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Après la pluie

Série : Gossip Girl (2007)
Création : 16.05.2013 à 22h45
Auteur : katido 
Statut : Terminée

« Et si tout avait été différent ? 500 % Blass avec des pointes de Serenate et un peu de NJBC » katido 

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Dimanche 11 novembre 2012 : 9h35

Chuck enfila sa robe de chambre et laissa errer son regard sur le corps nu de sa femme. Les rondeurs qui commençaient à épouser ses formes étaient des plus délicieuses.

Elle lui jeta le haut de son pyjama en soie, qui traînait non loin d'elle sur le lit, au visage.

- Cesse de me reluquer, commanda-t-elle.

- Jamais je ne pourrai me lasser d'étudier tes courbes, lui rappela-t-il avec un petit sourire en coin estampillé «  Chuck Bass  »

Il se laissa choir sur le matelas à ses côtés et l'embrassa à nouveau goulûment.

- Chuck Bass, tu es le diable en personne, marmonna-t-elle sans cependant esquisser le moindre geste pour lui échapper.

- Et tu adores ça, susurra-t-il en s'attaquant à ce point sensible, juste sous le lobe de son oreille.

*****


katido  (10.06.2013 à 21:12)

 

Dimanche 11 novembre 2012 : 11h57

- Dépêche-toi, ordonna Blair qui repassait une couche de gloss sur ses lèvres. Mes parents seront là dans moins d'une demi-heure.

- Je sais, grommela-t-il en se maudissant lui-même.

Quelle idée il avait eue de vouloir organiser l'anniversaire de sa belle avec toute la famille  ?

Alors qu'ils auraient pu le fêter en passant la journée entre les draps  !

Elle passa une main sur le revers de son veston et l'embrassa tendrement sur la joue.

- Merci, dit-elle.

Elle était certaine qu'il regrettait à présent d'avoir envoyé le jet de BI, flambant neuf, pour ramener ses quatre parents à Manhattan.

Il était prévu qu'ils reviennent pour Thanksgiving mais Chuck s'était arrangé pour qu'ils soient présents à la fête d'anniversaire qu'il avait orchestré pour elle. La réception avait lieu le soir-même au Palace et l'avion devait atterrir sur le tarmac dans vingt minutes.

- N'importe quoi pour toi, répondit-il en caressant son menton comme il le faisait si souvent.

Il brossa un pli imaginaire sur sa manche et se dirigea vers la porte.

Elle jeta un dernier regard dans le miroir. Son ventre s'arrondissait à vue d’œil à présent. Elle y posa une main protectrice. Elle avait pris deux tailles sur le dernier mois.

Il revint sur ses pas et, se positionnant derrière elle, il passa un bras autour de sa taille.

- Tu es magnifique, souffla-t-il à son oreille.

L'étincelle de désir et d'appréciation qu'elle pouvait lire dans ses yeux sombres lui disait qu'il ne mentait pas.

Quand il la dévorait comme ça, elle se sentait la plus belle de toutes les femmes du monde, même si elle ne rentrait plus dans du trente deux.

Elle profiterait de la présence de sa mère pour lui demander quelques croquis. Les vêtements pour femme enceinte étaient tous plus hideux les uns que les autres et elle envisageait sérieusement de proposer une nouvelle ligne Waldorf, expressément dédiée aux femmes qui allaient bientôt donner naissance.

*****


katido  (10.06.2013 à 21:13)

 

Dimanche 11 novembre 2012 : 15h21

- Je suis tellement ravie pour vous deux, réitéra une nouvelle fois Eléanor.

C'était certainement la quatrième depuis qu'ils avaient partagé le déjeuner. Blair et Chuck étaient allés chercher les parents de cette dernière en limo à l'aéroport puis les avaient emmenés au Rouge Tomate pour se restaurer.

Ils en étaient à peine sortis et retournaient maintenant vers la maison des nouveaux-mariés qu'ils n'avaient pas encore eu le temps de voir avant de rentrer au penthouse Waldorf. Étant donné que la chambre de la jeune-fille ne lui servirait plus, sa mère avait proposé qu'Harold et Roman résident là.

Cependant son ex-mari et son amant trouvaient incongru de loger dans la chambre de sa petite fille. Quel que soit son âge, elle serait toujours sa Blairbear. Aussi avaient-ils accepté avec enthousiasme l'offre de Chuck de prendre une chambre au Palace, aux frais du propriétaire des lieux, bien évidemment.

Eléanor comprima la main de sa fille dans la sienne, à sa gauche.

La presque grand-mère n'ignorait pas qu'elle en faisait sans doute un peu trop. Les habitudes de son époux déteignaient sur elle. Mais elle était si heureuse qu'un nouvel enfant ne vienne enchanter la vie des jeunes gens et les leurs.

Blair avait dû se battre pour sortir de sa dépression et rien ne venait certainement mieux à point en cette période qu'un nouvel espoir de bonheur à portée de main.

Cyrus n'était pas en reste, il avait enlacé les futurs parents pendant pratiquement cinq minutes avant de leur permettre de se soustraire à son embrase.

La styliste réprima une grimace à l'idée d'être associée à une mamie. Il lui tardait cependant de voir courir son petit-fils dans l'atelier parmi les rouleaux de tissu de toutes les couleurs quand Blair l'amènerait avec elle.

Elle était également impatiente de pouvoir le tenir dans ses bras et le bercer en lui racontant des histoires. Les époux Waldorf-Rose avaient déjà prévu de faire redécorer une des pièces de leur appartement parisien en nursery lorsque leur petit-fils voyagerait jusqu'en France quand il y viendrait pour les vacances avec ses parents.

Harold et Roman avaient fait exactement la même chose dans leur vignoble près de Lyon.

Aucun d'eux n'en n'avaient souffler mot à Blair qui angoissait à l'idée d'un accroc dans le déroulement de sa grossesse. Elle avait refusé de préparer la chambre de leur fils dans leur propre maison jusqu'ici. Elle continuait à redouter le pire et n'osait imaginer comment elle gérerait la chose si elle devait perdre un autre enfant. Elle ne voulait pas se retrouver au milieu d'un pièce dédiée à son fils qui resterait horriblement vide et silencieuse.

Chuck ne voulait surtout pas la brusquer. Le Docteur Sherman avait expliqué que c'était un comportement de protection naturelle, qu'elle devait prendre les choses l'une après l'autre et prendre le temps d'intégrer chaque élément avant de passer à l'étape suivante. C'était à elle de décider quand elle serait prête.

Il leur avait également conseillé de se préparer à l'accouchement à travers diverses activités réservées à cette optique. Notamment l'haptonomie qui permettait aux parents et principalement aussi au père d'entrer en contact tactile avec le bébé en croissance.

Le futur papa avait hautement apprécié la première séance qu'ils avaient pratiquée. C'était quelque chose de magique, encore plus fulgurant que l'échographie et le doppler, il avait ainsi pu réellement entrer en interaction avec son fils.

Blair avait également choisi de s'inscrire dans un cours d'aquagym réservé spécialement aux futures mamans, ce qui avait un effet bénéfique sur elle en lui permettant de se détendre un peu. Ils allaient également bientôt fréquenter un cours de préparation à l'accouchement plus classique pour apprendre à appréhender l'événement sereinement et les rudiments de base nécessaires à tous futurs parents.

La limo se stoppa et Arthur leur ouvrit la porte.

Chuck en sortit le premier, suivi par Blair qu'il aida à s'extraire du véhicule. Il aurait préféré qu'elle ne porte plus de talons aiguilles mais étant donné qu'il n'avait pu lui apporter la preuve que c'était nuisible au bébé et qu'elle avait eu le feu vert de son praticien, elle n'en n'avait cure.

- La maison est magnifique, s'exclama Roman en admirant la masure de l'extérieure.

- Et tu n'as encore rien vu, Évelyne a fait un travail fabuleux, commenta la future maman en passant son bras sous celui de son mari pour atteindre la porte d'entrée.

Elle aurait besoin de son assistance pour escalader les marches du porche avec ses nouvelles Prada. Elle ne le reconnaîtrait pas devant lui mais il avait raison, elle devrait faire l'impasse sur les talons de plus de trois centimètres dans un avenir proche. Elle ne sentait plus ses orteils et ses chevilles étaient enflées. Cela ne se voyait pas à l’œil nu mais elle pouvait le constater elle-même lorsqu'elle ôtait ses escarpins le soir, depuis plus d'une semaine déjà.

*****


katido  (10.06.2013 à 21:14)

 

Lundi 12 novembre 2012 : 00h41

- Tu étais la femme la plus sublime de toute l'assemblée ce soir, susurra-t-il dans le creux de son oreille, tout en l'embrassant dans le cou, alors qu'ils passaient le pas de la porte de leur salle de bain bras dessus-bras dessous.

La soirée avait été longue et merveilleuse. Fidèle à lui-même, il avait su lire dans ses pensées et tout agencer de la plus belle des manières. Tout avait été parfait, des petits fours au dessert.

Elle était exténuée. Dire qu'il était à peine plus de minuit et qu'elle ne rêvait que d'un bon bain et de son lit. Il est vrai qu'elle ne s'était pas ménagée aujourd'hui. Elle avait refusé de monter s'allonger en rentrant du restaurant comme son mari le lui avait suggéré. La présence de ses parents la mettait en joie et elle voulait profiter de chaque moment qu'elle pourrait passer avec eux jusqu'à Thanksgiving.

Elle se dévêtit et laissa sa robe tombée au sol pour se retrouver en sous-vêtements. Les yeux du beau brun ténébreux pétillèrent et il l'enlaça, embrassant son front, son nez, sa joue, sa bouche, descendant le long de l'arête de sa mâchoire.

Elle ronronna de plaisir mais s'écarta un peu de lui.

- Tu veux prendre un bain avec moi  ? le tenta-t-elle.

Son petit sourire en coin, estampillé «  Chuck Bass  », prit place sur ses traits parfaits.

Elle finirait pas le tuer. Ou le rendre dingue. Ou les deux  !

- Avant tout ... Bon anniversaire, lui souhaita-t-il encore, rassemblant tout son self-contrôle pour se maîtriser et se retenir de se jeter sur elle pour l'emmener dans leur chambre sur le champ.

Chuck sortit un paquet enrubanné d'un flot bleu de la poche intérieure de sa veste et le lui tendit.

- Je ne voulais pas te donner mon cadeau devant tout le monde et puis, c'est seulement maintenant ton anniversaire.

Elle sourit en se saisissant du paquet et l'ouvrit sans attendre. Elle avait déposé sa liste comme tous les ans dans sa bijouterie préférée mais elle avait reçu chacun des articles qu'elle avait réservés de ses parents et amis, la surprise restait donc totale quand à ce que son époux avait choisi de lui offrir.

Elle ôta délicatement le couvercle de la petite boîte et découvrit un bracelet d'argent et diamant niché dans l'écrin.

- Il est magnifique, dit-elle en le posant sur son poignet.

C'est alors qu'elle remarqua deux petits cœurs en or blanc qui y étaient attachés par une minuscule chaînette.

- Un pour chacun de nos fils, révéla-t-il en le clipsant autour de son bras menu.

Le cœur de Blair fondit littéralement dans sa poitrine et ses yeux se mirent à briller autant que les pierres du bijoux.

Elle entoura la taille de l'homme à qui il appartenait et l'embrassa tendrement, refoulant ses larmes.

- J'espère qu'on pourra en ajouter d'autres, lui confia-t-il en posant son front contre le sien.

- Concentrons-nous d'abord sur celui-ci, rationalisa-t-elle en glissant une de ses paumes sur son abdomen.

Il suivit le mouvement et frotta également ses doigts contre son ventre rebondi, comme il l'avait fait lors de la séance d'haptonomie. Le bébé répondit quasiment immédiatement à sa sollicitation et il en resta hébété.

- Ton fils te connaît déjà, lui fit-elle remarquer en plongeant ses prunelles noisette dans les siennes, troublées par l'émotion. Il sait déjà qu'il aura le meilleur papa du monde.

Chuck l'attira à lui et l'embrassa passionnément. Il adorait cette femme  ! Sa femme. Elle le rendait plus heureux qu'il n'avait jamais osé en rêver en lui faisant le plus merveilleux de tous les présents du monde.

- Je t'aime, haleta-t-il en reprenant sa respiration, laissant Blair essoufflée elle aussi.

- Est-ce que ça veut dire que j'aurai droit à un massage spécial  dans mon bain  ? le titilla-t-elle encore un peu plus.

Ses hormones frétillaient. La lueur dans ses yeux ne laissaient aucunement place à la méprise.

Les flammes s'embrasèrent dans ceux de Chuck, qui se consumait littéralement d'amour pour la belle brune et il écrasa à nouveau ses lèvres sur les siennes, la soulevant dans ses bras pour la ramener dans le lit conjugal tandis qu'elle dénouait son nœud papillon, laissant la bandelette de tissu soyeux voleter dans leur sillage.

*****


katido  (10.06.2013 à 21:17)

 

Lundi 12 novembre 2012 : 3h14

Blair émit un gémissement de plaisir et laissa rouler sa nuque sur le rebord de la baignoire avec délectation tandis que Chuck pratiquait un massage thaï dont il avait le secret sur la plante de son pied gauche.

- OH  ! MON DIEU  ! s'exclama-t-elle. J'ai épousé l'homme parfait  !

- Tu en doutais  ? la taquina-t-il depuis l'autre bout de la baignoire, s'attaquant à ses délicieux petits orteils dont les ongles étaient peints en rose tendre pour s'accorder avec les sandales qu'elles portaient lors de la soirée.

Des Mark Jacobs dont les talons devaient bien faire six centimètres.

Il cessa subitement.

Blair se redressa, provoquant une vague de remous.

- Pourquoi tu t'arrêtes  ? bouda-t-elle.

Il n'avait pas encore commencé le pied droit et il manquait encore trois orteils au gauche.

- Parce que je me mets en grève à moins ...

- A moins que quoi  ? grommela-t-elle, flairant le piège.

- A moins que tu ne renonces à porter des talons de plus de deux centimètres et que tu n'autorise Dorota à faire le grand nettoyage dans ton dressing à chaussures.

- Primo, tu ne sais même pas ce que le mot grève signifie, sinon tu ne l'utiliserais pas tant à la légère en tant que codirecteur d'une multinationale. Secundo, si tu refuses de veiller à mon confort et mon bien-être, tu peux te préparer à faire ceinture jusqu'à l'accouchement.

- Primo, je connais parfaitement la signification de ce mot, je te rappelle qu'en Europe, ils n'ont que ce mot à la bouche. Secundo, si je dois faire abstinence, tu devras également en assumer les conséquences et vu tes hormones plus que déchaînées, c'est toi qui me suppliera dans moins de vingt quatre heures.

Elle laissa échapper un hoquet, offusquée et retira rapidement sa cheville d'entre ses mains.

Cependant, elle reconnaissait intérieurement qu'il avait raison. Le gynécologue l'avait avertie qu'elle pourrait être sujette à une libido exacerbée, c'était un symptôme assez courant chez les femmes enceintes, mais elle n'avait pas imaginé que ce serait à ce point. Pour le plus grand bonheur de Chuck  !  ... Et le sien.

- Trois centimètres et Dorota ne retirera rien de ma penderie sans mon autorisation  ! concéda-t-elle.

- Soit, mais j'ai un droit de veto sur tes Altadama, négocia-t-il en rattrapant son mollet sous l'eau mousseuse.

Elle arqua un sourcil interrogateur. Les Louboutin faisaient quatorze centimètres de haut  !

- Tu les porteras exclusivement pour moi, et pas pour marcher, acheva-t-il avec un sourire sardonique au coin des lèvres.

Elle se laissa glisser contre la paroi de la baignoire, reprenant ses aises avec une étincelle diabolique au fond de ses iris et agita ses doigts de pied sous son nez pour qu'il puisse poursuivre.

*****




katido  (10.06.2013 à 21:18)

 

Para 25

Samedi 8 décembre 2012 : 12h17

Blair inspira profondément et relâcha l'air le plus lentement possible comme l'avait indiqué Janet, la responsable du groupe. Elle se dirigea vers l'échelle pour sortir de la piscine tout en discutant avec une autre future maman.

Tous les samedis matins, elle commençait par nonante minutes de relaxation en salle puis enchaînait par une heure et demie de mouvements dans la piscine. Grâce à la pression hydrostatique, qui agissait comme un massage sur le corps, les inconforts corporels de la grossesse étaient quelque peu diminués.

Ce qui n'était pas un mal car son dos la faisait souffrir et ses jambes étaient lourdes. Elle avait pris six kilos à présent. Cependant le Docteur Bergman trouvait qu'il n'y avait rien d'alarmant, au contraire. Elle tentait donc de ne pas faire une fixation sur les chiffres que la balance affichait.

Au programme : exercices d’entretien corporel, travail sur l’apnée, étirements et relaxation. Des bienfaits qui devaient aider les futures mamans à se détendre dans une eau chauffée à trente deux degrés. Légères comme des plumes, les femmes enceintes se sentaient comme enveloppées et rassurées. Un contexte qui permettait de vivre des sensations nouvelles et l’impression d’être en harmonie, en symbiose avec bébé.

Les séances de yoga lui faisaient également un bien fou. Elle avait opté pour ses choix en plus des cours de préparation à l'accouchement auxquels elle les avait inscrits et qui se déroulaient les mardis et jeudis soirs. Le psychiatre avait recommandé de faire un pas après l'autre et c'est ce qu'elle s'appliquait à faire.

Tout était une question de contrôle bien sûr. C'était le maître mot dans la vie de Blair Waldorf - Bass. Que ce soit à l'atelier ou dans ses loisirs, elle avait besoin d'avoir les clefs en main pour se sentir en sécurité.

Avec le soutien de Chuck, elle avançait pas à pas et réussissait à garder le cap et à maîtriser ses angoisses.

Il avait chargé Dorota de l'aider à veiller à ce qu'elle n'en fasse pas trop. Sa mère avait aussi décrété que Cyrus et elle resteraient à Manhattan jusqu'à ce que sa fille donne naissance et même un peu plus longtemps si nécessaire. Avec une équipe comme celle-là, elle ne pouvait que se sentir épaulée.

Blair faisait également son petit bonhomme de chemin dans sa nouvelle vie professionnelle. La styliste avait accueilli l'idée d'une ligne de grossesse Waldorf Designs avec enthousiasme, se demandant pourquoi elle n'y avait pas songé elle-même.

Un sourire afflua aux lèvres de la jeune femme en pensant qu'elle allait bientôt se retrouver dans les bras de son mari. Elle ne les avait quittés que trois heures en tout mais ils lui manquaient déjà horriblement. Elle quitta l'espace réservé aux futures mamans et se dirigea vers l'autre bassin.

Chuck avait pris l'habitude de venir y nager pendant qu'elle assistait à son cours de yoga puis à celui de préparation à l'accouchement dans l'eau. Il disait que ça l'aidait à se vider la tête et à évacuer le stress.

Les affaires de Bass Industrie étaient à nouveau florissantes, le prince crapaud avait perdu la guerre. Le petit chantage de Georgina avait soufflé un coup de froid (on pouvait même dire que c'était une période glaciaire) sur les monarchies européennes et leurs descendances et l'entrée en jeu de Bart avait définitivement fait pencher la balance.

Du coup, son mari pouvait lui aussi souffler un peu et s'octroyer quelques heures de détente. Il essayait de rentrer à une heure raisonnable du bureau chaque soir et l'accompagnait dans ses activités le samedi matin.

Blair en était plus que ravie, d'autant que la natation hebdomadaire qu'il pratiquait avait développé sa musculature, ce qui n'était qu'un avantage dont elle pouvait pleinement profiter. Il n'avait jamais été du genre sportif et elle appréciait à sa juste valeur son corps plus robuste et plus ferme.

Tandis que sa silhouette à elle devenait de plus en plus flasque  !

Elle aurait intérêt à s'inscrire à un club de gym pour évacuer tout le surpoids de sa grossesse et retrouver sa ligne après la venue du bébé. Pour sa part, elle détestait l'eau chlorée qui avait un effet plus que désastreux sur ses boucles brunes.

Heureusement pour la préparation à l'accouchement, nul besoin de se mouiller la tête, il lui suffisait de les remonter en chignon et le tour était joué.

Elle franchit la porte de la piscine olympique et balaya les lieux du regard. En général, il s'entraînait au couloir quatre.

Sauf qu'il n'était pas au couloir quatre et qu'elle n'était pas la seule à hautement apprécier les muscles saillants de son torse nu  !

Il se tenait près des plongeoirs de l'autre côté de la piscine.

Elle étouffa un hoquet offusqué. Une femme aux cheveux clairs et courts minaudait devant lui en se tortillant sur le bord du bassin. Sûr qu'elle n'avait pas de question à se poser sur sa plastique. Avec ses longues jambes galbées, sa taille de guêpe et son ventre plat comme un galet, elle ressemblait à une sylphide.

La blonde pencha légèrement la tête sur le côté, tout en continuant à converser et se dandiner devant lui.

D'une manière si subtile, songea Blair, dont le sang bouillonnait tout à coup.

Avant même qu'elle ne le sache elle-même, elle s'était approché d'eux et avait poussé la sirène sculpturale dans la piscine.

Chuck sursauta et se tourna vers sa femme, qu'il n'avait ni vue, ni entendue arriver.

- Blair  ! lâcha-t-il, comprenant en une fraction de seconde ce qui trottait dans la tête de son épouse.

- Non, mais ça va pas  ? C'est quoi ton problème  ? hurla la blonde en se hissant sur le rebord et se redressant devant la petite brune.

- Ton problème, c'est que c'est mon mari que tu es en train de draguer  ! riposta-t-elle, tremblante de colère, en agrippant la main gauche de ce dernier pour mettre son alliance en évidence, avant de la relâcher.

- Blair ... voulut intervenir Chuck.

Il passa ses doigts dans ses cheveux parsemés de gouttelettes d'eau et sa langue sur ses lèvres, cherchant ses mots.

Il était plus beau que jamais  ! ... Elle le détestait  !

- Toi, tais-toi  ! fulmina-t-elle avant de lui tourner le dos et de rejoindre les vestiaires du club sportif d'un pas rapide, presque en courant.

- Blair  ! cria-t-il encore en lui emboîtant le pas, laissant la pauvre fille avec qui il parlait l'instant précédent plantée là, complètement ahurie.

Elle n'aurait certainement pas le poste qu'elle espérait briguer chez BI mais étant donné ce qu'elle venait de subir, c'était certainement mieux comme ça  ! La femme du CEO était une véritable folle furieuse.

- Blair  ! s'époumona encore Chuck en poursuivant la brunette le long des cinquante mètres.

Mais elle ne l'écoutait nullement, elle fonçait vers les douches, hâtant encore le pas.

Elle passa le mur d'entrée comme une furie, considérant presque qu'il ne la suivrait pas jusque dans l'espace réservé exclusivement aux femmes mais elle n'y croyait pas vraiment. En plus, l'endroit était vide.

Elle visa la porte du fond qui donnait sur les cabines, espérant l'atteindre avant qu'il ne la rattrape.

Soudain, son pied glissa sur le carrelage mouillé et elle se sentit perdre l'équilibre. Elle écarta les bras dans un réflexe pour tenter de récupérer sa stabilité et essaya d'agripper la poignée, sans succès. L'idée qu'elle était enceinte de cinq mois et des conséquences hypothétiques d'une chute traversa son cerveau comme un éclair. Une peur fulgurante s'abattit sur elle comme un faucon sur sa proie.

Mais au lieu de percuter la surface dure du sol, elle se retrouva soutenue par ses mains dans son dos puis par ses biceps puissants sous ses aisselles. Ses avant-bras glissèrent de ses côtes à sa taille et son dos heurta ses pectoraux.

Elle se raccrocha à ses mains fermes, qui se nouaient maintenant sur son ventre rebondi où grandissait leur enfant.

- Chuck, haleta-t-elle, au bord des larmes.

- Je suis là, la rassura-t-il en resserrant son étreinte autour d'elle.

Elle éclata en sanglots et se mit à trembler. Elle se sentait soudain frigorifiée, elle grelottait. Ses jambes ne la portaient plus et elle se laissa complètement aller contre lui.

Son cœur battait si fort qu'elle avait l'impression qu'il allait imploser. Son cerveau carburait à une vitesse phénoménale, tout comme la sang qui courrait dans ses veines et battait maintenant contre ses tempes. Elle s'était laisser envahir par la colère à nouveau. Elle avait bien failli tomber. Elle n'avait pas réfléchi, pas penser aux conséquences ...

- Le bébé, hoqueta-t-elle.

- Il va bien. Tout va bien, murmura-t-il contre son oreille. Calme-toi. Il va bien. Tout va bien. Respire. Doucement. Tout va bien, je te le promets.

Elle fit de son mieux pour mettre ses instructions en pratique et réussit à ralentir sensiblement sa respiration.

Chuck ferma les paupières, continuant à lui prodiguer des conseils. Son cœur battait à tout rompe dans sa poitrine. Il l'avait vue vaciller et n'avait eu que le temps de l'attraper au vol. Il fit un effort pour appliquer ses propres recommandations. Il inspira lentement puis expira tout aussi lentement, lui donnant le rythme à suivre.

Elle frissonnait dans ses bras et il s'aperçut qu'elle avait la chair de poule. Sa peau était glacée. Il sentait les ongles de la femme de sa vie qui s'enfonçaient durement dans la sienne. Il fit quelques pas de côté, l'emportant avec lui et appuya sur le pressoir du pommeau de douche qui libéra sur eux une eau chaude et réconfortante.

Elle suffoqua un instant, surprise par la sensation de chaleur qui se propageait dans son corps. Petit à petit, elle se détendit, ajusta sa respiration et régula le rythme de ses battements de cœur. Ses membres étaient à présent enveloppés d'une douce chaleur au contact de ceux de Chuck qui la maintenait contre lui.

Il relâcha un peu son étreinte pour lui permettre de lui faire face et de mieux se blottir dans ses bras. Elle garda son front posé contre son pectoral, laissant ses cheveux détrempés goutter dans sa nuque.

Un des bras de son mari lui ceinturait toujours la taille, tandis que son autre paume reposait sur son ventre rond. Elle fit courir ses phalanges sur les siennes et les entrelaça.

- Je ... Je suis désolée, s'excusa-t-elle. Je ... Je ne sais pas ce qui m'a pris ... Je t'ai vu avec cette fille et ... J'ai complètement perdu le contrôle ... Je n'ai même pas réfléchi ...

Il l'embrassa sur le dessus de son crane mouillé et soupira, puis caressa l'arrière de son bras de bas en haut.

- Elle est venue m'aborder parce qu'elle a envoyé son c.v. pour le poste vacant à BI, expliqua-t-il maintenant qu'elle était disposée à écouter sa version des faits. Elle m'a vu là et s'est dit qu'elle aurait tort de ne pas saisir l'opportunité de sortir du lot.

- Maintenant elle en sortira, pour sûr  ! commenta Blair soudain secouée par un fou-rire après cette immense frayeur.

- Maintenant, je pense qu'elle ne voudra plus postuler et retirera sa candidature, rectifia-t-il en riant à son tour.

Les flots qui se déversaient sur eux cessèrent et elle s'écarta d'un pas pour le regarder dans les yeux.

La crise de panique était passée mais il savait qu'il appellerait le Docteur Bergman pour solliciter un rendez-vous dans l'après-midi même afin de s'assurer plutôt deux fois qu'une que tout allait bien.

- Je suis vraiment désolée, s'excusa-t-elle encore.

Il porta la main au menton de la future maman et attira sa bouche vers la sienne.

- Je t'aime, je n'ai jamais aimé que toi et je n'aimerai jamais personne d'autre que toi, murmura-t-il contre ses lèvres avant de l'embrasser tendrement.

Elle noua ses mains dans sa nuque et se hissa sur la pointe des orteils pour approfondir leur baiser. Il resserra son emprise autour de sa taille pour mieux la coller contre lui malgré son bedon proéminent.

Un raclement de gorge mit fin à leur démonstration d'affection et ils se séparèrent à regret.

Blair frissonna à nouveau et il saisit un peignoir mis à disposition des membres du club qui pendait à un crochet non loin d'eux pour l'envelopper dans le tissus épais et moelleux. Elle glissa ses bras dans les manches et agrippa ses doigts pour l'entraîner avec elle vers la partie des cabines individuelles réservées aux femmes.

- Mes vêtements sont de l'autre côté, lui fit-il remarquer après que la porte des douches se soit refermée derrière eux, les isolants à nouveau.

- Qui a dit que tu avais besoins de tes vêtements  ? demanda-t-elle en le tirant plus loin entre les parois.

*****


katido  (11.06.2013 à 21:43)

 

18 décembre 2012 : 20h00

Ève sortit de la limousine lorsque Humphrey lui ouvrit la portière. Elle resserra son Valentino bleu nuit autour d'elle. Le vent de décembre était froid et piquant, l'hiver, qui ne démarrerait théoriquement que dans trois jours, avait pris de l'avance sur le calendrier.

Bart enveloppa ses épaules de son bras et la dirigea vers l'intérieur du Park Avenue Automn.

Elle admira la salle du restaurant, luxuriante et se dit qu'elle pourrait réellement apprécier la soirée avec lui.

Ce n'était pas la première qu'elle passait en sa compagnie, ni la première nuit qu'elle terminerait dans les mêmes draps que lui.

Comme l'avait prédit sa sœur, qui avait accepté une offre d'emploi au Washington Post, il lui avait fallu en tout et pour tout une bonne semaine avant de céder à son charme et à ses avances à peine déguisées.

Ce n'était pas le genre de l'homme. Il allait droit au but et ne s'embarrassait pas des détails et autres préliminaires. C'était ce qui lui plaisait en lui.

Au contraire de toutes les personnes mièvres et fourbes qu'elle avait rencontrées à son arrivée sur le territoire américain, il était franc, même rustre, mais au moins il n'y avait pas besoin de tergiverser pendant des heures sur ses réelles intentions. Il venait en conquérant, tout simplement.

Elle retint une grimace lorsqu'elle aperçut Anne et Howard Archibald assis à une table bien placée. Bart lui avait dit qu'ils devaient rejoindre un autre couple mais n'avait pas accepté de révéler quel était l'identité des personnes en question, lui assurant que cela gâcherait la surprise.

Elle avait toutefois du mal à concevoir qu'il soit prêt à passer toute une soirée avec la fille de William Vanderbilt. Même si elle ne doutait pas une seule seconde que les deux hommes en question sachent s'accommoder l'un à l'autre quand cela pouvait servir leurs intérêts communs.

Elle les soupçonnait d'être à l'origine du départ de Diana, qui avait commencé à empaqueter ses cartons la semaine précédente. Sa sœur devait commencer en tant que responsable des publications en janvier. Elle ne doutait pas que les deux hommes d'affaires aient su trouver un terrain d'entente à ce sujet pour éloigner l'éditrice du Spectator de New York.

D'un autre côté, Dia avait exprimé son désir de changer d'air. La cohabitation avec le petit-fils de William devenait de plus en plus suffocante pour sa cadette. Bien évidemment, La présence de fille de Lily n'aidait pas du tout à dépolluer l'air au journal.

Heureusement, Washington n'était qu'à quelques heures d'avion de Manhattan et elle pourrait rendre visite à sa sœur quand elle le désirerait. Bart lui avait assuré qu'elle aurait le jet quand bon lui semblerait pour ce faire.

Elle se sourit intérieurement. Elle avait toujours un certain pouvoir sur le grand Bartholomew Bass.

Leur fils ne s'était pas trompé à ce sujet.

Elle avait redécouvert avec ravissement que, malgré les années passées loin l'un de l'autre, ses sentiments pour elle étaient toujours présents et que, maintenant qu'il avait passer outre son orgueil pour le bien de Chuck en venant la trouver à Zurich, il ne ferait plus marche arrière.

Bien sûr tout n'était pas si simple et il y avait eu beaucoup d'explications et de discussions, parfois très animées, à propos de toutes ces années où ils étaient restés enfermés dans leur rancœur respective.

Cependant, il semblait que  l'homme sans cœur, comme aimait à l'appeler sa petite sœur, ait finalement accepter l'idée qu'il avait le droit d'utiliser celui qu'il avait. Il paraissait avoir tirer leçon de leur fils en quelque sorte et elle ne pouvait que s'en réjouir.

Elle se réjouit également quand ils dépassèrent la table des Archibald sans même s'y arrêter.

Malheureusement pour elle, Anne ne laissa pas passer l'opportunité qui passait à sa portée.

- Évelyne  ! Bart  ! Quelle surprise et quelle joie de vous voir ici ce soir, s'exclama la femme du Capitaine sans leur laisser la possibilité de faire semblant qu'ils ne les avaient pas vus.

- Anne, Howard, les salua poliment la brune, plaquant à son tour un faux sourire sur ses lèvres.

Les deux hommes se serrèrent la main  même s'ils s'étaient vus quelques heures plutôt dans les locaux de Bass Industrie.

- Voulez-vous vous joindre à nous  ? proposa la commère d'une manière un peu trop enjouée.

- J'ai bien peur de devoir décliner, asséna Bart sans prendre la peine de s'excuser.

Il était le Big Boss et Howard était un de ses employés, il n'avait pas besoin de s'entourer de toutes les salamalecs qui ont cours dans une relation avec un associé potentiel.

- Nous venons célébrer l'anniversaire d’Ève et nous sommes attendus.

Il était plus qu'évident qu'il n'avait aucune intention de les invités à partager cet événement, aussi ne s'attarda-t-il pas plus que nécessaire devant la table du couple.

Il fit un petit mouvement de la tête pour signifier que la conversation était terminée et passa son chemin, entraînant la brune avec lui sans aucune considération pour le regard outré d'Anne, dû à son manque de civilité mondaine évidente.

Un serveur se précipita à leur rencontre. Il les accueillit avec un sourire chaleureux (aussi grand qu'il espérait son pourboire) et les précéda jusqu'à un salon privé.

Quand Ève pénétra dans l'espace intime, son cœur rata un battement de surprise. Une vraie bonne surprise celle-là. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux et cligna des paupières pour les refouler.

Son fils était attablé avec sa charmante épouse et se leva à leur arrivée.

- Bon anniversaire, lui souhaita le jeune homme en la prenant dans ses bras.

Elle savoura cette étreinte aussi longtemps que possible, la prolongeant tant qu'elle le pouvait sans que cela ne devienne gênant pour qui que ce soit.

- Merci, dit-elle quand il se dégagea lentement.

Sa seule présence était le plus beau des cadeaux dont elle puisse rêver.

- Bon anniversaire, répéta sa belle-fille.

Son ventre commençait à se voir véritablement et au lieu de le camoufler, elle arborait fièrement ses rondeurs, qui lui allaient à ravir, soit dit en passant.

Ève n'ignorait pas que sa bru n'était sans doute pas totalement étrangère à cette rencontre organisée à son insu. Elle fut étonnée de constater le regard de complicité qui s'établit entre son amant et la brunette.

Depuis quand Bart Bass et Blair Waldorf étaient-ils dans la même équipe  ?

Elle prit place à la table dressée à la perfection et nota cinq couverts tandis que le serveur apportait des coupes de champagne et un verre de cidre de pomme sans alcool pour la futur maman.

- Bon anniversaire Evy, déclara soudain la voix chargé de l'accent de leur pays natal de sa cadette.

- Dia  ! s'étonna son aînée.

C'était déjà une prouesse d'avoir obtenu que son fils soit là, mais qu'en plus Bart accepte de partager un repas avec Diana et inversement tenait du miracle.

- Désolée d'être en retard, s'excusa cette dernière. Quelques détails à régler avec mon nouvel employeur avant ma prise de fonction le mois prochain.

La couguar s'assied entre Blair et Ève avec un sourire éblouissant malgré le regard froid du magna de l'immobilier à son encontre.

Pourquoi s'était-il laissé convaincre d'inviter la sœur de la femme qu'il aimait  ?

Parce qu'il l'aimait justement et qu'il devenait certainement bien trop faible depuis qu'il avait décidé de laisser entrevoir ses sentiments pour elle et de leur permettre de s'exprimer.

Il se rasséréna néanmoins en pensant au fait que l'Anglaise aux yeux clairs quitterait l’État dans moins de deux semaines et qu'il n'était pas totalement étranger à cette proposition d'embauche. Le plus difficile avait été de convaincre William Vanderbilt de la laisser partir.

Cependant un investissement astucieux de sa part dans les médias avait résolu le problème. Il était toujours utile d'avoir des billes dans ce genre d'affaire, se justifia-t-il.

Le sourire de la brune qui atteignait ses yeux, si identiques à ceux de leur fils, lui fit oublié tout le reste.

Ce devait être contagieux car ses lèvres s'étirèrent vers le haut sans qu'il puisse les en empêcher lorsqu'il réalisa qu'ils formaient une famille. Pas une comme celle dans laquelle il avait grandi, avec la peur au ventre d'anticiper comment se terminerait chaque repas à chaque fois qu'il s'installait sur sa chaise devant l'unique table en formica d'un appartement minuscule.

Non, une famille ou régnait la paix et la compréhension, où se développait et se créait des liens bien plus forts que tout le pouvoir que l'argent ne lui avait jamais apporté. Une famille non sans faille, ni défaut, mais une famille, somme toute, comme celle qu'il voyait sur l'écran de télé quand il ramassait les canettes vides que son père avaient abandonnées près du sofa. Celles qui lui semblaient irréelles et inaccessibles.

Ce soir, cette famille, sa famille était réunie autour de la table d'un des meilleurs restaurants du quartier le plus chic et le plus riche de New York.

Son père se trompait. Les femmes n'étaient pas la pire chose qui puisse arriver à un homme, elles étaient ce qui faisaient ressortir le meilleur en eux.

Mais pour le comprendre encore fallait-il trouver celle qui saurait lire dans votre cœur.

Il posa ses yeux acier sur son fils, leur fils. Il l'observa se pencher vers sa jeune et jolie épouse qui portait son petit-fils dans ses entrailles et lui chuchoter quelque chose à l'oreille. La brunette rougit légèrement et lui administra une petite tape sur le bras avant qu'il ne pose sa main sur son ventre rebondi.

Chuck lui avait appris bien plus que son propre père ne l'avait jamais fait. Il lui avait montrer le chemin vers la sérénité et le bonheur.

Ce dernier releva la tête et rencontra son regard.

Bart leva son verre dans sa direction et il répondit par un geste identique.

- A Ève, déclara Bass Senior.

- A Ève, reprirent d'une même voix tous les convives.

Cette dernière posa affectueusement sa main sur la sienne tandis qu'elle absorbait une lampée de Don Pérignon, ravie de cette soirée finalement.

*****


katido  (11.06.2013 à 21:44)

 

Para 26

 

Samedi 19 janvier 2013 : 12h26

Chuck vira et appliqua une bonne poussée contre le mur pour se propulser plus loin. Encore une dernière longueur avant de quitter l'eau pour rejoindre sa femme et son fils.

Les carrelages du fond du bassin passaient devant ses yeux tandis que ses jambes battaient et que ses bras tiraient l'eau vers le bas de son corps l'un après l'autre. Il tourna la tête pour prendre une respiration, un mouvement sur trois.

Il n'avait jamais été du genre sportif. Pourtant, venir ici tous les samedis matins lui permettaient de garde le cap. Dans les flots, dessinant mécaniquement les mouvements adéquats pendant que son esprit mettait au clair toutes les choses qu'il avait emmagasinées pendant la semaine.

Il ne pensait pas qu'il se prendrait de passion pour la natation, mais l'avantage, c'est que ce n'était pas une activité collective. Il n'avait pas à faire confiance à ses coéquipiers, ni à localiser qui était le mieux placé. Il n'avait pas à réfléchir à une tactique particulière pour gagner.

Car lorsqu'il jouait, c'était pour en sortir victorieux. Sinon à quoi bon  ?

Ici, il n'y avait pas de compétition. Il n'avait pas à être meilleur que qui se soit. Il nageait pour lui-même tout simplement. Pour ressentir la résistance de l'élément naturel contre ses muscles qui se tendaient et se détendaient et la sensation de son corps qui glissait dans les flots.

Son esprit pouvait s'évader ou se perdre en conjectures et en suppositions. Il était libre de laisser libre cours à ses pensées, à ses peurs et à ses angoisses, qu'il évacuait d'un simple geste, comme il rejetait l'eau dans son sillage, les laissant derrière lui tandis qu'il progressait vers l'autre bord du bassin.

Il pouvait aussi nourrir les espoirs les plus fous. Les espoirs de voir son bonheur se réaliser sans que rien ne vienne contrecarrer ses projets, comme il approchait du but qu'il s'était fixé, cheminant le long de la ligne d'eau qui le guidait jusqu'au prochain mur, jusqu'à la prochaine longueur, toujours plus loin. Il n'y avait pas de fin, chaque virage était négocié comme un obstacle qu'il surmontait allègrement.

Il vit la démarcation sombre dans le fond de la piscine qui lui indiquait qu'il n'avait plus que trois moulins à faire avant d'être arriver au bout. Il aspira de l'air une dernière fois et ralentit ses mouvements de bras pour ne pas se briser le poignet sur le rebord.

Sa paume s'agrippa au muret puis il reprit pied dans la petite profondeur. Il se débarrassa de ses lunettes et leva la tête pour sortir de l'eau. Il rencontra le regard de sa femme, qui l'observait à un mètre de là, une sourire sur son joli minois.

Elle était toujours la plus belle chose qu'il ait jamais vue. Son ventre s'était encore arrondi. Il la trouvait sexy en diable, même si, elle, ne cessait de pester contre les kilos qu'elle avait pris et les vergetures qui menaçaient de marquer sa peau à jamais.

Ça lui était totalement égal. Au contraire, lui, prenait ça comme une preuve supplémentaire de la présence de leur fils qui grandissait en elle. Avec l'avancement de la grossesse, les cours d'haptonomie étaient devenus de plus en plus concrets. Le bébé réagissait dés que Blair ou lui posait leur main sur l'abdomen gonflé de vie de la futur maman.

Il prit appui sur ses biceps et s'extrait du bassin pour rejoindre la femme de sa vie.

Dés qu'il fut à sa portée, elle passa une de ses mains dans ses cheveux mouillés et noua l'autre à ses phalanges.

- Le spectacle te plaît  ? demanda-t-il avec un sourire ravageur.

- Il est parfait, répondit-elle en écrasant langoureusement ses lèvres sur les siennes.

Il passa ses bras autour de sa taille et lui rendit son baiser, jusqu'à ce qu'il sente un coup contre ses abdominaux. Il relâcha son étreinte et reprit sa respiration, apposant sa paume là où il avait sentit se manifester le bébé.

- Je pense que ton fils est aussi égocentrique que toi, s'exclama-t-elle. Il veut toujours qu'on ne s'occupe que de lui.

- C'est un Bass  ! déclara-t-il avec suffisance.

Elle roula des yeux au ciel et l'embrassa encore avant de tourner sur ses talons pour rejoindre le vestiaire. Pas le temps de batifoler aujourd'hui. Elle avait préparer quelque chose de spécial pour son anniversaire.

Heureusement, elle avait pu compter sur le concours de leurs amis et familles. Même Bart s'était chargé de l'accaparer plus qu'à l'ordinaire pendant toute la semaine pour leur permettre d'organiser la surprise.

Elle n'aurait pas pu s'en sortir autrement étant donné qu'il ne la lâchait pour dire pas d'une semelle. Étrangement, plus ses craintes à propos de sa grossesse s'estompaient, plus celles de Chuck semblaient s'aviver. Elle avait été réellement soulagée quand la période fatidique à laquelle elle avait perdu leur premier enfant avait été dépassée.

Les séance avec le Docteur Sherman portaient leurs fruits et elle parvenait à rationaliser et à se projeter véritablement dans l'avenir avec leur fils à présent. D'ailleurs, elle espérait bien que son cadeau aiderait Chuck à voir qu'elle avait réussi à dépasser l'événement tragique pour se tourner entièrement vers leur futur bonheur.

Elle quitta la cabine et se maquilla rapidement avant de rejoindre son époux qui l'attendait dans l'entrée. Ils disposaient de moins d'une heure pour se rendre au Per Se où leurs familles devaient les rejoindre exceptés son père et Roman qui étaient déjà repartis pour Lyon.

Chuck et Blair étaient allé passer les fêtes de fin d'années en France, après que le jeune homme se soit assuré de la distance entre le vignoble et l'hôpital le plus proche et que le gynécologue ait donné son feu vert ainsi que le psychiatre.

Ils avaient passé un peu moins d'une dizaine de jours loin de la vie trépidante de Manhattan et même si elle regrettait un peu l'agitation de New York à cette période, elle avait apprécié d'être traitée comme un coq en pâte par son père, qui était une vrai mère poule, et Roman. Et puis, elle ne pourrait pas patiner au Rock Feller Center cette année donc, elle n'avait pas perdu grand chose.

Au contraire, elle avait profité d'une seconde lune de miel. Enfin presque, parce que la présence de son père ne favorisait pas vraiment de rester enlacer dans les draps avec Chuck toute la journée, même si elle était mariée et enceinte.

Les futurs parents avaient donc accentués le côté romantique en faisant des balades dans les vignes enneigées et en visitant les marchés de Noël avec Eléanor et Cyrus qui les avaient accompagnés.

Elle avait pensé que son époux s'en plaindrait plus que ça d'ailleurs, mais il avait eu l'air de plutôt bien s'en accommoder. Elle se fit la réflexion qu'il n'avait également fait aucun commentaire désobligeant sur la fin de sa période de libido débridée.

D'un autre côté la pratique devenait de plus en plus «  compliquée  » avec son ventre qui commençait à prendre toute la place et son corps malmené par la grossesse.

Pas étonnant qu'il ne se plaigne pas  !

Blair le repéra, appuyé contre la limo, qui l'attendait devant le club de sport. Elle sourit, elle était incapable de comptabiliser le nombre de fois où elle l'avait retrouvé dans ce contexte ou la suivant dans le véhicule roulant au pas. Elle s'était même fait un jour la remarque qu'il semblait avoir la faculté de toujours connaître l'endroit ou elle était, avant de se rappeler que la signalisation gps de son téléphone était activée !

Il ouvrit la portière quand elle arriva presque à sa hauteur et se glissa sur le siège après elle. Elle se rapprocha de lui et ajusta son nœud de cravate avant de passer ses doigts dans ses cheveux encore un peu humide.

- J'ai réservé au Per Se, l'informa-t-elle.

- Blair, la mit-il en garde, flairant la piège.

- Tu ne pensais pas vraiment que j'allais prendre au sérieux le fait que tu m'interdises d'organiser quoi que ce soit pour ton anniversaire  ?

- J'étais tout ce qu'il y a de plus sérieux, tu n'avais pas à t'encombrer avec de pareilles idioties.

- Ce ne sont pas des idioties  ! Célébrer le jour de ta naissance est une chose importante. Moi j'adore fêter mon anniversaire et tu avais orchestré une soirée magique et une après-soirée encore plus féerique, ajouta-t-elle avec une lueur de malice qui pétillait dans ses prunelles.

- Justement, toi tu aimes ça, mais moi ...

- Tu aimeras aussi après aujourd'hui. Et puis ça nous fait plaisir au bébé et à moi, tenta-t-elle en visant le point sensible.

Il ne répondit pas, se contentant de regarder le paysage urbain qui défilait par la fenêtre.

- Chuck, soupira-t-elle. Je sais que tu ne l'as jamais fêté, mais c'est parce que tu pensais que ta mère était morte ce jour-là.

Il avala sa salive et essaya de penser à autre chose. Il ne voulait surtout pas parler de ça.

- Sauf que ce n'est pas le cas, continua Blair. Cette année, Ève sera là pour le fêter avec nous et puis nous avons une nouvelle vie à présent et ton anniversaire fait partie des dates importantes, que tu le veuilles ou non. Qu'est-ce que tu répondras à notre fils quand il demandera pourquoi on célèbre le jour de naissance de tout le monde sauf le tien  ?

Elle marquait un point.

- Donc, si je comprends bien, tu m'as organisé un repas surprise, bougonna-t-il sachant qu'il n'avait aucun moyen d'y échapper.

- Exactement, sourit-elle. Et tu verras, je suis certaine que tu apprécieras. Tu as toujours aimé être le roi de la fête, non  ?

Elle marquait deux points.

*****


katido  (12.06.2013 à 19:15)

 

Dimanche 20 janvier 2013 : 5h21

Blair s'étira dans son sommeil et se rendit compte que Chuck n'était pas auprès d'elle dans les draps. Elle s'assied sur le matelas et alluma la lampe de chevet. Elle frissonna et attrapa sa robe de chambre, qu'elle passa rapidement avant de s'aventurer sur le palier.

Elle poussa la porte de la pièce attenante à la leur et le trouva là, installé dans le rocking-chair, perdu dans ses pensées.

Elle se doutait qu'il y viendrait.

- Est-ce que ça va  ? questionna-t-elle en s'approchant lentement.

Il acquiesça et l'attira sur ses genoux.

Elle se laissa faire et se cala du mieux qu'elle le pouvait dans le fauteuil.

- Tu aimes  ? redemanda-t-elle encore une fois, posant sa chevelure dans le creux de son épaule.

Elle avait fini par faire décorer la chambre de leur fils. Avec l'aide d’Évelyne, elle s'était arrangé pour que les peintres fassent le travail en huit heures et que les fournitures soient livrées dans la même journée. Laissant à Dorota le soin de tout superviser pendant qu'elle retenait Chuck le plus longtemps possible au restaurant à l'occasion de la célébration de son anniversaire avec leur famille.

Elles avaient choisi un thème savane, avec des baobabs et des girafes. Les meubles en bois foncé tranchaient sur les murs clairs.

Une simple frise vert pomme à mi-hauteur, raccordée avec un tapis dans les mêmes tons sur le parquet ciré, donnait un air gai et léger à la pièce tout en restant simple et assez sobre. Le linge de lit avait bien entendu été coordonné au reste, attendant la venue de bébé.

- Ève et toi avez vraiment fait un bon travail, reconnu-t-il.

Ça lui faisait chaud au cœur que sa mère biologique ait aidé Blair à choisir le mobilier et à décorer la nursery. Elle avait un réel talent dans sa profession. Et la réunion familiale de la veille leur avait permis de resserrer encore leur lien.

Elle lui avait même offert quelque chose de sa part et de celle de Bart. Une gourmette en or avec sa date de naissance gravée au dos. C'était stupide mais ça l'avait presque ému aux larmes. Il avait eu toutes les peines du monde à contenir son émotion.

Lily avait été sa complice en le serrant dans ses bras pendant un long moment avant de lui remettre son propre présent, des boutons de manchette en argent agrémentés d'améthystes.

Il ne s'attendait pas à ce que ça prenne tant d'importance pour lui. Son arrivée dans le monde n'avait jamais été synonyme de joie pour qui que ce soit, y compris lui-même. Mais de voir ses parents et sa famille réunis pour cette occasion avait déclencher quelque chose en lui. Une émotion intense qu'il n'avait jamais connue jusque là.

Blair ne s'était pas trompée en lui organisant cette surprise. Il avait apprécié et même plus. C'était vraiment quelque chose d'agréable que d'avoir la sensation que chacun autour de la table se réjouissait de sa naissance et de sa présence parmi eux.

Elle se mut un peu pour pouvoir lire dans ses yeux sombres. Elle n'avait pas pensé en orchestrant cette petite réunion de famille que ce serait si sensitif pour lui. Elle savait, bien entendu, que c'était un point très sensible et que son anniversaire était quelque chose de quasiment tabou.

De toutes les années pendant lesquelles ils avaient grandi ensemble, il n'en n'avait jamais soufflé mot. Pas même quand les autres enfants avaient droit à des fêtes indécentes pour leur âge, parmi elle-même.

A chaque fois que quelqu'un lui posait la question, il répondait invariablement la même chose. «C'est une journée spéciale pour mon père et moi  » Il ne mentait pas vraiment, c'était juste qu'aucun autre enfant ne pouvait imaginer que cette «  journée spéciale  » se passait dans l'isolement le plus total, sans gâteau, ni bougie à souffler, sans papier cadeau multicolore à arracher, sans prunelles qui pétillaient d'excitation et de plaisir en découvrant les présents enrubannés.

Il n'y avait pas de surprise non plus, juste quelques milliers de dollars de plus sur son fond de placement et des actions supplémentaires achetées à son nom dans les compagnies les plus cotées de Wall Street.

Elle passa ses doigts dans ses cheveux puis caressa sa tempe, avant de poser son front contre le sien.

- Je suis désolée si ça a ramené de mauvais souvenirs à la surface. Je voulais juste ...

- Je sais, la coupa-t-il. Je te remercie d'avoir fait ça pour moi. Personne ne l'avait jamais fait et je me suis bien amusé, vraiment ... c'est juste ...

- Je sais, l'interrompit-elle à son tour. Mais les choses sont différentes maintenant. Tu as une famille. Une famille qui tient à toi et qui est heureuse que tu sois là. Une famille qui veut prendre soin de toi, autant que tu prends soin d'elle.

Il l'embrassa du bout des lèvres.

- Je sais, j'ai juste besoin d'un peu de temps pour m'y faire. Pour être certain que tout est bien réel et que ça ne va pas s'effriter entre mes doigts ou bien ... disparaître dans le néant quand je vais me réveiller, sourit-il faiblement.

Mais malgré tous ses efforts pour cacher son mal-être, son sourire était de guingois et elle savait que même s'il y travaillait, ses blessures d'enfant le hanteraient encore longtemps, bien longtemps, après qu'il n'ait vraiment commencer à cicatriser.

Elle joua avec ses phalanges et s'aperçut qu'il n'avait pas ôté la chevalière qu'elle lui avait offerte. Le bijou en or portait ses initiales et deux petit rubis y étaient incrustés, un pour chacun de leur fils. Un mot, huit lettres, étaient gravées dans l'anneau intérieur. «  Toujours  »

- Elle est superbe, déclara-t-il en désignant le bijoux qu'il avait glissé à son auriculaire à la seconde où il était sorti de leur lit.

Il avait l'impression de porter le cœur de ses enfants et celui de Blair avec lui. Sa famille. C'était symbolique, bien entendu, mais en ce moment il avait véritablement besoin de chaque petit signe qu'il pourrait trouver pour s'y raccrocher de toutes ses forces.

Il avait beau se répéter que sa mère n'était pas morte en couche et que tout ça n'était que mensonge. Qu'il ne l'avait jamais tuée et qu'elle était bien vivante. Ça lui rongeait le cœur de l'intérieur. Il était terrifié à l'idée de perdre ce qui lui était le plus cher encore une fois.

L'obstétricien avait pourtant été très rassurant à la dernière visite, devant un papa alarmé.

La future maman s'était plainte de maux de tête assez violents par moments et sa tension artérielle était un peu haute, aussi le spécialiste avait-il jugé plus prudent de lui ordonner la prise d'aspirine en complément à ses vitamines pré-natale journalières.

Cependant, le bébé accusait une courbe de croissance dans les normes, ce qui mettait hors de cause une toxémie gravidique et il avait donc minimisé les risques devant les parents inquiets.

Il avait également recommandé qu'elle dorme plutôt sur le côté gauche et qu'elle se procure un oreiller spécialement conçu pour le bien-être des femmes enceintes, qui les aidait à trouver une position idéale pour réussir à dormir et à se reposer pleinement, ce qui avait été fait dés leur sortie du cabinet du Docteur Bergman.

Il ne comprenait pas pourquoi ses craintes amplifiaient alors que celles de Blair diminuaient. La journée, il était capable de rationaliser et de se raisonner, mais la nuit, ses angoisses reprenaient le dessus et se transformaient en ses pires cauchemars.

Il noua leurs doigts et se laissa attirer par elle, il resserra son bras, passé autour de la femme de sa vie, sa famille, et posa prudemment sa tête contre son sein gauche, déjà gonflé et pratiquement prêt à nourrir leur fils, écoutant les battements de son cœur.

*****

 


katido  (12.06.2013 à 19:17)

 

Para 27

Vendredi 22 mars 2013 : 22h47

Blair poussa la porte des toilettes pour femme.

L'endroit était vide «ouf»

Elle s'appuya au lavabo le plus proche et laissa échapper un soupire.

Chuck lui avait proposé de rester à la maison pour se reposer pendant qu'il s'acquittait de sa tâche d'hôte pour le bal du printemps, organisé par la mairie, comme chaque année. Elle avait catégoriquement refusé arguant qu'elle se devait d'être au côté de son époux pour une des réceptions les plus en vue de l'année dans l'UES.

La soirée était somptueuse, comme toujours quand son mari était de la partie, et Michaël Bloomberg, absolument ravi. Ce qui, évidement, ne pouvait qu'être bon pour les affaires.

La naissance de leur fils était prévue pour dans un peu plus d'une semaine, deux tout au plus, et il lui devenait de plus en plus pénible de se déplacer ou même de se mouvoir tout simplement. Elle avait hâte qu'il pointe le bout de son nez afin de mette fin à son calvaire.

Elle passa ses mains sous l'eau froide et se massa les tempes. Elle avait parfois des maux de têtes affreux et il arrivait que sa tension artérielle atteigne des sommets.

L'obstétricien lui avait recommandé de dormir allongée sur le côté gauche et avait ajouté la prise d'aspirine à ses vitamines pré-natales quotidiennes pour éviter que cela ne se transforme en toxémie gravidique.

Étant donné que le bébé se développait normalement, elle n'en n'était pas encore à ce stade et tout danger semblait écarté mais toutes les précautions préventives d'usages avaient été prises. Cela avait également contribuer à diminuer ses céphalées, mais pas ce soir visiblement.

Ses pieds la faisaient eux aussi extrêmement souffrir même si elle avait choisi des ballerines signées YSL. Elle ne portait plus de talon du tout depuis des semaines. Ses orteils et ses chevilles enflés protestant à chaque fois qu'elle tentait de faire entrer ses petons dans des sandales ou autres escarpins.

Elle avait l'impression d'être une des horribles sœurs de Cendrillon lorsque l'envoyé du prince charmant parcourrait le royaume pour faire essayer la pantoufle de vair.

Son prince à elle avait le secret des massages thaï mais il fallait plus que ça pour la soulager à présent. Ça aurait plutôt tenu du miracle en fait. Sans parler de son dos, ni de son ventre qui donnait l'impression qu'elle avait avalé plusieurs ballons de foot.

Elle approchait bel et bien des douze kilos «  normaux  » qu'était censé avoir pris en moyenne une femme en fin de grossesse. Elle n'osait même plus monter sur la balance depuis déjà trois semaines. Heureusement qu'elle pouvait tirer avantage de la collection pour future maman de sa mère qui était absolument divine.

Après avoir repris son souffle (elle se sentait oppressée et avait de temps en temps du mal à respirer librement) elle se dirigea vers le petit coin pour soulager sa vessie comprimée par le poids du bébé.

Elle s'assied sur le bol en porcelaine et fut tentée de se déchausser mais elle n'ignorait pas que si elle ôtait ses ballerines, il lui serait impossible de les remettre à ses pieds. Elle choisit donc sagement d'endurer le supplice en priant pour que la soirée ne s'éternise pas.

Une porte claqua à l'extérieure et elle entendit deux jeunes-femmes entrer dans les commodités à leur tour.

- Tu plaisantes, on dirait une baleine échouée sur la plage  ! se moquait la voix de l'une.

La jeune femme se tourna vers le miroir pour vérifier son maquillage et replaça une mèche de ses cheveux châtain dans la pince qui retenait ses boucles.

- Chrys, la prévint la voix de l'autre, qui sortait son bâton de rouge pour réappliquer une couche sur ses lèvres vermeille.

- Je suis désolée mais les femmes enceintes devaient être bannies des soirées mondaines comme celle-ci.

La seconde jeune femme balaya sa frange blonde pour qu'elle retombe sur son front à la perfection.

- Son mari est le propriétaire des lieux, fit-elle remarquer.

- Et alors  ? Sérieusement  ! Qui peut croire que Chuck Bass se satisfasse de ça  ? Lorsque je l'ai connu il était bien plus sélectif.

- Tu as couché avec lui, une fois. La belle affaire  ! C'est le cas de plus de la moitié des femmes dans cette salle, je te signale. C'est pas comme si tu le connaissais.

- Plus de la moitié, mais pas toi  ! la rabroua méchamment la première . Et nous avons couché ensemble plus d'une fois.

- Dans la même nuit, tu ne peux donc pas compter ça comme si c'était quelque chose d'exceptionnel. Je te parie qu'il ne s'en souvient même pas.

- Et bien, il s'en souviendra après ce soir, j'espère.

- Chrys, sa femme attend leur premier enfant  !

- Et  ? Justement, il ne doit pas s'amuser tous les jours, le pauvre. Une petite distraction ne sera certainement pas de refus.

- Je voulais dire qu'ils allaient former une famille, expliqua la blonde.

- Tu penses vraiment que le tombeur impénitent le plus sexy de Manhattan est un homme fidèle  ? Je t'en prie, ne fais pas l'oie blanche. Tu sais parfaitement comment ça se passe dans notre monde. Combien de maîtresses a eu ton père  ? En ce qui concerne le mien, je n'ai même pas assez de mes dix doigts pour les compter.

Son amie hocha la tête sans rien trouver à répondre, c'est comme ça que ça fonctionnait dans l'UES effectivement. Tout le monde savait mais personne ne parlait. Sauvegarder les apparences était primordial.

Elle suivit la brune pour retourner dans la salle de bal.

Blair resta prostrée contre la porte, incapable de bouger.

Elle ne pouvait pas croire ce qu'elle venait d'entendre. Chrys Bennet et Sarah Steinbeck, car elle avait parfaitement reconnu leurs voix, étaient deux harpies qui allaient à Constance avec elle et Serena. Leurs parents et grands-parents étaient des membres influents de la communauté de l'UES mais elles n'avaient jamais vraiment fréquentées les mêmes cercles d'amis car elles ne s'appréciaient pas le moins du monde. Et ce n'était manifestement pas prêt de changer.

La colère gronda à l'intérieur de B et ses doigts se serrèrent autour de la clenche.

Cependant, en baissant les yeux elle vit son ventre proéminent et elle se rappela la dernière fois qu'elle avait agi sans réfléchir, sur le bord du bassin. Elle ne laisserait rien mettre en péril la venue de son bébé et elle ne laisserait pas le ressentiment prendre le dessus cette fois.

Elle ouvrit la porte et se planta devant le miroir pour se laver les mains et rafraîchir son maquillage à son tour.

Ces pauvres filles racontaient n'importe quoi. Chuck ne lui ferait jamais ça. Ni à elle, ni à leur enfant. Il n'était pas comme Nate. Il était différent de tous les autres. Il était un des seuls hommes en qui elle pouvait avoir confiance, avec son père et Cyrus ...

Qui avaient eux-aussi tous deux trompé leur femme respective en leur temps.

Son cœur se fendilla.

Elle releva la tête pour s'observer. Elle était hideuse, même avec la robe que sa mère avait dessinée expressément pour elle. «  Une baleine échouée sur la plage  » Son corps était totalement déformé et ne s'en remettrait certainement jamais.

Les vergetures qui s'étaient installées sur sa peau distendue par la prise de poids malgré les crèmes hors de prix qu'elle y avait appliquées et les chiffres indiqués par la balance passèrent devant ses yeux, qui s'emplirent soudain de larmes.

Elle les chassa d'un revers de main et l'éclat des diamants de ses pendants d'oreilles se refléta dans la surface polie en face d'elle.

Elle se rappela leur dernière Saint Valentin.

La soirée avait été horrible, elle était totalement exténuée et se sentait énorme. Elle avait constaté le matin même qu'elle avait encore pris un kilo supplémentaire, ce qui faisait dix au total.

Le Docteur Bergman lui avait expliqué que la moyenne était souvent de douze kilos pour une grossesse mais elle ne pouvait l'imaginer. Son corps était déjà difforme à ce stade. Elle était rentrée d'une humeur massacrante après avoir eu une journée des plus harassantes et elle savait que celle du lendemain ne serait pas meilleure.

Les échantillons qu'elle avait commandés n'étaient pas ceux qui avaient été livrés et elle avait dû faire stopper la production en atelier, renvoyant les couturières chez elles pour leur plus grand bonheur, mais pas pour le sien.

Elle avait passé deux heures au téléphone à hurler sur un employé incompétent avant qu'il ne lui envoie par fax, la preuve, noir sur blanc, qu'il avait bien exécuté ce qui lui avait été ordonné. Elle devrait remédier à la situation en contactant directement la société qui s'occupait de la gérance des commandes. Au moins elle pourrait à nouveau se défouler sur le pauvre type qu'elle aurait au bout du fil quand elle contacterait le fournisseur.

Quand Chuck lui avait proposé de l'emmener dîner dehors, elle avait refusé tout net et s'était enfermée dans la salle d'eau, prétextant qu'elle voulait prendre un bain, seule.

Elle s'était apitoyée sur sa taille qui n'avait plus rien d'une guêpe mais tenait plutôt d'un hippopotame, sur ses jambes zébrées de bleu par ses veines qui, elle en était certaine, allaient se transformer en varices immondes et éclater. (Elle ne pourrait plus jamais porter de robe au dessus du genou de toute sa vie  !) sur ses seins, devenus aussi gros que des melons (ce qui bien entendu plaisait énormément à Chuck  !) sur son visage qui n'avait plus d'éclat, son teint était blafard et enfin sur ses cheveux ternes, complètement raplapla quelque que soit la façon dont elle les coiffait.

Elle était ressortie de la pièce deux heures plus tard, les yeux rougis d'avoir pleurer de désespoir (La douche qu'elle avait rapidement prise avait un peu atténué leur boursouflure) et avait revêtu un des hauts de pyjama de Chuck, (le bas était devenu presque trop étroit pour elle et l'élastique laissait une marque sur son abdomen protubérant) et avait trouvé refuge sous les couvertures.

Quand Chuck s'était glissé dans les draps à ses côtés un peu plus tard, elle avait protesté, grommelant qu'il l'empêchait de dormir et de se reposer. Elle avait agripper le traversin qu'elle s'était procuré précédemment et s'était retranchée derrière l'énorme coussin destiné à aider les femmes enceintes à trouver une meilleure position pour passer la nuit.

Finalement, en ayant certainement plus qu'assez de l'entendre se plaindre et gémir, il l'avait tendrement embrassée sur le front puis avait quitter le lit, prétextant qu'il avait oublié qu'il avait du travail à terminer.

Elle avait ensuite passé une bonne heure à se lamenter toute seule sur son sort et sur le fait que les hommes n'avaient pas à supporter les aléas d'une grossesse alors que les femmes en étaient les uniques martyres, avant de finalement s'endormir, en rogne contre lui parce qu'il l'avait abandonnée seule dans ce lit où elle était incapable de trouver le sommeil sans sa présence à ses côtés.

En se levant au petit matin, sa vessie ne supportant plus la pression du bébé, elle l'avait trouvé endormi sur le canapé dans son bureau. Quelques remords l'avaient assaillis pour avoir été injuste avec lui la veille mais elle s'était bien garder de lui en faire part lorsqu'il était descendu la rejoindre à la table du petit déjeuner.

Il avait suggéré qu'il pourrait occuper la chambre d'ami jusqu'à la fin de la grossesse si elle le désirait et elle lui avait répondu que s'il souhaitait demander le divorce, il ferait mieux de passer par un avocat. Il avait soupiré, puis avait quitté la maison sans prendre le temps d'avaler quoi que ce soit.

Elle s'était retrouvée en larmes devant les croissants frais qui avait été livrés le matin, comme tous les autres matins depuis que Chuck avait passé commande en rentrant de chez son père après la nouvelle année, décrétant que si elle avait envie de viennoiseries françaises quotidiennement au petit-déjeuner, elle aurait des viennoiseries françaises au petit-déjeuner tous les matins.

Lorsque Serena était passée la voir à l'heure du déjeuner chez Waldorf Design, (non, non, ce n'était pas Chuck qui l'envoyait) Blair lui avait rapporté son comportement de la veille et elle s'était sentie encore plus horrible quand elle avait appris de la bouche de sa meilleure amie que son mari avait réservé un salon privé à «  La Grenouille  » pour la soirée et avait tout annulé au dernier moment.

Le restaurant gastronomique était connu et renommé pour sa cuisine succulente mais également l'agencement des décorations florales qui en faisait un des temples des lieux les plus prisés de la haute société New-Yorkaise. Leurs salons privés étaient parmi les plus sélects et les plus luxueux de tout Manhattan.

En rentrant chez eux, en fin d'après-midi, après s'être promis de se faire pardonner, elle avait trouvé un écrin contenant une paire de boucle d'oreille en or et diamant posée sur son oreiller. Dorota lui avait dit qu'elle l'avait vu le déposer là le matin, juste avant qu'il ne quitte la maison, quand elle était passé pour faire la chambre. Une petite note manuscrite était coincée dessous, le papier était monogrammé C.B. «  A la plus magnifique de toutes les femmes. Ton mari qui t'aime comme un fou.»

Elle avait fait le tour de la maison, les larmes aux yeux, mais il n'était pas là. Elle avait appelé son bureau à BI, après avoir été directement renvoyée sur sa messagerie vocale, mais Marge lui avait expliqué qu'il était en réunion et que celle-ci se prolongerait certainement très tardivement.

Elle s'était endormie peu avant minuit sans avoir pu s'excuser, accrochée à son oreiller de grossesse pour combler le manque de lui et l'avait à nouveau retrouvé le lendemain matin assoupi sur le canapé dans son bureau.

*****


katido  (13.06.2013 à 20:10)

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