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Série : True Blood
Création : 12.10.2011 à 15h59
Auteur : maria91
Statut : Abandonnée
« Cet épisode virtuel se déroule après la fin de l'épisode 312: il fait nuit, Bill attaque la reine, Eric prend sa douche, Sam tire sur Tommy et Sookie disparait... » maria91
Cette fanfic compte déjà 55 paragraphes
- Votre nom ?
- Sam Merlotte. Répond Sam, perplexe.
- Motif de votre visite ?
- Affaires privées. Je viens voir Bill Compton.
Le garde lève un sourcil hautain.
- Oui, je me doute.
Il rapporte les informations et dit :
- Bien monsieur. Vous pouvez passer.
Sam le contourne et pénètre dans le manoir où des ouvriers en nombre impressionnant s’affairent comme des abeilles dans une ruche. Le métamorphe roule des yeux, stupéfait.
- C’est quoi ce…
- Bordel ? termine une voix familière dans son dos.
Sam sursaute et s’éloigne de deux pas sans pouvoir contrôler son geste. Bon, il s’y attendait mais malgré tout il sent son pouls augmenter. Il ne l’a pas revu depuis… depuis… depuis quoi. Il souffle un grand coup, c’est ridicule.
Bill lui fait un petit sourire de bienvenue et reporte son attention sur Jess près de lui, le T-shirt souillé de sang sur le ventre. Le créateur l’avait convoqué dès qu’il avait senti sa
douleur. Le regard tendre, il lui fait une caresse sur la joue et demande :
- ça va aller ?
- Oui, j’ai surtout eu très peur.
- Bon… rentre chez toi et laisse-moi gérer ça. C’est très gentil de vouloir m’aider mais ça ira.
- Mais Bill, je te sens si malh…
- Chuch…
Bill lui désigne Sam d’un regard discret, ne voulant pas discuter de ça devant lui. Il regarde Jess droit dans les yeux et lui avoue d’une toute petite voix :
- Si je devais te perdre aussi, je ne m'en remettrais pas. Alors reste en vie et sois heureuse, c’est le mieux que tu puisses faire pour moi, d’accord ?
Jessica lui fait un grand sourire et le prend dans ses bras. Ils s’échangent un câlin bref mais intense sous le regard étonné de Sam. Il n’avait jamais vu le vampire en présence de sa progéniture et s’étonne de le voir si attentionné. C’est un aspect de lui qu’il n’aurait pas imaginé. Jess se détache et, faisant un petit sourire à son patron, prend congé en silence.
Bill invite Sam à le suivre d’un geste courtois. Dans le salon, ils retrouvent un peu de calme. Bill ferme les portes et soupire.
- Ils en sont aux finitions. Ils ont bien travaillé mais j’en peux plus de tout ce remue-ménage : vivement que ça se termine !
Le vampire parcourt la pièce encore en chantier d’un regard fatigué puis pose les yeux sur Sam. L’expression bienveillante, il attend que Sam prenne la parole pour lui expliquer la raison de sa visite mais Sam ne sait pas par où commencer et reste un instant silencieux.
- Sookie ? Propose Bill gentiment en ouvrant les mains.
- Oui… Oui déjà. Qu’est ce qu’il s’est passé avec Sookie ? Où est-elle ?
- J’aimerais tellement le savoir…
Bill s’assoit dans l’un des fauteuils près de la cheminée et propose celui lui faisant face d’un geste de la main.
- Tu voulais boire quelque chose peut-être ?
- Non merci.
Sam s’assoit, observant la pièce… se demandant si Bill et Sookie avait fait l’amour ici… oui surement.
- Tu sais les conséquences d’une transfusion par un vampire j’imagine ?
- Plus ou moins…
- Comme pour toi, je ressentais les émotions fortes de Sookie, sa présence… ce lien à été rompu cette nuit là et je ne me l’explique pas. Je dirais personnellement qu’elle n’est pas morte. Je l’aurais senti. Je sais très bien lorsque l’un de mes humains meurt…
Ça lui fait du bien de dire ces mots. D’exposer son argumentaire le conforte dans son intuition. Non, elle n’est pas morte… Espérons. Si seulement il pouvait en être certain.
- L’un de tes humains ?
- Un de ceux à qui j’ai donné mon sang. Ils sont très peu nombreux. Vous n’êtes que deux en ce moment par exemple. Explique le vampire d’un ton détaché, les pensées toujours tournées vers Sookie.
- Attends ! Tu me considères comme « ton » humain ?!
Bill allait répondre avec négligence : c’est la coutume de considérer les transfusés comme siens dans son monde mais il change rapidementde tête en croisant le regard outré de Sam.
- Mais non… pas du tout, c’est évident.
Il écarquille un instant les yeux en se reprochant d’avoir été si maladroit mais après tout il avait d’autre chat à fouetter et les états d’âme de Sam étaient le cadet de ses soucis. Il cligne les yeux et se racle la gorge.
- Bref : Sookie a quitté ce monde mais je ne sais pas où elle est ni pourquoi.
Sam contrarié par ces deux dernières informations : que Bill envisage avoir des droits sur lui et que Sookie se soit vraiment volatilisé sans explication, reste le regarder le visage fermé.
- Mais… tu l’as vue ce soir là ? Il ne s’est rien passé de spécial ?
Bill détourne les yeux, mal à l’aise. S’étant promis d’en finir avec les mensonges, il marmonne :
- Si, on a rompu... violemment. Tu te souviens des Rattrays qui m’ont attaqué le 1er soir ? Ils sont revenus pour Sookie le lendemain …
- Je m’en rappelle très bien, j’étais là.
Le vampire lève les yeux sur lui, surpris. Il réfléchit un instant et demande :
- C’était donc bien toi le chien ?
- Oui. On est arrivés ensemble, je ne comprenais pas pourquoi tu restais inactif, alors j’ai sauté sur le mec. Mais j’ai compris depuis: tu voulais lui donner ton sang, n’est-ce pas ?
Bill se recroqueville dans son fauteuil, le visage sombre.
- J’avais des Ordres… je ne la connaissais pas encore. Bref, Sookie l’a su et l’a très mal pris, elle était folle de chagrin et m’a demandé de quitter sa vie à tout
jamais …
Bill se tait, la gorge nouée. Là, c’est Sam qui se fait plus petit :
- Mais comment a-t-elle appris ça ?
- Eric… Il s’est fait un plaisir de le lui dire…
Sam roule des yeux, mal à l’aise. Bill le transperce de son regard bleu glacé.
- C’est toi ? c’est toi qui l’as dit à Eric, c’est ça ?
- J’avais une dette envers lui, il voulait quelque chose sur elle, ou sur toi… Je suis désolé.
- Laisse tomber. Il fallait qu’elle sache de toute façon. Mais ça n’explique pas sa disparition.
Le vampire souhaitant abréger l’entrevue se penche et appuie ses coudes sur ses genoux. Cherchant le regard du métamorphe, il le met légèrement en son pouvoir et murmure :
- Je te dis la vérité, Sam. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Je peux juste te dire qu’elle n’est pas morte… enfin j’espère.
Silence.
- Tu as déjà hypnotisé un métamorphe ? Demande Sam légèrement moqueur.
Bill fronce des sourcils, surpris.
- Je ne crois pas, non…
- Parce que là, par exemple, tu t’y prends mal. S’amuse l’invité.
Bill, mis au défi, bondit de son fauteuil en un éclair, et le saisit à la gorge. Se concentrant avec soin, il refait un essai, concluant cette fois. Il le lâche et se redresse, ravi.
- Putain ! T’as réussi ? Demande Sam en reprenant conscience. Qu’est ce que tu m’as fait ?
(suite tout de suite ^^)
Légèrement paniqué, Sam vérifie sa tenue et son cou : ouf, non, rien n’a bougé.
- Je ne suis pas un très bon vampire mais en hypnose je me débrouille bien. Crâne le beau brun en se rasseyant dans son fauteuil.
- Pourquoi dis-tu que tu n’es pas un bon vampire ? S’étonne Sam, retrouvant son calme.
Bill sourit et répond d’un air détaché :
- Bah… j’aime les humains, je reviens vivre sur les lieux de mon humanité, je tente d’intégrer la population, pleure quand on m’offre la photo de ma femme, sauve ma ville d’une ménade, défie mes semblables, attaque mon shérif, tue ma créatrice et même ma reine pour protéger mon humaine… récoltant un trône par la même occasion… j’ai de sérieuses lacunes en cruauté, en sadisme, je vole mal et… je n’aime pas du tout coucher avec un homme. Bref, je suis un très mauvais spécimen de ma race.
Cherchez l’intrus.
Sam analyse l’énumération et plisse des yeux en prenant conscience que le dernier argument lui était directement adressé. Il lève les yeux et découvre un vampire au museau amusé. Il grimace et grogne :
- Moque-toi si tu veux, Bill, mais c’est très chiant ces rêves.
- Tant que ça ?
- Intolérable.
- Mais je viens de te …
- Invivable.
- Tu ne risq…
- Insupportable.
- Mais…
- Bon, ça va ! On va pas en parler pendant deux heures ?! S’insurge l’humain.
Le vampire baisse les yeux pour ne pas éclater de rire.
- Qu’est ce que c’est que ce bordel ici et ces gardes dehors ?! T’es devenu le roi des vampires ? Demande Sam, pressé de changer de sujet.
Amusé par sa réaction, Bill laisse un franc sourire éclairer son visage et approuve :
- Oui, c’est ça mais je te demanderais de garder ça pour toi. La version officielle est que j’ai enfin pu retrouver mon héritage ce qui explique ces rénovations : d’accord ?
- Ok… je m’en fous de toute façon.
- D’autres questions ?
- Qu’est ce qu’il passé avec Jess ?
Le visage de Bill s’assombrit aussitôt.
- Elle vient d’être victime d’un acte de racisme anti-vampire mais elle a manqué de prudence et est la seule victime donc je ne donnerais pas suite.
Le regard noir que Bill lance au feu lui suggère de ne pas essayer d’en savoir plus. Après un petit moment, le vampire se redresse dans son fauteuil d’un air fatigué.
- Autre chose ?
- Heu… non.
- Je peux... ?
Sam acquiesce, réfrénant une envie de répondre « je l’aurais un jour, je l’aurais » sans savoir pourquoi. Il soupire et se lève. Curieusement, il n’est pas pressé de partir. Bill l’observe regarder le feu le visage triste. Il jette un coup d’œil à sa montre : il peut encore lui consacrer quelques minutes. Il s’approche doucement.
- Ton frère ?
- T’en as entendu parler ? Grogne le métamorphe...
- C’est important ?
- Ça t’intéresse peut-être ? Ironise Sam avec amertume.
Bill soupire.
- Si tu étais mien, sûrement… mais vu que ce n’est pas le cas, c’est peu probable en effet. Lâche le vampire, fatigué de sa méfiance.
Sam se retourne pour le regarder. Bill lui adresse un regard teinté de reproches. Sam a soudain envie d’ouvrir son cœur et de se confier mais n’ose pas. Un silence s’installe entre les deux hommes qui finissent par baisser les yeux, touchés par leur peine réciproque. Sam se retourne vers le feu et demande :
- Elle te manque ?
- De n’être sûr de rien, c’est insupportable. Avoue Bill dans un souffle.
- Tara m’a appelé, elle ne sait rien non plus… elle est partie loin de Bon Temps elle aussi. (Silence) Je… je me sens …
- Si seul. Termine Bill la gorge serrée.
D’un geste naturel, il attrape la nuque de Sam et le plaque contre lui avec autorité. Bill, les yeux toujours ancrés aux flammes apprécie qu’il ne bronche pas et retrouve au contact de cet humain portant un peu de lui dans ses veines, à la chaleur de son corps
irradiant à travers leurs vêtements, et surtout à cette marque de confiance, suffisamment de sérénité pour pouvoir lui en transmettre un peu par leur lien.
Les deux hommes parviennent à recharger leurs accus et chasser cette tristesse étouffante. Bill lâche sa nuque et Sam se détache, l’humeur bien plus légère.
- C’est donc ça être l’humain d’un vampire : lui servir de doudou quand il est
triste ?
Cette fois le jeune roi ne peut retenir un petit rire en se dirigeant vers la porte.
- Dégage de là avant que je décide de me nourrir de toi ! Plaisante Bill.
Il l’accompagne jusqu’au Hall d’entré mais le retient alors qu’il franchissait la porte, se souvenant d’un détail.
- Attends, j’ai quelque chose à te donner.
Sam patiente en observant les ouvriers. Le résultat s’annonçait magnifique en tout cas ! Bill revient rapidement.
- Tiens.
- Qu’est ce que c’est ?
- Les coordonnées d’un métamorphe. J’avais lu son nom dans un dossier qu’on m’a demandé d’étudier en priorité. Il n’était qu’en périphérie de l’affaire mais l’enquêteur a pris soin de le relever car c’est une information suffisamment rare pour être précieuse. Il avait des soupçons sur sa femme aussi apparemment. Tu verras ça… tu te sentiras peut-être moins seul avec des membres de ton espèce. C’est bien pour ça que tu recherchais tes parents, non ?
- Mais ? Comment sais-tu ça ?
Bill hausse les épaules.
- Tu me l’as dit tout a l’heure sous hypnose.
- Je…je… quoi ? Mais ? Je croyais que tu m’avais juste suggéré que tu étais innocent dans la disparition de Sookie.
- Non. Je ne t’ai rien suggéré. Je t’ai juste demandé les raisons de ta présence ici. Je trouvais étonnant que tu te déplace. Et, bien que tu sois vraiment inquiet pour Sookie… Il n’y avait pas que ça. Tu as vidé ton sac pendant au moins 5 minutes : Daphnée, tes Parents, Tommy, Moi, tes rêves… tout.
Sam, horrifié, ouvre un four énorme. Piquant un fard épouvantable, il recule d’un pas, très tenté de s’enfuir en courant. Puis il se souvient de ce contact près du feu et du sentiment de bien être bien concret qu’il avait ressenti. Ce lien de sang possédait une magie bien particulière quand même. Cette présence masculine bienveillante…
Il repense à Joe-Lee… non, rien à voir. Une image furtive et tellement lointaine du père Merlotte l’effleure puis disparait... C’était un peu ça mais différent : aujourd’hui c’était bien plus fort, bien plus sécurisant. Rien n’avait obligé Bill à le faire, c’était juste « cadeau » comme ce bout de papier. Il referme la bouche et détourne les yeux vers un ouvrier lissant un joint.
- Putain. Sookie n'avait aucune chance.
- De… ?
- D’échapper à ton charme.
Bill grimace et baisse les yeux : ça pouvait être un compliment mais il n’avait pas envie d’entendre ça.
- Et moi ? quelle chance avais-je d’échapper au sien ? Tu as pu, toi ?
- Non. Avoue Sam en se rappelant tout le désir qu’il avait éprouvé pour la belle blonde.
- Sookie est l’amour de ma vie et je l’ai perdue…
Soudain Bill se ressaisit : l’heure tourne.
- Et aucun doudou au monde n’y pourra rien ! Alors, maintenant, tu me laisses tranquille, tu arrêtes de pigner sur ton sort, tu te bouges un peu, tu appelles ce mec, bref, tu vas de l’avant ! c’est clair, ça ou je te le réexplique sous hypnose ?! Plaisante le beau brun sur un ton ferme.
Sam retrouve le sourire.
- Oui, mon maître ! Ironise-t-il en parodiant une révérence.
- Dégage ! Conclut Bill, amusé.
Sam quitte le manoir avec un étonnant sentiment de bonne humeur. Il relit le nom écrit de l’écriture soignée de Bill sur ce bout de papier. Quel cadeau inattendu… et précieux !
Après le départ de Sam, Bill regarde avec perplexité sa demeure se transformer doucement.
Partagé, entre le plaisir d’avoir une maison digne de ses nouvelles fonctions, et le regret de voir disparaître, sa maisonnette sans prétention qui habite tant de souvenirs heureux avec Sookie. En se rappelant la pensée de Sam qu’il lui a volé en l’hypnotisant, le regard de Bill se tourne et se perd quelques secondes dans le grand salon, presque entièrement rénové, plus rien de l’ancien ne subsiste, plus aucune trace du passé n’y est présente. Et pourtant, cette pièce si chère à son cœur, garde encore en secret la première nuit d’amour qu’il a partagé avec Sookie, la première fois où il s’est fondu à elle. Moment magique, éteint à jamais.
Le roi baisse les yeux, en songeant qu’il n’y a pas que sa demeure qui se transforme, lui-même change. Dans son élégant costume gris, il est prêt à prendre en mains ses nouvelles obligations, à faire face à se destin, auquel il n’est pas tout à fait préparé.
Cela fait des jours que l’amour de sa vie a disparu, des jours qu’il ressent un vide profond en lui, mais ces jours ont déjà bouleversé son existence. Et cette petite visite inattendue de Sam, lui a remis un peu de baume au cœur. Revoir l’expression du visage de Sam, devant lui le fait sourire seul, ressentir son contact l’apaise un peu. Il se sent surtout fier, d’avoir enfin pu parler avec lui en toute franchise, finis les mensonges et les cachotteries.
Bill, sourit nostalgique en quittant la pièce, pour retourner à son bureau. Dans son fauteuil de cuir noir, il lit contentieusement le dossier de mademoiselle Katerina Pelham, qui va bientôt intégrer son équipe de sécurité, lorsque celle-ci est annoncée.
Sans le moindre mouvement, le roi lève les yeux de sa lecture, pour apercevoir une jeune femme, élégante, fine, à la chevelure rousse, aux grands yeux expressifs. Machinalement, il sourit en abaissant le dossier qui lui cache son visage.
- Votre majesté, dit la jeune femme en inclinant la tête
D’un simple geste de la main, le roi l’invite à s’asseoir.
Ses gardes lui sont entièrement dévoués. Travailler pour le roi, revient à accepter le fait que sa vie puisse être mise en danger à tout moment, surtout depuis les frasques incontrôlés du roi Russel. Les humains « anti-vampires », n’ont jamais été si nombreux.
- Votre dossier est impressionnant, vous êtes à priori un élément de valeur, mademoiselle Pelham, expose Bill en la fixant du regard.
- Merci votre majesté.
Bill n’a pas encore de femmes dans sa protection, ce qui dans certaines circonstances, voire certaines missions peut se révéler un atout. Cependant, il ne peut se tromper et a besoin d’avoir la certitude que cette personne, convient pour un tel poste. Surtout qu’en la voyant germe une idée dans sa tête.
- Ce travail pour lequel vous avez été recommandée, peut s’avérer parfois dangereux. En êtes-vous totalement consciente ?
- Je le suis.
- Vous me devez respect, obéissance en toutes circonstances au péril de votre vie. De cela aussi êtes vous consciente ?
- Je vous serai entièrement dévouée, majesté.
- Pourquoi ? lance subitement le roi, intrigué par la personnalité de Katerina.
- Parce que cela fait parti de mon travail. Je connais les risques que comporte ce poste, ma loyauté vous sera entièrement acquise.
Le roi, se lève pour se servir un verre, sans quitté du coin de l’œil, la jeune femme. Il a encore du mal à se faire à toute cette garde rapprochée, que son nouveau statut lui impose. Pourtant, parfois il en ressent une certaine fierté.
- Désobéissance ou trahison, reviendrait à vous condamnez ! lui annonce t-il d’une voix plus grave, pour voir la moindre de ses réactions.
- Ma fidélité n’est pas à remettre en question, votre majesté.
Rassuré, convaincu, le roi en est certain, cette jolie jeune femme sera une pièce importante de sa garde. Son instinct le lui dicte comme une évidence.
- Bien, dit –il en se retournant vers elle. Avant que vous ne fassiez plus ample connaissance avec vos collègues. Je vais vous confier votre première mission.
Intriguée, Katerina lève la tête vers son roi, ravie de se voir intégrée de la sorte dans l’équipe.
- J’aimerais, reprend Bill, que vous fassiez pour moi un travail un peu particulier. Des recherches plus précisément, sur la disparition d’une humaine.
- Une humaine ?
- Oui, une jeune femme dit-il en attrapant un dossier posé sur son bureau. Vous avez dedans tout ce qu’il vous faut savoir. Cherchez le moindre indice, voyez ce que vous pouvez apprendre, mais tout cela dans la plus stricte discrétion. Agissez le jour, pour ne pas attiré l’attention, je ne dois en aucun cas être relié à vous.
- Bien ! Je ferai selon vos désirs.
- J’insiste, personne ne doit faire de relation entre vous et moi.
- J’ai bien compris, majesté.
- Une dernière chose mademoiselle Pelham, aucun mot à quiconque sur cette mission. Un seul doute sur votre intégrité et ma sanction envers vous, sera immédiate !
En reposant son verre, Bill ne peut s’empêcher une dernière fois de détailler, la jeune femme qui soumise attend immobile. Quelque chose en elle, rend sa présence agréable, que cela le perturbe légèrement. Il ouvre alors les portes du bureau pour faire entrer Bucky, son garde le plus proche. Il retourne s’asseoir derrière son bureau, prend un nouveau dossier dans ses mains. Son comportement a changé, il ignore complètement Katerina en reprenant la parole. Comme si, elle lui était devenue insignifiante, juste une employée de plus.
- Bucky, mademoiselle Pelham va dorénavant travailler pour moi. Fais lui faire le tour de la propriété, et informe la de tout ce qui est utile qu’elle sache.
D’un simple mouvement de tête, Bucky acquiesce à l’ordre de son roi.
Les deux humains vont sortir, lorsque le roi reprend soudainement la parole.
- Oh et Bucky, n’oublie pas de la prévenir pour Jessica, elle doit pouvoir rentrer et sortir de chez moi, à sa guise.
Alors que Bucky, referme les portes du bureau, Bill de nouveau seul, revoit le sang sur le tee-shirt de Jessica. Il attrape son téléphone portable, pour l’appeler, histoire de lui montrer qu’il est là, qu’il pense à elle. Pendant, que les sonneries retentissent, la mélancolie l’envahit, ses pensées s’envolent de nouveau vers Sookie.
- Oui Bill !
Cette petite voix qui vient de lui répondre lui rend instinctivement le sourire. Il n’a pas réussi à préserver sa relation avec la femme de sa vie. Il ne fera pas la même erreur avec sa progéniture, elle est dorénavant avec Sookie, malgré son absence, son bien le plus précieux.
Assis dans son fauteuil au centre du Fangtasia, Eric réfléchit à ce que lui a annoncé sa filleule Pam. Sophie Ann est morte et Bill est le nouveau Roi. Comment Eric pourrait-il être au service de Bill ? Eric se refuse de s'y faire, la pilule ne passe pas. Comment lui, Eric Northman pourrait-il prêter allégeance à Bill ? C'est tout bonnement inconcevable et irréaliste ! La clientèle a beau se démener sur la piste au rythme de la musique endiablée, Eric ne lui prête aucune attention, bloquant son regard sur un point invisible.
- Eric, réveille-toi bon sang ! Ça me fatigue de te voir réfléchir comme ça ! Tu vas t'user le cerveau ! Lance Pam, assisse sur l’accoudoir du fauteuil aux côtés de son créateur.
- Pam, je t'en prie cesse de faire la capricieuse ! Je sais que je néglige certaines choses en ce moment mais je me rattraperais, tu verras. Répond Eric en passant doucement deux doigts sur la joue de son associée.
- Il n'y pas que moi que tu oublies, Eric ! Tu t'oublies toi même aussi ! Ça fait combien de temps que tu n'as pas tiré un coup, hein ? Demande Pam d'un air inquisiteur.
- Pam, Bill risque d'être à la tête du royaume! Tu crois vraiment qu'il n'y a que Sookie qui me travaille en ce moment ?
- On dirait pourtant. Tu pars tous les soirs, tu erres on ne sait où, on ne sait pourquoi, tu ne suis même pas les changements de planning de tes collaborateurs, tu n'as même pas encore baisé la nouvelle strip-teaseuse qui a remplacé cette voleuse d'Yvetta et tu...
- Ok ça va ! C'est bon ! J'ai compris tes griefs, ne me fais donc pas de liste comme ces foutues ménagères !
Eric se tient désormais droit dans le fauteuil, les deux mains appuyées sur les accoudoirs et défie Pam du regard de continuer à le fustiger.
Pam sait pertinemment que les nuits d’Éric ne sont pas des plus agréables en ce moment et préfère alors éviter le courroux du grand blond en ne relevant pas sa dernière remarque. Mais quand même faire d'elle une ménagère, quel con! Comme si Pam passait le balai au bar ! Non, ils avaient Ginger pour ça !
Pam observe alors Eric à la dérobée qui s'est déjà replongé dans ses pensées. Elle sent bien qu'il est tendu par la mort de Sophie Ann et par l'absence de la blondinette mais quand même faudrait qu'il revoit ses priorités. Pam continue de dévisager Eric et pourrait presque voir la colère sur son visage pourtant impassible et fermé. Décidément, Pam ne le connaît que trop bien...
Pam s'approche alors de l'oreille d’Éric pour être sûre que les vampires présents dans le vamp'bar ne puissent pas l'entendre malgré la sono qui hurle.
- Eric, dis moi qu'est ce que tu comptes faire à la réunion ? Si j'étais toi...
- Ça tombe bien, tu n'es pas moi, Pam ! Tonne Eric.
- Mais attends, je n'ai même pas fini de parler ! Eric, détends-toi bordel !
- Quoi ? Si tu étais moi, tu tuerais Bill et tu ferais de toi la nouvelle reine, je me trompe ?
- Exactement ! Se contente de répondre Pam.
- Mais bien sûr comment n'y ai-je pas pensé ! Merci Pam pour tes précieux conseils ! Flanagan va adorer ça, j'en suis persuadé ! Déjà qu'elle ne peut pas me sentir...alors si je bute le roi dès son intronisation, je ferais sensation auprès du conseil!
- Pfff ! De toute façon, c'est toi qui mène la barque en Louisiane, tu es plus vieux que lui et beaucoup plus charismatique aussi. Lance Pam d'un haussement d'épaule désinvolte.
Eric ne répond pas à Pam mais est bien d'accord avec elle. C'est lui qui connaît le mieux les autres shérifs et qui a le plus de responsabilités. Bill ne vaut rien comparé à lui. Tout le monde se rendra bien compte que cette mascarade n'a aucun sens ! Eric relève la tête et pour la première fois de la soirée daigne porter son regard sur l'assemblée présente ce soir au Fangtasia. La remarque de Pam a fait mouche, Eric reprend du poil de la bête et se sent dorénavant confiant pour affronter la future réunion des shérifs.
De son regard bleu acier, Eric enlace d'un regard les humains qui dansent et sent de nouveau son appétit se réveiller. Tout à coup affamé, Eric a envie de se nourrir et pas seulement de sang. Il est temps qu'il reprenne les choses en mains et qu'il se montre tel qu'il est, c'est à dire un très vieux vampire qui aime profiter des bonnes choses et qui se fait toujours respecter.
Pam comprenant que son boulot de coach pour vampire desséché est fini, sans un mot de plus se lève pour rejoindre le comptoir du bar et se servir un Tru Blood, laissant à Eric le soin de se choisir une minette avec qui il étanchera sa soif.
Eric n'a pas remarqué le départ de Pam, il scrute toutes les jeunes femmes se déhancher plus ou moins gracieusement et remarque alors qu'une petite brune est encore là ce soir. Il l'avait déjà vue ici à plusieurs reprises, toujours accompagnée par des copines qui semblaient plus cruches les unes que les autres mais pas elle. C'est justement pour ça qu'il l'avait remarquée, elle semblait plus vive d'esprit et surtout semblait ne pas être une fangbanger. Elle ne regardait même pas les vampires présents, se contentant simplement d'évoluer sur la piste d'une manière désinvolte. Elle ne donnait pas l'air de s'ennuyer mais n'était pas là non plus pour demander qu'une paire de crocs vienne s'accrocher sur une partie de son corps.
Intrigante, voilà comment Eric désignait cette jeune femme. Peut être devrait-il demander à Pam son nom vu que c'est elle qui s'occupe de la clientèle mais Eric se refuse de faire un tel plaisir à Pam. Pour qu'elle lui fasse encore une remarque sur l'intérêt qu'il portait à Sookie, non merci. Eric bloque du regard la jeune femme sans que celle-ci ne tourne la tête vers lui ce qui commence sérieusement à l'énerver. Comment peut-elle rester insensible à ce regard qui la transperce de part en part ? Deux choix possibles, soit il perd la main tellement les récents événements le tracassent, soit elle a ressenti son regard mais l'ignore délibérément.
Eric se concentre davantage sur cette mystérieuse femme, admirant les courbes de son corps, sa poitrine généreuse et son fessier rebondi. Sa curiosité s'éveille autant que son appétit, l'attitude de cette personne l'émoustille et son esprit chasseur reprend le dessus,il faut qu'il en sache plus sur elle. Étonné lui même de se voir déjà debout, Eric traverse le Fangtasia à la rencontre de cette drôle d'humaine qui continue à danser bien que ses copines se soient quant à elles toutes arrêtées regardant approcher le magnifique viking à l'allure fière et conquérante.
- Mademoiselle, puis-je vous demander la raison de votre présence dans mon établissement ? Lance Eric tout en ignorant les autres humaines qui le regardent bouches grandes ouvertes.
Le regard noir et le visage sans expression, la jeune femme se contente de désigner les hauts parleurs et de répondre :
- La musique, quoi d'autre ?
- Quel est votre nom ? Poursuit Eric en se baissant pour capter le regard de la jeune femme.
- Chiara. Répond-elle simplement en s’apprêtant à se décaler pour recommencer à se mouvoir sur une chanson de Guns n Roses.
- Attendez ! Aimez- vous les vampires ?
- ...Pas spécialement !
Ok plus laconique, tu meurs ! Elle ne lui facilitait pas la tâche. Eric se demande s'il ne serait pas bon d'user de l’hypnose pour comprendre cette femme mais se résigne pour rester irréprochable jusqu'à la réunion avec le futur nouveau ancien roi...beurk, Bill.
- A nouveau pourquoi être ici ? Redemande Eric de plus en plus sur la défensive.
- Pour la musique, pour les copines, pour l'ambiance, pour emmerder le monde et pour te rencontrer !
Heureusement qu’Éric ne respire plus sinon il se serait étouffé.
-Plaît-il ?
Chiara plante alors son regard noir de jais dans les yeux bleu océan d’Éric et s'approche de lui à pas lents.
- Pour toi ! Tu veux que je le répète encore ? Je suis une femme célibataire tout comme toi, sinon tu ne serais pas venu à moi et en soirée on cherche tous à ne pas rentrer seul...Alors oui, je suis venue pour toi ! Insiste Chiara en dressant vers Eric comme pour affirmer ses dires.
- Qu'est-ce qui te fait croire que je suis intéressé ? Ironise Eric piqué qu'une inconnue et humaine de surcroît ose lui parler aussi directement.
- Tu t'es levé de ton fauteuil et tu es venu jusqu'à moi, pas besoin de plus de preuve !
- Bien... Et qu'est ce que tu me proposes ?
Sans hésiter, Chiara s'avance encore vers Eric et lui passe les mains autour du cou.
- Je te propose une nuit chaude et intense, faite de plaisir et de sexe et si tu es bon, un numéro de téléphone pour renouveler l'expérience. Alors ? Prononce Chiara d'une voix suave tout en se frottant contre le beau shérif.
Sa joue vient se coller au visage d’Éric, le souffle de sa respiration vient lui caresser le cou et une de ses mains s'accroche à sa chevelure soyeuse.
Cette fois, Eric n'est plus seulement intrigué, il devient carrément intéressé et ses crocs commencent à luire à la lumière des stroboscopes. En deux minutes de conversation, Chiara a réussi à lui faire oublier ses dernières contrariétés et la réunion à venir. Le regard d’Éric brille sous l'intensité de son appétit. Eric saisit alors la taille de Chiara et pour toute réponse l'embrasse goulûment.
La chaleur des lèvres et de la langue de Chiara finissent de convaincre Eric de se laisser aller avec elle. Au moins pour cette nuit ! Au moins, cette humaine ne ressemble pas à Sookie, Sookie à qui il ne doit strictement rien. Elle est partie, tant mieux...tant pis ! Sophie Anne, Bill, Nan et la clique, rien à foutre ! Bonsoir chaude Chiara !
Sans plus attendre, Eric se dégage de l'étreinte de Chiara et dans un souffle lui lance sur un ton impérieux :
- Allons voir ça de plus près !
Eric attrape alors la main de Chiara et se dirige rapidement vers la sortie du Fangtasia sous l’œil attentif de Pam qui sourit de manière carnassière.
- Et bien, c'est pas trop tôt ! Enfin, il va s'envoyer en l'air ! Prends toi ça dans la gueule Sookie ! il n'y a pas que toi, blondasse !
Pam se tourne alors vers son verre de Tru Blood et reprend sa palpitante conversation avec celle qui sera son repas du soir.
Susumo Tonegawa a le sourire. L' heure de gloire de sa toute jeune existence de vampire a sonné. Lui, que ses congénères font travailler comme un forçat depuis plus de dix ans, lui à qui les journaux scientifiques traditionnels tels que « Blood » , « Science » ou « The Lancet » ont refusé une publication au prétexte que ses recherches n 'avaient pas directement trait à la médecine humaine (quels crétins!), lui, l 'inventeur du Tru Blood, a enfin l 'occasion de révéler au monde sa vie, sa non-vie et surtout son oeuvre. Un aperçu certes bref, mais néanmoins éblouissant, de son génie.
Debout sur l 'estrade de cette salle -il est vrai exiguë- du MIT, devant une assemblée -il est vrai restreinte- d'étudiants et d'éminents collègues, il consulte ses notes avec fébrilité, fixant la caméra -unique, il est vrai- qui le filmera, pendant qu 'il aura la lourde tâche d'expliquer ses travaux, et de démontrer à tous la parfaite innocuité de l 'existence des vampires pour la population humaine, depuis l' apparition de sa boisson. Mission délicate en ces temps troublés, mais mission essentielle et il était être de défis: il relèverait celui-ci sans faillir, comme il l 'avait fait pour les autres.
Le Tru Blood marchait, il en était la preuve quasi-vivante. Il s'en nourrissait exclusivement depuis près de 4 ans, et ne s'était jamais senti aussi bien. Bien sûr, il savait que trop nombreux étaient encore ses congénères à préférer le sang humain non synthétique, et il était le premier à admettre que la saveur de ses produits était perfectible, le goût de certains groupes étant trop éloignés des groupes sanguins initiaux (notamment le B négatif, son favori), mais le Tru Blood marchait: il permettait aux vampires civilisés de conserver leurs capacités physiologiques, sans avoir à se servir directement à la carotide du premier humain venu, dès que la soif les prenait.
-Professeur Tonegawa?
Une voix féminine autoritaire le tira de ses pensées:
-Professeur Tonegawa?
-Miss Flanagan?
-Le tournage est sur le point de commencer, êtes-vous prêt ?
-Aussi prêt qu 'on puisse l 'être, Miss Flanagan. Comme nous l 'avons décidé, je vais commencer par un exposé général sur le sang puis enchaînerai par un historique succinct concernant les recherches sur le sang artificiel, avant de présenter un bref résumé des travaux que nous...
-Parfait. N 'oubliez pas que votre temps de parole est limité à une demi-heure, et que nous ne sommes pas là pour faire une conférence scientifique ou dévoiler des secrets de fabrication. Tenez-vous en à ce que nous avons répété. Ceci est uniquement une opération de communication visant à rassurer la population humaine, donc inutile d'en faire trop. Restez aussi vague que possible. Est-ce bien clair ?
-Limpide, Miss Flanagan .
-Bien, je dois m' absenter quelques instants. Le réalisateur vous dira quand vous pourrez commencer à parler, je vous fais confiance .
Susumo Tonegawa opine de la tête. Cette femelle lui est pour le moins désagréable, il n 'apprécie guère qu 'on lui parle sur ce ton, comme au commun des vampires. Mais il n ' a pas le temps de laisser la mauvaise humeur l 'envahir, les projecteurs s'allument, une charmante assistante au délicieux fumet (B négatif, d'après son odorat, certainement une compatriote) vient ajuster son micro, et le réalisateur crie: « ACTION ». Enfin!
Nan Flanagan est énervée. Alors qu 'elle vient de passer les deux dernières semaines à monter cette opération de communication, qu 'elle a eu le plus grand mal à réserver cette salle au sous-sol du MIT, pour que des professionnels du marketing et des scientifiques vampires puissent juger de la capacité de ce baby-vamp, inventeur du Tru Blood, à convaincre les masses, voilà qu' elle doit en plus s'assurrer de la présence, si possible pacifique, de tous les shérifs de Louisiane à la première réunion avec leur nouveau roi, qui aura lieu la semaine prochaine, dans ce trou paumé de Bon Temps.
Et Northman qui demeure injoignable, la seule à daigner décrocher le téléphone est cette blonde à forte poitrine qui lui sert de progéniture. Elle doit lui parler en personne, ce silence prolongé ne lui plaît pas. Non pas qu 'elle soit vraiment inquiète, elle ne s'attendait pas à ce que le viking soit enthousiasmé par la nomination de Compton, et il doit grogner dans son coin. De toute façon, il se couchera dès qu 'elle commencera à siffler, il le fait toujours. Cependant il a assez de culot pour pouvoir leur manquer de respect, et assez d'influence pour semer le désordre parmi les autres vampires. Il ne faudrait pas que son nouveau roi ait un morceau de couronne enfoncé dans le coeur moins d'un mois après sa nomination, cela ne ferait pas sérieux vis à vis de l 'AVL. Elle doit recadrer Northamn avant la réunion, et surtout s'assurer de sa coopération. Il s'écrasera devant elle, comme ils le font tous.
Nan profite du début du tournage pour tenter une nouvelle fois sa chance, et sort dans le couloir afin de composer le numéro du shérif. La sonnerie retentit, en même temps que la voix de Tonegawa.
«Chers consoeurs, chers confrères, mes très chers collègues, chers amis, ... »
«- Euh...oui?...Allo? Contre toute attente, c'est Eric lui-même qui répond .
-Shérif Northam, je suis contente de pouvoir enfin vous parler. Mais où diable étiez-vous passé ces derniers jours? Nous avons des affaires à régler. Est-ce que votre assistante, Sam, Crâne, Came ...
-Pam .
-Oui, peu importe, vous a transmis mes messages? »
«(Tonegawa:) Le sang est un liquide vital qui circule en permanence dans notre organisme. Il est reconnaissable à première vue lors de l 'ouverture des tous premiers vertébrés comme le Petromizon Marinus, puisqu' il faut en effet savoir que, depuis le Cambrien, les Petromyzontidae présentaient déjà une hémoglobine permettant le transport du dioxygène vers les tissus. Normalement invisible, c'est en étant extériorisé de l 'organisme que ce précieux liquide a commencé a être reconnu grâce à ses particularités sensorielles, odeur, goût, toucher, couleur, cette magnifique couleur rouge sombre donnée au sang par l 'oxydation du fer contenu dans les molécules de l 'hémoglobine des vertébrés, alors que les arthropodes et mollusques -mentionnons bien sûr la limule- ont un sang d'une couleur bleue-vert due à l 'oxydation du cuivre contenu dans l 'hémocyanine. Tout cela me rappelle que dans ma vie humaine, j 'appréciais tout particulièrement les Ika-dons, ces plats traditionnels à base de pieuvre, hé hé hé ....»
«- Miss Flanagan, quel plaisir inattendu! J 'allais justement vous rappeler, Pam m ' a bien transmis vos messages. Veuillez m' excuser, mais j 'ai été occupé ces derniers temps. Vous connaissez sans doute ma passion pour les papillons, et il se trouve qu'en cette saison en Louisiane, éclosent les papillons Monarques. J' étais parti en chasser quelques-uns.
-Ne vous foutez pas de moi Northman! C 'est une menace directe que vous proférez là ? Vous savez bien que c'est la Vraie Mort qui vous attend si vous tentez quoi que ce soit contre lui !
-Une menace, comme vous y allez ! Et la Vraie Mort, pour un papillon ? Rassurez-vous, les Monarques étant une espèce en voie de disparition dans notre Etat, je suis seulement autorisé à les admirer. Créatures magnifiques mais si fragiles, hélas! Je ne voudrais surtout pas risquer de mettre dans l 'embarras l 'AVL ou les vampires de Louisiane en écopant d' une amende comme si, par exemple, on venait juste de nommer à leur tête un jeune vampire inexpérimenté pour les gouverner.
-Ca, c 'est mon affaire, Northman, et tout le monde se fout de votre avis. La seule chose qu 'on vous demande c'est de la fermer et d'obtempérer. Je peux nommer qui bon me semble où bon me semble et je peux virer n 'importe qui, si ça me chante, même un vieux vampire expérimenté, comme vous. Serez-vous présent à la réunion des shérifs la semaine prochaine? ».
«(Tonegawa:) Le sang est composé, pour simplifier à l 'extrême, d'un liquide appelé plasma dans lequel baignent des éléments figurés: érythrocytes, leucocytes et thrombocytes, que l 'on connait dans le langage vulgaire sous les noms respectifs de globules rouges, globules blancs et plaquettes. Les recherches pour créer du sang artificiel ont commencé il y a une cinquantaine d'années maintenant, au sein des deux communautés, humaines et vampires, mais nous devons avouer en toute humilité que les travaux concernant les substituts alimentaires sanguins destinés aux vampires ont été beaucoup plus simples que la mise au point de véritable sang humain, les changements physiologiques induits par l 'état vampirique rendant l'organisme beaucoup plus robuste que ne l'est l 'oganisme humain normal, chef d'oeuvre de la Nature, si fragile hélas! Bref, il existe aujourd'hui trois méthodes de fabrication de sang artificiel: les biotechnologies, les substituts chimiques et les cellules souches humaines. Laissant la dernière piste de recherche à nos distingués confrères humains, nous nous sommes focalisés sur les deux premières ...».
« -Bien sûr, puisque vous me laissez le choix. J 'ai même particulièrement hâte de voir ça. On en a terminé ?
-Non. J 'aimerais également être certaine de vous trouver d'humeur égale et coopérative à cette réunion. Me suis-je bien fait comprendre Northman ?
- Parfaitement, Miss Flanagan. Coopératif, je le suis toujours. Par exemple, hier en passant devant la maison de Compton, j' ai remarqué qu 'elle était en travaux, peut être va-t'on réussir à faire ressembler cette vieille ruine à quelque chose, et je me disais que je pourrais peut être lui envoyer mon homme de loi. Toujours risqués les travaux. Etes vous sûre qu 'il soit bien assuré ?
-Assuré contre quoi ?
-Vous savez bien : glissades, vols, tornades, toutes sortes d'accidents domestiques et professionnels ...
-Arrêtez avec vos sous-entendus ! Vous réagissez comme un sale marmot à qui on vient de piquer son goûter! Grandissez un peu Northman, et dîtes-moi si ...
-Y'en a encore pour longtemps? dit une voix féminime à l 'autre bout du fil. Je ne t'ai pas suivi pour que tu passes ton temps au téléphone .Tu veux que je m 'en aille ?
- Vous n 'êtes pas seul ?!
-Non , il se trouve que je me trouve en compagnie d'une charmante humaine, nommée Chiara. Chiara, dis bonjour à Miss ...
-Vous avez le putain de culot de parler de nos affaires en présence d'une humaine ?! Vous la virez tout de suite qu 'on en finisse avec cette conversation, Nothman, c'est un ordre!
-Oui, euh... Miss Flanagan. Excusez-moi, mais c 'est un problème urgent à régler en fait, un problème relevant précisément de mes compétences. Pourquoi ne pas se rappeler plus tard ?
-Non, je ne rappellerai pas plus tard, j 'ai déjà eu assez de mal à vous joindre. Et ne vous avisez surtout pas de me raccrocher au nez! Northman, Northman, je vous ordonne de ...!»
Nan est interrompue par le son des soupirs plus que suggestifs qu' émet son portable.Quel enfoiré de bâtard, oser lui faire ça à elle! Elle meurt d'envie de prendre un avion direct pour la Lousiane pour aller lui enfoncer un pieu là où elle pense!
«(Tonegawa) Le but de la voie biotechnologique est de faire produire par des organismes génétiquement modifiés, bactéries bien sûr mais aussi et surtout vers marins -cela me rappelle que dans ma vie humaine, j 'étais très amateur de sushis, une saveur proche de la chair vivante, quel délicieux souvenir! - des produits sanguins récupérés à partir de poches de sang périmé (fraîchement périmé, pour être précis) que l 'on va ainsi cloner à l 'infini et récupérer après broyage des dits organismes. Il suffit ensuite de rajouter un liquide quelconque à la substance déshydratée et des arômes artificiels pour mimer les différents groupes sanguins, et nous obtenons ainsi une boisson à la fois efficiente et comestible. Comment procéder ensuite pour la faire circuler à l 'intérieur de l 'organisme, me direz-vous? Excellente question, je vous l 'accorde, qui a d'ailleurs fait appel à toute notre ingéniosité ... »
Mais qu 'est-ce cet imbécile est en train de raconter? Ce n 'est pas indispensable d'expliquer aux utilisateurs de Tru Blood que le produit qu 'ils ingéraient était issu de vers broyés déshydratés. Vague, elle lui avait bien dit de rester vague, ils avaient revu le discours ensemble. Décidément il fallait qu 'elle s'occupe de tout . Elle pose le téléphone sur un banc dans le couloir, appuie sur la touche « attente » en se promettant de passer un sacré savon à Northman dès qu 'il en aurait fini avec son humaine, et retourne dans la salle .
«-Nous avons donc eu l 'idée, il faut bien le dire, géniale, d'utiliser des microparticules constituées de disques d'hydrogel...
-Coupez ! »
Louis Pasteur avance à pas feutrés dans le couloir. La conférence de ce bouffon de Tonegawa a finalement eu quelques avantages: un billet d'avion en première classe- vampire pour les Etats Unis, la visite de Boston, du MIT et de ses laboratoires hyper modernes et surtout, la consommation à l 'instant même de deux jeunes étudiantes dans l'un des laboratoires de chimie. Comme d'habitude, il n 'avait eu aucun mal à les convaincre: son charme français naturel associé au prestige de son nom, avait suffit à les emballer en moins de temps qu'il n 'en fallait pour dire « génération spontanée ». L 'hypnose était inutile pour lui, même sur les foules. Smart is sexy, comme disent les américains.
Son oeil affûté remarque tout de suite le téléphone portable allumé déposé sur un banc, et ne voyant pas son propriétaire dans les parages, il le ramasse. Touche « attente » en fonction, comme c'est curieux ! Considérant l 'indiscrétion comme une vertu scientifique (elle permettait souvent de faire avancer la recherche), il reprend l 'appel, décidé à résoudre ce mystère. Et ce qu 'il entend se révèle fort intéressant. Voici l 'occasion rêvée de faire une expérience in vivo. Il meurt d'envie depuis longtemps déjà, de savoir comment des utilisateurs exclusifs de Tru Blood se comporteraient face à une tentation de cet ordre. Et il ne connaissait pas beaucoup de vampires ne se nourrissant que de cette boisson immonde, y compris cette garce de Nan Flanagan, qui avait fait interrompre ses recherches sur les embryons, seule solution selon lui pour obtenir du véritable et délicieux sang.
A vrai dire, il y avait ce soir dans cette salle un bel échantillonnage de vampires assez peu épicuriens pour ne pas avoir goûté à du sang organique depuis des années. C 'était là une occasion unique à saisir. Il la saisit. Appuyant sur la touche « haut parleur » du téléphone, merveille de la technologie moderne, il rentre dans la salle aussi discrètement que possible, laissant le portable sur l 'une des chaises du haut. Et il s'assoit pour observer.
«-Je vous avais dit de rester vague, Tonegawa, pas besoin d'en faire des tonnes avec vos microparticules de vers ou votre hydrogène broyé !
-Hydrogel, Miss Flanagan, et ... »
Le Professeur Tonegawa s'interrompt, entendant des gémissements dans la salle. Peut être quelqu'un se sentait-il mal, suite aux hurlements de Miss Flanagan, ce qui pourrait lui permettre de faire une démonstration de son savoir médical ? Mais finalement, non. Les gémissements se transforment en soupirs qui s'intensifient, puis en grognements de plus en plus audibles, et ...il en était sûr, personne ne se sentait mal. Au contraire.
Nan, devant l 'attitude interdite de Tonegawa se retourne: l 'assemblée entière ne fait plus attention à eux. Tout le monde est absorbé par ces sons malvenus qui viennent de les interrompre. Et à sa stupéfaction, elle se rend compte qu 'elle reconnaît le propriétaire de ces vagissements gutturaux. Il l 'emmerdera jusqu 'au bout, celui-là ! Mais comment son téléphone a-t'il atterri dans la salle, elle est certaine de l 'avoir laissé à l 'extérieur et à bonne distance?
Soudain, résonne un bruit encore plus familier pour les vampires, un bruit de cliquetis métallique suivi du son suave de la chair que l 'on transperce et surtout de cette succion puissante et régulière qui ... C 'en est trop pour Tonegawa : au moins il y a quelqu' un qui passe une bonne soirée! Sans se faire insulter par une harpie, sans devoir se mettre à la portée d'un public indigne de ses capacités mentales, sans devoir résumer en 30 minutes des recherches qui lui ont pris 10 ans de sa non-vie ! Simplement en étant lui-même. Et sans devoir boire du Tru Blood en plus !
Il lance ses notes dans les bras de Nan Flanagan :
« Tenez, si vous croyez faire mieux, ne vous gênez surtout pas ! Vous ne sauriez pas distinguer un atome de carbone d'un ion hydrogène de toute manière !»
Finie la théorie pour Tonegawa , il est temps de passer à la pratique. Il se propose d 'aller explorer immédiatement ces problèmes d'arômes et se dirige droit sur l 'assistante qu 'il a repérée en début d'émission :
« Mademoiselle, vous prénommeriez-vous Sushi par hasard ? » Et il plante les crocs dans son cou, lui arrachant un hurlement. B négatif, il le savait !
« Mais qu' est ce que vous foutez, vous avez perdu la raison ?! Lui crie Nan, en essayant de l 'arracher à son étreinte .
- Lâchez-moi, je ne peux pas me nourrir uniquement de vraie science et de Tru Blood! S'exclame-t'il. »
Nan Flanagan regarde la salle. Si seul Tonegawa avait déraillé, cela aurait été déjà une catastrophe, mais au moins la moitié des autres vampires ont suivi son exemple et sont en train de se nourrir des rares humains qui étaient présents: c'est un désastre. Et en plus, il faut maintenant qu 'elle retrouve son portable pour appeler l 'équipe de nettoyage de l ' AVL.
Louis Pasteur a le sourire. Ce voyage à Boston s'est finalement révélé des plus agréables. Il vient d'avoir sa deuxième érection de la soirée, et ce, sans bouger de sa chaise. Décidément, rien de tel qu 'une expérience sientifique bien conduite pour assister à des spectacles aussi réjouissants.
Tôt dans la journée, Jason et Andy avaient arrêté une petite frappe qui s’était attaqué à une personne âgée la nuit dernière. Cela faisait maintenant 4 heures qu’ils l’interrogeaient et le malfrat n’avait pas décroché un mot. Jason lança un regard en direction d’Andy qui se comportait de plus en plus bizarrement. Plusieurs gouttes de sueur coulaient le long de son visage et il se rongeait tellement les ongles que le bout de ses doigts commençait à saigner. De plus, son bras cassé avait l’air d’aller étrangement mieux puisqu’il avait arrêté de s’en plaindre…..
- Si tu crois gagner du temps, tu te goures mon pote ! lança Jason en direction du criminel.
Le petit morveux lui fit un bras d’honneur.
Ce fut la provocation de trop pour Andy qui explosa de colère. Il se leva de sa chaise en un bond et sauta à la gorge du voleur.
- Dis-nous où tu as caché le butin ou je te butes ! Pigé ? hurla Andy en secouant l’homme comme un prunier.
Andy le secouait tellement fort que le visage de l’homme virait au violet. Si Jason trouva cela amusant les premières secondes, il prit soudainement conscience qu’il était peut être temps d’intervenir avant qu’Andy ne le tue.
- Andy, arrête ! tenta-t-il en agrippant les épaules de son collègue, mais rien à faire Andy y était accroché comme un pitbull à son bout de viande. Jason était limite vexé, lui qui avait toujours cru avoir le dessus sur Andy, le shérif se révélait être beaucoup plus fort que lui.
- Shérif Bellefleur ! insista Jason en essayant tant bien que mal de maîtriser Andy.
Devant l’impuissance de Jason et craignant sérieusement pour sa vie, l’homme se mit à parler et leur avoua où il avait dissimulé son magot. Cet aveu fut comme un déclic et Andy lâcha enfin prise.
-Je vous dirais tout ce que vous voulez mais éloignez ce taré de moi ! cria le voleur en se réfugiant dans un coin de la pièce.
-Restez ici ! ordonna Jason en entraînant Andy à l’extérieur du bureau.
Une fois sorti et la porte refermée, Jason se planta devant Andy dont la respiration se rapprochait de celle d’un taureau après un affrontement.
- Putain mais qu’est-ce qui t’a pris ? lui balança Jason de but en blanc.
- Quoi ? Il a avoué non ? J’ai fait mon boulot ! se justifia Andy.
- Ouais c’est vrai mais t’as failli le tuer ! rétorqua Jason.
- Pff n’importe quoi ! Tu dis seulement ça parce que ta méthode de tapette n’a pas marché ! répondit Andy.
- Je sais pas ce que t’as en ce moment mais ça craint ! C’est peut-être juste du surmenage, tu devrais prendre un jour de congé ça te ferait du bien, lui conseilla Jason qui n’avait pas envie d’envenimer les choses.
Andy grogna et se dirigea vers son bureau.
- Occupe-toi de lui faire signer une déposition et de le mettre au trou ! Et mêle-toi de ce qui te regarde ! Tu es mon employé pas ma nounou !! déclara Andy avant de s’engouffrer dans son bureau en claquant violemment la porte.
Jason s’exécuta et termina sa journée sans recroiser Andy une seule fois. Lorsqu’il quitta le commissariat il prit la direction d’Hotshot. Comme il l’avait promis à Crystal et Beckie, il allait s’occuper de leur communauté.
Après une demi-heure de route, il se gara dans le hameau et descendit de son pick-up. Hotshot semblait vide, une vraie ville fantôme. Des boules de poussière roulaient sous la force du vent et on n’entendait aucun bruit, comme si le temps s’était arrêté. On se serait cru dans un vieux western, Jason s’attendait presque à voir un cowboy surgir au détour d’une maison.
- Eh oh……y’a quelqu’un ? appela Jason. C’est Jason Stackhouse.
Mais personne ne répondit. Jason tenta une autre approche.
- J’ai ramené de la nourriture comme vous me l’avez demandé.
Bingo ! Un vieillard sortit de sa maison, puis une fillette et un garçon, puis Beckie et d’autres vinrent les rejoindre près de Jason. Ils étaient sales, vêtus avec des vêtements déchirés et tous affichaient cette même expression de biche prise dans les phares d’une voiture. Jason se demanda tout d’un coup si les hommes préhistoriques ressemblaient à ça.
- N’a-yez pas peur, je vous ai a-ppor-té de la nou-rri-ture. Vous vous ra-ppe-lez de moi, je suis un a-mi de Crys-tal, dit Jason en articulant chaque mot. Il avait l’impression de parler à des demeurés.
-Pas la peine de nous parler comme ça, rétorqua sèchement Beckie. On n’est pas des idiots !
Jason émit un petit rire amusé. Mais bien sûr !
-A faim ! cria soudain un jeune homme.
Pour preuve, un long gargouillement se fit entendre de l’estomac du garçon. Jason lança un regard lourd de sens à Beckie, puis monta à l’arrière de son pick up et ouvrit la sacoche dans laquelle il avait rangé la nourriture achetée. Le supermarché du coin avait bien voulu lui donner des aliments qui arrivaient à date de péremption, notamment beaucoup de viande.
- Bon écoutez, j’ai surtout pu récupérer de la viande, dit Jason en distribuant la viande en question. J’espère que ça vous ira, pour la prochaine fois dites-moi ce qui…..commença Jason.
Il s’interrompit en regardant la scène qui se déroulait devant lui. Jason n’en croyait pas ses yeux. Tous prenaient les paquets de viande avec une expression affamée, ouvrant les sachets et se jetant sur la nourriture crue comme des animaux en poussant des gémissements. Puis soudainement chacun retourna dans sa maison.
Jason se retrouva de nouveau complètement seul avec sa sacoche vide dans les mains et encore abasourdi par ce qu’il venait de voir.
- Et dire merci ça vous aurait troué le cul ?? demanda-t-il dans le vide. Bande de tarés, marmonna-t-il en retournant dans son pick-up.
Lorsqu’il regagna Bon Temps, il faisait déjà nuit. Après le message qu’il avait laissé à Bill, celui-ci l’avait rappelé et lui avait donné rendez-vous chez lui.
Jason se gara devant chez Bill et pour la deuxième fois de la journée il fut complètement interloqué. La maison avait été entièrement rénovée avec une façade somptueuse, d’immenses colonnes et surtout des gardes postés à chaque porte-fenêtre. Jason reprit ses esprits lorsqu’il aperçut la voiture de service d’Andy garée près de lui. Il ne l’avait pas vu en arrivant, trop accaparé par le palace du roi Bill ! Jason sortit de sa voiture et se dirigea vers le porche.
- Déclinez votre identité et la raison de votre visite, dit un garde en l’empêchant de passer.
- Je suis Jason Stackhouse, officier de police et j’ai rendez-vous avec Bill Compton, débina Jason en se retenant de faire le salut militaire tant la situation lui paraissait risible.
Le garde répéta ce que venait de lui dire Jason dans un talkie-walkie. Une voix répondit et le garde se poussa pour laisser passer Jason. Arrivé dans la maison, un autre garde le conduisit au bureau de Bill où des éclats de voix se faisaient entendre. Jason n’y faisait pas trop attention, encore une fois trop ébloui par les changements luxueux qui avaient été apportés.
- C’est ici, déclara le garde.
Jason entra et découvrit Andy en train de pointer son arme sur Bill.
- Je vous en prie Andy, ne soyez pas stupide vous n’allez quand même pas me tirer dessus ! Pour l’instant, je n’ai pas laissé mes gardes intervenir mais si vous appuyez sur la détente, je ne pourrais pas les retenir et vous seriez à leur merci, tenta Bill pour apaiser la situation. De plus, je vous rappelle que je suis un vampire donc bien plus rapide et plus fort que vous. Bonjour Jason, adressa-t-il rapidement à Jason en ne quittant pas des yeux l’arme braquée sur lui.
- Euh….salut Bill. Mais qu’est-ce que tu fous encore Andy ? ça ne t’a pas suffit ce matin ? s’énerva Jason.
- Ferme-la Stackhouse !! Je t’ai déjà dit de me foutre la paix ! rétorqua Andy fou de rage.
-Dis-moi au moins pourquoi tu braques ton arme sur lui, demanda Jason.
-Je veux l’emmener au bureau pour l’interroger. Je veux savoir où il a caché le corps de ta sœur. Tu pourrais m’aider d’ailleurs ! C’est de ta frangine qu’il s’agit ! Si cette idiote m’avait écouté dès le départ elle ne serait pas aller fricoter avec un vampire ! cria Andy hors de lui.
-Hey tu traites pas ma sœur d’idiote ! rétorqua Jason qui commençait à s’énerver. Je vais pas te laisser parler de Sookie comme ça, ajouta-t-il en s’avançant vers Andy.
Ensuite, tout se passa très vite. Andy se tourna et dirigea son arme vers Jason qui continuait toujours d’avancer dans sa direction, convaincu qu’Andy ne tirerait jamais sur lui. Malheureusement pour lui il se trompait sur toute la ligne ! Andy appuya sur la détente. Bill se précipita sur Jason pour le pousser et la balle atterrit dans l’encadrement de la porte. Andy laissa tomber l’arme, prenant soudain conscience qu’il venait de tirer sur Jason. Bill se releva avec les crocs sortis et frappa d’un coup de poing Andy. Celui-ci s’écroula assommé par la violence du coup.
- Idiot ! lâcha Bill en parlant d’Andy. Puis il aida Jason à se relever. Ça va ? lui demanda-t-il.
- Ouais juste un peu sonné. Sacré plaquage ! Tu ferais un malheur au football ! plaisanta Jason.
Bill émit un petit rire rien que de s’imaginer sur un terrain de football.
- Putain j’aurais jamais pensé qu’il appuierait sur la détente ! finit par dire Jason qui n’en revenait toujours pas.
- Ça n’a rien d’étonnant, il est shooté au V, lui confia Bill.
- Quoi ? Andy ? Non pas lui ! Il peut pas blairer les vampires, c’est impossible !
- Pourtant c’est bien vrai. L’odeur du V est très caractéristique même s’il en a avalé seulement une goutte, rétorqua Bill sûr de lui.
Jason se remémora alors les symptômes qu’il avait remarqués : les sueurs, les sauts d’humeur, l’irritabilité, la force, le fait d’être constamment à fleur de peau et la guérison de son bras. Il se sentit tout d’un coup très ridicule. Lui, mieux que personne aurait dû reconnaître les symptômes provoqués par le V.
- Putain j’suis trop con, t’as raison, consentit Jason. Qu’est-ce que tu vas faire de lui maintenant ?
-Je vais demander à mes gardes de le ramener chez lui. Il se réveillera demain matin avec un bon mal de crâne.
-Tu sais, il reviendra sûrement !
- Oui je m’en doute mais j’aviserais à ce moment-là. Je n’ai ni le temps ni l’envie de m’occuper de lui pour l’instant.
- Mais une question me chiffonne….pourquoi tu ne lui as pas sauté dessus tout de suite pour l’arrêter ? se demanda Jason par curiosité.
- Je suis roi désormais, j’ai des responsabilités et une réputation à entretenir. Je ne peux pas sauter sur tout le monde comme bon me semble mais si dans ce cas présent j’étais très tenté ! Et puis si jamais l’événement arrive aux oreilles des médias, « le roi Bill a sauvé un officier de police d’une mort certaine » ça sonne mieux que « le roi Bill a sauté sur le shérif pour lui arracher son arme de service » ! expliqua Bill. Je dois faire très attention à mes faits et gestes désormais, tu comprends ?
- Ouais…..mais quand même j’aurais jamais eu autant de patience que toi !
Comme l’avait dit Bill, deux gardes vinrent chercher Andy. Puis après avoir remis un peu d’ordre dans la pièce, Bill revint s’asseoir derrière son bureau et indiqua à Jason de prendre place face à lui.
- Alors Jason. Et si nous commencions à réfléchir à la façon dont nous allons retrouver Sookie.
-Il est temps en effet, répondit Jason aussi sérieux qu’il ne l’avait jamais été.
A suivre……
Fin de l’épisode
Et voilà... générique... fin! ^^ Le deuxième épisode de cette inter-saison est fini.
Nous reprenons l'action "une semaine plus tard". Sookie a donc disparu depuis presque deux semaines...
Générique... :)
Nouvel épisode.......
Cela faisait maintenant plus d’une semaine qu’Alcide rendait visite à Debbie tous les jours depuis qu’elle s’était réveillée. Ce soir là, lorsqu’il avait entendu à nouveau sa voix, il avait ressenti un immense soulagement. Si elle n’avait pas survécu, il ne s’en serait jamais remis. Il devait bien l’admettre, il tenait encore beaucoup à elle, malgré ses récentes dérives.
Ils n’avaient pas encore crevé l’abcès au sujet de son overdose mais Alcide comptait bien en découdre aujourd’hui. Il avait voulu la ménager jusque là mais dans quelques jours elle sortirait de l’hôpital et il voulait savoir ce qu’elle avait en tête pour la suite.
Alcide poussa la porte de la chambre d’hôpital si familière à présent.
Debbie était allongée sur le lit et tentait de trouver quelque chose d’intéressant à regarder à la télé……et vu à la vitesse où elle zappait, elle ne devait pas trouver grand-chose !
- Salut Deb ! Comment ça va aujourd’hui ? lança Alcide.
- Enfin te voilà, répondit-elle soulagée. Comment je vais ? Et bien je vais te dire : je m’emmerde comme un rat mort ici ! J’en peux plus…..entre les cris nocturnes de la vieille bique dans la chambre d’à côté……les réveils à 7h du mat’ et la bouffe dégueu…..je vais devenir cinglée !!! explosa-t-elle. Tes visites sont mon seul répit dans la journée, ajouta-t-elle plus calmement.
Alcide lui répondit par un léger sourire. En fait, il était le seul à venir la voir. Elle n’avait pas voulu prévenir sa famille de son état de santé, trop honteuse de ses erreurs.
- Tu sors la semaine prochaine, sois patiente, dit Alcide tentant de relativiser la situation.
Comme seule réponse, Alcide obtint un grognement étouffé. Elle se frotta le nez, signe qu’elle était en manque. Malgré tous les médicaments que lui donnaient les infirmières, sa soif de V était plus forte que tout.
-D’ailleurs en parlant de sortie, qu’est-ce que tu comptes faire une fois dehors ? demanda Alcide sur un ton qui se voulait désintéressé.
-Je ne sais pas trop, je vais me reposer d’abord et puis vivre au jour le jour comme je fais d’habitude, répondit-elle sur un ton détaché, sachant très bien où voulait en venir son ex compagnon.
-Justement je ne crois pas que ce soit une bonne idée de vivre au jour le jour « comme d’habitude », répliqua sèchement Alcide en insistant bien sur les deux derniers mots.
-Qu’est-ce que tu insinues ? répondit Debbie sur le même ton.
-A ton avis, pourquoi je viens ici tous les jours ? s’énerva Alcide. Tu crois que c’est pour te voir replonger dans une semaine ? Sûrement pas ! Tu m’entends ? cria-t-il à quelques centimètres de son visage.
-Ne me crie pas dessus ! Les infirmières ont dit qu’il fallait me ménager !
-Je m’en contrefiche des infirmières. Elles ne savent pas qui tu es, moi je sais !
-Très bien, alors dis moi ce que tu avais prévu pour moi monsieur je sais tout, le défia Debbie.
-Je souhaite que tu te rendes dans un centre de désintoxication. Je t’ai déjà inscrite, je t’y conduirais moi-même à ta sortie de l’hôpital.
Debbie resta bouche bée quelques secondes, le temps que son cerveau enregistre bien l’information.
-Comment oses-tu ? hurla-t-elle les mains tremblantes et les yeux exorbités. Tu n’as aucun droit sur moi ! Tu n’as pas à décider de ma vie !! Tu n’as qu’à aller retrouver cette pute de Sookie, je sais que tu en meures d’envie !
-Ne mêle pas Sookie à ça ! hurla-t-il à son tour.
Alcide se laissa tomber sur un fauteuil, las de cette énième dispute avec Debbie.
-Tu peux me dire comment on en est arrivé là ? On était heureux ensemble non ? demanda Alcide d’une voix étouffée, les yeux perdus dans le vide. Est-ce que tu crois que j’ai pensé à Sookie quand ça m’a déchiré le cœur en te voyant à l’article de la mort sur ce lit ? Est-ce que tu crois que je pense à Sookie quand je viens tous les jours te voir ? Est-ce que tu crois que je pense à Sookie en essayant d’imaginer notre avenir ?
Alcide releva les yeux et regarda Debbie. Elle avait les yeux remplis de larmes.
-Est-ce que tu m’aimes encore ? demanda-t-elle entre deux sanglots.
-J’aime toujours la Debbie que j’ai connue il y a quelques années. Si tu es prête à faire des efforts, je suis prêt à en faire aussi.
-Est-ce que tu crois que ça marchera à nouveau comme avant ?
-Je ne sais pas mais je suis prêt à prendre le risque. Notre couple a droit à une seconde chance.
Elle hocha la tête et comprit à cet instant qu’il y avait encore de l’espoir pour elle et lui.
-J’irais en cure de désintox et je ferais ce que tu voudras. Tant que tu es avec moi et que tu me soutiens, je ferais ce qu’il faut. Je te le promets, dit-elle en le regardant droit dans les yeux.
-Parole de loup ? demanda-t-il en lui tendant la main.
-Parole de loup, affirma-t-elle en lui serrant la main.
Alcide soupira de soulagement, la serra dans ses bras et pour la première fois depuis longtemps l’embrassa tendrement.
Sans dire un mot, ils restèrent ainsi un moment, serrés l’un contre l’autre……chacun évaluant de son côté l’espérance de vie de leur couple…..
Au manoir Campton :
Les minutes s’égrainent imperturbablement, le rapprochant toujours un peu plus de cette confrontation à laquelle il aurait pourtant voulu échapper. Mais hélas, il va devoir faire face… et assurer !
Les yeux perdus sur cette gravure abstraite derrière son bureau – enfin les rénovations du RDC étaient finies – Bill réfléchit au discourt qu’il va tenir à ses shérifs. L’enjeu est énorme. Il a beau avoir le soutient de la LVA, il n’est pas dupe. S’il ne parvient pas à conquérir ses sous-fifres, si il ne les convainc pas qu’il est digne de ce trône et du respect du a son rang, tout sera perdu.
La loi doit changer, les meurs des vampires doivent évoluer… et c’est à lui de tout reconstruire ce que Russel a détruit en quelques secondes à la télévision.
Ecrasé par l’ampleur de cette tâche, noble, oui, mais aux dimensions himalayennes à ses yeux, Bill croise les doigts devant sa bouche et se concentre.
Pas longtemps.
- Bon alors ? tu es prêt ? Demande une voix impatiente.
Le peu de sérénité que Bill avait réussit à accumuler vacille dangereusement. Il soupire d’exaspération. Heureusement qu’il avait demandé à rester seul un moment ! Mon dieu ce qu’elle pouvait l’agacer. Depuis son couronnement, elle était toujours sur son dos à surveiller ses faits et gestes : la critique facile mais les conseils dérisoirement inutiles.
- Bien sûr que je suis prêt, pourquoi ? Ils sont déjà là ?
- Il manque Northman encore il mais ne devrait pas tarder je pense. Répond Nan sur un ton cassant.
Bill ferme les yeux involontairement. Eric… l’homme qui lui jalousait son amour de fée et qui avait tout fait pour la lui prendre. L’homme qui lui avait enlevé le soleil de sa vie, l’homme que Bill haïssait le plus au monde… Il allait devoir supporter sa présence, il allait devoir lui parler, se faire obéir de lui…
Bill sent l’angoisse s’insinuer au fond de ses trippes. Il ne l’a pas revu depuis… il n’était pas du tout sûr de pouvoir gérer ça tout d’un coup… puis la colère prend le relais.
D’un seul geste, il retourne son fauteuil vers l’entrée et frappe son bureau du poing. Nan sursaute, surprise. Bien sûr qu’il fera face ! Le passif qu’ils ont tous les deux ne va certainement pas l’empêcher d’effectuer la tâche qui lui incombe. Le visage fermé, il lève les yeux sur la politicienne et lui lance fermement :
- Amène-le ici dès qu’il arrive, je veux régler un problème avant le début de la réunion et en attendant, laisse-moi seul.
Nan s’éclipse, un peu perplexe.
L’attente ne fut pas longue : quelques minutes plus tard, Nan ouvre la porte.
- Entre, le roi veut te parler.
Le shérif entre dans la pièce et Nan referme derrière lui. Bill se lève, contourne son bureau et vient s’appuyer dessus, dévisageant Eric avec méfiance. Le viking, fermement campé sur ses jambes au milieu de la pièce lui rend son regard avec le plus vif mépris.
- Tu… tu ne me salut pas ? Tente Bill avec prudence.
- Jamais je ne m’agenouillerais devant toi ! Crache le beau blond, le ton chargé de
menace.
- Oui… donc j’ai bien fait de te voir en privé deux minute avant… plaisante Bill en se frottant les yeux d’une main.
Eric, légèrement surprit pas cette remarque, laisse la pression redescendre un petit peu. Bill enchaine d’un ton conciliant :
- Je ne te demande pas de t’humilier devant moi, Eric. Mais je suis ton roi et tu me dois le respect, je te demande donc de me saluer : sobrement peut-être mais respectueusement.
- Jamais ! Articule Eric entre ses dents.
- Et pourquoi ? s’enquit Bill qui sent la colère revenir au galop.
- Parce qu’il y a des choses concevables et d’autre pas ! Sans parler de tout ce qu’il y en entre nous, tu es 5 fois plus jeune que moi, 20 fois moins puissant et intelligent que moi ! Ce couronnement est ridicule et ne compte pas sur moi pour participer à cette mascarade !
Alors là, les vannes s’ouvrent et Bill se lâche :
- Mais je ne l’ai pas demandé ce poste ! Tu le veux peut-être ? Mais prend le, puisque tu es si fort ! Je te le donne sans hésitation monsieur « je-suis-20-fois-meilleur-que-tout-le-monde » ! Il parait évident que notre peuple sera entre de bonnes mains, gouverné par un sombre égoïste qui, par intérêt personnel, rend fou l’un des êtres les plus puissant que cette terre a porté, provoquant par la même occasion un cataclysme national voir planétaire pour notre cause ! alors, vas-y, explique-moi ! après que tu leur auras dit que toute cette merde c’est de ta faute, que vas-tu faire pour la nettoyer, hein ?!
Eric écarquille les yeux, stupéfait par la hargne de ce jeune parvenu. Un silence s’installe. Eric cherche une réplique mais se trouve un peu à court, là. Bill se penche un peu, mimant d’attendre une idée lumineuse puis, levant les yeux au ciel, il soupire et conclu :
- Et non, là, évidement, y’a plus personne ! Cette merde, Eric, il va falloir la nettoyer et tu vas m’aider. J’ai besoin de ton soutien à la réunion de toute à l’heure. Si tu me défie devant eux, je perdrais la face et tout sera perdu.
D’accord… vu le petit sourire qui se dessine sur ses lèvres c’est exactement ce qu’il a l’intention de faire : formidable !
A suivre...