- L’agent Gibbs désire vous parler, Lara. Il dit que c’est important.
- Mais pourquoi ? demanda Coleman, perplexe. Il me connaît à peine !
A ces mots, Ducky ne put réprimer un sourire.
- Vous savez, si vous cherchez toujours à comprendre l’attitude de Jethro, j’ai bien peur que vous en ayez pour un moment ! Ca me rappelle un jour où …
Il fut interrompu par le rire de Lara.
- Qu’y a-t-il ? demanda le légiste, semblant assez heureux de voir la jeune femme retrouver le sourire.
- Rien, rien Dr Mallard… c’est juste que … non, laissez tomber ! Je vais aller voir ce que le patron tyrannique de ma sœur me veut !
- Il est gentil, Gibbs ! protesta Tyler.
- Les enfants ont toujours raison, à ce qu’on dit ! sourit Ducky. Oubliez votre rancune à son égard. Si vous preniez la peine de mieux le connaître, vous découvririez que c’est quelqu’un de formidable !
Lara lui rendit son sourire avant de pénétrer dans la chambre d’hôpital, plutôt mal à l’aise.
- Vous vouliez me voir, à ce qu’on m’a dit !
Gibbs hocha la tête. Coleman semblait vraiment avoir peur de lui, sans doute à cause de l’accusation infondée qu’il avait portée contre elle.
- Je sais que vous avez une arme sur vous, Lara, annonça-t-il calmement.
Il avait plongé ses yeux couleur de l’océan dans ceux de la jeune femme, guettant la moindre réaction. Elle avait détourné le regard, ma à l’aise.
- C’est pour me protéger, rien de plus.
- Vous protéger de qui, Lara ?
- Personne en particulier, je … répondit-elle sur la défensive.
- Vous réagissez comme une personne traquée, Lara, trancha Gibbs. Je sais qu’il y a quelqu’un, mais je ne peux pas vous aider si vous refusez de me parler.
dineka38 (03.09.2007 à 16:17)
La jeune femme hésita. Elle ne faisait pas confiance à cet homme, mais elle ne pouvait pas non plus continuer à vivre dans la peur. De plus, Tyler était aussi menacé qu’elle, et elle ne pouvait mettre sciemment la vie de son fils en danger. Sans qu’elle ne s’en rende compte, des larmes commencèrent à rouler sur sa joue. Quand elle détourna la tête pour les cacher aux yeux de Gibbs, il était trop tard.
- Approchez ! murmura-t-il, tandis qu’il se redressait tant bien que mal.
La jeune femme s’exécuta. Doucement, Jethro attira sa tête contre son épaule, et murmura des mots rassurants à son oreille, comme il l’avait si souvent fait avec Abby. Après tout, elles étaient sœurs, peut-être avaient-elles certains points communs, même si à première vue, ils étaient peu nombreux. Lara était beaucoup plus calme, plus posée que sa sœur, mais aussi plus froide. Elle analysait les indices si on le lui demandait, mais ne prenait aucun plaisir à cela, non Lara n’était pas Abby et elle ne le serait jamais ! Sa laborantine préférée était unique, et cette idée lui plaisait !
- Mon mari n’est pas mort dans un accident d’avion, avoua enfin Lara. Il est mort en avion mais … ce n’était pas un accident, c’était un sabotage.
- Vous n’en avez pas parlé à la police ? demanda Gibbs avec douceur.
- J’en ai parlé à un flic, mon meilleur ami. Mais il ne m’a pas cru. Il a dit que je croyais ça parce que j’acceptais mal sa mort, que c’était mon imagination … et puis, il y a eu ces lettres ...
- Que disaient-elles ? l’encouragea l’agent.
- Que si je parlais encore de sabotage à quelqu’un, il tuerait Tyler !
dineka38 (03.09.2007 à 16:17)
- Vous vous souvenez bien de ce que …
- Oui, agent DiNozzo. Je n’en suis pas à ma première mission d’infiltration, figurez-vous, trancha Jen.
- Ouais … bonne chance !
L’intéressée le remercia d’un bref signe de tête, et descendit d’une voiture banalisée. D’un pas tranquille, elle se dirigea vers le Midnight Club, poussa la porte et entra. Musique à un volume sonore insupportable, globe lumineux … tout ça était plus pour Abby que pour elle, mais elle n’avait pas vraiment le choix. Son instinct lui hurlait de repérer Ziva immédiatement. En effet, la jeune israélienne avait pénétré dans la boîte de nuit peu de temps avant elle. Hélas, elle aussi avait du changer d’apparence, et Jen allait avoir toutes les peines du monde à la retrouver. Ne pouvant se permettre de rester plantée en plein milieu de la salle, elle se dirigea vers le bar, salua Terry et commanda un verre de whisky.
dineka38 (03.09.2007 à 16:19)
Tandis qu’elle sirotait sa boisson, une jeune femme rousse s’approcha du bar.
- La même chose s’il vous plait, demanda-t-elle au barman.
- Tout de suite m’dame !
Ziva grinça des dents. Si ce type l’appelait encore une seule fois Madame, elle allait lui prendre un « rendez-vous » avec Ducky, ça serait vite fait !
- Salut ! lança-t-elle à l’adresse de Jen. Vous n’êtes pas du coin, vous ?
- Ca se voit tant que ça ? demanda l’intéressée.
- Un peu …
La directrice Shepard ne put réprimer un petit rire. Elle n’avait pas prévu qu’ils allaient avoir transformé Ziva en future épouse potentielle de Gibbs !
- Qu’y a-t-il ? demanda la jeune femme.
- Oh, rien ! C’est juste que vous êtes tout à fait le type de femme d’un collègue avec lequel j’ai travaillé il y a six ans !
L’officier David dut faire un énorme effort pour ne pas pouffer de rire. Jen aurait pu se passer de ce genre de remarque … sans compter qu’elle n’était pas assez folle pour devenir la quatrième femme de Gibbs ! Oh ça non !
- Et puis-je connaître le nom de ce collègue ? On ne sait jamais, si un jour je le rencontrais …
Jen sourit. Ziva se prenait au jeu, tant mieux ! Comme ça, leur conversation paraîtrait plus naturelle. Ce n’était pas du tout le scénario qu’elles avaient prévu, mais c’était beaucoup plus amusant ainsi.
- Leroy Dawson, mentit la directrice Shepard.
L’espace d’un instant, Ziva s’était demandée si Jen n’allait pas lui sortir « Leroy Jethro Gibbs », mais heureusement, elle ne l’avait pas fait !
- C’est noté … et vous ?
- Je m’appelle Eva Stone.
- Franie Drake !
dineka38 (03.09.2007 à 16:19)
Abby veillait au bon déroulement des opérations avec Fornell. L’image était assez nette, et Ziva avait fait en sorte qu’elle puisse voir toute la salle. En effet, la jeune femme avait une caméra orientable dissimulée dans la boucle de sa ceinture. « Pas si stupide que ça » songea la laborantine, encore agacée par les tentatives de Tony pour les réconcilier. Et elle qui lui avait tout déballé, non mais ça n’allait pas du tout, cette histoire !
Le téléphone sonna, tirant la jeune gothique de ses pensées.
- Abby Sciutto !
- …………………………………………………
- Gibbs ! s’exclama-t-elle.
Toutes ses idées noires venaient de disparaître. Son patron était réveillé, et c’était le plus important !
- Ne t’inquiète pas, tout se passe bien, ici ! Ca gère ! Mais reviens vite, c’est trop différent quand tu n’es pas là.
De sa chambre d’hôpital, Jethro ne put s’empêcher de rire.
- Ce n’est pas à moi qu’il faut demander ça, Abby, mais aux gorilles qui me servent de médecins, plaisanta-t-il. Tu peux me passer Fornell, s’il te plait … j’ai deux mots à lui dire !
Quelques instants plus tard, la voix de l’agent du FBI se fit entendre dans le combiné.
- Tobias, j’ai besoin d’un service …
- …………………………………………..
- Oui, je sais que ça fait le deuxième, cette semaine. Mais ça pourrait redorer l’image du FBI. Alors, ça t’intéresse ?
- ……………………………………….
- L’avion de M. Coleman a été saboté, il y a deux mois. Le pilote est mort, et justice n’a jamais été rendue. Ca me gène beaucoup.
- ………………………………………
- Je compte sur ta discrétion.
Sur ce, il raccrocha et se tourna vers Lara.
- Ca va s’arranger, tout ça n’a pas été traité comme un meurtre. Maintenant que c’est le cas, il est fort probable que Fornell trouve un certain nombre de preuves. La police locale ne savait pas où chercher …
La jeune femme le remercia d’un sourire. Elle allait dire quelque chose, mais fut interrompue par Tyler qui pénétra dans la pièce.
dineka38 (03.09.2007 à 16:20)
- Bonjour, Tyler, sourit Gibbs.
- Ca fait mal ? demanda l’enfant.
- Pourquoi ? Tu as envie d’essayer ? plaisanta l’agent. Très franchement, je te le déconseille.
Tyler rit, mais reprit très vite un air sérieux.
- Je peux vous poser une question ?
- Bien sûr.
- Pourquoi Abby m’a dit que c’était à vous qu’il fallait que je demande si la directrice Shepard avait un tatouage sur l’avant-bras ?
A ces mots, l’agent Gibbs manqua de s’étouffer. Sacrée Abby ! Elle ne changerait décidément jamais. Mais bon sang, que lui avait-il pris de dire ça à un enfant ?
- Elle plaisantait Tyler, mentit-il. Elle a dit ça parce que je ne remarque jamais ce genre de détails.
En réalité, il faisait toujours semblant de ne rien remarquer, mais mémorisait le moindre changement concernant son ex-amante. Mais il ne pouvait pas vraiment expliquer à un enfant qu’il avait passé des nuits très mouvementées, il y a six ans, en compagnie de Jen Shepard, et qu’Abby le soupçonnait depuis un moment ! Non, c’était hors de question !
dineka38 (03.09.2007 à 16:20)
Pendant ce temps, au Midnight Club, il ne restait plus que Jen.
- Vous savez, il va quand même falloir que je dorme un peu ! ironisa Terry.
- Il est trois heures du matin, et le bar ouvre à six heures. Le temps de ranger tout ça, vous ne dormirez pas de toute façon, rétorqua la directrice Shepard.
- Vous auriez du l’écouter, susurra une femme derrière elle.
Peu de temps après, Jen sentit un métal froid se coller contre sa nuque. « Le canon d’une arme » songea-t-elle.
Aussitôt, Ziva, Tony et McGee, qui les avait rejoint entre temps, firent irruption dans la pièce. La beauté de la vengeance était encerclée. Mais ça lui importait peu.
- Allez-y, tirez ! Avant que vos balles ne m’atteignent, votre taupe sera morte ! Un joli petit trou dans la nuque !
dineka38 (03.09.2007 à 16:21)
- J’ai toujours vendu de la drogue dans ce coin, ce n’est pas nouveau ! Les mannequins en sont assez friandes d’habitude. Lydia semblait comme les autres. Elle aussi, elle m’achetait de la drogue. Et un jour, elle s’est ramenée et a menacé de me dénoncer. J’avais appris par la presse que Whitman avait été libéré quelques semaines auparavant … et comme il était mon garde du corps avant que vous ne le mettiez derrière les barreaux, j’ai fait appel à lui.
- Votre homme de main, vous voulez dire ! corrigea Ziva
- Il devait juste effrayer Lydia, rien de plus ! Il la suivait partout, pas de particulièrement près, juste assez pour qu’elle se rende compte qu’il était là. Il a aussi passé quelques coups de fil, rien de bien méchant ! On voulait juste lui faire peur. Et c’est là que ça a dérapé. Elle a parlé des appels à une de ses amies. Comme on ne savait pas si elle la croyait ou pas, on a choisi de l’appeler comme on l’avait fait avec Lydia. Comme ça, elle se tairait, c’était certain !
- N’essayez pas de nous faire croire que vous n’avez pas tué Lydia Shepard, ça ne marchera pas ! l’informa Tony. Même le bleu n’y croirait pas !
McGee allait protester, quand l’israélienne intervint :
- Agent DiNozzo ! Ce n’est pas le moment ! Poursuivez ! ordonna-t-elle à l’intention de la beauté de la vengeance.
- Mais un jour, Lydia a décidé de ruser, et cet imbécile est tombé dans le panneau.
- Qui ? Whitman ? demanda McGee.
- Non, le Père Noël ! ironisa l’intéressée. Elle l’a menacé d’appeler les flics s’il continuait à la harceler. Julian a un peu perdu son sang froid, et il a manqué de l’étrangler. Le lendemain, bizarrement, elle se baladait avec un foulard. A vrai dire, ça nous a plutôt fait rire !
- Ah oui, vraiment ? insista Ziva sur un ton menaçant. Et c’est comme ça que vous traitez les personnes qui vous font rire ? Vous les assassinez ?
- Non, mais ce soir-là, elle avait un rendez-vous avec son amie, et Julian a eu peur qu’elle lui parle de l’agression …
- … alors il a décidé de la tuer, acheva McGee.
- Non, le détrompa la beauté de la vengeance. C’est moi qui l’ai tuée. Whitman n’en avait pas le cran ! Ensuite, j’ai mis son corps dans ma voiture … et c’est là que Whitman a eu une idée … d’ailleurs ça me surprend qu’il soit capable d’en avoir !
dineka38 (03.09.2007 à 16:28)
- Mais oui bien sûr, ironisa Tony. Vous êtes un génie, lui est un imbécile … en attendant, passer aux aveux, c’est tout sauf ingénieux ! Dommage !
La jeune femme secoua la tête, furieuse et visiblement vexée.
- Il m’a conseillé de déposer de l’argent sur le compte de Lydia Shepard … comme ça tout le monde penserait qu’elle avait mis en scène sa propre disparition. Je me suis déguisée en homme pour ne pas être reconnue, et j’y suis allée. Pour moi, cette somme ce n’est rien du tout !
- Oui, après vous vous seriez débarrassés du cadavre, problème réglé, fin de l’histoire ! commenta Tony.
A contrecoeur, la beauté de la vengeance acquiesça.
- Mais, quand je suis revenue, ma voiture avait disparu avec le corps. Whitman m’attendait à la sortie de la banque, cet idiot n’a pas eu l’idée de rester près de …
- C’est bon, on a compris, Julian Whitman est un idiot ! Voilà, on a bien appris notre leçon, cours suivant s’il vous plait ! s’impatienta Ziva.
- Un peu plus tard, on a appris par la presse que Lydia avait été retrouvée dans une salle de cinéma …
- … et votre super plan tombe à l’eau ! J’en serais presque triste pour vous, lança DiNozzo.
- En effet, c’est triste …
- J’ai dit PRESQUE ! rétorqua Tony.
La jeune femme le fusilla du regard mais poursuivit tout de même, il fallait bien avouer qu’elle n’avait pas trop le choix.
- Alors, on a pénétré dans vos bureaux avec une pizza droguée, il n’y avait rien de plus simple. On voulait vous mettre sur écoute, retrouver le dossier sur Lydia, détruire les éventuelles preuves que vous aviez… Le problème, c’est que la directrice est rentrée au mauvais moment. Je l’ai assommée avant qu’elle n’ait pu voir mon visage, je l’ai un peu entaillée, et j’ai commencé à chercher. Je suis tombée par hasard sur un dossier appelé Ellen Moore. Vu que c’était ma fausse identité, j’ai voulu savoir ce qu’il y avait dedans. Ca n’avait rien à voir avec moi, mais j’ai découvert que cette femme travaillait pour le NCIS avant, pour l’agent Gibbs …
- Et vous vous êtes dit que si on vous démasquait, Gibbs découvrirait tout à cause de votre fausse identité … vous avez donc essayé de vous débarrasser de lui !
dineka38 (03.09.2007 à 16:29)
La beauté de la vengeance hocha la tête.
- Il ne m’aurait plus resté que deux problèmes : la personne qui avait posé plein de questions à la boîte de nuit, et la directrice qui était accusée.
- Pourquoi la directrice vous posait-elle un problème ? Elle était suspecte, ça aurait du vous arranger ! intervint McGee.
- Parce que j’étais fière d’être arrivée jusque là, je voulais qu’on enterre l’affaire, pas qu’on accuse quelqu’un qui n’avait aucun mérite dans cette histoire ! répliqua la beauté de la vengeance, hautaine. Quoiqu’il en soit, j’ai attendu ce soir pour régler son compte à celle qui posait trop de questions. J’ai découvert qu’elle et Shepard étaient la même personne, ça m’arrangeait, je pouvais faire d’une pierre deux coups… la suite, vous la connaissez.
- Encore une question, intervint Ziva. Votre véritable identité ?
- Je m’appelle Suzan Jensen.
Abby fit une recherche rapide sur son ordinateur avant d’annoncer dans l’oreillette de Tony :
- Elle dit la vérité, elle s’appelle bien Suzan Jensen.
Tony hocha la tête.
- Bon, vous allez appeler des secours maintenant ! s’impatienta Suzan.
Les agents DiNozzo et McGee, l’officier David et la directrice Shepard échangèrent des regards amusés.
dineka38 (03.09.2007 à 16:30)