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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 16.05.2013 à 22h45
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Et si tout avait été différent ? 500 % Blass avec des pointes de Serenate et un peu de NJBC » katido
Cette fanfic compte déjà 191 paragraphes
Para 41
Mercredi 24 juin 2026 : 10h36
La brunette médita un instant sur ses options en jouant avec l'ourlet de la robe que Gladys venait de lui apporter. Une des dernières créations Waldorf.
Elle avait besoin de parler à quelqu'un.
Oui, mais qui ?
En général, elle se confiait à son mari.
Cependant, celui-ci s'appliquait à garder ses distances et à la laisser prendre sa décision seule. Elle aurait pu lui en vouloir, seulement elle savait qu'il faisait ça parce qu'il la respectait assez pour ne pas tenter de lui faire faire ce qu'il désirait. Même si, savoir que garder cet enfant était ce qu'il souhaitait désespérément, du plus profond de son cœur, était suffisant en soit pour orienter son jugement.
Sa meilleure amie ?
Elle était également la sœur de Chuck et B se refusait à mettre S dans une position qui l’écartèlerait entre elle et son frère adoptif. Sans parler de Nate qui resterait sans aucun doute du côté de son meilleur ami.
Sa mère ?
Elle ne pouvait pas en parler à sa mère. Eléanor venait à peine de décider de raccrocher les gants et elle proposerait certainement de faire marche arrière et Blair aurait l'impression de lui forcer la main. Sans compter que la styliste avait un intérêt particulier dans Waldorf Designs, ce qui l'empêcherait d'être impartiale. De plus elle était très proche de Chuck - parfois plus proche que de sa propre fille - ce qui n'arrangerait pas l'affaire.
Non, il lui fallait quelqu'un qui aurait ses intérêts à cœur et rien que les siens et elle connaissait une personne qui correspondait parfaitement à ces critères.
Elle décrocha son téléphone et composa le préfixe de la France.
- Blairbear, l’accueillit la voix d'Harold depuis son vignoble Lyonnais.
- Papa, entama-t-elle.
Elle entendit des petits bruits suggestifs puis des chuchotements.
Elle retroussa son nez de dégoût et éradiqua l'image de son père et Roman faisant une sieste crapuleuse au milieu de l’après-midi de l'autre côté de l'Atlantique, qui venait de jaillir dans son cerveau.
- En quoi puis-je t'aider ? demanda son père, qui avait compris au son de la voix de sa petite princesse qu'il se passait quelque chose d'important.
Blair hésita un instant puis lui annonça qu'elle était à nouveau enceinte et qu'elle avait besoin de ses conseils avisés.
*****
Mercredi 24 juin 2026 : 16h12
Arthur se gara devant le cabinet privé du professeur Lockwood et fit le tour du véhicule pour ouvrir la portière à sa passagère.
Elle lui décocha un regard assassin en s'extrayant de la limousine.
- Je suis désolé, s'excusa Arthur même s'il n'était responsable de rien. Je suis certain qu'il sera là d'une minute à l'autre.
Blair émit un petit grognement de mécontentement.
Elle avait prévenu Chuck du rendez-vous en début d'après-midi.
Après avoir raccroché avec son père, elle avait contacté la secrétaire de son gynécologue immédiatement et celle-ci l'avait envoyée faire une prise de sang dans le laboratoire d'analyses avec qui le professeur Lockwood avait l'habitude de travailler.
Son mari avait dit qu'il se libérerait et qu'il serait là !
Elle ne pouvait pas croire qu'il ne viendrait pas et la laisserait gérer ça toute seule.
- Si vous voulez, je peux téléphoner à Humphrey pour savoir s'ils sont encore loin. Ils sont peut-être pris dans les embouteillages.
La brune soupira puis hocha la tête en signe d'assentiment.
Le chauffeur dégaina son portable et parla moins d'une minute avec son remplaçant chez BI.
- Il ne sait pas où est Monsieur Bass, informa-t-il la femme de ce dernier.
Il hésita.
- Arthur ?! le somma-t-elle de continuer, la menace clairement présente dans sa voix.
- Humphrey l'a déposé devant chez Agnès et Monsieur lui a dit qu'il pouvait disposer, qu'il se débrouillerait pour rentrer, révéla l'employé tout en triturant sa casquette entre ses doigts.
Blair sentit l'air lui manquer. Elle déglutit et rassembla tout son courage pour articuler la suite.
- Agnès ? Vous voulez dire ...
- Agnès de Villarson, oui, admit le chauffeur.
Son employeur ne lui avait jamais dit que c'était un secret, mais Arthur avait eu le sentiment que c'était quelque chose qu'il ne partageait pas forcément avec son épouse. Il connaissait Chuck Bass pratiquement depuis sa naissance et bien assez pour comprendre tacitement qu'il valait mieux garder le silence à propos de ces balades là.
La brune tenta de se reprendre et inspira une grande goulée d'air.
Si son époux s'était rendu chez sa fleuriste préférée, ce ne pouvait qu'être une étape avant une autre destination. Chaque année, ils y passaient pour prendre une pivoine mauve avant de prendre la direction de Central Park.
- Il fait ça souvent ? s'enquit-elle, prise d'une soudaine intuition.
Le chauffeur dansa d'un pied sur l'autre, mal à l'aise.
- Arthur, je vous ai posé un question ! tonna Blair, à deux doigts de perdre son sang froid.
- A chaque anniversaire d'un des enfants, avoua finalement l'homme en livrée, observant méticuleusement ses gants. Et aussi celui du soir où il vous a sorti de cet immeuble en construction. Puis il y a celui où vous vous y rendez tous les deux.
Blair ferma les paupières une seconde puis tourna les talons et pénétra dans l'enceinte de la villa du médecin.
*****
Mercredi 24 juin 2026 : 16h18
La taxi stationna derrière la limousine et Chuck jeta quelques billets qui couvraient largement la course sur le siège avant. Il ne prit pas la peine d'attendre sa monnaie et se dépêcha de gagner la salle d'attente du cabinet privé du professeur Lockwood.
Du coin de l’œil, il vit Arthur lui faire un signe mais ne prit pas non plus le temps d'y accorder d'importance.
Blair avait rendez-vous à 16h30.
Quand il pénétra dans la pièce, il constata que son épouse y était assise, les yeux dans le vague.
- Je suis désolé, s'excusa-t-il en prenant place à ses côtés.
Désolé de quoi au juste ? Il n'était même pas en retard ! Sans doute de l'avoir mise enceinte encore une fois, réfléchit-elle.
La brune tourna son visage vers lui et il se maudit intérieurement devant sa mine défaite. Il était resté assis plus de deux heures non loin de l'endroit où ils avaient eu l'accident et, plongé dans ses pensées, avait perdu la notion du temps.
Quand il avait émergé, il avait hélé un taxi qui s'était retrouvé coincé dans la circulation abondante de la fin de l'après-midi.
Il imaginait parfaitement que son épouse était en rogne contre lui. Elle avait dû croire qu'il ne viendrait pas du tout en ne le voyant pas là en arrivant.
- Chuck, il faut qu'on parle.
- Non. Je t'ai dis que je me plierais à ta volonté et c'est ce que je ferai.
Il ne voulait pas se reprocher un jour de l'avoir orientée vers tel ou tel chemin. C'était à elle de choisir ce qu'elle voulait pour son avenir.
La porte du bureau du spécialiste s'ouvrit et le professeur Lockwood leur adressa un petit signe de tête en guise de bienvenue.
Blair se leva et y entra d'un pas résolu.
Chuck rassembla ses forces et l'y rejoignit sans plus attendre. Il s'appliqua à écouter la conversation qu'elle entamait avec l'obstétricien le plus calmement possible. Il s'escrima à étouffer ses sentiments (ça il savait le faire depuis toujours) et à camoufler le tremblement de ses doigts en les plaçant bien à plat sur ses jambes.
- J'ai reçu les résultats du test sanguin que vous avez effectué en fin de matinée et il est bien positif. Vous êtes enceinte de sept semaines environs.
- Mais comment ça a pu arriver alors que je prends un contraceptif ? réclama Blair. J'ai vérifié sur ma plaquette en cours, je n'ai omis aucun jour.
- C'est un phénomène assez rare, indiqua le professeur. Mais il arrive parfois qu'une fécondation se déclenche même en prenant la pilule, soit lorsque que la femme est hyper fertile, soit lorsque les deux partenaires sont un peu trop « compatibles »
Elle vit planer l'ombre d'un petit sourire en coin, estampillé « Chuck Bass », sur les traits de son mari, mais il le perdit avant qu'il n'ait pu s'y installer réellement comme le médecin continuait.
- Je comprend que ce soit un choc pour vous, compatit le spécialiste. Si vous désirez interrompre cette grossesse, la loi précise qu'il vous faudra d'abord consulter un psychologue, ou le Docteur Sherman si vous préférez, avant de subir l'avortement proprement dit. Vous avez toutefois du temps devant vous pour y réfléchir encore, l'embryon n'a que quelques semaines.
Du coin de l’œil, elle vit Chuck flancher, mais il se reprit rapidement et accusa le coup. Carrant la mâchoire, son visage afficha à nouveau une expression neutre et illisible.
Blair posa sa main sur la sienne et elle en ressentit le tremblotement avant qu'il n'enfonce un peu plus ses phalanges dans sa cuisse.
- Il n'y a rien à réfléchir, notre enfant est là, il y restera jusqu'à sa naissance, indiqua-t-elle simplement en refermant sa paume autour de ses doigts.
Le cœur de Chuck fit un bond dans sa poitrine. Elle voulait garder leur bébé. Une sensation de soulagement intense l'envahit en même temps qu'une onde de chaleur parcourait chacune des fibres de son corps.
- Bien, dans ce cas, je vais demander à ma secrétaire de fixer la date de la première échographie et de prendre rendez-vous pour vous à la clinique pour quelques examens complémentaires, afin d'éviter toutes complications. Vous connaissez le protocole, il sera identique à celui que vous avez subi pour les jumelles.
La brune acquiesça et salua l'obstétricien puis se leva pour quitter la salle d'examen, suivie par son mari.
Une fois dans la salle d'attente, la porte à peine refermée derrière eux, Chuck agrippa sa main et l'attira à lui pour la serrer dans ses bras.
- Merci, souffla-t-il tout en déposant un baiser dans sa chevelure. Merci.
Il avait du mal à contenir l'émotion qui le submergeait en cet instant.
Blair s'écarta de lui pour lui faire face et plaça ses doigts de chaque côté de la ligne de sa mâchoire.
- Ce n'est pas un sacrifice. Je ne fais pas ça pour toi. Je veux ce bébé autant que toi, clarifia-t-elle.
Il opina de la tête avant de poser son front contre le sien.
- Je sais, murmura-t-il comme son nez frôlait le sien.
Il avait bien pris soin de ne pas intervenir pour ne pas fausser sa décision. Il ne voulait pas qu'elle finisse par leur en vouloir, à lui ou à leur futur enfant, parce qu'elle s'était sentie contrainte de mener cette grossesse à terme.
- Je t'aime. Je t'aime. Je vous aime, scanda-t-il à voix basse.
- Je vous aime aussi, toi et tes supers spermatozoïdes, rit-elle.
- Ce sont tes ovules qui sont hyper fertiles, tu as entendu le médecin, argua-t-il le cœur en liesse.
Elle ouvrit la bouche pour répliquer et il en profita pour y insinuer sa langue et la réduire au silence.
*****
Mercredi 24 juin 2026 : 23h04
Chuck régla son réveil et s'assura que la sonnerie était bien programmée pour le lendemain matin.
Blair entra dans la chambre à son tour et l'observa.
Ils étaient passé récupérer Henry à son entraînement après leur visite chez le professeur Lockwood et il avait disparu dans son bureau presque aussitôt après le repas.
Elle se glissa sous la couette et se blottit dans ses bras.
- Quand est-ce qu'on va le dire aux enfants ? demanda-t-elle.
- Je ne sais pas. Peut-être qu'on devrait attendre un peu. Qu'est-ce que tu en dis ?
- J'en dis qu'on ne devrait pas traîner, parce que, connaissant ton fils, il va rapidement s'apercevoir de quelque chose.
- On pourrait faire ça samedi, juste avant qu'on ne sorte dîner.
Blair releva la tête et lui jeta un regard interrogateur.
- Je voulais d'abord t'emmener pour un repas romantique en amoureux mais je me dis qu'étant donné la situation, on pourrait y aller en famille après le leur avoir annoncé. Enfin, si tu veux, ajouta-t-il.
- Ça me paraît une bonne idée, concéda-t-elle.
Il l'embrassa sur le front.
- Je demanderai à Marge de faire une réservation à l'Artusi dés demain.
Blair joua un instant avec un des boutons de son haut de pyjama.
- Je sais pourquoi tu es arrivé si tard chez le médecin, dit-elle. Arthur m'a raconté.
Elle le sentit se raidir.
- Arthur t'a raconté quoi ? demanda-t-il, d'une voix où s'entendait l'émotion.
- Tes petits détours par chez Agnès avant Central Park.
- Blair, je ... Je suis désolé, je ne voulais pas te faire de cachotteries, je t'assure. C'est juste que parfois, j'ai besoin d'aller là-bas. Je sais que c'est idiot mais, il n'a pas de sépulture et ça me semble être le meilleur endroit pour lui parler. Ça me donne l'impression d'être plus proche de lui.
Ses souvenirs la ramenèrent à une autre nuit, des années auparavant.
*****
Vendredi 27 septembre 2019 : 03h52
Chuck faisait les cents pas dans leur chambre, tentant de calmer Lola en attendant que sa jumelle ait terminé sa tétée.
La tututte en silicone n'était plus d'aucune aide ni utilité. Sa fille criait famine et réclamait sa pitance.
Henry s'était déjà relevé deux fois, se plaignant que les pleurs de ses sœurs l'empêchaient de dormir.
Blair avait trouvé son fils « différent » quand elles étaient rentrées de la clinique peu après midi. Plus calme qu'à l'accoutumée. Trop calme presque.
Enfin Lisa fut rassasiée et elle permuta les bébés avec son mari qui se chargea de faire digérer sa fille aînée puis de la changer et de la mettre en pyjama avant de la déposer délicatement dans son couffin, pour le reste de la nuit espérait-il.
Quand il revint, il procéda de même avec leur autre fille tandis que Blair en profitait pour somnoler dans leur lit.
Une fois que la maisonnée fut calme (au moins pour quelques heures) il se blottit tout contre elle, l'attirant au creux de lui.
- Tu m'as manquée, murmura-t-il en refermant ses bras autour d'elle. Je déteste m'endormir et me réveiller sans toi.
Elle entrelaça leurs doigts et ramena leurs avant-bras contre sa poitrine, prête à dériver vers les limbes.
Elle non plus ne dormait pas bien sans son corps pressé contre le sien.
- Qu'est-ce qui s'est passé dans ton bureau ? interrogea-t-elle d'une voix ensommeillée. Dorota m'a dit qu'il y avait eu un cataclysme.
Chuck se tâta. Il n'avait pas encore eu l'occasion de lui parler de l'incident de la nuit précédente. Ils étaient rentrés avec les jumelles en début d'après-midi et n'avait pratiquement pas eu une minute à eux.
Ensuite, quand les filles avaient eu la bonté d'âme de faire une sieste, son épouse en avait profité pour se reposer elle aussi et l'employée fidèle avait conté à son employeur l'épisode de la veille à la clinique.
Il ne voulait pas la bouleverser plus qu'elle ne l'était déjà. Étant donné son passif, il avait été clairement établi par leur psychiatre que selon toutes probabilités, elle souffrirait de dépression post-partum. Ça avait déjà été le cas après la césarienne en urgence à la naissance de leur fils.
Néanmoins, Chuck ne voulait pas lui cacher ce qui s'était passé. Tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, Henry en parlerait et elle serait furieuse si elle découvrait qu'il ne lui avait pas parlé d'une chose si importante.
En plus, il s'était juré qu'il n'y aurait jamais aucun mensonge ni secret au sein de leur famille. Il savait trop les dégâts qu'ils pouvaient occasionner.
- Henry a grimpé sur ma chaise pour accéder à la bibliothèque et elle a roulé à l'autre bout de la pièce. Le meuble a basculé sous son poids. Heureusement il n'a été que très légèrement blessé.
- Quoi ? se récria-t-elle, totalement réveillée à présent.
Elle n'avait même pas remarqué que leur petit homme était blessé. Quel genre de mère ne s'apercevait pas des blessures de son enfant ?
- Il n'a rien, la rassura Chuck. Il s'est juste râpé l'avant-bras sur le tapis en tombant. Un peu de désinfectant et un pansement pour faire bonne mesure et le tour était joué.
- Mais qu'est-ce qu'il faisait dans ton bureau ? Il sait que cet endroit lui est interdit !
Décidément, le sacripant passait son temps à faire des bêtises et à désobéir. C'était courant pour les aînés d'avoir ce genre de comportement quand un autre bébé pointait le bout de son nez d'après tout ce qu'elle avait lu sur le sujet et Henry ne devait pas faire face à une, mais à deux, nouvelles venues.
Elle avait bien conscience que c'était somme toute plutôt normal. C'était une manière pour lui d'exprimer son angoisse et sa jalousie mais elle n'avait pas la patience, ni l'énergie de tolérer ses écarts de conduites. Le petit gnome l'avait habituée à une attitude docile et elle avait du mal à maîtriser sa contrariété à son encontre. La fin de sa grossesse avait été pratiquement cauchemardesque pour leur relation. Elle ne s'en culpabilisait que plus.
Heureusement, la relation entre les deux hommes de sa vie n'avait jamais été si solide et si fusionnelle, c'était un peu comme si elle était inversement proportionnelle à la dégradation de la leur.
Chuck et Henry avaient toujours été très proches, à tel point qu'elle avait parfois l'impression d'être exclue mais elle ne pouvait pas en tenir grief à son mari. Elle n'ignorait pas à quel point c'était essentiel pour lui d'être un père présent et proche de leurs enfants.
- Il cherchait son livret de bébé, l'informa Chuck.
- Son carnet ? Mais il est dans sa chambre.
- Il t'a vu en ranger un dans la bibliothèque de mon bureau avant qu'on ne parte pour la maternité et il a cru que c'était le sien.
Le cœur de Blair se serra dans sa poitrine. Elle avait feuilleté le carnet de leur premier bébé dans le courant de l'après-midi avant de quitter la maison.
- Qu ... qu'est-ce que tu lui as dit ? interrogea-t-elle d'une voix entrecoupée par l'émotion.
Chuck et elle savaient qu'ils parleraient un jour de cet autre enfant à Henry mais ils n'en n'avaient jamais discuté entre eux. Elle pensait que ce ne serait pas avant encore longtemps.
- Je lui ai dit la vérité, murmura-t-il. Qu'est-ce que j'aurai pu faire d'autre ? Il n'était pas question que je lui mente.
Bien sûr que non ! S'il y avait bien une chose qui n'avait pas ça place dans cette famille, c'était la duperie.
- Comment ... Comment il a réagi ? s'inquiéta-t-elle.
- Étonnamment bien, en fait. Du moins en apparence. Il m'a demandé comment il s'appelait.
Un silence s'établit entre eux. Ils n'avaient jamais abordé la question. Ils savaient que le bébé à venir était un garçon mais vu les circonstance, il n'avait pas eu l'occasion de lui chercher un prénom.
- J'ai répondu Bradley, reprit Chuck après quelques secondes. Je ne sais pas pourquoi, ça me semblait lui convenir.
Blair referma les paupières, elle n'avait même jamais envisagé lui donner une identité et le fait de le faire ne rendait que la perte de cet enfant plus réelle, plus intense. C'était comme si cela rendait tangible une idée un peu abstraite.
- Je ne savais pas quoi faire et ... j'ai cru que c'était ce qu'il y avait de mieux. Je te demande pardon de ne pas t'avoir consultée mais, j'ai été pris de court et je n'avais pas l'opportunité de t'appeler. Je sais qu'on a jamais vraiment discuté de ce qu'on leur dirait le moment venu mais c'est arrivé bien plus tôt que je ne l'aurait cru et ...
- Tu as bien fait. Et tu as raison, Bradley, ça lui aurait correspondu parfaitement. Où as-tu été chercher ce prénom ?
- C'est celui de mon grand-père maternel.
Blair se délogea d'entre ses bras pour plonger ses yeux dans les siens.
- Henry a vraiment de la chance de t'avoir pour père, lui assura-t-elle. Et nos filles aussi.
Elle reposa sa tête sur son torse et il replaça son bras autour d'elle.
- Je t'aime, dit Blair en déposant un baiser sur ses pectoraux.
- Je t'aime, répondit-il en embrassant le sommet de son crâne.
Il éteint la lumière et resserra son étreinte. Cette nuit, il s'endormait tout contre elle. Cette nuit leur lit ne lui semblait pas trop grand, trop vide, ni trop froid. Cette nuit, tout était à sa place.
*****
Mercredi 24 juin 2026 : 23h11
Blair caressa son avant bras et entremêla leurs doigts. Il ne fit rien pour l'en empêcher. Elle en fut soulagée.
- Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé ?
- Je ne voulais pas raviver de mauvais souvenirs. Tu as déjà bien assez à te préoccuper avec les enfants et Waldorf Designs.
- Je me préoccupe aussi de toi, souffla-t-elle.
- Je sais, c'est pour ça que je ne t'ai rien dit. Je ne voulais pas t'inquiéter.
- Je pense souvent à lui, confia-t-elle, mais je ne suis pas certaine d'avoir la force d'y aller sans toi. La prochaine fois, je voudrais t'y accompagner.
- D'accord, accepta-t-il.
Elle posa un baiser sur ses phalanges qui enserraient toujours les siennes contre son cœur.
- Est-ce que tu y as déjà emmené Henry ? voulu-t-elle savoir.
- Une fois. La semaine après que vous soyez rentrez de la maternité avec les filles. Il voulait savoir les circonstances de la mort du bébé alors je me suis dit que le plus simple, c'était de lui montrer. Les choses étaient déjà assez compliquées avec les jumelles, je n'ai pas voulu rajouter ça sur la tapis, avoua-t-il. J'ai été surpris qu'il ne t'en parle pas lui-même.
- C'était une période un peu tendue entre Henry et moi à l'arrivée des filles. J'espère que ça se passera mieux cette fois.
- Il a treize ans et il est déjà passé par là. Du reste, quand tu es enceinte, c'est tout un chacun qui doit subir tes sautes d'humeurs ! la taquina-t-il.
- Pourtant tu en redemandes, répliqua-t-elle.
- J'en redemande, oui. Parce que je suis masochiste et que je n'en n'aurai jamais assez de toi ni des magnifiques enfants que tu me fais, même si ça veut dire passer neuf mois en terrain miné.
- Tu en éviteras déjà trois, c'est pas si mal, soupira-t-elle, redevenant sérieuse et déjà nostalgique à l'idée d'être si loin de ses bras pendant une si longue période.
- J'ai apporté quelques changements à mon planning, l'informa-t-il.
- C'est pour ça que tu as disparu après le dîner, devina-t-elle.
- Je ne vais certainement pas t'abandonner seule avec toute la charge de WD et nos trois monstres pendant cette grossesse.
- Chuck, c'est un gros contrat pour BI et tu en es l'artisant, tu ne peux pas tout laisser tomber.
- Je ne vais pas laisser tomber. J'ai déjà vu ça avec Marge. Ce sera juste un peu plus long que prévu pour la mise en place. Je ferai des aller-retour quand ce sera nécessaire et pour le reste, j'envisage de demander à Éric de me seconder sur le projet.
- Il vient à peine de débarquer à son nouveau poste et tu vas être complètement lessivé si tu passes ton temps à voler d'un continent à l'autre sans arrêt.
- Je ne vais pas le lâcher seul dans la nature, je continuerai à superviser le tout. Éric a un très bon potentiel et c'est aussi la personne la plus sûre que j'ai à l'intérieur de BI. Je lui fait totalement confiance à ce sujet. J'en ai vaguement parlé avec mon père quand je l'ai eu au téléphone et il approuve totalement mon point de vue à propos de notre nouvelle recrue. Je n'ai rien dit pour le bébé, rassure-toi. Je ne savais pas encore quelle serait ta décision.
- J'en ai parlé au mien, admit-elle. J'avais besoin de parler à quelqu'un et puisque tu ne ...
- Je ne voulais pas exercer une quelconque pression sur toi. Je ne voulais pas que tu regrettes un jour d'avoir eu cet enfant, c'est tout. Je voulais que tu fasses le choix que tu estimais le meilleur pour toi.
- Je sais. Je ne t'en veux pas, je sais pourquoi tu as refusé de prendre part au débat. Et je connaissais parfaitement ton point de vue sur la question de toute façon. Je sais aussi que tu m'aurais soutenue jusqu'au bout si j'avais décidé d'interrompre cette grossesse malgré le mal que ça t'aurait fait parce que tu me fais, tu nous fais, toujours passer avant toi. Tu es un mari et un père exemplaire, tu le sais ça, n'est-ce pas ?
Il ne répondit pas mais l'embrassa sur l'épaule.
Elle se retourna dans ses bras pour lui faire face.
- Chuck Bass, tu es le meilleur des pères et des maris qu'on puisse rêver, redit-elle en caressant ses cheveux dans le creux de sa nuque.
Elle enfouit son nez dans sa chemise de pyjama et se lova tout contre son torse.
- J'ai une famille extraordinaire, grâce à toi, chuchota-t-il. Je vous aime.
- Nous aussi on t'aime, répondit-elle en glissant sa main entre eux, contre son abdomen.
Il posa sa paume sur la sienne et embrassa sa tempe la collant un peu plus à lui.
- Je parlerai à Éric dés qu'on aura annoncé la nouvelle.
- Mieux vaut ne pas traîner. J'ai arraché à mon père la promesse qu'il tiendrait sa langue mais, je le connais, à la première occasion qu'il aura de parler avec ma mère, il crachera le morceau.
- Après l'échographie, ça me semble être le plus censé, réfléchit-il.
- Au cas où il y en aurait plusieurs, grommela-t-elle.
Il émit un gémissement significatif et elle éclata de rire.
- Au fait, tu ne m'as pas dis pourquoi ton père devait te joindre de toute urgence tout à l'heure, questionna-t-elle finalement, en recouvrant son sérieux.
- Jack vient d'être admis sur la liste des receveurs.
Blair ne portait pas spécialement l'oncle de son époux dans son cœur mais les relations entre eux tous s'étaient largement améliorées et il était régulièrement du côté de Chuck depuis nombres d'années maintenant. Elle ne s'attendait pas à pareille annonce même s'ils savaient que les symptômes de sa maladie s'étaient aggravés depuis quelques mois.
- Je ne savais pas que c'était à ce point, s'exclama-t-elle.
- Moi non plus. Il ne reste plus qu'à espérer qu'il soit transplanté avant que son foie ne le lâche pour de bon.
- Il a toujours su tirer son épingle du jeu, il le fera encore cette fois, tenta de le rassurer la brune.
Il acquiesça et déposa un autre baiser sur sa chevelure chocolat.
*****
Para 42
Samedi 27 juin 2026 : 18h54
Henry, Lisa et Lola Bass se jetaient des regards inquiets et interrogateurs.
Ils avaient été priés de tous s'installer sur le canapé du salon et faisaient face à leurs parents.
L'aîné se raclait la cervelle pour trouver une raison qui pourrait justifier une telle mise en scène.
Déjà ce matin, autour du bassin, son père lui avait semblé étrange. Ils avaient l'habitude d'aller nager tous les deux chaque samedi pendant que sa mère emmenait les jumelles à leur cours de danse.
Lui était inscrit à un club de natation, en plus de celui de base-ball, mais il préférait nettement quand il allait à la piscine le samedi en dehors des cours. C'était son moment avec son père et il attendait toujours la fin de la semaine avec impatiente.
Cependant, aujourd'hui on aurait dit que son paternel était absent.
Il l'avait félicité quand il avait battu son record au cinquante mètres nage libre, comme de bien entendu. Henry avait choisi le papillon comme spécialité. Il s'était spécifiquement entraîné à ça cette semaine. Parce que son papa l'encourageait toujours et qu'il aimait quand il voyait briller cette petite étincelle de fierté dans les yeux de son géniteur.
Néanmoins, il y avait quelque chose de différent. L'adulte avait l'air préoccupé. Ses pensées étaient accaparées par quelque chose d'autre et il se demandait bien quoi et si cela avait attrait avec la réunion familiale à laquelle il venait d'être convié avec ses sœurs.
Lisa, elle, passait en revue toutes les bévues qu'elle avait faite, seule ou avec la complicité de Lola. Se pouvait-il que leurs parents aient été avertis qu'elles avaient collé du chewing-gum dans les cheveux de Janice Poter ?
Peu probable, la blondinette, arborant une nouvelle coupe au carré plongeant, ras sur la nuque, avait maintenant une peur bleue de les contrarier. Impossible que cette petite misérable de Brooklyn soit aller pleurnicher chez Madame Balaber. Si c'était ça, la morveuse allait le regretter amèrement.
L'aînée des jumelles pensait que cette loqueteuse avait compris qu'on ne défiait pas impunément Lisa ou Lola Bass, mais il faudrait peut-être qu'elles soient plus explicites. Que pourraient-elles faire d'autre ? Lui couper quelques mèches des fétus de paille qui lui servaient de perruque avec la paire de ciseaux que la maîtresse rangeait dans le deuxième tiroir de son bureau ? Elle pourrait dire adieu à ce qu'il lui restait sur le crane.
Oui, mais dans ce cas, elles seraient reconnues comme coupables alors que là, elles avaient seulement laisser entendre à Janice qu'elles pourraient, peut-être, être celles qui avaient malencontreusement perdu un chewing-gum dans sa tignasse.
Non, ce ne pouvait pas être la raison qui faisait que leurs parents les regardaient sans savoir quoi dire. Si c'était ça, son papa serait déjà occupé à les menacer de les punir de cours de danse jusqu'à la fin de leur vie et leur mère acquiescerait en faisant croire qu'elle était outrée de leur comportement. Même si, dans le fond, sa maman savait parfaitement qu'être princesses impliquait de n'être pas très gentilles avec les autres.
Elle répondit au coup d’œil de sa jumelle par une petite secousse discrète de la tête de droite à gauche pour lui signifier qu'elle n'avait aucune idée de la bêtise qu'elles avaient pu faire pour être appelées comme si elles étaient au tribunal.
Lola s'agaça, assise à l'extrême gauche du sofa. Sa sœur réussissait toujours à l'attirer dans les ennuis avec elle. Lisa avait de grandes idées et elles étaient en générales très amusantes, jusqu'à ce qu'elles se fassent prendre.
Sa grande sœur savait s'amuser et elle était toujours partante pour l'aider en général, mais la cadette détestait devoir en payer le prix. Et sur ces coups là, leur papa était bien moins compréhensif que leur maman.
Cependant, elle ne voyait pas du tout ce qu'elles avaient fait de mal pour être assises ici. Enfin si, il y avait bien quelques bêtises comme le fait d'avoir renversé de la peinture sur la nouvelle robe Waldorf de Shelley Magnus.
Sauf que personne ne pouvait dire qu'elles l'avaient fait exprès et ce n'étaient pas leur faute si cette rouquine idiote n'avait pas appris que quand elles disaient pas de bleu le premier jour d'école après le week-end (parce qu'elles porteraient du bleu ce jour là) personne n'osait porter cette couleur le lundi.
En plus de ça, cette morveuse ne mettait pas du tout en valeur la création de leur grand-mère et elles ne pouvaient tolérer un tel affront. Leur maman comprendrait parfaitement ça. Leur père par contre, il risquait de les punir en refusant qu'elles aillent rejoindre leurs grands-parents en France pendant les grandes vacances.
Blair s'éclaircit la gorge et remua sur la sofa en face de leurs trois enfants. L'échographie 3D était prévue pour le mardi suivant mais ils avaient décidé d'informer leurs enfants de la situation avant de l'annoncer à tous.
Étant donné qu'elle devait s'arranger avec sa mère pour WD et que Chuck devait s'organiser avec Éric et l'initié au projet de Bali avant qu'ils ne quittent les USA pour Paris où elle devait terminer les préparatifs de la semaine de la mode, ils n'avaient pas le loisir d'attendre encore plusieurs semaines.
Ce nouvel enfant (pourvu qu'il ne soit qu'un seul) viendrait à nouveau tout chambouler dans leur quotidien et la brune avait bien l'intention de profiter de la présence de son mari pendant les deux mois d'été à venir autant que possible en fonction de leurs agendas respectifs.
Une fois le complexe immobilier lancé, il ferait d'incessants voyages entre les deux continents et elle anticipait déjà le manque de lui, même si c'était finalement mieux que l'idée initiale de le voir s'envoler pour trois mois entiers.
Ils avaient projeté de passer juillet dans la capitale française pour qu'elle puisse gérer la présentation des dernières créations Waldorf tout en ne se séparant pas de sa famille et ils devaient théoriquement rejoindre le vignoble lyonnais au début du mois d'août pour se retrouver un peu coupé de tout avant la rentrée de septembre et la préparation de la fashion week.
Elle posa sa main sur celle de Chuck et prit finalement la parole.
- Si on vous a réuni, c'est parce qu'on a quelque chose de très important à vous dire, entama-t-elle.
- Est-ce qu'on ne va plus à Paris ? questionna Lola.
Elle adorait cette ville avec la tour Eiffel illuminée et l'Arc de triomphe. Elle appréciait particulièrement les ballades au bord de la Seine avec Papyrus et les visites à l'atelier avec Mamilor.
De plus Shelley Magnus ne valait pas une pareille punition. Au pire, elles pouvaient intercéder auprès de sa mère pour lui rendre une robe identique, si vraiment elles étaient obligées de faire amande honorable.
- Est-ce que vous allez divorcer ? s'inquiéta plutôt Henry.
Leurs parents se disputaient parfois mais il n'avait rien remarqué de suspect qui indiquerait qu'ils ne soient plus amoureux l'un de l'autre, même s'ils agissaient vraiment très bizarrement depuis ces trois derniers jours en y repensant bien.
- Non, on ne va pas divorcer et oui, on va toujours à Paris, répondit Chuck. Ça n'a rien d'une mauvaise nouvelle au contraire ...
- Oh non ! Tu es enceinte ! le coupa abruptement Henry.
L'adolescent avait déjà entendu ce discours auparavant et il s'était retrouvé avec deux petites pestes sur les bras.
Un seul regard de son père lui fit regretter ses mots.
Ok ! Ce n'était peut-être pas toujours désagréable d'avoir des sœurs mais les siennes étaient particulièrement chipies.
- Nous allons effectivement avoir un autre bébé dans cette maison, opina-t-il.
Lisa et Lola poussèrent un cri de joie. Enfin un petit être qui pourrait leur servir de poupée vivante et qu'elles pourraient habiller et chouchouter comme bon leur semble. Leur frère aîné n'était jamais très coopératif et d'ailleurs, sa mine ne leur disait rien qui vaille. Elles se sentirent d'un coup bien moins enthousiastes. Et le discours de leur père ne fit que confirmer leurs craintes.
- Ça veut dire que certaines règles vont devoir changer dans cette maison. Plus de chamailleries stupides qui épuisent votre mère. Plus de jouets qui traînent, un bébé ça ramasse tout et ça n'a aucune conscience du danger. Alors, commencer à vous y habituer dés maintenant. Dorota n'a que deux mains et ne peut pas être derrière chacun d'entre vous, de plus vous êtes grandes maintenant les filles, donc je compte sur vous pour faire un effort à ce niveau. Surtout pour ne pas titiller votre frère, ce qui est sans doute une de vos activités favorites.
Les jumelles firent chacune une petite moue qui trahissait leur contrariété alors qu'Henry approuvait pleinement la dernière partie.
- Nous allons également réaliser des changements à l'intérieur de la maison. On va aménager la dernière pièce d'en haut en chambre ...
- Moi ! intervint immédiatement l'aîné.
Après tout, il était logique que ce soit lui qui s'éloigne le plus de la chambre de leurs parents.
- Nous avons effectivement pensé à toi, acquiesça son père.
Chuck ne doutait pas un instant que son fils souhaite avoir un peu d'intimité et de tranquillité, loin de ses petites sœurs qui l'adoraient mais passaient leur temps à le tourmenter en s'escrimant à attirer son attention par n'importe quel moyen et bien souvent, pas le meilleur.
Henry sourit, au moins une chose de positive qui allait dans son sens, c'était toujours ça de pris. Et puis, il était certain qu'avec la venue d'un enfant supplémentaire, sa mère mettrait encore un peu plus de distance entre eux deux. C'est comme ça que ça s'était passé la première fois alors autant s'y habituer comme l'avait dit son père.
Il ne comprenait pas vraiment ce qu'il avait fait pour qu'elle lui donne tort la plupart du temps alors que les filles passaient leur temps à envahir son espace personnel sans qu'elle y voit le moindre problème.
Il aimait sincèrement ses sœurs mais il n'avait aucune envie de jouer avec elles à la dînette ou de leur servir de cobaye pour leurs expériences vestimentaires. Elles aimaient accorder les vêtements et coloris en utilisant les bouts de tissus et échantillons que leur mère ramenait de WD pour inventer et créer leurs propres modèles. Dorota se prêtait volontiers au jeu et assemblait les morceaux pour en faire des « vêtements » qu'elles imaginaient mais il avait treize ans et passé l'âge de faire le pitre. Il avait bien d'autre chose en tête plus importantes.
- Alors, nous sommes quatre enfants maintenant, compta Lola.
- Cinq, la reprit Henry sans réfléchir, avant de se rendre compte qu'il avait parlé trop vite.
Il vit le visage de sa mère se décomposer et la culpabilité l'assaillit.
Zut ! Il était pourtant plus vigilent que ça d'habitude.
Il ne parlait jamais de Bradley avec elle. Son père répondait à ses questions ou l'emmenait parfois là où ils avaient eut cet accident, quand il le lui demandait mais il n'avait jamais osé aborder le sujet avec elle. Elle n'y avait jamais fait référence devant lui et il était assez intelligent pour comprendre que c'était tabou pour elle.
C'était une chose qui s'imposait à lui d'elle-même. Il se demandait souvent comment aurait été sa vie si son frère avait vécu. Est-ce qu'il aurait été aussi proches que Lisa et Lola ? Est-ce que ses parents l'aurait eu tout court ? Ils se seraient peut-être contenté d'un seul enfant si Bradley était né.
- Ce sont des jumelles ? s'excita Lisa.
- On ne sait pas encore, la calma Chuck en passant son bras autour des épaules de sa femme. Maman doit aller chez le médecin la semaine prochaine et ainsi on pourra le savoir.
Blair rassembla ses esprits. Les propos d'Henry avaient claqués en elle comme un coup de fouet. Elle n'avait jamais évoqué la question avec lui, ni avec les filles. Chuck gérait ça bien mieux qu'elle en réalité et ils n'avaient pas prévu de comment ils annoncerait ça aux jumelles. Les choses s'étaient faites comme ça, naturellement, avec leur fils parce que l'occasion s'était présentée tout simplement.
- Est-ce qu'on pourra venir aussi ? Stanley est allé voir son petit frère chez le docteur avec sa maman la semaine dernière et il a dit que c'était trop bizarre, sautilla Lisa toujours assise sur le canapé.
- On vous ramènera une photo, d'accord ? intervint Blair en souriant.
- Mais pourquoi cinq alors ? questionna Lola qui avait recompté sur ses doigts.
- Vous avez eu un autre frère, avant Henry, expliqua Chuck comme il l'avait déjà fait pour leur fils, sachant pertinemment que son épouse préférerait qu'il prenne la parole.
Elle pressa ses doigts autour des siens pour le remercier. Elle se sentait totalement incapable d'expliquer avec des mots la perte de leur tout premier enfant.
Les jumelles le dévisagèrent.
- Il est au ciel, reprit Chuck. On a eu un grave accident de voiture quand il était dans le ventre de maman.
- C'est lui notre ange gardien ? interrogea Lola en s'adressant à son frère.
Henry remua d'une fesse sur l'autre, très mal à l'aise. Il avait raconté à ses sœurs que quelqu'un les protégeait de là-haut, un soir où leurs parents étaient sortis et qu'elles s'étaient faufilées dans sa chambre parce qu'elles avaient peur de l'orage qui grondait au dehors.
Il avait alors dix ans et n'était pas très rassuré lui non plus. Mais il s'était refusé à appeler Dorota. Il voulait être aussi brave que son papa et il s'était souvenu de l'histoire d'Edgard et Églantine. C'était le rôle des grands frères de protéger leurs petites sœurs et c'est ce qu'il avait fait.
Il s'était arrangé pour qu'elle ne soit plus effrayées et leur avait permis de dormir avec lui. Il avait fait promettre aux filles de ne pas parler de cette histoire, c'était un secret entre eux trois. De plus, il était certain que c'était l'absolue vérité et que Brad veillait réellement sur eux de là où il était.
- C'est lui, oui, répondit Chuck à la place de son fils.
Il faudrait qu'il ait une discussion avec Henry plus tard pour savoir ce qu'il leur avait dit exactement.
Lola et Lisa hochèrent la tête l'une après l'autre, apparemment satisfaites de cette simple explication.
- Est-ce qu'on devra donner nos jeux au bébé si c'est une fille ? voulu savoir Lisa.
- Et bien le bébé aura ses propres jouets, fille ou garçon, mais je compte sur vous pour être très gentilles avec lui et aussi pour m'aider à m'occuper de lui, indiqua Blair, trop heureuse de changer de sujet.
- Comme Henry avec nous, réfléchit Lola.
- Comme Henry avec vous, attesta leur mère sans vraiment oser regarder son aîné.
Elle s'en voulait à présent beaucoup de ne jamais avoir pris le temps de lui parler du bébé. Ce n'était pas à lui d'expliquer ça à ses sœurs. Ce n'était pas son rôle. Elle s'était longtemps caché derrière Chuck mais elle se rendait compte que ce n'était pas juste pour Henry. Il n'avait pas à porter ça sur ses épaules.
*****
Samedi 27 juin 2026 : 22h14
Lisa avait déjà fermé les paupières, le temps qu'il embrasse Lola.
- Bonne nuit papa, je t'aime, murmura-t-elle quand il déposa un baiser sur son front.
- Bonne nuit ma princesse, je t'aime, chuchota-t-il comme il venait de le faire à l'oreille de sa jumelle.
La fillette sourit en frotta son nez contre la manche de son costume quand il remonta la couette sous son menton pour la border, à l'instar de sa sœur.
Elle aimait beaucoup l'odeur de son parfum. Son père était sans doute bien plus tranchant que sa mère quand il s'agissait de les réprimander mais elles restaient toujours ses princesses quelque soit la bêtise qu'elles aient pu commettre. Et quoi qu'il arrive, il était toujours là pour les consoler quand elles avaient du chagrin et il avait toujours la solution pour réparer les dégâts qu'elles pouvaient occasionner.
Il éteint la lumière et referma la porte derrière lui.
Les filles, fidèles à elles-mêmes s'étaient comportées en véritables enfants parfaites lors de leur dîner à l'Artusi. Elles avaient appris ça de Blair et adoraient évoluer dans les lieux publiques en faisant preuve de leur maintient et de leur bien-séance.
Elles avaient également l'air enchantées par la nouvelle grossesse de Blair. Elles étaient quasiment survoltées ce soir. Elles imaginaient certainement que le bébé serait comme une poupée vivante qu'elle pourrait habiller et dorloter à leur guise. Elles se rendraient vite compte que ce n'était pas ça du tout quand il serait là.
Celui qui l'inquiétait le plus était Henry. Il n'avait presque pas dit un mot au restaurant. C'est à peine s'il avait touché à son plat alors que c'était un de ses endroits préférés et il l'avait surpris à plusieurs reprise occupé à observer Blair sans en avoir l'air.
Il cogna discrètement à sa porte et entra quand son fils répondit par l'affirmative.
Henry s'attendait à sa visite. Il ne pouvait pas cacher grand chose à son paternel et jamais pour bien longtemps de toutes façons.
- Est-ce que ça va ? s'enquit son père.
Le jeune garçon hésita un instant. Si quelqu'un pouvait l'aider sur ce coup là, ce ne pouvait être que lui. Sur tous les autres aussi du reste.
- Je suis désolé d'avoir parlé de Bradley tout à l'heure, lâcha le gamin.
Il avait gardé ça pour lui pendant toute la soirée, la culpabilité le rongeait à chaque seconde et il avait passé le repas à étudier sa mère. Elle évitait de le regarder et il se reprochait d'avoir trop parlé avant qu'ils ne quittent la maison.
Chuck le dévisagea un moment en silence. Il avait donc bien raison, quelque chose turlupinait son fils.
- Est-ce que tu voudras bien dire à maman que je m'excuse ? Je ne voulais pas lui faire de la peine.
- Pourquoi tu ne lui dirais pas toi-même ? questionna Chuck.
La communication entre Henry et Blair était loin d'être aussi ouverte qu'entre eux et bien qu'il sache que le sujet était, et serait toujours, sensible pour elle, il avait la sensation que ces deux là avaient besoin d'éclaircir nombres de choses.
L'arrivée des filles n'avaient pas été une chose facile pour leur aîné. Beaucoup de bouleversements et pas mal de temps dévolu aux nouvelles arrivées quand il avait toujours été le seul et unique jusque là.
Le jeune père avait cru que tout s'arrangerait de soi-même et avait veillé à faire savoir au garçonnet qu'il y avait une place prépondérante pour lui et pour ses sœurs dans sa vie, qu'ils étaient sa priorité.
Le gamin haussa les épaules et passa ses doigts dans ses cheveux.
- Est-ce que tu crois qu'elle aurait préféré que ce soit moi ? l'interrogea-t-il du bout des lèvres.
Le cœur de Chuck tressauta dans sa poitrine comme une douleur revenue du fond de sa mémoire faisait écho à celle qu'il pouvait lire sur les traits tendus de leur fils.
- Je veux dire ... dans l'accident ... à la place de Bradley, expliqua Henry.
Son père n'avait pas besoin de précision. Il connaissait parfaitement cette souffrance pour l'avoir eue comme compagne tout au long de sa propre enfance.
Il s'approcha de l'adolescent et posa une main sur chacune de ses épaules.
- Regarde-moi, dit-il.
Le jeune garçon releva les yeux de sur ses orteils nus pour les poser sur le visage de son père.
- JAMAIS, tu m'entends. JA-MAIS. Ta mère t'aime de tout son cœur et moi aussi. On aurait préféré ne pas perdre d'enfant du tout mais surtout n'imagine JAMAIS qu'elle ou moi aurions pu faire un choix entre vous parce que c'est impossible. Tu comprends ?
Henry acquiesça. Il était soulagé. Il ne savait pas d'où lui était venue cette idée pendant le dîner mais il était content de s'être confié à son père parce qu'il avait besoin d'avoir cette confirmation bien qu'il sache parfaitement que ses parents l'aimaient, y compris sa mère même s'ils n'étaient pas toujours vraiment sur la même longueur d'onde.
Il laissa son père l'attirer dans ses bras et le serrer contre lui. Il lui rendit fermement son étreinte. Même s'il avait treize ans, il avait toujours besoin de sa protection rassurante. Sûr qu'ils ne donneraient jamais pareil spectacle en public, les Bass avaient une réputation à tenir. Mais dans l'intimité de leur demeure, aucun geste de tendresse n'avait jamais été proscrits.
- Tu es le meilleur des fils et aussi le meilleur des grands-frères, affirma Chuck. Ne doute jamais de ça. Je sais que ce n'est pas toujours évident pour toi et que ta mère et moi, nous travaillons beaucoup. Nous sommes souvent accaparés par nos activités professionnelles respectives mais ...
- On passe toujours en premier, termina Henry. Je sais. Quant aux filles, elles ne sont pas si terribles que ça. Enfin, pas tout le temps. Elles sont mêmes amusantes par moment ... pour des gamines, je veux dire.
Chuck réprima un rictus ironique. Parce que lui n'était plus un gamin !
- C'est juste qu'elles sont toujours si ... si exubérantes, soupira l'adolescent. J'ai parfois l'impression de vivre avec Katrina mais en double.
- Ta mère et moi, nous apprécions aussi quand elles s'endorment en fin de journée, sourit son père en lui donnant une tape sur l'épaule.
Henry sourit à son tour.
- Bonne nuit papa ... et merci.
- Toujours, lui rappela Chuck. Bonne nuit fiston.
Il quitta la pièce alors que son fils s'installait sous son duvet. Il avait besoin d'un verre, là, tout de suite. Il sentait l'émotion qu'Henry avait fait renaître bouillir en lui et il avait besoin de l’anesthésier avant de rejoindre son épouse dans leur chambre.
*****
Samedi 27 juin 2026 : 23h41
Blair se retourna encore une fois dans les draps.
Rien n'y faisait.
Impossible de s'endormir quand il n'était pas là, blotti tout contre elle.
Elle avait froid malgré le fait qu'on soit déjà fin juin.
Les images ne cessaient de tournoyer dans son esprit.
Celles du repas de ce soir, où elle avait soigneusement évité de rencontrer le regard de son fils. Celles de leur réunion de famille pour annoncer sa nouvelle grossesse aux enfants. Celles de l'accident qui se rejouaient encore et encore.
Elle plissa les paupières du plus fort qu'elle put pour tenter d’éradiquer ses souvenirs mais elle ne parvenait pas à les chasser.
Elle avait besoin de sentir ses bras autour d'elle, de la chaleur de son corps qui réchauffait le sien, de poser sa tête sur sa poitrine qui se soulevait et baissait en rythme pour la bercer, d'être rassurée par le cognement sourd des battements de son cœur dans sa poitrine.
Agacée, elle se leva et enfila sa robe de chambre en soie sauvage sur sa nuisette parme.
Elle sortit de leur chambre et monta silencieusement les marches qui conduisait à l'étage supérieur.
Arrivée devant son bureau, elle hésita une fraction de seconde. C'était son antre, là où il venait se réfugier quand quelque chose n'allait pas.
Et quelque chose n'allait pas, c'était évident.
Tout c'était passé bien trop facilement ce soir.
Elle entrouvrit légèrement la porte et frappa doucement au chambranle.
Son mari était bien là, un verre de scotch dans la main. Cependant il ne buvait pas. Il regardait pensivement le liquide ambré qui tournoyait dans sa prison de verre.
- Chuck ?
Il tourna la tête vers elle et son cœur rata un battement lorsqu'elle lu le tourment dans ses beaux yeux sombres. Un tourment qu'elle pouvait reconnaître entre mille. Celui qui le possédait quand ils étaient adolescents. Quand il croyait que Bart n'avait aucune affection pour lui et qu'il lui en voulait de la mort d’Élisabeth.
Il la vit s'approcher rapidement comme l'angoisse prenait place sur son visage.
- Chuck ? murmura-t-elle à un pas de lui.
Il posa son verre sur le bureau et passa ses bras autour de ses hanches pour l'attirer sur ses genoux.
Elle se laissa faire et l'enlaça, nouant ses poignets au creux de sa nuque tandis que ses phalanges s'insinuaient dans ses cheveux.
- Il faut que tu parles à Henry, dit-il à mi-voix.
Henry ? Qu'est-ce qu'Henry venait faire là dedans ?
Elle exhala un soupire de soulagement, elle avait cru que ses anciens démons étaient revenus le hanter.
- Il pense que tu aurais préféré que ce soit lui plutôt que Bradley dans l'accident, chuchota-t-il, si bas qu'elle eut du mal à distinguer ses mots au début.
Puis ses intestins se nouèrent si serrer qu'elle pensa un instant qu'il s'était transformé en pierre. Et son cœur de mère se mit à saigner abondamment. Pas pour leur fils qui était mort, mais pour celui qui était en vie.
Chuck sentit chaque muscle du corps de la femme qu'il aimait se crisper. Il se détestait de ramener ça à la surface, surtout au début d'une autre grossesse. Ils n'avaient pas encore pris rendez-vous chez leur thérapeute et déjà il l'accablait avec les ombres de leur passé.
Mais il n'avait pas le choix. Il ne pouvait pas rester là, les bras ballants, à regarder Henry prendre le même chemin que lui. Il fallait arrêter ça sans délai et la seule qui en avait le pouvoir était celle qui lui avait donné naissance.
- Je lui ai dit que c'était une chose impossible, ajouta-t-il après quelques minutes de silence ampli de ses propres cauchemars. Cependant, je pense que ce serait mieux s'il l'entendait de toi ... Je sais que je t'en demande beaucoup ... Seulement cette fois, je n'y arriverai pas sans toi. Henry n'y arrivera pas sans toi. S'il te plaît, ne le laisse pas comme ça. Je ne veux pas qu'il grandisse avec cette idée qui le ronge à l'intérieur ... Je ne veux pas ... qu'il devienne comme moi ... S'il te plaît, empêche ça.
Elle resserra son étreinte autour de lui et il l'enlaça plus fort, se raccrochant à elle.
- Sauve-le. S'il te plaît, sauve-le. Comme tu m'as sauvé. Avant qu'il ne soit trop tard. Avant qu'il ne soit moi. Sauve-le. Je sais que tu peux le faire. Il n'y a que toi qui puisse le faire.
Elle ferma les yeux, tentant de maintenir ses larmes derrières ses paupières closes. Elle ne pouvait pas croire qu'ils en étaient revenus là. Chuck avait si peur de devenir Bart et au final, c'était elle qui entraînait leur fils dans cette direction.
- Je vais lui parler, assura-t-elle d'une voix un peu tremblante.
Quelques soient ses raisons pour éviter d'aborder l'accident ou de la mort de leur bébé, elles ne tenaient plus. Pas quand l'équilibre et le bonheur d'un autre de ses enfants était en jeu.
Elle avait vaincu la souffrance de la perte mais elle n'avait jamais été au-delà. Elle avait choisi de garder le silence parce que le déni était toujours la solution qu'elle privilégiait. C'était ce qui les avait menés au drame en tout premier lieu. C'était plus facile que de devoir expliquer à leur fils les erreurs qu'elle avait commises dans sa jeunesse.
Elle était pétrifiée à l'idée qu'il découvre un jour que tout ça était arrivé parce qu'elle avait aveuglément voulu vivre son rêve de petite-fille, parce qu'elle avait suivi une chimère. Elle avait abandonné Chuck pour se jeter dans les bras d'un autre et c'était ce qu'elle ne pouvait pas se pardonner.
L'accident, elle n'en n'était pas responsable. Le coupable avait été écroué. La vie fuyante de son enfant, elle ne pouvait pas la retenir. Une autre puissance menait la danse.
Mais, se fiancer avec Louis quand elle savait que son cœur appartenait, appartiendrait toujours, au seul homme qui le faisait battre. Se lier d'amitié avec un pauvre type qui n'avait fait que les manipuler pour les mener à leur perte. Ça ,elle ne parvenait pas à l'accepter.
Comment avait-elle pu être assez stupide un jour que pour croire qu'elle pourrait jamais être heureuse sans Chuck ?
- Je lui parlerai, réitéra-t-elle avec plus de force. Mais Chuck, que les choses soient bien claires. Je sais que tu parlais des douleurs qui t'ont conduit à faire des erreurs et je ne veux pas que notre fils ait jamais à traverser ce que tu as traversé. Cependant, s'il devient seulement la moitié de l'homme que tu es devenu, alors je serai plus qu'honorée d'être sa mère.
Elle caressa sa pommette et embrassa ses lèvres.
Il répondit à son baiser, se noyant dans les sensations qu'elle faisait émerger en lui.
Elle l'avait sauvé d'une vie misérable. Elle sauverait leur fils d'une atroce culpabilité et lui permettrait de réussir la sienne. Aucune femme n'était plus puissante que Blair Waldorf. Aucune n'avait ce don de le rattraper et de le ramener en lieu sûr quand il était au bord du précipice.
Il passa un de ses bras sous les genoux de sa belle et la souleva pour la ramener dans le lit conjugal.
Il avait besoin de sentir sa peau brûlante se frotter contre le sienne. Il était glacé à l'intérieur et seule sa chaleur inondant chacune de ses cellules pourrait réchauffer son corps et son âme meurtrie à jamais.
*****
Para 43
Dimanche 28 juin 2026 : 9h27
Henry Bass ouvrit un œil puis le referma paresseusement. On était dimanche et les vacances d'été commençait demain. Ce qui voulait dire qu'il était libre jusqu'à la rentrée. Plus de cours d'histoire. Il détestait l'histoire ! Plus de Mademoiselle Jacubeck. Plus de Monsieur Grinberg. Et plus de Beverly, non plus !
Il grommela puis se leva, sachant que maintenant que la brunette à la peau cacao avait pris possession de son esprit, elle ne le quitterait plus.
Il passa sous la douche en réfléchissant à ses options. Ils étaient censés partir pour Paris dans trois jours. C'était toujours là qu'ils passaient le mois de juillet. Pour que sa mère puisse orchestrer la semaine de la mode dans la capitale française. Puis ils prenaient en général la direction de Lyon pour aller voir son grand-père Harold et s'isoler un peu du monde extérieur.
Il était en général ravi de passer les deux premières semaines du mois d'août loin du tumulte. Ça le laissait respirer un peu. Sauf que cette année, ça ne l'arrangeait pas du tout.
Lui, qui avait toujours trouvé ça barbant, se prenait à attendre impatiemment la white party de la rentrée dans les Hamptons.
Il ne comprenait pas pourquoi il s'intéressait tout à coup à ce stupide événement que sa mère ne voulait jamais raté, sous aucun prétexte, avant de revenir à Manhattan pour terminer de préparer la fashion week.
Quoi que, il en avait bien une petite idée. Mais pourquoi ne pouvait-il pas penser à autre chose? Il la connaissait depuis toujours. Ils allaient déjà ensemble à la maternelle et ils avaient toujours été amis, depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait. Cependant, l'intérêt qu'il lui portait était tout autre à présent. Il y avait quelque chose de différent.
Elle était pourtant toujours la même fille avec qui il échangeait son déjeuner et partageait ses collations et son jus d'orange. Qui était toujours prête à le suivre n'importe où et l'emmenait où elle voulait.
La première fois qu'il avait posé les yeux sur elle, elle se battait avec Creg Stevenson, qui avait volé le chouchou qui retenait une de ses couettes. Il avait asséné un coup de pied à ce triple idiot et avait récupéré l'élastique coloré qu'elle s'était empressée de repositionner correctement dans sa chevelure.
Elle trouvait ses cheveux bien trop crépus, héritage de sa famille maternelle originaire d'Haïti, mais lui les trouvait très jolis. Il aimait toutes ces petites tresses qu'elle arborait quand elle rentrait de vacance au mois de septembre après être allée visiter sa grand-mère.
Elle les faisait défriser et les lissait, souvent elle les attachait. Lui préférait quand elle les laissait pendre librement sur ses épaules. Elle avait de très jolies épaules aussi. Et de très beaux yeux. Et une main qui correspondait parfaitement à la taille de la sienne.
Sauf que ça faisait bien longtemps qu'elle ne lui donnait plus la main. Apparemment, les filles devenaient bizarres quand elle atteignaient l'âge de douze ans.
Beverly avait décrété qu'elle était amoureuse de Joshua Goldblum. Il ne voyait franchement pas ce qu'elle trouvait à ce pauvre type. Il était grand, certes, mais pas beaucoup plus que lui. A peine cinq centimètres. Il était costaud, mais lui aussi, grâce à la natation qui avait développé sa carrure et au base-ball qu'il pratiquait depuis ses quatre ans.
Et surtout, Josh était un crétin fini ! Il se ventait sans arrêt et passait son temps à fumer derrière les gradins du terrain de sport.
Sérieusement, Beverly pensait que c'était cool de fumer ?
Nan, pas possible. Elle avait toujours dit qu'elle trouvait ça dégouttant. Ce qui aurait dû vouloir dire qu'elle trouvait Josh dégoûtant. Et pourtant pas du tout. Elle n'arrêtait pas de lui rabâcher les oreilles avec le nom de ce gars. Peut-être n'était-elle pas au courant de la pratique à laquelle il s'adonnait ? Mais comment aurait-elle pu l'ignorer ? Toute l'école était au courant.
Il s'habilla, s'interrogeant sur le fait de lui proposer un séance ciné avant qu'il ne quitte New York avec sa famille. Son père serait sûrement d'accord et sa mère ne pourrait pas s'y opposer étant donné ses bons résultats scolaires.
Et puis elle serait plus que ravie qu'il débarrasse le plancher. Son paternel avait beau lui avoir assuré qu'elle ne lui en voulait pas pour sa bourde devant ses sœurs, il n'en restait pas moins qu'elle avait évité de le regarder pendant tout le repas de la veille.
Il croisa les doigts pour que sa mère n'ait pas l'idée de le faire accompagner au cinéma par Dorota et les jumelles. Elle ne semblait pas se rendre compte qu'il n'était plus un gamin et qu'il n'avait plus besoin d'un chaperon à chacun de ses déplacements.
Il entra dans la cuisine préparant déjà des arguments pour refuser la présence des chipies qui ruineraient, sans le moindre doute, tous ces plans avec Beverly, si sa mère les lui imposait. Sans parler des yeux inquisiteurs de leur fidèle femme de ménage. Quoi qu'avec cette dernière, il parvenait souvent à louvoyer pour obtenir un peu de lest.
- Bonjour Henry, le salua gaiement sa mère.
Un peu trop gaiement !
Où était le piège ?
Un regard circulaire lui apprit qu'ils étaient seuls. La table dressée dans le patio n'était mise que pour deux et le silence [Comment avait-il pu manquer le silence qui régnait dans cette maison en l'absence des jumelles ?] agrémentait ce dimanche matin ensoleillé.
L'astre solaire faisait pleuvoir ses rayons par la baie vitrée et sa génitrice avait l'air d'excellente humeur.
Est-ce que cette grossesse serait différente ?
Il roula des yeux au ciel en pensant que son père lui avait dit que la grossesse des jumelles avaient été un rêve à côté de la période où elle l'attendait, lui.
Mon Dieu ! Qu'est-ce que ça devait-être alors ?
- Les filles sont au parc avec ton père, l'informa-t-elle.
Ce qui signifiait en réalité qu'il les avaient emmener prendre le petit déjeuner chez Lily avant et qu'elles auraient l'immense joie de se gaver des gaufres de Rufus. Merci de lui avoir épargné ça !
Il s'attabla à l'ombre, dans la cour intérieure et entreprit de tartiner un toast de beurre de cacahuète en attendant la suite.
Si son paternel l'avait laissé en tête à tête avec sa mère ce n'était pas pour rien. Il avait dû lui transmettre ses excuses comme il le lui avait demandé et elle allait certainement le tancer pour son comportement irréfléchi.
Il attendit mais rien ne vint.
Il mâchouilla son toast en silence en repensant au vieux Monkey qui avait l'habitude de lézarder au soleil un peu plus loin, tentant d'empêcher son esprit de dériver sans arrêt vers Beverly et ce crétin de Josh.
Son meilleur ami avait rendu son dernier souffle au début de l'année. Son père et lui en avait été très affecté, même si aucun ne l'avait démontré avec effusion. Ils savaient tous que le chien ne ferait plus de vieux os mais ce fut tout de même choc et un grand vide, pour eux deux en particulier.
Finalement, sa mère s'assied en face de lui et grappilla quelques framboises et raisins dans son assiette avant de reposer sa fourchette proprement sur sa serviette et de prendre une grande inspiration.
- Ton père m'a transmis tes excuses, entama-t-elle en essayant de calmer les palpitations dans sa poitrine.
- J'aurais dû tourner sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler, reconnut-il.
- Non, le contredit-elle à sa plus grande surprise. Tu ne devrais pas avoir à peser tes mots quand nous sommes entre nous. En fait, c'est plutôt moi qui devrait te présenter des excuses.
Il en resta bouche bée.
Depuis quand Blair Waldorf - Bass s'excusait-elle ?
- J'aurais dû parler du bébé avec toi au lieu de me cacher derrière ton père mais, affronter la réalité n'a jamais été mon fort.
Il fronça les sourcils. De quoi parlait-elle ? Blair Waldorf affrontait toujours tout avec panache et superbe. Elle était de celles qui prenaient leur destin à bras le corps et veillait précisément à ce que tout soit exactement comme elle l'avait décidé.
Gare à celui qui mariait le jaune poussin et le vert canard ou commettait toutes autres fautes de goût.
- Il m'a dit que tu croyais que j'aurais préféré que ton frère vive plutôt que toi, continua-t-elle en priant pour que le tremblement dans sa voix ne s'entende pas trop.
Le cœur d'Henry se contracta à la vue de la peine inscrite sur le visage de sa mère. Elle pouvait être tyrannique mais il n'ignorait pas qu'elle réussissait toujours à cacher ses faiblesses. Elle était parfaite en toutes circonstances. Sauf en cette minute. Et c'était sa faute !
- Je suis désolé, offrit-il.
Il ne savait pas quoi dire d'autre. Il avait bien compris que parler de Bradley était une souffrance pour elle.
- Ce n'est pas le cas, affirma-t-elle, sa voix retrouvant un peu d'autorité. Je n'ai jamais souhaité une seconde que ce soit toi plutôt que Bra...
Elle ne pouvait pas le dire. C'était bien trop difficile de nommer le bébé.
- J'aurais juste voulu vous avoir tous les deux, reprit-elle.
- C'est ce que papa m'a expliqué, oui.
- Et tu le crois ? demanda-t-elle sans détour.
Il fut étonné par sa question.
Bien sûr qu'il croyait son père ! Comment pouvait-elle seulement en douter ? Son père était toujours là pour lui. Il était son complice dans cette maison. Il l'avait toujours été, depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait.
Il ne ratait aucun de ses matchs de base-ball, sauf lorsqu'il était en voyage loin de Manhattan. Il était le premier à l'encourager et à la consoler quand il ratait un point. Il l'emmenait même parfois avec lui à BI. Henry rêvait déjà du jour où il pourrait y travailler avec lui. C'est pour ça qu'il était si assidu dans ses cours.
- Bien ! Parce que c'est la vérité, dit-elle après avoir vu la consternation se peindre sur les traits de leur fils à sa question.
Henry ouvrit la bouche pour demander autre chose mais se rétracta au dernier moment.
- Nous sommes là pour en discuter franchement, alors n'hésite pas, l'encouragea-t-elle malgré sa propre appréhension.
- Est-ce que tu vas là-bas parfois ? A part le jour de l'accident. Comme papa, je veux dire.
- Je n'y suis jamais allée seule, si c'est ça que tu veux savoir. Ton père a bien plus de force et de courage que je n'en n'aurai jamais. Je ne pense pas que je pourrais me tenir à cet endroit sans lui à mes côtés. Mais je pense souvent au bébé. En fait, souvent quand je pose les yeux sur toi, sourit-elle tendrement. Je me demande s'il te ressemblerait. S'il aurait vos yeux ou plutôt les miens. Si vous seriez complices ou rivaux. Parfois, j'imagine toutes ses choses que vous auriez pu faire ensemble si je n'avais pas ...
Elle s'interrompit un bref instant, cherchant un lueur d'accusation dans les iris chocolat de son fils, tellement identique à ceux de l'homme qu'elle aimait, mais elle n'en vit aucune.
- Moi aussi, parfois j'imagine ce que ce serait s'il était là, confia-t-il. C'est pour ça qu'il m'arrive de demander à papa de m'emmener là-bas.
- Si tu veux, tu pourrais venir avec nous chaque année, proposa-t-elle.
- Où alors on pourrait aussi y aller tous les deux, suggéra-t-il. Je ne suis pas papa mais tu pourras t'appuyer sur moi, affirma-t-il avec assurance.
Les larmes lui montèrent aux yeux sans crier gare. Elle posa sa main sur la sienne et comprima ses phalanges.
- Je sais, dit-elle d'une voix où s'entendait les trémolos. Tu es bien plus fort que moi, toi aussi. Tu ressembles tellement à ton père et j'en suis tellement fière.
- C'est vrai ? s'étonna-t-il.
Sa mère complimentait très souvent ses sœurs, mais pas lui. Peut-être parce qu'il allait naturellement vers son géniteur. Apprendre qu'elle trouvait qu'il ressemblait un tant soit peu à son père faisait gonfler son ego au-delà des mots.
- Bien sûr que c'est vrai.
Elle l'embrassa sur le front. Si semblable à Chuck ! pensa-t-elle en souriant.
Elle se leva pour rejoindre la cuisine, elle avait promis à son mari de les rejoindre après leur petite discussion. Elle était censé le libérer de l'emprise de Rufus et de ces satanées gaufres avant que les filles ne se rendent malade à force d'en manger.
A aucun moment, elle n'avait envisager de les effrayer à propos de leur surpoids potentiel comme Eléanor l'avait si souvent fait avec elle quand elle n'était encore qu'une enfant.
- Maman ?
Elle se tourna vers Henry.
- Est-ce que tu sais pourquoi les filles sont parfois tellement aveugles qu'elles ne voient pas ce qu'elles ont juste sous leur nez ?
Le cœur de Blair s'affola tout à coup.
Est-ce que son fils parlait bien de filles ?
C'était encore un bébé !
Quoi que ... non, justement !
Elle se demanda quand il avait grandit si vite. Il deviendrait bientôt un homme, et un homme qui serait plus qu'à moitié celui que son époux était.
- Papa m'a dit que c'est fréquent mais que c'est aux garçons de trouver ce qui permet de leur faire ouvrir les yeux et qu'elles ont souvent besoin de temps. Il faut être patient et ne jamais désespérer. Parce que si deux personnes sont faites l'une pour l'autre, elles finissent toujours par se retrouver.
- Seulement le temps te semble trop long, supposa-t-elle.
- Ma meilleure amie, Beverly, elle s'est enticher d'un minus et pense qu'il est LE prince charmant alors qu'en fait, il en est loin ! Je ne vois vraiment pas ce qu'elle lui trouve. En plus il la traite mal. Seulement si je lui dit ...
- Tu risques de la perdre, devina-t-elle encore.
Finalement sa mère comprenait plus de choses qu'il ne l'aurait cru. Et vu qu'elle était une fille, il était logique qu'elle en connaisse le manuel de fonctionnement, non ?
- Il lui a proposé de l'inviter chez son grand-père, diamantaire en Europe, mais seulement après que Barbara ait refusé. Je ne suis pas certain qu'elle sache qu'il avait d'abord demandé à une autre, mais je ne veux pas être celui qui lui fait de la peine.
- Tu penses qu'elle va y aller ?
- Ça m'étonnerait que ses parents soient d'accord mais le problème n'est pas là. Il lui a offert un diamant, confia-t-il.
Minuscule, mais un diamant tout de même !
Il avait refusé de reconnaître combien ça le contrariait jusqu'ici, mais le dire à haute voix lui fit réaliser à quel point son cœur lui faisait mal quant il y pensait.
- Tu sais, parfois les filles sont attirées par ce qui brille, mais ce n'est que du toc. Et un jour elles le réalisent.
- Ça t'es arrivé ? voulu-t-il savoir.
- Juste avant qu'on ait cet accident, j'étais fiancé au prince de Monaco, avoua-t-elle.
Son fils finirait bien par l'apprendre un jour ou l'autre et elle venait de décider qu'elle préférait que ce soit de sa propre bouche.
- Il avait un vrai château et une vrai courre. Je croyais que ça ferait de moi une vraie princesse, ce qui était techniquement le cas.
Henry fronça les sourcils, il était convaincu que ses parents étaient ensemble depuis toujours. Il avait vu une photo d'eux au mariage de son grand-père Bart avec Lily. C'était comme ça que son père lui avait expliqué qu'il avait deux mères, parce qu'elle l'avait adopté, mais il ne lui avait jamais parlé d'un prince dont sa mère aurait été amoureuse avant lui.
- Mais celui qui me faisait me sentir comme une princesse depuis toujours, c'est ton père, acheva-t-elle. Il savait toujours comment me remonter le moral quand j'étais triste. C'est aussi le seul qui savait comment me faire rire, même quand je pleurais à cause de ton oncle Nate, qui était déjà amoureux de ta tante Serena.
Parce qu'elle avait aussi été amoureuse de son parrain ?
- Avec ton père, je n'ai jamais eu besoin de tricher ou de lui faire croire que j'étais quelqu'un que je n'étais pas réellement. Avec lui je peux être moi, tout simplement. Il m'aime comme je suis, avec mes défauts et mes qualités. Il connaît toutes mes faiblesses, celles que je ne montre à personne d'autre que lui, même pas à vous. Je n'ai pas peur de lui faire voir parce que je sais que je peux avoir confiance en lui. Il me protège, toujours, même contre moi-même quand il le faut.
- Donc, il vaut mieux que je ne dise rien à Beverly pour Barbara, conclut-il.
- Ça dépend. Est-ce qu'elle t'en voudra de ne rien lui avoir dit si tu étais au courant ? Si la situation était inversé, qu'est-ce que tu préférerais ?
- Je voudrais savoir que je peux lui faire confiance, réfléchit-il.
La confiance, c'était quelque chose de très important pour lui.
- Alors, tu sais ce qu'il te reste à faire. Et si tu la perds, tu ne pourras pas te reprocher de ne pas avoir été honnête avec elle. Mais la question la plus importante est : Est-ce que tu lui as déjà fait part de tes sentiments pour elle ?
- Et si elle n'en n'a pas pour moi ? Si elle s'en fiche ? Ou si elle se moque de moi ?
- Je ne vois pas qu'elle fille saine d'esprit pourrait résister au charme d'Henry Bass, mais admettons ! Dans ce cas, si tu tiens vraiment à elle, ce sera à toi de lui faire voir ce qu'elle ne voit pas, comme te l'a conseillé ton père.
- C'est ce qu'il a fait pour que tu tombes amoureuse de lui ?
- Tu sais comment il est quand il a réellement à quelque chose à cœur et qu'il veut l'obtenir à tout prix !
- On ne prend pas un non pour réponse, récita-t-il.
Elle sourit. Tellement semblable à Chuck que c'en était hallucinant !
- Et pour le diamant ? Tu crois que je devrais lui en acheter un plus gros ? Son grand-père est diamantaire, il pourra sans problème surenchérir, rationalisa-t-il.
- Et si tu lui offrais plutôt quelque chose avec lequel il ne peut pas entrer en compétition ?
- Oui, mais quoi ? Les diamants sont les meilleurs amis de femmes, non ?
- Ou est-ce que tu as entendu ça ? rit-elle.
Plus personne n'utilisait cette expression depuis des lustres !
- C'est Josh qui l'a déclaré. Il prétend que n'importe qu'elle fille ferait n'importe quoi pour un minuscule diamant.
katido (02.07.2013 à 19:58)