SALLE D’INTERROGATOIRE N°2
- Tout d’abord, je dois vous dire que je ne savais pas qu’elle s’appelait Ellen Moore…
- Ne vous fichez pas de moi, Whitman…
- Mais je vous jure que je …
L’israélienne s’approcha dangereusement de Julian, telle une lionne s’apprêtant à bondir sur sa proie. Doucement, elle avança sa tête vers son oreille.
« Le calme avant la tempête » songea le suspect.
- Si je découvre que vous m’avez menti, vous pouvez dire adieu à notre accord, murmura-t-elle.
- Est-ce une menace ?s’indigna l’intéressé.
- C’est à vous de voir, vous savez pour le MOSSAD, vous devez donc avoir une petite idée de la nature particulière de mes interrogatoires.
Un petit rictus machiavélique étira les lèvres de l’homme :
- Il me semble que la torture est interdite dans ce pays, officier David !
- Je suis sûre que la directrice Shepard ne m’en tiendra pas rigueur … quand elle comprendra que vous l’avez manipulée pour qu’elle soit accusée du meurtre de sa nièce !
La jeune femme avait commencé sa phrase dans un murmure et l’avait achevée en hurlant, faisant sursauter son interlocuteur. « Il commence à avoir peur, je vais enfin pouvoir m’amuser » songea-t-elle tandis qu’un sourire narquois trahissait ses pensées.
dineka38 (03.09.2007 à 16:10)
SALLE D’INTERROGATOIRE N°1
- Je veux le voir, répéta une nouvelle fois Jen.
Elle était parvenue à reprendre le contrôle d’elle-même. Désormais, sa voix était posée, un peu froide peut-être ; de toute façon c’était sans importance. Si Jethro était mort, plus rien n’avait d’importance. Fornell pouvait bien tout lui coller sur le dos et la faire enfermer, ça lui était égal. De toute façon, elle serait incapable d’assumer son rôle de directrice sans Gibbs pour la soutenir, elle ne s’en sentait pas le courage.
- Avouez !
L’intéressée ne répondit pas, mais elle soutint le regard de Fornell. Parmi les nombreuses choses que Gibbs lui avait enseignées figurait le fait de ne jamais baisser la tête face à quelqu’un. C’est pourquoi elle allait tenir tête à Fornell : quoi qu’il advienne, il était hors de question qu’elle trahisse la mémoire de Jethro !
dineka38 (03.09.2007 à 16:10)
Abby venait d’arriver en trombe dans les locaux du NCIS. Immédiatement, elle se dirigea vers les salles d’interrogatoire et frappa à la vitre de la n°2. Ziva sembla dire quelque chose à Whitman puis sortit, assez irritée.
- Des nouvelles ? demanda-t-elle froidement.
- Non, pas encore, mais il a repris connaissance avant d’être emmené au bloc … on a la preuve que la directrice Shepard est innocente !
Sur ce, elle tendit le dictaphone à l’officier David qui s’en empara sans souffler mot. Son premier réflexe fut d’écouter la bande. Certains passages la firent sourire malgré elle : « Vous n’êtes qu’un enfoiré ! » Gibbs faisait cet effet à beaucoup de monde, apparemment ! Un flot d’images ressurgit des méandres de sa mémoire : son refus de lui laisser ses armes à l’exception de son couteau, son obstination à la mettre à un bureau autre que celui de l’agent Todd, son regard triste et ému quand elle lui avait remis le carnet de croquis de la jeune femme…
- Essaie d’occuper Fornell, demanda-t-elle. Je dois parler à la directrice Shepard.
La laborantine n’appréciait guère le ton sur lequel son amie lui parlait, mais l’heure n’était pas aux règlements de compte. A contrecoeur, elle accepta et ouvrit la porte de la salle d’interrogatoire n°1
- Je peux vous parler une minute ?
L’intéressé la fusilla du regard. « Il peut être furax, ça m’est égal ! » songea Abby « ce n’est pas Gibbs ! ». Elle ne pouvait nier la rancœur qui s’était emparée d’elle : elle avait le sentiment que Fornell cherchait à remplacer Gibbs auprès de l’équipe, et ne le supportait que très difficilement.
- Qu’y a-t-il ? demanda Tobias, glacial.
- Il faudrait que vous veniez dans mon labo, pour que je vous montre.
Elle ignorait si ça allait fonctionner, et même si c’était le cas, elle n’avait aucune idée de ce qu’elle allait pouvoir lui dire … mais elle trouverait bien ! De toute façon, il le fallait !
- D’accord mais faite vite, j’ai un interrogatoire à mener !
- Je ne pense pas que vous soupçonniez Jen Shepard d’être un ange, donc elle ne risque pas de s’envoler ! rétorqua-t-elle, levant les yeux au ciel.
Sur ce, elle entraîna l’agent fédéral dans son antre.
Un sourire victorieux étira les lèvres de l’officier David, tandis qu’Abby et Fornell s’éloignaient. Néanmoins, elle redevint très vite sérieuse, et pénétra dans la salle d’interrogatoire n°1. La directrice Shepard ne lui adressa pas même un regard. Sans doute pensait-elle que c’était Fornell, ou peut-être lui tenait-elle encore rigueur de son comportement quelques heures plus tôt.
- Jen, Jen c’est moi ! murmura-t-elle, s’agenouillant aux côtés de sa supérieure.
L’intéressée tourna alors la tête vers elle, dévoilant ainsi ses larmes aux yeux de Ziva.
- Je veux voir son corps, répéta-t-elle. Ziva, je … j’en ai besoin.
dineka38 (03.09.2007 à 16:11)
A ces mots, l’officier David secoua la tête. Elle n’arrivait pas à croire que Fornell ait osé prétendre à Jen que Gibbs était mort. Elle avait fait la même chose avec Whitman, il fallait bien l’admettre. Mais la situation était tout à fait différente : lui n’avait aucun lien avec Gibbs, il ne le connaissait pas, alors que Jen était très liée à cet homme. Fornell aurait du deviner que cette nouvelle allait l’anéantir.
- Non, Jen ! Ne croyez pas Fornell ! Gibbs est toujours au bloc, on est sans nouvelles.
- Quoi ?
La directrice Shepard dévisageait maintenant Ziva, comme si l’explication s’était trouvée sur le visage de l’israélienne.
- Fornell vous a dit ça pour vous pousser à avouer …
- Je n’ai rien fait ! l’interrompit Shepard, véhémente.
- Je sais, Jen, je sais, murmura l’intéressée pour l’apaiser.
La pauvre semblait vraiment à bout de nerfs : ses traits étaient particulièrement tirés, ses yeux brillants de larmes tandis que son visage paraissait plus pâle que jamais, impression renforcée par le maquillage noir qui allait avec son déguisement.
- J’ignorais que vous aviez flashé sur les habitudes vestimentaires d’Abby ! plaisanta Ziva pour détendre l’atmosphère.
L’intéressée esquissa un maigre sourire.
- Ce n’est pas Julian qui a tiré sur Gibbs.
- Je sais, nous avons votre dictaphone.
- Jethro…
- Oui, à l’hôpital… avant l’opération. Mais vous devez savoir qu’il n’est pas celui que vous croyez. C’était le garde du corps d’Ellen Moore.
Jen demeura un instant interdite.
- Ellen Moore ?
- Plus connue sous le nom de La beauté de la vengeance !
- Qu … quoi ? Je …
- Jen, est-ce que ça va ? s’enquit l’officier David.
- Non, non, ce n’est pas possible … Ellen est la femme qui m’a précédée au NCIS, elle est partie il y a six ans …
- Alors pourquoi Gibbs ne l’a pas reconnue ? s’étonna Ziva.
- Je … je n’en sais rien.
dineka38 (03.09.2007 à 16:12)
L’agent spécial DiNozzo était à son bureau, en train de pianoter sur son ordinateur. Pourtant, à en juger parce ce que l’écran affichait, ses occupations n’avaient rien de professionnel… à moins que des filles nues puissent faire avancer l’enquête !
- Tony, cette femme ne s’appelle pas Ellen Moore ! annonça Ziva en déboulant telle une furie.
Elle put apercevoir un instant l’occupation de son ami, avant que celui-ci ne ferme la fenêtre.
- Tony, je veux bien croire que ça te rende malade de ne pas pouvoir en voir en personne, mais ce n’est pas le moment de te lamenter sur ton sort ! ironisa-t-elle.
- Arrête de dire n’importe quoi ! Je ne me lamente pas sur mon sort, je profite de la vie !
- Vraiment ? Et ça ne te choque absolument pas de profiter de la vie, comme tu dis, alors que Gibbs est entre la vie et la mort, et que la directrice Shepard est en cellule, alors qu’elle n’a rien fait !
A ces mots, DiNozzo lui adressa un regard noir :
- Si tu crois que je m’en fiche, tu te trompes, Ziva.
Puis feignant la surprise, il poursuivit :
- Oh mais regardez qui voilà ! Quelle coïncidence, n’est-ce pas, officier David ?
L’intéressée resta figée un instant. Elle ne pouvait en croire ses yeux, c’était …
- Eh oui ! Lydia Shepard !
- Et que nous montre cette vidéo, hormis le visage de Lydia ?
- Hum, je ne savais pas que le porno féminin t’intéressait … fais attention, on pourrait se poser certaines questions…
- Au risque de te décevoir, mon chou, je connais encore ma propre anatomie, tu n’auras pas besoin de me la faire découvrir ! railla l’israélienne.
dineka38 (03.09.2007 à 16:12)
A sa grande surprise, Tony n’eut aucune réaction. Il se contenta de mettre la vidéo en marche. Quand celle-ci fut arrivée à son terme, un silence de mort s’installa dans l’open space. Tout semblait d’un vide désolant : Abby était dans son labo avec Fornell et les autres à l’hôpital. Personne pour se chamailler à par eux deux ! Il n’y avait plus McGee à prendre à parti, le mettant par la même occasion dans une situation impossible, plus Gibbs pour hurler qu’il voulait des réponses, frapper Tony … A cet instant précis, Ziva eut le sentiment que toute l’équipe était anéantie et qu’elle ne se relèverait jamais.
- Tout finira par s’arranger, Ziva ! tenta de la consoler DiNozzo,comme s’il avait pu lire dans les pensées de son amie.
- Il n’y a aucun risque que ça s’arrange, elle est morte Tony ! rétorqua l’officier David.
Bien entendu, elle n’était pas sans savoir que son collègue parlait de la blessure de Gibbs, l’accusation de Jen et tous les autres soucis qu’ils avaient ces derniers temps, mais elle n’avait aucune envie d’aborder ce sujet. Elle refusait de laisser Tony voir ses faiblesses. Pour lui, il fallait qu’elle reste la Ziva parfois froide, souvent un peu taquine, la seule Ziva qu’il connaissait en somme !
- En tout cas, cette vidéo n’a pas été postée par Lydia …
- Il y a une différence entre mannequin et strip-teaseuse, Ziva.
- Peu importe, toujours est-il que cette agression explique les marques qu’elle avait sur le cou… et je parie que c’est Julian Whitman le coupable. Tu as donné le mot à Abby ?
- Pas encore, mais va lui demander de comparer les mains de Whitman avec les marques, tu lui donneras en même temps.
« Pourvu qu’elle dise oui » songea-t-il. Les rapports entre Ziva et Abby n’avaient cessé de se détériorer depuis qu’elles s’étaient battues pour lui, à cause de la drogue. Il n’aimait pas voir ses amies comme ça, mais que pouvait-il faire sinon tenter de pousser les choses dans le bon sens ?
- Tu devrais y aller, c’est toi qui as eu l’idée, et en l’absence de Gibbs, c’est toi le patron, rappela l’israélienne.
- Il faudra bien que vous finissiez par en parler, soupira-t-il, avant de quitter la pièce.
dineka38 (03.09.2007 à 16:13)
A peine était-il parti que Ziva remarqua une fenêtre réduite sur l’ordinateur de son ami. Poussée par la curiosité, elle l’ouvrit. « Non, c’est pas possible ! Voilà que je deviens comme lui maintenant ! Ou tout du moins pour la notion de vie privée ! » songea-t-elle, un peu honteuse. Son malaise s’intensifia quand elle découvrit ce que contenait cette fenêtre.
En effet, des images venaient de s’éparpiller sur toute la surface de l’écran. Il devait y en avoir une vingtaine, mais toutes représentaient la même chose : des bons moments avec ses amis. Il y avait une photo d’Abby et Gibbs, où de toute évidence, ils étaient en train de se taquiner. Une autre montrait Kate et Tony en train de se chamailler. La suivante était centrée sur Ducky assis … au bureau du président des Etats-Unis ! Sur l’une des photos, il y avait McGee en train de travailler sur un ordinateur. Abby avait passé ses bras autour de son cou et tapait en même temps que lui. Il y en avait encore bien d’autres : une de Ducky et Gibbs, une de toute l’équipe avec Kate, et une d’elle et Tony. De toute évidence, elle avait été prise par surprise, elle n’aurait jamais accepté qu’on la prenne en photo ! Mais elle devait avouer que cette image lui rappelait de bons souvenirs.
Elle s’en voulait de plus en plus. « Et ça ne te choque absolument pas de profiter de la vie, comme tu dis, alors que Gibbs est entre la vie et la mort, et que la directrice Shepard est en cellule, alors qu’elle n’a rien fait ! » Ses propres mots martelaient son crâne tel un juge qui tape avec son marteau après avoir annoncé une sentence : ‘coupable’ en l’occurrence !
dineka38 (03.09.2007 à 16:13)
Pendant ce temps, DiNozzo était arrivé au laboratoire d’Abby. Il avait poussé Fornell dehors sans ménagement avant de demander à la laborantine ce qu’il lui voulait.
- Rien, en fait c’est moi qui l’ai fait venir.
- Abby ? Tu es sûre que la drogue …
- Ca va, Tony ! Je voulais essayer de le convaincre que la directrice Shepard était innocente ! trancha l’intéressée
- Laisse-moi deviner, il ne t’a pas cru ? railla Tony.
- Non, quand je lui ai montré le tatouage sur la vidéosurveillance, il a répondu que ça pouvait très bien être une décalcomanie. Je lui ai fait écouté la bande, il prétend qu’il est impossible de savoir si Ellen Moore n’a pas parlé sous la menace, et que même si ce n’est pas le cas, elle pourrait très bien avoir la directrice pour complice. Je n’en reviens pas que je vais dire ça, mais Gibbs est un patron super souple, en fait !
DiNozzo manqua de s’étrangler. Gibbs ? Souple ? Mais qu’est-ce qu’Abby avait bien pu mettre dans son Caf’Pow pour dire une chose pareille ? Gibbs tenait beaucoup à eux, Tony le savait, mais il n’empêchait que c’était le patron le plus râleur, le plus borné et le plus exigeant qui puisse exister sur cette terre … c’était le plus grand fan des claques derrière la tête aussi …
- Abby, on est tous très inquiets pour Gibbs, mais là tu pousses le bouchon un peu loin, tu ne crois pas ?
La jeune femme lui adressa un regard lourd de sens et s’empressa de changer de sujet :
- Pourquoi as-tu besoin des compétences de SuperAbby ? demanda-t-elle avec une modestie sans faille.
L’intéressé ne put réprimer un sourire.
- Est-ce que SuperAbby pourrait me trouver la véritable identité de La beauté de la vengeance ?
- Elle s’appelle Ellen Moore ! Tony, je mérite mieux que du réchauffé, tu ne crois pas ? Ce n’est pas drôle si je connais déjà toutes les réponses ! expliqua-t-elle, avec une énergie débordante.
Tony savait que ce survoltage lui servait à masquer sa douleur, et que, à la longue, ça ferait beaucoup de dégâts sur son amie … mais il allait devoir remettre ce problème à plus tard ! Il fallait boucler cette enquête, tout ça devait s’arrêter, ou cette équipe ne se relèverait pas, quoiqu’il ait pu dire à Ziva !
- Non, Ziva dit que c’est une fausse identité. Je ne lui ai pas demandé de détails, si tu as besoin d’infos, c’est à elle que tu devras t’adresser.
- Tony, tu sais bien que …
- Je sais bien qu’il faudra que ça s’arrange un jour, entre vous ! rétorqua DiNozzo. Vous vous entendiez quand même beaucoup mieux qu’il y a quelques temps, avant que tout ça ne nous tombe dessus !
- Tony, sous l’emprise de la drogue ou non, le fait est que Ziva craque pour toi … et je préfère garder mes distances pour que vous ayez encore une chance, je ne veux pas qu’elle se refuse à t’avouer ses sentiments, juste parce qu’il s’est passé ce … truc !
DiNozzo resta un instant sans voix. Ziva, des sentiments pour lui ? Non, c’était ridicule ! Pour elle, il était le grand frère insupportable qu’il faut toujours remettre à sa place !
- N’en parle pas à Ziva, demanda Abby. Bon qu’est-ce que tu voulais ?
Sans un mot, l’intéressé lui tendit un message écrit en lettres de sang :
- C’était dans le sac de la directrice Shepard, si tu pouvais analyser ce sang …
- C’est déjà fait Tony, répondit la jeune gothique, interdite. Gibbs ne t’en avait pas parlé ?
Le jeune homme secoua négativement la tête.
- Il est venu me déposer ça rapidement à un moment où j’étais absente. Il y avait un mot à côté qui expliquait qu’il avait prélevé cet échantillon sur un message adressé à Jen Shepard, et que c’était probablement du sang. Il avait raison mais …
- Mais … Abby, explique-moi. Je n’étais absolument pas au courant. Tu sais ce que Ducky dit toujours …
- Ouais, Gibbs est un homme à questions. Ce n’était pas celui de Jen Shepard, mais celui de Julian Whitman.
dineka38 (03.09.2007 à 16:14)
Ziva s’était affalée sur la chaise de bureau de Tony. Elle avait remis l’ordinateur tel qu’il était avant le départ de son ami, pourtant les photos continuaient de défiler devant ses yeux … elles la hantaient ! Pourquoi avait-elle dit ça ? Elle le connaissait pourtant, elle savait que DiNozzo tenait beaucoup à Gibbs ! Alors pourquoi n’avait-elle pas réfléchi davantage avant de parler ?
Ses pensées se tournèrent de nouveau vers Jen. Elle lui avait paru tellement mal quand elle lui avait parlé, si pâle, tellement anéantie ! Elle avait toujours considéré Jen Shepard comme une personne très forte, certes physiquement mais surtout psychologiquement. Ca lui avait fait un choc de la retrouver dans cet état, même si elle n’en avait rien montré…
- Jimmy ?
Ziva sursauta. Une jeune femme blonde venait de pénétrer dans l’open space. Elle était assez grande, ses yeux étaient bleus et pétillants de malice. Elle semblait énergique, sûre d’elle … un peu trop superficielle peut-être, mais elle avait remarqué que c’était le cas pour bon nombre de femmes américaines : trois tonnes de maquillage un peu partout et elles se figuraient qu’elles pouvaient ainsi masquer leur véritable personnalité, se réfugier derrière une image ! Ca l’agaçait profondément … et puis de toute façon, elle était déjà remontée contre cette femme avant, alors un peu plus ou un peu moins, ça ne changerait plus grand-chose.
- Anna Bartley ?
- Oui, qui êtes-vous ?
- Navrée, je ne suis pas Jimmy, ironisa-t-elle. Officier Ziva David !
- Où est Jimmy ? demanda l’intéressée.
Elle regardait sans arrêt sa montre. Etait-elle pressée ? Ou était-ce un tic nerveux ? La deuxième solution plaisait davantage à Ziva. C’est vrai qu’on devait être excessivement pressée de quitter le NCIS après avoir mis sur écoute l’agence en question.
- En salle d’interrogatoire n°3, pourquoi ? répondit l’israélienne, comme s’il n’y avait rien de plus naturel que de traiter un assistant de médecin légiste comme un suspect.
Un éclair de panique traversa les yeux clairs de la journaliste, ce qui n’échappa pas à son interlocutrice. Elle s’essuya les mains sur son pantalon. « Elle commence à perdre pied » songea Ziva.
- Pourquoi ? demanda Anna d’un ton qui se voulait naturel.
- On a trouvé un système de mise sur écoute dans son sac à dos… mais bien sûr vous n’étiez pas au courant, je présume, railla l’intéressée.
- Non, en effet.
D’un geste autoritaire, Ziva la fit asseoir à son bureau, et se plaça très près de son visage. Anna pouvait sentir son souffle chaud, elle voyait ses yeux noisette refléter de la haine.
- C’est donc une pure coïncidence si, à peine quinze minutes après que Jimmy ait appris la nouvelle, un flash info dirigé par vous-même annonçait l’agression de Moira Sanders, murmura l’officier David, d’un ton menaçant.
- Bon d’accord, c’est moi. Mais si vous acceptez de passer l’éponge là-dessus, j’aurai peut-être des infos pour vous.
- Quel genre ? demanda Ziva, toujours sur la défensive.
- Le genre susceptible de vous intéresser. C’est d’accord ?
- C’est d’accord, mais si j’estime que vos infos ne valent pas une visse, notre arrangement est annulé, c’est clair ?
Un sourire victorieux étira les lèvres de la journaliste.
- C’est entendu, répondit-elle.
Elle avait repris cette belle assurance qui agaçait tant Ziva. Pourquoi aucune loi n’interdisait la suffisance aux Etats-Unis ? Ca lui aurait tellement plu de pouvoir menotter cette garce.
- La beauté de la Vengeance se terre dans le sous-sol du Midnight Club. Elle attend ce soir pour tuer votre chère directrice.
dineka38 (03.09.2007 à 16:15)
L’agent spécial Gibbs ouvrit péniblement les yeux, mais une lumière aveuglante l’obligea à les refermer aussi vite. Il avait beaucoup de mal à respirer. Il ne doutait pas que sans morphine, la douleur eût été insupportable.
- Jethro ? appela une voix qu’il identifia comme étant celle de Ducky.
Simultanément, une main noueuse se posa sur son bras.
Gibbs tenta une nouvelle fois d’ouvrir les yeux, mais plus lentement. Il plissa les paupières, encore un peu ébloui, avant de tourner la tête vers l’homme assis à ses côtés.
- Salut, Ducky ! murmura-t-il.
Un sourire illumina le visage du vieux légiste.
A peine une heure plus tôt, un médecin était venu les trouver, McGee, Lara Coleman et lui-même, pour leur annoncer que l’opération s’était bien déroulée. Bien entendu, la joie les avait immédiatement gagné. Hélas, une nouvelle plus préoccupante s’en était suivie : sa blessure était grave, et le cœur de leur ami risquait de lâcher à cause de la douleur. Mais maintenant que le Dr Mallard entendait la voix de Gibbs, il reprenait confiance : si d’autres avaient déjà survécu à ça, alors Jethro y arriverait.
- Comment te sens-tu ?
- J’ai eu de la chance, répondit Gibbs, esquissant un maigre sourire.
Un rictus douloureux déforma son visage tandis qu’il tentait de se redresser.
- Reste tranquille, mon vieil ami. Il faut que tu te reposes, intervint le Dr Mallard.
Joignant les gestes à la parole, il posa une main sur l’épaule de l’agent pour l’inciter à se rallonger.
- Ducky, le dictaphone ! insista l’intéressé.
- Nous l’avons eu, Jethro, ne t’inquiète pas. Abby est repartie au NCIS pour l’apporter à Tony.
Ces mots semblèrent apaiser Gibbs qui se rallongea.
- Je dois parler à Lara … c’est important ! annonça-t-il.
Le Dr Mallard haussa les épaules, avant d’aller chercher Lara dans le couloir.
dineka38 (03.09.2007 à 16:16)