HypnoFanfics

Interdit aux moins de 16 ans

Le baptème de Perceval

Série : Kaamelott
Création : 14.05.2013 à 20h29
Auteur : choup37 
Statut : Terminée

« Et si la magie était à l'origine du baptème de Perceval ? (entre le 498 et 499) » choup37 

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Chapitre 5 – « Pectus Est Quod Dissertum facit » (1)

 

En Orcanie

Perceval fit claquer sa langue contre son palais. P'tain, dégueu. Il avait une haleine de fennec ce matin ! Faudrait qu'il dise au tavernier d'y aller mollo sur le pinard grec. Il était chargé le salaud ! Tout ça, c'était encore la faute à Karadoc, y z'avaient dit qu'ils se limitaient à trois soirs de beuveries par semaine, et là, ça devait bien faire quatre. Ou cinq. Faudrait qu'il vérifie. Maintenant qu'il avait un abaque, il pou -

« L'abaque, l'enchanteresse ! SIRE ! Cria Perceval en se relevant comme un diable sorti de sa boite … et en dégringolant d'un bon mètre de haut.

L'atterrissage fut violent.

N'ayant pas anticipé la chute, la réception laissa largement à désirer et Perceval entendit clairement un petit crac lorsque son poignet entra en contact avec le sol. Il ne fit aucun effort pour retenir son cri de douleur.

- Oula, désolée, désolée, fit une petite voix pas loin de lui. Non, mais aussi, j'pouvais pas vous installer par terre. Ça fait pas très digne. Le dolmen, ça résiste à tout, c'est ça qu'est bien. Bon, évidemment vu que ça date un peu, celui-ci était enfoui à un bon niveau sous la terre quand je l'ai fait ressortir ce qui fait que vous aussi vous en êtes couvert maintenant.

Perceval était replié sur lui-même en position fœtale, essayant de contrôler sa respiration. Il avait malmalmalmalmal

- Heu, vous m'écoutez là ? Coucou !

Il sursauta et ouvrit les yeux. Un visage se trouvait à quelques centimètres du sien. Celui d'une gamine avec de longues tresses rousses et des yeux verts. Elle était allongée sur l'estomac, menton entre les mains l'observant, un petit sourire aux lèvres.

- Vous n'êtes pas tout à fait ce que j'attendais, dit-elle, les yeux pétillants de malice.

- Qu … quoi ? Réussit à articuler Perceval, dents serrées.

- Vous. Vous êtes différent de ce à quoi je m'attendais. Mais ça joue plutôt en votre faveur parce que j'aime bien les surprises. Oh, et vous devriez me remercier.

- Vous remercier ? Répéta Perceval dont le cerveau ne parvenait pas à reconnecter, la douleur étant le seul message que ce dernier interprétait.

- Oui, pour votre médaillon. Elle désigna la poitrine de Perceval du menton. Je vous l'ai rendu.

Perceval fronça les sourcils un moment puis ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il comprit qui était en face de lui :

- Vous … vous êtes la …

- Si vous dites « la vieille », je vous remets sur la table du dolmen et je vous refais tomber, dit la gamine un large sourire aux lèvres. Sinon, j'attends toujours que vous me disiez merci.

La main valide de Perceval se referma sur son médaillon.

- Merci, murmura t-il.

- De rien ! Chantonna la gamine.

Quelque chose au plus profond de Perceval était soulagée d'avoir récupéré le médaillon. C'était con parce que pendant tout le trajet de retour du marché, c'était à ça qu'il avait pensé. Enfin, avant l'arrivée des -

- Hippogriffes ! S'alarma Perceval, jetant des regards effrayés tout autour de lui.

- Oh, ne vous inquiétez pas, ils sont retournés dormir. Bon, maintenant, il faudrait vous lever parce que les autres ne vont pas tarder à arriver.

- Les autres ?

Lentement, la gamine aida Perceval à se relever. Elle l'adossa au dolmen et l'épousseta. Il était en effet couvert de terre et d'herbe.

- Pourquoi est-ce que je suis en liquette ? Demanda-t-il en découvrant qu'il ne portait plus pour vêtement qu'une longue chemise en lin blanc.

- Ça, c'est pour le rituel répondit la gamine. Le blanc, ça rappelle la pureté. Rien que des conneries si vous voulez mon avis mais bon … Et arrêtez de penser à moi comme à « la gamine », c'est franchement pas mieux que « la vieille ». Vous pouvez m'appeler par mon petit nom, Maeve.

- Maeve …

- C'est ça, Maeve. Bon, voyons voir si vous êtes présentable. Humoui, bah, ça f'ra l'affaire de toute manière, vous ne devriez pas rester conscient très longtemps alors ça ne fait pas franchement de différence.

Une lumière blanche obligea Perceval à fermer les yeux, lorsqu'il les rouvrit, il était de nouveau allongé sur le plateau du Dolmen.

- Ouais, faut dire que c'est vraiment haut c'te saloperie fit la voix de Maeve en contrebas. J'crois que j'ai la réponse à ce petit problème.

Un autre éclair de lumière et Perceval se retrouva ligoté sur la pierre à l'aide de racines.

- Toujours utiliser la nature pour ce qu'elle a à vous offrir, dit Maeve. En, plus c'est des racines de chêne, du solide, je vous souhaite bien du courage pour essayer de vous en débarrasser. Au moins maintenant, vous risquez plus d'aller à dames.

Maeve vint s'asseoir à côté de Perceval, laissant ses jambes se balancer dans le vide.

- Bon, où est-ce que j'en étais, ah oui, le rituel. Ces cons, là, ils veulent que je vous fasse souffrir avant de vous tuer et après, ils renvoient c'qui reste à Arthur. Manque total d'imagination, c'est désespérant. Mais … maiiiiiiiiiiiiiiiiis, ils ne savent pas que Méléagant est dans l'coup. Ce qui est normal puisqu'il fait toujours ses coups en douce. Sabordage des âmes qu'il appelle ça, manipulation perverse plutôt oui, et moi j'aime pas ça, voilà tout. Ca me donne envie de gerber. Une bonne malédiction, un enchantement, c'est une chose mais jouer comme ça avec les âmes des mortels, tututututu, non monsieur, pas mon truc. Et donc, j'ai décidé de lui jouer un petit tour à mon façon … parce qu'en plus, vous êtes spécial vous, vous le savez ça, hein ? Ouais, vu vot' tronche, vous savez pas grand-chose. Bah, c'est pas grave. Je vais vous donner un petit coup de pouce vers votre destinée. Ca sonne bien, hein ? Comme ça, quand viendra l'heure, vous serez prêt. A qui on dit merci, à bibi !

Maeve se baissa vers Perceval et déposa un baiser sonore sur son front avant de sauter à terre. Elle claqua dans ses mains.

- Bon, allez, quand il faut il faut. Les autres cons arrivent pour assister au spectacle. J'dirais à tout casser qu'on a quatre nuits, cinq grand max, devant nous avant que la cavalerie n'arrive …ou bien est-ce la chevalerie ? Héhéhéhé, humour !

Perceval, sous le choc, la fixait sans rien dire.

- Ouais, je vous l'accorde, c'était pas terrible comme jeu de mots. Bon, je vous explique, la première fois, ça fait un mal de chien mais après, on développe, comment dirais-je, une certaine accoutumance à la douleur, ouais c'est ça, on s'habitue. De toute manière, n'hésitez pas à hurler, c'est bon pour le côté dramatique, vous voyez, faut que ça fasse festif ! »

 

***

Perceval suivit les conseils de Maeve. Il hurla à s'en péter les cordes vocales.

 

***

Après les deux premières nuits, Perceval pouvait affirmer que non, on ne s'habituait pas à la douleur. La troisième le confirma officiellement.

 

*****

(1) « C'est l'âme qui fait l'éloquence » Quint., X, VII, 15. Ce précepte de Quintilien se traduit aussi de la manière suivante : « les grandes pensées viennent du cœur ». Vous pouvez être l'orateur le plus habile de l'assemblée mais si votre cœur ne reflète pas vos paroles, celles-ci restent vaines et creuses. Ce qui élève et enflamme l'imagination, c'est le pouvoir d'une belle âme et non les mots que l'on prononce. Je trouve que cette locution latine correspond parfaitement à la version de Perceval dépeinte par Alexandre Astier. Pas doué pour les mots mais avec un cœur gros comme ça !


choup37  (29.11.2013 à 11:55)

A Kaamelott

 

Venec, mains dans les poches et yeux en l'air, sifflotait. Non vraiment, Kaamelott ça avait de la gueule quand même ! En revanche, c'était pas très meublé. Il n'avait pu fouiller que trois buffets et un large vaisselier. Y faudrait qu'il propose deux ou trois trucs au Roi. Justement, il avait de la jolie marchandise en provenance de Syracuse et -

Toc ! Toc ! Toc !

«Sire ! Sire ! Allez, ouvrez-moi !

- Hey, seigneur Karadoc, bien le bonjour !

Le chevalier se tourna vers Venec. Il tenait un immense plateau chargé de victuailles et notamment un petit poêlon dont s'échappait un fumet qui chatouillait délicatement les narines.

- Je sais plus quoi faire, soupira Karadoc. Ça fait trois jours qu'il est enfermé là-dedans et là, regardez, je lui ai fait ce qu'il préfère, une poularde aux noix mais je suis sûr que ce soir, je devrais donner les restes aux chiens.

Venec fronça les sourcils.

- Quoi ? Vous voulez dire qu'il mange pas ?

- Bah non. Enfin, si on peut appeler bouffer une pomme et avaler un pichet de lait de chèvre s'alimenter. Nan, franchement, y va tomber malade s'il continue comme ça et qui va aller chercher Perceval, hein qui !?

- Ah, je vois. Toujours aucune nouvelle.

Karadoc secoua la tête.

- Nan, des conneries. Le seigneur Bohort a identifié le blason de ce type-là, celui qu'est en Orcanie. Calogrenant a envoyé un dessin par pigeon. Bohort il le connaît parce que c'est le type qu'a tué son père ou le père de Lancelot, le père de quelqu'un en tous cas, je sais plus et puis on s'en fout, ce qui compte c'est Perceval et sans Arthur, il est foutu !

Il se remit à tambouriner à la porte.

- Allez, sire, ouvrez-moi !

Venec réfléchit un moment puis tendit les mains vers Karadoc.

- Tenez, donnez-moi ça, je vais voir ce que je peux faire.

Karadoc hésita un moment mais finit par donner son plateau à Venec.

- J'lui ai mis un peu de karotte en accompagnement, c'est super bon.

- Karotte ? C'est quoi ça ? S'enquit Venec.

- C'est un nouveau légume. Moi, j'voulais l'appeler la karadoque mais Perceval il a dit comme ça, que comme ça faisait bien roter ct'engin, ce s'rait bien aussi de prévenir les gens alors ça faisait « Kara » pour mon nom quoi, et « rote » mais bon, c'était un peu bizarre à dire alors on a opté pour « karotte ». Moi ça m'fait pas roter mais comme lui il a du mal avec ça, c'est comme un hommage quoi. Perceval apprécierait.

- Okayyyy, bah, j'manquerai pas de raconter ça au Roi, je suis sûr que ça le mettra en bouche, hein ? Allez, je vous débarrasse.

Venec mit la main sur la poignée de la lourde porte en bois.

- Vous frappez pas ?

- Non. J'crois que ça fait déjà un moment que vous le faisiez non ?

- Ben ouais mais quand même …

- Pas de souci. Il se pencha vers Karadoc. Moi, frapper aux portes, c'est pas trop mon truc vous savez, les crocheter en revanche …

Et Venec entra dans la salle du trône.

- Pfiouuuuu, ça fouette ici ! S'exclama-t-il en faisant la grimace.

Venec tâtonna un moment dans la semi obscurité avant de repérer une table. Il y posa le plateau.

- Euh, Sire, c'est moi, c'est Venec. J'vous apporte le casse-dalle. J'dis ça pour que vous m'preniez pas pour un pt'it grinche (14), hein ? Surtout avec votre épée là … un coup, c'est si vite parti.

Il repéra la fenêtre, tira l'épais rideau qui la recouvrait puis il l'ouvrit laissant entrer un peu d'air frais dans la pièce.

Arthur se tenait là sur son trône, immobile, arborant une barbe de trois jours et fixant le mur en face de lui. Sur la table se trouvaient, non loin de celui que Venec venait de poser, trois autres plateaux restés intouchés.

- Venec, si vous voulez pas que votre cul finisse en geôle ce soir, ou pire, vous m'refermez cette putain de fenêtre et vous vous barrez, dit Arthur sèchement. Opiniâtre ou pas, un cafard écrabouillé est un cafard mort.

- Aaaah ouais, ça c'est sûr, Sire. Bon, j'vous ai quand même amené la becquetance, des fois qu'une petite faim vous gagne. Oh, et puis faut que j'vous donne ça.

Venec s'approcha du roi et lui tendit quelque chose enveloppée dans un linge.

- Qu'est-ce que c'est encore que ça ? Vous m'rendez un des trucs que vous m'avez piqué lors de votre précédent passage ?

- Non. C'est à Perceval.

Arthur déballa l'objet sans un mot.

- C'est une fibule, précisa Venec. Votre chevalier l'a oubliée la dernière fois qu'il était avec une de mes euh, relations de travail.

Arthur leva les yeux vers lui.

- Vous voulez dire une de vos filles. Parce que vous les fouillez après chaque client ? Charmant.

- Non, il l'a vraiment oubliée, la pt'ite me l'a rendue pour que je lui redonne.

- Une michetonneuse honnête, une première.

- Non, une fille qui comme presque toutes celles qui ont passé un moment avec Perceval, attend qu'il revienne.

D'un bond, Arthur se leva de son trône et saisit Venec par le col de sa tunique.

- Foutez le camp, Venec, foutez le camp, parce que si je dois encore voir vot' gueule, j'crois que j'pourrais pas m'empêcher d'la fracasser.

Mais Venec soutint son regard.

-Ouais et vous savez pourquoi les gamines elles l'aiment bien votre caïd là ? C'est pas pour ces dons au plumard …

- Venec, je vous préviens …

Arthur leva la main, apparemment bien décidé à frapper l'homme qui se trouvait devant lui.

- … C'est parce que pendant tout le temps qu'il est avec elles, il les touche pas, en tous cas, pas comme ça, il les touche oui mais avec son cœur, ce gros con. Il leur parle. De vous.

La main d'Arthur se figea dans l'air.

- Qu … Quoi ?

Venec se dégagea de l'étreinte du roi et réarrangea sa tunique.

- J'ai fini par leur demander aux p'tites, non parce que le Perceval, il y mettait toujours des plombes et elles ressortaient avec ce petit sourire … On a sa fierté, vous savez, en tant que mâle. J'voulais savoir s'il avait une recette ou un truc comme ça, alors j'ai posé la question. Autant vous dire que j'm'attendais pas à c'te réponse.

Venec prit un des gobelets qui se trouvait sur le plateau et y versa une bonne rasade de vin. Il tendit le gobelet à Arthur qui s'était rassis sur son trône et fixait la fibule dans ses mains. Venec se servit directement à la gargoulette.

- Ouais, c'est un spécial votre chevalier là, dit-il. M'étonnerait pas qu'il en ait jamais touché – j'veux dire touché-touché si vous m'suivez – de filles. Et pourtant, c'est pas toutes des cageots ! J'réserve toujours le meilleur aux gens de Kaamelott.

- Et … et elles vous ont dit de quoi exactement il parlait.

Venec reprit une goulée de vin.

- Ouais, de votre truc là, le Graal, qu'il voulait le trouver pour vous. La dernière, elle était galloise et ils ont parlé dans leur patois. Il lui a dit qu'il était peut-être pas capable de tirer à l'arc comme tous les autres glands, ou de faire des trucs de chevalier, mais que lui au moins, il pouvait dire qu'il savait ce que c'était que d'aimer quelqu'un. Je me demande de qui il parlait en disant ça …

Arthur serra la fibule et soupira.

- Venec …

- Oui, Sire ?

- Vous êtes vraiment un gros saloupiaud.

- A votre service, Sire. »


choup37  (23.01.2014 à 17:34)

Arthur fit le tour de la Table ronde du regard. Toutes les personnes qu'il avait convoquées étaient là : Léodagan, Bohort, Karadoc, Merlin et Elias. Itou pour les personnes non invitées puisque Venec était accoudé à une des meurtrières.
« Bon, maintenant que tout le monde est gentiment installé, je veux des réponses. Et pas dans deux ans ! Cria Arthur.
Bohort s'éclaircit la voix.
- Nous avons identifié le mystérieux visiteur reçu par votre sœur et le roi Loth en Orcanie. Il s'agit … sa voix se troubla un moment, il s'agit de Claudas.
Arthur fronça les sourcils.
- Claudas ? Le Claudas de la Terre Déserte ?
- Lui-même Sire.
- Ah merde, je suis désolé Bohort.
Le Chevalier de Gaunes lui sourit tristement.
- Ne le soyez pas Sire. Nous devons nous concentrer sur ce malheureux Perceval.
- Ouais, répondit Arthur en se tournant vers les enchanteurs. Et donc, est-ce que ça avance ? Est-ce que vous avez trouvé un moyen de repérer l'endroit où se trouve cette putain d'enchanteresse ?
- Bah … non, désolé. Si un sorcier ou une sorcière veut se planquer, il ou elle n'a qu'à utilisé la magie pour le faire. Et comme celle-ci est une Originelle, sa magie est particulièrement puissante, précisa Elias. Elle peut l'utiliser comme un écran de fumée.
Arthur réfléchit un instant.
- Et y'a pas de fumée sans feu … finit-il par dire.
- Sire ?
- Ce que vous venez de dire là, ça me fait penser à ce dicton, « y'a pas de fumée sans feu » : si on voit la fumée, le feu n'est pas loin même si on ne le voit pas.
- Oui, c'est ça c'est tout pareil sauf que là, on voit ni l'un ni l'autre, donc c'est pas du tout la même chose, ironisa Elias.
Merlin claqua des doigts et se leva d'un bon, manquant de faire basculer le siège sur lequel il était assis.
- Mais si ! Une signature. L'abaque, il y avait encore un résidu de magie dessus. La magie laisse toujours des traces … et c'est sur ces dernières que nous devons nous concentrer.
Et avec ça, il se lança comme une flèche hors de la salle.
- Ouais, des éclairs de génie, de ci de là, soupira Elias qui fixait la porte de la salle.
Il se leva, en prenant son temps, et partit rejoindre Merlin dans son laboratoire.
- Bon, bah moi, vous savez déjà ce que je vais vous proposer, annonça Léodagan, et comme je sais déjà ce que vous allez me répondre, y'a p'têtre pas besoin que je développe.
- Si ces deux cons arrivent à trouver autre chose que le bout de leur pif, nous allons avoir besoin d'une équipe, lui répondit juste Arthur.
- Et par « une équipe », vous entendez … « une armée » ? Tenta Léodagan.
Arthur le foudroya du regard.
- Houla, moi ce que j'en dis, répondit Léodagan. C'est juste que là, c'est pas dans un camp de pouilleux qu'on va. L'Orcanie c'est quand même autre chose que les trois acres de forêt de Lancelot. J'pense pas que les coups de jambonneau suffiront.
- Une petite équipe, répéta Arthur, pas plus de dix bonshommes. Triés sur le volet, je vous fais confiance beau-père.
- Me vl'à relégué à faire d'la sélection, maugréa Léodagan. Pourquoi pas sergent instructeur pendant qu'on y est.
- Je viens avec vous, annonça Venec.
Arthur leva les yeux vers Venec qui le fixait, main sur l'épée. Il acquiesça de la tête à sa proposition.
- Moi aussi, finit par lâcher Bohort qui fixait la table devant lui. Claudas est … je sais ce qu'il y a dans le cœur de ce … de ce monstre (1).
Il leva les yeux vers Arthur.
- Je viens avec vous.
- Bien, répondit Arthur, allez-vous préparer, avec un peu de chance les deux autres couillons vont nous trouver quelque chose.
- Moi aussi je viens, dit Karadoc. Perceval et moi, c'est l'hallali à la mort !
L'hallali à la mort ?! Arthur soupira. Il n'eut cependant pas le courage de corriger son chevalier. Les trois hommes sortirent donc de la salle, laissant Arthur et Léodagan seuls.
- Je croyais que vous m'aviez confié la sélection de l'équipe, fit remarquer Léodagan, parce que là, on est plutôt dans le registre « fine » équipe si vous voyez ce que je veux dire. Un p'tit escroc, une pleurnicheuse qu'a peur des faisans et un débile qui prend de la cochonnaille pour des armes de poing, c'est ça votre équipe ?
- Non, lui répondit Arthur. Mon équipe, ce sont des hommes prêts à donner leur vie pour un ami. Vous pouvez me trouver mieux, beau-père ?
Léodagan ouvrit la bouche mais resta silencieux, incapable de répondre.
- C'est bien ce que je pensais, répondit Arthur. Bonsoir. »

(1) Dans la légende arthurienne, Claudas tue le Roi Ban (père de Lancelot) et le roi Bohort le vieux (père de Lionel et de Bohort le jeune). Lancelot est confié à la dame du lac mais les deux jeunes frères sont capturés par Claudas et élevés par lui. Maltraités, ils finissent par s'enfuir grâce à Bohort qui tue leur geôlier, Dorin, le fils aîné de Claudas.

 

***


Quelques heures avant le lever du soleil, Merlin et Elias sortirent Arthur du lit en tambourinant sur sa porte.
« J'ai trouvé ! Annonça Merlin. Un simple mécanisme de soustraction, c'est vraiment trop con en fait. Simple comme bonjour. Fallait juste raisonner à l'envers.
- Raisonner à l'envers ? Questionna Arthur, dubitatif et pas franchement réveillé.
- Bah oui, fallait pas chercher ce qui était magique dans l'environnement mais chercher ce qui ne l'était pas ! On soustrait de l'environnement tout ce qui n'est pas magique et en principe, bah, le résultat c'est zéro au niveau moléculaire, mais là, Euréka, on a touché le gros lot. Au cœur de la forêt, euh, elle s'appelle comment au fait ?
- Brocéliande, soupira Elias.
- Ah ouais. Bon, en tous les cas nous avons la position exacte.
- Mais c'est génial ça ! S'exclama Arthur. En partant à l'aube, nous devrions y être -
- Dans dix minutes, termina Elias.
- Par … pardon ? Bégaya Arthur.
Elias sortit une petite fiole de sa manche.
- Pendant que l'autre con s'amusait avec son arithmétique, je vous ai concocté ça. C'est une potion de transport. Vous en prenez deux gouttes en pensant à l'endroit où vous voulez vous rendre. Pareil pour le retour.
- Ah bah oui tout de suite, il nous sort une potion l'autre. Môssieur Elias ne peut pas s'empêcher de faire l'intéressant, hein, Môssieur Elias ramène une fois encore la couverture à lui !
- Môssieur Elias, il va vous en mettre une et vous … »
Arthur regarda un instant les deux hommes, secoua la tête et leur claqua la porte au nez. Il la rouvrit presque aussitôt. Les deux enchanteurs le regardèrent, surpris. Arthur ne dit rien, il récupéra juste la fiole des mains d'Elias et reclaqua la porte.

 

***

 

Le visage noirci au charbon, armés jusqu’aux dents, les hommes d'Arthur étaient prêts.
«Bon, voici pour chacun un exemplaire de la carte, annonça Arthur, vous devez la visualiser mentalement pour que la potion de transport fonctionne. Et c'est deux gouttes pas plus. Karadoc…
- C'est pas ma faute Sire, j'ai juste voulu goûter.
- Bah au moins, fit remarquer Léodagan, on l'a retrouvé tout de suite, c'est pas comme si c'était difficile d'imaginer l'endroit où c'toiseau voulait se matérialiser. C'qu'est con en revanche, c'est qu'il soit tombé sur ma femme. Elle est de nouveau en pleine crise de génocide de rongeurs.
- Elle m'a fait mal avec son balai, se plaignit Karadaoc qui arborait en effet un superbe pansement autour de la tête.
- Ouais, en même temps, faut la comprendre voir un mec apparaître comme ça, au beau milieu de la cuisine …
- Et, votre potion là, demanda Arthur à Elias, c'est sans danger ? On risque pas de se rematérialiser, je sais pas moi, à l'intérieur d'un arbre ou dans une pierre ?
- Non, ne vous inquiétez pas, il y a un système de sécurité, ça détecte toute masse supérieure à cent livres.
- Putain, c'est super perfectionné votre truc !
Elias leva les yeux au ciel.
- Mais bien sûr que non ! C'est de la magie, ça comporte forcément une part de risque.
- Pas comme ma potion contre la diarrhée qui était non seulement efficace mais aussi parfaitement sûre, grommela Merlin.
- Vot' potion, il vous a fallu trois jours pour la composer, les gamines s'étaient déjà bien vidées, alors c'est sûr que leur diarrhée elle a cessé, pas de quoi en faire tout un plat, moi j'ai eu trois heures, faudrait voir à pas confondre le talent et le coup de bol ! S'énerva Elias.
Arthur décida d'ignorer les deux enchanteurs.
- Bon, soupira-t-il, tout le monde est prêt ?
Plusieurs hochements de têtes lui répondirent.
- Ok, alors, on y va … »
Et Arthur laissa deux gouttes de la fameuse potion tomber dans sa gorge.


choup37  (31.03.2014 à 21:30)

***

 

Première impression : ça sentait … les feuilles. Seconde impression : merde, il était dans un arbre !
Arthur étouffa un cri. Il eut juste le temps de s'accrocher à une branche avant de dégringoler complètement. Doucement, il descendit de l'arbre.
Au sol, plusieurs hommes de son équipe massaient leurs membres endoloris. Il ne devait pas être le seul à avoir eu la surprise de se retrouver dans un arbre. Il repéra Karadoc allongé sur le dos sous un chêne. Il se pencha vers lui.
« Hé Karadoc, ça va ?"
Le Chevalier de Vannes clignait des yeux comme un malheureux hibou. Arthur passa la main sous sa nuque. Et merde, une superbe bosse, de la taille d'un oeuf de pigeon.
"Hé ben, c'est pas votre jour aujourd'hui côté châtaignes, siffla Arthur.
- Sire, est-ce qu'il va bien ? Demanda Bohort qui les avait rejoints.
- Ouais mais je n'crois pas qu'il puisse nous accompagner. Bohort, vous restez ici avec lui."
Bohort ouvrit la bouche pour protester mais se tut. Il hocha la tête.
Arthur donna une tape rassurante à l'épaule de Bohort.
"Ok, dit-il, nous ne devrions pas en avoir pour longtemps. Les autres, avec moi. »

 

***


Arthur n'était jamais venu à Brocéliande mais même de nuit, il pouvait dire que la forêt était superbe. Les arbres devaient tous être centenaires, leur tronc massif et leur feuillage dense. Le sol était couvert d'un épais tapis de mousse et d'herbe, étouffant le bruit de leur pas. Ici et là, détalaient un renard, un sanglier … il aimerait revenir ici un jour, chasser peut-être ou tout simplement y flâner.
Mais pour le moment, il avait un chevalier à récupérer. Il espérait juste qu'il n'était pas déjà trop tard.
« Sire, regardez, là !" Murmura Venec.
Une lumière argentée. Comme si la lune était tombée par terre au beau milieu de la forêt ! Arthur repensa à Perceval. Peut-être que les scientifiques grecs avaient raison en fin de compte : les astres pouvaient tomber du ciel …
Arthur intima le silence à ses hommes et ils avancèrent vers la partie de la forêt d'où filtrait la lumière.


choup37  (19.04.2014 à 20:15)

Claudas fixait l'homme allongé sur le dolmen. Ce soir, il bougeait à peine et ses cris ressemblaient plus aux gémissements d'un nouveau-né qu'à des cris d'homme. Il sourit. Ooooh comme il s'était réjoui du son de ces cris, surtout cette première nuit ! Jamais musique n'avait caressé si doucement ses oreilles.


« Voilà, dit la Reine Mab, éclatante de jeunesse, sa longue chevelure noire presque bleue sous les reflets de la lune, sa robe blanche immaculée lui donnant l'air d'une déesse. C'est fait, il est presque plein …
- Plein ? Fit remarquer Anna de Tintagel. Comment ça « plein » ? Plein de quoi ?
- Euh, plein, j'ai dit ça moi ? Oups, je voulais dire « prêt ». Il est presque prêt."
Méfiante, Anna plissa les yeux et demanda.
- Prêt pour quoi ?
- Hé bien mais pour mourir ? N'est-ce pas ce que vous souhaitiez ? Répondit Mab sur un ton agacé. Faudrait savoir parce que là, c'est un peu tard pour changer d'avis !
- Oui, bien sûr que c'est ce que nous souhaitons, répondit Claudas. Est-ce qu'il sait ? Est-ce qu'il sait qu'il va mourir ? Que sa fin est proche ?"
Il y avait de l'excitation dans sa voix
- "Hé bien voyons voir, répondit Mab le menton dans ses mains. Il tremble comme une feuille, il est blanc comme un linge - hypovolémie, une vraie saloperie d'se vider de son sang - il ne bouge presque plus et il s'est cassé la voix à gueuler de douleur quatre nuits de suite donc je dirais que oui, il a tous les indices entre les mains, maintenant, est-ce qu'il sait les interpréter … il est quand même un chouïa con, donc, j'suis pas sûre. Brave hein, mais con."

Claudas avança vers le dolmen. La pierre était devenue brune. Brune de sang …

"Nos espions sont formels, dit Anna, Arthur a mal pris la disparition de son petit protégé. Il parait qu'il ne mange plus … alors ce qu'il fera lorsque nous lui renverrons le corps ! Un Roi déchu, enfin!
- Ouais, l'amour c'est une vraie vacherie, répondit juste Mab en hochant la tête.
- Je vais chercher mes hommes, annonça Anna. Dès que ce sera fini, ils chargeront le corps."
Elle quitta la clairière.


Claudas s'approcha de l'homme. Etait-il toujours en vie ? Aaaah oui, sa poitrine se soulevait encore mais il fallait en guetter le mouvement tant il était imperceptible. L'effort semblait surhumain. Comme si le médaillon qui se trouvait accroché à son cou pesait des livres et l'empêchait de respirer correctement. Claudas tendit la main vers le bijou.
"NON !,  Lui intima Mab. N'y touchez pas."


Claudas soupira. Dommage, il aurait bien aimé un souvenir … Ou alors peut-être une mèche de cheveux ? Il tira sa dague et la plaça sous une mèche trempée de sueur. Les yeux de l'homme papillonnèrent un moment avant de s'ouvrir complètement et de se poser sur lui. Claudas sourit et se pencha vers sa pauvre victime :
"Mourir n'est rien, le pire, c'est de vivre, de vivre en sachant que l'on vous a déjà arraché le cœur … n'être ni vivant, ni mort, lui susurra-t-il à l'oreille.
Il allait couper la mèche lorsqu'une voix masculine, froide et sèche, se fit entendre.
"Eloignez-vous de lui. »
Claudas fit immédiatement volte-face.


Là, au beau milieu de la clairière se tenait Arthur roi de Bretagne.


choup37  (30.04.2014 à 19:00)

Le spectacle qui s'offrait aux hommes de Kaamelott était de ceux qui marquaient toute une vie, entre horreur et émerveillement.
La clairière ne semblait pas appartenir à ce monde. La lumière qui la baignait, blanche et éblouissante, vibrante, semblait vivante. Au sol, des milliers de fleurs aux corolles blanches étaient écloses malgré la nuit environnante. Tout scintillait, brillait d'une aura argentée. Une seule pointe de couleur contrastait avec cet éclat.
Le dolmen situé au centre de la clairière.
Il était rouge.
« Il ne peut pas être en vie », pensa immédiatement Arthur en voyant le corps de Perceval. «Il y a trop de sang … nous sommes arrivés trop tard. Je suis arrivé trop tard. »
Et puis Perceval ouvrit les yeux.
Arthur brandit Excalibur et pénétra dans la clairière.


choup37  (14.05.2014 à 12:11)

Dès qu'Arthur eut mis le pied dans la clairière, la lumière qui la baignait s'éteignit et les fleurs refermèrent délicatement leurs pétales.
« Ah bah quand même, c'est pas trop tôt ! S'exclama la femme qui se tenait debout près du dolmen, mains sur les hanches. Vous croyez peut-être que j'ai que ça à faire moi ?
- Vous, vous la fermez, répliqua le Roi, et vous, dit-il en désignant Claudas, vous faites un pas en arrière et fissa !
Claudas éclata de rire. Il posa sa dague sur le cou de Perceval.
- Oseriez-vous menacer un Originel Ô grand Roi de Bretagne ? Mais n'est-ce pas la magie elle-même qui vous a mis sur le trône ? La renieriez-vous aujourd'hui ? Feriez-vous cet affront à la Reine Mab !
Arthur se tourna vers la femme qui lui répondit en lui faisant un petit coucou de la main.
- Moi les enchanteurs vous savez …, répondit juste Arthur qui cependant resserra son étreinte sur Excalibur.
Mab éclata de rire.
- Oui je comprends, c'est Merlin hein, ouais, il fait cet effet à tout le monde, mais vous devez être un peu plus conciliant, après tout, c'est qu'un môme, il a quoi à peine 800, 900 ans ? Ttttttt, soyez un peu plus patient. Bon, c'est pas tout ça, on discute, on discute mais moi, bah, j'ai séance d'abdo-fessiers, alors j'vais pas traîner.
Elle se pencha vers Perceval et lui murmura quelque chose à l'oreille. Arthur était trop loin pour entendre ce que cette folle lui disait. Il surveillait Claudas dont la dague se trouvait un peu trop près de la carotide de Perceval à son goût.
Mab fit un petit geste au-dessus du corps de Perceval et le médaillon qui reposait sur sa poitrine se mit à flamboyer.
Arthur regarda Excalibur puis son regard revint au médaillon de Perceval. C'était la même lumière!
- Bon allez les cocos, faut qu'j'y aille ! A plus !
Et avec ça, elle disparut.
- NON ! Hurla Claudas. Non, vous devez finir ce que vous avez commencé ! Vous avez promis ! Vous avez promis d'exaucer mon souhait le plus cher …
De rage, Claudas leva le bras, bien décidé à plonger sa dague dans la gorge de Perceval. Il n'acheva pas son geste, le souffle lui manquant brusquement. Que lui arrivait-il ! Il tituba et la vit, traversant son corps de part en part. Une épée. Il se tourna vers celui qui était responsable de sa mort.
- Vous … murmura-t-il avant de s'effondrer.
Bohort se tenait au-dessus du corps de l'homme qui était responsable de la mort de son père, une épée ensanglantée à la main. Il tomba à terre et porta la main à sa bouche pour retenir le cri qui menaçait de s'en échapper.
De l'autre côté de la clairière retentit une voix féminine.
- Yep, souhait exaucé vieux dégénéré. »
Puis le silence s'installa.


choup37  (26.05.2014 à 01:04)

Il fallut quelques secondes à Arthur pour enregistrer ce qui venait de se passer. Bohort venait de venger son père et … merde !
« PERCEVAL !" Cria Arthur.


Arthur se précipita sur le dolmen. Il porta une main tremblante au cou du Chevalier et poussa un soupir de soulagement.


"Sire ? Demanda Venec qui se tenait derrière lui.
- Il respire encore mais faut s'magner."


Il allait trancher les liens qui retenaient Perceval attaché lorsque les racines se rétractèrent toutes seules. Le dolmen se mit à trembler et à s'enfoncer, en quelques secondes, il n'en resta plus de traces et Perceval reposait maintenant à même le sol.
"Bohort … BOHORT !" Cria Arthur.
Le chevalier de Gaunes sortit de son état de stupeur.
"Si …Sire ?
- Des couvertures. VITE !
- Oui, Sire !
- Il … il est encore en vie ? Demanda Karadoc qui se tenait appuyé conte un arbre, le visage pâle comme un cul, fixant le corps inanimé de son meilleur ami.
- Oui. Allez, on rentre. Elias et l'autre con vont nous l'retaper en un clin d'œil, vous verrez, pas de quoi s'inquiéter."
Karadoc hocha la tête.


Arthur jeta un dernier regard à Claudas.
"Nous n'avons plus rien à faire ici. Les animaux s'occuperont de lui … Bohort.
- Sire ?
- Merci."


Bohort ne répondit pas, il hocha juste la tête.


"Bon, et comment on fait pour rentrer ? Demanda Venec.
- Comment ça comment on fait, comme à l'aller, répondit Arthur.
- Mais pour lui. Inconscient, comment il pourra s'concentrer sur Kaamelott."


Ah merde, il avait raison. A contre cœur, Arthur tapota la joue de Perceval.


"Perceval, Perceval …
- Tenez sire, essayez avec ceci."
Arthur prit le linge mouillé que Bohort lui tendait et l'appliqua sur le front de Perceval.
"Hey, réveillez-vous Perceval …"
Toujours rien.


"C'est pas pour faire ma chieuse, dit Léodagan, mais j'préférerais qu'on décarre d'ici vite fait."


Arthur lui jeta un regard noir.
"Perceval, dit-il en se penchant vers le Gallois, c'est l'heure de déjeuner. Ça vous dit de vous joindre à moi ?
- Hummmmmmm … Répondit enfin le Gallois.
- Perceval, on se retrouve dans la salle à manger, ok ?
- 'k …
- C'est quoi ces gargouillis" s'impatientait Léodagan.


Arthur ne prit pas la peine de lui répondre, il sortit la fiole de sa poche, en déposa deux gouttes sur les lèvres de Perceval puis en but deux lui-même … et se retrouva immédiatement assis sur sa table à manger, Perceval dans les bras.
Une des servantes qui apportait des fruits hurla en voyant les deux hommes et fit tomber sa corbeille.
- Euh, bonjour, vous pouvez aller me chercher Merlin s'il vous plait", lui demanda juste Arthur.


choup37  (09.07.2014 à 12:25)

Arthur faisait les cent pas devant la chambre de Perceval. Ça devait bien faire une heure qu'ils étaient là-dedans les deux autres clowns ! Qu'est-ce qu'ils foutaient ?


La porte s'ouvrit.


« Ah quand même ! Alors ? Demanda Arthur à Merlin.
- J'crois que vous devriez entrer", répondit Merlin sur un ton grave.
Arthur fronça les sourcils mais s'exécuta.
Perceval était aussi blanc que les draps sur lesquels il reposait. Au moins, il n'y avait plus de sang … mais …
"Où est-ce qu'il est blessé ? Demanda Arthur qui ne voyait aucune plaie sur le corps de Perceval.
- Nulle part, répondit Elias, mais ça ne change pas grand-chose au problème.
- Comment ça nulle part ? Et d'où il sortait tout le sang alors ? Qu'est-ce que c'est encore que ces conneries !
- C'est de la magie. C'est pour une question d'équilibre, j'vous l'ai déjà dit, répondit Merlin.
- Ouais, et je m'rappelle aussi vous avoir foutu une baffe quand vous m'avez dit ça, vous en voulez une autre ?
- Je vous explique, soupira Merlin, Mab a remplacé le sang de Perceval par autre chose.
- QUOI !
- Le rituel c'était ça un processus de remplissage, elle a –
CLAC !
"Bordel mais vous me laissez jamais finir mes phrases ! Se plaignit Merlin.
- Bah en même temps si elles voulaient dire quelque chose vos phrases !
- Imaginez un puits, dit Elias.
- Un puits ..,. répéta Arthur.
- Oui, un puits de magie ! Reprit Merlin, enthousiaste. On y puise quand on a besoin et on le laisse se remplir à nouveau. Une source de magie inépuisable ! Mais bon, pour ça, faut d'abord vider ce qu'il y a dans le puits avant la magie."
Arthur cligna des yeux plusieurs fois, interloqué par ce qu'il venait d'entendre.
"Vous voulez me dire que l'autre folle là, elle a vidé Perceval de son sang pour le remplir de magie et s'en servir comme puits ?
- Bah voilà, vous avez pigé", répondit Merlin un grand sourire aux lèvres.
CLAC !
"Mais enfin … gémit l'enchanteur.
- Utiliser un être humain dans ce genre de rituel est inhabituel, dit Elias, sans prêter attention au pauvre Merlin qui frottait une fois encore ses joues endolories et jetait des regards noirs à Arthur. Nous ne sommes pas le « récipient » idéal.
- C'est-à-dire ? Demanda Arthur qui avait le pressentiment qu'il n'allait pas aimer la réponse.
- Pour remplir un puits de magie, il faut déjà que celui-ci le soit. Magique. Je suis étonné qu'il ait tenu si longtemps en fait, dit Elias en pointant Perceval du menton.
- Il est en train de mourir, c'est ça que vous en êtes en train de me dire ?
- Non, il est déjà mort en fait, toute cette magie a -
- Désolée mon joli mais là, j'crois qu'on entre dans les spéculations et puis de toute manière, j'fais pas dans le convoi funéraire", fit une voix féminine juste derrière eux.


La fée Morgane se trouvait là. Elle allait ajouter quelque chose lorsqu'un terrible éternuement lui échappa.


"A vos souhaits, firent simultanément Merlin et Arthur.
- Ouais, merci, c'est la robe en plumes de corbeau là. Jamais pu les blairer moi les corbeaux. J'suis allergique. Bon, où il est mon client ?
- Votre client ? Demanda Arthur. Mais j'suis en pleine forme moi.
- Bah, je parlais pas de vous non plus. Toutes nos loupiotes s'sont allumées comme des phares sur Avalon depuis qu'on sait qu'il arrive !
- « Il » … Mais vous parlez quand même pas de lui ?" Dit Merlin en désignant le malheureux Perceval.
La fée pencha la tête.
"Ah bah si. Waouh !"
Elle sortit une paire de lunettes de soleil de sa robe et les chaussa.
"Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? Demanda Arthur.
- Y fait trop de l'lumière, ça m'éblouit, j'ai les yeux fragiles. J'vous dis, un phare. C'est qu'il est bourré de magie jusqu'au trognon le bougre !
- Perceval, vous voulez emmener Perceval ? Mais … mais il n'est pas mort.
- « Mourrant » nuance. Moi, j'suis pas l'Ankou, je les récupère mortellement blessés – je vous rappelle d'ailleurs que nous avons rendez-vous d'ici peu tous les deux – et je les dépose à Avalon. Mais y meurent pas. C'est plutôt, comme un long sommeil, vous voyez. Quoique lui, j'suis sûre que les Dieux vont lui trouver une petite utilité.
- Une utilité ? Mais il n'en est pas question vous m'entendez ! IL RESTE ICI !
- Est-ce que quelqu'un peut me dire ce qui se passe ici ! Gueula soudainement Elias. A qui est-ce que vous parlez ?
- Vous la voyez pas ? S'étonna Merlin.
- Bah non, y peut pas me voir, rétorqua Morgane, c'est pas un druide."


Merlin se tourna vers la fée.

"Comment ça pas un druide ?
- Oui, bon, ce que je veux dire, c'est qu'il est plus « magicien » que « druide ». Y croit dans les résultats de la magie mais pas dans sa source. Bref, y peut pas me voir.
- Mais on s'en fout de qui peut ou peut pas vous voir, s'énerva Arthur.
- Bah non, on s'en fout pas, y m'fait sans cesse passer pour un con alors que c'est même pas un vrai druide môssieur Elias ! Cria Merlin.
- Mais fermez-la, grogna Arthur et vous, dit-il en désignant Morgane du doigt, vous me foutez le camp d'ici.
- Désolée mais j'vois pas comment j'pourrais rentrer les mains vides. Votre gars, il appartient à l'autre côté maintenant.
- L'autre côté ? Demanda Arthur. Quel autre côté ?
- Bah, celui des dieux. Mab l'a en quelque sort consacré aux cultes anciens votre bonhomme. C'est qu'en ce moment, c'est un peu l'bordel là-haut. Entre les anciens dieux et le nouveau. Ça joue des coudes, ça veut tirer la couverture à soi. Bref, c'est le merdier … et j'dois dire que le coup de la Mab là, c'était du génie. La balance penche de nouveau du côté des Originels. Faudrait voir la tête de l'autre, si vous voyez de qui je veux parler.
- Et si je prenais sa place, dit soudain Arthur.
- Quoi, mais vous n'y pensez pas ! S'écria Merlin.
- Ça changerait pas grand-chose, soupira Morgane, j'viens de vous l'expliquer, dans son état, y peut pas rester ici. Il appartient aux anciens dieux. C'est comme ça, y faut vous y faire.
- Et s'il se faisait baptiser ? Dit Arthur.
- Baptiser ?
- Oui, s'il était consacré au nouveau Dieu. Est-ce que vous croyez que ça rétablirait votre putain d'équilibre là ?
- C'est une idée ça, on vide le trop plein de magie et on le remplace par … euh, c'est quoi dans la religion chrétienne ? Demanda Merlin.
- C'est pas de la magie. Il faut avoir la foi, répondit Arthur.
- On peut vous remplir de magie contre votre gré, fit remarquer Morgane, mais on ne peut pas vous obliger à avoir la foi."


Arthur s'agenouilla près du lit de Perceval.


"Perceval … Perceval."


Le Gallois ouvrit péniblement les yeux.
"Sire … ?
- Perceval, j'ai une question pour vous, une question hyper importante, alors essayez de vous concentrer sur la réponse, ok ?"


Pour toute réponse, le Gallois cligna des yeux.
"Ok, j'vais prendre ça pour un oui. Perceval, est-ce que vous me faites confiance?"
Cette fois, le chevalier hocha faiblement la tête.
"Suffisamment pour me confier votre vie ?"
Nouveau hochement de tête, plus déterminé cette fois.
"Parfait, alors voilà ce que nous allons faire … »

 

***


De la berge, la fée Morgane observait la cérémonie de baptême de Perceval le Gallois.
Encore heureux que ce dernier était soutenu par le père Blaise et par Merlin sinon, il aurait piqué une tête dans l'eau, pensa-t-elle.
«Alors, c'est fini ? Demanda une voix familière.
- Ouais, on dirait. Vaudrait mieux parce que le pov' gars après ce que vous lui avez fait endurer, y tient même plus sur ses jambes. Z'êtes un peu salope quand même.
- A la guerre comme à la guerre, faut ce qu'il faut et tutti quanti ma chérie, répliqua la reine Mab en souriant.
- Ouais, et sinon, y sont contents en haut ?
- Extatiques ! Ils ont de grands projets pour le p'tit. Son baptême devrait largement faciliter les choses.
- Et pour lui ? demanda Morgane en désignant Arthur du menton.
- Aaaaaah pour lui, c'est une autre paire de manche. Je dirais même que les emmerdes ne font que commencer … »


Fin


choup37  (17.07.2014 à 07:58)

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