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Jeunesse et protection des mineurs
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Titre : Règlement de compte.
Auteur : Plusieurs membres du quartier (Pseudo dans le topic épisodes virtuels)
Série : Kaamelott.
Genre/Pairing : Aventure…
Personnages : A découvrir au fil de l’histoire…
Résumé : Une vengeance contre Arthur oblige Lancelot à revenir à Kaamelott, mais il a autre chose en tête…
Saison : Fin du livre 5, sans compter le livre 6.
Disclamer : Les personnages de la série appartiennent aux créateurs…
Note des auteurs : Nous remercions les personnes ayant pris le temps de lire cette histoire, mais également laissés des commentaires. Merci évidement de rester corrects et constructifs dans ceux-ci. Bonne lecture à tous…
Chapitre 1 : La déprime de Lancelot
Des jours avaient passé depuis qu’il était revenu dans son camp pour le découvrir bien vide. Il n’avait pensé qu’à elle en partant… et ne pensait toujours qu’à elle aujourd’hui. C’était ainsi la dure réalité des choses. Guenièvre n’était plus là et il se sentait terriblement seul.
Même ses hommes avaient déserté les lieux ne sachant pas s’ils avaient été faits prisonniers ou si simplement, ils étaient retournés dans les rangs d’Arthur. Ses poings se serrèrent de rage à la simple pensée de cet individu.
Pourquoi cet homme obtenait-il toujours ce qu’il voulait ? D’abord Excalibur, puis le trône, mais également Guenièvre. Ne pouvait-il pas y avoir quelques petites choses pour lui ? Il avait pourtant été l’un des chevaliers les plus fidèles du trône et probablement l’un des plus intelligents de la table ronde. Pourquoi se trouvait-il aujourd’hui seul, dans le fin fond de cette forêt avec ni femme ni enfants à chérir ? La vie était décidément trop injuste avec lui et il détestait Arthur comme jamais il n’avait détesté quelqu’un auparavant.
Lancelot se leva du tronc d’arbre sur lequel il était assis depuis des heures et fit un dernier tour du camp avant de rester debout sans bouger. Tout cela n’avait servi à rien et Arthur devait surement célébrer à l’heure qu’il est sa victoire vis-à-vis du fait qu’Arthur avait récupérer celle qui était devenue son épouse sans qu’il lui accorde un minimum de compassion.
Mais une chose était sure à présent, il allait se battre. Se battre pour gagner contre Arthur. Se battre pour récupérer la femme qui faisait battre son cœur. Ce qu’il voulait à présent, il n’y avait rien de plus simple. Lancelot voulait Guenièvre, le trône et la mort du roi. Et tout cela, il les aurait tôt ou tard, s’en était une certitude. A présent, il devait élaborer le plan parfait pour s’introduire dans Kaamelott pour en ressortir la tête haute et heureux…
Chapitre 2
S'introduire au château était la seule chance de pouvoir réaliser ses projets mais comment faire sans être reconnu ? Il fallait trouver un plan et des complices. Lancelot rassembla alors toutes ses pièces d'or et ses bijoux. Parmi ceux-ci, il prit entre ses doigts une bague ornée d'un saphir qui avait appartenu à sa mère. Les larmes lui montèrent aux yeux à la simple idée de devoir se séparer de ce précieux anneau qui, depuis cinq générations, garnissait la main des femmes de sa famille. Cette pierre précieuse avait été ramenée de Byzance. Il voulait en faire cadeau à Guenièvre en guise d'alliance. Peut-être aurait-il assez en vendant le reste de ses biens ?
Nerveusement il tria pièces, pendentifs et autres colliers mais il dut bien vite se résigner et admettre que pour s'offrir l'aide de brigands, il devrait se séparer de toutes ces merveilleuses pièces de joaillerie qui avaient fait la fierté de ses ancêtres. Encore une chose qu'il ferait payer à Arthur ! Il se fit alors la promesse de couvrir Genièvre d'or et de lumière quand il aurait pris possession de Kaamelott et de ses richesses.
Après avoir réuni quelques victuailles, Lancelot se mit en route. Il connaissait à quelques lieues de là un homme qui pourrait, en échange de deux ou trois pièces, lui faire rencontrer le chef d'une bande de gredins. En route, il repensa à la vie au château avant. Avant ! Quand il était déjà amoureux de la Reine, quand il voyait Arthur passer de maitresse en maitresse et laisser Guenièvre seule et désespérée dans son lit. Comment pouvait-il se comporter d'une façon aussi ignoble avec une femme si douce et dévouée ? Il ne comprenait pas, il ne comprenait plus. Pourquoi la Reine était-elle retournée avec cet homme si peu respectueux ? Pourtant, elle l'aimait, lui, Lancelot, elle le lui avait avoué.
Il se souvint que lors de la dernière grande fête du château qui réunissait chaque année marchands, éleveurs et saltimbanques, Arthur avait même eu le toupet de déambuler parmi la foule avec, à chaque bras, les sœurs jumelles tandis que Guenièvre l'attendait, avec impatience et fierté de s'être fait belle, dans leur chambre sombre et humide. Elle y était restée des heures à l'attendre, mais il n’était jamais venu. Pourtant ce fut une belle journée, la fête battait son plein, les convives mangeaient, buvaient et riaient, les commerçants faisaient leurs affaires, les enfants étaient éblouis par le spectacle des saltimbanques déguisés à tel point qu'ils en étaient méconnaissables ..
Méconnaissables ! Mais oui ! L'idée était géniale ! Il fallait se faire passer pour ces joyeux drilles. Lui et ses complices se déguiseraient en troubadours, trouvères, ménestrels et autres bouffons. Il suffirait de quelques chansons, poèmes et jongleries pour tromper la vigilance des gardes de Kaamelott. Lancelot était subitement heureux, son pas se pressa d'avantage et il se remit à rêver de Genièvre et de leur vie future...
Chapitre 3
Le vent soufflait dans les branches tandis que Lancelot avançait à travers les arbres. Les feuilles mortes craquaient sous ses pas, résonnant lugubrement, et voletaient à travers les troncs, portées par la légère brise. L’automne était bien arrivé. Autrefois, il avait adoré ces bruits, mais à présent, le chevalier n’y prêtait plus aucune attention. Tout son esprit était concentré sur sa vengeance et sur les moyens d’y parvenir. Parvenu à une intersection, il tourna à gauche, semblant connaitre parfaitement son chemin. Quelques minutes plus tard, il ralentit, et s’accroupissant, se dissimula derrière un tronc mort. D’ici, il avait une parfaite vue sur un talus, et cachée par la végétation, sur une grotte.
Les minutes s’écoulèrent silencieusement. Lancelot scrutait toujours la cavité ; il commençait à s’impatienter : se pourrait-il qu’il ait changé de cachette ?! Non, impossible, il s’y réfugiait toujours en cette saison… L’irritation le gagnait, quand, soudain, il crut discerner un mouvement derrière des branches. Retenant son souffle, il vit apparaitre un homme à travers le feuillage. Ce dernier était vêtu d’une chemise marron effilochée, et d’un vieux pantalon, usé par les années. Une ceinture en vieux cuir et une paire de bottes complétaient le tout, recouvert de poussière et de terre, dues à la vie en forêt. Son âge était difficile à estimer, à cause de la saleté sur son visage : environ une trentaine d’années, d’après lui. L’inconnu s’avança, tandis que Lancelot contenait un soupir de soulagement. Levant doucement la main droite, il se saisit de son poignard. Son regard se durcit, tandis qu’il fixait le gredin qui allait le conduire à l’homme qu’il recherchait. Celui-ci descendait la butte, inconscient du danger qui le menaçait. Il tourna à droite, se dirigeant vers le sentier. Une ombre jaillit soudain, et avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, il se retrouva plaqué au sol, une dague sous le cou.
« Un geste et tu es mort. »
L’homme écarquilla les yeux, déglutissant difficilement. Son cœur battait violemment dans sa poitrine, tandis qu’il levait lentement la tête pour voir le visage de son agresseur : ses yeux s’agrandirent lorsqu’il le reconnut.
« Vous… ?! Non, non c’est impossible !
- Et pourquoi cela ? », demanda durement Lancelot.
« Tout.. tout le monde affirme que…
- … je suis mort ? », le coupa le chevalier déchu. « Je sais. Tu as devant toi la preuve que c’est faux. Je suis bien vivant, et ma dague aussi.»
Le ventre du gredin se serra encore plus devant la menace. Il sentit ses entrailles se contracter, tandis que ses mains devenaient moites.
«Qu’est-ce que vous me voulez ?», balbutia-il.
- Tu vas m’emmener à Alvin.»
La voix était froide, impérieuse, n’admettant pas de refus. Le brigand sentit une pure terreur l’envahir : s’il ne lui obéissait pas, nul doute que son agresseur le tuerait. Il avait entendu parler de ce qui s’était passé au camp, et de ses fameuses visions d’un inconnu mystérieux. Mieux valait ne pas le contrarier. Il cligna des yeux pour montrer son consentement; Lancelot retira alors lentement son arme, avant de reculer d’un pas. L’homme se releva, tremblant de tous ses membres. L’ancien membre de la Table ronde ne lui laissa pas le temps de se remettre de ses émotions : de son poignard, il désigna le chemin.
«En route.»
****************
Les deux hommes avançaient silencieusement dans la forêt, l'un guidant l'autre. Le prisonnier tentait de contrôler sa peur, mais la sueur qui coulait sur sa nuque ne l'y aidait guère. De temps à autre, il jetait par dessus son épaule des regard furtifs au chevalier: celui-ci marchait en silence, le regard sombre de noires pensées. Soudain, l’homme ralentit; Lancelot leva les yeux, le jeune homme désigna de la main un espace entre deux arbres situé à une centaine de mètres: on y apercevait une clairière.
«Es-tu certain qu'ils sont là? », lui demanda-t-il d'une voix basse pour ne pas être entendu du camp.
« C'est là qu'ils étaient il y a encore quelques jours, Seigneur », murmura son interlocuteur d'une voix tremblante.
Le chevalier hocha la tête; ouvrant sa bourse, il la fouilla. Mais, alors qu'il allait en sortir l'argent, il se retourna brusquement et gronda d'une voix sourde, les yeux flamboyants:
«Si tu parles de cela à quiconque...»
La menace était inutile: la peur qui se lisait sur le visage de l'homme montrait clairement qu'il n'envisageait absolument pas d'aller raconter ce qui s'était passé. Saisissant quelques pièces, l'ancien conseiller du roi les lui posa dans la main; aussitôt, l'autre détala sans demander son reste. Resté seul, l’ex-chevalier se tourna vers la clairière; ses yeux brulaient d’un étrange regard, telle la fièvre d'un malade.
«A nous, maintenant.», pensa-t-il.
Chapitre 4:
Lancelot s'approcha discrètement du camp des malfaiteurs; accroupi à l'orée de la clairière, il observa longuement le va-et-vient de ces hommes qu'il comptait enrôler. Ils étaient une bonne vingtaine, sales, vêtus de guenilles, la barbe et les cheveux longs et crasseux. Il ne distingua ni femme ni enfant, quelques chevaux broutaient paisiblement dans une prairie longeant la forêt.
"Il y a du boulot pour déguiser ces vagabonds" pensa Lancelot.
Le doute s'empara alors de lui, son idée était-elle vraiment bonne ? Il suffirait qu'un seul de ses futurs complices se trahisse par une phrase ou un geste malheureux pour être repéré. Lui, Lancelot, l'ex-Chevalier de la Table ronde, capturé par les gardes d'Arthur parmi ces misérables et sous les yeux de Genièvre, quelle honte, quelle déchéance !
Il fut sorti de sa réflexion par une vive douleur sous l'oreille droite.
"Un geste et ma dague se fera un plaisir de traverser ta gorge" menaça une voix.
-Lancelot : N'en fais rien, je viens en ami.
-La voix : En ami ? Tiens donc ! Et tu espionnes tes amis ?
-Lancelot : Je n'espionne pas, conduis-moi à ton chef.
Il voulut se retourner.
-La voix : Regarde devant toi ! Que lui veux-tu à mon chef ?
-Lancelot : Lui parler, simplement lui parler.
-Mais je vais te le présenter, je sens qu'on va un peu s'amuser, ricana la voix.
Lancelot fut alors poussé hors de sa cachette par cet inconnu et se retrouva au milieu du campement sous le regard étonné mais amusé des brigands. Hilares, ils félicitaient leur ami d'avoir fait une belle capture. Lancelot était bousculé par ces hommes qui formaient un cercle autour de lui en criant et en riant. Un petit homme d'une cinquantaine d'années sortit alors d'une des huttes et interrogea, souriant, le héros : " Mais quelle espèce de gibier nous amènes-tu là, Clodomir ? "
-Clodomir : Une espèce rare, chef ! C'est une espèce qui se dit ami mais qui nous espionnait !
-Alvin : Je ne te connais pas l'étranger et tu dis être mon ami ?
-Lancelot : J'ai dit cela sous la menace d'une arme, mais je veux faire alliance avec vous.
-Alvin : Une alliance ? Voyez-vous ça, camarades ? Cet homme veut faire partie de notre bande. Tu aimes donc la douceur et la propreté de notre petit village !
Des rires fusèrent de tout le camp.
-Alvin : Et quand on veut s'allier à quelqu'un c'est toujours contre d'autres gens, non ?
-Lancelot : Je vous propose de nous emparer du château de Kaamelott.
-Alvin : Rien que ça ! On est vingt-cinq ici, plus toi et tu crois qu'on pourrait s'emparer de cette forteresse gardée par des centaines de gardes ?
-Landéric (fils d'Alvin) : Père, cet homme se moque de nous ! Pendons-le par les pieds au-dessus du feu, il avouera la vraie raison de son amicale visite.
-Lancelot : J'ai un plan et de l'argent.
-Clodomir : C'est faux chef, je l'ai fouillé, il n'a rien sur lui.
-Lancelot : J'ai caché ma fortune dans la forêt, je ne voulais pas prendre le risque d'être attaqué et pensez à tout l'or et aux richesses présentes au château, je ferai de vous des hommes riches.
-Landéric : Il a peur d'être attaqué, mais il se faufile seul jusqu'à notre repère ! Confiez-le-moi, Père, je lui ferai avouer où il a caché son argent.
-Alvin : Ne sois pas impatient mon fils, laissons-le donc nous divulguer son plan. Mais dis-moi courageux inconnu, qui es-tu ?
-Lancelot : Je suis Lancelot, fils du Roi Ban de Benoic.
-Alvin : Ah ! C'est donc toi Lancelot, le Chevalier déchu ! Celui qui a trahi Arthur et qui lui a volé sa femme. Tu sais que tu es devenu une légende par ici, on te disait même mort.
-Lancelot : Je suis bien vivant au contraire, et prêt à me venger du Roi. Je veux le tuer et lui reprendre sa femme, ceci fait, je partirai avec elle et je vous laisserai à la tête du Royaume.
-Alvin : Tu commences à m'intéresser, entre dans mon humble demeure et assieds-toi à la table, elle n'est pas ronde, cela te pose t-il un problème Messire ?
Lancelot le fusilla du regard, ne goutant guère la plaisanterie.
-Aucune, répondit-il froidement.
Il suivit l'homme à l'intérieur de sa tente. Au milieu trônait une vieille table bien abimée par le temps. Deux tabourets de bois en constituaient les chaises. Dans un coin, il distingua une couchette constituée d'un amas de couvertures et autres tissus. Un mobilier bien modeste en effet, mais qui lui conviendrait très bien pour le moment. Lancelot s'assit et posa son regard sur son interlocuteur. Celui-ci lui fit signe de parler:
-Tu dis avoir un plan pour rentrer dans le château.
Lancelot hocha la tête.
-J'ai dirigé la garde du château pendant vingt ans, j'en connais les moindres recoins, il n'a aucun secret pour moi. Et c'est pourquoi je peux t'assurer que les soldats sont des abrutis: en se déguisant, et en jouant parfaitement notre rôle, on passera sans problème sous leur nez.
-La garde a été renforcée, rétorqua Alvin. Ils ont beau être idiots, ils sont devenus très méfiants. Et après? Comment faire pour arriver jusqu'aux appartements du roi?
-Ne t'en fais pas, je vous guiderai. Mon idée est simple: attendons qu'il y ait une fête, et déguisons-nous en troubadours. On nous laissera rentrer sans soupçon: tout le monde sait à quel point Arthur et ses chevaliers aiment la musique.
L'ex-chevalier prononça cette phrase avec une légère amertume dans la voix.
-Personne ne fera attention à nous. Il ne nous restera plus qu'à nous faufiler à travers les couloirs jusqu'à la chambre royale: Guenièvre y sera certainement, en train de se préparer.
-Et le roi?
-Nous attendrons qu'il vienne la chercher. Il ne la quitte plus d'une semelle à présent, ironisa son ancien ami. Il faudra seulement faire attention à ne pas croiser de chevaliers, ne prenons pas le risque qu'ils me reconnaissent. Surtout Léodagan: c'est le pire. Ensuite, nous repartirons par les douves.
- Que ferons-nous du corps?, l'interrogea le bandit.
-On le cachera sous des couvertures. Nous n'aurons pas beaucoup de temps avant que l'on ne s'inquiète de son retard, il faudra être rapide et discret.
-Rapide et discret, répéta Alvin. Ouaip... ça va pas être de la tarte. Parce que mes camarades ne sont pas tous des lumières, je te préviens. Il faut que l'on trouve des costumes, et qu'on se débrouille pour savoir quand une fête aura lieu. Mais avant tout çà, il faut que je te présente officiellement à la troupe. Suis-moi!
Ils se levèrent et se dirigèrent vers la clairière.
-Camarades!, harangua Alvin. Notre nouvel ami n'est pas un menteur, ni un fanfaron. Il va nous conduire jusqu'à la richesse! Accueillez-le comme il se doit!
Des cris de joie saluèrent ces phrases. Lancelot sourit; son esprit partit quelques instants, et tandis qu'il suivait les bandits, il imagina en silence Guenièvre. Bientôt, il la retrouverait.
Chapitre 5:
Tandis que les brigands s’éloignaient, le cœur rempli d’espérance de richesse, Alvin se tourna vers Lancelot et lui dit:
«Viens, je vais te montrer où tu dormiras. Je te préviens, rien à voir avec la douceur de Camelot.
- Franchement, après avoir dormi des mois dans la forêt, je crois que ce sera du luxe pour moi.",répondit un brin amer l’ex-chevalier.
Ils se dirigèrent vers une petite tente marron. Poussant le tissu qui en fermait l’entrée, les deux hommes pénétrèrent dans l’antre du nouvel arrivant. Deux petites couchettes de paille, quelques pauvres couvertures abîmées posées à la va-vite dessus.. Rien de très glorieux en effet. Mais Lancelot ne vit que le feu dans le foyer de pierres au centre: sa douce chaleur le réchauffa instantanément, lui qui avait passé les derniers jours dans l’humidité de la forêt. Il ferma les yeux, et laissa la chaleur des flammes pénétrer dans son corps.
«Ce sera parfait», murmura-t-il, et pour la première fois depuis longtemps, un fin sourire apparut sur ses lèvres.
«Une dernière chose, messire: nous sommes d'accord pour ne pas mettre au courant mes hommes de la totalité de ton plan? Je suis pas certain qu'ils nous suivraient sinon.."
Lancelot hocha la tête, comprenant à quoi Alvin pensait: il était hors de question que la bande connaisse leur objectif final. Pour tous, il s'agirait de voler le château, rien d'autre.
Resté seul, le chevalier posa sa lourde besace à terre. Il chercha du regard un endroit où dormir, et opta pour un petit espace près du feu.
«Qu'est-ce qu’vous faites là?», lui demanda soudain quelqu'un.
Lancelot se figea. Cette voix.. Non, c’était impossible! Se retournant, il fixa l’homme qui venait d'entrer. De longs cheveux gris sales, empestés d’une odeur de boue, une moustache frémissante, un regard tout le temps révolté, surtout contre les nobles..
«Guéthenoc?! »
Le paysan s’avança vers lui, le fixant avec surprise. Lancelot vacilla: la présence de cet homme faisait remonter en lui des souvenirs douloureux d’une autre époque, un temps où Arthur et lui étaient toujours amis, et où ils ne cherchaient pas à s'entretuer mutuellement.
«Qu'est-ce qu’vous fait’ici?», répéta Guethenoc.
L’ancien conseiller du roi se secoua, tentant de se reprendre.
«Je peux vous poser la même question! Depuis quand faites-vous partie de cette bande?!
- Oh bah, vous savez, Roparzh et moi, on en a eu assez d’notre vie d’paysans, lui répondit l’autre en grimaçant. Ça devenait d’plus en plus dur, avec toutes les taxes, les guerres, tout ça.. Ça faisait longtemps qu'on avait envie d’abandonner, alors, quand on a entendu parler d’la bande à Alv’, on a pas trop hésité, on l’a rejoint, ‘voyez c’que j’veux dire?»
Lancelot secoua la tête, éberlué.
«J’ai du mal à y croire.. Vous avez abandonné votre terre si chérie, vous qui disiez être ‘’l’exemple même du paysan breton‘’?», ironisa-t-il en le citant.
Guethenoc secoua les épaules.
«Vous m’avez toujours pas répondu, messire. Qu’est’ vous faites dans notre tente?
- Votre tente?!»
Oh non c’était pas vrai, il allait pas devoir vivre avec ces deux abrutis!
«Alvin m’a dit que je dormirai ici. Il semble qu'il va nous falloir cohabiter.»
Les deux hommes se fixèrent avec froideur. Il était évident que cette idée ne les enthousiasmait ni l’un ni l’autre. Lancelot imagina la vie avec Guethenoc et Roparzh: les ronflements, les odeurs, la.. puanteur continue.. Oh mon dieu le pain.. Il sentit une brusque envie de vomir monter en lui. Il fallait qu'il sorte respirer de l’air frais.
«Mes camarades ne sont pas tous des lumières, je te préviens»
La phrase d’Alvin résonna soudain en lui. S’il avait su.. Non, jamais il n’aurait pu deviner qu'il parlait du duo de paysans le plus insupportable qu'il ait jamais connu.
«ça va pas être de la tarte», pensa-t-il en grimaçant.
Chapitre 6:
Dans les jours qui suivirent, ce fut l’effervescence au camp. La perspective de richesses semblait donner des ailes aux brigands. Tandis qu’Alvin mettait en alerte tous ses informateurs, Lancelot de son coté s’attela à une tache difficile mais néanmoins nécessaire: transformer ce ramassis de crapules en d’honnêtes troubadours. Du moins, leur en donner l’apparence. Et c’était loin d’être facile! Il lui avait d’abord fallu les choisir parmi toute la troupe, ce qui lui avait pris une dizaine de jours; ce n’était pas les candidats qui manquaient -presque tous s’étaient portés volontaires- le problème était plutôt que peu avaient l’air vraisemblable, notamment à cause de légers détails comme des cicatrices barrant le visage. Au final, il en choisit trois, auxquels venaient s’ajouter Alvin, son fils et lui, portant leur nombre à six.
Le second problème concernait les vêtements: où trouver des habits de troubadours? Lorsque l’ancien chevalier évoqua cette question avec le chef des bandits, celui-ci se contenta d’esquisser un sourire narquois, avant de juste lui répondre: « Rappelle-toi qui nous sommes ». Ah ça, il ne risquait pas de l’oublier… Il lui avait fallu un certain temps pour s’adapter à cette vie et ces gens, si éloignés de tout ce qu'il avait pu connaître jusqu’à présent. Ce n’était pas tellement le fait d’être en forêt, non, il y vivait depuis bientôt un an et demi, il avait largement eu le temps de s’y faire. C’était les jurons, la familiarité, l’absence de hiérarchie, excepté Alvin. Tout cela le déconcertait, et rendait son intégration difficile, d’autant plus que beaucoup des brigands l’évitaient: comme tout le monde, ils avaient entendu parler de ses visions d’un mystérieux inconnu habillé tout de noir. Lancelot devinait à leurs regards qu'ils avaient peur de lui. Et ce n’était pas ses fréquentes absences qui les feraient changer d’avis..
C’est à l’occasion d’une de ces noires réflexions, alors qu'il était assis près du feu situé au milieu du camp, que Guethenoc vint le rejoindre.
«J’vous dérange point?»
Lancelot secoua la tête. Guethenoc étendit ses pieds, poussant un grognement de satisfaction.
«Damnée patrouille, ça vous’plose les pieds!»
Après quelques instants de silence, il demanda:
«Pou’quoi vous faites tout ça?»
Son interlocuteur leva la tête vers lui, surpris:
«Pardon?
- V’nir voir des brigands pou’ tr’vailler avec eux. Me dites pas qu’c’est pour l’or. A d’autres, mais pas à moi, j’vous connais trop bien pour ça».
Ils échangèrent un sourire ironique.
«Y a aut’ chose, hein?»
Lancelot ne répondit pas immédiatement: il était ébahi devant l’intelligence du paysan qu'il avait toujours considéré comme un benêt et un casse-pieds insupportable. Celui-ci avait pourtant tout de suite compris que l’ancien ami d’Arthur ne leur avait pas tout dit. Il sentit son regard aigu le transpercer, cherchant à deviner ce qu’il lui cachait. Aussi hocha-t-il la tête.
«Quoi?» demanda Guethenoc.
Le regard de l’homme s’assombrit soudain.
«La vengeance», répondit-il simplement.
Le paysan n’eut pas le temps de le questionner davantage, car un homme sortit soudain des bois, courant vers eux. Chacun saisit ses armes, avant de les baisser en reconnaissant un des espions envoyés à Kaamelott.
«Alvin.. Où est le chef?», demanda-t-il, essoufflé de sa course à travers la forêt.
Lancelot s’avança vers lui.
«Il est absent. Que se passe-t-il?
- Le roi.. Le roi va donner une fête dans deux semaines. Ils ont commencé les préparatifs.»
Des exclamations de joie explosèrent dans la foule. Enfin! Un grand sourire illumina le visage du chevalier.
«A boire pour tous!», s’exclama-t-il. «C’est moi qui paye! »
Une clameur monta du groupe. Bientôt, ils pourraient se payer autant de tournées qu'ils le voudraient!
Chapitre 7
Dans le château de Kaamelott, les riverains ainsi que les préposés aux préparatifs de la fête s’attelaient à tout mettre en place afin que les festivités soient parfaites. Depuis qu’Arthur était allé dans la forêt pour réduire le camp de Lancelot en miette et récupérer par la même occasion son épouse Guenièvre, le château n’avait pas organisé de nouvelles fêtes. C’est pourquoi, lors d’une réunion avec quelques-uns de ses hommes, Arthur en était arrivé à proposer une nouvelle fête. Ce ne serait certainement pas pour fêter sa victoire contre Lancelot ou le retour de Guenièvre au château. Il y avait des choses bien plus importantes à fêter que ceci. Mais le roi avait légèrement changé son comportement envers la reine faisant notamment attention à ce qu’elle soit très rarement seule. Lancelot était seulement supposé être mort. Mais tant qu’il ne verrait pas la dépouille de son corps, lui considèrerait qu’il était toujours en vie. Pour se faire, il avait redoublé la vigilance du château dans le but de déjouer un éventuel plan machiavélique de son ennemi. Dur était de croire qu’ils avaient été de bons amis pendant quelques temps. Mais les choses avaient changé depuis et il devait à présent être très prudent.
Dans les appartements des souverains, Arthur terminait d’enfiler sa tenue, ainsi que la cape emblématique de son règne sur Kaamelott. Lorsqu’il se tourna, il vit que sa « chère » épouse était toujours assise avec l’une de ses servantes en train de la coiffer pour l’occasion. Mais elle affichait une mine triste sur son visage et Arthur roula des yeux avant de prendre la parole.
-« Je peux savoir pourquoi vous êtes en train de faire la gueule, là ? » Demanda-t-il l’air las.
-« Je ne fais pas la gueule comme vous dites ! » Répondit-elle sans même le regarder.
-« Si… Excusez-moi mais vous êtes en train de faire la gueule ! » Reprit le roi « Alors qu’est-ce qu’il y a ? »
-« Il y a que je vous ai demandé de me laisser m’occuper de quelque chose pour la fête et qu’au final, je n’ai rien fait du tout ! » Déclara-t-elle en se tournant vers lui alors que la coiffeuse tentait de suivre le rythme pour fignoler correctement la coiffure.
-« Il y a des gens qui sont payés pour cela… » Gronda le roi « Vous pouviez parfaitement vous occuper d’autres choses… »
-« Et de quoi donc je vous prie ? » Demanda la jeune femme en le toisant du regard attendant ainsi des réponses.
-« Ben ce que vous faites d’habitude quoi !!! » Lança Arthur alors qu’il n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle faisait habituellement car il ne s’y intéressait pas du tout.
-« Vous n’le savez même pas ! » Déclara la reine l’air déçue « Parfois, je me demande ce que je fais ici et pourquoi vous avez décidé de me reprendre en reine… »
-« Vous pouvez parfaitement retourner dans la forêt si cela vous manque… Je n’vous retiens pas ici ! » Répondit le roi « Maintenant, comme vous me gonflez déjà, je vais aller voir où en sont les préparatifs de la fête pendant que vous terminez de vous préparer. »
-« Dans combien de temps dois-je vous rejoindre ? » Questionna Guenièvre en reprenant une position normale devant le miroir alors que la servante terminait la coiffure en y ajoutant la douce couronne royale.
-« Je viendrais vous chercher dans une vingtaine de minutes. Soyez prête d’ici là ! » Déclara Arthur en se dirigeant vers la porte de la chambre.
La jeune femme ne répondit pas et se laissa faire alors que la servante revint vers elle en tenant une des plus jolies robes de la couronne. Le roi s’arrêta sur le pas de la porte et se tourna une dernière fois en direction de Guenièvre pour l’observer. Elle était jolie… dommage qu’elle n’était pas très futée. Il secoua doucement la tête pour se reprendre et quitta la pièce en refermant la porte derrière lui…
Quelques instants plus tard, Guenièvre enfila la robe après avoir pris un bon bain et changé de sous-vêtements de l’époque. La servante l’aida à mettre les attaches de la robe dans son dos lorsqu’elles entendirent du bruit provenir de la porte d’entrée. Pensant qu’Arthur arrivait pour la conduire à la fête, elle lâcha la miroir qu’elle tenait entre ses mains en se levant et faisant quelques pas en arrière, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine… Comment était-il entré dans le château ?
La jeune reine fixait son ancien amant, qui pénétra dans la pièce, suivi d’Alvin et du reste du groupe. Les pensées s’entrechoquaient dans l’esprit de la jeune femme, qui sentit la panique s’emparer d’elle: mon dieu, qui étaient ces hommes? Comment avaient-ils réussi à pénétrer dans le château? Et surtout, où étaient les gardes sensés la protéger ?! Lancelot lui sourit doucement et s’avança vers elle, la faisant reculer. Il s’arrêta, surpris de sa réaction; pensant qu’elle était effrayée par ses ’amis’, il leur fit signe d’attendre près de la porte. Mais les deux femmes semblaient toujours terrifiées: l’ancien membre de la Table ronde s’avança vers elles pour leur en demander la raison. Ce fut à cet instant qu’il vit son reflet dans le miroir lâché quelques secondes plus tôt sur la table par Guenièvre: un visage prématurément vieilli, sillonné de rides et marqué par la haine. Des yeux noirs, enfoncés dans leurs orbites, qui le fusillèrent du regard. Et surtout, une longue barbe crasseuse. Il eut un choc en se voyant: cela faisait bien longtemps qu’il n’accordait plus d’importance à son apparence, mais tout de même, c’était horrible de se voir ainsi.. Lui qui avait été si beau autrefois, et qui avait même la réputation d’être un des hommes les plus splendides du royaume.. Quelle déchéance. Encore une chose qui lui faisait haïr Arthur: c’était sa faute s’il était devenu ainsi. S’il avait su être digne de la prophétie, lui n’aurait pas eu à partir de Kaamelott et à fonder son propre camp.
Accéder à la chambre n’avait pas été chose facile. Il leur avait d’abord fallu se présenter à la porte du château, déguisés en ménestrels avec les habits et instruments volés à une troupe venue pour la fête. Comme prévu, personne n’avait fait cas d’eux: qui se méfierait de troubadours? Après être rentrés dans la cour, ils s’étaient dirigés vers une petite porte, guidés par Lancelot. Sa connaissance parfaite du château leur avait permis d’éviter les patrouilles; bon, il leur avait quand même fallu assommer les gardes qui veillaient sur la chambre royale. Pour cette tache, qui demandait discrétion et rapidité, il avait laissé faire les bandits. Il ne leur avait alors resté qu’à pousser la porte de la chambre.. Et à présent, il était devant elle: malgré sa peur, son visage resplendissait de beauté. Sa robe rouge de taffetas mettait en valeur la courbe de son corps, effet accentué par la ceinture de perles qu’elle portait. Une tenue magnifique.. Mais mise en l’honneur d’Arthur. Une rage soudaine le saisit, il s’avança brusquement et la saisit par le poignet; Guenièvre voulut hurler, mais son cri se perdit dans sa gorge, car Lancelot, qui avait deviné son intention, plaqua une main sur sa bouche, tandis qu’Alvin faisait de même avec la chambrière, la bâillonnant et ligotant.
«Vous ferez vos retrouvailles plus tard, il faut partir là! On n’a déjà pas beaucoup de temps.»
Le chef des crapules se tourna vers ses hommes, occupés à remplir leurs sacs de tous les objets précieux se trouvant dans la pièce:
«ça ira comme ça. On a déjà assez pour vivre comme des rois tout le reste de notre vie!»
Ils échangèrent un rire gras. Lancelot retint une grimace, écœuré par leur cupidité.
«Nous parlerons plus tard, mon aimée, il faut partir à présent», murmura-t-il à la reine.
*********
Arthur se dirigeait vers la chambre de sa femme. Il avait décidé de revenir un peu plus tôt pour s’excuser: il avait été un peu dur avec elle tout à l’heure. Après tout, ce n’était pas la faute de la jeune femme s’il n’était pas amoureux d’elle.. Le roi savait tous les efforts qu’elle faisait depuis des années pour lui plaire et attirer son attention. Ce n’était pas faute d’avoir essayé, pensa-t-il avec une once de culpabilité. Bon elle n’était pas très douée, il fallait bien le reconnaitre. Un souvenir lui revint à l’esprit: des années auparavant, voulant lui faire une surprise, elle avait fait venir un ménestrel. Un massacre: lui et Léodagan avaient failli l’écharper ! Il sourit: elle avait beau ne pas être très maligne, elle n’en restait pas moins attachante par sa naïveté et sa gentillesse. Il se promit de faire un effort à l’avenir.
Arthur se remémora alors un échange qu’il avait eu autrefois avec son beau-père:
«J'm'y suis fait. Ca a pris assez de temps comme ça, j'commence à peine à supporter sa présence, 'scuzez moi beau-père...
- Ah mais moi j'vous admire, moi j'ai jamais pu.»
Il eut un rire léger: cet échange avec le père de sa femme résumait bien les choses.
Tournant à l’angle du couloir, le roi buta contre quelque chose qui manqua de lui faire perdre l’équilibre. Poussant un juron, il se rattrapa de peu, et baissa les yeux pour voir.. un garde assommé. Arthur blêmit: regardant autour de lui, il se rendit compte qu’il y avait d’autres soldats à terre, eux aussi évanouis. Les hommes sensés protéger sa femme. Sa femme désormais seule. Un terrible pressentiment le saisit; il se mit à courir vers la chambre de Guenièvre en hurlant à l’aide.
Au détour d’un tournant, il aperçut la reine, emmenée par des ménestrels qu’il n’avait jamais vus.
«Guenièvre !!!!», cria-t-il en sortant Excalibur de son fourreau.
Les inconnus se retournèrent; il eut un choc en reconnaissant parmi eux Lancelot. Si c’était bien lui.. On aurait dit un fou. L’homme lui lança un regard haineux et poussa la femme du roi en avant.
«Occupez-vous de lui!»
Même si elle avait un peu changée à cause du séjour en forêt, Arthur reconnut immédiatement la voix de son ancien meilleur ami. Avant qu’il ait pu faire quoi que ce soit, le fils d’Alvin sortit un poignard, jusqu’alors dissimulé sous sa cape, et visa le roi, qui eut juste le temps de plonger pour l’éviter. Quand il releva la tête, ce fut pour voir son agresseur en train de s’enfuir.
«Guenièvre! Guenièvre!!!!!!!!!!!!»
Mais c’était trop tard, déjà, les hommes s’enfuyaient par l'un des multiples passages secrets du château, guidé par le chevalier félon. Arthur se lança à leur poursuite, beuglant comme un fou à l’aide, mais ce fut en vain. Le temps que Léodagan et les autres chevaliers, attirés par ses cris, arrivent, il était trop tard. Ils ne purent que constater l’état des lieux..
«Sire ?!», l’appela Bohort.
S’avançant dans le couloir, le chevalier le découvrit un peu plus loin, à genoux, prostré, tenant dans sa main un morceau du châle de la reine qui l’avait perdu en courant.
Chapitre 9
Arthur se trouvait toujours dans la même position, ses doigts serrant ce morceau de tissu qui appartenait à son épouse. Son regard était perdu au loin alors qu’il semblait réfléchir à la meilleure solution pour la retrouver le plus rapidement possible. Le regard de Lancelot lui avait glacé le sang. Il n’était plus le même. Ses semaines, voir ses mois passés dans les bois à tenter de survivre seul l’avaient rendus complètement fou. Dieu seul était capable de savoir quel sort il allait réserver à la Reine. Certes, il était amoureux d’elle… en tout cas, il l’avait été fut un moment. Mais le fait qu’elle revienne auprès de lui la mettait peut-être en danger entre ses griffes.
-« Sir ! » Réitéra Bohort alors que le silence de son roi l’inquiétait au plus haut point.
-« Il l’a enlevée ! » Murmura le roi, encore sous le cou de la surprise.
-« Pardon Sir ! » Lança Bohort en fronçant les sourcils « Je n’ai pas bien compris ce que vous venez de dire… »
-« Allons ! Vous allez vous lever et nous dire ce qu’il se passe bon sang ! » Gronda Léodagan dont sa patience légendaire se montrait au grand jour.
-« Il l’a enlevée. » Répéta Arthur toujours dans la même position alors que ses trois tremblaient de rage sur ce tissu qu’il serait toujours un peu plus fort.
-« Mais de quoi parlez-vous ? » Questionna Bohort en s’approchant doucement d’Arthur sans pour autant le toucher.
-« Guenièvre ! » Déclara subitement Arthur alors qu’il se redressait.
-« Guenièvre ??? Ma sœur ??? » Questionna subitement Yvain.
-« Vous en connaissez beaucoup vous des Guenièvre dans la région ? » Cracha Léodagan en donnant une bouffe dans l’estomac de son fils, puis se tournant vers Arthur « Par qui ? Pourquoi n’avez-vous rien fait ? »
-« J’ai essayé mais ils étaient trop nombreux… » Gronda Arthur en se tournant vers son beau-père pour le toiser du regard « J’ai appelé de l’aide mais si en même vous aviez rappliqué vos fesses plus vite, peut-être que nous aurions pu empêcher ce Lancelot de prendre ma femme. »
-« Elle est avant tout ma fille ! » Rétorqua Léodagan en fusillant Arthur du regard.
-« Et c’est ma sœur ! » Crut bon d’intervenir Yvain.
-« Mais elle est avant tout la reine de Bretagne et par conséquent, ma femme… » Gronda Arthur « Donc plutôt que de tergiverser cent sept ans ainsi, je vais aller chercher mes armes et parcourir jours et nuits les forêts de Kaamelott dans le but de ramener Guenièvre au château. »
-« Je vous accompagne ! » Lança Léodagan en rebroussant chemin de sorte à le suivre dans les couloirs de l’édifice.
-« J’ai jamais dit que je voulais que vous veniez avec moi beau-père ! » Déclara le roi en roulant des yeux.
-« Je n’vous ai pas demandé la permission non plus. » Rétorqua le roi de Carmélide.
-« Et nous venons aussi ! » Dit Yvain sûr de lui alors qu’il souriait de son audace.
-« Comment ça nous ? » Demanda Arthur en se tournant vers lui.
-« Oui, comme ça nous ? » Questionna Gauvain alors qu’il se trouvait à ses côtés.
-« Gauvain et moi vous accompagnons ! » Déclara le jeune femme « Nous ne serons pas trop de quatre pour retrouver ma sœur et la sortir des mains de ce Lancelot. »
-« J’ai pas besoin de vous ! Je me débrouillerai parfaitement tout seul ! » Lança Arthur en roulant des yeux et se préparant dans ses appartements « Vous devriez aller prévenir votre femme que votre fille a été enlevée… »
-« Et puis quoi encore ! Elle l’apprendra bien par les rumeurs qui circulent très vite dans ce château ! » Lança Léodagan « Non, non. Soit, je vais lui dire et elle rapplique en plus de nous trois. Soit, il n’y aura que nous trois. »
Arthur soupira et se redressa alors qu’il regarda les trois hommes qui se trouvaient devant lui, semblant attendre sa répondre.
-« D’accord ! » Lâcha Arthur à contre cœur « Mais grouillez-vous de vous préparer où je pars sans vous. »
Les trois hommes sortirent de la pièce en courant manquant par la même occasion de se rentrer dedans.
Ils se retrouvèrent quelques instants plus tard à la porte arrière du château, afin de quitter les lieux dans le plus grand silence…