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Série : True Blood
Création : 23.12.2012 à 04h22
Auteur : Annavamp
Statut : Abandonnée
Une fic qui mêle True Blood et la vraie vie. SPOILER saison 5 et vision personnelle de la saison 6.
Cette fanfic compte déjà 8 paragraphes
C'est ma première vraie fic, donc si c'est pourri, dites-le moi. J'accepte la critique constructive, alors lâchez-vous !
*********
Je le pensais un peu plus beau, en fait. Bon, il faisait déjà beaucoup plus grand qu'à la télévision, mais j'étais déçue qu'il ne soit pas aussi beau que dans son rôle le plus connu. Il allait passer devant moi dans environ une petite minute, si la pauvre blonde hystérique arrêtait de s'accrocher à son bras.
J'avais passé toute la journée accrochée à la barrière le long du tapis rouge installé pour accueillir la pléiade de stars invitée à l’événement. J'avais fait le déplacement ici à Los Angeles depuis le fin fond de la bourgade reculée et monotone où je vivais. J'étais certaine de réaliser enfin mon rêve. Mon idole était là, à quelques mètres, et allait bientôt passer près de moi.
Je n'avais pas pensé à manger, ni même à boire, mais j'avais pensé à bien m'habiller et à apporter un petit cadeau pour ma star : un collier en argent qui m'avait coûté une année d'économies. Bien évidemment, ma mère ne comprenait pas cette passion que j'avais pour cet acteur, et mon père se fichait bien de ce que je faisais. Quand je leur rendais visite, mon père ne prenait même pas la peine de descendre de son atelier pour venir me voir. Mais bon, je n'allais pas ternir le soleil de cette belle journée en pensant aux problèmes que j'avais laissé chez moi.
- J'y crois pas, il arrive ! s'extasia ma meilleure amie, qui avait fait le déplacement avec moi, dans un car surpeuplé où il faisait étouffant.
Mais toutes les contraintes du voyage s'envolèrent lorsqu'Alexander Skarsgard lui-même s'arrêta à quelques centimètres de moi pour signer un autographe à Demi, ma meilleure amie.
- Merci beaucoup, Alex, dit-elle, les yeux pétillants. J'aime beaucoup ce que tu fais, je suis super fan de toi !
- Merci à toi, répondit-il avec un sourire.
Aaaaah ! Cette voix ! Je l'avais tant entendue, mais elle sonnait bien mieux en vrai.
- Je suis Demi, voilà ma copine Hayley (j'admirai son sang-froid ; elle n'avait pas l'air stressée pour un sou). Je peux te faire un câlin ?
- Bien sûr.
Alexander tendit ses bras vers Demi, puis, sans doute par politesse, il tendit ses bras vers moi et se pencha. Il devint soudain flou, comme si je le voyais dans son reflet dans l'eau. Je sentis ses bras autour de moi, puis je ne sentis plus rien, mise à part mes yeux qui s'ouvrirent. Je n'avais pourtant pas le souvenir de les avoir fermer.
- Mademoiselle ?
Je levai la tête vers le grand Black baraqué qui me faisait face. Celui-ci me tendit une bouteille d'eau, un air sévère sur le visage. J'étais allongée sur un brancard, une couverture chauffante me recouvrait le corps.
- Vous avez fait un malaise, m'informa-t-il.
- Quoi ?! m'écriai-je en me relevant brusquement.
- Faites attention... doucement, conseilla le grand baraqué en faisant en sorte que je me rallonge.
- Mais... non ! Il faut que j'assiste à la soirée ! J'ai ma place !
Paniquée, je devais avoir l'air d'une hystérique. Mais, vous devez me comprendre, cette soirée spéciale True Blood était l'événement le plus important de ma vie ! Il était hors de question que je le manque.
- Désolé, mademoiselle, mais je ne prendrai pas le risque que vous gâchiez encore l'événement en faisant un malaise. C'est terminé, vous allez rester ici en attendant qu'un taxi vienne vous raccompagner chez vous.
- Non ! C'est impossible !
J'étais à deux doigts de trépigner comme une gamine, tellement je me sentais frustrée et humiliée. J'avais attendu ce moment durant des années, et voilà que je l'avais gâché en l'espace d'une minute. Des larmes traîtresses coulèrent sur mes joues, et je dus poser ma main sur ma bouche pour retenir un sanglot.
- Je vous en supplie, demandai-je en regardant mon geôlier. C'est très important, pour moi.
- Comme je vous l'ai dit, c'est terminé.
Sur ce, il me laissa seule face à ma tristesse, seule face à un torrent de larmes qui m'envahit.
**
Une heure plus tard, un autre gars me fit monter dans un taxi et s'assura que celui-ci me reconduise à mon hôtel. Il me rendit mon sac et le taxi démarra. Je sortis immédiatement mon portable pour appeler Demi.
- Tu es où, là ? demandai-je d'emblée.
- Au premier rang exactement ! La soirée touche à sa fin. Oh, mon Dieu ! Tu aurais dû être là, c'était vraiment génial !
- Tu te fiches de moi ? m'énervai-je.
- Tu ne vas tout de même m'en vouloir parce que je ne suis pas restée avec toi ? Écoute, cette soirée, c'était notre rêve à toutes les deux ! Si l'une n'a pas pu y assister, au moins l'autre a pu ! Dans ce cas-ci, l'autre c'est moi ! C'est dommage pour toi, c'est tout.
J'en restai bouche bée durant plusieurs longues secondes.
- Hayley ? Tu ne vas pas me bouder, si ?
Je lui en voulais de tout mon être, à ce moment précis.
- Non, bien sûr que non, je comprends parfaitement ta décision, répondis-je, sachant pertinemment que ça allait dégénérer si je lui exposais le fond de ma pensée, à savoir qu'elle était la pire des égoïstes, et la pire des amies.
- Très bien, alors ! Je savais que...
- Écoute, je dois raccrocher, ok ?
Je fermai le clapet de mon portable avant qu'elle n'ajoute quelque chose. Elle m'avait beaucoup déçue, mais j'allais faire comme si de rien n'était jusqu'à ce que nous soyons rentrées chez nous. En attendant, j'allais encore loger deux jours dans la même chambre d'hôtel qu'elle.
Le taxi me demanda de payer la course, et je lui laissai la monnaie. Une fois arrivée dans la chambre de l'hôtel basique où nous avions pris une chambre Demi et moi, je m'affalai sur mon lit dans le but de me lamenter sur mon sort. Je n'arrivais pas à croire ce que le destin venait de me réserver. C'était le pire scénario imaginable. Je ne voyais vraiment pas comment j'aurais pu tomber plus bas. En allumant mon pc et en me connectant à You Tube, je découvris exactement comment j'allais empirer mon cas.
Une nouvelle vidéo avait été posté par un fan que je suivais. Le titre était sans équivoque et plutôt pas très original : « Une fan rattrapée par Alexander Skarsgard alors qu'elle fait un malaise ». Elle avait été postée il y a 6 minutes, et la description parlait de la soirée annuelle True Blood de Los Angeles. Je me tapai le front avec la paume de ma main en gémissant avant de cliquer pour voir la vidéo.
Filmée avec un téléphone, elle était de mauvaise qualité, mais on pouvait très bien me voir dans ma robe pas très confortable mais pourtant très jolie, rattrapée par mon idole alors que je m'évanouis comme une imbécile dans ses bras. Ensuite, on pouvait le voir me soulever par dessus la rambarde, me porter en vitesse auprès d'un des vigiles, et lui dire quelque chose tandis que les fans l'applaudissaient. Ensuite, la vidéo se terminait.
- Hayley, c'est ce qu'on appelle la honte de ta vie, me dis-je en éteignant mon pc, dégoûtée.
Je décidai de me mettre au lit directement après m'être démaquillée et déshabillée. J'étais devenue officiellement la fille la plus débile de la Terre, et avec un pareil titre, un peu de repos était nécessaire.
J'espère que ce deuxième chapitre vous plaira. On n'y apprend rien de vraiment capital, mais on pose tout doucement le décor. Tout doucement, mais sûrement.
*********
J'avais passé une nuit terrible ; j'avais rêvé que ma soirée de la veille n'était qu'un mauvais cauchemar, et je m'étais réveillée déçue au moins 4 fois, si bien que je décidai d'arrêter la torture aux environs de 10 heures du matin. Je pris un petit-déjeuner rapide avant d'enfiler un short et un sweater pour aller courir un peu.
Il m'était encore difficile de digérer ce que j'avais vécu, et j'imaginais que j'allais garder ce sentiment de honte tout le reste de mon existence. Plutôt déprimant, comme idée. Pour me consoler, j'entrai dans un petit café pour prendre une douceur (un beignet au chocolat, s'il vous plaît !). Je m'assis à une table et mangeai ma pâtisserie en lisant machinalement le menu pour passer le temps.
En levant les yeux de manière aléatoire, j'aperçus un visage que je pensais ne plus jamais voir.
Noooooooooooooon. Bah, non ! C'était quand même pas possible que... Oh mon Dieu ! Si, c'était lui !
Pas le temps de me demander ce qu'Alexander Skarsgard (lui-même !) faisait là, et seul, en plus ; il fallait que je trouve un plan pour l'approcher. J'eus l'impression de soudain me réveiller. Je me passai la langue sur les dents et vérifiai mon haleine et ma coiffure avant de me lever.
- C'est vraiment vous ? demandai-je à un des acteurs les plus sexy de la planète, comme si tout était normal dans cette situation.
- Je ne peux pas passer un moment tranquille un dimanche matin ? répliqua-t-il.
- Je suis désolée, mais je suis la fille qui... Enfin, hier soir...
J'allais lui raconter qui j'étais, mais il semblait déjà ennuyé. Un frisson glacé me parcourut le dos. Mince, alors ! Il était aussi aimable qu'une autruche...
- Je ne voulais pas vous déranger.
J'entendis alors des murmures de plus en plus bruyants autour de moi. En me retournant, je remarquai que j'avais réussi à attirer l'attention sur Alexander, et qu'une armée de groupies allait lui sauter dessus. Il se leva, de tout son mètre quatre-vingt-treize, près à filer. Sans réfléchir, je lui pris la main et essayai tant bien que mal de l'entraîner vers la sortie. quand il consentit enfin à courir, j'eus l'impression d'être accrochée à une moto. Il était vraiment très rapide !
- Par-là ! commandai-je, sans réellement me rendre compte que je lui tenais la main (je m'en serais pisser dessus, si j'en avais pris conscience).
- Plus vite ! ordonna-t-il à son tour.
Je fis en sorte que mes jambes deviennent des moteurs et accélérai le pas. Je choisissais les directions à prendre au hasard, comme si je connaissais la ville alors que j'y mettais les pieds pour la première fois de ma vie. Nous finîmes tous deux par nous arrêter dans une ruelle pour respirer, essoufflés.
- On les a semés, je crois, fis-je, pliée en deux (je voulais du footing, j'en avais eu plus qu'il n'en fallait !).
- Il me semble, oui.
Alex me regarda de haut en bas, puis il me remercia, plus détendu qu'au café.
- Je suis Hayley.
- Vous me dites quelque chose... Vous étiez là hier soir, non ?
- A moitié, répondis-je. Je suis la fille qui a fait un malaise, le long du tapis rouge.
- Ah ! Vous ? Bien sûr ! Comment ai-je pu oublier un si joli visage !
Il avait dit ça tout naturellement, mais je me sentis rougir jusqu'aux oreilles.
- Bien, alors, qu'est-ce qu'on fait ? demandai-je.
- Soit on considère qu'on est quitte ; tu m'as aidé, je t'ai aidée. Soit je t'emmène boire un verre pour te remercier. Je te laisse décider.
Je me pinçai les deux joues et les tapotai sous le regard inquiet d'Alexander. Mince, il allait me prendre pour une folle psychopathe, ou une fan raide dingue de lui !
- Va pour un verre, répondis-je après avoir vérifié que je ne rêvais pas.
- Suivez-moi.
Il enfila des lunettes de soleil et nous partîmes en direction de sa voiture, selon ses dires. Je crus qu'il m'emmenait dans un bar, jusqu'à ce que je comprisse enfin qu'il m'emmenait en fait chez lui ! Merde !
- Merde ! jurai-je de vive voix, alors.
- Quoi ? s'étonna Alex. Quelque chose ne va pas ?
- Non, non, rien...
Il m'emmenait chez lui, et j'étais habillée comme un sac à patate en mode « jogging déprime ». Je n'avais décidément aucune allure. J'étais un de ces boulets !
- Bienvenue chez moi. Tu dois être une de mes fans les plus chanceuses, dis donc.
- Tu l'as dit !
Euh, stop la familiarité ! m'ordonnai-je. Tu es avec une star, pas avec un pote !
Alex pouffa en ouvrant une armoire pleine de bouteille. Il me servit un verre tandis que j'étudiais la décoration. Je repérai alors la couronne scandinave de la saison 3, vestige de la famille Northman.
- Ça alors ! m'exclamai-je. Vous avez le droit de garder des objets de la série ?
- Au fait, éluda-t-il, visiblement mal à l'aise, tu as quelle âge ? Histoire de ne pas avoir d'ennuis.
- T'inquiète pas, j'ai 23 ans !
Je continuai à regarder la décoration, et tombai sur plusieurs objets de la série.
- C'est vraiment bizarre que tu gardes tout ça.
- Des souvenirs, se justifia-t-il.
Quelque chose dans son regard m'indiqua qu'il commençait à saturer de m'entendre poser des questions. Soit il cachait quelque chose, soit il ne voulait pas répondre à mes questions. Dans tous les cas, mon esprit de future psychologue (j'étais encore aux études) me poussa à fouiner plus loin.
Une dague était exposée dans un meuble vitrine, bien en évidence, comme si c'était l'objet le plus important de la planète. Tandis qu'Alex cherchait de quoi grignoter dans ses tiroirs, je m'approchai de la dague, jusqu'à pouvoir lire distinctement « Eric Northman ». Je ne me rappelais pas d'un tel objet, dans la série... Peut-être était-ce un inédit, ou un petit spoiler spécialement pour moi concernant la saison prochaine.
- C'est quoi, cette dague ? demandai-je à la star qui me faisait maintenant face.
- Rien du tout.
Il était peut-être doué pour jouer la comédie, mais il mentait assez mal. Plus je passais du temps avec lui, plus il me décevait.
- En fait, ce n'était peut-être pas une bonne idée de t'amener chez moi.
Je le pris assez mal. Ce n'était pas tous les jours que le gars que vous admirez le plus voulait vous foutre à la porte de chez lui.
- Très bien, fis-je tout en apercevant un objet intéressant sur la gauche d'Alexander.
- Je vais te raccompagner, si tu veux bien.
- Allons-y.
J'étais certes triste que cela se passe comme ça (après tout, je n'aurais jamais envisagé tout ça, que ce soit de rencontrer Skarsgard dans un café de L.A., ni de finir chez lui sans l'avoir plaqué contre un mur), mais j'avais en main un petit quelque chose qui allait me consoler et occuper mon après-midi.
Oui, ce chapitre est un peu WTF :) Mais j'avais prévenu : cette histoire n'est pas très réaliste. Un peu plus long que les autres, parce que je ne trouvais jamais où le couper ^^
J'espère que vous apprécierez quand même :) Bonne lecture !
*************
Si ce que j'avais en main était vraiment ce que je pensais, il n'y avait qu'un moyen pour moi de le prouver.
- Attends, me dis-je à voix haute, sois réaliste.
J'étais peut-être en train de mélanger vraie vie et série télévisée. Voir Alexander Skarsgard en vrai avait peut-être créé chez moi une ambiguïté entre son personnage d'Eric Northman et lui-même. Et puis il m'avait tellement déçue ! Je le croyais beaucoup plus intéressant que le pékin moyen, mais il se révélait finalement aussi ennuyant que n'importe quelle star du showbiz.
Je regardai la petite fiole et agitai le liquide rouge qu'elle contenait. Je ne sais pas ce qui me faisait penser que ça pourrait être la véritable fiole contenant le sang de Lilith. En tout cas, elle était identique à celle de la série, sauf qu'elle était encore remplie.
- Arrête tes conneries ! m'ordonnai-je en reposant la fiole. Lilith est un personnage, et son sang est sûrement du jus de betterave ou quelque chose comme ça. Hein ?
Je me tournai vers mon ours en peluche, avec qui j'avais pris l'habitude de communiquer (oui, je suis quelqu'un de très saint d'esprit). Les petits boutons de ses yeux semblaient dire « Bois cette fiole et cesse de me faire chier en réfléchissant à voix haute !». Je me fis rire moi-même.
- Oh, et puis zut !
J'ouvris la fiole, et l'approchai de mes lèvres.
- Juste une goutte.
Deux gouttes tombèrent tout droit vers ma langue, et j'eus le réflexe de tousser dès que je sentis le goût abjecte de...
- Oh, mon Dieu ! m'écriai-je en regardant la fiole, bouche bée. C'est du putain de sang !
Mes yeux s'écarquillèrent de stupeur. Non seulement le goût du sang me répugnait, mais de plus, si c'était le sang de Lilith, comme dans la série, j'allais commencer à délirer.
Tu es déjà en plein délire, me souffla ma conscience.
Pas faux. absolument tout ce que j'avais vécu ces deux derniers jours était complètement farfelu. Dans quel merdier étais-je encore tombée ?
Une soudaine sensation de chaleur m'envahit le corps. Une vague d'excitation s'ensuivit.
- Biiiiiizaaaaaarre ! m'écriai-je en m'allongeant sur le lit de la chambre d'hôtel.
Je me sentis divaguer, planer comme un jamaïcain à un concert de reggae (ou même un jamaïcain dans sa vie de tous les jours, tiens). Les objets autour de moi semblaient ornés d'une aura dorée. J'avais déjà pris quelques champignons hallucinogènes lors d'une soirée en plein champs, quand j'étais plus jeune, et les effets avaient été moins forts.
Là, j'avais l'impression d'être dans un autre monde, entourée d'objets magnifiques. Je me surpris à rire comme une idiote sans aucune raison.
Avant de me laisser aller complètement, je pensai que si ce que contenait la fiole n'était pas de la drogue, il ne pouvait s'agir que du sang de Lilith, aux mêmes effets que dans la série.
**********
Il fallait à tout prix que je retrouve l'appartement d'Alexander. Si on m'avait un jour dit que j'allais devoir faire ça ! C'était le genre de trucs qui n'arrivait que dans les fan-fics...
Après m'être remise d'une période de délires tous plus étranges les uns que les autres, j'étais repartie du café où j'avais vu Alex ce matin, puis je tentai de retrouver la ruelle, et enfin l’emplacement où il avait garé sa voiture. J'appelai alors un taxi pour lui montrer les directions à prendre selon mes souvenirs.
Je le fis arrêter à une rue qui ressemblait à celle où se situait l'appartement de Skarsgard. Tout en marchant pour tenter de reconnaître l'immeuble où logeait Alex, je sortis mon smartphone et me connectai à Tumblr.
- Sainte Marie, mère de Dieu ! jurai-je en voyant ma tête paniquée, accrochée à la main d'Alexander tandis que nous fuyions ce matin.
« Alexander Skarsgard aperçu avec la fan mystérieuse » ou encore « La fan mystérieuse a encore frappé ». Je commençais à devenir une icône, ma parole ! Autant vous dire que la plupart des fans voulaient ma tête sur un plateau. De stupeur, je fis tomber mon téléphone et je m'arrêtai net.
- Non, non ! criai-je en me précipitant pour ramasser mon portable.
S'il était cassé, il me restait encore mon vieux téléphone, que j'utilisais tout le temps, mais quand même, ce smartphone m'avait valu une petite fortune.
Je le rallumai et constatai avec soulagement qu'il allait bien. Assise par terre, à jurer comme une imbécile, je n'avais pas remarqué que j'étais observée.
- Tout va bien ? demanda une voix que je connaissais déjà.
En levant la tête, je faillis faire une crise cardiaque.
- Alex ? Enfin, je veux dire Alexander. Euh, oui, oui, ça va.
Il m'aida à me relever, et je cherchai dans ma tête une excuse que j'allais pouvoir lui servir concernant ma venue dans son quartier.
- Encore toi ? Je vais finir par croire que tu me harcèles.
Moi ? Nooooon. Non, pas du tout.
- Oui, fis-je. Enfin, oui pas parce que je te harcèle, mais oui parce que c'est encore moi. Je te harcèle pas, hein.
Je me giflai mentalement au moins cinq fois, puis je réfléchis, ce qui n'arrivait pas souvent en ce moment. Soit je prenais mes jambes à mon coup, soit je me ressaisissais.
- Il... il faut que je te parle.
- Bien, suis-moi, alors.
Il me conduisit sous le porche d'un immeuble et m'enjoignit à parler.
- Ça te dit quelque chose ? demandai-je en sortant la fiole du sang de Lilith.
- Une réplique exacte de la fiole de la saison 5, répondit-il, impassible. Comme celle que tu as dérobé chez moi ce matin.
Je me sentis devenir rouge comme une pivoine.
- Oui, enfin, là n'est pas la question. Je sais que c'est le véritable sang de Lilith.
- Ah, je vois ! Tu es encore une de ces fans complètement tarées qui pensent que je suis Eric Northman et qui projettent de me kidnapper avec un pédalo.
Là, c'est lui qui déraillait.
- Non, je pense juste que c'est étrange d'avoir déliré après avoir bu ce liquide qui goûte étrangement le sang.
- Quoi ?! Tu en as bu ?
Il semblait alarmé, voire même fâché. Décidément, je ne faisais que le fâcher.
- Qu'est-ce qui s'est passé quand tu en as bu ?
Il m'agrippa les deux bras et serra beaucoup trop fort, sans doute qu'il ne maîtrisait pas sa force.
- Euh, tu me fais un peu mal, là, fis-je d'une toute petite voix.
- Tu as dit que tu as déliré, c'est ça ? C'est ça ?
Il me secoua comme une vulgaire poupée de chiffon, tout en me transperçant d'un regard furieux. Sur le coup, je ne pus rien répondre, si bien qu'il me tira par le bras jusqu'à son immeuble, qui en fait se trouvait au bout de la rue.
Alors comme ça le fait que j'aie bu de ce que contenait la fiole n'enchantait pas du tout Alex. Soit elle contenait un truc nocif pour la santé (et pour la santé mentale, surtout), soit il s'agissait bien du sang de Lilith, et le fait que j'en aie bu allait faire de moi un zombie lécheur de bottes.
Alex m'ordonna de m'asseoir sur un de ses canapés, et vu qu'il avait l'air dans un état pas possible, j'obéis sans rien dire. Il commençait à me taper sur le système (dire qu'il y a quelques jours encore j'aurais donné absolument tout ce que j'avais pour pouvoir poser mon postérieur sur le canapé de Skarsgard).
Il passa dans une autre pièce et je l'entendis parler (au téléphone, visiblement). Je ne compris que quelques mots comme « problèmes, fille, débarrasser, secret ». Des mots qui n'allaient sans doute pas me servir (ironie, quand tu nous tiens). Si Skarsgard et son mystérieux interlocuteur projetaient de se débarrasser de moi, il allait vite falloir que je me dirige bien gentiment vers la sortie et que je rentre chez moi. Ce voyage tournait au fiasco.
- Tu vas rester ici jusqu'à ce que les renforts arrivent, m'expliqua Alex en revenant dans son salon.
- Et pourquoi donc ?
- Parce que je te l'ordonne.
- Tu veux que je te dise ? Je me suis trompée, sur toi ! T'es qu'un pauvre type ! Un pauvre acteur imbus de lui-même, trop fier pour accorder ne serait-ce qu'un regard à ses fans. Tu peux aller te faire foutre (qu'est-ce que j'étais en train de faire, là?!!!!) !
Je ramassai mon sac et me dirigeai vers la sortie.
- Très bien, tu as raison.
- Ça, je le sais ! Ce que je pensais de toi, c'était juste un pauvre fantasme de fan !
- Non, je ne parle pas de ça. Je parle du fait que tout ça existe.
Il montra d'un large geste certains objets de sa déco tout droit sortis de la série.
- Quoi ? Vraiment ?
Mes jambes en tremblèrent tant que je dus m'adosser à la porte derrière moi.
- Tu arrives encore à en être surprise ? Je pensais que tu le savais.
- Oui, mais... Ça paraît tellement impossible...
- Et pourtant tout ça existe. C'est tout ce que je peux dire pour le moment.
- A qui tu téléphonais ?
- Tu le sauras bien assez tôt.
Il esquissa un sourire mutin en s'asseyant sur un canapé. Je reposai mon sac et m'affalai à ses côtés, sonnée. Je n'y croyais toujours pas réellement. Il me fallait plus de preuve. Je n'étais pas du genre à croire à n'importe quoi, même si mon esprit réaliste flanchait de temps en temps. Ce que je vivais était surréaliste.
La sonnette de l'appartement retentit, me sortant de mes pensées. Je regardai Alex se lever sans vraiment le voir, absorbée dans la dimension du « j'y crois pas, bordel ! » (très connue, comme dimension).
Sauf que je n'étais pas au bout de mes surprises. Derrière la porte, ce n'était pas un tueur à gages venu se « débarrasser » de moi. C'était bien pire. Si je voyais bien tout le monde, je pouvais reconnaître facilement Stephen Moyer, Anna Paquin, Kristin Bauer, Rutina Wesley et Deborah Ann Woll. La famille barge au complet.
- What the fuck ? m'écriai-je en me levant d'un bond.
J'imagine que toutes les explications que contient ce chapitre ne sont pas simples à suivre. Si jamais vous constatez un soucis dans ces explications, n'hésitez pas à m'en faire part :)
Bonne lecture :)
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- J'imagine que je ne dois pas faire les présentations, commenta Alex.
- Je me demande si je ne suis pas en train de rêver.
Alex tendit le bras pour me pincer le cou.
- Aie ! T'es malade ?
- Non, effectivement, tu ne rêves pas.
Je l'assassinai d'un regard noir et surpris en me frottant le cou.
- Pourquoi tu as ramené la cavalerie ? demandai-je, soucieuse de savoir à quelle sauce ils allaient me manger.
Je jetai un rapide coup d’œil à Sookie. Dans cette pièce infestée de vampires, cette présence humaine me rassura. Peut-être que je ne risquais pas de me faire démembrer.
- Il manque Nora, non ? demandai-je.
Alex émit un grognement violent et fit sortir ses crocs. Je sursautai, et mes traîtresses de jambes lâchèrent, m'obligeant à retomber sur le canapé.
- Nora a changé de camp, si tu as bien suivi, expliqua Kristin.
- Si vous m'expliquiez tout, ce serait beaucoup mieux.
- Si tu évitais de me donner des ordres, ce serait bien aussi, répliqua-t-elle.
Stephen s'avança, moins fier que dans son rôle de Bill (qui apparemment n'était pas un rôle... ma tête me faisait trop mal pour essayer de comprendre).
- Tu as suivi cette série qu'on fait sur nous, n'est-ce pas ? demanda Moyer.
- Affirmatif, répondis-je, pas peu fière. Je suis incollable.
- Tu sais donc ce qu'il s'est passé il y a de cela quelques mois.
Je n'avais pas pensé au décalage de temps entre la réalité et le série. Bill était devenu Lilith (couvert de sang, etc...), et le voilà maintenant devant moi, en Stephen. Ou alors Stephen n'existait pas vraiment.
- Tu te poses trop de questions, m'interrompit Sookie (j'avais du mal à l'appeler Anna).
J'avais oublié que cette petite fouineuse était télépathe. Me retrouver face à quelqu'un qui puisse pénétrer mes pensées m'avait toujours angoissée. Et si jamais je m'égarais dans des pensées sexuelles indécentes ? Est-ce qu'elle allait me dénoncer ?
J'eus un frisson à l'idée de penser qu'elle allait savoir tout de ce qui me passait par la tête (et Dieu savait à quel niveau de bizarrerie elle allait s'exposer).
- Ne t'en fais pas pour ça, j'ai l'habitude, commenta Sookie en s'avançant. Tâche juste d'éviter de te poser des questions ridicules.
Elles sont très bien, mes questions, non mais !
- Il y a quelques mois, poursuivit Stephen, j'ai hérité d'une révélation de Lilith, qui m'a transformé en une réplique exacte d'elle. Mais j'ai eu le malheur de tenter de rallier Nora à ma cause, et d'une façon inexpliquée, elle a absorbé mon apparence. Sans doute qu'elle était réellement la destinataire du message. Je n'étais que l'enveloppe contentant la lettre.
Jusque là, je suivais l'histoire.
- Elle a donc cette apparence sanguinolente propre à Lilith, et est totalement possédée.
- Obsédée par des idées de conquête des vampires, compléta Kristin en croisant les bras. Elle pense pouvoir tous nous dominer et faire de nous ses esclaves. Elle a les mêmes plans pour les humains.
- Pour ça, elle a fait appel au pouvoir des fées.
Je tournai la tête vers Deborah, alias Jessica. Elle paraissait plus rousse en vrai qu'à la télévision.
- Comment a-t-elle su où trouver les fées ? questionnai-je. Elles n'ont pas l'habitude de frayer avec les vampires.
- Jason... murmura Deborah. Jason a été entraîné par Nora. Elle lui a parlé d'un monde où les vampires seraient maté par une seule et même personne assez puissante pour les diriger et leur dire ce qu'ils doivent faire, et Jason y a vu un monde où tous les problèmes que les vampires lui ont causé n'existeraient plus.
- Tout ce que veut Jason recherche, c'est nous détruire tous ! s'écria Kristin.
- C'est entièrement de ma faute, poursuivit Deborah. Il a été assez naif pour suivre Nora, aveuglé par son chagrin.
- Toujours est-il que Nora est désormais contre nous, avec une armée de fée qui poursuivent également Sookie, résuma Rutina.
Je me levai, absorbée par le récit. Je me sentais mieux debout, à hauteur respectable, prête à courir en cas de danger.
- Depuis quand les fées font la guerre ? Et pourquoi Nora veut-elle diriger les vampires ?
- Diriger les vampires, c'est le dessein de Lilith. Faire en sorte que tous les vampires la suivent dans ses convictions. Lilith veut que toutes les créatures qu'elle a créées lui reviennent. Lilith n'est pas morte, elle est en Nora, qui ne fait que poursuivre le travail que d'autres ont entamé.
Je me demandai pourquoi Lilith voulait avoir toutes ses créatures (humains comme vampires) à son service, à présent. Elle devait sûrement avoir ses raisons.
- Les fées font la guerre aux vampires depuis toujours, mais elles perdent. C'est pour ça qu'elles se cachent. Maintenant qu'elles ont une chance d'arrêter de se faire dilapider par les vampires, elles la saisissent.
Je me concentrai au maximum pour garder en tête toutes les informations que je recevais.
- Jason a donc montré à Nora-Lilith comment entrer en contact avec les fées ? Nora et les fées ont fait un pacte qui consiste à... ?
- Les fées fournissent du sang et de la magie aux vampires de l'armée de Nora afin qu'ils puissent sortir en plein jour et éliminer ainsi facilement tous les vampires récalcitrants. Mais Nora nous cherche nous, et elle met tous les moyens en oeuvre pour parvenir à ses fins.
- J'imagine qu'elle veut vous rallier à sa cause et faire de vous des esclaves ? demandai-je en croisant les bras dans un geste de protection.
Rutina hocha la tête pour me donner raison.
- Il reste pourtant deux zones d'ombres... Quelle différence avec les acteurs et les personnages ? Et pourquoi la fiole de Lilith est-elle toujours remplie ?
- La fiole contient le sang de Nora, cette fois, répondit Alex. C'est moi-même qui l'ai remplie, en blessant Nora.
- Alors vous avez déjà combattu contre elle ?
- Exactement. Elle nous a retrouvés. Alors nous avons repris nos vies en tant qu'acteurs pour lui échapper. Elle, par contre, est vraisemblablement toujours sous sa forme de « Lilith », et n'a aucune idée d'où nous sommes.
- Donc vos deux enveloppes corporelles sont distinctes ? demandai-je.
Kristin soupira en se frottant machinalement le front.
- On est vraiment obligés de faire ça ? râla-t-elle en me jetant un regard dédaigneux.
En tout cas, la personnalité de Pam semblait faire partie intégrante de celle de Kristin.
- Non, ce qui diffère, c'est le monde dans lequel nous évoluons, répondit Sookie, plus aimable. Dans cette dimension, où tu vis, nous sommes des acteurs, mais si nous changeons de dimension, et allons dans celle où l'univers que tu connais par la série existe réellement, nous reprenons nos vies de « personnages ». Mais nous restons des vampires ou fée dans les deux dimensions, avec quelques facilités par rapport à notre dimension originale.
- D'accord, il y a donc deux dimensions où vous jouez chacun des rôles différents. Mais, si vous vivez ici sans dangers, pourquoi retournez-vous à la dimension « True Blood » ?
- Parce que c'est là que nous évoluons, à l'origine ! s'énerva Rutina. C'est notre vraie vie. Ce qu'elle est lente !
Je le pris assez mal, si bien que je ne sus plus où me mettre.
- Ce n'est pas une mauvaise blague, au moins ?
- Je te signale que tu t'es embarquée toi-même dans cette histoire en buvant le sang de Nora et en venant me dire que tu avais découvert notre secret, railla Alex.
Kristin posa ses mains sur ses hanches et me toisa un instant avant de se tourner vers Alex.
- Bien, ça suffit. Maintenant qu'elle a eu ce qu'elle voulait, pouvons-nous passer aux choses sérieuses ?
Alex ne répondit pas, mais Kristin prit tout de même l'initiative de s'avancer vers moi.
- Tu en sais désormais trop pour que nous te laissions vivre, ma jolie. J'espère que tu comprends bien ce que ça veut dire, parce que je n'ai pas le temps de te faire une description détaillée.
J'avalai difficilement ma salive.
- Qu... quoi ? balbutiai-je en jetant des regards autour de moi.
Une mise au point s'imposait. Je venais de découvrir ce que j'avais toujours voulu entendre de la bouche de mes acteurs favoris et qu'une guerre horribles se profilait de l'autre côté, mais voilà maintenant qu'on m'annonçait qu'il n'était pas question que je profite de la nouvelle. Je pensais que j'allais pouvoir vivre des aventures extraordinaires avec mes vampires chéris, et au lieu de ça j'allais tout bonnement... mourir.
- Bien évidemment, je ne vais pas boire ton sang contaminé.
Kristin avait disparu (si tant est qu'elle avait été là), je ne voyais maintenant plus que Pam en face de moi. Je voyais Bill retenir Sookie, Jessica se détourner, Tara prête à intervenir et Eric pensif.
Mes yeux s'embuèrent, et ma gorge se noua tant que je ne fus plus capable de piper mot. Mes jambes s'actionnèrent d'elles-mêmes, et je tentai de courir vers la pièce la plus proche. C'était vrai, ce que Sookie avait dit : Pam avait conservé sa rapidité de vampire. Elle m'attrapa la jambe et me fit tomber au sol. Je me cognai le menton, mais n'eus pas le temps d'avoir mal.
Tara se précipita sur moi, me retourna violemment, et m'enfonça un couteau dans la poitrine. Je suffoquai un instant, sentis un picotement, puis je fermai les yeux automatiquement...
... pour les rouvrir deux secondes plus tard, toujours en vie. Pourtant, j'avais bien un couteau enfoncé dans la poitrine, et je pissais le sang
Un nouveau paragraphe pour une nouvelle année !
Au programme : de l'action de malade, de l'amitié forte et des instruments de torture !
Bonne année, et bonne lecture !
*********
- Je suis vivante ! hurlai-je comme une démente.
Je ne ressentais qu'un picotement là où le couteau était planté, et je vous avoue que l'idée qu'un couteau me traversait le corps m'angoissait.
- Merde ! jura Tara.
Elle empoigna le couteau et l'enfonça un peu plus, me faisant hurler de stupeur plus que de douleur.
- Arrête ça tout de suite ! ordonnai-je en battant des jambes.
Eric s'approcha de moi et prit le manche du couteau entre ses mains.
- Je vais l'enlever à 3.
J'étais inquiète et méfiante, mais je hochai tout de même la tête. De toute façon je ne sentais pas grand-chose.
- Un...
Il enleva directement le couteau. J'avais l'air d'être la seule surprise dans l'assistance. Imprévisible, ce Eric...
- Elle ne sent rien ? s’inquiéta Bill.
- Visiblement, non, répondit Pam en croisant les bras. Et si on la brûlait vivante, que pensez-vous qu'elle sentira ?
Je gémis en voyant du sang s'échapper de la plaie béante de ma poitrine. J'allais sans doute mourir en me vidant de mon sang. Sauf que la plaie se referma petit à petit, ne laissant qu'un trou dans mon tee-shirt et une petite cicatrice superficielle.
- Un miracle, soufflai-je en tentant de me relever.
Je vis Tara reprendre le couteau des mains d'Eric, mais heureusement pour moi, ce dernier s'interposa.
- Laisse-la ! ordonna-t-il en grognant.
- Il faut qu'on détermine ce qui l'a immunisée, relativisa Bill.
- Je parie tout sur le sang de Nora qu'elle a ingurgité, railla Pam, un sourire moqueur sur le visage.
- Non, niai-je avec une fierté feinte, blessée dans mon ego. Peut-être que j'ai de super pouvoirs.
Me prendre un coup de couteau et en réchapper ne m'était jamais arrivé, je vous l'avoue.
De super pouvoirs de menteuse, cracha Tara à ma figure tandis que Pam pouffait.
J'allais répliquer une punchline bidon de gamine de 7 ans, mais Eric intervint :
- Toujours est-il qu'on l'a encore sur les bras.
- On attendra que le sang ne fasse plus effet pour la tuer, décida Pam sans aucun consentement. Tara, tu sais ce qui te reste à faire.
Tara s'avança vers moi et me saisit les poignets. Opérer toute résistance face à elle aurait été une perte de temps et un ajout de douleurs superflues. Je la laissai donc m'emmener dans la chambre de monsieur Skarsgard, où elle fit ce que je n'aurais jamais cru faire dans la chambre de mon idole.
- N'espère pas un jour intégrer notre équipe. On veut pas d'étrangers dans notre dimension.
- Étonnant, de la part d'une Black.
Je me pris une monumentale gifle qui m'envoya rouler sur la moquette. Ok, ok, tout le monde n'appréciait pas l'humour noir (c'est le cas de le dire).
Tara me souleva, m'assit sur une chaise avec toute la délicatesse du monde et m'attacha les poignets et les chevilles avec du Tape.
- C'est ridi...
Elle ajouta un morceau de Tape sur ma bouche.
- Parfait ! commenta-t-elle avant de sortir de la pièce.
Ok, j'allais enfin essayer ma super technique de film d'action (celle qu'on a déjà tous élaboré quand on voit ce genre de scène à la télé ou au cinéma). J'étudiai la chambre de Skars. Malheureusement, je n'étais pas dans un film, ce qui voulait dire qu'aucune scie sauteuse ne traînait dans les parages, pas même un petit canif ou un morceau de verre. Quoique...
Je secouai la tête jusqu'à faire tomber mes lunettes par terre (tant pis ! de toute façon, elles ne me servaient que pour lire). Je sautillai jusqu'au lit avec ma chaise et jouai de ma tête jusqu'à faire tomber un coussin. Cette technique étant très pourrie, je dus mettre au moins 10 minutes à renverser un coussin au sol. Je n'entendais plus aucune bruit dans l'appartement (et tant mieux, car les vampires et leur ouïe surréaliste auraient fait tomber mon plan à l'eau).
Je me demandai comment j'allais bien pouvoir mettre le coussin sur mes lunettes, puis je tentai un truc auquel j'avais déjà pensé en regardant un film étrange sur un gars étrange qui séquestre des filles pour leur enlever leurs organes (on allait quand même pas m'enlever mes organes, si?). Je bougeai la mâchoire jusqu'à pouvoir passer ma langue sur le morceau de Tape qui collait ma bouche. Je léchai alors le papier collant jusqu'à ce qu'il se décolle un peu. Alors je pus le pousser avec ma langue jusqu'à ce qu'il tombe. Il avait un goût infecte, mais il était hors de question que je meure. Alors même s'il avait fallu que je lèche un chien, je l'aurais fait.
Je basculai sur mes genoux et m'écrasai au sol la tête la première dans une position atroce qui me fit même gémir. J'attrapai mes lunettes, puis le coussin avec ma bouche (le temps que je fasse tout ça, j'avais attrapé au moins 120 crampes, même à des endroits inconnus de mon corps). Je roulai alors sur le coussin sous lequel j'avais mis mes lunettes et entendis un craquement. J'éloignai le coussin avant de rouler sur le dos. Le dossier en bois de la chaise me rentra dans la colonne, ce qui me poussa à me dépêcher. Suante comme un porc, j'attrapai un bout de verre et le fis entrer dans le morceau de Tape qui liait mon poignet droit à l'accoudoir de la chaise. Je le secouai, tirai de toutes mes forces, mais rien n'y fit ; il me fallut plusieurs longues minutes pour libérer ma main. Saloperie !
Ma main libre, ce fut plus facile de libérer mon autre poignet ainsi que mes chevilles. Non, je ne me relevai pas gracieusement, je roulai sur moi-même, lessivée. Je me serais bien endormie sur la moquette si je n'avais pas été menacée d'une mort imminente. Je rassemblai le reste de courage qu'il me restait pour me relever, titubai, puis ouvris la porte violemment sans même me soucier d'être discrète.
Heureusement pour moi, il n'y avait personne. J'attrapai mon sac, qui traînait toujours dans le séjour, puis ouvris la porte d'entrée et courus le plus vite possible jusqu'à la sortie. La nuit était tombée, mais étant donné que les vampires pouvaient sortir au soleil dans cette dimension, c'était une information inutile pour moi. Le plus dur allait être de trouver un taxi.
Je sortis mon portable et appelai Demi.
- Oui ?
- Demi ? Tu ne le croiras jamais !
- Où es-tu ? Ça fait des heures que je t'attends ! Tu as osé me poser un lapin ! J'avais l'air maligne, seule à table.
Zut ! Il fallait que je dîne avec elle pour notre dernière soirée à L.A. ! Dans tous les cas, son égoïsme m'étonnerait toujours.
- J'espère que tu as une excuse valable !
Je continuai de marcher comme une folle dans des rues que je ne connaissais pas, regardée de travers par tous les passants.
- Une excuse ultra valable ! Il faut absolument que je te raconte tout ! Où es-tu ?
- Non, toi, où es-tu ?
- Je n'en sais foutrement rien...
- De mieux en mieux... Non mais qu'est-ce que j'ai fait pour avoir une amie comme toi !
- Soit. Dis-moi où tu es pour que je te raconte tout ça.
Soudain, parmi les passants, je vis un grand blond qui ne pouvait pas passer inaperçu. Il portait des lunettes de soleil (en pleine soirée), mais je le reconnus directement. Il était accompagné de Pam et Tara. Le reste du groupe était un peu plus loin (sans doute pour ne pas attirer l'attention).
Lorsque je sentis leurs regards sur moi, je rebroussai chemin et courus aussi vite que je pus.
- Je te rappelle, Demi !
- C'est une blague ? Je veux savoir ce que tu fabriques !
- Laisse tomber !
Il lui suffisait d'aller sur Internet pour savoir ce que je fabriquais. Enfin, elle ne saurait sûrement jamais que j'avais découvert le secret de notre série préférée, mais elle ne se doutait pas d'à quel point elle était chanceuse de ne pas savoir.
Je courus le plus rapidement possible, mais je n'avais aucune chance face à des vampires. Je me fis plaquer au sol par je ne sais trop qui, puis je fus soulevée sur l'épaule d'Eric (je suppose).
- Non, gémis-je, relâche-moi !
- On te ramène !
- Petite futée, commenta Tara.
Devais-je le prendre comme un compliment ?
Arrivée à l'appartement, je fus jetée sur un canapé comme un vulgaire sac à patate.
- Tu es tenace, mais nous aussi, comme tu le sais déjà, me dit Pam en remontant ses manches. Maintenant, ça suffit !
Elle sortit une énorme dague de son corset, un instrument de torture des plus étranges.
- Houlà ! Attention, vous risquez de blesser quelqu'un, avec ça, bredouillai-je lamentablement.
- J'en ai bien l'intention, ma mignonne.
Je jetai un regard à Eric, mais il se détourna et emmena Sookie et Jessica avec lui. Bill s'éloigna de lui-même (de toute façon, je n'imaginais pas Eric prendre Bill par l'épaule et lui cacher les yeux). Pam s'approcha de moi d'une démarche féline, avec son... son énorme machin qui allait faire très mal. Avec ça, aucune chance pour mon corps de se régénérer, sang de Nora-Lilith ou pas.
Je me levai et sautai par-dessus le canapé. Pam passa lentement derrière le canapé et vint me cueillir entre une plante en plastique et un vase d'époque. Elle me tira par les cheveux.
- Voilà ce qu'on fait aux témoins gênants.
Bon. Ce n'était que la troisième fois de la journée que j'étais menacée de mort, après tout.
Pam leva son arme et la plaqua contre ma gorge.
- Non ! hurlai-je instinctivement en repoussant Pam de toutes mes forces avec mes deux paumes.
Pam partit en arrière dans un époustouflant vol plané tandis que des éclats de lumière sortirent de mes paumes. Mon cri résonna dans l'appartement, mêlé aux gémissements de Pam, à terre.
Tara se précipita sur moi en jurant, et je lui fis subir le même sort (vengeance, vengeance). Je ne m'en sentais pas réellement capable, mais puisque cette journée était surréaliste, j'allais devoir admettre que des putains d'éclairs sortaient de mes putains de mains.
Je regardai l'assistance, aussi bouche bée que moi, puis je regardai mes mains. J'avais maintenant de réels super pouvoirs, et je comptais bien m'en servir pour survivre.
Petit para' de transition... Bonne digestion :)
*******************************
Eric me sauta dessus, m'écrasant de tout son poids et plaquant mes mains au dessus de ma tête.
- Tu m'écrases, gémis-je, sans pour autant omettre de profiter de ce moment.
- Ce n'est pas pour te déplaire.
Pas faux.
- Laisse-moi m'en aller.
- Tes yeux ne demandent que le contraire.
- Mes yeux mentent.
- Je crois plutôt que c'est toi qui mens.
- Je ne parlerai pas de votre secret... Dis-leur, Eric.
- Hors de question que tu t'en ailles, surtout si tu as un pouvoir que je pourrais exploiter, ma jolie.
- Ma jo...
Je laissai tomber cette répétition inutile. Oui, il avait dit « ma jolie » et « exploiter » dans la même phrase. Saperlipopette !
- Qu'est-ce que tu vas faire de moi ?
- Tout ce que tu veux.
En entendant Bill toussoter, je me demandai un instant où en était le triangle amoureux Bill-Sookie-Eric (ou devrais-je dire « le sandwich amoureux »).
Eric se releva et m'emporta avec, collant mon dos contre son torse et retenant mes mains. Il se retourna vers Bill, Sookie et Jessica.
- C'était quoi, ça ?
Je crus qu'elle parlait de notre flirt, mais Eric était heureusement moins débile que moi.
- Je crois bien que...
- Hayley, soupirai-je en laissant ma tête reposer contre son torse (comme si les vampires avaient des trous de mémoire).
- Je crois bien que Hayley à une sorte de don. Comme une fée, pourtant je ne sens rien de féerique chez elle.
Merci du compliment...
- Ce qui signifie... ? continua Jessica.
- Ce qui signifie qu'on ne s'en débarrasse pas avant d'avoir trouvé ce qu'elle est.
Eric s'avança vers Pam et Tara, qui tentaient de se relever, en vain.
- Elle nous a paralysées, je crois bien, commenta Tara.
- Je n'arrive pas à sortir mes crocs, se lamenta Pam.
- Moi non plus.
Pourtant, je les vis essayer.
- Comment ça ? s'étonna Eric.
- J'ai... j'ai l'impression de ne plus être un vampire, s'étonna Pam.
Je sentis le regard d'Eric sur moi, puis il dut échanger un regard avec Pam car celle-ci resta figée de longues secondes vers nous (sauf si elle me regardait moi en louchant vers le haut).
- Donc ce... don lui permet d’ôter les pouvoirs des vampires, résuma Bill au cas où quelqu'un n'avait pas compris.
- Ce qui serait évidemment intéressant pour nous, ajouta Eric.
Je sentais son torse vibrer à chaque mot qu'il prononçait, et je ne vous cache pas que c'était agréable. J'aurais voulu rester blottie contre lui des heures entières.
Pam put alors se relever, mais pas Tara (tant mieux, tiens). Elle échangea des mots en langue scandinave avec Eric, et ceux-ci semblèrent s'être mis d'accord sur quelque chose.
- Je savais que j'aurais dû étudier ces langues, marmonnai-je.
- Tu aurais dû, effectivement, confirma Sookie. C'est ce que je me dis tous les jours.
- Peu importe ce que tu m'as fait, tu as intérêt à réparer ça ! menaça Pam en pointant un doigt vers mon visage.
Eric recula pour que Pam ne soit plus à ma portée. Je préférais Eric à Alex. Même si c'était la même personne, Eric était beaucoup plus appréciable qu'Alex, et bien moins énervant. Au moins, il ne laissait pas Pam (« papaaam »... pardon, je ne pouvais pas m'en empêcher) s'approcher de moi. Tant mieux, d'ailleurs, car elle était dans une colère noire.
- Tu sais que nous avons à faire, ce soir, déclara-t-elle à Eric.
- Je le sais, effectivement, mais je ne doute pas que tes pouvoirs de vampires ne te seront pas utiles ce soir.
Ils parlaient sûrement d'une sortie officielle des acteurs, dans ce cas. Eric m'emmena dans sa chambre (depuis le temps que j'en rêvais...) et repartit aussitôt en m'ordonnant de ne pas bouger. A pas de souris, je me rapprochai de la porte pour coller mon oreille tout contre.
- Si ça se trouve, c'est une sorcière, entendis-je dire.
C'était la voix de Tara (elle devait être remise sur pied, maintenant).
- Et tu sais très bien ce qui se passe quand on mêle les sorcières aux vampires, commenta Pam.
- Oui, je sais ce qui arrive, s'énerva Eric. Je leur arrache le coeur et les extermine.
Et modeste, avec ça...
- Nous avons bien assez de problèmes sur les bras avec Nora, relativisa Bill. Il serait peut-être judicieux de laisser cette jeune fille tranquille. Je pense que le mieux serait de l'hypnotiser.
- Tu sais très bien qu'il faut pour cela que nous retournions dans notre dimension. Il n'y a pas assez de magie, ici.
- Je le sais, bien évidemment, Pam, et c'est ce que j'insinuais.
- Hors de question qu'elle parte avec nous ! s'exclama Tara (je l'imaginais en train de taper du poing dans l'air avec véhémence).
- Et hors de question de l'hypnotiser, intervint Sookie.
J'entendis Eric approuver, ce qui me rassura. Le plus simple dans leur situation était qu'il me laissent les aider, ou du moins, qu'ils me laissent partir avec eux. surtout maintenant que je m'étais découvert ce pouvoir étrange. Je regardai longuement mes mains, puis je les tendis avec force vers la lampe de chevet. Rien ne se passa. Mince ! Et si ce « don » n'était qu'éphémère ? Ou alors, peut-être qu'il était juste limité.
Un élan de panique m'envahit, mais fut rapidement interrompu par la porte qui s'ouvrit sur mon front.
- Aoutch ! m'écriai-je en frottant mon crâne.
Eric se tenait derrière la porte, le regard sérieux.
- Tu m'as fait mal, soulignai-je.
- On ne t'a jamais dit de ne pas écouter aux portes ? répondit-il du tac au tac.
- Je...
- Bref, prépare tes affaires.
- Je rentre chez moi ?
Mon ton était déçu. A vrai dire j'étais même prête à sortir un violon et un béret pour récolter des pièces, s'il fallait que je montre à quel point j'étais déçue.
- Oui, on a jugé que c'était préférable que...
Il ne put finir sa phrase ; un vacarme nous parvint du salon. Eric se précipita à vitesse vampire tandis que des gardes lourdement armés entrèrent dans l'appartement. Ils ne me prêtèrent aucune attention (après tout, je n'étais qu'une humaine, je n'étais pas un danger pour eux). Pam et Tara, privées de leurs pouvoirs super soniques, furent rapidement maîtrisées. Bill tenta d'éloigner Sookie, mais les gardes l'immobilisèrent en premier, plaquant Bill contre un des murs. Jessica subit le même sort, mais ils durent s'y mettre à trois pour arriver à attacher Eric.
C'est alors qu'un des gardes vint vers moi, me menaçant avec son arme. Je levai les mains en l'air, comme si j'avais quelque chose à me reprocher dans cette histoire où j'avais atterri bien malgré moi. Je jugeai préférable de ne pas tenter d'exercer mon nouveau pouvoir encore méconnu de moi-même sur eux. Il valait mieux qu'on me pense inoffensive.
- Suivez-nous.
C'est ce que nous fûmes contraints de faire. Ils nous enfermèrent dans des fourgons, puis nous conduisirent jusqu'à une fontaine au milieu d'un jardin privé. Le garde qui me retenait me jeta sur m'herbe de toute sa hargne, m'envoyant sentir si la terre était fraîche. Elle l'était.
- Relâchez-la ! ordonna Eric. Elle n'a rien à voir avec tout ça !
Les gardes l'ignorèrent, et l'un d'eux s'approcha de moi pour me donner un coup de pied dans les côtes. Je peux vous confirmer que les effets du sang de Nora s'étaient estompés. Pliée en deux, je me mis à insulter les mères de la terre entière et pire encore sous le regard admiratif d'Eric Northman.
- Si seulement je pouvais applaudir son inventivité, commenta Pam.
- Trêve de bavardages inutiles ! beugla l'un des gardes (le chef, sûrement).
Les gardes qui retenaient Jessica l'envoyèrent dans la fontaine, dans laquelle elle disparut, puis se fut au tour de Tara, de Pam, Sookie, et enfin Eric. L'un des gardes eut la décence de me relever. Je crus qu'il voulait juste m'aider, mais il me poussa dans la fontaine et je fus propulsée dans un autre monde...
Une autre dimension.
Et hop ! Voilà la suite, après un long hiatus ;) J'espère que ça vous plaira, et que vous serez nombreux à donner votre avis !
Bonne lecture !
************
L'atterrissage ne se déroula pas du tout comme je m'y attendais. Je pensais que j'allais me matérialiser comme par magie, avec un nuage genre mauve ou blanc autour de moi. Laissez-moi rire ! J'atterris plutôt violemment avec trois roulé-boulé et arrivai la tête dans la poitrine de Pam (un excellent Airbag). Je vous laisse deviner mon étonnement.
- Dégage de là ! beugla Pam.
Étant donné que des chaînes d'argent la retenaient, il allait falloir que je bouge de moi-même. Je me relevai, titubai, puis retombai au sol sur mon derrière (un excellent Airbag également). Le voyage dimensionnel avait dû porter atteinte à mon cerveau. Ou alors les seins de Pam étaient plus durs que je ne pensais, et je m'étais fait une commotion. J'avais l'impression que tout autour de moi tournait, et je n'eus pas le temps de reprendre mes esprits car je réceptionnai quelque chose d'extrèmement lourd en plein dans mon dos. Je mis plusieurs minutes à comprendre que Bill venait d'arriver, et qu'il m'écrasait.
Une vague de panique me submergea lorsque je me rendis compte que j'avais de plus en plus de mal à respirer.
- Enlève-toi ! Enlève-toi ! hurlai-je comme si Bill était une araignée sur mon bras.
Il roula, m'écrasant encore plus, puis je me retrouvai libérée. Je demeurai couchée sur le ventre, la tête sur un carrelage froid. J'étais sonnée. Non seulement l'atterrissage était loin de ce que j'avais imaginé, mais en plus je voyais flou. J'espérais que ça allait s'estomper rapidement, j'avais l'impression de ne pas avoir mis mes lentilles. Pourtant je les avais.
Alors que des gardes criaient des ordres autour de moi, je posai un doigt plein de bactéries dans mon œil et retirai ma lentille de contact. Miracle ! Je voyais clairement d'un œil ! J'enlevai l'autre lentille et laissai la paire par terre, malgré le prix qu'elle coûtait.
Ce monde commençait déjà à me plaire !
A peine eus-je cette pensée qu'une armoire à glace me souleva violemment pour me traîner jusqu'à une cellule exiguë. Sookie ne tarda pas à m'y rejoindre. Pas de trace par contre des autres. En tant que vampires, ils allaient avoir droit à un tout autre traitement, sûrement. Je m'en voulus soudainement d'avoir ôté leurs pouvoirs à Pam et Tara (après tout, nous étions dans le même camp, même si elles voulaient me tuer).
Une minute à peine plus tard, sans que Sookie n'ait le temps de m'adresser un mot, une jeune femme vint nous vider les poches. Je me demandai si j'allais pouvoir récupérer mes téléphones et mon paquet de mouchoir, puis je me ressaisis ; quelque chose de plus important était en train de se passer.
- On est enfermées chez Nora-Lilith ? demandai-je dans un éclair de lucidité.
- Oui, mais plus pour longtemps.
- Comment ça ?
- Ton D.O.N.
Elle épela le mot « don » comme si les personnes qui étaient susceptibles de nous entendre étaient débiles.
- Je ne sais rien de ce D.O.N.
- Essaie.
Je tendis la main vers le mur en face de moi et y mis tout mon cœur. Rien ne se passa.
- Tu vois bien que c'est ridicule ! On va crever ici, bouffées par des vampires débiles qui ne savent pas épeler le mot « don » !
- Hein ? Qu'est-ce que tu racontes ?
Sookie me regarda en levant un sourcil.
- Laisse tomber, répondis-je en m'asseyant par terre à ses côtés.
- On va trouver une solution, Hayley.
Le fait qu'elle m'appelle par mon prénom me rassura, étrangement.
- Qu'est-ce qu'ils vont faire de nous, tu penses ?
- J'essaie de capter quelques informations dans la tête des vampires alentours, mais tout est brouillé.
- Je me sens inutile.
- Tu peux monter la garde, si tu as besoin d'occupation.
Je me postai devant les barreaux et regardai autour de la cellule. Il n'y avait qu'un long couloir vide et une porte vitrée verrouillée à chaque extrémité du couloir. Ma tâche était inutile : si quelqu'un entrait, on entendrait immédiatement une des portes se déverrouiller.
J'enroulai mes doigts autour d'un barreau pour me reposer. Aussitôt que mes doigts furent en contact avec le métal, je sentis une énorme décharge parcourir mon corps et je vis un éclair électrique autour de ma main. Pourtant, je ne sentis aucune douleur.
Par réflexe, je lâchai le barreau et reculai, sonnée.
- Oh, mon Dieu ! Hayley, ça va ? s'inquiéta Sookie.
- O... oui, ça va.
- Qu'est-ce que c'était, ça ?
- Je n'en sais rien.
Sookie ouvrit la bouche comme un four.
- Tu as mal ? Montre ta main.
Je lui tendis la main touchée. Elle était intacte.
- Tu ne sens rien ?
- Non. C'est bizarre, je sens comme une énergie forte me parcourir.
- Ça, c'est vraiment effrayant !
Une des deux portes se déverrouilla, et nous prîmes Sookie et moi une position naturelle sans nous concerter.
- Pause déjeuner ! annonça l'un des deux gardes qui vinrent se positionner devant les barreaux de notre cellule.
Ils composèrent un code sur un boîtier près de la porte de la cellule et un déclic retentit.
- J'espère que vous avez expérimenté la porte électrifiée. Ça remet les idées en place, croyez-moi.
Sookie et moi nous relevâmes, prêtes à nous défendre.
- Où nous emmenez-vous ? demanda Sookie et tentant de résister à la poigne de fer de son garde.
- Tu ne vas pas tarder à le savoir., ma jolie.
Ils nous traînèrent jusqu'à une grande salle et nous jetèrent à terre. Je pus me rattraper, mais Sookie tomba, ce qui m'obligea à l'aider à se relever.
- Bienvenue chez moi, chère Sookie.
Et moi, je sens mauvais ?
- ... et à toi, jeune inconnue.
Je sentais que j'allais bientôt servir de déjeuner, étant donner que personne ne savait qui j'étais ni à quoi je servais ici.
Bien entendu, notre hôte malpolie n'était autre que Nora. Elle avait son apparence « normale », contrairement à ce à quoi je m'attendais, et portait une robe drapée de couleur rouge rubis qui lui allait terriblement mal.
- Sookie, je tiens à t'informer que tes amis vampires vont très bien. Ils sont bien traités, n'en doute pas.
Elle appuya sur une petite télécommande qui tenait dans sa main, et un écran descendit du plafond et s'alluma. Le plasma était coupé en différentes caméra et on pouvait voir Jessica et Tara enfermées et attachées dans une cellule différente, Eric tourner en rond dans une chambre renforcée, Bill se faire interroger dans une pièce, et Pam attachée par les pieds dans ce qui ressemblait à une chambre de torture (je ne sais pas si je devais la plaindre ou être contente pour elle, qui aimait la torture).
- Qu'est-ce que vous comptez faire de nous tous ? demanda Sookie avec une mine dégoûtée.
- Vous remettre dans le droit chemin. Enfin, je parle des vampires. Toi, je compte te livrer aux fées. Et quant à cette inconnue qu'on a trouvée avec vous, je vais la garder jusqu'à savoir qui elle est.
Hé, oh ! Je suis là ! Pas la peine de parler de moi comme si j'étais absente !
- En attendant, vous retournez à vos cellules. Je ne veux prendre aucun risque, étant donné que vous m'avez déjà échappé une fois.
Je me souvins de ce qu'Eric avait dit : ils avaient déjà combattu.
Les gardes firent le chemin inverse en nous trimbalant et refermèrent la porte de notre cellule.
- J'ai un plan, annonça Sookie.
Qu'elle soit le cerveau de l'histoire différait avec le rôle qu'elle jouait habituellement dans la série.
- Je t'écoute.
- On va faire en sorte qu'un garde rapplique, puis tu vas te débrouiller pour l'attirer contre la porte électrifiée.
- Et comment je suis censée faire ça ?
- On improvisera. De toute façon, nous n'avons rien à perdre : Nora a dit qu'elle ne comptait pas nous tuer.
- Toi, non. Mais moi, peut-être.
- S'il te plait ! Il faut qu'on tente quelque chose.
Je réfléchis une demi-seconde.
- D'accord, mais que comptes-tu faire après ça ?
- Regarde : la porte a une serrure, aussi. J'imagine qu'un garde doit posséder la clé. Tu n'auras qu'à lui la prendre quand il sera sonné.
- Et s'il ne tombe pas dans les pommes sous l'effet du choc ?
- On avisera.
- Ton plan est le plan le plus idiot qu'il m'ait été donné d'entendre.
- Peut-être, mais nous n'avons rien de mieux.
Elle me tendit sa main, et je tapai dedans.
Bonne lecture, et n'oubliez pas de donner votre avis :)
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Jamais de toute ma vie je n'avais couru aussi vite qu'à ce moment précis. Au cours d'éducation physique, je faisais des scores plutôt acceptables, mais rien d'extraordinaire. Mais là, j'avais certainement battu trois records mondiaux. Sookie avait un peu de retard par rapport à moi, mais elle se débrouillait très bien elle aussi.
Miraculeusement, son plan avait marché. Enfin, pas exactement comme on le voulait, mais l'essentiel était qu'on avait réussi à sortir de la forteresse de Nora. Notre garde avait été prodigieusement électrocuté, j'avais su récupérer les clés, mais les caméras de surveillance nous avaient remarquées. Une clique de vampires avait débarqué, accompagnés d'une jeune fille qui avait l'air plutôt gentille. Celle-ci avait congédié les vampires et nous avait emmenées Sookie et moi dans une pièce. Alors qu'on pensait toutes les deux avoir droit à la torture, la jeune fille nous donna un pieu à chacune et nous ouvrit une porte en nous ordonnant de nous dépêcher.
On pouvait clairement dire que nous lui avions obéi à la lettre.
- Hayley, je n'en peux plus ! cria Sookie tandis que nous grimpions vers ce qui ressemblait à une autoroute.
Je ne lui répondis pas pour économiser mon souffle, et je finis par m'arrêter en arrivant au bord de l'autoroute.
- On y est ! criai-je à Sookie en me retournant.
Celle-ci tendit la main et je la tirai de toutes mes forces avant de m'écrouler avec elle sur le bitume.
- Et maintenant ? demanda-t-elle en se redressant pour s'asseoir.
- C'est ton monde, pas le mien. Je ne connais rien ni personne, ici.
- Bien, alors, je pense que le mieux serait d'aller à Bon Temps.
- Et ensuite ? Il est exclu d'aller chez toi, Jason ne peut pas nous accueillir puisqu'il est du côté des fées, et aucun vampire ne peut nous protéger.
Sookie réfléchit un moment, tandis que j'observais les alentours. Le soleil était en train de se lever en face de moi, j'en déduis donc que droit devant, c'était l'Est. Un panneau indiquait Shreveport dans cette direction.
- Bon Temps est par-là, indiquai-je à Sookie en levant mon bras difficilement. Le plus judicieux serait de marcher pour s'éloigner d'ici, et ensuite on avisera.
- Tu as raison, mais je n'ai plus aucune force, et pour rien te cacher, je suis affamée.
Je me levai et lui tendis la main.
- Si on reste ici, on prend trop de risques.
Je l'aidai à se lever et nous marchâmes vers l'Est en nous tenant mutuellement. Je ne sais pas combien de temps nous marchâmes, mais lorsque nous atteignîmes une station-essence, le soleil était au Zénith, ce qui fait à peu près 6 heures de marche. Je portais les mêmes vêtements depuis plusieurs jours, ce qui fait qu'ils étaient déchirés et que je sentais terriblement mauvais. Mes cheveux étaient gras et emmêlés, et je me sentais sale jusque sous ma peau.
- S'il vous plait, madame, soufflai-je en m'appuyant sur le comptoir de la supérette de la station-service.
- Qu'y a-t-il ? demanda la caissière en mâchant du chewing-gum effrontément.
- On a marché pendant plus de 6 heures, et on est franchement fatiguées.
- Vous allez où ? demanda-t-elle avec un accent du sud très prononcé.
- Bon Temps.
- Ok, les filles, dit-elle simplement en nous passant deux bouteilles d'eau. Vous avez de l'argent ?
Nous secouâmes la tête en même temps, Sookie et moi.
- Vous avez des bagages ?
Même signe.
- Vous avez quelque chose de valeur ?
Nous secouâmes la tête après un temps de réflexion.
- Décidément ! C'est toujours les pouilleux qui viennent demander de l'aide !
Elle ne se rendit pas compte de l'absurdité de ses propos.
- Allez-y, buvez, au lieu de me dévisager.
Nous nous jetâmes sur les bouteilles d'eau et les vidâmes presque d'un coup. La caissière servit un client, puis nous lança deux barres chocolatées à chacune et nous demanda de passer derrière le comptoir.
- Je m'appelle Stella, nous dit-elle.
- Sookie, et Hayley, répondis-je en montrant du doigt.
- J'ai quelques fringues de rechange dans l'arrière-boutique. Vous pouvez prendre une douche dans la pièce du fond. Je termine mon service dans deux heures, alors prenez votre temps. Je vous emmènerai à Bon Temps en voiture dès que j'aurai fini.
- Oh, merci ! soupirâmes-nous en chœur Sookie et moi, soulagées.
- Ouais, allez, allez ! Je fais ça pour ne pas qu'on vous retrouve violées et démembrées dans le coffre d'une camionnette, hein.
Cette remarque jeta un froid, et nous nous empressâmes d'aller nous laver dans l'arrière-boutique.
- Prenez ça !
Stella nous lança deux paquets dans lequel il y avait un tee-shirt aux couleurs de la station-service. Elle nous donna deux slips (ne me demandez pas pourquoi elle avait des slips de rechange), et une savonnette.
- Vous trouverez des serviettes dans la salle de douche. Les toilettes sont là. Donnez-moi vos fringues, que je les lave, vous êtes sales comme la peste.
Nous enlevâmes rapidement dans un coin sombre les vêtements crasseux que nous portions, puis je me dépêchai d'aller chercher deux serviettes dans la salle de douche. J'en lançai une à Sookie, puis je me glissai sous la douche. Ce fut de loin la douche la plus appréciée qu'il m'avait été donné d'avoir de toute ma vie. Pourtant, j'en avais pris, des douches, et même en belle compagnie, mais aucune de ces douches n'égalait celle que j'étais en train de prendre.
Je me séchai précautionneusement puis enroulai la serviette autour de mon corps. Je me permis de fouiller les armoires à la recherche d'un rasoir et d'un tube de dentifrice. Je trouvai le premier, mais pas le deuxième. Tant pis, je pus au moins me raser les jambes et les aisselles avant de sortir.
- A toi, lançai-je à Sookie, assise sur une malle près de la porte.
- Merci.
Je m'assis à mon tour sur la malle et observai le tambour de la machine à laver en face de moi. Tout en regardant les couleurs tourbillonner, je fis de l'ordre dans mon esprit. Je venais de vivre des évènements non négligeables, des choses que je ne pensais même pas réalisables. J'avais changé de dimension, et j'avais vraiment beaucoup de mal à réaliser ça.
Je pensai à mon monde à moi, à mes amis, ma famille, qui devaient certainement se demander où j'étais, ce que je faisais. Demi devait être furieuse, à l'heure qu'il était. Mes parents devaient sûrement me chercher, même si je n'étais légalement plus sous leur responsabilité. Bon sang ! Tant de changements en si peu de temps me faisait tourner la tête. Ou alors regarder la machine à laver m'avait donné le tournis.
Celle-ci s'arrêta et sonna. Je sortis les vêtements et les plaçai dans le sèche-linge au dessus le machine à laver. Je ne savais pas que les stations-services étaient aussi bien équipées. J'aperçus un téléphone fixe sur le mur près de la porte qui menait au magasin. Par curiosité, je m'en emparai et composai le numéro de Demi, que je connaissais heureusement par chœur.
- Le numéro que vous avez composé n'est pas attribué.
Je raccrochai avec un pincement au cœur. Certes, Demi n'était pas la meilleure amie possible, mais entendre sa voix aurait eu quelque chose de rassurant. J'avais besoin de me raccrocher à quelque chose que je connaissais bien pour me prouver que je n'étais pas folle et que ce que je vivais se passait vraiment, aussi extraordinaire que ça ne l'était.
Vingt minutes plus tard, le sèche-linge avait fini son travail, et je pus m'habiller correctement. Mon haut était dans un état lamentable, mais je décidai de la garder comme souvenir. J'enfilai mon soutien, la culotte de Stella, et le tee-shirt de la station-service, puis je mis mon short et essuyai mes chaussures avant de les renfiler.
- Fini ! s'exclama Sookie en sortant de la salle de bain.
- Parfait. Nos vêtements sont secs. Je te laisse t'habiller, je vais rejoindre Stella.
Je sortis et me postai derrière le comptoir à côté de notre bienfaitrice.
- J'ai bientôt fini, vous êtes prêtes ? me demanda-t-elle.
- Sookie s'habille.
- Très bien, mon collègue ne devrait plus tarder.
Lorsque la relève arriva, Sookie était déjà prête. Mes cheveux étaient encore humides, et l'air à l'extérieur me fit le plus grand bien. Je me sentais propre et fraîche pour la première fois depuis ces derniers jours. Sookie s'assit sur le siège passager du pick-up de Stella, et je dus m'installer sur le plateau. Je laissai le vent sécher mes cheveux et profitai du soleil chaleureux du sud qui tapait sur mes joues. Je n'avais aucune idée de l'endroit où nous allions, mais je faisais étrangement confiance à Sookie et Stella.
Cette dernière n'avait pas l'air bien méchante, au contraire, elle nous avait vraiment bien aidées. Lorsque je vis le panneau « Welcome to Bon Temps », j'exultai. Enfin, nous y étions ! Je ne savais pas ce que nous allions faire, comment nous allions libérer les autres des griffes de Nora, mais ce simple panneau représentait un but atteint, et cela me remplissait de joie.
Le pick-up de Stella s'arrêta sur le parking d'un endroit que je connaissais très bine pour l'avoir vu de nombreuses fois dans la série.
C'est ici que tout avait commencé. J'aurais dû me douter que nous irions ici.
- Voilà, commenta simplement Sookie.
- Merci, Stella, fis-je en la prenant dans mes bras alors qu'elle descendait du pick-up.
- Tu vas tout de suite te calmer, jeune fille ! m'arrêta-t-elle. Je ne fais pas de câlin, moi.
Je la lâchai et nous entrâmes toutes les trois dans le Merlotte's.