Entrez dans la grande bibliothèque d'Hypnoweb. De très nombreuses fanfics vous attendent. Bonne lecture ! - Inscris-toi gratuitement et surfe sans pub !
Série : True Blood
Création : 12.10.2011 à 15h59
Auteur : maria91
Statut : Abandonnée
« Cet épisode virtuel se déroule après la fin de l'épisode 312: il fait nuit, Bill attaque la reine, Eric prend sa douche, Sam tire sur Tommy et Sookie disparait... » maria91
Cette fanfic compte déjà 55 paragraphes
Bill se renfrogne et argumente :
- Non, Eric, tu ne feras pas ça, tu es plus intelligent que ça ! Il n’est pas question de toi ou de moi dans cette histoire. Les enjeux sont plus grands que notre petite guerre personnelle, ils sont plus grands que nous.
- Je ne me soumettrais pas , pas à toi… commence le viking.
- Si tu le feras ! tonne Bill à bout de patience. Tu vas mettre ta fierté dans ta poche et montrer l’exemple !
Bill s’est levé et lui fait face avec toute la détermination dont il est capable. Voyant son ennemi réfléchir à un contre-argument, il décide de pousser son avantage et cède à la tentation de la menace.
- Ne m’oblige pas à te dénoncer pour trahison, Eric… Nan serait ravie de faire un exemple devant les autres, elle ne te porte pas dans son cœur !
Aussitôt dis, Bill regrette ces mots. Il s’était pourtant promit d’essayer la voix de la raison avant tout mais cet homme avait le don de le pousser à bout.
Eric se fige et son regard se fait assassin. Il a osé… ce roitelet de pacotille. Il a osé le menacer ouvertement bien à l’abri derrière son nouveau statut. S’il s’imagine une seule
seconde qu’il peut le remporter ainsi ! Sans parler de toutes ses relations haut placées, s’il savait le nombre de Roi qu’Eric a b… Soudain l’expression du viking change et Bill le voit se détendre avec étonnement. Désarçonné, il finit par demander :
- Quoi ?
- Tu dis que la haine qu’il y a entre nous n’a pas d’importance, que seul l’enjeu importe, quel que soit ce que ça nous coûte ?
- Euh… oui, c’est ça. Concède Bill, sur ses gardes.
Allons bon, il va essayer de négocier. Bill soupire, il s’y attendait. Ce qui l’inquiète c’est qu’Eric a l’air bien trop sûr de lui…
- Tu me demande donc de jouer les bons petits shérifs soumis devant mes collègues afin qu’ils suivent mon exemple.
- Exactement, je suis conscient de l’influence que tu as sur eux, Eric…
L’intéressé étire un sourire mauvais : il tente de l’amadouer… raté, ça ne prend pas. Il poursuit la pose de son piège avec sérénité.
- Bien… Pour cela j’aimerais avoir la certitude que c’est bien la cause que tu sers et pas tes petits intérêts personnels.
- Mais… ? comment ça ? Que veux-tu de plus que ce que je t’ai dit ?
- Une preuve.
- C’est-à-dire ? demande Bill dans un soupire fatigué.
Allez… qu’il crache le morceau et qu’on en finisse ! Bill pense aux autres qui doivent commencer à s’impatienter. Eric poursuit :
- Tu me demande de sacrifier ma fierté pour servir la cause ? Peu importe si je me sens humilié en public ? Je t’informe que je suis prêt accepter… quand toi tu auras fait de même. Puisque tu es roi, à toi de montrer l’exemple, non ?
Bill plisse les yeux en essayant de comprendre où il veut en venir. Eric sourit, ravi de retrouver le contrôle de la situation. C’est un peu risqué mais ça pourrait être très amusant. Et puis de toute façon, il connait déjà la réponse : il va lui démontrer qu’il n’a pas les épaules pour ce poste.
- Et tu as de la chance, ça va se faire ici, rien qu’entre toi et moi… susurre- t-il, ravi.
Soudain, Bill sent le danger et recule d’un pas.
- Non ! avertit le roi, fermement.
Eric réduit la distance lentement. Oh oui, très amusant …
- Tu sais quoi ? Je vais te faciliter la tâche et ne pas te laisser le choix. Murmure le viking en enlevant son blouson. La seule chose que tu auras à faire c’est tenir ta langue pour ne pas alerter la garde. Préviens-les de ne pas te déranger pendant une heure. Dit-il en désignant l’interphone.
- Non ! répète Bill avec pourtant moins d’assurance, l’horreur venant s’entortiller autour de son torse.
S’il respirait encore, il manquerait probablement d’air à cet instant.
- Pourquoi ? S’intéresse Eric en le saisissant à la gorge. Parce qu’il y a des choses concevables et d’autre pas ?
- Mais… mais oui !
- Nous sommes donc d’accord…
- Mais non… enfin… on doit pouvoir s’entendre, je pensais que tu me parlerais d’argent ou de… Sookie !
Eric ressert méchamment sa prise et Bill grimace.
- Où est-elle ?! Demande-t-il dans un grondement sourd.
Bill le regarde droit dans les yeux, l’expression navrée.
- J’en sais rien, vraiment, je ne l’ai plus sentit depuis cette nuit-là… elle a dû partir… mais je ne sais pas où
Eric détaille son visage d’un air mauvais et dessert un peu ses doigts.
- Mauvaise réponse bébé-vamp. Tu aurais dû dire « si tout se passe bien à la réunion, je te promets de te dire tout ce que je sais à son sujet, tu vas être surpris ».
- Mais je ne veux pas baser mon règne sur des mensonges. Parvient à articuler Bill.
- Mais tu ne mentais pas : tu m’aurais dit toute la vérité : c’est-à-dire, rien et
ça aurait été ça la surprise ! Comme ça tu obtenais ce que tu voulais et moi, je n’avais qu’à m’en prendre à moi-même…
Eric nie doucement de la tête d’un air septique et commence à promener sa main libre. Bill se fige d’horreur.
- Bienvenu dans la politique gamin. Tu as tout à apprendre. Croyais-tu vraiment t’en tirer avec de beaux discours ? Que veux-tu que je fasse de ton argent ? J’en ai déjà trop. Sookie ? Elle n’est plus à toi ! Qu’as-tu à me proposer ?
A son tour, il mime attendre une réponse intéressante mais comme Bill met trop de temps à en donner une, il continue :
- Alors je choisis : oui, tu vas devoir m’acheter mais mon prix sera exorbitant. Je t’ai déjà brisé le cœur, je vais maintenant prendre tout ce qui te reste d’à peu près intacte en toi : ta dignité.
Bill tente un mouvement pour se soustraire mais Eric le plaque contre son bureau. Hmm… ça commence à lui plaire cette histoire, l’éventualité d’aller jusqu’au bout l’effleure à peine mais il la chasse rapidement. Non… de toute façon, Bill ne tiendra pas, il va paniquer et pleurer sa mère. Pauvre bébé. Sitôt roi, sitôt déchu… Eric se mord la lèvre de plaisir et murmure :
- Voilà exactement pourquoi je n’ai jamais voulu être roi. C’est le genre de sacrifice que, personnellement, je ne suis pas prêt à faire.
- Dis plutôt que tu es un lâche, égoïste et fainéant. Proteste Bill.
Cette fois c’est l’autre main qui ressert sa prise, fort… trop fort. Bill ne peut retenir un gémissement étouffé. Eric savoure. Comme il est agréable de plier quelqu’un à sa volonté ! C’est un plaisir dont il ne se lasse jamais. Il consent à lâcher et reprend d’une voix douce :
- Alors ? L’enjeu est tellement énorme : que vas-tu choisir ?
Il l’assoit de force sur son bureau et presse le bouton de l’interphone.
- Majesté ? Demande le garde.
Instant crucial. Soit Bill lui demande d’intervenir, condamnant Eric à un (petit) châtiment pour outrage, déclenchant haine et suspicion chez les autres shérifs, ses amis, réduisant donc à néant ses chances de se faire respecter et d’accomplir sa tâche, soit…
Les arguments luttent avec rage dans son esprit et les secondes s’égrainent.
- Majesté ? redemande le garde, une pointe d’inquiétude dans la voix.
Eric, observe sa victime et s’étonne de le voir hésiter avec autant de détresse. Il pensait qu’il aurait profité d’avoir le garde en ligne pour tout de suite aller se cacher derrière. Précipitant ainsi le début de la réunion et sabordant d’emblée sa crédibilité. Eric se voyait déjà tuer dans l’œuf ce règne absurde. Et non ? Il hésite ?
Comme il l’avait pressentit, il lui demande quelque chose d’inacceptable à ses yeux. On se demande bien pourquoi d’ailleurs. Combien d’humain tueraient pour être à sa place! Eric plisse les yeux. Etait-il sincère alors quand il faisait son discourt sur les enjeux ? Amusé, il décide de tester ses convictions et les doigts toujours fermement accrochés au cou de son roi, il se penche à son oreille et chuchote :
- Alors, c’est si difficile que ça de prendre une décision? Et bien… qu’est-ce que sera quand des vies seront en jeu ! Tu estimes-donc qu’une grande cause ne vaut pas un petit sacrifice personnel ? Tu m’as donc menti … encore ? Tu ne sais donc faire que ça ?
Bill ferme les yeux et, le visage défait, articule d’une voix forte:
- Le shérif Northman et moi avons un dossier important à régler avant la réunion. Prévenez les autres invités que nous aurons un peu de retard et que je ne souhaite être dérangé sous aucun prétexte.
- Bien monsieur ! Approuve le garde, rassuré.
Eric raccroche et éclate de rire, surprit.
- J’y crois pas, sale petite pute ! Tu acceptes de te prostituer pour obtenir ce que tu veux ? Et tu crois que tu vas gagner mon respect comme ça ?! Crache le viking en mettant tout le mépris dont il est capable dans son intonation.
Et allez ! En avant les insultes… l’humiliation fait partit du jeu, il n’allait pas y couper, il fallait s’y attendre. Malgré tout, Bill sait qu’il ne lâchera rien pour autant. Il lui lance un regard furieux et, d’un mouvement brusque parvient à se dégager et à prendre du champ. D’avoir pris sa décision a permis à son esprit de se calmer et il se sent prêt à affronter cette épreuve.
- Je te demandais juste un hochement de tête poli avec un « majesté »… rien de plus, pourquoi fais-tu ça, Eric ? Je peux encore te pardonner. Propose gentiment Bill dans un dernier effort de conciliation. Il n’y croit pas trop de toute façon.
- Tu joues à quoi, là ? Tu tentes une esquive ?
Le visage du viking s’assombrit… il a voulu gagner du temps, hein ? Il pense encore pouvoir s’en tirer à bon compte ? Il se trompe ! Eric serre des points. Il sait qu’il bluff et va le démontrer. Il ne lui donne pas deux minutes avant d’appeler sa mère.
- Pas du tout. J’ai accepté tes conditions mais…
Bill n’a pas le temps de finir. Eric lui met une énorme claque et sort les crocs :
- Tu as accepté ? oh… très bien. Alors vire-moi tout ça avant que je ne les déchire.
Le viking ôte son T-Shirt et défait sa ceinture. Bill ne peut se résoudre à se dévêtir. Non, il ne peut pas. Il essuie le filet de sang qui a coulé de sa bouche et lance un regard plein de défi à Eric.
- Déchire si ça te chante, je ne me dessaperais pas pour toi, crétin ! T’as pas pu te faire Russel alors tu te rabats sur moi, c’est ça ? Je savais que tu considérais ton Créateur comme un roi, mais pas qu’il te manquait tant que ça !
Ça, c’était gratuit, mais ça défoule…Comme prévu, Eric voit rouge et l’instant d’après Bill est projeté au sol avec violence.
A suivre...
Le premier coup lui ouvre la lèvre et fissure la mâchoire. Bill se dit qu’il aurait peut-être du quand même se déshabiller car d’évidence, ce costume allait finir en lambeaux. Il était en train de se demander s’il y avait du rechange dans cette pièce quand il reçut le deuxième coup. Aoutch ! Ça y est, mâchoire cassée. Flûte ! Il ne pourrait peut-être pas parler pendant quelques minutes… pour dire quoi de toute façon ? Ah si ! Dans le bahut, près de la porte il devait il y avoir ça normalement.
- Hm… c’est cassé, non ? J’ai entendu le crac.
Bill, surprit, lance un regard méfiant à Eric et acquiesce d’un hochement de tête. Le viking, à cheval sur lui, le dévisage d’un air ravi. Il effleure la zone concernée sur son menton, déclenchant une onde de douleur sourde.
- ça fait mal ? Demande-t-il avec un sourire gourmand.
Bill se dégage d’un geste brusque mais, retrouvant sa maitrise aussitôt, repose son bras en position haute, serein. Eric plisse les yeux : il garde son calme ? Ça ne va pas durer. Il se penche sur lui :
- ça ne dérange pas si je continue un peu ? En fait, je vais continuer jusqu’à ce que tu débattes. Moi, je ne conçois un viol que lorsqu’on se débat dans mes bras. Je veux que ça bouge, que ça gigote.
Le beau brun lève un sourcil genre « Et alors ? » Eric rapproche alors son visage du sien, furieux : il veut qu’il cède !
- Bill… je vais te faire si mal que tu vas appeler tes gardes que tous constatent dans quelle situation tu es, que tous constatent le vendu, le menteur, l’usurpateur que tu es. Tu n’as pas ta place ici, tu n’as pas l’étoffe, tu n’es pas assez fort.
Bill se lèche les lèvres et, douloureusement parvient à articuler :
- Eh bien, si tu mets autant d’énergie à me baiser qu’à essayer de te prouver a toi-même que ton opinion est fondée, on devrait y arriver avant la fin de la nuit, active un peu, là, j’ai pas que ça à faire !
- Tu bluff ! Je n’y crois pas ! tu ne peux pas accepter ça sans broncher ! S’insurge le beau blond.
- Tu m’as demandé de faire un choix, je l’ai fait. Que veux-tu de plus ?
- Non ! C’est du vent ! je ne suis pas dupe !
Eric, hors de lui, lui défait nerveusement son pantalon et … une fois Bill parfaitement à sa merci, se fige. Il regarde cet homme qui le dévisage calmement. Un silence s’installe. Eric, Un air dégoûté sur le museau, fini par se redresser et s’assoit sur ses talons, perplexe : il s’est trompé.
- Qu’est ce qui se passe ?
- Je ne comprends pas. Comment peux-tu… ?
- Mon dieu… S’amuse Bill.
Il soupire de soulagement, s’assoit et se rhabille. Sans le regarder, il masse sa mâchoire enfin consolidée et explique :
- Eric, c’est toi qui a ramené ma créatrice dans ma vie. Ne pouvant me récupérer, elle m’a torturé à mort toute une nuit et une partie de la journée. Elle a regardé des loups-garous me dévorer vif et s’est ensuite attaqué à la seule chose importante a mes yeux, à Sookie, la mordant et la drainant devant moi. Elle est ensuite morte dans mes bras, sur ma demande, en m’avouant tout l’amour qu’elle me portait. Puis tu es venu et tu as réduit en miette l’amour que Sookie éprouvait pour moi et depuis, elle a disparu. Après avoir vécu ça, je peux t’assurer que quoi que tu puisses me faire, jamais tu ne seras à la hauteur des souffrances que j’ai vécues ces jours-là. Mon corps a été écorché, mon âme déchiquetée et mon cœur piétiné. Tous les trois ont déjà été mis à l’épreuve, Eric, largement. Alors, ne compte pas sur moi pour… il s’approche de lui et souffle à son oreille avec une grimace méprisante: gigoter.
Il se lève et observe son costume : non, c’est bon, pas de signe de lutte. Eric écarquille les yeux en se demandant ce qu’il aurait ressenti si Godric avait tenté de lui faire du mal un jour… s’il avait attaqué Aïra après la nuit passé ensemble… qu’aurait-il ressenti ? L’horreur absolue… Bill le regarde et poursuit :
- Je ne gigote pas, moi. J’assume. J’ai peut-être mit un peu de temps à prendre ma décision, oui, c’était difficile, mais une fois prise, je m’y tiens, peu importe ce qu’il m’en coûte. La question est maintenant… toi : vas-tu continuer à gigoter avec ta fierté mal placée ou bien vas-tu assumer qu’on avait un deal et que j’ai honoré ma part.
Eric grimace et se lève aussi, rajustant sa tenue d’un air pensif.
- Tu me dois toujours une baise.
- Non, je ne te dois rien du tout. Tu as eu ta chance, c’est passé. Ce n’est pas de ma faute si tu ne bande pas sans « gigotage. »
Bill étale un beau sourire et lève les mains en signe de paix devant le regard noir de son shérif.
- Ça va, ça va ! Je sais que ce n’était pas le cas, j’ai vu. Tu t’en fou j’imagine, mais je te suis reconnaissant de m’avoir épargné ça, malgré tout. Ça prouve que tu es intelligent, c’est plutôt rassurant, non ?
Il se mord la lèvre pour ne pas éclater de rire en voyant Eric pencher sa tête sur le côté pour encaisser ça sans faire un massacre. Bill fait un gros effort pour retrouver son sérieux.
- Excuse-moi, c’est nerveux. Tu m’as fait passer l’épreuve du feu, là. Je m’en souviendrais, crois-moi.
-Je n’avais jamais eu l’intention de le faire, crétin. Apprend à cerner ton adversaire !
Bill fronce les sourcils.
- Donc, si je résume : tu pensais que je bluffais alors que j’étais sérieux et je pensais que tu étais sérieux alors que tu bluffais ? On est vraiment complètement étanche l’un à l’autre, tous les deux. On n’a pas intérêt à jouer au poker ensemble.
- Mais enfin ! Il ne faut jamais miser gros sans un bon jeu en main ! Tu devras faire des dossiers sur chaque vampire : leur point fort, leur point faible. Utilise la manière douce si tu préfères mais garde toujours une bonne grosse menace en réserve en cas de besoin. C’est la base.
Bill cligne des yeux, perplexe. Eric se ressaisit et grimace de dégoût.
- Putain ! C’est moi qui viens de te donner des conseils, là ?
Mimant une grosse nausée, il se dirige vers la porte.
- Eric ? Intervient Bill.
Le viking se fixe sans se retourner.
- Nous… nous sommes d’accord ? Demande Bill d’une petite voix en se remettant devant lui.
A suivre...
Eric lève sur lui un regard noir.
- Ne me fait pas chier. Nous ne sommes pas ami et nous ne le seront jamais. Je vais faire ce que tu me demande maintenant mais ne viens pas m’emmerder après, c’est clair ?
- Parfaitement. Soupire Bill. J’imagine que tu me témoigneras ton respect que lorsque je m’en serais montré digne… Je te demande juste de me laisser une chance de le faire.
Bill se détourne et quitte la pièce. Eric met un instant à lui emboiter le pas en analysant sa phrase. Oui … peut-être s’est-il trompé. On verra bien.
Pendant la réunion, Nan, restée en retrait, s’étonna du silence et de la réserve d’Eric quand les autres shérifs protestaient contre les nouvelles directives que la LVA avait dictées et qu’ils devaient appliquer dorénavant. Bill, patient, expliquait et argumentait soigneusement à chaque attaque. La joute verbale valait le détour.
A un moment cependant, elle crut qu’elle devrait intervenir car le ton montait dangereusement mais quelle ne fut pas sa surprise quand Eric frappa du poing sur la tête, provoquant un silence perplexe.
- ça suffit toute ces discutions stériles ! On vient de vous expliquer en long en large et en travers l’ensemble des enjeux ! On ne va pas s’éterniser trois semaines là-dessus ! J’ai pas que ça a faire, moi ! On ne vous demande pas de comprendre mais d’obéir. Maintenant, si vraiment quelqu’un n’a rien compris je lui réexpliquerais en privé tout à l’heure, mais mes arguments seront probablement moins confortable physiquement. Des volontaires ? (silence) Non ? Bon. On enchaine.
Et il invita Bill à poursuivre d’un geste de la main. Cette intervention provoqua la surprise générale et éteignit aussitôt tous les foyers de révolte.
Sur le perron, quand enfin les shérifs eurent prit congé, Nan, avant de partir, posa la question qui lui brulait les lèvres.
- Qu’est ce qu’il s’est passé avec Eric dans le bureau ?
- Rien de spécial, je me suis assuré son soutien.
- Bonne idée, son intervention fut décisive. Tu t’en es bien tiré. Mieux que je pensais. Et… à quel argument a-t-il été sensible ? insiste la politicienne intriguée… de l’argent ? Ou… tu as trouvé son point sensible, c’est ça ?
Bill, les yeux perdus dans la nuit, sourit.
- Même pas. Ça été plus facile que je ne l’avais craint finalement.
- Mais…
- Bonne nuit, Nan. Conclu le roi en entrant chez lui.
Il retourne dans son bureau en repensant aux paroles qu’Eric lui avait marmonnées juste avant de le quitter.
- Il te faudra être bien plus ferme. Ne te laisse jamais déborder ni perdre la maitrise d’un dialogue. Tu es roi : tu n’expliques que si tu le souhaite. N’hésite pas à intervenir physiquement si besoin : ils ne pourront pas répliquer sous peine de mort. Je les connais bien : ils n’oseront pas prendre ce risque sauf si ta dernière heure a sonné et là, rien ne pourra te sauver.
Eric se retourne vers lui, le visage fermé. Il le scrute de haut en bas et poursuit :
- Quand Sookie reviendra…
- Si elle revient. Doute Bill.
- Quand elle reviendra… reprend Eric plus fermement. Elle sera mienne : c’est clair ?
Bill baisse les yeux un instant, le visage défait. Puis, se détournant un peu, il murmure :
- Elle n’est plus mienne en tout cas. Je ne t’empêcherais pas de tenter ta chance, je lui fais assez confiance pour pouvoir gérer cela seule. Mais sache bien une chose, viking. Avec Sookie on obtient ce qu’on mérite… et, vu ce que je sais de toi…
Bill rend un regard septique à son shérif et grimace :
- Je prédis déjà que tu n’en obtiendras pas grand-chose.
- Tu me connais mal, tu pourrais être surprit. Envisage Eric, serein.
- Comme ça, on est deux. Conclut Bill.
là, ça y est, c'est fini ^^
ERIC
Je me lève avec la nuit. Le silence qui régne autour de moi est rapidement envahi par le bourdonnement des idées qui agitent mon esprit. Il ne me laisse jamais en paix, s'affairant sans relâche jusqu' au plus profond de mon sommeil de vampire. Mais je lui en sais gré: je sais bien que c'est à son incessante besogne que je dois ma longévité.
Si notre puissance est la récompense des siècles traversés et notre attrait un éventuel vestige de notre vie humaine, c'est le goût du jeu qui permet avant tout de subsister au statut d'immortel. Et mon existence est un jeu que je prends très au sérieux.
Les parties disputées par les vampires requièrent patience et subtilité. Il faut savoir quand attaquer et quand se préserver. Je les préfère aux jeux humains pour la créativité qu 'elles offrent. Dans une partie d'échec, deux royaumes s'affrontent face à face, arborant fièrement la couleur qui les désigne à leur adversaire. Chez nous, les ennemis avancent masqués, faisant virevolter les pions entre leurs mains agiles, enveloppant leur rival dans ses chimères avant de lui assener le coup fatal. Seules l 'audace et l 'imagination conduisent à la victoire. Jamais de répit, toujours à l 'affût, vers ce qu'on a de plus habile et surtout de plus froid, précis, assassin.
Notre existence entière est un jeu de mensonges, et c'est un art dans lequel j 'excelle. Je vais pouvoir bientôt m 'y adonner: la nuit s'annonce agitée.
J 'arrive tôt au Fangtasia, les lieux sont encore déserts. Sur mon bureau, je vois que les papiers s'amoncellent. Je jette un rapide coup d'oeil à mes dossiers: ni trafic de V, ni disparition de vampires, ni humains filmés en train de se faire draîner. Rien de bien urgent, juste la routine d'un travail ordinaire de shérif. Pam pourra s'en occuper.
Dans la salle, les clients commencent à affluer, ils seront bientôt aussi nombreux que les feuilles de papier qui jonchent mon bureau, deux denrées rares lors de ma création, et qui n 'ont fait que se multiplier au cours des siècles. Alors qu 'autrefois je devais chasser pour me nourrir, aujourd'hui les humains viennent volontairement me donner leur argent, leurs corps et leur sang. Il serait regrettable de ne pas profiter de ces offrandes si généreusement offertes.
Même si l'excitation de la chasse me manque parfois, reste le goût du sang : cette saveur métallique aux nuances infinies qui se répend dans ma bouche, ce grondement sourd qui émane de leur être pendant que je les bois, et qui emplit mes oreilles, envahissant mes sens, palpitant sur mes lèvres, dans mes doigts, remplissant chaque cellule de mon corps, jusqu'à ce que je les délivre de mon étreinte dès que je sens leur pouls s' affaiblir. Je ne voudrais pas les priver du genre de mort gauche et grotesque que leur offre leur siècle de progrès techniques: mourir de vieillesse. Ni surtout enfreindre de façon trop évidente le règlement de l 'AVL quand je n'en ai pas besoin.
A propos ...
Je m 'envole pour le manoir Compton dont le nouvel aspect me surprend. Il semblerait que notre jeune roi soit enfin parvenu à laisser derrière lui la dépouille de son regretté XIXe siècle. Bill fait partie de ces vampires qui voudraient que tout ce qui les a accompagnés de leur vivant reste immuable à jamais. Ils regrettent chaque chose: la manière dont les gens parlaient durant leur jeunesse, leur façon de s'habiller, les mœurs et les coutumes de leur époque. Ces repères qui les tranquillisent et les rassurent. Or tout change, tout se corrompt hormis le corps du vampire. Il faut être capable de s'adapter pour affronter l 'éternité.
Dès mon arrivée, Nan Flanagan me fait la leçon comme à son habitude, puis me conduit directement dans le bureau de Compton. Après qu 'elle ait fermé la porte, Bill et moi nous retrouvons face à face. La perpétuelle expression douloureuse qu 'arbore son visage m' agace au plus haut point. Mes adversaires ont d'ordinaire plus de panache.
-Tu… tu ne me salues pas ? Me demande-t'il, annonçant le début des hostilités
Le saluer, moi?!
- Jamais.
La royale marionnette insiste lourdement. Il quémande mon respect, mon appui devant les autres shérifs, et voudrait que je m 'abaisse à approuver la mascarade que constitue son couronnement. Il essaie même de me menacer. Au bout d'un moment, ses raisonnements finissent par m'amuser. Il semble vraiment croire en ce qu 'il raconte: qu 'il sert la cause (bien sûr , il est si bien entouré!), qu'il comprend les enjeux, qu'il est capable de tout arranger. Son ignorance me sidère, mais je finis par trouver une certaine fraîcheur à tant d'idéalisme. Cependant, comme il est toujours plus facile d'être idéaliste en paroles qu'en actes, je suis curieux de savoir jusqu'à quel point il est prêt à aller pour servir notre « cause ». Inutile d' assurer mes arrières, je l 'attaque de front:
-Tu me demandes de sacrifier ma fierté pour servir la cause ? Peu importe si je me sens humilié en public ? Je t’informe que je suis prêt à accepter… quand toi tu auras fait de même. Puisque tu es roi, à toi de montrer l’exemple, non ?
Compton, croyant deviner mes intentions commence à paniquer. Je profite de sa confusion pour lui poser la seule question qui me brûle les lèvres :
-Où est elle?!
- J’en sais rien, vraiment, je ne l’ai plus sentie depuis cette nuit-là… elle a dû partir… mais je ne sais pas où.
La terreur qui se lit sur son visage me prouve qu 'il dit la vérité. Excellent. S'il ignore où elle est partie, moi je le sais maintenant.
Je m 'amuse encore un instant avec mon nouveau jouet. Je n 'avais jamais eu l 'occasion de bizuter un roi avant ce soir et cette activité se révèle fort distrayante. De plus, le jeu pourrait durer un long moment, il faut reconnaître que le bleu a un certain cran. Mais j 'ai autre chose à faire et lui aussi, comme essayer de se faire lécher les bottes par une poignée de shérifs incrédules. Je finis par lui rendre sa liberté et nous nous dirigeons vers la salle de spectacles. Showtime.
Là, Compton tente d' expliquer longuement les nouvelles règles édictées par l 'AVL et condescend à répondre à chacune des objections qui lui est faite, ce qui provoque des attaques, d'autres objections, encore des questions ... Ma patience est à bout :
-Ca suffit toutes ces discussions stériles ! Dis-je en tapant du point sur la table . On vient de vous expliquer en long en large et en travers l’ensemble des enjeux ! On ne va pas s’éterniser trois semaines là-dessus ! J’ai pas que ça à faire, moi ! On ne vous demande pas de comprendre mais d’obéir. Maintenant, si vraiment quelqu’un n’a rien compris je lui réexpliquerai en privé tout à l’heure, mais mes arguments seront probablement moins confortables physiquement. Des volontaires ? (silence) Non ? Bon. On enchaine.
-C 'est toi qui devrais être roi à sa place. Me souffle Blackburn.
-En effet. Acquiesce-je intérieurement.
De toute façon, il semble que Compton ait hérité d'un poste provisoire, puisqu 'il ne voit pas plus loin que cette taupe de Flanagan. Tout ce qu'il me suffit de faire est d'attendre leur chute, leur temps à tous deux est compté. Je me fends même de quelques conseils. Ce n 'est pas plus mal qu'il soit occupé pendant quelques temps, j 'aurai plus de champ libre pour me consacrer au sujet qui me préoccupe vraiment. Avant de partir, je lui murmure à l 'oreille que, quand Sookie reviendra, elle sera mienne.
Je traverse le cimetière pour me diriger vers la maison de Sookie. Je me rends sur la tombe de sa grand-mère où j 'ai senti cette odeur de fée le lendemain de sa disparition. Une odeur envoûtante de soleil et de liberté qui enivrerait n'importe quel vampire, l 'odeur de Sookie portée au centuple. J 'en suis certain maintenant: ce sont les fées qui l 'ont amenée. Reste à trouver un moyen de la faire revenir, ce qui s'annonce compliqué, puisque cette espèce a pris toutes les précautions nécessaires afin de se préserver de la mienne.
Peut-être devrais-je tenter de répertorier tous les télépathes se trouvant sur le sol américain puis les draîner un-à-un pour trouver un hybride? Aussitôt formulée, cette option me paraît grotesque. Ou bien, peut-être devrais-je enquêter auprès du Dr Ludwig pour voir si, par hasard, elle n'aurait pas de fées parmi sa clientèle? Mais je crois déjà connaître la réponse. Je devrais en tout cas placer son frère sous surveillance, après tout, c'est une sorte d'hybride lui aussi et il est possible que les fées s'intéressent à son cas, quoique j 'en doute.
Cette succession d'impasses m 'horripile. Mon éducation viking m ' a appris à ne jamais subir le destin: je suis un combattant, un être libre qui décide de mon sort . Il ne devrait rien exister que ma volonté ne puisse modifier. Soudain, je me retrouve devant la maison de Sookie. C 'est probablement en ce lieu que se trouve la solution à mon problème. Sookie est viscéralement attachée à son foyer, à ses racines. Il est possible qu 'elle n 'ait pas envie de jouir trop longtemps de son séjour à Fairyland. Elle ressentira le besoin de retrouver sa maison, ses amis. Si elle est partie de son plein gré, elle reviendra d'elle-même. Et si on la retient de force, je souhaite par expérience bon courage à ses geôliers.
Assis sous le porche, je me laisse envahir par le fantôme de sa présence. Son odeur hante mes narines comme le goût de son sang le rebord de mes lèvres. Les courbes de son corps se dessinent devant mes yeux et je cherche à retrouver l 'intensité de toutes ces émotions que je croyais presque éteintes et qu 'elle a su rallumer en moi, tel un feu embrasant les ténèbres: curiosité, surprise, exaspération, désir, fébrilité... L 'espoir que je n 'avais pas encore épuisé ce que le temps pouvait m 'offrir.
Et à cette pensée, pour la première fois depuis des centaines d' années, je vis la nuit s'aviver.
Pam regarde l´horaire. Il est déjà 4 heures du matin. Où est-il? Elle tape sur le bar avec la nervosité. Elle espère qu´il va arriver bientôt et lui annoncer qu’il est devenu roi. Elle imagine déjà leur palais, plein de domesticité. Quelle idée magnifique! Mais elle doit avouer qu´il a changé pendant les 2 dernières semaines, ca corrèle avec la disparation de Sookie. Elle ne peut pas comprendre que lui, un grand et vieux vampire, si puissant peut voir des sentiments pour une humaine blonde. La rancoeur l‘envahi. Il est son créateur, son père, son ami, son amant, personne ne peut pas lui le prendre! Il faut le distraire. Elle va s´occuper de ça et il va oublier cette blondinette.
La porte claque, Eric entre dans le bar.
- Alors, comment ça s´est passé? J'espère, que tu es le nouveau roi! J´ai pour toi un petit cadeau! AB – enveloppé dans la jeune fille avec les yeux bleues, là, la brune, comme tu les préfère!
Eric fusillade Pam avec un regard glacial. Oops, ça ne s´est pas bien passé, traverse l´esprit de Pam. L’AB- s’approche du viking, a la fois impatiente et inquiète.
- Va-t-en! Hurle Eric en hypnotisant la jeune fille.
Le silence s´établi dans la pièce.
- Tu t´es plié devant Compton! Non, je ne peux pas le croire! Je ne vais pas l´obtempérer!! Jamais! Je refuse!
- Arrête de jouer ce théâtre! J´en ai marre. Tu es ma progéniture et je t´ordonne d´avoir le respect envers ton roi, même si c´est Bill.
- Eric, je ne te reconnait pas! Ou est ta fierté? Ta puissance? Mais je le sais, c´est a cause de Sookie. Elle t´a complètement changé, tu es fou!
- Moi? C´est toi, qui se comporte comme un petit enfant qui n´a pas son jouet préféré! J´ai pensé que tu étais plus maligne! Hélas, je vois que ce n´est pas le cas. Tu me déçois. Bill n’est qu’une marionnette: qu’il se tape le sale boulot, Ça m’arrange! Il ne nous fera pas de problèmes de toute façon, je m’en suis assuré. Et puis, j’ai d’autres choses à faire, moi!
- Mais mon maitre…balbutie Pam.
Eric quitte déjà le bar en claquant le porte. Il prend son envol et pousse jusqu’à l´Océan Atantique. Là, survolant les flots noirs, il songe aux changements dans sa vie, ceux du passé si douloureux , ceux du présent si tourmentés, ceux du futur si incertains.
- Godric, j´aurais tellement besoin de toi dans ce moment... murmure-t-il le visage triste.
Sam n'en croit pas ses yeux. Il a beau compter et recompter, il est sur la paille, son compte bancaire est à sec. Sam se demande s'il n'a pas eu finalement tort de prendre son frère, Tommy, en pitié et payer tous les frais médicaux. Ça lui coûtait une fortune et tout ça parce qu'il s'était senti coupable d'avoir tiré sur son voleur de frère.
- Putain, je vais le tuer ce crétin ! Fulmine Sam à voix haute assis derrière son bureau du Merlotte's. Je l'ai appelé il y a deux heures et il n'est pas encore arrivé ! Qu'est ce qu'il fout encore ?
Sam est sur le point de se lever de sa chaise lorsqu'il reconnaît la voix de son cher petit frère résonner dans le couloir de service du bar. Il attend patiemment que des coups soient donnés à sa porte pour faire entrer Tommy et lui faire comprendre qu'il n'est pas la poule aux œufs d'or.
Mais évidement non, Tommy ne frappe pas à la porte, Tommy entre directement dans la pièce, le sourire aux lèvres et l'air de ne pas y toucher.
- Qu'est ce que tu as fait pendant tout ce temps ? Ça va faire deux heures que je t'ai demandé de venir ! Attaque Sam sans même prendre la peine de saluer Tommy.
- Quoi ? Tu m'as dit de venir, je viens ! Ma jambe commence à aller mieux, au fait ! Ironise le petit blessé.
- Ta jambe ?! Parlons-en de ta jambe ! C'est quoi l'histoire ? Tu crois que j'ai des mille et des cents à te fourguer pour te soigner ? C'est quoi tout ça ? Rage Sam en balançant à travers la pièce son relevé de compte bancaire.
Tommy regarde impassible les papiers voler à travers le minuscule endroit que Sam ose nommer « bureau » et se rappelle vite fait les conseils avisés que lui a donné Maxine avant de rentrer dans le bar. Ne hausse pas le ton qu'elle lui a dit. Sois poli avec lui. Laisse-le te dire que tu abuses mais ne t'excuse pas ! C'est lui qui t'a fait ça, alors c'est lui qui paye ! En voyant le comportement de Sam, il ne peut s'empêcher de penser que pour une fois la vieille mégère lui a donné de bonnes indications.
- Désolé Sam, je ne connais pas les tarifs, les docteurs me disent ce qu'il faut que je fasse alors je le fais. Argumente Tommy d'un air faussement contrit.
- Tu as vraiment besoin d'une infirmière à domicile ? Mme Fortenberry ne peut pas le faire ? Je suis sûr qu'elle en serait ravie ! Et l'aide ménagère ? C'est pourquoi ? Maxine ne peut plus marcher elle aussi ? Curieux, vu que c'est elle qui te trimbale partout en ville !
- Maxine est fatiguée, Sam. Je crois bien que je lui donne beaucoup de travail. Elle passe son temps à me chouchouter alors des fois...et ben...elle traîne la patte. Réponds Tommy en se laissant choir dans le fauteuil qui fait face à Sam.
- Oh ! Pauvre bonne femme ! Elle est fatiguée...et donc, je paie, c'est ça ? En gros, je t'empêche de me voler tout le fric de mon bar et il faut en plus que j'arrose tout Bon Temps avec le peu de pognon que je gagne ?
Sam se sent tout à coup épuisé par la situation et par la relation qu'il entretient avec son frère. Fatigué, énervé, Sam ne sait plus quel sentiment doit prendre le dessus alors il se lève de son fauteuil et arpente la pièce se demandant comment il va bien pouvoir tourner sa phrase. Se décidant pour le début, Sam se plante au milieu de son bureau et se lance :
- Écoute Tommy, je ne sais pas quoi te dire. Je sais que je n'aurais pas dû te tirer comme un lapin et tu sais que tu as fait une grosse boulette en voulant prendre la caisse mais là...tu me mets à poil, je ne vais pas pouvoir continuer à assumer les soins si tu...enfin, tu ne te rends peut être pas compte mais ça fait sacrément cher pour moi. Je n'ai pas les moyens pour tout ça. Dit Sam en désignant l'attelle de son jeune frère.
- Qu'est ce que tu veux que je fasse ? J'en ai besoin si je veux guérir ! On n'est pas dans j'sais pas quel livre de bit-lit à Maxine, j'vais pas guérir en me transformant. Marmonne Tommy.
- Quoi ? Demande Sam interloqué. Maxine lit ce genre de livre ? Je croyais qu'elle détestait les cess ?
- Elle les déteste ! Mais elle dit que c'est plein d'histoires d'amours et de beaux mecs ! Elle m'oblige à apprendre à lire dessus et je peux te dire que c'est à gerber les conneries qu'il y a dedans. Pouffe Tommy en regardant son frère qui a la bouche grande ouverte, éberlué par cette stupéfiante révélation.
- J'adore ! Elle passe son temps à pester comme une dingue contre tout ce qui sort de l'ordinaire et elle s'enfile ces mièvreries ?
C'est plus fort que lui, Sam oublie un instant le pourquoi de la visite de Tommy et se lance dans une grande crise de rire, imaginant Maxine se passionner pour les aventures amoureuses d'une humaine évoluant parmi les créatures surnaturelles. Sam n'ose même pas se demander si Maxine en vient jusqu'à s'imaginer être elle-même l’héroïne d'un de ces bouquins. Même si elle s'identifie, aucun cess ne voudrait d'elle ! Sam est alors rejoint par Tommy dans son hilarité et tous deux ont bien du mal à se calmer.
- Putain ! J'ai mal au bide! Rigole Tommy.
- Ah ah ah ! Je te plains vraiment mon vieux ! A Noël, offre-lui un livre de Charlaine Harris, il paraît que c'est la meilleure dans le genre.
- Mouais...et ben à Noël, j'espère que j'serais plus chez elle surtout! Et pour ça, faut que je me soigne si tu vois ce que je veux dire ? Relance Tommy.
Le sourire de Sam disparaît alors d'un coup lui rappelant ses comptes dans le rouge et l'appel de la banque reçu plus tôt dans la mâtinée.
- Oui, faut que tu te soignes mais comprends que tu ne peux pas avoir le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière par dessus le marché!
- Le sourire de la crémière ? C'est pas comme ça qu'on dit...
- Non, non ! Je sais ce qu'on dit ! Pas la peine de terminer ta phrase, bonhomme, je connais l'expression ! Arfff, t'en rates pas une, hein ?
Tommy ne prend pas la peine de relever la dernière remarque de Sam préférant en revenir à la discussion et savoir comment faire pour la suite.
Bon et alors on fait quoi ? Questionne Tommy dans l'intention d'en finir.
- Et bien, on fait qu'on va parler à Maxine et voir si elle ne veut pas jouer à l'infirmière. Répond Sam en se levant pour rejoindre la salle.
- Ne me dis pas que tu vas lui demander de porter l'uniforme, hein ? Se moque Tommy, grimaçant en se levant à son tour.
- Tiens, et pourquoi pas ?! Sexy la mère Maxine ! Hoyt en ferait une jaunisse ! Déclare Sam hilare en soutenant son frère par le bras.
Tous deux rejoignent alors la salle du restaurant pour retrouver Maxine, se calmant difficilement de leur vison d'une Maxine déambulant en petite tenue moulante et bas résille.
Mais au moment où ils approchent de sa table, leur fou rire reprend de plus belle en constatant que Maxine vient de passer le temps en compagnie d'un livre d' Anita Blake...
Ce soir je devais retrouver Naomie au bar. On se voyait souvent, apprenant à mieux nous connaître de jour en jour. Elle m’avait trouvé un p’tit studio pas cher et elle m’était d’une grande aide pour chercher du boulot. Pourquoi cette fille faisait tout ça pour moi ? Quelles que soient ses intentions, j’étais contente qu’elle soit là, je me sentais différente auprès d’elle……elle avait cette capacité à me faire complètement oublié Bon Temps et ces enfoirés de vampires. De plus, l’amitié de Sookie me manquait terriblement et pour l’instant Naomie comblait ce vide à la perfection.
Arrivée au bar, je pris ma place habituelle au comptoir.
- Hey, Tara, qu’est-ce que je te sers ? Un gin tonic comme d’hab ? demanda le barman qui commençait à bien me connaître.
- C’est tout à fait ça Joe ! répondis-je en hochant la tête.
Soudain deux hommes firent violemment irruption dans le bar. Le premier faisait peur à voir avec son visage blafard, son sourire sournois et son regard de vautour. Le second était très agité et n’arrêtait pas de frapper ses deux poings l’un contre l’autre comme à l’approche d’une bagarre. Il était évident que le premier était le cerveau du duo et le second la grosse brute sans cervelle.
- Les gars, je vous préviens j’veux pas d’ennuis dans mon bar, lança Joe en sortant une batte de base ball.
- T’inquiètes Joe, on vient juste chercher un pote qu’on a pas vu depuis longtemps ! rétorqua celui que j’avais surnommé Le Sournois.
Ils se dirigèrent tout droit vers un jeune homme au fond de la salle. Celui-ci était petit et tout maigre…..c’est clair que si les deux tcharbés voulaient lui régler son compte il n’aurait aucune chance.
- Je te jure que j’ai l’argent Marty, je vais te payer….j’ai eu une prime et je vais pouvoir payer, hurlait le jeune homme pendant qu’ils l’entraînaient en dehors du bar.
- Ça fait trois mois que tu dis ça Jay ! répondit sèchement Le Sournois.
Une fois sortis, on entendit les coups tombés et le jeune homme crier.
- Tu ne vas rien faire ? demandais-je estomaquée.
- Que veux-tu que je fasse ? Appeler le shérif ? Il a mieux à faire que de venir pour ces deux idiots ! répondit Joe avec une moue navrée.
- De là où je viens on ne laisse pas un homme se faire tabasser sans rien faire, dis-je en me dirigeant vers la sortie.
- Tara, arrête ! Ne fais pas ça ! lança Joe.
Je lui lança un regard lourd de sens avant de franchir la porte du bar.
Je ne mit pas de temps à retrouver le trio…..il suffisait de suivre les hurlements.
- Faut vraiment être des raclures pour s’en prendre à quelqu’un de plus faible que soi ! lançais-je.
- Qu’est-ce qu’elle veut la négresse ? répondit Mr Sans Cervelle.
- Tu n’aurais jamais dû dire ça ! Tu as appuyé sur le mauvais bouton mon pote !
Je pris mon élan et lui envoya un violent coup de genou dans les valseuses.
- Tiens prends ça, tu m’en diras des nouvelles ! dis-je euphorique.
Il tomba à genoux en hurlant de douleur, tombant dans un état léthargique. Ok ça en faisait un de moins, il allait être hors service pendant un moment. Le sournois poussa un cri de rage et se jeta sur moi. Jay, trop effrayé, prit ses jambes à son cou…..génial ! Merci Jay ! Raah la galanterie de nos jours ça ne veut plus dire pfff…
- Crève salope ! cria le sournois les yeux exorbités.
Il était tellement aveuglé par la haine que ses gestes étaient maladroits, c’est pourquoi j’arrivais à esquiver tous ses coups et ça l’énervait encore plus. Le pauvre il était tombé sur quelqu’un de très entraînée ! J’avais passé quasiment toute ma vie à éviter les coups de ma mère.
Je profitais d’un moment d’inattention pour lui envoyer un uppercut à gauche, puis un à droite, puis un autre et encore un autre….jusqu’à ce qu’il soit à terre….j’étais complètement en transe….je ne pensait qu’à frapper….frapper et évacuer toute la colère en moi.
- Euh…je crois qu’il en a eu pour son compte, intervint une voix derrière moi.
Je me figea sans me retourner car j’avais immédiatement reconnu la voix : c’était Naomie. Mon dieu ! Je l’avais complètement oublié avec tout ça. Qu’est-ce qu’elle allait penser de moi ? Je refaisais ma vie, rencontrais des gens sympas et voilà que mes vieux démons réapparaissaient. J’avais tout gâché encore une fois !
- Ça fait longtemps que t’es là ? demandais-je toujours dos à elle.
- Depuis le début oui, répondit-elle calmement.
- Je suis désolé, tu n’aurais pas dû voir ça mais je cherchais juste à aider quelqu’un et puis….
- Tu n’as pas à être désolé ! Tu as été extraordinaire….tu as été whaouh ! la coupa Naomie.
Tara se retourna, croyant avoir mal entendue.
- Hein ?
- Il y a beaucoup de colère en toi, ce n’était pas une question juste une constatation de sa part. Et qui c’est Franklin ?
- Hein ? j’étais tellement chamboulée que j’avais limite perdue l’usage de la parole.
- Tu n’as pas arrêté de crier ce nom quand tu le frappais à terre.
Putain de merde ! me dis-je mentalement. Je ne m’étais pas rendue compte que je criais le nom de ce sale suceur de sang.
- Euh personne….arrivais-je à articuler.
- Allez viens ne restons pas ici !
Elle m’emmena dans sa voiture pour m’aider à me calmer. Je me sentais euphorique et sous le choc mais étrangement j’allais très bien. Je me sentais plus légère.
- Je crois que je t’ai trouvé du travail. Tu vas faire un malheur là-bas ! déclara tout d’un coup Naomie les yeux pétillants de malice.
- Et c’est où là-bas ?
- C’est un endroit où je me rends de temps en temps quand j’ai besoin d’argent. Ça s’appelle La Cage.
- En quoi consiste le boulot ?
- Et bien on va dire que ce que tu as fait ce soir aurait pu servir d’entretien d’embauche. Tu es vraiment très douée. J’ai été très impressionnée.
- Ah oui ? Je n’en revenais pas, cette fille était vraiment étrange. A Bon Temps, tout le monde me prenait pour la cinglée colérique et elle, elle me trouvait impressionnante !!
- Oui, tu veux savoir à quel point ? demanda Naomie avec une voix sensuelle.
Je fronçais les sourcils ne comprenant pas tout de suite ses intentions. Puis Naomie s’approcha et m’embrassa langoureusement. En fin de compte, ce ne serait peut-être pas une amie comme Sookie….
La réunion de la veille avec les shérifs à laisser un goût amer à Bill, il a besoin de s’isoler un peu dans son bureau pour faire une mise au point. Il s’assoit dans son grand fauteuil de cuir noir, en fixant sans les voir, les dossiers étalés prêt à être traités. Il connaît l’animosité que ressentent les shérifs, Nan et surtout Eric Northman envers sa personne. Ils le considèrent tous pour un roi de passage, qui sera mis sur les bancs des accusés, jugés sans le moindre remord ; le voyant incapable de gérer ou de prendre la moindre décision. Ils se trompent tous. Il est bien plus résistant que tout ce qu’ils peuvent imaginer. Sa vie n’a été qu’un perpétuel combat. Humain, il s’est battu pour rester en vie, pendant la guerre, aux milieux de centaines d’âmes qui se sont éteintes. Vampire, il lui a fallu puiser en lui toute la force possible pour échapper à la folie de sa créatrice Loréna. Libre, il a dû survivre seul, puis par la suite prendre mille et une précautions pour jouer son rôle de simple proxénète auprès de la reine Sophie-Anne. Il est passé par des dizaines d’épreuves, ôtant en lui l’espoir, l’envie, l’amour et une bonne partie de son humanité, jusqu’au miracle de Sookie. Dans un mouvement d’agacement, d’un simple revers de la main, il envoie les dossiers s’écraser au sol.
- Qui sont-ils eux pour me juger ? pense-t-il à voix haute.
La solitude le pèse et instinctivement ses yeux se ferment, pour laisser son imagination repartir, vers Sookie, son réconfort, les seuls souvenirs qui peuvent encore le maintenir en vie. Son odeur enivrante, ses doigts de velours caressant son torse, la délicatesse de ses baisers, l’amour qui le faisait se sentir vivant.
Aujourd’hui, il a acquit la certitude, que Sookie est partie près de Claudine, trouver du réconfort loin de sa vie qui l’a si terriblement blessée. Tout est de sa faute il en est totalement conscient, et cette simple pensée, lui arrache le cœur. Pourtant, il est heureux, soulagé qu’elle ne soit plus là. Au moins, loin de lui, elle est en sécurité, la faire passer pour morte aux yeux du monde, lui semble la meilleure solution actuellement.
Après avoir retrouvé un semblant de plénitude, Bill ramasse les dossiers qui jonchent le sol de son bureau. Sur l’un d’eux on peut lire le nom d’Eric Northman. Le roi fronce les yeux.
Eric Northman, il doit bien se l’avouer il le déteste de toute son âme. Lui ce vampire orgueilleux, arrogant, se croyant au dessus de tout le monde, le cœur stoïque à tous sentiments depuis tant d’années. Aucune, once d’humanité le parcourt.
- Et tu te crois meilleur que moi, se moque Bill en reposant le dossier.
Le roi esquisse un sourire, ce viking sera son plus grand défi. Sa petite mise en scène avec lui, la nuit dernière a eu pour effet, de lui faire comprendre que dorénavant, devant lui, Monsieur Northman, devra réagir autrement et le voir comme son roi, et non plus comme un pantin ou l’amant de Sookie dont il aimerait se débarrasser. Son soutient il l’obtiendra, il s’en fait la promesse, son respect et son amitié, il n’en veut pas, à ses yeux cela n’a aucune importance. Chacun de ses gestes sera épié, aucun faux pas ne lui sera pardonné. De son attirance pour Sookie, il doit faire abstraction, même si cela lui est difficile, elle n’est plus sienne, mais savoir qu’Eric espère qu’elle devienne à lui, si elle revenait à Bon Temps, le fait souffrir intérieurement. Pourra-t-il l’accepter ?
Quelqu’un frappe à la porte et sort Bill de sa réflexion.
- Oui entrez !
Une femme entre doucement sans faire de bruit et vient directement se placer près du roi. Une donneuse, voilà ce que Bill a besoin à cet instant précis. Lui qui prônait il y a encore peu les bien faits du True Blood, il retrouve goût à ce liquide chaud, que l’on prend à la source elle-même. C’est une délectation de la première goutte à la dernière. Tout son corps reprend vie, ses sens se décuplent, c’est un soleil qui le réchauffe au milieu de la nuit, sans pour cela exclure totalement le True Blood de son alimentation.
Il remercie poliment la femme avant qu’elle ne sorte. En reprenant les dossiers pour les parcourir, son esprit repart à la soirée passée et notamment vers Nan.
Que cette vampire peut être agaçante. Elle représente l’autorité, du moins en apparence. Depuis qu’elle passe à la télé, elle joue plus son rôle de people qu’autre chose, aveugle à toute menace qui pourrait se présenter, prenant tout avec légèreté.
Ce sera un plaisir pour lui un jour, de lui tenir tête.
Bill le sait, rien ne sera simple. Il doit s’affirmer et faire ses preuves le plus rapidement possible.
A cet instant la voix de Bucky se fait entendre derrière la porte.
- Mademoiselle attendez !
Trop tard pour la retenir, une jeune femme aux longs cheveux bruns, élégante et sûre d’elle entre dans le bureau du roi, qui surpris la fixe de mécontentement.
- Je suis Portia Bellefleur, nous avions rendez-vous, lance-t-elle en prenant place sur un siège face à lui.
Un petit signe de la main du roi, Bucky baisse sa garde et s’éclipse.
- C’est exact ! Mais la prochaine fois, faites vous annoncer mademoiselle Bellefleur, je déteste les intrusions de ce genre.
La jeune femme absolument pas ébranlée par cette remarque, reprend la parole.
- Vous avez besoin d’une avocate et j’ai besoin de reconnaissance, je pense que nous sommes fait pour nous entendre.
- Vous croyez ? demande Bill, en inclinant légèrement la tête.
- Je ne doute pas de mes capacités Monsieur Compton. Et vous ?
Pour la première fois depuis le début de la soirée, Bill sourit. Cet aplomb dont elle fait preuve, n’est pas pour lui déplaire.
- Vous êtes directe !
- C’est mon métier qui veut cela.
- Alors oui, je pense que nous allons pouvoir faire affaire ensemble.
- Très bien. Exposez moi donc votre problème, sans plus tarder.
Après quelques paroles échangées, Bill lui transmet le dossier pour lequel il a fait appel à ses services. Il se lève et la raccompagne jusqu’à la porte. Il va pour l’ouvrir lorsque Portia, plonge ses grands yeux sombres dans les siens, ce qui le déstabilise légèrement.
- Vous êtes l’homme…le vampire le plus puissant de la ville et je suis la meilleure avocate que vous auriez pu trouver. Ensemble, nous allons parvenir au sommet.
L’ambition de cette avocate, surprend Bill un frêle instant. Mais contre toute attente, cette remarque lui ouvre les yeux. Oui, il est le roi et dorénavant, tout ceux qui douteront de lui, devront en répondre. Il regarde Portia s’éloigner avec élégance, un soupçon d’admiration pour elle le traverse. Elle a su en quelques minutes, lui faire prendre conscience de ce qu’il devait faire.
- Cette femme est incroyable, se chuchote-t-il à lui-même, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu dans un regard une telle détermination.
Avant de refermer la porte, il demande à Bucky, de faire venir Katerina dans son bureau.
Il reprend place dans son grand fauteuil de cuir noir et fixe la porte jusqu’à ce qu’il entende les petits toquements derrière.
- Entrez Mademoiselle Pelham.
- Votre majesté, le salut-elle en inclinant la tête. Puis-je vous être utile ?
- Je l’espère oui.
- Un problème avec votre sécurité.
En un mouvement, il se trouve à côté d’elle, plongeant son beau regard bleu dans celui de la jeune humaine.
- Un besoin seulement !
En voyant, la jeune femme se mordiller les lèvres et son regard s’allumer, Bill comprend qu’il n’aura besoin de la charmer, pour obtenir ses faveurs. Son cœur appartient à Sookie, plus jamais il n’aimera une autre femme, mais son corps réclame de la passion. Ce sera désormais deux choses bien distinctes, qu’il ne mélangera jamais. Ses canines se font voir, une nouvelle force l’envahit. Bill Compton restera dorénavant dans l’ombre, le roi de Louisiane, vient de faire son apparition.
Pendant ce temps, au Merlotte's:
Elle observe Andy, une moue indulgente sur le museau. Le shérif est assis dans son box habituel et fixe son verre de bière. La babine retroussée sur une grimace frustrée, son regard vide exprime la subtile philosophie bovine dans toute sa splendeur.
Holly se mord la lèvre, confuse d’avoir eu cette pensée. Andy Bellefleur ne méritait le mépris que la plupart des habitants de Bon Temps lui témoignaient : c’était un homme gentil qui essayait juste de faire son travail du mieux qu’il pouvait. Et puis… elle lui trouvait un certain charme. Bon, quand il n’arborait pas ce faciès de truite argentée, évidement. Elle réprime un petit rire et se recompose un visage avenant.
- Shérif ? vous restez manger ? Lafayette nous prépare un merveilleux Combo ce soir.
Les yeux d’Andy se rallument d’une infime étincelle et il semble retrouver ses capacités intellectuelles.
- Grmf...
Holly fronce les sourcils. Ah non, pas toutes ses capacités visiblement.
- Quelque chose vous tracasse, shérif ?
Andy lève péniblement sur elle un regard suspicieux.
- ça vous intéresse peut-être ?
- Et bien… je n’aime pas vous voir comme ça. J’ai l’impression que vous portez la misère du monde sur vos épaules.
- Je viens d’apprendre que tant que je n’aurais pas retrouvé Sookie, la Louisiane entière allait perdre ses chances d’être honorée de la plaque « Etat sûr ».
- Oh… Et… c’est important ?
- Ça l’est pour moi ! je… j’aurais voulu… pour que ma grand mère soir fière… car elle…
Andy écarquille soudain les yeux en prenant conscience de ce qu’il venait de dire. S’enfonçant encore plus dans sa honte familière, il cache ses mains dans son visage en grognant. Holly penche la tête, navrée. Au lieu de le trouver ridicule de vouloir être la fierté de sa grand-mère, elle trouve ça plutôt attendrissant. Elle se penche vers lui et tapote son épaule.
- Ne vous en faites pas, je suis certaine que vous la retrouverez saine et sauve. Alors ce combo ? demande-t-elle précipitamment pour changer de sujet.
- j’ai pô fin épi n’em pas tambouille vôdou. Marmonne-t-il le visage toujours caché dans ses mains.
Holly décide de prendre ce charabia pour un « peut-être, oui, je vais réfléchir » et part poursuivre son service, le laissant se remettre de sa confusion.
En récupérant ses plats, fumant, exhalant les arômes savoureux et épicés que Lafayette se plaisait à préparer en ce moment, elle lui jette un œil au passage. Il rayonne. Elle s’était beaucoup inquiétée pour lui il y a deux semaines sans toutefois oser s’en mêler : il était tellement sur la défensive ! Quelque chose avait changé chez lui au même moment que la disparition de Sookie. Elle avait été la seule à s’en rendre compte apparemment au Merlotte’s, tous étant obnubilés par le sort de sa collègue, mais elle était habituée. Elle avait cette capacité à percevoir les auras des personnes lorsqu’elles subissaient un grand changement et c’est pour mieux comprendre ce phénomène qu’elle avait commencé la pratique Wicca.
- Tu es en forme, Lafayette, ça fait plaisir à voir ! commente-elle joyeusement.
La bonne humeur du cuistot était contagieuse apparemment et ce n’est pas elle qui s’en plaindra !
- Il est amoureux, qu’est ce que tu veux. Explique une voix douce près d’elle.
Elle tourne la tête et découvre Jésus encore en tenue de travail qui s’installe au comptoir. Elle lui adresse un grand sourire auquel l’infirmier répond d’un clin d’œil.
- La mythomanie est une maladie grave, pétasse. Tu devrais consulter je pense. Grimace Lafayette, moqueur.
- Tu vois, par exemple, ce soir, il ne cèdera pas à son envie habituelle de substances illicites…
- Il fabule…
- Préfèrera manger un peu de ses délicieux petits plats en ma compagnie…
- Il délire…
- Et il passera une vrai bonne nuit de sommeil…
- Si seulement…
- Après quelques heures de sport intense…
Lafayette ouvre la bouche mais là, curieusement, ne commente pas. Il préfère retourner se concentrer sur ses fourneaux son sourire amusé cachant mal son trouble. Heureusement que sa couleur de peau masquait son fard. Mince alors, Jésus avait le don de le mettre dans tous ses états d’un simple regard.
- ça, c’est la recette pour la grande forme. Conclu Jésus, ravi de lui avoir cloué le bec.
Il remercie d’un geste de la tête Sam qui lui a servit sa bière habituelle et regarde Holly.
- Toi aussi tu as l’air en forme.
- Merci. C’est que m’on service fini bientôt.
- Et ? soirée spéciale aujourd’hui ?
- On peut dire ça, oui.
- Ah… Enfin un homme chanceux a retenu ton attention ?
Holly hoche la tête avec un grand sourire. Jésus était si charmant. Lafayette en avait de la chance !
- Un nouveau cercle de Wicca vient de se former à Shreveport. J’y suis allée la semaine dernière et là, je m’impatiente d’y retourner. Bon, il nous manque encore un guide digne de ce nom... Mais le groupe est sympa.
Jésus se fige un instant. Holly lui adresse un sourire entendu.
- Si un jour tu es tenté, accompagne-moi. Ton… aura est si forte, Jésus. Le groupe aimerait surement profiter de ton expérience.
- Qu… ? Quoi ? qu’est ce que tu veux dire ?
La jeune femme le sonde d’un regard perçant sans se départir de son sourire.
- Tu le sais très bien. Mais quand tu en auras envie seulement.
- Magie ?
- Blanche bien sûr.
Jésus fait une petite moue pensive.
- Pourquoi pas, je vais y réfléchir.
- Quand tu veux.
Et la jeune femme retourne à son service décidément de très bonne humeur.