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Prise de vitesse

Série : Scorpion
Création : 22.11.2020 à 12h51
Auteur : Emilie1905 
Statut : Terminée

OS écrit par Juljue. Walter O'Brien aime la vitesse, peut-être un peu trop alors que son monde se retrouve bouleversé en rencontrant Ralph et Paige Dineen.

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Sylvester cherchait à se convaincre qu’il pouvait conduire Walter O’Brien à l’aérodrome de Los Angeles. Et ce malgré sa difficulté à conduire tout court. Walter ne comptait de toute façon pas sur lui et semblait attendre le retour de Cabe.

Le groupe de génies pouvait sans problèmes contrôler la circulation dans les rues de L.A. mais sans conducteur pour Walter – qui devait reprogrammer un logiciel - les chances de faire atterir les cent-quarante-quatre avions se réduisaient toujours. Et le plus jeune parmi ces brillants esprits n’était pas plus indifférent au sort des passagers de ces cinquante-six avions.

Le petit garçon de neuf ans tendait à sa mère des clés de voiture, sûrement celles de Paige Dineen, serveuse dans le petit restaurant qu’ils avaient réquisitionné par les soins de la Sécurité Intérieure. La jeune femme regarda son fils, très surprise, comme si elle ne comprenait pas tout de suite ce que voulait le jeune garçon. Elle sembla ensuite lire les volontés de l’enfant dans ses yeux, sourit, et les empoigna avant de se tourner vers Walter.

« Conduire dans les rues de L.A. avec rien que des feux verts a toujours été un de mes fantasmes, lui dit-elle.

- A vitesse élevée ?! Non. »

Mais pourtant, tous les deux savaient que ça restait leur dernière chance et pour Paige, c’était important pour elle de montrer à Ralph qu’elle soutenait leurs efforts.

Walter finit par céder et suivit la jeune mère vers sa voiture.

 

(…)

 

Paige Dineen n’avait jamais conduit aussi vite de toute sa vie. Sa vue commençait à se brouiller alors qu’ils filaient vers l’aéroport. Elle faisait slalomer sa voiture à une vitesse folle entre les voitures et passaient les intersections les unes après les autres sans soucis.

Jusqu’à celle-ci. Paige avait bien entendu dans le téléphone de Walter que la mécanicienne de l’équipe – Happy – n’avait pas pu tourner le prochain feu au vert. Mais il était trop tard pour qu’ils puissent reculer et la voiture qui traversait l’intersection se rapprochait dangereusement d’eux. Même en faisant un écart, ils n’allaient pas s’en sortir.

Mais qu’est-ce qui lui avait pris de vouloir jouer avec ainsi avec sa vie ? Elle disait l’avoir fait pour Ralph, pour l’intérêt général. Mais leur folie n’allait finalement aider personne. Cabe Gallo, l’agent de la Sécurité Intérieure, les suivaient de près depuis qu’ils avaient quitté le diner.

Au dernier moment, son SUV percuta le véhicule engagé dans l’intersection. Paige fit faire à sa voiture un violent écart et accéléra encore pour se dégager de l’intersection. Ils roulaient toujours aussi vite quand Toby finit par joindre le pilote d’un des avions au-dessus de L.A. qui allait bientôt risquer de s’écraser.

Ils arrivaient juste à l’aérodrome que Walter avait déjà contacté et le génie commença à exposer son plan aux pilotes de l’avion. Leurs probabilités de réussir à sauver ces nombreuses vies recommençaient à atteindre un niveau acceptable.

 

(…)

 

Walter O’Brien avait eu le temps d’échafauder son plan durant le trajet. L’idée était que l’avion survole une des pistes de l’aérodrome, assez proche de la tour de contrôle pour que le génie capte leur signal WIFI depuis son ordinateur. Dans l’ordinateur de bord de cet avion, le logiciel était toujours fonctionnel. Walter et Paige étaient prêts à recevoir la bonne version du logiciel quand le pilote finit par amorcer sa détente.

Rapidement, un grand bruit se fit entendre et l’immense masse d’un airbus, plein de passagers terrifiés, se déplaça tout près d’eux. Ça ne dura qu’un instant. Pas assez longtemps… L’ordinateur de Walter avait bien capté le signal WIFI mais le téléchargement avait à peine commencé. L’avion avait déjà repris de l’altitude et le pilote demanda si leur opération avait été un succès.

Walter se prit la tête entre les mains, calculant dans sa tête toutes les variables qui pouvaient expliquer l’échec cuisant de leur « sauvetage » de ces avions. Ça ne lui prit qu’une fraction de seconde puis calmement, il expliqua que le signal n’était pas resté connecté assez longtemps pour le transfert pour une seule et simple raison : le différentiel de vitesse entre l’avion et la tour était beaucoup trop grand…

Autour de lui, comme au diner ou dans le cockpit de cet avion, tous craignaient maintenant qu’ils n’aient plus d’alternative à la catastrophe. La serveuse qui était restée silencieuse derrière lui le suivit vers les fenêtres en le sommant de réessayer, de ne pas abandonner. Walter lui expliqua que c’était de la folie de reproduire les mêmes actions en comptant sur un résultat différent. Et son génie refusait de se remettre à la folie.

Non, ce qu’il lui fallait, c’était un nouveau plan. Paige avait raison : il ne pouvait pas abandonner, pas après Bagdad. Ses erreurs avaient déjà causé à beaucoup trop de vies dans son passé. Il ne pouvait pas recommencer ! Il lui fallait à tout prix un nouveau plan, il lui fallait surtout régler le problème du différentiel de vitesse.

Son regard, perdu dans le vide, se fit clair à nouveau. Sans se retourner, il annonça avec un sourire qu’il venait de résoudre le problème et il se précipita en entraînant Paige vers l’ascenseur pour redescendre sur les pistes d’atterrissage et de décollage.

 

(…)

 

« Je vais avoir besoin de toi pour me dire comment faire démarrer une Ferrari. »

Happy Quinn expliqua rapidement à Walter comment démarrer la voiture en question. Quand ils furent à l’intérieur du bolide, un véritable bolide car Walter avait déjà accéléré à fond, Paige Dineen comprit vraiment de quoi il allait retourner : l’ordinateur portable de Walter O’Brien dans les mains, elle allait devoir faire sauter le toit de la voiture.

Elle s’y refusa d’abord, terrifiée par la vitesse, par l’avion qui se rapprochait d’eux, par la vue de la fin de la piste beaucoup trop proche. Elle n’allait pas sortir vivante de cette voiture, alors hors de question de risquer de s’envoler encore plus vite.

« Ô Mon dieu ! Ô Mon dieu ! »

Elle répétait cette phrase, incapable de bouger et d’obéir à l’injection de Walter.

« Paige ! Fais sauter ce toit, maintenant ! »

Comme si elle était sortie de son corps, Paige Dineen – simple serveuse dans deux Diner et mère célibataire – lança ses bras en l’air et projeta le toit de la Ferrari au loin derrière eux. Ils s’en éloignaient vraiment très vite parce que Walter, qui accélérait toujours, avait déjà dépassé les 300 km/h. Mais elle ne pouvait plus vraiment s’en inquiéter.

Aussitôt le toit détaché, Paige vit l’avion qui volait en rase-motte juste au-dessus de leurs têtes. Le copilote apparut sur le frein d’atterrissage avec la prise de l’ordinateur de bord dans ses mains. La jeune femme se leva sur son siège, tendant les bras le plus haut qu’elle pouvait pour atteindre la prise du câble. En vain, elle restait trop petite.

Le copilote comprit qu’elle n’y arriverait pas et risqua le tout pour le tout en descendant encore plus près de la Ferrari. Il fit descendre le câble vers Paige qui l’attrapa enfin et le brancha immédiatement sur l’ordinateur portable, directement connecté au signal WIFI de la tour de contrôle de l’aérodrome et de l’aéroport de LAX.

Il ne restait plus qu’à attendre quelques secondes la fin du téléchargement. Mais le pilote de l’avion voyait déjà de bien trop près la fin de la piste et reprit de l’altitude. Il ne pouvait plus risquer la vie de ses passagers et en reprenant de l’altitude, une des ailes de son avion frôla la tour de contrôle et en brisa les vitres en mille morceaux.

 

(…)

 

Le téléchargement n’était pas encore terminé, comme Paige le lui avait dit. Walter lui demanda de tenir et alors que l’avion reprenait de l’altitude, l’ordinateur – toujours relié à l’avion – fut entraîné vers le haut, avec Paige qui le maintenait entre ses mains.

Elle le monta au-dessus de sa tête s’agrippant à aux bords du clavier jusqu’à la fin du téléchargement. Ça ne prendrait plus que quelques secondes mais Paige n’avait pas ce temps. Walter se décida à réduire encore plus le différentiel de distance : ils devaient encore prendre de la vitesse.

Le génie cria à sa compagne de s’accrocher et fit chauffer le moteur de la Ferrari plus qu’il ne pouvait sûrement le supporter. Paige finit par voir la barre de téléchargement se remplir et cliqua aussi vite qu’elle le put sur « envoyer ».

Elle lâcha ensuite l’ordinateur et se laissa retomber sur son siège… Pour voir la barrière de fin de piste juste devant ses yeux. Aussitôt que Paige avait lâché l’ordinateur et qu’ils n’étaient plus reliés à l’avion, Walter avait freiné et fait déraper la Ferrari.

Leur vitesse restait encore affolante et ils ne s’arrêtèrent qu’à quelques millimètres de la barrière. Ils avaient vraiment eu chaud, mais cette conduite avait eu quelque chose de… Stimulant, de revigorant, d’apaisant même dans un sens, peut-être parce qu’il avait enfin chassé cette ombre de son passé. Il venait de sauver des vies grâce à son génie.

Et les risques qu’il avait pris – même s’il les avait parfaitement calculés – ne lui semblaient plus être vains, il voyait enfin un sens à son génie, il revivait. Grâce à Paige.

Walter O’Brien se tourna vers sa courageuse et malheureuse compagne de fortune.

La jeune femme était loin d’apprécier comme lui la fin de leur course folle. Elle venait de pousser la portière de cette Ferrari maintenant décapotable et vomissait furieusement son dernier repas. Walter sourit et se cala dans son siège.

C’était enfin fini. Mais quand il y repensait, il n’en avait pas vraiment envie. Elle avait été extraordinaire avec lui et l’équipe.

 

(…)

 

 

Son fils venait de s’asseoir devant la télévision et poussait la manette de jeux vers sa gauche, comme une invitation. Prestement, Walter lui demanda l’autorisation pour aller jouer avec le garçon. Paige hocha juste la tête, encore trop étonnée. Ralph venait de parler à Walter O’Brien. Depuis le départ de Drew, il n’avait jamais adressé la parole à personne d’autre qu’à elle, sa mère. Paige Dineen était à la fois choquée et soulagée.

Son fils semblait vraiment apprécier Walter et il s’ouvrait à lui. Encore ce matin, elle ne l’aurait jamais cru possible. Mais maintenant, elle le voyait sourire et s’amuser. Elle ressentait comme de la fierté. Son fils n’était pas handicapé, assisté comme elle l’avait toujours cru, comme on le lui avait toujours dit : c’était un génie. Et son monde venait d’être totalement bouleversé par cette découverte : Ralph avait un avenir, brillant de surcroît.

Et son avenir à elle-aussi risquait de changer. Paige posa les yeux à nouveau sur l’enveloppe que Walter lui avait donnée en arrivant dans son appartement. Le chèque qu’elle contenait pouvait n’être que le premier si elle acceptait de travailler pour Scorpion.

Ce travail était à la fois vraiment très différent de tout ce qu’elle avait connue, très loin de son travail de serveuse, et elle doutait encore de pouvoir intégrer cette équipe de surdoués. Encore moins de pouvoir travailler pour la sécurité intérieure, à résoudre des crises aussi graves que celle qu’ils de désamorcer. Mais Walter avait raison : elle les avait aidés dans cette histoire. Si elle n’avait pas été là, peut-être que les génies auraient abandonnés, peut-être qu’ils n’auraient pas su se faire comprendre, discuter entre eux.

Et ce n’était certainement pas sa conduite de dingue ou sa tentative désespérée d’atteindre un câble qui avait pu donner l’idée à Walter O’Brien de la recruter. Il avait parlé de son courage et son intelligence pour élever un génie. Mais la vérité, c’est qu’ils avaient besoin d’elle. Ils avaient eu besoin d’elle aujourd’hui et s’ils voulaient voir leur collaboration avec la Sécurité Intérieure réussir, Scorpion réussir, ils devaient communiquer avec le monde. Ralph arrivait à communiquer avec eux, et il arrivait à communiquer avec elle.

Peut-être que ce serait pareil avec Scorpion, avec ces génies, avec Cabe Gallo ?

C’était en tout cas une chance à saisir, se disait la jeune mère. Une chance pour se rapprocher de Ralph, une chance pour l’aider à s’épanouir auprès de ces génies et une chance pour elle de faire enfin quelque chose qui aurait de l’importance. Une chance de donner ses meilleures chances à son fils. Le salaire, les bénéfices dont parlait Walter n’avaient pas la moindre importance face à ce miracle : son fils adoré parlait à un étranger.

« Est-ce que ça t’arrive de mettre en pause tes rêves ? »

Ralph lui répondit, à cette étrange question. Paige les regardait avec une émotion nouvelle. Tout était allé vraiment très vite aujourd’hui mais elle en était maintenant sûre : Ralph et elle méritaient cette deuxième chance et ils y auraient droit grâce à Scorpion.

 

(…)

 

Ralph Dineen était attablé à une terrasse avec sa maman et son papa. Une scène touchante d’une famille réunie. Une scène qu’observait froidement Walter de loin.

Paige avait reçu un coup de téléphone du père de Ralph dans la matinée. Elle avait hésité pendant un long moment à le rappeler et tous à Scorpion avaient cherché à la dissuader de ramener Drew Winters dans la vie de Ralph. Le garçon était l’un d’entre eux et ils voulaient tous les protéger. Mais Happy avait fait réaliser à Paige que ce n’était pas la bonne solution. Et elle avait donc convenu de ce rendez-vous pour les faire se rencontrer.

Walter les avait suivis de loin, il se sentait ridicule de rester caché et de les espionner. Mais quelque chose au fond de lui le poussait à se trouver là. Il devait veiller sur Ralph. Le garçon était comme lui à tellement d’égards. Mais pas pour tout et Happy avait raison : il avait toujours attendu le retour de son père. Walter s’était enfoui de la maison quand il était encore adolescent et déjà avant l’arrivée de Cabe dans sa vie, son père et lui ne s’étaient jamais vraiment bien entendus, il avait toujours voulu mettre de la distance entre eux.

Mais Ralph n’avait pratiquement pas de souvenirs de son père, seulement de son départ. Et au lieu de le réjouir, ça le hantait. Walter ne pouvait pas vouloir que les relations entre Ralph et Drew se détériorent plus encore mais son passé qui lui revenait en tête à chaque seconde lui disait que les efforts, certainement louables, de Paige Dineen ne seraient pas couronnés de succès. Ralph était un génie, il ne pourrait pas avoir une vraie relation avec un père normalement intelligent et Drew semblait l’être moins que la normal puisque c’était un simple sportif professionnel. Et pire encore : il avait déjà été un père absent tout ce temps et il risquait à chaque instant de quitter de nouveau la vie de son fils.

C’étaient tous ces scénarios qui se bousculaient dans l’esprit de Walter O’Brien quand il reconnut la présence de son père spirituel. Peut-être que c’était ça le vrai fond du problème, se dit-il, il n’avait jamais eu de vraie relation avec son père et Cabe l’avait rapidement remplacé dès l’âge de onze ans. Pour le meilleur comme pour le pire.

Mais si Ralph n’avait pas non plus de relation avec son père et que Walter s’était aussi vite imposé comme une figure paternelle dans l’esprit du jeune garçon : Drew était revenu et Ralph et lui avaient une nouvelle chance, contrairement à Walter et Sean O’Brien.

« Comment vous m’avez trouvé ? Demanda Walter

  • Vous veillez sur le petit, commença à expliquer Cabe, et moi je veille sur vous. »

Il savait donc ce qui le rongeait, comprit Walter. Il n’avait pas détourné son regard de la petite famille qui semblait si heureuse d’être réunie à quelques dizaines de mètre de là.

« Et ça continuera comme ça, reprit Cabe Gallo, ok ? »

Rien ne changera… Même avec son vrai père de retour, Ralph aurait toujours besoin de lui. Cabe avait raison. Il retrouva un peu d’espoir concernant Ralph et sentit alors poindre un nouveau sentiment alors qu’il répondait « Ok » à son ami, mentor et père.

Un sentiment qu’il pensait bien n’avoir jamais à éprouver du fait de son QI de 197.

 

(…)

 

Paige Dineen redressa le verre de jus d’orange de son fils. Ralph lui expliqua que l’angle entre la table et le verra formait un angle presque parfait de 45 °. Même si ce genre de comportement coïncidait avec les calculs de mathématiques qu’elle savait maintenant que Ralph adorait, elle trouvait son attitude des derniers jours de plus en plus suspecte.

Le retour de Drew dans leurs vies l’avait prise par surprise, elle n’avait d’abord pas su si c’était une bonne chose pour elle ou pour son fils ni comment l’expliquer à Ralph. Elle avait ensuite pris ce risque et cherché à faire comprendre à son ex-petit-ami le génie dont était capable leur enfant. Drew semblait bien s’entendre avec Ralph malgré toutes ces années perdues et souhaitait sincèrement renouer les liens avec son fils.

« Drew va bientôt arriver. Tu es content d’aller au match de base-ball ? Demanda-t-elle une fois de plus au petit garçon. »

Elle connaissait déjà la réponse : il était peu enthousiaste à l’idée mais appréciait quand même l’effort de son père. Paige espérait que ce rappel qu’il allait passer cette journée avec son père allait lui rendre le sourire. Mais elle commençait peut-être elle-même à douter que ce soit une si bonne idée que ça… Après tout, Ralph semblait vraiment aller mal depuis quelques temps. Et ce qu’elle avait découvert quelques heures plus tôt ne l’aidait pas vraiment à oublier ce malaise. Comment son petit génie pouvait avoir eu un D - ?

Si encore c’était en sport, ça lui arrivait, ou même en français ou en historie, mais à un contrôle de mathématiques ? Sa matière préférée ! Les calculs étaient beaucoup trop faciles pour lui, alors son excuse « je n’avais pas révisé » ne pouvait pas être retenue. Non, quelque chose clochait chez Ralph et il fallait absolument qu’elle en parle à Walter. 

« Je suis très, très content, répondit Ralph. »

Paige n’était pas dupe mais elle espérait toujours que les choses s’arrangeraient entre Drew et Ralph après cette journée passée ensemble, en attendant, elle devait vraiment discuter de ses inquiétudes avec Walter. Surtout si elle voulait que le génie parle à son fils avant l’arrivée de Drew. Comme elle venait de le dire, Drew allait bientôt arriver.

 

(…)

 

« Non, non, non, non ! La vraie question c’est comment rencontrer le même obstacle sans pour autant perdre une seconde fois ? »

Walter avait rassemblé les génies derrière son ordinateur pour leur montrer la vidéo de la course qu’il avait perdue dans la nuit. Sylvester et Toby le charriaient déjà sur sa dette et même si Happy prit la peine de lui donner une vraie réponse, elle commença elle-aussi à s’interroger sur les raisons qui l’avaient poussé à participer à cette course de rue.

« C’est un hobby, répondit Walter. »

Mais aucun d’entre eux n’était dupe et lui-même savait qu’il y avait quelque chose de plus profond derrière son besoin de prendre ces risques, de dépasser les limites, de rouler à toute vitesse, de défier des chefs de gang serbes, … Quelque chose dont il ne voulait parler avec personne. Mais c’était – bien sûr ! – sans compter sur Tobias Curtis. Il continuait de le harceler avec ses questions alors que les deux autres allaient enfin le laisser tranquille.

Le pire était qu’il avait raison : il voulait distraire son esprit. Il voulait s’empêcher de penser à ce sentiment qu’il sentait poindre en pensant, en voyant Ralph avec Drew. Et Toby venait justement de taper droit dans le mille en soulignant que ce comportement coïncidait avec l’arrivée de Drew. Walter remarqua que le père de Ralph venait d’entrer dans le Garage. Il nia encore une fois fermement en soutenant devant Toby que c’était du hasard.

Mais il savait que ce n’était pas le cas : il avait commencé à vouloir vivre à cent à l’heure exactement au moment où Drew entrait de nouveau dans la vie de Ralph… Et de Paige. La jeune femme venait justement à son bureau alors que Toby le laissait en paix.

Seulement, elle n’avait pas l’intention de parler de cette course clandestine – elle n’était même pas au courant de toute façon de sa dette et ce n’était pas elle qui allait l’aider à régler son problème de vitesse. Paige Dineen tenait une feuille dans ses mains et Walter reconnut l’écriture de Ralph et la typologie d’un devoir de mathématiques, de calculs.

Quand Paige lui expliqua qu’elle avait trouvé ce devoir dans le cartable de Ralph et surtout qu’il s’agissait d’une mauvaise note – un D - une note qu’il n’aurait logiquement jamais dû recevoir dans cette matière, Walter s’empara de la copie en cherchant à comprendre ce qui avait bien pu arriver à Ralph dans sa tête. Drew l’avait-il donc autant perturbé qu’il ne l’était lui-même ? Il demanda à Paige si tout se passait bien entre Ralph et son père. Paige essaya de paraitre confiante mais elle sentait aussi bien que Walter que ce n’était pas le cas. Le génie proposa alors de parler avec Ralph afin de comprendre ce qui n’allait pas et pourquoi. Paige appela son fils en lui disant qu’il voulait lui parler.

Elle les laissa ensuite en tête à tête devant son bureau. Walter demanda à Ralph ce qu’il avait : s’il était frustré, distrait, fâché. Quelle raison pouvait pousser un génie comme Ralph à se dévaluer autant. Il lui dit clairement que cette note, ce devoir, ça ne lui ressemblait pas. Et tout en le disant, il s’aperçut que Ralph tournait la tête vers Drew, encore dans la cuisine du garage. Ralph se retourna vers l’irlandais et répondit simplement que c’était peut-être une bonne chose. C’était maintenant à Walter d’être troublé.

Ralph venait clairement de lui montrer qu’il avait échoué à ce devoir exprès. Pour Drew, pour se rapprocher de son père. Ce serait sûrement l’une des meilleures raisons à donner à Paige, ça la rassurerait vraiment en ce qui concernait la relation de Ralph et Drew. Mais il ne pouvait pas s’y résoudre : il ne pouvait pas se résoudre à laisser Ralph gâcher ainsi ses chances, il ne pouvait pas le laisser renoncer à son génie, même pour l’amour d’un père.

Quand Paige finit par retourner le voir, il lui dit simplement que ça n’avait rien donné.

Et c’était vrai : cette relation naissante entre Drew et Ralph, cette histoire d’un match de base-ball, ça ne donnerait rien de bon, ni à Ralph, ni à Paige, ni à personne.

 

(…)

 

C’était la première fois que Paige voyait un cadavre. Scorpion n’avait jamais eu à couvrir d’enquêtes de meurtres avant aujourd’hui. La jeune femme restait stoïque alors que les indices de l’équipe menaient à la maison d’un certain Temple, un prodige de la musique.

Les génies avaient tous sortis leurs ordinateurs et pirataient les comptes du suspect sur le capot de leur voiture. Cabe Gallo et l’enquêteur les écoutèrent parler de leurs découvertes mais ils leur expliquèrent que ce ne serait pas assez pour un mandat. C’était donc une impasse.

Seulement, Paige Dineen connaissait les génies depuis assez longtemps pour savoir que dans des circonstances pareilles, ils s’arrangeaient pour faire les choses à leur manière. Elle s’attendait donc à ce qu’ils protestent et à devoir bientôt calmer une nouvelle dispute entre Cabe et Walter. Mais les quatre génies de Scorpion les laissèrent s’en aller et rangèrent leurs affaires. Ils se retrouvaient donc seuls et allaient rentrer au Garage.

La journée ne serait pas finie pour autant mais ils se retrouveraient dans leur environnement et pourraient sûrement trouver de nouvelles pistes là-bas. Paige s’apprêtait à rentrer dans la voiture quand elle vit quelque chose qui l’inquiéta dans l’expression du visage de Walter O’Brien. Le jeune homme se dirige d’un pas rapide et déterminé vers la maison, pour laquelle ils n’avaient pas de mandat. Paige le regarda faire, surprise.

Elle vit ensuite Toby lui courir après et discuter avec lui. Happy, Sylvester et Paige n’en entent que des bribes mais la traductrice de l’équipe comprend vite que quelque chose ne va pas avec Walter alors que Toby lui reproche d’agir avec trop d’impulsivité. De loin, Paige voit Walter qui essaye de contourner le psychiatre et celui-ci lui barrer la route.

Toby finit par laisser passer Walter et roule des yeux. Paige remarque seulement que Walter se met à courir vers la maison de Temple. Elle s’approche enfin et interroge Toby du regard. Le psy lui parle d’un déplacement freudien. Paige, regardant toujours derrière Toby ce que faisait Walter, le voit sauter la barrière du jardin.

« Donc quand il saute par-dessus la barrière, commença Paige.

- Il médite… Répondit ironiquement Toby. »

Paige doutait qu’il le pense vraiment mais c’était sûrement une idée de Walter prendre ces risques pour de la « méditation ». Elle ne pouvait pas le laisser continuer à agir ainsi ! Elle courut après le génie, suivie rapidement des autres, et l’appela :

« Walter ! Arrête, qu’est-ce que tu fais ? »

Le jeune homme se retourna et recula vers son équipe, à qui il expliqua que vu le temps passé entre la victime et Temple, il était soit le meurtrier, soit il avait forcément des informations et que donc ça valait le coup d’essayer. Paige le regarda ensuite s’éloigner…

Quelques secondes plus tard, Paige, toujours accoudée à la barrière, hésitait à rejoindre Walter ou rester là à attendre raisonnablement son retour. Les autres génies étaient déjà retournés à la voiture, exaspérés par l’attitude de leur ami. Paige fut donc la première à entendre un grésillement électrique suspect. Happy la rejoignit aussitôt :

« C’est pas bon, ça. Je suis quasiment sûre que c’était un fil électrique qui doit protéger la propriété. Walter s’est pris les pieds dedans, je mettrais ma main à couper. »

Paige Dineen n’avait pas envie de garder des suppositions, même si elle avait appris à faire confiance en l’instinct des génies avec qui elle travaillait. L’un d’entre eux était peut-être bien en danger. Sans attendre de savoir l’avis des autres, elle sauta à son tour par-dessus la barrière et se demanda pourquoi elle ne s’y était pas décidée plus tôt…

Le jardin de Temple était aussi dense qu’une forêt se dit Paige, elle finit par trouver Walter – allongé sur le sol, inconscient. Elle retourna auprès des autres et appela Cabe Gallo.

« Il a fait quoi ? S’étrangla l’agent de la Sécurité Intérieure. Je reviens tout de suite ! »

Paige raccrocha après avoir expliqué à Cabe ce qui était arrivé à Walter. Le temps que l’agent revienne à la maison de Temple, Paige repense à ce que lui avait dit Toby avant qu’elle ne voit Walter sauter par-dessus cette barrière. Il cherchait quelque chose, une prise de risques même du danger peut-être, et il était servi. Mais surtout, Toby lui avait dit qu’il cherchait cette adrénaline pour ne pas penser à autre chose. Mais quoi donc ? A quoi pendait donc Walter O’Brien, ou plutôt essayait de ne pas penser ?

Cabe finit par arriver et juste après, c’est Walter qui revint avec Temple et leur cria juste de le rejoindre, que leur suspect voulait bien leur parler. Il semblait s’en être remis et Paige décida d’oublier – pour l’instant – les risques qu’il avait pris et surtout la raison de son comportement aussi irrationnel. Ils avaient une enquête de meurtre à résoudre pour le moment. Mais elle finirait bien par mener son enquête à son tour, s’il continuait ainsi…

 

(...)

(…)

 

Sylvester venait de récupérer les bandes des caméras de surveillance de la rue où leur fourgon avait explosé. La mécanicienne les projeta ensuite sur leur grand écran afin d’examiner en détails toutes les images avec Toby. Cabe restait en retrait comme Paige.

Walter sortit son téléphone de sa poche qui venait de vibrer. Le message était de Slavomir. L’homme à qui il devait une Lamborghini depuis la veille. C’était déjà son troisième message de la journée : un message où il lui donnait une alternative peu reluisante si Walter ne lui donnait pas la voiture le soir-même. Le génie soupira, il venait de se faire électrocuter dans le jardin de Temple quelques heures plus tôt et maintenant il risquait de ne plus avoir de genoux… Toby avait sûrement raison en disant que son besoin d’adrénaline allait mal terminer pour lui. Mais en attendant, ça fonctionnait : il pensait à autre chose qu’à Drew.

Walter rangea son téléphone portable dans sa poche et se rapprocha du groupe de génies et de Paige. Il exposa à nouveau la situation et donna ses consignes à l’équipe, sur ce qu’il fallait trouver en particulier sur les images des caméras de surveillance. Il avait à peine débité deux petites phrases que ce fut au tour du téléphone de Paige de sonner.

Elle s’éloigna un peu mais pas assez pour que sa voix ne fut pas bien audible à ses collègues. Walter ne put s’empêcher de tourner légèrement sa tête et d’écouter distraitement sa collègue parler au téléphone. Il se fit même plus attentif quand il comprit qu’elle parlait à Drew, et surtout qu’elle parlait de Ralph – puisqu’elle venait de dire qu’« il était réservé ».

Elle dit ensuite à Drew qu’il était son père et que c’était à lui de trouver un intérêt commun avec Ralph. Toby remarqua que Walter les écoutait sans intervenir. Le psy se rapprocha du génie et remarqua qu’il cachait sa tristesse pour le garçon. Walter le voit s’avancer vers lui et ferme les yeux, se préparant à un nouveau reproche de la part de Toby.

« Je recommence à faire mon psy, là. Dit-il. Mais… Tu ne vas pas aider Ralph ?! »

Il fixa ensuite le regard de Walter et cherche à lui désigner Paige qui se trouvait bien embarrassée derrière eux. Walter finit par soupirer et se précipita au secours de son protégé. Il demanda à Paige s’il pouvait parler à Drew et la jeune femme lui tendit le téléphone, assez étonnée. Drew le fut encore plus mais Walter débita aussitôt son idée.

Il raccrocha juste après et rendit le téléphone à Paige. La jeune femme le regardait, encore surprise, mais surtout reconnaissante de son aide. Elle le remercie et ils sont interrompus par Happy qui dit avoir trouvé sur les caméras l’homme qui avait posé la bombe dans le fourgon. Walter se reconcentre alors sur l’enquête, presque reconnaissant de ce meurtre et cette tentative de meurtre envers sa propre équipe. Il en oubliait enfin Drew.

 

(…)

 

Paige Dineen observait la scène, en retrait comme une simple spectatrice, et pourtant d’une certaine façon, c’est elle qui était la plus touchée par la beauté de cette « expérience » proposée par Walter. La jeune femme savait que Drew regrettait que Ralph et lui ne puissent pas parler du même base-ball et qu’il en avait discuté avec le génie.

Elle savait que durant le match, Ralph s’était beaucoup ennuyé avant que Walter ne suggère à Drew d’acheter un logiciel avec toutes les statistiques des joueurs. Ralph et Walter ne vivaient que pour la science, les mathématiques et Drew pour le sport lui-même. Il était presque impensable qu’ils puissent finir par s’entendre au sujet de ce thème du base-ball.

Et pourtant… Walter était accroupi à côté de son fils devant un écran d’ordinateur – comme à leur habitude – et Drew et Sylvester jouaient au base-ball devant eux. Des capteurs avaient été installés et Walter expliquait des effets de physique qui avaient un certain rapport avec la friction de l’air sur la balle. Drew fit un premier lancer et Walter nomma un effet dont elle n’avait jamais entendu parler mais Paige voyait bien que son fils était très attentif et intéressé par les explications de Walter et elle savait que lui comprenait tout.

« Tu as vu ça, Ralph ? S’exclama Drew. Ce genre de lancer, c’est par ça qu’il faut commencer : ça montre que t’es pas là pour rigoler !

  • Cool, répondit d’une petite voix le garçon. »

Paige sourit derrière eux. Walter continua sa leçon de physique et demanda à Drew de lancer la balle un quart de secondes plus tard. Il s’exécuta et Paige put remarque sans l’aide du logiciel de Walter que la balle avait été beaucoup plus rapide qu’au premier lancer.

« D’accord, dit le jeune homme, en gardant ça à l’esprit, vas dire à ton père qu’il fait du bon travail. »

Ralph avance auprès de son père et Walter se redresse pour parler à Paige. Souriante, elle lui dit que ça semble fonctionner. Elle entend ensuite Walter rire nerveusement et lui avouer juste après qu’il pense que Ralph a fait exprès de rater son contrôle afin de se rapprocher de Drew. Paige est d’abord surprise mais aussi rassurée.

Lui faire rencontre Drew, participer à cette expérience, les laisser aller à un match de base-ball ensemble, tout ça n’était pas superflu, pas inutile. Ralph appréciait vraiment son père et ne voulait pas le voir repartir, comprit-elle. Rassurée à cette idée, elle observa d’un œil nouveau son ex-petit-ami accroupi à hauteur de leur fils ; Tous deux souriaient.

« Il a pas envie de le voir partir à nouveau, dit-elle.

  • Mais il ne peut pas renier son génie, ajouta Walter. »

Paige se tourne vers Walter, qui regardait lui-aussi toujours Ralph et Drew.

« C’est qui il est, expliqua-t-il en tournant de nouveau son visage vers celui de Paige, c’est lui que Drew doit apprendre à connaitre. »

Paige remarqua l’intensité du regard de Walter, leurs deux visages si près, il apportait vraiment beaucoup d’importance à ce que son fils soit fier de son don. Mais les mots de Walter la faisaient douter à nouveau. Pourquoi donc essayer de les rapprocher si Walter pensait que Ralph ne pouvait pas changer ? Paige soupira, rien n’était vraiment gagné de ce côté-là – même si au moins maintenant elle savait que Drew comptait pour Ralph.

Elle hocha malgré tout la tête, presque imperceptiblement, parce qu’elle restait d’accord avec Walter : elle ne voulait pas non plus que Ralph renie son génie pour l’amour de son père. Et pourtant, en tournant son regard vers le père et le fils, qui semblaient si complices…  Elle ne voulait pas voir cette amitié, cette complicité si vite gâchée.

« Et je peux donner un coup de mains, conclut Walter. »

Paige se tourna de nouveau vers lui. Il était très sérieux et voulait vraiment s’impliquer pour que Ralph et Drew puissent être proches l’un de l’autre. Paige Dineen hocha à nouveau très légèrement la tête et recommença à observer sa famille avec attendrissement. Walter voulait les aider et elle en était vraiment heureuse.

Depuis leur rencontre au diner et son embauche dans l’équipe de Scorpion, Walter faisait pratiquement partie de leur famille lui-aussi. Et le fait qu’il veuille autant aider Ralph et c’était ce que Paige aimait le plus à propos du génie. Sans Walter, jamais elle n’aurait pu espérer créer un vrai lien avec son fils, alors encore moins entre Drew et Ralph. Elle lui devait déjà tout. Et elle savait qu’elle pouvait toujours compter sur lui, comme il le lui avait dit.

« Mais si Ralph a besoin de moi, je serais toujours là pour lui, lui-avait-il dit quelques jours plus tôt. » Et c’était vrai : il l’était, il le serait et il le resterait. Pour ça, Paige avait confiance en Walter. Il n’abandonnerait jamais Ralph comme Drew l’avait fait il y a sept ans.

 

(…)

 

La nuit avait déjà plongé la ville de Los Angeles dans le noir. Des conditions que privilégiaient les participants aux courses clandestines dans les rues de la ville. Au volant de la Lamborghini orange vif de King, Walter O’Brien se rapprocha de Slavomir. Ils étaient maintenant côte à côte et Walter baissa sa vitre afin de parler au serbe :

« Quitte ou double proposa-t-il. »

Slavomir sourit et ils relevèrent ensemble leurs vitres de portières. Walter se concentra ensuite sur tout ce qu’il avait vécu et appris dans la journée. Le signal allait bientôt être donné et il n’avait pas l’intention de perdre une nouvelle fois. Rien ne disait qu’il risquait de rencontrer le même obstacle mais ça pouvait toujours arriver. Les mots de Happy lui revinrent immédiatement en tête, comme une myriade d’autres souvenirs.

Pour avoir la voiture, il avait piraté une connexion internet très haut débit pour King. Mais malgré son grand enthousiasme, King allait sûrement tout autant le trucider que Slavomir s’il arrivait quelque chose à sa Lamborghini. Il allait vraiment devoir se concentrer pour gagner cette course. Il ne pouvait pas risquer de perdre une autre voiture qui ne lui appartenait pas ! Toby n’avait aucune idée qu’il avait provoqué Slavomir en duel pour une revanche. Tout le monde devait penser qu’il avait juste rendu une voiture à Slavomir.

Mais bien sûr, il ne pouvait pas donner une voiture qu’il avait empruntée. Il n’avait donc pas le choix : il devait gagner. Et Toby le comprendrait sûrement, comme les autres. Ce n’était pas comme s’il recherchait vraiment de l’adrénaline comme le psy l’avait « analysé ».

Et puis quel autre déplacement freudien allait-il trouver ? Ralph restait un génie, ils restaient complices tous les deux et Drew était reconnaissant de l’aide de Walter et proche de Ralph. Paige était aussi heureuse de son aide et il n’avait plus de raison d’être jaloux.

Oui… C’était bien ça ce sentiment poignant qui le poussait à prendre de plus en plus de risques comme Toby le disait, parce qu’il n’était pas capable du plus grand risque : Paige.

Le feu passa au vert et Walter s’éclaircit les idées en enfonçant la pédale d’accélération. La voiture partit à toute vitesse et il s’efforça de rester concentré sur sa propre conduite mais de surveiller aussi celle de Slavomir. Devait-il à nouveau tenté de prendre une autre route que le serbe afin d’être sûr de le dépasser ? Même s’ils devaient rencontrer un obstacle, Walter saurait le contourner cette fois. La Lamborghini aurait peut-être quelques dommages matériels mais rien d’irréparable… Et s’il gagnait, il aurait aussi une deuxième Lamborghini à donner à King. Oui, c’était sûrement la meilleure chose à faire.

Et puis combien de chances y avait-il pour que la même situation se produise deux soirs de suite ? Après avoir fait ce ridiculement simple calcul pour lui, Walter se décida à prendre son raccourci. Il fallait qu’il gagne cette course. Comme il ne pouvait pas laisser Ralph mettre son génie de côté. Walter devait se battre pour ce petit garçon. Il devait aider Drew pour ça même s’il n’appréciait pas plus le sportif qu’avant. Et pourtant… Pourtant quelque chose le tracassait toujours : quelque chose qu’il venait juste de comprendre…

S’il aidait Drew à se rapprocher de Ralph, s’il l’aidait à recréer une famille… Ce ne serait pas seulement Ralph qui se rapprocherait de Drew. Voilà le problème : depuis l’arrivée de Drew Winters dans la vie de Ralph et Paige Dineen, Walter avait peur que Drew ne se rapproche aussi de Paige à travers leur fils. Après tout, n’était-ce pas aussi ce qu’il faisait ?

Etait-il prêt à risquer ce rapprochement entre Paige et Drew ? Il n’était pas le père de Ralph, comme le répétait Paige mais il comptait pour lui. Et elle-aussi. C’était une évidence.

Comme c’était une évidence qu’il devait gagner cette course, quoi qu’il en coûte.

Walter écrasa la pédale d’accélération en voyant la voiture de cours de Slavomir devant lui alors qu’il allait récupérer le circuit traditionnel et qu’il voyait la ligne d’arrivée.

 

(…)

 

« … Ce fil va casser quand je roulerais à plus de 300 km/h ! »

Ce fut la première chose qu’entendit Paige Dineen en rejoignant les génies dans le fond du Garage. La première chose qu’elle vit ensuite – et ses sens étaient peut-être orientés par la teneur et la vigueur du propos dans la voix de Walter – fut une magnifique voiture de course rouge. Une Ferrari, crut deviner Paige. Elle savait bien depuis le premier jour où elle avait rencontré Walter combien il aimait piloter des voitures de course à des vitesses de dingue. C’était même comme ça qu’ils avaient vécu les pires moments de leur rencontre…

Seulement, cette fois, il reprenait des clés de voiture à Happy – qui semblait pourtant ne pas vouloir les lâcher – et il agissait comme si cette voiture de luxe était sa propriété. Les salaires de la Sécurité Intérieure étaient vraiment très suffisants pour acheter un tel bijou, pensa d’abord Paige. Mais il faudrait économiser au moins une bonne année et elle se souvenait bien de la dernière folie du génie – cette borne de jeu de Proton Arnold, une vraie antiquité qui valait son prix. Et pas dix mois s’étaient écoulés depuis l’arrivée du jeu au Garage. Donc cette voiture devait être un cadeau et après la proposition de Richard Elia.

« C’est quoi ça ? Demanda-t-elle afin d’en savoir plus.

  • Des ennuis, répondit Toby. »

Au son de sa voix, Walter se tourna vers eux et apostropha Ralph à qui il voulait montrer la « superbe mécanique » de la Ferrari. Ils examinèrent alors le moteur de la voiture. Paige sourit en les voyant si complices. C’était devenu une scène habituelle au Garage mais elle appréciait toujours de voir son fils si proche de quelqu’un d’autre. Et il n’y avait personne de plus proche de Ralph que Walter O’Brien.

 « Pourquoi Ralph porte un costard ? Demanda le psychiatre.

  • C’est la photo de classe aujourd’hui, il est trop mignon : c’est lui qui a choisi sa tenue. »

Paige était d’ailleurs très fière de son fils. Il avait vraiment tenu à se faire beau. Il y a encore quelques mois, l’expérience d’une photo de classe, la présence d’une foule, l’aurait repoussé. Mais plus maintenant : il avait tellement évolué auprès de Walter et des autres.

Toby lui demanda si rien ne lui sautait aux yeux et Paige dut avouer que non. Le psy demanda alors à Ralph d’enlever sa veste – soi-disant pour ne pas se salir – et Walter l’aida à l’enlever. Juste après, Happy insista à son tour pour qu’il remonte ses manches et Ralph obéit. Et c’est là que ça sauta aux yeux de Paige. Le commentaire de Toby ne la troubla qu’encore plus : elle élevait un « mini-Walter ».Comment avait-elle pu ne pas le remarquer ?! Depuis cette affaire d’amour entre une espionne et un analyste de la CIA, et surtout le rêve – dont elle pouvait toujours se rappeler les moindres détails – qu’elle avait fait la nuit précédente de cette mission, Paige Dineen avait pris l’habitude d’observer plus attentivement les tenues de Walter, ainsi que ses gestes, ses attitudes. Elle ne pouvait s’en empêcher après avoir rêvé de lui en peignoir… Elle aurait même pu avouer qu’elle aurait aimé que ça n’est pas été qu’un simple rêve ou que ce soit un rêve que l’on oublie au réveil…

« J’hallucine… dit Paige en voyant que non seulement ils portaient la même nuance de bleu sur leur chemise et la même cravate noire, presque la même coiffure mais aussi la même posture, à se tenir les mains sur les hanches avec le même sourire crispé. »

Encore une fois, elle se demanda comment elle avait pu ne pas voir que Ralph l’avait copié aussi fidèlement. Et elle sut aussi vite pourquoi : son inconscient devait l’avoir protégé de cette idée. Elle ne pouvait pas voir de ressemblances avec l’homme pour qui elle avait une telle attirance chez son propre fils. Mais maintenant, comme l’avait dit Toby, ça lui sautait aux yeux. Et elle avait avoué à Toby qu’elle trouvait Ralph « mignon »…

Alors qu’elle continuait de se demander comment elle allait gérer cette histoire, Sylvester Dodd courut dans leur direction – ou plutôt celle de Walter et Ralph – avec une figurine dans les mains. Il expliqua qu’elle venait de lui arriver et que c’était un prototype d’une figurine des années 70 de Super Fun Guy. Il ajouta ensuite qu’il allait bientôt recevoir toute l’équipe et compara les super-héros de la BD à l’équipe de génies de Scorpion :

« Une vraie équipe, comme nous, conclut Sylvester après avoir énuméré tous les noms des super-héros de sa BD favorite.

  • C’est gentil, dit Ralph, mais je ne fais pas vraiment partie de Scorpion. »

Paige n’eut pas le temps de réagir ou même de se demander si c’était vrai, parce qu’il n’était qu’un enfant et que les génies de l’équipe se mettaient déjà souvent en danger, ou si c’était faux parce qu’ils ne formaient pas seulement une équipe de professionnels mais une famille. Elle n’eut rien le temps de dire car Walter réfutait déjà la déclaration de Ralph :

« Hein ? Quoi ?! Quoi ?! Quoi ?! Mais bien sûr que si ! Grâce à tes prouesses en jeu vidéo, on a coincé des sales types, tu as hacké un navire de guerre japonais, tu es un élément très, très important de l’équipe. L’assura-t-il. »

Etonnamment, ce discours aurait dû la rendre fière. Seulement, quand elle y réfléchissait bien, c’était vrai : Ralph faisait partie de Scorpion, et pas seulement de leur famille. Il était l’un des leurs, un génie, un hackeur et tout comme Walter il aidait les autres.

Mais s’il continuait de suivre l’exemple aussi fidèlement de Walter O’Brien, ça n’allait pas bien finir et Paige ne voulait pas penser une chose pareille. Sylvester voulut donner sa figurine de Super Fun Guy à Ralph pour lui prouver qu’il faisait bien partie de l’équipe.

« Il ne peut pas la garder, rit Paige.

  • C’est bon ! Je dois en avoir quatre autres ! »

Vaincue, Paige se dit que ça faisait plaisir à son fils, à Sylvester, à Walter et que ça devait lui faire plaisir à elle-aussi. Super Fun Guy, c’était un peu la mascotte de l’équipe et un intérêt commun entre Sly et Ralph. Paige réalisa ensuite qu’ils passaient beaucou


Emilie1905  (22.11.2020 à 12:52)

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