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Sookie a disparu

Série : True Blood
Création : 12.10.2011 à 15h59
Auteur : maria91 
Statut : Abandonnée

« Cet épisode virtuel se déroule après la fin de l'épisode 312: il fait nuit, Bill attaque la reine, Eric prend sa douche, Sam tire sur Tommy et Sookie disparait... » maria91 

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La nuit vient de tomber et Jason a un besoin urgent d’alcool. Il ne veut pas resombrer et redevenir le Jason qu’il était avant – avant la mort d’Amy, avant d’apprendre que son meilleur ami est un tueur en série, avant de rentrer dans la FotS – mais il a besoin d’oublier, juste pour une nuit.

 

Il est assis seul au bar du Merlotte’s où, pas loin, Holly discute avec Andy qui n’a pas l’air très à l’aise. Quand il ira mieux, Jason se promet de donner quelques conseils à son futur supérieur et lui apprendre à avoir une conversation normale avec une femme.

 

Son verre de whiskey posé devant lui, Jason se met à repenser aux femmes qui ont compté dans sa vie.

 

Il n’a pas beaucoup de souvenirs de sa mère mais il en garde de bons. La fois où ils ont été déjeuner en tête à tête la veille de ses 6 ans, la fois où elle l’a consolé alors qu’il venait de se disputer avec Hoyt, les histoires qu’elle lui racontait avant de s’endormir… sa mère était une femme bien, aimante, souriante et tendre.

 

Puis Gran a pris sa place et l’a éduqué. Il sait qu’il n’a pas toujours agit comme elle voulait, il lui a souvent causé des crises de panique, l’a inquiétée, a trop souvent fait la fête, s’est intéressé aux filles plutôt qu’aux études… mais elle l’a toujours aimé, a pris soin de lui, l’a poussé à devenir meilleur, lui répétait sans cesse qu’un jour il sera fier de lui et qu’elle l’est.

Sa mort l’a attristé plus qu’il ne l’a montré. Il a eu l’impression de perdre sa deuxième mère.

 

Sookie a aussi toujours été présente pour lui. Malgré leurs disputes et désaccords – notamment sur les vampires – il aime sa sœur et elle lui manque terriblement. Ne pas savoir où elle est, se poser des questions, ne pouvoir rien faire le rend fou et il se sent impuissant.

Après le drame à l’hôtel Carmilla, il a partagé un moment très complice avec sa sœur. Se confier et la retrouver lui a fait du bien et il aimerait la revoir, lui dire qu’il l’aime et que quoi ou qui qu’elle choisisse, il sera toujours là pour elle et la protègera.

 

Maintenant ses pensées le ramènent vers elle… Jason se demande comment tout a pu arriver si vite. Il a fait la connaissance de cette fille formidable. Elle le comprenait, l’aimait comme il était avec tous ses défauts, lui a appris ce qu’était l’amour. Avec elle il imaginait un futur où tout serait parfait, où ils vivraient heureux mais ce bonheur ne dura que quelques jours… jusqu'à ce que le pire arrive.

 

Avec son arrestation, il n’a même pas eu le temps de faire son deuil.

 

Jason est à présent seul et triste. Autour de lui, chacun a ses propres problèmes ou moment de bonheur et personne ne se soucie de lui ; personne ne se rend compte qu’il souffre en silence et qu’il a besoin de réconfort.

En perdant Amy, c’est son monde qui s’écroule. Elle le rendait meilleur et sans elle, il n’a plus de raison d’exister, de se lever chaque matin un sourire aux lèvres.

 

Toutes les histoires d’amour commencent bien mais Jason se dit qu’il avait raison de ne vivre que des histoires sans lendemain parce que toutes les histoires d’amour ont une fin tragique et font souffrir alors pourquoi être heureux si c’est pour ensuite finir encore plus malheureux ?

 

Certes, il a connu Sarah et Crystal mais il n’a jamais aimé comme il a aimé Amy.

 

Un peu plus loin, du côté du service, Holly discute à présent avec Jesus. Il ne peut entendre leur conversation mais pourtant, à voir leurs visages, ils ont l’air de discuter avec amabilité  et Holly lui semble être une jeune femme charmante et gentille, qui donne le sourire aux autres rien qu’en leur parlant.

 

Jason sait ce qu’il lui reste à faire. Il éloigne le verre de whiskey et s’en va d’un pas décidé, prêt à tout pour devenir un homme dont sa mère et sa grand-mère seraient fières. Il va passer le concours pour devenir shérif et, comme promis à Crystal, va prendre soin des habitants de Hotshot. Il va se montrer responsable et agir enfin comme un homme.


maria91  (07.02.2012 à 18:20)

Je la repousse gentiment pour ne pas la vexer.

- Euh….c’était quoi ça ?
 Je demande, perplexe.

Un baiser je crois, se moque-t-elle. Ecoute, je ne vais pas y aller par quatre chemins et je vais répondre à toutes les questions qui doivent fuser dans ta tête en ce moment, ajoute-t-elle très sérieusement. Premièrement, oui je suis lesbienne. J’ai été violée par mon beau-père quand j’avais 10 ans et depuis ce jour-là j’ai tiré un trait sur les hommes. Deuxièmement, oui tu me plais….énormément, dit-elle en me déshabillant du regard. Troisièmement, oui je sais que tu n’es pas homo….ne me demande pas comment je le sais ça crève les yeux c’est tout !

- En effet, je ne le suis pas... Attends, c'est pour ça que tu m'aides autant, c'est parce que tu espères en retour que....

Oula je t'arrêtes tout de suite ma belle, me coupe-t-elle. Je n'attends absolument rien de toi. J'ai juste pensé qu'il était temps de t'avouer que j'espérais plus que de l'amitié avec toi. Cela ne changera rien dans mon comportement.

- Ok. Je suis désolé mais je suis plutôt branché mec.

- Ne t'excuses pas, j'ai tenté ma chance et je me suis pris un revers. Si j'avais dû m'apitoyer sur mon sort à chaque fois que ça m'est arrivé, je me serais tirée une balle depuis longtemps! dit-elle en rigolant. Mais j'avoue que je te pensais plus ouverte que ça......enfin moins coincée...

Je réplique immédiatement, sur la défensive:

- Pfff je ne suis pas coincée!  J'aime les pénis, je ne vois pas en quoi ça fait de moi une coincée! Le sexe avec les hommes il n'y a rien de mieux et j'adore ça!

- Vous les hétéros, on dirait que vous vouez un culte au sacro saint pénis! Mais je peux te dire que le sexe entre femmes ça c'est puissant et intense car il n'y a qu'une femme pour savoir ce qu'une autre femme aime, dit-elle en me regardant droit dans les yeux.

Là, elle m'a cloué le bec. Est-ce que je suis vraiment en train de discuter de ça avec elle? Ma nouvelle vie s'avère être vraiment inattendue. Entre temps, nous étions arrivées devant chez moi. Elle se gare dans mon allée.

- Je te laisse méditer là-dessus Toni. Demain soir, je vais à La Cage. Tu sais l'endroit dont je t'ai parlé?

Je hoche la tête.

- ça te dit de venir? Peut-être qu'on pourra tenter une impro si tu es d'attaque, me taquine-t-elle.

- Ok je viendrais.

Elle me tend un flyer avec les coordonnées de l'endroit en question et redémarre la voiture pour repartir. Je lui fait un signe de la main et attend de ne plus voir la voiture avant de rentrer chez moi.

Une fois rentrée, je me fais couler un bain puis laisse la chaleur de l'eau m'envahir. Je suis encore toute chamboulée par la conversation que j'ai eue avec Naomie. J'effleure ma bouche du bout des doigts et me met à penser à son baiser. Sa langue était douce, beaucoup plus douce que toutes les langues que j'avais connues. Je me demande si les langues de toutes les femmes sont aussi douces. Y'avait pas à dire c'est vrai qu'elle embrassait très bien.....d'ailleurs je me rend compte que je ne l'avais pas repoussé immédiatemment......le baiser avait quand même duré quelques secondes. Instinctivement, je passe ma langue sur ma lèvre inférieure pour goûter le sel qui s'y était déposé. La sensualité de ce geste me fit frissonner de la tête aux pieds, je laisse ma main s'attarder sur ma poitrine puis descendre plus bas au creux de mon intimité. Je n'arrête pas de repenser à sa dernière phrase "il n'y a qu'une femme pour savoir ce qu'une autre femme aime". Tout d'un coup, de l'eau s'engouffra dans ma bouche....avec tout ça je ne m'étais pas rendue compte que j'avais glissé progressivement vers le fond de la baignoire. Je secoue la tête et m'asperge d'eau froide pour me remettre les idées en place. Mais qu'est-ce qu'il m'arrive bordel? Pourquoi j'avais pensé à Naomie? D'habitude je pensais à un homme quand je faisais ça. Je tente de me rassurer en me disant que c'était à cause de la chaleur de l'eau et qu'en ce moment j'étais un peu paumée. Je sort du bain et part me coucher en me répétant inlassablement la même rengaine : j'aime les hommes, j'aime les hommes, j'aime les hommes......!

*****************

 Le lendemain matin je me lève du pied gauche. J'ai très mal dormi, mes rêves avaient été peuplés de phallus géants essayant de m'attaquer. Fallait-il y voir un signe?

J'ai ensuite passé la journée à tenter de m'occuper un maximum pour m'éviter de penser à Naomie et à "l'incident" dans la salle de bains.

Puis je me prépare pour me rendre à La Cage. J'ai hésité une bonne dizaine de fois devant mon téléphone pour annuler mais je n'avais pas vraiment le choix, j'avais grand besoin d'argent.

Arrivée sur les lieux, je vérifie deux fois l'adresse sur le flyer croyant m'être trompée. L'endroit est glauque de chez glauque......vieil entrepôt désaffecté.....carcasses de voitures brûlées sur le parking. Allez Tara, tu n'vas pas te dégonfler putain....t'as vu pire que ça! me dis-je intérieurement pour me donner du courage. Tu n'es plus la Tara qui a peur de son ombre.....tu es Toni : une femme forte qui n'a peur de personne. C'est pour ça que j'avais choisi ce prénom. Je voulais un prénom qui signifiait que j'étais une dure à cuire et qu'il ne fallait pas venir me chercher des noises. Inspirant une grande bouffée d'air, je me dirige droit vers l'entrée.

Une fois entrée, je découvre pourquoi on appelait cet endroit "La Cage".....Il y avait une immense cage au milieu de l'entrepôt où deux personnes se battaient. Autour, des centaines de personnes hurlaient le nom de leur champion et un peu plus en retrait on pouvait voir les parieurs s'affairer. Bordel! Dans quelle merde je me suis encore fourrée! m'exclamais-je intérieurement. Je m'apprête à partir lorsqu'une main me rattrape.

- Ah te voilà! Je commençais à croire que tu n'allais pas venir, dit Naomie. ça va bientôt être à mon tour, il faut absolument que tu vois ça!

Je n'ai plus d'échappatoires. Elle m'entraîne vers un siège près de la cage et se met en position pour faire son entrée.

- Mesdames et messieurs, voici maintenant deux combattantes redoutables : Naomie la Furieuse à ma droite et Cathy la sadique à ma gauche, annonça l'animateur du show.

Je regarde Naomie se battre. Elle est très douée pour quelqu'un de son gabarit. J'entend les gens parier des sommes astronomiques sur elle......même toutes les serveuses du Merlotte réunies ne se faisait pas ça en une soirée!!

Naomie envoit au tapis son adversaire en peu de temps, déclenchant l'euphorie de la foule.

- Et la gagnante est : Naomie la Furieuse! Qui veut se mesurer à elle? Qui? Allez bande de lopettes.....venez affronter notre championne! hurle l'animateur.

- Moi, dis-je en me présentant devant la cage.

Naomie me lance un regard impressionné et rempli de malice.

- Toi? Je ne t'ai jamais vu ici, déclare l'animateur avec méfiance. Quel est ton nom de scène?

- Je m'appelle Toni......Toni l'Enragée! répondis-je férocement du tac au tac. Ne me demandez pas comment j'avais trouvé ce surnom, les mots sont sortis tout seul!

- Ok Toni l'Enragée. Bon courage à toi la nouvelle! Voyons voir ce que tu as dans le ventre!

La foule se tait durant quelques secondes, dans l'attente de voir qui va mettre le premier coup. Et ce fut moi, un bel uppercut à droite.

La spécialité de Naomie était les cascades et pirouettes en tous genres, c'est pour ça qu'elle était tellement populaire auprès du public. Après un salto arrière, elle se retrouve à califourchon sur moi. Elle me lance un regard à faire fondre la banquise et presse fermement ses cuisses autour de moi. Je suis déstabilisée durant quelques secondes et remercie le seigneur d'avoir la peau noire sinon elle aurait vu que mes joues étaient écarlates. Elle profite de ma gêne pour me faire une clef de bras. Aïe la garce, elle n'allait pas s'en tirer comme ça! Je la retourne comme une crêpe et la balance sur le côté en poussant sur mes jambes. Elle se redresse rapidement et me fonce dessus. Je me retrouve les jambes autour de sa tête, une position très suggestive étant donné que son visage n'est qu'à quelques centimètres de mon entre-jambe.

- Tu te sens bien dans cette position? la taquinais-je.

Elle émet un son guttural rempli de désir. J'ai quand même réussi à détourner son attention, ce qui me permet de me dégager. Elle me rattrape violemment par le t-shirt, ce qui eu pour effet de le déchirer....laissant entrevoir mon soutien-gorge. Elle me déshabille du regard en se mordillant la lèvre inférieure. Elle était sans aucun doute très excitée par le combat.....ce que je ne comprenais pas c'est pourquoi moi aussi je l'étais. Notre combat se poursuivit sur le même ton : enchaînant position suggestive sur position suggestive,.....Ce fut elle qui remporta le combat. J'étais épuisée et j'avais mal partout......je n'avais pas l'impression d'avoir mener un combat mais plutôt une sorte de parade de l'amour très violente!! Le tenancier me donna mes gains, soit environ 500 dollars, et me félicita pour ma prestation. Faut dire que notre "prestation" avait beaucoup plu à la gente masculine......il ne manquait plus que le bain de boue et on aurait atteint des sommets!

Je sort dehors afin de prendre l'air. Je suis vite rejoint par Naomie. En voyant son regard, je sais tout de suite quelles sont ses intentions et cette fois-ci je ne fait rien pour l'en empêcher.....


bloody49  (14.02.2012 à 18:50)

Ça va faire bientôt un quart d'heure qu'Alcide observe du coin de l’œil Debbie qui lui semble nerveuse et agitée. Attablé devant son premier café du matin dans la cuisine, Alcide voit bien qu'elle ne tient pas en place plus de deux secondes, balayant, nettoyant et récurant tout ce qui lui tombe sous la main.
Il ne sait pas bien ce qu'il doit faire : doit-il se lever pour la calmer ? Doit-il faire comme si de rien n'était ? Il n'en a aucune idée car il craint les réactions imprévisibles de Debbie. Elle peut tout aussi bien se mettre dans une colère noire ou sombrer dans une crise de larme sans fin. Les conséquences de l'arrêt du V...

Tout en continuant son analyse discrète, Alcide réprime le profond soupir qu'il sent monter en lui.

      -Chérie, tu veux bien te calmer un peu, s'il te plaît ? Demande doucement Alcide par peur de la crise qu'il sent venir de plein nez.

      -Quoi ? Je fais le ménage ! C'est une vraie porcherie c'te baraque ! Répond Debbie sans cesser de briquer le plan de travail de la cuisine déjà immaculé.

      -C'est propre déjà ma puce. Tu veux me dire ce qu'il ne va pas ? Ça a l'air dur pour toi ce matin ?

Debbie pose alors l'éponge dans l'évier et se tourne vers l'homme qu'elle considère comme le pilier de son existence, son sauveur et son amour.

      -Oui, c'est dur. Je tremble et j'ai l'impression d'avoir des sueurs froides dans le dos. Debbie regarde la paume de ses mains et ajoute dans un murmure :

      -J'ai les mains moites.

Alcide se lève alors de sa chaise et déploie son mètre quatre-vingt dix gracieusement pour venir prendre Debbie dans ses bras pour tenter de la tranquilliser.     

        -Ça va aller ma puce. Tu te montres forte depuis le début. Je suis très fier de toi. Tu es parfaite ! Dit -il en déposant un léger baiser sur le front de Debbie.

Debbie sent la chaleur et la force d'Alcide à travers son étreinte et se sent tout à la fois soulagée par le soutien qu'il lui montre et honteuse de ce qu'elle lui cache depuis son réveil.
Elle se dit qu'il faudrait qu'elle parle à Alcide de ce qu'elle a découvert ce matin dans le journal mais elle n'ose pas, elle a peur.
Peur d'elle même. Peur de la réaction qu'aura Alcide quand il apprendra ce qu'elle se doit de lui dire.

Suivant sa réaction, elle sait pertinemment qu'elle montera dans les tours en moins de deux. Mais en même temps, plus longtemps elle gardera ça pour elle, plus Alcide risque de se mettre en colère et plus les chances d'une prise de bec augmenteront.

Debbie enfouit sa tête plus profondément au creux de son homme et respire une dernière fois l'odeur musquée et sauvage que son beau brun dégage.

       -Je ne suis pas parfaite, Alcide ! Je suis égoïste, jalouse et rancunière ! Je suis possessive et je ne partage pas !

En entendant les paroles de Debbie, Alcide ne peut s'empêcher de lever les yeux au ciel. Combien de fois auront-ils encore ce débat tous les deux ? Combien de fois devra-t-il encore tenter de la rassurer en lui redisant toujours les mêmes mots ?

    -Il n'y a que toi qui compte, Debbie. Je suis là pour toi et rien que pour toi ! Faudrait quand même que tu arrives à te rentrer ça dans le crâne, petite louve !

    -Alors pourquoi j'ai peur de te parler de ce que je sais ? Dit-elle en levant les yeux vers le beau visage de l'homme qu'elle chérie tant.

    -Quoi ? Demande Alcide en se disant que c'est bien la première fois qu'elle lui sortait un truc comme ça. Qu'est ce que tu sais ?

    -Je vais te le dire mais promets moi d'abord que tu ne vas pas partir en courant pour jouer à Superman version poilu.

    -Hmm, Superman version poilu ? D'une, je n'ai rien de Superman et de deux, je n'ai pas fini mon café alors où veux-tu que j'aille ?

    -Chercher Sookie !

    -Sookie ? Et pourquoi j'irai la chercher ?

Et voilà ! Sookie revient encore dans l'histoire ! Avec Debbie, c'est Sookie, un jour... Sookie, toujours ! Toujours à ressasser les mêmes querelles ! Alcide ne comprend pas le besoin qu'à Debbie de toujours vouloir ruminer les mêmes rancœurs.  

    -Arrête de me parler d'elle, Debbie !

    -Pff...j'aimerais bien, crois moi mais là...

Debbie s'écarte d'Alcide et lentement comme si elle portait le poids du monde sur ses épaules part récupérer son éponge pour nettoyer le plan de travail de la cuisine...encore...

    -Mais là, faut que tu lises le journal. Finit-elle par dire une fois son activité reprise.

L'angoisse n'a pas mis longtemps à monter. Alcide n'ose même pas demander pourquoi il doit lire le journal ni même ce qu'il doit y lire.

A quoi pense-t-on quand les gens disent de faire ce genre de chose ? Surtout avec le ton qu'a employé Debbie. Paralysé par le doute, Alcide regarde le dos de Debbie en attendant qu'elle ajoute quelque chose, n'importe quoi mais quelque chose qui lui montrerait, et vite, que ce n'est pas ce qu'il croit.

Finalement, les nerfs usés par les tergiversations de Debbie, Alcide commence à perdre patience et sent un lourd grognement monté de ses entrailles.

    -Parle ! Ordonne-t-il.

Saisie par l'ordre d'Alcide, Debbie lâche son éponge et se tourne vers lui, le visage fermé, la colère brillant dans ses prunelles.

    -T'as qu'à lire le journal ! Il est sous les coussins du canapé ! Moi, je vais laver la salle de bain !

Et au pas de charge, raide comme un piquet, Debbie quitte la cuisine sans un mot de plus et sans se retourner. Elle le savait. La colère allait la prendre ! Elle savait que sa jalousie allait prendre le dessus à la seconde même où elle prononcerait le nom de Sookie. Ce que Debbie n'avait pas supporté c'était l'odeur d'angoisse qu'Alcide avait dégagé quand Debbie avait commencé à parler.  Sookie...Debbie se prit à espérer que celle-ci ne réapparaîtrait jamais plus !

Pendant ce temps, Alcide n'avait pas bougé d'un pouce, planté désormais seul au milieu de sa cuisine embaumant le détergent. Redoutant la rubrique nécrologique, Alcide n'ose pas aller jusqu'au salon et soulever les coussins pour y prendre le journal. Le fait que le journal soit caché ne l'a même pas interpellé tant il est secoué et inquiet.

Tentant de rassembler un semblant de courage, Alcide cligne des yeux et se met en pilote automatique jusqu'à se stopper devant son large canapé écru dans lequel il aime tant se vautrer d'habitude.

Dans un soupir plein d'amertume, Alcide balance alors sans ménagement les coussins découvrant ainsi le journal et sa première page sur laquelle figure...la photo de Sookie.

Belle et souriante, Sookie, fixant l'objectif, semble épanouie sur le cliché. Après avoir examiné la photo pendant une bonne trentaine de secondes en silence, Alcide remarque alors le titre de l'article encadrant le doux visage de son amie :

« Disparition à Bon Temps, son frère lance un avis de recherche.

Sookie Stackhouse, jeune femme serveuse au Merlotte's et habitante de Bon Temps a disparu depuis plusieurs jours maintenant dans des conditions encore indéterminées et pour le moins inquiétantes.
La police n'étant pour le moment incapable de faire la lumière sur cette affaire, son frère, Jason Stackhouse lance ici un appel à l'aide et invite toutes les personnes susceptibles d'avoir des renseignements de bien vouloir contacter la police de Bon Temps ou de se connecter sur le site internet créé pour l'occasion...»

    -Putain ! Oh, putain ! Pas morte... Disparue! Sookie a disparu? Mais c'est quoi cette histoire ? Lance Alcide légèrement ragaillardi. Connard de vampire ! Qu'est ce qu'ils ont foutu, ces crétins ?

Aussitôt Alcide attrape son téléphone portable dans la poche arrière de son jean et cherche le numéro d'Eric Northman.

-Alors toi, mon pote !



A suivre...


tbtropfan  (22.02.2012 à 09:27)

Alcide écoute le répondeur du grand Northman débiter le message enregistré, attendant avec rage la fin pour y laisser son message et dès que le bip se fait entendre, Alcide rugit :
            - Northman, c'est Herveaux ! Pourquoi j'ai pas été prévenu ? Qu'est ce que vous avez foutu avec Sookie ? Dès ton réveil, appelle-moi !


Alcide coupe la communication et prend les clés de sa voiture en lançant un bruyant au revoir à Debbie qui décape la baignoire pour passer ses nerfs.
Je rentrerai tard ce soir ! Ne m'attend pas ! Dit-il en claquant la porte.

En montant dans son Pick-up, Alcide se dit qu'il n'a pas fini son café, qu'il a quitté la maison en trombe et que Debbie avait raison de penser qu'il filerait à la façon Superman... en direction de Bon Temps !

Alcide roule à vive allure sans se soucier des possibilités de radar ni de contrôle de police. Il n'a qu'une idée en tête : rattraper son retard et savoir de quoi il retourne. Alcide veut apprendre les moindres détails de l'enquête, savoir depuis combien de temps Sookie a disparu, qui sait quoi, qui comment et qui pourquoi ? Alcide veut avoir toutes les réponses aux questions qu'il pose depuis qu'il a appris la nouvelle.

Mais ce qui met le plus Alcide en colère, c'est de ne le savoir que maintenant. Comment un fait aussi important a pu lui passer sous le nez si longtemps ? Les soucis de Debbie l'ont vraiment accaparé ses derniers temps et Alcide est bien parti pour s'en vouloir de ne pas avoir regardé autour de lui.

Vouloir s'occuper de Debbie, c'était ce qu'il fallait faire parce qu'elle en avait cruellement besoin, mais bon sang ! Debbie n'était pas seule au monde !
Alcide, dans ses pensées franchit à toute allure le panneau d'entrée de la ville de Bon Temps pour se rendre chez Jason dont il a trouvé l'adresse en route grâce à son smartphone.

En arrivant chez Jason, Alcide voit une voiture de police garée sur l'esplanade gravillonnée et deux hommes qui discutent avec un blond qu'Alcide, d'après ses souvenirs, identifie comme étant Jason.
Parfait ! Comme ça il fera une pierre deux coups, lui qui avait l'intention de faire un tour par la case commissariat...plus la peine !

Sortant en claquant violemment la porte de son véhicule, Alcide fonce à la rencontre de Jason, Andy et Kevin.

    -Bonjour messieurs... Jason. Dit-il en leur adressant un mouvement sec de la tête.   

   -Ah oui, je te reconnais toi ! On s'est vu l'hosto quand Sookie...enfin quand Bill...c'est ça ?

    -Oui, voilà, c'est ça ! Des nouvelles de Sookie ? Qu'est ce qu'il s'est passé ? Qu'est ce que vous savez ? Vous avez parlé à qui ? Mitraille Alcide en quête de savoir.

   -Doucement monsieur... ? Demande Andy qui ignore qui est le personnage qui vient de faire irruption.   

    -Herveaux. Alcide Herveaux. Je suis un ami de Sookie.

    -Soit, monsieur Herveaux. Et que savez-vous vous justement de tout ça ?  

    -Je sais que je ne sais rien et que je viens tout juste de l'apprendre !...Désolé, Jason.

Dépité d'avoir cru un bref instant qu'Alcide allait pouvoir apporter du neuf à l'enquête, Jason baisse les yeux et d'un mouvement las, répond :

    -Pas pensé à toi...J'savais pas que tu la connaissais si bien.

    -Elle est mon amie ! Bon, alors ? Qu'est ce qu'on sait ?  Relance Alcide à la volée.

    -On sait qu'elle était chez elle avant de disparaître, on sait que Bill et Eric l'ont vu mais qu'ils disent qu'ils n'y sont pour rien ! On sait que plus tôt dans la soirée, elle était à Shreveport dans le bar à Vamp' du grand blond et c'est tout...pas plus, pas moins !

    - Mouais pas gras, quoi ! Conclut Alcide suite aux explications de Jason.

Alcide tourne la tête en direction des arbres qui bordent la maison de Jason et analyse ce qu'il vient d'entendre, comprenant de ce fait que lui aussi était là ce fameux soir au Fangtasia...le fameux soir où il était ravi de la revoir...et ravi de lui faire savoir...avant que Debbie ne fasse sa connerie et qu'il n'abandonne tout pour elle...s'il avait su...si elle avait évité...

Décidément, la frustration ne quitte pas Alcide qui réfléchit à ce qui pourrait bien avoir pu échapper à ce petit monde.

    - Et c'est sûr que les vampires n'y sont pour rien ? Creuse Alcide.

    - A ce qu'ils disent. Répond Jason laconique.

    - Et le patron de Sookie ? Merlotte,je crois..Vous lui avez parlé ?

    - Pourquoi ? Oui, on a parlé à tout le monde déjà...Répond Jason étonné qu'Alcide veuille impliquer Sam.

Alcide bloque alors le regard de Jason à la recherche de sa compréhension avant de demander :

    - Sookie m'a parlé de lui pas mal de fois, quand elle était chez moi. Est-ce que tu le connais bien ce mec ?

    - Ben, oui ! C'est chez lui que j'vais quand je sors du taf. Répond Jason instinctivement sans comprendre la portée de sa parole.

Alcide, lui a compris. Jason ne sait pas pour Sam Merlotte. Prochaine destination : le Merlotte's !

Alcide, tout loup-garou qu'il est, sait que Sam pourra parler plus librement avec lui qu'avec le frère de Sookie ou la redoutable et efficace police de Bon Temps.

    - De toute façon, je suppose qu'il bossait ce soir-là ?

    - Comme toujours. Répond simplement Jason.

    - Bon et qu'est ce que je peux faire pour aider ? Urge Alcide à l'attention d'Andy.

   - Nous laisser votre nom et coordonnées au cas où on aurait besoin de vous parler.

   - J'ai ça. Dit Alcide en envoyant la main dans la poche de sa veste pour y retirer une carte de visite professionnelle.

  - Appelez-moi quand ça vous chante ! N'hésitez pas surtout !

  - Oh mais je n'hésiterai pas ! Répond Andy le ton plein de sous entendus.

Alcide n'a pas l'intention de se mettre à dos l'inspecteur qu'il a déjà catégorisé comme un « raté de flic bouseux » et préfère ne pas relever la menace sous-jacente.

  - Bon et bien messieurs... si je ne vous suis d'aucune utilité, je vais me rentrer à Shreveport et bosser sur un des mes chantiers en cours.

  - Shreveport ? Vous êtes venu de Shreveport juste pour cinq minutes sur place ? Un aller-retour pour si peu ? Vous avez de l'essence à gaspiller Monsieur Herveaux ? Ou peut être que vous êtes venu vérifier que rien ne traîne ?

  - Écoutez, pensez ce que vous voulez mais avant même que vous ne formuliez le reste de vos questions à voix haute, je vais vous dire : non, je ne savais pas pour Sookie ! Oui, Sookie est quelqu'un de bien ! Non, je ne suis pas impliqué et oui sa disparition m'inquiète, Inspecteur !

Alcide a bien failli cracher le mot « crétin » qui heureusement pour lui était resté coincé dans sa gorge. Pas la peine d'aller passer des heures dans une salle d'interrogatoire alors qu'il avait mieux à faire.

  - Hé, mec ! T'emballe pas, ok ? Andy fait juste son boulot, compris ? Il est nerveux, je suis nerveux, tout le monde est au taquet dans cette histoire ! Tance Jason qui a bien vu l'étincelle de colère s'allumer dans les yeux d'Alcide.

Andy, lui n'apprécie pas la manière dont Alcide vient de le prendre de haut et encore moins la façon dont Jason vient de le défendre. C'est lui le flic et il a bien l'intention de poser les questions qu'il veut à qui il veut, n'en déplaise à ce grand baraqué qui lui fait face. Il va se la questionner, la montagne et pas plus tard que tout de suite!

A suivre...


tbtropfan  (27.02.2012 à 12:11)

Andy s'approche d'Alcide, le pas lourd, l’œil mauvais et l'attitude volontairement provocante :

   - Vous étiez où vous, ce soir là ?

   - Au Fangtasia puis chez moi.

   - Tiens donc, voyez-vous ça ? Donc, vous avez vu Mlle Stackhouse ?

   - Oui, je l'ai vu mais elle est partie peu avant moi et seule !

   - Et vous ? Relance Andy.

   - Et moi, je suis rentré chez moi. Répond Alcide qui passe sous silence le prêt de sa camionnette aux vampires et le transport de Russell.

   - Seul ? 

   - Oh, bon sang ! Oui, seul !

   - Personne donc pour prouver vos dires, alors ?

   - Heu…..non, personne. Sauf les mails de devis que j'ai envoyé depuis mon pc à mes clients...

   - Vous travaillez tard, vous. Constate suspicieusement Andy.

   - Oui, je bosse tard. J'ai une grande entreprise à faire tourner. Herveaux et fils ça vous parle ? Et ben, c'est moi, vu ? Enfin mon père et moi !

   - Mouais, il y a des blancs dans le texte, Monsieur Herveaux de l'entreprise Herveaux et fils ! J'pense qu'on va faire un tour dans mes bureaux pour vous aider un peu. Kevin, va ouvrir la voiture !

   - Hop hop ! Il y a des blancs nulle part et je n'ai pas le temps pour vos conneries ! Lance Alcide qui s'apprête déjà à filer vers son pick-up.

Mais au même moment, Andy s'élance vers lui et l'empoigne pour le retenir.

   - Tu ne bouges pas, coco !

   - Lâchez-moi de suite, vous ! Répond Alcide qui tente de se dégager.

Andy, refusant de battre en retraite, renforce son emprise sur Alcide tout en le poussant pour le plaquer au sol, utilisant la meilleure technique apprise pendant sa formation de policier.

Alcide mordant la poussière, est surpris par la férocité du policier et cherche déjà à se retourner pour lui envoyer son poing dans le visage. Furieux qu'Andy ait pu le prendre par surprise et qu'il se soit faire avoir comme un bleu, Alcide grogne de colère. Comment un mec aussi balourd que ce flic a pu arriver si facilement à le mettre à terre ? Alcide était loin de se douter qu'Andy puisse déployer tant de force ce qui a le don de l'agacer davantage. Frustré, Alcide décide d'user de sa force surhumaine pour tenter de calmer, à sa façon, ce flic un peu trop nerveux à son goût.

   - Arrêtez-vous ! Intervient Jason en se penchant pour séparer les deux hommes. Kevin, bouge ton cul par ici ! Magne !

Jason et Kevin attrapent alors chacun un des deux hommes qui se roulent dans la poussière et tentent de les séparer mais autant Alcide qu'Andy écument de rage et se débattent dans tous les sens.

Andy, rouge de colère sent son sang bouillonner dans ses veines et tient absolument à en découdre face ce type pas net qui ne veut pas répondre à ses questions. Sa tête est prête à exploser et son cœur bat à une vitesse folle. La colère semble vouloir l'étouffer. Kevin qui souhaite apaiser son supérieur, se met à lui parler doucement en le traînant plus loin :

   - Inspecteur, calmez vous, s'il vous plaît !

   - Non ! Rugit Andy.

   - Si, il va bien falloir. Sinon, je vais être obligé de le faire savoir et ça va pas le faire ! Pensez à vos états de service !

   - M'en tape ! J’vais le cogner ce con !

   - Non, Andy ! Tu ne cogneras personne aujourd'hui et tu vas arrêter de faire le con ! En ce moment, j'sais pas ce que t'as mais tu commences à faire chier le monde !

Interloqué autant par le ton autoritaire et le tutoiement de son jeune agent, Andy ouvre la bouche prêt à répondre à ce morveux mais préfère finalement se taire au risque de dire quelque chose de fatal pour sa carrière. Pas question qu'il dévoile sans faire exprès à Kevin que c'est le V qui le rend comme ça.

   - On rentre au bercail. Finit-il par dire.

   - Très bien. Conclut Kevin soulagé de voir la fin de la crise.

   - Et d'abord, pourquoi tu me tutoies toi maintenant ?

   - La ferme, Andy !

Alcide, qui lui aussi s'est laissé entraîner plus loin par Jason, regarde les deux policiers monter en voiture et quitter le domaine de Jason. Rassuré par le fait de savoir qu'il n'ira pas en cellule, Alcide se permet de souffler un grand coup pour laisser échapper les dernières brides de tension encore présentes.

   - Putain, ils sont tous comme ça à Bon Temps ?

   - Bah, laisse ! Il est remonté à cause de ma sœur. Lâche Jason songeusement accompagnant ses paroles d'un geste de la main lui signifiant de laisser tomber. Mais Jason sait bien quant à lui que ce n'est pas la seule raison du soudain emportement d'Andy et qu'il va falloir qu'il s'occupe plus tôt que prévu de l'addiction de son collègue. Il va vraiment falloir que Jason cherche et trouve une solution.

   - Mouais, ben on l'est tous !

   - Mouais...Répond Jason toujours dans ses pensées arrivant à la conclusion qu'il ne ferait rien pour Andy aujourd'hui. Bon allez, je t'offre une bière ?

   - Non, je vais aller la prendre au bar de Sookie plutôt.

   - Au Merlotte's ? Pourquoi ? Qu'est ce que tu lui veux à Sam ?

   - Rien. Juste lui causer.

   - Comme tu veux. Dit Jason en haussant les épaules sans vraiment comprendre pourquoi Alcide tient tant à causer à Sam. Mais bon, se dit Jason, Alcide n'a qu'à faire comme il veut.

   - A plus alors ! Salue Alcide en se dirigeant vers son Pick-up, laissant un Jason un peu perdu au milieu de sa cours.

Alcide, de nouveau au volant de sa voiture, tape du poing contre le volant en repensant à sa dispute avec Andy lorsqu'il sent son portable vibrer dans la poche de son Jean. Dégageant son téléphone tant bien que mal de son pantalon ( qu'il sait porter à merveille), Alcide se rend compte que Debbie l'appelle pour la treizième fois depuis son départ sans qu'il s’en soit aperçu.

    - Chérie ?

   - Qu'est ce que tu fous ?

   - D'après toi ? Je joue à superman !

   - Pourquoi ?

   - Parce que je veux savoir un truc mais après je laisse tomber. Promis, ma puce ! Après je rentre à la maison et on fera des cochonneries toi et moi. Sourit-il à son téléphone, de ce beau sourire qui ne laisse personne indifférent. Surtout pas les femmes en tout cas !

   - Tes cochonneries tu te les mets là où je pense ! Répond Debbie en raccrochant au nez de son partenaire.

   - Oups, bébé ! Erreur ! C'est toi qui va l'avoir où je pense ma cochonnerie. Rigole-t-il en reposant son portable sur le siège passager.

A suivre...:)


tbtropfan  (01.03.2012 à 21:35)

Arrivé devant le Merlotte's, Alcide observe le parking où seules quelques voitures stationnent. Le début d'après midi semble bien calme dans l'établissement, ce qui fait les affaires d'Alcide. Il pourra ainsi converser tranquillement avec le patron sans être trop coupé par les commandes des clients. D'ailleurs ça serait le moment idéal, au passage, de casser la croûte pour lui aussi. Il repense alors à ce que Sookie lui avait conseillé de prendre si un jour il lui prenait l'envie de venir traîner au Merlotte's. Elle lui avait longuement parlé de l' hamburger Lafayette, du nom de son cuisinier, que tous les clients se devaient de goûter au moins une fois. Alcide se dit donc que ça serait le moment idéal pour lui de goûter à ce fameux sandwich tant vanté par son amie.

Alcide rentre dans le bar d'un pas décidé et se dirige directement vers le comptoir pour annoncer ses doubles intentions à Sam.

 - Bonjour, vous êtes le patron du troquet ? Demande-t-il d'une manière qu'il sait volontairement impérieuse.

 - Sam Merlotte, oui. Répond Sam le sourcil relevé dans l'attente de la suite.

 - Je viens pour Sookie. Elle m'a beaucoup parlé de vous. Je suis Alcide Herveaux, j'appartenais à la meute de Jackson.


 - Loup-garou, donc. Qu'est ce que je peux faire pour vous ? S'enquit Sam de plus en plus suspicieux.

 - Déjà pour commencer, me rassasier ! J'ai une fin de loup ! Je voudrais l'hamburger Lafayette comme me l'a recommandé Sookie.

 - Allez-vous installer à la table du fond, Arlène va vous apporter ça dans un instant.

Sam lui désigne d'un geste vague de la main l'endroit à l'écart qu'Alcide s'empresse de rejoindre. Il doit poser ses questions à Sam mais d'abord...manger ! Alcide a l'eau à la bouche rien qu'en imaginant le goût du steak haché se rependre sur sa langue. Les questions, après ! Ainsi attablé dans le fond du restaurant, Alcide a tout le loisir d'observer le décor du Merlotte's qui lui apparaît comme un endroit chaleureux et familial. Tout à fait le genre d'endroit dans lequel il se sent bien et où il se verrait bien venir traîner. Peut être qu'il serait sympa qu'un jour, il y emmène Debbie...enfin un jour où Sookie serait de repos évidemment...enfin si elle revient... évidemment !

Quelques minutes plus tard, Alcide écarquille les yeux et esquisse un rictus en se demandant s'il ne devrait pas lancer un broc d'eau sur la chevelure de la femme qui lui apporte son déjeuner. C'est bien la première fois qu'il voit une chevelure aussi...hmm... flambante. Mais sentant l'odeur de la nourriture venir droit vers lui, Alcide a les narines qui frémissent et l'estomac qui gargouille si bien qu'il ne prend même pas la peine de répondre au « bon appétit » qu'Arlène lui souhaite, se promettant de rajouter quelques pièces en pourboire pour se faire pardonner son impolitesse.

Sam, tout à sa tâche, guinche Alcide du coin de l’œil, attendant que celui-ci ait terminé pour assouvir sa propre curiosité, bien que de la part d'un loup-garou, Sam s'attend à tout et son contraire. Mais en moins de temps qu'il n'a eu pour le penser, Sam s’aperçoit qu'Alcide a déjà fini d'engloutir son sandwich et les frites qui l’accompagnaient.

Jetant son torchon sur le comptoir, Sam s'approche alors d'Alcide qui semble désormais prêt à rentrer dans le vif du sujet.

 - C'était très bon ce truc. Vous direz merci au cuistot pour moi.

 - Merci pour lui ! Alors qu'est ce que je peux faire pour vous ? Enchaîne Sam.

 - Oui, donc...je voulais juste savoir si vous aviez tout dit de ce que vous savez à la police et à Jason ? Ils ne savent pas pour vous, hein ?

 - Non, ils ne savent rien. Personne ne sait rien et d'ailleurs, vous non plus vous ne devriez pas savoir ! Sookie parle trop des fois !

 - Nan... Pas de pets avec moi ! Je ne dirais rien et puis j'me mèle pas de la vie des autres! Alors ? Vous savez quoi que vous ne leur avez pas dit ?

 - Rien. J'ai tout dit. Pour le coup, j'avais rien à cacher. Martèle Sam regardant Alcide droit dans les yeux.

 - Rien ? Insiste Alcide le regard inquisiteur.

  - rien.

Alcide voit bien que Sam lui dit la plus pure vérité car s'il n'avait senti aucune once de duplicité. Juste du courage et de la bravoure le tout appuyé par un regard franc. Il était clair pour Alcide que  cette piste ne valait rien et que Sam ne lui apprendrait rien de plus.

 - Et merde ! Et les vamps ? Vous en pensez quoi ?

 - Vu la gueule de Compton...je dirais que lui ne sait rien non plus. Il est aux cents coups lui aussi mais on dirait qu'il n'est pas le seul, je me trompe ?

 - Ouais, je m'inquiète pour elle.

 - On est plusieurs dans ce cas là.

 - Je vois ça oui.

 - Bon et quoi d'autre ? S'impatiente Sam.

 - Combien je vous dois ? Demande Alcide déçu d'avoir fait chou blanc.

 - Sept dollars, s'il vous plaît.

 - Tenez vingt et la monnaie c'est pour la choucroute en feu. Dit Alcide en se levant de sa chaise.

Sam regarde alors Alcide partir comme il est venu, sans un mot de plus puis finalement éclate de rire en comprenant la vanne d'Alcide au sujet d'Arlène.

A bord de son véhicule pour la troisième fois de la journée, Alcide fait le bilan de ce qu'il a appris, c'est à dire : pas grand chose ! Son seul espoir d'en savoir davantage réside maintenant dans l'entretien qu'il compte avoir avec Eric, le grand manitou de Shreveport.

Choisissant délibérément de ne pas consulter Bill, Alcide se dit que quoi que sache Bill, Eric doit aussi en avoir connaissance. Pas question pour lui d'aller quémander des infos à Compton vu les rapports qu'il entretient avec lui. Alcide, bien que n'ayant rien dit, a été plus que révolté par ce que Bill avait infligé à Sookie lorsqu'ils l'avaient tiré des griffes de la vampire qu’elle avait butée. Alcide n'arrive d'ailleurs même pas à se remémorer le nom de cette vampire à qui, de toute façon, il n'apporte aucune considération.

Pour tuer le temps avant le réveil des vampires et l'ouverture du Fangtasia, Alcide décide non pas de rentrer voir Debbie mais d'aller faire le tour de ses chantiers afin d'assurer le minimum syndical de travail pour la journée.

Préférant limiter la casse auprès de sa petite amie, Alcide compose tout de même le numéro de chez lui pour indiquer ses intentions à Debbie qui décroche dès la deuxième sonnerie.

 - Allô ?

 - Puce, c'est moi. Juste pour te dire que je vais sur les chantiers.

 - T'as fini de jouer au chevalier blanc ?

 - Pour quelques heures seulement... Jusqu'à ce que je te retrouve dans notre lit ce soir...Complète-t-il de sa voix suave.

 - Grrr ! Alcide Herveaux ! Tu ne paies rien pour attendre !

 - A plus tard, ma puce !

 - Alcide, attends... Debbie hésite quelques instants avant de se lancer, de peur de paraître plus étouffante qu'elle ne l'est,…. Je t'aime, tu sais ?

 - Je t'aime aussi, chérie. Bisous. Rajoute Alcide en raccrochant.

 

Bientôt la fin de la journée d'Alcide :)


tbtropfan  (11.03.2012 à 00:02)

Les chantiers étant tous bien lancés et bien tenus par les ouvriers, Alcide n'a eu que peu de chose à faire sur place à part signer tous les bons de livraisons, de commandes et divers devis. Bien qu'il préfère en général être sur le terrain, Alcide est bien content aujourd'hui de n'avoir pas eu à se salir et de ne pas avoir ses chaussures à décrotter. Au moins, ça lui permet d'être devant le Fangtasia dès son ouverture à la tombée de la nuit.

S’apprêtant à descendre le parking en direction de l'entrée du club, Alcide consulte du regard une dernière fois son portable avant de l'éteindre lorsqu'il reçoit pile à ce moment-là un texto d'Eric lui disant « Va te faire foutre, le loup ! Je n'ai pas à te rendre des comptes ! »

   - Oh mais si, vampire que tu vas m'en rendre des comptes et pas plus tard que tout de suite ! Marmonne Alcide en arrivant à la hauteur de Pam qui joue au vigile en tenue noire latex.

   - Que nous vaut ta visite ? Demande Pam toujours aussi caustique.

   - Eric est là ? Je voudrais lui parler d'une affaire...commune.

   - Pour affaire ? Pam hausse un sourcil perplexe à l'intention d'Alcide puis après un moment de silence l'invite à pénétrer les lieux d'un signe impatient de la main.

Le Vamp'bar encore quasi désert sent l'alcool, le sang et la transpiration humaine. Beurk, Alcide ne comprendra décidément jamais comment les humains font pour vouloir aller se pavaner dans de tels lieux.

La soirée vient seulement de commencer, personne n'est encore sur la piste et la musique n'est pas encore poussée à son maximum, ce qui permet à Alcide de repérer la voix d'Eric qui lui parvient de la droite. Suivant instinctivement cette piste, Alcide déambule dans le club à la recherche du propriétaire des lieux qu'il découvre assis à une table, un verre de True Blood posé devant lui et une brunette assise sur ses genoux. Continuant son avancée, Alcide tique sur l'odeur d’excitation qui émane de leur coin. Gêné par cette frappante révélation, Alcide marque un temps d'arrêt devant ce qu'il espère ne pas être la main baladeuse d’Éric dans le soutien-gorge de la demoiselle.

Argg, si ! C'est bien ça ! Les soupçons d'Alcide sont confirmés par le bruit de l’élastique qu'Eric vient de faire claquer si discrètement.

   - Alcide ! Je t'avais dit d'aller te faire foutre ! Tu veux que ça soit moi qui le fasse ? Interroge Eric l’œil goguenard.

   - Non, ça ira ! J'ai de quoi mais apparemment je ne suis pas le seul. Dit-il en lançant un regard appuyé à la jeune femme toujours vautrée sur Eric.

   - N'est-ce pas ? Chiara, qui allait justement nous quitter, je te présente Alcide. Alcide voici l'impétueuse Chiara.

   - Bonsoir. Dit Chiara en détaillant le beau brun qui se tient devant elle en passant des pieds jusqu'à la tête. Toute la physionomie d'Alcide y passe : sa belle crinière brune ébouriffée, ses grands yeux noirs, ses grandes mains et ses cuisses qui semblent bien musclées à travers son jean. Elle regretterait presque d'avoir été vue avec Eric, sinon elle aurait bien voulu en faire son affaire de cet homme-là.

   - Bonsoir. Répond à son tour Alcide presque intimidé devant l'intensité du regard de Chiara.

   - N'est-elle pas charmante ? Demande Eric, amusé par l'attitude raide d'Alcide.

   - Mmm…oui...oui oui, très ! Répond Alcide dans un raclement de gorge.

   - Charmante ou non, je file ! Eric appelle-moi quand...

   - Quand le besoin se fera sentir ! Finit Eric. Compte sur moi !

   - Ok, salut les mecs !

Eric et Alcide regardent tous deux en silence Chiara s’éloigner, sa démarche chaloupée les laissant tous deux rêveurs. L'un pensant aux nombreux talents que la douce lui avait dévoilé au cours de leur tête à tête et l'autre admirant les courbes généreuses de la belle.

Alcide s’éclaircissant la voix tant bien que mal, se risque à demander des précisions :

   - Ton nouveau jouet ? Demande-t-il observant toujours attentivement la jeune femme s'éloigner.

   - En effet. Elle est...comment dit-on cela de nos jours?...surprenante...pleine de ressources.

   - Elle a l'air….Et bien et bien... Alcide a bien du mal à se secouer les puces pour revenir au but de sa visite mais Eric, lui, maintenant Chiara disparue de son champ de vision, est le premier à reprendre pied.

   - Pourquoi viens-tu ici, Alcide ? Il me semble t'avoir dit tout ce que j'avais à te dire sur le sujet.

   - Pourquoi je suis le dernier au courant de la disparition de Sookie ?

   - Permets-moi de te demander des nouvelles de cette louve shootée au sang des miens qui te sert de compagne ! Ironise Eric en guise de réponse au questionnement du loup.

   - Elle se soigne. Elle n'est plus une...shootée !

   - Grand bien lui fasse.

   - Écoute Eric, je suis là pour aider, ok ? Y a-t-il des pistes à explorer ? Des trucs que je peux faire pendant la journée ?

   - Ta femme ne te suffit pas ? Es-tu tant que cela sous le charme de Sookie que tu tiennes tant à mettre ton grain de sel ?

Tous deux ayant presque la même taille, debout face à face, ils se toisent de toute leur hauteur. C'est à celui qui baissera le regard en premier mais Alcide décide de se rendre en premier. Non comme signe de soumission mais comme signe d'apaisement et pour montrer qu'il n'est pas là pour chercher querelle.

   - C'est nous les derniers à l'avoir vu, n'est ce pas ? Relance Alcide décidé à remettre la conversation sur les rails.

   - En vérité, c'est moi le dernier à l'avoir vue. Bill a voulu en quelques sorte m'immobiliser dans la dalle voisine de Russell. Alors, l'homme non revanchard mais averti que je suis, s'est rendu chez Sookie afin de lui dévoiler la triste vérité sur celui dont elle se croyait amoureuse.

   - Hein ? S'étonne Alcide la bouche grande ouverte. Eric vient de lui offrir une bien longue tirade mais dont il ne comprend rien.

   - Tiens, à ce propos...puisque tu sembles bien au fait des dernières nouvelles, sais-tu que nous avons un nouveau roi ? La reine Sophie-Anne n'est plus.

   - Hein ?

Alors là ! Alcide ne comprend plus rien. Mais qu'a donc t-il fait tous ces derniers jours pour passer à côté de tels trucs ? Il fallait vraiment qu'il se reprenne et qu'il se tienne au courant des actualités du monde des Cess. Depuis que Debbie était revenue chez lui, Alcide l'avait épaulé à chaque instant, la réconfortant et l'encourageant mais à priori sa vie sociale en avait pris un sacré coup. Il se dit qu'il remédierait à ça rapidement, ce qui d'ailleurs ferait sûrement un bien fou aussi à Debbie de retrouver quelques uns de ses congénères... triés sur le volet tout de même.

   - Et c'est qui ce roi ? D'où il vient ?

   - Et bien faut-il tout te dire ce soir ? Il vient de Bon Temps. Compton est notre vénéré roi.

Alcide médite l'info quelques secondes, le temps de la digérer.

   - Pourquoi pas. Un vampire ou un autre, de toute façon c'est du pareil au même pour moi. Bref, si tu as une piste pour moi, fais moi appeler, ok ? C'est pas pour toi mais je voudrais savoir si Sookie va bien. C'est une chouette nana.

   - Mais oui, mais oui, c'est c'la oui... Maintenant si tu veux bien, j'ai à faire !
Et sans autre forme de procès, Eric congédie Alcide qui sans plus aucune autre raison d'être présent dans ce lieu de débauche quitte le vamp'bar, ses pensées tournées vers son amie.

Il a l'impression d'avoir enfin la conscience tranquille d'avoir fait ce qu'il devait, d'avoir jouer à la pêche à l'info et d'avoir parler avec tous ceux qu'il jugeait digne d’intérêt. Peut-être qu'il n'avait rien élucidé mais au moins, il en savait désormais autant que les autres sur les faits, même si c'était très peu. Il espérait juste que son amie allait bien et qu'elle n'était pas aux mains d'un sale psychopathe. Mais si un danger la menaçait, il l'aurait compris en parlant avec Éric. De toute façon, Eric l'aurait sûrement déjà prévenu si le besoin de son aide s'était fait indispensable.

Comme pour se rassurer une dernière fois, Alcide dit à voix haute la version des faits qu'il a décidé de croire.

   - Bah, avec toutes ces conneries de vampires, elle a dû filer au soleil pour se dorer la pilule loin de ces déterrés et elle rentrera dans pas longtemps fraîche et bronzée ! A parier qu'elle ramènera une babiole à tout le monde en plus !

Alcide sentait que sa version ne devait pas être bien loin de la vérité, que Sookie avait fui pour un temps les galères vécues ces derniers jours.

Encouragé par sa décision, Alcide sent son humeur remonter en flèche et repense à ce qui l'attend une fois rentré. Un large sourire vient éclairer son visage et ses yeux brillent de malice et d'envie. Ne pouvant plus tenir, Alcide colle son portable à l'oreille.

Sitôt qu'il entend la voix de Debbie, Alcide sort sa voix la plus grave et suave possible.

   - Chérie, je serais là d'ici quinze petites minutes. Je te donne un conseil, ma belle. File mettre ta petite nuisette noire que tu as acheté car on va l’inaugurer tout de suite ! Lâche-t-il de sa voix de basse.

   - Tiens donc !

   - Oh oui, ma puce ! Superman arrive !

   - Grrrr ! Se contente de répondre Debbie avant de raccrocher.

Alcide n'a plus qu'une seule idée en tête à ce moment précis. Celui de vite rentrer chez lui et de montrer à Debbie comment Superman se comporte au lit...


tbtropfan  (21.03.2012 à 12:51)

Nous faisons un bond de plusieurs mois dans le temps...


kalypso  (26.04.2012 à 15:38)
Message édité : 27.04.2012 à 11:21

Sam frotte son comptoir nerveusement. Il Jette un coup d’œil à sa pendule : bientôt 20h… Sans s’en rendre compte, il émet un petit pignement frustré. Andy, assit non loin, lève sur lui son regard bovin, une lueur agacée animant légèrement ce grand vide. Le sheriff retrousse mollement sa babine :

- T’as dit quelque chose, Merlotte ? Grogne-t-il, de mauvaise humeur.

Il était venu ici pour apercevoir Holly et quand Sam lui avait rappelé que c’était son jour de congé, il s’était renfrogné dans cet esprit maussade qui ne le quittait que rarement ces temps-ci. Sam pose des yeux surpris sur lui.

- Non. J’ai rien dit, Andy.

Le patron se détourne aussitôt. Andy le cherchait depuis quelque temps, il n’avait certainement pas envie d’entamer une discussion houleuse maintenant.

- Les assiettes pour la deux ! braille Lafayette de derrière son passe-plat.

- J’arrive ! Approuve Sam, ravi d’avoir une excuse pour déguerpir.

Il sert la deux, les yeux rivés à la porte d’entrée. Ça y est, il va être en retard : flûte !! Quelle plaie d’être au printemps, le soleil se couchait de plus en plus tard !

Soudain la porte s’ouvre à la volée : enfin !

- Salut Sam ! Vampire au rapport, patron ! S’amuse la belle rousse en se mettant au garde-à-vous près de lui.

- Ah… Jess… merci, je n’étais pas sûr que tu aies mon message.

- Si si, mais je ne pouvais pas venir plus tôt. Plaisante la belle en désignant le crépuscule encore rouge.

- Oui, je sais… merci d’être venue, tu me dépannes bien, merci.

Il l’accompagne au bar en défaisant son tablier, ravi de constater qu’Andy prenait congé. Le statut de Jess étant indéterminé encore, il se demandait si tout ceci était bien légal.

- Bon, officiellement, tu es hôtesse, hein ? tu sers les plats déjà prêts, tu laisses le serveur prendre la commande, OK ?

- Oui, oui, pas de problème ! Alors, c’est le grand jour ? s’intéresse Jess.

- Oui, Arlène a perdu les eaux y’a une heure, Terry l’a aussitôt emmené à l’hôpital.

- Ce qui fait que je tape deux services au lieu d’un… persiffle Lafayette derrières ses fourneaux.

- Oui, merci à toi aussi, Laf’ soupire Sam dans un sourire fatigué.

- Mais où vas-tu donc comme ça pour abandonner le navire quand il prend l’eau, hein ? demande le cuistot en se dandinant, le regard rieur,  lourd de sous-entendus.

- Où je vais ? Et bien… je…

Sam se lèche la lèvre. Il avait tellement hâte qu’il aurait bien ouvert sa chemise là, tout de suite, devant tout le monde, pour se transformer et les rejoindre encore plus vite. Ce couple de métamorphes dont Bill lui avait donné le N° il y a 6 mois déjà, il avait pris l’habitude de les voir régulièrement. Leur contact lui avait apporté un énorme réconfort… mais surtout… surtout, la semaine dernière, un quatrième invité les avait rejoint : une invitée pour être précis… Luna… une beauté racée, une intelligence vive et un caractère bien trempé : Sam était tombé sous le charme tout de suite et n’attendait qu’une seule chose depuis : la revoir !

- Oui ? insiste Lafayette.         

- Mais tu sais bien, j’en ai déjà parlé : à mon groupe de gestion de la colère.

Le médium plisse les yeux en faisant une moue dubitative.

- Mais bien sûr ! s’amuse-t-il en retournant à ses steaks. Elle doit avoir de très beaux yeux ta colère.

Sam roule des yeux et claque des mains en parcourant la salle du regard.

- Bon, j’y vais, ça ira ?

- Oui oui, Sam, pas de problème, sauve-toi ! le rassure Jess en mettant le tablier.

- Ça ne te dérange pas ? tu n’avais pas d’autre projet avec Hoyt ?

Le sourire de Jess s’éteint un peu.

- Heu… non. Hoyt… est assez fatigué en ce moment… il avait même l’air plutôt content de passer une soirée tranquille avec sa télé. Quand sa journée se termine, la mienne commence, c’est pas toujours facile…

Sam fronce les sourcils un instant, sentant Jess un peu triste,  mais pas le temps ce soir de rester parler de ça. Il pose une main sur son épaule, lui adresse un de ses gentils sourires et se sauve.

Lafayette, tout en regardant la jeune fille s’activer entre les tables pour vérifier que personne n’avait besoin de rien, repense à son ami. C’est vrai qu’Hoyt lui avait avoué être sur les rotules. De devoir enchainer une nuit de sorties et de passion après toute une journée de travail sur les routes de Bon-Temps demandait une sacrée énergie… sans parler qu’il devait la nourrir plusieurs fois par semaine. Lafayette se mordille la joue en retournant sa viande, se demandant quel avenir avait cette union.

Forcément son esprit vagabonda vers son propre compagnon. Jésus… mon dieu ce qu’il pouvait l’aimer. Jamais il n’aurait cru pouvoir vivre quelque chose d’aussi fort… aussi longtemps ! Le désir lui vrilla le bas des reins, doux tourment familier… Il n’était pas près d’être satisfait pourtant ce soir : son service ne se terminerait qu’à la fermeture du Merlotte’s et en plus, Jésus était avec Holly à sa « réunion de Wiccas ».

L’esprit entièrement tourné vers lui, soudain Lafayette laisse tomber la poêle qu’il tenait pourtant fermement. Un épouvantable pressentiment le fait frissonner de la tête au pied.

- ça va Lafayette ? Vient s’inquiéter Jess qui a entendu le barouf.

- Ou… oui. Gémit Lafayette, les mains sur ses genoux, reprenant un rythme cardiaque régulier.

-  Qu’est ce qui se passe ?

-  Je ne sais pas… Jésus.

- Quoi Jésus ?

- J’ai… J’ai eu peur pour lui un instant, mais… ça passe… c’est bon, c’est passé.

Lafayette souffle un grand coup et attrape son portable. Il tape un « ça va ? » en texto à son homme et attend la réponse nerveusement.

Le : « merveilleusement mon amour» que Jésus lui renvoie le fait rire. Qu’est ce qu’elles étaient pénibles ces décharges spirituelles ! Elles s’estompaient de plus en plus mais avaient le don de l’agacer prodigieusement. Il ne les comprenait pas et n’avait pas envie d’essayer de les comprendre.

Si seulement cette fois-ci, il avait su les déchiffrer …

 


kalypso  (27.04.2012 à 13:28)

 - Ne lâche pas ma main !!

 - Mais tu me fais mal, là !

Le visage transpirant et tordu par la douleur, Arlène empoigne l'encolure du t-shirt de Terry pour ramener son visage près du sien.

 - J'ai dit de pas me lâcher la main, Terry ! Dit elle d'une voix sourde.

 - Ok...ok chérie ! Tout ce que tu veux mais calme toi et respire.

 - Je me calmerai quand ce démon fils de son père sera sorti et pas avant !

Terry lâche Arlène et fait un pas en retrait pour regarder Arlène le plus sérieusement du monde.

 - Je suis le père de cet enfant ! Et il ne sera pas un démon, Arlène ! Il sera un beau et fort petit plein de vie !

  - Ouais ben pour le moment, ce bébé plein de vie est en train de me déchirer la ch....aaahh ! Hurle Arlène subissant une nouvelle contraction. Putain de merde...ça fait mal ! Où est cette connasse d'infirmière ? Pourquoi ils viennent pas me transpercer le dos avec leur piqûre ? Terry va voir tout de suite !

 - Tout de suite, chérie. Répond Terry en profitant de la trop belle occasion pour fuir quelques instants la chambre. Non qu'il ne soit pas content d'assister à l'accouchement de sa compagne mais l'état d'hystérie dans lequel Arlène se trouve, a le don d'affoler un tantinet Terry qui ne sait pas trop où se mettre ni comment réagir face aux multiples demandes expresses d'Arlène.

En refermant la porte de la salle d'accouchement, Terry jette un coup d’œil inquiet à sa main droite sur laquelle apparaissent déjà les marques laissées par les oncles manucurés d'Arlène.

Wahou ! Quelle femme pleine d'énergie ! Dit Terry en se dirigeant vers le bureau des sages femmes d'où des gloussements s'élèvent.

Interrompant ces dames dans ce qui semble être une discussion des plus funs, Terry entre en trombe dans le bureau.

 - Mesdames, s'il vous plaît...Ma...la...faut...ça fait mal et il...venez...la...la....oh ! Mince comment ça s'appelle déjà ? la...la... Bafouille Terry en cherchant ses mots qui s'entrechoquent dans sa bouche.

 - Monsieur, Calmez vous un instant. Dit la sage femme qui semble être la plus âgée du groupe. Manu, va dans la salle de la dame et va voir ce qu'elle veut. Et vous, monsieur Bellefleur, asseyez vous un instant et respirez.

 - Non non, pas le temps, elle a mal et elle veut la...heu...péridormale ! Faut lui faire !  Proteste Terry de plus en plus existé.

 - La péridormale ? Glousse la sage femme. C'est quoi cette bestiole ? Nous, on ne fait que des péridurales, monsieur. Mais pour ça, on va déjà voir si votre femme est assez ouverte et si elle l'est, on préviendra le médecin anesthésiste. Explique-t-elle amusée par ces hommes qui deviennent père pour la première fois et qui perdent les pédales dès le moindre signe de souffrance de leurs dulcinées.

Devant l'air sûr de la sage femme, Terry se permet de laisser retomber ses épaules mais à peine ose-t-il reprendre sa respiration que Manu, la sage femme, revient dans le bureau, toute agitée à son tour.

 - On y va les filles, le bébé est pressé de sortir !

 - Et la péri... ? Demande Terry les yeux exorbités d'inquiétude.

 - Pas le temps, mon brave. Allons accueillir ce petit être. Lui répond la sage femme en l'encourageant d'un geste de la main.

 - Quoi ? Là, maintenant ? Quoi ? Maintenant ? Tout de suite ? Ah non non ! Pas maintenant, pas tout de suite ! Nonn ! Hurle Terry en se précipitant en direction de la salle où se trouve Arlène. Non, il n'a pas de nom!

Terry fracasse la porte contre le mur en entrant et vient se coller contre sa belle dont le visage est méconnaissable.

 - Chérie, tu es entrain d'accoucher là ? Pour de bon ?

 - Mais non, chéri ! Je me fais juste masser l'intérieur ! Mais ouiii, qu'est ce que...aaah...tu crois ?

 - Non mais attends, je...

 - Attends quoi ? Aaah...Que ce bébé me sorte par les oreilles ? Que j'éclate de douleur ? Grogne Arlène sous l'effet des contractions. Et vous là ! Bande d'inutiles ! Faites moi sortir ça de là ! Aaahh, putain que ça fait mal ! Envoie-t-elle au visage de l'équipe médicale qui commence à s’amasser dans la salle d'accouchement.

 - Doucement madame. Essayez de vous détendre. Recommande Manu.

 - Donnes moi un whisky et je me détendrais, stupide bouseuse ! Vocifère Arlène.

Terry tente alors de ramener l'attention sur lui en prenant doucement la main d'Arlène dans la sienne pour capter son regard mais il est saisit par la façon dont elle tourne la tête vers lui. Mon dieu ! On dirait Regan dans l'exorciste ! Pense Terry. Refoulant vite fait cette mauvaise comparaison qui l'apeure encore plus, Terry ne peut malgré tout s’empêcher de se demander s'il ne devrait pas faire venir un prêtre.

 - Arlène, ma belle. Tu es entrain de devenir la mère de mon enfant...

 - Oh non ! Non, c'est pas un enfant c'est un monstroplante ! Lance Arlène le front dégoulinant de sueur qui lui colle sa choucroute d'habitude si flamboyante au front.

 - Arlène, écoute-moi donc un peu ! Ce bébé va être le plus beau bébé du monde ! Tu es forte et courageuse ! Moi à ta place, j'aurais...

 - A ma place ? Mais vas-y à ma place ! Attends je me lève. Dit-elle faisant mine de quitter le lit aussitôt rattrapée par Manu qui la plaque sur les draps.

 - Hop hop hop. On reste ici bien sagement ! Réprimande-t-elle.

 - Non mais j'ai la gueule d'un chien ? Tempête Arlène vexée par le ton employée par la sage femme.

Manu lève alors les yeux vers Arlène avec l'air de sous entendre que si Arlène était une chienne, ça ferait un moment qu'elle lui aurait flanqué la muselière sur la truffe.

Terry voyant l'agacement gagner l'équipe médicale et l’imminence de la naissance, revient à sa préoccupation première.

 - Arlène, chérie ! Tu ne peux pas faire sortir ce bébé tout de suite ! Arrête de pousser un peu, tu veux ? Supplie Terry devant toutes les personnes présentes dans la pièce. Tout le monde est interloqué par cette demande, y compris Arlène qui le regarde la bouche ouverte comme un four.

C'est comme s'il suffisait de demander. Le temps vient de se suspendre l'espace d'un instant, les contractions d'Arlène lui laissent un petit moment de répit et les sages-femmes prennent des allures de statues grecques. Terry semble se réveiller de sa contemplation en exprimant son souci.

 - Comment on va l’appeler ? On lui a pas choisi de nom. Il ne peut pas sortir sans prénom ! Dit Terry plein d’inquiétude.

 - Chéri ! Mais qu'est ce que tu as dans la tête ? Qu'est ce qu'on s'est dit ? On a dit qu'on attendrait de voir à quoi il ressemble ! Rétorque Arlène comme si elle s'adressait à un gosse de quatre ans.

 - Mais je sais moi, à quoi il ressemble ! Il ressemble à un joli bébé tout rose ! Répond Terry sûr de son fait.

 - Ah , magnifique description ! Tu dois avoir raison...étant donné que tous les bébés blancs sont roses à la naissance ! Ironise Arlène avant d'être prise d'une nouvelle contraction la faisant hurler comme un diable. Il Soort !

Manu se replace alors devant Arlène et voyant le haut du crâne du bébé, prend les opérations en main.

 - Allez-y, c'est bon. Poussez en soufflant doucement par la bouche et le plus longtemps possible. Soufflez et poussez ! C'est bien, c'est parfait. Voilà. Stop, arrêtez ! Respirez, soufflez et...poussez...poussez...poussez...encore, encore...stop !

Terry qui se tient aux côtés de la tête d'Arlène respire et pousse comme Arlène. Au son des bruits de succions provenant de l'entre jambe d'Arlène, Terry se sent perdre pied.

 - Oh...dit-il avant de s’effondrer sur le sol de la salle d'accouchement.

 - Et merde ! Lâche Arlène en voyant son homme inconscient. Manquait plus que ça, tiens !

 - Liz et Babeth, sortez monsieur de la pièce ! Ordonne Manu à deux stagiaires présentes dans la pièce. Et vous, madame, allez on reprend. Sa tête est presque toute dehors.

Soulagée de ne plus avoir Terry dans les pattes, Arlène tâche de se concentrer pour la dernière ligne droite.

 - C'est parti ! Dit-elle. Allez, mon beau, faut sortir de maman, maintenant !

Arlène attend la nouvelle contraction, qui ne tarde pas à venir et de toutes ses forces, se met à pousser le plus efficacement possible. Elle pousse à ne plus entendre les injonctions de la sage-femme, n'écoutant que son corps et ressentant le bébé glisser hors d'elle. La tête, le cou, le torse, le bassin et soudain...les pleurs.

Soudain, de tous petits pleurs envahissent la pièce, délivrant Arlène de sa douleur et lui arrachant un dernier cri de libération et de victoire avant que le doute et la peur ne l'assaillent à nouveau.

 - Comment il est ? A quoi il ressemble ? Il n'a pas de cornes au moins, hein ? Dîtes !

 - Des cornes ? Pourquoi faire ? Non, regardez. Votre ami avait raison. C'est un beau bébé tout rose. Dit Manu en posant le bébé sur Arlène.

Soulevant, le bébé pour pouvoir mieux l'observer, Arlène se sent soudain prise par l'émotion en découvrant sa petite frimousse et son petit nez tout beau, tout rose.

 - On ne lui a encore pas trouvé de prénom. S'attriste Arlène au même moment où Terry réapparaît dans la salle, cette fois tenant sur ses deux pieds.

 - Il s'appelle Mickey. Dit Terry en s'approchant de l'enfant et d'Arlène un air niais sur le visage.

Touchée par l'amour que Terry porte déjà à ce petit bonhomme, Arlène sourit en retour et embrasse tout doucement son enfant.

 - Bonjour Mickey.


tbtropfan  (10.05.2012 à 10:59)

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