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Interdit aux moins de 16 ans

Un passé trop présent

Série : JAG
Création : 24.05.2011 à 15h13
Auteur : Lilou004 
Statut : Abandonnée

« Alternative Univers - Mac et Harm ont un passé commun et ont été placés dans le programme de protection des témoins lorsqu'ils étaient enfants... Attention NC-17 »

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Titre : Un passé trop présent.

Auteur : Lilou004.

Relecteur : Zab4942 (mille mercis à toi).

Série : JAG avec un peu de US Marshall : Protection des témoins.

Genre / Pairing : Aventure, suspens, violence, émotion, famille, romance Harm & Mac et passage NC-17.

Personnages : Harm, Mac, Trish, Franck, la grand-mère de Harm, l’Amiral Chegwidden, Mary et Marshall (série US Marshall : Protection des témoins) mais également des personnages de mon invention…

Résumé : Harm et Mac ont grandit ensembles avec le grand frère de Mac et la petite sœur de Harm mais ils ont tous les 4 été kidnappés. Harm et Mac, qui s'appelaient alors Peter et Amanda, ont réussi à s'échapper mais pas leur frère et sœur. Ils ont ensuite été séparés et placés dans le programme de protection des témoins. Ils ne se sont jamais reconnu et n'aurait jamais du se retrouver à travailler ensemble... Ils vont devoir retourner là où ils ont vécu le pire et faire remonter leurs souvenirs de l'enfer...

Saison : 8 (Peu de temps après l’épisode de Noël).

Disclamer : Les personnages de la série JAG appartiennent aux créateurs et à la MGM sauf certains personnages que j’ai moi-même inventé. Les personnages de la série US Marshall : Protection des témoins appartiennent aux créateurs et à la chaîne USA.

Note de l’auteur : Il s’agit vraiment d’une fiction dans un contexte complètement alternatif. Le passé des personnages (complètement inventé) influent donc sur leurs caractères qui diffèrent de ceux de la série. Si cela ne vous plait pas, vous n’êtes en rien obligé de lire cette histoire. Bonne lecture pour les autres…


Lilou004  (24.05.2011 à 16:41)

 

Mac entra dans l’open space du JAG en compagnie de Harm qui était passé la prendre à Georgetown, sa voiture ayant refusé de démarrer ce matin. Elle appréciait ces moments passés ensemble car, ces derniers temps, leurs rapports étaient redevenus amicaux et complices pour son plus grand bonheur. Elle avait beau refuser d’admettre tout ce qui dépassait le cadre de l’amitié avec Harm, l’évidence était là : quand leurs relations n’étaient pas au beau fixe, c’était, pour elle, comme s’il lui manquait quelque chose d’essentiel, une partie d’elle-même…

-« Colonel, Capitaine, l’Amiral vous attend dans son bureau immédiatement. » leur annonça Jennifer qui semblait les guetter depuis un moment.

-« Qu’avez-vous encore fait Fly Boy ? » ironisa Mac.

-« J’ai beau chercher, rien ne me vient… » sourit Harm, la faisant passer devant lui, une main sur le bas de son dos.

Les deux militaires se dirigèrent en riant vers le bureau de l’Amiral et reprirent leur sérieux au moment de frapper.

-« Entrez ! » leur intima la voix de l’Amiral Chegwidden.

Mac et Harm obéirent et se mirent au garde à vous.

-« Repos. Prenez place s’il vous plaît, nous attendons deux visiteurs qui veulent impérativement vous voir séance tenante. »

-« Un problème Monsieur ? »

-« Je préfère attendre leur arrivée. Vous comprendrez bien assez tôt… »

-« Vous semblez bien préoccupé Amiral, vous êtes sûr que tout va bien ? »

-« Je vous remercie de votre sollicitude Colonel. Sachez juste que j’aurais préféré apprendre les nouvelles de ce matin d'une manière différente… »

-« Vous poussez ma curiosité Monsieur… »

Pendant ce temps, un homme et une femme se retrouvaient devant l’entrée du JAG fort surpris d’être au même endroit que l’autre.

-« Tu peux m’expliquer ce que tu fais là ? » demanda la femme assez sèchement.

-« Respire Mary ! Je suis là pour la mission, Peter Johnson travaille ici maintenant. »

-« Tu veux rire ? Amanda Daniels aussi ! C’est quoi cette histoire… Ils ne devaient plus se recroiser ! Ça faisait partie des clauses contractuelles du programme de protection des témoins ! »

-« Mary, laisse-moi te rappeler qu'à l’époque où ils sont rentrés dans le programme, ils n’avaient que 6 et 10 ans ! »

-« Mouais… Allons éclaircir cet imbroglio ! »

Mary et son partenaire poussèrent les portes du JAG quelques minutes plus tard. Un véritable brouhaha envahissait la pièce et ils eurent bien des difficultés à trouver quelqu’un pour les guider jusqu’au bureau de l’Amiral. Quand enfin Jennifer les repéra et les introduisit dans le bureau, Mac et Harm se levèrent par réflexe avant de se figer, en fronçant les sourcils.

-« Mary ? » demanda Mac inquiète et perdue.

-« Marshall ? » demanda au même moment Harm sur le même ton.

-« Visiblement vous vous connaissez… Et si vous m’expliquiez un peu ? » demanda AJ.

-« C’est Mary Shannon et… » commença Mac avant de se retourner vers Harm pour qu’il continue.

-« Et Marshall Mann du programme de protection des témoins. Mais, dites-moi, comment les connaissez vous, Mac ? »

-« Je suis rentrée dans le programme quand j’avais 6 ans suite à un événement que je préfère oublier… Mais la présence de Mary me fait peur et ravive mes souvenirs… »

-« Mac, je… Je suis rentré dans le programme quand j’avais 10 ans… »

-« Peter ? » osa demander Mac d’une petite voix fragile que personne dans la pièce ne lui connaissait. « Tu es Peter ? »

-« Oui… Oh mon Dieu ! Amanda ? » demanda Harm alors que Mac hochait la tête, des larmes débordant de ses yeux. « Si seulement j’avais su… »

Malgré l‘uniforme qu’ils portaient et à la plus grande surprise de l’Amiral, Mac et Harm comblèrent la distance qui les séparait et la jeune femme se blottit dans les bras du militaire.

-« Si vous aviez su Harmon, je l’aurai su également et nous aurions été obligés de vous séparer. Ça fait parti du règlement que vous avez signé. » intervint Marshall.

-« D’ailleurs, nous allons être obligés de vous déplacer et de vous changer d’identité. » ajouta Mary.

-« Je refuse ! »

-« Je préfère encore sortir du programme que d’avoir à quitter mon métier ou ma position ! »

-« Et moi je refuse de voir partir mes deux meilleurs hommes ! Depuis 7 ans, ils travaillent ensemble et sacrément bien ! Si vous aviez fait correctement votre travail, vous l’auriez su dès le premier jour, voire même avant, et vous seriez intervenus ! Maintenant faites-moi le plaisir de nous expliquer la raison de votre venue. »

-« Amiral nous préférerions que vous sortiez, sans vouloir vous vexer. »

-« Pardon ? »

-« Nous n’avons strictement rien à cacher à notre supérieur hiérarchique ! » s’offusqua Mac.

-« Puisque nous n’avons visiblement pas le choix… » consentit Marshall. « Vous vous souvenez, je pense, de la raison qui vous a conduit à être placés dans le programme ? »

Harm et Mac hochèrent la tête tout en resserrant leur étreinte comme si le seul fait d'évoquer leur passé commun, leur faisait peur. AJ les observait et n’osait s’imaginer ce qu’ils avaient du vivre enfant pour révéler de telles séquelles. Il s'agissait tout de même de deux militaires avertis et chevronnés qui forçaient le respect par leur courage et leur bravoure.

-« Je ne pourrais jamais oublier… » trembla Mac.

-« Moi non plus… »

-« Quatre enfants ont de nouveau été enlevés, dans les mêmes circonstances et dans le même secteur que vous, le jour même du 30ème anniversaire, si je peux dire, de votre enlèvement. »

-« Votre enlèvement ? » demanda AJ incrédule.

-« Lorsque Mac avait 5 ans et moi 9, nous avons été enlevés avec ma petite sœur Sarah qui avait 6 ans et son frère aîné, Harmon, qui avait le même âge que moi. »

-« Quand je pense qu’on avait la réponse sous les yeux… »

-« Je sais. Enfin bref, nous avons été enlevés et séquestrés pendant de longs mois. Jusqu’à ce qu’avec Amanda, on tienne la promesse que nous nous étions faite tous les quatre et que nous saisissions l’opportunité qui nous a été offerte de nous échapper. Nous avons ensuite erré dans la forêt pendant longtemps… Je ne sais même pas combien de temps… »

-« Trois mois, deux semaines, six jours et vingt-trois heures. »

-« Pardon ! Mais comment vous en êtes vous sortis ? »

-« Je n’en sais rien. On a marché, on a mangé ce qu’on trouvait… Je me souviens de la fatigue et du mal de pieds… Et je me souviens des larmes et du soulagement quand nous sommes enfin arrivés dans cette ferme et de la chaleur des moutons. »

-« Des moutons ? »

-« Notre dernière nuit avant qu’on nous trouve enfin, nous nous sommes réchauffés en nous blottissant au milieu d’un troupeau de moutons. »

-« Et vos frère et sœur ? » demanda doucement l’Amiral craignant déjà la réponse étant donné qu’ils avaient été placés dans le programme en tant qu’enfant unique.

-« Nous n’avons jamais réussi à guider les autorités jusqu’à notre lieu de séquestration… Ils n’ont jamais été retrouvés. Ni vivants, ni morts… »

Le couple se serra plus étroitement dans les bras l’un de l’autre et Mac inspira plusieurs bouffées de l’odeur de Harm, comprenant mieux maintenant ce qui la rassurait chez ce Sailor. De son côté, Harm aussi comprenait d’où lui venait cet instinct de protection qu’il ressentait depuis le premier jour. Malgré sa ressemblance physique avec Diane, son besoin de la savoir saine et sauve dépassait le bon entendement.

-« Enfin bref… En quoi pouvons-nous vous aider ? Car vous ne vous êtes pas déplacés jusqu’ici uniquement pour nous dire ça, je me trompe ? »

-« Non. Nous aimerions que vous vous replongiez dans vos souvenirs et que vous nous aidiez à retrouver ces quatre enfants et à réunir ces deux familles. »

L’Amiral Chegwidden vit les frissons qui parcoururent ses deux hommes ainsi que le regard qu’ils échangèrent. Ils se séparèrent pour faire face aux agents et AJ reconnut immédiatement ses hommes : Harm et Mac avaient repris leurs esprits.

-« Très bien, donnez-nous une heure et nous vous rejoignons. En revanche, je veux prévenir ma mère car nous allons avoir besoin de soutien. »

-« En plus, Momma Talia, enfin Trish est passée par les mêmes pénibles moments que les parents de ces enfants. Elle saura leur parler. D‘ailleurs, il y a une chose que je ne comprendrai jamais je crois, vous connaissiez ma situation familiale. Alors pourquoi m’avez-vous laissée entre leurs mains et privée du peu de stabilité que je connaissais grâce à Momma Talia, Peter et Sarah ? »

-« Je suis désolé mais je ne connais pas les raisons qui ont poussé nos collègues de l’époque à faire cela Colonel. Quand à votre requête au sujet de la présence de votre mère Capitaine, nous l’acceptons avec plaisir. Un de nos collègues va la prévenir. »

-« Merci. »

-« Moi j’ai une question. » intervint AJ. « Elle concerne votre père Rabb… »

-« A la demande de ma mère, l’identité de mon père a également été modifiée post-mortem. Peter Johnson Senior est devenu Harmon Rabb Senior… D’après ce que j’ai compris, ce ne fut pas sans mal mais ça a été fait. »

-« Très bien… De mon côté, vous avez carte blanche. Prenez le temps qu’il vous faudra pour tenter de sauver ces enfants. » leur affirma l’Amiral.

-« A vos ordres Monsieur. » répondirent les deux militaires en se mettant au garde à vous.

-« Rompez et dépêchez-vous de dispatcher vos dossiers entre Sturgis et Bud. »

-« Encore merci Amiral. »

Les deux militaires sortirent laissant l’Amiral et les deux agents discuter entre eux. Ils répartirent leurs dossiers comme demandé et se préparèrent à quitter le bureau.

-« Une mission Capitaine ? Colonel ? » demanda Bud.

-« Non, un problème personnel qui nous concerne Mac et moi. Nous allons être absents pendant un moment. »

-« Combien de temps ? » demanda Harriet inquiète.

-« Nous n’en savons pas exactement mais cela risque de prendre du temps malheureusement. »

-« Vous avez des problèmes ? »

-« C’est compliqué Bud mais tout va bien se passer, ne vous en faites pas. Embrassez les enfants pour nous s’il vous plait. »

-« Ce sera fait. Nous vous le promettons. »

Sur ce le couple passa les portes du JAG et prirent tout d’abord la direction de Georgetown avant de rejoindre l’appartement du capitaine. Le silence régnait entre eux, tous les deux complètement perdus dans leurs pensées, dans leur passé.


Lilou004  (24.05.2011 à 20:24)

 

Une demi-heure avant l’heure prévue pour l’arrivée des agents Mary et Marshall à l’appartement, ils étaient prêts. Harm s’assit à côté de Mac sur le canapé et cette dernière se blottit contre lui, comme quand ils étaient enfants.

-« Comment je dois t’appeler ? » murmura Mac. « Peter ou Harm ? »

-« Je réponds au prénom de Harm depuis 30 ans Mac. Je ne pense pas réussir à répondre à un quelconque autre nom. »

-« Pareil pour moi… Tu crois que Momma m’a reconnue ? »

-« En y réfléchissant, je pense qu’elle a compris qui tu étais mais a préféré garder le silence… »

-« Qu’est-ce qui te fait dire ça ? »

-« Des allusions… Depuis que nous avons commencé à travailler ensemble, je lui parle régulièrement de toi, de ton histoire, de notre travail ensemble, de nos disputes aussi… »

-« Elle sait vraiment tout ? » demanda Mac en se redressant pour plonger son regard dans celui de Harm.

-« Oui, et même surement plus de choses que toi… »

-« Comme ? »

-« Comme ce que j’ai vraiment ressenti quand tu as démissionné ou quand tu t’es fiancée et presque mariée… »

-« Et qu’as-tu ressenti Harm ? »

-« C’est compliqué Mac… »

-« Essaye de m’expliquer, c’est important je crois. »

-« J’avais beau ne vouloir que ton bonheur Mac, ça ne m’empêchait pas d’avoir mal… » souffla Harm.

Mac, un instant, observa intensément son compagnon avant de se décider. Avec leurs antécédents, les mots avaient souvent fait plus de mal que de bien aussi la jeune femme opta-t-elle pour des actes. Elle combla la distance entre eux et déposa un baiser sur les lèvres de Harm. Au moment où elle voulut s’éloigner, le militaire la maintint contre lui en déposant une main derrière la nuque de la jeune femme. Les minutes passèrent et le baiser du couple s’approfondissait. Ils finirent par se séparer à bout de souffle et Harm posa doucement son front sur celui de Mac.

-« Je… Waouh ! »

-« A qui le dis-tu… »

-« Nous avons déjà échangé de multiples baisers mais jamais comme ça… »

-« Harm ? »

-« Hum ? »

-« J’ai peur… »

-« De quoi Mac ? » demanda Harm en resserrant son étreinte autour de la jeune femme.

-« De mettre nos carrière en danger… De risquer notre amitié… »

-« J’ai aussi peur que toi mais une chose me rassure : maman sera là avec nous. Je suis sur qu’elle nous aidera, comme quand nous étions petits. Et puis elle a toujours eu une tendresse particulière pour toi que ce soit sous le nom d’Amanda quand nous étions enfant ou sous le nom de Mac maintenant… »

-« Mais elle me connait à peine ! »

-« Entre ce que je ai dit sur Mac au fil des ans et ce qu’elle a vu de toi les trop rares fois où vous vous êtes rencontrées, je peux t’assurer qu’elle t’apprécie grandement. Ce qui d’ailleurs se comprend mieux si on tient compte du fait qu’elle a reconnu Amanda en toi. »

-« Il me tarde de revoir Momma Talia… Déjà enfant elle était plus une mère pour moi que ma propre mère… »

-« Dès que nous serons à Missoula, tu pourras la retrouver et te blottir dans ses bras. »

-« Tu te souviens encore du nom de la ville de notre enfance ? Je me souviens juste que c’était dans le Montana… »

-« J’étais plus grand que toi Crevette et, à la différence de toi, ma vie après a été stable… Je peux même te dire qu’on a été retrouvé au milieu des moutons d’un fermier de Mountain Home, près de Boise dans l’Idaho et que nous avons parcouru quelque chose comme 300km. »

-« 300km ? »

-« Les autorités pensaient à l’époque que nous nous étions échappés d’une cabane ou d’une grotte à 50km au plus du lieu où ils nous ont trouvés mais j’y suis retourné une fois… »

-« Qu’a dit Marshall à ce sujet ? » s’étonna Mac.

-« Rien puisqu’il ne l’a jamais su. » avoua Harm. « Enfin bref, en me promenant dans la parc national de Boise, j’en suis venu à la conclusion que nous avions marché beaucoup plus que ça… »

-« Et puis nous n’aurions pas mis presque 4 mois pour faire 50km sans rencontrer personne ! Je sais bien que c’était l’hiver mais il ne faut pas exagérer ! Il y a des gardes forestiers qui patrouillent ! »

-« Nous sommes bien d’accord. »

A ce moment-là, des coups furent frappés à la porte d’entrée de l’appartement de Harm. Il ouvrit aux deux agents de la protection des témoins. Ensemble, ils prirent la direction de l’aéroport de Washington direction Missoula.

Lorsque Mac et Harm descendirent de l’avion, ils eurent la surprise de découvrir au côté de Trish et de Franck, son conjoint, une vieille dame que Mac identifia tout de suite.

-« Granny ! »

-« Viens dans mes bras Crevette ! » s’exclama la vieille dame en ouvrant grand ses bras.

Mac ne se fit pas prier et se blottit au creux des bras de la grand-mère de Harm. Ce dernier alla saluer sa mère qui lui sourit.

-« Tu savais depuis longtemps pour Mac ? »

-« Depuis le jour où j’ai vu une photo d’elle, donc quelque chose comme 6 ou 7 ans… Elle a toujours été proche de Granny. Ça fait plaisir de les voir comme ça toutes les deux. »

-« Merci maman… »

-« Pourquoi fiston ? »

-« Tout. »

-« De rien mon grand. »

Mac sortit enfin des bras de Granny pour s’avancer timidement vers Trish. Elle ne savait comment réagir : devait-elle rester formelle comme l’aurait fait Mac ou s’élancer vers cette femme qui avait joué le rôle de mère de substitution pendant les 5 premières années de sa vie ? Ce fut Trish qui trancha pour elle.

-« Viens me voir Crevette ! Je rêve de te prendre dans mes bras depuis que je t’ai revue pour la première fois. »

-« Oh Momma Talia ! Tu m’as tellement manqué ! » s’exclama Mac les larmes aux yeux.

-« Si seulement j’avais su ne serait-ce que le dixième de ce que tu as dû vivre, j’aurais exigé de t’avoir auprès de moi… Je suis désolée Crevette, tellement désolée… »

-« Tu ne pouvais pas savoir Momma. Mais l’essentiel c’est que nous allions tous bien aujourd’hui, non ? »

-« Tu as bien raison ma chérie. Et tu peux être fière de toi ! Regarde d’où tu es partie et où tu es arrivée ! Une militaire chevronnée, un avocat talentueux et surtout une magnifique jeune femme ! »

-« Merci Momma mais tu sais, tu ne connais pas tout… » répondit Mac honteuse.

-« Si, » dit Trish en prenant le visage de la jeune femme entre ses mains, « Franck et moi nous savons tout. A force de questionner Harm, nous savons tout. »

-« Alors comment pouvez-vous être fière de moi ? » demanda Mac les larmes dévalant son beau visage.

-« Parce que, malgré tout ce par quoi tu es passée, tu as su faire face et remonter la pente. Tu es une femme forte, avec du caractère, qui s’est sortie d’un milieu familial déplorable et de l’alcool par la seule force de sa volonté. Mais qui a réussi à pardonner à son père également et, ça, c’est le plus beau des gestes qu’une fille pouvait faire. »

-« Parce que tu sais ça aussi ? » demanda Mac en regardant Harm qui baissait les yeux, penaud.

-« Oui, je sais ça aussi Mac. Nous t’avons suivie pas à pas depuis que j’ai compris qui tu étais. »

-« Merci Momma. Ça fait du bien de rentrer à la maison… »

-« En tout cas, je suis fière de vous car je sais à quel point ce pour quoi nous sommes tous ici sera pénible pour vous deux. »

-« Momma, je n’ai pas envie que d’autres enfants vivent le même calvaire que nous… Je ne veux pas que d’autres parents aient à souffrir de la disparition de leurs enfants… »

-« Et moi je veux qu’on arrête cette bande de malades… Mais il y a une chose que je ne comprends pas… Pourquoi n’auraient-ils rien fait pendant 30 ans pour recommencer maintenant ? »

-« Tu crois que… Tu crois que Sarah et Harmon auraient pu survivre tout ce temps ? » chuchota Mac bouleversée à cette idée.

-« Je ne pense pas Mac, » répondit Harm en prenant sa compagne dans ses bras. « Quand nous les avons quittés, ils étaient mal en point… Je… Je ne pense pas qu’ils aient survécu bien longtemps après notre départ… »

Harm et Mac s’accrochèrent l’un à l’autre pour tenter de puiser dans l’autre un peu de force. Faire remonter leurs souvenirs à la surface déclenchait en eux l’activation de leurs peurs d’antan.

-« Je t’avais bien dit qu’ils n’avaient pas tout dit à l’époque… » souffla Franck à l’oreille de sa femme.

-« J’espère qu’ils vont s’en sortir… Je n’avais plus vu ces regards depuis bien longtemps et j’espérais ne jamais les revoir un jour sur leurs visages… »

-« On est là pour les aider et, si ça ne suffit pas, nous ferons appel à leur deuxième famille ! » affirma Granny.

-« Leur deuxième famille ? »

-« Celle du JAG voyons ! »

Trish, Franck et Granny se sourirent. Mary et Marshall, témoins silencieux de tout l’échange, n’en revenaient pas de ce qu’ils découvraient au contact de l’ensemble des personnes impliquées dans leur dossier de protection. Autant, au début, ils avaient cru ce que leurs collègues de l’époque avaient écrit pour justifier la séparation des enfants, autant ils comprenaient maintenant l’erreur de jugement monumentale qu’ils avaient commise… Les cinq personnes présentes laissèrent au jeune couple le temps de se ressaisir avant de prendre la direction du centre de recherche dédié à la disparition des quatre enfants.


Lilou004  (25.05.2011 à 21:47)


Ayant fait le choix de se rendre à Missoula en civil, Mac et Harm furent surpris de s’entendre appeler par leurs grades respectifs à peine la porte du centre de recherche passée.

-« Colonel ? Capitaine ? » fit une voix bien connue d’eux. « Mais que vient faire le JAG dans une affaire d’enlèvement d’enfants ? »

-« Nous ne sommes pas ici en temps que JAG Major Walter mais c’est un plaisir de vous revoir. » sourit Mac en lui tendant la main.

-« Mais alors qu’est-ce qui vous amène si loin de Washington tous les deux ? » demanda le Major Walter après avoir salué Harm.

-« Trente ans quasiment jour pour jour avant l’enlèvement de ces quatre malheureux, » commença Harm après l’accord visuel de Mary « nous avons été kidnappés Mac, son frère, ma sœur et moi. Nous sommes ici pour vous aider en essayant de faire remonter nos souvenirs de l’époque… »

-« Vous êtes en train de me dire que le dossier que nous étudions depuis deux jours pour essayer d’avoir des pistes sur l’enlèvement d’aujourd’hui c’est le votre ? »

-« Affirmatif Major. »

-« Alors je comprends mieux pourquoi vous êtes de si bons militaires tant sur le terrain que dans un tribunal ! » répliqua le Major Walter admiratif.

-« En revanche Major, vous êtes bien conscient que rien ne doit sortir de cette pièce ? »

-« Bien sûr ! Nous avons tous signé un accord de non divulgation. Le chef des secours vous attend devant la carte du secteur et est en lien direct avec le chef des secours mis en place à Boise dans l’Idaho. »

-« Très bien Major, merci. En attendant, pourriez-vous, s’il vous plait, installer Granny, Momma et Franck confortablement ? »

-« Bien sûr Colonel, suivez-moi je vous prie. »

Pendant que Mac, Harm, Mary et Marshall se dirigeaient vers l’endroit indiqué par le Major Walter, ce dernier prenait en charge la famille Rabb.

-« J’ignorais que le Colonel McKenzie avait une famille… » s’étonna le Major Walter.

-« En fait, nous sommes la famille du Capitaine Rabb mais le Colonel McKenzie fait partie de la famille depuis sa naissance. » sourit Trish.

-« Oh, veuillez m’excuser. »

-« Il n’y a pas de mal Major. »

De leur côté, Mac et Harm arrivèrent devant la carte indiquée et eurent la surprise d’y découvrir le Général Matthews.

-« Général, bonjour. »

-« Tiens, des civils qui connaissent les grades ! » ironisa un sergent à proximité du Général.

-« Je vous prierais de montrer un peu de respect Sergent ! Il me semble que vous ne portez pas votre uniforme en permanence ? Et bien c'est la même chose pour tout le monde ! Colonel, Capitaine, j'ai été peiné d'apprendre ce qui vous était arrivé et je vous remercie d'avoir accepté de nous rejoindre pour les recherches. »

-« C'est le moins que nous puissions faire Général Matthews. En revanche, nous sommes ici en tant que civils et non en tant que militaires donc les grades ne sont pas obligatoires. »

-« Je crois que j’aurais vraiment trop de difficultés à vous appeler autrement que par vos grades ! Votre intervention m’a sauvé d’un sérieux pétrin et vous avez forcé mon respect. »

-« Nous n’avons fait que notre travail Monsieur mais, revenons-en à ce qui nous amène ici. »

-« Toujours aussi pragmatique Colonel, » sourit le Général. « Donc il y a maintenant 72 heures les jeunes Aaron et Matilda Peterson et Mikael et Emily Castle ont été enlevés alors qu’ils jouaient comme tous les jours dans la rue devant chez eux. Les deux jeunes garçons sont âgés de 9 ans tandis que les fillettes n’ont que 5 ans. Les quatre enfants sont issus de milieux défavorisés. Leurs parents sont connus des services de police pour violence, alcoolisme et, dans un des cas, trafic de drogue. »

-« Ça me rappelle de très mauvais souvenirs… » marmonna Mac alors que Harm se rapprochait de la jeune femme pour la prendre dans ses bras.

-« Nous avons d’ailleurs quelques problèmes de communication avec eux… Je ne comprends pas, alors que tout le monde en ville s’inquiète pour leurs enfants, eux semblent complètement détachés, comme si la vie de leurs enfants ne leur importait pas ! »

-« Peut-être devriez-vous laisser ma mère, Franck et Granny leur parler. Eux aussi sont passés par là il y a trente ans. Peut-être cela changerait quelque chose ? »

-« On peut essayer mais je n’y crois pas… J’ai discuté avec l’assistante sociale qui suit les deux familles et elle m’a avoué que les parents pensaient à confier leurs enfants à l’assistance… »

-« C’est peut-être mieux pour eux, » souffla Mac fataliste. « Ils auront sûrement plus de chance dans des familles d’accueil s’ils s’en sortent… »

-« J’espère que tu as tord Mac, vraiment… » répliqua Harm en déposant son menton sur le sommet du crâne de sa partenaire.

-« Moi aussi Harm, je te promets que moi aussi… » avoua Mac en s’abandonnant un peu plus à son étreinte.

Le Général Matthews les regardait faire, très surpris. En effet, il les savait proches et bons amis mais là il avait plus l’impression d’avoir affaire à un couple dans tous les sens du terme. Le briefing continua pendant presque deux heures avant que Harm et Mac ne rejoignent leur famille.

-« Hey, vous avez pu parler aux parents des petits ? »

-« Oui… Mais je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée qu’ils retournent auprès d’eux quand nous les aurons retrouvés… » soupira Franck.

-« Nous trouverons une solution ! » affirma Trish. « La priorité absolue c’est de sauver les petits ! »

-« Je suis d’accord avec toi ma petite Trish, » ponctua Granny avec un sourire. « Et vous mes petits, comment vous sentez-vous ? »

-« Ça va merci. »

-« Crevette, si tu crois me berner avec tes sourires, laisse-moi te dire que ça ne marchait déjà pas quand tu avais 5 ans ! »

-« J’ai connu mieux Granny. Mais j’ai appris à faire face avec le temps et un excellent entraînement militaire. »

-« J’ai l’impression d’entendre mon fils et mon petit-fils ! Il faut aussi que tu laisses parler la femme Crevette… »

-« J’y penserai Granny, j’y penserai, » sourit Mac avant de poursuivre plus pragmatique, « Bon et sinon, où logeons-nous ? »

-« Le Major Walter nous a loué une maison et nous a remis les clés. Nos affaires y ont été déposées. »

-« Alors en route ! »

La famille Rabb et Mac passèrent une agréable soirée tous ensemble à se raconter ce qu’avait été leur vie depuis leur séparation trente ans plus tôt. Ils abordèrent tous les moments, y compris les plus pénibles, mais la confiance entre eux était totale. Après une dernière boisson chaude, tout le monde monta se coucher. Suite à l’insistance de Trish et de Granny, Mac se vit attribuer la chambre principale, Harm retrouva ses affaires dans la chambre située juste en face de celle de sa collègue, Granny prit la chambre à côté de la chambre principale et enfin Trish et Franck s’installèrent dans la petite chambre du fond.

Tout le monde s’endormit paisiblement. Cependant, vers deux heures du matin, des gémissements et des petits cris tirèrent Harm d’un sommeil fort peu réparateur. Il se leva et se laissa guider par les bruits jusqu’à la porte de la chambre principale. Après avoir frappé un léger coup à la porte, il l’ouvrit précautionneusement et pénétra dans la pièce en appelant Mac sans remarquer sa mère qui l’observait depuis la porte de sa chambre, elle aussi réveillée par les bruits faits par la jeune femme.

-« Mac ? Hey Sarah ! » appela Harm en s’asseyant sur le bord de son lit et la secouant par l’épaule. « Réveille-toi ! Ce n’est qu’un cauchemar ! Mac ! »

La jeune femme sursauta et se débâtit, les yeux écarquillés de terreur.

-« Mac ! Hey, c’est moi ! Harm… »

-« Harm ? » demanda Mac encore embuée dans son cauchemar.

-« Oui Mac, c’est moi. Je suis là, tout va bien maintenant. Tu es en sécurité avec nous. »

-« Oh Harm, c’était juste horrible… » souffla Mac en cherchant son contact.

Le cœur de Harm saignait de la voir aussi fragile. En quelques heures de sommeil, la Mac qu’il connaissait avait laissé place à Amanda, cette enfant effrayée qu’elle avait été. Il se sentait démuni, d’autant qu’il se savait dans le même état qu’elle. S’il l’avait entendue aussi rapidement, c’est parce qu’il avait été réveillé par un cauchemar quelques minutes auparavant.

-« Ne me laisse pas s’il te plaît… »

-« D’accord, je vais aller chercher une couverture et me faire un lit d’appoint par terre. »

-« Harm, on a déjà passé plusieurs nuits ensemble dans le passé et ça n’a jamais posé problème, non ? »

-« C’est vrai mais tu n’es pas la seule à avoir fait un cauchemar. Je ne veux pas risquer de me débattre et surtout de te faire mal… »

-« Je dormirai mieux dans tes bras et, si tu fais un cauchemar, je serai là pour toi comme tu l’es pour moi. » répondit Mac en écartant les draps pour permettre à Harm de prendre place dans le lit.

-« Alors d’accord. » sourit Harm en se glissant à ses côtés.

Pendant un instant, ils restèrent allongés côte à côte en prenant soin de ne pas se toucher. Au bout d’un long moment de silence à observer le plafond, Mac finit par se tourner vers Harm.

-« Je peux me blottir contre toi ? » demanda Mac faisant se tourner son ami vers lui.

-« Bien sûr, viens. » offrit Harm en lui ouvrant les bras.

Mac s’y réfugia et le couple trouva rapidement ses marques.

-« Tu veux en parler ? »

-« Je… J’étais de retour là-bas… Nous étions attachés et obligés de les regarder torturer Sarah et Harmon… Je n’ai jamais compris pourquoi ils les avaient choisis eux et pas nous. »

-« Je me pose les mêmes questions que toi tu sais… Je n’arrive pas à m’enlever de la tête les images des tortures mais l’image qui me fait le plus souffrir, c’est quand nous avons dû les laisser derrière nous. »

-« Ça me hante aussi… Je me souviens de Harmon qui me criait de partir, qu’il me détestait, qu’il souhaitait que je disparaisse pour toujours… » dit Mac en éclatant en sanglot.

-« Tu sais, il ne pensait pas un mot de ce qu’il t’a dit ce jour-là. Il a fait ça pour te faire fuir, t’obliger à partir sans lui. Il savait comme moi que ma sœur et lui n’auraient pas la force nécessaire pour s’enfuir avec nous… Je crois même que Harmon avait une jambe de casser mais je n’en suis plus certain. »

-« Le plus dur dans les cauchemars, ce ne sont pas les images… Ce sont les cris et les pleurs… Les miens, les nôtres, les leurs… Le souvenir de la douleur et des angoisses… Vont-ils revenir ? Oui, ça c’est quasiment certain malheureusement… Quand vont-ils revenir ? Dans une heure ? Dans un jour ? Dans une semaine ? Ou bien dans un instant ? Et sur qui allaient-ils… »

-« Mac, regarde-moi s’il te plaît. » coupa Harm comprenant parfaitement de quoi elle parlait. « S’il te plaît Sarah… »

La jeune femme fit par obéir et leva des yeux baignés de larmes vers lui.

-« Je sais exactement de quoi tu parles mais on doit replonger dans toute cette horreur car il y a, au moment où l’on parle, ces quatre nouveaux enfants dans cet enfer. »

-« Il faut les sauver Harm, faire tout ce qu’on peut pour eux… »

-« Et c’est pour ça qu’on est là Mac. On va faire tout ce qu’on peut, tout ce qui est en notre pouvoir pour. »

-« Je sais Harm. Merci. »

Mac se blottit de nouveau dans les bras de Harm et le couple ne tarda pas à trouver le sommeil.


Lilou004  (26.05.2011 à 21:01)

 

Le lendemain matin, Granny, Trish et Franck se retrouvèrent dans la cuisine.

-« Harm n’est pas là ? J’ai pourtant vu sa porte de chambre ouverte… »

-« Non Granny, Mac et lui doivent toujours dormir. »

-« Tu es en train de me dire que Pierrot et Crevette ont passé la nuit ensemble ? »

-« Mac a fait un cauchemar mais, avant même que je sorte complètement de ma chambre, Harm était déjà devant sa porte. »

-« A mon avis, Crevette n’est pas la seule à avoir fait un cauchemar alors… »

-« Je n'aime pas les voir ainsi… Ça me rappelle lorsque nous les avons retrouvés près d’un an après leur enlèvement… Deux gosses effrayés… »

-« Ils vont s’en sortir Trish. D’autant qu’ils sont ensemble. Ils ont toujours été plus fort ensemble… »

-« Je sais Franck, je sais… »

Dans la chambre principale, au premier étage, Harm et Mac se réveillaient tout doucement dans les bras l’un de l’autre et leurs jambes entremêlées. La tête de Mac reposait sur la poitrine de Harm qui l’enroulait de ses bras rassurants. Un sourire se dessina sur le visage de la jeune femme qui déposa instinctivement un baiser sur le torse sur lequel elle reposait et sentit en réponse un baiser sur le sommet de son crâne.

-« Bonjour… »

-« Bonjour. Bien dormi ? »

-« Merveilleusement bien. Il est quelle heure ? »

-« Neuf heures, cinquante-sept minutes et trente-cinq secondes. »

-« Il faudra que tu m’expliques un jour. »

-« On verra, » sourit la jeune femme. « En attendant, nous avons des enfants à sauver. »

-« Tu as raison, il vaut mieux que nous nous préparions rapidement avant de rejoindre le centre de secours. »

Une heure plus tard, le couple rejoignait le centre des recherches. Après avoir été mis au parfum par la Major Walter, Mac et Harm s’isolèrent pour tenter de plonger dans leurs souvenirs.

-« Et si tu essayais de te concentrer, tu sais, comme quand Chloé ou moi avons disparu… »

-« Je ne sais pas si j’y arriverai Harm… Que ce soit Chloé ou toi, j’avais des liens très forts avec vous… Là je ne les connais pas… »

-« Assied-toi et concentre-toi. Tu as des liens avec eux… Ils vivent la même chose que nous à l’époque, ils sont sûrement au même endroit que nous… Je sais que tu peux y arriver ! J’ai confiance en toi Mac ! »

-« Je vais essayer mais, s’il te plaît, aide-moi… Je n’y arriverai pas sans toi… »

-« Je ne te quitte pas. Que puis-je faire pour toi ? »

-« M’aider à me détendre un peu et me guider vers ces petits. »

Harm conduisit Mac jusqu’à un fauteuil et la fit asseoir. Il passa ensuite derrière elle et déposa ses mains sur ses épaules. Il commença à la masser doucement et sourit quand Mac se détendit complètement, la tête penchée en avant pour lui laisser plus d’accès.

-« Si on m’avait dit que tu étais si doué, j’aurais demandé un massage plus tôt… »

-« Tu peux m’en demander tant que tu veux à partir de maintenant, » sourit Harm. « Détendue ? »

-« Comme rarement ! Merci Harm, pour tout. »

Harm repassa devant Mac et s’accroupit en prenant ses mains entre les siennes. Il plongea son regard dans celui de la jeune femme et ni l’un ni l’autre n’échangea un mot pendant un long moment. Ils étaient tellement concentrés l’un sur l’autre qu’ils ne remarquèrent pas leur famille entrer dans la pièce et s’installer à l’autre bout calmement.

-« Mac, il faut que tu te concentres maintenant… Je sais que tu peux le faire puisque tu as déjà sauvé ma vie et celle de Chloé. Alors on va tout faire pour que tu aies cette intuition. »

-« D’accord. »

-« Ferme tes yeux… Relaxe-toi un maximum… »

-« Tu veux bien me prendre dans tes bras ? » demanda timidement Mac.

-« Avec plaisir, » dit Harm en la prenant dans ses bras et s’essayant sur le fauteuil, la jeune femme blottie dans ses bras.

Il la laissa se concentrer tout en la berçant doucement, la serrant dans le creux de ses bras. Les minutes passèrent, puis les heures. Granny, Trish et Franck pensaient qu’ils dormaient dans les bras l’un de l’autre aussi faisaient-ils le moins de bruit possible.

-« Ils sont mignons ainsi… Tu crois qu’ils vont enfin faire un pas dans la direction de l’autre ? » demanda Franck.

-« Je crois que les premiers pas ont déjà eu lieu… Si tu veux mon avis, ce soir, Pierrot ne dormira pas dans sa chambre, » affirma Trish avec un sourire.

-« J’ai hâte qu’ils me donnent des arrière-petits-enfants ! Ils seront magnifiques ! »

Soudain, Mac se tendit dans les bras de Harm et ouvrit les yeux. Le militaire se redressa légèrement tout en caressant le bas du dos de sa compagne pour l’apaiser.

-« Je… Je crois que je sais Harm… C’est vague mais… »

-« J’ai confiance en toi Mac. Viens, allons leur dire. »

Le couple se leva. Mac glissa sa main dans celle de Harm qui entremêla leurs doigts avant de se tourner vers la porte d’entrée de la pièce. C’est alors qu’ils remarquèrent la présence de leur famille. Ils leur sourirent un peu gênés qu’ils aient été témoins de ce qui venait de se passer.

-« Faites ce que vous avez à faire les enfants ! »

-« Et félicitation à vous deux, » sourit Granny.

-« Quoi ? Mais non… Enfin il n’y a aucune raison de… »

-« Pierrot, Crevette, arrêtez de refuser de voir ce que tout le monde autour de vous voit ! Vous éprouvez de tendres sentiments l’un pour l’autre et vous avez tout pour être heureux. Malgré vos disputes et vos forts caractères, vous êtes juste complémentaires… Nous ne sommes pas les seuls à le dire, vos amis du JAG également. »

-« Quoi ? Mais… Non ! » s’exclama Mac en retirant brusquement sa main de celle de Harm.

-« L’Amiral m’a promis qu’il ferait en sorte que vous n’ayez aucun problème à laisser votre cœur parler, » leur assura Granny. « Et vous pouvez être sûrs que je lui rappellerai sa promesse à ce jeunot ! »

Tout le monde sourit et Harm reprit la main de Mac dans la sienne avant d’attirer la jeune femme vers la sortie.

-« Merci Granny. A tout de suite. »

Mac et Harm rejoignirent rapidement le centre de l’agitation suivis de leur famille. Mac lâcha la main de Harm et s’avança vers la carte du secteur. Elle l’observa attentivement avant d’affirmer, sure d’elle.

-« Il faudrait concentrer vos recherches dans ce secteur, » dit Mac en pointant une vaste zone à environ 120 km au sud ouest de Missoula.

-« Nous avons déjà recherché dans cette zone, il n’y a rien à voir et puis, c’est bien trop loin de Boise. Non, non ! Nous sommes persuadés que le lieu de séquestration se trouve beaucoup plus au sud. C’est là que nous concentrons les recherches ! »

-« Alors vous pouvez nous expliquer ce que nous faisons ici si vous ne nous écoutez pas ? » explosa Harm.

-« Ecoutez Capitaine, je sais que c’est difficile pour vous mais ce n’est pas une raison pour me parler ainsi ! »

-« Nous ne sommes pas là en tant que militaires mais je me demande vraiment si vous êtes capable de nous écouter pour sauver ces enfants ! Vous reprenez les mêmes bases de recherche que pour nous il y a trente ans et ce n’est pas grâce à elles que nous nous en sommes sortis ! »

-« Cela n’a rien à voir avec vous Capitaine ! »

-« Alors si je comprends bien, » intervint Mac, « vous nous avez fait venir mais vous ne comptez pas nous écouter ? Mais à quoi servons-nous ? Ça vous amuse de nous faire souffrir ? Vous n’avez aucune idée de l’impact qu’a sur nous notre présence ici ! Moi, j’en ai marre ! Je rentre à la maison ! Vous n’en avez rien à faire de notre aide ! Alors si un jour, vous vous dites qu’on pourrait vous apportez quelque chose, faites-nous signe ! »

Mac se retourna et prit la direction de la sortie aussitôt suivi par Harm. Le Général Matthews et son équipe regardèrent ébahis le couple quitter le centre de secours le plus rapidement possible.

-« Heureusement pour vous que je souffre d’arthrite car je vous aurais bien volontiers mis mon coup de pied au cul ! » dit Granny en fusillant du regard le dit Général.

-« Granny ! » s’exclama Trish surprise par la remarque de sa belle-mère.

-« Ose me dire que tu ne penses pas la même chose ! … Voilà ! Qu’est-ce que je disais ! »

Granny, Trish et Franck quittèrent à leur tour le centre de secours pour rejoindre la maison qui leur avait été prêtée. Mary et Marshall, qui avaient assisté à toute la scène, s’approchèrent du Général.

-« Vous pouvez m’expliquer ce que ça vous coûterait de jeter à nouveau un coup d’œil dans ce secteur ? » questionna Mary.

-« Vous n’allez pas vous y mettre vous aussi ! » grommela le militaire.

-« Oh que si ! Votre haut commandement nous a demandé de les sortir du programme de protection des témoins pour les replonger dans l’horreur de leur passé afin de retrouver ces quatre malheureux ! Et vous, vous les ignorez complètement ! »

-« Écoutez, nous savons exactement ce que nous faisons ! »

-« Tout comme vos collègues il y a trente ans ! Allez viens Mary, allons les rejoindre à la maison. »

-« Tu as raison. Quant à vous Général, vous n’êtes que d’incroyables idiots ! Si j’étais vous, je les écouterais. Leur commandant nous a affirmé qu’ils étaient ses meilleurs hommes tant au tribunal que sur le terrain ! »

Du côté du couple, Harm avait enfin rejoint Mac juste avant qu’elle n’atteigne la maison. Sans un mot, il l’avait retenue par la main et elle s’était blottie dans ses bras, à bout de nerfs. Sans un mot, ils restèrent ainsi un bon moment jusqu’à ce que Mac redresse la tête vers lui.

-« Je ne me reconnais plus Harm… Où est passée la militaire avertie au fort caractère ? »

-« Elle est toujours là Mac mais, comme pour moi, l’enfant effrayé a repris le dessus… »

-« Tu n’as pourtant pas l’air d’être submergé… » souffla la jeune femme en baissant la tête.

-« J’arrive encore à plus ou moins gérer mes émotions, » répondit Harm en obligeant sa compagne à redresser la tête pour ainsi voir ses yeux. « Mais c’est uniquement parce que je sais que tu es là, parce que je peux te prendre dans mes bras à tout instant, parce que… »

Mais Mac le coupa en comblant la distance entre eux et en déposant un doux baiser sur les lèvres de Harm. Surpris, ce dernier ne répondit pas tout de suite et Mac se méprit et commença à s’éloigner. Mais Harm fut prompt à réagir. Il attrapa sa main et la plaqua contre lui avant de prendre ses lèvres pour un baiser passionné. Lorsqu’ils se séparèrent, de longues minutes plus tard, ils étaient tous les deux à bout de souffle.

-« Je pense que nous ferions mieux de continuer cette… Discussion ? » dit Harm en questionnant Mac du regard par rapport au mot « discussion ». « Dans un endroit un peu plus privé… Tu ne crois pas ? »

-« Si mais pas à la maison… Ta famille nous observe déjà et je n’ai pas envie d’avoir des oreilles indiscrètes pendant que nous discuterons… » sourit Mac.

Harm prit donc la main de Mac, entrelaçant leurs doigts, et le couple se dirigea vers le Spartan Park.


Lilou004  (27.05.2011 à 20:45)

 

Là ils trouvèrent un banc un peu à l’écart et ils s’y installèrent. Instinctivement, Mac mit une distance raisonnable entre eux mais Harm, ne l’entendant pas de cette oreille, s’approcha d’elle et glissa un bras autour de ses épaules. Le silence se fit mais il n’était absolument pas pesant, chacun cherchait à mettre des mots sur le tumulte d’émotions qui les assaillait.

-« Tu sais, j’ai beau adoré ce qui nous arrive, j’ai peur… Et si l’Amiral ne tenait pas sa parole ? Et si nous étions traduits en Cour Martiale pour fraternisation ? Et si… »

-« Mac, regarde-moi… Respire ! Si l’Amiral devait ne pas tenir sa promesse alors, primo, il aurait Granny sur le dos et, secundo, je démissionnerai. »

-« Mais tu adores ton métier et tu excelles dans ton travail ! »

-« Mes sentiments pour toi sont bien plus forts Sarah… Maintenant que nous avons enfin franchi le pas l’un vers l’autre en même temps, je refuse de revenir en arrière… Lorsque nous avons fait ce deal à propos d’un bébé, je souhaitais déjà que nous fondions une famille ensemble… »

-« Je souhaitais moi aussi cet enfant avec toi Harm… »

-« Que de temps avons-nous perdu… » soupira le militaire.

-« Non Harm, ce n’était pas du temps perdu… » sourit Mac en prenant le visage de son homme entre ses mains. « Nous n’étions pas prêts à vivre pleinement ces sentiments qui nous assaillaient… Aujourd’hui je me sens prête et je sais que je n’aurai pas la force de traverser ces épreuves sur notre passé sans toi à mes côtés, sans toi dans ma vie… »

-« Est-ce que ça veut dire que je peux déménager mes affaires dans ta chambre ? » sourit malicieusement Harm.

-« Sans aucun problème pour moi mais je ne suis pas sure que ta famille appréciera… »

-« Tu veux rire ? Je suis sûr qu’ils n’attendent tous que ça ! Peut-être même ont-ils déjà effectué le transfert… »

-« Mais comment ? »

-« Tu m’as toi-même dit que nous avions une audience dans la rue, non ? » sourit Harm en prenant Mac sur ses genoux. « J’aime avoir le droit de te prendre dans mes bras, de t’embrasser quand l’envie me prend, de te serrer contre moi la nuit… Et pas uniquement parce que nous avons fait un cauchemar ! »

-« J’aime aussi beaucoup cette idée » sourit Mac en déposant un tendre baiser sur les lèvres de son compagnon.

Pendant plus d’une heure, le jeune couple discuta de tout et de rien avant de rentrer à la maison rejoindre leur famille. Ils eurent la surprise de découvrir Mary et Marshall installés dans le salon au milieu de Trish, Granny et Franck.

-« Nous commencions à nous inquiéter ! » fit Mary, soulagée de les voir revenir.

-« Nous avions besoin de temps pour nous… »

-« Ça va vous ? »

-« Mieux maintenant mais je suis toujours aussi frustrée qu’ils ne nous écoutent pas ! On est là pour les aider et, quand on leur donne une piste, ils la boudent royalement ! »

-« Cette zone que vous avez définie, comment en êtes-vous arrivée à cette conclusion ? »

-« C’est assez compliqué à expliquer mais je me suis littéralement replongée dans mes souvenirs et je me suis laissée guider. Et d’un coup c’était clair… »

-« Je suis plutôt septique, » grimaça Mary.

-« Mac m’a sauvé la vie lorsque je me suis abîmé en mer. Et ce n’était pas la première fois que cela se produisait. J’ai donc une entière confiance en elle. »

-« Très bien. J’ai confiance en votre jugement. Que pouvons-nous faire pour vous aider ? »

-« Je ne sais pas encore mais on va y réfléchir, merci. »

-« Très bien, nous allons maintenant vous laisser en famille. »

-« Merci et bonne soirée à vous. »

Un fois Mary et Marshall partis, Granny se retourna vers son petit-fils avec un immense sourire aux lèvres.

-« Avons-nous bien fait de transférer tes affaires dans la chambre principale ? »

Mac éclata de rire et vint se blottir dans les bras de Harm. Ils se regardèrent avant de faire face à leur famille.

-« Vous avez bien fait Granny. Je ne compte pas laisser Harm loin de moi maintenant que je peux l’avoir dans ma vie, » sourit Mac en rougissant.

-« Alléluia ! Bienvenue dans la famille ! » sourit Trish en prenant la jeune femme dans ses bras. « Je sais que vous serez heureux ensemble. »

-« Merci Momma Talia. »

-« Allez vous installer un peu plus personnellement dans votre chambre. Quand vous serez prêts, rejoignez-nous ! Mais surtout, prenez votre temps ! »

-« Granny ! »

-« Allez ! Ouste ! »

Avec un sourire, le couple rejoignit sa chambre et rangea ses affaires dans les placards avant de s’allonger sur le lit.

-« Harm, on ne peut pas rester sans rien faire, à attendre que les autorités finissent par nous écouter… Ils sont en train d’être torturés ou même pire ! Je… Je ne peux pas rester sans rien faire… Je ne peux pas risquer d’arriver trop tard… »

-« Je te comprends mais que pouvons-nous faire ? On ne peut quand même pas partir à leur recherche à deux ? Si ? »

-« C’est important Harm et, pour le moment, on ne nous écoute pas… »

-« Alors il faut qu’on le fasse Mac. Qu’on se prépare un paquetage et qu’on parte on pleine nature, qu’on suive notre instinct pour retrouver ces enfants. Un peu comme en Russie, pour mon père… »

-« Merci Harm, » répondit la jeune femme en se blottissant contre lui.

-« Tu n’as pas à me remercier ma chérie. J’éprouve le même besoin que toi de tout faire pour sauver ces enfants ! »

-« Je t’aime Harm, » souffla la militaire en plongeant son regard dans les yeux clairs de son partenaire.

-« Je t’aime aussi Mac et je suis sûr que je n’éprouverai jamais pour une autre femme ce que j’éprouve pour toi. »

-« Et moi j’ai trouvé l’ange qui possède la seconde aile de mon tout. »

Le reste de la journée se passa en famille et, après le dîner, le couple exposa à Granny, Trish et Franck son projet de partir à la recherche des enfants de son côté. Malgré l’angoisse que cette nouvelle créait chez eux, ils acceptèrent leur choix et les soutinrent jusqu’au bout, les aidant dans leurs préparatifs.

Ce fut bientôt l’heure d’aller se coucher. Mac et Harm se sentaient nerveux. Ce soir allait être leur premier soir en tant qu’amants et ils le savaient parfaitement. Ils pénétrèrent dans la pièce et se regardèrent, ne sachant pas trop quoi faire…

-« Je… Je prends la salle de bain, » fit Mac avant de filer dans le couloir pour rejoindre la salle de bain.

Harm sourit et commença à se mettre en tenue pour la nuit quand il remarqua que le pyjama de Mac se trouvait toujours dans la chambre. Il le prit et sortit à son tour pour la salle de bain. Cependant, dans le couloir, il tomba nez à nez sur sa mère.

-« Un problème mon chéri ? »

-« Euh… Non… Enfin… Mac a filé dans la salle de bain mais elle a oublié de prendre son pyjama… » fit Harm mal à l’aise.

-« Ok, je m’en occupe. »

-« Merci Maman, » répondit Harm en reprenant la direction de la chambre.

Trish de son côté frappa à la porte de sa salle de bain avant d’y pénétrer et de découvrir la jeune femme assise sur le rebord de la baignoire. Trish prit place à ses côtés et déposa une main sur sa cuisse.

-« Tout va bien Crevette ? »

-« Je suis nerveuse Momma… J’ai l’impression d’être une adolescente avant son premier rendez-vous ! C’est dingue ! J’ai pourtant 36 ans… »

-« Tu sais, lorsque j’ai rencontré Franck, j’ai eu la même angoisse que toi… J’ai eu peur de le décevoir… »

-« Mais ça s’est bien passé ? »

-« Merveilleusement bien. Ne t’en fais pas Crevette, tout va bien se passer entre toi et Pierrot… Allez, prépare-toi et file le rejoindre. Il n’en mène pas large lui non plus. »

-« Merci Momma. »

Trish quitta la salle de bain après un dernier regard à sa belle-fille. Cette dernière enfila son pyjama et rejoignit le chambre. Quand elle poussa doucement la porte, elle découvrit Harm debout devant la fenêtre, les épaules tendues. Mac s’approcha de lui et entoura sa taille de ses bras, déposant son visage contre son dos.

-« Ça va toi ? »

-« J’ai l’impression d’avoir de nouveau 15 ans mais, à part ça, ça va… »

-« Et bien écoute, comme ça on est deux, » sourit Mac.

Harm se tourna pour faire face à la jeune femme et referma ses bras autour d’elle. Il se pencha et captura ses lèvres avec les siennes. Très vite, le baiser s’approfondit et la passion qu’ils retenaient depuis 7 ans explosa. Les mains partirent à l’exploration du corps de l’autre jusqu’à ce qu’ils se séparent à bout de souffle.

-« Et si nous allions nous coucher ? » proposa Harm.

-« Avec plaisir mon amour… »

Le couple se dirigea vers le lit et s’y allongea dans les bras l’un de l’autre. Les baisers reprirent et s’enchaînèrent. Les vêtements s’éparpillèrent et les deux amants découvrirent enfin le corps de l’autre à l’aide de caresses et de baisers. Les gémissements emplissaient la pièce mais, bientôt, cela ne leur suffit plus… Se battant doucement pour la dominance, Harm finit par prendre le dessus et écarta délicatement les cuisses de la jeune femme pour se positionner entre elles. Il plongea son regard brûlant de désir dans celui de la jeune femme au moment même où il se glissait en elle. Mac se mordit la lèvre inférieure pour ne pas crier son plaisir et s’arqua afin de le recevoir plus profondément en elle. Harm fit une pause afin de ne pas lui faire de mal mais Mac ne l’entendait pas ainsi.

-« Bouge ! »

-« Tout ce que tu veux ma chérie ! »

Le couple se mit alors en action et, pendant de longues minutes, le plaisir grandit entre eux jusqu’à ce qu’un puissant orgasme ne les atteigne au même instant. Mac et Harm échangèrent un baiser pour ne pas crier leur plaisir. Lorsqu’ils redescendirent sur Terre, un immense sourire illuminait leurs visages. Harm se dégagea et s’allongea aux côtés de sa compagne qui vint de suite se blottir dans le creux de ses bras. Harm tendit le bras et éteignit la lumière.

-« Merci, » souffla la jeune femme.

-« Merci ? Mais pourquoi ? »

-« Je n’ai jamais connu ce que je viens de vivre avec aucun de mes anciens partenaires. J’avais raison quand je t’ai dit que tu étais mon autre moitié… »

-« Et toi, tu es mon âme sœur Mac. Je t’aime… »

Après un dernier baiser, le couple s’endormit dans les bras l’un de l’autre.


Lilou004  (28.05.2011 à 20:26)

 

Le lendemain matin, ils furent réveillés par le chant des oiseaux et la lumière du soleil qui perçait à travers les rideaux de la chambre. Tel un chat, Mac s’étira contre le corps puisant de Harm avant de reprendre sa place bien au chaud dans ses bras.

-« Hey… »

-« Hey yourself… »

-« Comment te sens-tu ce matin ? »

-« Comme jamais et toi ? »

-« Heureux, très heureux même… J’ai l’impression d’avoir vécu un rêve… »

-« Alors dans ce cas, nous sommes deux, Harm, » sourit Mac en se redressant pour plonger son regard dans celui de son amant.

-« Je sais que c’est très égoïste mais… Compte-tenu du fait que nous allons partir à la recherche des Schtroumphs dès demain matin, ne crois-tu pas que nous pourrions prendre un petit moment pour nous deux avant de nous atteler à nos préparatifs ? »

-« Une idée en particulier Sailor ? »

-« Oui et elle comprend toi et moi, nus dans ce lit, à s’aimer passionnément… »

-« Je serai plutôt partante mais je suis gênée… N’oublie pas que tes parents et ta grand-mère sont là… »

-« Ça n’a pas eu l’air de te déranger hier soir, » bougonna Harm…

-« Chéri, ce n’est pas que je n’ai pas envie de continuer à découvrir ces monts de plaisirs avec toi mais c’est juste que je ne me sens pas très à mon aise… » tenta de lui expliquer Mac.

-« Je comprends… » assura Harm avec un sourire. « Ne bouge pas, je reviens ! »

-« Tu vas où ? »

-« A défaut de faire l’amour à la femme de ma vie, je vais au moins lui préparer un petit déjeuner au lit, » répliqua Harm en s’habillant rapidement.

Lorsqu’il revint dans la chambre moins de cinq minutes plus tard avec un plateau chargé de café, de pancakes, de fruits et de croissants, Mac ouvrit de grands yeux surpris.

-« Il semblerait que nous ayons la maison pour nous ce matin. J’ai trouvé ce plateau tel quel avec une note de Granny. Regarde. »

Mac s’assit sur le lit et prit le mot des mains de Harm qui s’asseyait à côté d’elle après avoir déposé le plateau sur sa table de nuit. Mac parcourut la note à plusieurs reprises avant de sourire doucement. Cette dernière, en effet, disait :

« Mes petits chéris ! Avec Trish et Franck, nous sommes partis faire quelques courses pour votre mission de recherche : sacs de randonnée, de couchage, provisions.... Vous avez la maison pour vous, donc, n’hésitez surtout pas à me faire très très vite arrière-grand-mère. Nous ne serons pas de retour avant 12h30. Je vous aime très fort tous les deux. Granny »

Pendant un moment, sous le choc, ni Harm ni Mac ne prononça un seul mot. De plus, l'allusion de Granny à un arrière-petit-enfant les avait replongés dans leur deal à propos d'un bébé...

-« Oh mon Dieu Harm... » souffla d'un coup Mac paniquée.

-« Qu'est-ce qui se passe ma chérie ? » demanda le militaire surpris par son ton et sa raideur.

-« Tu vas me détester... »

-« Mais non ! Pourquoi tu dis ça ? Je t'aime... » s'étonna Harm en prenant le visage de sa compagne entre ses mains.

-« Parce qu’il y a dix jours j’ai été sous antibiotique… »

-« Et ? »

-« Et les antibiotiques annulent les effets de la pilule contraceptive et nous ne nous sommes pas plus protégés et… »

-« Oh là ! Stop Mac ! Et regarde-moi s’il te plaît… » sourit Harm l'interrompant avant de reprendre lorsque la jeune femme plongea de nouveau son regard dans le sien. « Es-tu en train de me dire que nous pourrions bientôt concrétiser notre deal avec un peu d’avance ? »

-« En quelque sorte… » répondit timidement Mac.

-« Moi ça ne me gêne pas tu sais… Comme je te l’ai déjà dit, je désire cet enfant depuis le premier jour. »

Un immense sourire illumina le visage de Mac qui, sans un mot, se blottit tout contre Harm et déposa un baiser enflammé sur les lèvres de son amant. Ce baiser fut suivi d'un autre et encore d’un autre… Bientôt le couple disparut de nouveau sous les couvertures pour continuer leur découverte corporelle mutuelle. Ils atteignirent magnifiquement l’extase avant de reposer calmement dans les bras l’un de l’autre. Ils se sentaient infiniment heureux et à leur place ainsi. Un silence serein habitait la pièce jusqu’à ce que le ventre de Mac se fasse entendre.

-« On dirait qu’une Marins a grand besoin d’être nourrie, » sourit Harm en la regardant.

-« C’est qu’un certain marin de ma connaissance m’a pas mal occupée dernièrement, »répondit Mac mutine. « Non pas que je m’en plaigne, bien au contraire ! »

-« Tu m’en vois ravi. Bon, voyons voir ce que Granny nous a préparé, » ajouta Harm en se redressant pour prendre le plateau.

-« Harm, tu te rends compte qu’il est déjà 10h12 et nous sommes toujours au lit alors que les petits sont en danger ? Je me sens mal… »

-« Mac, je pense que toi comme moi avions besoin de ces moments à deux. Maintenant que nous savons où nous en sommes, nous pouvons nous concentrer sur les enfants. »

-« Tu as raison… A ton avis, comment devons-nous procéder ? »

Tout en déjeunant, Mac et Harm réfléchirent à un plan en se fiant aux intuitions de la jeune femme mais ces dernières restaient trop vagues pour le moment. Ilss discutaient des détails pratiques sur ce qu’ils devaient emporter avec eux ou non mais ils ne savaient pas trop comment procéder car, s’ils réussissaient leur mission, au retour ils auraient avec eux quatre enfants…

-« A ton avis, que faut-il qu'on prenne comme sacs de couchage, quoi comme nourriture ? » demanda Mac un peu perdue.

-« On ne sait pas pour combien de temps on part, on sait survivre en forêt mais c’est vrai qu’on aura sûrement des enfants avec nous au retour… »

-« Pour nous, des paquetages de base devraient suffire mais il faudrait les alourdir de choses pour les enfants… Comme des sucres rapides, des sachets de réhydratation, peut-être quelques anti-diarrhéiques… »

-« Des pansements aussi, je me rappelle encore de l’état de mes pieds et aussi quelques affaires pour les enfants. N’oublie pas qu’il fait froid… Je ne comprendrais jamais pourquoi ces fous enlèvent des enfants en hiver ! »

-« Et surtout pourquoi ils ont attendu trente ans avant de remettre ça… »

-« Je sais que je suis très terre à terre de te demander ça mais… Quand tu parles de sucres rapides, tu penses à quoi ? »

-« Du miel, des céréales, du chocolat et peut-être aussi un paquet de bonbons… Après tout ce ne sont que des enfants ! »

-« Il faudra aussi emmener avec nous de quoi rendre n’importe quelle eau potable… »

-« Tu as raison. Bon, on sait un peu plus où l’on va mais le temps file… Ta famille rentre dans une heure et je ne voudrais pas qu’elle nous trouve toujours au lit… Je prends la salle de bain, » dit Mac en se levant après avoir déposer un dernier baiser sur les lèvres de son compagnon.

-« Et moi, je vais ranger les restes de notre petit déjeuner avant de te rejoindre… Enfin si tu es d’accord bien sûr… »

-« La porte sera ouverte… »

Lorsque Granny, Trish et Franck rentrèrent à la maison, ils eurent l’agréable surprise de découvrir le jeune couple assis à la table de la salle à manger en train d’étudier la carte détaillée de la région ainsi que le dossier de leur disparition. Ils étaient tellement concentrés qu’ils ne se rendirent même pas compte de leur présence. Avec un sourire, Granny s’approcha d’eux et les surprit en s’exclamant :

-« Je croyais vous avoir passé une commande ! » fit la vieille dame, souriant de les voir sursauter. « Ce n’est pas autour d’une table que vous allez me faire arrière-grand-mère ! »

-« Granny ! Pour le moment nous avons des enfants à retrouver ! On s’occupera de te faire arrière-grand-mère à notre retour ! »

-« Harm ! »

-« Je croyais qu’on était d’accord ? »

-« Oui mais ta famille n’était pas obligée de le savoir ! » rougit la jeune femme.

-« Ne t’en fais pas Crevette, tu n’as pas à te sentir gênée devant nous ! Bon, sans transition, avec Granny et Franck, ce matin, nous n’avons pas chômé ! Nous vous avons trouvé 2 sacs à dos ainsi que deux sacs de couchage dit familial. »

-« Des sacs de couchage familial ? C’est quoi ? »

-« Ce sont deux sacs qui peuvent se coupler pour n’en faire qu’un. De plus, ils sont adaptés aux températures très basses auxquelles vous allez devoir faire face. »

-« Nous avons également fait un détour par les surplus de l’armée et nous vous avons rapporté des rations pour quinze jours. »

-« Et moi j’ai craqué sur quelques vêtements pour enfants… » avoua Granny avec un petit sourire.

-« Et bien voilà notre liste bien réduite grâce à vous ! Merci ! »

-« Vous savez quand on est fille, épouse, mère et grand-mère de militaire, on a une certaine habitude des besoins… Vous pensez être partis longtemps ? »

-« Je n’en sais rien Granny… Le temps qu’il faudra pour les retrouver… »

-« Promettez-moi une chose tous les deux… » demanda Trish avant de poursuivre une fois leur assentiment donné. « Prenez soin l’un de l’autre, quoi qu’il arrive ! »

-« Comme toujours Momma. »

-« C’est promis Maman. »

Le couple finit de se préparer avec l’aide de leur famille avant de prévenir Mary et Marshall. Ces derniers étaient absolument contre cette idée mais ils comprirent bien vite que la décision du couple était ferme et définitive aussi finirent-ils par capituler. Une fois fin prêt, la famille élargie décida de célébrer à la fois leurs retrouvailles et le tout jeune couple, l’objectif étant de passer un maximum de temps ensemble avant d’être de nouveau séparer…


Lilou004  (29.05.2011 à 18:06)

 

 

Le lendemain matin, l’heure de se dire au revoir sonna bien trop tôt. L’émotion était palpable. Mary et Marshall qui avaient décidé de les conduire jusqu’à leur point de départ restaient à l’écart pour ne pas les déranger. Trish prit son fils dans ses bras et le serra fort contre lui.

-« Tu feras bien attention à toi et à Crevette mon fils. J’ai déjà perdu un mari, un fils et une fille. Je ne veux pas avoir à enterrer mes deux derniers enfants… »

-« Je te promets Maman que je ferai tout pour qu’on rentre vivants et en forme. Essaie de ne pas te faire trop de soucis, » répondit Harm avant d’ajouter dans un souffle, « Je t’aime Maman. »

Une boule se forma dans la gorge de Trish car elle savait combien son fils avait du mal à prononcer ces simples mots depuis les disparitions consécutives de son père, de sa sœur et de ses meilleurs amis.

-« Moi aussi je t’aime mon chéri, » parvint-elle tout de même à articuler les larmes aux yeux.

Harm se détacha de sa mère pour saluer son beau-père. Là aussi l’émotion était grande car, même si Harm avait mis longtemps à l’accepter, il était conscient que c’était lui qui avait été présent pour soutenir sa mère lorsque Sarah et lui avaient disparu, c’était lui aussi qui l’avait aidé à grandir et à se reconstruire après cet enfer…

Pendant ce temps, Trish s’était approchée de Mac pour la prendre à son tour dans ses bras. Pour les deux femmes, c’était un véritable crève-cœur d’avoir à se dire au revoir si peu de temps après s’être enfin retrouvées.

-« Enfants, vous étiez déjà inséparables mais aujourd’hui vous êtes de véritables âmes-sœurs… Je veux que vous fassiez très attention l’un à l’autre Crevette car, si l’un de vous ne revient pas, je sais que l’autre sera dévasté. Je ne veux pas voir ça, tu m’as bien comprise ? »

-« Oui Momma, » souffla Mac telle une petite fille avant de laisser parler la militaire en elle. « Mais n’oublie pas que je veille à ses six heures depuis plus de 7 ans maintenant. »

Son trait d’humour arracha à Trish un sourire pour le plus grand plaisir de Mac.

-« Une chose est sure Momma, je ne compte pas revenir sans Harm. Je l’aime trop pour ça… »

-« Je le sais Crevette, je le sais. Je crois même que je l’ai su avant toi, » affirma Trish un fin sourire aux lèvres. « Prends soin de toi et veille sur mon fils. »

-« Et je veillerai sur les enfants aussi quand nous les aurons retrouvés. »

-« Vous pensez en avoir pour longtemps ? » demanda Franck.

-« Le temps qu’il faudra Franck mais la zone de recherche est vaste. Heureusement que vous nous avez trouvé cette petite merveille de GPS qui nous permettra de savoir exactement par où nous sommes déjà passés. Ainsi nous perdrons beaucoup moins de temps. »

-« Mais vue la zone à parcourir, je ne pense pas que nous mettrons moins de trois semaines. De toute manière, nous emportons une balise de géo-localisation et nous la déclencherons au moindre problème. »

-« Ça m’angoisse de vous savoir partis sans aucun autre moyen de communication que cette balise dont nous allons guetter le signal… »

-« Granny, ça ne sert à rien que nous partions avec un téléphone, là où nous serons cela ne captera pas… »

-« Mais il y a toujours ces téléphones via satellite, » soupira la vieille dame inquiète.

-« Ils coûtent des milliers de dollar et je ne veux pas abuser de notre position au sein de l’armée pour en obtenir un. D’autant que nous partons pour une mission « privée » et pour une durée indéterminée… »

-« Mais vous venez en aide à un centre de recherche dont plus de la moitié des officiels sont des gros bras de l’armée ! »

-« Oui Granny mais nous sommes venus en civil et nous n’avons pas obtenu leur autorisation… »

-« Je n’y comprendrai jamais rien… »

-« Essaye de ne pas te faire trop de soucis, » dit Harm en prenant Granny dans ses bras. « Je te promets que nous veillerons l’un sur l’autre. »

-« Viens là Crevette, que je tienne mes deux petits dans mes bras avant leur départ. »

Pendant de longues minutes, Granny chuchota des mots d’encouragement au jeune couple et lui fit promettre de revenir suffisamment en forme pour ne pas passer des mois à l’hôpital et pouvoir lui faire des petits. L’obstination de la vieille femme fit sourire toutes les personnes présentes ce qui allégea considérablement l’atmosphère. C’est cependant avec une certaine appréhension que Mac et Harm rejoignirent Mary et Marshall à la voiture et prirent avec eux la route de Syringa.

-« Vous êtes sûrs de vous ? » demanda Mary au bout de quelques kilomètres.

-« Absolument, » affirma Mac après un regard à Harm. « Ils ne nous écoutent pas et, quand ils daigneront le faire, il sera trop tard pour les petits ! »

-« Mais vos kidnappeurs vous ont gardés en vie pendant des mois et des mois, » nota Marshall, « alors pourquoi cela serait-il différent avec ces enfants ? »

-« Ce n’est pas le fait qu’ils les tuent qui nous inquiète mais… Enfin, là-bas, c’est l’enfer sur terre… Vous ne pouvez pas imaginer… »

-« Que vous ont-ils fait pour que vous en gardiez de telles séquelles ? »

-« Vous savez, quand vous avez cinq ans, que vous êtes obligés de les regarder torturer votre frère et vos meilleurs amis tout en étant torturé vous-même… » commença Mac avant que l’émotion ne soit trop forte pour elle.

-« Dans un lieu sordide et froid avec pas ou peu à manger… » acheva Harm dans un souffle.

-« Vous avez vraiment dû en voir des vertes et des pas mures… » remarqua Marshall.

-« A la différence de Mac, mon enfer s’est terminé à notre retour… »

-« Tu n’y étais pour rien Harm et tu le sais. L’essentiel c’est que je m’en sois sortie et que je t’ai retrouvé, toi et ta famille. »

-« Plus je vous vois évoluer ensemble et moins je comprends les choix de nos collègues il y a trente ans… Vous êtes vraiment plus forts ensemble, c’est indéniable. »

Mac et Harm se regardèrent un sourire aux lèvres et le militaire prit la main de sa compagne dans la sienne. Le sourire de Harm s’agrandit lorsque Mac entrelaça leurs doigts entre leurs mains.

-« Vous savoir seuls en forêt m’inquiète malgré tout, » insista Mary soucieuse. « Notre boulot c’est de vous protéger mais en partant ainsi vous allez au devant des dangers… »

-« Ce ne sera pas la première fois et nous nous en sommes toujours sortis. »

-« Comment ça « ce n’est pas la première fois » ? » questionna Marshall intrigué.

-« Il y a eu… Notre première rencontre et le désert… »

-« L’Écosse et aussi notre sortie en avion ! Et ça, rien que pendant notre première année ensemble ! »

-« Rien que la première année ? Et vous en avez eu d’autres encore ? »

Les deux militaires se sourirent et Mary leva les yeux au ciel. Elle détestait les couples fleur bleue ! Si seulement elle savait qu’ils étaient tout sauf fleur bleue dans leur « vraie » vie, plutôt deux pitbull toujours prêts à bondir et à s’affronter, tant au tribunal que dans la vie !

-« On ne les a pas comptés mais, en vrac, il y a eu le sous-marin, la Russie, le Paraguay… »

-« Et bien d’autres encore ! Ta disparition en mer me donne encore des frissons ! »

-« Mais tu m’as sauvé en mettant ta vie personnelle de côté et cela t’a coûté ton fiancé… »

-« Il ne devait pas être le bon, » sourit Mac avec un clin d’œil. « J’ai eu beau éprouver de réels sentiments pour Mic, ils n’ont rien à voir avec ceux que j’éprouve pour toi. »

-« Tu sais, je crois que je n’éprouverai jamais pour une autre femme les sentiments profonds que j’éprouve pour toi, » souffla Harm en resserrant son étreinte autour des doigts de son amante.

Mac papillonna des yeux afin de contenir les larmes de joie qui les avaient brusquement inondé à cette déclaration de Harm. Les discussions continuèrent entre les quatre occupants de la voiture et les 210 km furent parcourus dans une certaine légèreté mais les Marshall’s détectèrent rapidement des signes de nervosité croissants chez le couple. Lorsqu’ils se garèrent au bord de la Middle Fork Cleanwater River, Mac et Harm prirent une profonde inspiration en regardant les montagnes alentour.

-« Vous êtes vraiment sûrs de vous ? »

-« C’est le seul moyen pour suivre notre intuition, Mary. Je sais que vous vous inquiétez mais nous avons déjà survécu une fois au milieu de ces forêts alors que nous n’étions que des enfants. Nous nous en sortirons une nouvelle fois. »

-« Vous forcez mon respect tous les deux. Je ne sais vraiment pas comment vous faites ! »

-« Honnêtement, je ne sais pas… » souffla Harm.

-« Ce doit être notre entraînement militaire qui reprend le dessus, » dit Mac en se blottissant dans ses bras.

-« Prenez soin de vous. »

Mac et Harm sourirent devant le souci évident que se faisaient Mary et Marshall pour eux. Après les avoir salués, ils prirent chacun leur sac à dos et traversèrent le pont en direction de Golden à 30 km à vol d’oiseaux au sud de Syringa. Ils se retournèrent une dernière fois vers leurs amis et les saluèrent avant de partir à l’ascension de la montagne.

-« J’ai envie d’étriper Stan ! » s’énerva Mary.

-« Pourquoi tu dis ça Mary ? »

-« Je lui ai demandé de nous trouver un téléphone satellite afin que Sarah et Harmon puissent être en sécurité pendant leurs recherches et sa réponse a été non ! »

-« Mary, tu sais très bien que Stan n’y peut rien ! On ne connaît même pas la durée de leur absence ! Ils parlent de trois semaines au minimum ! »

-« Il n’empêche ! Ce n’est pas une raison ! »

-« Mary, je ne te reconnais pas ! Qu’est-ce qui te touche autant chez eux ? »

-« Les parents de Sarah étaient alcooliques, son père en tout cas… Elle a vécu les pires choses qu’on peut imaginer et elle est forte, vivante, … Je lui envie sa capacité à aimer Harmon aussi facilement, aussi librement… »

-« Tu sais, ça n’a pas été facile pour eux. D’après ce que nous avons vu dernièrement et ce que nous savons d’eux, ils éprouvent l’un comme l’autre des difficultés avec les sentiments. Mais, quand ils sont ensemble, ils sont indéniablement plus forts ! »


Lilou004  (05.06.2011 à 19:16)

 

Mac et Harm s’élancèrent à l’ascension de leur premier mont en silence, chacun perdu dans ses pensées. Allaient-ils retrouver le lieu de leur séquestration ? Y trouveraient-ils les enfants ? Seraient-ils en vie ? En apprendraient-ils plus sur leurs frère et sœur ? ... Tant de questions pour le moment sans réponses et qui tournaient en boucle dans leurs têtes, qui les hantaient depuis qu’ils avaient pris leur décision de partir seuls à la recherche de Aaron, Matilda, Mikael et Emily…

-« Mac ? » demanda Harm doucement ne sachant pas s’il pouvait déranger sa compagne dans sa réflexion.

-« Oui ? » répondit-elle en s’arrêtant pour le regarder.

-« A ton avis, on va s’en sortir ? »

-« On va tout faire pour Harm, je te le promets. »

Harm baissa la tête, visiblement inquiet. Le voyant faire, Mac s’approcha de lui et posa une main sur son épaule.

-« Qu’est-ce qui se passe Harm ? »

-« Je ne sais pas… » éluda-t-il la boule au ventre.

-« Harm, regarde-moi s’il te plaît, » demanda Mac en cherchant et trouvant son regard. « On est deux dans cette histoire et, si on commence à ne plus se parler, on ne va pas s’en sortir… Je ne vais plus m’en sortir… »

-« J’ai peur, peur de craquer, peur de ne pas y arriver… »

-« J’ai peur aussi mais je sais qu’ensemble nous nous sortirons de tous les problèmes, comme toujours. »

Harm se blottit dans les bras de Mac et laissa échapper quelques larmes.

-« Toi aussi, tu as le droit de craquer. Je n’en ai pas le monopole… Mais, s’il te plaît, promets-moi que tu me parleras maintenant. »

-« Je te le jure ma chérie. On est deux dans cette galère comme tu dis, mais le truc c’est qu’on a toujours été deux… Depuis l’enfance… Je t’aime Mac. »

-« Moi aussi Je t’aime ! Que tu sois Harmon Rabb Junior ou Peter Johnson Junior. »

-« C’est la même chose pour moi Sarah ou Amanda, » renchérit Harm en la prenant dans ses bras pour un baiser enflammé.

Le couple reprit son ascension main dans la main. Ils marchaient depuis plus de deux heures lorsqu’ils entendirent un bramement à proximité.

-« Tu as entendu ? »

-« Si c’est un cerf, on a un problème… »

-« Allons voir mais faisons attention de rester face au vent. »

Ils approchèrent doucement et, écartant une branche, ils découvrirent une biche en mauvaise posture. En effet, cette dernière étant en train de mettre bas mais cela semblait très mal partie ! Après un regard, ils s’avancèrent le plus calmement possible pour ne pas effrayer la pauvre bête mais ce fut peine perdue. Dès qu’elle les aperçut, la biche tenta de se relever pour s’enfuir mais son état l'en empêcha !

-« Du calme ma belle, » murmura Harm le plus calmement possible. « Mac et moi, ne voulons que t’aider. »

-« On dirait que ça marche… Ta voix la calme… » sourit Mac en déposant une main rassurante sur le flanc de la biche. « Nous ne voulons que ton bien et aussi celui de ton petit. »

Harm à son tour pu toucher la biche mais préféra rester à hauteur de la tête pendant que Mac allait voir ce qui se passait et pourquoi le petit faon ne sortait toujours pas.

-« Harm, il va falloir que je les aide ! Tu peux maintenir la biche pendant que je glisse ma main à l’intérieur pour repousser la tête et attraper les pattes du petit faon. »

-« D’accord, » répondit Harm. Tout en maintenant la bête, il se mit à lui susurrer un flot de douces paroles apaisantes.

-« Si un jour je donne vie à notre enfant, je veux entendre les mêmes mots doux que cette pauvre biche ! Sinon je serai jalouse… »

-« Je te le promets, » sourit Harm en imaginant déjà la jeune femme avec un superbe ventre arrondi.

-« Harm ! Arrête de rêver un peu ! Je vais finir par blesser cette pauvre bête et son petit ! » gronda Mac alors que la biche se débattait.

-« Excuse-moi, » se reprit Harm penaud. « C’est juste que je n’ai aucun problème à t’imaginer avec un vendre rond. »

-« En même temps, » souffla Mac en tirant à elle les pattes du petit faon, « ce n’est pas difficile ! Avant de partir avec Webb en mission au Paraguay, je suis venue te voir en « tenue » d’infiltration. Viens par là mon petit ! Oui ! Pousse ma belle ! A nous trois on va réussir à le sortir ! »

Après de longues minutes d’effort, Mac tomba en arrière, le faon  complètement libéré de sa mère. Le couple s’écarta des animaux sauvages et sourit en admirant, émus, le jeune faon tenter, déjà, de se lever sur ses pattes.

-« Viens, disparaissons avant qu’ils ne s’habituent à nous… »

Se redressant, Harm et Mac remarquèrent alors luire deux minuscules lumières jaunes au bout de ce qu'ils n'avaient pris jusque là que pour une souche d'arbre encore fraîche. Ils s'arrêtèrent, interdits. L'arbre, immobile, les regardait ! Ils se prirent la main, commencèrent à avancer lentement : les yeux les suivaient.

-« Un renard ! » murmura Harm.

« Le faon ? » interrogea Mac, inquiète.

Harm l’entraîna à l'abri de fourrées. Tout derrière eux était silencieux. Quand ils s'estimèrent suffisamment dissimulés, ils se retournèrent et ne virent plus ni la biche ni le faon. Seul au milieu de la clairière le renard achevait d'avaler une masse gluante et sanguinolente.

« Le placenta ! Il attendait le placenta ! Il ne s'en serait jamais pris au faon en présence de sa mère ! »

Heureux d'avoir ainsi assisté et aidé les animaux, Mac et Harm s’éloignèrent et reprirent leur ascension. A la nuit tombée, ils s’arrêtèrent et Harm alluma un feu après avoir sécurisé les alentours. Mac alla faire un tour et eut la surprise de découvrir des baies sauvages comestibles. Elle les ramassa et les nettoya dans le cours d’eau qui serpentait non loin de leur campement de fortune. Lorsqu’elle rejoignit Harm, elle eut la surprise de découvrir un petit marcassin en train de rôtir au dessus du feu.

-« Tu m’expliques ? »

-« J’ai trouvé notre dîner, » annonça fièrement Harm. « Ce malheureux s’est grièvement blessé un peu plus loin et, comme il n’y avait plus rien à faire quand je l’ai trouvé, je me suis dit que ça nous ferait économiser des vivres… »

-« Tu as bien fait mais je croyais que tu n’aimais que la nourriture de lapin ? » ironisa Mac.

-« J’ai beau préférer la nourriture saine aux cheese burgers et à la viande rouge, je sais qu’il y a des moments où je ne dois pas me montrer difficile. De plus, ce jeune marcassin est sauvage et « sportif » si on peut dire. »

-« Je m’en lèche les doigts par avance ! »

Une fois leur dîner dégusté, ils s’assirent auprès du feu, dans les bras l’un de l’autre, et Harm sortit un cigare.

-« Non mais je rêve ! » s’exclama Mac en écarquillant les yeux. « Tu as emporté un cigare ? »

-« Il me restait un petit peu de place alors je l’ai pris, » se justifia Harm  « Mais si tu veux, je peux l’éteindre… »

-« Non, fais-toi plaisir. Je sais que tu n’en fumes quasiment plus. »

Ils discutèrent de tout et de rien avant de s’enfouir chacun dans leur sac de couchage, épuisés par cette première journée. La nuit était tombée et ils avaient préféré éteindre le feu pour ne pas attirer l'attention. Mac claquait des dents sans rien dire et Harm finit par soupirer :

-« Tu sais que partager notre chaleur corporelle ne nous ferait aucun mal… Un peu comme en Iraq… »

-« Mais, à la différence de là-bas, ici nous avons de magnifiques sacs de couchage neufs… »

-« Sacs de couchage familiaux, qui peuvent donc se combiner pour ne faire qu’un ! » s’exclama Harm en quittant son sac pour l’ouvrir complètement. « Allez, sors de là et aide-moi. »

Cinq minutes plus tard, Mac se blottissait dans les bras de Harm.

-« Ça va mieux ? »

-« Un peu mais ce n'est pas gagné… » répondit Mac en cherchant un peu plus la chaleur dans les bras de son homme.

-« Tu te souviens de cette nuit en Afghanistan ? Quand tu as fini par venir dans mes bras, je me suis cru au paradis. Entre ça et le silence, c’était majestueux ! »

-« Je me suis trouvée tout de suite mieux à partir du moment où tu as resserré tes bras autour de moi… je ne l’aurai jamais avoué mais il y avait bien longtemps que je ne m'étais sentie aussi bien, même si on était perdu au milieu d’une terre hostile… »

-« Je t’aime… »

Mac et Harm tentèrent de trouver le sommeil mais le froid continuait de les mordre. Lorsqu’il sentit sa compagne frissonner une nouvelle fois, Harm commença à la caresser plus intensément.

-« Harm, qu’est-ce que tu fais ? » souffla Mac troublée.

-« Je nous réchauffe… » souffla Harm dans sa nuque avant de l’embrasser avec tout son cœur.

Pendant de longs moments, ils s’aimèrent passionnément avant de se blottir dans les bras l’un de l’autre.

-« Tu crois qu’on aura assez de place pour les enfants et nous ? »

-« S’il n’y en a pas assez, tu dormiras avec eux et moi je dormirai sous vous comme ça j’aurai votre chaleur. »

-« Mais Harm, tu auras le froid glacial sous toi ! »

-« On se débrouillera en temps et en heure. Maintenant dormons, nous avons une longue journée de marche demain. »

-« Tu as raison. Bonne nuit mon amour. »

-« Bonne nuit Sarah. »

Le couple s’endormit paisiblement mais, quelques heures avant le lever du jour, Mac se réveilla, sentant que quelque chose n’allait pas. En effet, Harm s’agitait dans son sommeil, des larmes ruisselaient sur ses joues et des gémissements s’échappaient de ses lèvres. Avec un pincement au cœur, elle comprit tout de suite que leurs démons avaient pris possession de son partenaire.

-« Harm… Harm, réveille-toi chéri ! » appela Mac en secouant légèrement l’épaule de son compagnon. « Harm ! »

-« Non ! Non ! Laissez-moi ! Ne me touchez pas ! Non ! » hurla le militaire en s’asseyant brusquement, les yeux grand ouvert de panique.

-« Harm, je t’en prie, regarde-moi ! C’est moi Mac ! Tu ne crains rien ! »

-« Non ! Ne me touchez pas ! Laissez-moi ! S’il vous plaît ! Je vous jure que je n’ai rien fait… » hurla la voix désespérée de Harm, se débattant et fuyant le contact avec Mac.

Comprenant que l'homme n'avait rien contre elle mais qu’il était complètement englué dans son cauchemar, dans leur passé, Mac fit la seule qui allait le faire sortir de son enfer : elle le gifla le plus fort qu’elle put. Les yeux de Harm indiquèrent tout de suite un changement. Il prenait conscience de l’endroit où il se trouvait.

-« Mac ? »

-« Je suis là Harm… »

Harm fondit en larmes et se blottit dans les bras de sa compagne.

-« Je suis là… Je ne bougerai pas d’un millimètre… Je serai toujours là pour toi comme tu l’es pour moi… Tu veux en parler ? »

-« J’étais de nouveau là-bas… » souffla Harm en frissonnant. « Ils venaient d’entrer et m’avaient vu bouger… Alors ils avaient décidé de s’en prendre à moi… »

Ils discutèrent jusqu’à ce que les angoisses de Harm se soient calmées. La détresse de Harm avait touché Mac au plus profond de son être et ce dernier en était conscient.

-« Ça va toi ? » demanda Harm inquiet pour sa compagne.

-« Oui… C'est juste que...Ça me crève le cœur de te voir comme ça… De te voir, toi, si fort d’habitude, perdre ainsi pied… »

-« Je suis désolé Mac… »

-« Tu n’as pas à être désolé. Toi et moi allons passer par des moments comme ça… Tu as été là pour moi et je sais que tu le seras toujours. Comme je te le disais, je veux, moi aussi, toujours être là pour toi. Je t’aime. »

-« Moi aussi je t’aime Sarah. »

Se sentant rasséréner, le couple décida de se lever et de se préparer afin de continuer à avancer à la recherche des enfants. En effet, l’aube commençait à se lever leur permettait de voir où ils allaient.


Lilou004  (28.08.2011 à 22:00)

 

 

-« Harm, pouvons-nous nous arrêter un instant ? »

-« Bien sûr. Tu vas bien ? »

-« Je n’en peux plus Harm… Cela fait six semaines que nous marchons tous les jours à la recherche du lieu où les enfants sont détenus, on n’a aucun moyen de savoir si les recherches officielles ont donné quelque chose et nos cauchemars augmentent chaque jour un peu plus… Je n’en peux plus… »

-« Chérie, regarde-moi, » sourit Harm en prenant le visage de sa compagne dans la coupe de ses mains. « Tu m’as dit toi-même que tu avais l’intuition qu’on se rapprochait. La preuve si l’on peut dire c’est que nos cauchemars augmentent et se précisent… »

-« Tu as raison mais je me sens tellement effrayée, traquée aussi… On a beau avoir restreint notre zone de recherche à quelques dizaines de kilomètres carré maintenant et toucher au but, je n’en peux plus… »

-« Alors faisons un break. Trouvons un endroit pour nous poser et installer notre campement. »

-« Mais les enfants… »

-« Nous ne serons pas d’une grande aide pour eux si nous sommes épuisés comme nous le sommes actuellement. Ils nous faut nous reposer, recharger nos batteries avant de poursuivre nos investigations. »

-« Tu as raison… » souffla Mac résignée.

Après quelques minutes, ils trouvèrent une cavité naturelle à proximité d’un cours d’eau. Depuis qu’ils avaient pris conscience qu’ils approchaient de leur but, le couple avait décidé de ne plus risquer de se faire repérer en allumant un feu aussi, pendant que Mac installait leur campement, Harm fit une rapide inspection des alentours et, comme tous les jours depuis leur départ, il revint avec des baies sauvages et de quoi manger évitant ainsi d'avoir à toucher aux provisions. Ils déjeunèrent en silence avant de se coucher pour essayer de récupérer de leurs nuits écourtées. Malheureusement, un même cauchemar les saisit en même temps.

Mac regarda autour d’elle et réalisa qu’elle se trouvait dans une grange sombre. Le peu de lumière qui éclairait cet endroit de malheur filtrait au travers de hautes lucarnes crasseuses. Des ombres terrifiantes bougeaient en fonction des vents qui s’engouffraient par les jointures imparfaites entre les planches qui formaient les murs de la bâtisse. Ces ombres provenaient de jeux de lumière sur la multitude d’instruments tranchants autour d’elle. En effet, suspendus au plafond se trouvaient des serpes, des râteaux, des faux et des faucilles, des scies de différentes tailles, des fourches aux pointes aiguisées à trois ou cinq dents, … Un frisson parcourut la jeune femme quand elle remarqua des cages de différentes tailles et fonctions et des instruments de torture tout droit sortis du Moyen Age dont un pilori et des croix… Ses yeux s’écarquillèrent lorsqu’elle remarqua deux enfants, une petite fille et un garçon légèrement plus âgé, complètement épuisés et enfermés dans deux cages à peine assez grandes pour les accueillir en position debout à trois mètres du sol. C’est à ce moment-là qu’elle entendit un cri horrible et tourna son visage vers la source de ce bruit. Un autre garçon, du même âge que celui en cage, était attaché pieds et poings liés, nu sur une croix de bois et une vieille femme prenait visiblement du plaisir à le fouetter à l’aide d’un petit fouet à multiples lanières. Les larmes ravageaient son visage marqué par la terreur. C’est à ce moment-là qu’elle ressentit la première douleur dans son dos. Un cri lui échappa et des larmes lui montèrent immédiatement aux yeux. Elle chercha alors son agresseur du regard et découvrit un vieil homme aux cheveux sales et aux pupilles dilatées par le plaisir :il éprouvait une complète jouissance à la faire souffrir ! C’est lors du deuxième coup dans son dos qu’elle se réveilla en sursaut, tremblante et apeurée. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle découvrit Harm, à ses côtés, et dans le même état qu’elle. Ils se regardèrent fixement et des larmes débordèrent de leurs yeux. Ils se blottirent dans les bras l’un de l’autre pour reprendre leurs souffles doucement.

-« Ça va ? » demanda Harm quand, enfin, il se sentit assez vaillant pour articuler quelques mots..

-« J’ai connu mieux… » répondit Mac avant de poursuivre. « J’y étais… C’était… C’était réel Harm ! J’ai toujours l’impression de sentir la douleur dans mon dos… »

-« Comment ça ? Qu’est-ce que tu entends par réel chérie ? Et de quelle douleur au dos parles-tu ? » questionna le militaire, redoutant de comprendre.

-« J’y étais… Dans cette grange je veux dire… Au milieu d’instruments de tortures… Je voyais la scène au travers des yeux d’un des supplicié, Harm… Et je sentais sa douleur aussi… J’entendais les cris du petit garçon à côté de moi… » souffla Mac en étouffant un sanglot.

-« Et… Qu’arrivait-il à ce petit garçon ? » demanda timidement Harm la boule au ventre.

-« Une vieille femme, crasseuse, au sourire ravi, lui donnait des coups de fouet… »

-« Il était nu ? L’enfant je veux dire… » souffla Harm retourné par les paroles de Mac.

-« Oui, comment tu le sais ? »

-« Ça sentait mauvais… Effroyablement mauvais… Je ne distinguais que peu de choses dans le noir mais les odeurs m’agressaient… Des odeurs connues… Je sais ce que c’est… Je l’ai sur le bout de la langue… »

-« Ils fument ? »

-« Oui mais l’odeur est forte… Vraiment très forte… C’est une odeur particulière… Pas uniquement du tabac… Ça prend à la gorge… » continua Harm, perdu dans les souvenirs de son cauchemar. « Une odeur pestilentielle mêlant tabac froid, vieux mégots et quelque chose d’autre… Ça m’énerve ! Je n’arrive pas à remettre un nom dessus ! »

-« Une odeur d’herbe ? »

-« Oui ! C’est ça ! Du cannabis ! L’odeur se mêle à celle des excréments… Sur mes bras, je… Ils fument et… »

Il ne peut plus poursuivre. L'horreur est là, intense, palpable… Mais il doit lui dire, lui raconter, lui décrire ce qu’il a vu dans son cauchemar pour comprendre et vérifier son abominable hypothèse… La solution est peut-être là, au bout de cette épouvantable reconstitution aussi force-t-il les mots à sortir de sa bouche sans lâcher Mac du regard.

« Ils fument et les lumières incandescentes m’hypnotisent et me terrifient en même temps… Je sais au plus profond de mes tripes qu’à tout moment ils peuvent s’amuser à éteindre leur instrument de torture improvisé sur un bras, une cuisse… »

-« Leurs visages se tournent toujours vers les deux enfants en cage dans ces moments-là… » lâcha Mac. « Ils s’acharnent sur les plus faibles… Sur ceux qu’ils ont désignés comme étant… Comme étant… »

-« Indignes de vivre ? » proposa Harm bouleversé.

Mac hocha la tête, incapable de prononcer un seul mot. Des larmes coulaient sur leurs joues et chacun les chassait sur le visage de l'autre d’un geste tendre du pouce. Ils se regardèrent intensément, continuant à pleurer doucement, en silence, comme ils le faisaient déjà dans cette abominable grange, des années auparavant, dès que la porte de leur enfer s’ouvrait sur leurs deux tortionnaires venus les visiter pour de nouvelles séances de torture physique ou psychologique.

-« Je me souviens… » reprit Harm dans un souffle. « Je me souviens de la douleur dans mon dos et des cris… Les miens mais aussi ceux de la fillette chétive non loin de moi qui subissait la même chose que moi… Je me souviens de ce monstre qui riait… Je me souviens de ses yeux me suppliant de l’aider, de la sauver alors que je ne pouvais rien faire… »

Leur cauchemar avait réactivé bons nombres de souvenirs de leur propre séquestration et leur description mêlait leur passé et leur cauchemar…

-« Un séchoir à tabac… » fit soudain Mac d’un ton ferme et péremptoire. « Un séchoir à tabac ! »

Harm fronça les sourcils mais ne dit rien, le ton de Mac ne permettant aucune réplique. Ils étaient en pleine montagne, loin de toute exploitation et dans une région où le tabac ne pousse pas… Comment pourrait-il s'agir d'un séchoir à tabac ? Cependant, lui aussi avait fait le même cauchemar qu’elle. Lui aussi avait senti l'odeur de tabac froid. Lui aussi avait vu les marques de brûlures de cigarette sur les corps épuisés des enfants décharnés suspendus dans ces cages… Lui aussi se souvenait des cris, de la douleur… Mais qu'est-ce qui permettait à Mac d'affirmer qu'il s'agissait d'un séchoir à tabac ? Il doit poursuivre, il doit lui demander, mais son esprit s'y refuse. Il ne sait pas comment faire pour ne pas la brusquer inutilement. Il la regarde et, avant même qu'il ne formule à haute voix sa question, ce fut elle qui murmura :

-« Je sais, Harm, c'est absurde… Il ne peut y avoir de séchoir à tabac dans cette région… Pourtant, je suis sure qu’il y a un séchoir à tabac à l'endroit où se trouvent les enfants ! Dans ce même endroit où nous avons-nous-même été séquestrés il y a trente ans… Je ne sais pas pourquoi ni comment j’en arrive à cette déduction mais je le sais Harm, je le sais. »

-« Maintenant que tu le dis, j’en ai moi aussi l’intuition, la certitude même… »

-« Je suis fatiguée Harm… Complètement vidée… Je n'en peux plus… »

-« Viens-là ma chérie. »

Harm la prit dans ses bras et elle ferma les yeux. Il la berça doucement jusqu’à ce qu’elle s'endorme, sa tête appuyée contre la sienne. Il la regarda dormir un instant avant de la rejoindre. Un nouveau cauchemar les assaillit et, lorsqu’ils se réveillèrent, un même frisson les parcourut.

-« Tu… Tu as entendu la même chose que moi ? » demanda Mac effrayée à l’idée de recevoir une réponse affirmative.

-« Qu’as-tu entendu ? » souffla Harm ses yeux dans les siens.

-« Des pleurs de nouveau-né… »

Harm hocha la tête et Mac se blottit un peu plus dans ses bras. De longues minutes passèrent avant que la jeune femme ne se détache soudain des bras de son amant pour fouiller frénétiquement dans son sac à dos.

-« Qu’est-ce que tu cherches ? »

-« La carte ! » répondit Mac. « Mais où est-elle cette carte ! Ah ! La voilà ! »

Mac la déplia et pointa un endroit.

-« C’est là ! J’en suis sure Harm ! »

-« D’accord. Laisse-moi voir où nous sommes exactement… »

Harm calcula leur localisation avant de la reporter sur la carte. La grange où se trouvaient les enfants se trouvait à moins d’un dizaine de kilomètres de leur campement !

-« On fait quoi Harm ? On s’y rend maintenant ? »

-« Il faut vraiment qu’on se repose car on va devoir affronter au moins deux monstres sadiques pour libérer les enfants… Même si ça me crève le cœur, je pense que nous devons attendre demain et nous reposer un maximum… »

-« D’accord… »

Le couple établit un plan d’action pour le lendemain avant de se coucher, se dissimulant le plus possible au fond de la cavité au cas où l’un des agresseurs passerait par là. Ils réussirent à trouver tant bien que mal le sommeil et la  certitude d’avoir localisé les enfants leur permit de prendre quelque repos. Cependant, un peu avant six heures du matin, des hurlements d’enfants les réveillèrent brusquement. Ils comprirent rapidement que ces horribles cris n’avaient rien à voir avec un éventuel cauchemar, c’était la réalité ! Ils rassemblèrent le plus rapidement et le plus silencieusement possible leurs affaires et avancèrent en direction des pleurs afin de passer au plus vite à l’action.


Lilou004  (28.08.2011 à 22:03)

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