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La beauté de la vengeance

Série : NCIS
Création : 29.08.2007 à 18h49
Auteur : dineka38 
Statut : Terminée

« Fic' trouvée sur ncis-bluelight. Ecrite par JuliannaAlemara. » dineka38 

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Suivant tant bien que mal le bruit, l’agent spécial Gibbs finit par arriver devant la porte vitrée du laboratoire d’Abby, à travers laquelle il put entrevoir la cause de tout ce boucan. Mais que pouvait bien vouloir dire ce cirque ? Il avait déjà dit à maintes reprises qu’il avait parfois l’impression d’être un instituteur de maternelle, mais là ça atteignait des sommets !

 

L’agent Di Nozzo venait d’apercevoir son supérieur à travers la vitre. Il tentait de lui dire quelque chose, mais quoi, ça restait un mystère. Si Gibbs était un agent aux multiples talents, lire sur les lèvres ne faisait pas partie de ses compétences, et la pièce était parfaitement insonorisée.

 

Agacé, Jethro pénétra dans le labo pour le moins agité.

- Je te jure que je n’ai rien fait ! se défendit aussitôt Tony.

Gibbs secoua la tête de mécontentement. Mais à quoi tout cela rimait-il ? Il savait qu’Abby et Ziva avaient mis du temps à s’accepter, mais il pensait qu’elles étaient devenues amies. Il semblerait d’ailleurs qu’il s’était trompé. En effet, les deux jeunes femmes étaient en train de se battre comme des chiffonniers pour une raison qui demeurait très obscure aux yeux des deux collègues.

- Elles se battaient déjà comme ça quand je suis arrivé ! se justifia l’agent Di Nozzo.

L’intéressé soupira avant d’hurler à l’intention des deux jeunes femmes :

- CA SUFFIT !!!

Rien n’y fit, la laborantine et l’ex-agent du MOSSAD continuaient de se battre avec acharnement. Gibbs réitéra son ordre, mais en vain.

- Di Nozzo, vas me chercher McGee … IMMEDIATEMENT ! hurla-t-il.

Le jeune homme ne se le fit pas dire deux fois et se dirigea au pas de course vers l’open space, où Timothy était sans doute en train de potasser une fois de plus les relevés bancaires de Lydia ou quoi que ce soit d’autre à son bureau.

- Le bleu ! le héla-t-il en arrivant à destination. Il faut que tu ailles voir Gibbs, tout de suite !

- Euh … pourquoi ? s’étonna l’intéressé.

- McGee, il vaudrait mieux ne pas faire attendre le grand patron, il a l’air TRES TRES en colère, expliqua Tony sur un ton menaçant.

- D’a … d’accord.

Satisfait Tony tourna les talons, tandis que McGee lui emboîtait le pas. A peine furent-ils arrivés à destination qu’ils eurent la surprise de découvrir le laboratoire de leur amie plongé dans l’obscurité la plus totale.

 

Entendant les pas de ses deux agents, Jethro alluma la lumière, laissant à ses subordonnés la surprise de découvrir Abby et Ziva gisant sur le sol.

- Qu’est-ce … qu’est-ce qui leur est arrivé ? demanda McGee.

- Elles n’ont rien, le rassura Gibbs. Elles dorment juste. Ducky leur a administré un somnifère.

En effet, le médecin jusque là dissimulé dans l’obscurité, fit son apparition.

- Je ne m’explique vraiment pas ce qui s’est passé, Jethro, lui répéta pour la énième fois le légiste que son ami était venu chercher en hurlant qu’il devait faire quelque chose.

- Euh … vous vouliez me voir patron ? intervint timidement Timothy.

L’intéressé tourna son regard perçant et menaçant vers le jeune agent avant de demander :

- Avez-vous une explication à ÇA ?

- Ben … vous venez de dire que …

Sentant l’exaspération de son vieil ami s’amplifier, le Dr Mallard prit l’initiative d’expliquer lui-même la situation au jeune agent.

- Oh ! Euh … non, aucune explication patron.

A ces mots, l’agent Gibbs fixa intensément son subordonné, lui faisant clairement comprendre qu’il ne tolérait pas cette réponse.

- Mais … mais je vais trouver.

 

Satisfait, l’ancien Marine détourna son regard du pauvre agent, et pénétra dans la pièce. Ses premières attentions furent pour Abby.

 

Il alla s’agenouiller près de la laborantine et souleva délicatement sa tête pour la poser sur ses genoux. Les cheveux de la jeune femme étaient en bataille à cause de sa « légère altercation » avec l’officier David ; il les arrangea avec douceur avant de lui caresser tendrement la joue. Des tâches de saleté non identifiées et plusieurs bleus lui parsemaient le visage. Il s’empara d’un petit chiffon humide et commença à la soigner affectueusement.

 

Pendant ce temps, Tony s’était assuré que la seconde belle au bois dormant allait bien. L’israélienne était, à peu de choses près, dans le même état que sa meilleure ennemie. Il n’y avait que quelques bleus en moins, mais c’était déjà beaucoup pour un agent aussi entraîné que Ziva David.

 

Le Dr Mallard, quant à lui, alla tour à tour vers Abby et Ziva pour effectuer quelques prises de sang et vérifier qu’aucune d’elle n’avait de blessures sérieuses.

- Il reste un problème, Jethro, annonça-t-il enfin.

- Lequel Ducky ? soupira son ami.

- Eh bien, c’est Abby qui s’occupe des analyses sanguines d’habitude mais je doute qu’elle soit en état de le faire.

 

Gibbs resta un instant interdit. A quoi pouvait bien penser Ducky ? Peut-être qu’Abby et Ziva avaient simplement pété les plombs. Non, ça ne ressemblait pas à la Abby qu’il connaissait. De la drogue ? D’accord, mais comment ? Et pourquoi ? Il devrait remettre ses questions à plus tard : ils n’allaient quand même pas laisser Abby et Ziva gésir sur le sol.

 

- On avisera quand elle se réveillera, décida l’agent. J’espère qu’il te reste des tiroirs inoccupés Ducky, parce que tu vas avoir deux nouveaux pensionnaires pour une durée indéterminée.

 

Le médecin rit doucement, même s’il savait que son ami ne plaisantait qu’à moitié. Puis il acquiesça avant d’héler Jimmy Palmer pour qu’il ramène deux brancards et prépare deux tables d’autopsie de telle sorte qu’elles soient les plus confortables possibles. Le jeune assistant, bien que surpris, ne protesta pas.

 

C’est à ce moment que le téléphone portable de Gibbs sonna. « Encore ! » songea l’agent avec un agacement non dissimulé.

- Gibbs !

- …………………………………………………….


dineka38  (29.08.2007 à 19:30)

Puis plus rien. L’agent Gibbs raccrocha, un air perplexe sur le visage.

 

- Il est à moi … murmura alors Abby, se réveillant doucement.

Gibbs était obsédé par cet appel téléphonique. Il n’avait pas échangé un mot avec son interlocuteur, et pour cause, au bout du fil il n’avait entendu qu’une respiration humaine et un rire narquois. C’était un rire d’homme, la voix était rauque. Il allait devoir demander à McGee de se pencher sur ses relevés téléphoniques pour découvrir qui était cet homme, mais dans l’immédiat, il y avait plus important.

 

En effet, Abby revenait lentement à elle. Les premiers mots qu’elle avait prononcés était « il est à moi », mais Jethro connaissait assez bien la jeune femme pour savoir que le « il » pouvait désigner n’importe quoi, du simple Caf’Pow à McGee. Mais l’officier David ne s’intéressait probablement pas d’aussi près à l’agent McGee, songea-t-il avec une pointe d’amusement.

- Abby, appela-t-il doucement.

La laborantine, allongée sur un brancard, tourna la tête vers son ami. Elle semblait encore un peu dans le gaz, mais cela n’avait rien de surprenant ; et à part ça, elle avait l’air d’aller bien.

- Comment te sens-tu ? s’enquit-il.

- J’ai l’impression que tous mes membres pèsent une tonne. Qu’est-ce qui s’est passé ?

 

L’intéressé n’eut guère le temps de répondre que le regard de la jeune femme s’était déjà posé sur le corps endormi de son ex-adversaire. Elle détourna rapidement les yeux du deuxième brancard et reporta son attention sur son patron.

 

Celui-ci fut surpris de voir combien son regard avait pu changer en si peu de temps. En effet, il n’était plus du tout voilé par le sommeil ni même emprunt de la tendresse qu’il avait pu y lire quelques secondes plus tôt. Au contraire, elle le fusillait du regard, visiblement furieuse pour une raison qui demeurait obscure.

- Abby, qu’est-ce qu’il y a ? demanda gentiment le Dr Mallard, ayant lui aussi remarqué ce brusque changement de comportement.

- Ziva n’a que ce qu’elle mérite ! hurla la jeune femme d’une voix déformée par la colère. Il est à moi ! Gibbs aurait pu lui dire, mais il n’était pas là, alors j’ai du me débrouiller ! Il n’était pas là, et c’est moi qui dois payer pour ça ! Vous croyez vraiment que je n’ai pas compris, tous les deux ? Vous m’avez endormie !

 

Folle de rage, la laborantine voulut se lever d’un bond mais heureusement le sédatif faisait encore un peu son effet. Elle se serait effondrée sur le sol si l’agent spécial Di Nozzo ne l’avait pas retenue à temps.

- Je vais lui réinjecter une dose de sédatif, annonça Ducky.

Gibbs hocha la tête et lui demanda tacitement de faire de même avec l’officier David. Mais, alors que le légiste allait refaire une seconde injection, Abby demanda à Tony d’une voix agitée :

- Dis-le lui, dis-lui que tu es à moi !

 

Le jeune homme en resta estomaqué. Heureusement qu’Abby était de retour sur son brancard, parce que, dans le cas contraire, il l’aurait probablement lâchée sous le coup de la surprise. Interdit, il se tourna vers son supérieur. Celui-ci semblait aussi perplexe que lui. Gibbs connaissait Abby depuis longtemps : si elle s’était intéressée à Tony, il l’aurait remarqué ! Il savait comme interpréter les réactions d’Abby en toutes circonstances _ enfin presque ! _ et rien, jusqu’alors, n’avait laissé à penser qu’elle pouvait être sous le charme de Di Nozzo. De toute évidence, il se passait quelque chose.

 

- McGee, est-ce qu’il y a quelque chose que seules Abby et Ziva ont pu faire ces dernières heures ? demanda Jethro au jeune agent qui se trouvait dans un coin de la pièce.

L’intéressé affichait une mine dépitée, et ça se comprenait. Il aimait Abby, personne ne l’avait jamais clairement dit, mais tout le monde le savait : ça sautait aux yeux ! Alors ce comportement devait être difficile à accepter pour lui.

- McGee, de toute évidence, Abby et David ne sont pas elles-mêmes, nous devons comprendre pourquoi, tenta-t-il d’expliquer d’une voix plus calme.

- Mais pourquoi !? protesta Tony. Pourquoi est-ce que ça paraît si inconcevable à tout le monde que … qu’elles se battent pour moi ?

- A cause de la règle n°12 ! rétorqua Gibbs, éludant habilement la question du jeune homme.

- Mais … mais le bleu …

 

Agacé, Jethro le fit taire d’un regard assassin. C’est alors que le Dr Mallard jugea bon de reparler de leur problème d’analyses sanguines.

- Ce n’est pas un problème Ducky, Abby a toujours été très claire sur la personne qui la remplacerait en cas de besoin. Même si, dans le cas présent, ce n’est pas définitif, je vais la contacter … c’est ce qu’elle voudrait.

« Ce n’est pas un problème », le légiste ne put s’empêcher de sourire à ces mots. Physiquement, ce n’était certes pas un problème, mais pour le sens de l’honneur de Jethro, c’en était un considérable. Il le connaissait depuis suffisamment d’années pour savoir combien il lui était difficile de remplacer l’un de ses hommes, même si ce n’était que pour une durée très courte. Quoi qu’il puisse en dire, Jethro tenait à ses hommes plus que tout au monde ; et si une équipe soudée était généralement une force, ça pouvait aussi devenir l’une des rares faiblesses de cet ancien Marine hors du commun.

- Je vais m’en occuper tout de suite, tiens-moi au courant Ducky.

Le médecin acquiesça. Gibbs songea un instant à demander à l’agent McGee s’il avait du nouveau sur l’affaire mais ne s’y résolut pas.

- Remettez vous au travail ! ordonna-t-il à ses deux agents.

Sur ce, il tourna les talons.

 

Gibbs ne voulait pas faire ça : il ne voulait pas trahir Abby de la sorte ! Mais que pouvait-il faire d’autre ? C’était un cercle vicieux : s’il demandait de l’aide à cette femme, il aurait l’impression de trahir son amie ; mais s’il ne le faisait pas, alors ça revenait à l’abandonner ! Il ne pouvait pas la laisser dans cet état, non il fallait trouver une solution. Et la solution était une remplaçante temporaire, il allait devoir s’y résoudre.

 

Résigné, il voulut se rendre chez la jeune femme. C’est alors qu’il réalisa que l’adresse de la remplaçante temporaire d’Abby était chez lui. Ce n’était vraiment pas le moment, il avait le meurtre de Lydia Shepard sur les bras, et son instinct lui disait que ce qui arrivait à ses hommes était étroitement lié à ça : il n’avait pas une minute à perdre, et voilà qu’il se permettait de laisser chez lui un papier dont il n’avait pas eu besoin pendant des années, mais qui lui était nécessaire précisément aujourd’hui !

 

Dépité, l’agent se résigna à faire un rapide détour par chez lui pour aller chercher ce dont il avait besoin. Quand il vira à 180°, les automobilistes qui se trouvaient derrière lui protestèrent, mais il n’y fit guère attention … ce n’était pas qu’il y faisait attention d’habitude, mais là c’était différent. Tout était différent depuis le début de cette affaire. Un instant, l’image du bureau saccagé de Jen traversa son esprit. Il espérait de tout cœur qu’elle allait bien, mais ne pouvait s’empêcher d’imaginer le pire. Pourquoi avait-il été aussi dur ? Pourquoi s’en était-il tenu à ce fichu protocole plutôt que de la soutenir et de tenir compte de l’aide qu’elle aurait pu lui apporter d’un point de vue professionnel … oui professionnel, parce que Jenny n’était pas une famille de victime comme les autres, c’était un excellent agent de terrain !

 

Ressassant ses idées noires, Jethro arriva devant chez lui. A peine fut-il arrivé qu’il coupa le moteur et se dirigea au pas de course vers chez lui. Heureusement qu’il ne verrouillait jamais sa porte, dans le cas contraire il aurait encore du passer du temps à chercher sa clef dans ses poches.

 

Pénétrant dans son antre, il fut ramené à la dure réalité : passant très peu de temps chez lui, il ne rangeait que très rarement. Différentes factures étaient éparpillées sur la table de la cuisine, au milieu de publicités qu’il ne lisait jamais. Il était heureux que ça ne soit que le courrier de la semaine : tous les week-ends, il prenait le temps de jeter ce qui ne lui était d’aucune utilité et de rendre sa maison potable, à part bien sûr quand une affaire était en cours.

 

Il n’eut guère besoin de fouiller très longtemps pour trouver le post-it avec l’adresse qu’il recherchait. En effet, il était sous l’une des premières piles qu’il avait soulevées.

 

Satisfait, l’agent Gibbs s’apprêtait à repartir quand quelque chose attira son attention : l’enveloppe sur le haut de la pile ! Le cachet indiquait la date de la veille, or il avait passé la nuit au NCIS, à travailler sur l’enquête, et n’était pas revenu de la matinée. De toute évidence, quelqu’un était entré ici. Instinctivement, l’ex-sniper sortit son arme et se prépara à tirer face au moindre étranger présent dans sa maison.

 

Un bruit sourd se fit entendre. Ni une ni deux, Gibbs brandit son arme dans cette direction, mais ce n’était qu’un chat qui avait sans doute du rentrer par une fenêtre resté ouverte. Après avoir laissé échapper un soupir, il décida d’aller inspecter les autres pièces. Rien dans la salle à manger ni dans la chambre !

 

Si, intérieurement, son cœur battait la chamade, il n’en laissait rien paraître. Son visage était froid, impassible. Tout en lui tendait à le montrer calme et d’un sang-froid sans précédent. D’un geste ferme, il ouvrit la porte de la salle de bain.

 

Quand il découvrit l’intérieur de la pièce, il s’arrêta net. Le carrelage était tâché de sang. Près de la baignoire gisait …

- Jen ! murmura-t-il, se précipitant vers le corps étendu près de la baignoire, entouré d’une flaque de sang.


dineka38  (29.08.2007 à 19:34)

- Pourquoi est-ce que tu n’as prévenu personne ? hurla Gibbs.

- Parce que ça n’aurait rien changé ! Qu’auraient-ils fait ? Ils auraient appelé une ambulance ? A l’hôpital, et totalement dans le gaz, je n’aurais été utile à personne ! rétorqua Jen.

- Et là, tu crois que tu nous es utile ? Pendant que je cherchais à comprendre ce qui t’était arrivé, l’enquête n’a pas avancé !

 

Pour toute réponse, la directrice Shepard laissa échapper un soupir. Ca faisait un bon quart d’heure que l’agent Gibbs et elle se disputaient, et elle savait pourquoi ils en étaient arrivés là : Jethro avait eu peur pour elle ! Bien sûr, il ne l’admettrait jamais, mais elle savait que c’était là que se trouvait le problème. Il n’était pas réellement furieux, seulement la colère était le seul moyen qu’il connaissait pour dissimuler ses craintes, ses faiblesses.

 

Quand Gibbs l’avait retrouvée dans sa salle de bain, il avait probablement cru qu’elle était morte … ou presque. Il est vrai que ses vêtements étaient tâchés de sang, il ne pouvait pas deviner qu’elle avait elle-même refermé sa plaie avec du fil et une aiguille que la dernière ex-femme de Gibbs avait du laisser là quand elle était partie. Quand elle s’était réveillée, elle était allongée sur le lit de son agent. Elle l’avait vu, tout près d’elle, la mine soucieuse. D’ailleurs, elle était encore assise sur le lit, Jethro à ses côtés.

 

- Tu me caches quelque chose, Jen, reprit-il d’une voix plus calme.

Elle ne répondit rien, mais soutint courageusement le regard de son collègue. Non, elle ne baisserait pas les yeux devant Gibbs. Non, elle ne chercherait pas à fuir sa colère. Il méritait mieux que ça.

- Jen, as-tu quelque chose à voir avec le meurtre de ta nièce ? poursuivit-il.

- Comment ose-tu me demander une chose pareille, Jethro ? s’insurgea l’intéressée.

- Ton comportement correspond à celui d’une suspecte, alors répond à la question ! IMMEDIATEMENT !

La directrice secoua la tête. Vraiment, tout cela devenait de plus en plus ridicule. Elle savait que Gibbs était dur, mais là il dépassait les bornes. Non, là c’en était trop, elle n’allait pas le laisser continuer à l’accuser de la sorte, juste parce qu’elle ne s’était pas montrée correcte avec lui.

 

C’est vrai, elle était entrée dans sa maison … pas tout à fait par effraction vu que Jethro ne fermait jamais la porte à clef, mais pas en y ayant été invitée non plus. Elle avait pu voir son visage avant qu’il ne réalise qu’elle était réveillée. Il ne reflétait aucune colère, juste de l’inquiétude. Il jouait donc bien la comédie, quand il la considérait comme suspecte. Vraiment ? Non, elle ne pouvait l’affirmer. Après tout, c’était Gibbs, sa force résidait dans le fait qu’il savait demeurer impassible.

 

- Tu sais bien que non, Jethro. J’étais avec toi quand Lydia a été tuée.

- Complicité, ça évoque quelque chose pour toi ?

- Et semper fi ? Ne sois pas ridicule, je ne suis pas un marine, c’est vrai. Cela dit, tu formes tes hommes en fonction de cette devise… et il se trouve que c’est toi qui m’as formée. Jamais je ne te trahirai Jethro, tu le sais bien.

- Non, Jenny … non, je ne sais pas, lâcha-t-il.

Pour la directrice, c’était comme si sa peau avait été entaillée une deuxième fois. « Non, je ne sais pas », ces mots résonnaient dans sa tête. Comment pouvait-il dire ça ? Après tout ce qu’ils avaient vécu ensemble, comment pouvait-il penser que ... Et d’ailleurs, le pensait-il vraiment ?

- Si je choisissais sciemment de te cacher des informations, Jethro, crois-tu vraiment que j’agirais comme je le fais ? Je sais ce qu’est un comportement suspect à tes yeux, j’aurais aisément pu tromper ta vigilance, mais je ne l’ai pas fait. Je vais aller chez ma sœur. Si tu as davantage de questions à me poser, tu sauras où me trouver.


dineka38  (29.08.2007 à 19:58)

Sur ce, Jen se leva. Elle sentait que chacun de ses mouvements tiraillait un peu son côté gauche, mais elle avait l’espoir que ses points de suture improvisés tiendraient le coup. Elle enrageait de ne pas se souvenir. Jethro lui avait dit qu’elle l’avait appelé, mais elle n’en avait aucun souvenir. Tout ce qu’elle savait datait d’après son réveil dans son bureau.

 

Elle s’était réveillée, étendue sur le sol. Elle avait tout de suite compris qu’il s’était passé quelque chose quand elle avait senti un liquide chaud au niveau de sa hanche. Sa vision était encore floue, mais ses doigts ne mentaient pas. Quand elle avait passé sa main sur son côté meurtri et qu’elle l’avait ensuite portée à son nez, elle avait reconnu l’odeur métallique du sang. Instinctivement, elle avait fait pression sur la plaie dans l’espoir de stopper l’hémorragie, et, contre toute attente, ça avait marché. Peu à peu, sa vision s’était clarifiée. Elle avait réussi à se lever, un peu chancelante certes mais l’important était qu’elle était debout. Au milieu des affaires éparpillées dans tous les coins, elle avait trouvé de quoi se faire un pansement de fortune. Un vieux tee-shirt traînait dans un coin, elle avait enlevé son chemisier maculé de sang et l’avait enfilé. Cherchant son sac, elle était retournée près de son bureau, et c’est là qu’elle avait trouvé ce mot, probablement écrit avec son sang, en lettres capitales : « LYDIA EST UN PROBLEME REGLE A QUI LE TOUR ? J’ATTENDS VOS ORDRES » Elle avait enfilé des gants, toujours fidèle aux règles de son mentor, et avait déposé le mot dans un sachet plastique qu’elle avait enfourné dans son sac. Elle avait ensuite veillé à effacer soigneusement les traces de sang qui maculaient son visage, et était sortie, direction la maison de Gibbs. La suite n’était pas bien difficile à deviner. Elle s’était traînée jusqu’à la salle de bain, avait tenté de recoudre sa plaie, puis avait perdu connaissance.

 

Elle avait tout raconté à Jethro, le seul élément qu’elle lui avait caché était le mot trouvé sur son bureau. Et pour cause, de toute évidence, le tueur voulait qu’elle soit accusée. Elle en ignorait encore la raison, mais tôt ou tard, elle la découvrirait. Gibbs lui avait reproché de ne pas avoir conserver des échantillons du sang qu’elle avait sur le visage.

- Peut-être que tu as blessé ton agresseur Jen ! C’était peut-être son sang ! avait-il dit.

Ensuite, comme elle ne réagissait pas, il avait commencé à l’accuser d’avoir fait elle-même toute cette mise en scène. A cet instant, elle s’était demandée si Gibbs avait trouvé le mot dans son sac, mais la suite des évènements lui avait révélé que non : s’il l’avait su, il aurait utilisé cet élément, et il ne l’avait pas fait.

 

Lasse, elle ouvrit la portière de sa voiture, qu’elle avait dissimulée un peu plus loin. Pourquoi l’avait-elle dissimulée ? Jethro lui avait posé la question, et une fois de plus elle n’avait pas su lui répondre. Il avait raison, elle adoptait la conduite d’une suspecte, mais la paranoïa était désormais sa seule protection, alors elle n’était pas prête de s’en détacher.

 

- Jen, l’appela alors posément Gibbs.

L’intéressée sursauta. Elle ne l’avait pas entendu arriver derrière elle.

- Dans ton état, il est hors de question que je te laisse conduire.

- Vu comment tu conduits, je risque moins d’avoir un accident en prenant la route seule, ironisa la directrice.

Il ignora sa remarque.

- Jen, tu es blessée. Je te conduis chez ta sœur, et quelqu’un te ramènera ta voiture là-bas.

Jenny n’insista pas. A quoi bon ? C’était Gibbs ! S’il avait décidé qu’elle ne prendrait pas la route seule, elle ne le ferait pas, que ça lui plaise ou non. Résignée, elle se dirigea donc vers la voiture de son ami.

 

Tous deux ignoraient que, dans l’ombre de la maison, quelqu’un les épiait.

- Ils vont chez la sœur de Shepard, souffla une voix rauque dans un talkie-walkie.

dineka38  (29.08.2007 à 20:02)

Les agents Di Nozzo et McGee continuaient de travailler sur l’enquête. Néanmoins, après la lutte acharnée d’Abby et Ziva pour Tony, les deux hommes avaient toutes les peines du monde à se concentrer sur l’affaire Lydia Shepard.

 

Par instants, un sourire béat passait sur les lèvres de Tony, ce qui agaçait prodigieusement son souffre-douleur. A chaque fois, une remarque brûlait les lèvres de Timothy, mais qui sait, peut-être y avait-il de jolies filles sur les enregistrements de vidéosurveillance de la banque ? Peut-être était-ce pour cela que Di Nozzo réagissait ainsi ! Parfois McGee s’attardait quelques temps sur cette illusion, mais le retour à la réalité était toujours aussi brutal. Si Tony était aux anges, il n’y avait qu’une raison à cela : Abby et Ziva s’étaient battues pour lui. Rien que d’y penser lui faisait terriblement mal. Concernant l’officier David, ça ne le surprenait qu’à moitié, mais en revanche, Abby l’avait profondément déçue. C’était sérieux entre eux, du moins jusque là, c’était ce qu’il croyait. Gibbs lui avait dit qu’elles n’étaient pas elles-mêmes, mais si pour une fois _ il n’en revenait pas qu’il allait dire ça _ si pour une fois le patron se trompait !?

 

Soudain, la voix de l’agent Di Nozzo le tira de ses pensées :

- Oh non ! Ca, ça ne va pas plaire du tout à Gibbs !

Ouch ! Quand un membre de l’équipe disait ça, ça annonçait toujours des mauvaises nouvelles, et vu l’affaire qu’ils étaient en train de traiter, ça risquait d’être encore pire.

- Qu’est-ce qui se passe ? demanda McGee, venant se placer derrière l’agent.

L’intéressé le regarda, interloqué. Oh non ! Si le bleu commençait à se comporter comme Gibbs, là c’était vraiment le début de la fin !

- McGee, tu empiètes sur mon espace vital ! le rabroua-t-il.

- Oh … pardon Tony.

Sur ce, le jeune homme s’écarta légèrement. Néanmoins il était clair qu’il attendait toujours une réponse. Tony projeta une image de la caméra de vidéosurveillance sur le grand écran de l’open space.

- Normalement c’est le boulot d’Abby, mais vu les circonstances je n’ai pas trop le choix, se justifia Di Nozzo.

Il se maudit aussitôt d’avoir dit ça. Depuis quand devait-il des explications à McGee ? Oh là ! Il avait vraiment, mais alors vraiment besoin de vacances ! Et puis, c’était la faute de Gibbs aussi ! Avec toutes les fois où il l’a frappé, il était normal qu’il n’ait plus les idées tout à fait claires à force !

- C’est celui qui a déposé les vingt millions sur le compte de Lydia ? demanda son collègue.

- Non McGee. Il faudra qu’Abby vérifie, mais je dirais plutôt que c’est CELLE qui a déposé les vingt millions sur le compte de la Lydia !

L’intéressé resta interdit quelques minutes face à cette révélation. Mais, alors que son collègue zoomait sur le cou de la personne en question, il ne put que tomber d’accord avec lui : de toute évidence, aucune pomme d’Adam ne pointait le bout de son nez.

- Je serais curieux de savoir de qui il s’agit, réfléchit à voix haute Timothy.

- C’est surtout LA que ça ne va pas plaire à Gibbs ! répliqua Tony. Je ne suis pas expert, mais à en juger par la corpulence, la coupe de cheveux et la démarche, je dirais que c’est …

- … la directrice Shepard, le coupa McGee.


dineka38  (29.08.2007 à 20:05)

Cette interruption lui valut un regard noir, mais aucune remarque.

 

Pendant ce temps, dans la salle d’autopsie, les conclusions qui s’imposaient n’étaient pas beaucoup plus réjouissantes. Le Dr Mallard et son assistant travaillaient toujours sur le corps de Lydia Shepard, quand Ducky s’arrêta net.

- Que se passe-t-il, Docteur ? demanda Jimmy. C’est ce que je vous ai dit qui …

- Non, non Monsieur Palmer. Je suis très heureux pour toi et serais ravi de venir à ton mariage. Non, là n’est pas la question.

- Alors qu’y a-t-il ?

Le légiste garda un instant le silence, voulant sans doute ménager un peu le suspense. Néanmoins, contrairement à d’habitude, il ne se lança pas dans l’une de ses petites histoires plus ou moins douteuses.

- Jethro a bien dit que Lydia avait appelé la directrice Shepard dans son bureau une quinzaine de minutes avant que l’on apprenne sa mort ?

- Oui, Docteur, il me semble mais …

- Quand Jethro m’a demandé l’heure de la mort, je suis parti sur autre chose et ne lui ai pas répondu. Oh, pourquoi n’ai-je pas réagi plus tôt ? Lydia était morte près de deux heures avant qu’on ne retrouve son corps.

- Vous … vous voulez dire que … que ce n’est pas le cadavre de Lydia Shepard.

 

Ducky secoua la tête, agacé :

- Mais si, mais si, M. Palmer. Enfin, cesse de raconter des idioties. C’est le cadavre de Lydia Shepard, tout concorde parfaitement sur ce point. Mais ce n’est pas cette jeune fille qui a appelé la directrice dans son bureau, ça je peux te l’assurer. Je dois prévenir Jethro, immédiatement.

 

Alors que le médecin allait décrocher son téléphone, Ziva, qui avait été installée un petit peu plus loin, poussa un léger gémissement. Oh, ça, ça annonçait les ennuis encore.

- Ducky ? appela la jeune israélienne.

- Oui, Ziva.

La jeune femme, voulant se redresser, réalisa avec stupeur qu’elle était entravée par d’épaisses sangles.

- Pourquoi est-ce que je suis attachée ? demanda-t-elle, une pointe d’énervement perçant dans sa voix.

- Vous ne vous souvenez pas ? s’étonna Ducky.

L’intéressée secoua négativement la tête. La dernière chose dont elle se souvenait, c’était d’avoir rendu visite à Abby pour savoir si elle avait du nouveau sur les empreintes partielles retrouvées sur la scène de crime.

 

Surpris, le Dr Mallard expliqua à Ziva ce qui s’était passé, ou du moins ce qu’il en savait.

- Noooooon ! protesta-t-elle. Enfin, je ne suis pas amoureuse de cet obsédé qui n’est pas fichu d’aborder sérieusement une femme !

- C’est là que ça devient intéressant parce qu’Abby ne s’est jamais intéressée à Tony autrement que comme à un ami. Ce n’est pas …

- Son type, je sais. Elle, c’est les gars plus vieux, sans vouloir vous vexer, Docteur.

 

Pour toute réponse, le légiste lui adressa un regard bienveillant, avant de réaliser que la jeune femme tremblait comme une feuille. De plus, des gouttes de sueur commençaient à perler ça et là. Afin de vérifier ce qu’il avait déjà deviné, il posa sa main fraîche sur le front de Ziva.

- Vous êtes brûlante de fièvre !

- Oh ! s’étonna la jeune femme. Ce n’est rien, Ducky, je suis solide. Est-ce que vous pouvez me détacher, que je puisse aller aider Tony et McGee … du moins s’ils veulent encore de moi.

- Je peux vous détacher, oui, répliqua le légiste, mais il n’empêche que vous n’irez nul part. Je soupçonne que vous ne soyez même pas en état de marcher.

- Pourquoi ? demanda l’israélienne. Ah, oui je vois ! Je présente tous les symptômes …

- … d’un état de manque, acheva le bon docteur.

 

Dans l’open space, un homme venait de se planter devant l’agent Di Nozzo, attendant visiblement une réaction de sa part.

- Oui. Qui êtes-vous ? demanda le jeune homme, passablement agacé.

- Quelqu’un qui vous veut du bien.

Sur ce, il tendit un mot au jeune homme : « il y a des micros partout, faites attention »


dineka38  (29.08.2007 à 20:10)

- Madame, que faisiez-vous ce soir-là, aux environs de 23 heures ? demanda Jethro.

Sarah Shepard dévisagea l’agent qui lui faisait face, interdite. Comment osait-il lui demander ça ? Elle venait de perdre sa fille, et lui, il suivait une piste ridicule au lieu de chercher le véritable assassin de Lydia ! Décontenancée, elle se tourna vers sa sœur qui était restée debout dans l’embrasure de la porte, quêtant une indication sur ce qu’elle devait faire.

 

Au fond de son cœur, Jen était aussi révoltée que sa sœur, mais d’un autre côté, le comportement de son ami ne la surprenait pas outre mesure. C’était une question classique, et si elle n’avait pas été posée à sa propre sœur, elle n’aurait même pas cillé ! Ils avaient roulés pendant près de deux heures pour arriver chez Sarah, et durant tout le trajet, Gibbs n’avait pas fait une seule remarque déplaisante. Ils avaient roulés en silence, et les quelques mots qu’ils échangeaient concernaient de vieux souvenirs, des bons moments …

 

Elle avait pensé qu’il voulait la réconforter, que peut-être s’en voulait-il d’avoir été aussi dur ! Et elle avait probablement eu raison, seulement Jethro était bien trop fier pour admettre qu’il avait eu tort. Plus tard, épuisée, elle s’était endormie. Quand elle s’était réveillée, ils étaient déjà arrivés devant la maison de Sarah. Gibbs avait coupé le moteur et il attendait. De toute évidence, il y avait un moment qu’ils étaient arrivés à destination.

- Pourquoi ne m’as-tu pas réveillée ? lui avait-elle demandé.

Il lui avait répondu qu’elle était fatiguée, qu’il avait jugé nécessaire de la laisser se reposer. Pour la première fois depuis le début de cette enquête, il était redevenu doux et attentionné, ce qui n’était pas si courant que cela. Alors, elle avait réellement espéré que tout cela n’était qu’un mauvais souvenir, qu’il allait arrêter ses sous-entendus désagréables. Pourtant, dans un sens, elle n’était pas surprise que ça n’ait pas été le cas.

 

Sa sœur quêtait toujours son approbation. Combien de temps était-elle restée perdue dans ses pensées ? Elle n’en savait rien. Pas longtemps sans doute ! Mais pour sa sœur, ça devait paraître interminable.

- Alors ? demanda Gibbs.

- Réponds à sa question, Sarah, conseilla enfin Jen. Si tu n’as rien à cacher, il n’y a pas de raison de te taire.

L’intéressée regarda la directrice, outrée.


dineka38  (29.08.2007 à 20:34)

- Comment ça « SI je n’ai rien à cacher » ? explosa-t-elle. Alors toi aussi, tu t’y mets. Je pensais pourtant pouvoir compter AU MOINS sur le soutien de ma sœur ! Visiblement, je m’étais trompée, je suis toute seule ! Bravo, Jen ! C’est bon, j’ai compris le message, ton boulot compte plus que ta famille ! Dans le fond, ça a toujours été comme ça !

Jenny l’avait laissée vider son sac, impassible… c’était sans doute le métier qui voulait ça.

- Tu sais bien que c’est faux, Sarah. Jamais, je ne douterai de toi, je me suis juste mal exprimée.

Sa voix était si calme, si posée, qu’elle en était elle-même surprise. Mais pas Gibbs ! Lui était habitué à ce sang froid inébranlable. Il s’était disputé avec Jen un nombre incalculable de fois, sur la marche à suivre pour telle ou telle chose. Lui était toujours furieux, elle toujours calme. Elle le laissait parler, puis elle lui répondait, choisissant soigneusement ses mots. Et, presque à chaque fois, elle obtenait ce qu’elle voulait. Jen était étonnante, même lui était forcé de l’admettre. Elle avait su aller bien au-delà ce qu’il lui avait enseigné, trouver sa propre manière de mener son travail à bien.

 

- J’étais ici, je regardais la télévision. Lydia m’avait prévenue qu’elle rentrerait tard, je …

Sarah fondit en larmes. Alors, le masque de Jen tomba. Lentement, elle s’approcha de sa sœur, et la serra contre elle.

- Chut, ça va aller, Sarah, ça va aller, lui murmura-t-elle.

Elle savait bien que c’était faux, que ça n’irait pas le temps que l’assassin de Lydia serait dans la nature, mais que pouvait-elle faire d’autre ? C’était sa sœur, et elle refusait de la laisser dans cet état. Elle devait la réconforter.

- Vous ne vous êtes pas inquiétée, acheva Gibbs.

Malgré ses larmes, l’intéressée acquiesça. Quant à Jen, elle adressa un regard reconnaissant à son ami. C’était la première fois qu’il aidait réellement Sarah, et elle était soulagée qu’il le fasse, elle ne se sentait pas prête à porter ce fardeau seule.

- Est-ce que quelqu’un pourrait confirmer que vous étiez chez vous ? poursuivit-il.

Sarah répondit par la négative, mais, réfléchissant, elle se reprit :

- En fait, si, il y a bien quelqu’un.

- Qui ?

- Le petit ami de Lydia, il est passé parce qu’il cherchait Lydia. Ils avaient un rendez-vous, mais ce n’était pas la première fois qu’elle lui posait un lapin, alors je ne me suis pas posée de questions !


dineka38  (29.08.2007 à 20:34)

- Son nom ? demanda Gibbs, griffonnant sur son carnet.

- Aaron … Aaron Fergusson.

- Quelle heure ?

- Je n’en sais rien, je …

 

Réalisant que sa sœur allait encore perdre pied, Jen intervint :

- Agent spécial Gibbs, je peux vous parler un instant ? demanda-t-elle.

L’intéressé soupira mais suivit tout de même sa supérieure dans la cuisine. Arrivé là, il se planta face à elle, plongeant ses yeux bleus dans ceux de sa collègue. Il attendait qu’elle dise quelque chose. Il savait ce qui posait problème à son amie, mais il voulait l’entendre de sa bouche.

- Jethro, elle est perdue, elle vient d’apprendre la mort de Lydia. On serait pareils à sa place.

Objectif et implacable, l’intéressé attaqua :

- Alors pourquoi ne l’es-tu pas ? C’était ta nièce, il me semble.

- Je t’en prie, tu ne vas pas recommencer ! Tu ne réagirais pas davantage si tu étais à ma place, en tout cas, pas en public.

- Je te l’ai déjà dit à maintes reprises, tu n’es pas moi ! rétorqua-t-il.

- Soit, pense ce que tu veux. De toute façon, les preuves ne mentent pas, se résigna la directrice.

 

Sur ce, les deux agents retournèrent dans le salon où les attendait Sarah. Elle semblait s’être quelque peu calmée.

- Vous allez m’arrêter ? demanda-t-elle à Gibbs.

- Je ne sais pas encore, répondit posément l’agent. Ca dépend de vous.

Jen se maudit d’avoir tenté de le raisonner. Maintenant, c’était encore pire ! Elle avait vraiment fait de l’excellent travail !


dineka38  (29.08.2007 à 20:36)

L’interrogatoire se poursuivit pendant près d’une heure. Gibbs apprit ainsi que Lydia avait une relation assez conflictuelle avec Aaron. Ce jeune homme semblait excessivement jaloux, et ne tolérait que très mal la profession de sa petite amie. Elle exhibait son corps ‘de rêve’ face à d’autres que lui, et il l’acceptait très difficilement. Ca semblait être la principale cause de dispute entre les deux tourtereaux. Un petit ami jaloux, classique ! Il avait un mobile, et il devait voir Lydia ce soir-là. Il aurait très bien pu la tuer et rendre ensuite visite à sa mère pour ne pas éveiller les soupçons. Ensuite, il était reparti et avait emmené le corps au cinéma. Ducky avait bien dit que la victime avait été déplacée après sa mort, non ? Oui, c’était un scénario possible, mais il ne devait pas s’emballer. Il se ferait une opinion après avoir parlé à cet Aaron.

 

- Bon, merci de votre aide. Une fois encore, toutes mes condoléances. Je vous recontacterai.

Jen manqua de s’étouffer. C’était bien Gibbs ça ! Il avait presque accusé Sarah, et maintenant il lui présentait une fois de plus ses condoléances ! Il faut dire aussi que Sarah n’avait pas très bien réagi. Jethro avait été très compréhensif au début, comme toujours avec les familles des victimes, mais Sarah avait commencé à agir comme une suspecte alors forcément … ça avait dérapé.

- Jen, tu restes ici ! Je ne veux pas que tu remettes les pieds au NCIS le temps qu’on ne connaît pas le fin mot de l’histoire.

L’intéressée savait qu’il faisait allusion à son bureau saccagé. Elle avait très envie de protester mais n’en fit rien. Si Sarah prenait connaissance de trop d’éléments prématurément, ça pouvait saboter complètement l’enquête, en tant qu’ancien agent, elle était bien placée pour le savoir.

- D’accord. Mais tu ne pourras pas m’empêcher de vivre ma vie, Jethro.

Il ne répondit pas, et partit.

 

Pendant ce temps, Moira Sanders tapait nerveusement sur les touches de son téléphone, tenant dans l’autre main la carte de Gibbs. Mais le portable échappa de ses mains tremblantes. A ce moment précis, la porte fut défoncée. Trop tard ! Il n’y avait rien de pire que de devoir mourir dans peu de temps, et d’en avoir conscience.


dineka38  (29.08.2007 à 20:38)

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