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Après la pluie

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 16.05.2013 à 22h45
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Et si tout avait été différent ? 500 % Blass avec des pointes de Serenate et un peu de NJBC » katido 

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Charmant, ce gamin  !

- Et bien, laisse-moi te dire que les diamants, c'est surfait. Il y a bien d'autres choses qui font rêver les filles, crois-moi.

- Comme quoi par exemple  ?

- Une place au premier rang pour le défilé Waldorf à Paris  ? hasarda-t-elle.

Le visage de son fils se métamorphosa, éclairé par un sourire plus éblouissant que n'importe quelle pierre précieuse.

- Mais ses parents ne la laisserons jamais venir à Paris toute seule, se renfrogna-t-il aussitôt.

- J'ajouterai une invitation pour eux. Est-ce qu'elle a des frères et sœurs  ? C'est quoi son nom de famille  ?

- Prescott.

- Prescott, comme le Gouverneur  ?

- Mmm, acquiesça-t-il. C'est son grand-père.

- Mais vous étiez déjà ensemble en maternelle, se souvint-elle en visualisant mentalement la jolie petite métisse pour qui il emportait toujours un deuxième goûter.

- Mmm, acquiesça-t-il à nouveau, les yeux toujours exorbités par l'excitation d'avoir la possibilité de faire grande impression sur Beverly.

- Je vais leur envoyer des invitations et qui sait, peut-être qu'ils pourraient rester quelques jours  ? A ce que je sache le fils du gouverneur aime faire des placements financiers, peut-être qu'il serait intéressé à parler affaires avec ton père et pourquoi pas faire partie du conseil d'administration de BI  ?

Le vieux Harrington venait justement de casser sa pipe et Chuck cherchait quelqu'un pour prendre son siège. Avoir le fils d'un gouverneur dans son équipe ne pourrait qu'être bon pour obtenir rapidement les futures autorisations de projets  ! Ça tombait à pic.

Cette fois les pupilles de son fils s'écarquillèrent carrément.

- Il faudra bien sûr d'abord que j'en parle avec lui, l'avertit-elle.

- Bien sûr, répéta-t-il avec évidence.

- Maintenant, on devrait se hâter car j'ai convenu avec ton père que je ne le laisserais pas trop longtemps seul, livré à Rufus et à ses gaufres.

Henry sauta sur ses pieds et fut à la porte avant qu'elle n'ait eu le temps de prendre son sac.

*****

 


katido  (02.07.2013 à 19:59)

 

Para 44

Jeudi 2 juillet 2026 : 14h58

Les doigts de Chuck se refermèrent sur ceux de Blair pendant que le professeur Lockwood appliquait le gel sur son abdomen encore plat.

Le spécialiste posa la sonde sur la peau de la future maman et l'image apparue, dévoilant leur enfant qui croissait au creux de ses entrailles.

Cela faisait toujours autant d'effet au couple. Une nouvelle vie qui progressait lentement. Pleine d'espoir des joies à venir et des difficultés potentielles à surmontées pour accéder à un bonheur encore plus intense.

- A première vue, il n'y en a qu'un, indiqua le médecin. Je soupçonne un garçon, mais à confirmer car il se cache un peu, le petit coquin.

Les parents apprécièrent la nouvelle avec quelque soulagement et Blair vit Chuck se rengorger à l'idée d'avoir un autre fils.

Non pas qu'il n'était pas en totale adoration devant leurs filles, mais un autre mâle établirait un équilibre parfait au sein de leur famille.

L'obstétricien fit glisser l'embout d'un côté à l'autre pour vérifier la bonne formation du fœtus et le placenta.

- Tout est parfait, continua-t-il. La conception semble remontée aux alentours du six mai d'après les mesures. Ce qui place le terme de votre grossesse au premier février. Nous fixerons la date présumée de la césarienne avec ma secrétaire à votre prochain rendez-vous quand vous rentrez d'Europe. Vous avez le nom d'un de mes confrères là-bas ?

Ils avaient repoussé leur départ de quelques jours pour avoir l'opportunité d'annoncer la bonne nouvelle à tout de monde après l'examen médical.

Eléanor avait déjà reprit du collier et orchestrait le prochain défilé Waldorf que Blair n'aurait plus qu'à peaufiner à leur arrivée. Cette dernière embaucherait une nouvelle assistante dés la rentrée pour l'aider à la gestion de WD.

Elle espérait bien que cette grossesse se passerait aussi bien médicalement parlant que pour les jumelles. A priori, elle devrait même être plus facile puisqu'il n'y avait qu'un embryon. Ainsi elle pourrait la mener de front avec son emploi.

Après tout, elle était Blair Waldorf, la reine de l'organisation.

- Le professeur Berger, de l'Hôpital Américain de Paris, informa-t-elle le spécialiste.

Ce dernier hocha la tête en signe d'assentiment.

- Très bon choix, affirma-t-il. S'il y a quoi que ce soit, n'hésitez pas à lui dire de prendre contact avec moi. Je vais lui transmettre l'historique de votre dossier ainsi il n'aura pas de surprise, il saura ce qu'il faut surveiller et s'il y a nécessité de vous prendre en charge pour prévenir toute complication.

Le couple acquiesça à l'unisson alors que l'image disparaissait pour laisser place à un écran noir.

- Prêts pour les battements cardiaques  ? questionna le professeur Lockwood en manipulant la manette de l'appareil médical.

Un nouveau signe de tête affirmatif des parents et le son emplit l'espace du cabinet en même temps qu'il se frayait un chemin jusqu'à leurs cœurs.

Blair ne se lasserait jamais d'entre ce bruit qui témoignait de la vie qui grandissait en elle. Il était imprimé dans son cerveau et préprogrammé dans ses trompes d'Eustache pour libérer des endorphines dans son système nerveux.

*****


katido  (03.07.2013 à 18:35)

 

Jeudi 2 juillet 2026 : 17h32

La limousine se stoppa devant la demeure des Bass et Arthur ouvrit la portière à la brune incendiaire qui avait le don de rendre chèvre le jeune homme qu'il connaissait depuis l'enfance.

Aucune autre personne n'avait le don de le faire sortir de ses gonds de la sorte et de faire redescendre la pression du sang qui bouillonnait dans ses veines aussi rapidement que le lait qu'on retire du feu.

Le chauffeur se chargea des innombrables paquets qu'ils avaient amassés après qu'elle ait décrété qu'ils avaient besoin de visiter chaque enseigne luxueuse de la cinquième avenue.

Il avait sourit, complice, quand son employeur avait roulé des yeux au ciel derrière le dos de sa femme comme elle expliquait avec véhémence qu'elle avait besoin de refaire sa garde-robe en prévision de ses rondeurs à venir.

Rien de ce qu'elle avait acheté ne pourrait plus lui être d'aucune utilité quand les formes de sa grossesse seraient visibles, l'employé silencieux pouvait en mettre sa main au feu.

Son patron avait néanmoins docilement accompagné son épouse (avait-il vraiment le choix?) dans les boutiques hors de prix pendant deux heures avant de lui donner l'ordre de les ramener au bercail.

Chuck et Blair passèrent la porte de la maison familiale pratiquement en même temps que leur fils aîné.

- Alors cette séance  ? Le film était bien  ? demanda-t-elle innocemment.

Henry jeta un regard circonspect à son paternel qui lui répondit par un signe d'impuissance tout aussi discret.

D'accord sa mère et lui avait eu une discussion fructueuse et il était très content d'avoir découvert, ou redécouvert, que le courant passait bien entre eux et qu'elle pouvait comprendre et le conseiller dans un tas de domaine tout comme le faisait son père.

Mais était-elle obligée de faire tout un plat d'une simple sortie cinéma  ?

Ce n'était pas réellement une «  simple sortie cinéma  » concéda-t-il mais fallait-il qu'elle mette en exergue son attirance et son affection profonde pour Beverly de cette manière  ?

Son père était bien plus subtil  ! Il ne voulait pas savoir chaque détail, il le laissait venir à lui quand l'adolescent en avait envie ou besoin.

- Est-ce que ta petite...

- Beverly n'est pas ma petite-amie  ! se défendit Henry.

Si semblable à Chuck que c'en était parfois effrayant  !

- Du moins pas encore, corrigea-t-il. Pour l'instant nous sommes juste amis, rien de plus. Elle veut d'abord mettre les choses au point avec Josh.

Il fit une grimace, le dernier mot faisant naître un goût un peu amer dans sa bouche.

- Bon point, remarqua son père.

Non, c'est pas vrai  ! Il n'allait pas s'y mettre aussi  !

Henry leva les yeux sur Chuck qui lui adressa un clin d’œil.

Son père avait raison, mieux valait temporiser, sinon elle allait le harceler jusqu'à ce qu'elle sache ce qu'elle voulait savoir.

- En tout cas, ses parents ont hautement apprécié l'invitation à la semaine de la mode et s'ils n'ont pas encore répondu, c'est parce qu'ils doivent annuler leur projet initial pour pouvoir se rendre à Paris aux bonnes dates. Son père avait des vues d'investissements dans une multinationale qui à son siège principal en Sardaigne mais finalement, il préfère y réfléchir encore un peu. Ils écourteront donc leurs vacances en Italie pour rejoindre la France.

Blair lança un regard significatif à son époux par dessus l'épaule de leur fils.

Elle avait raison quand elle disait que John Prescott serait intéressé à acquérir des stock-options de BI.

Elle avait également raison quand elle disait que l'homme serait une bonne opportunité pour l'entreprise. Avoir quelqu'un proche du gouverneur ne pouvait qu'être favorable aux développements futurs de la société.

- Et vous, alors  ? s'enquit à son tour l'adolescent.

Par pitié, dites-moi que ce ne sont pas des jumelles, implora-t-il en silence.

- La naissance est prévue début février. Le médecin pense que c'est un garçon, révéla Chuck avec le petit rictus ironique qui le caractérisait si bien.

- YES  ! s'exclama leur fils avec la même expression peinte sur ses traits.

Un peu de testostérone supplémentaire ne serait pas de trop dans cette maison pour compenser l'hystérie féminine qui y régnait trop souvent.

Blair roula des yeux au ciel comme leur aîné quittait le salon.

Elle n'était cependant pas mécontente que ce soit un garçon elle non plus. Les coins de sa bouche s'étirèrent vers le haut comme elle repensait à la complicité qui unissait les hommes de son cœur.

Chuck, lui, était aux anges. Non seulement Blair voulait poursuivre cette grossesse mais en plus c'était un p'tit gars. Sans omettre que sa femme et Henry avaient enfin réussi à dépasser leur non-dit, ce qui se soldait par une épouse ravie d'avoir réussi à rétablir une relation stable avec lui avant que le bébé ne débarque et chamboule encore une fois leur vie et un adolescent pleinement heureux et épanoui.

Il avait été soulagé au-delà des mots quand ils les avaient rejoints au parc après qu'il ait laissé le soin à Blair d'apaiser les angoisses de son fils.

A bien y réfléchir, c'était surtout les siennes qui avaient repris le dessus.

*****


katido  (03.07.2013 à 18:36)

 

Dimanche 28 juin 2026 : 13h07

Chuck observa sa femme et leur fils s'avancer en riant dans l'allée qui bordait la pleine de jeu alors qu'il poussait ses filles sur les balançoires.

Il sut que son cœur pouvait enfin cesser de frémir à cette vision.

Il avait quitté Lily envions une heure plus tôt. Les jumelles ne mangeraient certainement plus rien jusqu'au soir tant elles s'étaient empiffrées des gaufres de Rufus.

Elles étaient les seules Bass à les apprécier autant  ! Henry en raffolait aussi jusqu'à ses sept ans. Jusqu'à ce qu'il en mange tant, un soir où il dormait chez leur grand-mère, avec Will, que cela s'était soldé par une indigestion et que son estomac le mettait en garde à la simple vision de la pâte cuite.

Sa mère adoptive avait bien vu que quelque chose perturbait le jeune père et s'était naturellement arrangée pour se retrouver avec lui entre quatre yeux.

Il s'était ouvert à elle de l'interrogation d'Henry la veille et elle l'avait rassuré de son mieux, comprenant immédiatement que ça le renvoyait à ses propres souffrances d'antan.

Mais, malgré toute la tendresse et le talent de Lily à l'atteindre profondément en lui, elle n'avait pas été capable de calmer l'angoisse qui l'étreignait depuis qu'il avait entendu ses pensées les plus tortueuses vocalisées par son fils.

Ses mots, qui avaient rebondi tant de fois contre les parois de son crâne alors qu'il n'était encore lui-même qu'un petit garçon, avaient ramené à la surface les turpitudes lancinantes qui avaient possédé son âme et son esprit à la même époque.

La hantise de voir un jour Henry être aussi malheureux qu'il ne l'avait été s'éloigna au fur et à mesure que sa femme et son fils se rapprochaient de l'aire de jeu.

En cet instant, il était évident que son garçon ne connaîtrait jamais les affres de cette douleur. Il n'avait plus à avoir peur que l'adolescent ne reproduise ses erreurs.

Blair avait su faire face à ses propres démons pour s'en assurer. Il n'avait jamais douter d'elle par ailleurs, pas quand ça concernait le bien-être d'un de leurs enfants. Elle était la femme la plus puissante qu'il ait jamais connue. Elle avait en elle bien plus de force qu'elle ne le soupçonnait. Et il savait de quoi elle était capable par amour, il en avait bénéficié plus qu'à son tour.

Chuck la regarda s'avancer encore, son bras passé dans celui d'Henry. Elle était magnifique. De plus en plus ravissante à chaque fois qu'il posait les yeux sur elle. Il se demanda comment elle faisait pour être toujours aussi sublime.

Ses iris noisette croisèrent les siens et y restèrent logés comme elle comblait à présent la distance qui la séparait encore de lui.

Heureusement pour elle, elle était accrochée au bras de leur fils. Car elle ignorait comment elle aurait fait dans le cas contraire pour parcourir les quelques mètres jusqu'à lui avec ses prunelles sombres, brûlantes de tout l'amour et de toute la passion qu'elle lui inspirait, plantées dans les siennes.

- Je m'en occupe, déclara le jeune garçon quand ils arrivèrent à hauteur de son père, en désignant ses petites sœurs qui riaient aux éclats en virevoltants dans les airs à chacune de ses poussées énergiques.

Chuck détacha ses yeux de sa merveilleuse épouse pour adresser un petit signe de tête reconnaissant à leur rejeton.

Il put déchiffrer une gratitude infinie dans ceux d'Henry, si identiques aux siens.

Ses parents s'éloignèrent un peu, pour sortir du champs de la plaine de jeu et firent quelques pas sur le chemin par lequel il venait d'arriver avec sa mère. Henry les observa le cœur léger. Il connaissait pertinemment leur réputation, qui faisait trembler dans l'UES et il en était très fier. Peu de gens osaient s'opposer à leurs désidératas.

S'il avait raconté à qui que ce soit, hormis leur famille et amis très proches, combien ils étaient fous l'un de l'autre et capable d'une abnégation sans égal pour ceux qu'ils aimaient, personne ne l'aurait cru.

Ça lui allait plutôt bien. C'était un honneur d'être un Bass et il comptait bien ne jamais rien faire qui puisse porter préjudice à leur nom et faire perdurer la mascarade tant qu'il serait là.

- Tu t'es trompé, glissa Blair à son oreille.

Chuck la dévisagea sans comprendre.

- Ton fils n'avait pas besoin que je le sauve. Parce qu'il n'a jamais été en danger ... grâce à toi, confia-t-elle.

Elle resserra ses phalanges autour de son poignet, son coude dans le creux du sien.

- Il n'a aucune raison de mettre ta parole en doute et quand tu lui as signifié qu'il était impossible que l'un de nous choisisse entre nos enfants, il t'a cru. Il n'avait nul besoin que je le rassure en sus en lui confirmant tes dires.

Elle lui décocha un sourire éblouissant qui ne fit qu'augmenter le nombres des papillons qui voletaient dans son estomac.

Son cœur se gonfla d'orgueil aux mots qu'elles venaient de prononcer.

Leur fils avait confiance en lui, assez confiance pour le croire sur parole sans se poser la moindre question à ce propos.

Il avait oublié cette donnée de l'équation quand le spectre de son enfance avait étendu ses tentacules jusqu'à ligoter sa raison.

- Néanmoins, reprit sa femme, je suis ravie que tu m'aies incitée à lui dévoiler ce que j'avais sur la conscience.

Chuck couvrit ses phalanges de sa paume.

- Je ne me sens plus coupable d'avoir perdu le bébé depuis très longtemps, avoua-t-elle. Même si je n'imagine pas être capable de me tenir un jour devant l'endroit où notre vie a basculée,  sans toi pour tenir ma main.

Elle releva la tête pour planter à nouveau son regard dans le sien.

- Ce que je redoutais le plus, c'est qu'Henry n'apprenne ce que je t'ai fait à toi, murmura-t-elle.

- Blair ...

- Non, laisse-moi finir s'il te plaît. J'ai besoin d'aller au bout de tout ça. Pas seulement avec lui, mais aussi avec toi.

Il acquiesça doucement et agrippa ses doigts plus fort.

- Je lui ai raconté pour mes fiançailles avec Louis, haleta-t-elle un peu.

Le cœur de Chuck lui fit mal à ce simple souvenir.

- J'appréhendais qu'il ne l'apprenne par quelqu'un d'autre.

Il arqua un sourcil.

Il avait bien entendu fait passer le mot  dans tous l'UES et personne n'oserait souffler mot de cette brève aventure, du moins pas en publique, se figura-t-elle.

Mais tous les jeunes adolescents n'intégreraient pas forcément toutes les conséquences qu'impliquaient de se dérober à la volonté de Chuck Bass et elle entendait bien qu'aucun ne heurte son fils en lui révélant ses propres erreurs.

- Je lui ai expliqué que j'avais perdu fois en nous et c'est ce qui m'était le plus difficile, reprit-elle. Je n'aurais jamais dû te laisser me convaincre qu'il était ce que j'avais toujours voulu. Pas quand je savais que ce n'était pas vrai. J'aurais dû me battre contre toi. Pour toi. Je t'ai dit que je voulais d'abord être Blair Waldorf avant d'être la petite-amie de Chuck Bass ce soir là, au bal des Saints et des Pécheurs. Et qu'est-ce que j'ai fait  ? Je suis devenue la petite-amie du prince de Monaco  !

Elle secoua la tête de droite et de gauche, ses larmes chatouillant dangereusement le bord de ses cils.

- Je savais que je ne pouvais pas vivre sans toi mais je me suis entêtée, comme je l'avais fait de nombreuses fois avant. Parce que j'avais peur de me perdre en toi. Je craignais de ne plus pouvoir nous dissocier l'un de l'autre tellement notre amour et notre relation sont fusionnels. Mais je me trompais. Je me trompais parce que, je ne suis pas Blair Waldorf sans toi.

Elle caressa sa pommette de sa main libre puis dénoua leurs phalanges pour les poser le long de la ligne de sa mâchoire, de chaque côté de son visage.

- Je ne suis complète que quand tu m'aimes, chuchota-t-elle contre sa bouche avant de l'embrasser passionnément.

Des cris d'enfants résonnèrent depuis la plaine de jeux à la vue des deux amoureux qui s'embrassaient et Blair relâcha ses lèvres à contre cœur.

- On devrait s'arrêter avant de déclencher une émeute et que quelqu'un n'appelle la police, rit-elle entre ses larmes.

- Tu ne perds rien pour attendre, tu le sais ça, n'est-ce pas  ? souffla-t-il d'une voix rauque contre le lobe de son oreille.

Elle frissonna par anticipation.

- Papa  ! Maman  ! entendirent-ils se plaindre Henry.

Ses parents ne pouvaient pas se tenir un minimum  ? Il semblait qu'eux aient oublié que les Bass avait une certaine réputation à tenir  !

- Merci, marmonna Blair.

- Oh  ! Mais tout le plaisir sera pour moi  ! lui assura-t-il en la dévorant des yeux.

- Je ne parlais pas ce soir, dit-elle en lui assénant une tape sur l'épaule.

- Hé  ! Fais attention. On nous regarde et je pourrais porter plainte. J'ai des témoins, plaisanta-t-il en désignant tous les gnomes qui continuaient à les épier.

- Je parle d'Henry, clarifia-t-elle. Je n'aurai jamais pu me rapprocher autant de lui sans notre petite conversation de ce matin. Et encore une fois, c'est grâce à toi.

- Je suis content que vous vous soyez rapprochés comme avant, affirma-t-il même si ça lui faisait perdre le monopole parental auprès leur fils.

- Oui, j'ai baissé ma garde et je lui ai laissé entrevoir mes erreurs. J'avais peur qu'il ne m'en veuille parce que je sais à quel point il te porte aux nues mais en fait, j'ai l'impression d'avoir retrouver mon bébé. ... Même si c'est juste pour l'aider à convaincre une autre de me le voler, bougonna-t-elle après un instant.

- Il t'a parlé de Beverly  ? devina-t-il.

- Oui, d'ailleurs, il faut que je te parle à ce sujet.

Il vit scintiller dans ses prunelles chocolat la petite flamme de la machination qui entraînait déjà les rouages dans sa jolie petite tête.

Oh  ! Dieu  ! Qu'il aimait cette femme  ! Avec elle, impossible de s'ennuyer une seule seconde.

- Je suis toute ouïe, déclara-t-il, un sourire carnassier ayant pris place sur ses traits parfaits.

*****


katido  (03.07.2013 à 18:38)

 

Jeudi 2 juillet 2026 : 17h56

Henry et fut accueilli sur la palier par les cris de ses sœurs qui l'assaillirent également de questions sur sa disparition de l'après-midi.

Elles avaient été révoltées quand leur mère avait rejeté leur requête pour accompagner leur frère au cinéma.

C'était profondément injuste  ! Il avait le droit de sortir avec ses amis et d'aller voir un film pendant qu'elles étaient confinées à la maison sous la haute surveillance de Dorota.

- Vous ne voulez pas savoir ce qu'à dit le docteur  ? interrogea-t-il adroitement pour les orienter sur un sujet autre que sa vie amoureuse, même si les fillettes n'en n'avaient aucune idée encore.

- Papa et maman sont revenus  ? s'exalta immédiatement Lisa.

Lola n'attendit pas et dégringola les marches pour rejoindre leurs parents. Elle était impatiente de voir à quoi ressemblait le bébé.

Elles avaient eu l'occasion de voir et de revoir leur livre de naissance depuis qu'ils leur avaient fait la grande annonce mais là, il était encore dans le ventre de leur maman et elle devrait attendre encore de longs mois avant de le voir pour de vrai. C'était toute la différence.

Henry chemina tranquillement jusqu'à sa chambre et referma soigneusement la porte, avant de consulter son BlackBerry au cas où une certaine jeune-fille à la peau chocolat aurait eu l'idée de lui envoyer un texto qui confirmerait qu'elle avait bien mis un terme à sa soi-disant amourette avec ce pauvre nullard-vantard de Joshua Goldblum.

*****

 


katido  (03.07.2013 à 18:39)

 

Para 45

Vendredi 23 octobre 2026 : 23h54

Chuck s'écroula dans leur lit auprès de sa femme, déjà allongée dans une nuisette parme bordée de dentelles qui la rendait outrageusement sexy pour une femme enceinte de presque six mois.

Le professeur Lockwood avait confirmé que ce serait un garçon et il avait fait sertir un nouveau rubis au centre de sa chevalière, en même temps qu'il avait fait ajouter un cœur au bracelet d'argent de la plus belle de toutes les femmes qu'il ait jamais vu.

Il posa sa tête dans le creux de son épaule et embrassa le haut de son sein gauche dont le volume avait déjà pratiquement doublé, ce qui était loin de lui déplaire, évidemment.

Elle sentit la fièvre s'emparer d'elle au contact de ses lèvres chaudes sur sa peau nue.

Quatre jours sans lui étaient un véritable supplice mais elle se raisonnait en se remémorant qu'elle avait échappé à une traversée du désert de nonante jours consécutifs.

Elle répondit à ses baisers par des caresses sensuelles et se laissa emporter par les sensations qu'il faisait naître en elle.

*****


katido  (04.07.2013 à 21:33)

 

Samedi 24 octobre 2026 : 1h28

- Désolée de t'avoir imposé ce repas un soir de retour, s'excusa-t-elle dans le creux de son cou.

Il était exténué. Il faisait des voyages incessants entre New York et Bali pour superviser le projet qu'il avait confié à Éric.

C'est ce dernier qui s'était expatrié là-bas pour trois mois complets afin de le gérer au mieux. Cependant, il ne travaillait à BI que depuis un peu plus de deux ans et la présence de Chuck était absolument nécessaire pour mener à bien les négociations avec les autorités locales, ce qui occasionnait bien souvent une rallonge en bakchich, indispensable à la signature des personnalités politiques à tous niveaux.

Pas étonnant qu'ils fassent perdurer les travaux et les obtentions des permis en tous genres.

- Il fallait bien qu'on case un dîner avec les Prescott. On ne les a pas revus depuis cet été. Et le sourire sur le visage d'Henry valait bien le détour, marmonna-t-il contre son épaule délicieuse, sa main reposant sur le ventre arrondi qui contenait leur progéniture.

Il n'avait pas pu suivre les séances d'haptonomie comme pour Henry et les jumelles mais il utilisait ce qu'il avait appris pour entrer en contact avec leur dernier enfant à travers la paroi utérine et ça fonctionnait plutôt bien.

Le bébé répondait à ses demandes lorsqu'il positionnait sa paume sur la peau tendue de l'abdomen de Blair.

- Il n'était pas le seul à apprécier, fit-elle remarquer en songeant au visage illuminé de la jeune fille à leur table ce soir.

- J'aime bien cette gamine, approuva Chuck.

- Et tu aimes aussi que John ait choisi d'investir dans les stock-options de BI au lieu de cette entreprise italienne et qu'il se rallie à ton opinion quasiment à chaque réunion du conseil.

- Un homme avisé, reconnut-il avec le rictus estampillé «  Chuck Bass  » au coin des lèvres.

Elle caressa ses pectoraux et obtint un petit gémissement de plaisir de sa part.

- Est-ce que tu veux un massage spécial  pour les personnes surmenées ? glissa-t-elle en léchant sensuellement un point dans son cou, juste sous le lobe de son oreille, ce qui le fit frissonner.

Elle allait le tuer  ! Pour de bon, elle allait le tuer  !

Sa libido était à nouveau décuplée par sa grossesse et elle était absolument insatiable.

Elle l'attira à elle en se décalant sur le côté pour qu'il roule sur son ventre et passa un jambe par dessus les siennes pour s'asseoir à califourchon sur lui tout en laissant reposer son petit bedon dans le creux de ses reins.

Elle entreprit ensuite de parcourir son dos de ses doigts agiles et avides de lui. (tout comme le reste de chacune de ses fibres)

Il sourit en plongeant dans ses souvenirs tandis qu'elle faisait de même.

*****


katido  (04.07.2013 à 21:34)

 

Samedi 15 février 2020 : 10h10

Blair inspira profondément au travers du tissu éponge qui couvrait son visage et dégageait un arôme délicat de jasmin et expira lentement, tentant de se détendre le plus possible quand elle était à des heures de routes de ses enfants.

Et si les rougeurs de Lisa réapparaissaient  ?

Chuck avait-il bien mis la pommade adéquate dans le sac qu'il avait préparé avant d'emmener leur fille aînée chez Lily  ?

Oui. Et si ce n'était pas le cas, Dorota veillait au grain, se rassura-t-elle un peu.

Est-ce que les filles supporteraient d'être séparée l'une de l'autre pendant quarante huit heures en plus d'être séparée d'elle  ?

Qu'elle idée Chuck avait eu de lui imposer ce week-end spa dans les Hamptons  !

Bon, c'est vrai, elle était légèrement sur les nerfs et elle l'avait pratiquement éborgné en jetant une de ses chaussures contre le murs du dressing.

Mais c'était sa faute aussi. Pourquoi était-il aussi silencieux quand il se déplaçait dans la maison  ?

«  Pour ne pas réveiller les filles quand elles ont la bonté de bien vouloir fermer un œil toutes les deux en même temps  » avait-il rétorqué.

Il marquait un point. Et peut-être qu'elle était un peu plus à cran qu'elle ne le pensait.

Après l'avoir trouvée en pleurs assise par terre dans la salle de bain, il ne lui avait pas laisser le choix et avait pris les choses en mains, malgré ses protestations énergiques et ses menaces de demander le divorce s'il osait jamais l'éloigner de ses enfants pendant deux jours entiers.

S'en était suivie une horrible dispute pendant laquelle elle lui avait dit des tas de choses atroces et pour le coup, ne ne l'avait pas raté avec son autre Stiletto toute neuve, qu'elle ne parvenait pas à fermer à cause du poids de la grossesse des filles qu'elle n'avait pas encore totalement perdu et de l'abominable cicatrice qui la tiraillait toujours un peu quand elle faisait un effort trop important.

Et ça lui demandait un effort physique plus qu'important de se contorsionner pour atteindre sa cheville et essayer d'attacher la lanière par elle-même pendant des minutes interminables. Ce qu'elle n'avait pas réussi manifestement  ! Et ce, malgré plusieurs essais, tous restés infructueux.

Et tout ça, c'était sa faute à lui  !

C'était ses spermatozoïdes sur-prolifiques qui lui avaient permis de se reproduire deux fois en une seule  !

Typiquement Chuck Bass  !

Elle ignora délibérément ses cours de biologie qui lui soufflaient que des jumelles monozygotes étaient le résultat de la division cellulaire de l'ovule déjà fécondé pour se concentrer sur les griefs qu'elle avait à l'encontre de son tortionnaire de mari.

Il avait eu l'audace de suggérer qu'elle pourrait porter ses Louboutin du début de saison avec la robe Givenchy qu'elle avait achetée mais dont la fermeture éclaire refusait de coopérer.

Son corps, encore boudiné et déformé après avoir été délivré de ses filles, si mince autrefois, souffrait atrocement dans le corset alors que la tirette n'était même pas remontée.

Ah  ! C'est sur que celui de son mari était parfaitement sculpté lui !

Étant donné les heures qu'il passait à faire le joli cœur au bord du bassin quand il emmenait leur fils à la piscine tous les samedis matin.

Inutile de se lamenter sur les valises qu'elle trimbalaient sous ses yeux à force de nuits sans sommeil. Même le meilleur des fonds de teint était incapable de camoufler un tel massacre.

Comment était-elle supposée être une femme éblouissante à la réception de Saint-Valentin que l'association d'Anne Archibald organisait dans ces conditions  ?

Elle ne se sentait même plus femme.

Elle ne se sentait plus rien.

Elle n'était ni à la hauteur en tant que femme.

Combien de temps avant que Chuck ne soit dégoutté par son corps autant qu'elle ne l'était  ?

Ni en tant que mère.

Elle ne réussissait même pas à gérer les nuits des filles. Elles avaient pratiquement cinq mois et ne dormaient toujours pas d'une traite du soir au matin. Ils n'avaient pas eu une nuit correcte depuis sa sortie de la maternité.

Henry avait passé ses nuits à trois mois.

Heureusement que Chuck la relayait maintenant qu'elle tirait son lait ainsi elle pouvait dormir une nuit sur deux.

Elle se mordilla la lèvre inférieure.

Pourvu qu'elle ne l'ait pas sérieusement blessé avec le talon aiguisé de ses sandales.

La culpabilité l'envahit encore plus en repensant à la scène d'hystérie qu'elle avait faite avant de quitter Manhattan.

Il avait été obligé de la jetée sur son épaule et de sommer Arthur de verrouiller les portes de la limo tandis qu'ils venaient de déposer Henry chez Ève et Bart.

A l'heure qu'il était la mère biologique de Chuck devait la prendre pour une véritable folle et regrettait certainement de lui avoir confié son fils, à l'instar de sa mère adoptive qui avait dû batailler avec elle pour qu'elle la laisse emmener sa fille aînée faire une sieste dans l'ancienne chambre de Serena, transformée en nursery.

Sa propre mère l'avait jetée hors de son penthouse tandis qu'elle sanglotait toutes les larmes de son corps et que Cyrus berçait tendrement Lola en lui chantant une berceuse yiddish à l'étage. Sa chambre était également devenue une nursery pour les visites occasionnelles de leurs petits-enfants.

Maintenant que la crise était passée et qu'elle avait laisser sortir toute sa colère et tout son désespoir à son corps défendant, elle se sentait honteuse. Elle n'oserait plus jamais affronter le regard acier de Bart après pareille attitude.

Nate et Serena avaient échappé au massacre car ils étaient en week-end à Rome pour la fête des amoureux, tandis que William était chez Anne et Howard.

Elle repensa aux excuses répétées de Chuck à leurs parents alors qu'il ruinait les plans de Saint Valentin de chacun pour réussir à lui faire quitter la ville sans leurs enfants pendant deux jours, sur les conseils de leur thérapeute qui lui avait recommandé de prendre un peu de recul pour se reposer et prendre soin d'elle-même.

C'était il y a un mois et elle n'avait rien écouté, entêtée comme à son habitude. Elle devait pourtant reconnaître que ce n'était pas si mal. Une bonne partie de sa tension nerveuse évacuée, les contractures de ses membres s'étaient fait pleinement ressentir.

Elle avait donc consenti à se faire masser et venait de décider à l'instant qu'elle allait profité de ce week-end spa où elle avait été traînée, forcée et contrainte.

Puisqu'elle était là, autant essayé d'en retirer quelques bénéfices.

Le bain de boue aux algues brunes dans lequel elle avait été plongée pendant trente minutes, son premier soin du matin, avait fait des merveilles sur le grain de sa peau.

Elle respira une nouvelle fois l'odeur de jasmin, remplissant ses poumons à saturation avant de souffler lentement par la bouche en attendant Kriss, le masseur Suédois qui lui était attitré à chaque fois qu'elles venaient ici s'offrir un week-end entre filles avec Serena.

C'était il y a au moins un million d'années.

La porte s'ouvrit et elle entendit Kriss s'approcher de la table de massage après avoir ponctionné un peu de lotion pour oindre son corps, qui en avait manifestement bien besoin après délibération.

Peut-être qu'elle permettrait à Chuck de partager sa chambre cette nuit.

La veille, en arrivant, après avoir rouler jusqu'aux Hamptons pendant tout le reste de l'après-midi - Voyage qu'elle avait passé à l'insulter de tous les noms d'oiseaux qui lui venaient à l'esprit et qu'elle avait inventés quand elle avait eu épuisé tout le vocabulaire grivois qu'elle connaissait, ce qui n'était pas peu dire - il avait eu l'intelligence de prendre deux suites. Elle ne l'avait pas revu depuis. Elle n'était même pas certaine qu'il soit encore là.

Elle avait rouler des yeux au ciel, exaspérée, quand elle avait noté Arthur appuyé non nonchalamment contre le mur, au bout couloir qui donnait sur sa porte.

Non, mais, sérieusement  ?!

Est-ce que son mari avait si peu confiance en elle qu'il la faisait surveiller par leur chauffeur de peur qu'elle ne cherche à rentrer à Manhattan en pleine nuit  par ses propres moyens ?

Tant qu'il y était pourquoi pas payé tout l'hôtel pour lui rapporter ses moindres faits et gestes.

Ce qu'il avait fait sans le moindre doute  possible !

Le matin, elle n'avait pas vu Arthur et le programme de ses soins était placé sur le plateau de son petit déjeuner. Elle ne s'était pas aperçue qu'elle avait si faim et avait mordu dans les morceaux de fruits frais, joliment disposés sur une assiette, avec délice.

Les mains de Kriss se posèrent finalement sur son dos, la tirant de ses réflexions, propageant une onde de chaleur sur sa peau. Elles massèrent un peu ses trapèzes et ses rhomboïdes, relâchant ses muscles endoloris, puis modelèrent sa colonne vertébrale de haut en bas.

Trop bas,  ! Bien trop bas  !

Et depuis quand les mains de Kriss provoquaient une telle réaction cutanée de sa part  ?

Elle réalisa qu'elle reconnaîtrait ses mains entre milles et ce n'étaient pas celles d'un masseur Suédois  !

Quel espèce de bâtard  !

S'il croyait qu'il allait s'en sortir comme ça, il se fourrait le doigt dans l’œil.

Elle grimaça, le souvenir de son Stiletto le heurtant en plaine face revenant à sa mémoire.

Pourvu qu'elle n'ait pas trop amoché son beau visage.

Bâtard  !

Non, elle ne céderait pas à l'urgence qui lui commandait de vérifier les dégâts qu'elle avait pu occasionnés.

Mais sa rancune fondit comme neige au soleil quand ses lèvres se joignirent à ses phalanges pour se promener sur sa peau frémissante.

Elle tenta de résister le plus longtemps possible mais ce fut carrément impossible quand son souffle caressa la base de sa nuque et que ses doigts s'insinuèrent sous la serviette qui cachait le bas de ses reins pour glisser sur sa hanche et descendre en suivant la courbe de son os iliaque.

Et quand son autre main remonta le long de l'arrière de sa cuisse gauche, elle suffoqua presque dans le drap embaumant le jasmin, tendu dans la têtière ou était engoncé son visage.

- J'espère que vous apprécierez votre séjour Madame Bass  ! roucoula-t-il d'une voix graveleuse à souhait contre la peau tendre de son cou, ce qui lui donna instantanément la chair de poule.

Il sourit, fier de sa victoire.

Mais en se penchant pour susurrer le plus près possible de son oreille, il commit une erreur tactique qu'elle allait utiliser contre lui sans aucun remord.

Car le linge aromatisé qui séparait la peau de ses joues et de son front de la matière synthétique de la table de massage n'était pas le seul à être distendu.

Il ne devait porter qu'un boxer sous le peignoir éponge moelleux de l'institut.

Elle déplaça doucement sa main de manière à la positionner contre le haut de sa cuisse, à quelques centimètres à peine de l'endroit le plus écrasé par le textile et put pratiquement l'entendre déglutir.

- Vous feriez mieux de prier pour que mon mari ne découvre jamais le genre de massage que vous réalisez sur moi à chaque fois que je viens ici, Kriss. Sinon, vous embarquerez sur le prochain vol pour Arlanda, direction Märket.

Il avala une seconde fois sa salive pour éliminer le nœud qui s'était logé dans sa gorge quand elle avait, par mégarde, laisser errer ses doigts sur la soie sauvage de ses sous-vêtements Versace, devenu plus qu'étriqués tout à coup, et insinué qu'elle avait déjà permis à son masseur habituel de profiter de ses charmes.

Elle voulait la jouer comme ça  ?

Parfait  !

Peu importe après tout, tant qu'elle se concentrait sur autre chose que leurs enfants pendant au moins quelques heures.

- Peut-être que c'est le jet de votre mari qui prendra la direction de la Suède, répliqua-t-il en poussant plus loin sa main sous la serviette qui recouvrait une de ses parties préférées de son anatomie.

- Ça m'étonnerait. En Suède, ce sont les clients qui sont réprimandés ... et sévèrement, le menaça-t-elle, en passant cette fois carrément ses doigts sur son entrejambes .

Il tressaillit au contact de ses phalanges expertes et fit un pas de côté pour se mettre hors de sa portée.

Elle réprima un grognement quand elle se sentit perdre son emprise sur le vêtement, mais elle ne pouvait pas tendre son bras plus loin sans relever la tête et s'exposer elle-même.

- C'est ce qui rend la chose si excitante, haleta-t-il une fois hors de danger. Et Malmskillnad si différente des autres rues qui abritent la prostitution. Le danger décuple le plaisir, paraît-il. Non  ?

Il avait susurré les mots en continuant son exploration le long de l'os de son bassin et elle plissa les paupières et exhalant longuement, trop heureuse qu'il ne puisse pas voir la grimace qui s'étalait sur ses traits en cet instant.

Mais il n'avait pas dit son dernier mot.

Il n'en dit plus aucun et ramena ses mains sur ses omoplates, désertant les courbes plus intimes de son corps pour reprendre un massage tout à fait ordinaire.

La frustration s'empara d'elle.

Comment osait-il  mettre fin au jeu alors qu'ils venaient à peine de l'entamer ?

Il sentit la fureur se répandre dans chacun de ses muscles et son visage arbora un sourire de guingois comme il luttait en même temps pour supporter l'inconfort de plus en plus oppressant de son boxer soyeux.

Elle se releva d'un bond, rendant les armes.

Ça faisait bien trop longtemps depuis la dernière fois qu'il l'avait possédée et elle se fichait de qui gagnerait la bataille. Elle le voulait maintenant, chacune des fibres de son corps le réclamait et ne tolérerait pas d'attendre plus longtemps.

Elle écrasa sa bouche sur la sienne, sans prendre garde à l’ecchymose qui s'étendait sur le haut de sa pommette gauche et se colla à lui si rapidement et si étroitement qu'il étouffa presque sous l'assaut.

Il enserra sa taille de ses paumes et recula d'un pas pour reprendre son souffle et apprécier son corps entièrement nu, de tout son soul, la serviette qui recouvrait ses hanches l'instant d'avant, gisant au sol.

Beaucoup, beaucoup trop d'épaisseurs entre leurs peaux qui n'aspiraient qu'à se frotter l'une à l'autre.

Déjà les mains de Blair agrippaient la ceinture de son peignoir.

D'un mouvement d'épaule Chuck se délesta du tissu éponge qui était décidément bien trop épais et l'empêchait d'accéder pleinement au corps enflammé et affamé de sa femme, tandis qu'elle le libérerait de sa prison de soie sans ménagement.

*****

 


katido  (04.07.2013 à 21:37)

 

Samedi 15 février 2020 : 11h56

- Je commanderai ce massage là à nouveau la prochaine fois que je viendrai. Je me demande si c'est une spécialité suédoise  ? le taquina-t-elle plus tard, sa tête reposant sur son torse alors que ses membres tremblaient encore sous les écueils du plaisir qu'il venait de lui procurer.

- C'est cent pour cent américain, une exclusivité Chuck Bass, pour les cas désespérés quand les personne sont surmenées au point de devoir être enfermées à l'arrière d'une limousine pour éviter un bain de sang, répondit-il, en essayant de ne pas laisser entendre la jalousie dans sa voix, même s'il savait qu'elle plaisantait.

Elle plaisantait, n'est-ce pas  ?

Elle se releva sur un coude et caressa doucement sa pommette tuméfiée et suivit le bord de l’ecchymose qui s'étendait déjà et lui ferait un œil au beurre noire d'ici deux jours.

Il aurait réellement pu être blessé gravement et éborgné.

- Je suis vraiment désolée, s'excusa-t-elle avec sincérité.

- Je sais, soupira-t-il en déposant un baiser sur le bout de son nez. Tu étais vraiment à bout, j'aurais dû le voir avant et j'aurais dû insister pour t'obliger à prendre quelques jours pour toi, dés que le Docteur Sherman l'a suggéré.

- Je ne me serais pas plus laissée convaincre à ce moment là, commenta-t-elle, honteuse des proportions qu'avaient pris les choses. Ton père doit vraiment me prendre pour une cinglée maintenant.

- Il savait déjà que tu étais cinglée. Quelle femme saine d'esprit aurait pu accepter de m'épouser  ? ironisa-t-il.

Mais elle n'appréciait pas du tout quand il se dépréciait de cette manière.

- Et ma mère à certainement déjà pris contact avec un hôpital psychiatrique, grommela-t-elle en se collant tout contre lui.

- Je les empêcherai de t'emmener loin de moi, dit-il en passant son bras autour de ses épaules.

- Et si j'avais blessé un des enfants  ? paniqua-t-elle soudain.

Peut-être était-elle vraiment bonne à enfermer.

- Non, réfuta-t-il. Blair, regarde-moi.

Elle leva ses yeux sur lui et il put lire le désarroi qui l'envahissait.

- Tu es une mère merveilleuse. Tu es incapable de faire le moindre mal à nos enfants.

- Je t'en ai bien fais à toi  ! Je t'ai quasiment défiguré  !

Les larmes noyèrent ses prunelles et il l'attira à lui pour la serrer dans ses bras.

- Je pense que je peux me payer une chirurgie esthétique si nécessaire, essaya-t-il pour alléger l'ambiance qui venait de passer au rouge en un clin d’œil.

- Je ne plaisante pas, Chuck. Pour un peu, tu pourrais être aveugle, s'écria-t-elle.

- Écoute-moi, dit-il en prenant ses mains dans les siennes. Je vais très bien, ok  ! Tu as juste besoin de décompresser un peu et de temps pour souffler. Tu accumules beaucoup trop de choses entre les enfants et Waldorf Designs. Je vais essayer d'éclaircir mon planning pour plus t'aider à la maison et on va parler de ça avec le Docteur Sherman. On trouvera une solution, je te le promets. Et je te promets aussi que je ne te laisserais jamais seule avec mes enfants si je présumais, ne fut-ce qu'une seconde, que tu puisses t'en prendre à eux.

Elle acquiesça, il avait raison. Il ne permettrait jamais que quoi que ce soit arrive à leurs enfants.

- Maintenant si on rejoignait nos chambres pour prendre une douche avant nos prochains soins et qu'on appelait Manhattan pour savoir comment vont les plus beaux enfants du monde  et surtout leurs grands-parents, qui ont de bonnes chances d'être devenu fous depuis hier également ?

Il l'embrassa tendrement et la guida le long du couloir une fois qu'ils eurent revêtus leurs peignoirs.

- Ta chambre ou la mienne  ? demanda-t-elle innocemment comme ils approchaient de la porte qui indiquait son numéro.

- J'ai déjà fait transporter mes affaires, l'informa-t-il.

Elle eut un hoquet offusqué.

- Comment pouvais-tu être sûr ...

- Je suis Chuck Bass, la coupa-t-il avec un petit sourire au coin des lèvres.

*****


katido  (04.07.2013 à 21:39)

 

Samedi 24 octobre 2026 : 1h31

Blair passa méthodiquement ses mains sur ses trapèzes et ses rhomboïdes, puis modela sa colonne vertébrale de haut en bas, descendant délibérément trop bas, sous son propre abdomen, avant de les laisser glisser le long de son os iliaque pour le titiller.

Elle aimait l'avoir à sa merci de cette manière, son corps à lui emprisonné sous son corps à elle. Elle pourrait ainsi le torturer jusqu'à ce qu'elle en ait assez.

Mais elle n'obtint aucune réaction de sa part, hormis un léger ronflement.

Elle hoqueta de surprise.

Elle n'arrivait pas à croire qu'il se soit endormi alors qu'elle venait de lui faire miroiter un deuxième round sauvage et sulfureux.

Ou était donc passé l'étalon Chuck Bass ? Arrogant et vaniteux au possible quant à ses prouesses sexuelles.

Arrogant et vaniteux, mais avec raison  !

Elle pensa un moment à le frapper violemment pour cet outrage et le lui faire payer cher mais elle ne put s'y résoudre quand elle se délogea de sa position et qu'elle vit son beau visage détendu par le sommeil.

Elle étudia les deux petites rides qui s'étaient formées aux coins de ses paupières hermétiquement closes. Les années avaient passées si rapidement à ses côtés. Elle avait l'impression que c'était hier qu'il la raccompagnait après la soirée au Victrola.

Le bébé remua dans son ventre, la ramenant au temps présent.

Elle caressa la tempe de l'homme qui faisait toujours battre son cœur comme un dératé et déposa un doux baiser sur sa joue avant de passer une des dernières création Kiki de Julia Restoin et le pyjama soyeux de son prince au bois dormant. Elle pouvait encore mettre le pantalon pour l'instant.

Elle rabattit la couette sur lui pour qu'il ne prenne pas froid et descendit grignoter une part de tarte à la pomme et à la cannelle que Dorota avait préparée pour le dessert du repas de ce soir - Henry et Chuck en raffolaient - tout en ressassant la fin de ce week-end torride.

Au final, ils avaient passé plus de temps dans la chambre que dans l'aire de soins de l'institut mais ça en valait largement la peine. Les mains de Chuck concurrençaient sans problème celles des kinés et autres spécialistes du bien-être corporel.

Elle n'avait cependant jamais été aussi heureuse de rentrée à New York le lendemain soir et aucun de leurs parents ne fit le moindre commentaires après s'être remémoré ce que c'était que d'avoir un bébé à domicile.

Même Bart, qui avait fait passé un week-end fabuleux à Henry en l'emmenant voir un match des Rangers à la patinoire, ne pipa mot sur l'incident survenu le jour de la Saint Valentin.

Elle se fit la promesse que, plus jamais, elle ne gâcherait cette fête des amoureux pour eux à l'avenir. C'était déjà la seconde fois  ! Mais elle avait fait mentir l'adage «  Jamais deux sans trois  »

Jusqu'à maintenant  en tout cas !

La troisième serait certainement réservée au petit être qui grandissait en elle et ne manquerait pas, à l'instar de ses frères et sœurs, de lui faire péter les plombs, avant ou après sa naissance.

Son en-cas terminé, elle remonta à l'étage et ne put s'empêcher d'aller admirer leurs plus grands trésors, endormis dans leurs lits respectifs, au contraire de celui qui gigotait toujours joyeusement en elle.

Oui, le temps filait vraiment trop vite. Henry s’apprêterait déjà bientôt à vivre sa propre vie.

Elle fit demi-tour et regagna leur chambre pour se blottir tout contre l'homme qui la rendait plus heureuse qu'elle n'avait même jamais imaginé qu'il soit possible de l'être. Il se tourna sur le côté et elle cala son dos contre son torse musclé puis passa une de ses jambes au-dessus de son oreiller de grossesse qui avait fait sa réapparition dans leur lit.

Chuck referma un bras autour d'elle dans un demi-sommeil, l'attirant plus à lui.

- Je t'aime, marmonna-t-il.

- Nous aussi on t'aime, dit-elle, en plaçant la main du père de l'enfant, qui dansait toujours la gigue dans son ventre, sur sa peau déjà distendue.

Leur fils se calma moins de cinq minutes plus tard et finit par cesser de remuer au bout d'un quart d'heure, rassuré lui-aussi par la chaleur de la paume de Chuck qui traversait le placenta.

Blair bascula lentement dans les limbes à son tour pour y rejoindre son époux et leurs enfants adorés.

*****

 


katido  (04.07.2013 à 21:40)

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