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Série : True Blood
Création : 30.10.2012 à 19h23
Auteur : Heaven25
Statut : Abandonnée
« Une alternative à la saison 4 » Heaven25
Cette fanfic compte déjà 12 paragraphes
Bonsoir à tou(te)s.
Cette fiction ne sera pas collaborative, comme il se doit de le mentionner. toutefois, n'hésitez vraiment pas à partager vos points de vue dans le forum approprié. Je poste sur internet pour la première fois et, j'avoue être quelques peu angoissée.
En ce qui concerne l'histoire, je dis alternative à la saison 4, car concrétement c'est là que se base l'histoire, sauf que: Sookie ne sait pas qui elle est, Bill n'est pas roi de Louisiane.
Tout y est expliqué je l'espère. Je pense publier tous les trois jours.
Je remercie Kalypso et billette pour leur encouragements et Bloody pour ta correction.
True Blood Fiction:
La voleuse de corps
Shreveport, 21 Juin
« Je sais admettre mes défaites Eric» rétorquais-je la mâchoire serrée par la fureur qui bouillonnait dans mes veines.
Après un bref regard à la grande bringue qui lui servait accessoirement de garde-du-corps, d'esclave et de faire-valoir, je repris:
«Surtout quand vampirella s’est fait un joli collier avec les os de ma dernière apprentie».
Eric ne daigna pas accorder un regard à sa progéniture. Selon toute vraisemblance, le fait qu’il ait pu gagner cette bataille, l’importait peu.
Si cela était possible, j’en étais encore plus furieuse.
« Tu avais conscience d'enfreindre les règles. Pourtant les conséquences étaient lourdes, c’est donc en toute connaissance de cause que tu as agi».
«Pour information cher blondinet, je n’ai absolument pas agi dans cette catastrophe» lui renvoyais-je sarcastique, mais tellement furax aussi.
«Penses-tu renaître si je t’arrache le coeur maintenant?».
«Penses-tu que ta menace m'effraie?».
Il soupesa ma question, un battement de cils plus tard, ma gorge était enfermée dans un étau blanchâtre et froid comme la morsure d’un vent d’hiver. Je levais mes yeux vers lui, un regard bleu azur qui ne changeait jamais de couleur, qu’importe le corps que choisissait mon âme pour se réincarner. Il soupira, lasse et fit craquer ma nuque sèchement. Mon coeur s’envola une dernière fois et je rendis mon dernier souffle.
Krista
Denver, 22 Septembre
Le monde dans lequel nous vivons est pourri jusqu’à la moelle.
Ce constat ne venait pas du fait que j’habitais un appartement passablement miteux pour un loyer exorbitant et dans un quartier douteux de surcroît.
Je l’avais depuis ma prime jeunesse, quand un groupe de vampires affamés s’en était pris à mes parents parce qu’ils avaient eu le malheur de vouloir se promener dans la douceur d’une nuit d’été.
Leur vies arrachées en quelques secondes, je me suis retrouvée seule, mise à l’assistance publique à 9 ans.
Avec le temps, j’appris à me méfier de la nuit, de ses démons qui en appréciaient sa noirceur pour commettre leur méfaits.
Mes parents adoptifs habitaient Denver, ils étaient aimants, compréhensifs, adorables. Cependant, je ne pouvais effacer de ma mémoire l’amour inconditionnel que m’avaient apporté ma mère et mon père.
Plus je grandissais, plus une haine incommensurable envers les vampires s’épanchait en moi. Qu’ils aillent tous brûler en enfer, qu’ils souffrent des siècles durant pour le mal qu’ils ont causé, que leur douleur ne cesse jamais. Éternellement prisonnier d’un brasier ardent alimenté par la vengeance de leur victime.
Mon vœu ne s’était jamais vu exaucé, pire encore, à présent, ils se battaient pour avoir une place à part entière dans notre société, pour pouvoir exister parmi nous, comme s’ils étaient...humains!
Je ne pouvais pas admettre que plusieurs milliards de personnes sur cette terre puissent croire en ces foutaises.
Pourtant, la grande majorité s'accordait sur ce point: « ils ne nous feront aucun mal, puisqu'ils ont du TruBlood".
Sommes nous devenus complétement débiles pour croire qu'un foutu sang synthétique va nous donner un gage de survie?
Le trublood c'est comme... donner un panaché à un alcoolique, il va en boire jusqu'à ce qu'il craque pour de la vraie bière. Je ne me faisais aucune illusion à ce sujet, mais je me donnais l'impression d'être la seule dans ce cas.
Aujourd'hui était un jour spécial. Le jour où je refusais avec véhémence d'entendre parler de vampire, de meurtre sanguinaire, de crime masqué, parce qu'ils étaient foutrement malins, et de ligue pro-vampire. Aujourd'hui c'était mon jour et je m'octroyais le droit qu'on me laisse en paix.
Je me levais bien avant que mon réveil ne sonne. Une mauvaise habitude ces derniers temps... mes cauchemars refaisaient surface, amenant avec eux une sale nostalgie dont je me passerais bien.
Machinalement, j'allumais ma lampe de chevet et ma chambre s'illumina d'une couleur chatoyante, mon jean de la vieille trônait encore sur ma chaise de bureau, mon écran d'ordinateur affichait l'écran de veille et ma porte de dressing béante m'annonçait qu'il fallait que je songe à faire un peu de rangement.
- Pas aujourd'hui, marmonnais-je en baillant. « Aujourd'hui c'est mon jour » complétais-je par la pensée.
En traversant le salon, qui faisait aussi office de séjour et de cuisine, j'aperçus le boitier de mon répondeur clignoter. J’appuyais dessus et repris mon chemin vers mon but initial: le premier café de la journée.
- Joyeux anniversaire Krista, ronronnait Kay avec joie sur mon répondeur.
Il était 7 heures du matin, je venais à peine d’émerger de mon cauchemar quotidien, qu’elle m’avait déjà appelé...
Je grognais en mettant mon percolateur en route. « Ouais... joyeux anniversaire... » pensais-je amère « 25 ans d’une vie détruite ».
Je pris une douche avant de l’appeler tout en enfilant mon uniforme d’infirmière.
- Bonjour Krista! J’espère que je ne t’ai pas réveillé! Je voulais te souhaiter ton anniversaire avant que tu ne partes pour l’hôpital.
- Tu as appelé à 5h, tu sais que j’ai des horaires de jour....
Il y eut un silence assez embarrassant. Nous savions les raisons de ce choix de planning je ne prendrais jamais le risque de travailler ni trop tôt ni trop tard, comprendre tant que le soleil n’est pas levé et après qu’il ne se couche.
Putain d’enfance traumatisante!
- Merci pour le message, tu n’aurais pas dû....
- Voyons, me reprit-elle avec amusement. Ce n’est qu’un message. Tu viens toujours dîner à la maison?
Je me fis violence pour ne pas soupirer lourdement contre le combiné. Premièrement parce qu’elle l’aurait excessivement mal pris et deuxièmement, parce qu’elle faisait toujours en sorte que ce jour soit un événement limite national. Je ne pouvais pas lui en vouloir, elle m’aimait...
- Bien sûr, répondis-je avec une pointe d’enthousiasme modéré.
- On est impatient de te voir! Depuis la nouvelle année... ça devenait long....
Effectivement, puisque je suis née le 22 septembre...
- Je dois y aller maintenant, à ce soir, coupais-je pour éviter les remontrances qui n’auraient pas tardé sur mes visites plus qu’espacées.
Je passais la journée à courir de part et d’autres des urgences. J’aimais profondément mon métier, toutefois, l’usure me gagnait peu à peu.
Voir arriver une adolescente comateuse parce qu’elle a perdu beaucoup trop de sang, qu’elle a des marques à divers endroits de son corps et l’entendre me dire qu’elle est tombée dans les escaliers et qu’elle ne se souvient de rien, me mettait hors de moi. Les vampires sont des êtres abominables mais en plus... cons!
J’effectuais ma dernière suture à 16h tapante et rejoignis mon casier.
A peine eus-je franchis la double porte battante de l’hôpital qu’un frisson m’envahit. Il ne faisait pas vraiment froid, mais mon corps avait perdu instantanément plusieurs degrés.
Je m’étais figée au milieu du parking, une impression tenace que quelque chose allait se produire, une chose terrible et terrifiante.
Depuis aussi loin que mes souvenirs puissent remonter, j’avais toujours eu ces sensations, malheureusement avérées.
La nuit de la mort de mes parents, ce souffle polaire m’avait carrément tétanisé dans mon lit.
Quand je vis le soleil décliner au dessus de ma tête, sur ce parking qui ne désemplissait jamais, je repris mes esprits. Inutile que je me risque à passer la nuit ici par crainte d’un événement funeste.
Ma voiture crachota légèrement quand je la mis en route.
Allait-elle me lâcher alors que j’empruntais le chemin me conduisant au quartier sud de la ville?
Qui n’est pas tout près et assez mal éclairé dans son ensemble.
Je priais tous les saints de la terre durant quinze minutes d’une conduite nerveuse, traversant la ville plus vite que la vitesse maximale autorisée. A vrai dire, je pouvais bien me prendre un procès pour excès de vitesse si tant est que je ne parcours pas la ville à pieds à une heure inappropriée.
Au dernier carrefour avant de rejoindre l’allée de sépias du quartier de Crest Fallen, je grillais un stop.
Mon dernier souvenir fut mon cri strident quand je vis la fourgonnette de Me MacAddams piler pour m’éviter, sans succès....
Un Grand merci pour vos ressentis. J'espère que ce deuxième chapitre va confirmer. (Les guillemets font référence à un dialogue "mental"). N'hésitez pas si vous avez des interrogations, n'importe quoi à dire... Bonne lecture!
Eve
Denver, 22 septembre
Qu’il est douloureux de mourir! Ce n’est pourtant pas la première fois, cependant, c’est toujours une torture. Sentir son corps donner sa reddition, admettre l’inévitable, se tendre avant de relâcher toute pression, l’âme qui quitte son cocon, qui se déchire de cette enveloppe charnelle. Plus la mort est inattendue, plus cette déchirure est brutale et violente.
Je n’avais pas connaissance du nombre de jours passés à la recherche de l’être qui allait m’accueillir. Toutefois, pour la première fois en des millénaires d'existence, je trouvais le temps long. Le brouillard qui enveloppait mon épopée vers un nouveau corps se termina enfin. Je m’en trouvais soulagée.
L’aura de ce nouveau corps était d’un vert pâle, malade ou mourant.
Mes préférences se tournaient généralement vers des nourrissons. Cela me laissait le temps de les découvrir, de me faire accepter et d’exploiter toutes mes capacités. De rares occasions me poussaient vers des adultes, seuls ceux à l’aura puissante m’avaient captivé par le passé.
Ce corps ne laissait transparaître aucune vie, un mince filet tout au plus. Si je l’infiltrais, il me faudrait lui insuffler le souffle de vie. Une magie épuisante à souhait, il me faudrait des mois pour m’en remettre. Un instinct supérieur me guida à lui, homme ou femme, je ne discernais que la lumière qu’il dégageait.
Je m’apprêtais à l’investir totalement quand un flash émeraude m'inonda, le corps reprenait vie, il se battait. Il était affaibli, j’eus alors la chance de ne pas être repoussée par l’âme existante et à présent bien installée, elle ne pourrait pas me répudier. Je fis connaissance avec mon hôte.
Une jeune femme. Vraisemblablement passée prés de la mort. Je m’appropriais doucement ses souvenirs quand son âme connu son premier soubresaut. Elle se battait avec force et conviction pour m’expulser. Malgré sa grande faiblesse, sa force monumentale me faisait reculer peu à peu, me poussant dans des retranchements désagréables où je me sentais parasite.
Ma magie dépassait largement la sienne et je la muselais fermement dans un recoin de son esprit.
« Laisse-moi prendre la direction de ce vaisseau et je soignerai ton corps. Il n’y aura aucune séquelle et vous fonctionnerez à merveille».
Je voulais l’aider, qu’elle comprenne que je n’étais pas un ennemi mais une présence bienveillante qui a beaucoup à offrir.
« Quelle est la contrepartie?» murmura sa voix ravagée par les diverses blessures physiques qui l’affectaient.
« Tu me laisses vivre en toi, je ne te demande rien de plus».
Son coeur eut un raté qui me déchira en deux. Le sort de ce vaisseau était quasiment scellé et je pouvais changer la donne, je pouvais la sauver si elle me le permettait.
« Tes minutes sont comptées, si tu ne veux pas mourir, laisse-moi te guérir» ajoutais-je mettant toute la conviction possible.
« J'attends la mort depuis assez longtemps pour accepter qu’elle me prenne maintenant».
Je pris son visage tuméfié entre mes mains, relevant ses yeux vers les miens. Les siens étaient d’un vert envoûtant, mon regard se durcit.
« J’ai vu quelques uns de tes souvenirs. Je peux venger la mort de tes parents, j’ai ce pouvoir en moi. Ils souffriront, autant que toi. Je t’en fais la promesse».
Son coeur ralentit tellement sa course que je fermais les yeux en souhaitant que l’extraction ne soit pas violente.
« Que dois-je faire?» demanda-t-elle après un long moment.
Je lui souris avec tendresse et me mis à caresser sa joue.
« Ferme ton esprit. Quand tu sentiras ma pression, celle qui gouvernera ton corps, tu ne devras pas lutter, tu te laisseras aller comme si tu t’endormais».
Elle me semblait effrayée, inquiète, je la rassurais d’un regard bienveillant, ses paupières se fermèrent.
Il me fallut un peu plus de temps que prévu pour analyser l’étendue des dégâts. Les hémorragies étaient nombreuses, mortelles, ses os s’étaient brisés dans des angles terrifiants.
Six personnes s’affairaient fébrilement sur elle, je me concentrais sur ce cœur qui désirait ardemment survivre. Je le fis battre plus fort, sa vigueur resserra les tissus entre eux, une cicatrisation fulgurante électrisa chaque partie de son anatomie, jusqu’à se refermer devant les yeux éberlués du personnel aux alentours. Je pus enfin ouvrir les miens, le sang avait coagulé et collé les paupières.
Cela n’était pas aisé de commander à ce corps, certains mouvements m’étaient refusés, comme celui de lever une jambe ou la main. Des cris résonnèrent dans la pièce, répercutant de mauvais échos dans mes oreilles.
- Arrêtez ce vacarme, réussis-je à articuler quand je pus m’accaparer les mouvements de la tête. Vous appellerez ça un miracle.
Enfin, elle me donna la permission d’user de son corps dans son entier, mon âme, mon pouvoir s'épancha dans tout son être. Je me sentais enfin chez moi et me redressais vivement. A présent assise, nue, je contemplais certaines femmes s’évanouir.
- Allez-vous me laisser nue ou puis-je jouir d’une tenue plus convenable devant ces messieurs?
Une main tremblante me tendit une espèce de blouse blanche, alors que chaque bouche répétaient en écho «c’est impossible, mon Dieu, c’est impossible».
- Laissez Dieu tranquille, il n’a rien à voir là dedans.
Je me mis sur mes deux pieds et quittais les lieux. Cette guérison m’avait fortement affaiblie, je me sentais éparpillée un peu partout. J’ouvris une porte, par le pur hasard, elle renfermait une pièce qui servait de rangement pour les produits d’entretiens. Cela serait suffisant, je m’affalais à terre et laissais les commandes, je n’étais plus en état.
En retard sur le planning de publication, je posterai donc un double chapitre aujourd'hui.
Bonne lecture :)
Krista
Mes yeux s’ouvrirent dans un lieu que j'eus du mal à reconnaitre. Naturellement, je mis en branle les rouages de ma mémoire. Aussi pénible cet exercice fut il, avec cette douleur lancinante qui démarrait de mon front pour se répercuter dans la moindre cellule de mon cerveau. Je me souvenais d’être partie de l'hôpital, d’avoir pris la route pour le diner.
Merde! Le diner!
Je levais la main vers un bidon pour m’éclairer sur l’endroit, je remarquais avec effrois qu’elle était couverte de sang, de même pour mon bras...
Après un examen minutieux de ma personne, je me trouvais à moitié nue, blouse chirurgicale sur le dos, dans un local d’entretien, sans le moindre souvenir qui puisse m’indiquer qu’est ce que je foutais là?!
Putain de vampire!!!
Je cherchais des marques sur mes bras, mes jambes. Ils en laissent toujours. Aucune. Le néant. Si je n’avais pas tout ce sang sur moi, je pourrais même croire que je me trimballais toute simplement vêtue d’une blouse et que je jouais à cache-cache dans l'hôpital.
Je sautais sur mes pieds et me précipitais vers le lavabo, à moitié caché par des étagères chargées à bloc.
Pas de miroir.
Misère, ça n’allait pas être simple de vérifier si mon visage ressemblait encore à celui que j’avais toujours connu...
Je fis couler l’eau pour me nettoyer et vérifiais que derrière le sang, ne se cachent pas des vestiges à exploiter.
Mes jambes, mon ventre, mes bras, tout y passa et je n’avançais pas plus dans mon investigation. J’enfilais la tenue crasseuse, sentant la transpiration masculine à 15 mètres, qui pendait à une tringle à droite de l’évier.
Quand je sortis, le couloir grouillait de monde, en pleine effervescence, je me sentis oppressée. Je me mis à courir pour une raison inconnue. Mes pieds semblaient vouloir se mouvoir seuls et ils me conduisirent à l’extérieur.
Je me bloquais à quelques mètres de l'entrée. Il faisait nuit noire.
Deux gardiens de la sécurité me crièrent de ne plus bouger. Mes jambes se remirent en marche, gouvernées par une force invisible. Je courrais à en perdre haleine.
Durant de longues minutes, je cavalais dans des rues dont j’ignorais l’existence jusqu’alors, m’arrêtant finalement dans une impasse lugubre et sombre.
Je reprenais un souffle quasiment inexistant, mes poumons étaient en feu, mes muscles de même, je n’avais jamais couru aussi vite de ma vie. N’étant pas une athlète, j’inspirai difficilement en expirant comme un bœuf.
Je ne pouvais pas rester là, inactive, alors que les étoiles inondaient le ciel, sans savoir où je me trouvais. Ce qui commençait carrément à ressembler à un scénario de film d’horreur de mauvais goût.
Cette fois-ci, je pris la décision seule de me remettre en route, après plusieurs rues silencieuses, je reconnus mon quartier. Je hâtais le pas jusqu’à mon immeuble, composai le code de l’entrée et pris la clés sous mon paillasson.
Je n’eus pas le temps de me réchauffer que je pris conscience de l’ampleur terrifiante de la situation. Comment en étais-je arrivée là? Que s’était-il passé? Pourquoi le sang? Où était ma voiture? Mon cerveau surchauffait sous le poids de spéculations de plus en plus terrifiantes. Ma nervosité atteignit des sommets, j’en tombai dans les pommes.
Une voix s’éleva de la pénombre.
«Tu as eu un accident» m’annonça-t-elle avec douceur.
Je la connaissais, pour l’avoir déjà entendue, mais où? Quand?
« Tes souvenirs vont te revenir, je peux te les montrer si tu me le permets».
« Je suis chez moi?».
«Oui» affirma-t-elle simplement.
« Me permettrais-tu de te dégager ta mémoire pour que tu puisses y voir plus clair?».
«Je ne vois pas comment?» rétorquais-je au bord de l’hystérie.
Je me sentis soudainement transportée, je me vis dans ma voiture, roulant trop vite, jusqu’à être percutée par la fourgonnette.
Je me mis à crier, m’attendant à souffrir atrocement, sauf que rien ne vint, hormis l’obscurité.
«Alors je suis morte?!».
«Non, je t’ai sauvé».
« Qui êtes-vous? Vous êtes chez moi? Pourquoi il fait si noir?».
«Je te l’ai dis, tu t’es évanouie. Nous sommes dans le seul endroit qui me permet de te parler librement sans trop m’affaiblir, l’inconscience est un terrain fertile pour les âmes».
Je ne comprenais absolument plus rien à la teneur de la conversation, soit je virais schizo, soit je vivais une sorte d’expérience de mort imminente, un pied dans la tombe et l’autre dans une chambre d'hôpital.
« Je m’appelle Eve. Je suis une sorcière. Une sorcière qui n’a plus que son âme pour exister».
Bien, au moins, j’avais ma réponse, je plongeais dans la folie pure et dure.
« Tu allais mourir, je t’ai permis de guérir, de continuer à vivre. Je t’ai fais la promesse de venger la mort de tes parents. Je tiendrais cette promesse».
Putain de merde! Je devais être bien atteinte pour avoir ce genre de délire, aussi évolué.
« Comment pouvez-vous être dans ma tête? C’est impossible! Je suis folle!».
« Tu n’es pas folle Krista. Je ne suis pas simplement dans ta tête, je suis en toi, mon âme cohabite avec la tienne car c’est mon unique façon de vivre»
« Comme un parasite» la coupais-je brutalement.
Autant vivre le délire à fond et savoir ce qu’il en était, histoire qu’elle me tienne compagnie durant les années que j’allais vivre dans un asile psychiatrique.
« Tu peux le voir ainsi. Nous avons besoin l’une de l’autre».
« Je vivais très bien avec une seule âme auparavant merci!».
« Tu serais morte sans mon intervention. Ne veux-tu pas voir mourir les vampires qui ont anéanti ta vie?».
« Je ne sais même pas qui ils sont! Comment pourriez vous le savoir?!».
« Si tu as des objets appartement à tes parents, je les retrouverai. Tu dois me faire confiance, je ne te ferai aucun mal Krista».
Bien que cette proposition pue le piège à des kilomètres, je ne pouvais rester insensible à ces arguments. J’avais cherché à me venger durant des années, si elle me permettait de le faire, alors peut être que ma vie retrouverait un sens...
« Comment faire pour vous apporter les objets?».
Cette question pouvait paraitre complètement débile. Puisque cette «âme» n’existait que dans ma tête , mais à l’heure actuelle, c’était la plus sensée que j’avais en stock.
« Je te guiderai, je t’apprendrai à te servir de mon don».
« Quand est ce que je vais me réveiller?».
Je l’entendis sourire à son souffle.
« Dés que tu seras prête, ton corps autant que ton âme ont besoin de ce repos. A ton réveil, tu te souviendras de cette conversation, tu devras rester prudente».
«Pourquoi?» m'inquiétais-je d’emblée. Quand je disais que ça sentait mauvais, outre le fait, que je devenais barge.
« Ce qu’il s’est passé devant toutes ces personnes va te causer des ennuis, tu dois partir, ils vont te rechercher, ils voudront découvrir comment tu as pu guérir et je ne veux pas qu’ils te fassent du mal Krista».
Partir?! Je n’avais jamais quitté Denver de ma vie, même pour les vacances, mon monde s’arrêtait aux frontières de cette ville.
Voici la suite directe du paragraphe précédent. Je l'avais sans doute coupé au mauvais moment, mais je ne voyais pas trop où couper...
Merci pour vos touchants commentaires :)
Krista
Mes yeux papillonnèrent, un instant, jusqu’à s’ouvrirent sur mon salon. Rien n’avait bougé depuis mon départ pour le travail le matin même. Comment la journée avait elle pu autant merder?
Je ramenais mes genoux contre ma poitrine, d’aussi loin que mes souvenirs remontaient, j’aimais cette position défensive, protectrice. Je me trouvais dans une bulle, seule.
Sauf que je ne pouvais plus me targuer d’être l’unique habitante de cette «bulle», puisqu’une voix, s’appelant Eve, accessoirement une âme de sorcière, m’avait prise pour une maison en location...
Elle avait raison sur un point, je me souvenais de chaque mots que nous avions échangé. Ce qui n’était pas un gage de bonne santé mentale. Mon métier me poussait vers des hypothèses plus réalistes: oedème, hallucination, trauma,...
Pourtant, mon instinct m’intimait d’avoir confiance, il m’ordonnait aussi de bouger mon cul de ce tapis à 60$. Guérir miraculeusement d'un brutal accident de voiture allait m'attirer des ennuis, je devais être la proie de convoitise médicale et je devais déguerpir au plus vite.
Je courais jusqu'à mon dressing, remplis un sac de vêtement à la hâte, ainsi qu’une tenue propre et direction la douche.
Le jet brûlant m'aspergea et je criais de surprise. Tout en me frottant la moindre parcelle de peau, je remarquais qu'il n'y avait aucune cicatrice, pas la moindre marque qui prouverait que j'ai réchappé au pire.
Je sortis moins de cinq minutes plus tard, si on me recherchait, personne ne passerait ici avant un moment. J'avais déménagé trois semaines plus tôt et personnes ne connaissaient ma nouvelle adresse. Toutefois, m'éterniser me semblait proscrit.
Mon sac était prêt, quelques provisions aussi, que faire?
Je n'avais plus de voiture, j'étais comme fugitive et je souffrais probablement d'un choc post-traumatique puissant qui me faisait entendre des voix.
Harassée par ces faits épouvantables, je me forçais à réfléchir posément.
Premièrement, mes économies me permettraient d'acheter une voiture d'occasion pas trop pourrie, je pourrais vivre quelques semaines sans trop de soucis.
Deuxièmement, je devais quitter Denver, voir le colorado. J'avais bien quelques amies dans le vermont mais je ne me voyais pas partir aussi loin.
« Louisiane » me susurra la voix dans un recoin de ma tête.
Je fis un bond.
La Louisiane!
Une force intérieure me poussait à prendre cette destination, une sensation puissante que je n'arrivais pas à gérer. Alors j’obtempérais.
Une heure trente plus tard, j'avais vidé mon compte, mes épargnes et j'achetais une vieille toyota. Je pris la direction du Sud par l'autoroute 29.
Ce voyage promettait d'être long, surtout que je comptais bien m'arrêter à la tombée de la nuit pour me terrer dans le premier motel sur ma route, qu'importe qu'il soit infecté de punaise. J'avais pris trop de risque en peu de temps, beaucoup trop pour me confronter une nouvelle fois au surnaturel.
Je roulais douze heures avant mon premier arrêt, Kansas City, un diner à la sortie de la ville. La salle était vide et sentait un relan de moisissure et de bouffe malsaine. Pour moi, c'était limite une portion de paradis. N'avoir que du bitume pour compagnie parce qu'il n'y avait pas d'autoradio dans ce vieux taco et un souffle en moi qui me poussait vers un Sud que je ne connaissais que par mes cours de géographie, commençaient à me peser sévère.
J'avais quitté Denver, ma seule famille, sans les prévenir en plus, sous peu je serai placardée sur des affiches et portée disparue.
- Qu'est ce que j'vous sers? me questionna la serveuse avec un air affable.
- Un café répondis-je la voix serrée.
Il me ragaillardit un instant, puis mes angoisses reprirent le dessus. Je devrais sans doute me rendre, déballer toute l'histoire, devenir un rat de laboratoire.
« N'aies aucune crainte, je serai là pour toi » résonna une nouvelle fois la voix.
« Mais Putain! Je ne suis même pas sûre que tout ça soit réel Nom de Dieu! » lui répondis-je mentalement.
« Va dans les toilettes » m'ordonna-t-elle.
De mauvaise grâce, je m'y rendis. Un miroir crasseux, un lavabo tout aussi insalubre, je n'osais même pas ouvrir la porte battante des wc. Je m'observais un instant à travers la saleté. Des cernes dessinaient mes yeux, mon teint était livide, terne. Mes longs cheveux blond n'étaient qu'un pâle reflet de ce physique malade.
Un clignement de paupière plus tard, mon reflet disparu et laissa sa place à une rousse flamboyante. Un regard bleu envoûtant me jaugeait avec peine.
« Je suis navrée que tu te sentes aussi mal Krista » ses lèvres pulpeuses bougèrent, mais le son ne répercuta que dans mon esprit.
Impressionnée, je clignais fermement des paupières plusieurs fois, mais elle était toujours là. A ma place, dans ce miroir.
« Ca me coûte énormément de me montrer à toi, tu as besoin de croire en moi » expliqua-t-elle doucement.
Qu'elle ne veuille pas me brusquer était plutôt touchant, si je n'étais pas persuadée de perdre de plus en plus la boule.
« Tout ce que tu vis est réel, j'existe vraiment. Je vais t'aider à te sortir de cette mauvaise passe ».
« MAUVAISE PASSE?! » m'indignais-je dans mes pensées. « Je dois m'exiler, je n'ai plus d'identité à proprement parler, on va me rechercher, ma famille va mourir d'inquiétude et je parle à une voix dans ma tête! ».
Ses lèvres se pincèrent, elles ne formèrent qu'une fine ligne blanche.
« Tu n'as jamais considéré Kay et John comme ta famille. Depuis la mort tragique de tes parents, tu t'es toujours sentie orpheline. Je t'offre la possibilité de vivre une vie loin de l'ordinaire, de te venger, de ne plus être la femme fragile et inquiète dés que le soleil se couche, d'être forte, intouchable ».
Je baissais la tête, me venger...J'abdiquais, relâchant la pression sur mes épaules. A force de lutter en me demandant si j'étais folle, je me fatiguais attrocement. On dit que douter de nos délires est la preuve que nous sommes sain d'esprit...
« Bien » acceptais-je. « Que dois-je faire maintenant? ».
Elle me sourit largement, me couvant d'un regard quasiment maternel.
« D'abord tu dois changer d'apparence et comme je suis trop faible je ne pourrais utiliser mon don pour cela ».
« Ok... je peux faire ça... changer la couleur de mes cheveux... »pensais-je pour moi-même.
Perdre la blondeur angélique de ma mère me causait de la peine, ça restait préférable à une cellule capitonnée dans l'attente d'être charcutée.
Je fis quelques achats dans un supermarché et pris une chambre dans un motel à 25$.
Ma métamorphose faite, comprendre un brun profond qui rendait mes yeux encore plus vert, je me mis au lit.
Plusieurs fois, je me surpris à me réveiller, écoutant le grésillement de la machine à glaçon prés de ma porte, frissonnante malgré la chaleur suffocante du lieu.
Le lendemain, j'atterris à Shreveport, Lousiane. Une moyenne ville, divisée par la Red River, un endroit ensoleillé et plutôt sympa à regarder. Plus verdoyant que Denver, moins peuplé. Le soleil était au zénith, je garais la toyota devant un hotel situé face à la rivière. Les miroitements apaisant de l'eau m'avaient d'emblée attirés, la chambre me couterait plus cher que la dernière, mais la vue était splendide.
A l'intérieur de moi, Eve frétillait, comme si elle faisait des bonds dans tous mon corps, elle marquait son enthousiasme à chaque fois que je posais mes yeux sur les rues de la ville.
Connaissait-elle l'endroit?
Attends, arrête ton char Krista jusqu'à maintenant tu ne sombres pas dans la folie parce que tu as un infime espoir que tout ce merdier ne soit qu'un cauchemar foutrement réaliste! Fais abstraction de cette présence en toi...
Je parcourais la ville tranquillement, je découvrais un monde nouveau, même les gens me paraissaient venir d'un autre pays, ou alors, c'est moi qui donnait l'impression d'être un extraterrestre fraîchement débarquée sur terre et qui découvre un nouvel environnement.
J'aimais l'avenue principale, tout ce vert, ces boutiques d'un autre temps savamment mélangé à des architectures contemporaines. Shreveport me plaisait.
Le soleil amorça son déclin, je décidai de regagner l'hôtel. Je me mis au lit sans diner, des étoiles plein les yeux.
Eve
Je la sentais apaisée pour la première fois depuis que j'avais intégré son corps. Comment Shreveport avait pu lui offrir autant de confort en si peu de temps ? Comme si elle se sentait à la maison. Pourtant aucun souvenir n'en faisait mention, elle n'avait jamais quitté Denver... Je ne pouvais l'expliquer, c'était limite biologique.
Pour ma part, me retrouver ici depuis qu'Eric Northman avait mis fin aux jours de mon ancien corps me rendait euphorique. Je voulais le confronter, mais allait-elle m'autoriser à prendre le contrôle ? Je pouvais l'y forcer.... ce qui briserait sa confiance...
« Je savais que j'étais folle » annonça-t-elle, plongée dans un rêve où la verdure de Shreveport se mêlait aux scintillements de la Red River.
« Je suis toujours là, j'étais juste pensive... Un peu comme toi » ajoutai-je avec plaisir.
« A quoi pensez-vous ? » poursuivit-elle en caressant du bout des doigts l'herbe du parc Mansfield.
Je ne pouvais pas me matérialiser, même dans son esprit, cela me couterait trop d'énergie, je voulais en garder au cas où elle me laisserait le privilège de prendre les commandes. Alors je restai dans cette forme lumineuse et incandescente. Elle sursauta en m'observant avec attention, puis se laissa tomber en arrière.
« Je pensais aux différentes manières de procéder pour retrouver...»
« Chut » me coupa-t-elle. « S'il vous plait, je ne veux pas parler de ça. Aujourd'hui je me sens bien et c'est un luxe si rare que je veux encore le savourer ».
J'accédai à sa requête ; il était vrai que la voir souriante, changeait totalement sa physionomie.
« Pourrais-tu m'accorder une faveur ? ».
Ma voix avait été qu'un murmure ; je ne voulais pas la brusquer.
« Quel genre de faveur ? ».
« Celle qui me permettrait de prendre possession de ton corps pour m'y habituer ».
Sa peau fut rapidement recouverte de chair de poule.
« J'aime pas trop l'idée que vous ayez le contrôle de mon corps, comme si vous preniez ma place et que je n'existais plus ».
« Ce n'est absolument pas le cas ! » rétorquai-je.
« Pourtant, si », me renvoya-t-elle avec vigueur.
« J'ai besoin de toi pour exister c'est un fait, mais tu restes la seule dépositaire de ton enveloppe charnelle. C'est pour toi que ce corps a été créé, je ne fais que te l'emprunter un cours instant ».
« Appeler ça comme vous voulez, cet « emprunt » me met hors course et je ne sais pas si un jour vous n'allez pas décider de conserver le contrôle, de me tuer en quelque sorte... ».
Tant pis pour ma faiblesse ou le manque d'énergie, je me matérialisais à ses côtés. Elle me scruta avec intensité, les yeux écarquillés, une stupeur peinte sur ses traits.
« Merde ! Ca fait peur ! ».
« N'aie pas peur de moi », la rassurai-je. « Je voulais que tu voies à quel point je suis sincère ».
Sa main tremblota jusqu'à ma joue, qu'elle effleura de la pulpe de son index.
« Ce que je souhaite c'est transmettre mon art. Mon âme ne t'a pas choisi par hasard, tu as le don en toi ».
« Le don de quoi ? » s'informa-t-elle tout en observant le bout de ses doigts avec scepticisme.
« De la magie : cette puissance qui te guide, parfois te conseille, des sensations étranges qui sont autant de signaux qu'une force réside en toi ».
Un regard lourd de sens anima ses yeux émeraudes.
« Tu l'as déjà ressentie, n'est ce pas ? ».
Des larmes coulèrent, des sanglots silencieux l'animèrent. J'en fus terriblement attristée.
« Tu n'aurais pas pu les sauver Krista. Il y a au dessus de chaque humain, un destin, parfois cruel, mais inévitable », lui expliquai-je en espérant la rassurer sur la culpabilité qu'elle ressentait actuellement.
« Alors comment je peux me venger des vampires, mais pas sauver des humains ? ».
Je pris sa main dans la mienne, elle la reprit dans la seconde. Cette jeune femme n'était pas une adepte des démonstrations d'affections.
« On ne combat pas la mort. Il est vrai que tu pourras sauver des humains, sauf si leur heure est venue ».
« Si je vous laisse le contrôle de mon corps, ça sera pour me transmettre votre savoir ? ».
J'acquiesçai d'un hochement de tête.
« Je fais comme la dernière fois, comme si je m'endormais.... »
« Je t'en remercie Krista ».
J'allais revoir Eric Northman et il me faudrait probablement toute la volonté du monde pour ne pas l'éviscérer dans son club...
Merci à Annavamp pour sa correction :)
Bon Temps
Sookie Stakehouse
Quand le soleil se fut enfin couché, j'expirai, soulagée. Bill ne tarda pas à franchir ma porte d'entrée, le regard perplexe et désemparé. Étant d'un habituel plutôt taciturne, le voir aussi tourmenté n'était pas de bon augure. Le merdier dans lequel se trouvait Bon Temps le prouvait bien.
Un groupe de sorcière arpentait la ville, espérant tuer le plus de vampire possible, ne souffrant d'aucune pitié pour les personnes qu'elles blessaient dans leur guérilla.
Nous pouvons d'ailleurs remercier l'idiot d'Eric Northman qui avait tué notre seul espoir de survie.
- Tu peux me rappeler pourquoi Eric a tué la sorcière? demandai-je, une pointe d'agacement dans la voix.
Bill serra les mâchoires et les poings avant de déglutir pour répondre.
- Parce qu'elle l'a humilié.
Je lui lançai mon regard le plus noir.
- Je sais, reprit-il. Moi non plus je ne l'imaginais pas aussi attaché à ses cheveux... Il manque parfois d'humour.
- Bill ! Son caprice a coûté la vie à trois personnes ! De bonnes personnes, qui pensaient que l'intégration des vampires était possible et qui ont été sacrifiées pour l'exemple. Je ne trouve pas ça juste, elle aurait pu arranger la situation et Marnie ne serait qu'un mauvais souvenir.
Il me serra contre son torse de marbre et j'oubliai presque que j'étais morte de trouille, que chaque nuit les sirènes de police retentissaient, annonçant la mort d'une personne proche.
A Bon Temps, tout le monde se connaissait, c'était un peu une grande famille et la perte d'un habitant était un traumatisme pour chacun.
- Je te protégerai, Sookie, je t'en fais la promesse, m'assura Bill avant de sceller nos lèvres comme gage de sa bonne fois.
- Et qui te protégera ? On dit qu'elles ont mis au point un plan pour vous faire sortir au soleil !
- Ca n'arrivera pas, c'est impossible.Il avait beau y mettre force et conviction, dans ses yeux brillait une flamme nommée angoisse. Même si lui n'y croyait qu'à moitié, comment pourrions-nous, nous en sortir ?
D'un geste vif, il me saisit les hanches et sous mes genoux. Délicatement, il me déposa sur mon lit. J'avais besoin de me sentir en sécurité et Bill connaissait mon péché mignon. Faire l'amour n'était pas ce qui allait sauver Bon Temps du chaos, cependant, en ce qui me concerne, je me sentirais bien durant quelques minutes et c'était tout ce que je souhaitais à cet instant.A vitesse vampirique, j'étais déjà à demi nue, seule mon sous-vêtement me restait.
Sa langue se faufila entre mes seins, avant qu'il n'en profite pour mordiller mes pointes dressées de désir. Mon dos se cambra quand il mordit l'intérieur de ma cuisse gauche. Si la première impression était désagréable, elle laissait vite place à une sorte de mini-orgasme. Un picotement de plaisir pur dans le ventre qui m'envoyait vers les étoiles. Bill savait y faire, il alternait avec délice douces caresses et morsures sauvages.
Alors que nous nous enlacions, perdus dans une bulle d'extase et de bien-être, Jason débarqua en hurlant depuis le hall d'entrée.Bill s'était habillé en quelques secondes et des éclats de voix me parvenaient.- Ce genre de menace est courante depuis deux semaines, tempéra Bill face à un Jason survolté.
- C 'est ce que tu crois, mais elle monte d'un cran, la Marnie.
Je les retrouvais dans le salon, un nœud me serrant l'estomac. Les pensées de mon frère étaient agitées et désordonnées.
- Jason..., l’interpellais-je doucement. Où se trouve Marnie ?
Il se prit la tête entre les mains, se triturant les cheveux avec rage.
- J'en sais rien; elle se planque.
- Il faut contacter Eric, proposai-je à Bill.
Il secoua la tête négativement. Depuis que le Shérif l'avait obligé de transformer une humaine, Jessica, il préférait l'éviter. Ce que je pouvais comprendre, mais à l'heure actuelle, les gué-guerres entre shérifs et administrés me passaient au dessus de la tête. Je mourrais si je perdais Bill.
- Je vais retrouver Jessica pour faire le point.
Il m'embrassa une dernière fois et je formulai mentalement le souhait que ce rapide baiser n'allait pas être le dernier.
- Jason, essaie de contacter Tara, lui ordonnai-je.
- On arrête pas d'essayer; Lafayette l'appelle vingt fois par jour : son portable est coupé.
- Marnie a besoin d'un endroit discret...
- On n'est même pas sûr que ça soit à Bon Temps affirma-t-il, dépité.
- Tu es Shérif adjoint, maintenant; tu peux fouiller les maisons abandonnées.
Aussi surprenant soit-il, il acquiesça derechef. Jason avait trouvé sa voie l'année dernière, alors que, imbriqué dans la secte du révérend Newlin, un pasteur anti-vampire, il s'était découvert une envie de protéger et servir. Je l'avais épaulé à chaque étape et je le voyais beaucoup plus épanoui. Néanmoins, dans les temps qui courent, personne ne pouvait se sentir en sûreté.
Profitant que Bill ne soit pas là pour m'empêcher de suivre mes instincts, je pris ma veste sur la paterne dans l'entrée ainsi que mes clés de voiture.Si Bill n'informait pas Eric, je m'en chargerais; il me devait bien ça. J'avais retrouvé son créateur, risquant ma vie et, quoi qu'en pense Bill, Eric avait lui aussi ses failles. Il n'était pas l'être froid qu'il laissait paraître.
Eve
Le Fangtasia n'avait pas été difficile à trouver. J'avais suivi à bonne distance un couple de vampires, discutant du pauvre humain qu'ils pourraient se mettre sous les crocs ce soir. Je ne m’y étais pas rendue avec mon ancien corps. J’étais restée sagement à Bon Temps, discutant la plupart du temps avec Holy, une wiccane, qui fréquentait alors, le cercle de Marnie.
Il m’était évident que Marnie, au vue de ces desseins envers les vampires, ait été certainement la suivante sur la liste d’Eric.
C'était la faire-valoir d'Eric qui surveillait l'entrée. Elle me jaugea une milliseconde ; son attention s'était vite reportée sur les jeunes adolescents qui tentaient de passer outre son radar. L'extravagance du lieu me donna une légère nausée. Le lieu était ostentatoire et ridicule ; « repère de vampire » aurait pu être tatoué sur les murs tant tout y était d'un mauvais goût glauque.
Je m'installai dans un coin plus ou moins obscure, avec une vue sur le trône au milieu de l'estrade. Aucun doute que ce fauteuil « royal » appartenait à sa majesté « je me crois arrivé parce que j'ai les crocs depuis plus de mille ans ».
Pathétique buveur de sang... D'ailleurs où était-il? Je fis un bref tour de salle du regard, je ne voyais pas boucle-d'or.
Rectification, il venait d'arriver, regard vide, comme s'il venait de subir une trépanation et que rien n'avait de sens à ses yeux, des cheveux plus court que le soir où il m'avait tuée. Je sentis Krista remuer, elle sentait ma fureur gagner du terrain. Je me calmai aussi vite que je le pus ; je ne voulais pas qu'elle se fasse du soucis.
Une petite blonde, que j’avais déjà aperçu une ou deux fois au Merlotte, celle qui fréquentait le vampire du coin, Bill Compton, déboula dans mon champs de vision, elle se précipita vers l'estrade de l'homme à l'égo sur-dimensionné. Son pas assuré m'étonna, ce qui surprit aussi boucle d'or.
Il me fallut canaliser mon pouvoir pour faire abstraction des bruits parasites et me concentrer sur leur conversation.
- Tu es le shérif, tu leur dois protection ! s'emporta la petite blonde menue.
Eric ne sourcilla pas, il se contenta de lui balancer un sourire carnassier.
- Rien ne me prouve que les sorcières fomentent de nous exterminer demain...
- Elles ne se cachent même plus pour vous tuer ! Vous attendez quoi ?! Une éclipse ?!
Alors Marnie n'avait pas péri... Information intéressante, bien que terrifiante. Les vampires laissaient les sorcières en paix si tant est que nous ne nous côtoyons pas, ce que nous apprécions d'ailleurs à plus d'un titre. Elle allait définitivement trop loin et il me faudrait intervenir.
- Ne me perds pas le respect, Sookie. C'est une bande d'hystérique avec des boules de cristal, je ne les crains pas.
Elle serra les poings, et moi les mâchoires. Je n'aimais pas qu'on nous ridiculise de cette façon. Notre art était aussi vieux que ce monde. Eric méritait la mort ultime qui l'attendait!
- Quand tu flamberas comme une allumette que l'on vient de craquer, tu auras ta preuve!
- Continue d'être aussi furieuse, tu es bien plus excitante.
Je perdis ma connexion quand un vampire vint polluer ma vision. Tout de cuir vêtus, un regard salace et pour le moins équivoque, je lui coulai un regard noir, pour ne pas dire furieux.
- Je peux t'offrir un verre ?
Sa proposition faite, il arborait un sourire de vainqueur, fier de son effet. Je levai mon sourcil gauche, marquant assez explicitement mon exaspération.
- Bien, poursuivit-il en perdant de sa superbe. Voudrais-tu m'offrir un rafraîchissement, dans ce cas?
Ses yeux marron glissèrent sur ma gorge, objet de son désir.
- Non, me forçai-je à lui répondre.
Il en fut agacé et plaqua sa main sur la table, furibond.
- Tu n'es pas vampire et tu n'offres pas ton sang ! Pourquoi es-tu ici?
Je ne pus empêcher un sourire, amusée par cette situation.
- Pour l'ambiance, répondis-je sans me départir de mon sourire.
- Je pourrais t'obliger à te mettre à genou devant moi.
Je perdis toute trace d'amusement, à présent ; il me tapait carrément sur le système.
- Tu pourrais essayer... mais tu serais déçu.
Il n'était pas transformé, le vampire qui serait capable de m'hypnotiser.
D'un geste vif, il me saisit le poignet, m'avançant prés de son visage. Une force émana de lui, elle atteignit mes barrières, sans me faire flancher, bien qu'une faille me fit trembler. Je n'étais pas assez forte et, heureusement pour moi, lui non plus. Sa transformation devait être récente ; un vieux vampire aurait pu faire ce qu'il voulait de moi.
- Dégage ! l'envoyai-je bouler en reprenant mon bras.
La blonde sculpturale se matérialisa à notre droite.
- Je ne veux pas d'esclandre dans mon bar.
La progéniture de boucle d'or était tout aussi hermétique et figée que lui. Comme si avoir des expressions faciales leur était prohibé.
- Peut être faudrait-il interdire l'entrée aux vampires qui ne comprennent pas que « non », signifie que l'on n'est pas intéressé.
- Ce sont les humains qui se voient filtrés ici ; si notre présence t'importune il serait plus judicieux que tu ailles voir ailleurs.
- Avec plaisir, répondis-je en me levant.
Ce petit événement m'avait fait rater la blondinette et son laïus, je n'apprendrais rien de plus ce soir. Je jetai un dernier regard vers Monsieur le Grand Seigneur des Lieux. Il était imperturbable, captivé par la danseuse, se déhanchant lascivement devant lui.
La blonde m'escorta jusqu'à la sortie.
- Tu peux oublier le chemin, tu n'es plus la bienvenue.
- Ça ne sera pas une grande perte dans ma vie, raillai-je.
Elle me tourna le dos sans plus de cérémonie.
Je n'avais fait que quelques pas quand boucle d'or vint me barrer le chemin. Sa grande stature lui offrait un certain charisme, retirez lui 20 centimètres, il ferait sans doute moins le fier...
- Pourquoi es-tu venue ici ?
Il était entré dans le vif du sujet.
- J'étais curieuse.
Je baissai les yeux ; il ne fallait pas être démasquée de suite.
- Tu n'as donc aucun instinct de survie ? plaisanta-t-il, sans sourire toute fois.
Il fit le tour de ma personne, m'observant sous toutes les coutures.
- J'aime assez qu'on me résiste et je t'aurais déjà prise si je ne craignais pas que tu sois une sorcière inconsciente qui vient espionner l'ennemi, supputa-t-il.
- Parce que les sorcières existent aussi... y'a quoi d'autre sur Terre ? Des loup-garous..., E.T?... bluffai-je avec aplomb.
Il s'y méprit.
- Reprends ta route, il n'y a rien de bon pour toi ici.
Je ne me fis pas prier et rentrai à l’hôtel au pas de course. Il me fallut lutter pour garder le contrôle, je me sentais faiblir à chaque mouvement. Une fois allongée sur le lit, je rejoignis Krista dans son rêve. Elle nageait dans une piscine turquoise. Les lieux ressemblaient fortement à la Grèce antique. Des colonnes de marbres aux quatre coins, des statuts de Déesses. Elle riait aux éclats, surprise, je m'approchai doucement. Une tête blonde émergea de l'eau. Je crus défaillir en reconnaissant Eric Northman, vraisemblablement nu. Elle ne pouvait pas le connaître, c'était absolument impossible. Mes barrières devaient être trop faible, elle avait dû le voir dans mes souvenirs. Je ne pouvais pas laisser passer une telle inconscience.
« Je vais rester silencieuse un moment Krista » lui dis-je, ma voix était lointaine, presque d'outre-tombe.
Elle arrêta tout mouvement, se tournant dans tous les sens pour m'apercevoir.
« Pourquoi ? » s'écria-t-elle en repoussant les avances d'Eric.
« J'ai besoin de récupérer, mon énergie s'amenuise ».
Sur ces paroles, je me sentis partir dans le néant, je l'entendis à peine me crier de revenir, de rester. Elle était effrayée.
Un grand merci à Annavamp pour sa correction. J'espère, à présent, pouvoir récupérer assez vite les chapitres déjà écrit sur mon pc qui a rendu l'âme.
Ce n'était pas la première fois qu'un rêve était aussi férocement réaliste. Le plus troublant était que je ne connaissais absolument pas cet homme et qu'il m'avait fait des choses inavouables durant un long et à la fois, trop court instant. Alors que je m'étendais dans un lit plus confortable que le précédent, je remarquai que la nuit était encore bien installée. Inutile d'espérer me rendormir, même si ce n'était pas l'envie qui me manquait de me retrouver nue contre lui.
J'avais en tête les dernières paroles d'Eve. Autant l'avouer, j'en étais perturbée. Je ne m'étais pas encore faite à l'idée qu'elle existe dans ma tête qu'elle disparaissait déjà. Pour un temps, avait-elle dit...
Je m'adossai contre la tête de lit en chêne massif et me saisis de la télécommande. Je ne voulais pas me sentir seule, éloignée de tout repère ; un programme télé débile serait une présence tout à fait acceptable, au vu des circonstances. L'écran s'alluma sur des publicités, dont une qui attira mon attention.
L'homme blond de mes rêves se présentait sous mes yeux.
« Pitié, pas Eric... pas Eric.... ».
- Je suis Eric Northman, gérant du Fangtasia...
Putain de merde ! Là c'en était trop. Une entité squattait mon corps, mon amant le temps d'un rêve existait réellement, et en plus il fallait que ce soit un vampire !
Je me mis à prier pour que je sois toujours dans mon rêve, mais le bleu sur ma cuisse après m'être pincée m'en affirma le contraire. Je commençais sérieusement à suffoquer. Je vivais dans un stress permanent et j'étais en train de péter les plombs. Mue d'un courage que je ne me connaissais pas auparavant, j'enfilai un jean, un débardeur, ma veste et sortis de la chambre.
Si ce Eric existait, si Eve était une sorcière, si j'étais devenue un réceptacle à emmerdes depuis quelques jours, je ne pouvais plus en supporter d'avantage. Je devais me débarrasser d'elle, la refiler à qui le voudra, n'importe qui, pourvu que je retrouve un semblant de vie normale. Je marchais le long de la Red River, il faisait doux et, malgré le ciel d'un noir d'encre, je n'avais aucune peur. Je pouvais bien me faire attaquer, ça ne serait qu'une preuve de plus ; une malédiction s'était abattue sur moi.
J'arpentais l'avenue principale, puis les secondaires, jusqu'à me retrouver dans une impasse. J'avais suivi un chemin aléatoire et je m'étonnais de tomber sur un néon clignotant « Fangtasia ». Je ressentis un frisson monstrueux. Un bar à vampires. Un bar à vampires appartenant à Eric Northman, Eric Northman qui avait fait des actes licencieux avec moi dans une piscine.
- Encore toi, grogna une blonde beaucoup trop parfaite pour être humaine.
- On se connaît ? articulai-je péniblement.
Elle transpirait le danger. Ses crocs sortirent dés qu'elle ouvrit sa bouche. Je me retins de me faire dessus. Avant qu'elle n'esquisse tout mouvement, un groupe de femmes arriva bruyamment, et la blonde se retrouva face contre terre. Elle se débattait fermement, mais une main invisible la maintenait.
- VAMPIRES ! hurla la plus âgée des femmes (elles n'étaient que 5 ou 6, mais semblaient déterminées).
Eric Northman fut le plus rapide à sortir, et ses crocs à lui étaient aussi de sortis, luisants.
- Vieille folle ! Relâche-la, ou je t'arrache le coeur dans la seconde.
Elle se mit à rire. J'aurais sans doute rampé à ses pieds, vu le ton froid et l'attitude terrifiante qu'il avait, toutefois, elle le toisait avec une lueur féroce dans les yeux.
- Tu n'es pas en mesure de proférer une quelconque menace.
Un craquement ébranla la poitrine de la blonde à terre, elle se mit à hurler comme une démente.
- Crois-moi, je te tuerai, poursuivit Eric, sans se départir de cette lueur de prédateur dans les yeux.
- Où est-elle ? Nous savons que tu la retiens !
- Elle est partie, se contenta-t-il de lui cracher au visage, comme un venin.
Je vis la cage thoracique de la blonde qui s'affaissait plus encore, elle n'avait même plus le souffle pour crier.
- Tu mens, continua-t-elle calmement. Où la caches-tu ?
- On ne cache pas un cadavre, on l'enterre, conclut-il avant de plonger vers elle.
Il était rapide, mais elle arma son bras, et je vis des crépitements dans le creux de sa main, comme des étincelles avant un brasier. Les flammes atteignirent Eric (des flammes étranges aux reflets d'argent). Je ne saurais expliquer ce qui me prit, mais je me mis debout pour m'interposer, levant une main vers Eric, qui s'écroula à terre, et vers la femme, qui se retrouva à genou. Le groupe entoura la femme, et pour une raison inexpliquée, je relevai Eric et le forçai à courir.
Traverser la ville avec un poids quasiment mort d'1m90 vous fais prendre conscience que vous n'êtes qu'une pauvre femme fragile qui n'aurait jamais dû sécher les cours de sport au secondaire.
Étonnamment, le hall de l’hôtel état désert. Personne pour tenir la porte battante de l'entrée et personne derrière le pupitre d'accueil. J'aurais dû m'en inquiéter, mais au lieu de ça, j'accueillis cette nouvelle comme une aubaine et me ruai difficilement jusqu'aux cages d’ascenseur. Plaquant le vampire contre le mur en bronze de l'espace confiné. J'expirai, soulagée de ne plus avoir ce poids, mais, trop vite, nous sommes arrivés à mon étage et je dus reprendre ma tâche. Durant la longue route du bar à ma chambre d’hôtel, je ruminais ma propre stupidité. On ne sauve pas la vie d'un vampire, on ne se met pas à dos une femme capable de tenir en joug une force de la nature. Je le balançai sur le lit sans ménagement, un son rauque s'éleva de sa gorge.
- Désolée m'entendis-je dire à un vampire.
J'aurais dû le laisser mourir dans d'atroce souffrance. Ce n'était qu'un rêve, qui ne voulait rien dire, en plus. Ma bonne conscience m'ordonnait de le laisser croupir là et de mettre les voiles, la mauvaise m'obligea à ouvrir les boutons de sa chemise pour voir l'étendue des dégâts. Les flammes avaient atteint son torse sur deux bons centimètres de profondeur, laissant une chair tuméfiée, brûlée, qui continuait à s'embraser par endroit. C'était l'argent qui rongeait les tissus et le faisait atrocement souffrir.
- Tu étais bien une sorcière inconsciente qui était venue espionner, soupira-t-il en tentant de se remettre debout.
Je le plaquai d'un geste de la main sur le matelas.
- On ne s'est jamais rencontré, répondis-je avec sincérité tout en retirant les paillettes d'argent qui inondaient sa plaie béante.
- Aurais-tu des problèmes de mémoire ?
Son regard noir me tétanisa, mais je continuai ma tâche pour occuper mes mains et mon esprit.
- Je vais démembrer tes copines et ça sera loin d'être beau à voir, attaqua-t-il quand la douleur atteignit son paroxysme.
- Ce ne sont pas mes amies, je ne vous ai jamais vue avant ce soir.
Par deux fois, il m'interpellait sur ce fait et bien avant lui, la blonde à l'entrée de son bar en avait fait tout autant. Une hypothèse brumeuse se forma dans mon esprit et je risquai un coup d'oeil dans sa direction. Son regard septique en disait long sur le peu de crédit qu'il apportait à ma réponse.
- A qui ai-je donc parlé ? Une jumelle ?
Il n'avait pas élevé la voix, restant prostré dans une position antalgique. Un mince sourire pervers étira sa bouche.
- Remarque, j'aime l'idée...
- J'entends vos pensées cochonnes d'ici, le grondai-je, avec de gros yeux en prime.
Il me rendit un sourire franc, ce qui eut le don de me remémorer mon rêve. Merde ! Non !
- Je te trouble ? questionna-t-il, nonchalant.
Cette attirance n'aurait jamais dû exister, surtout si mon idée était correcte : Eve avait mit les pieds dans ce bar cette nuit et par malchance, je m'y étais rendue par la suite. Autrement dit, nous n'aurions jamais dû nous rencontrer, je n'aurais jamais dû lui sauver sa « non-vie » de vampire. Je devais déguerpir d'ici et ne pas répondre avec un amusement frivole à sa lubricité équivoque.
- Il y a plus d'un avantage à prendre du plaisir avec un vampire, poursuivit-il en essayant de capter mon regard avec ses deux billes d'un bleu étincelant.
Je maintenais ma tête fermement baissée sur son torse à vif. Il était hors de question que je lui accorde le privilège de m'hypnotiser pour qu'il assouvisse ses fantasmes malsains.
- Les seuls avantages que je vois sont tous à votre convenance, lui répondis-je tout de même, pour qu'il sache que malgré sa sculpturale beauté, on ne me la faisait pas, à moi.
Il fronça les sourcils et finit par comprendre.
- Les morsures sont loin d'être indispensables.
- Tout comme le sexe, répliquai-je, sans pouvoir retenir un sourire discret.
Il avança sa main droite pour dégager un pan de mes cheveux, il les plaça sur mon épaule.
- Alors guéris-moi, m'imposa-t-il, à présent distant et autoritaire.
J'arrêtai de triturer ma compresse sanguinolente.
- Je ne vois pas le rapport...
Je marquai mon incompréhension d'un froncement de sourcils. Il leva les yeux au ciel et grimaça quand, pour la vingtième fois, il tenta vainement de se redresser.
- Je vais être clair, dans ce cas. Tu es une sorcière, c'est une des tiennes qui m'a infligé ceci ; il pointa de son index la plaie. Guéris-moi.
- Je ne suis pas une sorcière ! me justifiai-je avec véhémence.
Son regard azur me toisa un instant, je le sentis glisser sur mon visage, puis il perdit patience.
- Tu as sans doute une explication pour m'avoir plaqué au sol en plein élan.
Là... à l'heure actuelle... aucune. Un coup de vent ? Un coup de chance pour lui ? Peu importe, je ne savais pas d'où ça m'était venu, ni comment le soigner. Nous étions dans une impasse.
- Vas-tu te décider avant que je ne me désagrège sur ton lit ?!
Je me levai, mettant de la distance entre nous. Je ne voulais pas être à portée de crocs, ni à portée de quoi que ce soit d'autre, avec ce que je m'apprêtais à lui dire.
- Je ne peux pas vous soigner. Je ne sais pas comment j'ai fait, murmurai-je, piteuse.
De plus, t'es qu'un enfoiré de vampire autoritaire et prétentieux, j'vois pas pourquoi je t'aiderais !
Évidemment, cette tirade, je la gardai dans un coin bien rangé de ma tête.
- J'ai fréquenté les humains depuis de nombreux siècles... Soit tu es une excellente menteuse, soit j'ai des soucis plus grands que je ne les avais envisagé... Je vais donc mourir ici, affirma-t-il avec un soupçon de regret mâtiné d'une fureur froide et contenue. Ramène-moi au Fangtasia; Pam me sera beaucoup plus utile que toi, m'ordonna-t-il avec un ton qui ne laissait aucune place au doute, celui là même, sensé me faire courir ventre à terre pour le reconduire dans ses quartiers.
- Dans ce cas, elle pourra aussi ramener ses fesses ici pour venir vous chercher, lui balançai-je sans contrôler les tressautements de ma voix terrifiée à l'idée de désobéir à un vampire de quasiment deux mètres et tout en muscles.
En une quinzaine de seconde, j'avais bourré mes vêtements dans mon sac, sans pouvoir empêcher mon corps de trembler comme une feuille.
J'attrapai la clinche de la porte et le regardai une dernière fois avant de quitter les lieux. Il paraissait si frêle, baigné dans son sang au milieu de ce lit king size.
- Si tu quittes cette chambre, je te retrouvai et tu prieras n'importe quelles idoles que je sois clément pour t'achever rapidement.
Sa voix avait claqué dans l'air comme un coup de fouet. Il ne m'impressionnait pas, il n'était plus qu'une loque, un vampire agonisant.
- Alors permettez moi de faire une dernière chose pour votre confort... votre majesté, raillai-je avec le restant de mes forces.
D'un pas vif, j'allai ouvrir les tentures des fenêtres. Dés que l'aube pointerait, il aurait un bel aperçu depuis le lit.
- ON SE RETROUVERA ! s'époumona-t-il d'une voix de ténor qui fit autant trembler les murs que ma carcasse.
Je hâtai plus encore le pas, dans le couloir douillé, au couleur nuancé de rose et de chocolat.
- Compte là-dessus, lui répondis-je tout bas.
Un grand merci à Annavamp, pour cette correction parfaite et aussi d'être si réactive pour la relecture. J'espère sincéremment que vous apprécierez ce paragraphe, qu'il sera clair pour vous (sinon, vous pouvez me poser toutes les questions que vous souhaitez sur le forum adéquat "Episodes virtuels", je me ferai un plaisir de vous répondre).
Krista
Se retrouver sans toit au dessus de la tête dans une ville inconnue était le summum de l'horreur, pire quand ça arrivait aux petites lueurs du jour. Mon sac bien calé sur mon dos, j'arpentais l'avenue principale en souhaitant tomber sur un hôtel.
Cependant, à chaque fois que je me trouvais devant une de leurs entrées, je me tétanisais, ne trouvant pas que le chemin parcouru entre le vampire fou furieux qui allait se trouver à mes trousses sous peu et moi était assez long .
Seulement s'il survit, tentai-je de me rassurer.
Mon intuition n'était guère conciliante, selon elle, il s'en sortirait, non seulement furieux, mais plus assoiffé de vengeance que jamais. Déjà qu'il m'impliquait dans un groupuscule d’extrémiste suicidaire... J'étais dans de sales drap et, si ma vie n'était pas déjà aussi pathétique, j'en pleurerais.
Sauf que je n'avais pas le temps de verser une larme ; décamper loin et vite était devenu mon principal objectif de la journée. Puisque, comme chacun sait, les vampires dorment la journée et nous, pauvres mortels, pouvons mettre à profit ce temps pour vaquer à nos occupations d'êtres périssables.
Le soleil était haut dans le ciel quand j'atterris à la gare centrale de la ville. Dans ma hâte de quitter l'hôtel, j'en avais oublié mes clés de voiture et après avoir marché autant, je ne me voyais pas refaire le chemin du retour. J'avais été pétrifiée à l'idée de laisser une odeur, une trace, n'importe quoi d'exploitable pour un vampire avide de mon sang.
J'observai scrupuleusement le tableau d'affichage. La plupart des grandes villes de ce pays étaient affichées. Je vis New-York clignoter. J'étais déjà venue jusqu'ici, je pouvais bien pousser ma folle aventure plus loin. De plus c'était le seul car qui partait dans la prochaine demi-heure et qui proposait aussi loin.
Une fois mon billet en poche, je m'autorisai à souffler un peu devant un café fumant. Le Derby Coffee accueillait une trentaine de personnes, toutes à leurs propres pensées. On ne me remarqua pas, ce qui me soulagea ; je voulais passer inaperçue.
J'entamai mon café en résistant à l'envie d'ouvrir un journal, de peur de voir ma photo en grand format, avec un avis de recherche en marge. Je ne pouvais occulter que j'étais aussi recherchée par une équipe médicale, Kay et John, ainsi que la police, très probablement.
Je me sentis tellement suffoquer que je dus courir jusqu'aux toilettes pour me passer de l'eau sur le visage. Les larmes avaient fait leur chemin seules et sans ma permission. Peu importe. Si je ne me laissais pas aller à péter un plomb maintenant, quand pourrais-je le faire ? Quand je serais un rat de laboratoire ? Quand Eric Northman planterait bien profond ses crocs pour extraire ma vie directement à la source ?
- Qui es-tu ? me questionna-t-on de derrière.
J'aurais pu hurler de stupéfaction, mais au lieu de ça, je me tournai lentement, lasse de découvrir qui avait bien pu me reconnaître.
C'était la vieille dingo qui avait attaqué le bar du vampire avec sa clique.
- Je n'ai pas envie d'être mêlée à vos histoires, d'ailleurs j'ai un bus à prendre.
Je priai qu'elle ne me suive pas jusqu'au car pour y noter l'itinéraire. Elle me stoppa en se plaçant juste devant la porte. D'ailleurs, comment avait-elle fait pour entrer ? Je n'avais pas entendu la porte s'ouvrir.
- Les vampires sont des abominations, ils doivent être exterminées pour le bien de tous, renchérit-elle.
- Vous avez des flammes qui vous jaillissent des mains, ce qui ne vous sauvera pas devant une armée de vampires... ils vous tueront.
Elle m'offrit un sourire qui signifiait : « gamine, je vais te donner une leçon, alors ouvre bien tes oreilles ».
Je perdis patience, d'autant plus que mon départ était prévu pour moins de dix minutes.
- L'attaque de front d'hier était fortuite. Nous pensions qu'il détenait l'une des nôtres, ce qui... tu l'as sans doute entendu... est une erreur. Puisqu'il l'a tuée sans éprouver la moindre compassion.
- Loin de moi l'idée d'entrer dans un quelconque débat et, même si j'éprouve du regret pour vous, je ne vois pas en quoi je suis impliquée dans ceci, répliquai-je, pressée d'en finir.
- Tu as sauvé le vampire ! s'emporta-t-elle, plus terrifiante que jamais.
- Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça ! m'écriai-je en retour. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais plus intervenir, je me casse d'ici et vous pouvez faire flamber autant de vampire que vous voulez ; j'en ai vraiment rien à faire !
Sur ces bonnes paroles, je la dépassai et respirai à nouveau l'air frais de l'extérieur avec plaisir. Je n'avais même pas remarqué que ma respiration s'était coupée par le stress.
- Je suis désolée mais tu ne pars pas, m'intima-t-elle en me prenant par le bras.
Elle avait beau avoir 30 ans de plus que moi, sa force surpassait la mienne. Ce qui devait être surnaturel. Elle me tira comme une poupée de chiffon et je ne pus crier pour appeler à l'aide, comme si ma bouche était en plomb, mes mâchoires soudées entre elles. En quelques longues enjambées, nous étions derrière le pupitre de l'accueil.
- Ce qui va se passer demain est trop important pour que je cours un risque et ton pouvoir est impressionnant, tu pourras sûrement m'être d'une aide capitale.
Sa main droite, celle qui ne me tenait pas le bras de façon brutale à la limite de me l'arracher, effectuait des mouvements étranges. Le mur de parpaing devint flou, un cercle brumeux s'agrandissait à mesure. Son centre était d'une noirceur d'ébène. Moi vivante, j'entrerais pas là dedans !
Je n'eus pas le choix ; elle m'y pressa en me poussant.
- As-tu déjà expérimenté les portails ? m'interrogea-t-elle pour la forme, car nous marchions dans les ténèbres, comme en apesanteur et que ma bouche était toujours inutilisable.
Je m'obligeai à fermer les yeux, puis la pression sur mon biceps se relâcha, je découvris un sous-sol humide, éclairé par des centaines de bougies. Des symboles ornaient tous les murs de la pièce, j'y reconnu un pentagramme (car comme toutes adolescentes j'avais regardé Charmed) lors de sa diffusion, les autres m'étaient inconnus.
Dans le recoin le plus obscur de la pièce se trouvaient ses acolytes, tout du moins s'était ce que je pensais avant de les voir recluses, les jambes ramenées à elles, pétrifiées par la terreur.
- C'est votre hobby d'enlever des gens et de les séquestrer ici ? ne pus-je m'empêcher de dire quand je pus à nouveau faire fonctionner ma langue.
- Avant ta rencontre d'hier, elles m'étaient entièrement dévouées ; tu les as effrayée !
- T'es complètement folle Marnie, c'est ça qui nous fait flipper ! rugit une voix dans les ténèbres.
Puis, une silhouette se détacha de l'ombre. Sa peau brune était luisante sous la transpiration et frémissante sous la colère.
- Vous vouliez autant que moi détruire des vampires ! persifla la vieille en serrant les poings, de rage.
- Pas du tout ! Tu as formé un cercle de pratiquantes que tu as converties de force, tempêta une autre fille qui, elle, ne bougea pas du coin sombre.
Marnie, car s'était ainsi qu'il fallait la nommer, leva la main gauche, baragouinant une phrase que je ne compris pas mais dont je vis les effets. La fille à la peau couleur chocolat se trouva à genou, tête baissée, épaules voûtées, incapable d'aucun autres mouvements.
- Quand le sort que tu nous as jeté ne fera plus effet, je te botterai le cul ! ragea la brune.
- Vous ne pouvez pas retenir des personnes en otage ! C'est illégal ! m'emportai-je en me ruant vers la fille à genoux.
Marnie laissa échapper un petit rire (un rire de démente), et je pris peur. Rien n'arrêterait cette femme temps qu'elle n'aura pas obtenu ce qu'elle désirait, quitte à perdre des vies humaines dans son délire.
Alors je tombai moi aussi à genoux et me mis à crier mentalement aussi fort que je pus : « Eve ! » Espérant que ça la ferait revenir aussi vite que possible. Et pourquoi pas tout de suite ?
Rien ne se produisit ; j'étais abominablement seule et anéantie. Elle était une sorcière ! Elle pourrait m'aider ! Mais non, l fallait qu'elle soit partie Dieu seul sait où !
Alors que j'abandonnais tout espoir de l'entendre me dire quoi faire ou de lui laisser champs libre de ma personne, la brune à côté de moi décida de faire les présentations.
- Je suis Tara, se présenta-t-elle, dans sa posture grotesque, courbée face au sol.
- Krista, répondis-je, avant d'enchaîner aussi vite : C'est quoi ce bordel ? Elle attend quoi de vous ?
Enfin ses membres se relâchèrent et elle délia doucement ses jambes pour se redresser. Elle soupira d'épuisement.
- Notre énergie... elle en a besoin pour les faire sortir au soleil demain, m'expliqua-t-elle avec fureur.
- Les faire sortir... les vampires ? Elle est barge ! Et si ça marche pas ? C'est le bain de sang assuré !
Elle me lança un regard désespéré, parce que cette hypothèse n'était pas qu'une simple spéculation pour elle, elle la vivait d'heure en heure.
- On n'a pas le choix ; soit on lui obéit, soit elle nous y contraint.
Procédé somme toute dégueulasse, qui me donna rapidement envie de rendre le café du Derby dans la seconde. Je ne pouvais décemment pas tomber sur des personnes saines d'esprit qui allaient m'apporter une aide bénéfique. Tous les timbrés du monde, surnaturels ou pas, avaient décidé de faire de ma vie un enfer.
- Il y a peut être un moyen de se tirer d'ici ? murmurai-je d'une voix de conspiratrice en observant les alentours pour voir si Marny était dans les parages.
Elle n'y était pas, mais où était-elle, dans ce cas ? Selon toute vraisemblance, il n'y avait pas de porte.
- Le portail ! m'écriai-je en coupant la parole à Tara par la même occasion.
- Il n'y a qu'elle qui sait les faire apparaître ; on est bloqués.
Après une heure à tourner en rond, selon la définition la plus littérale du terme, je tombai sur mes fesses, près des autres. J'étais éreintée, trop de pression en si peu de temps me ruinait aussi bien physiquement que mentalement. Alors je me murai dans mon esprit, appelant Eve, la cherchant dans ma tête.
Marnie revint avec des bouteilles d'eau, deux heures, peut être plus, plus tard. Elle nous informa que la nuit était tombée et que nous devions nous reposer pour être en forme demain. Elle détailla son plan.
On réaliserait un cercle dans le parc qui bordaient cette cachette de fortune, nous devrions réciter les incantations d'usages qu'elle avait prit soin de noter sur un papier qui passait de main en main. Puis nous devrions relâcher notre énergie pour que le rituel fonctionne. Quand le papier griffonné de ses pattes de mouche me tomba dans la main, je refusai d'en lire une seule ligne. Je ne voulais pas cautionner la moindre partie de son plan. Elle me le reprit, le fourra dans la main de Tara et me força à me lever.
Décidément, elle avait une force herculéenne ! Y avait-il des stéroïdes pour sorcière ?
Prestement, elle ouvrit un nouveau portail et je humai avec délice l'air pur de la nuit. Habituée à frissonner une fois l'obscurité installée, je ne pus m'empêcher de m'alarmer mentalement.
Elle n'eut pas connaissance de mon trouble, car elle observait les alentours avec suspicion et précaution.
Son inspection faite, elle pivota d'un bref mouvement de talon. Ses petits yeux de fouines me jaugèrent sévèrement. Son expression me crachait au visage que je lui paraissais bien inoffensive, voir inutile. Toutefois, elle était curieuse.
- Es-tu de ces sorcières qui vend ses pouvoirs aux vampires ? me demanda-t-elle d'une voix sifflante, tant elle était dégoûtée d'avoir à me poser la question.
Je secouai négativement la tête, tentant de repérer les lieux et de créer une éventuelle fuite.
- Alors je ne m'explique pas pourquoi tu as protégé Eric Northman, le vampire le plus détestable que je connaisse, répliqua-t-elle, belliqueuse.
J'allais lui répondre d'aller se faire voir, car j'en avais carrément marre qu'elle me pose cette question. Surtout que je ne pouvais pas admettre de l'avoir aidé par sympathie, ni de l'avoir laissé mourir par couardise. J'étais juste là, mon cerveau détraqué avait fait le reste.
Sa main se mit à vibrer de colère. Je courbai l'échine, m'attendant à une sentence terrible, comme celle qui avait frappé le vampire à la poitrine.
Un soupir glacé s'échappa de ses lèvres ; elle ne voulait pas gâcher mes dons. Elle se sentit obligée de m'expliquer comment les vampires brûleraient dés que l'aube s’élèverait. Je ressentis le même frisson qui m'avait parcourue la nuit précédente, alors j'envoyai ma main vers elle de toutes mes forces, et elle vola sur plusieurs mètres dans les airs, avant de s'effondrer au sol dans un bruit de craquements osseux désagréable.
J'espère que cette fois-ci se sera correct. N'ayant eu que peu de retour j'espère que cette histoire vous plait.