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Série : NCIS
Création : 13.11.2008 à 10h58
Auteur : dangie
Statut : Terminée
« En enquêtant sur la mort d'un Quartier Maitre, Gibbs ne s'attendait pas à devoir traiter cette affaire avec un autre service...et surtout sans Tony... » dangie
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Chapitre 10
Impatient, il décrocha sans même prendre le temps de regarder qui était son correspondant, espérant sans vraiment le croire que la jeune infirmière le contactait pour lui donner des nouvelles de Tony.
-Jethro ?
- Ducky ! Qu'est-ce qui se passe ?
- Il faut que tu viennes...tout de suite...
Le médecin légiste n'eut pas le temps de finir sa phrase que Gibbs avait déjà coupé la communication et se précipitait vers l'ascenseur. Il appuya rageusement sur le bouton d'appel, mais l'appareil ne sembla pas du tout satisfait d'être traité avec violence...la lenteur de la cabine pour arriver à l'étage exaspéra au plus au point un Gibbs déjà à fleur de peau. A bout de patience après seulement quelques secondes d'attente, il abandonna et couru vers les escaliers. Il dévala quatre à quatre les étages tout en se doutant de ce qui l'attendait en bas. Il aurait presque été déçu s'il n'en avait pas été ainsi...
A peine essoufflé, il fût obligé de marquer un temps d'arrêt pour que la porte de la salle d'autopsie s'ouvre doucement. A l'intérieur, deux hommes vêtus de combinaisons noires frappées au logo du F.B.I. déroulaient un sac mortuaire posé sur une table à roulettes. Depuis un coin de la pièce, Ducky s'avança suivit de près par TC Fornell.
-Jethro, ils veulent emporter le corps...je n'ai même pas pu débuter l'autopsie...commença le médecin légiste très en colère.
- Je sais Ducky...laisses tomber...c'est pas grave
- Mais! je comprend pas ce qui se passe !
- Ce meurtre est l'affaire du F.B.I....continua Gibbs.
- Voici tous les papiers officiels, Docteur Mallard, intervint Fornell en tendant une liasse de papiers.
- Mais? balbutia Ducky.
- Laisses Ducky, ces messieurs du Bureau sont des grands garçons...ils ont déjà prouvés qu'on pouvait leur faire confiance...qu'ils étaient compétents...plaisanta sans joie Gibbs.
Pour toute réponse, Fornell s'approcha des deux hommes en combinaison noire qui remontaient lentement la fermeture du sac sur le visage de Serguei James Ivanov Caffrey, il posa une main sur le chariot et le poussa doucement vers la sortie. Gibbs pensa un moment que barrer la route à ce "convoi mortuaire" serait une bonne idée, une dernière façon de montrer son désaccord, mais devant l'air déterminé de Fornell, il y renonça dans un sourire.
Une fois les agents du F.B.I. montés dans l'ascenseur, Ducky se retourna vers Gibbs.
- Je t'ai connu plus combatif, Jethro !
- Les temps changent Ducky...qu'est-ce que tu as pu trouver sur notre victime ?
- Ce jeune homme - quel que soit son nom - a été torturé avant de mourir. Il a du beaucoup souffrir...Brûlures de cigarettes, lacérations, coups...Apparament...puisque je n'ai pas eu le temps d'approfondir mes conclusions, toutes les blessures sont peu profondes...sauf le coup final...Une balle tirée sur l'arrière du crâne, à bout touchant, et qui est arrivée jusqu'au lobe frontal...J'ai retrouvé des traces de poudre sur les cheveux...je ne sais pas si ces messieurs du F.B.I. pourront faire une comparaison si jamais ils retrouvent l'arme, la balle a l'air d'être en mauvais état, mais je pencherais pour un calibre 22... reprit Ducky en allumant le négatoscope.
Sur le tableau illuminé, la radio d'un crâne regardait Gibbs de ses yeux vides, le petit bout de métal bien visible quasiment au milieu du front.
- Fornell n'a pas récupéré la radio ? demanda Gibbs surpris de retrouver des indices encore en leur possession.
- ...Et bien...en fait, Mr Palmer a malencontreusement développé deux exemplaires de cette radio...
- Fornell ne l'a pas demandé ?
- Il a pris un exemplaire...mais je ne lui ai pas parlé du deuxième...je ne voulais pas que Jimmy ai à s'acquitter de cette dépense supplémentaire, reprit Ducky tout en regardant du coin de l'oeil Palmer qui rougissait.
Gibbs et Ducky sourirent, amusés par la gêne de Jimmy, mais l'assistant du médecin légiste ne le remarqua pas, tout absorbé qu'il était dans la contemplation de ses chaussures.
- Comme le F.B.I. va se charger de mon travail, reprit Ducky, je pourrais peut-être me rendre à l'hôpital ?
- C'est une très bonne idée, répondit simplement Gibbs. Là bas, il doit y avoir une infirmière avec Tony, elle s'appelle Carly Adams.
Puis, il se diriga vers la sortie, mais avant de franchir la porte, il lança une dernière remarque :
- Palmer devrait peut-être contacter le service juridique pour s'assurer qu'il n'aura pas de problèmes...
La porte se referma, Gibbs souriant mystérieusement, Ducky se dirigeant vers le vestiaire et Palmer le teint virant désormais à l'écarlate, ses joues et ses oreilles au bord de l'explosion.
Chapitre 11
Assise devant son bureau, Ziva ne tenait pas en place, elle savait qu'elle tenait une piste, elle le sentait au plus profond de ses tripes. Elle empoigna nerveusement son téléphone, elle devait absolument joindre Gibbs, au moins pour lui expliquer ce qu'elle avait découvert. Elle n'eut pas le temps de lancer l'appel que son boss apparu comme par enchantement, comme d'habitude.
- Ah ! enfin, fit-elle soulagée.
- Qu'est-ce qui t'arrives ?
- Je tiens quelque chose, on y va, continua Ziva sûr d'elle-même.
- Où ça ? demanda Gibbs septique.
- A l'appartement de Serguei Ivanov.
D'un pas décidé, elle se dirigea vers l'ascenseur, entraînant avec elle Gibbs un peu réticent et Mc Gee toujours un peu déboussolé.
- Pourquoi veut-tu retourner à l'appartement ? demanda Gibbs alors que l'ascenseur entamait sa descente.
- J'ai pas arrêté de penser à quelque chose, depuis tout à l'heure...ce type pouvait pas me semer si facilement...j'étais vraiment pas loin derrière lui...et de toute façon, j'aurais dû le voir s'enfuir dans la rue...
- Tu crois qu'il est monté au lieu de descendre? tenta Mc Gee.
L'ascenseur stoppa sa progression, la porte s'ouvrit, les trois agents sortirent et se dirigèrent vers le parking.
- Non, j'ai bien entendu ses pas qui descendaient dans l'escalier...poursuivit Ziva...et en fait, j'ai supposé qu'il sortait de l'immeuble...ce qui était le plus logique...mais je pense maintenant, qu'il est resté dans le bâtiment...au premier étage.
- Tu penses qu'ils pourraient avoir un complice dans l'immeuble ? questionna Gibbs intéressé.
- Je crois pas...tous les locataires sont là depuis au moins six mois, j'ai vérifié avec le propriétaire...et comme notre victime, lui n'a emménagé que depuis trois semaines...nos suspects auraient quand même eu un sacré coup de bol que leur complice habite le même immeuble que celui qu'ils recherchaient...
- Pour l'instant, tu trouves pas qu'ils ont eu de la chance ? constata Gibbs dans un sourire sans joie.
- Si ! Mais, je suis sûre que ça va bientôt tourner, continua Ziva. J'ai contacté tous les locataires du premier étage...ils sont soit à leur travail, soit tranquillement chez eux...mais, il n'y en a qu'un qui ne m'a pas répondu...enfin une...elle s'appelle Lydia Clark...elle a 28ans, elle est professeur de piano, mais la directrice de son école ne l'a pas vu aujourd'hui...et apparement, ce n'est pas son genre marquer le boulot...
- Manquer le boulot, rectifia Gibbs instinctivement, sans se rendre compte que, d'habitude c'est Tony qui se chargeait de cette besogne.
Il déverrouilla la voiture et chacun s'installa, sans remarquer le trouble qui s'insinuait dans l'esprit de Tim.
- Vous n'avez pas interrogé tous les habitants de l'immeuble ? demanda Gibbs avant de mettre le contact.
- Si, c'est moi qui n'en suis chargé, répondit Mc Gee la voix nouée.
- Et c'est cette Lydia Clark qui vous as répondue ?
- Lydia Clark?...appartement 1G?...tu es sûre qu'elle n'a que 28 ans? demanda Mc Gee la bouche soudain très sèche.
-Certaine, assura Ziva.
Tim réfléchit un instant le temps de se remémorer les évènements de ces dernières heures qui lui avait paru des jours.
-C'est un jeune garçon qui m'a ouvert...environ 15 ans...quand je lui ai demandé où était Mme Clark, comme s'était indiqué sur la sonnette, il m'a dit que s'était sa mère et qu'elle était à son travail...répondit Mc Gee la voix à peine audible.
- Vous ne vous êtes pas méfié ? demanda Gibbs un ton plus fort.
- Euh...balbutia Mc Gee, je n'avais pas de raison de me méfier...le gamin était en t-short, en caleçon et pieds nus pour moi, il venait de se lever...
- Mc Gee ne pouvait pas se douter que c'était un gamin qui avait tiré sur Tony, intervient Ziva pour défendre son collègue.
- Qu'est-ce que je me tue à vous apprendre, il ne faut jamais supposer...toujours vérifier, hurla Gibbs en prenant un virage à 90 ° qui plaqua tout le monde dans son siège.
Le reste du trajet se fit en silence à une allure plus que soutenue...
Chapitre 12
Dans le couloir devant l'appartement 1G, un calme inquiétant régnait. Le large couloir recouvert de moquette était toujours vide. Toute l'équipe stoppa devant la porte de Lydia Clark. Gibbs frappa trois coup brusques. Le bruit se répandit dans l'appartement, mais personne ne vint répondre.
Gibbs fit un geste rapide de la tête et Ziva chercha dans sa poche son matériel pour crocheter les serrures. Mc Gee n'eut pas le temps de protester contre cette violation de la loi, que la porte était déjà ouverte. D'un même geste, les trois agents pénétrèrent à l'intérieur, arme au poing.
L'appartement, dans la disposition des pièces, ressemblait trait pour trait à celui de Serguei Ivanov. Le petit salon qui faisait face à la porte était méticuleusement rangé, par contre, la cuisine, sur la gauche, détonnait avec le reste : deux tasses à café sales sur le plan de travail, des miettes de gâteau au chocolat un peu partout sur le sol.
Immédiatement, Gibbs sentit que quelque chose clochait, puis un bruit sourd, très discret, attira son attention. Il venait de la chambre à droite du salon. Les trois agents échangèrent un regard en silence et Gibbs indiqua de la tête, la direction à suivre. Sur leurs gardes, ils s'approchèrent de la porte fermée et Ziva entendit également un bruit étouffé venant de la chambre. La bouche sèche, elle mit la main sur la poignée et tourna doucement. Elle poussa violemment la porte à l'intérieur et braqua son arme, prête à tirer sur le moindre signe suspect.
Ils ne s'attendaient pas vraiment à tomber sur les tueurs encore dans la place, mais ils ne s'attendaient pas non plus à ce qu'ils avaient sous les yeux. Une jeune femme, bâillonnée, les yeux bandés et attachée sur une chaise leur tournait le dos. Sa tête tombait mollement sur sa poitrine, elle gémissait doucement. Gibbs s'approcha rapidement, s'agenouilla, retira le bâillon de la bouche de la jeune femme, retira le bandeau de ses yeux et coupa ses liens dans le dos. Celle-ci ouvrit un oeil vide et dénué d'expression, son regard passant dix bon centimètres au dessus de la tête de Gibbs, elle ne semblait pas du tout gênée par ce brusque retour de la lumière.
- Mc Gee ! de l'eau ! vite ! hurla Gibbs.
Tim s'exécuta et couru vers la cuisine. Ziva avait saisit son téléphone et composait déjà le 911, le petit bip des touches à peine perceptible.
- Non, ça va murmura la jeune femme dans un souffle. Je vais bien...J'ai rien...ils ne m'ont rien fait...
Son teint pâle et les cernes sous ses yeux disaient pourtant le contraire, mais Gibbs perçu dans le ton de la voix de la jeune femme une volonté et une assurance qui le surpris.
- Vous êtes Lydia Clark ? demanda Ziva doucement.
- Oui...mais vous qui êtes vous ? questionna la jeune femme en se tournant vers la voix.
- N.C.I.S., reprit Ziva en sortant sa plaque et en la montrant à la jeune femme.
Celle-ci ne tourna pas la tête pour jeter un coup d'oeil ce qui confirma ce que soupçonnait Gibbs.
- Vous êtes aveugle depuis longtemps ? demanda t-il.
Lydia Clark tourna la tête vers lui et sourit.
- Depuis deux ans...à la suite d'un accident.
Mc Gee revint avec un verre d'eau fraiche et le tendit à Lydia qui ne réagit pas. Doucement, Gibbs prit les mains de la jeune femme et les leva jusqu'à atteindre le verre. Dès qu'elle sentit la forme au creux de sa paume, elle leva le verre et bu goulûment la totalité du liquide.
Ziva s'éloigna pour jeter un soupir de désespoir...leur seul témoin "oculaire" n'avait rien vu! Mais, Gibbs savait par expérience que parfois, les aveugles "voyaient" plus de choses que les gens "normaux". Il laissa le temps à la jeune femme de reprendre ses esprits et lui parla doucement, aussi doucement qu'il l'avait fait il y a quelques années pour interroger une petite fille terrorisée qui les avait menés au coupable.
-Mlle Clark, pouvez-vous me dire ce qui s'est passé ? questionna t-il d'une voix douce.
- Je ne sais pas si je vous serez très utile...tout s'est passé si vite...
- Prenez votre temps, murmura Gibbs.
-...J'étais dans le couloir...je m'apprêtais à fermer ma porte, quand un homme m'a poussé à l'intérieur de mon appartement...il m'a mis une main sur la bouche pour m'empêcher de crier...il m'a tenu contre lui pendant un moment...complètement immobile...il m'a dit que si je ne bougeais pas, il ne me ferait pas de mal...mais, j'avais si peur que je me suis débattue et lui, il a serré...un peu trop fort... juste avant de perdre connaissance, j'ai entendu une détonation...qui venait de l'appartement au dessus, je crois...
Ziva perdit totalement espoir de savoir quoi que se soit sur les tueurs, elle tournait les talons pour inspecter le reste de l'appartement, quand Lydia reprit :
- Quand je me suis réveillée, j'étais dans ma chambre, attachée sur cette chaise...comme vous m'avez trouvé...ils avaient ouvert la fenêtre...je sentais un petit vent frais sur ma joue...
- Ils étaient combien ? demanda Gibbs intérressé.
- Deux hommes...ou plutôt un homme et un jeune garçon, répondit Lydia après une seconde d'hésitation.
-Comment savez-vous qu'il y avait un jeune homme? questionna Ziva impatiente.
- Sa voix... quand il s'énervait, il ne pouvait pas maitriser les caprices de sa voix en pleine mutation.
- Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
- Quand ils se sont aperçu que j'avais repris connaissance, ils se sont rapprochés...j'ai vraiment cru qu'ils allaient me violer...ou me tuer...ou les deux...ils se disputaient...mais, ils ne voulaient pas élever la voix...le plus agé parlait en russe...
- En russe, vous êtes certaine? interrogea Gibbs.
- Oui, j'ai fait du russe quand j'étais au lycée, mais je n'ai pas poursuivis...ma prof était une peau de vache, concéda Lydia dans un sourire...mais, j'ai l'oreille musicale et j'ai quelques souvenirs...
- Vous vous souvenez de ce qu'ils ont dit ? demanda Mc Gee qui s'apprêtait à noter tout ce que la jeune femme se souvenait.
-...ils ont parlé d'un policier...le plus âgé a dit "politsielle" et si je me souviens bien, ça veut dire policier, commença Lydia qui cherchait dans sa mémoire.
- Vous vous souvenez d'autre chose ? demanda Ziva impatiente.
- ...Ils ont dit "smiètre", je crois que ça veut dire "mort"...il me semble que le plus âgé a demandé à l'autre si le "policier était mort?"
- Qu'est ce que vous pouvez nous dire d'autre sur ces hommes?
-Le plus grand, le plus âgé...il sentait la sueur, la peur... et la pommade...quand il m'a immobilisé, mes mains ont glissé sur ses bras...je pense qu'il avait des lésions sur les coudes.
Mc Gee continuait de noter fébrilement ces détails sur son PDA .
- Le plus jeune, lui, sentait aussi la sueur et la peur...mais il y avait autre chose aussi...la première fois qu'il s'est approché de moi, il sentait la poudre...et le sang...l'autre lui a dit quelque chose que je n'ai pas compris...puis j'ai entendu l'eau couler dans la salle de bain...puis, on a frappé à la porte, le plus âgé est resté avec moi...il m'a dit que si je tentais quoi que ce soit, il m'égorgerai...continua la jeune femme dans un souffle.
- Vous avez entendu ce qui s'est passé à côté ? demanda Gibbs en jetant un regard de reproche à Tim qui rougissait.
- Pas précisément, les voix étaient étouffées, ils avaient fermé la porte...mais j'ai cru comprendre que le jeune type s'est fait passé pour mon fils...et le policier est parti...enfin, il me semble avoir entendu que c'était un homme du N.C.I.S....c'est un de vos collègue?
- Oui...Nous sommes désolés, concéda Gibbs en jetant à Tim un regard lourd de reproches, celui-ci baissa les yeux, honteux.
- Qu'ont-ils fait ensuite? coupa Ziva de plus en plus impatiente.
- Ils m'ont laissé ici...je ne sais pas exactement, ce qu'ils ont fait...j'ai entendu les placards de la cuisine s'ouvrir...ils ont aussi fouillé dans ma chambre, dans l'armoire...
Ziva regarda le lit où quelques vêtements avaient été jetés au hasard, la porte de l'armoire encore ouverte.
-Vous avez quelques vêtements un peu...masculins ?demanda Ziva en observant la garde robe de Lydia où la moindre chemise, le moindre pantalon trahissait sans aucun doute possible qu'ils appartenaient à une femme.
- Mon petit ami a laissé des affaires à lui dans le tiroir à gauche, répondit Lydia.
Mc Gee s'approcha du-dit tiroir et s'aperçut qu'il avait lui aussi été visité...que le jeune garçon qui avait tiré sur Tony avait du retirer ses vêtements tachés de sang et s'était changé...
- Une autre question, Mlle Clark, fit Ziva, en général, après le petit-déjeuner...vous rangez tout immédiatement ou vous attendez le soir...ou c'est peut-être votre petit ami qui s'en charge ?
-Vous savez, mademoiselle, quand on est aveugle, on a intérêt à ranger les choses au fur et à mesure...en tout cas, si vous avez envie de retrouver vos affaires...et puis, je suis seule en ce moment, Gérald est en Irak pour deux mois encore...
- Ce sont les hommes qui vous ont agressé qui ont pris un café alors?
- Oui, j'ai senti l'arôme du café, je les entendais discuter dans la cuisine tout doucement...ils sont resté un bon moment...je ne saurais pas vous dire combien de temps...et puis, ils sont partis...ils m'ont laissé là...j'ai cru que personne ne viendrai à mon secours...dit la jeune femme au bord des larmes.
- Nous allons vous conduire à l'hôpital, commença Gibbs...histoire de vérifier que tout va bien, termina t-il pour couper court aux protestations de la jeune femme.
Celle-ci se leva avec peine et agrippa le bras de Gibbs pour avancer. Ils sortirent de la chambre lentement et quand ils furent dans le salon, Lydia reprit:
- Où est mon sac, s'il vous plait ?
Mc Gee, le lui tendit et pris doucement la main libre de la jeune femme pour la poser sur la lanière du sac. Lydia sourit devant cette attention et lâcha un instant le bras de Gibbs. Elle fouilla à l'intérieur de son sac et en ressortit ce qu'elle cherchait : une canne blanche qu'elle déplia d'un geste de la main.
-Voilà, on peut y aller, j'ai retrouvé mes yeux! déclara Lydia dans un sourire malicieux.
Cette remarque arracha à Gibbs un léger sourire mais qui s'effaça vite quand la jeune femme, les jambes encore ankylosées par les longues heures restées dans la même position, trébucha. Il rattrapa rapidement Lydia et l'aida à franchir le seuil de l'appartement.
- Mlle Clark, nous devons relever les indices que vos agresseurs ont pu laisser chez vous...et faire un prélèvement sur vos mains, commença Ziva.
Lydia se retourna sans comprendre.
-Sur mes mains ? Mais pourquoi ?
-Vous nous avez dit qu'un des deux hommes avait de la pommade sur ses bras, il doit rester des traces de ce produit sur vos mains...ça peut nous permettre de le retrouver, continua Gibbs.
- Si vous voulez, termina Lydia en tendant ses paumes vers le haut.
Ziva effectua le prélèvement et referma les mains de la jeune femme pour lui signifier qu'elle en avait terminé. Gibbs indiqua rapidement à ses deux agents de relever tout les indices laissés dans l'appartement, tandis que lui, accompagnait Lydia jusqu'à l'hôpital.
Chapitre 13
Pendant ce temps, au Monroe Hospital, Ducky n'eut aucun mal à trouver le bloc opératoire où il apprit rapidement que l'intervention de Tony était finalement terminée et que l'agent du N.C.I.S. avait été transféré vers les soins intensifs. Par contre, il eut le plus grand mal à pénétrer à l'intérieur du service de réanimation où l'infirmière en chef, sorte de molosse tout en muscles, gardait jalousement l'entrée et interdisait à toute personne ne faisant pas partie de la famille, d'entrer. Finalement, Ducky fit valoir ses prérogatives de médecin pour se glisser dans le service, sans préciser que ça faisait bien des années qu'il n'avait pas soigné des vivants.
Arrivé à la chambre de Tony, la première chose qu'il remarqua, fût la pâleur extrême du jeune homme. Ducky se rappelait avec précision la dernière fois où il avait vu DiNozzo aussi faible et vulnérable : le jour funeste où il avait contracté la peste. Le médecin légiste revoyait l'inquiétude et l'angoisse qui avait saisit toute l'équipe, le soulagement quand Tony s'en était finalement sorti. Seulement quelques semaines après, Kate avait été tuée. Depuis ce matin, Ducky ne cessait de voir le visage de la jeune femme. Il revoyait sans cesse son corps sans vie allongé sur la table glacée de SA salle d'autopsie. Malgré l'extraordinaire mémoire dont il faisait preuve d'habitude, aujourd'hui, dès que Ducky pensait à Kate, le seul souvenir qui lui revenait datait de ce jour. C'était tout bonnement impossible que Tony lui refasse un coup pareil, son coeur fatigué ne le supporterait pas.
Absorbé par ses fantômes, Ducky ne remarqua pas tout de suite la jeune femme qui regardait par la fenêtre et parlait doucement dans un téléphone portable.
- Très bien, je vous attend ici, murmura t-elle avant de raccrocher.
Ducky toussota doucement ce qui déclencha un sursaut spectaculaire chez la jeune femme qui se retourna complètement paniquée.
- Je suis vraiment désolé de vous avoir fait peur, mademoiselle, je suis le Dr Mallard, je travaille au N.C.I.S., avec Tony, commença le médecin légiste d'un ton doux qui eut pour effet immédiat de calmer la jeune femme.
- Je suis Carly Adams, je suis infirmière dans cet hôpital...
- Mademoiselle Adams...mais, oui bien sûr, Jethro m'a parlé de vous, il m'a dit que vous seriez avec Tony, vous le connaissez ?
- Comme je l'ai dit à l'agent Gibbs, j'ai travaillé avec le Dr Benoit...
- Et vous étiez proche de Tony ? demanda Ducky intrigué.
La jeune infirmière baissa les yeux sous le regard perçant de son interlocuteur.
- J'aimais bien Tony et je trouvais qu'ils formaient un beau couple...
- Vous avez prévenu Jeanne Benoit ?
- Elle n'a pas laissé de numéro quand elle est partie...
Dicky réfléchit un instant, laissant un silence gêné s'installer.
-Vous allez certainement me trouver indiscret et tout à fait irrespectueux, mais je me demandais pourquoi vous étiez restée avec Tony, je ne doute pas que vous devez avoir beaucoup de travail dans votre service...
- J'ai terminé ma journée depuis bien longtemps...enfin ma nuit...s'exclama précipitamment Carly.
- ...Si vous avez travaillé toute la nuit, vous devez être pressée de rentrer chez vous...
- Non ! répondit brusquement la jeune femme.
La soudaineté de la réponse de Carly et le ton ferme et définitif de sa voix surpris une nouvelle fois Ducky qui présageait que quelque chose terrorisait la jeune femme au plus haut point.
- Je ne sais pas ce qui vous inquiète de la sorte, j'ai parlé au chirurgien qui a opéré Tony et il m'a dit que l'opération a été un succès, qu'il faudrait peut-être du temps pour que notre jeune ami se réveille mais qu'il devrait bien s'en sortir.
- Je sais...mais le jeune type avec la jambe cassée devait aussi bien s'en sortir, murmura Carly, les mots s'échappant malgré elle, de sa bouche.
- Tony n'a pas la jambe cassée ! s'étonna Ducky.
La réfléxion du médecin légiste eut pour effet de renfermer encore un peu plus la jeune femme sur elle-même.
- Mademoiselle Adams...Carly...vous savez, j'ai vu et entendu des tas de choses, des plus bizarres aux plus étonnantes, si quelque chose vous angoisse, je peux peut-être vous aider...
- Je l'ai vu, lâcha la jeune femme tout d'un coup.
- Vous avez vu qui ?
- L'Ange de la Mort !
- Vous avez vu l'Ange de la Mort rôder autour de Tony?s'étonna Ducky.
- Je l'ai vu aux urgences quand Tony est arrivé...je sais que vous ne me croyez pas...comme tout le monde...mais je l'ai vu...comme je l'avais vu quand ce jeune type renversé par une voiture est mort...personne ne m'a cru...mais moi, je sais ce que j'ai vu...
-Vous êtes sûre que l'ange était là pour Tony ?
Ce fût au tour de la jeune femme d'être surprise. Personne, jusqu'à présent, ne l'avait prise au sérieux...où était-ce pour mieux se moquer d'elle? A bien observer le Dr Mallard, sa voix douce, son ton rassurant, Carly décida que Ducky était de son côté.
-Je ne sais pas si elle était là pour Tony ou pour quelqu'un d'autre...tout ce que je sais, c'est qu'elle était là...comme la dernière fois.
- L'ange est une fille ?
- Oui ! Quand j'en ai parlé à Tony, la première fois, il a dit que c'était Shirley Temple...poursuivit Carly, il a même plaisanté avec ça...mais, moi, ça ne me fait pas rire, pas rire du tout.
- Je vous comprend, on ne plaisante pas avec la mort...croyez-moi, je le constate tous les jours, assura Ducky.
La jeune femme le regarda avec un sourire reconnaissant...enfin quelqu'un qui la comprenait, qui comprenait son angoisse.
- Je ne peux pas le laisser...pas tant que je ne serais pas sûre à cent pour cent qu'il va s'en sortir...
- Je vous comprend tout à fait...je peux aller vous chercher quelque chose à boire ou à manger...et j'en profiterai pour prévenir l'agent Gibbs que Tony est sorti du bloc.
- Je l'ai déjà fait...j'étais au téléphone avec lui il y a deux minutes...juste quand vous êtes arrivé...il ne devrait pas tarder.
- Bien, très bien...vous êtes une jeune femme très efficace...
Ducky n'eut pas le temps de finir sa phrase que tout à coup, une sonnerie stridente retenti dans le couloir puis un médecin suivit de près par deux infirmières coururent vers la chambre voisine où le moniteur cardiaque du vieil homme couché dans le lit hurlait d'un bip continu et puissant. Ducky jeta rapidement un coup d'oeil, pour voir l'interne pratiquer un massage cardiaque, tandis que Carly regardait fixement le couloir. Le temps sembla suspendu pendant de longues minutes jusqu'à ce que le médecin prononce l'heure du décès. Une fois que le silence eut reprit ses droits, Ducky remarqua seulement l'air terrifié de la jeune infirmière.
- Vous allez bien ? questionna Ducky inquiet.
- Elle était là, dans le couloir...et elle a disparue.
- Shirley Temple ?
- Oui !
- Elle n'était pas là pour Tony, souligna le médecin légiste en jetant un oeil sur le monitoring de DiNozzo qui était toujours aussi régulier qu'il y a quelques minutes.
- Le monsieur qui est mort, je l'ai accueilli aux urgences peut-être vingt minutes avant Tony. Il avait une occlusion, on l'a monté au bloc au moment même où l'ambulance est arrivée avec Tony...Ils ont pratiquement dû se croiser...
- L'Ange était peut-être là pour lui?
- C'est possible...mais, je ne veux pas risquer...
Carly ne finit pas sa phrase. Ducky la comprenait sans qu'elle ai à expliquer plus amplement. Ils s'installèrent donc au chevet de Tony toujours inconscient, imperturbable.
Chapitre 14
Dans la voiture, Gibbs conduisait bien en dessous des limites autorisées...pour une fois, mais, sa passagère n'était pas un membre de son équipe, c'était une jeune femme qui avait subit des épreuves terrifiantes ces dernières heures. Jusqu'à présent, elle n'avait pas ouvert la bouche et Gibbs avait respecté ce silence. Pourtant, il avait une multitude de questions à lui poser. Cette jeune femme l'intriguait et le fascinait. N'y tenant plus, il rompit la quiétude qui s'était installée.
- Vous allez bien, mademoiselle Clark? s'inquiéta Gibbs.
- Appelez-moi Lydia s'il vous plait...mais pour répondre à votre question, je vais bien et vous n'étiez pas obligé de me conduire à l'hôpital...je n'aime pas vraiment ces endroits, j'y ai passé trop de temps après mon accident.
- Je ne veux prendre aucun risque...
- Vous ne m'avez pas dit ce qui s'est passé dans mon immeuble? Ou alors, je ne m'en souviens pas.
- Vous avez raison...je suis désolé de vous apprendre cette nouvelle, mais votre voisin, James Caffrey a été tué ce matin, admit Gibbs en jetant un coup d'oeil rapide à sa passagère.
- Oh! James, c'est un gentil garçon...je ne peux pas croire qu'il soit mort...juste au dessus de ma tête...
- James a été tué dans une allée tout près de votre immeuble...
- ...mais, le coup de feu que j'ai entendu ?s'étonna Lydia.
Gibbs, la bouche soudain très sèche, ne put chasser de son esprit l'image de Tony, allongé sur le sol, perdant son sang, aspirant l'air désespérément, le regard hanté par une terreur qu'il n'avait pas encore vu dans les yeux du jeune homme.
- ...Le coup de feu que vous avez entendu, c'est un de mes agents qui a été blessé ce matin...
- C'est donc ça ! répliqua la jeune femme dans un léger sourire.
- Ca ?
- Votre insistance pour m'emmener à l'hôpital alors que je n'en ai aucune envie...ni aucun besoin d'ailleurs, ce n'est pas à moi que vous pensiez au départ...
- Détrompez-vous! ...mais, il est vrai, que je vais en profiter pour aller voir Tony, admit Gibbs.
- Vous êtes proches tous les deux ? questionna Lydia innocemment.
- Je travaille avec lui depuis 6 ans, répondit simplement Gibbs.
- Et ?
Gibbs jeta une nouvelle fois un regard vers sa passagère, qui elle, la tête légèrement penchée vers la gauche, semblait l'observer. Il avait l'impression que les yeux de la jeune femme, pourtant dépourvus de toute vie, le perçait plus à jour que n'importe qui. Cette sensation le mis mal à l'aise. Lui ! Comment cela était-il possible ? C'est lui qui, d'habitude, mettait les suspects mal à l'aise...Mais, cette jeune femme n'était pas un suspect, cette jeune femme, malgré son handicap, arrivait à lire en lui mieux que dans un livre ouvert.
- ...C'est en partie ma faute, s'il a été blessé...C'est moi qui l'ai envoyé dans la gueule du loup...je voulais me débarrasser de lui...je ne supportais plus ses remarques incessantes...
- C'est vous qui avez appuyé sur la détente ? le coupa Lydia.
- ...Non ! Bien sûr!
- Alors, vous n'êtes pas responsable !
- Je...Je ne voulais plus le voir...
-Pourquoi ?
- Vous...commença Gibbs. C'est moi qui pose les questions d'habitude !
- Désolée, je ne fréquente pas beaucoup de policiers...mais pourquoi vous ne vouliez plus le voir? insista la jeune femme d'un ton doux.
-...Vous savez...comment vous faites ?
- Faire quoi ?
- Je ne sais pas...arriver à faire parler les gens...
- Je ne sais pas, ça doit tenir à mon air innocent, dit la jeune femme en souriant et en tournant franchement son visage vers Gibbs.
Celui-ci l'observa en souriant à son tour.
- ...mais, vous n'avez toujours pas répondu à ma question ? insista Lydia.
Gibbs inspira une profonde bouffée d'air avant de répondre.
- Il m'a menti pendant des mois...
- Vous lui racontez tout? le coupa Lydia.
- ...Il m'a délibérément caché des informations importantes...
- Alors, c'est uniquement dans le cadre du travail ?
- Comment est-ce que vous faites ?
- Faire quoi ? répéta une nouvelle fois la jeune femme.
- A scruter les gens comme vous le faites...à arriver à voir en eux ?
- "Voir", je ne sais pas si le terme est bien adapté à mon cas, reprit la jeune femme dans un sourire, et je n'ai pas de "double-vue" si vous voulez le savoir...sinon, je me le serais appliqué à moi-même et je n'aurais pas quitté mon appartement le jour de mon accident...mais, vous n'avez toujours pas répondu à ma question.
Gibbs regarda un instant à l'extérieur, les tours de l'hôpital apparurent au détour de la rue. Il se demanda rapidement dans quelle chambre Tony attendait, le corps percé de tubes, sa vie suspendue à un fil comme aux fils des perfusions. Il chassa cette vision de son esprit et tenta de répondre du mieux qu'il pouvait à la question de Lydia. Il n'en avait pas l'obligation, il aurait tout aussi bien éluder ce que lui demandait la jeune femme, mais il sentait au plus profond de lui que cette discussion allait l'aider à avancer, à exorciser ses démons, à oublier le passé.
- Je pensais qu'il me faisait confiance...je pensais qu'il viendrait me demander conseil...
- Il vous a déçu ?
- Non! C'est un agent exceptionnel, il a l'instinct qu'il faut, le sérieux que ce métier requière...mais, il s'est laissé emporté dans une histoire qu'il n'a pas pu contrôler...
- Une histoire...d'amour ? proposa Lydia.
- Oui, admit Gibbs du bout des lèvres.
- Il est tombé amoureux? Ca ne se contrôle pas, agent Gibbs.
- Il est tombé amoureux de la mauvaise personne !
- Ah ! Et vous, ça ne vous ai jamais arrivé ?
Gibbs se tourna une nouvelle fois vers la jeune femme, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Pourquoi il ne pouvait pas résister, lui d'habitude si avare de confidences, il ne pouvait s'empêcher de répondre aux questions qu'elle lui posait. Dans un instant furtif, il se dit que Lydia Clark ferait un malheur dans une salle d'interrogatoire.
- Vous n'avez jamais pensé à entrer dans la police? demanda t-il pour détourner la conversation.
- Non! Mais pourquoi pas? ...vous n'avez toujours pas répondu à ma question ?
- Les circonstances n'étaient pas pareilles, admit Gibbs en garant la voiture. Nous sommes arrivés! lança t-il soulagé de pouvoir mettre un terme à cet interrogatoire.
Il aida la jeune femme à descendre et la conduisit aux urgences où il s'assura qu'un médecin la voit rapidement. Lorsqu'elle fût installée dans un box, il s'approcha d'elle pour prendre congé.
- Je vais vous laisser, j'ai donné ma carte aux infirmières, si vous avez besoin qu'on vous raccompagne chez vous...
- Je vous remercie, je me débrouillerai toute seule...je crois que vous avez des choses plus importantes à faire...j'espère que Tony s'en sortira...donnez-moi des nouvelles, j'aimerais savoir si tout va bien...et si vous avez encore envie de parler, vous savez où me trouver.
- Oui, je le sais, répondit Gibbs dans un sourire.
Il s'éloigna doucement, son regard toujours fixé sur la jeune femme qui attendait assise dans un fauteuil, les yeux perdus dans le vide. Il tourna les talons et s'éloigna de quelques pas.
- Je ne dirai rien, ne vous inquiétez pas...
- Dire rien ?
- A Tony...sur ce que vous pensez de lui...et le reste, conclue la jeune femme.
Chapitre15
Dans le service de réanimation, le calme était revenu, le vieux monsieur avait été conduit à la morgue, Shirley Temple n'avait pas fait de réapparition, Carla Adams ne pouvait empêcher ses yeux de se fermer à intervalles réguliers et de plus en plus fréquents, Ducky, assis juste à côté du lit de Tony racontait une de ces vieilles et interminables histoires.
- On ne peut pas dire que ton auditoire soit très concentré! remarqua Gibbs en entrant.
- Il n'y a que toi qui n'aime pas mes histoires, Jethro, lui rétorqua le médecin légiste en le regardant.
- Comment va t-il ?continua Gibbs en baissant la voix pour ne pas déranger Carla qui s'était finalement endormie dans un fauteuil près de la fenêtre.
- Il s'en sort bien, la balle a touché l'extrême base du poumon gauche...Etant donné les séquelles de son infection pulmonaire, les dommages sont assez minimes comparés à ce qu'ils auraient pu être si son agresseur avait levé son arme ne serait-ce que de quelques degrés...et c'est bien un calibre 22, poursuivit Ducky en levant un petit cylindre de plastique où gisait une balle légèrement déformée, encore toute poisseuse du sang de Tony.
- Si tout va bien, pourquoi il ne s'est pas encore réveillé ? s'impatienta Gibbs.
- Il a perdu énormément de sang, il a eu une transfusion mais, il est encore très faible.
Gibbs observa plus en détail le visage de son agent, sa pâleur extrême, tout l'équipement autour de lui qui surveillait ses fonctions vitales et le maintenait en vie. Soudain, il se sentit très las, fatigué, épuisé. Tout ce qu'il voulait s'était coincer les types qui avaient tiré sur DiNozzo, mais en cet instant précis, il aurait voulu pouvoir se poser, attendre que Tony se réveille pour que la boule qui pesait au fond de son estomac disparaisse enfin.
- Maintenant que tu es là, je vais pouvoir apporter cette balle à Abby, annonça Ducky comme en réponse à ses attentes.
Curieusement, Gibbs ne le contredit pas. Il prit la place que le médecin légiste libéra en se levant et s'installa à côté de Tony.
- C'est bien que tu sois là, Jethro, très bien, conclu le médecin légiste en quittant la chambre avec un dernier regard sur les deux hommes à la fois si proches et si différents l'un de l'autre.
Ducky parti, Gibbs reporta son attention sur DiNozzo qui avait paraissait dormir paisiblement. Au bout d'un moment, une infirmière aussi jeune que belle entra dans la chambre. Immédiatement, il se dit que Tony allait certainement se réveiller en sentant l'envoutant parfum de la jeune femme. C'est certain, lui le dragueur impénitent, il ne pourrait certainement pas résister. L'infirmière jeta un rapide coup d'oeil sur le moniteur pour vérifier que tout allait bien et brancha une perfusion.
- Qu'est-ce que vous lui mettez ? demanda Gibbs d'un ton plus dur qu'il ne l'avait souhaité.
- Ne vous inquiétez pas, c'est juste un antibiotique, c'est le protocole classique après une blessure par balle...commença t-elle d'une voix douce.
- Il n'a rien contre la douleur ? s'étonna l'agent du N.C.I.S.
- Si, c'est dans la petite pompe que vous voyez là, répondit-elle calmement en désignant un petit boitier relié aux perfusions.
- Merci, concéda Gibbs du bout des lèvres.
La jeune infirmière vérifia une nouvelle fois que tout était en ordre, réajusta le drap sur le torse de Tony après avoir jeter un coup d'oeil sur son pansement et quitta la pièce. Il fallait à tout prix qu'il se calme. Il inspira une longue bouffée d'air conditionné et se réinstalla au fond de la chaise.
Au bout de seulement quelques minutes, il se leva, fit le tour du lit en se demandant ce qu'il faisait ici. Il ne pouvait pas rester en place. Son corps tout entier réclamait de l'action, du mouvement. Son esprit demandait la paix et le soulagement. Il se rassit sur la chaise, posa ses coudes sur ses genoux et pris sa tête dans ses mains.
Combien de temps allait-il devoir attendre que DiNozzo daigne ouvrir les yeux? Même inconscient, celui-ci avait le don de le mettre hors de lui.
Chapitre 16
Dans son labo, Abby travaillait avec sa frénésie habituelle passant rapidement de son ordinateur, au spectromètre en faisant glisser d'un pied expert sa chaise de bureau. Sa musique avait repris ses droits à l'instant même où Gibbs avait franchit la porte coulissante pour repartir vers d'autres aventures. Quelques fois, ça avait l'air vraiment excitant de passer sa vie à courir après les méchants, mais finalement la jeune scientifique préférait le "calme" et la sécurité de son labo.
Depuis de longues heures, son patron adoré n'avait pas de nouveau envahi son espace et cette absence commençait à la perturber. Après le sixième appel de celui-ci pour savoir où elle en était, Abby avait su que quelque chose clochait. Ce n'était pas l'état de Tony, parce que Gibbs lui avait assuré que DiNozzo allait bientôt se réveiller et Gibbs ne mentait jamais...Gibbs ne LUI mentait jamais...Alors, pourquoi ne venait-il pas chercher des résultats? Depuis quand, savait-il qu'il fallait du temps pour une analyse A.D.N. ? Depuis quand avait-il découvert qu'il faut plus qu'un claquement de doigt pour obtenir une composition chimique ?
D'habitude, Gibbs avait le don de pointer le bout de son nez avant même que son ordinateur ne crache ses conclusions...et là, elle tenait le résultat dans le creux de sa main et personne! C'est à ce moment précis que la porte s'ouvrit doucement. Abby se retourna vivement prête à prendre Gibbs en défaut, mais c'est une Ziva pâle et fatiguée accompagnée d'un Mc Gee à la traine qui firent leur entrée.
- Qu'est-ce que vous faites là ? Où est Gibbs ? s'inquiéta t-elle immédiatement.
- Il est avec Tony, répondirent ensemble les deux agents.
- Mais oui! Bien sûr ! Pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt...c'était tellement évident que j'arrive pas à y croire !
- Croire à quoi ? demanda Mc Gee d'un ton las.
- Que Gibbs laisse Ducky m'apporter la balle qui a faillit tuer Tony...que Gibbs puisse rester plusieurs heures au même endroit...qu'il ne vienne pas lui-même chercher ses résultats...qu'il me laisse...
- Abby ! hurla Ziva.
- Quoi Ziva! hurla à son tour la scientifique.
- Qu'est-ce que tu as pour nous? fit Tim en se postant entre les deux jeunes femmes.
- Waouw, Mc Gee, c'est bien...c'est presque ça, mais il te faudrait un peu plus de testostérone pour imiter Gibbs parfaitement. Tiens, par exemple.
Abby releva la tête bien droite et pris un air sévère et on ne peut plus sérieux.
- Alors, Abby qu'est-ce que tu fais? Pourquoi je n'ai pas encore les résultats de cette analyse que je t'ai demandé il y a 5 minutes? parodia Abby.
- S'il te plait Abby...s'impatienta Mc Gee.
- Oh! Tu sais bien que je peux pas résister quand tu prends cet air de chien en mal de tendresse...
Abby caressa doucement la joue de Tim et s'approcha d'un des écrans de son ordinateur.
- D'abord, malgré le désordre qu'ils ont laissé, ces types ne sont pas si idiots que ça...il n'y a pas d'empreintes...mais, ils auraient du regarder toutes ses séries où l'on parle de police scientifique avec un peu plus d'assiduité...ils ont laissé leur ADN sur les tasses...J'ai commencé les analyses ...les résultats ne sont pas complets, même pour Tony, je ne peux pas aller plus vite que la science, qui soit dit en passant va très vite...Et, je peux vous dire que les deux personnes qui ont bu du café et mangé du gateau au chocolat, ah les veinards!... sont des hommes !
- On le sait déjà! s'exclama Tim.
- Ah ! Mieux Mc Gee, beaucoup mieux!...mais, est-ce que vous saviez qu'ils étaient frères !
- Des frères !
- Oui ! Ils ont plusieurs allèles en commun, je n'ai pas encore leur profil complet, donc je ne peux pas vous dire s'ils sont dans notre base de données...il me faut un peu plus de temps.
- Bien, c'est tout ? demanda Ziva.
- Ouh, là ! Petite impatiente! J'y viens...La substance que vous avez prélevée sur les mains de Lydia Clark est une pommade à base de corticoïdes, prescrite sur ordonnance et utilisée pour traiter le psoriasis...
- C'est assez courant comme affection, tu n'aurais pas quelque chose de plus précis.
- La pommade que j'ai analysée n'était quasiment pas dégradée...je dirais que notre suspect a utilisé un tube tout récemment ouvert...il n'y a plus qu'à vérifier chez les dermatologues, dans les pharmacies...
- Tu sais combien il y a de pharmacies dans cette ville ? Sans parler du fait qu'il aurait très bien pu acheter cette pommade sur internet...
- Qu'est-ce qui vous arrive agent David? Je vous ai connue plus combative ! s'exclama Abby.
- C'est un boulot de chien et on est même pas sûrs d'arriver à un résultat ! répliqua Ziva énervée.
- Mc Gee, dehors ! Je crois que nous avons besoin d'une discussion entre filles, expliqua Abby. Allez ! Oust! Dehors! termina t-elle en poussant Tim vers la sortie.
Elle laissa la porte en verre se fermer au nez d'un Mc Gee encore ahuri, enclencha la fermeture et se retourna vers Ziva qui n'avait pas fait un mouvement.
- Tu peux me dire ce qui t'arrives? questionna la jeune scientifique.
- Je suis fatiguée, Abby !
- Je sais ! Mais, c'est pas justement ce qu'on vous apprend au Mossad, rester performant malgré la fatigue ! Tu es allée voir Tony ?
- Non, admit Ziva en baissant la tête.
- Tu n'as pas eu le temps...ou pas l'envie ?
- Pas le courage...
- Je ne te crois pas, Ziva David qui a peur de quelque chose !
- ...Je l'ai laissé tomber...je suis sa partenaire...son amie...et je n'ai pas su le protéger...c'est la première chose qu'on vous apprend...veiller sur son partenaire...il m'a confié sa vie et je n'ai pas su...
- Arrêtes s'il te plait ! Tony est un grand garçon...il n'a pas attendu que tu sois là pour se mettre dans les embrouilles...et ces temps-ci, je peux te dire qu'il a fait fort...Tu ne peux pas être responsable de tout, c'est un fardeau trop lourd pour tes frêles épaules...Va le voir, je suis certaine qu'il sera content...
- Une des dernières choses que je lui ai dit, c'est que j'allais le descendre...
- Tout le monde l'a dit au moins une fois...je crois même que Gibbs doit le penser au moins une fois par jour...
- J'ai encore du travail!
- Alors, allez vite au boulot ! termina Abby en poussant à son tour Ziva vers la sortie.
Chapitre 17
Assise à son bureau depuis de longues heures, Ziva commençait à perdre patience, pire à perdre espoir. Elle avait passé un nombre incroyable de coup de fil à une ribambelle de dermatologues qui lui avaient tous fait la même réponse : le secret professionnel leur interdisait de lui communiquer le nom des patients qu'ils soignaient.
Au fur et à mesure, la belle israélienne ne pouvait plus supporter la situation. Entre deux appels, elle avait contacté Gibbs, officiellement pour lui rendre compte de l'avancée, ou plutôt du recul de leurs recherches, officieusement, pour savoir où en était l'état de Tony. Les heures passant, le fait que DiNozzo ne se réveille pas devenait de plus en plus inquiétant et l'absence de Gibbs ne faisait qu'accentuer l'angoisse de la jeune femme. Et si cette piste ne menait à rien? Et si tout ce travail n'était qu'un coup d'épée dans l'eau?
Alors qu'elle se gendarmait pour ne pas insulter ses correspondants, Mc Gee lui fit un signe de derrière son bureau. Immédiatement, elle se leva et étira ses longues jambes avant de s'approcher de son collègue.
- Je vous remercie beaucoup, termina Mc Gee en raccrochant un large sourire éclairant son visage.
- Qu'est-ce qui te rends si joyeux?
- Je crois que je tiens quelque chose !
- C'est bien, le lâche pas et...accouches!
- Un des pharmaciens que je viens de contacter a vendu notre pommade à un russe qui s'appelle Igor Medvedev. Le pharmacien se souvient de lui car c'est une armoire à glace, très impressionnant d'après lui...ça vaut le coup d'aller vérifier, j'ai l'adresse du médecin qui a rédigé l'ordonnance...Dr Matt Campbell...
Tim avait à peine terminé sa phrase que Ziva se précipitait déjà vers l'ascenseur d'un pas décidé, elle avait parlé à ce docteur il y a quelques instants et il lui avait quasiment raccroché au nez.
Dans le cabinet du médecin, quand les deux agents entrèrent dans la salle d'attente, au moins cinq paires d'yeux furieux se braquèrent sur eux lorsqu'ils demandèrent à rencontrer le docteur de toute urgence.
Tim jeta un regard d'excuse aux diverses personnes qui attendaient plus ou moins patiemment leur tour, et s'engouffra à la suite de Ziva dès que la porte de la salle de consultation s'ouvrit.
-Qu'est-ce que vous faites ici ? Vous n'avez pas rendez-vous ! s'indigna le Dr Campbell.
- Voilà notre laisser-passé, lança Ziva en exhibant sa plaque. Agent spécial David et Mc Gee, NCIS!
- Je ne sais pas ce qui vous fait croire que je vais vous en dire plus maintenant qu'au téléphone ?
- Dr Campbell, commença calmement Mc Gee, l'homme que nous recherchons à commis un crime fédéral, il a tiré sur un agent spécial mandaté par le gouvernement. Etes-vous conscient que si vous continuez à vous retrancher derrière le secret médical, nous pouvons vous arrêter ici et tout de suite et vous mettre derrière les barreaux pour un bon bout de temps ?
- Je ne peux pas vous livrer tous les noms de mes patients, ni vous dire de quoi ils souffrent...
- On ne vous demande pas de renseignements médicaux, nous voulons simplement l'adresse d'Igor Medvedev.
Le médecin observa tour à tour les deux agents et battit en retraite derrière son bureau. Il s'assit et commença à taper sur son ordinateur. Quelques secondes plus tard, il sortait un stylo et notait l'adresse sur un petit bout de papier qu'il tendit à Mc Gee sans dire un seul mot.
Chapitre 18
Pendant que Tim retournait au NCIS pour organiser l'arrestation d'Igor Medvedev, Ziva avait proposé de se rendre à l'hôpital pour prévenir Gibbs. Elle aurait très bien pu lui annoncer leur découverte au téléphone, mais elle voulait en profiter pour suivre les conseils d'Abby. Arrivée dans le service, au molosse qui gardait l'entrée, elle prétendit être la fiancée de Tony pour pouvoir entrer. Lorsqu'elle arriva dans la chambre, Carly dormait toujours confortablement installée dans un fauteuil, une couverture posée sur ses épaules. Ziva aperçu Gibbs à l'autre bout du couloir devant la machine à café, hésitant sur la touche à choisir.
La jeune femme se réjouit d'être enfin seule avec Tony, elle s'assit à côté du lit et prit la main chaude et douce de son ami. Tant de choses se bousculaient dans sa tête qu'elle ne savait pas par où commencer. Ce matin, où elle avait faillit l'étrangler de ses mains lui paraissait si loin à présent, toutes les fois où elle s'était mise en colère contre lui, toutes les fois où elle avait cru hurler de rage après une de ces blagues, de tous ces moments, elle ne gardait rien.
Elle ne parvenait à se souvenir que du rire de Tony, de sa façon de corriger ses fautes, de sa façon de lorgner sur ses fesses ou son décolleté... Puis, alors qu'elle se plaisait à se remémorer ces bons moments, un coup sec et brutal se fit entendre dans le couloir, comme une détonation. Elle tourna la tête pour voir une infirmière ramasser un dossier qu'elle venait de faire tomber.
Ce bruit la ramena quelles heures auparavant, elle se revit se précipitant dans l'appartement, elle revit Tony se vidant de son sang, juste sous ses yeux...
- Je suis désolée, Tony, si désolée...commença t-elle la voix nouée de sanglots. Est-ce que tu pourras me pardonner mon erreur?...
- Celle d'avoir oublié une règle de Gibbs ? demanda Tony, la voix faible et enrouée.
Ziva sécha rapidement les quelques larmes qui perlaient au coin de ses yeux et se reprit.
- Quelle règle?
- "Ne jamais dire que vous êtes désolé".
- Depuis quand t'es réveillé ?
- Qu'est-ce que tu aurais à te faire pardonner ? continua Tony imperturbable.
- ...De ne pas avoir fait ce que j'avais dit...
- De me tirer dessus?
- Tout à fait...mais je vais pouvoir réparer cette petite erreur, si tu veux ?
- Une par jour, s'il te plait! Il faut pas abuser des bonnes choses, articula Tony avec un léger rictus qui fit, à son tour, sourire la jeune femme.
- Comment tu te sens ?
- J'ai l'impression d'avoir été piétiné par un troupeau d'éléphants, mais sinon, c'est la grande forme, et toi ?
- On avance, petit à petit...je suis venue informer Gibbs de ce qu'on a trouvé...
- Pourquoi ? Où est le patron ?
- Il ne t'as pas quitté depuis des heures !
- Tu plaisantes ?...Tu sais, il faut pas me faire rire, ça fait vraiment trop mal!
- Qu'est-ce qui fait mal, DiNozzo ?
- De savoir que tu va boire cette espèce de lavasse du distributeur, patron...il fallait pas t'en faire pour moi...je suis un peu comme les chats, je retombe toujours sur mes pattes...
- Les chats ont neuf vies...et je te signale que tu as pas mal entamé ton capital...souligna Gibbs.
- Il doit bien m'en rester encore quelques unes ?
- On comptera ça plus tard...on a du boulot, n'est-ce pas agent David?
Insensiblement, Ziva se redressa et raconta à Gibbs les fruits de leurs recherches.
- Vous avez prévenu Fornell ?
- Non!
- Pourquoi Fornell? questionna Tony complètement perdu.
- C'est une longue histoire mais tu peux te venter d'avoir mis une belle pagaille, concéda Gibbs. On en reparlera plus tard, on te laisse avec ton ange gardien, termina t-il en désignant Carly qui se réveillait dérangée par le bruit.
Chapitre 19
L'immeuble où habitait les frères Medvedev n'était en fait qu'à cinq cent mètres à vol d'oiseaux de l'appartement de Serguei Ivanov. Dans la voiture qui les y menait, Gibbs et Ziva avaient eu confirmation par Abby que l'A.D.N. retrouvé dans l'appartement de Lydia Clark appartenait bien à Igor Medvedev, l'ainé des deux frères qui avait été arrêté une fois pour cambriolage et avait été relâché au bout de quelques mois de prison. Dans ses antécédents, il n'était pas fait état de liens avec la mafia russe et l'organisation de Pachechkine, mais dans l'établissement où il avait purgé sa peine, il existait un groupe puissant de truands russes...et le père des deux garçons a longtemps été soupçonné de traficoter avec la mafia... Le petit frère, par contre, n'était fiché nulle part et Gibbs comptait bien remédier à cet oubli.
La nuit était tombée et c'est tout feux éteints que les agents du NCIS s'approchèrent et encerclèrent le bâtiment. Tous munis de leur gilet pare-balle et reliés par radio, ils avançaient en silence. Apparemment, leurs suspects étaient chez eux, la lumière était allumée dans ce qui devait être leur salon. La lueur bleutée et mouvante d'un poste de télévision se reflétait au plafond. En quelques gestes, Gibbs indiqua à ses hommes ce qu'ils devaient faire. Les quatre agents dépêchés en renfort s'occupèrent de bloquer toute fuite tandis que Gibbs, Ziva et Mc Gee se lançaient à l'assaut par la porte d'entrée.
Postés de chaque côté de la porte, les agents attendaient le signal.
- NCIS ! hurla Gibbs.
Un bruit sourd se fit entendre dans l'appartement, il y avait manifestement quelqu'un qui ne souhaitait pas ouvrir. Gibbs donna le signal à Mc Gee qui prit son élan et défonça la porte avec le bélier qu'il avait apporté. La porte vola en éclats laissant la voie libre à toute l'équipe qui entra. Igor apparu le premier dans le champ de vision de Gibbs qui pointa immédiatement son arme sur lui.
- On ne bouge plus! hurla t-il de nouveau.
Le colosse russe était beaucoup moins impressionnant vêtu d'un simple caleçon et d'un maillot de corps laissant dépasser sa bedaine. Immédiatement, il leva les mains en l'air et jeta un regard apeuré tout autour de lui. Son petit frère surgit de derrière le canapé pointant un révolver sur Gibbs et son équipe. Ses mains tremblaient, la sueur perlait à son front mais le gamin semblait bien décidé à ne pas se laisser faire.
- Vous !Lâchez vos armes ! siffla t-il entre ses dents.
- Ne joues pas au héros, répliqua Gibbs, parce que moi, je n'hésiterais pas une seconde !
Le gamin tenta de défier Gibbs du regard mais il n'était vraiment pas de taille à lutter.
- Mikaël! souffla Igor.
Puis, le grand frère parla en russe à son cadet d'un ton doux et rassurant. Finalement, le jeune garçon baissa les yeux et son arme. Un sanglot monta dans sa gorge et il se mit à pleurer comme un enfant qu'il était encore. Gibbs s'approcha, posa une main sur le dos de Mikaël et lui passa les menottes sans ménagement.
Il savait qu'il tenait les meurtriers de Serguei Ivanov, les agresseurs de Tony, pourtant, Gibbs ne ressentait aucun soulagement, aucune satisfaction à savoir que ce gamin allait faire les frais d'une longue lignée de criminels...qu'il allait certainement passer la majeure partie de sa vie derrière les barreaux. Pour lui, cette affaire toute entière n'était qu'un immense gâchis.