles.

Henry sursauta et se mit à hurler.

- Oh non, bébé, s'en voulu immédiatement S.

Elle le berça lentement mais il avait décidé que ce n'était pas suffisant.

Elle jeta un regard désolé et un peu catastrophé à son frère qui reprit son fils et le cala contre lui.

Se sentant bien à l'abri dans des bras qu'il connaissait, enveloppé par la chaleur et l'odeur familière, Henry cessa ses pleurs presque immédiatement.

La blonde bouda un peu mais fut soulagée de ne pas avoir commis d'impair irréparable.

Le petit-homme gigota et tira sur sa tututte à qui mieux mieux, s'escrimant à suçoter le bout de plastique pourpre pour obtenir pitance.

- Je crois qu'il commence déjà à avoir faim, remarqua Chuck en replaçant le leurre dans la bouche de son fiston quand ce dernier recracha l'objet incapable de satisfaire son besoin.

L'astuce ne fonctionna pas et il se remit à brailler, réclamant le sein de sa mère.

Son père le changea de position et l'enfant s'intéressa l'espace d'un instant aux couleurs floues qui dansaient devant ses yeux, le collier à gros motifs multicolores de Lily réfléchissant la lumière.

Chuck en profita pour replacer encore une fois le bouchon de silicone entre les lèvres du nourrisson, qui reprit son réflexe de succion et prit congé pour le ramener aux seins nourriciers avant qu'Henry ne fasse plus de raffut et qu'une infirmière ne vienne s'en mêler.

*****


katido  (19.06.2013 à 20:06)

 

Samedi 13 avril 2013 : 11h38

Blair réajusta sa chemise d'hôpital tandis que Chuck récupérait son fils après la tétée.

- Je vais chercher tes parents, l'informa-t-il en positionnant Henry contre son épaule où reposait un bavoir.

Vu l'état de son costume, c'était pour le moins désuet.

- Attend  ! demanda son épouse en le retenant par la main.

- Un problème  ? s'inquiéta-t-il.

Il consulta la courbe du monitoring comme dans un réflexe.

- Non, je vais bien, lui assura-t-elle. Toi, par contre, tu devrais rentrer prendre une douche et te reposer un peu.

- C'est prévu au programme.

- Et quand exactement  ?

Il resta un instant silencieux. Il savait qu'il finirait par regagner leur maison et leur lit à un moment donné mais  pas plus.

Elle encadra son visage de ses mains, comme elle le faisait si souvent quand elle voulait capter toute son attention. Quand elle ne lui laissait aucun échappatoire.

- Chuck, je ne plaisante pas. La journée d'hier n'a pas seulement été un éprouvante pour moi.

- C'est toi qui a subi une césarienne en urgence et ensuite ...

Il ferma les paupières et sa voix s'éteint toute seule aux souvenirs de la veille.

- Et ensuite, tu as pris soin de notre fils, puis de moi, et encore de nous, mais pas de toi.

Il rouvrit les yeux et lui sourit, tentant d'être le plus convaincant possible. Son job c'était de la rassurer.

- Je vais bien, je suis juste un peu fatigué. Je rattraperai mon sommeil plus tard.

- Quand je rentrerai à la maison avec Henry  ? se moqua-t-elle un peu.

Mais elle n'avait pas envie de plaisanter en réalité.

- Blair a raison, intervint Eléanor depuis l'embrasure de la porte.

Le temps lui semblait long dans le couloir et elle avait décidé de venir aux nouvelles pour savoir si son petit-fils était enfin rassasié.

Les jeunes parents se tournèrent vers la styliste.

- Chuck, tu vas rentrer, dormir un peu et prendre une bonne douche. Désolée de te le dire mais, tu en as vraiment besoin. Pendant ce temps, je resterai ici avec Blair et le bébé.

D'autorité, elle préleva précautionneusement son petit-fils des bras de son père.

- Je crois que je me rappelle encore comment changer une couche, affirma-t-elle en fronçant tout de même un peu le nez à cette idée.

Sa fille arqua un sourcil d'étonnement et Chuck en fut tellement baba qu'il n'eut pas la présence d'esprit de protester.

- Dorota n'est arrivée chez nous que lorsque tu avais cinq ans, lui fit-elle remarquer. Avant ça, qui crois-tu qui s'est occupée de toi  ? Ton père ne supporte pas les déjections de quelque sorte que ce soit.

- Sur ce point, ta mère n'a pas tort. Je prétextais n'importe quoi pour échapper à ça, reconnut ce dernier qui pénétrait également dans la chambre, son ex-femme ayant ouvert la voie.

Eléanor emmena le bébé dans le coin aménagé en mini nursery et entreprit de déshabiller Henry qui gigota sur le coussin moelleux.

- Je resterai également, indiqua Harold, désireux de renouer certains  liens avec sa Blairbear

Même si elle ne l'était plus tout à fait, songea-t-il, son regard s'accrochant à l'ourson qui se trouvait dans le lit pédiatrique.

Chuck acquiesça et embrassa tendrement la mère de son fils.

- Je garde mon téléphone à portée de main, si quoiq ...

- Touche numéro un, répondit-elle avec une note de sarcasme dans la voix.

Il posa encore ses lèvres sur les siennes, puis alla caresser le crane de son fils, tout beau, tout propre dans les bras de sa grand-mère, en faisant bien attention à sa fontanelle et déposa un baiser sur son front.

- Je reviens vite, souffla-t-il à l'oreille du bambin.

- Allez oust  ! Dehors  ! commanda Eléanor en le houspillant presque hors de la chambre d'un mouvement de la main.

Il se dirigea vers la porte.

Ils lui manquaient déjà.

- Attend  ! cria encore une fois Blair, avant de se rappeler qu'elle n'était pas censée élever la voix dans la section de réanimation.

Chuck se retourna vers elle, la questionnant du regard.

- Mon père a quelque chose à te dire, affirma-t-elle en posant ses yeux de biche innocente sur Harold.

L'avocat fut pris de court, il pensait que le sujet était clos.

Visiblement non. Sa fille aurait pu être juge à la courre suprême  !

Le jeune homme, lui, arqua un deuxième sourcil. Sa femme attendait manifestement quelque chose de la part de son paternel mais il ne savait pas quoi.

Il porta son attention sur ce dernier, qui faisait passer son poids d'un pied sur l'autre, embarrassé.

- Je suis désolé pour hier, grommela Harold. Je n'aurais pas dû m'emporter contre toi.

Chuck observa son beau-père, puis son épouse et enfin sa belle-mère, qui tenait toujours Henry dans ses bras, mais ne trouva aucun indice quant à ce dont parlait le père de Blair.

- Hier, quand je t'ai un peu bousculé dans le couloir, expliqua Harold qui perdait à nouveau patiente.

Non seulement sa fille l'obligeait à s'excuser publiquement mais en plus son gendre faisait durer l'humiliation en faisant semblant de ne pas comprendre.

Chuck chercha dans sa mémoire pour remonter à l'événement dont parlait l'avocat.

Quelque part, tout au fond de son cerveau, enfuie sous le souvenir de l'épouvante de perdre la femme de sa vie qui l'empêchait pratiquement de respirer, était enregistrée l'information que Bart avait prit sa défense devant Harold qui l'apostrophait rudement pour obtenir des informations qu'il ne possédait pas.

- Oh  ! tilta-t-il tout à coup, se remémorant effectivement quelque chose d'assez flou à ce propos.

Harold faillit s'étouffer avec sa salive. Il ne jouait pas la comédie  ! Son beau-fils ne se souvenait réellement pas avoir été invectivé dans le hall. Il devait vraiment avoir été dans un état second au moment de l'altercation.

- La situation était effroyable et insupportable pour vous aussi, compatit Chuck.

Il chassa le plus loin possible de son esprit la mort de son premier fils qui venait soudain le hanter. Il savait ce que c'était que de perdre un enfant et il ne souhaitait cette épreuve à personne, pas même à son pire ennemi. A fortiori pas au père de la femme qu'il aimait plus que sa propre vie.

- Effectivement, concéda le père de la jeune femme alitée, posant à nouveau les yeux sur sa petite princesse.

Blairbear n'avait manifestement plus besoin du prince charmant pour venir la délivrer du donjon dans lequel elle était enfermée. Elle savait parfaitement en sortir toute seule et n'hésitait pas à brandir l'épée pour aider le prince en question à terrasser le dragon.

Cette dernière souriait béatement à Chuck, totalement satisfaite de la tournure qu'avait pris la discussion.

Harold pouvait lire tout l'amour qu'elle portait à son prince en armure rutilante dans ses iris noisette, qui avaient à nouveau cet éclat d'or qui y luisait, signe incontestable qu'elle était pleinement heureuse.

Il ne pouvait rien demander de plus à son gendre que de faire le bonheur de sa fille.

*****

 


katido  (19.06.2013 à 20:08)

 

Para 33

Samedi 13 avril 2013 : 13h06

Dorota ouvrit la porte de la maison avant même que le propriétaire des lieux n'atteigne les escaliers du perron.

- Blair et le bébé vont bien, l'informa-t-il avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche.

Elle baragouina quelques mots en polonais qui devaient être un remerciement à Dieu.

Monkey fonça sur lui en jappant et en remuant la queue pour l'accueillir. Son maître le gratifia de plusieurs caresses sur le flan et derrière les oreilles.

- Vous pouvez me préparer un sandwich pendant que je prend une douche  rapide ? demanda-t-il tout en donnant sa veste à l'employée.

Il se dirigea vers les marches qui menaient à l'étage mais elle l'arrêta d'un geste.

- Le repas est prêt, dit-elle en lui montrant le living.

Il tourna la tête dans la direction indiquée et constata que la table était mise et qu'une assiette l'attendait effectivement.

- Elle a appelé, en déduisit-il à haute voix.

- Miss Blair a dit de ne pas vous laisser repartir tant que vous n'avez pas mangé, pris une douche et dormi, récita la bonne.

Il sourit devant la mine déterminée de Dorota.

Il n'avait pas l'intention de se battre avec elle. Blair et Henry étaient en sécurité avec Eléanor et Harold et si sa femme avait téléphoné pour donner des ordres, c'est qu'elle se sentait mieux.

Il leva les mains en l'air en signe de reddition et prit le chemin de la salle à manger pour s'asseoir à sa place habituelle.

- Côte de bœuf, pommes de terre sautées et salade verte, déclara encore la domestique.

Blair avait également commandé le déjeuner, songea-t-il avant d'avaler une bouchée de la viande grillée.

Il avait plus faim qu'il ne le croyait. Les croissants de Lily avaient combler son estomac mais il n'avait quasiment rien ingéré depuis la veille et les heures avaient été éprouvantes.

Quand il passa sous la douche, il laissa l'eau chaude détendre les muscles de sa nuque et de son dos, endoloris par la nuit passée dans le fauteuil de la clinique à veiller sur sa famille. Il avait apprécié le goût de ces heures silencieuses, où rien ne venait troubler la quiétude de leur sommeil après l'angoisse et la folie de la journée.

Il se lava et se sécha rapidement (aucune raison de s'éterniser là) puis passa une sortie de bain pour rejoindre leur chambre. Cependant, il ne put refréner l'envie de faire un tour dans celle de son fils. Si calme et qui serait bientôt si vivante de sa présence. Son cœur dansa de joie dans sa poitrine en imaginant déjà leur retour à la maison, dans quelques jours.

Finalement, il se décida à regagner ses pénates. Il vérifia que son BlackBerry était bien chargé et qu'il avait ôter la fonction silencieuse. Puis il enfila un boxer, avant de s'effondrer dans leur lit king size, bien trop grand et bien trop vide sans son épouse. Il enfonça sa tête dans l'oreiller de Blair et agrippa le coussin de maternité qui possédait son odeur. Il ferma les yeux et se laissa dériver vers les limbes.

*****


katido  (20.06.2013 à 21:13)

 

Samedi 13 avril 2013 : 18h19

Chuck émergea lentement de ses songes et ouvrit un œil. Il émit un grognement de mécontentement en se remémorant qu'il était seul dans leur grand lit. Puis, rapidement, la réalité le rappela à l'ordre et il jeta un œil au réveil qui indiquait 18h19.

En une fraction de seconde, il fut debout, grommelant cette fois contre le temps. Il n'avait pas prévu de dormir autant. L'après-midi était terminée et l'avant soirée pointait déjà le bout de son nez.

Il consulta son smartphone. Aucun message, aucun appel manqué. Il soupira de soulagement.

Il s'habilla à la hâte et quitta la maison sans prendre la peine de répondre aux sollicitations de Monkey, qui pleurnichait pour qu'il l'emmène en promenade, comme il en avait l'habitude aux alentours de cette heure là.

Arthur le conduisit le plus rapidement possible à la clinique et il pressa le pas pour rejoindre la chambre 441.

Quand il franchit le seuil, il fut accueilli par le sourire radieux de son épouse qui était libérée de sa péridurale et de sa sonde urinaire. Le monitoring continuait cependant à enregistrer ses battements cardiaques et l'intraveineuse distribuait toujours les substances nécessaires à son rétablissement.

Il jeta un regard circulaire dans la pièce.

- Mon père est à la pouponnière pour faire nettoyer le cordon ombilicale d'Henry, l'informa-t-elle avant qu'il ne demande où était passé leur fils.

- Désolé d'avoir été si long, s'excusa-t-il en s'approchant du lit.

Il déposa un baiser léger au coin de sa bouche

- Je ne pensais pas dormir aussi longtemps et ...

Elle l'attira à elle par sa cravate et captura ses lèvres à nouveau pour partager un vrai baiser, tendre et langoureux à souhait.

- Tu es parti à peine cinq heures, calcula-t-elle.

- J'aurai dû mettre l'alarme ...

- Chuck  ! Je parie que tu t'es reposé à peine trois heures en tout et pour tout, le sermonna-t-elle.

- Je déteste être loin de vous, avança-t-il en plongeant ses prunelles chocolat dans les siennes. Vous m'avez manqué.

Elle caressa sa pommette.

- Tu m'as manqué aussi, avoua-t-elle. Mais tu ne tiendras jamais à ce rythme là.

Elle goûta encore ses lèvres exquises.

- Dis-moi que tu as mangé quelque chose au moins, s'inquiéta-t-elle.

- Dorota a suivi tes consignes à la lettre, sourit-il.

Elle fut soulagée d'entendre ça et laissa aller son front contre le sien.

- Est-ce que ça va toi  ? l'interrogea-t-il en la voyant retenir une grimace de douleur.

- Ça va oui, c'est juste la cicatrice qui tiraille un peu. Le Professeur Lockwood a dit que c'était normal. Il a même accepté que j'essaie de me lever pour m'asseoir dans le fauteuil demain matin.

- Blair ...

- Je ne vais pas rester clouée dans ce lit plus longtemps que nécessaire.

- Je n'ai pas dit ça. Je veux juste que tu y ailles doucement, d'accord  ?

- D'accord.

- Promis  ?

- Promis.

Il embrassa tendrement la racine de ses cheveux.

- Je t'aime, souffla-t-il.

- Moi aussi, je t'aime. C'est pour ça que tu vas me promettre à ton tour de prendre le temps de dormir convenablement cette nuit. Je ne veux pas te revoir ici avant l'heure des visites matinales.

Il s'écarta d'elle et l'observa, un peu perdu.

- Tu vas les laisser emmener Henry à la nursery  ? s'étonna-t-il.

- Non. Étant donné que tout c'est bien passé cette nuit, grâce à toi, souligna-t-elle. Il pourra rester avec moi et ... ma mère.

- Ta ...

- Elle est rentrée voir Cyrus. Elle reviendra tout à l'heure. En plus de ça, tu as une soirée de prévue entre hommes, non  ?

Chuck cligna des paupières.

- Nate, se remémora-t-il soudain.

- Tu vois, le manque de sommeil fait déjà des dégâts sur tes neurones, ironisa-t-elle.

Il fronça les sourcils.

- Comment ...

- J'ai appelé S. Elle m'a dit qu'il passerait chez nous vers 21h00, ce qui nous laisse encore une bonne heure avant que tu ne rentres à la maison pour te préparer. De toute façon les heures de visite se termine à 20h00 donc ...

- Blair ...

- Non, pas de discussion  ! Je suis immobilisée, mais pas toi et l'arrivée au monde de notre fils mérite d'être célébrée comme il se doit, non  ?

- Oui, mais ...

- Pas de mais, opposa-t-elle. Tu es Chuck Bass et tu as un héritier. Par conséquent, ce soir, tu vas sortir et fêter ça avec le futur parrain de notre fils.

- Tu es certaine  que ...

La veille, elle était en larmes.

- Plus que certaine. Ma mère va passer la nuit avec nous et tu viendras prendre ton tour de garde demain à 10h00 tapante. Et s'il y a quoi que ce soit, je t'enverrai un 911. Veille juste à ne pas être trop imbibé pour pouvoir lire un texto.

- Aucun danger, répondit-il en l'observant suspicieusement.

- Je vais bien. Le médecin est passé, il a dit que tout allait bien et je suis sous surveillance constante, renchérit-elle pour le tranquilliser. Regarde, le tracé de l’électrocardiographe est impeccable depuis des heures. Ma tension est à 14–8. Aucune raison de s'en faire. Je vais rester allongée ici tranquillement et papoter de la nouvelle collection pour enfant de Waldorf Designs avec ma mère en prenant soin de notre fils.

- Je ne vais pas sortir pendant que tu es alitée ici, refusa-t-il.

Il n’avait aucunement le cœur à s’amuser alors qu’elle était toujours en unité de réanimation. Il jeta un regard en biais au monitoring qui bipait en rythme, en mode sourdine.

- Chuck …

- Non  ! s’agaça-t-il. C’est hors de question. Nous fêterons la naissance d’Henry tous ensembles quand je vous ramènerai à la maison.

- Ok  ! capitula-t-elle. Mais ma mère a déjà pris ses dispositions pour ce soir donc tu va me faire au moins le plaisir de prendre une bonne nuit de repos.

Il hocha la tête. Puisque Eléanor s’était déjà arrangée pour rester, il pouvait accéder à cette dernière requête.

- D’accord, accepta-t-il un peu à contre cœur tout de même.

Il lorgna une dernière fois sur la courbe oscillante pour se rassurer.

Blair capta son regard et posa sa main sur la sienne.

Elle ne parviendrait manifestement pas à le convaincre  de se changer les idées ! Mais elle pourrait s’y prendre autrement.

*****


katido  (20.06.2013 à 21:26)

 

Samedi 13 avril 2013 : 19h05

Chuck remonta le long corridor qui menait à la pouponnière. Son beau-père était parti avec Henry depuis un bout de temps et n’était toujours pas reparu dans la chambre de la belle.

Il consulta sa montre encore une fois, dans moins d’une heure, il devrait vider les lieux. Eléanor avait dit qu’elle repasserait vers 19h45 pour venir prendre son poste auprès de Blair afin que leur fils puisse rester avec elles.

Il sourit intérieurement. Si ça belle-mère et sa femme s’y mettaient à deux, inutile d’espérer pouvoir gagner le match. Il ne le prenait pas trop mal cependant. Une relation assez profonde s’était installée entre la styliste et lui.

Ils avaient tous deux le bonheur de Blair à cœur et les agissements d’Eléanor démontraient seulement qu’elle avait pleinement accepté leur relation. La directrice senior de WD n’était certes pas connue pour son tempérament maternel, néanmoins, il ne pouvait interpréter son attitude autrement. Que ce soit vis-à-vis de Blair ou de lui-même.

Qui aurait jamais cru qu’il se retrouverait un jour avec presque trois mères quand il n’en n’avait jamais eu aucune pour l’aider à grandir  ?

En arrivant dans l’espace d’accueil de la nursery, il avisa Harold qui conversait tranquillement avec ses propres parents. Son père se tourna vers lui, tenant un Henry qui dormait à poings fermés, dans ses bras.

Le jeune homme marqua un temps d’arrêt.

Jamais, au grand jamais non plus, il n’aurait imaginé voir un jour le grand Bartholomew Bass pouponner.

- Fils, le salua-t-il d’un mouvement de tête.

- Papa, répondit ce dernier, toujours surpris par la manière dont l’arrivée de son propre rejeton semblait modifier tous les codes de conduites habituels.

Il couva Henry du regard. Le petit homme se sentait manifestement en confiance dans les bras de son grand-père.

Papy Bart  ? Chuck retint un gloussement à cette idée.

- Désolé, Blair doit se faire un sang d’encre, culpabilisa Harold.

Ça faisait au moins une bonne heure qu’il était parti pour que les infirmières puissent donner des soins à son petit-fils.

- Elle m’envoie en éclaireur, reconnut son gendre.

Bart remit son précieux colis dans les bras de Chuck et Ève s'avança d'un pas pour dire au revoir à son petit-fils.

Henry chougna un peu mais n'ouvrit pas les yeux. Elle replaça la sucette entre ses lèvres et il émit un petit soupire les paupières toujours closes.

- C'est un vrai petit ange, s'extasia-t-elle en levant les yeux sur son fils. Il ne te ressemble pas seulement en ce qui concerne la prise de ses repas.

Elle se sentait nostalgique. Les premier moments de la vie du nouveau père affluaient à sa mémoire avec l'arrivée de cet enfant. Elle aurait dû faire tant de choses différemment. Mais malgré toute sa volonté, elle ne pouvait changer le passé.

Elle devrait vivre avec ses décisions jusqu'à la fin de sa vie. Elle s'estimait déjà heureuse que Chuck lui permette de jouer un rôle dans sa vie et dans celle du bébé.

- On lui a apporté ça, dit-elle en désignant un paquet cadeau qu'elle tenait à la main.

Elle espérait que son fils comprendrait le message de ses profonds regrets.

- Merci, répondit-il alors qu'elle glissait les anses du sac en papier qui contenait le présent entre ses phalanges.

- De rien, sourit-elle un peu timidement.

Il pouvait lire l'émotion dans ses prunelles noisette, identique aux siennes et à celles d'Henry.

- Embrasse Blair pour moi, ajouta-t-elle.

- Ce sera fait, promit-il.

- Bien, alors on se voit bientôt  ? questionna-t-elle.

Chuck acquiesça et déposa un baiser sur sa joue.

- On se voit bientôt, affirma-t-il. On fera une fête pour Henry dés que Blair et lui rentreront à la maison. Elle devrait normalement quitter le service de réanimation mercredi au plus tard.

- Nous repasserons le voir d'ici là, indiqua Bart en désignant l'angelot endormi avant de passer un bras autour des épaules de la femme brune.

- Quand vous voulez, confirma le nouveau père.

Le sourire de sa mère biologique s'agrandit et elle l'embrassa une dernière fois avant de quitter le lieu d'accueil avec son paternel.

Ce dernier lui fit un bref signe de tête pour le saluer auquel il répondit à l'identique.

- Je vais y aller aussi, commenta Harold. Je pense que vous apprécierez à sa juste valeur un petit moment rien qu'entre vous avant l'arrivée d'Eléanor.

Son gendre n'osa pas opiner du bonnet même si l'avocat ne se trompait pas.

- Encore sincèrement désolé pour hier, ajouta le père de Blair. Je n'aurais vraiment pas dû m'en prendre à toi de la sorte.

- Je m'en souviens à peine, avoua Chuck.

- Je m'en suis rendu compte, mais ce n'est pas une raison. Il est plus qu'évident que tu tiens à ma fille et que l'épreuve était certainement encore bien plus dramatique pour toi. Et il est plus qu'évident également qu'elle tient à toi et qu'elle n'est pas disposée à tergiverser quand il s'agit de prendre ton parti. Je ne vis plus à New York depuis longtemps maintenant et je me suis aperçu que ma petite princesse n'avait plus besoin que je la protège comme quand elle était enfant. Je sais aussi que c'est parce que tu la protèges de ton mieux et je reconnais que tu fais un bon job. Je n'aurais pas pu souhaiter mieux pour ma Blairbear.

Le jeune homme n'était pas vraiment préparé pour un tel discours et une fois n'est pas coutume, il ne savait pas quoi répondre à la déclaration de son beau-père.

- Embrasse la pour moi aussi, recommanda Harold avant de tourner les talons et de s'éloigner dans la direction des ascenseurs.

*****


katido  (20.06.2013 à 21:28)

 

Samedi 13 avril 2013 : 19h32

Blair guettait la porte de sa chambre. Son père avait emmené Henry il y a au moins une heure et n'était toujours pas revenu de la pouponnière.

Il était superflu de se faire du mauvais sang, elle le savait. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher de se demander s'il y avait un quelconque problème avec son bébé même si elle intégrait bien que c'était une réaction totalement irrationnelle.

Quand son mari passa le seuil avec leur fils endormi dans ses bras, elle sentit son cœur fondre.

Dieu ! Qu'elle aimait cette vision des deux hommes de sa vie.

Chuck se débarrassa du paquet qui pendouillait à son poignet sur la tablette de sa table de nuit, puis déposa délicatement Henry dans son lit pédiatrique et le couvrit légèrement avec la couverture neuve que Dorota avait glissée dans le sac préparé pour la maternité. C'était son cadeau pour le nouveau-né, une courtepointe écru en polaire avec un motif de girafe brodée et la peluche qui l'accompagnait.

- Où est mon père ? questionna la brunette.

- Il m'a chargé de te dire au revoir et ...

Il s'assied sur le bord du lit et se pencha vers elle.

- De t'embrasser, souffla-t-il à quelques centimètres de ses lèvres avant de les dévorer tendrement.

Elle répondit à son baiser et noua ses phalanges dans sa nuque.

- Tu veux dire qu'on a du temps rien que pour nous ? marmonna-t-elle contre sa bouche.

- Mmm mm, répondit-il contre la sienne.

Elle entrouvrit ses lèvres et il insinua sa langue contre son palais pour la faire danser avec la sienne.

Il entendit le rythme cardiaque de Blair s'affoler sur le monitoring.

- C'est l'effet que tu me fais, sourit-elle en caressant sa pommette quand il s'écarta légèrement d'elle.

- Heureusement que ce n'est pas moi qui suit relié à cette machine, sinon elle exploserait, affirma-t-il en posant son front contre le sien, fermant les paupières quelques instants.

Juste quelques minutes, avant qu'Henry ne se manifeste bruyamment. La tétée de 20h00 approchant à grands pas.

Chuck se dessouda de son épouse et souleva le petit gnome affamé dans ses bras pour le déposer dans ceux de sa mère, qui avait déjà déboutonné le haut de sa chemise d'hôpital. Elle serait heureuse quand elle pourrait revêtir une de ses chemises de nuit d'allaitement.

Elles venaient de la dernière collection de WD. Bien entendu Blair les avait soigneusement choisies dans un tissu violet avec boléros accordés, décliné en ton plus clair et plus foncé.

Ce n'était pas parce qu'ils seraient obligés de faire abstinence pendant les prochaines semaines qu'elle se refuserait à être sexy. Il lui faudrait perdre le surpoids de sa grossesse bien entendu, mais elle ne porterait pas des robes de nuit en flanelle de grand-mère pour autant.

Elle avait reprit confiance en son sex-appeal au cours des toutes dernières semaines de sa grossesse et elle entendait bien ne plus se laisser déborder par ses complexes. Chuck avait été plus que clair sur le fait qu'il appréciait particulièrement ses nouvelles courbes et rondeurs.

De plus, elle était Blair Waldorf et il était normal qu'elle fasse honneur aux dernières créations de l'atelier.

A l'instant où Henry fut installé contre elle, il chercha désespérément son sein pour y tirer sa pitance. Il téta goulûment tout en observant sa mère de ses grands yeux sombres, exactement semblables à ceux de son père.

Ce dernier s'occupait de déballer le présent offert par ses parents et retint un hoquet de surprise quand il découvrit un doudou-lapin qu'il connaissait bien. Il trimbalait partout un modèle identique jusqu'à ses cinq ans.

Jusqu'à ce que Bart ne le jette, décrétant qu'il était bien trop grand pour ça. Arguant encore que la chose était devenue informe et immonde à force d'accompagner Chuck dans chacun de ses déplacements, son père s'était, sans ménagement, débarrassé de l'objet si sacré pour le petit garçon.

S'en était suivi une telle crise de larme que le magna de l'immobilier avait été obligé de s'en procurer un autre. Cependant, son fils ne voulait pas d'un autre, ni d'un neuf, il voulait le sien. Finalement, c'est Esméralda, une des femmes de nettoyage du Palace qui lui avait ramené son précieux ami en cachette.

La jeune femme, qui avait elle-même deux enfants, l'avait récupéré avant qu'il ne finisse dans la benne à ordure, imaginant sans peine combien il était important pour le garçonnet.

Dés lors, il l'avait conservé comme un trésor, tout au fond d'un tiroir de la grande armoire, bien loin de la vue de son père. Ne le sortant qu'une fois la lumière éteinte, quand il était certain que Bart ne viendrait pas. Heureusement, c'était rarement - voir jamais - son paternel qui le mettait au lit. Néanmoins, il n'avait pas voulu tenter le sort, n'ayant qu'une confiance relative en la jeune-fille au pair qui le bordait le soir.

De temps en temps, le doudou apparaissait tout propre et sentant le savon. Un miracle que réalisait Esméralda. Mais au bout de quelque jours, il reprenait son odeur originelle, au plus grand soulagement du gamin. Il fut même rapiécé plusieurs fois comme par enchantement.

Lorsque l'employée avait été licenciée plusieurs années plus tard, juste un peu après qu'il ne soit installé dans sa propre suite, l'enfant en avait été très attristé. Il avait sagement rangé le lapin difforme tout au fond de sa commode et ne le ressortait que lorsqu'il était vraiment terrifié par les monstres qui sommeillaient ça et là dans l'hôtel ou quand il avait fait un cauchemar particulièrement effrayant.

- Est-ce que ça va ? s'enquit Blair devant l'air médusé de son époux. Qu'est-ce que c'est ?

- Un cadeau de mes parents pour Henry, expliqua-t-il d'une voix un peu entrecoupée par l'émotion que faisait naître ses souvenirs.

Il lui montra le lapin en peluche.

- Il est trop choux, commenta Blair. Je parie que c'est Ève qui l'a choisi. Elle adore les lapins, elle m'avait proposé ce thème pour la chambre d'Henry au départ. Et puis, je n'imagine pas Bart se rendre dans un magasin de jouet et encore moins choisir un doudou !

L'idée lui paraissait plus qu'incongrue.

Chuck comprit tout à coup pourquoi son père avait été si prompt à le dépouiller de ce pauvre doudou-lapin qui n'était coupable que d'être un rappel constant de sa mère.

Aussi constant que lui-même.

Il déposa la peluche à côté de l'ourson d'Harold et des doudous violets de Lily, dans le petit lit de son fils.

Manifestement, ses mères avaient le chics pour lui faire passer des messages sans la moindre parole.

*****


katido  (20.06.2013 à 21:30)

Activité récente
Dernières audiences
Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E201
Lundi 8 juin à 20:40
2.12m / 11.3% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Demain nous appartient, S09E201
Lundi 8 juin à 19:15
2.04m / 15.0% (Part)

Logo de la chaîne TF1

Ici tout commence, S06E201
Lundi 8 juin à 18:35
1.83m / 17.5% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Vanina - Un vicequestore a Catania, S02E03
Dimanche 7 juin à 21:10
2.22m / 13.3% (Part)

Logo de la chaîne M6

NCIS, S23E03
Samedi 6 juin à 21:10
0.85m / 5.6% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E04
Vendredi 5 juin à 22:00
2.82m / 20.3% (Part)

Logo de la chaîne France 2

Haute saison, S01E03
Vendredi 5 juin à 21:10
3.25m / 20.6% (Part)

Logo de la chaîne France 3

Un si grand Soleil, S08E199
Vendredi 5 juin à 20:40
1.47m / 9.7% (Part)

Toutes les audiences

Actualités
Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins

Netflix dévoile son Scooby-Doo pour la série live-action Scooby-Doo : Origins
Scooby-Doo montre enfin le bout de sa truffe ! Netflix a dévoilé la première image du célèbre chien...

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors

Joshua Jackson rejoint la saison 3 de Your Friends & Neighbors
Après The Affair et plus récemment Doctor Odyssey, Joshua Jackson s'offre un nouveau projet télévisé...

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs anglophones
Plusieurs nouvelles séries sont à découvrir cette semaine du côté des diffuseurs anglophones....

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones

À surveiller cette semaine chez les diffuseurs francophones
Les diffuseurs francophones européens vous proposent une dizaine de nouvelles fictions. Lesquelles...

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques

La Petite Maison dans la Prairie a recruté Nellie Oleson et deux personnages emblématiques
Alors que la saison 1 du reboot de La Petite Maison dans la Prairie n'arrivera sur Netflix que le 9...

HypnoRooms

choup37, 06.06.2026 à 12:26

Nouveaux sondages sur kaamelott et Doctor Who

ShanInXYZ, 07.06.2026 à 02:07

Nouveau sondage sur le quartier Cat's Eyes, pas besoin de connaître la série

Luna25, 07.06.2026 à 08:58

Nouveau mois sur les quartiers Legends of Tomorrow, Reign et Supernatural, n'hésitez pas à passer !

Viens chatter !

Newsletter

Les nouveautés des séries et de notre site une fois par mois dans ta boîte mail ?

Inscris-toi maintenant

Sondage

Un peu d’amour dans un monde de brutes. Parmi ces couples, lequel aviez-vous vu venir dès le départ ?

Plus d'infos / Commenter

Total : 58 votes
Tous les sondages