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Série : Gossip Girl (2007)
Création : 16.05.2013 à 22h45
Auteur : katido
Statut : Terminée
« Et si tout avait été différent ? 500 % Blass avec des pointes de Serenate et un peu de NJBC » katido
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Para 21
Samedi 22 septembre 2012 : 14h17
Dorota ajusta le diadème, un fin fil d'argent sur lequel était apposés des papillons aux ailes déployées, dans les cheveux relevés en chignon de la jeune femme qu'elle avait pratiquement élevée elle-même.
Elle recula d'un pas pour admirer l'effet d'ensemble. La couleur bleu ciel du tissus composé de paillettes scintillait dans la lumière du soleil filtrant à travers vitres de la demeure des Waldorf-Rose.
La future mariée était magnifique. La robe confectionnée par Madame Eléanor tombait à la perfection.
Aurait-il pu en être autrement quand il s'agissait de ces deux là ?
Son cœur se gonfla d'orgueil devant le parcours accompli par la petite fille aux boucles chocolat qui l'avait accueilli avec froideur du haut de ses cinq ans à peine.
La gamine n'avait jamais eu l'intention de lui faciliter la tâche, elle l'avait compris immédiatement lors de leur première rencontre. Harold Waldorf avait appris à sa fille qu'elle était une princesse et elle se comportait comme telle, attendant des autres les honneurs et la dévotion dus à son statut.
La seule qui faisait exception à la règle était la reine mère. C'est elle qui avait convaincu son mari d'engager une nouvelle femme d'ouvrage. Son atelier de couture prenant de l'ampleur, elle n'avait plus le temps de s'occuper d'autre chose, y compris de sa fille.
A l'origine, le rôle de Dorota consistait à entretenir le penthouse et à faire la cuisine.
Cependant, le mari s'absorbant lui aussi de plus en plus dans son travail, ainsi que dans des réunions de plus en plus longues et tardives, elle s'était vitre retrouvée en charge de l'enfant, en plus du reste.
La morveuse refusait catégoriquement de s'endormir tant que l'un de ses parents n'était pas rentré mais finissait par perdre le combat, ses paupières lourdes se fermant d'épuisement pendant que la Polonaise lui narrait des contes de fée de son pays d'origine.
Elle avait rapidement adopter cette technique car à chaque fois qu'elle s’évertuait à lui faire la lecture à haute voix, la petite ne cessait de corriger ses erreurs et de la reprendre sur sa prononciation.
Elle concédait qu'elle avait fait d'énormes progrès en anglais en un laps de temps vraiment réduit grâce à l'attitude horripilante de cette gosse pointilleuse et perfectionniste à l'extrême, ce qui lui avait permis de s'intégrer en quelques mois à peine dans son nouveau pays d'adoption quand certaines de ses compatriotes avaient mis des années.
En échange, elle lui chantait des comptines dans sa langue natale, la gamine s'enorgueillissant de pouvoir étaler ses nouvelles connaissances devant ses camarades de classe. Bien évidemment, les premier mots qu'elle avait appris n'étaient pas vraiment ceux qu'on utilisait pour briller dans la haute société de l'Upper East Side.
La femme de charge, devenu nounou quasiment à temps plein, se décida à surveiller son langage après avoir assister à une scène des plus choquantes à la marre aux canards où elle avait pris l'habitude d'emmener la fillette aux longues boucles brunes.
Cette dernière n'avait pas apprécié qu'une autre gamine, fraîchement débarquée à Manhattan mais tout aussi riche et pimbêche, s'incruste sur son territoire pour jeter, elle aussi, du pain aux volatiles.
Malheureusement pour la petite princesse à son papa, l'intruse n'avait pas été impressionnée le moins du monde par son regard froid, ni par son attitude despotique. Elle avait, par contre, dû comprendre les insultes polonaises proférées à son encontre car elle y avait répondu par des mots encore plus grossiers, que seuls les charretiers et les marins pêcheurs d'Ostroda utilisaient aux siècles passés.
Le tout s'était terminé en tirage de couettes et bains forcés pour les deux petites tigresses, Blair poussant l'autre petite brune aux yeux bleu clair dans l'étendue d'eau, celle-ci se raccrochant à sa nouvelle robe haute couture et l'attirant avec elle, tentant ensuite de lui enfoncer la tête sous les flots.
Dorota et l'autre nounou polonaise n'avaient qu’eut le temps de les repêcher avant de déplorer une noyade mais n'avaient pu éviter quelques mèches de cheveux en moins.
Depuis ce jour, Georgina Sparks était devenue l'ennemie de Blair Waldorf et inversement.
Depuis ce jour également, une complicité sans faille s'était installée entre la bonne et la fillette.
Les ecchymoses et les griffures, camouflées par du fond de teint, ainsi qu'une tenue adaptée (manches longues de rigueur) et le silence absolu sur cet événement avaient été le point de départ d'une relation profonde et maternelle, désormais scellée.
La petite princesse s'étant rendue compte qu'elle pouvait compter sur la loyauté de la domestique, peu importe les bêtises qu'elle commettrait.
La bonne femme polonaise s'étant, elle, prise d'affection, depuis un petit temps déjà, pour la petite brunette tyrannique.
En plus de ça, elle n'avait pas l'intention de se voir contrainte à rentrer à Ostrada par le premier charter en partance pour Varsovie, ce qui ne manquerait pas d'arriver si Harold Waldorf, avocat réputé de Manhattan, venait à découvrir ce qui était arrivé à sa progéniture sous sa surveillance.
Son épouse avait déjà eu bien du mal à lui faire accepter sa présence permanente au domicile conjugale même s'il n'avait pas à s'en plaindre. Il pouvait ainsi vaquer à ses occupations sans aucun remord.
La gamine, elle, avait finalement cessé d'en vouloir à la bonne pour l'absence de plus en plus régulière et prononcée de son père.
Dorota essuya un petit larme devant la beauté de la future mariée et l'émotion du moment.
- Vous êtes resplendissante, Monsieur Chuck va en être époustouflé, assura-t-elle à la brunette qui serait bientôt mère à son tour.
Blair lui rendit son sourire, le sien grandissant à l'évocation du nom de celui qui serait, dans moins d'une heure, son époux.
*****
Samedi 22 septembre 2012 : 15h01
Quelques petits coups frappés au chambranle attirèrent l'attention des trois femmes dans la pièce.
- Ma chérie, tu es absolument fabuleuse, s'émerveilla son père en y avançant d'un pas.
- Bien entendu qu'elle est fabuleuse, c'est notre fille, renchérit son ex-femme avec évidence.
Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir soulagée. Cette fois la jeune femme unissait son destin à celui à qui appartenait son cœur et son âme. Elle réprima une grimace en pensant qu'elle avait bien failli se présenter devant l'autel pour partager la vie de cet ignoble prince et de sa marâtre et chassa cette pensée loin de son esprit.
Sa fille avait pris la bonne décision et elle était certaine que Charles Bass avait veillé à ce que tout soit parfait.
Il avait fait promettre à Blair de se reposer et de ne s'occuper de rien. Un des aspects positifs d'un mariage rapide était d'éviter qu'elle ne s'angoisse inutilement pendant des mois.
Elle lui avait fait promettre de ne pas se surcharger avec la préparation du mariage, arguant qu'il avait déjà bien assez avec Bass Industrie. Et pour s'assurer qu'il respecterait cet arrangement, elle avait pris les dispositions nécessaires, chargeant Serena et Nate de le surveiller discrètement.
La blonde lui avait juré qu'il ne prévoyait rien de pharaonique mais avait refusé de lui donner le moindre indice sur le grand jour. La seule chose qu'elle avait eu le droit de voir, c'était sa robe lors des essayages avec sa propre mère, qui se chargeait également du costume du marié, bien entendu.
Blair ne voulait pas d'un mariage en grande pompe. Contrairement à ce qu'elle avait toujours cru, elle ne désirait avoir que les gens les plus proches d'eux pour témoins de leur bonheur. Elle se fichait bien de l'opinion d'autrui, à présent.
Elle souhaitait que ce moment ne soit qu'à eux et rien qu'à eux.
- Allons-y, commanda Eléanor en consultant sa montre.
Blair quitta la résidence avec un sentiment de plénitude, entourée par ses parents et Dorota.
Lorsqu'ils arrivèrent sur le trottoir, la jeune brune sourit à Arthur qui se tenait debout, la portière de la limousine ouverte à son intention.
Il la salua d'un signe de tête et chacun s'installa sur les sièges en cuir tandis qu'il prenait place derrière le volant.
Quand ils atteignirent le virage fatidique, la future mariée ne pu éviter une pensée pour leur enfant disparu, l'associant à cette journée de joie, espérant qu'il baignait dans la même quiétude que son petit frère en cet instant précis.
D'instinct, elle posa une main protectrice sur son abdomen.
A sa grande stupéfaction, la limousine se gara quelques kilomètres plus loin, là où il n'était pas permis aux véhicules de circuler dans le parc.
Chacun s'extrait du véhicule dans le silence et elle suivit le mouvement sans vraiment comprendre pourquoi ils descendaient là.
Lorsqu'elle posa le pied sur le gravier et releva la tête, ses yeux s'agrandirent de surprise devant la calèche à laquelle étaient harnachés deux chevaux blancs.
Son cœur fondit comme une guimauve. Elle avait oublié que Chuck connaissait l'existence de son carnet secret.
Mais lui n'avait omis aucun détail.
Elle emboîta le pas à son père et saisit la main qu'il lui tendait pour l'assister comme elle grimpait dans le fiacre.
Sa mère et Dorota prirent place derrière eux et le cocher donna aux équidés le signal du départ.
Elle avait l'impression de flotter sur un nuage et la sensation de conte de fée augmenta encore quand elle découvrit le petit pont de bois, près de son point préféré de Central Park, recouvert de draperie et de fleurs, où se tenaient Cyrus et son futur époux.
Son cœur accéléra la cadence. Chuck était encore plus beau qu'à son habitude. Il portait un costume blanc avec un revers et un nœud papillon bleu ciel, exactement du même ton que sa robe.
Devant la passerelle de bois se trouvaient Serena, superbe comme à son habitude, Nate, dont les fossettes saillaient, Éric, revenu spécialement pour l'occasion, Rufus, Lily, qui couvait son fils adoptif du regard, Bart, étonnamment souriant, Évelyne, dont elle s'était rapprochée ces dernières semaines, Jack et Georgina, débarqués d'Australie le matin même avec Milo, Roman, qui avait l'air aux anges également et même Vanya, qui adressa un clin d’œil à sa propre femme.
Ils avaient tous été un peu pris de court par l'avancement de la date du mariage mais après ce que les deux jeunes-gens avaient traversé, ils avaient bien droit à quelque extravagance. Du reste, ils n'étaient pas vraiment du genre à faire dans la conformité générale.
Blair agrippa littéralement les phalanges de son père pour descendre du carrosse, elle n'était pas certaine que ses jambes la porteraient jusqu'à lui sans flancher tant son cœur s'emballait dans sa poitrine.
Mais dés qu'elle croisa le regard de braise de son fiancé, tout rentra dans l'ordre. Chaque chose était à sa place, exactement là où elle aurait toujours dû se trouver.
Elle glissa son bras dans celui d'Harold et entendit la musique s'élevée dans les airs. Un quatuor à cordes avait pris place près de la marre aux canards, à quelques mètres.
Chuck ne parvenait pas à détacher ses yeux de sa fiancée. Elle était tout simplement sublime dans la robe dessinée par Eléanor.
Il devait une fière chandelle à la styliste, ainsi qu'à Lily et à Évelyne. Les trois femmes l'avaient aidé à tout planifier selon les désirs les plus intimes de Blair. Dorota et Serena s'étaient quand à elles occupées à garder un œil sur la jeune femme.
Ils n'avaient pas voulu les mettre trop dans la confidence car il n'ignorait pas à quelle point la brune de son cœur pouvait être persuasive et perspicace. Il avait donc préféré éviter tous risques de fuite en les tenant le plus loin possible de ses projets pour le grand jour.
Il avait cependant été obligé de mettre la femme de chambre [qui avait juré que si le KGB n'avait pas su la faire parler, elle résisterait à Miss Blair] dans la confidence pour le voyage de noce qu'il avait prévu dans les Hamptons.
Pas trop éloigné, au cas où. Il n'aurait pas été raisonnable de partir pour des contrées éloignées et exotiques.
Il savait qu'il ne pourrait empêché la future maman de s'inquiéter et avait prévu deux semaines entières totalement isolés du reste du monde dans la maison de Cece. Avec le concours de Dorota pour veiller à leur apporter le minimum de confort nécessaire et la bénédiction de Lily.
Il n'avait du reste, pas l'intention de laisser sa jeune épouse quitter les draps trop longtemps. A part peut-être pour une balade romantique sur la plage ou un dîner aux chandelles. Tout était déjà prévu avec la fidèle employée de Blair.
Il avait loué toute cette partie de Central Park pour leur union, non sans mal. A sa plus grand surprise, son paternel avait même aidé à convaincre le maire de leur donner l'autorisation pour le déroulement de la cérémonie, entrant dans son bureau au moment opportun.
Le jeune homme en était resté ébahi alors qu'il connaissait l'aversion de Bart concernant sa relation amoureuse avec la seule femme capable de lui faire faire n'importe quoi, même en dépit du bon sens parfois.
Il n'y avait pas de bon sens qui tenait quand cela impliquait de rendre la femme de sa vie heureuse.
Voir un sourire s'étaler sur son visage parfait le comblait de bonheur et il comptait bien s'appliquer à en faire fleurir un chaque jour du reste de leur vie.
Il ne voyait qu'elle, qui s'avançait au bras de son père, précédée par Anna qui jetait des pétales de pivoine blancs en remontant l'allée.
Arrivé devant lui, Harold lui confia sa Blairbear, non sans émotion. Sa petite fille avait toujours été ce qu'il y avait de plus précieux pour lui, même s'il s'était éloigné pour pouvoir être ce qu'il était et contre quoi il avait lutté si longtemps.
Il était parti vivre sa vie au grand jour sans faire de l'ombre à celles qu'il aimait. Il ne voulait pas jeté la honte et le déshonneur plus qu'il ne l'avait déjà fait sur les deux femmes, qui resteraient une partie de lui-même jusqu'à la fin de sa vie.
Il avait bien conscience que s'était lâche de sa part et que l'excuse était un peu pitoyable. Il les avait laissé affronter les quolibets et les conséquences de son choix de vie à New York pendant qu'il se réfugiait dans les bras de son amant de l'autre côté de l'océan.
Il s'en voulait parfois de sa couardise cependant il savait que rester n'aurait fait que rendre les choses encore plus difficiles pour elles ... et pour lui.
Il avait détesté, s'était honni lui-même, quand il avait vu les larmes dans les yeux de sa petite princesse alors qu'il passait les portes du penthouse, ses bagages à la main.
Aujourd'hui les yeux de sa princesse brillaient mais c'était de bonheur. Il avait longtemps émis les plus grandes réserves sur sa relation avec Charles Bass. Il s'en était ouvert à Eléanor, à défaut de sa fille car il ne se sentait pas en droit de juger quoi que ce soit après l'avoir lâchement abandonnée.
Si son ex-femme avait partagé ses craintes au début, elle l'avait surpris en lui avouant qu'elle faisait finalement confiance au jeune homme qui se tenait là, devant Cyrus Rose, son nouvel époux.
Le petit homme chauve avait été capable de faire changer Eléanor Waldorf en lui apportant son amour et sa vision du monde quand il avait été lui-même incapable de la rendre heureuse.
Et en cet instant, il ne doutait pas une seule seconde que Chuck ferait le bonheur de sa fille de la même manière. Il lui donna donc sa main comme le voulait la tradition et l'homme, qui était devenu un second père pour Blairbear [ça il en était bien conscient mais pas le moins du monde chagriné] commença son laïus sur la spirale de la vie.
Blair sentit les ailes des papillons virevolter dans son ventre.
Ou était-ce leur fils qui leur donnait son approbation lui aussi ?
Elle n'était pas certaine de la sensation que ça faisait mais ce dont elle était sure en tout cas, c'est que son cœur n'avait jamais battu si vite qu'en cet instant où son beau-père l'unissait pour le reste de leur vie à l'homme qu'elle aimait, qu'elle avait toujours aimé, qu'elle aimerait toujours, sans fin.
- Pour citer Siddhartha, Nous n'allons pas tourner en rond, nous allons aller plus haut...
Elle entendit à peine la tirade du petit homme chauve. Toute son attention était absorbée dans la contemplation de l'homme qui se tenait à sa droite, son homme, celui qui serait toujours une partie d'elle, qui serait toujours sa famille, qui la protégeait et le choyait de son mieux.
- Nous avons déjà gravi tant d'échelons ...
Tant d'épreuves, c'était vrai.
Mais ils les avait toutes surmontées l'une après l'autre et aujourd'hui leurs chemins n'en faisaient plus qu'un pour de bon. Personne, non personne, n'avait été capable de les garder éloignés l'un de l'autre.
Aujourd'hui, ils nouaient leur destin. Aujourd'hui, ils se liaient l'un à l'autre pour l'éternité. Parce que il ne pouvait en être autrement. Parce que leurs âmes avaient déjà fusionnées il y a bien longtemps. Ils étaient fait l'un pour l'autre et rien ne pourrait jamais changer ça. Parce qu'ils étaient la moitié l'un de l'autre.
Il avait organisé cette journée pour que tout soit parfait. Il avait fait tout ça pour elle, pour voir briller cette lumière au fond de ses prunelles noisette qui illuminait ses traits fins et délicats. Il était capable de la rendre lumineuse lui aussi, bien mieux que n'importe quel autre homme.
Avait-il été fou de vouloir confier cette tâche à un autre que lui-même ?
Fou de croire qu'un autre saurait prendre soin d'elle et combler chacun de ses désirs mieux que lui.
Jamais, il ne laisserait plus aucun autre s'approcher d'elle.
Jamais, il ne douterait plus de ses facultés à la rendre heureuse.
- Les alliances, s'il vous plaît, demanda Cyrus.
Anna s'avança cette fois avec un petit coussin blanc ou reposait deux anneaux d'or gravés à l'intérieur de trois petites lettres, en plus de la date et des prénoms des mariés et Dorota, au bras de Vanya, essuya une petite larme.
- Charles Bartholomew Bass, acceptes-tu de prendre Blair Cornélia Waldorf pour légitime épouse ? De lui jurer fidélité ? De la soutenir et de l'aimer dans le joie comme dans la peine, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la santé comme dans la maladie ? De la chérir jusqu'à ce que la mort vous sépare ?
- Trois mots, huit lettres, répondit-il le cœur au bord des yeux en glissant l'anneau à son doigt, où brillait de milles feux la bague Harry Winston.
- Blair Cornélia Waldorf, acceptes-tu de prendre Charles Bartholomew Bass pour légitime époux ? De lui jurer fidélité ? De le soutenir et de l'aimer dans le joie comme dans la peine, dans la richesse comme dans la pauvreté, dans la santé comme dans la maladie ? De le chérir jusqu'à ce que la mort vous sépare ?
- Un mot, trois lettres, oui, s'exclama-t-elle les larmes aux cils en passant l'anneau à son annulaire.
Ça y était enfin. Ils avaient parcouru un si long chemin, si tortueux, pour en arriver là. Rien ne leur avait été épargné mais ils avaient triomphé parce qu'ils étaient Blair et Chuck, Chuck et Blair. Ensemble, ils étaient indestructibles.
- Par le pouvoir qui m'a été conféré par l’État de New York, je vous proclame maintenant mari et femme. Vous pouvez embrasser la mariée.
Le jeune homme n'attendit pas que son beau-père ait terminé sa phrase. Il posa ses lèvres sur celles de son épouse et passa un bras dans son dos pour la pencher vers l'arrière sans décoller sa bouche de la sienne.
La jeune femme s'accrocha à son cou et posa tendrement sa paume sur sa pommette, s'abandonnant dans les bras de son époux en totale confiance.
Les applaudissements et les cris de joie accueillirent ce baiser, digne des meilleurs films hollywoodiens, ceux que Blair appréciait tant et Serena dégaina son BlackBerry pour immortaliser l'instant, même si un photographe professionnel avait été engagé pour saisir chaque minute de ce jour mémorable.
Quand ses poumons crièrent grâce, Chuck s'écarta de Blair à regret pour reprendre son souffle et la releva lentement en articulant un « Je t'aime » silencieux alors qu'elle caressait sa joue du bout des doigts dans un geste d'amour, comme elle le faisait si souvent.
Le quatuor entama un autre morceau et chacun se pressa auprès des jeunes mariés pour les féliciter.
La partie du parc, louée par Chuck, abritait une immense tonnelle où était disposées les tables et les chaises, ainsi que du personnel prêt à entrer en action sur un simple geste du maître de cérémonie.
Des dispositions avaient été prises au cas où le temps n'aurait pas été de la partie, en ce jour de septembre, mais l'astre solaire, dardant ses chauds rayons de l'après-midi semblait vouloir célébrer l’événement lui aussi.
La nourriture provenait de chez Citarella et le menu composé par Lily et Eléanor était divin. Tout un chacun y allait de son petit commentaire et paraissait s'amuser. Blair ne regrettait pas d'avoir demandé à Chuck un mariage intime.
Elle avait juste besoin d'être entourée des personnes qu'elle aimaient et qui l'aimaient en ce jour faste.
Son regard s'accrocha à la silhouette de Bart et elle avala le cidre de pomme qui pétillait sur sa langue en lieu et place du Don Pérignon (merci Dorota) comme il s'avançait dans leur direction. Instinctivement, elle resserra ses doigts autour de ceux de son mari.
Ce geste l'alerta et il leva les yeux sur elle.
- Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-il.
Elle le regarda, interdite, inconsciente de sa propre réaction.
Elle afficha un sourire mais il n'était pas dupe.
- Si c'est à cause de mon père ... commença-t-il en voyant l'homme arriver vers eux.
- Il me déteste, le coupa-t-elle. Il me tient pour responsable de ...
- Du bonheur de son fils, l'interrompit Chuck à son tour avant de l'embrasser.
Il la sentit se détendre un peu dans ses bras et relâcha son étreinte.
- Fils, Blair, je suis vraiment content pour vous deux, s'exclama Bart en se plantant devant l'heureux couple, avec ce qui ressemblait en vrai à un sourire.
Il tendit une enveloppe qu'il sortit de la poche intérieure de sa veste de costume au jeune marié .
- Qu'est-ce que c'est ? questionna Chuck.
- Ouvre, commanda son père.
Le jeune homme s'exécuta et ses pupilles se dilatèrent de surprise. Il releva la tête vers son paternel, incrédule.
- Ta mère m'a dit que Blair et toi étiez tombé d'accord pour vivre dans cet endroit. Je sais que tu n'as plus besoin de mon argent mais, considérez que c'est mon cadeau de mariage, déclara simplement Bart, un peu gêné.
Il n'avait jamais été très doué pour ces choses là.
Blair se pencha pour voir ce que contenait le pli remis à son époux et étouffa un petit cri. C'était l'acte de propriété de la dernière maison qu'elle avait visité avec Évelyne. Celle avec la magnifique vue sur le parc, où elle avait silencieusement imaginé la chambre de leur fils, attenante à la leur.
- Merci, répondit le jeune marié tandis que la brune restait coite.
L'homme à la stature imposante se pencha pour faire une accolade à son héritier et ce dernier l'attira à lui.
Elle ne put s'empêcher de remarquer l'émotion sur les traits de son époux. Il avait dit que les relations entre son père et lui s'amélioraient mais elle ne pensait pas que c'était à ce point. Elle en fut ravie pour lui. Dieu savait que c'était quelque chose qui lui avait toujours manqué et que personne, à part Bart, ne pourrait jamais compenser.
Cependant elle était très surprise par les mots que son beau-père avait prononcés et par son attitude.
Depuis quand Bart Bass se permettait de se laisser aller à des démonstrations d'affection en publique ? Ou des démonstrations d'affection tout court ?
Elle fut encore plus étonnée quand ce dernier la prit dans ses bras à son tour et resta stoïque quelques secondes avant de lui rendre la pareille.
Une fois libérée de son emprise, elle jeta un regard incrédule à Chuck qui souriait tout son content.
- Quoi ? Il est d'usage d'enlacer ma bru le jour de son mariage avec mon fils, non ? se défendit l'homme au visage émacié.
- Bien sûr, balbutia la brunette de plus en plus déconcertée.
- Je sais que je n'ai pas été favorable à votre relation depuis le début mais, j'ai appris à voir les choses sous un autre angle depuis quelques temps. Et je suis certain que si une femme peut rendre Chuck heureux, c'est toi, affirma-t-il avant de poser une main sur l'épaule de son fils.
Blair était tellement soufflée par ce revirement de situation qu'elle en resta bouche bée.
Bart les quitta après un bref mouvement de tête à l'adresse de son héritier.
- Qu'est-ce que tu as mis dans son verre ? s'enquit-elle auprès de son mari, à peine eut-il tourner les talons.
- Moi ? demanda-t-il avec innocence alors que ses yeux étaient remplis de malice. Rien du tout. Évelyne en revanche ...
Il gesticula vers l'endroit où son père avait rejoint sa mère biologique, qui fit un clin d’œil complice à la jeune femme dont elle savait pour sûr, qu'elle détenait la clé du cœur et du bonheur de son fils.
Il semblait que l'Anglaise ne se soit pas seulement rapprochée de Blair pendant ces derniers jours. Visiblement les choses s'arrangeaient aussi de ce côté là.
Tant mieux, Chuck avait bien gagné le droit d'avoir le soutient de chacun des membres de sa famille.
katido (06.06.2013 à 19:11)
- Il semblerait qu'aucun Bass ne puisse te résister finalement, gouailla tout à coup Jack, derrière elle.
Elle se retourna en même temps que Chuck qui fusilla son oncle du regard.
- Hé ! Relax. Je suis là en tant qu'invité, je vous le rappelle.
- On se demande bien pourquoi, marmonna Blair entre ses dents.
Mais elle savait pertinemment que, même s'il y avait eu des dissensions entre eux, Jack était un membre de la famille Bass à part entière et aussi bizarre que cela puisse paraître, il semblait assagi depuis que Georgina Sparks avait jeté son dévolu sur lui.
Jamais elle n'aurait imaginé que cette harpie serait à son mariage !
Un petit bonhomme accouru dans les jambes du tonton flingueur et tira sur sa manche jusqu'à ce que ce dernier s'accroupisse à sa hauteur. Milo chuchota quelque chose dans son oreille et le plus jeune des frères Bass sortit une pièce brillante de sa poche qu'il présenta au gamin.
Celui-ci s'en empara et repartit en sautillant vers la marre aux canards.
- Tu aimes les enfants maintenant ? s'abasourdit la brune.
- Celui-là est différent, commenta l'oncle avec un sourire un peu gêné.
Il n'aimait pas que sa faiblesse pour la brune aux yeux clairs et pour son mioche l'expose aux railleries.
- Qu'est-ce qu'il voulait ? interrogea Chuck avec un petit sourire en coin, changeant de sujet devant le malaise évident de Jack.
Il en aurait bien profité encore un peu mais il décida d'être magnanime. Après tout, c'était le jour de son mariage.
- Savoir comment convaincre Anna de l'embrasser, répondit son oncle.
- Quoi ? s'alarma Blair.
- Le meilleur moyen c'est de lui donner un truc qui brille, énonça le cadet de Bart avec évidence.
- Non, mais dis-moi que je rêve ! Jack ! s'écria la brune en le frappant du plus fort qu'elle pouvait sur son avant bras.
- Aie, protesta ce dernier alors qu'elle s'éloignait des deux hommes.
- Anna ? appela-t-elle en disparaissant parmi les invités, se dirigeant à son tour vers le point d'eau.
- Il ne t'a pas réellement demandé ça, n'est-ce pas ? devina son neveu.
- Il voulait lui acheter une barbe à papa auprès du marchand ambulant, expliqua Jack. Mais j'adore quand ta femme s'emporte contre moi.
Les yeux de Chuck s'assombrirent dangereusement.
- Pas moi, cingla-t-il. Alors, laisse la tranquille.
- C'est bon, elle n'est pas en sucre non plus. Depuis quand elle a besoin que tu la mettes dans de la ouate ?
Le marié carra la mâchoire. A part son père, Dorota et Arthur, personne ne savait encore que Blair était enceinte. Pas même Serena. Le mariage avait été si rapide que même Eléanor n'avait pas eu le temps de noter un changement de mensuration entre les essayages. La brune redoutait que l'annonce de la nouvelle ne leur porte malheur et il n'était pas parvenu à la raisonner jusqu'ici.
Il ne prendrait pas le risque de dévoiler leur secret sans son consentement et il sentait que cela allait devenir compliqué de la protéger quand tous ou presque ignoraient la réalité de la situation.
Il userait de tout ce qu'il avait de persuasion pendant leur lune de miel, se promit-il.
- Écoute, c'est notre mariage et je veux la garder de bonne humeur pour ce soir, mentit-il à son oncle.
- Ça, c'est une tactique que je peux comprendre, indiqua ce dernier avec un petit sourire salace.
- T'as intérêt à apprendre très vite parce que si je ne m'abuse, c'est Georgina qui a attrapé le bouquet tout à l'heure.
- Pas de danger de ce côté là. Elle n'a aucune intention de me passer la corde au cou. Si elle fait ça, elle pourra faire une croix sur sa pension alimentaire.
La jeune femme en question s'approcha en sirotant son verre et Chuck lui abandonna son oncle pour partir à la recherche de son épouse.
Il la retrouva au bord de la marre, admirant la vue. La soirée pointerait bientôt le bout de son nez et l'air de ce début d'automne commençait à se rafraîchir. Il ôta sa veste et la posa sur les épaules de la belle brune.
Il passa ses bras autour d'elle et les noua sur son estomac.
- Pas trop fatiguée, se soucia-t-il.
La journée avait commencée tôt, étant donné qu'elle voulait un mariage en pleine air et que les températures de fin septembre ne permettaient pas de faire perdurer la cérémonie jusque tard dans l'après-midi.
Des ouvriers s'appliquaient à bâcher la tonnelle avant d'activer les pompes à chaleur qui leur permettraient de continuer à célébrer ce jour de fête.
Elle secoua la tête de droite et de gauche avant d'attraper ses poignets pour resserrer son embrase autour d'elle. Elle aimait le sentir tout contre elle.
- Je crois que j'ai senti le bébé bouger, lui confia-t-elle.
- Il apposa sa paume plus bas sur son ventre et embrassa sa tempe.
- Je pense qu'on devrait l'annoncer à tout le monde, suggéra-t-il, saisissant l'opportunité qui se présentait à lui.
Elle acquiesça.
- Je sais, j'ai dit que je voulais attendre, mais après aujourd'hui, je meure d'envie d'en parler à Serena et à ma mère. On pourrait garder le secret pour nous encore un peu, jusqu'à ce qu'on reviennent de notre lune de miel, tenta-t-elle d'aller discrètement à la pêche aux infos.
Elle ne savait toujours pas où il avait projeté de l'emmener. Pas trop loin, espérait-elle. Elle s'efforçait chaque jour de se raisonner mais elle ne voulait pas tenter le diable et elle ne tenait pas particulièrement à se retrouver dans une contrée étrangère avec peut-être pas de matériel médical à portée de main si le pire arrivait.
Son esprit survola un instant l'endroit où ils avaient laissé reposer en paix l'âme de leur premier enfant. Elle repoussa cette pensée au loin. C'était un jour de joie et elle ne laisserait pas sa psychose ruiner tout ce que Chuck avait mis tant de cœur à régenter avec précision. Il avait vraiment le pouvoir de lire en elle. Personne n'aurait pu aussi bien reproduire ses rêves de petite princesse les plus secrets, même avec son scrapbook d'enfant.
Il ne mordit pas à l'hameçon et se contenta d'enfuir son nez dans le creux de sa nuque. Il adorait quand elle remontait ses cheveux de cette façon.
- Et je suis certaine que tu es impatient de révéler notre secret à Nate et à Lily, et même à ton père, ajouta-t-elle après un instant, constatant qu'elle ne tirerait rien de lui.
- Mon père est déjà au courant, avoua-t-il.
Elle leva les yeux vers lui, laissant aller sa tête dans le creux de son épaule pour attraper son regard.
- Je ne lui ai rien dit, se justifia-t-il. Il l'a découvert en interceptant la communication de la secrétaire médicale, avant l'échographie.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? Que j'ai trouvé là le moyen de t'obliger à m'épouser ? maugréa-t-elle.
Elle aurait dû savoir que la scène de toute à l'heure était trop belle pour être vraie.
- Pas du tout, démentit Chuck avant de la faire tournoyer dans ses bras pour lui faire face. Il sait pertinemment que je t'épouse parce que je t'aime et qu'aucune autre femme au monde ne pourrait jamais me rendre aussi heureux que toi. Il a simplement donné un sens à mes agissements étranges et à toutes mes allées et venues à BI. Il a compris que vous étiez ma priorité et que quoi qu'il en pense, dise ou fasse, mon amour pour toi ne pourrait jamais s'éteindre.
Il l'embrassa tendrement et posa son front contre le sien quelques instant avant de reprendre.
- Je sais que ce n'est pas vraiment comme ça que tu imaginais le jour de ton mariage. Je veux dire ... enceinte et au début de l'automne. Dans ton carnet, tu avais dessiné un soleil radieux et des robes à bretelles pour les demoiselles d'honneur. On avait prévu ça en août à l'origine ... et je suis loin du parfait prince charmant de tes contes de fées ...
Elle l'embrassa pour le faire taire. Elle se fichait bien de la saison, tant qu'il était là pour dire « oui » et la serrer tout contre lui lors de la première danse.
- Tu es mon véritable prince et je ne t'échangerais pour aucun autre. Les contes de fées ne sont que des histoires pour enfants. Toi, tu es mon Roi et tu t'es débrouillé pour que mes rêves deviennent réalité. Je te veux toi, je veux ta voix, je veux tes mots, je veux tes lèvres, je veux tes mains, je veux ta peau, je veux ton corps tout entier. Personne n'est meilleur que toi pour moi, personne ne l'a jamais été, personne ne le sera jamais. Tu l'as dit toi-même, j'étais pas faite pour un autre. Juste pour toi, rien que pour toi.
Justement, en parlant de chevalier servant, Nate venait les chercher pour leur signaler qu'il était l'heure d'ouvrir le bal.
Elle se délogea de son enclave et passa un bras autour de sa taille tandis qu'il laissait reposer le sien autour des ses épaules. Elle se blottit contre lui puis ils suivirent le jeune Archibald à l'intérieur, sous la tonnelle dont les pans les protégeaient à présent des températures nocturnes.
Chuck n'avait pas prévu de s'éterniser des heures. Ils laisseraient les autres continuer la fête pendant qu'ils la feraient à leur façon, débutant leur nuit de noce dans la limousine qui les emmènerait vers les Hamptons.
Il laissa choir sa veste sur le dossier d'une chaise, près de Lily qui lui sourit avec tendresse et bienveillance.
Elle était si fière de son fils adoptif, de tout ce qu'il avait accompli pour en arriver là.
- Tu me réserves une danse ? demanda-t-elle au nouveau marié.
- Avec plaisir, maman, chuchota-t-il à son oreille avec un petit sourire au coin des lèvres avant de l'embrasser sur la joue.
Lily en resta muette d'émotion et porta la main à son cœur comme il se redressait et repassait son bras autour des épaules de son épouse.
- Un baiser, réclama Serena en riant, suivie par toute l'assistance.
Chuck et Blair s'exécutèrent sans se faire prier puis il laissa glisser ses phalanges depuis un point dans le cou de la jeune femme, le long de son bras, jusqu'aux siennes et l'emmena vers la piste de danse, montée également pour l'occasion.
- Tout était absolument parfait, grâce à toi, chuchota-t-elle à son oreille avant de laisser une trace de rouge à lèvre sous l'angle de sa mâchoire.
- Tu es absolument parfaite, murmura-t-il en mordillant son lobe en réponse.
Elle gloussa et sentit un frisson la parcourir de la tête aux pieds.
Elle se colla tout contre lui, cherchant à entrer en contact avec le plus de centimètres carrés de son corps que possible alors qu'il l'enlaçait pour se balancer au rythme de la musique.
Laisse-moi être ton héros
Would you dance
Danserais-tu
If I asked you to dance ?
Si je te demandais de danser ?
Would you run
T'enfuirais-tu
And never look back ?
Sans jamais regarder en arrière ?
Would you cry
Pleurerais-tu
If you saw me crying ?
Si tu me voyais pleurer ?
Would you save my soul, tonight ?
Sauverais-tu mon âme, ce soir ?
Would you tremble
Tremblerais-tu
If I touched your lips ?
Si je touchais tes lèvres ?
Would you laugh ?
Rirais-tu ?
Oh please, tell me this
Oh s'il te plaît, dis le moi
Now, would you die
Maintenant, mourrais-tu
For the one you love ?
Pour celui que tu aimes ?
Hold me in your arms, tonight
Serre-moi dans tes bras, ce soir
I can be your hero, baby
Je peux être ton héros, bébé
I can kiss away the pain
Je peux faire disparaître la douleur d'un simple baiser
I will stand by you forever
Je resterai à tes côtés pour toujours
You can take my breath away
Tu peux prendre mon souffle
Would you swear
Jurerais-tu
That you'll always be mine ?
Que tu seras toujours mienne ?
Or would you lie ?
Ou mentirais-tu ?
Would you run and hide ?
T'enfuirais-tu, te cacherais-tu ?
Am I in too deep ?
Suis-je dans de mauvais draps ?
Have I lost my mind ?
Ai-je perdu la raison ?
I don't care
Je m'en fiche
You're here tonight
Tu es là ce soir
I can be your hero, baby
Je peux être ton héros, bébé
I can kiss away the pain
Je peux faire disparaître la douleur d'un simple baiser
I will stand by you forever
Je resterais à tes côtés pour toujours
You can take my breath away
Tu peux prendre mon souffle
Oh, I just wanna hold you
Oh, je veux simplement te serrer contre moi
I just wanna hold you
Je veux juste te serrer contre moi
Oh yeah
Oh oui
Am I in too deep ?
Suis-je dans de mauvais draps ?
Have I lost my mind ?
Ai-je perdu la raison ?
Well, I don't care
Et bien, je m'en fiche
You're here tonight
katido (06.06.2013 à 19:16)
Para 22
Samedi 6 octobre 2012 : 15h54
La limousine se stoppa le long du trottoir sur Park Avenue.
Blair entrouvrit les paupières et se décolla doucement de son mari. Ils étaient arrivés à destination. Chuck avait fait aménager la maison pendant leur escapade dans les Hamptons. Jamais elle n'aurait imaginé passer leur lune de miel là-bas.
Et pourtant, c'était l'endroit idéal. Ils étaient tout près de New York, au cas où il y aurait eu une urgence, mais ils en était assez loin pour se couper du reste du monde pendant des jours.
Elle devait reconnaître que là aussi, son époux avait su organiser les choses à la perfection. Quelques balades sur la plage au soleil couchant ou au clair de lune, des petites déjeuners au lit, des dîners aux chandelles, des siestes sous le soleil de l'été indien et des heures et des heures passées sous les draps.
Que demander de mieux ?
Elle remit ses chaussures et saisit la main de Chuck pour s'extraire du véhicule. Elle soupira d'aise devant la façade de leur nouvelle demeure. Elle ne doutait pas qu’Évelyne aurait veillé à ce que tout soit décoré selon ses désirs.
Chuck posa un baiser sur sa tempe et glissa sa main dans la sienne pour la guider jusque sous le porche. Il s'arrêta un instant sur le perron pour chercher la clé, celle qui se trouvait dans l'enveloppe que Bart lui avait remise le jour de leur mariage avec le certificat de propriété, puis la souleva dans ses bras.
Elle poussa un petit cri de surprise et accrocha son bras derrière sa nuque.
- Bien venue à la maison Madame Bass, dit-il en franchissant le seuil de leur maison.
Blair resserra son étreinte et l'embrassa langoureusement.
- Bien venu à la maison Monsieur Bass, répondit-elle.
Il la posa au sol et elle noua ses doigts aux siens pour l'emmener faire le tour de leur chez eux. La mère biologique de Chuck avait effectivement tout arrangé selon les goûts de sa belle-fille.
Un immense living-room avec un feu ouvert dans la partie salon et de grandes baies vitrées qui donnaient sur le patio. Une cuisine totalement équipée pour Dorota, dont, bien entendu, Blair ne pouvait se séparer, qui était prolongée par une véranda, contiguë à la courre intérieure.
A l'étage, une chambre principale avec un balcon qui donnait sur l'espace ouvert au centre de la maison et trois autres chambres, avec une splendide vue sur le parc, chacune avec sa salle de bain.
Dans les combles, quatre mansardes avec de gigantesques vasistas. Deux aménagées en bureaux et une en bibliothèque. La dernière, encore vide, était destinée à devenir une salle de jeux ou une autre chambre.
Chuck devait reconnaître qu’Évelyne avait su y faire, elle était effectivement un maître en matière de décoration intérieure. Il posa les yeux sur son épouse qui était enchantée. Son cœur fondit devant le sourire sur son joli minois. Il fut un temps où il désespérait d'en voir un à nouveau.
- Ta mère a fait des merveilles, commenta-t-elle.
Il retint la remarque qui lui brûlait la langue à propos du fait que la seule mère qu'il ait soit Lily. Inutile d'argumenter sur ce sujet, il n'avait aucune envie d'en débattre avec Blair. Et puis il faudrait bien qu'il s'y fasse, visiblement celle qui lui avait donné naissance avait bien l'intention de rester dans sa vie pour de bon. Elle s'en était assurée en tissant des liens non seulement avec lui, mais également avec la brune qui détenait son cœur.
Néanmoins, cette dernière comprit le silence de son mari et passa ses bras autour de son cou pour se blottir contre lui. Il embrassa ses cheveux et l'entraîna vers leur chambre. Ils disposaient encore de quelques heures de lune de miel avant de se rendre chez Lily pour annoncer la grossesse de Blair.
Chuck était soulagé que le secret soit bientôt levé. Ainsi, il pourrait compter sur l'assistance de Serena et Nate pour veiller sur sa belle et le bébé. Eléanor et Cyrus étaient repartis en France et ne reviendraient que pour Thanksgiving en compagnie d'Harold et Roman. Leur fille avait prévu de les informer de la nouvelle par téléphone dés que tous les autres seraient au courant.
*****
Samedi 6 octobre 2012 : 20h16
Le tintement de l'ascenseur retentit et le tout premier à fêter le retour des jeunes mariés, et principalement de son maître, fut Monkey qui jappa et remua la queue de contentement quand Chuck le salua d'une grattouille derrière les oreilles et lui tapota le flan.
Lily accueillit son fils et sa belle-fille avec un sourire chaleureux. Ce dernier lui rendit la pareille. Il était impatient de lui annoncer que son fils verrait bientôt le jour.
- Charles, s'exclama-t-elle avec joie en enlaçant ce dernier.
Elle le retint dans son embrase quelques secondes avant de le libérer pour embrasser également la brunette qui était comme une deuxième fille pour elle.
- Tu es radieuse, commenta sa belle-mère.
Il y avait quelque chose de différent chez la jeune femme mais elle ne savait pas dire quoi exactement. Sans doute l'effet du mariage.
- Vous resterez avec nous pour le dîner ? interrogea-t-elle. Serena et Nate ne vont pas tarder à arriver.
Elle aimait avoir sa famille réunie autour d'elle. Il lui tardait d'avoir des petits enfants qu'elle puisse cajoler et gâter-pourrir au-delà de toute décence.
- Bien sûr, répondit son fils avec une petite lueur de malice dans le regard. Une lueur qu'elle n'avait pas vu assez fréquemment à son goût au cours de ces dernières années.
- B ! raisonna soudain la voix de sa fille qui arrivait dans l'entrée.
La blonde serra sa meilleure amie sur son cœur. Elle lui avait manqué pendant le cours laps de temps où ils avaient quitté Manhattan.
- Hey Man ! commenta plus sobrement le jeune Archibald en donnant une tape dans le dos à son meilleur ami.
- Nathaniel, le salua Chuck à son tour avec chaleur.
Rufus franchit le seuil du penthouse à son tour et proposa de faire son célèbre chili après avoir fait le tour de l'assemblée.
- Si on commandait plutôt chinois, proposa la maîtresse de maison devant la tête des jeunes réunis autour d'eux.
L'idée fut accueillie avec enthousiasme par tout un chacun, trop heureux de pouvoir ainsi échapper à la spécialité mexicaine.
- Je m'en occupe, soupira le dernier mari de Lily en reconnaissant la défaite.
- Avant, nous avons quelque chose à vous annoncer, déclara Chuck qui n'y tenait plus.
Il passa son bras autour des épaules de Blair, rayonnante à ses côtés.
- Oh ! Mon Dieu ! tu es enceinte ! en déduisit Lily qui mettait à présent le doigt sur ce qui lui avait échappé en observant la jeune femme à son arrivée.
Ni Chuck, ni Blair n'eurent le temps de confirmer la supposition qu'un cri perçant assourdit les tympans de tout un chacun.
Serena se précipita sur sa meilleure amie et son frère et leur sauta au cou, incapable de refréner son excitation. Elle arrivait à peine à retenir ses larmes de joie pour eux.
- Vous allez avoir un bébé, sautilla-t-elle sur place en prenant les mains de la brunette dans les siennes.
- Oui, acquiesça cette dernière, la voix emplie d'émotion.
S l'attira à nouveau dans ses bras, obligeant Chuck à se détacher de son épouse contre son gré.
- Félicitation Mec, lui dit son ami d'enfance en lui faisant également l'accolade.
Le geste resta masculin et bien moins démonstratif que celui des jeunes-femmes mais le regard qu'ils échangèrent était empreint de toute l'affection qu'ils se portaient l'un à l'autre.
- Je suis tellement heureuse pour vous, proféra Lily en enlaçant tendrement son fils adoptif.
Elle n'ignorait pas la signification particulière que revêtait cette grossesse pour le couple de jeunes mariés.
- Félicitation à vous deux, dit également Rufus en posant une main sur l'épaule du jeune homme avec bienveillance tandis que Lily enlaçait Blair, qui avait réussi à se dégager de l'emprise de Serena.
Cette dernière serra une dernière fois son frère adoptif dans ses bras.
- Trop près, plaisanta-t-il, mais elle n'y accorda aucune attention.
Elle était si contente pour eux. Ils avaient mériter tout le bonheur du monde après tout ce à quoi ils avaient survécus.
Chuck répondit néanmoins à son geste, il savait que sa sœur était sincère et qu'elle partageait réellement leur joie. Elle était sans doute un peu trop exubérante parfois, mais ça faisait aussi partie de son charme.
*****
Samedi 6 octobre 2012 : 22h24
- Où vas-tu ? interrogea Chuck quand son épouse sortit de la cage d'ascenseur alors qu'ils n'étaient pas au rez-de-chaussée.
Elle se tourna vers lui et arqua un sourcil.
Il savait parfaitement où elle allait !
- Je croyais que tu étais fatiguée, argumenta-t-il encore.
- J'ai dit ça parce qu'il y a encore un endroit où nous devons nous rendre avant de rentrer.
- Blair ...
- Elle se soucie véritablement de toi, crois-moi, affirma-t-elle.
Il soupira, il n'y couperait pas.
Blair fit deux pas en arrière et agrippa ses phalanges. Il la suivit sans plus protester jusqu'à la porte 1812.
Il concédait que sa mère biologique s'était montrée très présente et qu'elle lui avait donné toutes les raisons de croire qu'elle ne le trahirait plus. Cependant, quelque part, dans son cœur d'enfant subsistait le doute qu'elle n'ait jamais le moindre intérêt pour lui.
La porte tourna sur ses gonds et son père apparu dans l'embrasure.
La jeune femme voulut faire un pas en arrière mais ça lui était impossible car son mari se tenait juste derrière elle.
Chuck la sentit se raidir et posa une paume rassurante sur sa taille.
Elle n'avait pas anticipé cette possibilité.
Lui n'était cependant pas réellement surpris de le trouver là, à cette heure. Il était évident, après ce qu'il avait entendu de la conversation entre Diana et sa mère biologique à l'hôpital en Bretagne, que les choses ne resteraient pas longtemps platoniques entre ses parents.
- Chuck ? s'étonna lui-même Bart.
- Nous sommes venus voir Évelyne, révéla le brun.
C'était assez logique vu que c'était elle qui résidait dans la suite depuis de nombreuses semaines, se rappela soudain Bass Senior.
Il s'effaça pour laisser passer les tourtereaux.
L'occupante des lieux se leva en voyant son fils et sa belle-fille pénétrer dans la pièce.
Elle n'ignorait pas qu'ils devaient rentrer aujourd'hui mais elle n'avait pas osé espérer qu'ils viendraient lui rendre visite. Même si elle avait réussi à nouer des liens et une relation plus ou moins stable avec son fils et qu'elle s'était beaucoup rapprochée de la jeune femme durant les dernières semaines.
Leur principal sujet de conversation était resté la future maison à acquérir. Rarement, elles avaient parlé de Chuck. Hormis lorsque Blair elle-même avait abordé les goûts et les couleurs favorites de son futur mari.
Évelyne ne s'autorisait pas a utiliser la femme qui détenait le cœur de son fils pour plaider sa cause auprès de lui. Le conseil de Lily était avisé. La blonde avait raison, en démontrant qu'elle avait à cœur le bien-être de son fils, c'était suffisant pour que les barrières de Blair ne s'estompent progressivement et comme le lui avait fait remarquer sa mère adoptive, personne n'était plus protectrice envers Chuck que la jeune femme.
Elle ne doutait pas une minute que l'idée de se présenter ici émane de la brunette et non de son fils.
- Bonsoir, dit-elle, avenante, en s'avançant vers eux.
Bart la rejoint en deux enjambées.
- Bonsoir Évelyne, la salua la jeune brunette alors que le jeune marié lui adressait un petit signe de tête.
Elle pouvait discerner la nervosité dans les gestes de la jeune femme qui arborait malgré tout un port altier.
- Est-ce qu'il y a un problème avec la maison ? s'enquit-elle.
Elle pensait avoir tout fait selon leurs désirs mais peut-être avait-elle échoué là-aussi.
Tout comme elle avait échoué dans son rôle de mère.
- La maison est parfaite, déclara son fils.
Évelyne en fut soulagée et son cœur se gonfla un peu au son de sa voix emplie de reconnaissance.
Il fit passer son poids d'un pied sur l'autre et elle nota qu'il n'était pas franchement à l'aise non plus, mais il ne l'était jamais tout à fait quand il se retrouvait face à elle.
- Scotch ? demanda Bart à son fils qui s'empressa d'accepter, ce qui eut pour effet de dissiper un peu la tension dans la pièce.
L'homme s'éloigna pour remplir un verre de liquide ambré et Blair relâcha sensiblement sa prestance.
Visiblement l'entente n'était pas si cordiale entre ces deux-là même si elle n'avait cessé d'encourager son amant à être plus accommodant avec la femme de leur fils.
Il y avait une certaine rivalité qui s'imposait d'elle-même entre eux. Sans doute la rancune tenace de l'un envers l'autre pour la manière dont ils s'étaient chacun comportés avec Chuck.
L'homme revint vers eux avec le whisky et tendit un verre d'eau à la jeune femme sans lui avoir demandé ce qu'elle désirait boire.
A part de l'eau, il n'y avait que de l'alcool dans le bar.
La brunette l'accepta sans autre forme de commentaire et en but une gorgée pour se donner contenance. Elle n'avait pas imaginé que ce serait si ardu de faire face à Bart.
En fait, elle n'avait pas imaginé devoir se tenir là, devant lui, étant donné qu'il savait déjà.
L'homme connaissait leur secret depuis un petit temps maintenant mais elle ne l'avait jamais affronté en sachant qu'il savait et Chuck avait beau dire qu'il était revenu à de meilleurs sentiments à son égard, elle n'en n'était pas si certaine.
Elle avait clairement la sensation qu'il faisait un effort parce que son fils ne lui laissait pas le choix. De là à dire qu'il l'acceptait pleinement comme belle-fille, il y avait un fossé énorme. Elle même avait d'ailleurs beaucoup de mal à faire abstraction de toute la souffrance qui avait habité le cœur de l'homme de sa vie par la faute du grand et impitoyable Bart Bass.
- Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ? questionna Évelyne qui ne comprenait pas ce qui se passait.
Il y avait manifestement quelque chose qui lui échappait dans la scène qui se déroulait devant elle.
- Pas vraiment, non. Tu as déjà fait plus que ta part. D'ailleurs, Merci pour tout, sourit son fils en saisissant le verre que lui tendait son père.
Elle sentit son cœur enfler encore dans sa poitrine à son sourire doux, c'était un vrai sourire, un qui ressemblait à ceux qu'il adressait à Lily, celui qu'un enfant réservait à sa mère et elle ne s'attendait pas à jamais en recevoir un comme ça.
- Nous sommes venus t'annoncer que Blair est enceinte, la naissance est prévue pour début avril, continua-t-il sur sa lancée.
Chuck pensait que ce serait plus difficile pour lui mais le fait était que, maintenant qu'il se retrouvait devant elle, il ne pouvait s'empêcher de déchiffrer l'affection qu'elle lui portait réellement dans son regard, ses gestes, son attitude toute entière, qui lui criait qu'elle souhaitait vraiment prendre part à sa vie.
Ses peurs d'enfant s'érodaient doucement à l'envie de connaître et de donner une place à cette mère qui lui avait tant manquée pendant toutes ces années et son cœur battait à tout rompre à l'idée que son fils aurait droit à l'amour de toutes les personnes qui constituaient sa famille, sans aucune exception.
Évelyne dévisagea un instant Blair. Pour le mois d'avril ? Ce qui signifiait que Blair était à la fin de son premier trimestre. Elle devait à peine avoir pris un kilo, deux tout au plus.
Tout à coup, il lui vint à l'esprit qu'elle avait traînée la jeune femme à la recherche de la maison idéale pendant tout un après-midi il y a un peu plus de trois semaines et les souvenirs de la rencontre avec son fils qui avait suivie lui revinrent en mémoire.
Il avait paru beaucoup apprécier la demeure pour laquelle Blair avait eu un coup de cœur mais ne semblait pas des plus préoccupé par l'endroit où ils vivraient. Sur le coup, elle avait pensé qu'il était mécontent parce qu'elle s’immisçait en quelque sorte dans leur vie.
Elle avait même été quelque peu surprise le lendemain quand la jeune femme l'avait rappelée pour lui demander plus de détails sur la vente.
Maintenant elle comprenait que la réaction de Chuck n'avait rien à voir avec elle ou avec son implication dans l'achat de la bâtisse.
- Toutes mes félicitations, déclara Bart en s'adressant directement à sa bru.
- Merci, répondit Blair.
- Je suis ravie pour vous, ajouta Évelyne.
Dans un élan spontané, elle attira la future maman dans son embrase pour la féliciter.
Quand elle relâcha son étreinte autour de Blair, elle se tourna vers Chuck et hésita un instant. Cependant, il anticipa son geste et l'enlaça à son tour.
- Merci, pour tout, murmura-t-il à son oreille.
Elle réalisa qu'elle allait être grand-mère et que son fils lui donnait l'opportunité de prendre une part active dans la vie de son enfant à venir. Les larmes affluèrent à ses paupières et elle eut besoin de tout son self-contrôle pour ne pas leur permettre de s'échapper de ses cils.
- Merci à toi, chuchota-t-elle en posant une main sur sa joue, s'écartant de lui à regret.
Bart tendit une main à son fils qui la saisit avant de lui faire une accolade également. Si son père avait peur des démonstrations d'affections, il avait dépassé ce stade depuis un bon moment déjà et quelques soient ses réticences, son paternel devrait s'y habituer.
L'homme aux cheveux blancs retourna cependant son geste à son héritier puis à la femme qui portait sa descendance dans ses entrailles.
Il ne savait pas trop comment, ni à quel moment, si c'était son effronterie, ou sa manière de toujours s'ériger contre ceux qui auraient pu prétendre nuire à Chuck, mais quelque part en chemin, Blair Waldorf avait gagné son estime. Et ce n'était pas un vain mot aux yeux de Bartholomew Bass.
- Tout se passera bien, affirma-t-il à mi-voix mais avec force en relâchant son étreinte.
La jeune femme croisa son regard et sut qu'il souhaitait vraiment que ce soit le cas. Sans savoir pourquoi, cela la réconforta et renforça sa foi en leur avenir.
*****
Para 23
Dimanche 7 octobre 2012 : 8h49
Blair se réveilla dans leur nouveau lit, dans leur nouvelle chambre, dans leur nouveau foyer.
Elle ouvrit un œil, puis deux et observa son mari qui dormait à ses côtés. Elle adorait le regarder dormir, quand ses traits étaient détendus, quand aucun souci ne venait perturber ses pensées, quand aucun cauchemar ne venait troubler ses songes.
Ils étaient rentrés tard la veille. La soirée avec Évelyne (et Bart) avait duré plus longtemps que prévu. Ils n'étaient pas pressés de rentrer, parce qu'ils savaient qu'ils ne s'endormiraient pas avant tôt sur le matin. Pas parce qu'ils seraient toujours en mode « lune de miel » non, l'humeur serait définitivement passer à autre chose.
La veille, chacun s'était appliqué à ne pas parler de la journée du lendemain. Chacun avait célébré la nouvelle vie qui grandissait en elle plutôt que de penser à celle qui s'était éteinte l'année précédente.
Les souvenirs étaient trop douloureux et aucun d'eux ne savaient vraiment comment gérer les choses. Ils avaient donc tenter d'entourer les futurs parents de la seule chose qu'ils étaient en mesure de leur apporter, leur amour et leur soutien ainsi que l'espoir d'une vie meilleure, une vie nouvelle.
Elle avait fermé les yeux, enroulée dans les draps, entre ses bras, même si le sommeil ne l'avait pas encore gagnée. Elle savait qu'elle ne trouverait pas facilement le pays des rêves et pas seulement parce que c'était la toute première fois qu'ils dormaient là.
Chuck l'avait serrée tout contre lui et elle avait écouté le battement de son cœur qui cognait à un rythme régulier dans sa poitrine, comme une berceuse. Le bruit sourd lui assurant qu'il était toujours là, qu'il ne la laisserait jamais, plus jamais.
Il avait veillé sur elle pendant plusieurs heures avant de sombrer lui-même dans les limbes, elle en était certaine. Elle étudia ses pectoraux qui se soulevaient et s'abaissaient lentement. Il avait droit à encore un peu de répit avant que la journée ne commence.
Une fois qu'il aurait ouvert les yeux, la réalité se rappellerait à lui et il n'aurait de cesse de vouloir prendre sur lui pour lui épargner la douleur de la perte. Il chercherait [et trouverait] tous les moyens, ferait tout ce qui serait en son pouvoir, pour la réconforter sans se préoccuper de sa propre peine.
Ils venaient de passer leur première nuit dans leur nouvelle maison. Comme un signe du destin, qui s'amusait avec eux depuis toujours semblait-il. Sauf que cette fois, il paraissait leur sourire.
L'an dernier, le destin lui avait arraché ce qu'elle avait de plus cher. Cette année, il lui offrait une nouvelle chance. Une nouvelle chance d'être heureuse, une nouvelle chance d'être mère, une nouvelle chance de vivre avec l'homme qu'elle aimait. Elle plissa les paupières du plus fort qu'elle le pouvait et pria avec toute sa ferveur pour que cette chance ne lui soit pas retirée encore une fois.
La date n'était sans doute pas un hasard. Chuck ne laissait rien au hasard. L'année précédente, elle ne le savait pas encore, mais ce serait la pire journée de toute sa vie. Celle où elle avait perdu une partie d'elle-même, où elle avait bien failli perdre son autre moitié par la même occasion.
Non, Chuck ne laissait rien au hasard. Ce n'était pas par hasard s'il avait voulu qu'ils se marient si vite. Ce n'était pas par hasard s'il l'avait emmenée dans les Hamptons les deux dernières semaines, s'appliquant à lui faire oublier le monde à l'extérieur.
Ni s'ils étaient rentrés le samedi et non le dimanche, au lieu de profiter du dernier jour de leur escapade.
Chuck la connaissait mieux qu'elle ne se connaissait. Il savait qu'elle n'aurait pas supporté être ailleurs qu'à New York aujourd'hui. Encore moins d'être sur la route à l'arrière d'une limousine pendant des heures pour faire le trajet.
Il remua et se tourna vers elle, l'emprisonnant dans son embrase. Elle respira son odeur boisée et la laissa s'instiller en elle jusqu'à l'enivrer.
- Bonjour ma beauté, marmonna-t-il en posant ses lèvres dans le creux de son épaule.
- Bonjour mon amour, chuchota-t-elle en passant ses doigts dans ses cheveux en bataille.
Elle sentit son petit sourire sur sa peau nue.
Soudain, chacun des muscles de son corps se crispa.
Il venait de prendre conscience de quel jour on était.
Elle se serra un peu plus contre lui. Il l'attira plus près.
Ils restèrent soudés l'un à l'autre pendant un temps indéterminé. Les heures, les minutes, les secondes n'étaient plus que des notions abstraites qui ne s'appliquaient pas à eux.
Puis, tendrement, délicatement, il déposa de petits baisers dans son cou avant de lui murmurer qu'il l'aimait plus que tout.
- Je t'aime aussi, répondit-elle d'une voix ou s'entendait les trémolos.
Il la tint à nouveau tout contre son cœur un temps indéfini puis il quitta lentement les draps et elle le suivit dans la pièce d'eau.
Pas d'ébat sauvage sous la douche, ni de regard lubrique, aucun grognement animal ou gémissement ne s'échappèrent de la cabine.
Juste deux corps qui se frottaient l'un contre l'autre, qui avaient besoin de se toucher pour continuer à exister. Des gestes emplis de douceur et des caresses pour apaiser la brûlure de la blessure encore bien trop présente et bien trop vive, l'amour pur et vrai qui les unissait l'un à l'autre.
Lorsqu'il remonta la fermeture éclair dans son dos, Chuck passa ses paumes sur son ventre et les garda là un instant. Dans le silence, elle posa ses mains sur les siennes et inspira profondément.
*****
Dimanche 7 octobre 2012 : 11h13
Arthur retira sa casquette et les salua d'un sobre petit mouvement de tête avant d'ouvrir la portière de la limousine.
Installés dans les fauteuils de cuire, la jeune femme laissa aller sa tête sur son épaule et chercha ses doigts.
Il porta sa main à sa bouche et la pressa contre ses phalanges.
La conduite du chauffeur était lente et défensive.
Le véhicule stationna devant un fleuriste et Chuck en descendit, seul.
Blair resta dans l'habitacle, bien à l'abri, les mains un peu perdues sans les siennes auxquelles se raccrocher, son esprit voyageant dans le passé, remontant les jours, les semaines, les mois, souhaitant pouvoir modifier le cours du temps.
Quand il revint dans la voiture, il déposa précautionneusement le bouquet de pivoines mauve sur le siège en face d'eux et noua à nouveau ses phalanges aux siennes.
Elle caressa sa pommette de sa main libre et posa son front contre le sien.
A nouveau la notion du continuum espace-temps perdit toute valeur pour eux.
Enfin, il frôla ses lèvres d'un baiser avant de l'attirer tout contre lui, une fois de plus.
Blair garda sa paume droite à plat sur le cœur de Chuck bien après qu'Arthur n'ait arrêté le moteur.
Soudain, elle se détacha de lui, sans précipitation et agrippa les tiges de ses fleurs préférées.
Il ouvrit la portière et quitta la limousine.
Elle le rejoignit quelques seconde plus tard.
Ils parcoururent les quelques cent mètres qui les séparaient de l'endroit où leur vie avait basculée dans l'horreur un an plus tôt.
Arrivés là, il se stoppèrent un instant en reconnaissant les silhouettes de Nate et Serena qui les attendaient.
Le jeune Archibald remercia Arthur d'un mouvement de tête et ce dernier y répondit de la même manière.
Serena rassembla son courage et fit un petit sourire à sa meilleure amie, qui s'avançait maintenant vers elle au bras de Chuck.
Le sujet n'avait pas été abordé la veille, personne ne souhaitant gâcher la bonne nouvelle et ramener les jeunes mariés à ce jour cauchemardesque. Cependant, ils connaissaient assez leur amis pour savoir qu'ils viendraient ici aujourd'hui. Ils ne pouvaient pas être ailleurs en ce jour, eux non plus.
Nathaniel, qui avait vécu cette horrible expérience en directe avec eux, posa affectueusement une main sur l'épaule de celui qu'il considérait comme un frère et ce dernier lui adressa un regard plein de reconnaissance pour son soutien avant de déposer le bouquet à l'endroit de l'accident.
Serena entrelaça ses doigts dans ceux de Blair et se tint à ses côtés tandis que le bras de son mari soutenait la brune dans son dos et qu'elle s'agrippait à sa taille.
Ils respectèrent quelques instants de silence, dans le recueillement, serrés les uns contre les autres, s'appuyant sur leur amour et leur amitié éternelle pour faire front devant les difficultés de la vie. Ils avaient toujours réagi comme ça. C'était un réflexe de défense naturel quand le monde les agressait si violemment qu'il n'y avait aucune réponse ni réplique possible.
Ils étaient là, tous les quatre pour témoigner qu'ils n'oublieraient jamais mais ne rendaient pas les armes pour autant. Ils se battraient tant qu'ils pourraient pour avoir accès à cette part de bonheur à laquelle ils avaient droit.
Bien sûr, ils avaient laissé des bouts d'eux, perdus en chemin. Bien sûr, il y avait ces douleurs qui ne pourraient jamais que s'estomper, qui demeureraient en eux à jamais, avec lesquelles ils avaient appris à vivre et qui remontaient à la surface à certains moments, parfois les moins opportuns. Bien sûr, il y avait cette rage au fond de leurs cœurs qui grondait contre les injustices de la vie.
Cependant, il y avait aussi cette envie de surmonter leurs peines et leurs souffrances, de continuer à avancer, de saisir les nouveaux rayons de soleil qui éclairaient leur chemin d'une lueur nouvelle et leur faisait miroiter le bonheur, presque à portée de main. Si près, qu'ils n'avaient pas le droit, au nom de tout ce à quoi ils avaient renoncer, de s'en détourner.
Serena enfuit sa main libre dans la poche de son nouveau Chanel couleur taupe et en ressortit une feuille pliée en quatre. Elle avait trouvé cette chanson par hasard en surfant sur le net et les mots lui étaient allés droit au cœur, ils lui paraissaient appropriés pour ce moment.
Elle jeta un œil à son frère et à sa meilleure ami qui lui répondirent par un hochement de tête.
Mais j'ai besoin de toi
Pas comme les autres pensent
C'est bien plus fort que ça
Dans l'ombre immobile
Les mots qu'on dit tout bas
De peur d'être futiles
Nos âmes sont parfois
Si fragiles
Quand la vie souffle sur nos corps
Fatigués de leur pauvre sort,
Mais qui s'enivrent encore.
Si fragiles
Les rires de nos rêves d'enfants
Qui à force de faire semblant
S'envolent, tout doucement
Dans le vide immense
Quand le vent nous murmure
Qu'il faut saisir sa chance
Les mots qui nous rassurent
Brisons les silences
Délaissons nos armures
Pour calmer nos souffrances
Au fur et à mesure
Si fragiles
Ces coups du sort ces petits riens
Cachés dans l'ombre du destin
Quand il nous tend la main
Si fragiles
Ces cris qui appellent au secours
Et disparaissent au petit jour
Et ressemblent à l'amour
Si fragiles
Comme la nuit qui ne s'écoule pas
Prisonnière entre toi et moi
Dans l'hiver et le froid
Si fragiles
Comme le souffle de ces instants
Presque aussi libres que le vent
Aussi forts et pourtant
Oh ! Si fragiles
*****
* « Si fragiles » Jessica Marquez
Dimanche 7 octobre 2012 : 13h22
Dans la limousine, le silence était toujours de rigueur. Aucun mot ne pouvait exprimer ce qu'ils ressentaient. Ils n'auraient été qu'injures. Ils puisaient le réconfort dans la présence des uns et des autres tout simplement.
Serena resserra ses phalanges autour de celles de Blair, qui restait sa tête dans le creux de l'épaule de Chuck.
Ce dernier gardait son nez enfuit dans les cheveux de la brune, au sommet de son crane, la maintenant aussi près de lui que possible tandis que la chaleur du bras de Nate, assis à sa gauche, qui frôlait le sien, était suffisante pour lui faire comprendre qu'il pouvait s'appuyer sur son ami.
Arthur se gara le long du trottoir devant la nouvelle adresse du couple et ils sortirent du véhicule chacun à leur tour.
La porte s'ouvrit sur Dorota qui les accueillit avec tout le tact dont elle savait faire preuve dans les situations délicates.
Un lunch léger les attendaient et aucun n'osa braver le regard de la femme en refusant de manger.
Même Blair, s'obligea à avaler quelques bouchées. Elle avait une autre vie dont elle devait prendre soin et elle ne voulait surtout pas rajouter à l'inquiétude de Chuck.
Lentement, mais sûrement, la vie reprit doucement ses droits.
Tout commença par un petit sursaut de la future maman. Une sensation étrange, s'emparant d'elle au creux de ses entrailles, qu'elle n'identifia que quelques secondes plus tard quand elle recommença.
Son mari, qui avait les yeux braqués sur elle quasiment en permanence, lui adressa une question silencieuse.
Elle pouvait voir la préoccupation sur son beau visage. Il tentait d'être fort pour eux mais à l'intérieur la bataille était rude. Elle ne pouvait que l'en aimer d'avantage à chaque seconde.
- Je crois que j'ai senti le bébé bouger, clarifia-t-elle.
Chacun se figea autour de la table et un sourire naquit sur ses lèvres quand la sensation revint une troisième fois.
Le cœur de Chuck flancha. Il se raccrochait à tout ce qu'il pouvait depuis son réveil, principalement sa femme et l'enfant qui grandissait en elle, qui avaient besoin de lui. Un frisson le traversa comme ses souvenirs le ramenait à l'échographie à laquelle il avait assistée.
Blair saisit sa main et la posa sur son ventre mais le mouvement était bien trop faible pour qu'il puisse le percevoir. Elle n'était même pas certaine elle-même que ce soit vraiment ça.
Cependant, lorsque ça se reproduisit une fois de plus, elle ne douta plus que ce soit son fils qui se manifestait. Peut-être voulait-il, lui aussi, lui signifier qu'il était là pour la soutenir en ce jours de souvenir malheureux.
Mais le plus important en cet instant, c'était que lui était là. Il était vivant et elle devait à ses fils de ne pas s’appesantir sur le passé et de regarder vers l'avenir.
Elle plongea dans les prunelles sombres de son mari et il sut qu'ils arriveraient au bout de cette journée.
Leur première journée dans leur nouvelle maison, la première journée de leur nouvelle vie, pleine de promesses de joie et de bonheur à venir.
Il ne pouvait pas percevoir les mouvements du bébé, c'était encore bien trop tôt et bien trop ténu pour que cela puisse traverser la paroi utérine mais il savait qu'il se manifestait pour témoigner que la vie continuait et qu'ils n'avaient pas le droit de l'oublier.
Il posa ses lèvres sur celles de sa femme, qui goûtaient le raisin qu'elle venait de croquer.
- Je vous aime, chuchota-t-il à son oreille.
- Nous aussi, répondit-elle avant de se lever.
Serena la suivit des yeux, incertaine de la réaction de la brune.
- Qui veut voir la première échographie de notre fils ? demanda cette dernière avec un sourire, son cœur subitement moins lourd.
- Moi, répondit promptement le blonde en quittant la table à son tour.
Nate jeta un œil à son ami de toujours qui lui répondit par un regard d'assentiment.
Blair faisait ça pour lui avant tout. Elle souhaitait ardemment qu'il puisse partager le message que leur enfant en devenir venait de lui délivrer. Il aimait cette femme de plus en plus fort à chaque seconde qui passait.
Il entassa quelques fruits dans une assiette et alla rejoindre son épouse qui avait déjà pris place sur le canapé. Il s'installa à ses côtés et posa la nourriture sur les genoux de la future maman avant de passer un bras autour de ses épaules.
Cette dernière appuya sur le bouton de la télécommande en enfournant une cerise dans sa bouche et se cala contre son mari pour s'émerveiller du spectacle qui commençait et ravivait l'espoir dans leurs cœurs.
Le soleil pouvait luire après l'orage, même après les pires tempêtes.
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Para 24
Dimanche 11 novembre 2012 : 7h56
Blair sentit les doigts de son mari courir sur sa peau et poussa un gémissement de plaisir quand ils atteignirent une zone particulièrement intime.
Un sourire prit place sur ses lèvres, bientôt écrasées par celles de Chuck.
Le baiser était avide et affamé d'elle. Elle y répondit sans se faire prier et le laissa la conduire sur les chemins de l'extase.
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