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Série : True Blood
Création : 12.10.2011 à 15h59
Auteur : maria91
Statut : Abandonnée
« Cet épisode virtuel se déroule après la fin de l'épisode 312: il fait nuit, Bill attaque la reine, Eric prend sa douche, Sam tire sur Tommy et Sookie disparait... » maria91
Cette fanfic compte déjà 55 paragraphes
Un jour après que Hoyt ait fait sa déclaration à Jessica tout en lui montrant leur future maison.
Le soleil vient de se coucher, Jessica se réveille et sort de la maison de Bill au plus vite.
Elle part pour sa future maison et a vraiment hâte d'y emménager avec Hoyt car voir des inconnus chez Bill l'énerve!
Arrivée sur place, elle entend Hoyt s'énerver et sent l’odeur du sang, elle se précipite crocs sortis dans la maison et voit Hoyt dans la buanderie sous l'escalier !
- Hoyt ça va ? Demande-t-elle en approchant son poignet à sa bouche.
- Non, Jessica! Pas la peine! Ce n’est qu'une écorchure.
- Mais, ça saigne beaucoup!
- C'est rien et je vais m'en faire d'autre. Tu as vu, j'ai bien avancé, dit-il en sortant du trou.
Jessica rentre ses crocs et regarde ce qu'il lui montre.
- Oui, comme ça, je pourrais m'installer et être enfin auprès de toi!
Hoyt fit un sourit coquin, il n’était plus question de creuser ou s'installer, pour le moment, l'heure était au plaisir!
En voyant ce que Hoyt a en tête, Jessica est tellement excitée que ses crocs sortent. Hoyt la prend dans ses bras et ne résiste pas à la tentation de l'embrasser, même avec ses crocs!
Ils finissent à terre dans une position très confortable, Hoyt regarde Jessica avec surprise, elle est déjà nue et puis il finit par se rendre compte que lui aussi ! Avoir une vampire comme petite copine avait du bon!
Ils s'embrassent encore et encore. Ils partagent un long moment de tendresse mêlée de passion puis savourent le calme après la tempête.
- Hoyt, Je voudrais emménager au plus vite!
- Pourquoi, tant de hâte? Demande-t-il en la serrant plus fort contre lui.
- Bill est devenu Roi de la Louisiane, et, du coup, des tas de gardes du corps ont envahi sa demeure, je me sens plus à ma place là bas. Ma place est ici, auprès de toi. Histoire de pouvoir faire ce qu'on vient de faire pendant des heures, ça ne te plairait pas?
- Si… on s’habille?
- Pourquoi faire? Demande-t-elle en caressant la jambe d'Hoyt.
- Pour aller faire des emplettes, acheter tout ce dont une maison a besoin, il nous reste du temps. Je te propose de passer des heures et heures dans les magasins, quelle fille n'aimerait pas ? Dit-il en riant. Je suppose que tu veux participer à la décoration de notre futur nid douillet, non?
Jessica se lève et attrape ses vêtements ainsi que ceux de son petit copain et les lui lance en plein tête, ce qui le fait rire encore plus fort.
- Arrêtes de rire et prépares toi, s’amuse Jessica. Il y a magasin à Shreveport : ils ont des meubles magnifiques, bon, je sais qu'on ne pourra pas acheter tous nos meubles là bas mais on pourra y jeter un coup d'œil quand même.
- Comme tu voudras ma chérie!
Ils montent en voiture et se mettent en route pour Shreveport, arrivés au magasin de meubles modernes, ils y entrent.
- HOYT!!! Viens voir, il est magnifique celui là! S’exclame Jessica, En montrant un canapé d'angle bleu nuit.
Hoyt regarde, mais ne dit rien, car il vient de voir le prix et deviens tout blanc.
- Tu ne l'aimes pas? Ok, on va voir les autres!
- Mais non…si il te plaît, je ferais des heures supplémentaires.
- Non, Hoyt, on prendra des meubles selon nos moyens, excuse-moi, je n'avais pas vu le prix! Allons voir ce qu’il y a dans nos prix, surtout qu'on ne va prendre qu'un canapé… donc, il faut qu'on se dise combien on peut mettre pour les meubles et aussi la peinture et la tapisserie!!!
- Tu as raison Jess, et il faut que j'en garde un peu aussi pour payer l'eau, l'électricité! Bref, pour les factures.
- Ok, moi, je n'ai quasiment pas dépensé un sous des mes payes du Merlotte’s, ça tombe bien!!!
- Bon, regarde celui là, il est bien, non? Dit-il devant un canapé beige trois places.
-Oui, très bien, simple et confortable, approuve Jessica en s’asseyant dessus.
Ils continuent leurs achats, mais à force, Hoyt se dit qu'ils n'auront pas assez de place pour mettre tous leurs achats dans la voiture et fini par dire à Jessica qu'il va demander de l'aide à Jason pour ramener leurs achats chez eux. Hoyt sort son portable et l'appelle, celui-ci fût ravi d'aider son vieux pote!
Une fois arrivés avec tous les meubles et linges de maison, Jason décharge son pick-up et demande à Hoyt et Jessica s'ils ont besoin de lui pour les placer.
- Non, Jason, tu nous a déjà bien aidé, tu nous as évité un aller-retour, dit Jessica.
- Vous êtes sûr?
- Oui, ne t’inquiète pas, ça devrait aller, dit Hoyt en regardant Jessica soulever le canapé d'une main. Jason suit son regard et frissonne.
- Au fait, des nouvelles de ta sœur?
- Non, j'ai l'impression qu'elle s’est encore embarquée dans une embrouille!!! Ce qui me chiffonne dans tout ça, c'est qu'elle a toujours donné des nouvelles ou dit où elle allait à Sam, ou moi, même Tara d'ailleurs, elle non plus, je ne l'ai pas revu, tu ne l'as pas vu, toi?
- Non, mais, ne t’inquiètes pas pour Sookie, je suis sûr qu'elle a une bonne raison de pas t'avoir donné de ses nouvelles et qu'elle va bien! Si tu veux en parler, appelle-moi et on ira boire un coup au Merlotte's ou chez toi, d’accord ? Propose gentiment Hoyt.
- Ok, il y a aucun souci, je t'appelerais plus tard.
Jason monte de son pick-up et dit:
- Hoyt!
- Oui?
- Merci mon pote!
- Non, c'est moi.
Hoyt le regarde partir et dit:
- Jessica!
Elle était en train de porter la table à manger du salon.
- Oui ?
- Je t'aime!
Elle sourit, elle pause la table et l'embrasse avec fourgue…
Je marchais seul dans la forêt. La nuit n’allait pas tarder à tomber, le soleil était couchant. Tout était si calme. Les oiseaux s’étaient arrêtés de pépier…..les ombres des branches s’étiraient tels des bras tentant de se raccrocher les uns aux autres avant la nuit. Puis l'humidité se ressentait de plus en plus….avec cette odeur caractéristique de mousses et de champignons.
Dans la pénombre, je perçut une légère lumière……je m’ y dirigeais instinctivement, attiré par elle comme un papillon de nuit.
Sous un arbre au cœur d’une clairière, je découvris Sookie, assise par terre. Je voulut courir vers elle pour savoir ce qu’elle faisait là mais je suis resté planter là à l’observer. Elle avait laissé ses cheveux sur le dos et elle portait une magnifique robe blanche. Elle avait une sorte d’aura obscure tout autour d’elle, seule la lumière au bout de ses doigts rayonnait. Tout d’un coup, elle se retourna et m’aperçut. Elle me fit un grand sourire, se leva et se dirigea dans ma direction. Mais l’aura noire prit de l’ampleur et son sourire se transforma en masque d’effroi. Elle hurla mon nom : Jason !! Jason ! Aide-moi ! Je me mis à courir vers elle mais il était déjà trop tard la masse obscure l’avait emporté….
Jason se réveilla en sursaut, tout tremblant et en nage.
- Putain de cauchemar ! s’exclama-t-il. Bon sang Sookie, t’es vraiment en train de me rendre dingue ! ajouta-t-il.
Il se leva péniblement et se rendit dans la salle de bains. Il avait besoin d’une bonne douche pour se remettre les neurones en place. Il se regarda dans la glace en se faisant un clin d’œil - comme d’habitude - et monta dans la baignoire. Il laissa l’eau chaude l’envahir et commença à se détendre petit à petit.
Il repensa à son cauchemar et à Sookie. Il n’était pas du genre à se prendre la tête avec ses rêves mais il avait l’étrange certitude que Sookie avait des problèmes…..de gros problèmes !
Qui pourrait l’aider pour retrouver sa sœur ? Tara ? Non, elle aussi avait mit les voiles et personne ne savait où elle était ! Hoyt ? Non plus, il filait le parfait amour avec Jess et il n’avait pas envie de lui gâcher ça ! Sam ? Non, il avait des problèmes beaucoup plus importants à gérer en ce moment ! Andy ? Encore moins, le shérif était plus que bizarre depuis quelque temps ! Il ne restait plus qu’une personne : Bill……ou plutôt le roi Bill. Jason avait vu sa détresse et le vampire avait réussi à le convaincre qu’il n’aurait jamais fait de mal à Sookie. En tant que roi, il aurait sûrement l’influence et les relations nécessaires pour l’aider.
Jason sortit de la douche et se rendit dans le salon tout nu et encore mouillé. Il attrapa son portable et composa le numéro de Bill. Comme il s’en doutait, étant donné qu’on était le matin, il tomba sur le répondeur. Il laissa un message :
- Euh salut Bill…..c’est euh…Jason…le frère de Sookie. Ecoute il faut qu’on se voie….il faut qu’on se bouge pour retrouver Sookie. Je sais que j’ai déconné à t’accuser l’autre soir mais j’le sens pas du tout cette histoire, faut qu’on en parle ok ? Rappelle moi dès que t’auras ce message. Allez à plus mec….euh…Votre Majesté !
Il reposa son portable et retourna dans la salle de bains pour se sécher. En passant dans le couloir, il remarqua que la fenêtre de sa chambre était ouverte. Or il ne se rappelait pas l’avoir ouverte. Il prit son fusil, le chargea et avança à pas de loups vers sa chambre. Il ouvrit la porte brusquement et chercha du regard un éventuel intrus.
L’intrus était en fait une intruse. Une jeune fille d’environ 16 ans se tenait là en plein milieu de la pièce. Elle était pieds nus et portait une vieille robe toute déchirée. Elle le détaillait de la tête aux pieds avec un air impressionné. C’est là que Jason se rendit compte qu’il était toujours nu. Il lâcha le fusil et bomba fièrement le torse. Puis il reprit ses esprits :
- Putain de merde ! lâcha Jason en prenant son oreiller pour cacher son ensemble trois pièces.
La jeune fille, les joues rosies, s’esclaffa.
- T’es qui toi ? Et qu’est-ce que tu fous dans ma piaule ? demanda Jason qui commençait à s’énerver.
- Je m’appelle Beckie. Je suis de…..Hotshot. Tu as dit que tu allais nous aider…..et euh….nous on a faim, répondit-elle timidement.
Il manquait plus que ça, se dit Jason. Décidément cette journée commençait vraiment très mal….
Cela faisait maintenant deux jours que j’avais repris mon train train quotidien habituel……deux jours que j’avais aidé Eric et Bill à enterrer vivant Russell………deux jours que j’avais revu Sookie…..
Ah Sookie ! Pourquoi est-ce que je ne peux m’empêcher de penser à toi ? Toi et ta célèbre queue de cheval blonde……toi et tes réparties cinglantes…..toi et tes yeux…..toi et tes fesses bien rebondies…..toi et tes seins que je rêve de toucher…
Alcide soupira. Il avait ce qu’il voulait…..il avait repris une vie normale loin des vampires et pourtant il ne pouvait s’enlever Sookie de la tête. Il lui avait promis de revenir la voir mais il savait qu’elle était un vrai aimant à problèmes ! Quel prix devrait-il payer pour une vie auprès d’elle ? Sûrement très cher…..et pourtant il la désirait tellement…..c’était devenu un besoin physique.
Tanpis pour sa petite vie tranquille. Sookie était désormais célibataire donc le champ était libre…..et peut être qu’il avait sa chance. La serveuse n’avait pas eu l’air d’être insensible à son charme. Un petit sourire se dessina au coin de ses lèvres en repensant aux moments passés avec elle. Lorsqu’elle avait cru qu’il avait la grippe alors que sa température élevée était simplement liée à sa condition de loup-garou. Lorsqu’elle avait insisté pour qu’il reste dormir près d’elle……lorsqu’elle lui avait fait comprendre que dans une autre vie elle aurait pu tomber amoureuse de lui……ou encore son sourire lorsqu’il l’avait revu au Fangtasia.
Sur un coup de tête, Alcide prit son portable et composa le numéro de Sookie.
Première tonalité…….deuxième tonalité……Alcide retenait sa respiration en pensant à l’effet que lui ferait d’entendre à nouveau sa voix…..à la cinquième tonalité le répondeur se déclencha :
Bonjour, vous êtes bien sur le portable de Sookie Stackhouse, parlez après le bip !
Biiiiiiip !
Un nœud se forma dans la gorge d’Alcide et il raccrocha. Putain t’es malade mon gars, elle a d’autres problèmes à gérer en ce moment…..laisse-lui du temps, pensa-t-il.
Quelqu’un frappa à la porte de son bureau, ce qui le fit sortir de ses pensées.
Patron, c’est Dana….est-ce que je peux entrer ? Il y a quelqu’un qui demande à vous voir, demanda sa secrétaire.
Alcide étala plusieurs documents devant lui pour faire l’illusion de quelqu’un qui était en train de travailler.
Oui, bien sûr Dana entrez, répondit Alcide.
Dana entra dans son bureau puis fut bousculé par un grand baraqué qui la devança.
- Je suis désolé patron, il était très insistant, s’excusa Dana en lançant un regard noir à l’homme devant elle.
- Ce n’est rien Dana. Je connais cet homme, la rassura Alcide.
Dana sortit alors du bureau en laissant les deux hommes seuls.
- Salut Hollis, commença Alcide en donnant une brève accolade à son ami. Comment ça va depuis la dernière fois au Lou Pine’s ?
- Salut Al. Moi ça va mais on ne peut pas en dire autant de tout le monde.
Alcide se raidit. Il voyait bien que son ami n’était pas comme d’habitude, il s’était passé quelque chose de grave. Il l’incita à poursuivre du regard.
- C’est Debbie. Elle est à l’hôpital…..elle a fait une overdose….elle est dans le coma. Les médecins ne savent pas si elle s’en sortira, continua Hollis qui avait prononcé la dernière phrase dans un souffle.
Alcide retomba sur sa chaise. Il s’était attendu à beaucoup de choses sauf à ça. Il n’avait pas revu la jeune louve depuis qu’elle avait réduit en miettes la maison de sa sœur. Il l’avait sommé de quitter la ville et de ne jamais y revenir.
- Emmène-moi auprès d’elle, tu me raconteras tout dans la voiture, déclara Alcide en prenant sa veste.
- Ok, on va prendre ma voiture, répondit Hollis en sortant du bureau.
***************************
Alcide et Hollis roulaient en direction de l’hôpital de Jackson situé en bordure de la ville. Ni l’un ni l’autre n’avait prononcé un mot depuis qu’ils avaient quitté le bureau…..ne sachant pas comment aborder le sujet. Ce fut Alcide qui rompit le silence le premier.
- Mais qu’est-ce qu’il s’est passé bordel ? explosa Alcide.
- Les flics l’ont trouvé près de Parker Street…..commença Hollis.
- Le quartier des dealers, siffla Alcide qui avait du mal à rester calme.
- Ouais, le repaire des pires ordures de la ville. Apparemment, elle gisait derrière une benne à ordures avec encore la seringue d’héro planté dans le bras. Il y avait plusieurs fioles autour d’elle….de toute sorte de substance mais y’avait surtout beaucoup beaucoup de V….
- Saleté de V ! jura Alcide en donnant un coup dans la portière.
- C’est pas tout. Deb était fauchée…..avant c’était Coot qui lui payait tout mais là elle n’aurait jamais pu se payer autant de V ni de quoi que ce soit d’autre. Mais selon les flics, elle n’a pas eu besoin d’argent….
Hollis s’arrêta…..hésitant à poursuivre….
- Ils ont trouvé des traces de sperme sur elle…..avec 4 ADN différents, finit par lâcher Hollis.
Alcide se décomposa. Ce qu’il ressentait allait au-delà de la colère, au-delà de la tristesse, au-delà du dégoût. Il ressentait surtout une grande culpabilité comme si tout ça était de sa faute.
- Où as-tu appris tout ça ? demanda Alcide.
- C’est par Mason qui travaille au commissariat. Même s’il a quitté la meute…..dès qu’il a su que c’était Deb….ben il m’a appelé, expliqua Hollis. Le reste je l’ai appris de l’infirmière de l’hôpital. Les flics ont dit aussi que vu son état et ce qu’elle avait ingurgité…..c’était sûrement une tentative de suicide.
- Ok merci de m’avoir prévenu, le remercia Alcide les yeux perdus dans le vide.
Le reste du trajet se passa dans le silence le plus complet. Ce ne fut que lorsqu’ils se retrouvèrent devant la porte de la chambre d’hôpital de Debbie qu’ils parlèrent à nouveau.
- Le mieux c’est que tu y ailles seul, proposa Hollis. Mais je te préviens tu vas avoir un choc.
Alcide hôcha la tête et prit une grande inspiration avant d’ouvrir la porte.
Une jeune femme pâle comme la mort était étendue dans le lit. Elle avait de grandes cernes violacées sous les yeux et ses lèvres avait pris une couleur bleutée. Plusieurs fils de toute part la reliaient à trois machines différentes. Il lui fallut quelques secondes pour reconnaître la femme qu’il avait aimée. Une larme se forma au coin de ses yeux puis coula lentement le long de son visage pour finir par s’échouer sur sa veste.
Entre les bips entêtants des machines, l’odeur lugubre et le contrecoup du choc, il eut soudain le vertige. Il s’adossa au mur en haletant comme s’il avait couru un marathon. Au bout de quelques minutes, il réussit à retrouver un semblant de calme. Il prit le porte documents qui étaient accroché au bout du lit. Sur celui-ci, il apprit que Debbie était dans le coma depuis deux jours et que ce matin ses paupières avaient légèrement bougé, ce qui semblait représenter un grand espoir pour les médecins.
Il raccrocha le porte documents et vint s’asseoir au chevet de Debbie. Il lui prit la main et commença à lui parler. Il avait vu dans une émission télévisée que les personnes dans le coma pouvaient entendre ce qu’on leur disait.
- Salut Deb. C’est moi…..c’est Alcide. Qu’est-ce que tu as fait Debbie ? dit-il en lui caressant la joue. Celle-ci était creuse et froide…..comme si elle était déjà morte. Alcide retira vivement sa main. Comment en es-tu arrivé là ? continua-t-il. Pourquoi Debbie ? On était heureux ensemble….pourquoi tu as tout gâché ? Je t’aimais…..et peut être qu’une partie de moi t’aime toujours. Ça me rend malade de penser que je suis en partie responsable de ton état…..je n’aurais pas dû être aussi dur…..j’étais aveuglé par la colère et je n’ai pas su voir que tu n’allais pas bien du tout…..je t’ai abandonné. Je ne referais pas deux fois la même erreur. Je veux que tu te battes…..tu m’entends, cria-t-il en secouant le corps de Debbie. Tu es une louve……ma louve…..tu n’as pas le droit d’abandonner !
Alcide lâcha Debbie et soupira. Il repensa à ce dont il avait en tête au sujet de Sookie en début d’après-midi. Un goût de bile amère envahit sa bouche. Il ne pouvait pas abandonner Debbie, si elle se réveillait il l’aiderait à aller mieux. A cet instant précis, il fit une croix sur l’éventuelle histoire qu’il aurait pu avoir avec Sookie.
Il regarda le visage de Debbie et avec une tendresse infinie vint se lover au creux de son cou.
- Ne meurs pas…..je t’en prie…..ne meurs pas, dit-il dans un sanglot tant l’émotion était forte.
Il resta ainsi pendant une demi-heure, sans bouger. Puis il se leva et entreprit d’aller se chercher un café. Mais avant d’atteindre la porte, il perçut un murmure.
- Alcide, articula Debbie d’une voix à peine perceptible.
Fin de l'épisode
la suite, tout de suite ^^
Un nouvel épisode s'ouvre, un nouveau générique...I wanna do bad things with you...
Maxine sort de l'église en se repassant en boucle le prêche donné par le pasteur de sa paroisse. On aurait dit qu'il avait choisi ses mots spécialement pour elle. Pour elle ? Pour Hoyt plutôt. Mais bien sûr, Hoyt ne s'est pas montré ce dimanche. Non ! Pour Maxine, c'est sûr Hoyt a perdu la foi. Hoyt renie toute son éducation religieuse en désertant ainsi... Malgré ses mornes pensées qui la hantent, Maxine aperçoit ses vieilles copines à qui elle lance un signe de la main, puis tête droite bien visée sur le cou, elle se dirige vers elles.
Comme chaque dimanche, Maxine rejoint ses trois amies de toujours afin de faire le rapport hebdomadaire de ce qu'elles ont vu et entendu. Comme chaque dimanche, elles commentent la vie de chacun des habitants de la bourgade de Bon Temps. Comme chaque dimanche, Maxine va jaser sur les uns et les autres. Maxine adore les dimanches et les sorties d’Église. Mais ce dimanche, Maxine est bien décidée à ne pas être le point de mire de leurs discutions. Consciente que son fils et la vampire font un magnifique sujet d'interrogation, Maxine sait qu'elle va devoir sauter sur le premier sujet venu afin d'éloigner les pies.
En plein dans ses propres recommandations, l'oreille de Maxine se dresse en entendant les lointains jacassements des femmes permanentées qui l'entourent : « Mais quand même, je m'imaginais pas Merlotte capable d'user d'une arme !
Surtout contre son propre frère, qui plus est !
« Un frère qui ne connais même pas en plus ! Vous saviez que c'est lui qui est parti à la recherche de sa vraie famille ? »
Ces fichues bonnes femmes qui n'hésitent à surenchérir dans leurs cancans !
Maxine ne suit pas la conversation en cours mais voit vite l’intérêt de continuer sur cette voie. L'échappée est trop belle mais surtout très intéressante ! Sam Merlotte aurait fait quelque chose à Tommy ?
Soudain, Maxine se réveille, le potin est vraiment trop croustillant, faut qu'elle se mêle à la conversation et qu'elle en sache plus là-dessus.
- Pardon mesdames mais quelque chose m'échappe... Vous dites ? Sam Merlotte a fait quoi exactement ?
Esther, la plus vieille du groupe, est la première à réagir et fait un bref résumé de la situation : Tommy est à l’hôpital, Sam lui aurait tiré dessus mais Sam est en liberté parce que Tommy n'aurait pas donné suite à l'affaire.
Maxine repense alors aux paroles de l'homme de foi disant que le sens même de la famille est de rester unie quoi qu'il puisse en coûter. Si seulement Hoyt avait été là... Maxine se secoue mentalement les puces et reprend les rênes de la troupe.
- Quelqu'un est-il allé voir ce pauvre garçon ? Il doit être bien seul face à sa douleur ! Vous savez pourquoi Sam aurait fait ça à son petit frère ?
Maxine balaye son groupe de parole du regard et voit que personne ne sait rien. Soudain, sans plus réfléchir, Maxine voit ses pas l'emmener loin du parvis de l’Église et prendre la direction de l’hôpital pour rendre visite à Tommy.
Maxine est décidée. Entre l'histoire avec Hoyt et les mots du pasteur, Maxine se tient devant la porte de la chambre de Tommy et pénètre sans plus de manière.
- Tommy, mon pauvre garçon ! Tu dois souffrir le martyre! Où est ce que tu as mal ? Les infirmières viennent te voir au moins? Et Sam ? Tu l'as revu depuis ? Pauvre chou, comment tu t'en sors ?
Les questions de Maxine ont fusé sans que Tommy ne comprenne quoi que ce soit.
Tommy sur son lit voit bien la mère de Hoyt devant lui et voit bien qu'elle a envahi son espace de manière virulente mais ne peut s’empêcher de tenir sa bouche grande ouverte en se demandant bien ce que cette vieille peau de vache lui veut.
Médusé devant l'attitude franche de Maxine, Tommy bredouille quelques mots sans se souvenir ni la première ni de la dernière question :
-Hein ?...Quoi ? Oui, j’ai mal à la jambe ! Sam... Oui oui, il vient mais il n'a pas fait exprès...C'est de ma faute ! C'est moi ! C'est moi qui lui ai...
Tommy bien que sous l'effet des calmants se ressaisit et n'en dira pas plus pas cette femme.
- Tommy enfin ! Quoi que tu ais fait, crois-tu vraiment que Sam a le droit de faire ce qu'il t'a fait ? Non non, mon bouchon, Sam est un ignoble personnage et tu es une victime, tu m'entends ? Sam et toi formez une famille et dans une famille on se soutient et on ne se tire pas dessus ! Un point, c'est tout ! Et tes parents ? Où sont-ils ceux-là d'abord ? Pourquoi ils ne sont pas à ton chevet ?
Tommy regarde de biais la mère de Hoyt en se demandant ce qui peut bien lui prendre de débouler comme ça et mettre son nez dans ses affaires. Qu'est ce qu'elle peut bien lui vouloir ? Pourquoi elle pose tant de questions à la seconde ? Tommy voit que Maxine attend une réponse de sa part mais encore une fois à cause des calmants, Tommy se sent à côté de la plaque.
- Heu...Madame Fortenberry, mes parents ne viendront pas, ils se foutent de ce qu'il m'arrive! Je ne suis pas utile pour eux en ce moment, j'ai la jambe en vrac alors non...Ils ne viendront pas ! Et Sam, il est en colère contre moi. Il veut que je fasse des études et que je devienne un bon gentil toutou comme lui mais il ne s'occupe même pas de savoir si je veux ou pas ! Il savait même pas que j'sais pas lire ! Alors...ma foi ! Tommy a lâché son récit de façon laconique ponctuant sa tirade d'un faible haussement d’épaule.
Tommy voit alors d'un coup la bouche de Maxine se tordre et son visage devenir rubicond. On dirait qu'elle est prête à exploser, tenant son sac à main devant elle.
- Sainte Marie, Mère de Dieu, Tommy ! Comment ça, tu ne sais pas lire ? Tu n'as donc reçu aucune éducation ? Pauvre malheureux, il n'y a rien d'étonnant à ton comportement alors !
Maxine en venant voir tommy ne s'attendait à tant de surprise. Comment une mère peut-elle laisser un enfant dans cet état ?
Tommy ressemble à un bébé dans ce lit d’hôpital, le tient blanc et les joues roses. Faut que je m'occupe de ce gamin. Maxine regarde Tommy en écoutant ses pensées qui fusent à la vitesse de la lumière. S'occuper qu'un gosse qui n'a pas reçu d’éducation ? Mais qu'est-ce que ça donnerait d'abord ? C'est comme avoir un nouvel enfant, un enfant où toute l'éducation est à refaire...enfin non ! Où toute l'éducation est à faire...Mais…Oui ! C'est décidé ! Tommy qu'il le veuille ou non viendra vivre avec elle ! Maxine hoche la tête pour elle-même, approuvant sa décision. Maintenant, il faut que j'impose ce choix et qu'il comprenne que c'est le bon ! Maxine s'approche un peu plus du lit de Tommy et se lance :
- Écoutes, Tommy, tu as besoin de quelqu'un qui t'apporte tout ce dont tu as besoin et tu sais que Hoyt m'a quitté alors...tu viendras vivre chez moi et je pallierais à toute cette mauvaise vie que tu as eu.
Tommy est bouche bée devant la proposition de Maxine mais après un court temps se renfrogne dans son lit car il ne se voit pas avec Maxine sur le dos toute la sainte journée, il se demande comment lui faire comprendre qu'il en est hors de question. Il observe attentivement Maxine et son attitude une nouvelle fois et ne peut que constater que cette femme ne l'inspire pas et qu'il la trouve horrible à regarder. Non non pas chez elle ! Même pas en rêve !
-Merci m'dame mais j'crois que ça sera nécessaire. C'est très sympa de votre part mais j'veux pas être un boulet, vous comprenez ?
Maxine penche alors la tête et avance une grosse main boudinée vers les cheveux noirs châtainsde Tommy.
-Je te garantis que tu ne me gêneras pas et qu'on va bien s'entendre toi et moi ! Tu as besoin d'aide et de repos et moi j'ai besoin d'avoir de la compagnie dans ma maison vide. Imagines qu'un malfaiteur vienne chez moi alors que je suis seule. Si tu es là, je serais en sécurité ! Et puis de toute façon, tu n'as pas le choix, tu viens !
Tommy qui a toujours la tête caressée par la patte de Maxine, tourne son visage vers la fenêtre. Quelle autre solution a-t-il de toute façon ? Où va-t-il aller quand il sortira ? Sûrement pas chez Sam et encore moins chez son père, Joe-Lee ! En réalité, Tommy est à la rue !
Toujours les yeux rivés sur l'horizon, Tommy se résigne et accepte la proposition de Maxine :
-Qui tente rien, n'a rien mais si vous me gonflez à me prendre la tête sur quoi faire et quand le faire, je déguerpis fissa ! Compris ?
-Ouiii...hum pardon, oui ! Fit-elle en claquant de ses grosses mains.
Maxine se retrouve alors radieuse dans la chambre aseptisée de son nouvel enfant bien que Tommy, lui se voit déjà comploter un bon vieux coup d'entourloupe...Attends !...Si ça se trouve, elle a du pognon ? Les vieilles mégères comme elles ont toujours du fric planqué sous le matelas....Tommy rend alors un joli sourire à Maxine, un sourire...vicieux.
Amies trubbies, notre passion pour cette série est internationale!! Voici donc le texte d’une fan venue de République Tchèque qui nous fait le plaisir de participer à notre fic collective en accompagant Tara dans sa fuite éperdue...
Savourez! ^^ Kalypso
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Avec chaque kilomètre m’éloignant de Bon Temps je me sens mieux. Le vent caresse mes cheveux courts. C´est bizarre, comment le simple fait de couper les cheveux peut aider. Comme un grand pied tomberait de mon coeur. Je respire profondément. Oui, c´est beaucoup mieux, mais je me sens toujours bouleversée. La vie est une garce, je vous le jure! Les vampires sont des enfoirés!
Je recommence à trembler. Stop, arrête de penser à eux! Il faut penser à autre chose. Alors je vais aller tout droit ou à gauche? J´ai faim, alors à gauche, il y a une pancarte qui indique une station-service et le repas.
Je descends, la tête au debout, le sourire sur mes lèvres. Personne ne me connaît, ils ne savent pas ce a quoi j‘ai survécue. Je commence une nouvelle vie, avec un nouveau boulot, de nouveaux gens. Ah! mon cousin Laf m’appelle , il a tellement peur pour moi. Qu´est-ce que je vais lui répondre? J´en sais rien...ça attendra après le dîner, il faut tout d´abord fournir mon corps pour que je puisse réfléchir.
Je m´assieds dans un coin. La serveuse arrive, c´est une blonde, comme mon amie Sookie. Seulement un hasard, ça ne signifie rien. Il faut respirer et sourire. Je suis 570 km de Bon Temps. J´ai besoin du Scotch. L´alcool m´aide à oublier. Je peux conduire avec un petit verre, ça ne me pose aucun problème. Je bois, ouais... le monde est plus beau avec de l‘ éthanol dans les veines. Je vois un cuisinier. Il traverse le bar et va dehors. Non, mais je rêve! C´est un sosie de mon cousin Lafayette. Les battements de mon coeur accélèrent. Ce n´est pas possible! Je ferme les yeux brutalement. Ca ne se déroule pas en réalité. Je deviens folle.Après tout, ça ne devrait pas m´étonner ... j´ai tenu longtemps. J´éclate de rire, les folles sont heureuses n´est- ce pas? Sérieusement, je vais manger et ne pas regarder autour de moi. Le bar entier me rappelle mon ancien travail, ma vie. Je vais laisser mes souvenirs derrière moi.
Je pars vers ma voiture. Je vois Pam, elle s´approche. Non, non, non! Ferme les yeux, respire, calme-toi! Je sens un effleurement sur mon épaule. Je crie. Je me débats, je cours. Je tombe sur la terre. Quelqu'un tombe sur moi, je ne peux plus bouger. Je hurle jusqu´au moment ou ma bouche est ouverte.
- Hey, calme-toi, ça va, je ne voulais pas te blesser. Je vais t´aider. J´ai peur qui tu vas évanouir, tu étais blanche comme un mur.
J´ai déglutis, ouvert les yeux. Je vois une jolie jeune femme.
- Ca va toi?
J´acquièsce.
- Bien, tu veux boire un verre?
Je me souviens du bar.
- Non!
- D´accord, tu trembles. Prend du chocolat, çà va t´aider.
L‘ inconnue cligne d´oeil. Je n´ose pas de refuser, j ´accepte un grand morceau. Wow, c´est délicieux.
- Je m´appelle Naomi. Comment tu t´appelles?
- Je m´appelle, je m´appelle... (pas Tara, je déteste ce prénom, il est associé avec toute ma souffrance. Mais quel prénom choisir? Quelque chose courte...Toni, d'après ma chanteuse préférée!)Toni!! Merci pour ton aide. (Sois polie, alors continue la conversation Tara)
- Tu fais quoi ici?
- Bah, je..(quoi dire) J´ai voulu te demander si je peux m´emmener avec toi? Ce matin j´étais au boulot et en rentrant à la maison à New Orleans, pendant ma pause avec un tas de café, quelqu´un m´a volé ma voiture et je suis coincée ici. Désolée, c´est une demande inappropriée de ma part.
- Non, ça ne me gêne pas, tu peux aller avec moi.
- Oh, super! Je n´en espérais pas tant!
Lafayette retourne son steak nerveusement. Trop nerveusement. Il glisse et tombe par terre accompagné d’une bordée d’injures bien imagées. Le cuistot du Merlotte’s est à fleur de peau ce soir, tout le monde a pu le constater. Arlène ouvre la bouche pour lui demander si tout va bien mais Terry pose une main douce sur son bras, hochant la tête
pour lui signifier de s’abstenir.
- j’ai déjà essayé : il ne veut pas en parler.
Arlène fait une moue dépitée et repart en salle, le plateau chargé de verres. Terry reprend son rangement de la réserve en jetant un œil au métisse qui repose un nouveau steak sur le grill. Lafayette regarde cuire le morceau de viande et pose ses deux mains sur la paillasse pour se calmer. Il enrage. La conversation avec Jésus hier au sujet d’Eric s’était très mal passée.
Son copain, qui n’avait jamais eu affaire au vampire, n’avait pas accepté que Lafayette affiche une telle soumission devant lui. Le jeune homme avait eu beau lui expliquer que ce n’étaient que des mots, pour le calmer, que les vampires aimaient à croire qu’ils pouvait être propriétaires des humains, qu’il lui avait donné son sang et que ça le liait à lui… Jésus s’était insurgé contre cette idée, envisageant Eric comme une menace pour leur couple. Lafayette lui avait alors raconté Eddy puis son tourment dans la cave d’Eric : les horreurs vues et… vécues. Pam s’en était donnée à cœur joie pendant ces deux semaines…
Mais, loin de le convaincre que Lafayette avait fait pour le mieux, Jésus s’était campé sur ses positions et semblait encore moins accepter l’idée qu’une telle menace puisse planer ainsi sur leurs têtes. Ulcéré, Lafayette avait fini par se fâcher et l’avait chassé de chez lui en lui disant que soit il l’acceptait tel qu’il était, soit il dégageait. Jésus avait eu beau essayé de protester, il s’était retrouvé à la porte pour la nuit, perplexe.
Et, alors qu’il ne lui restait qu’une heure avant de terminer son service, espérant secrètement retrouver Jésus sous son porche, l’attendant avec une bonne bouteille de whisky… Il l’avait vu débarquer au Merlotte’s… accompagné ! Le bâtard !
Depuis, il ne le lâchait pas du regard. Epiant le moindre de ses sourires pour ce gringalet au visage d’ange qui osait rire si fort à la moindre de ses paroles, Lafayette se sentait comme une cocotte minute.
A deux reprises, Jésus lui avait fait l’affront de lui faire un petit signe de la main. Lafayette avait roulé des yeux, outré, pour mieux se replonger dans ses fourneaux. Et maintenant, il voit l’heure de sa fin de service arriver et il n’aura plus de prétexte pour
éviter la confrontation. Ou peut-être en passant par derrière ? Oui, c’est une bonne idée.
Mais pourquoi est-il si énervé ? Hein ? C’est quand même bien lui qui a demandé à Jésus de choisir. Jamais aucun autre homme ne l’avait fait frémir quand il s’était détourné de lui, ce qui arrivait à chaque fois. Mais cette fois, c’est différent. Lafayette sait qu’il était en train de tomber amoureux et que, maintenant mis au pied du mur, il va souffrir de l’avoir perdu.
Terry s’approche gentiment :
- Allez, c’est bon, mon vieux, t’as fini pour aujourd’hui, je prends le relais.
Lafayette dénoue nerveusement son tablier et lui balance dans les mains.
- pas trop tôt, marre de ces conneries ! Marmonne-t-il en quittant la cuisine.
Il attrape son blouson et file par derrière. Allumant une clope dès qu’il pose le pied dehors il savoure la brûlure de la fumée de la première inspiration. Il est encore vivant, c’est déjà ça…
- Tu m’évites ?
Laf’ sursaute et se retourne vivement.
- Il ne fait pas encore nuit, ce n’est que moi.
- Bordel! T’es bon en réanimation cardiaque ? Parce que là, je vais faire un arrêt. Grogne Laf’ en se remettant difficilement de sa frayeur.
- Je me débrouille… s’amuse Jésus en s’approchant de lui. Bien que là, personnellement, je diagnostiquerais un autre problème… et un autre traitement !
Lafayette grimace et remet de la distance.
- Putain, salope, tu crois que tu vas pouvoir t’approcher de moi après m’avoir nargué avec ta nouvelle conquête pendant une heure ?!
Jésus marque un temps d’arrêt et lève un sourcil. Il regarde autour de lui et un franc sourire illumine son visage.
- Je suis trop bon en diagnostic, moi.
Sans prévenir, il pousse fermement Lafayette contre le mur derrière lui. Laf’ fronce des sourcils, surpris.
- Diagnostic : Complètement à côté de la plaque.
Lafayette, vexé, tente de se redresser mais Jésus le replaque et, d’un geste assuré lui ouvre les cuisses d’un genou avant de se presser contre lui.
- Traitement : A besoin qu’on lui remette fermement les points sur les I.
Et sans plus de préambule, se penche et cherche un baiser profond. Lafayette grogne et tente de se dégager, n’appréciant pas du tout son petit jeu. C’était lui le plus fort des deux et il n’allait certainement pas se laisser dominer ici, pas dans l’état de rage dans
lequel il était ! Mais Jésus, rodé par son travail avec des patients parfois violents, trouve aussitôt la parade et, lui attrapant le poignet droit de sa main gauche dans son dos, Bloquant son autre bras au passage, il lui fait une clef de bras suffisamment haute pour le faire cambrer.
- Ahh ! Mais qu’est-ce que tu fous, salope, lâche moi, tu me fais mal !
- Alors arrête de te défendre ! Aboie Jésus en posant une main ferme sur sa joue.
Et il lui explique le visage sérieux :
- Je suis ton mec, c’est clair, ça ? Je le sais, Eric le sait et tu viens de l’apprendre apparemment.
- Mais…
- La Ferme ! J’ai jamais dit ça à personne, alors écoute-moi bien :
Jésus adoucit son regard et le plonge dans celui de laf’ stupéfait.
- Tu as choisi d’aimer les hommes, ce n’est pas un hasard. Contrairement à ta mère, ou à toutes ces femmes qui te font penser à elle, si tu me laisses une chance, moi, je vais t’aimer tout entier, comme tu es : de la tête au pied, tes défauts, tes qualités, passionnément, viscéralement… je vais te donner ce qui t’as manqué toute ta vie : un amour inconditionnel et un sentiment de sécurité. Tu es en sécurité avec moi, tu entends ?
Lafayette est perplexe. Les mots résonnent dans sa tête avec une force terrible. Jamais personne ne l’avait cerné aussi bien. Il capitule… se détend et son regard devient tendre. Jésus esquisse un sourire et détourne les yeux, détaillant son maquillage parfait, ses beaux yeux de velours noir, sa boucle d’oreille colorée. Il laisse son regard glisser sur lui et sa main libre descend sur sa poitrine. Il poursuit d’une voix douce :
- Je vais veiller sur toi… peu importe si un vampire te regarde de travers, peu importe si tu ne maitrise pas encore ton don… Je suis ton mec, laf’…
Jésus l’embrasse avec passion et cette fois laf se laisse faire… au point même de sentir les effets de cet étroit corps à corps… ce qui n’échappe pas au latino qui part explorer cette zone d’une main experte sous son treillis. Lafayette gémit et gigote mais jésus ne lâche pas son poignet.
- Je ne suis pas que douceur et sensualité, Lafayette. Murmure Jésus d’une voix feutrée. Je ne suis pas que bonne humeur et attention : je suis un homme, un vrai. De même que je maitrise la situation maintenant, je suis un homme comme tu en as besoin… Jamais plus tu n’auras peur.
Jésus reprend son baiser en précisant son geste et Lafayette fond. Mon dieu… si quelqu’un prend sa pause maintenant, il va se faire virer… Malgré tout il ne peut lutter contre le savoir-faire de son amant et commence à perdre pied.
- C’est bien clair tout ça ? souffle Jésus entre deux baisers.
- Limpide.
Lafayette se tend, les yeux clos et Jésus s’humecte les lèvres d’envie. Il regarde son amant s’abandonner et juste à l’instant où il le libère enfin :
- A tiens, salut, Jésus ! ça va ?
D’un seul mouvement il lâche le poignet de Lafayette et le prend dans ses bras pour qu’il soit dos à la porte. Laf’ grogne et Jésus éclate de rire en lui caressant le dos avec compassion. Heureusement, l’intrus venu poser une poubelle n’a rien vu : ils étaient trop collés l’un à l’autre.
- Très bien, Sam. Et toi ?
- On fait aller… ça va Lafayette ? Terry m’a dit qu’il n’était pas en forme.
- Ça va aller beaucoup mieux maintenant, hein mon cœur ? demande-t-il rieur.
Laf’ re-grogne, pressant son amant contre lui en émergeant des spasmes de l’orgasme. Jésus, souriant, fait un signe de la tête pour que Sam les laisse. Le patron s’exécute gentiment. Lafayette finit par se détacher et évalue les dégâts. Super ! Il en a plein partout !
- Euahh… dégueu’ se moque Jésus en lorgnant son ventre d’un air dégouté.
Lafayette arme son poing pour lui en mettre une bien méritée mais Jésus s’esquive en prenant plusieurs mètres au pas de course, hilare. Lafayette roule des yeux, toujours vexé :
- Plus jamais ça ! t’entends pétasse ?! sinon je…
- J’t’emmerde Lafayette ! le coupe Jésus sans quitter son sourire, je cesserai de jouer le macho quand tu arrêteras de jouer les divas hystériques qui vire son homme au milieu de la nuit pour rien.
Il se dirige vers le bar et conclut :
- Allez, rejoins-moi quand tu seras prêt, mon collègue a fait deux heures de route pour venir t’aider à ma demande.
- Ton… ton collègue ?
- Ouep ! on se connait depuis des siècles et il est parfaitement étanche à mon charme, si c’est ça qui t’inquiète. Il est psychologue diplômé et très doué en hypnose. Il fait des merveilles à la clinique. C’est ton vampire qui m’y a fait penser : ça pourrait t’aider à gérer tes hallucinations. On t’attend.
Et il rentre, laissant Lafayette sur le parking du Merlotte’s, seul. Il a ramené quelqu’un pour l’aider ? Il reste ? Il va l’aimer d’un amour inconditionnel ? A part Tara personne ne l’a jamais vraiment aimé sans réserve. Sans pouvoir rien contrôler, Lafayette se sent bizarre… une envie de rire étrange et puis, là… une larme coule sur sa joue… une larme toute douce, toute chaude… la première larme de bonheur qu’il n’ait jamais versé.
Le soleil ce couche de nouveau sur Bon Temps......laissant la place à la lune!
Assis sur leur canapé, Jessica réfléchit.
- Hoyt....mais, ta mère dans tout ça? Elle va en dire quoi?
- Elle n'a rien à dire là dessus, Jessica, je t'aime et je veux vivre le restant de ma vie auprès de toi.
- Hoyt ! Même si je ne l'aime pas, elle reste ta seule famille!
- Jess, je veux t’épouser et c'est tout ce qui compte! Tu m'entends? Puis, ma mère sait déjà tout!
- Elle l'a mal pris, hein?
Hoyt souffle et répond plein de haine:
- Oui, mais, je m'en fiche! Elle m'a menti depuis des années, trahi et si elle m’aimait vraiment, elle n'aurait jamais agi ainsi! Elle ne voudrait que mon bonheur c'est ce qu'elle me dit souvent, si, elle le voulait vraiment, elle comprendrait que mon bonheur, il est auprès de toi, je suis l'homme le plus heureux au monde
avec toi!
- T'es sûr de toi? C'est ta mère quand même! Elle fait partie de ta vie que tu le veuille ou non!
- Elle appartient à mon passé, elle ne fait plus partie de ma vie à présent! Et, c'est mieux comme ça!
- Quoi! Mais, qu'est-ce-qu'elle a bien pu te faire pour que tu réagisse ainsi? Car, tu la défendait tout le temps, avant!
Perdu dans ses pensés, Hoyt se revoit en train de parler avec l'armurier. La colère qu'il avait ressenti en apprenant que sa mère avait acheté un fusil et ne lui avait rien dit à ce sujet. Puis, il se doutait qu'elle voulait tuer la femme qu'il aime! Il se souvient aussi de sa dispute avec elle à ce sujet! Elle lui avait ouvertement menti encore une fois! Ils s'étaient séparés en mauvais terme.
Jessica le fît revenir à la réalité.
- Hoyt! Hoyt! Tu vas bien?
- Oui, excuse moi, j'étais perdu dans mes pensées.
- Alors, qu'a-t-elle fait au juste, pour que tu sois dans un tel état?
- Elle a acheté un fusil, soit disant pour tous ces criminels qui se baladent mais, je pense qu'elle voulait s'en servir contre toi!
- Quoi? Elle voulait me tuer? s'exclame Jessica, les yeux équarquillés par l'étonnement.
- Sûrement, elle m'a dit qu'elle avait peur de toi, c'est sûrement parce que tu l'as déjà mordu et elle a aussi surtout peur pour mon âme! Et d'autres balivernes à la noix!
- C'est injuste, quand je l'ai mordu, elle m'avait poussé à bout! dit-elle en soufflant.
- Oui, mais, elle n'était pas dans son état normal, mais, ça ne l'excuse pas pour le reste, je comprends ta haine!
Enervée Jessica réplique :
- Ah bon? Ce n'est pourtant pas toi qu'on veut tuer!
- J'ai quitté ma mère, je lui ai fait comprendre qu'elle ne ferait plus partie de ma vie, je ne peux rien faire de plus! Alors, pas la peine de me crier dessus! Je ne suis pas responsable des bêtises de ma mère!
- Oui, je sais bien et l'arme, elle est où?
- Je n'en sais rien, je l'ai cherché mais je ne l'ai pas trouvé. Je lui ai fait comprendre que si elle s'en servait contre toi, j'avourai tout au shérif au sujet du suicide de mon paternel mais fait quand même attention! On ne sait jamais! dit-il d'un air grave.
- Tu rigoles là! Tu es sérieux!
En signe de réponse, Hoyt hoche la tête.
Jessica voit rouge et dit :
- En gros, je risque ma peau, parce que tu as viré de ta vie cette vieille peau!!!
Tara écoute le message de Lafayette, un sourire aux lèvres : il reste au moins une personne en ce bas monde qui se soucie vraiment d’elle encore. Elle referme le clapet de son téléphone et appuie le dos de sa main contre sa bouche. Lafayette… heureusement qu’elle n’était pas passée lui dire au revoir sinon elle n’aurait jamais pu partir. Il lui avait sauvé la vie, elle avait tellement d’affection pour lui… Il faut absolument qu’elle le rassure. Ils ont passé trop d’épreuves ensemble pour se créer des problèmes là où il n’y en a pas.
Sans qu’elle puisse le contrôler elle sent un rire poindre au fond des sa poitrine. Elle l’a fait ! Elle a pris son courage à deux mains et, la certitude que cette vie vaut la peine d’être vécue loin de cette maudite ville elle a mis les voiles ! Elle l’a fait ! Le rire prend de l’ampleur et franchit ses lèvres en une cascade de bonheur. Un doux rire d’écolière ayant réussi à grimper sur la plus haute branche de l’arbre malgré l’interdiction formelle de la maitresse. Elle l’a fait et… comme elle se sent bien ! Les 24 premières heures avaient été une fuite éperdue sans queue ni tête… d’ailleurs elle s’en souvenait à peine. Mais depuis qu’elle avait croisé la route de cette mystérieuse orientale, tout paraissait… envisageable !
Elle savoure ce rire inattendu, réconfortant. Le barman de ce pub de la Nouvelle-Orléans lui adresse un gentil sourire.
- Bonne nouvelle ?
- Excellente, oui…
Elle rouvre son clapet et repense à Sam. Comme il a eu raison ! Bien qu’elle en avait douté sur le coup, ce sont ses conseils pleins d’amitié qui viennent de lui redonner une chance. Une énorme bouffée de tendresse pour son ex : patron/amant/ami la parcourt
avec douceur. Elle compose un texto rapidement, l’envoie puis cherche le N° dans son répertoire.
- Allo ?
- Sam ? C’est Tara…
- Tara ?! Comme c’est bon de t’entendre ! Mais où es-tu ma belle ? Tu es avec Sookie ?
- Non… pourquoi ?
- Ben… vous avez disparu toutes les deux en même temps alors on pensait que vous étiez ensemble dans les ennuis.
- Sookie a disparu ?!
- Oui. Dans la nuit de dimanche à lundi. Tu n’as aucune idée où elle est ? Jason commence à s’inquiéter.
- Mais non… aucune idée. Moi, j’ai suivi ton conseil et j’ai pris la décision de tout recommencer loin de Bon-Temps.
- Ah ? Tu es où ? s’intéresse Sam, surpris.
- Très loin ! sous-entend Tara d’une voix rieuse. Ecoute Sam, reprend-elle plus sérieusement. Je viens d’envoyer un texto à Lafayette pour le rassurer mais… explique-lui que je ne peux pas lui parler pour l’instant. Que je l’aime beaucoup trop fort pour l’entendre me houspiller que j’aurais dû venir lui dire tout ça en face. Dis-lui que je l’appellerai quand je serai prête mais que je pense à lui… à vous… à toi, Sam. Je pense à toi et je te remercie. Tu sais, c’est grâce à toi si j’ai réussi à le faire…
Sam encaisse la nouvelle difficilement, fermant les yeux pour contenir un gros soupir de dépit.
- Sam ?
- Je t’écoute ma Belle.
- Ça… ça va toi ? tu as une drôle de voix.
- Ça va très bien, ment le beau métamorphe d’une voix faussement enjouée. Je me disais juste que tu allais me manquer… beaucoup.
Oh oui, beaucoup ! Sam aurait bien voulu la sérrer dans ses bras à cet instant. Avec Sookie, Tara était la seule vraie amie qu’il avait à Bon-Temps et la belle métisse avait le don de le comprendre d’un regard, de lui chasser ses idées noires d’un sourire et l’une de ces chevauchées fantastiques qu’ils s’offraient de temps en temps tous les deux n’aurait pas été de refus ces jours-ci. Sam se sentait seul et mis à l’ écart par tous depuis cette nuit là. Alors qu’auprès d’elle, il sait qu’il n’aurait pas été jugé… elle savait lire en lui comme dans un livre ouvert et lui faisait confiance. N’était-elle pas la seule à qui il avait osé avouer son don ? Tara allait beaucoup lui manquer, oui, mais il est heureux pour elle et il ne va certainement pas parasiter ces début prometteurs avec ses propres problèmes.
- Je passerai le message à Lafayette, ne t’en fais pas. Et si tu as des nouvelles de Sookie : dis lui bien de nous appeler, on est tous très inquiets ici.
- Merci Sam. Et pour Sookie : vous avez vu avec Bill ? Ce maudit vampire est la cause de tous ses soucis. Je suis sûr qu’il est derrière tout ça. Marmonne-t-elle, le cœur encore rempli de rancœur contre ce monstre.
Sam fronce les sourcils. Il avait entendu dire qu’Andy l’avait interrogé et pensait qu’il n’avait pas tout dit. Il se promet d’aller vérifier ça le soir même… ça lui changerait les idées.
- N’y pense même pas, Sam ! Garde tes putains de fesses loin de ce refroidi ! menace Tara d’une voix ferme.
Sam sourit : il la reconnait bien là : toujours aussi directe et intuitive. Et elle n’imagine même pas à quel point sa phrase prend tout son sens dans la tête de Sam. Il hoche la tête pour lui-même.
- Ne t’en fais pas pour mes fesses. Et veille bien à garder les tiennes loin des ennuis aussi, d’accord ?
- C’est pour ça que je suis là ! Approuve l’évadée.
- Ok, Ciao ma belle.
- Ciao, boss. Je vous tiens au courant et prévenez moi aussi quand vous aurez des nouvelles de Sookie.
- Sans faute. Promet Sam.
Tara raccroche une moue frustrée sur le museau. Cette histoire avec Sookie a assombri son beau ciel bleu tout neuf. Bah ! Que pouvait-elle y faire de toute façon ? Elle n’allait
pas passer sa vie à sauver la sienne. Tara devait vivre SA vie. Pas celles de sa mère, de Lafayette ou de Sookie… la Sienne. A ELLE.
- Alors ? Il te plait ce Pub ? J’y reviens à chaque fois que je passe à la NO.
Tara reporte son attention sur Naomie revenue des toilettes.
- Oui, beaucoup. Je me verrais bien travailler là en fait. Dit-elle en envoyant une œillade appuyée au barman.
Celui-ci lui décoche un beau sourire mais hausse les épaules d’un air navré.
- Désolé… l’équipe est au complet en ce moment.
- Tu cherches du boulot ? s’intéresse Naomie.
- Ouep.
- Raconte-moi un peu… murmure la belle brune en caressant son verre.
- Quoi donc ?
- Toi.
Maxine vient de raccrocher son téléphone pour la cinquième fois sans avoir eu d'interlocuteur au bout de la ligne. La sonnerie retentissait mais lorsque Maxine décrochait personne ne lui répondait, la ligne restait désespérément silencieuse.
-Tommy, mon garçon apprends que la personne qui s'amuse à nous déranger à une heure aussi tardive n'est rien d'autre qu'un misérable !
-Bah, ça doit être des gosses qui jouent. J'faisais ça aussi quand j'tais gamin, mais si vous voulez M'dame Fortenberry, donnez le combiné et si ça rappelle, j'décroche et j'dirais ma façon de penser à ces morveux !
-Combien vais-je devoir le répéter, Tommy ? Prononce bien les mots!
Tommy est installé dans le vieux fauteuil du salon de Maxine et vit désormais sous son toit. La cohabitation n'était pas forcément des plus agréables mais il arrivait à ne pas réagir face à toutes les remarques de Maxine. Tommy tâchait de rester calme quand elle le dorlotait trop au point de l'infantiliser. Il aimait se sentir entretenu mais Tommy avait du mal à ne pas s'énerver quand elle lui ordonnait de se laver les dents ou les mains ou bien encore, quand elle lui indiquait qu'il était l'heure d'aller se coucher. Mais ce que Tommy détestait le plus dans sa vie avec Maxine c'était le besoin que celle–ci avait de faire des prières. Prières à la messe le dimanche, prières aux repas et prières au coucher. Lui qui n'avait reçu aucune éducation religieuse était maintenant plongé dans les bondieuseries de Maxine. Il ne croyait pas en Dieu et avait tenté à plusieurs reprises de l'expliquer à sa bienfaitrice mais Maxine insistait à chaque fois pour qu'il prie si bien que Tommy avait fini par obtempérer, certes, de mauvaises grâce mais il priait. Oui, il priait mais à côté de ça, Tommy devait bien reconnaître que Maxine était aux petits soins pour lui. Elle lui achetait ses marques de biscuits préférés, le laisser regarder la télévision des heures entières pendant qu'elle faisait toutes les corvées de la maison, lavant et repassant même son linge. De plus, Maxine lui faisait toujours des repas copieux. Quoi de mieux pour amadouer Tommy que de lui faire des petits plats ? Voilà pourquoi Tommy acceptait en retour de prendre le rôle du fils que Maxine avait perdu.
Maxine tend le téléphone à Tommy et se rassoie dans le fauteuil.
-Essaie mais tu n'auras pas plus de chance que moi et je te prie surtout de ne pas balancer de jurons à la pelle. N'oublies pas Tommy, on ne parjure pas chez moi, mon garçon.
-Oui, Madame, j'aurais du mal à l'oublier !
Alors que Tommy allait singer Maxine et sa façon de dire que le parjure est le chemin vers l'enfer, le sonnerie stridente du téléphone se fait entendre une nouvelle fois. Tommy lance un dernier regard vers Maxine puis appuie sur la touche verte du combiné.
-Allô ? Qui que tu sois, ton numéro sera dans les relevés des factures ! On va venir te pourrir la vie comme tu pourris notre soirée !
-Tommy ? Enfin c'est toi qui réponds ! Je commençais à en avoir assez que ça soit la maman de Hoyt !
Tommy perplexe, ne s’attendait pas à entendre une réponse et se tient aussi raide que sa jambe dans son attelle.
-Heu...C'est qui ?
-Tommy, c'est Jess ! Jessica Hamby !
-Oh salut J...toi !
Tommy tait le prénom de sa collègue de travail, sachant que c'est bien la dernière personne que Maxine voudrait voir composer le numéro de son domicile car Jessica est La vampire que Maxine hait le plus, considérant qu'elle est la cause de tous ses tracas.
-Désolée de ne pas avoir pris de nouvelles plus tôt mais entre Bill, le boulot et le reste...Bref, comment vas tu ?
Maxine voit le regard de Tommy s'illuminer en écoutant le téléphone et un sourire se dessiner sur ses lèvres. Voyant qu'il a l'air heureux de cet appel et préférant lui donner un semblant d'intimité, Maxine quitte le salon pour rejoindre la cuisine pour son habituel thé du soir en tout se disant que Tommy finirait bien par lui dire qui se permet de l’appeler si tard le soir.
-Et bien, écoute, je vais plutôt bien ! J'ai une attelle à porter encore quelques mois, de la rééducation à faire, encore mal des fois mais sinon, ça roule !...Ça me fait super plaisir ton appel, ça serait cool qu'on se voit un de ces quatre !
-Et bien...en fait...je suis dehors, là. Faudrait que je te parle quelques minutes, si tu veux bien mais ne dis pas à Maxine que je suis là, hein ! Hoyt m'a dit qu'elle s'est équipée contre les vampires.
-Me parler de quoi ? Non, attends, reste où tu es, j'arrive de suite !
Tommy se relève de son fauteuil à la hâte, sa jambe lui arrache une grimace mais il persévère et se dirige vers la sortie en passant près de Maxine toujours devant sa tasse fumante.
-Tommy ? Où vas tu comme ça ?
-Heu...rien rien, juste envie de prendre l'air frais avant de me coucher. Ne vous en faites pas, j'vais pas bien loin!
Tommy salue Maxine d'un geste rapide de la main et referme la porte derrière lui. Après quelques pas hésitants à cause de sa jambe handicapée, Tommy scrute les fleurs à la recherche de la belle et svelte rousse.
-Jess ? T'es où ?
-Je suis là.
Tommy observe alors la jeune vampire sortir de sa cachette et apparaître à la lumière de la nuit. Elle est encore plus jolie que dans sa mémoire ! Jessica s'avance vers lui joyeusement et l'étreint tendrement.
-C'est cool que ta jambe aille mieux, je suis contente pour toi.
-Ouais... Je suis un dur à cuire. Et toi, comment tu vas ?
-Moi ? Bien, mais Bill et Jason moins bien eux, c'est pour ça aussi que je suis là ! Tu es au courant pour Sookie ?
-Elle a mis les voiles à c'que j'ai compris. Vous avez du nouveau ?
-Non, rien justement. Bill est triste à mourir, Jason casse les pieds à Hoyt tous les jours et même la clique des vampires de Shreveport est sur des charbons ardents. Personne ne sait où elle est.
-Et alors quoi ? Tu crois que j'en sais plus ? Cette nana vient bosser une fois sur quatre et quand elle est là, on s'parle jamais. J'sais pas ce qu'elle fait de sa vie celle là !
Tommy est sur le point d'en rajouter sur sa relation avec Sookie lorsqu'il entend la porte de la maison où il séjourne s'ouvrir. « Putain, la vieille bique! Elle ne pouvait pas s'empêcher d'espionner ! » Jessica a elle aussi entendu le bruit de la porte et fait instantanément trois pas en arrière en voyant les ennuis arriver à grands pas.
-Toi ! Tu n'as rien à faire chez moi ! J'étais sûre que c'était quelqu'un de mauvaise vie qui était derrière tous ces appels ! C'est toi, hein ? C'est toi qui téléphonais ? Je sais que c'est toi !
Les mots se télescopaient hors de la bouche de Maxine qui avançait droit sur Tommy et Jessica en tenant un fusil entre ses mains. Maxine avait bien compris que Tommy ne sortait pas juste pour prendre l'air et l'avait suivi des yeux à travers les rideaux du salon. Mais lorsqu'elle avait aperçut la jeune rousse, son sang n'avait fait qu'un tour. Cette vampire n'avait rien à faire chez elle ! Bien sûr le soir, il n'y a qu'une vampire pour faire ce genre d'incivilité ! Aucun savoir vivre chez cette garce ! Il ne fallait pas qu'elle s'approche de Tommy ! Hors de question qu'elle le lui prenne aussi ! C'est à croire que Jessica cherchait toujours à s'approprier ses garçons. Après Hoyt, voilà qu'elle en avait après Tommy ! Maxine bien qu'énervée tient son arme dressée vers Jessica et l'écume aux lèvres continue son avancée vers les jeunes gens.
-Tommy, il est l'heure d'aller se coucher ! Rentre tout de suite te laver les dents !
-Miss Fortenberry...je voulais juste parler à Tommy à propos de Sookie. Lance Jessica penaude d'attirer une nouvelle fois les foudres de sa belle–mère mais surtout inquiète de voir un fusil braqué sur elle et chargé de balle en bois.
-C'est vrai Maxine, elle me demandait si je savais quelque chose. Intercède Tommy en faveur de Jessica, craignant lui aussi l'arme pointée dans leur direction.
-Non ! Tu ne lui parles pas... à cette catin !
-Je ne suis pas une catin ! Jessica articule chacune des syllabes prononcées tentant de maîtriser ses nerfs. Bien que l'insulte la touche, Jessica refrène ses instincts afin d'éviter de finir en amas flasque et gluant dans le jardinet de Maxine.
-Ah bon ? Et qu'est ce que tu es alors ? Une voleuse d'âme, c'est tout ce que tu es ! Rétorque Maxine révoltée que Jessica ose la contredire.
-Arg..Marre de me faire traiter comme une merde maintenant ! Grogne Jessica.
Jessica s'avance le regard rivé sur Maxine, prête à l'hypnotiser un petit peu, histoire de la calmer et de la remettre en place mais Maxine au fait de ses pratiques, détourne son visage.
-Traînée, tu comptes me faire ton tour de passe–passe? Un pas de plus et je te descend avec ça ! Dit Maxine en agitant le fusil qu'elle tient fermement dans ses mains.
Jessica revoit instantanément ses intentions en tendant ses mains en avant pour s'ouvrir au dialogue. Elle ne tient pas à mourir sur le gazon de Maxine. Pas maintenant, pas alors que sa seconde vie ne vient seulement de commencer. Et puis, elle ne veut pas faire de mal à cette femme même si l'envie ne lui en manque pas. Elle connaît Hoyt et sait que quoi qu'il en dise en ce moment, il ne tolérera jamais que sa femme ne touche ne serait–ce qu'un cheveux de sa mère. Jessica doit tempérer Maxine et trouver un moyen de parler avec elle, absolument avant que la situation dégénère.
Bon, écoutez Madame, je ne veux de mal à personne, je vous assure ! Désolée de vous avoir dérangée si tard mais je voulais juste aider Bill, voir un peu Tommy et...
Tu n'as pas à le voir ! Fulmine Maxine. Se sentant rassurée par le fusil, elle est décidée à en découdre. Tu n'as pas à venir chez moi ! Tu dis que tu ne veux pas de mal ? Laisse moi rire ! Tu es le mal ! Le mal incarné ! Même tes cheveux le prouvent !
-Quoi mes cheveux ? Qu'est ce qu'ils ont mes cheveux ? S'étonne Jessica d'entendre sa belle toison mêlée à l'histoire.
-Tes cheveux ont la couleur de l'enfer, voilà ce qu'ils ont !
-Putain, t'es vraiment chiante ma pauvre !
Jessica vient de perdre le peu de retenue qu'elle gardait et son sang froid vient de voler en éclat. A la vitesse vampire, elle parcourt les derniers mètres qui la sépare de Maxine afin de lui planter les crocs dans la carotide mais au moment où elle s'apprête à lui poser les mains dans le cou, un bruit assourdissant déchire la nuit et une douleur vive naît aussitôt dans le ventre de Jessica.
Tommy qui se tient en retrait depuis le début de la confrontation reste médusé par ce qu'il vient de se passer. Jessica se tord de douleur, une odeur de poudre se diffuse dans l'air et Maxine tremble de dégoût.
« Oh mon dieu, je ne suis pas morte ! Ce n'est pas des balles en bois ! Ce sont des balles normales ! Merde alors ! Vite, faut que je me tire de là avant qu'elle sorte les bonnes et m’achève ! » En un éclair, Jessica disparaît du jardin de Maxine, ne laissant pour preuve de son passage qu'une flaque de sang.
-Elle aurait dû mourir ! Pourquoi elle est encore là ? Maxine ouvre le barillet et s’aperçoit de son erreur. Dans sa précipitation, elle n'a pas chargé les bonnes munitions.
-Madame Fortenberry...balbutie Tommy d'une faible voix tout retourné d'avoir vu Maxine faire feu sur Jessica.
-Quoi ? Tu as bien vu que c'est elle qui m'attaquée, je n'ai fait que me défendre ! Tance Maxine d'un haussement d'épaule. Allez viens, c'est l'heure de te laver les dents.