HypnoFanfics

L'épreuve

Série : Numb3rs
Création : 13.09.2009 à 18h33
Auteur : Cissy 
Statut : Terminée

« Un épisode écrit il y a déjà quelque temps, dans lequel, pour changer, Don se trouve en difficulté... » Cissy 

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L’homme avait continué sa péroraison : il avait besoin de montrer à son vis-à-vis sa supériorité sur lui, de l’humilier en lui prouvant combien il avait été plus malin, plus avisé que lui. C’est ainsi qu’il avait confirmé à Don la théorie que celui-ci avait établie, à savoir qu’il y avait déjà longtemps qu’il avait compris que le camping-car était l’endroit idéal pour vivre. Jamais il ne prenait de meublé ou de chambre d’hôtel. Cette disponibilité lui permettait aussi de s’approcher des cibles potentielles, d’étudier tous les mouvements, de prévoir chaque étape des opérations et de s’éloigner tout aussi discrètement qu’il s’était approché. Nul n’avait jamais soupçonné la manœuvre, même ses hommes ignoraient où il vivait : ainsi, en cas d’arrestation, pas de trahison possible.

Et cet après-midi là, il avait compris ce qui se tramait en observant ses hommes arriver un à un au lieu de rendez-vous : il n’avait pas tardé à déceler les équipes de filature ; l’arrivée du car de commandement n’avait fait que lui confirmer les faits et il avait alors imaginé le piège dans lequel étaient tombés les agents. Don, bien qu’il ne voulut pas lui faire le plaisir de sembler s’intéresser à ce qu’il faisait, ne put s’empêcher de demander :

- Mais pourquoi n’avoir pas prévenu vos hommes ? Vous aviez obligatoirement le moyen de rentrer en contact avec eux.

Mc Stylsen avait eu un rictus sardonique.

- A ton avis agent spécial Don Eppes ?

Chaque fois qu’il prononçait son nom de cette façon, Don sentait un frisson le parcourir.

- Vous vouliez qu’ils se fassent prendre c’est ça ? Vous commenciez à en avoir assez de cette bande-là ? Et puis, ainsi, pas de partage à faire n’est-ce pas ?

Le sourire du malfaiteur s’était agrandi.

- Mais je vois que je n’ai pas à faire au dernier des imbéciles ! Puissamment raisonné agent spécial Don Eppes. Et oui, ces idiots commençaient à me fatiguer ! A cause d’eux, notre première opération ici a failli être un vrai fiasco. Il était temps que je m’en débarrasse. Merci de m’avoir aidé dans cette tâche.

- Et vous comptez vraiment vous en tirer ainsi ?

- Tu sais agent spécial Don Eppes, tu peux me tutoyer. Nous allons passer pas mal de temps ensemble, et nous allons être amené à faire connaissance. Intimement connaissance devrai-je dire, alors crois-moi, le vouvoiement est un peu surfait.

Don n’avait pu réprimé un nouveau frisson à la fois à cause de tout ce que sous-entendaient ses paroles, mais aussi du ton sur lequel elles étaient dites et surtout du regard, où le sadisme le disputait à la luxure, que l’homme avait posé sur lui en les prononçant. Il s’était raidi, s’attendant à ce qu’il s’en prenne à lui, mais Mc Stylsen s’était alors détourné et dirigé vers le fond du camping-car.

- En fait, je me suis arrêté parce que j’avais un petit creux : tu as faim ? tu veux quelque chose ?

Don n’avait même pas daigné répondre à la provocation. Avec un sourire qui disait qu’il n’était pas dupe, Mc Stylsen avait mis de l’eau à chauffer puis s’était à nouveau approché de lui, une écharpe à la main.

- Puisque tu n’as pas l’air du genre bavard, tu ne seras pas vexé que je m’assure que tu ne cries pas en mon absence. On n’est pas vraiment isolé ici, alors je ne voudrais pas que des curieux soient attirés par tes appels. Ce serait très dommage… surtout pour eux.

Don ne pouvait se méprendre sur le sous-entendu de cette remarque. D’un autre côté, cela semblait indiquer que Mc Stylsen allait le laisser seul quelque temps. Il n’en revenait pas de l’impudence du bandit : alors qu’il était traqué par toutes les polices de Los Angeles, qu’il venait de tuer trois agents du F.B.I., il comptait aller se promener en ville comme si de rien n’était. Inconscience ou sentiment de totale impunité ? Il s’était à nouveau dit que cet homme était en fait fou à lier.

- Bon , je n’en ai pas pour longtemps. Tâche de te reposer un peu, tu vas avoir besoin de toutes tes forces, je te le garantis ! 


Cissy  (07.10.2009 à 21:53)

CHAPITRE XXIII

 

Dès qu’il était sorti, Don avait désespérément tenté de se libérer, se contorsionnant sur le lit, malgré la douleur. Le sang s’était alors mis à couler de sa blessure à l’épaule. Il le sentait aussi dégouliner sur son visage : il avait sans doute une plaie profonde au front qu’il lui était impossible de voir. Mais il n’avait pas affaire à un amateur et Mc Stylsen s’était bien assuré que son prisonnier ne risquait pas de lui échapper. L’agent n’avait fait qu’ajouter d’autres douleurs à celles qui le faisaient déjà souffrir : le métal des menottes lui écorchait cruellement la peau et il n’avait réussi qu’à l’enfoncer dans la chair de ses poignets qui s’étaient mis à saigner à leur tour.

A bout de force, il avait dû renoncer : il n’avait plus qu’à s’en remettre à la chance que quelqu’un le retrouve avant que son ravisseur ne revienne. Mais il savait que les probabilités que cela se produise étaient infimes. Ce terme de probabilités avait ramené sa pensée vers Charlie : il s’était demandé comment pouvait bien réagir son petit frère à ce moment précis ? Il avait peur pour lui, sachant combien il était sensible. Il était sûr que la nouvelle de son enlèvement l’avait bouleversé, surtout après les deux cauchemars qu’il avait fait à son sujet, et il aurait tout donné pour pouvoir le rassurer.

Et son père ? A l’heure qu’il était, était-il au courant de la situation précaire dans laquelle se trouvait son fils aîné ? Il aurait tout donné pour épargner à sa famille la douleur qui allait être la sienne lorsqu’elle apprendrait ce qui s’était passé. Il s’en voulait, pour eux, pour les trois agents morts dans le car : pourquoi eux et pas lui ? Il ignorait qu’il réagissait comme tout survivant à une catastrophe qui a du mal à concevoir d’être le seul à avoir échappé au pire. Au pire ?

Ses pensées le ramenèrent à Mc Stylsen et à ce qu’il lui avait dit : il n’y avait pas à se méprendre sur le sens de sa déclaration. Il avait bel et bien l’intention de le torturer et, selon toute vraisemblance, de le violer s’il accordait du crédit aux mots employés lors de leur conversation. A cette idée, Don sentit l’affolement le gagner : il pensait pouvoir résister moralement à la torture mais l’idée même du viol, et tout ce que cela impliquait pour un homme, le terrifiait !

Il cherchait désespérément une échappatoire à cette menace : il ne pourrait pas endurer cela, non, pas cela ! Saisi de panique, il s’était à nouveau mis à se débattre, essayant vainement d’arracher l’anneau dans lequel étaient passées ses menottes. Mais à plat dos comme il l’était, qui plus est handicapé par la douleur de son épaule blessée, il n’avait pas assez de force pour parvenir à ses fins. Il aurait fallu qu’il puisse se retourner, mais ses chevilles étaient, elles, rivées au pied du lit, la ceinture passée autour du montant de celui-ci : Mc Stylsen ne lui avait laissé aucun chance !

Il s’était alors efforcé de retrouver son calme : la panique, outre qu’elle ne le mènerait à rien, ne ferait qu’exciter la cruauté de son ravisseur qui jouissait tout autant de la souffrance qu’il infligeait à ses victimes que de la terreur qu’il provoquait chez eux. Il ne lui donnerait pas cette joie ! Et puis il était épuisé : ses mouvements avaient provoqué une perte sanguine importante et il se sentait faible ; le matelas était imprégné de sang. Il avait eu un sourire las : finalement, il aurait peut-être la chance de mourir de ses blessures avant que Mc Stylsen ne lui fasse subir les abominations qu’il envisageait. Il imaginait quelle serait alors la frustration du criminel. Peut-être tenait-il là la solution : faire en sorte de provoquer une hémorragie mortelle.

Puis il s’était dit qu’il n’en avait pas le droit : il devait essayer de survivre le plus longtemps possible de manière à donner à ses collègues et à Charlie l’opportunité de le sauver. Il n’avait pas le droit de baisser les bras !

Mc Stylsen était alors revenu, interrompant ses réflexions. Il tenait à la main un sac de fast-food qui dégageait une délicieuse odeur de poulet frit. Il retourna au fond du camping-car, sans prêter attention à Don, et l’eau qu’il avait mis à bouillir étant chaude, il s’était préparé une grande tasse de café. Puis il s’était attablé juste en face du lit et s’était mis à manger, gardant le regard rivé sur son prisonnier. Celui-ci avait alors senti un grand froid l’envahir devant tout ce que ce regard recelait de froide cruauté et de concupiscence. Il avait compris que le repas du malfrat était un répit pour lui et que son calvaire commencerait aussitôt la dernière bouchée avalée.

- Tu ne veux rien ? Vraiment ?   lui avait soudain proposé Mc Stylsen, ironiquement.

Il savait bien que jamais Don n’accepterait de partager un repas avec lui. Par ailleurs, son bâillon ne se prêtait pas vraiment à l’alimentation ! Un rot aussi puissant que trivial avait clôturé son repas. Sans un regard pour sa victime, il avait alors rangé soigneusement le coin repas. Don n’avait pas fait un geste : il savait que l’homme s’attendait à lire la peur dans son regard. Il ne voulait pas lui donner ce plaisir. Puis Mc Stylsen s’était approché de lui.

- Bien, agent spécial Don Eppes. Et si nous faisions un peu plus ample connaissance tous les deux ?   

Le malheureux s’était raidi, pensant avec effroi que le moment tant redouté était arrivé. Il avait seulement espéré être assez courageux pour ne pas supplier, ne pas lui donner la jouissance qu’il attendait.


Cissy  (10.10.2009 à 00:04)

CHAPITRE XXIV

 

Le criminel avait commencé par lui ôter ses chaussures et ses chaussettes et ses mains se mirent à lui masser les pieds : un moment il essaya de se rappeler si le dossier du F.B.I. mentionnait une tendance au fétichisme. Mais c’était sans doute ce que le misérable aurait appelé une mise en condition : commencer par un acte qui semblait à priori bien anodin de manière à faire monter la pression par étape chez son jouet.

Ensuite Mc Tylsen avait quitté les pieds et était venu s’asseoir près de lui. Il tenait à la main un petit flacon qu’il lui passa sous les narines : Don avait identifié, sans aucun doute possible l’odeur du citron. Il n’avait pas eu le temps de se demander ce que le criminel comptait faire avec que déjà il avait senti le liquide couler sur son front, directement sur sa blessure. La douleur avait été horrible et un cri étouffé avait passé la barrière du bâillon, amenant un sourire ravi sur le visage du tortionnaire dont les mains étaient alors descendues sur son torse.

Don avait fermé les yeux lorsqu’il avait senti les doigts de son agresseur s’attaquer aux boutons de sa chemise : il ne pouvait rien faire d’autre qu’attendre que ça passe et supplier que ce soit le plus bref possible ! Les mains puissantes de son geôlier couraient maintenant sur son torse après avoir écarté largement les pans de la chemise.

- Ouvre les yeux, regarde-moi ! 

Une gifle puissante avait accompagné l’ordre et Don avait senti le goût du sang dans sa bouche. Ses yeux s’étaient ouverts malgré lui et ce qu’ils découvrirent le fit frissonner : au-dessus de lui, Mac Stylsen se penchait, avec dans le regard une lueur trouble de désir mal contrôlé tandis que ses mains moites continuaient inlassablement de s’attarder sur le torse et le ventre de sa victime, le palpant, le caressant. Puis il l’avait vu saisir à nouveau le flacon et une protestation affolée avait jailli malgré lui, étouffée par le tissu qui recouvrait sa bouche.

L’homme, tout en le regardant droit dans les yeux, une lueur de jubilation intense au fond du regard, provoquée à la fois par l’excitation de la souffrance qu’il s’apprêtait à lui infliger et le plaisir de lire dans ses yeux la peur qu’il n’avait pas réussi à dissimuler, avait approché lentement le flacon de son épaule blessée et l’avait incliné. Une douleur atroce l’avait alors traversé et il n’avait pu s’empêcher de hurler derrière son bâillon tandis que son tortionnaire éclatait de son rire malsain.

Puis la douleur avait petit à petit reflué, le laissant pantelant. Il priait désespérément pour que ça s’arrête, pour qu’il lui soit accorder de s’évanouir et de ne plus rien sentir. Mc Stylsen avait alors cessé un moment de le torturer, se contentant de le regarder fixement, un sourire narquois au bord des lèvres, imaginant déjà ce qu’il allait bien pouvoir lui faire subir ensuite et anticipant le plaisir qu’il en tirerait.

Don avait soudain senti les mains tenter de s’insinuer sous le tissu de son pantalon : l’homme avait grogné quelques mots imprécis. En cet instant, il n’avait plus rien d’humain, si tant est qu’il y ait jamais eu en lui la moindre parcelle d’humanité. Les doigts s’étaient attaqués à la fermeture du pantalon qui n’avait pas résistée longtemps et tout le corps de l’otage s’était rétracté lorsque l’agresseur avait fait glisser le vêtement le long de ses jambes, qu’il avait commencé à caresser ses cuisses comme il l’avait fait pour le torse. Une puissante nausée avait submergé l’agent à sentir ces mains avides explorer son corps comme s’il n’était qu’un morceau de viande.

D’un seul coup il avait compris toute la détresse des femmes violées qu’il avait rencontrées : il avait toujours eu beaucoup de compassion pour elles mais c’est seulement en cet instant qu’il se rendait compte quelles pouvaient être leur détresse, leur révolte et leur colère.

Une nouvelle gifle suivie de plusieurs coups de poings s’étaient abattus sur son visage pour l’obliger à ouvrir les yeux à nouveau. Il avait senti le sang couler de son nez et de son arcade sourcilière fendue par la chevalière que Mc Stylsen portait à la main droite.

- Tu apprécies hein ?

 La voix du malfrat était rauque de désir et Don s’était dit que l’innommable était sans doute proche. Il n’avait maintenant qu’une hâte : puisqu’il n’avait aucun moyen d’échapper à cette abomination, qu’au moins ce soit rapide et qu’il en termine avec cette terreur qui lui mordait le ventre malgré lui ! Mais son tortionnaire n’avait en aucun cas semblé vouloir hâter le dénouement que, de toute façon, il savait ne dépendre que de sa seule volonté.

Il avait tendu la main vers une étagère située au-dessus du lit et y avait saisi un objet que Don n’avait pas identifié sur le moment. Ce n’était que lorsqu’il avait commencé à le passer sur ses cuisses qu’il avait compris qu’il s’agissait d’une brosse métallique. Ses jambes lui avaient  bientôt envoyé de longues ondes de souffrance et Don n’avait pu s’empêcher de laisser échapper des gémissements tant la douleur devenait effroyable : il avait l’impression qu’on l’écorchait vif, ce qui n’était pas loin de la réalité

Et puis son calvaire avait pris fin et il s’était efforcé de reprendre sa respiration, de chasser au loin la souffrance. Les yeux clos, il s’était concentré sur ses mouvements respiratoires, s’obligeant à inspirer et expirer le plus lentement possible. Il ne voulait pas permettre à son tortionnaire de lire dans ses yeux le mal qu’il lui avait fait. Une gifle violente s’était de nouveau abattue sur son visage.

- Ouvre les yeux, tout de suite ! Sinon, je te garantis que tu vas le regretter, menaça le criminel.

Don fixa son regard sur lui, espérant qu’il ne réussirait pas à y déceler la souffrance et la peur. Son cœur s’était arrêté dans sa poitrine lorsqu’il avait vu ce que l’homme tenait à quelques centimètres de son visage : une salière dont il avait immédiatement deviné la destination. Il avait alors concentré toutes ses forces, toute sa volonté sur un seul but : que son tortionnaire ne lise pas de supplication dans son regard, il ne voulait pas lui donner cette joie.

Et puis, doucement, pour jouir au maximum de la peur qu’il décelait en lui, cette peur incontrôlable envoyée par un corps qui a connu la souffrance et l’anticipe désormais avec une appréhension grandissante, Mc Stylsen avait élevé la salière au-dessus des jambes qu’il venait de supplicier et avait versé la poudre blanche, la répandant sur les plaies à vif. Ses mains s’étaient alors posées sur les cuisses dans un mouvement de massage destiné à s’assurer que le maximum de substance allait se déposer sur la chair écorchée, provoquant une onde de souffrance intolérable qui se prolongerait d’autant plus que le sel continuerait à attaquer les tissus bien après son application. Don se tordait de douleur et des cris étouffés lui échappaient malgré lui.

Puis l’homme avait cessé de le toucher et il l’avait senti s’éloigner. Mais la douleur, lancinante, continuait à le torturer.


Cissy  (10.10.2009 à 19:18)

CHAPITRE XXV

 

Mc Stylsen s’était assis dans le fauteuil à côté du lit, s’était servi une tasse de café, et tout en la dégustant, il s’était mis à lui parler.

-  Ca t’a plus agent Don Eppes ? C’est juste un petit avant-goût de ce que je vais te faire : des préliminaires avant de passer aux choses sérieuses. Ne sois pas trop déçu. Je sais faire durer l’attente, avant de te donner ce que tu espères sans l’avouer. Au départ tu gémiras, tu supplieras, tu diras que tu ne veux pas, et puis après un peu d’entraînement tu en redemanderas. Crois-moi, tu finiras par t’y habituer et même par y trouver du plaisir. Je te garantis que, si tu restes assez longtemps avec moi, je t’en donnerai beaucoup ! 

Il avait alors entrepris un long monologue pour détailler à sa victime les sévices qu’il allait lui faire subir et Don avait senti la nausée le submerger aux descriptions effroyablement précises de ce qui l’attendait. Il s’était alors dit que, si on ne le retrouvait pas à temps, il espérait mourir bien avant que le sadique n’ait pu lui faire endurer ne serait-ce qu’une fraction de ce qu’il lui exposait avec délectation.

Puis soudain Mc Stylsen déclara :

- Bon, assez parlé, ça me fatigue. Il va falloir penser à repartir. Mais, je vais me détendre encore un peu avant de reprendre la route.

Il avait allumé un cigare malodorant et s’était vautré dans le fauteuil, gardant les yeux fixés sur sa victime, un sourire narquois sur les lèvres, comme souriant à une plaisanterie connue de lui seul. Puis il s’était à nouveau approché du lit et alors Don avait compris ce que « se détendre »   signifiait pour le prédateur : c’était le faire souffrir. 

Il avait soudain senti un picotement sur la face interne de la cuisse, juste au-dessus du genou. Ce picotement s’était transformé en grésillement et un hurlement, étouffé par le bâillon lui avait échappé. Mc Stylsen venait de poser le bout incandescent de son cigare sur sa peau nue. Un rire gras lui avait échappé en voyant sa victime se tortiller pour tenter d’échapper à la souffrance intolérable qu’il provoquait chez elle. Puis il avait recommencé, encore et encore, sur les cuisses déjà martyrisées, mais aussi sur le ventre, et au niveau de l’estomac. Don n’avait pu s’empêcher de hurler à chaque nouveau contact du cigare sur sa peau. Puis ses hurlements avaient faibli et il avait fini par perdre connaissance.


Cissy  (11.10.2009 à 17:20)

CHAPITRE XXVI

 

Toutes ces horreurs lui revinrent en mémoire aussitôt qu’il ouvrit les yeux. Et la douleur se réinstalla, insidieuse, assassine. Mais, ce qui l’inquiétait par-dessus tout, c’était ce qui avait pu se passer après son évanouissement : Mc Stylsen en avait-il profité pour … ? Il ne parvint pas à formuler la fin de sa question.

Il se concentra alors au maximum pour tenter d’isoler, un à un, les foyers de douleur. Il avait l’impression que sa tête allait exploser et son épaule le lançait atrocement, chacune des brûlures infligées par son tortionnaire, il était incapable de savoir combien il y en avait, le fouaillaient, le sang dans ses mains, insuffisamment irriguées du fait du serrage maximum des menottes, battait douloureusement et ses poignets, maintenant profondément entamés par le métal, le faisaient souffrir au moindre mouvement de même que ses jambes dont il savait qu’elles devaient maintenant être à vif. Son visage ne devait pas vraiment être beau à voir non plus.

Mais il lui semblait qu’aucune douleur n’irradiait de son bas ventre et cela le rassura. Puis, la conscience lui revenant totalement, il s’aperçut que, si son torse et ses jambes étaient dénudés, son pantalon était toujours descendu à mi-jambes et il portait encore son sous-vêtement et il respira, soulagé.

Il n’était pas dupe : ce n’était qu’un répit. Sa chance, toute relative, tenait au fait que, les autres fois, Mc Stylsen abusait de ses victimes pendant que ses complices conduisaient : là, obligé d’être lui-même au volant, il devrait bien remettre à un peu plus tard ses instincts pervers. Quoique, malheureusement, l’épisode précédent avait montré qu’il n’avait nullement peur de s’arrêter pour se livrer à ses activités favorites.

Tôt ou tard Mc Stylsen laisserait la bride à ses pires turpitudes et s’il n’avait pas profité de son évanouissement, ce n’était pas par bonté d’âme mais plutôt parce qu’il tenait à ce que ses victimes soient conscientes lorsqu’il leur faisait subir cette horreur : à la fois parce que leur souffrance décuplait sa jouissance, mais aussi pour les humilier, les avilir au maximum. Mais chaque minute qui passait était gagnée sur l’irréparable : chaque minute en plus était une chance supplémentaire donnée à Charlie et à son équipe pour le retrouver avant que son tortionnaire ne parvienne à ses fins.

Soudain, il s’aperçut qu’il avait les pieds libres. Il se souvint alors que Mc Stylsen l’avait en effet détaché pendant qu’il le torturait, pour pouvoir plus facilement le martyriser, les cuisses serrées l’une contre l’autre présentant une certaine forme de protection. Le fait de pouvoir les écarter lui avait permis de lui infliger des brûlures insoutenables sur l’arrière des genoux et sur la face interne des cuisses, tout en haut,  à la limite des organes génitaux, à cet endroit où la peau est si sensible. C’est d’ailleurs à la suite de ces brûlures qu’il avait perdu connaissance.

Mais maintenant, il avait toute sa conscience et il avait bien l’intention de profiter au maximum de la relative liberté que lui avait accordée son geôlier. Celui-ci avait commis une erreur en sous estimant sa résistance et ses facultés de récupération !

Malgré la souffrance que provoquait chaque mouvement, Don réussit à se retourner sur le ventre : ce n’était pas facile, mais la manière dont ses poignets étaient entravés se prêtaient à la manœuvre. Il serrait les dents pour ne laisser échapper aucun gémissement qui pourrait alerter Mc Stylsen, même s’il était peu probable que celui-ci entende quoi que ce soit dans la cabine, entre le bruit du moteur et l’auto-radio qui vomissait à tue-tête du reggae. Mais Don n’avait pas l’intention de laisser passer la seule chance qu’il aurait sans doute d’échapper au malfaiteur : c’était nécessaire avant tout pour éviter les sévices que celui-ci avait l’intention de lui infliger, mais aussi pour permettre son arrestation. Sans otage, il n’aurait plus aucune chance. D’ailleurs, quitte à y laisser la vie, l’agent avait bien l’intention de tout mettre en œuvre pour l’arrêter lui-même s’il réussissait à se libérer.

Une fois sur le ventre, et malgré la douleur engendrée, il ramena ses jambes sous lui de manière à se mettre à genoux. Ses cuisses, raides et enflées, lui infligèrent une véritable torture mais, malgré les larmes de douleur qui coulaient sur son visage, il refusa d’abdiquer. Lorsqu’il fut parvenu à genoux, il jeta un coup d’œil à la montre que Mc Stylsen lui avait laissée : il était près de dix-huit heures trente.

Cela faisait donc déjà plus de trois heures qu’il avait été enlevé : c’était à la fois bon et mauvais signe. Bon parce que plus le temps passait, plus on augmentait les chances de le retrouver, mauvais parce qu’il était étonnant qu’on ne l’ait pas encore repéré. A moins que nul n’ait encore fait le rapprochement avec un camping car.

Au moment où il allait commencer à tirer sur les menottes, étant maintenant dans une position lui permettant d’espérer desceller l’anneau de la paroi, le camping-car s’arrêta. Il comprit qu’il n’avait aucune chance de s’évader sur le champs et que, si Mc Stylsen s’apercevait qu’il avait pu changer de position, il le riverait de nouveau au pied du lit, lui ôtant par la même toute chance de s’enfuir plus tard.

Il se remit donc rapidement sur le dos, trop rapidement d’ailleurs car la douleur qu’il s’infligea lors de ce mouvement faillit lui arracher un cri qu’il réprima grâce à sa volonté de fer et lui provoqua une sorte de malaise qui le laissa sans force, les oreilles bourdonnantes et le sang martelant ses tempes tandis que ses yeux se fermaient. Il avait assez de conscience pour penser cependant que ce malaise était aussi sa chance : Mc Stylsen, en le trouvant dans cet état, n’aurait en effet aucun soupçon sur ce qui venait de se passer.


Cissy  (13.10.2009 à 22:15)

CHAPITRE XXVII

 

Ce fut effectivement ce qui arriva. Le ravisseur pénétra à nouveau dans la cabine et jeta un regard cruel à son prisonnier, heureux de le voir en proie à la souffrance. Il s’approcha de lui et lui ôta son bâillon. Puis, avec un sourire sadique, il dit :

-  Ici personne ne viendra nous déranger. Tu vas pouvoir exprimer tous tes sentiments à ta convenance !

La manière dont il insista sur le tout ne permettait aucune ambiguïté sur le sens de la phrase qui voulait dire :

-  Tu vas pouvoir hurler tant que tu veux sans qu’on risque de t’entendre. 

Saisissant un téléphone cellulaire, Mc Stylsen reprit :

- Bon, et si on donnait de tes nouvelles à ton papa agent spécial Don Eppes ?   

Don le regarda, effaré.

- Qu’est-ce que vous voulez dire ? demanda-t-il d’une voix rauque.

- Tu ne crois pas que ton papa pourrait s’inquiéter de ton absence ? Il se trouve qu’avant de t’emmener, j’ai relevé les cinq premiers numéros inscrits en raccourcis claviers sur ton portable. Bon, il y en a qui sont ceux de tes collègues, ça ne m’intéresse pas. Et puis j’ai vu celui-là : papa. Ce serait sympa non d’appeler ton papa ? Et, au fait, pourquoi tu n’as pas aussi celui de ta maman ?

C’en était trop pour Don. Le fait d’entendre ce criminel parler de sa mère le révolta. Il leva la jambe droite et lui porta un coup de pied, mal assuré qui fit rire l’homme, de son rire cruel.

- Et bien, on dirait que j’ai touché la corde sensible ! Tu n’aimes pas qu’on parle de ta maman on dirait ?

En même temps, il frappait violemment l’agent sur le genou. Don hurla de douleur et se le tint pour dit : il n’avait aucune chance d’avoir le dessus sur cet homme. Quand bien même il n’aurait pas été attaché, l’état de faiblesse dans lequel il avait conscience de se trouver, ne se prêtait pas à une confrontation physique avec lui. C’était idiot d’avoir tenté ça : il était tombé dans le piège tendu par ce psychopathe !

- Bon, on reparlera de maman plus tard. Je disais donc, on va appeler papa, d’accord ?

- Non, s’il vous plaît, laissez-le en dehors de ça !

La prière avait jailli malgré lui. L’éclat de rire heureux qui accueillit celle-ci lui fit comprendre qu’il venait d’entrer dans le jeu inhumain de son adversaire.

Il se souvint alors d’avoir lu, dans les antécédents du malfaiteur, que celui-ci aimait faire souffrir les familles des victimes autant que les victimes elles-mêmes. A chaque fois qu’il avait enlevé, torturé et violé un malheureux, il s’était empressé de faire parvenir aux familles des preuves des souffrances endurées par l’être aimé : appels durant lesquels il les torturait en direct, enregistrements audio ou vidéos. Certaines personnes s’étaient donné la mort après avoir reçu ces horreurs : encore des victimes à son actif.

Don savait qu’il était inutile d’essayer de le faire changer d’avis, toute prière ne ferait qu’aiguiser son plaisir. Il était inutile de s’humilier pour rien. Il se tut donc, priant de toute son âme pour que son père ne prenne pas l’appel qui ne pouvait manquer de le bouleverser.

Mc Stylsen avait fait le numéro sur son téléphone. Un instant Don eut un mouvement d’espoir en pensant à une localisation possible puis il se rendit compte que le malfaiteur utilisait un téléphone intraçable : il n’aurait pas commis une telle erreur !

- Ca sonne ! Tu vas pouvoir dire bonsoir à ton papa agent spécial Don Eppes.

- Je vous en prie, faites qu’il ne réponde pas… suppliait Don intérieurement.

Il entendait la sonnerie relayée par l’amplificateur de Mc Stylsen avait branché à l’appareil.

- Allô, ici Alan Eppes.

Don eut un gémissement de désespoir : il aurait tant voulu épargner à son père ce qui allait suivre ! Il avait peur beaucoup plus pour Alan que pour lui-même, pourtant il savait que son tortionnaire s’apprêtait à le faire souffrir de nouveau.

- Monsieur Eppes ? Je voulais vous donner des nouvelles de votre fils.

 A l’autre bout du combiné, Alan se raidit, pressentant que quelque chose de monstrueux se préparait. D’un geste machinal, il enclencha la commande d’enregistrement de la conversation.

- Oh mon Dieu, il est arrivé quelque chose à Charlie ?

- Je vous passe votre fils, continua la voix, semblant n’avoir prêté aucune attention à la question posée.

Mc Stylsen tendit le combiné vers Don qui secoua farouchement la tête en signe de dénégation : il refusait de parler, d’infliger à son père la souffrance de le savoir entre les mains d’un criminel sadique. Il aurait dû savoir que son ravisseur ne se contenterait pas de son refus : d’un geste rapide, il frappa sèchement sur l’épaule blessée du malheureux qui ne put s’empêcher de pousser un cri de douleur.

A l’autre bout du fil Alan tressaillit en entendant cette voix déformée à la fois par l’effet acoustique et par la souffrance. Mais il lui semblait bien en avoir reconnu l’intonation malgré tout. L’angoisse au cœur il cria :

- Donnie ? Oh mon Dieu ! Donnie c’est toi ? C’est toi chéri ? Qu’est-ce qui se passe, réponds-moi ?

- Laissez-lui un instant, répondit la voix doucereuse dans laquelle il distingua une jubilation intense.

Don s’efforçait de reprendre son souffle, de chasser au loin la douleur. Il entendait, comme dans un brouillard, la voix affolée de son père qui lui demandait de lui parler. Il devait lui répondre, le rassurer : il ne pouvait le laisser dans cette incertitude. Quand il pensa maîtriser suffisamment sa voix pour ne pas laisser transparaître sa souffrance, il articula :

- Oui, c’est moi papa. Ca va aller, surtout ne t’inquiète pas.

- Qu’est-ce qui t’arrive Donnie ? Où es-tu ? Qui est cet homme ? Qu’est-ce qu’il t’a fait ?

La panique perceptible dans la voix de son père l’atteignait comme autant de coups de poignard et il enrageait de voir le plaisir qui se peignait sur les traits brutaux du bandit.

- Papa écoute, je te promets que ça va aller. Il prit une longue respiration et ajouta, très vite : maintenant raccroche papa, je t’en supplie raccroche tout de suite et ne réponds plus au téléphone !

Mc Stylsen eut un rugissement de rage et le frappa violemment à l’aine en s’exclamant :

- Je ne vous le conseille pas si vous tenez à lui ! Raccrochez ce téléphone et votre fils est mort ! 

Alan avait entendu le bruit du coup et le gémissement de douleur de son fils. Les mots du ravisseur le tétanisèrent sur place : il hésita. Devait-il obéir à celui-ci ou respecter la volonté de son garçon ? Un nouveau bruit de coup suivi d’un cri de douleur le décida : il ne laisserait pas son fils être battu par cet individu !

- Je ne raccroche pas, cria-t-il, mais je vous en prie, cessez de lui faire du mal. Dites-moi ce que vous voulez !

 

*****


Cissy  (14.10.2009 à 16:21)

Don se laissa retomber en arrière, anéanti : il avait échoué à protéger son père. Mc Stylsen, lui, eut un sourire de triomphe : il savourait à l’avance le bon moment qu’il allait passer à torturer deux hommes à la fois, l’un moralement à distance et l’autre physiquement et moralement parce que la douleur physique qu’il allait infliger à son prisonnier n’était rien face à la douleur psychologique qui était déjà la sienne en comprenant que, par son intermédiaire, son père allait vivre le pire calvaire de sa vie !

Un sourire d’une cruauté indicible sur les lèvres, il prononça

- Ce que je veux, c’est juste que vous écoutiez. Si vous raccrochez avant moi, je vous jure de tuer votre fils à petit feu après l’avoir violé.

Son sourire s’agrandit encore tandis qu’il détaillait ses intentions afin de bouleverser encore plus son interlocuteur.

- Je le prendrai et je jouirai de le faire hurler à s’en briser les cordes vocales. Je le prendrai encore et encore et lorsqu’il n’aura plus la volonté de me résister, je l’obligerai à me faire des gâteries dont vous n’avez même pas idée. Et quand je me serai assez amusé, je le tuerai, très lentement en lui infligeant un maximum de souffrance. Je lui ferai subir des choses que vous n’imaginez même pas ! Maintenant, à vous de voir…   

A l’autre bout du combiné, Alan s’était laissé tombé sur une chaise, pâle comme un mort, sans forces. Il ne lui venait pas un instant à l’esprit que cet homme put bluffer. S’il raccrochait, cet individu infligerait à son petit exactement ce dont il le menaçait et qu’il décrivait avec délectation. Le ton même sur lequel il proférait ces horreurs indiquait sa détermination. Qui sait ce qu’il lui avait déjà fait subir ? Qui sait s’il n’était pas en train de le toucher à ce moment même ? Rien que la pensée de cette éventualité le révulsait totalement.

- Je ne raccrocherai pas, vous avez ma parole   parvint à articuler le malheureux père d’une voix blanche.

- Voilà, vous êtes plus raisonnable que votre cher fils. Et bien maintenant, monsieur Eppes, installez-vous confortablement et profitez du spectacle en retransmission directe !

 Don n’essaya même pas d’intervenir, de rassurer son père. Il était fou de rage et de douleur. Il savait que toute tentative de dialogue avec celui-ci ne ferait qu’attiser la jouissance de l’un et la souffrance de l’autre. Il était impuissant à empêcher ce salopard de faire souffrir l’un des deux hommes qu’il aimait le plus au monde ! Après tout, sans doute méritait-il ce qui allait lui arriver.

Mc Stylsen s’empara de son pied gauche  ; il tenait à la main un court tuyau en plomb. Devinant ce qui allait arriver, Don essaya de lui arracher son pied mais le prédateur ne fit que rire des mouvements infructueux de sa victime, mouvements qui ne faisaient d’ailleurs qu’accentuer ses autres souffrances. Lorsque l’agent eut cessé de se débattre, à bout de forces, l’homme lui attacha solidement la cheville sur la tablette qu’il avait rivée au pied du lit puis il leva le tuyau et frappa.

Assis dans son salon, Alan tressaillit violemment et poussa un gémissement de douleur en entendant un cri de souffrance s’élever dans son appareil.

- Donnie ! hurla-t-il à son tour. Qu’est-ce que vous lui faites ? Je vous en prie…!

Il n’eut pas de réponse et il comprit qu’il n’y en aurait pas et que ses prières ne servaient à rien d’autres qu’à exciter encore plus le monstre qui faisait souffrir son fils. Alors il se tut.

- Donnie, murmura-t-il en pleurant, Donnie, mon petit…

Les cris s’enchaînaient, le torturant plus que si on l’avait battu lui-même. Il connaissait le courage de son fils, sa résistance à la douleur. Pour qu’il crie ainsi, il fallait qu’on lui fasse vraiment subir le martyre. Il porta les mains à ses oreilles pour tenter de ne plus entendre ces clameurs de plus en plus fortes.

Puis il y eut un répit et il pensa que c’était terminé. Il n’entendait plus de bruit de coups, juste les gémissements d’un être à bout de forces et de douleur. Un instant il espéra en avoir terminé avec cette horreur et il s’apprêtait à reprendre la parole pour tenter, sans grand espoir, de convaincre le tortionnaire de relâcher sa victime, lorsqu’il entendit un hurlement insoutenable. Son fils hurlait à en perdre la tête, en proie à une souffrance indicible ; c’était le cri d’un animal qu’on écorche vif.

Alan se mit à hurler à son tour : il lui semblait qu’il devenait fou ! Et puis le cri se cassa net et il n’y eut plus qu’un silence encore plus pénible que le bruit précédent par tout ce qu’il sous tendait d’inadmissible.

- Donnie, Donnie chéri, je t’en prie, c’est papa, réponds-moi ! Parle-moi !   supplia-t-il dans le combiné.

 

*****


Cissy  (14.10.2009 à 16:22)

Il s’aperçut alors qu’il n’y avait plus personne à l’autre bout : l’homme avait raccroché. Il coupa à son tour la communication et s’effondra en pleurs, anéanti par ce qui venait de se produire, bouleversé à l’idée que son fils était peut-être mort sous la torture, à la fois si près et si loin de lui, miné par le souvenir de son impuissance à aider son garçon chéri. Il avait failli à son devoir de père et la sentence était irrévocable !

Au bout de quelques minutes, il releva la tête, le visage marqué par une farouche détermination. Son fils était peut-être mort, mais il saurait par qui et pourquoi et alors… Il sortit alors de la maison et s’engouffra dans son véhicule.

Quiconque le connaissait aurait été pétrifié par le changement qui s’était opéré en lui : il semblait à la fois avoir vieilli de dix ans et en même temps avoir perdu toute cette compassion, toute cette compréhension, toute cette tolérance qui faisait de lui l’homme apprécié qu’il était. Tout ce qu’on pouvait lire actuellement sur son visage c’était une profonde douleur et un non moins profond désir de vengeance qui lui donnait l’air implacable.

Quelqu’un allait devoir répondre à ses questions et surtout quelqu’un devrait payer pour ce qui venait de se passer 


Cissy  (14.10.2009 à 16:22)

Chapitre XXVIII

 

Au bureau, toute l’équipe était sur les dents. Chacun se sentait particulièrement investi dans la traque en cours, parce que trois collègues étaient morts bien sûr, mais surtout parce qu’un encore était en danger. Comment allait-il ? Etait-il gravement blessé ? Personne ne pouvait répondre à ces questions. Mais tous ceux qui connaissait le passé criminel de Mc Stylsen savaient que chaque seconde était précieuse pour arracher leur collègue et ami au sort qui l’attendait si son ravisseur parvenait à s’échapper en l’emmenant avec lui. Plus d’un pensait qu’il vaudrait mieux pour lui être mort que de subir ce que le criminel lui infligerait alors.

Les traits tirés par l’angoisse, Charlie tentait désespérément de garder son calme, de se concentrer sur sa tâche en excluant toute pensée au sujet de son frère. Mais il avait bien du mal à y parvenir. A chaque instant, le visage pâle du Don de ses cauchemars lui apparaissait : son frère était-il encore vivant à l’heure qu’il était ? Pourquoi n’avait-il pas pris au sérieux ces avertissements que le destin lui envoyait ? Pourquoi avait-il été si présomptueux qu’il s’était dit que ses mathématiques étaient l’antidote à toute menace ?

A ses côtés, eux-mêmes terriblement inquiets, à la fois pour lui et pour Don, Amita et Larry faisaient le maximum pour l’épauler, l’encourager, lui permettre de ne pas céder à la panique.

En visionnant les bandes de surveillance du parking, les agents avaient très vite identifié le camping-car de Mc Stylsen. On avait pu ensuite déterminer quelle route il avait empruntée, puis il avait semblé s’évanouir en fumée : plus aucune trace, plus rien. Jusqu’à ce qu’une patrouille découvre le véhicule abandonné à trois pâtés de maisons de là. Visiblement le malfrat disposait à cet endroit d’un autre moyen de locomotion.

L’hypothèse avait été émise qu’il s’agissait vraisemblablement du même type de véhicule et on avait remonté la trace jusqu’à pouvoir en effet confirmer qu’actuellement Mc Stylsen devait retenir son otage dans un camping-car dont les coordonnées avaient été aussitôt diffusées, sans résultat. Charlie avait calculé différents itinéraires d’évasion qui ne s’étaient pas encore avérés pertinents. Chacun se demandait avec angoisse où était l’erreur, ce qui faisait que, malgré tous les éléments dont ils disposaient, ils n’avaient toujours pas de trace du malfaiteur et de l’agent qu’il retenait.

Cela voulait-il dire qu’il était déjà trop tard pour celui-ci et que, après avoir abandonné le véhicule avec son cadavre quelque part, Mc Stylsen s’était perdu dans la foule anonyme de Los Angeles ? C’est ce que David commençait à craindre. Après tout, ils n’avaient aucune idée de la gravité des blessures de Don : celui-ci avait pu y succomber très vite et son kidnappeur ne s’apercevoir que trop tard du mauvais calcul qu’il avait fait en l’emmenant.

Il y avait maintenant près de quatre heures qu’avait eu lieu le drame et le manque de résultats commençait à engendrer des tensions palpables entre les agents. Charlie lui, devenait de plus en plus difficile à gérer, passant d’un extrême à l’autre : d’une excitation insupportable à un marasme alarmant durant lequel il se reprochait de n’avoir rien fait.

Et puis la question de savoir s’il fallait prévenir Alan commençait à se poser de manière urgente.

Au départ, persuadés qu’ils étaient de résoudre la crise très rapidement, au vu des indices qu’ils possédaient, les agents, en accord avec Charlie qui voulait épargner son père au maximum, avaient décidé de ne le mettre au courant de rien.

Ils pensaient que la situation allait évoluer très rapidement, quelle que soit la direction qu’elle prendrait, et ils préféraient donc attendre d’avoir des  éléments concrets à lui soumettre plutôt que cet amas de peut-être, de vagues probabilités reposant plus sur des impressions que sur des faits avérés.

Rien n’était pire que l’incertitude. On ne pouvait pas lui préciser si son fils était sérieusement atteint, s’il était en vie, tout simplement. Que pourrait-on lui dire s’il s’inquiétait des intentions de Mc Stylsen, des possibilités que celui-ci fasse souffrir son otage ? Lui mentir en lui disant que ce n’était pas son intérêt de le faire ? Bien sûr, la réponse en elle-même était vraie. Mc Stylsen n’avait aucun intérêt à malmener sa seule monnaie d’échange, au risque de la perdre,  mais, quiconque connaissait ses antécédents savaient très bien que sa violence et son sadisme avaient toujours pris le pas sur ses intérêts immédiats.

S’il décidait de torturer Don, voire de le tuer, pour rien, juste pour son bon plaisir, ce n’était pas le fait de se trouver alors sans otage qui le retiendrait. Pouvait-on dire cela à un père inquiet ? Même à Charlie, aucun des agents n’avait pu tenir ce langage. Ils avaient préféré se contenter de vagues réponses qu’il avait bien voulu croire, trop avide d’être rassuré. Mais ni David ni Colby n’avaient envie de mentir de la même manière à Alan : Charlie ça avait été inévitable, parce qu’il était sur place et qu’ils avaient besoin de son aide. Alan, cela les gênait profondément. C’est pourquoi ils préféraient le laisser dans  l’ignorance des événements.

Mais plus le temps passait, plus la question devenait cruciale : tôt ou tard il allait falloir lui annoncer la nouvelle, d’autant que les médias avaient fait leurs titres sur l’arrestation du gang et qu’ils n’allaient pas tarder à demander de plus amples renseignements. Les agents les connaissaient assez pour savoir que rien ne leur échappait longtemps : devaient-ils prendre le risque qu’Alan découvre par la télévision  que son fils était retenu captif ?

 

*****


Cissy  (17.10.2009 à 00:12)

Une dispute s’éleva entre Colby, soutenu par Charlie et Amita, qui était partisan de se taire encore, et David et Larry qui pensaient qu’il était temps de mettre Alan au courant.

-  Pourquoi lui infliger ça ? se révolta Charlie. C’est cruel et inutile.

- Mais il a le droit de savoir ce qui arrive. Don est son fils !

- Je sais très bien que Don est son fils. Je te rappelle qu’il est mon frère et que c’est de mon père dont tu parles ! rétorqua Charlie d’un ton sec.

- Je n’aurais garde de l’oublier. Mais Charlie, imagine que les choses se passent mal…

- Pourquoi devraient-elles mal se passer ? Tu insinues que je suis incapable de retrouver mon frère ?

- Nullement Charlie, mais il y a d’autre paramètres à prendre en considération…

- Et lesquels je te prie ?

- Imagine que ton père apprenne ce qui se passe par la télévision, intervint à son tour David.

- Comment le pourrait-il ? On n’a rien dit aux médias.

- Mais tu les connais… Une fois qu’ils auront flairé l’intrigue, il ne leur faudra pas longtemps pour dénouer tout le fil.

- Alors faites-les taire ! s’insurgea Amita. C’est déjà assez difficile comme ça ! Pourquoi impliquer Alan ?

- Mais parce qu’il est impliqué, forcément ! plaida Larry.

- Ils ont raison David. Je crois qu’il faut attendre encore avant de lui parler.  tenta à son tour Colby.

David était indécis, la situation lui pesait encore plus qu’aux autres : en l’absence de Don, il devait coordonner les recherches et il était terrifié à l’idée de n’être pas à la hauteur. S’il échouait, qu’adviendrait-il de son ami aux mains d’un dangereux malfaiteur ?

Plus que n’importe laquelle des personnes présentes dans le bureau, il mesurait le danger auquel était exposé son chef. Lui savait parfaitement que,  entre les mains d’un homme comme Mc Stylsen, le pire qui pouvait arriver n’était pas, comme l’imaginaient les scientifiques, la mort. Mais il était incapable de leur dire ça.

-  D’accord, abdiqua-t-il, on attend encore une heure mais pas plus ! 

Larry leva les mains au-dessus de la tête, en signe d’impuissance et de désaccord.

-  Vous faites une erreur ! prévint-il.

- Et bien ce ne sera pas la première, lui rétorqua Charlie. Et dans ce cas, nous l’assumerons. Alors de quoi t’inquiètes-tu ? 

Sur le point de répliquer vertement, le physicien ravala ses mots. Il se rendait compte que son ami était au bord de la rupture à force d’angoisse pour son frère. Ce n’était pas le moment de le pousser à bout.

Ils allaient se replonger dans leurs recherches lorsque tout à coup le regard de Charlie devint fixe et une lueur d’affolement apparut dans ses yeux. Les quatre autres occupants du bureau suivirent la direction de son regard et ils pâlirent notablement. Alan venait de pénétrer dans la grande salle commune et il scrutait devant lui, à la recherche de l’un d’eux vraisemblablement. Il les aperçut soudain à travers la cloison vitrée et se précipita dans le bureau.

A son entrée, chacun reçut un choc en voyant ses traits figés, ses yeux emplis d’une détresse incommensurable, ses mains qui tremblaient. Ils comprirent instantanément qu’il était au courant. Comment ? Ils l’ignoraient. Mais une chose était sûre : il savait ! et la question de savoir quand ou comment le mettre au courant ne se posait plus. Avant que quiconque ait pu poser une question, il attaquait, à la fois agressif et désespéré :

-  Qui a enlevé Don ? Que s’est-il passé ? Pourquoi ne m’a-t-on rien dit ?

- Papa, tenta Charlie en s’avançant vers son père. Viens t’asseoir, je vais t’expliquer !

Il se dégagea brutalement de l’étreinte de son garçon.

- Je ne veux pas m’asseoir, je veux savoir ce que vous faites pour retrouver mon petit, pour l’arracher aux mains de ce monstre !

- Monsieur Eppes, nous faisons du mieux que nous pouvons, nous allons le retrouver, essaya de le rassurer Colby.

- Et pourquoi ne m’a-t-on pas dit qu’on avait enlevé mon fils ? Pourquoi n’ai-je pas été prévenu ?

- Monsieur Eppes, tenta de se justifier David, nous savons qui a emmené Don et nous connaissons aussi son véhicule, alors nous pensions le récupérer très vite.

- Apparemment vous n’avez pas été très efficaces ! Mais ça ne répond pas à ma question : pourquoi n’ai-je pas été mis au courant ?

- Cela ne fait qu’un peu plus de trois heures, argumenta à son tour Colby. On ne voulait pas vous inquiéter avant…

- Avant quoi ? l’interrompit Alan perdant tout à coup le peu de sang froid qu’il avait réussi à conserver. Avant que le malade qui le retient ne le torture, avant qu’il ne le tue dans des conditions atroces après l’avoir violé ?

- Papa ! s’exclama Charlie affolé. Mais qu’est-ce qui te prend de raconter des horreurs pareilles ? Et d’abord, comment as-tu su que Don avait disparu ?

- Comment je le sais ? Comment je le sais ?

Il criait, fou de rage et de douleur, incapable de se maîtriser, ne pensant même pas à épargner à son cadet la souffrance que lui-même avait ressentie.

- Voilà comment je le sais !

Et il brandit son téléphone portable, appuyant sur la touche permettant d’écouter la scène qu’il avait enregistrée.


Cissy  (17.10.2009 à 00:14)

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