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Série : True Blood
Création : 30.10.2012 à 19h23
Auteur : Heaven25
Statut : Abandonnée
« Une alternative à la saison 4 » Heaven25
Cette fanfic compte déjà 12 paragraphes
Chapitre 10
Je me mis à courir, piquant un sprint qu'aucun sportif ne m'envierait pas. En quelques secondes, je me retrouvais dans une ruelle déserte. Je poursuivais ma course sans me retourner, d'ailleurs, je n'avais jamais compris pourquoi il le faisait dans les films d'horreur... Quand tu as un psychopathe qui te poursuit tu t'arrêtes qu'une fois en sûreté, le regarder gagnait du terrain ne sauve pas ta vie! Après plusieurs minutes d'une course épuisante, je tombais sur le Fangtasia.
Oh merde! Je vis la blonde à l'entrée et restais volontairement dans l'ombre. Il ne fallut que peu de temps avant qu'un de ses congénères ne viennent m'aborder. Mon raisonnement fut alors simple. Marny m'avait retrouvé à la gare centrale par je ne sais quel moyen à sa portée, elle ne va pas risquer de se pointer ici la veille de la réalisation de son rituel, sauf si... je me trouvais seule et plus ou moins éloignée des vampires. Alors je lui souris, sourire qui tenait plus lieu de grimace déformé par le dégoût qu'autre chose. Puisque nous ne sommes que des poche de sang pour eux, il ne se formalisa pas et me proposa de s'amuser un peu.
D'un vague mouvement de tête, il m'indiqua l'entrée du bar. Je lui indiquais que non, mon petit coin sombre ferait aussi l'affaire. J'avais conscience d'envoyer au feu la plupart de mes principes, de mes valeurs, de mes règles de conduite, mais bordel! Je voulais vivre par dessus tout.
- tu vas m'offrir un peu de ton sang ma jolie?
Mon estomac remonta jusqu'à ma gorge, la bile irradia mon palais. A choisir, je préférais encore les relations sexuelles non consenties, mon sang était trop précieux à mes yeux et sa race avait déjà siphonné celui de mes parents, ce qui était beaucoup trop pour moi. Je vis ses crocs luire à la lumière de la lune.
-non! Hurlais-je.
Ce qui eut pour effet de voir débarquer la blonde en un quart de seconde. Elle congédia le vampire, puis, malheureusement, me reconnut.
-oh! Fit-elle amusée.
Sa bouche pulpeuse avait conservé la forme du « o », un sourire carnassier prit possession de son visage. Je me mordais la joue pour ne pas crier à nouveau.
- Eric va être vraiment ravi de te revoir... souri-t-elle.
Elle m'escorta jusqu'à un bureau, situé derrière l'estrade du bar. Je ne prêtais pas attention aux lieux, préférant mémoriser le chemin, histoire de savoir dans quelle direction courir le moment venu. Moment qui ne tarderait pas à arriver, mon corps le sentait, le danger rôdait tout autour de moi.
Eric était allongé sur un lit d’appoint, les yeux fermés, la bouche crispée de douleur. Il devait réfléchir aux tortures les plus cruelles qu'il m'infligerait... j'en déglutissais avec peine, ce qui lui fit ouvrir un oeil. Il me jaugea avec une animosité primale qui me glaça le sang, puis il offrit un sourire bienveillant à Pam, son prénom m'était revenu subitement.
- Pam, ton cadeau est grandement apprécié.
Elle eut une moue embarassée sans vraiment l'être.
- elle est revenue d'elle-même.
- L'inconsciente, s'amusa-t-il.
- Elle s'encanaillait dans un coin avec Wesley... un choix déplorable...
Il tenta un vrai sourire qui le fit grogner de douleur.
- l'instinct de survie n'a pas du être livrée chez elle, supputa-t-il.
Ils commençaient à me taper sur le système, à parler en faisant abstraction de ma présence et rendant le supplice atrocement long et invivable.
- finissez-en tout de suite, vous entendre blablater comme deux copines m'ennuie, osais-je railler.
Finalement, il n'avait peut être pas tord, j'étais inconsciente d'oser leur parler ainsi.
- Pam... amène la au sous-sol, je ne suis pas en état, lui ordonna-t-il.
Elle agrippa le haut du bras, là où Marny avait déjà posé ses griffes, endroit le plus douloureux de ma personne à l'heure actuelle. Je grimaçais et un feulement de douleur franchit mes lèvres que je maintenais fermement closes.
- est ce que je peux la mettre en condition pour toi?
- Ne l'abîme pas trop, je veux m'en occuper personnellement, l'autorisa-t-il.
Le sous-sol du bar était encore plus glauque que celui de Marny. Déjà il y faisait noir comme dans un four, ensuite à l'odeur de moisissure ambiante, il y avait plus que de l'eau croupie, comme du sang et des larmes de désespoir. Elle avançait en vitesse accélérée, elle m'attacha les poignées à des chaines pendantes, du plafond très certainement, les chevilles aussi. Dans des gestes tout aussi vifs, elle m'arracha presque tout mes vêtements, sauf mes sous-vêtements.
- j'ai des jouets fétiches tu sais... m'indiqua-t-elle alors que je grelottais sous le froid.
Pensait-elle réellement que j'allais causer accessoire de torture avec elle? Je priais pour qu'Eve se réveille une fois de plus. Bordel! Si je m'en sortais vivante, je l'enverrai chier!
- tes amies et toi commençaient à me les courir, poursuivit-elle en faisant aller son ongle acéré sur la peau de mon ventre.
Je sentis l'incision avec précision et me mis à hurler comme une démente.
- voyons, ce n'est qu'une mise en bouche, me souffla-t-elle avec un sourire dans la voix contre mon oreille.
Je ne crois pas être capable de supporter beaucoup plus en terme de souffrance. Mes yeux se révulsèrent quand elle fit courir ses cinq doigts. Mon corps entier entrait en résonance, mes mains tremblèrent et les chaînes volèrent en éclat, je tombais lourdement à terre, je balançais ma main dans sa probable direction. Elle en fut tellement surprise qu'elle n'ouvrit même pas la bouche pour réagir, les chaînes s'enroulèrent autour d'elle.
- je serai bien contente que vous cramiez tous demain! Lui crachais-je mauvaise.
- Qu'elle est vilaine, affirma Eric du haut des escaliers de béton que j'apercevais grâce aux lumières diffuses du bar.
Il n’était pas sensé agonisé sur sa couchette celui-là?!
- pourquoi allons nous cramer demain? S'enquit-il de se ton de prédateur séduisant et légèrement blasé.
Rêve connard! Je me reculais jusqu'à sentir le mur froid dans mon dos nu. Détail oublié qui me revenait avec force à présent. Je devais remettre la main sur mes fringues si je voulais sortir en courant de ce bar de façon décente.
- ne me force pas à descendre te mettre une fessée, me gronda-t-il comme un père qui réprimande son enfant.
Son ton léger m'affolait bien plus que ces cris de rage de l'hôtel.
- détache Pam, elle risque d'être beaucoup plus hargneuse que moi et tu n'aimerais pas la subir quand elle est dans cet état là...
Je ne relevais pas sa tentative douteuse de plaisanterie et envoyais ma main vers lui. Il restait imperturbable en haut des marches, se demandant ce qu'il devait bien me prendre de balançer ma main dans le vide comme une idiote. Visiblement, je n'arrivais plus à rien. Je pris la décision de négocier pour ma vie.
- Si je vous dis ce que je sais sur Marny, je repars d'ici sur mes deux pieds? Proposais-je la voix tremblante.
- Non, répondit-il d'un ton qui ne laissait aucune place au doute.
- Alors pourquoi je vous dirai quoi que ce soit?! M'énervais-je en me couvrant les seins, parce que même dans le noir le plus complet, j'étais certaine qu'il pouvait avoir une vue assez intéressante de ma personne.
- Je ne te ferai pas souffrir inutilement si tu parles... Bien que...Si j'ai bien compris ta sorcière a l'intention de nous faire flamber, ce qui me révèle l'information que nous attendions... ça se passera demain.
Il se détourna et prit la direction de la sortie.
- Finalement... pour ta propre sécurité... ne libère pas Pam.
J'entendis la blonde remuer fortement dans ses chaînes et grogner diverses choses que je ne compris pas.
- Est ce que vous avez une idée de ce qu'il va se passer demain?! Mettant toutes mes forces dans une bataille perdue d'avance.
- Elle va tenter de nous faire sortir au soleil, répondit-il lasse.
- Vous allez être arraché de vos cercueils, ça sera plus fort que vous, incontrôlable, vous marcherez vers votre propre mort.
- Et comment compte-t-elle réaliser ce miracle? Ironisa-t-il, sans feindre son intérêt toutefois.
- Un rituel annonçais-je simplement, ma voix ne tremblait plus, ce qui la rendait pleine d'une assurance que je n'avais pas.
- Suis moi ordonna-t-il, je ne te le demanderai pas deux fois.
- Ce n'est pas parce que 90% des clients de ce bouge traînent à moitié à poil que ça va être mon cas.
Il médita ma phrase un trop long moment, je sentais son regard glisser sur moi, puis il s’éclipsa une poignée de seconde et me balança un t-shirt. Je l'enfilais prestement et le rejoignais dans les escaliers. Il avait un regard goguenard outranciers, je me sentis à la fois rougir et pleine de haine.
Je le suivi à nouveau jusqu'au bureau, il s'affala sur le lit avec nonchalance.
- les vampires ne sont pas sensés guérir rapidement... murmurais-je étonné que ce ne fusse pas le cas.
- Habituellement...oui... mais figures toi que recevoir une boule de feu fait d'argent en plein dans la poitrine ne nous fait pas danser la gigue...
Bien malgré moi, j'eus envie de sourire à sa remarque, cependant, il embraya sur le vrai sujet de conversation, le seul qui avait véritablement de l’intérêt pour lui.
- est ce que tu peux mettre un terme au rituel qu'elle prépare... ce qui dans ton cas... serait grandement apprécié.
Mes hochements de tête lui indiquèrent que non.
- non tu ne peux pas ou non tu ne veux pas? Insista-t-il.
- Je ne peux pas, soupirais-je dépitée de ne pas pouvoir me venir en aide.
Il dégaina si rapidement son téléphone que je ne le vis qu'une fois contre son oreille.
- attachez vous s'il le faut, il ne faut pas que vous puissiez sortir de vos cercueils dés l'aube.
Ses mises en garde durèrent longtemps, tellement que ma vessie se rappela à moi, ainsi que ma soif et mon envie de fuir. Le pourrais-je? Après tout il était occupé et regardait dans une autre direction.
Je risquais un pas et me tournais, un hoquet de stupeur m'arracha la cage thoracique, il était debout, face à moi, un sourire en coin égayant sa bouche.
- N'y pense pas me prévint-il, je n'en n'ai pas encore fini avec toi.
Mon doigt vint appuyer contre un de ces pansements que je devinais sous son débardeur noir moulant.
- et là ça fait mal?
Ca lui arracha un grognement de douleur et signa très probablement mon arrêt de mort. Sauf que l'atmosphère autour de nous devint lourde et malsaine. J'avais toujours mon doigt sur son torse, lui un regard chargé d'envie et de brutalité. Il expira un air frais sur mon visage. Était-ce une réminiscence de mon rêve tordu de la veille? Je me sentais électrisée par son corps puissant, comme si chacune de mes terminaisons nerveuses l'appelaient, le quémandaient, le réclamaient avec force. Il ressentit mon trouble et sa main s'abattit sur le bas de mon dos. J'entrais alors en combustion, devenant si chaude que je craignais de finir véritablement en flamme sous ses doigts. D'un geste appuyé il me plaqua contre lui, je respirais son parfum polaire. Une senteur inédite, qui me fit chavirer dans un tourbillon de sensation extrasensorielles puissantes. J'allais entourer sa nuque de mes mains quand son portable sonna et mit fin à cette incartade délirante. Je repris mes esprits et voulu m'éloigner.
- Quel dommage... me dit-il sans qu'il ne paraisse nullement regretter de devoir décrocher son portable.
Comme un échos à mes propres pensées tourmentées, Wake up d'Arcade Fire s'élevait des enceintes du bar. Il s'était éloigné jusqu'à sa couche, sachant que je ne ferai pas un pas sans qu'il ne puisse intervenir dans la seconde, je me blottis contre le mur.
L'attente fébrile dans laquelle me laissait son appel, m'obligea à analyser quelque peu la situation. Une seule conclusion me venait : quelque chose déraillait chez moi quand ce vampire était dans les parages.
Outre le fait que son physique ne laisserait aucune femelle de cette planète indifférente, il avait ce petit plus, qui se produisait quand nous étions proche, comme un crépitement dans l'air. Ce qui, je le reconnaissais avec raison, était totalement débile, voir inconscient.
Puisque mes réflexions ne menaient à rien de tangible (sauf espérer qu'il se dénude dans un délais assez bref), je me mis à observer son bureau. D'un gris sobre et professionnel, il ne disposait d'aucune fenêtre, ce qui était facilement compréhensible. Son bureau, en chêne sombre, était simple, sans artifice. A l'air du tout informatique, je me surpris à ne pas y voir un ordinateur rutilant. Peut être était-il resté à des appareils d'un autre temps qu'il maîtrisait plus.
"Tu délires Kris... Il a un portable, il doit bien savoir se servir d'un ordinateur."
J'accordais ce point à ma bonne conscience, qui faisait son come-back. Je fouillais une dernière fois ma cervelle épuisée pour y trouver un plan de génie. Cette voix de la raison ne souhaitais pas restée, hormis pour un sarcasme ou deux.
- Peux-tu me dire où se terre ta sorcière ?
Je m'accordais le minimum de réflexion.
- Je n'ai pas noté le chemin parcouru, mais ça ne doit pas être si loin d'ici.
- Pourquoi ? Questionna-t-il plus intéressé qu'il ne l'avait jamais été en ma présence.
- En sortant de sa cave, j'ai du parcourir 2 ou 3 kilomètres...maximum...
Il passa une main sur son torse, comme s'il essayait de visualiser son état de santé par celle-ci. Un pincement intérieur me saisit. Et si le vampire n'était pas assez puissant pour mettre un terme au projet de Marny la barge ? Et si après s'être occupée de son cas, elle envisage de s'occuper du mien ? Arriverai-je à la maîtriser comme je l'avais fais un peu plus tôt ? Il y avait beaucoup de spéculations pour mon propre bien. Néanmoins, je n'avais pas le choix que de subir. Alors, j'enfilais prestement un jogging quatre fois trop grand pour moi et referme un gilet à zip jusqu'à mon cou. Orné du slogan « Le fangtasia : le bar qui a du mordant », j'avais l'allure d'une de ces groupies de vampires que je répudiais au plus au point.
Malgré sa faiblesse, il fendait la nuit à pas vifs, des pas de vampires qui ont une vision nocturne excellente et la conscience d'être des machines invincibles. On s'arrêta à l'entrée du boulevard, jouxtant le bar. Quelques curieux avaient dû le reconnaître et l'observaient avec déférence et envie.
- descend au sous-sol, délivre Pam et dis lui de rester au bar pour surveiller. Je veux qu'elle prépare notre couche pour demain.
- Heu... ai-je dit simplement, ahurie par ces propos.
- Bien maître, répondit un homme derrière mon dos, ce qui eut le don de me faire sursauter.
Je n'eus pas le temps de me tourner que l'homme (certainement le vampire) de l'ombre s'était déjà rendu au bar. La porte de celui-ci claqua dans la nuit, mes os s'entrechoquèrent dans ma carcasse. J'étais frigorifiée, la peur me glaçait le sang. Eric, cet immense vampire, m'observait interdit. Il grogna.
- dépêchons nous, l'aube approche. Indique moi le chemin que tu as pris.
Son ordre avait été vif et péremptoire. Je lui indiquais le chemin à gauche, car il me semblait bien avoir couru dans cette direction.
Après une ou deux heures de recherches actives, nous n'avions rien trouvé qui ressemble de prés ou de loin à la cache de Marny. Le vampire était dans une colère noire et j'essayais de me cacher dans son ombre, le suivant à la trace mais surtout dans son dos.
Le moment où il m'arracherait la tête d'exaspération arriverait sous peu. Je le sentais à mesure qu'il crachait sa haine, tantôt à voix haute, tantôt dans une langue qui m'était inconnue mais terrifiante.
Puis au croisement du bar et du boulevard, il me souleva par dessous mon épaule meurtrie, mes pieds touchaient à peine terre et je pleurais. Il me traînait vers le bar comme une poupée de chiffon sans aucune consistance. J'aurais voulu implorer sa pitié, ou même un semblant de clémence, une part de moi me hurlait que c'était inutile. Il n'y avait plus une once de compassion dans cet homme. Il fendit la foule agglutinée devant le bar, aussi vif que l'air. Je fermais les yeux, je ne voulais pas voir ma propre mort en face. Je ne voulais pas ressentir la morsure de ses crocs meurtriers extraire mon sang à la source. Je ne voulais tout bonnement pas mourir mais cela était inévitable.
Je sentis mon corps quitter terre, voler à travers une pièce et exploser contre un mur avant de s'effondrer sur un matelas rugueux.
- Tu ne m'es d'aucune foutue utilité, rugit-il depuis l'autre bout de la pièce.
Des larmes silencieuses s'écoulaient librement et en cascade sur mes genoux. J'ouvris mes yeux, finalement, je voulais voir la mort en face. Je n'aurais pas la lâcheté d'attendre qu'elle me fauche. Il devait voir l'être abominable qu'il était.
Il arma son poing, je le fusillais du regard, tremblante mais féroce.
- Ne fais pas ça, surgit Pam derrière son dos.
Il ne dit rien, se contentant d'attendre au dessus de moi, tout crocs dehors.
- S'il doit y avoir une bataille avec la saleté de sorcière qui veut notre peau, elle sera à notre solde.
En quelques secondes, il congédia la blonde, il me souleva sommairement et m'attacha à une chaise.
Il s'installa sur le lit d'appoint, j'expirai un souffle trop longtemps contenu. Je sentis que mes mains n'étaient pas bien attachées, il y avait un jeu dans les cordes, un espace qui me permettrait même de les extirper. Ca ne pouvait pas être involontaire, avec sa force surhumaine, il devait l'avoir fait sciemment, toute la question était de savoir pourquoi ?
Je le vis prendre des chaînes d'argents, ses doigts fumèrent et la pièce empesta la chair calcinée. Il en installa une tout autour de son abdomen nu et de son cou. Prisonnier sur son lit, j'en profitais pour libérer une main. Sous peu le soleil s’élèverait, sous peu je pourrai fuir loin de lui.
Je suis navrée Anna de ne pas avoir attendu que tu ais corrigé l'épisode. Toutefois l'attente est déjà longue pour les personnes qui lisent et j'ai juste le temps de poster.
Cette histoire n'est en rien oubliée, je continue toujours son écriture et je la poursuivrai jusqu'à la fin. J'espère que cet épisode vous a plu. j'aimerai pouvoir revenir discuter ici avec vous plus souvent, ça me manque.
A bientôt
Heaven
Ce tas de muscle blond souffrait atrocement. Il exultait sa haine envers le monde entier. Les minutes devinrent des heures et le soleil émergeait à l'horizon. Je le sus car le vampire se mit à somnoler difficilement. Le sang gouttait depuis ses plaies jusqu'à sa moquette grise. Je détachai ma deuxième main, sa gorge entièrement dévastée par l'argent, lui ôtait ses possibilités de parler. J'allais partir, ma main était sur la poignée de la porte, même lui le comprit. Son soupire me fit frémir de la tête au pied; il s'était résigné à mon départ.
Mes pieds s'ancrèrent au sol. Eric Northman ne m'avait pas tuée, il m'offrait la possibilité de m'enfuir...
Un cri guttural s'arracha du fin fond de sa gorge. Si jamais un jour je m'étais demandée comment un simple métal pouvait immobiliser un vampire, j'en avais maintenant la vision en direct.
Les maillons l'immobilisaient tant bien que mal, comme s'il ne faisait plus qu'un avec le matelas, ses jambes se soulevaient pour se ruer à l'extérieur, mais le haut, son ventre, son torse étaient maintenus.
Cette scène ne semblait pas vouloir s'arrêter, il hurlait dans cette langue étrangère et je compris que c'étaient des ordres qui m'étaient dédiés. On aurait dit un fauve, un animal si sauvage qu'il pouvait mettre en pièce n'importe quoi et surtout... à mon plus grand désarroi, n'importe qui. Il crachait du sang, la chaîne de son cou l'avait entaillé si profondément que je pouvais voir les os de sa trachée se mouvoir ensemble.
Il parvint après de nombreuses tentatives à extraire sa main gauche. La peau avait entièrement disparue et il la tendait vers moi.
Mon cerveau venait encore de se déconnecter de la réalité, j’agissais sous l'impulsion de mon inconscient. Mes jambes se mirent de part et d'autre de lui, j'attrapais la main et la remis sous la chaîne.
Il jura, dans ma langue cette fois-ci.
- Putain ! Ca fait trop mal !
- Tu préfères les doux rayons du soleil qui te carboniseront sur place ? fis-je avec sarcasme.
Dans un moment pareil, on se demande même comment on en vient à trouver la situation normale, voir risible ?
Je m'étais sentie mourir je ne sais combien de fois au cours de la nuit, ma liste d'ennemis s'était allongée plus que dangereusement, je manquais de sommeil, malgré moi, mon estomac criait famine, j'avais entre mes jambes un vampire que la rage rendait assoiffé. Définitivement, ce n'était pas de ces moments promptes au sarcasme, et pourtant...
- Détache moi ! me commanda-t-il en donnant un coup de rein qui me fit voler de quelques centimètres au dessus de lui.
- Non ! lui répondis-je avec fougue.
Un autre coup de rein et je volais plus haut. Il n'en démordrait pas; tant mieux, moi non plus !
- Mieux que des montagnes Russes, Eric Northman, ajoutais-je avec un sourire.
Honte sur moi, c'était un vrai sourire...
Il se stoppa et me jaugea de ses yeux d'un bleu acier baignés de larme de sang.
- Serais-tu en train de te moquer de moi ?
Sa voix était éraillée, le ton faussement accusateur.
- Aussi fou que ça puisse être, je n'ai pas envie que...tu...vous, me repris-je aussi vite, mouriez.
- Pourquoi ?Il eut les plus grandes difficultés à poser sa question, car un nouveau spasme parcourut son corps dans son entièreté et il s'arqua pour s'arracher de ses chaînes.
Si seulement je savais pourquoi ? Une partie de moi était révulsée de mon comportement et aurait préféré mourir plutôt que de l'aider, une autre aurait choisi de mourir pour lui... Était-ce Eve qui voulait le sauver ?
Cette hypothèse m'était venue comme un éclair dans un ciel d'été, si bleu et limpide. Elle me paraissait tellement évidente à présent. Qui d'autre qu'elle ? Dans mon ancienne vie, comprendre celle où j'étais infirmière, où jamais je ne mettais un pied dehors une fois la nuit venue, où il n'y avait qu'une voix dans ma tête, jamais je n'aurais secouru Eric Northman. Cela ne pouvait donc venir que d'elle.
Cette réponse ne le satisferait pas, cette intime conviction me permettrait de garder la vie sauve si je tenais ma langue, j'en étais certaine.
- Je ne me l'explique pas, lui répondis-je après un trop long moment, pendant lequel il reprit ses suppliques et ses coups de reins.
Mon bassin devint douloureux, sa vigueur était en cause, je plaquai mes deux mains sur chacune de ses épaules et le repoussai de toutes mes forces.
- Calme-toi, nom de Dieu !
- Il faut que je sorte ! me renvoya-t-il, hargneux.
Je n'aurais jamais le dessus sur un vampire aussi fort, mes possibilités étaient plus que minces. Un quart de seconde, il se calma, je lui jetai un regard septique. Ainsi penchée au dessus de lui, il avait de moi une vue plus qu'idéale sur le décolleté que m'offrait le t-shirt baillant de son bar. Spectacle qui avait au moins le mérite d'apaiser son envie de servir de barbecue.
Ce qui ne dura qu'un temps : il se reprit, je plaquai alors ma bouche sur la sienne. La première sensation qui me saisit fut le goût acide du sang, l’âpreté de ses lèvres gercées, tailladées par ses crocs toujours sortis. Puis vint un dégoût, il n'avait plus rien de l'apparence humaine dont les vampires peuvent se targuer. Il n'était plus qu'un corps flou, une vision cauchemardesque, où le rouge carmin prédominait. Je me forçai à fermer les yeux pour ne plus voir les siens où les vaisseaux avaient éclaté sous la pression.
Mon esprit prit les commandes et s'imagina une toute autre illusion. Plus de plaies sanguinolentes, de cheveux hirsutes et de cris. Il était allongé sur une serviette près du bord d'une piscine. La même que dans mon rêve, celle avec les colonnes antiques de couleur crème. Son corps me brûlait, j'entrais en combustion à chaque fois que ses lèvres venaient à l'assaut des miennes. Il m'embrassait avec une fougue nerveuse, rendant le baiser extrême et urgent. Mes cuisses nues se serrèrent sur ses hanches, sa dureté m'intima un mouvement de rotation appuyé et régulier. J’étouffais des soupirs de contentement quand il soulevait ses flancs pour s'enfoncer un peu plus loin en moi. Mon souffle se fit rare, je sentis sa bouche se frayer un chemin sur ma gorge, jusqu'à mes seins lourds de plaisir. Il pétrit une de mes pointes avec sa langue, l'aspirant goulûment. Un faible cri m'échappa et je m'enfonçai sur lui. Je détestais mes vêtements en cet instant, j'aurais voulu être nue, entièrement à sa merci, le voir me prendre d'un coup de reins, le sentir m’écarteler, au lieu de ça, je souffrai de n'avoir que ces frictions sans le plaisir ultime.
Le moment aurait été idyllique. Je sentais même un début d'orgasme s’épancher en moi, prenant naissance au creux de mes reins. Au lieu de ça, il me mordit, je hurlais et ouvris mes yeux. Ses crocs ruisselaient de mon sang. Ma main se porta à ma gorge et je sautais du lit.
Je le regardais comme si je voyais sa vraie nature pour la première fois. J'étais à genoux au sol, les deux plaies sur ma gorge déversant un filet de sang entre mes doigts. Il ne s'excusa pas, on pourrait même dire qu'il m'en voulait de ne pas l'avoir laissé poursuivre. Je me blottis dans un coin coin de la pièce, entre son immense bureau de bois sombre et de métal et la bibliothèque fermée par deux portes vitrées. Le verre avait été brisé lors de son énervement de la nuit précédente, quand il avait voulu me tuer...
Durant une dizaine de minute, je n'entendis que cris et chaînes s'entrechoquer. Le silence se fit enfin, le sang commençait à sécher sur mon cou.
- Je ne ressens plus le besoin de sortir, m'informa-t-il d'une voix caverneuse.
Je ne bougeai pas d'un cil. Je me sentais faible, épuisée par ces événements plus terrifiants les uns que les autres.
- Où es-tu ? questionna-t-il en tentant de se redresser.
Du moins, s'était ce qui me semblait le plus évident au son des ressorts du matelas qui s’affaissaient.
- Tu m'as mordu...
Pourquoi le lui dire puisqu'il était le premier intéressé ? Il devait savoir que je lui en voulais. Il m'avait blessé, il n'aurait pas dû.
« C'est un vampire ma vieille, tu t'attendais à quoi ? » se moqua délibérément ma conscience à nouveau retrouvée.
- Tu m'as excité...
Ce qui, dans sa bouche, tenait lieu d'excuse et d'argument. Je vivais l'inimaginable. Je m'étais promis de ne jamais me faire mordre par un vampire et je venais d'en chevaucher un avec l'envie d'aller bien plus loin qu'un baiser.
Je veux rentrer chez moi, je veux me réfugier chez Kay et John, je veux retourner au travail et écouter les histoires de bar des collègues en me disant que ça serait bien de sortir de mon trou la nuit venue. Je veux me souvenir des plaisirs simple que j'avais, prendre un bain et m'endormir dedans, boire un chocolat chaud en regardant la pluie se déverser sur la ville, marcher sous les rayons ardents d'un soleil de plomb et penser que ces foutus vampires parasites ne connaissent pas cette joie. Je veux me réveiller et me dire « Ouf ! Tout ceci n'était qu'un cauchemar, mais c'est terminé maintenant ».
- Peux-tu venir me délivrer... s'il te plaît...
Le son de sa voix était si serré que je compris que ça lui coûtait de s'humilier pour demander avec politesse ce qu'il aurait craché avec véhémence au premier de ses sous-fifres.
- Non !
- Je ne te mordrai pas ! me coupa-t-il avec impatience.
Mon dos s'encastra plus encore dans le mur. Il fallait que je le fasse, pourtant. Quand le soleil se coucherait, Pam, son animal de compagnie, viendrait le faire et je ne voudrais pas être à ma place quand il se vengera de l'avoir laissé se consumer sous l'argent.
- C'est peut être un piège de Marny... vous faire croire qu'elle a terminé...pour mieux reprendre...
Même si mon argumentation était hasardeuse, hésitante, j'y voyais un moyen de grappiller quelques minutes supplémentaires de sûreté.
- Je veux prendre le risque... je suis épuisé, j'ai besoin de dormir, tu garderas une chaîne sur toi...
Échec et mat. Je me traînai à genoux jusqu'à me relever péniblement à un mètre du lit. Il n'était pas beau à voir, à chaque fois que sa peau cherchait à se régénérer miraculeusement, l'argent la taillait à vif.
J'entrepris de détacher sa gorge, sans ménagement, je tirai d'un coup ferme et la peau resta attachée aux maillons. Le faible contenu de mon estomac remonta jusqu'à ma gorge et je toussais pour l'évacuer sans réussir. L'odeur était un supplice, il me somma de poursuivre avec celle autour de son abdomen, celle qui avait causé le plus de dégâts sur sa personne.
- J'y vais, le prévins-je, sachant que ça serait hautement plus douloureux que la petite autour de sa gorge.
Il serra les dents, je tirai et une bandelette de peau écarlate pendouilla dessus. Cette fois-ci fut la bonne, je vomis dans la corbeille à papier sur ma gauche. Il ne s'était pas redressé, il jurait, crachait, grognait. J'essuyai ma bouche pâteuse d'un revers de main.
- Garde la chaîne, si je ressens...
- Je sais, le coupai-je à mon tour en avalant péniblement ma salive.
Sa peau commençait déjà à se boursouffler par endroit. J'observai sa guérison d'un œil purement médical. Il s'y méprit.
- Ca irait nettement plus vite avec...
Il ne se donna pas la peine de terminer sa phrase, les entailles à mon cou s'enflammèrent.
- La banque du sang est fermée, lui indiquai-je en resserrant la chaîne autour de mon poignet droit.
Un ange passa, le temps s'était suspendu. Je sentais le poids de son regard et je le fuyais en baissant la tête. Nous ne revenions pas sur ce qu'il s'était produit. Cela en valait-il la peine ? Comme un écho à mes pensées, il prit la parole.
- Je suis un vampire...
- Je les hais, tranchai-je vivement.
- Je hais les humains, j’exècre leur capacité à s'infantiliser constamment, à se plaindre que rien ne va sans se battre pour s'en sortir ! Vous voir faire semblant de vivre m'épuise.
- Vous n'avez plus aucune compassion ! Vous tuez parce que vous nourrir passe avant de considérer la personne que vous videz comme autre chose qu'une poche de sang ! Ils ont une famille !
- Je ne suis pas le vampire qui a tué ta famille... Je peux le retrouver et organiser son exécution, si tu le souhaites.
Sa proposition était bien au-delà de l'indécence, toutefois, j'avais envie de lui dire oui. Je n'avais pas relevé la tête, malgré notre échange, il s'en chargea de l'index, soulevant mon menton pour lui faire face.
- Je ne suis pas un monstre.
- Pourtant tu le veux, je le vois dans tes yeux... Tu veux le voir mourir.
Il relâcha la pression et me força à me mettre debout, la chaîne effleura son bras, il feula de douleur mais ne me lâcha pas.
Sa tête se pencha jusqu'à ce que nos fronts se touchent. J'arrêtais de respirer, sa peau était rosée mais intacte.
Ses lèvres se posèrent délicatement sur les miennes, sa langue les longea avec nonchalance, puis il quémanda l’accès à ma bouche. Ce baiser n'avait rien d'urgent, il était léger, tout comme ses doigts posés précautionneusement sur ma joue.
- Ce qui m'attire en toi reste un mystère, murmura-t-il tout contre ma bouche.
Je ne sus que répondre, j'avais perdu toute cohérence.
- Tu as besoin de prendre une douche.
Eric Northman n'avait pas le souci de la convenance, sa phrase était sortie aussi naturellement que s'il me proposait un verre d'eau. Il ouvrit une porte, cachée derrière le meuble de bibliothèque. C'était sommaire, une douche, une armoire où étaient rangés quelques produits purement masculins et des peignoirs en soie noire et rouge. Grotesque...
Il ne prit pas la peine de me présenter les lieux, il ouvrit la porte d'une colonne en marbre blanc. Qui pouvait se vanter d'avoir une armoire en marbre dans sa salle de bain ?
Il sortit une serviette, un gant et une paire de jean avec un corset bleu nuit.
- Tu remercieras Pam plus tard.
Son sourire en coin me rendit moite, je m'en maudis aussitôt.
- Pas de culotte ? m'enquis-je nerveuse et embarrassée.
Un haussement de sourcils suggestif plus tard, je ne m'interrogerais plus à l'avenir sur les relations qu'entretenaient ces deux-là.
Je pris la douche la plus salutaire et nécessaire du monde. Je frictionnai trois fois mes cheveux et cinq fois ma peau, évitant d'y aller trop fort avec mon cou. Je sortis de la cabine à regret. Il m'attendait prés du lavabo, sans gêne, sa main m'avança la serviette.
- Je ne devais prendre aucun risque.
Qu'il se justifie aurait pu en émouvoir plus d'une, j'étais juste mal à l'aise. Il en avait profité pour faire un brin de toilette, il était à nouveau exquis et à moitié nu... Son bas de jogging trônait insolent sur ses hanches et ses cheveux humides frôlaient ses sourcils. J'enfilais le jean prestement, n'ayant jamais porté de corset de ma vie, il se chargea des liens au dos. Mes doigts emprisonnèrent la chaîne avec force, je sentais les siens voleter dans mon dos, le frôlant par endroit. J'avais si chaud, qu'une mince pellicule de transpiration se colla à mon front.
Il plaqua son érection à mes fesses dés qu'il eut terminé, humant l'odeur de mes cheveux. Il fondit vers ma gorge et je tressaillis si fort qu'il se recula.
L'ambiance n'étant plus propice, il sortit un tube de dentifrice et une brosse à dent neuve d'un tiroir sous le lavabo.
Je m'appliquai à la tâche, songeant que la situation avait nettement évolué depuis hier. Je ne le sentais plus près à me tuer, je ne me sentais plus, non plus, l'envie de fuir la ville à tombeau ouvert.
On retourna dans son bureau, il s'assit sur son fauteuil et me proposa le lit. J'inspectai l'état lamentable des draps et ne le remerciai pas pour une telle galanterie douteuse.
- Dans ce cas, j'en profiterai à ta place; j'ai besoin de repos.
Il ne lui fallut que peu de temps avant de sembler aussi mort qu'il ne l'était réellement. Je me postai dans mon coin, calant mon dos au mur. Je pris la chaîne, en entourai mon cou, mon ventre et même mes cuisses. Je m'endormis à mon tour.
Une suite aussi rapide... Vous le devez à Anna qui m'a boosté avec son commentaire!
J'espère que vous aimerez tout autant, je suis assez "fière" de cet épisode.
A bientôt!