Coraline est debout au milieu de la pièce. Elle boue . Elle souffre.
Immobile , elle regarde le sol. Elle ne comprend pas.
Flash back
Elle s’est réveillée en fin d’après midi.
Dès qu’elle a ouvert les yeux elle a su. Il allait venir, elle le sentait.
Cela lui arrivait parfois. Il ne donnait pas de nouvelles pendant des semaines, des mois et puis il passait. Il restait une heure, une semaine… pour tenter d’arranger les choses ou pour lui faire des reproches.
Cette fois, elle allait le garder !
Elle enfila sa robe rouge , celle qu’elle portait lors de leur rencontre et mit le même parfum. Elle alluma des bougies et chercha le disque « ain’t that just like woman ».
Il finit par venir comme elle l’avait senti, mais il ne vit pas la robe et n’entendit pas la musique.
Il recommença cette sempiternelle litanie qu’elle entendait depuis près de vingt ans :
« Pourquoi m’as tu fais cela? Je ne peux pas vivre comme cela ».
« Je ne pourrai jamais avoir de vie normale, de famille… »
« Mais c’est moi ta famille Mick ! » Elle tremblait debout face à lui.
« Tu ne comprends rien ... »
Il était agité, faisant les cent pas dans le salon.
« Tu m’as menti, trompé ! Tu as fais de moi un monstre, tu es un monstre ! »
Elle un monstre ? Elle qui avait tant fait pour lui plaire ce soir.
« Je ne veux pas vivre au détriment des autres, tu ne comprends pas cela non plus ? »
Non elle ne comprenait pas.
Il est parti il y a une heure, la laissant silencieuse au milieu de la pièce. Elle n’a pas bougeait.
Finalement elle s’est approchée de la baie vitrée, a posé ses mains sur le carreau et a regardé les lumières de la ville en bas.
Quel gâchis . Tout s’est retourné contre elle.
Il était prêt à tout pour elle, il en était fou, ne vivait que pour être près d’elle.
Et maintenant , qu’elle ironie, elle en est dépendante, ne pense qu’à lui constamment, faisant tout pour lui plaire, pour raviver la flamme.
Mais il y a longtemps qu’il n’a plus cette lueur dans le regard.
Depuis le soir ou elle l’a changé.
Mais elle l’a fait pour eux, pour lui. Elle ne pensait qu’à son bien pourtant…
Coraline serre les poings et frappe la vitre de rage. Elle pleure.
« Non, ne me laisse pas encore.. »
« Qu’est que tu veux ? »
Elle hurle. Finalement elle se laisse tomber. Allongée sur le carrelage elle frappe le sol encore et encore.
« Qu’est ce que tu veux , qu’est ce que tu veux… »
Naphrayu (03.03.2008 à 08:45)
Le jour se lève sur la ville, quand elle rouvre les yeux.
Elle est toujours sur le sol du salon.
Coraline se lève, elle ne ressent plus rien à cet instant.
Elle descend l’escalier, enlève la robe rouge et la jete dans un coin de la pièce.
Elle va se mettre au frais pour la journée.
Naphrayu (03.03.2008 à 23:42)
Il est encore tôt quand elle se réveille, le soir est en train de tomber.
Elle est nerveuse et très excitée, mais résolue. Elle a trouver la solution.
Elle se dirige dans le cuisine, sort une pochette rouge du frigo et se sert un grand verre de sang.
Elle n’aime pas se nourrir ainsi, mais ça va déjà mieux. Elle se rend dans le dressing et s’habille rapidement. Puis elle retourne dans le salon et se poste à nouveau derrière la baie vitrée, face à la ville en contrebas.
« Je vais te donner ce que tu veux ...»
Elle a un petit rire nerveux.
Cela paraît évident maintenant.
Sur le moment elle n’a pas fait attention à ces mots : « une famille ».
Elle va faire ça pour lui, parce que c’est ce qu’il veut… c’est ce qui lui a demandé.
Coraline y a bien réfléchi ce matin en cherchant le sommeil et maintenant tout est clair.
Il lui a dit ce qu’il voulait, c’est juste qu’elle n’avait pas compris avant.
Naphrayu (07.03.2008 à 09:57)
Au petit matin, elle regagne la villa.
Elle gare sa voiture dans l’allée, entre, traverse le vestibule, jete ses clefs sur le comptoir du salon et descend dans le bureau.
Elle s’accoude sur le dossier de la chaise et baisse la tête.
Elle pousse un profond soupir.
Elle n’a pas trouvé ce qu’elle cherchait.
Coraline envoie ses cheveux en arrière et se regarde dans le miroir.
« Ca risque de prendre un peu de temps, ne te décourage pas... » dit-elle à son reflet.
« C'est comme chercher une aiguille dans une botte de paille… »
Elle sait pourtant qu’elle est là, dans L.A, quelque part, elle la sent, elle est unique.
Coraline est sur la terrasse. Elle hume l’air frais de la nuit. Il va bientôt faire jour, elle continuera ses recherches demain.
Naphrayu (11.03.2008 à 12:43)
Coraline laisse tomber l’homme inanimé au sol.
Elle trouve à la fois étrange et drôle l’expression étonnée, figée sur le visage de sa victime.
Elle s’est laissée emporter, mais cela fait plusieurs jours qu’elle n’a pas chassé.
Et puis peu importe, elle se sent d’humeur joyeuse.
Elle se rapproche, elle le sent, cette nuit elle en était tout près.
Le jour est déjà levé mais Coraline a encore une course à faire.
Quand elle rentre à la villa, il est déjà plus de neuf heure mais elle ne se sent pourtant pas fatiguée.
Elle décharge ses cartons et investie la grande buanderie du sous sol.
Elle y passe une grande partie de la journée. Puis elle remonte au salon satisfaite , on lui livrera le reste plus tard.
« Ah, mon amour, tout sera parfait tu verras … »
Naphrayu (13.03.2008 à 14:35)
Elle aimerait déjà y être, mais elle sait qu’elle ne doit pas trop se hâter.
Pourtant elle voudrait y aller ce soir, mais elle a trop faim, elle pourrait commettre une erreur.
Alors elle s’apprête au mieux, et se rend dans un bar en ville.
Coraline rentre un peu avant minuit, repu et comme saoule.
Elle remet son disque, et tournoie dans le salon en chantonnant.
Elle ri.
« Nous allons être réunis mon amour, plus rien en nous séparera … »
« Nous serons une vraie famille, comme tu le désires tant. »
Naphrayu (14.03.2008 à 13:23)
Deux nuits ont passé.
Coraline est dans sa voiture devant un immeuble.
Elle l’a trouvé, elle a suivi sa trace.
Elle a trouvé cela plus facile qu’elle ne l’avait imaginé.
Maintenant elle est en planque dans sa voiture, comme lui, quand il fait ses enquêtes.
Elle est remplie de fierté à cette idée.
Les lumières s’éteignent enfin.
Elle sort de l’auto et contourne l’immeuble.
Elle sent son parfum si particulier dans l’air. Elle se projète sur la corniche du second étage et se rapproche de la fenêtre du fond.
Elle la voit à travers la vitre.
C’est donc elle.
Une enfant si unique, du même sang qu’elle… son enfant.
Leur enfant.
Elle est adorable, d’une blondeur dorée.
Coraline s’attendrie un instant. Elle sait que c’est un moment important.
Elle soulève la vitre avec précaution et pénètre dans la pièce.
Elle s’approche du lit et la regarde encore. Elle est si belle. Coraline écarte une mèche de son visage. L’enfant frémis.
Elle la soulève du lit et repasse rapidement par la fenêtre. Elle saute dans la rue la fillette dans les bras.
L’enfant ouvre les yeux et regarde autour d’elle, elle commence à s’affoler, elle est désorientée. Coraline lui sourie.
« Ce n’est rien chérie, c’est maman.. »
la fillette se met à pleurer.
Coraline la sert contre elle alors qu’elle démarre la voiture et qu’elle regagne les hauteurs de LA.
« Chut mon ange, maman est là…. »
Naphrayu (17.03.2008 à 20:28)
Tout d’abord, elle installe l’enfant dans le salon prés de la table basse.
Elle lui présente la nourriture qu’elle s’est procurée pour l’occasion, mais la petite fille ne fait que pleurer et refuse de manger.
« Tu dois te nourrir mon amour » tente Coraline sans succès.
L’enfant pleure, la regardant avec de grands yeux effrayés.
« Mon ange s’il te plait …pour faire plaisir à maman.. ».
la petite blonde commence à s’énerver, avant d'être soudain secouée par de gros sanglots.
Au milieu des spasmes de l’enfant Coraline l’entend lui déclarer :
« D'abord t’es pas ma maman … et je suis pas ton ange. »
La vampire est choquée.
L’enfant parait toujours effrayé mais Coraline distingue une pointe de colère et de défi dans son regard.
Interloquée Coraline serre les dents sentant la colère monter en elle.
« Voyons mon ange… »
« Suis pas ton ange j’ai dit ! je m’appelle Beth ! » crie la petite avant de se remettre à pleurer de plus belle.
Coraline se radoucie, la pauvre enfant est encore, sans doute, sous le choc de leur rencontre.
« Ce n’est rien tu comprendra bientôt… »
Beth se pelotonne dans le canapé et continue à pleurer.
Naphrayu (21.03.2008 à 14:07)
Une fois finalement endormie, Coraline la descend au sous sol dans la chambre d’enfant qu’elle a installé dans la buanderie.
Maintenant elle la regarde dormir avec tendresse et lui parle en chuchotant presque :
« Tu comprendras bientôt, quand nous serons réunis.
Nous sommes du même sang, je ferai de toi l'une des nôtres et nous formerons une belle famille.. »
Elle lui caresse délicatement le visage.
« Nous resterons tous les trois à jamais, … tu m’appelleras maman, tu verras.. »
Naphrayu (29.03.2008 à 15:56)
Coraline vient de remonter au salon, elle s’effondre sur le canapé, découragée.
Beth lui a encore fait une crise .
Flash back
Quelques jours auparavant, Coraline avait senti comme une amélioration, la petite pleurait un peu moins et avait accepté de se nourrir plusieurs fois.
Un soir même, après une journée relativement calme, elles s’étaient installées sur la terrasse et Coraline lui avait lu «la belle et la bête ».
Beth était restée attentive tout le long du récit, et à la fin elle s’était tournée vers elle et lui avait demandé :
« raconte moi une autre histoire »
Coraline était au comble du bonheur, elle avait réussie. Elles étaient comme une mère et sa fille à cet instant.
Enfin cela ressemblait assez à l’image d’Epinal que Coraline se faisait de ce type de relation. Elle même ne se rappelait que très vaguement de sa propre mère, elle n’avait pas souvenirs plaisants de cette époque.
Mais ce n’était pas grave , ils allaient se créer de nouveaux souvenirs ensemble.
Elle lui avait donc raconté d’autres histoires, jusqu’à ce qu’elle s’endorme.
Elle était regonflée d’optimisme, son plan allait fonctionner.
Le lendemain elle était retournée chercher Beth dans sa chambre pour renouveler l’expérience.
Elle l’avait trouvé assise dans un coin, comme prostrée.
Le comportement de cette petite était étrange.
Elle avait parfois ces subites crises de larmes que Coraline ne comprenait pas.
La vampire avait mit cela sur le compte de l’épuisement dû aux récents événements.
Elle la prit dans ses bras pour la mettre au lit mais Beth commença à se débattre.
Coraline tenta de la calmer.
Elle la coucha et lui dit avec douceur qu’elle allait bientôt lui présenter son nouveau papa.
L’annonce fut loin d’avoir l‘effet désiré : Beth se mit à pleurer de plus belle.
Coraline décontenancée , décida de la laissé se calmer et l’enferma.
Fin FLash Back.
Coraline se lève subitement du canapé. Elle est sur les nerfs.
Elle fait pourtant de son mieux.
Elle commence à tourner dans le salon comme un fauve en cage .
Elle n’a pas eu le temps de se nourrir depuis qu’elle a la petite et cela accentue son malaise.
Elle saisie une statuette sur la cheminée et la projette avec hargne contre le mur.
L’objet se brise et les débris s’éparpillent au sol.
Coraline les regardent fixement, immobile.
Si ça continue elle va perdre patience…
Naphrayu (22.04.2008 à 21:07)