Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : Little House on The Prairie
Création : 14.09.2008 à 20h07
Auteur : valmarie
Statut : Abandonnée
« Minipuce et moi-même avons décidé d'écrire ensemble cet épisode (relu par Chris 2004). Merci de n'ajouter aucun paragraphe. Nous espérons que vous apprécierez notre texte ! » valmarie
Cette fanfic compte déjà 18 paragraphes

Ce jour-là, Monsieur Oleson était en train de nettoyer le magasin, pendant que Harriet faisait les comptes. Ils étaient au cœur d'une discussion concernant le fait d'accorder des crédits, quand Madame Snider arriva en courant, les interrompant dans leur débat.
Grace Snider : Madame Oleson, Madame Oleson !
Harriet Oleson : Oh ! Bonjour Madame Snider, que puis-je faire pour vous ?
Grace Snider : Je viens de recevoir un télégramme très urgent qui vous est destiné !
Harriet Oleson : Ah ? Et à quel propos ?
Grace Snider : Tenez, voyez-vous-même ! Bon, je retourne à la poste ! Au revoir !
Harriet Oleson : Au revoir !
Nels Oleson : Bonne fin de journée ! Alors qu'est-ce qui est écrit ?
Harriet est en train de lire le contenu du télégramme... Une fois la lecture finie, elle éclate en sanglots.
Harriet Oleson : Oh, non, Nels ! Non ! C'est...c'est terrible !
Nels Oleson : Mais qu'est-qui est terrible ?
Harriet Oleson : Mam...c'est Maman ! Elle est, elle est...Oh, non !!!
Harriet se jette en larmes dans les bras de Nels qui est, lui aussi, sous le choc de cette nouvelle.
Lorsque Madame Ingalls se rendit au magasin ce jour-là, accompagnée de Carrie, elle n'y trouva personne. Intriguée, elle jeta un coup d'œil dans le salon dont le sol était jonché d'habits mis sens dessus-dessous : des robes, des chemises, des jupons,... Sur un fauteuil, se trouvaient des vêtements de voyage, posés à côté d'une malle. Alors que Nels était assis et réfléchissait.
Caroline Ingalls : Bonjour Monsieur Oleson ! Comment allez-vous ?
Nels Oleson : Bien, merci ! Et vous-même ?
Caroline Ingalls : Très bien ! Carrie, dis bonjour !
Carrie Ingalls : Bonjour Monsieur !
Nels Oleson : Oh, bonjour toi ! Que tu grandis ! Tu seras bientôt aussi grande et jolie que ta mère.
Caroline Ingalls : Merci ! Voilà les œufs ! J'aimerais aussi 200 grammes de sucre, s'il vous plaît.
Nels Oleson : Bien sûr ! Attendez, je passe dans le magasin et je vous sers.
Caroline Ingalls : Vous partez ?
Nels Oleson : Non, enfin Harriet part. Elle retourne chez elle car...sa...sa mère vient de nous quitter. J'aurais aimé l'accompagner pour la soutenir ; mais il faut que je m'occupe des enfants et du magasin
Caroline Ingalls : Oh, j'en suis vraiment désolée pour vous tous. Et Harriet, comment va-t-elle ?
Nels Oleson : Très mal, hélas !
Caroline Ingalls : Et si...et si les enfants venaient chez nous durant votre voyage ?
Nels Oleson : Vous accepteriez ?
Caroline Ingalls : Si Charles n'y voit pas d'inconvénient... Et prenez tout votre temps ! Vos enfants seront en sécurité chez nous !
Nels Oleson : Oh, ça j'en suis sûr ! Comme ça, nous pourrions rester assez longtemps là-bas car je pense qu'Harriet voudra rester auprès de son frère. Et je vais vous donner les clés du magasin ! Dès que vous aurez besoin de quelque chose, vous viendrez ici, sans payer bien sûr ! C'est normal puisque vous aurez deux bouches de plus à nourrir ! Je ne sais comment je pourrai vous remercier ! Mais, voudriez-vous bien l'apprendre à Harriet ? Peut-être que ça lui remontera un peu le moral ! Venez, c'est par là !
Caroline Ingalls : Ma chérie, tu resteras avec Monsieur Oleson pendant je parlerai, d'accord ?
Carrie Ingalls : Oui, Maman !
Caroline Ingalls : Bien, je vous suis.
Caroline monta à l'étage pour annoncer la nouvelle à Harriet. Celle-ci l'accueillit avec tristesse.
Caroline Ingalls : Bonjour, Madame Oleson. Nels m'a appris ce qu'il s'est passé. J'en suis vraiment désolée. Il m'a aussi dit qu'il souhaiterait vous accompagner. C'est pourquoi nous avons décidé que, peut-être, si vous le souhaitez, vos enfants pourraient venir chez nous pendant que vous seriez dans votre famille. Alors qu'en dites-vous ?
Harriet Oleson : Oh, bah, je,...je ne sais pas. Vous savez, mes enfants ne sont pas parfaits. Ils sont parfois très fatigants, et vous avez déjà vos trois filles. Vraiment, je ne sais pas !
Caroline Ingalls : Si ce n'est que ça qui vous dérange, alors, vous devez accepter ! Car ça ne nous embêtera pas du tout !
Harriet Oleson : Oh, merci Caroline ! Je ne sais comment je pourrais vous remercier !
Après avoir réglé quelques détails, Caroline alla prévenir Charles. Puis elle retourna chez elle, lava la maison et fit deux lits dans la cabane pour Nellie et Willy.
Lors du dîner, Madame Ingalls fit part aux filles de sa décision.
Caroline Ingalls : La mère de Harriet Oleson est décédée. Pour les aider, nous allons accueillir Nellie et Willy à la maison. J'espère que vous les traiterez avec toute la gentillesse dont vous êtes capables !
Mary Ingalls : Bien, sûr Maman ! On sera gentilles !
Laura Ingalls : ça, on verra.
Caroline Ingalls : Laura, je compte sur toi !
Laura Ingalls : Mais tu sais comment est Nellie !
Charles Ingalls : Nous te demandons simplement d'être accueillante et gentille, rien de plus. Alors, que réponds-tu à ta mère ?
Laura Ingalls : Oui, m'man, j'essaierai !
Charles Ingalls : C'est bien, nous n'en attendions pas moins de toi !
Carrie Ingalls : Carrie, elle va être gentille.
Le soir, Mary et Laura sont couchées, mais cette dernière n'arrive pas à s'endormir et commence à parler à sa sœur.
Laura Ingalls : Mary, tu dors ?
Mary Ingalls : Comment veux-tu que je te réponde si je dors ?
Laura Ingalls : Ah oui, c'est vrai. Tu es contente que Nellie et Willy viennent chez nous ?
Mary Ingalls : Laura, tu sais ce que maman nous a dit ?
Laura Ingalls : Oui, je sais ! Leur grand-mère est morte, et en tant que bons chrétiens, on doit venir en aide à notre prochain, en le réconfortant ou en l'accueillant chez nous. Mais ça ne répond pas à ma question ! Alors, qu'en penses-tu ?
Mary Ingalls : Je ne sais pas trop. Et puis on verra bien !
Laura Ingalls : En tout cas, j'aurais préféré que leur grand-mère meure plutôt à Mankato !
Mary Ingalls : Pourquoi ?
Laura Ingalls : Comme ça, Nellie et Willy auraient pu les y accompagner !
Mary Ingalls : Laura !
Laura Ingalls Toujours est-il que j'ai dû mal à me faire à cette idée.
Mary Ingalls : Essaie de ne pas y penser et de dormir.
Laura Ingalls : Comment veux-tu que je fasse avec cette idée en tête ?
Mary Ingalls : Essaie alors d'imaginer Nellie ramassant les œufs, et tu y arriveras très bien.
Laura éclata de rire avant de souhaiter une bonne nuit à sa sœur.
Le lendemain matin, toute la petite famille se leva de bonne heure. En effet, les Oleson devaient arriver vers six heures. Caroline rangea une dernière fois la maison, sitôt le repas fini, tandis que Charles s'occupait de la cour, que Mary ramassait les œufs, que Laura était partie cueillir des mûres et que Carrie faisait un beau bouquet.
Lorsque la voiture des Oleson arriva, Charles les accueillit.
Charles Ingalls : Bonjour Nels ! Madame Oleson.
Nels Oleson : Bonjour Charles ! Nous sommes désolés, mais nous ne savons pas combien de temps nous serons absents ! Mais nous vous enverrons un télégramme quand nous repartirons de là-bas.
Charles Ingalls : Oh, mais ne vous inquiétez pas ! Vous avez tout votre temps ! Bonjour les enfants ! Tenez, je vais prendre vos bagages ! Vous pouvez rentrer ! Caroline et les filles sont dedans ! Elles vont vous montrer où vous dormirez.
Nellie Oleson : Bien, Monsieur.
Charles Ingalls : J'espère que vous ferez un bon voyage. Au revoir !
Nels Oleson : Au revoir Charles, et encore merci !
Une fois le chariot parti, Charles accompagna Nellie et Willy dans la maison.
Caroline Ingalls : Bonjour Nellie, bonjour Willy ! J’espère que vous vous plairez ici.
Nellie Oleson : Je n’en doute pas Madame Ingalls.
Willy Oleson : Mais c’est tout petit.
Mary Ingalls : Ah, c’est vrai, c’est la première fois que tu viens ici !
Laura Ingalls : C’est assez grand pour vivre avec les personnes que l’on aime ! Si tu n’es pas content, tu peux partir, je ne te retiendrai pas !
Caroline Ingalls : Laura !!!
Laura Ingalls : Désolée Maman.
Caroline Ingalls : Ce n’est pas à moi que tu dois présenter tes excuses, c’est à Willy.
Laura Ingalls : …
Charles Ingalls : Laura, tu as entendu ta mère ?
Laura Ingalls : Je suis désolée Willy.
Charles Ingalls : Bon, je vous montre vos lits ?
Il se dirigea vers la petite cabane suivi par toute la maisonnée.
Nellie Oleson : Monsieur Ingalls, vous voulez dire qu’on ne dormira pas dans la maison ?
Charles Ingalls : Non, Nellie, vous n’y dormirez pas. Seuls les membres de la famille y résident.
Nellie Oleson : Mais on n’a jamais dormi ailleurs que dans une maison !
Charles Ingalls : Oh, mais tu verras, c’est aussi accueillant et chaleureux qu’une maison.
En effet, les filles avaient arrangées la maisonnette du mieux qu’elle pouvait et il en ressortait une atmosphère très agréable.
Nellie Oleson : Je vais dormir avec mon frère ?
Mary Ingalls : Oh, tu verras, c’est amusant de dormir à deux !
Laura Ingalls : De toute façon, tu n’as pas le choix !
Nellie Oleson : Bon, bon…
Ils entrèrent dans la cabane où se trouvaient un lit et un matelas. Les provisions avaient bien été rangées afin de laisser le plus de place possible.
Caroline Ingalls : Je vous laisse vous installer. Appelez-nous si vous avez besoin d’aide.
Nellie Oleson : Merci beaucoup Madame.
Les Ingalls regagnèrent leur maison.
Charles Ingalls : Je trouve Nellie très gentille.
Caroline Ingalls : La pauvre. La mort de sa grand-mère doit l’avoir bouleversée.
Mary Ingalls : Oui, je pense. Je veux essayer d’être très gentille avec elle. Tu viens Carrie, on va faire un autre bouquet.
Carrie Ingalls : J’arrive.
Les deux filles partirent en courant, Mary en tête et Carrie la suivant.
Charles Ingalls : Tu ne vas pas avec tes sœurs Laura ?
Laura Ingalls : Non, je préfère rester avec Jack.
Charles Ingalls : Bon, d’accord !
Charles et Caroline descendirent tous les deux en riant. Laura s’approcha alors de la cabane et trouva Nellie et Willy en train de bavarder gaiement.
« Tiens, se dit-elle, ils n’ont plus l’air si triste. »
Puis elle partit retrouver son chien.
Un peu plus tard, Mary et Carrie revinrent. Mary rentra pour mettre le bouquet dans un vase et aider sa mère, tandis que Carrie resta avec Laura. Les deux filles jouèrent un bon moment avec le chien lorsque les enfants sortirent de la cabane. Carrie courut à leur rencontre et montra à Nellie sa belle poupée de chiffon. Celle-ci prit l’objet des mains de la fillette et le jeta dans la boue. Laura, ayant vu la scène de loin, se précipita sur la fille Oleson pour la mettre à terre, puis récupéra la poupée et la tendit à sa sœur. Charles, ayant entendu des cris, se dirigea vers le groupe et pris Carrie dans ses bras.
Charles Ingalls : Laura, je croyais t’avoir dit de ne pas embêter Nellie pendant son séjour ici !
Laura Ingalls : Mais c’est elle qui a commencé !
Charles Ingalls : Je ne veux pas le savoir ! C’est Nellie que je vois à terre, pas toi. En punition, tu feras les corvées pendant toute la semaine.
Laura Ingalls : Mais Pa, elle a jeté la poupée de Carrie dans la boue.
Charles Ingalls : Laura !!! Dans ta chambre !
Puis il partit, Carrie dans ses bras. Laura, aussi triste et fâchée que jamais, le suivait de près. Un petit sourire moqueur
Un petit sourire moqueur se dessina alors sur les lèvres de Nellie.
Alors que le dîner était servi, Caroline pria Mary d'aller chercher leurs invités. Celle-ci obtempéra de suite et se rendit à la cabane. Arrivée à proximité, elle entendit la conversation des enfants Oleson.
Nellie Oleson : Tu as vu comme on a réussi à échapper aux remontrances de Monsieur Ingalls ? En tout cas, c'est bien fait pour Laura. Elle n'avait pas à me pousser ! Maintenant, ma robe est toute sale !
Willy Oleson : Ouais, elle l'a bien mérité !
Nellie Oleson : Et ce n'est pas fini ! Si elle savait ce que je lui prépare !
Willy Oleson : Ah ? Et c'est quoi ?
Nellie Oleson : Tu verras bien !
Willy Oleson : Mais je veux savoir ! Et si tu me le dis pas, j'irai tout rapporter à Laura, na !
Nellie Oleson : Si tu oses faire ça, je te le ferai regretter toute ta vie ! Maintenant, termine de cirer tes chaussures.
Mary était ébahie par ce qu'elle venait d'entendre. Ainsi, elle attendit encore quelques instants avant de frapper à la porte.
Nellie Oleson : Oui ?
Mary Ingalls : C'est Mary !
Nellie Oleson : Oh, mais entre !
Mary Ingalls : Je venais juste vous dire qu'on passait à table.
Nellie Oleson : Oh, merci ! C'est très aimable à toi d'être venue nous prévenir ! Tu viens Willy ?
Willy Oleson : Oui, j'arrive.
Et les deux Oleson descendirent de la colline. Mary resta encore un instant devant la cabane à se demander ce qu'elle devait faire. Prévenir ses parents du mauvais coup que préparait Nellie ? Ils ne la croiraient sûrement pas. Et de toute façon, si elle avait promis d'être gentille avec les Oleson, elle ne devait pas révéler une conversation qu'elle n'était pas sensée entendre ! Finalement, elle regagna la maison.
Là, les Oleson et Charles étaient déjà installés. Caroline était en train de les servir et Laura descendait de l'échelle, ayant fini sa pénitence.
Willy Oleson : Qu'est-ce qu'on mange ?
Caroline Ingalls : Du ragoût de lapin.
Willy Oleson : C'est tout ?
Laura Ingalls : Pour toi et ta sœur, c'est déjà trop copieux !
Charles Ingalls : Laura !
Nellie Oleson : Elle est méchante avec moi car elle a été punie. Elle devrait être privée de dîner.
Laura Ingalls : Oh, mais ça, c'est la meilleure !
Charles Ingalls : ça suffit vous deux ! Nellie, habituellement, je suis le seul ici à prendre ce genre de décisions. Mais je pense que tu as raison. Laura, monte dans ta chambre immédiatement !!
Laura Ingalls : Mais, mais...
Charles Ingalls : Et ne réplique pas !
Caroline Ingalls : Charles, tu ne crois pas que...
Charles Ingalls : Caroline, je préférerais que tu restes en dehors de tout cela !
Laura Ingalls : Oh, Pa, je te déteste !!! Oui, je te déteste !
Puis elle partit, en claquant la porte. Caroline voulut se lever pour rejoindre sa fille, mais un regard que lui lança Charles lui fit comprendre qu'il valait mieux qu'elle restât assise. La fin du repas, bien qu'étant rapide, se passa dans un silence gêné. Après que Nellie et Willy aient rejoint leur chambre, Caroline sortit chercher sa fille. Aussitôt, elle se dirigea vers la crique car elle savait que c'était là que sa fille allait se réfugier quand elle était triste. Et effectivement, elle l'y trouva, son visage, enfoui dans ses bras, recouvert de larmes.
Caroline Ingalls : Je savais que je te trouverais là ma chérie… Chut, il ne faut pas pleurer.
Laura Ingalls : Oh M'man… Tu as bien vu. C'est Nellie la coupable, mais c'est moi qui ai été punie.
Caroline Ingalls : Je sais ma chérie, je sais. Mais ton père…
Laura Ingalls : Oh, ne me parle plus de lui ! Si tu savais comme je le déteste ! Jamais il ne m'avait parlé ainsi !
Caroline Ingalls : Tu sais, ton père t'aime mais pense ne pas être assez sévère envers toi et n'a pas réfléchi à ce qu'il disait. Mais il ne le pensait pas vraiment. Quelques fois, lorsque l'on veut protéger une personne que l'on aime, on ne sait pas comment faire alors, on se montre sévère envers elle pour l'empêcher de faire une bêtise. De plus, il voulait éviter de faire de la peine aux enfants Oleson. S'il s'en est pris à toi, c'était simplement pour éviter de blesser Nellie. Il savait très bien que tu étais innocente et pensait que tu aurais compris que ce n'était pas vraiment à toi qu'il faisait des reproches. Mais tu es partie. Je crois d'ailleurs que ton départ lui a fait beaucoup de peine…
Laura Ingalls : Oh M'man, ce n'est pas ce que je voulais…pas du tout ce que je voulais. Et maintenant il pense que je le déteste !
Caroline Ingalls : Alors, va le trouver et répète-lui ce que tu viens de me dire. Il travaille dans la grange. Mais dépêche-toi avant qu'il ne fasse totalement nuit !
Laura se jeta dans les bras de sa mère avant de partir en courant en direction de la maison suivie par Caroline. Arrivée dans la cour, elle lui jeta un regard désespéré. Madame Ingalls l'accompagna jusqu'à la grange et commença à parler à son mari.
Caroline Ingalls : Charles ? Laura voudrait te parler.
Puis elle adressa un sourire à sa fille et regagna la maison.
Laura Ingalls : Pa ?
Charles Ingalls : Oui, ma chérie, qu'y a-t-il ?
Laura Ingalls : Je suis désolée pour toute à l'heure et je venais m'excuser pour les…méchantes…les méchantes choses que j'ai pu di…dire…av…
Charles Ingalls : Chut, ne pleure pas… Et tu sais, ce n'est pas à toi, mais plutôt à moi de m'excuser. Jamais je n'aurais dû te parler et te punir comme je l'ai fait. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je connais pourtant les méchancetés de Nellie dont tu as été victime. Mais je pensais qu'il valait mieux ne pas la punir après le drame qu'elle a vécu et se plier à ses volontés. J'ai eu tort, c'est pourquoi je m'en excuse.
Pendant cette discussion, dans la petite maison, Caroline faisait un ourlet, tandis que Mary essuyait la vaisselle avec Carrie. Elle semblait tourmentée et inquiète ; sa mère s'en aperçut.
Caroline Ingalls : Quelque chose ne va pas Mary ?
Mary Ingalls : Maman, si quelqu'un est au courant de quelque chose… et qu'il ne peut pas le dire, est-ce que c'est mal ?
Caroline Ingalls : Ça dépend… Si c'est pour épargner à quelqu'un de souffrir, non. Mais si ça met la personne en danger, ça peut le devenir. Pourquoi ?
Mary Ingalls : Pour rien.
Caroline Ingalls : Tu es sûre ?
Mary Ingalls : Oui.
Caroline Ingalls : Bon, Carrie, on va au lit maintenant.
Carrie Ingalls : On peut lire une histoire ?
Caroline Ingalls : D'accord, mon ange. Allez, viens !
Alors que toutes deux s'éloignèrent, Mary se mit à réfléchir. Puis elle alla rejoindre sa mère, les yeux remplis de larmes.
Mary Ingalls : Maman ? Si cette personne ne sait pas de quoi il s'agit, mais pense que ce n'est pas très gentil, qu'est-ce qu'elle doit faire ?
Caroline Ingalls : Je ne sais pas… Tu es sûre que tu n'as rien à me dire ?
Mary se retourna vers sa mère et reprit la conversation.
Mary Ingalls : Maman, c'est terrible ! J'ai entendu Nellie et Willy parler toute à l'heure. Nellie disait qu'elle préparait quelque chose.
Caroline Ingalls : Oh, dans ce cas, je pense que tu devrais en parler à ton père et à ta sœur ; c'est elle la première concernée.
Suite aux propos que venait de tenir Caroline, l'aînée des filles Ingalls monta dans sa chambre se coucher. Au même moment, Laura poussa la porte et se précipita vers sa mère.
Laura Ingalls : C'est bon, tout est arrangé ! Oh M'man, merci pour tout ! Merci !
Caroline Ingalls : Je t'en prie ma chérie ! Tu sais, c'est mon rôle de mère, tout simplement ! Mais je ne vois pas ton père... Où est-il ?
Laura Ingalls : Il est resté dehors et fume sa pipe près de la grange ! Bon, je vais dormir ! Bonne nuit M'man ! Bonne nuit Carrie !
Carrie Ingalls : Bonne nuit Laura.
Caroline Ingalls : Bonne nuit ma chérie ! Fais de beaux rêves !
Caroline embrassa sa fille et sortit, vêtue de son châle rouge, rejoindre son mari.
Caroline Ingalls : Tu n'as pas trop froid mon Chéri ?
Charles Ingalls : Oh, c'est toi ? Je ne t'avais pas entendue !
Il soupira.
Caroline Ingalls : D'après ce que m'avait dit Laura, tout s'était arrangé, mais à t'entendre, j'ai l'impression qu'elle avait tort...
Charles Ingalls : Oh non, ça n'a rien à voir avec ça ! Elle est venue s'excuser alors qu'elle n'avait commis aucune faute. C'est vraiment une fille merveilleuse, tout comme sa mère.
Il prit sa femme dans ses bras et la rapprocha de lui.
Caroline Ingalls : Merci ! Alors, qu'est-ce qui te tracasse ainsi ?
Charles Ingalls : Oh rien !
Caroline Ingalls : Charles Ingalls, je vous connais suffisamment pour savoir que vous êtes en train de mentir !
Charles Ingalls : Décidément, on ne peut vraiment rien te cacher. Eh bien voilà, j'étais en train de me demander ce que je devais faire. J'avoue que je suis un peu perdu. Je pensais qu'il valait mieux ne pas réprimander Nellie, mais je me suis rendu compte par la suite que j'avais tort. Alors maintenant, j'hésite à la punir ou non.
Caroline Ingalls : Tu sais mon Chéri, je crois que le décès de sa grand-mère n'a pas tellement attristé Nellie. Après tout, elle ne l'a quasiment jamais vue. Deux, trois fois, maximum, dans toute sa vie. Je ne dis pas non plus que cela ne l'a pas touchée, mais je pense tout de même que ce n'est pas une raison pour ne lui faire aucun reproche...
Charles Ingalls : Tu as tout à fait raison Caroline. Je pense que j'aurais dû te demander conseil plus tôt...
Caroline Ingalls : Rentrons ! Il commence à faire froid.
Charles Ingalls : Je t'aime Chérie !
Caroline Ingalls : Moi aussi, je t'aime...
Puis ils rentrèrent et se couchèrent. Un peu plus tard, dans la nuit, Laura se leva et descendit. Après avoir enfilé son manteau, la petite fille sortit et se dirigea vers la cabane. Là, elle entra et enduisit les vêtements de son ennemie et du frère de celle-ci de peinture, puis ressortit en ne laissant aucune trace de son passage hormis la peinture qu'elle prit soin de cacher.
Le lendemain matin, alors que toute la petite famille préparait le repas, Charles demanda à Laura d'aller chercher Nellie et Willie.
Mary jeta alors un coup d'oeil à sa mère qui lui sourit.
Mary Ingalls : Attends Laura, il faudrait que je te parle.
Charles Ingalls : Ca ne peut pas attendre ? Car je meurs de faim. Et plus vite les Olesons seront là, plus vite nous mangerons.
Caroline Ingalls : Non Charles, je pense que Mary a raison, ça ne peut attendre.
Charles Ingalls : Et de quoi s'agit-il?
Mary Ingalls : Eh bien voilà, hier, quand je suis allée chercher Nellie et Willie, j'ai entendu une de leurs conversations . Ils parlaient de Laura et disaient qu'elle ne s'en tirerait pas comme ça et qu'ils n'avaient pas fini de l'embêter.
Charles Ingalls : Oui mais tout ça, c'était avant le dîner?
Mary INgalls; Oui.
Laura Ingalls : Quoi qu'il en soit, je ne les laisserai plus faire !
A ce moment-là, un cri provenant de la cabane retentit. Charles s'y précipita suivi par le reste de la famille. Ils entrèrent dans la cabane.
Nellie Oleson : Monsieur Ingalls ! Regardez ma robe !!!
Nellie lui tendit sa robe rose enduite de peinture rouge.
Willie Oleson : Et regardez mon pantalon ainsi que ma chemise !
Charles regarda sa femme, désespéré.
Caroline Ingalls : Changez de vêtements ! Je vous les laverai et il ne paraîtra plus rien.
Nellie Ingalls : Mais le, ou la, coupable devra être puni.
Charles Ingalls: Pour l'instant, nous ne savons pas qui c'est. Alors, habillez-vous et venez déjeuner.
Plus tard, alors que Caroline préparait des gâteaux avec l'aide de ses filles, Charles se rendit dans la chambre des enfants Olseon et se mit à regarder partout, quand, derrière un sac de farine, il trouva le pot de peinture...
Aussitôt les paroles de Mary lui revinrent en tête. N'avait-elle pas entendu Nellie dire qu'elle se vengerait de Laura ? Peut-être était-ce là sa vengeance. Il décida d'aller demander à Caroline son avis. Celle-ci était en train de faire cuire ses gâteaux tandis que les enfants jouaient près de la crique.
Charles Ingalls : Caroline, ma chérie, pourrais-tu venir un instant s'il te plaît ?
Caroline Ingalls : Oui, bien sûr, je te suis.
Tous deux rejoignirent la cabane. Lorsqu'ils furent entrés, Charles lui montra les pots de peinture.
Charles Ingalls : Voilà ce que j'ai trouvé ce matin, caché derrière la farine.
Caroline Ingalls : Oh, Charles ! Cela voudrait dire que...
Charles Ingalls : Eh oui, je pense que pour se venger des événements qui se sont déroulés hier, Nellie a volontairement enduit ses habits de peinture, pour qu'on accuse et punisse une nouvelle fois Laura.
Caroline Ingalls : Oh, mais Charles, c'est terrible ! Que devons-nous faire ?
Charles Ingalls : Ce que nous aurions dû faire dès le début : punir Nellie.
Caroline Ingalls : Oui, je crois que tu as raison.
Charles Ingalls : Rentre dans la maison, Caroline. Je vais chercher les enfants.
Et tandis que Caroline retourna chez elle, son époux se dirigea vers la crique et appela ses filles et les enfants Oleson.
Charles Ingalls : Les enfants, Caroline et moi avons quelque chose à vous dire.
Mary Ingalls : On remet nos chaussures et on arrive.
Quelques instants plus tard, tous étaient réunis dans la cuisine. Les enfants s'assirent autour de la table. Caroline, installée dans son rocking-chair portait Carrie sur ses genoux et Charles s'appuyait contre la porte.
Charles Ingalls : C'est à propos de l'événement de ce matin, ou plutôt de cette nuit que je vous ai réunis là. Tout à l'heure, alors que j'étais dans la cabane, j'ai trouvé le pot de peinture qui a servi à salir vos habits.
Nellie Oleson : Monsieur, je ne veux pas paraître insolente, mais vous n'aviez rien à faire dans NOTRE chambre !
Charles Ingalls (très sèchement) : Nellie, si je ne me trompe, je suis ici chez moi. Et cette cabane fait également partie de ma propriété. Si j'ai envie de m'y rendre, bien que vous y logiez, j'y vais. Alors cette excuse pour éviter une nouvelle fois d'être punie ne sert à rien !
Nellie Oleson : Mais enfin, de quelle excuse voulez-vous parler. Et pourquoi donc serais-je punie...
Charles Ingalls (en haussant le ton) : Parce que c'est toi qui as mis de la peinture sur tes vêtements ! Peut-être crois-tu que je n'ai rien compris à ton manège ? Tu veux te venger de Laura. Quoi de plus simple ? Un peu de peinture sur tes habits préférés et tu accuses Laura. Qui donc pourrait croire que c'est toi ?
Nellie Oleson : Mais...
Charles Ingalls : Tais-toi ! Il n'y a rien à répliquer ! Tu resteras dans ta chambre toute la journée et sera privée de repas !
Et Charles sortit et conduisit Nellie à la cabane. Quand il revint, il trouva Mary, Willy et Carrie en train de jouer à la balle. Caroline étant partie chez sa voisine, Madame Nelson, pour lui apporter une tarte, seule Laura se trouvait à l'intérieur. Le père de celle-ci alla s'asseoir à côté d'elle.
Charles Ingalls : Eh bien, tu devrais être heureuse. Nellie a été punie cette fois !
Laura Ingalls : Euh, oui. Sûrement...
Charles Ingalls : Ma chérie, qu'est-ce qui ne va pas.
Laura Ingalls : Bah, c'est juste qu'on n'est pas sûrs que ce soit Nellie qui ait fait le coup, et elle a peut-être été punie injustement, comme moi...
Charles Ingalls : Mais non, c'est évident que c'est elle la fautive. Tu as bien entendu ce que nous a dit Mary hier au soir ? Nellie voulait se venger ; elle l'a fait.
Laura Ingalls : Oui c'est vrai, tu as sûrement raison.
Charles Ingalls : Bon, dans ce cas, c'est réglé. J'ai encore du travail dans la grange, j'y retourne ! Tu peux aller rejoindre tes sœurs et Willy qui s'amusent dans la cour.
Charles regagna la grange, tandis que Laura resta assise dans la cuisine. Quelques minutes plus tard, Caroline revint.
Caroline Ingalls : Alors les enfants, vous vous amusez bien ? Mary, je ne vois pas ta sœur, où est-elle ?
Mary Ingalls : Elle est dedans M'man !
Madame Ingalls se dirigea vers la maison et entra.
Caroline Ingalls : Bonjour ma chérie. Tu ne veux pas aller jouer avec les autres ?
Laura Ingalls : Non...
Caroline Ingalls : Quelque chose ne va pas ?
Laura Ingalls : Oh, ce n'est rien...
Caroline Ingalls : Tu en es sûre ?
Laura Ingalls : Eh bien, c'est que je préfèrerais ne pas t'en parler.
Sur ce, Laura se mit à pleurer.
Caroline Ingalls : Allons ma chérie, qu'est-ce qui ne va pas ?
Laura Ingalls (en pleurant) : Je... je crois qu'à toi, je ne peux rien dire...
Caroline Ingalls : Et à quelqu'un d'autre, si ?
Un hochement de tête de Laura lui donna sa réponse.
Caroline Ingalls : Alors, va le lui dire ! Car c'est ton père si je ne me trompe.
La petite fille approuva, l'embrassa et sortit chercher son père. Elle fut heureuse de constater que les autres enfants avaient déserté la cour. Elle entra.
Laura Ingalls (toujours en larmes) : Oh, Pa, c'est moi, c'est moi ! Tout est de ma faute !
Charles Ingalls : Chut... Ma chérie, enfin, que se passe-t-il ?
Laura Ingalls : Les habits, Pa, c'est moi qui les ai salis ! Je suis désolée !
Charles Ingalls : Quoi, qu'est-ce tu dis ?
Laura Ingalls : Les habits des Oleson, c'est moi qui les ai tachés ! Je sais que je n'aurais pas dû, et je m'en excuse, mais il fallait que je donne une bonne leçon à cette Nellie !
Entre temps, Caroline les avait rejoints.
Caroline Ingalls : Oh, Laura ! Pourquoi donc avoir fait ça ? Et dire que nous l'avons punie ? Qu'allons-nous bien pouvoir lui dire ?
Charles Ingalls : Je n'en ai pas la moindre idée. Vraiment, Laura, tu me déçois...
Laura Ingalls : Oh, excuse-moi ! Je sais que j'ai été méchante... et je sais que je dois être punie.
Charles Ingalls : Bon, eh bien, c'est déjà une bonne chose. Come punition, tu iras dire à Nellie que c'est toi la fautive et tu t'excuseras ! Et ne discute pas.
Laura Ingalls : D'accord Pa, j'y vais...
Et Laura partit rejoindre la cabane, suivie de loin par ses parents.
Caroline Ingalls : Je crois que tu aurais dû être plus sévère avec elle. Il faut vraiment qu'elle comprenne que c'est mal de faire ce qu'elle a fait.
Charles Ingalls : Je crois qu'elle l'a bien compris. Et je pense que c'est la pire des punitions que d'aller présenter ses excuses. Après tout, elle a aussi sa fierté, et elle devra affronter Nellie et ses railleries...
Caroline Ingalls : C'est vrai, tu as raison. Et c'est aussi notre faute. Nous aurions dû nous en douter que ce n'était pas Nellie qui avait trouvé ces pots de peinture, mais Laura.
Ils arrivèrent devant la cabane.
Charles Ingalls (en frappant) : Nellie, Laura aurait quelque chose à te dire. Pouvons-nous entrer ?
Nellie Oleson : Oui...
Tous entrèrent et Laura prit la parole.
Laura Ingalls : Nellie, je voulais te présenter mes excuses. C'est moi qui ai salis tes habits et ceux de ton frère, et...
Nellie Oleson : Eh bien, j'avais raison ! J'étais sûre que c'étai toi ! C'est normal puisque tu me DETESTES ! Monsieur Ingalls, j'espère qu'elle sera punie ! Vous avez vu comme...
Charles Ingalls : Nellie, maintenant, ça suffit ! Je te le dis pour la dernière fois, ici c'est moi qui prends ce genre de décisions et non toi ! Hier, Laura a été punie, alors que c'est toi qui aurais dû l'être, aujourd'hui, c'est le contraire. Ainsi vous êtes quittes. Et j'espère que vous ne vous disputerez plus à l'avenir. Allez, vous pouvez aller jouer avec les autres. Je crois qu'ils sont retournés à la crique.
Nellie partit immédiatement, l'air pincé.
Charles Ingalls : Je pense que tu as été assez punie en devant t'excuser auprès de Nellie. Mais contrairement à elle, tu l'as fait. C'est bien. Et tu as également eu l'honnêteté de te dénoncer. Va rejoindre les autres maintenant !
Laura Ingalls (en se jetant dans les bras de son père) : Oh merci, Pa !
Puis elle sortit suivie par Charles et Caroline qui retournèrent dans la petite maison.
Le reste de la journée se déroula sans incident, tout comme le jour qui suivit. Le surlendemain, un vendredi, Caroline se rendit compte que ses réserves de nourriture baissaient fort rapidement. Ainsi, elle déclara qu'il leur faudrait se rendre au magasin dans la journée, et proposa aux enfants Oleson de les y accompagner de sorte qu'ils puissent jouer chez eux pendant une petite heure. Un peu plus tard, Caroline, Charles, Nellie et Willy étaient donc en route vers le village. Monsieur Ingalls rangea son chariot près de la remise. Une fois entrés, les deux enfants coururent en direction de leur chambre, retrouver les jouets qui leur manquaient tant.
Charles Ingalls (entrant par la porte principale) : Caroline ? Où es-tu ?
Caroline Ingalls : Dans la remise !
Charles Ingalls (la rejoignant) : Eh bien, je pense que nous ne mourrons pas de faim durant les deux prochains mois !
Caroline Ingalls : Oui, tu as raison ! Je vais remettre ces paquets de sucre en place !
Charles Ingalls : Je pensais que nous pourrions peut-être autoriser Nellie et son frère à rapporter deux ou trois jouets à la ferme. Ça les occuperait, et éviterait les disputes. Après tout, nous devons les comprendre. Etre entouré de joujoux, et se goinfrer de bonbons à longueur de journée, puis arriver dans une ferme à laquelle on ne connaît rien, ce ne doit pas être très facile.
Caroline Ingalls : Oui, tu as raison ! Va le leur dire pendant que je termine !
Pendant cette conversation, Willy avait emporté ses soldats dans la chambre de sa sœur, et tous deux discutaient tranquillement. Brusquement, Nellie se mit à chuchoter.
Nellie Oleson : Willy, tu sais que j'ai un plan pour échapper à la vie à la ferme.
Willy Oleson : Oh, bah, tu sais, moi je m'en fiche ! J'aime bien être là-bas !
Nellie Oleson : Mais tu ne te rends pas compte ! Nous allons devoir supporter cette peste de Laura, pendant au moins une semaine encore !
Willy Oleson : Mais elle est gentille avec moi ! Et puis, tu dois bien avouer que c'est toujours toi qui commences à l'embêter !
Nellie Oleson : Chut ! Parle moins fort, sinon les Ingalls vont nous entendre !
Willy Oleson : Mais comment tu comptes faire pour t'échapper et venir jusqu'ici ?
Nellie Oleson : Oh, mais c'est très simple ! Mère a donné les clés du magasin à Madame Ingalls. Il me suffira de voir où elle les range, et de les prendre au moment où personne ne me verra.
Willy Oleson : Et si tu te fais prendre ?
Nellie Oleson : Mais non, je ferai attention et personne n'y verra rien. Alors qu'en dis-tu ?
Willy Oleson : Fais ce que tu veux, mais moi en tout cas, je reste là-bas !
Nellie Oleson : Bon, comme tu veux. J'essaierai de partir ce soir, dès la fin du dîner. Il fera encore jour, et en me dépêchant, j'arriverai ici avant la fin de la nuit !
Willy Oleson : Mais t'oublies qu'ils partiront à ta recherche, et me demanderont où tu es. Et tu sais bien que je serai obligé de leur dire où tu vas, à moins que...
Nellie Oleson : Je te donnerai mes chocolats pendant toute une semaine ! Et mes caramels aussi.
Willy Oleson : C'est tout ?!
Nellie Oleson : C'est déjà bien assez.
Willy Oleson : Bon, tant pis. Je serai obligé de leur dire que tu es venue ici, sauf...
Nellie Oleson : Sauf ?
Willy Oleson : Sauf, si à la rentrée, tu fais mes devoirs pendant deux semaines.
Nellie Oleson : C'est d'accord ! Oh ! j'entends Monsieur Ingalls qui arrive. Fais comme si de rien n'était.
Arrivé en-haut de l'escalier, Charles se dirigea vers la chambre de Nellie.
Charles Ingalls : Les enfants, vous êtes là ?
Nellie Oleson : Oui, Monsieur.
Charles Ingalls : Caroline et moi avons décide de vous laisser rapporter quelques jouets avec vous. Dès que vous les aurez choisis, vous viendrez nous rejoindre dehors. Nous vous attendons dans le chariot.
Et il redescendit. Dix minutes plus tard, les Ingalls demeuraient seuls dans le chariot.
Charles Ingalls : Je me demande ce qu'ils peuvent bien faire.
Caroline Ingalls : Tu aurais dû les ramener avec toi.
Charles Ingalls : Les voilà qui...
Pris d'un fou rire, Charles s'interrompit. Caroline l'imita bientôt aux vues du spectacle qu'ils avaient devant eux. Certes, Willy avait été raisonnable, n'emportant guère que quelques soldats de plomb, et un ou deux animaux en fer. Mais sa sœur, quant à elle, n'avait pas compris ce que Charles voulait dire par "quelques jouets" ! Devant elle se dressaient trois poupées, leur maison, une dizaine de vêtements qui leur étaient destinés et un landau pour les promener. A cela s'ajoutaient un service à thé, porté par Willy, et deux ou trois robes, dignes d'une princesse.
Caroline Ingalls : Charles, je crois que tu aurais dû préciser que deux ou trois jouets suffiraient largement.
Charles Ingalls : Oui, tu as raison ! Enfin Nellie, nous ne pouvons tout de même pas prendre tout ça !
Nellie Oleson : Et pourquoi pas ?
Charles Ingalls (en soupirant) : Je pense que tu pourras survivre avec une seule poupée et ta dînette. Allez, va ranger le reste !
Quand elle fut revenue, Caroline ferma le magasin, mit la clé dans son porte-monnaie, et tous repartirent. Nellie attendait impatiemment la fin de la journée...
Lorsqu'ils arrivèrent à la ferme, les filles Ingalls accoururent. Quand elles virent les beaux jouets des enfants Oleson, leurs yeux s'illuminèrent. Carrie se précipita vers la poupée de Nellie, mais celle-ci, d'un geste brusque la leva afin que la petite ne l'attrapât pas. Willy, en bon garçon, lui prêta son éléphant en fer en lui expliquant qu'il pourrait s'en passer pour ce jour. Puis, il prit la direction de la petite cabane pour pouvoir profiter de ses autres jouets. Mais sa sœur, en belle peste, se dirigea vers la maison des Ingalls et s'installa à la table, étalant sa dînette en se pavanant, histoire de faire rougir de jalousie les filles Ingalls. Le reste de la journée se déroula très calmement. Les enfants étaient retournés s'amuser à la crique, tandis que Nellie s'occupait de sa poupée. Caroline commença alors à préparer le repas.
Nellie Oleson : Je vous remercie, Madame, de m'avoir laissé apporter quelques jouets. Mais n'ayant pas pu en amener d'autres, je n'en ai pas assez pour partager avec vos filles.
Caroline Ingalls : Je te remercie Nellie de te préoccuper de mes filles. Mais ne t'inquiète pas, elles s'en passeront très bien.
Sur ce, Caroline mit au four le repas et alla dans sa chambre afin de prendre son ouvrage. Nellie tendit l'oreille et entendit le coffre rouler sur le sol, elle se leva et se précipita vers le porte-manteaux où Caroline avait suspendu sa bourse. Elle tendit la main quand la porte s'ouvrit. Prise de panique, elle se ressaisit et attrapa le châle de Caroline, suspendu à côté et s'en drapa juste avant que Mary, qui entrait ne la vit.
Mary Ingalls : Nellie? Qu'est-ce que tu fais là ?
Nellie Oleson : Ho, j'avais un peu froid et je me suis dis que ta mère ne m'en voudrait pas si je lui empruntais son châle.
Mary Ingalls : Non, je suis sûre qu'elle ne t'en voudra pas. Veux-tu venir avec moi à la crique ?
Nellie Oleson : Non, j'aurais peur d'attraper un rhume, il vaut mieux que je reste au chaud.
Mary Ingalls : Comme tu voudras. A tout à l'heure !
Mary partit tandis que Caroline revenait. "Tant pis, ce sera pour ce soir", se dit Nellie tout en retournant à ses poupées et s'excusant auprès de Caroline pour l'emprunt du châle.
Caroline Ingalls : Tu as donc froid, Nellie ?
Nellie Oleson : Eh bien, heu, oui un peu ! Il fait frais ici !
Caroline Ingalls : Oui, c'est vrai. Tu as raison. Je vais aller demander à Charles de faire un feu. Je reviens.
Nellie Oleson (de son plus grand sourire) : Oh, prenez votre temps, prenez tout votre temps...
Madame Ingalls était à peine sortie, que Nellie se rua sur la bourse. Elle la saisit, l'ouvrit, fouilla à l'intérieur, en ressortit la clé, la referma et la reposa, juste à temps ! En effet, elle était à peine assise que déjà Caroline était de retour.
Caroline Ingalls : Voilà, c'est fait. Nellie, ça va bien ? Tu as l'air bizarre.
Nellie Oleson : Oh, ce n'est rien ! Seulement la fatigue ! Je ne suis pas habituée à mener une telle vie.
La porte s'ouvrit, et Charles entra avec sa bûche. En un rien de temps, le bois brûlait dans le foyer.
Charles Ingalls : Voilà qui est fait !
Caroline Ingalls : Merci Chéri ! Et tu veux bien appeler les enfants ? On va bientôt passer à table. Nellie, peux-tu m'aider à mettre le couvert ?
Nellie Oleson : Bien sûr Madame Ingalls !
Un quart d'heure plus tard, tous étaient attablés.
Caroline Ingalls : Qui récite les Grâces ?
Nellie Oleson : Moi, je veux bien, si ça ne vous dérange pas !
Charles Ingalls : Oh, non, bien au contraire !
Nellie Oleson : Seigneur, nous vous remercions du festin que vous avez bien voulu nous accorder en cette magnifique soirée, bien qu'elle soit un peu fraîche. Ces mets délicieux, préparés par une femme délicieuse, dans une maison délicieuse, nous allons les déguster en famille. Car ces gens chez qui nous sommes sont pour nous des protecteurs, vos dignes représentants, et leurs enfants sont des amies très fidèles, sur qui nous comptons beaucoup...
Laura se mit à rire.
Caroline Ingalls : Laura !
Nellie Oleson : ... et que nous apprécions beaucoup. Ce sentiment est d'ailleurs réciproque. Et, et...
Charles Ingalls (en soupirant) : Amen !
Le repas parut ne jamais finir au goût de Nellie. Mais finalement, ils purent enfin rejoindre leur chambre...
Dès qu'ils furent de retour dans la cabane, la jeune Oleson se précipita vers son lit et tira la clé de sous son oreiller.
Nellie Oleson : Willy, tu es bien sûr de vouloir rester ici ?
Willy Oleson : J'te l'ai déjà dit cent fois ! OUI !!
Nellie Oleson : Bon, d'accord, d'accord. Mais tu ne viendras pas te plaindre par après. Pff, comment peut-on côtoyer de tels paysans... Bon, je m'en vais. Il faut que je me dépêche, la nuit va bientôt tomber. Je vais contourner la maison et rejoindre la crique pour qu'on ne me voie pas. A bientôt !
Elle se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit et se retrouva nez à nez avec Charles.
Nellie Oleson : Oh, monsieur Ingalls ! Que faites-vous là ?
Charles Ingalls : Tu as oublié ton gilet, et je suis venu te le rapporter.
Nellie Oleson : Oh, merci à vous ! C'est très gentil.
Charles Ingalls : Mais tu avais l'intention de sortir ? Que voulais-tu faire à cette heure-ci ?
Nellie Oleson : N'ai-je pas le droit de me rendre aux toilettes ?
Charles Ingalls : Oh, bien sûr. Bon, je vous laisse. Bonne nuit !
Willy et Nellie Oleson : Bonne nuit !
Nellie Oleson : Bon, j'ai déjà du retard. Si je ne veux pas camper en pleine forêt cette nuit, il faut que je me dépêche.
Sur ce, elle sortit, contourna la maison à pas de loup, en espérant que personne ne la vît. Elle allait entrer dans la cour, quand elle entendit la porte de la maison qui s'ouvrit. Elle eut juste le temps de revenir sur ses pas et de se cacher contre le mur d'où elle aperçut Charles et son épouse, chacun portant un seau.
Charles Ingalls : Monsieur Hanson m'a annoncé ce matin qu'il avait accepté un contrat très intéressant avec un riche promoteur de Sleepy Eye.
Caroline Ingalls : Bonne nouvelle ! Cela nous permettra peut-être d'agrandir la maison...
Charles Ingalls : Oh, je ne pense pas que ce soit une priorité. Mieux vaudrait agrandir notre terrain de plusieurs acres de terre. Et grâce aux nombreuses récoltes que nous ferons, la maison pourra être agrandie. Tiens, donne-moi ton saut que je le remplisse. Deux, ça te suffit ?
Caroline Ingalls : Oui, merci. Nous sommes là à rêver alors que rien n'ai fait.
Charles Ingalls : Oh, mais tu sais bien ce qu'on dit : "L'espoir fait vivre."
Caroline Ingalls : Bien sûr mais...
La porte venait de se refermer sur Caroline. Aussitôt, Nellie bondit de sa cachette et se mit à courir, espérant traverser la cour sans être vue. Malheureusement, elle avait presque atteint le chemin qui menait à la crique quand elle entendit des voix. C'étaient les filles Ingalls qui sortaient s'amuser. Demi-seconde de panique pour la fille Oleson qui ne réfléchit guère à ce qu'elle faisait. Elle se précipita toute habillée dans le ruisseau qui avait donné son nom au terrain : Plum Creek. Jamais partie de balle ne lui avait paru aussi longue. Quand enfin, Mary en eut assez et rentra, bien vite imitée par sa sœur. Cela faisait maintenant trois quarts d'heures qu'ils avaient quittée la table, et Nellie n'avait parcouru que quelques mètres, pourtant bien difficilement. Trempée jusqu'aux os, elle reprit vaillamment le chemin qui menait à la crique : c'étant sans nul doute, selon elle, le chemin le plus court. Mais elle ne l'avait emprunté qu'une ou deux fois et ne le connaissait pas. Tant pis, elle trouverait tout de même son chemin. Après plus d'une demi-heure de marche intense, elle remarqua un vrai chemin de terre battue."Me voici donc arrivée", se dit-elle. Quelle ne fut pas sa déconvenue lorsqu'elle découvrit qu'une bien familière cabane de bois, à la cheminée encore fumante se dressait devant elle. Que faire ? Ne se laissant abattre, elle décida de faire demi-tour et ainsi refaire le chemin inverse, jusqu'à retrouver la route qui la mènerait au village, jusqu'à sa maison. La nuit tombait peu à peu, et elle se trouvait à son point de départ. Il fallait qu'elle se dépêchât. Après plusieurs minutes, à vive allure, elle constata que le chemin sur lequel elle se trouvait se séparait en deux. Elle n'était jamais passée par cet endroit-là, lors de son premier voyage, ni même une fois précédente. Que faire ? "Pourquoi donc n'ai-je pas pris le vrai chemin, lorsque j'étais de nouveau chez les Ingalls, tout à l'heure. Maintenant c'est trop tard.", se lamenta la jeune fille. Son instinct lui souffla que le mieux serait de tourner à gauche. C'est donc ce qu'elle fit. Peu à peu la nuit tombait si bien qu'un quart d'heure plus tard, il faisait totalement sombre ; la lune étant la seule source de lumière. Et Nellie n'avait toujours pas atteint le village, quand tout à coup, elle entendit un craquement de branche et des bruits de pas étouffés. On s'approchait d'elle ! Mais qui ou plutôt qu'est-ce qui pouvait donc arriver ? Le hurlement qu'elle poussa déchira la nuit sombre et paisible. Devant elle, dans la clarté de la lune se dressait une énorme silhouette. Ce ne pouvait être autre chose que le Diable en personne, comme le prouvaient les gigantesques cornes plantées dans son crâne. L'état d'hystérie dans lequel se trouvait Nellie la laissa inconsciente durant quelques minutes. Ce fut un lapement humide qui la réveilla. Aussitôt, notre aventurière se souvint de sa situation délicate, et déclara : "Oh, oui, bien souvent j'ai été méchante avec Laura. Mais aujourd'hui, je m'en repends, oui je regrette tellement. Plus jamais je ne recommencerai. Mais pour pouvoir donner raison à mes paroles, laissez-moi en vie, par pitié ! Je vous en prie !" Lorsqu'elle eut achevé sa tirade, l'horrible bête s'éloigna et, dans un rayon de lune, elle remarqua qu'il ne s'agissait pas là de Satan, mais... d'un cerf. Un misérable petit animal lui avait peur à elle, la téméraire bourgeoise. Quelle honte ! Vexée, elle reprit sa route, au pas de course, ne prenant garde aux divers sentiers qu'elle empruntait. Quand soudain, après un dernier arbre, elle distingua une maison. "Oh, non ! Me voilà, sans nul doute, de retour chez les Ingalls !" Elle s'approcha et fut on ne peut plus surprise de reconnaître l'église ! A force de se perdre, Nellie avait pris un chemin totalement opposé à celui du départ. Elle se précipita alors vers les marches du magasin, et voulut saisir la clé dans sa poche. Malheureusement, celle-ci ne s'y trouvait pas ! Après tout ce périple, après avoir risqué la mort, voilà qu'elle échouait. Il lui faudrait alors retourner chez les Ingalls ! Quand tout à coup, un trait de génie lui vint à l'esprit. Certes, elle n'avait pas la clé du magasin, mais elle savait où était cachée celle de la maison. Elle se précipita dans le jardin, se dirigea vers le sapin, et commença à le palper. Au bout d'un moment, elle trouva la clé, la saisit et ouvrit. Enfin, elle était arrivée chez elle.