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#101 : Pilote

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Al se trouve dans une voiture en train d’écouter de la musique lorsqu’il voit une fille qui semble en détresse. Il la prend dans sa voiture. Elle est impressionnée par celle-ci.

Tout à coup, elle s’aperçoit qu’il y a quelque chose d’étrange dans le ciel. Elle lui demande mais ne sachant pas quoi faire, il appelle le centre de contrôle. Gooshie lui apprend que Sam est dans l’accélérateur temporel.

 

Dans la séquence d’ouverture, il y a un voyage dans les nuages qui atterrissent tout droit dans une maison où le réveil remonte le temps jusqu’à arriver à 4 heures 59 minutes puis à 5 heures. La radio se met en route et, en se réveillant, Sam ne comprend pas ce qu’il fait dans un lit. Il comprend qu’il a réussi mais ne se pas quoi ni qui il est, ni où il se trouve. Par contre, il voit une femme allongée à côté de lui qui se réveille et se lève. Il s’aperçoit qu’elle est enceinte.

 

Pendant qu’elle lui fait à manger, il est prostré sur un siège dans la salle de bain ne sachant pas quoi faire. Elle lui dit juste que Bagoo va le prendre et qu’il a une nouvelle marque de crème à raser. Elle le rejoint pour préparer la baignoire en faisant couler de l’eau. Elle lui demande pourquoi il ne bouge pas et le pousse à aller se laver dans la baignoire. Le voyant allé dans la baignoire avec son caleçon, elle lui dit qu’il est impossible. Il a l’impression de rêver. Il pense qu’en se rasant, il se réveillera. Il se met de la crème mais s’aperçoit que l’odeur de la crème est bien réelle. Après avoir mis la crème, il se tourne et voit un autre homme dans la glace et prend peur. Sa femme vient voir ce qu’il se passe. Sam lui demande qui elle voit dans le miroir. Elle lui dit qu’il ne doit pas lui faire des peurs pareilles parce qu’elle accoucherait avant terme. Il insiste et elle lui dit qu’elle le voit mais se regarde dans la glace en disant qu’elle a une mine affreuse. Il lui dit qu’il ne s’appelle pas Tom et elle semble surprise alors que son fils lui donne le téléphone car le capitaine veut l’entendre. Sam se rend compte qu’il est papa. Elle lui demande s’il n’est pas malade, auquel cas, elle espère qu’il n’ira pas voler. Peg dit à son fils de dire à Burdell que Tom le rappellera plus tard et qu’il doit prendre son numéro. Sam dit un numéro de téléphone et le prend des mains de Mikey pour tenter d’appeler son bureau mais il compose trop de numéros. Il demande l’indicatif mais Peg se pose la question de savoir ce que c’est. Son fils lui dit qu’ils ne savent pas parce que c’est un secret. Sam se demande pourquoi. Elle lui dit qu’elle n’espère pas que c’est une blague parce qu’elle n’a pas le temps et lui non plus. Il raccroche le téléphone pendant que son fils boit du lait. Il regarde la télévision qui diffuse un programme pour enfant. Ne sachant pas quoi faire, il décide de sortir de la maison et se trouve à l’extérieur. Il a toujours du produit de rasage sur le visage.

 

Il voit passer un avion dans le ciel qui fait des tourbillons. Il se rend compte que ce n’est pas un rêve mais pour lui, un cauchemar qui va voir apparaître un vilain croque-mitaine. En attendant que ce dernier montre le bout de son nez, il se prend au jeu. De toute façon, il n’a pas vraiment le choix. Ils sont tous persuadés qu’ils sont en 1956. Il sait qu’il est Tom Stratton, capitaine dans l’armée de l’air, qu’il a une femme et deux enfants dont un en route. Son meilleur ami est venu le prendre le matin, le capitaine Burdell, Bagoo pour les intimes. Il va découvrir que ce surnom lui va bien. Burdell claque des doigts pour attirer l’attention de Sam et lui demande de regarder vers un parking où se trouve un bar car il y a une jeune fille. Sam regarde. Ils rentrent sur le parking et le capitaine se met à rire. Il lui dit de regarder ses jambes, de plus, elle n’a pas d’alliance. Il l’accoste et fait les présentations : lui c’est capitaine Will Burdell et son acolyte, Tom Stratton, miraculé d’un duel au rasoir. Ils sont célèbres puisqu’ils sont les seuls pilotes de l’armée de l’air à avoir du cran nécessaire pour piloter un X-2. Elle réplique en disant qu’il oublie Tony Lamotte. Il lui dit qu’elle ne s’est quand même pas fait berner par ce novice. Ce n’est pas parce qu’il a uniforme et une montre dernier cri avec chronomètre qu’il saura piloter jusqu’au septième ciel. Pendant ce temps, Sam regarde dans le rétroviseur et voit le regard de Tom. La jeune fille se met à rire, il lui demande si c’est vendredi et qu’elle sera donc au ranch pour le week-end, elle acquiesce donc. Il veut réserver une danse pour le soir même. En ce qui concerne les bangs supersoniques, il le fera en son honneur. Il se met à partir alors qu’elle semble contente de la tournure des événements. Sam répète ce qu’a dit Burdell sur le X-2. Il lui rétorque qu’il faut épater les femmes s’ils veulent les approcher, d’autant plus que c’est vrai. Sam, en toute honnêteté lui annonce qu’il ne sait pas voler. Burdell le prend pour une blague mais il insiste. Burdell trouve qu’il a l’air sérieux ce qui est le cas. Il n’a pas son pareil pour cette sincérité. S’il sait mentir avec autant d’info, à l’heure qu’il est, il sera sans aucun doute le roi du poker. Il lui demande s’il pourra faire une blague à deux de ses camarades. Quels camarades ? Burdell dit qu’il va leur annoncer que d’avoir dépassé Mac-2, cela leur a affecté l’esprit.

 

Ernie se demande pourquoi l’esprit a été affecté. Burdell lui dit que plus il vole vite et plus il a la mémoire qui flanche. Un pilote ressent la même chose et qu’en plus à cause de ça, il oublie l’anniversaire de sa femme, ce qu’il ne s’est jamais produit. Un autre ne sait plus où il a garé sa voiture. Ernie trouve ça fascinant. Il demande au médecin de concevoir un test pour évaluer les pertes de mémoire. Sam n’a pas l’air d’attaque pour cette évaluation. Le médecin semble d’accord pour mettre ça en place. Ernie trouve ça excellent. Il ajoute autre chose : l’alarme incendie s’est déclenchée lorsque le capitaine Burdell est à Mach-2,6 à cause d’une mauvaise isolation. Tous les câbles ont été faits et le danger est désormais écarté. Un autre pilote demande au médecin s’il le saura, peut-être qu’il sera avec lui dans l’avion. Le médecin aimerait bien, c’est son vœu le plus cher. Mais Ernie fait savoir que les blessures de guerre ne supportent les rase-mottes car il a une blessure à la tête. Les pilotes se mettent à rigoler. Ernie dit que si cet incident doit se reproduire, il faut maintenir la position jusqu’à ce que le chasseur arrive et détecte un début d’incendie. Pendant ce temps, Al apparaît devant Sam qui fait un signe de la tête. Mais ils risquent d’être brûler à ce petit jeu-là. Dans tous les cas, s’il y a le feu, il met les voiles. De toute façon, il ne l’a pas fait. Il est de l’étoffe des héros. Al lui dit qu’il l’aime le pilote, qu’il lui fait penser à ses jeunes années. Ernie dit que s’ils n’ont plus d’autres questions alors au travail. Le capitaine Burdell va vers Sam et lui dit qu’Ernie a bien flairé le poisson car il a mordu à l’hameçon. Al dit à Sam que ça réveillerait un mort. Un avion est prêt à décoller et le pilote d’un chasseur est paré à rejoindre la piste d’envol. Il demande la permission de décoller et qu’il est prêt. Un camion passe en même temps.

 

Pendant ce temps, à la maison de Peg et Tom, la première fait montrer à ses amies les cuisses pour savoir laquelle a le moins de vergetures, la droite ou la gauche. L’une de ses amies montre la droite et l’autre réplique qu’elle est moins grosse, c’est en plus celle-là où elle a posé de la crème au cactus. Ses copines ne la croient pas.

 

Pendant ce temps, l’avion de chasse est prêt à décoller. Pendant ce temps, dans la maison, une de ses amies s’inquiète du bruit que fait l’avion qui va décoller. L’avion décolle faisant trembler la maison ainsi que la tasse de Peg qui la retient. L’avion est désormais dans le ciel alors que Peg leur dit qu’elle devrait peut-être arrêter le café. Une de ses copines acquiesce.

 

Dans le ciel, l’avion est suivi par deux autres avions. Sam dit qu’avec le temps, on finit par s’habituer à tout. Il est dans l’avion, n’ayant pas encore mis son masque. Il suffit de prendre ça avec philosophie et de faire confiance aux autres. Un homme arrive dans la cabine de pilotage. Burdell lui dit qu’il ne sait pas qu’il a été dans l’import mais l’homme ne sait pas de quoi il parle. Du lot qu’il a stocké dans le ranch le week-end dernier. Comment il fait, il a des espions partout ? C’est de naissance, il a un sixième sens, les repérant des kilomètres à la ronde. Oui mais il ne faut qu’il se trompe de cible. Il s’en va en les laissant piloter. Il reprend sa place ainsi qu’un autre homme derrière lui. L’avion continue de voler. Sam, pour lui-même, dit que c’est drôle, qu’il commence à lui plaire tout ça. Piloter l’avion c’est facile puisque d’autres sont là pour tenir le manche. Surtout quand on pilote comme un manche. Burdell enlève son casque. Il laisse les commandes à Sam, qui doit les faire grimper jusqu’à 25 000 mètres, le temps qu’il aille aux toilettes. Il s’en va tandis que Sam le regarde puis se retourne et l’avion se met à pencher sur le côté. Il ne sait pas quoi faire.

 

Le pilote de l’avion indique leur position et qu’Edwards lui fait comprendre qu’ils dévient leur trajectoire de près de quarante degrés. Il lui demande s’ils ont des problèmes. Pendant ce temps, dans le ciel, Sam tente tant bien que mal de redresser l’avion mais n’y arrive pas. Il se met à crier alors que Burdell le rejoint pour reprendre sa place et lui demande ce qu’il y a. Sam ne sait plus le piloter. Un pilote demande à Sam et Burdell s’il les reçoive. Edwards demande ce qu’il y a. Burdell répond qu’il y a dû y avoir une bulle dans le système hydraulique car madame a brusquement volé comme un bouchon de radiateur mais elle semble s’être reprise maintenant. Sam semble souffrir. Ils vont continuer de grimper jusqu’à 25 000 et se retourne vers Sam pour lui dire qu’il doit réserver ça à Ernie. Sam ne veut plus piloter.

 

Dans la maison de Peg et Tom, Peg écoute une série audio à la radio en se prenant une tasse de café. Elle regarde l’heure pour suivre le vol de son mari, dont les nouvelles sont données à la radio. Burdell annonce qu’ils sont à 25 000 pieds et Edwards leur dit qu’ils sont prêts à parer et leur souhaite bonne chance. Lui et Berger les suivent avec des jumelles.

 

Dans l’avion, Burdell dit à Sam qu’il en a marre de le voir à la traîne. Lui et Sam ont mis leur casque. Il va le lâcher dans la nature et il verra lequel des deux aura cette belle blonde. Dans un chasseur, un pilote se voit enfermer alors que Al apparaît dans la queue de l’appareil en saluant. Sam, le voyant, fait signe de la main. Il demande si c’est confortable derrière pour les passagers. C’est mieux qu’un quatre étoiles. C’est bon, ils vont pouvoir y aller. Il demande au pilote s’il est paré et dit largage en faisant le décompte à partir de dix. Ils soulèvent une manette et le chasseur se met à quitter l’avion. Le pilote appuie sur plusieurs boutons et il avance. Il se sert du manche pour se guider. Burdell suit la trajectoire de l’avion et parle pour lui-même en disant de rester en selle. L’avion prend de la vitesse et une secousse fait peur à Peg, où quelque chose tombe et se casse. Elle pose une boîte sur le meuble en étant inquiète. Le pilote dit qu’il est à quinze mille pieds, Mach 1,3, il accélère. Il pousse le manche. 1,9. Il arrive à Mach 2 et passe au palier suivant. 65 000. Il accélère encore sous les yeux de ses supérieurs. 66. Il est à l’altitude 71 000, Mach 2,4. C’est en bonne voie en avançant la poussée. Il appuie sur le bouton « Booster n°3 ». Il accélère de plus en plus. Mach 2,5. 2,6. La flèche avance et il accélère toujours. Température carlingue, 6-8-3. L’alarme à incendie est éteinte. Ils ont maté l’engin. Mach 2,7. Les deux hommes continuent de scruter l’avancée du chasseur. Le pilote indique la température de la carlingue de 8-0-0. Ça commence à chauffer et le voyant de l’alerte incendie s’allume. Il dit qu’il va appuyer sur le bouton « booster 3 ». Il pousse les deux autres boutons et la flèche continue de monter malgré l’alerte. L’alarme s’arrête et il dit que tout à l’air OK. La flèche descend. 2,4. 2,3. Le chasseur continue sa route. Il croit qu’il s’agit d’une fausse alerte. Il demande où se trouve Doug qui est à cinq milles derrière lui, à 30 000 pieds. Le pilote dit à Roger qu’il va faire demi-tour pour venir le voir. Il ne faut pas qu’il descend au dessous de Mach 2. Il perd le contrôle et se met à faire des ronds dans le ciel, n’arrivant pas à se stabiliser. Il continue de perdre de l’altitude alors que Roger se trouve derrière lui, le regardant. Une explosion se fait entendre, ce qui fait peur à Peg. Pendant que sur la piste d’atterrissage, tout le monde s’en va pour voir ce qui se passe, le chasseur se désintègre mais le pilote a réussi à s’éjecter à temps.

 

Peg sort à l’extérieur de la maison pour voir ce qui se passe. Des sirènes se font entendre alors que ses voisines arrivent près d’elle. Elle demande où il est, sa voisine lui indique la direction grâce à la fumée dans le ciel. Peg a peur alors qu’elles voient le pilote dans le ciel avec son parachute et sont contentes en sautant de joie.

 

Le soir, dans un bar, tout le monde se ressource après cette dure journée alors qu’un couple se met à danser sur la piste. Burdell dit que le X-2 l’a peut-être descendu en flammes mais c’est pour elle qu’il se consume. À ce point là. Il n’y a qu’à voir le regard de merlant frit qu’il a ce soir-là. Une femme sait ce qui le tracasse, il est jaloux parce qu’elle ne veut pas de lui. Tout le monde rigole alors que Bagoo boit une bière. Il a toutes ses chances parce que sa seigneurie rentre bien sagement dormir à la base. Peg dit qu’il est plutôt mal placé pour le savoir parce qu’il va toujours dormir chez l’une ou l’autre. Ils rigolent alors que Bagoo se lève et va voir le couple. Il tape son doigt sur l’épaule de l’homme sous les yeux de ses amis. L’homme s’en va et il se met à danser avec elle. Peg prend la main de Sam. Ce dernier pense que plus le cauchemar se poursuit, plus il a tendance à le trouver agréable. Malgré ses six mois de grossesse, il trouve Peg merveilleusement belle, bien qu’elle soit sûrement persuadée du contraire. En général, il n’est pas spécialement attiré par les femmes enceintes mais là, c’est différent. L’alchimie fonctionne à la perfection. Et pour ne pas succomber et bien, il ne faut pas qu’il perde de vue qu’il n’est pas réellement son mari. Il lui demande si elle a envie de danser. Elle lui demande quoi. Il répète « danser ». Avec son gros ventre ? Il lui fera une place. Ils se lèvent et se mettent à danser. Al marche dans le bar et aperçoit le couple en train de danser. Peg demande avec qui Tom a bien pu danser dernièrement. Sam lui répond quoi. Elle lui réplique qu’il a beau être le meilleur pilote de toute l’armée, il a malheureusement deux pieds gauche, du moins jusqu’au soir. Il a peut-être besoin d’une partenaire un peu ronde. Ils se mettent à rigoler. Il voit Al qui lui fait signe et il demande à Peg qui est près du juke-box. Elle dit que c’est Doug mais il parle d’un homme en smoking, donc Al. En smoking, dans cet endroit ? Elle ne voit pas d’homme en smoking noir debout près du juke-box ? Elle lui dit qu’ils passent une bonne soirée, il ne faut qu’il la gâche. Pour lui-même, il dit qu’elle est charmante, soit quelqu’un lui bouche la vue, soit c’est le croque-mitaine qui entre dans la danse. Il regarde toujours Al. Que ce soit l’un ou l’autre, il va en avoir le cœur net. Il s’arrête de danser et va faire assoir Peg qui ne veut pas. Il argumente en disant qu’elle est à six mois de grossesse et qu’à six mois, elle doit faire un tour de piste et s’assoir. Ordre du docteur. Mais elle est en pleine forme et qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de danser tous les deux et en plus c’est sa chanson préférée qui passe. Il veut seulement qu’elle se ménage et ils ont la nuit devant eux. S’il le dit. Il va mettre des sous dans le juke-box et il revient tout de suite. Il s’en va, la laissant seule. Il arrive près d’Al et met des sous dans le juke-box quand Al rompt le silence. Il trouve ça fantastique, ces gens, cette musique. Ça remue des tas de choses en lui. Il demande s’il n’y a pas « Be-Bop-A-Lula » dans ce juke-box. Ça lui rappelle toutes ces longues nuits glaciales dans le laboratoire. Be-Bop et Lula, une superbe créature, une chimiste russe. Il se souvient qu’elle a effectué des recherches sur… Il est coupé par Sam qui demande s’il est mort. Et il s’est réincarné à l’âge adulte au lieu de se réincarner en petit enfant. Al rigole en lui disant que Sam le fera toujours rire. Ce dernier comprend qu’il sait comment il s’appelle. Il n’est pas aussi nul que ça. Sam demande pourquoi il est le seul à savoir qui il peut être. Est-il sérieux ? On ne peut plus sérieux. Al comprend ce qu’il se passe. Est-ce qu’il ne le reconnaîtrait pas du tout. Il répond que non. Il ne se rappelle plus l’expérience. Quelle expérience ? Al demande ce qu’il s’est passé avant le réveil de Sam le matin même. À part son nom et un numéro de téléphone, c’est le trou noir. Peg regarde vers Sam. Il demande ce que c’est cette expérience. S’il a pris part à une expérience, il peut très bien être sujet à des hallucinations. Peg le regarde parler tout seul. Al comprend que Ziggi, l’ordinateur, a raison. Sam demande qui est Ziggy. Mais il se souvient d’un homme qui porte ce nom-là. Un type qui a mauvaise haleine ? Burdell lui demande s’il rêve et qu’il n’étonnera personne en faisant le gag du type qui se fait la conversation tout seul. La femme et Sam se mettent à rigoler. Sam ne sait pas quoi faire et décide de sortir à l’extérieur du bar. Il se met à voir Al qui marche, l’air énervé, vers un champ. Sam le suit et le voit entrer par une porte invisible et la fermer. Il s’arrête de marcher et lève les yeux au ciel. Il veut sortir de ce rêve en restant les yeux rivés sur le ciel.

 

Dans une voiture, alors qu’il écoute la radio, Sam dit à Peg qu’elle ne s’est jamais rendue compte que c’est si difficile de suivre la route quand il n’y a pas de ligne blanche. Des lignes blanches ? Il se dit que s’ils peignent des lignes blanches tout au long de la route, ce sera certainement beaucoup plus facile de ne pas s’en écarter. Peg trouve que c’est une bonne idée. Ça tombe bien, il en a quelques unes qui vont de l’avant. Elle est contente de la soirée. Tant mieux. En même temps, c’est effrayant. Pour quelle raison ? Peut-être parce qu’il a voulu qu’ils dansent. Ce n’est pas la première fois qu’ils dansent. Parce qu’il n’a pas bu plus d’une bière ou deux. Ni parler boutique. Elle n’arrive pas à se rappeler une seule soirée passée avec toute sa bande de pilotes sans qu’ils ne parlent avion. Sam rigole et dit qu’ils n’ont que ce mot-là à la bouche. Lui non plus, il n’a rien dit. Il n’est pas d’humeur. Et puis il y a le juke-box. Ils se mettent à lire ce qu’il y a sur les panneaux sur la route : « Pourquoi est-ce que lorsque vous essayez de doubler, le conducteur va deux fois plus vite ? » Ils se mettent à rigoler lorsqu’ils voient le dernier panneau : « Burma Shave ». Elle touche le visage de Sam et lui dit qu’il a la peau douce. Comment il trouve ? C’est mieux que son rasoir électrique. Si du moins il a… Il demande s’il en a déjà eu un. Elle répond par la négative. Elle éteint la radio et demande ce qu’il y a. Mais il ne le sait pas alors elle insiste. Il lui dit qu’il ne s’appelle pas Tom et c’est ce qu’il a dit le matin même dans la salle de bains. Il s’appelle Sam mais ne sait pas comment est son nom de famille parce qu’il n’arrive pas à s’en rappeler. Quand il se regarde dans la glace, il voit Tom Stratton, ce qui est le cas. C’est vrai mais ce n’est pas lui. Il n’est pas pilote en fait, il ne sait pas du tout qui il est. En se réveillant le matin, il a ignoré qui ils sont, Peg et Mikey ainsi que les gars de la base. Peg le regarde. Il sait que ce n’est pas facile à croire mais il jure que c’est vrai. Il paraît différent parce qu’il est différent. Il n’est pas Tom. Elle est désabusée et se retourne vers la fenêtre. Il le voit et tente de la consoler. Elle demande qu’il arrête avec ces idioties, il tente de se justifier. Elle lui dit d’arrêter avec ces idioties. Il entre dans son jeu en lui demandant pardon et que c’était vraiment déjanté. Elle a raison, c’est une plaisanterie. Dieu soit loué. Il n’aurait jamais dû la tester sur elle. Elle s’approche de lui et lui dit qu’elle lui a fait une de ces frayeurs. Elle a cru qu’il a une tumeur au cerveau. Il n’a pas pensé à ça. À quoi ? Burdell et lui ont monté un bateau afin de faire croire qu’il ne sait plus piloter, ce que c’est drôle. Il a dit à Ernie qu’il ne sait plus comment piloter. Elle répète la phrase et Sam acquiesce. C’est vraiment l’idée la plus idiote qu’il n’ait jamais eu. Ça semble plausible pourtant. Elle demande ce que veut dire « déjanté ». Il n’arrive pas à avoir les mots pour le décrire et ils continuent la route.

 

De retour dans leur maison, Peg et Sam dorment. Le réveil se met à accélérer le temps, un  plan large montre l’extérieur puis revient dans la chambre de Peg et Sam qui se réveille en sursaut. Peg demande ce qui se passe. Il lui dit rien et qu’elle peut se rendormir. Pour lui-même, Sam parle que rien ne vaut une bonne nuit de sommeil. Le lendemain matin, il irait traire les vaches. Il s’endort puis se réveille. Traire les vaches ? Il se relève dans son lit. Jusqu’à l’âge de dix-huit ans, il a vécu dans une ferme dans l’Indiana. Après, il a fait ses études à… Il ne s’en rappelle plus. Mais revenons à la ferme. Il a vécu dans une ferme avec… (cherchant avec qui et il a trouvé) avec sa sœur Kate. Katie a épousé un officier de la marine. Le lieutenant Joe… Non, Jim, c’est ça. Jim Bonick. Katie et Jim Bonick. Sa mère est partie vivre à Hawaï après la… Il s’assoit dans le lit. Après la mort de son père en 1974 mais il est en 1956. En réfléchissant, il se rend compte que son père est en vie. Il va dans le salon et utilise le téléphone pour appeler une opératrice qui prend l’appel et qu’il veut passer un appel longue distance. Pour dans quel endroit ? C’est dans l’Indiana, à Elk Ridge. Elle veut le numéro mais il essaye de trouver alors elle s’impatiente. Il fait ce qu’il peut mais il y a tellement longtemps qu’il n’a pas appelé. C’est… les douze chaînes. Elle veut le nom de son correspondant, elle appellera les renseignements, ce sera plus rapide. Elle attend encore. Elle lui demande s’il souhaite qu’elle appelle les renseignements. Il préfère raccrocher et son fils se trouve devant lui. Mikey lui dit « Ça ne va pas ? » Il croit qu’il a attrapé un rhume. Il n’a pas envie d’aller pêcher ? Il demande quoi. Mikey dit que c’est samedi que Tom a dit qu’ils iraient à la pêche mais ils peuvent remettre ça s’il n’est pas bien. Non, ils vont aller à la pêche. Il n’y a rien de tel que de taquiner le gougeon pour guérir un rhume. Ils sourient.

 

Ils se trouvent près d’un lac où ils se mettent à pêcher comme prévu. Il lui dit qu’il ne faut pas faire ce qu’il fait. C’est uniquement pour lui montrer ce qu’il ne faut pas faire. Il va le ramener et ensuite, il montrera ce qu’il faut faire. Il tente de le décrocher mais n’y arrive pas. Mikey ne doit pas oublier que quelque fois le meilleur pêcheur du monde peut se faire avoir comme il voit mais… quand on est un pro, on peut se rattraper sans… Il réussit à décrocher sa ligne et Mikey demande s’il peut essayer et il met à son tour sa ligne. Sam s’en va en le laissant attraper les poissons du coin car il va aller plus en hauteur. Mikey lui dit qu’il essaye de ne pas lui faire honte. Il se retrouve un peu plus loin et tente de remettre sa mouche sur la ligne. Al arrive derrière lui et lui demande s’il utilise vraiment une mouche. Sam se retourne, surpris. Ou bien est-ce que c’est un leurre ? Il ne vois plus rien, il a une de ces gueules de bois, ça pourrait tout aussi bien être un mille pattes. Sam s’approche de Al avec sa main et se rend compte qu’il passe à travers lui. Il recule, surpris par cette découverte, il veut crier. Al ne veut pas qu’il crie. Le mille-pattes fait des claquettes dans sa tête. Al essaye de savoir s’il se rappelle de lui, ce qui n’est pas le cas. C’est vache ce qui lui arrive. Il s’appelle Albert mais ne peut pas dire son nom car ce n’est pas autorisé. Il n’est pas autorisé à lui révéler tout ce que Sam aime savoir. Aussi, ce serait plus facile pour eux s’il réduit le champ de ses questions. Il boit sa tasse. Sam demande qui il est au juste. Ça s’est une question. Il est tout simplement un homme comme lui. Sam passe sa main dans le corps d’Al puis sourit. Non, pas comme lui. Non, en fait il n’est pas là. Ce que Sam voit, c’est un hologramme neurologique. C’est une image que lui seul est capable de voir et d’entendre. Sam explique que c’est une image créée par l’action subatomique des quarks de carbone qui influent sur ses neurones optiques et auditifs. Il a mis dans le mille. Mais comment sait-il ça ? Ziggy a très justement mis au point divers scenarii. Il sort une sorte de télécommande. Cinq au total. Ziggy, une espèce de nabot qui a mauvaise haleine. Non, ça c’est Gooshie. C’est lui qui a programmé Ziggy qui est un ordinateur hybride. Les ordinateurs hybrides et surtout les hologrammes neurologiques n’existent pas en 1956. C’est vrai en théorie. Mais ils sont en 1956. Pour Sam sans doute mais pas pour Al. Il tape sur sa télécommande. Sam demande son nom de famille. S’il ne s’en souvient pas, Al ne peut pas le dire. C’est important. Mais il n’a pas le droit de le dire, ça vient même en tête de liste avec un double astérisque. Pourquoi ? Ça, il ne peut pas non plus. Alors, qu’est-ce qu’il a le droit de lui dire ? Pas grand-chose sinon ce qu’il sait déjà et qu’il fait parti d’un programme scientifique pour remonter le temps qui a pour ainsi dire déraillé. Comment ça « déraillé » ? Oui mais il est là, ce qui est une grande première, ce qui peut lui valoir le prix Nobel du voyage dans le temps, il devrait être fier. Et… Et ils éprouvent quelques difficultés d’ordre technique pour le récupérer. C’est génial. Il se réveille en 1956 une passoire dans la tête et ils lui parlent de difficultés techniques. Il se retourne. À quel abruti il doit tout ça ? Al dit que ce n’est pas lui. Hélas, il n’a pas beaucoup de temps devant lui, il faut qu’il découvre ce qui  pourrait être susceptible d’expliquer pourquoi ils n’ont pas pu le récupérer le matin même. Alors ils ont essayé. Évidemment, il n’aurait pas dû partir. Alors c’est de la faute de Sam, hein ? Allez savoir. Est-ce qu’il a dit à quelqu’un qu’il n’est pas Tom Straton. Il est gêné et répond « si on veut ». Al lui passe un savon en lui disant que, pour le récupérer, la condition sine qua non c’est que tout le monde croit qu’il est bien la personne qu’il est venu remplacer. Sam dit qu’elles ne l’ont pas cru, ce qui n’est pas étonnant. Lui-même quand il se regarde dans une glace, il n’y croit pas. C’est le but recherché. Pour eux, Tom lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Il est avec eux ? Bien sûr, comment il croit qu’ils l’ont localisé. Quand il a pris sa place, Tom a pris la sienne. Si toutefois ça peut le consoler, il a la mémoire également pleine de trous. Tout le monde doit être persuadé qu’il est bien Tom Straton. S’il veut qu’ils soient à même de le récupérer disons mardi. Mardi ça sera un peu tard vu que c’est lui qui doit piloter le X-2 le lundi matin suivant. Il a envisagé de prendre des leçons de pilotage ? Oh, Al dit ça comme ça.

 

Sam joue au base-ball avec Mikey dans leur jardin. Il se lance la balle et Sam la rattrape en se couchant sur le sol. Bagoo et son amie préparent le barbecue et il met de la sauce sur la viande. Une des amies de Peg se demande comment Burdell fait, il suffit de regarder son chapeau. Peg sort des aliments du frigidaire qu’elle met sur la table. L’amie dit que quelque fois Doug garde son casque et ses lunettes et ses amies la regardent. Elle trouve ça très sexy et elles se mettent à rire en sortant à l’extérieur. Un pilote qui participe à la soirée explique qu’il a amorcé un piquet et qu’il s’est tapé une vrille. Il demande à son amie si tout va bien. Il continue de discuter. Il n’a pas voulu retourner son appareil mais qu’est-ce qu’il peut faire d’autre ? Mikey continue de jouer. L’homme parle en disant que son interlocuteur aurait vu sa tête. Il s’arrête de parler et regarde au-dessus de lui, de même que Burdell. Sam continue de jouer comme si de rien était mais il s’arrête en regardant à côté de lui et voit un avion qui survole les habitations. Mikey tente de s’approcher alors que les autres personnes sortent pour le voir accomplir des acrobaties dans le ciel. Il repasse devant eux et ils sautent de joie. Mikey est impressionné. Il demande comment s’appelle le tonneau et le demi-tour. Sam ne sait pas alors Burdell doit dire à Mikey que c’est une chandelle. C’est quelque chose, une sacrée chandelle. Peg rentre dans la maison et Sam rend son gant à Mikey et lui dit qu’il doit aider sa mère. Mikey ne veut pas mais Sam lui dit à moins qu’il veuille mettre la table. Il demande au capitaine Crawford s’il veut s’entraîner, il ne refuse pas, ça le dérouillera un peu. Sam s’en va vers la maison et Burdell fait non de la tête et dit ça alors.

 

Sam entre dans la maison et rejoint Peg, lui demandant si ça va. Elle répond que ça va aussi. Elle en est sûre parce qu’il la trouve pâle. C’est à cause de la chaleur. Elle l’a toujours eu en horreur. Elle pose le plat de crudités sur la table et Sam lui demande s’il peut faire la salade du chef. Il rigole en disant qu’il plaisante et qu’elle s’en doute. Par contre, il ne plaisante pas sur son état. Elle rétorque que ça c’est de sa faute. Mais ce n’est pas ce qu’il veut dire. Elle lui dit que ça va très, très bien. Pourquoi il ne retourne pas jouer dehors avec Mikey ? Il doit reconnaître qu’il a passé très peu de temps avec lui depuis l’accident avec le bus. Il y va. Il commence à partir quand elle lui dit d’attendre, elle veut une bise et se met à l’embrasser. Burdell crie « À table ! » et Sam veut manger les truites pendant qu’elles sont chaudes. Elle lui demande d’apporter la salade et elle les toasts. Il prend le plat et sa bouteille et sort à l’extérieur. Elle se touche la bouche, se demandant si c’est vraiment son mari qui l’a embrassée.

 

Près des bureaux, Sam est avec Ernie pour évoquer ses pertes de mémoire grâce à un questionnaire pour estimer à quel degré Mac-3 peut influer sur la mémoire. S’il a été le seul à leur en parler, ils n’auront sûrement pas pris ça au sérieux, vu leur penchant pour les plaisanteries. Sam dit pour lui-même que comment lui expliquer que ses pertes de mémoire n’ont rien de simuler. Ils rejoignent le bureau du docteur Berger. Il l’appelle « jauge mémorielle Ernst Berger ». Deux cent questions étudiées pour évaluer la mémoire d’un individu. Burger est dans ses dossiers et prend les feuilles de papier dans la machine à écrire. Il rectifie en disant « jauge mémorielle Berger Ernst ». Il rassemble les documents et dit bonjour à Sam qui lui répond. Ces questions vont les éclairer sur le contenu réel de sa mémoire comme son âge, son lieu de naissance, etc… Et certaines lui paraîtrons probablement curieuses. « Où avez-vous le moins bien enduré le froid ? » ou encore « Quel est le nom de votre deuxième petite amie ». « Où avez-vous fait l’amour pour la première fois ? ». Une chance qu’il ne demande pas avec qui. C’est une suggestion du docteur Ernst. Mais qu’il se rassure, ils feront preuve de discrétion. Un Trivial Poursuit d’ordre privé. Burger adore ça et remplace sa maxime par « Trivial Poursuit mémorielle Berger Ernst ». Ernie corrige en disant « Ernst Berger ». Si sa mémoire est altérée, ils seront à même la détecter. Ernie demande s’il a des questions à poser. Non, c’est simple comme bonjour, il l’aura terminé pour le lundi. Il prend congé. Ernie dit à Berger qu’ils sont à l’aube d’une fabuleuse découverte. Crépuscule d’un fabuleux canular.

 

Sam regarde avec attention un avion qu’il s’apprête à piloter. Il regarde à l’intérieur et est impressionné. Al se trouve de l’autre côté et dit que c’est un peu archaïque. Sam, venu le voir, lui demande de disparaître à tout jamais. Il doit dire d’abord comment faire pour agir sur les quarks de carbone et ça sera la plus grande découverte du siècle. Sam veut qu’il lui fiche la paix. Al demande s’il ne souvient toujours pas de son projet, ce qui est le cas. Quand il pense qu’il a déjà tout expliqué de long en large avec le président, il est bon pour recommencer à partir de zéro avec Sam. Il y va et explique grâce à une ficelle qu’il tient dans la main. Un bout de la ficelle qu’il tient représente sa naissance et l’autre bout, sa mort. Il rassemble les deux bouts en faisant un cercle. Si on les attache ensemble, faisant un nœud aux extrémités, sa vie forme une jolie boucle. Mettre la ficelle en pelote, la mettant dans sa main et forme une boule, et tous les moments de sa vie se percutent les uns les autres sans la moindre chronologie. Cependant, quand on va d’un endroit de la ficelle à un autre… Sam demande si on peut se déplacer à son gré au sein de sa propre vie. Justement, c’est ça le projet, le programme Quantum. Ça n’évoque rien pour lui. Al passe à travers le nez de l’avion, ce que voit Sam qui s’énerve. Il aimerait qu’il arrête. De quoi ? De traverser les choses comme ça. Il veut qu’il contourne une chose qui n’a pas de corps. Très bien, il va la contourner. Ce qu’il fait alors qu’un avion passe au même moment. Mais enfin, tapant sur l’aile de l’avion, pourquoi est-ce que ce l’a pas de corps ? Al explique qu’il est un hologramme pour lui. Alors Sam et tout ce qui l’entoure est un hologramme pour lui. Le caisson d’induction. Il se rappelle ? Oui, vaguement, une grotte quelque part. Au Nouveau-Mexique. Oui mais en quelle année ? Sam le saura en temps utile s’ils parviennent à le récupérer. Si toutefois… Al crois que la théorie de Ziggy n’est qu’un tissu d’inepties. D’après lui, il serait persuadé que Dieu ou une entité quelconque ou n’importe quoi compte sur Sam et son programme Quantum pour… corriger une erreur. Une erreur dans le passé ? Une chose pas claire s’est produite dans la vie du capitaine Tom Stratton en 56, étant donné que Sam a pris sa place. Et une fois qu’il aura remis de l’ordre, il rebondira comme sur un trampoline. Une fois qu’il aura remis de l’ordre ? Tom Stratton a été tué en tentant de passer Mach-3 dans le X-2. Et si Ziggy a vu juste, il n’a plus qu’à passer brillamment Mach-3 et le tour est joué. Il tape une fois dans ses mains. Sam s’en va alors qu’Al repasse dans l’avion pour le rejoindre. Ils sortent à l’extérieur du hangar alors qu’Al se défend en disant que ce n’est pas lui qui a établi cette théorie. Il doit y avoir un autre moyen. C’est le cas mais avec 30% de chances de réussite. Alors Sam court le risque. Cela exige qu’il se retrouve au point maximum de radiation d’une explosion atomique. Voyant son regard, il dit que Sam veut savoir. Il demande ce qu’il a d’autre. Il sait qu’il n’est pas une sinécure. Il regarde sa télécommande et dit que les chances tombent à dix après ça. Le mieux encore, c’est de geler le cerveau jusqu’à ce que toute activité fonctionnelle ait cessé. Ça s’appelle la mort clinique. Al n’a jamais dit que ce serait facile. Mais qu’il ne prenne pas la mouche, il essaye de rattraper le coup. Il veut un moyen sûr, en voilà un. Il ne fait rien du tout, il reste en vie, à moins d’un accident ou d’une maladie incurable, il sera là dans quarante ans, c’est une bonne solution. Et Tom Stratton ? Ce n’est pas compliqué, il vivra où il se trouve actuellement. D’un point de vue technique, disons qu’il deviendra l’homme le plus vieux de tous les temps. Mais pour Peg et Mikey, Sam ne peut tout de même pas continuer à prétendre qu’il est Tom. Mais puisqu’ils vont perdre Tom lundi, de toute façon. Évidemment, si Sam passe Mac-3 et qu’il survit, ils pourront en profiter pendant encore trente ou quarante ans. Il ne sait pas piloter. Al sera son copilote. Il n’est qu’un hologramme. Il est également un ex-astronaute. Dans un avion, le plus dur c’et de décoller et d’atterrir. Le B-50 fait le premier truc à notre place et après, il n’y a plus qu’à allumer les propulseurs, s’accrocher au manche, accélérer et vroum, Mach-3. Et le deuxième truc ? Atterrir ? On n’atterri pas avec le X-2 même avec l’aide imparable d’Al, c’est hors de question. Il s’éjectera ? Al fait oui de la tête. Le X-2 se crashera et brûlera, Sam retombera sur terre, parachuté et au moment de toucher le sol, il se transmutera. Tom reviendra et lui avec sa femme, ils fileront droit à Las Vegas. Ça pourrait marcher. Ça marchera. Et tout à l’heure, il a dit que ce sont des inepties. C’est avant qu’il n’ai un éclair de génie. Il se touche les tempes alors que Sam sourit.

 

Sam est dans le salon, devant le téléphone, hésitant à l’utiliser. Il se met dans le fauteuil alors que Peg arrive vers lui. Elle l’appelle par son prénom et Sam lui dit qu’elle devrait dormir. Et lui, il ne dort pas. Elle s’assoit en face de lui. C’est d’être obligé de battre le record du lendemain qui l’ennuie ? Il répond par la négative. Pour elle, il réussira. Il aura battu le record et en plus il sera en vie. Elle veut qu’il fasse une promesse. Laquelle ? Non, il doit d’abord promettre. Il sourit et dit que c’est idiot, qu’il ne peut pas promettre quelque chose avant que… elle l’arrête en mettant sa main sur sa bouche. Elle veut qu’il promette. Il promet. Alors, qu’est-ce qu’il a promis ? Elle lui dira le lendemain soir. Elle l’embrasse et se met à toucher son ventre rond en tenant la main de Sam.

 

Le X-2 est sorti de son hangar, poussé par des hommes.

 

Dans les bureaux, Sam entre alors qu’un homme lui souhaite bonne chance. Il s’en va alors que Sam entre, en frappant, dans le bureau du docteur Burger qui est en train de taper à la machine à écrire. Il lui demande s’il est prêt à faire ses adieux à cette bonne vieille Terre. En ricanant, Sam répond que ce n’est rien de le dire. Burger s’approche de lui pour récupérer le questionnaire qu’il a complété. Il commence à lire et demande ce qu’il en a pensé. Il ne sait pas si ça va l’aider à évaluer les pertes de mémoire mais en évoquant tous ces souvenirs, il a vraiment passé un sacré bon moment. Il remet sa casquette puis s’en va. Burger se met à la porte et lit plus attentivement les réponses. Il se met à rigoler.

 

Sam se trouve dans le hangar et voit à l’extérieur les hommes qui s’affairent autour du X-2. IL comprend qu’il est face à un sacré défi.

 

Dans la maison de Peg et Tom, ses amies l’accompagnent alors qu’elle s’occupe du linge. L’une d’elle parle de sa poitrine qui est plus volumineuse que celle de Marylin Monroe. Peg lui dit que c’est son cinquième moi de grossesse. Monroe l’est peut-être aussi sinon pourquoi est-ce qu’Arthur Miller l’aurait épousé. Sally lui demande de deviner. Mais c’est un grand écrivain. Les intellectuels haïssent la vulgarité quel qu’elle soit. Elle tourne la page du magazine. Sally répond que c’est ce qui fait justement le sel de la vie. Son amie lui dit qu’elle est obsédée et toutes les trois se mettent à rire.

 

Il y a un avion sur la piste de décollage qui s’apprête à s’envoler, dans la maison de Peg et Tom, les trois amies attendent le moment du décollage. L’avion s’envole sous les yeux inquiets de Mikey alors qu’il est en train de jouer.

 

Dans sa maison, Peg est inquiète que son mari est peut-être en danger.

 

Dans le chasseur, le capitaine Burdell se met à chanter sur une chanson qui parle de rupture avec une fille. Le pilote de l’avion fait écouter la chanson à Sam qui se trouve à côté de lui. Ernie lui dit que s’il accapare la radio, la seule rose qu’il aurait ce sera celle qu’il jettera sur son cercueil. Il a compris. Pendant ce temps, le docteur Berger vient à côté d’Ernie pour lui montrer les réponses de Sam au questionnaire. Il lui demande de lire. Il parle de sa date de naissance et est surpris lorsqu’il voit « 8 août 1953 ». Pour lui, il a sûrement voulu dire 1923. Berger lui demande de continuer. « Le meilleur souvenir que je garde de l’université, réponse : la mini-jupe ». Il ne semble pas savoir ce que c’est. « Le pire souvenir que je garde de l’université, réponse : le penty et les collants ». Les avions continuent de voler.

 

Dans l’avion, le copilote indique à Sam (Tom) que c’est le moment. Le pilote parle que ça paraît bizarre mais avant de voir l’alarme incendie, il a senti comme une odeur de café. Ça a peut-être fini par le taper sur le cibouleau. Peut-être bien. Le copilote lui souhaite bonne chance et montre le pouce, ce que fait Sam. Il s’approche de l’avion et cherche Albert. Mais il n’y a personne alors qu’il s’apprête à entrer dans le cockpit.

 

Ernie lit toujours les réponses de Sam. « Parfois je mets une cassette vidéo dans le magnétoscope et je me fais du pop-corn ». Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ? Ils ne peuvent pas lui enlever le fait qu’il a de l’imagination. Le capitaine a rempli ce questionnaire comme s’il a vu le jour en 1953 et vécu dans le futur. Ses pertes de mémoire, c’est encore un de leur canular ? Berger en a bien peur. Mais pour quel idiot est-ce qu’ils le prennent ? « Le hard-rock ». Berger se met à sourire. « La télécommande ». Et à cause de quoi déjà ils l’ont renvoyé de la fac ? D’une grève. Ce gars-là a l’esprit dérangé tout comme les autres. Berger sourit et se sert des feuilles en guise de jumelle. Et on se demande à qui la faute. Il lève la tête avec les feuilles.

 

Dans l’avion, Sam est installé dans le cockpit alors qu’ils sont en train de mettre son masque. Et c’est parti. Il s’assoit dans le chasseur et demande après Albert. Il ricane et les hommes ferment le cockpit et le serrent. Ils ont enclenché la fermeture et que c’est paré. Ils lui souhaitent bonne chance alors que Sam ne sait pas quoi faire, tournant la tête.

 

Peg écoute toujours la radio et elle regarde l’heure avec inquiétude. Le pilote indique leur position à Edwards et qu’ils sont prêts à larguer.

 

Dans l’avion, le pilote fait le compte à rebours avant de larguer. Sam demande où est Albert qui ne vient pas. Le pilote dit qu’ils sont prêts à larguer. Un homme tire sur une manette pour larguer le chasseur. Sam se met à crier le nom d’Albert.

 

Sur la piste, les hommes au sol scrutent l’avancée du chasseur grâce à leurs jumelles. Dans le chasseur, Burdell demande si Sam a des problèmes mais il dit qu’il ne sait pas piloter. C’est à ce moment-là qu’Al arrive, ce qui soulage Sam. Il lui demande où il est, il est avec lui en passant à travers le corps de Sam. Capitaine Burdell demande des nouvelles. Al en profite pour donner les instructions à Sam. Il faut enclencher le un et le deux. Il le fait et le chasseur se met à se propulser, il est surpris. Ça réveillerait un mort, hein ? Maintenant, il faut faire comme lui. Il met sa main sur le manche, passant à travers et le tire vers lui. Sam prend le manche et fait de même. Il avance de plus en plus vite. Les pilotes des deux autres chasseurs sont soulagés. Sam demande où il a été. Il lui dit qu’il a été voir les Lakers. Sam se met en colère en disant que pendant qu’il joue sa vie, monsieur a été au basket. Ce n’est pas un match ordinaire, c’est un match retour. Et dans les tribunes, il a fait la connaissance de Martha. Encore heureux qu’ils n’ont pas passé la nuit ensemble. Il a passé la nuit avec Martha. Ils s’approchent de Mach-1. Sam répète et le chasseur continue sa route. Peg se fait chauffer de l’eau, toujours impatiente de voir son mari. Sam continue sa route à travers les nuages et Al continue d’indiquer la position. Mach-1,3, cinquante mille, tout est OK. Il doit pousser le manche, ce qu’il fait. Il regarde la flèche et Sam indique 1,7, cinquante-six mille. Maintenant, ils sont à Mach-2, 68, soixante-neuf mille. Soixante-dix mille. Mach-2,4, c’est en bonne voie alors qu’il continue de fumer son cigare. Sam répète. Le chasseur continue. L’homme à la radio continue de donner la position du chasseur. Ils sont désormais à Mach-2,8. Sam entend le bruit d’un bouillonnement et le fait remarquer. Mach-2,9. Oui, Al n’est pas sourd. Le chasseur continue d’avancer alors que l’alarme incendie se déclenche. Tony a peut-être senti le café mais Sam le sent bouillir. C’est le carburant. La chaleur fait bouillir le carburant. Il faut couper les moteurs et Al insiste. Il est près de Mach-3. Il avance de plus en plus alors que l’alarme incendie continue toujours de s’allumer. La flèche arrive sur le trois. Al ordonne à Sam de sauter, de s’éjecter. Pendant ce temps, dans la maison, la cafetière contenant le café se met à exploser.

 

Des débris se mettent à voler dans le ciel et tombent au sol. Sam tombe à côté avec son parachute. Il semble inconscient mais se reprend et se met à enlever son casque alors que les secours arrivent. Sam se rend compte qu’il est toujours là et n’en croit pas ses yeux.

 

Sam est dans une Jeep en direction de la base et le docteur Berger l’examine. Il peut s’estimer heureux qu’ils aient pas eu à brasser le désert au peigne fin pour le ramasser à la petite cuillère. Ils sont tous pareil, perdre leur avion c’est pire que de perdre leur femme. Al, qui se trouve à côté du médecin dit qu’il échangerait bien son ex-femme contre une épave quelconque. Sam fait remarquer à Al qu’il est toujours là. Berger parle pensant qu’il s’adresse à lui. Il est temps qu’il s’en rende compte. Et maintenant ? Il va prendre sa tension. Al pourrait essayer la bombe A. Sam ne veut pas. Berger, continuant, dit qu’il est vraiment désolé mais c’est nécessaire. Sam doit se dire qu’Al n’est pour rien dans ce fiasco. Ce n’est pas lui qui ait décrété qu’une bonne action rétablirait les choses comme avant. C’est de la foutaise. Alors Sam est fichu ? Non, pas obligatoirement. Il fera des examens à l’hôpital et il rentrera chez lui. Peut-être que le retour s’effectue lorsqu’il s’y attend le moins. Peut-être comme dans la nuit pendant qu’il dort. Est-ce qu’Al croit ce qu’il dit ? Le médecin répond « dur comme fer ». Al n’en sait trop rien. Le médecin continue en disant qu’il n’y a pas de raison pour que l’hôpital le garde en observation. Aussi, étant dans l’expectative, il va devoir se passer de la présence d’Al. Ce dernier s’en voudrait à mort si dans l’intervalle Martha se réveille pour découvrir qu’il s’est envolé sans même lui avoir glissé un mot. Ce ne sont pas des choses qui se font. Le médecin lui dit à moins que sa tension continue de monter. Ils continuent la route.

 

À l’hôpital, Sam est emmené par le docteur Berger et voit son fils. Berger parle de Peg et de sa situation à Sam. Il dit qu’elle a eu des contractions pendant le crash. Berger va voir une infirmière et va avec elle alors que Sam va les rejoindre. Il parle à son fils qu’il sait qu’il veut revoir sa mère. Cela va se faire mais en attendant, il aimerait qu’il reste auprès de Sally et de Lucy car elles sont enceintes et se font beaucoup de soucis. Mikey comprend mais il est sur le point de pleurer alors que Sam va se rendre dans la chambre de Peg lorsque Sally l’interpelle mais dit qu’il revient. Le docteur demande si le bébé va naître avant terme alors que Peg est contente de voir son mari et qu’elle sait qu’il tiendrait sa promesse. Ce n’est pas un petit avion qui aura raison de lui. Est-ce qu’il a battu le record ? En quelque sorte. Peg est fière de lui. Elle se met à ravoir des contractions. Sam lui parle comme un médecin en lui disant ce qu’il faut faire et les douleurs s’estompent. Sam sourit et lui dit que c’est ça. Où est-ce qu’il a appris ça ? En fac de médecine. Peg ne comprend pas ce qu’il veut dire mais Berger les interrompt et demande à voir Tom/Sam. Il ne sera pas long. Ils sortent à l’extérieur de la chambre avec le médecin qui s’occupe d’elle. Burger fait les présentations avec le docteur Blaustein qui lui annonce que ça va mal. Le bébé se présente avec plus de neuf semaines d’avance. Le seul service spécialisé se trouve à Los Angeles. Un avion se tient prêt à décoller mais vu le choc que vient de subir Peg, il est contre l’idée de la déplacer. Berger dit que c’est à lui de décider. Il pense qu’il faut l’accoucher à l’hôpital et envoyer le bébé à Los Angeles. Non, le bébé va y rester. Possible mais pas Peg. Sam demande le rythme des contractions. Elles viennent de commencer. Et la dilatation du col ? Deux centimètres mais ils n’aperçoivent pas encore le bébé. Alors, ils peuvent l’arrêter mais le médecin lui dit qu’une fois le travail commencé, ils ne peuvent plus l’arrêter. Mais si en lui donnant un bêta sympathomimétique. Le médecin lui demande quoi. Un bêta sympathomimétique. Il ne sait pas trop lequel car Sam n’est pas obstétricien, peut-être un Ritodrine ou un Terbutoline. Sam se rend qu’ils ne sont découverts que dans les années 70. Berger le prend à part en s’excusant auprès du médecin. Il le prévient que s’il ne met pas son pied au cul, c’est uniquement parce que la femme qui souffre à côté a besoin de lui. Elle n’est pas obligé d’accoucher, Sam sait de quoi il parle. Il veut partir mais Berger l’arrêter. Il n’est pas médecin à ce qu’il sache. En apparence. Berger veut bien lui pardonner son comportement suite à son exploit du jour mais s’il persiste à leur jouer cette comédie détestable qu’ils ont mijotée avec le capitaine Burdell, il le prévient qu’il veillerai à ce qu’il ne vole plus jamais. Ce n’est pas une comédie, tout ce que Sam dit est vrai. Tout ce que dit Ernst est vrai, Sam/Tom n’est qu’un infâme salopard. Semblant avoir trouvé une solution, il dit qu’avec de l’alcool éthylique et de dextrose dilués dans de l’eau, administré par intraveineuse arrêtera le travail. Ouais, c’était usité dans les années 60, plus tard on les remplacera par les bêta sympathomimétiques mais on s’en sert encore aujourd’hui, que Berger se serve de sa cervelle. De l’alcool administré par intraveineuse, ça peut faire quoi ? Ça la saoulerait sur-le-champ. Il réfléchit et dit que cela permettrait d’entraver toutes les ocytocines libérées par le cerveau afin de stimuler les contractions utérines. Sam fait oui de la tête et le remercie. Berger rejoint Blaustein pour lui demander s’il a entendu, ce qui est le cas. Qu’est-ce qu’il en pense ? Ils peuvent toujours essayer et il appelle l’infirmière pour qu’elle prépare une solution d’éthanol injectable. Peg se met à chanter, étant saoule sous l’effet de l’alcool. Ils sont contents que le travail se soit arrêté alors qu’elle rigole. Elle demande quel est le verdict. La patiente est une vraie diva. Ils s’éloignent et Berger demande ce qu’il se passe. Elle va avoir une gueule de bois carabinée mais l’accouchement est retardé. Comment Stratton fait-il pour en savoir autant ? Berger le coupe en lui demandant de ne pas poser de question. Ils s’en vont, laissant Peg et Sam seuls. Elle souhaite danser avec Tom malgré son état. Ils se mettent à rigoler et à s’embrasser. Elle lui annonce qu’elle l’aime. Lui aussi l’aime. Elle s’endort et il l’embrasse sur le front. Il va vers la fenêtre et voit à l’extérieur de l’hôpital Burdell avec Mikey,  en train de discuter. Il ouvre la fenêtre et montre son pouce. Mikey en fait de même alors que Bagoo applaudit. Il lui lance la balle de base-ball vers lui et c’est un joueur qui l’attrape.

 

Sur un terrain de jeu, Sam s’est transmuté dans un joueur de base-ball et a attrapé la balle. Il est en train de jouer un match. Les gens dans les gradins applaudissent. Il ne se rend pas compte où il se trouve. Des joueurs semblent retourner dans le vestiaire. Un homme le voit et lui crie pourquoi il prend la pause ? Personne ne va le prendre en photo. L’homme et une femme se mettent à rigoler et à applaudir.

 

Sur le terrain, toujours, Sam regarde autour de lui, se rendant compte peu à peu où il se trouve. Un joueur arrive près de lui et lui annonce qu’il a fait une bonne réception et l’appelle par son nom, Foxie. Le speaker parle qu’il faut admettre que l’équipe des Bombers ne sont pas au mieux de leur forme. S’ils ne se reprennent pas en main, ils ne remporteront pas le dernier match de la 68ème saison. Ils seront sur la touche pour la troisième année consécutive. Il regarde sa fiche et dit que le programme du soir est présenté comme tous les autres matches de la toute la saison par Schneck et Schneck pompes funèbres, au service de Waco et de tout l’état du Texas depuis quarante-trois ans. L’entraîneur presse ses joueurs pour qu’ils se remotivent et pour ainsi battre l’équipe adverse, les Okies. Sam semble rejoindre les tribunes quand un chien aboi fortement. Sam le voit et il est gêné. L’entraîneur intervient en lui demandant de faire quelque chose. Sam pose la question de pourquoi lui. L’entraîneur répond que c’est son chien. Sam dit pour lui-même que le chien sait, son instinct ne s’est pas trompé. Le chien continue d’aboyer. Il ne cessera pas d’aboyer et tout le monde saura. Il y a eu beaucoup de chiens errants qui se sont approchés de la ferme. Son père lui a appris à appâter les plus sauvages. Il se lève. Il faut les regarder droit dans les yeux et leur montrer qui est le patron. Le chien aboi toujours alors Sam montre les dents et grogne. Le chien en fait de même. Évidemment, avec l’âge, ce n’est plus ce que c’était. Il arrête d’aboyer et se couche. Quoique. Il pousse des petits râles. Une fois qu’on a attrapé le coup, c’est comme la bicyclette, ça s’oublie pas. Il est fier de ce qu’il vient d’accomplir.

L’un des joueurs dit que c’est dingue et un autre qui demande comment il a fait. C’est Al qui a fait coucher le chien puisqu’il se trouve à côté de Sam, mettant son doigt devant lui. Ce dernier tente d’expliquer mais le voit et prend peur.

 

La partie a repris et tout le monde joue. Le speaker explique ce qui se passe sur le terrain. Barnes envoie la balle à l’autre bout du champ droit. Pace essaye de la rattraper, Barnes court comme un dératé. Un joueur fait signe de continuer à courir. Pace ramasse la balle avant de la renvoyer vite fait, ce que les joueurs font. Barnes arrive à la première base et elle est à eux. Et voilà les Bombers qui viennent de marquer leur deuxième coup et qu’ils remontent. Les autres joueurs regardent le match et applaudissent.

 

Al explique que ce n’est pas étonnant qu’ils soient derniers, ils y mettent autant d’enthousiasme qu’une pute à dix dollars. Sam lui demande devenir mais il a envie de voir la suite. Sam insiste alors qu’un joueur se retourne qui ne peut pas le suivre car il doit remplacer un autre joueur. Sam, comprenant la méprise, lui dit d’y aller alors que l’entraîneur lui demande s’il y a un problème. En hésitant, Sam explique qu’il doit aller quelque part mais en ne trouvant pas les mots. L’entraîneur lui demande de ne pas s’éterniser. Il voit un receveur prendre la balle et annonce que le prochain qui swingue au premier lancer, aura droit à une amende de cinquante billets. Sam veut qu’Al vienne avec lui et ils se trouvent dans un escalier. Il dit qu’Al est arrivé plus vite cette fois-ci. Il explique que ça fait une semaine qu’il est parti. Aussi longtemps ? Pourtant, il y a à peine une minute, il a été au chevet de Peg. À cause de l’expérience, il a simplement perdu la notion du temps. Il a peut-être l’impression que ça fait une minute mais pour eux, ça fait six jours et six nuits qu’ils sabrent le champagne. Ils ont fait une fête à tout casser. Gooshie a été tellement défoncé qu’il a demandé à Ziggy d’imprimer les radios de sa cirrhose. Et Brenda, la rouquine du service codage, et bien la coquine, ça l’a drôlement mise en chaleur. Sam ne sait pas qui elle est, il ne se rappelle pas et ne veut pas savoir si cette fille a été en chaleur. Il veut… D’abord, il traverse ce qu’on appelle une crise d’identité. Pour commencer, il est Tom Stratton puis un joueur de base-ball qui s’appelle Fox. Tim Fox, trente-deux ans, il joue pour l’équipe des Bombers de Waco. D’après Ziggy, il a été sacré meilleur batteur en 63 et il a été racheté par Chicago où il s’est pété le genou en dérapant, ce qui fait qu’ils l’ont réexpédié à Waco pour qu’il se soigne. Ça va faire cinq ans. Sam court dans les couloirs à la recherche d’un miroir. Il s’en approche et voit l’apparence de Tim. Il baisse la tête et dit « Oh bravo ». Il faut qu’il rapplique, il va rater la fin du match. Sam/Tim s’en fiche de la fin du match. Mais c’est son dernier en tant que pro. Dans quelques minutes, il prendra une raclée. Les Bombers vont finir encore sur la touche et il raccrochera sa batte. Et après ? Après, il ouvrira un énième fast-food puis il épousera une dénommée Sue et ils auront deux enfants. Mais il n’est pas obligé d’en passer par là, dès qu’ils auront trouvé ce qui doit être corrigé, il se transmutera ailleurs. C’est ça, il n’a qu’à recommencer le coup de survie dans un avion en flammes. C’est Ziggy qui a tout bousillé. Il s’est mal renseigné. Avant que Sam ne vienne, Tom Stratton est non seulement mort mais sa femme a accouché d’un prématuré et le bébé est arrivé mort-né. Et maintenant ? Tom est en vie, Peg a mis au monde une fille, quarante centimètres, trois kilos cinq. Le plus drôle, c’est qu’ils l’ont baptisée Samantha et ils ont pensé que quelqu’un veut que Tom et Samantha puissent vivre. Sam sourit en disant que c’est vrai. Il ne veut pas en rester là car un joueur, Jackson, va marquer dans deux secondes. Sam, ou plutôt Tim, regarde la glace et ne voit pas le reflet d’Al, le considérant comme un vampire. Il lui explique que les hologrammes ne se reflètent pas dans les miroirs. En fait, il peut les assimiler à une sorte de pur esprit. S’ils en reparlent plus tard, il a un match à terminer. Mais il en connait déjà la fin. Il a su dès l’instant où il a attrapé Brenda et ils ont filé aux archives. Droit vers une aura… Dans les gradins, le public explose de joie et Al comprend qu’il a marqué. Sam demande pourquoi il n’est pas revenu. Un saut de douze ans, ce n’est déjà pas si mal. Encore quelques-uns comme ça et il sera chez lui. Mais s’il repart en arrière et qu’il ne revienne pas ? C’est toujours envisageable. Alors il devrait se balader dans le temps éternellement. Non, personne ne vit éternellement. Ils sourient. Sam demande ce dit Ziggy sur ce qu’il doit corriger pour se transmuter. Non, il n’a rien car il a fait une dépression. Ce n’est pas possible parce que c’est un ordinateur. Il a un super ego. Il pense qu’il sait ce qu’il à faire. L’ennui, c’et que Ziggy a peur de le dire au cas où il se tromperait. Quel est l’idiot qui l’a créé ? C’est Sam, son projet. C’est lui qui a conçu le programme Quantum. C’est le plus grand génie de tous les temps. Enfin « était » avant que son cerveau ne se mélange les crayons. Non, il est médecin c’est tout et il en a la preuve. Il a décroché six doctorats, celui de médecin ce n’est rien du tout. Sa spécialité, c’est la physique des quantas. Time Magazine l’appelle même le nouvel Einstein. En réalité, si jamais quelqu’un peut trouver le moyen de le ramner, c’est lui-même. Le problème, c’est qu’il ne se souvient même pas de son nom. Al, après une hésitation, révèle que c’est Beckett. Sam Beckett. Sam répète son nom et semble fier.

 

Jackson vient de frapper la balle avec une telle force qu’il l’a expédiée dans le champ extérieur alors que les joueurs et l’entraîneur sont fiers de l’exploit, ce qui lui laisse largement le temps de faire le tour des quatre bases en faveur des Bombers. Jackson a fini de faire le tour et a réussi.

 

Sam est au téléphone pour passer un appel longue distance pour joindre monsieur John Beckett, à Elk Ridge dans l’Indiana mais il ne connait pas son numéro. Elle répète le nom ce qui est exact. Il ne doit pas quitter. Il attend et un homme répond et c’est son père qui ne sait pas qui est au bout du fil. N’obtenant pas de réponse, il dit qu’il n’a pas de temps à perdre avec les petits plaisantins Sam ne veut pas qu’il raccroche. Il demande qui est à l’appareil et c’est un Beckett. Son père et le père de John sont parents. C’est-à-dire ? Ils sont frères. Il est le fils de John. Fils de John ? Il est parti en Australie alors qu’il n’a été qu’un gamin. En rigolant, il a même oublié son existence. Sam comprends. Comment il s’appelle ? Sam. C’est pas vrai, John a aussi appelé son fils Sam. C’est marrant. John fait remarquer qu’il n’a pas l’accent australien. Sam lui dit qu’il voyage sans arrêt. Pendant ce temps, sur le terrain de jeu, un batteur lance la balle et qu’il fait le tour du terrain. Le speaker dit que cette frappe doit leur valoir un superbe doublé. Pendant ce temps, pour Sam, ça l’ennuie de décevoir beaucoup son père mais cette année, il ne pourra pas passer Noël chez lui. John lui dit qu’il comprendra. Sam se met à pleurer et dit qu’il aimerait bien. Ce n’est pas qu’il l’aime pas mais il lui manque beaucoup même si en fait il ne lui a jamais dit. Il le sait sûrement. Il le croit ? Quand on aime son père autant qu’il aime le sien, c’est obligé qu’il le sache. C’est possible mais qu’il n’est pas là pour Noël, ça lui fait de la peine. John lui explique qu’un père a toujours plaisir à voir ses enfants pendant les vacances. Mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut  dans la vie. Il est jeune, cherche à se faire une place au soleil. Pour son père, l’important c’est qu’il la trouve plutôt que de partager une dinde avec lui. Du moins, c’est comme ça que John vois les choses. Sam s’essuie le visage en pleurs. Il est très touché qu’il dise ça. Il peut toujours entrer en Australie pour Noël mais s’il veut mais puisqu’il n’est pas loin, pourquoi il ne viendrait pas chez John. Il a de la place et sa femme fait une tarte aux pommes qui ferait damner tous les saints, un vrai régal. Sam ne sait pas s’il pourrait venir mais il promet d’essayer. Ce n’est pas obligé que ce soit Noël, il peut venir quand il veut, il sera toujours le bienvenu. Sam, s’avançant dans le couloir, s’en souviendra. Il lui dit au revoir et à voix basse, il dit qu’il l’aime.

 

Dans la maison des Beckett, John raccroche, ému. Son fils arrive dans la cuisine, lui disant que la vache va mettre bas. John arrive et prend une veste. Il lui dit qu’il vient d’avoir le fils de son oncle qui vit en Australie. Il se peut qu’il vienne pour les vacances. Sam dit qu’il traira les vaches. Et se mettent à rigoler. John lui dit de venir et s’en vont pour la grange.

 

Sam, après avoir raccroché, reste debout, ne sachant pas quoi faire et toujours en pleurant. Il se met à marcher, pensif. Il lève la tête et remercie. Il s’essuie le visage en larmes et pour lui-même, dit qu’après tout ce voyage dans le temps a peut-être du bon. Ça lui donne l’occasion de réparer certaines injustices, de rendre le monde meilleur. Il lui sera peut-être possible d’accomplir de grandes choses. Il retourne dans les tribunes où se trouve Al qui regarde le match. Ce dernier se retourne alors qu’il fume encore le cigare. Sam le remercie. Al parle d’une mouche. Sam a comme l’impression qu’il est là pour faire gagner ce match. Il s’avance vers le terrain de jeu et les joueurs l’encouragent.

 

Le speaker dit qu’un joueur est en phase d’attaque et le seul moyen pour eux de gagner repose uniquement sur le batteur. L’entraîneur stoppe Sam pour lui dire que c’est aussi sa dernière saison et qu’il ne tient pas à la finir sur la touche. Sam lui tape plusieurs fois son poing sur l’épaule et monte sur le terrain en prenant son casque, acclamé par le public. Sam demande à un jeune joueur de lui apporter une batte numéro quatre. Il va la chercher et la lui donne et lui dit qu’ils sont avec lui. Al rejoint Sam et lui demande s’il ne va pas faire ça. Est-ce qu’il se rend compte de la taille du lanceur ? Il répond par l’affirmative et Al lui dit qu’il vaut mieux l’envoyer au centre. Fox l’enverrai au centre mais Sam n’est pas Fox. En tout cas, ce n’est pas non plus un champion qu’Al sache. L’orage se met à gronder. Le speaker parle de l’arrivée de Fox/Sam qui représente leur seul chance, va se placer sur le monticule. Cette année, il a marqué trente-quatre points dont douze avec la main gauche. Sam se met en position. L’entraîneur lui crie qu’il doit mettre le paquet et les joueurs l’encouragent. Le receveur montre un doigt et un joueur dit non puis montre quatre doigts puis il fait oui. Il lance la balle et atterri dans le gant du receveur sans que Sam n’est pu la battre. L’arbitre dit : « Premier Strike ». L’entraîneur dit qu’il y a encore quelqu’un qui n’est toujours pas foutu de suivre les consignes. Sam souffle. Il se prépare et le lanceur lance à nouveau la balle qui atterri dans la main du receveur. Deuxième Strike. L’entraîneur et le joueur sont abattus même l’homme dans les gradins. Al s’approche de Sam qui se concentre et lui dit qu’elle devait faire au moins deux cents kilomètres heure. Sam dit que celle-là c’est la bonne. Al est d’accord. L’arbitre lui demande s’il veut du temps mais il ne veut pas car il est prêt. Le speaker lit une feuille : « Lorsque vient l’heure de l’ultime voyage, que vous vouliez être mis en terre ou encore vous faire incinérer, vous pouvez compter sur Schneck et Schneck pour vous accompagner à votre dernière demeure ». Il continue son commentaire du match. Fox semble s’être repris sur ce coup-là. Enfin, du moins il a l’air parfaitement déterminé à donner ses points décisifs à son équipe.

Sam se concentre, le lanceur a sa balle derrière lui et se concentre aussi. Le receveur montre deux doigts puis un mais le lanceur ne semble pas d’accord. Il montre quatre doigts puis deux et le lanceur accepte alors que Sam guette toujours. Le lanceur se met debout, regarde autour de lui alors que Sam regarde la balle puis le lanceur lance la balle et Sam semble l’avoir frappé mais la balle se trouve derrière le receveur. Al crie. Il lui dit de foncer et il se met à courir et traverse toutes les bases tandis qu’un joueur attrape la balle pour la lancer vers le lanceur mais celui-ci la rate. Sam continue sa route autour des bases. Le public est en joie. Al lui dit de continuer et d’aller vers la première base. Le lanceur récupère la balle puis la lance vers un autre lanceur qui la rate aussi. Sam continue. Il y est presque ! Sam arrive à la première base alors qu’un joueur s’écarte. Al lui dit qu’il va gagner et le voit allonger sur la base. C’est un chef. Les joueurs des Bombers se mettent autour de Sam, qui se met sur le dos, pour le féliciter. Il disparaît avec de la couleur blanche et bleue autour de lui. Il se transmute et atterri dans une salle de classe.

 

Dans une salle de classe, il s’aperçoit qu’il est devant des étudiants qui semblent attendre qu’il fasse le cours et il fait tomber sa pipe.

EXTÉRIEUR – Dans la rue - Soirée

Al se trouve dans sa voiture en train d’écouter de la musique lorsqu’il voit une très jolie femme à côté de sa voiture. Elle semble être en panne. Il s’arrête et la regarde avec intérêt.

Al : Vous savez ce qui m’est venu en tête en vous voyant ? J’ai eu une folle envie de vous aider à changer ce pneu. Malheureusement, je ne peux pas.

Femme : Vous n’avez qu’un seul smoking et vous êtes en retard à votre mariage.

Al : Mais quel mariage ? On se connait à peine. Je suis pratiquement sûr qu’il vous fera des histoires.

Femme : Et il est certainement moins gentil que vous.

 

Dans la voiture d’Al, il accélère brusquement ce qui fait sourire la jeune femme.

Femme : Waouh.

Al : Ça réveillerait un mort.

Femme : Ça vous donne de drôles de sensation. Qui a fabriqué cet engin ?

Al : Oh, vous savez en fait, c’est ce qu’on peut appeler un prototype.

Femme : (Regardant vers le ciel où une sorte de nuage blanc apparaît.) Oh, regardez ça.

Al : Ce ne sont juste que quelques éclairs.

Femme : Je n’avais encore jamais vu ça. Il n’y a aucun nuage et on voit les étoiles. C’est de là que les Américains ont lancé la première bombe atomique.

Al : Vous voulez rire. (Il pianote sur un clavier.)

Femme : D’après ce qu’on dit, on étudierai un projet top secret dans le coin. Une espèce de truc qui aurait un rapport avec l’espace temps ou quelque chose comme ça.

Gooshie : (Via l’ordinateur.) Contrôle.

Al : Oui, qu’est-ce qu’il se passe Gooshie.

 

Dans la salle de contrôle, Gooshie est avec Sam.

Gooshie : Il est en train de se transmuter, Ziggi a dit non mais Sam s’en moque.

Al : Enfin, il sait pourtant qu’on n’est pas prêts.

Gooshie : C’est une vraie tête de mule.

Al : Passe-le-moi.

Gooshie : Trop tard, il est dans l’accélérateur temporel.

Sam est dans une sorte de pièce où se trouve de la fumée blanche. Il écarte les bras, l’air souriant.

Gooshie : Al, Al, qu’est-ce que je fais ?

Al : Rien, une interférence pourrait le tuer. Je serai là dans deux minutes. (À la femme.) Accrochez-vous, belle inconnue. (Il accélère encore plus la voiture.)

 

OUVERTURE

 

Pendant que Sam se transmute, des nuages apparaissent et un voyage commence à travers eux. Le voyage se finit dans une maison où le réveil s’est arrêté sur 4 heures 59 minutes puis avance d’une minute pour arriver à 5 heures. Sam se réveille dans un lit, ne sachant pas très bien où il se trouve. De la musique vient de la radio.

 

Sam : (En pensée.) On a réussi. Réussi quoi ? Je ne me souviens plus. Je ne me souviens plus de rien. Qui suis-je ? Où suis-je ? (Il se tourne et voit une femme.)

Peg : Je vais préparer le café, Tom.

Sam : Oh, bravo. Ça sent mauvais pour moi. Je ne me rappelle plus avoir couché avec cette femme ni même qui elle peut bien être. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’elle est enceinte. Très, très enceinte.

Peg : Bonjour, toi. (Se tournant vers Sam.) Tu as bien dormi ?

Journaliste : (À la radio.) Le secrétaire d’État a annoncé en fin d’après-midi que le gouvernement compte retirer l’aide prévu… (La femme de Sam, ou plutôt Tom, prépare le petit-déjeuner avec le pain grillé et les œufs.

Peg : Tom, dépêche-toi, chéri, Bagoo doit passer te prendre dans une dizaine de minutes. Au fait, il n’y avait plus de ta crème à raser alors j’ai pris la nouvelle. Ouais, tu sais celle qui fait cette réclame si drôle, là, avec tous ces panneaux sur la route.

Sam : (Prenant une bouteille de crème.) Burma Shave.

Peg : Ah, oui, c’est ça, Burma Shave. (Elle lui donne quelque chose à manger.) J’adore leur réclame. (Elle bouge le rideau de douche.) Mais qu’est-ce que tu as à traîner comme ça ? Allons, voyons dépêche-toi, va te laver. (Le voyant monter dans la baignoire avec son pantalon de pyjama, elle se met à rire.) Oh, Tom, tu es impossible. (Elle s’en va.)

Sam : C’est un rêve, c’est ça, je suis en train de rêver. Je, je, je, je n’ai qu’à finir mon rêve et je me réveillerai. Me raser, c’est ça et au moment de me couper, je me réveillerai en sursaut. (Il met de la crème sur la main puis s’en met sur le visage.) Oh non, l’odeur est bien réelle, les sensations sur ma peau aussi, mais qu’est-ce qui m’arrive ? (Il se tourne vers la glace et voit un autre homme devant lui et prend peur. Voyant son regard, sa femme prend peur.)

Peg : Tom, qu’est-ce qu’il y a ?

Sam : Qui c’est ce type dans la glace ?

Peg : Voyons, enfin mais ne me fait pas des peurs pareilles ou je risque d’accoucher avant terme.

Sam : Qui tu vois dans ce miroir ?

Peg : Mais… toi.

Sam : Moi ?

Peg : (Se regardant dans le miroir.) Et moi. Oh, oh, j’ai une mine affreuse. Beaucoup de femmes sont belles quand elles sont enceintes, moi je suis toute flétrie. (Sam ferme le robinet.) Je suis ridée comme un pruneau.

Sam : Je ne m’appelle pas Tom.

Peg : Chéri, tu devrais dire Peg, j’adore les pruneaux. Ben c’est nouveau ça tu ne t’appelles pas Tom.

Mikey : Papa, capitaine Burdell au téléphone.

Sam : (En pensée.) Oh, je suis papa.

Peg : Chéri, tu te sens bien. Si tu es malade, j’espère au moins que tu n’iras pas voler.

Sam : Voler ?

Peg : (Voyant le regard de Sam.) Mikey, va dire au capitaine Burdell que papa le rappellera aussitôt qu’il sera sorti de sa douche.

Mikey : D’accord.

Peg : Et prend son numéro. Tu sais bien que Bagoo ne dort jamais chez lui.

Sam : 555-2231.

Mikey : (Au téléphone.) Papa est sous la douche, c’est quoi ton numéro ?

Sam : (Prenant le combiné et encourageant son fils à quitter la pièce. Il fait le numéro.) 5-5-5-2-2-3-1.

Peg : Je peux savoir qui tu appelles ?

Sam : J’appelle mon bureau.

Peg : Mais c’est le poste 847.

Sam : Pourquoi ça ne veut pas marcher ?

Peg : Parce que tu as composé trop de numéros.

Sam : Trop de numéros ? Ou peut-être pas assez. C’est quoi l’indicatif ?

Peg : L’indicatif ?

Mikey : Comment veux-tu qu’on le sache, papa, tu nous avais dit que c’était un secret.

Sam : C’est un secret ? Mais pourquoi l’indicatif serait-il secret ?

Peg : Écoute, Tom, si tu testes encore une de tes sales blagues, je n’ai pas le temps et toi non plus.

À la télévision, le speaker donne le programme du matin. Sam raccroche, regarde son fils boire du lait et se tourne vers la télévision qui diffuse un programme pour enfant. Sam, ne sachant pas quoi faire, décide de sortir par la porte et se trouve à l’extérieur de la maison. Il a toujours du produit de rasage sur la figure. Il voit passer un avion dans le ciel et il fait des tourbillons.

 

EXTÉRIEUR – Devant la maison de Peg et Tom - Matinée

Sam : (En voix-off.) Bon d’accord, ce n’est pas un rêve, c’est un cauchemar. Et comme dans tout bon cauchemar, bientôt allait apparaître un vilain croque-mitaine. (Il se trouve dans une voiture avec un collègue de Tom. Il a des pansements au visage.) En attendant que le croque-mitaine montre le bout de son nez, je décidai de jouer le jeu. Quoique je n’avais pas vraiment le choix. Tout le monde est persuadé qu’on est en 1956. Je suis Tom Stratton, capitaine dans l’armée de l’air, que j’ai une femme, Peg et deux enfants, dont un à venir. Mon meilleur ami est passé me prendre ce matin, le capitaine Burdell dit Bagoo pour les intimes. Je n’allais pas tarder à découvrir que ce surnom lui allait comme un gant.

Capitaine Burdell : (Il claque des doigts vers Sam pour attirer son attention.) Eh, ouh, regarde ça, (Sam regarde dans la direction où se trouve une jeune fille. Il entre sur le parking et se met à rire.) Vise-moi un peu ses jambes, eh, eh, elle n’a pas d’alliance. (À la jeune femme.) Salut beauté blonde. Vous permettez que je fasse les présentations. Le capitaine Will Burdell et le capitaine Tom Stratton, réchappé miraculeusement d’un terrible duel au rasoir. (Ce dernier sourit et elle aussi.) Nous sommes très célèbres. Nous sommes les deux seuls pilotes de toute l’armée de l’air qui aient les tripes nécessaires pour piloter le X-2. (Sam se met à tousser.)

Jeune femme : Je crois que vous oubliez Tony Lamotte.

Capitaine Burdell : Oh, oh, (en enlevant ses lunettes de soleil) ne me dites pas que vous vous êtes laisser berner par ce novice. Et ce n’est pas parce qu’il a un uniforme et une montre dernier cri avec chronomètre qu’il saura piloter jusqu’au septième ciel. (Sam se regarde dans le rétroviseur et voit les yeux de Tom. Elle se met à rire.) Dis-moi, on est vendredi, non. J’imagine que vous êtes au ranch pour le week-end.

Jeune femme : Oui, c’est vrai, je loge au ranch.

Capitaine Burdell : Alors réservez-moi une danse pour ce soir. Quant aux bangs supersoniques d’aujourd’hui, je les ferai en votre honneur. (Il se rassoit et s’en va laissant la jeune femme qui semble être contente de la tournure des événements.)

Sam : (Enlevant ses lunettes.) Et de ça, les tripes nécessaires pour piloter le X-2 ?

Capitaine Burdell : Ben, il faut bien épater les femmes si l’on veut les approcher. En plus de ça, c’est vrai.

Sam : Ouais, Bagoo, je ne sais pas piloter.

Capitaine Burdell : C’est une blague.

Sam : Non, non, non, en fait, (cherchant ses mots) en me réveillant ce matin, j’ai oublié comment piloter.

Capitaine Burdell : (En rigolant.) C’est extra, à celle-là elle est vraiment extra. Elle est même du tonnerre.

Sam : Mais ça n’a rien de drôle.

Capitaine Burdell : Tu as l’air des plus sérieux.

Sam : Je suis sérieux.

Capitaine Burdell : Toi, tu n’as pas ton pareil pour l’honneur. Cette sincérité, ah c’est vrai ça, si je savais mentir avec autant d’info, à l’heure qui l’est, je serai le roi du poker. Eh, tu veux qu’on fasse une blague à Toc-Toc Ernie. (Il se met à rigoler.)

Sam : Toc-Toc Ernie ?

Capitaine Burdell : Eh bien ouais, on va lui dire que d’avoir dépassé Mach-2, ça nous a affecté l’esprit.

 

INTÉRIEUR – Dans le bâtiment des pilotesBureau de Ernie - Journée

Ernie : Affecté l’esprit, de quelle façon ?

Capitaine Burdell : On dirait que plus je vole vite et plus j’ai la mémoire qui flanche.

Pilote 1 : (Pendant que Sam est à l’écart.) Moi, ça me fait la même chose. Je commence à perdre la boule. Tenez, j’ai oublié l’anniversaire de ma femme, ça ne m’était jamais arrivé avant que je vole à Mach-2,5.

Pilote 2 : Et moi, la dernière fois, je ne savais plus où j’avais garé ma voiture.

Ernie : Je trouve ça fascinant. (Au médecin.) Docteur Burger, pourriez-vous concevoir un test pour évaluer ces pertes de mémoires ? (Sam n’a pas l’air enchanté par cette proposition.)

Docteur Berger : On devrait pouvoir mettre ça en place.

Ernie : Excellent. Excellent. Vraiment intéressant comme processus, merci messieurs. (Des pilotes se mettent à sourire.) Ah, autre chose, nous pensons que l’alarme incendie s’est allumée lorsque le capitaine Burdell était à Mach-2,6 à cause d’une mauvaise isolation. Nous avons fait tous les câbles et le danger est écarté.

Capitaine Lamotte : Comment le saurez-vous docteur, vous serez dans l’avion avec moi ?

Docteur Berger : J’aimerais bien, capitaine Lamotte, c’est mon vœu le plus cher.

Ernie : Malheureusement, (il se tape la tête avec un bâton) les blessures de guerre ne supportent que le rase-motte. (Tout le monde se met à rigoler.) Quoi qu’il en soit, si le même incident devait se reproduire, (Al apparaît devant Sam qui fait un signe) maintenez votre position jusqu’à ce que votre chasseur vous rattrape et détecte s’il y a bien le feu.

Pilote 2 : (Avec des cartes dans la main.) On a vite de se faire cramer à ce petit jeu-là. S’il y a le feu, j’aimerais autant vous dire que moi je mets les voiles.

Ernie : Là, vous ne l’avez pas fait.

Pilote 2 : Je suis de l’étoffe des héros.

Al : Je le trouve chouette ce gars-là. (Il pointe le doigt vers le pilote.) Il me fait penser à moi lors de mes jeunes années.

Ernie : Ça suffit, ça suffit. Si vous n’avez plus de questions, alors au boulot.

Capitaine Burdell : (Quittant la pièce, il rejoint Sam.) Le poisson est bien ferré, il a même gobé l’hameçon.

Al : Ah dis-donc, ça réveillerai un mort.

Sam s’en va et Al l’accompagne. Sur la piste d’envol, se trouve un avion prêt à décoller.

Pilote : Chasseur 1, paré à rejoindre la piste d’envol. Chasseur 1, paré à rejoindre la piste d’envol. (Pendant qu’un camion passe.) Mère Poule, permission de décoller. Chasseur 1, paré au décollage.

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomJournée

Peg : Vous êtes mes meilleures amies alors répondez-moi franchement hein.

Femme 1 : Ouille, ouille, ouille.

Peg : Laquelle de mes cuisses a moins de vergetures ?

Femme 2 : Fais voir.

Peg : (Montrant une cuisse après l’autre.) La cuisse droite, c’est vu, ou la gauche ?

Femme 1 : Alors là, Peg, tu sais en réalité, je crois bien que c’est celle-là.

Peg : La droite ?

Femme 2 : Elle est moins grosse aussi.

Peg : Non, c’est vrai.

Femme 2 : Ah, je te jure.

Peg : Ah, mais c’est sur celle-là que je me suis passée de la crème au cactus.

Femme 1 et 2 : Non, c’est pas vrai.

Peg : Si.

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste de décollageJournée

Un avion de chasse est prêt à décoller.

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomJournée

Ses amies sont en train de rigoler alors qu’elles entendent le bruit de l’avion qui décolle, ce qui en inquiète une. L’avion décolle alors que la tasse de Peg ainsi que toute la maison.

Peg : Je… je crois que je devrais arrêter de boire du café. Ça me rend un peu nerveuse.

Femme 1 : Oui.

 

EXTÉRIEUR – Dans le cielJournée

L’avion est escorté par deux autres avions.

Sam : (Hors cadre.) Avec le temps, on finit par s’habituer à tout, (pour lui-même) même à un cauchemar. (Sam est dans l’avion, n’ayant pas encore mis son masque.) Il suffit de prendre ça avec philosophie et de faire confiance aux autres. (Un homme arrive dans la cabine de pilotage.)

Capitaine Burdell : Je savais pas que tu étais dans l’import maintenant.

Homme : Mais de quoi est-ce que tu parles.

Capitaine Burdell : De ce beau petit lot que tu as stocké au ranch ce week-end.

Homme : Et comment il fait, il a des espions partout ?

Capitaine : Hey, hey, hey, c’est de naissance mon grand, j’ai un sixième sens, je les repère à des kilomètres à la ronde.

Homme : Ouais, mais ne te trompe pas de cible. (Ils rigolent et il s’en va, les laissant piloter. Il reprend sa place ainsi qu’un autre homme derrière lui. L’avion continue de voler.)

Sam : (Pour lui-même.) C’est drôle mais ça commence à me plaire tout ça. Piloter ça c’est facile puisque d’autres sont là pour tenir le manche. Surtout quand on pilote comme un manche. (Burdell enlève son casque.)

Capitaine Burdell : À toi, vieux, je te laisse les commandes. Fais nous grimper à 25 000, le temps que j’aille arroser le gazon. (Il s’en va tandis que Sam le regarde puis se retourne et l’avion se met à pencher sur le côté, puisque personne ne le pilote. Il ne sait pas quoi faire.)

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Pilote : Maman poule votre cap 2-5-0, 2-6-0, altitude 12 000 pieds.

Ernie : (Au micro.) Maman poule, Edwards, le radar indique que vous déviez votre cap de près de quarante degrés. Est-ce que vous avez des problèmes, à vous ?

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Sam tente tant bien que mal de redresser l’avion mais n’y arrive pas. Il se met à crier, Burdell revient à son poste.

Capitaine Burdell : Mais qu’est-ce qu’il y a ?

Sam : Je ne sais plus piloter.

Pilote : Bagoo, Tom, est-ce que vous me recevez ? (Burdell remet l’avion à l’horizontale.)

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Ernie : Maman poule, Edwards, vous avez des problèmes ? À vous.

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Capitaine Burdell : Euh, Edwards, ici maman poule, il y a dû y avoir une bulle dans le système hydraulique, brusquement madame s’est mise à voler comme un bouchon de radiateur mais elle semble s’être reprise maintenant. (Sam semble souffrir.) On va continuer notre grimpette jusqu’à 25 000. (À Sam.) Hey, réserve ça à Toque Toque Ernie vieux, je ne suis pas né d’hier moi.

Sam : (Souffrant toujours.) Ne me laisse plus piloter. (Il se sent mal tandis que Burdell le regarde.)

Capitaine Burdell : Hmm. (L’avion continue de voler.)

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomJournée

Femme : (À la radio ; pendant que Peg semble ranger des affaires.) Et ça ne te fais rien. J’aurais plutôt cru que tu prendrais ça très mal. Après tout, tu es concerné. (Peg se ressert du café.)

Homme : (À la radio.) C’est vrai, je devrais l’être, mais cela m’est égal. Tout ça me laisse de marbre. (Peg pousse un objet avec son pied.)

Femme : (À la radio.) Ça te va bien de dire ça, mais est-ce que tu as un peu pensé à moi ? Tu te rends compte que nous sommes tous les deux…

Homme : Oui, oui, je sais. (Pendant ce temps, Peg regarde l’heure, il est neuf heures et demie.)

Femme : (À la radio.) Il faut consulter ton avocat. Est-ce que tu l’as…

Capitaine Burdell : (À la radio.) Edwards, maman poule, on est à 25 000 pieds.

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Edwards : Roger maman poule, paré à larguer. (Il pose les instruments et se tape deux fois sur la tête.) Bonne chance. (Il s’en va et rejoint Ernie pour les suivre grâce à des jumelles.)

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Capitaine Burdell : (Ayant mis son casque et Sam aussi.) Eh Tony, j’en ai marre de te voir à la traîne. Je vais te lâcher dans la nature et on verra lequel de nous deux aura cette belle blonde. (Dans le chasseur, un homme se voit la coque se refermer sur lui alors que Al apparait dans la queue de l’appareil et fait signe de la main.)

Sam : C’est confortable là-bas derrière pour les passagers ?

Capitaine Burdell : (Se tournant derrière lui.) C’est mieux qu’un quatre étoiles. C’est bon, on va pouvoir y aller. (Au pilote derrière.) T’es paré, ma grande ? Largage dix, neuf, huit, sept, six, cinq, (pendant ce temps, au sol, Edwards regarde la scène) quatre, trois, deux, un, larguez. (Ils soulèvent une manette et le chasseur se met à quitter l’avion. Le pilote appuie sur plusieurs boutons et il avance. Il se sert du manche pour se guider. Dans l’avion, ils suivent l’avion.) Reste en selle, cow-boy. (L’avion prend de la vitesse et une secousse fait peur à Peg. Elle s’inquiète.)

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseur - Journée

Pilote : Quinze mille pieds. Mach 1,3, j’accélère. Je continue. (Il pousse le manche. Les deux le regardent.) 1,9. (La flèche bouge et arrive à deux.) 2, on passe au palier suivant. 65 000. Ses supérieurs le regardent. 66.

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Capitaine Burdell : 66.

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseur - Journée

Pilote : Altitude 71 000, Mach 2,4. C’est en bonne voie. J’avance la poussée. Booster numéro 3. (Il appuie sur le dernier bouton et il accélère de plus en plus.) Mach 2,5. 2,6. (La flèche avance et il accélère toujours.) Température carlingue 6-8-3. Alarme incendie éteinte. On l’a matée cette bestiole.

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Pilote : (Hors cadre.) Mach 2,7. (Les deux continuent de scruter l’avancée du chasseur.)

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseur - Journée

Pilote : (Voyant la flèche bouger.) 2,8. Température carlingue, 8-0-0. (Ça commence à chauffer et le voyant de l’alerte incendie s’allumer.) Alarme incendie, booster 3. (Il pousse les trois boutons et la flèche continue de monter malgré l’alerte. Il souffle tandis que l’alarme incendie s’arrête.) Tout à l’air OK. (La flèche descend.) Mach 2,4. 2,3. (Le chasseur continue sa route.) Je crois qu’il s’agit d’une fausse alerte. Doug, t’es où ?

 

EXTÉRIEUR – Dans le cielJournée

Doug : Cinq milles derrière toi, à 30 000 pieds.

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseur - Journée

Pilote : Roger, je fais demi-tour pour venir te voir.

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Capitaine Burdell : Descends pas au dessous de Mac 2, descends pas au dessous de Mac 2.

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseur - Journée

Pilote : Je perds le contrôle. (Le chasseur fait des ronds dans le ciel, n’arrivant pas à se stabiliser. Il continue à perdre de l’altitude alors que Roger se trouver derrière lui. Une explosion se fait entendre, ce qui fait encore peur à Peg. Pendant que sur la piste d’atterrissage, tout le monde s’en va pour voir ce qui se passe, le chasseur se désintègre mais le pilote a réussi à s’éjecter à temps. Peg sort de la maison pour voir ce qui se passe. Des sirènes se font entendre alors que ses voisines arrivent près d’elle.)

 

EXTÉRIEUR – Devant la maisonJournée

Peg : Où est-ce qu’il est ?

Femme : (Voyant de la fumée dans le ciel.) Là.

Peg : Ah non. (Tout le monde s’inquiète alors que le pilote atterri grâce à son parachute. Elles le voient et se mettent à rigoler, contentes qu’il en soit sorti indemne.)

 

INTÉRIEUR – Dans un barSoirée

Tout le monde s’est réuni dans un bar pour se ressourcer après cette dure journée. Un couple danse sur la piste.

Capitaine Burdell : (Étant à une table avec un couple.) Le X-2 l’a peut-être descendu en flammes mais c’est pour elle qui se consume.

Femme : À ce point-là ?

Capitaine Burdell : Ouais, tenez, il n’y a qu’à voir le regard de merlant frit qu’il a ce soir.

Femme : Je sais ce qui le tracasse. (Sam et Peg sont aussi à leur table.) Il est jaloux parce qu’elle ne veut pas de lui. (Tout le monde rigole alors que Bagoo boit une bière.)

Capitaine Burdell : J’ai toutes mes chances vu que sa seigneurie rentre toujours bien sagement dormir à la base.

Peg : T’es plutôt mal placé pour le savoir, tu vas toujours dormir chez l’une ou l’autre. (Ils rigolent alors que Bagoo se lève et va voir le couple. Il tape son doigt sur l’épaule de l’homme sous les yeux de ses amis. L’homme s’en va et il se met à danser avec elle.)

Sam : (En voix-off ; il regarde vers Peg.) Plus le cauchemar se poursuit, plus j’ai tendance à le trouver agréable. Malgré ses six mois de grossesse, je trouve Peg merveilleusement belle, bien qu’elle soit sûrement persuadée du contraire. En général, je ne suis pas spécialement attiré par les femmes enceintes mais là, j’avoue que c’est différent. L’alchimie fonctionne à la perfection. Et pour ne pas succomber et bien, il ne faut pas que je perde de vue que je ne suis pas réellement son mari. (Il soupire et dit à Peg.) Tu as envie de danser ?

Peg : Quoi ?

Sam : Danser.

Peg : Avec mon gros ventre ?

Sam : Je te ferai une petite place. (Ils se lèvent et se mettent à danser. Al marche dans le bar et aperçoit le couple danser.)

Peg : J’aimerais bien savoir avec qui tu as bien pu danser dernièrement.

Sam : Quoi ?

Peg : Tom, tu as beau être le meilleur pilote de toute l’armée, tu avais malheureusement deux pieds gauche, du moins jusqu’à ce soir.

Sam : J’avais peut-être besoin d’une partenaire un peu ronde. (Elle se met à rigoler, lui suivant. Il voit Al qui lui fait signe.) Peg.

Peg : Hmm.

Sam : Qui c’est là, près du juke-box ?

Peg : (Voyant l’homme qui regarde le juke-box.) C’est Doug.

Sam : Non, non, non, le type en smoking.

Peg : En smoking, ici ?

Sam : (Voyant toujours Al.) Tu ne vois pas d’homme en smoking noir debout près du juke-box ?

Peg : Tom, Tom, on passe une si bonne soirée, ne gâche pas tout.

Sam : (En voix-off.) Charmante Peg, ou quelqu’un lui bouche la vue ou alors c’est le croque-mitaine qui entre dans la danse. (Il a toujours un regard vers Al.) Que ce soit l’un ou l’autre, j’en aurais le cœur net. (Il s’arrête de danser et va faire assoir Peg.)

Peg : Oh, Tom.

Sam : Non, non, tu en es à six mois de grossesse et à six mois, on fait un tour de piste et on s’assoit. Ordre du docteur.

Peg : Mais je suis en pleine forme, chéri, on n’a jamais eu l’occasion de danser tous les deux, et en plus c’est ma chanson préférée.

Sam : Je veux seulement que tu te ménages et on a toute la nuit devant nous.

Peg : Si tu le dis.

Sam : Je vais mettre dans le juke-box, je reviens tout de suite. (Il s’en va, la laissant seule. Il arrive près d’Al et met des sous dans le juke-box quand Al rompt le silence.)

Al : Je trouve ça fantastique, (regardant autour de lui) cette musique, ces gens, c’est fantastique. Ça remue des tas de souvenirs en moi. Eh, et il  n’y a pas « Be-Bop-a-lula » dans ce juke-box ? Ça me rappelle toutes ces longues nuits glaciales au laboratoire. Be-Bop-et-lula, une superbe créature, une chimiste russe. Je me souviens, elle effectuait des recherches sur la…

Sam : Je suis mort, c’est ça ?

Al : Quoi ?

Sam : Je suis mort, c’est bien ça ? Et je me suis réincarné à l’âge adulte au lieu de me réincarner en petit enfant.

Al : (En rigolant.) Tu me feras toujours rire, Sam.

Sam : (Surpris par ce qu’il vient de lui dire.) Vous savez comment je m’appelle ?

Al : Je ne suis pas aussi nul que ça.

Sam : Et pourquoi est-ce que vous êtes le seul à savoir qui je peux être ?

Al : Est-ce que tu es sérieux ?

Sam : Je suis on ne peut plus sérieux.

Al : (Comprenant ce qu’il se passe.) Non d’un micro-circuit. Est-ce que par hasard, tu ne me reconnaîtrais pas du tout ?

Sam : Non.

Al : Tu ne te rappelles pas non plus l’expérience ?

Sam : Quelle expérience ?

Al : Tu te souviens de ce qui s’est passé avant ton réveil ce matin.

Sam : À part mon nom et un numéro de téléphone, c’est le trou noir. (Peg regarde vers Sam.) C’est quoi cette expérience ? Si j’ai pris part à une expérience, (Peg le voit en train de parler seul) je peux très bien être sujet à des hallucinations, non ?

Al : (Se mettant en face de Sam.) Non d’un micro-circuit. Ce fichu Ziggy avait raison.

Sam : Ziggy ? Et je me souviens d’un type, un type qui a mauvais haleine, c’est ça ?

Capitaine Burdell : Tu rêves Herbert ? Personne n’avalera le gag du type qui se fait la conversation tout seul. (La fille et Sam se mettent à rigoler. Sam ne sait pas quoi faire et décide de sortir à l’extérieur du bar.

 

EXTÉRIEUR – Près du barSoirée

Il se met à voir Al qui marche, l’air énervé, vers un champ. Sam le suit et voit Al entrer par une porte invisible et la fermer. Il s’arrête de marcher et lève les yeux au ciel.

Sam : Ah mon Dieu. Faites que je me réveille maintenant. (Il regarde toujours le ciel.)

 

INTÉRIEUR – Dans la voiture de SamNuit

Une voiture roule alors que quelqu’un écoute la radio, c’est Sam.

Animateur : (À la radio.) De la musique douce par une nuit si douce, que rêver de mieux pour s’endormir en douceur.

Sam : Tu ne t’ai jamais rendu compte que c’est si difficile de suivre la route quand il n’y a pas de ligne blanche.

Peg : Des lignes blanches ?

Sam : Ben oui, quoi je me disais que si on peignait des lignes blanches tout au long de la route, ce serait certainement beaucoup plus facile de ne pas s’en écarter.

Peg : Oh, tu sais que c’est une bonne idée ça, Tom.

Sam : Et j’ai une bonne idée qui va de l’avant. (Elle pose sa main sur l’épaule de Sam et y pose sa tête.)

Peg : C’était bien ce soir.

Sam : Tant mieux.

Peg : En même temps, c’était assez effrayant.

Sam : Pour quelle raison ?

Peg : J’en sais rien, peut-être parce que tu as…  tu as voulu qu’on danse.

Sam : C’était pas la première fois qu’on dansait.

Peg : Parce que tu n’as pas bu plus d’une bière ou deux, ni parler pilotage. Je n’arrive pas à me rappeler une seule soirée passée avec toute ta bande de pilotes sans que vous parliez avion. (Sam rigole.)

Sam : Ils n’ont vraiment que ce mot-là à la bouche.

Peg : Toi aussi, tu n’as rien dit.

Sam : Ce soir, je n’étais pas d’humeur.

Peg : Et puis il y a ce juke-box.

Sam : Euh… « Pourquoi est-ce que »…

Peg : (Lisant les panneaux sur la route.) « Lorsque vous »…

Sam : (Il en fait de même.) « Vous essayez de doubler »…

Peg : « Le conducteur qui est devant vous »…

Sam : « Va deux fois plus vite ? ». (Ils se mettent à rigoler.)

Peg et Sam : Burma Shave.

Peg : (Touchant le visage de Sam.) Tu as la peau douce. Comment tu trouves ?

Sam : Ah c’est mieux que mon rasoir électrique. Si du moins j’ai… Est-ce que j’ai déjà eu un rasoir électrique ?

Peg : Non. (Éteignant la radio.) Tom, s’il te plaît, dis-moi ce qu’il y a.

Sam : Si je le savais.

Peg : Arrête et dis-moi ce qu’il y a.

Sam : Si je vous disais que je ne m’appelle pas Tom.

Peg : Tu l’as déjà dit ce matin dans la salle de bains.

Sam : Je m’appelle Sam, ne me demandez surtout pas mon nom de famille parce que je n’arrive même pas à m’en rappeler. Quand, quand je me regarde dans la glace, je vois Tom Straton. (Il se regarde dans le rétroviseur et voit bien l’homme.) C’est vrai mais ce n’est pas moi. Je ne suis pas pilote, en fait, je ne sais pas du tout qui je suis. En me réveillant ce matin, j’ai, j’ignorais qui vous étiez, vous et Mikey ainsi que les gars de la base. (Peg regarde vers lui.) Ah, écoutez, je sais que ce n’est pas facile à croire mais je vous jure que c’est vrai, je parais différent parce que je suis différent. Je ne suis pas Tom.

Peg : Oh, Tom. (Elle se retourne vers la fenêtre.)

Sam : (La voyant désabusée.) Non, s’il vous plaît, non, soyez gentille non.

Peg : Arrête un peu avec ces idioties.

Sam : Mais vous vouliez que je vous explique…

Peg : Oh mais arrête s’il te plaît.

Sam : (Entrant dans son jeu.) Je te demande pardon. C’était vraiment… c’était vraiment déjanté. Tu as raison, c’était une plaisanterie.

Peg : Dieu soit loué.

Sam : Ah, je n’aurais jamais dû la tester sur toi.

Peg : (S’approchant de nouveau à côté de Sam.) Chéri, tu m’as fait une de ces frayeurs. J’ai cru que tu avais peut-être une tumeur au cerveau.

Sam : Je n’avais pas pensé à ça.

Peg : À quoi ?

Sam : Bagoo et moi on a monté un bateau afin de faire croire que je ne savais plus piloter, ce que c’était drôle, j’ai dit à Toc-Toc Ernie que je ne savais plus comment on pilotait. (Il rigole.)

Peg : Tu as dit à Toc-Toc que tu ne savais plus comment on pilotait.

Sam : Oui.

Peg : Mais c’est vraiment l’idée la plus idiote que tu aies jamais eu.

Sam : Ah, va savoir, ça semblait plausible pourtant.

Peg : Tom.

Sam : Hmm.

Peg : Ça veut dire quoi « déjanté » ?

Sam : Ça veut dire, comment dire… (Ils continuent la route alors que les nuages progressent.)

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomDans la chambreNuit

Peg et Sam dorment dans leur chambre alors que sur la table de nuit, le réveil se met à accélérer le temps. Le plan avance à l’extérieur de la maison puis se retrouve dans la chambre de Peg et Sam qui se réveille en sursaut.

Peg : Qu’est-ce qui se passe ?

Sam : Rien, c’est rien, tu peux te rendormir. (En voix-off.) Rien ne vaut une bonne nuit de sommeil. Demain matin, j’irai traire les vaches. (Il s’endort puis se réveille.) Traire les vaches ? (Il se relève.) Jusqu’à l’âge de dix-huit ans, j’ai vécu dans une ferme, une ferme dans l’Indiana. Après, j’ai fait mes études à… Ah c’est bête, je ne m’en rappelle plus. Bon, revenons à la ferme. J’ai vécu dans une ferme avec… avec ma sœur Kate. Katie a épousé un officier de la marine. Le lieutenant Joe… non. Jim, c’est ça. Jim Bonick, ouais. Katie et Jim Bonick. Maman est partie vivre à Hawaï après la… (il s’assoit dans le lit) après la mort de papa en 74. Mais on est en 56. (Réfléchissant.) Alors, mon père est en vie.

 

INTÉRIEUR – Dans le salonNuit

Sam utilise le téléphone pour appeler une opératrice.

Opératrice : (Au téléphone.) Je vous écoute.

Sam : J’aimerai passer un appel longue distance, s’il vous plaît.

Opératrice : Pour où, monsieur ?

Sam : Dans l’Indiana, mademoiselle. (Tentant de trouver l’endroit.) Elk Ridge dans l’Indiana.

Opératrice : Le numéro s’il vous plaît. (Alors que Sam est en train de chercher.) Le numéro, s’il vous plaît.

Sam : Je fais ce que je peux mademoiselle mais il y a tellement longtemps que je n’ai pas appelé. C’est… les douze chaînes, ouais c’est ça, c’est ça, les douze chaînes.

Opératrice : Monsieur.

Sam : Ouais.

Opératrice : Donnez-moi le nom de votre correspondant, j’appellerai les renseignements, ce sera plus rapide. (Attendant toujours.) Monsieur ? Monsieur, voulez-vous que je vous passe les renseignements ? (Il raccroche et son fils se trouve devant lui.)

Mikey : Papa. Ça ne va pas ?

Sam : (Se touchant le nez.) Je crois que j’ai attrapé un rhume.

Mikey : T’as pas envie d’aller pêcher ?

Sam : Quoi ?

Mikey : On est samedi, t’avais dit qu’on irait à la pêche aujourd’hui mais on peut remettre ça si tu es malade.

Sam : Non, non, on va y aller à la pêche. Il n’y a rien de tel que de taquiner le gougeon pour guérir un rhume. (Ils sourient.)

 

EXTÉRIEUR – Près d’un lacJournée

Sam et Mikey sont en train de pêcher dans un lac et tentent d’attraper des poissons. Il attrape une branche.

Sam : Ne fais surtout pas ce que je fais, hein. C’est uniquement pour te montrer ce qu’il ne faut pas faire. Je vais le ramener et ensuite je te montrerai ce qu’il faut faire. (Il n’arrive pas à le décrocher.) N’oublie pas Mikey que quelque fois même le meilleur pêcheur du monde peut se faire avoir comme tu vois mais… quand on est un pro, on peut se rattraper sans… (il a réussi à le décrocher)

Mikey : Est-ce que je peux essayer maintenant ? (Il met sa ligne dans l’eau.)

Sam : Bon tâche de prendre tous les, tous les poissons du coin, moi je vais aller voir un petit peu plus haut. (Il s’éloigne et laisse Mikey seul.)

Mikey : Road Jack. Papa, tu sais que tu essayes de ne pas trop me faire honte.

Sam : Oauis.

Il se retrouve donc un peu plus loin et tente de remettre sa mouche sur la ligne lorsqu’il est surpris par Al.

Al : Est-ce que tu utilises vraiment une mouche ? (Sam se retourne.) Ou bien est-ce que c’est un leurre ? Je ne vois plus rien, j’ai une de ces gueules de bois. Ça pourrait tout aussi bien être un mille-pattes. (Sam s’approche de Al avec sa main et se rend qu’il passe à travers lui. Il recule, surpris par cette découverte, il veut crier.) Ah, non, non, (il met sa main sur son visage) ne crie pas, je t’en conjure. Le mille-pattes fait des claquettes dans ma tête. Tu ne te rappelles plus du tout qui je suis ? Alors là, c’est vache ce qui t’arrive. Je…Je m’appelle Albert. Albert comment, pour l’instant, je ne peux pas te le dire parce que ce n’est pas autorisé, je ne suis pas autorisé à te révéler tout ce que tu aimerais savoir. Aussi, ce serait plus facile pour nous si tu réduisais le champ de tes questions. (Il boit sa tasse.)

Sam : Vous êtes quoi au juste ?

Al : Ça c’est une question, Sam. Je suis tout simplement un homme comme toi. (Sam repasse sa main dans le corps d’Al.)

Sam : (En souriant.) Non, pas comme moi.

Al : Non, non, en fait je suis pas là. Ce que tu vois c’est, c’est un hologramme neurologique. C’est une image que toi seul est capable de voir et d’entendre.

Sam : Une image créée par l’action subatomique des quarks de carbone qui influent sur mes neurones optiques et auditifs.

Al : Euh t’as mis dans le mille là.

Sam : Mais comment je sais ça ?

Al : Ziggy a très justement mis au point divers scenarii. (Il prend une télécommande.) Cinq au total…

Sam : Ziggy, Ziggy, une espèce de nabot qui a mauvaise haleine.

Al : Non, ça c’est Gooshie. C’est lui qui a programmé Ziggy. Ziggy est un ordinateur hybride.

Sam : Les ordinateurs hybrides et surtout les hologrammes neurologiques n’existent pas en 56.

Al : C’est vrai en théorie.

Sam : Mais on est en 56.

Al : Pour toi sans doute mais pas pour moi. (Il tape sur sa télécommande.)

Sam : Et c’est, c’est quoi mon nom de famille ?

Al : Si tu ne t’en souviens pas, je ne peux pas te le dire.

Sam : C’est important.

Al : Mais je n’ai pas le droit de te le dire, ça vient même en tête de liste avec un double astérisque.

Sam : Pourquoi ?

Al : Ça, je ne peux pas non plus.

Sam : Alors, qu’est-ce que vous avez le droit de me dire ?

Al : Ah pas grand-chose sinon ce que tu sais déjà et que tu fais parti d’un programme scientifique pour remonter le temps qui a pour ainsi dire déraillé.

Sam : « Pour ainsi dire déraillé » ? Comment ça « déraillé » ?

Al : Oui mais tu es là, ce qui est une grande première, ça peut même te valoir le prix Nobel du voyage dans le temps, tu devrais être fier.

Sam : Et…

Al : Et, euh nous, nous éprouvons quelques difficultés d’ordre technique pour te récupérer.

Sam : (En souriant.) C’est génial, Al. (Il s’éloigne.) Je me réveille en 56 une passoire dans la tête et vous me parlez de difficultés techniques. (Il se retourne.) À quel abruti je dois tout ça ?

Al : Non, je n’y suis pour rien. (Regardant sa montre.) Hélas, je n’ai pas beaucoup de temps devant moi, il faut que je découvre ce qui pourrait être susceptible d’expliquer pourquoi nous n’avons pas pu te récupérer ce matin.

Sam : Ah ben parce que vous avez essayé ?

Al : Évidemment, tu n’aurais pas dû partir.

Sam : Ah, alors c’est ma faute, hein ?

Al : Va savoir. As-tu dis à quelqu’un que tu n’étais pas Tom Straton ?

Sam : (Gêné.) Euh, si on veut.

Al : Oh, Sam pour te récupérer la condition sine qua non c’est que tout le monde ici croit que tu es bien la personne que tu es venu remplacer.

Sam : Elles ne m’ont pas cru, ce qui n’est pas étonnant. Moi-même quand je me regarde dans une glace, je n’y crois pas.

Al : Mais oui, c’est le but recherché. Pour nous, Tom te ressemble comme deux gouttes d’eau.

Sam : Il est avec vous ?

Al : Bien sûr, comment crois-tu qu’on t’est localisé. Quand tu as pris sa place, il a pris la tienne. Si toutefois ça peut te consoler, il a la mémoire également pleine de trous. Écoute, tout le monde doit être persuadé que tu es bien Tom Straton. Si tu veux qu’on soit à même de te récupérer, disons mardi.

Sam : Mardi ?

Al : Hmm.

Sam : Mardi, ça sera un peu tard. (Il reprend sa canne à pêche.) Il est… (Il ricane.) Il est prévu que ce soit moi qui pilote le X-2 lundi matin.

Al : Tu as envisagé de prendre des leçons de pilotage ? (Voyant le regard de Sam.) Oh, je disais ça comme ça.

 

EXTÉRIEUR – Près de la maison de Tom et PegJournée

Sam : (Jouant au base-ball avec Mikey.) Celle-là, elle est bonne, elle est bonne, elle est bonne, elle est bonne, ouais, elle est bonne, je suis sûr qu’elle est bonne. Vas-y. (Il rattrape la balle.) Pas mal, c’est pas mal, c’est pas mal, (relançant la balle) allez vise le gant, vise le gant, vise le gant, pas au batteur, à moi, à moi, à moi. (Il rattrape de nouveau la balle en se couchant sur le sol pendant que Burdell et son amie font le barbecue.)

Capitaine Burdell : Il n’en reste qu’à rajouter de la sauce, ouais. (Il met de la sauce sur la viande.) Ouh…

Femme 1 : Allez, donne…

Femme 2 : (Regardant à l’extérieur.) Je me demande comment il fait, regardez son chapeau. (Peg sort des aliments du frigidaire alors que ses amies se mettent à rire.) Quelque fois Doug garde son casque et ses lunettes. (Ses amies se regardent.) Moi je trouve ça très sexy. (Elle sort.)

Pilote : En fait, j’avais amorcé un piquet et je me suis tapé une vrille. (À son amie qui passe pour amener les couverts sur la table.) Ça va, bébé ? (Continuant à discuter.) Je ne voulais pas retourner mon appareil mais qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? (Mikey continue de jouer.) Tu aurais vu sa tête, il est… (Il s’arrête et regarde au-dessus de lui, de même que Burdell.)

Sam : (Continuant à jouer.) Là, c’était mieux. (Sam regarde à côté de lui et voit un avion qui survole les habitations. Mikey tente de s’approcher alors que les autres personnes sortent pour le voir accomplir des acrobaties dans le ciel. Il repasse devant eux et ils sont contents.)

Mikey : (Impressionné.) Wouah ! Papa, t’as vu le tonneau et le demi-tour qu’il a fait avant de repartir. Comment on appelle ça ?

Sam : Va savoir. (Burdell l’a entendu et se retourne.)

Capitaine Burdell : Une chandelle, Mikey.

Mikey : Ouah, c’était quelque chose.

Sam : Ouais, une sacrée chandelle. (Peg rentre dans la maison. Il rend son gant.) Bon, je vais aller aider ta mère.

Mikey : Oh, papa.

Sam : À moins que tu veuilles mettre la table.

Mikey : (Il se retourne.) Hey, capitaine Crawford, vous voulez vous entraîner ?

Capitaine Crawford : Pourquoi pas, ça me dérouillera un peu.

Sam va vers la maison et Burdell fait non de la tête.

Capitaine Burdell : Ça alors. (Sam entre dans la maison et rejoint Peg.)

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomJournée

Sam : Ça va ?

Peg : Ça va. (Il va dans le frigidaire et sort une bouteille de bière.)

Sam : Tu es sûre ?

Peg : Oui.

Sam : Tu es plutôt pâle.

Peg : C’est à cause de la chaleur. (Il ouvre la bouteille.) Je l’ai toujours eu en horreur. (Elle pose le plat de crudités sur la table.)

Sam : Tu veux que je te fasse la salade du chef ? (En rigolant.) Non, c’est rien je plaisante.

Peg : Ça je m’en doute.

Sam : (Buvant la bouteille.) Mais je plaisante pas sur ton état.

Peg : Oui mais ça c’est ta faute.

Sam : Non, ce n’est pas ce que je voulais dire.

Peg : Écoute Tom, ça va. Ça va très, très bien. Pourquoi tu ne retournerais pas jouer dehors avec Mikey ? Reconnais que tu as passé très peu de temps avec lui depuis l’accident avec le bus.

Sam : Bon, j’y vais. (Il commence à partir.)

Peg : Attends. Fais-moi la bise. (Elle l’embrasse.)

Capitaine Burdell : (En criant.) À table !

Sam : Mangeons les truites pendant que c’est chaud.

Peg : Oui. Ah, tu veux bien apporter la salade et moi je vais apporter les toasts.

Sam : (Allant la chercher.) Ouais. (Il a pris le plat et sa bouteille puis s’en va à l’extérieur. Elle reste à l’intérieur, se rendant compte que le baiser n’est peut-être pas aussi bien qu’avec Tom et regarde vers l’extérieur.)

 

INTÉRIEUR – Près des bureauxJournée

Ernie Edwards : Désolé de vous avoir enlevé à vos amis mais le docteur Burger et moi avons mis au point un questionnaire pour estimer à quel degré Mac-3 peut influer sur la mémoire. Franchement, si vous aviez été le seul à nous en parler, nous n’aurions pas pris ça au sérieux, vu votre penchant pour les blagues.

Sam : (En voix-off.) Comment lui expliquer que mes pertes de mémoire n’ont rien de simuler. (Ils rejoignent le bureau du docteur Burger.)

Ernie Edwards : On va l’appeler « jauge mémorielle Ernst Berger ». Deux cent questions étudiées pour évaluer la mémoire d’un individu. (Burger est dans ses dossiers et prend les feuilles de papier dans la machine à écrire.)

Docteur Berger : « Jauge mémorielle Berger Ernst » serait plus juste. (Il rassemble les papiers.) Bonjour capitaine.

Sam : Bonjour.

Docteur Berger : Ces questions vont nous éclairer sur le contenu réel de votre mémoire comme votre âge, votre lieu de naissance et tout le toutim. Et certaines vous paraîtrons probablement curieuses. « Où avez-vous le moins bien enduré le froid ? »

Sam : Ah.

Docteur Berger : « Quel est le nom de votre deuxième petite amie. » « Où avez-vous fait l’amour pour la première fois ? » (Il lui donne le questionnaire.)

Sam : Une chance que vous me demandiez pas avec qui.

Docteur Berger : C’est une suggestion du docteur Ernst. Mais rassurez-vous, nous ferons preuve de discrétion.

Sam : Un Trivial Poursuit d’ordre privé.

Docteur Berger : C’est très bon ça. Le « Trivial Poursuit mémorielle Berger Ernst ».

Ernie Edwards : Ernst Berger. (À Sam.) Il faut que vous l’ayez rempli demain avant de décoller, vous en ferez un autre à l’atterrissage.

Docteur Berger : Si votre mémoire est altérée, nous saurons à même la détecter.

Ernie Edwards : Des questions capitaine ?

Sam : Euh, non, non, non, non, non c’est simple comme bonjour, j’aurais… je l’aurais fini lundi. Messieurs. (Il s’en va.)

Ernie Edwards : Docteur,  nous sommes à l’aube d’une fabuleuse découverte.

Docteur Berger : Crépuscule d’un fabuleux canular.

 

Sam fait le tour d’un chasseur qu’il pilotera. Il regarde à l’intérieur et est impressionné.

Al : (Qui se trouve de l’autre côté de l’avion.)i Un peu archaïque, non ?

Sam : Vous ne voudriez pas disparaître à tout jamais.

Al : Dis-moi d’abord comment faire pour agir sur les quarks de carbone et ça sera la plus grande découverte du siècle.

Sam : Je voudrais que vous me fichiez la paix.

Al : Tu ne te souviens toujours pas de notre projet ? (Sam fait signe que non.) Ah, quand je pense que j’ai déjà tout expliqué de long en large à notre président, maintenant je suis bon pour recommencer à partir de zéro avec toi. Allons-y. (Tenant une ficelle.) Un bout de la ficelle que je tiens représente ta naissance et l’autre bout, ta mort. (Il rassemble les deux bouts en faisant un cercle.) Si on attache les deux bouts ensemble, (il fait un nœud aux extrémités) ta vie forme une jolie boucle. Met la ficelle en pelote. (Il la met dans sa main et forme une boule.) Et tous les moments de ta vie se percutent les uns les autres sans la moindre chronologie. Cependant, quand on va d’un endroit de la ficelle à un autre…

Sam : Et est-ce qu’on peut se déplacer à son gré au sein de sa propre vie ?

Al : Justement, c’est ça notre projet. Le programme Quantum.

Sam : Ça n’évoque rien pour moi. (Al passe à travers le nez de l’avion, ce que voit Sam, qui s’énerve.) Ah, j’aimerai vraiment que vous arrêtiez.

Al : (Se demandant pourquoi.) Quoi ?

Sam : De traverser les choses comme ça.

Al : Tu veux que je contourne une chose qui n’a pas de corps. Bon, très bien, je vais la contourner. (Ce qu’il fait alors qu’un avion passe au même moment.)

Sam : Mais enfin (il tape son poing sur l’aile) pourquoi, pourquoi est-ce que cela n’a pas de corps ?

Al : Je suis un hologramme pour toi, non. Et bien, toi et tout ce qui t’entoure est un hologramme pour moi.

Sam : Le caisson d’induction.

Al : Tu te rappelles ?

Sam : Ouais, vaguement, une grotte quelque part.

Al : Au Nouveau-Mexique.

Sam : Oui, mais en quelle année ?

Al : Tu le sauras en temps utile si toutefois on te récupère.

Sam : Si toutefois…

Al : Je crois que la théorie de Ziggy n’est qu’un tissu d’inepties. D’après lui, tu serais persuadé que, que Dieu ou une entité quelconque ou n’importe quoi comptait sur toi et ton programme Quantum pour… pour corriger une erreur.

Sam : Une erreur dans le passé ?

Al : Une chose pas claire s’est produite dans la vie du capitaine Tom Stratton en 56, étant donné que tu as pris sa place. Et une fois que tu auras remis de l’ordre, tu rebondiras comme sur un trampolineau.

Sam : Une fois que j’aurais mis de l’ordre ?

Al : Tom Stratton a été tué en tentant de passer Mac-3 dans le X-2. Et si Ziggy a vu juste, tu n’as plus qu’à passer brillamment Mac-3 et le tour est joué. (Il tape une fois dans ses mains. Sam s’en va alors qu’Al repasse dans l’aile de l’avion pour le rejoindre.) Sam…

Sam : (Ils sortent à l’extérieur du hangar.) Pas de question.

Al : Ce n’est pas moi qui aie établi cette théorie.

Sam : Il doit y avoir un autre moyen.

Al : Il y en a un mais avec 30% de chances de réussite.

Sam : Alors, je cours le risque.

Al : Cela exige que tu te trouves au point maximum de radiation d’une explosion atomique. (Voyant son regard.) Tu voulais savoir.

Sam : Qu’est-ce que vous avez d’autre ?

Al : Tu sais que tu n’es pas une sinécure. (Regardant sur sa télécommande.) Les chances tombent au dessous de dix après ça. Le mieux encore, c’est de geler le cerveau jusqu’à ce que toute activité fonctionnelle ait cessé.

Sam : Ça s’appelle la mort clinique.

Al : Je n’ai jamais dit que ce serait facile.

Sam : Hmm.

Al : Mais ne prend pas la mouche, j’essaye de rattraper le coup. Bon, tu veux un moyen sûr, en voilà un. (Ils s’arrêtent de marcher.) Tu ne fais rien du tout, tu restes en vie, à moins d’un accident ou d’une maladie incurable, tu seras encore là dans quarante ans, c’est une bonne solution.

Sam : Et Tom Stratton ?

Al : Ce n’est pas compliqué, il vivra où il se trouve actuellement. D’un point de vue technique, disons qu’il deviendra l’homme le plus vieux de tous les temps.

Sam : Mais pour Peg et Mikey, je ne peux tout de même pas continuer à prétendre que je suis Tom.

Al : Mais enfin puisque ces deux-là vont perdre Tom lundi, de toute façon. Évidemment, si toi tu passes Mac-3 et que tu survives, ils pourront en profiter pendant encore trente ou quarante ans.

Sam : Je ne sais pas piloter.

Al : Je serais ton copilote.

Sam : Euh, vous n’êtes qu’un hologramme.

Al : Je suis également un ex-astronaute. Dans un avion, le plus dur c’est de décoller et d’atterrir. Le B-50 fait le premier truc à votre place et après, il n’y a plus qu’à allumer les propulseurs, s’accrocher au manche, accélérer et vroum, Mach-3.

Sam : Et le deuxième truc ?

Al : Atterrir ?

Sam : Ah, ah.

Al : On n’atterri pas avec le X-2 même avec mon aide imparable, c’est hors de question.

Sam : Je m’éjecterai ?

Al : Hmm. Le X-2 se crashera et brûlera, toi tu retomberas sur terre parachuté et au moment de toucher le sol, tu te transmuteras. Tom reviendra et moi avec ma nana, on filera droit à Las Vegas.

Sam : Ouais ça pourrait marcher.

Al : Ça marchera.

Sam : Et tout à l’heure, vous disiez que c’étaient des inepties.

Al : C’était avant que je n’ai un éclair de génie. (Il se touche les tempes.)

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Tom et PegDans le salonNuit

Sam est devant le téléphone, hésitant à l’utiliser. Il se met dans le fauteuil alors que Peg arrive vers lui.

Peg : Tom.

Sam : Tu devrais dormir.

Peg : Et toi, tu ne dors pas. (Elle s’assoit en face de lui.) C’est d’être obligé de battre ce record demain qui t’ennuie ?

Sam : Non.

Peg : Chéri, tu réussiras. Tu auras battu le record et en plus tu seras en vie.

Sam : Hmm.

Peg : Tom. (Elle se met à côté de lui.) Fais-moi une promesse.

Sam : Laquelle ?

Peg : Non, d’abord tu dois promettre.

Sam : (En souriant.) Ouais, c’est idiot, je ne peux pas te promettre quelque chose avant que…

Peg : (Mettant sa main sur sa bouche.) Je veux que tu promettes.

Sam : Je te le promets. Alors, qu’est-ce que je t’ai promis ?

Peg : Je te le dirai demain soir. (Elle l’embrasse et elle se met à toucher son ventre rond en tenant la main de Sam.)

 

EXTÉRIEUR – Près du hangarJournée

Le X-2 est sorti de son hangar, poussé par des hommes.

 

INTÉRIEUR – Dans les bureauxJournée

Homme : (À Sam.) Bonne chance. (Il s’en va alors que Sam entre, en frappant, dans le bureau du docteur Berger.)

Docteur Berger : (Après avoir tapé à la machine à écrire.) Alors, prêt à faire ses adieux à cette bonne vieille  Terre.

Sam : (En ricanant.) C’est rien de le dire. (Berger se trouve en face de lui, récupérant le questionnaire qu’il a rempli.)

Docteur Berger : Hmm. (Lisant les réponses.) Qu’est-ce que vous en avez pensé ?

Sam : Ben, je ne sais pas si ça va vous aider à évaluer les pertes de mémoire mais en évoquant tous ces souvenirs, j’ai vraiment passé un sacré bon moment. (Il remet sa casquette puis s’en va. Berger se met à la porte et lit plus attentivement les réponses. Il se met à rigoler.

 

Sam se trouve dans le hangar et voit à l’extérieur les hommes qui s’affairent autour du X-2. Il comprend qu’il est face à un sacré défi.

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomJournée

Les amies de Peg sont avec elle alors qu’elle s’occupe du linge.

Animateur : (À la radio.) Aujourd’hui, l’état de Californie…

Femme 1 : (Alors qu’une autre lui donne un magazine. Elle touche sa poitrine.) Oh, mes seins sont plus gros que ceux de Marylin Monroe.

Peg : C’est ton cinquième mois de grossesse.

Animateur : (À la radio.) …Les pièces du dossier retracent fidèlement…

Femme : Elle l’est peut-être elle aussi sinon pourquoi est-ce qu’Arthur Miller l’aurait épousé ?

Sally : Devine.

Femme : Oh, Sally, c’est un grand écrivain. Les intellectuels haïssent la vulgarité quel qu’elle soit. (Elle tourne la page.)

Sally : C’est justement ce qui fait le sel de la vie.

Femme : Oh, toi t’es obsédée. (Elles se mettent à rire.)

 

Alors qu’il y a un avion sur la piste de décollage, dans la maison de Peg et Tom, elles ressentent les secousses.

Animateur : (À la radio.) Notre premier témoin doit être Alice Grant.

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste de décollageJournée

L’avion se met à décoller sous les yeux de Mikey, qui le voit s’envoler alors qu’il est en train de jouer.

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et Tom ­– Journée

Peg est inquiète de savoir que son mari est peut-être en danger.

Avocat : (À la radio.) Pouvez-vous répéter à la cour ce que vous venez de déclarer ?

Femme : (À la radio.) Oui bien sûr.

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseurJournée

Capitaine Burdell : (En chantant.) Il y a une jolie rose au Texas que j’aimerai revoir. Pour elle, ne saurait manquer à personne autant qu’elle me manque. Elle a sangloté quand je suis parti…

 

INTÉRIEUR – Dans l’avion - Journée

Pilote : Tu vas rire, écoute ça. (Il montre son casque à Sam qui écoute à côté.)

Capitaine Burdell : (En chantant.) Ça m’a brisé le cœur. Le jour où on sera réuni, on ne quittera jamais. (Il continue à faire des acrobaties avec l’avion.)

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Ernie : (À la radio.) Si vous accaparez la radio, capitaine Burdell, la seule rose que vous aurez ce sera celle que je jetterai sur votre cercueil, c’est compris, à vous.

Capitaine Burdell : (À la radio.) Euh compris Edwards, Roger…

Le docteur Berger arrive près d’Edwards pour lui montrer les réponses de Sam au questionnaire.

Docteur Berger : Euh, lisez ça.

Ernie Edwards : (Lisant les réponses.) « Date de naissance : 8 août 19… (Après une hésitation.) 53 ». Il a sûrement voulu dire 23.

Docteur Berger : Continuez.

Ernie Edwards : « Le meilleur souvenir que je garde de l’université, réponse : la mini-jupe » (Il ne semble pas savoir ce que c’est.) « Le pire souvenir que je garde de l’université, réponse : le penty et les collants. »

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Copilote : C’est l’heure H, Tom.

Pilote : Tom, ça paraît bizarre mais avant de voir l’alarme incendie, j’ai senti comme une odeur de café.

Sam : Ça a peut-être fini par te taper sur le cibouleau.

Pilote : Ouais, peut-être bien.

Copilote : Bonne chance, Tom. (Il montre le pouce et Sam en fait de même. Il s’approche pour entrer dans le cockpit.)

Sam : Albert, où êtes-vous ? (Mais il n’y a personne. Il se prépare à entrer.)

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Ernie : (Lisant toujours les réponses.) « Parfois je mets une cassette vidéo dans le magnétoscope et je me fais du pop-corn ». Mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ?

Docteur Berger : On ne peut pas lui enlever le fait qu’il a de l’imagination. Le capitaine a rempli ce questionnaire comme s’il avait vu le jour en 53 et vécu dans le futur.

Ernie : Ses pertes de mémoire c’était encore un de leur canular.

Docteur Berger : J’en ai peur.

Ernie  : Mais enfin pour quel idiot est-ce qu’ils me prennent ? « Le hard-rock ». (Burger sourit.) « La télécommande », Et à cause de quoi déjà on l’a renvoyé de la fac ?

Docteur Berger : D’une grève.

Ernie : Ce gars-là a l’esprit dérangé, tout comme les autres.

Docteur Berger : (En souriant et en prenant les feuilles en guise de jumelle.) Et on se demande à qui la faute. (Il lève la tête avec les feuilles.)

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Sam est installé dans le cockpit alors qu’ils sont en train de mettre son masque.

Sam : Et c’est parti. (Il s’assoit dans le chasseur.) Albert. (Il ricane. Ils ferment le cockpit et le serrent.)

Homme : Fermeture enclenchée, c’est paré. Bonne chance, capitaine. (Sam ne sait pas quoi faire et n’arrête pas de tourner la tête.)

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomJournée

Femme : (À la radio.) Alors j’ai tout raconté au capitaine Stockwell. Il m’a répondu qu’on ne pouvait retenir aucune charge contre elle et (Peg regarde l’heure avec anxiété.) il m’a demandé de garder ça pour moi.

Homme : (À la radio.) Et cet entretien a eu lieu quand ? (Peg pousse une machine.)

Pilote : (À la radio.) Edwards, ici maman poule, altitude 25 000 pieds.

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Ernie : Roger, maman poule, paré à larguer. (Il tape deux fois sur sa tête.) Bonne chance.

 

INTÉRIEUR – Dans l’avionJournée

Pilote : (Faisant le décompte.) Dix, neuf, huit, sept, six. (Sam est toujours autant inquiet.) Cinq, quatre, trois, deux, un.

Sam : Où êtes-vous, Albert ?

Pilote : Paré à larguer. (Un homme tire une manette pour larguer le chasseur.)

Sam : (En criant.) Albert !

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Les hommes au sol scrutent l’avion grâce à leur jumelle.

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseurJournée

Capitaine Burdell : (À la radio.) X-2, ici chasseur un, des problèmes X-2, à vous.

Sam : Je ne sais pas piloter.

Al : Du calme, je suis là.

Sam : Al, Al, où êtes-vous ?

Al : Avec toi bonhomme. (Il passe à travers le corps de Sam.)

Capitaine Burdell : Tom, est-ce que tu me reçois ? Répondez X-2.

Al : Suis mes instructions. Enclenche le un et le deux. (Ce qu’il fait alors qu’il se met à se propulser. Sam est surpris. Al ricane.) Ça réveillerait un mort, hein ? Bon, maintenant fais comme moi. (Il met sa main sur le manche qui passe à travers et le tire vers lui. Sam prend le manche et fait de même. Il s’avance de plus en plus vite. Les pilotes des deux autres chasseurs sont soulagés.)

Sam : Où étiez-vous passé ?

Al : J’ai été voir les Lakers et il y  a eu prolongation.

Sam : (En colère.) Vous étiez où ça au basket, pendant que je jouais ma vie, monsieur était au basket ?

Al : Ce n’était pas un match ordinaire, c’était le match retour, Sam. Et dans les tribunes, j’ai fait la connaissance de Martha.

Sam : Ouais ben encore une chance que vous n’ayez pas passé la nuit avec Martha.

Al : J’ai passé la nuit avec Martha, on approche de Mach-1.

Sam : (Entre ses dents.) On approche de Mach-1. (Le chasseur continue sa route.)

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomJournée

Peg se fait chauffer de l’eau.

Femme : (À la radio.) Oui, une fois que le grand jury en aura pris connaissance.

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseurJournée

Sam continue sa route à travers les nuages et Al continue d’indiquer la position.

Al : Mach-1,3, cinquante mille, tout est OK.

Sam : Mach-1,3, cinquante mille, tout, tout est OK. (Al fume son cigare.)

Al : Pousse le manche. (Ce qu’il fait.)

Sam : (Regardant la flèche.) Mach-1,7, cinquante-six mille.

Al : (Il en fait de même.) Mach-2, 68, soixante-neuf mille.

Sam : Mach-2, 68, soixante-neuf mille. Soixante-dix mille.

Al : Mach-2,4, c’est en bonne voie. (Il continue de fumer son cigare.)

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Tout le monde scrute le ciel pour voir l’avancée du chasseur.

Sam : (Hors cadre.) Soixante-dix mille, Mach-2,4.

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseurJournée

Sam : Et c’est en bonne voie. Ah, c’est incroyable. Qu’est-ce que je dois faire maintenant ?

Al : Enclenche le trois et accroche-toi. (Sam appuie sur le bouton, poussant le manche, il continue d’accélérer.)

 

EXTÉRIEUR – Sur la piste d’atterrissageJournée

Homme : Mach-2,4 point 5, altitude soixante-quinze mille. Mach-2,7. (Burdell suit le chasseur.)

 

INTÉRIEUR – Dans le chasseurJournée

Al : Mac-2,h8.

Sam : (Entendant le bruit d’un bouillonnement.) Vous entendez ?

Al : Mach-2,9, oui je ne suis pas sourd. (Le chasseur continue d’avancer alors que l’alarme incendie se déclenche.)

Sam : Tony a peut-être senti le café mais moi je le sens bouillir.

Al : Et c’est le carburant, Sam. La chaleur fait bouillir le carburant. Coupe les moteurs. Coupe les moteurs, coupe les moteurs. (Il est près de Mac-3. Il avance de plus en plus alors que l’alarme incendie continue toujours de s’allumer. La flèche arrive sur le trois.) Saute Sam, saute, éjecte-toi. (L’avion continue d’avancer.)

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de Peg et TomJournée

La cafetière contenant du café se met à exploser.

 

EXTÉRIEUR – Dans le cielJournée

Des débris se mettent à voler dans le ciel et tombent au sol. Sam tombe à côté avec son parachute. Il semble inconscient mais se reprend et se met à enlever son casque alors que les secours arrivent.

Sam : Je suis toujours là, oh c’est pas vrai, je suis toujours là. (Ernie conduit une Jeep et s’avance vers Sam.) C’est pas vrai.

 

INTÉRIEUR – Dans une JeepJournée

Ils sont en route vers la base.

Docteur Berger : (Regardant les yeux de Sam avec sa lampe.) Vous devriez vous estimer heureux qu’on n’ait pas eu à brasser le désert au peigne fin pour vous ramasser à la petite cuillère. Vous êtes bien tous pareil, perdre votre avion c’est pire que de perdre votre femme. (Il l’aide à enlever sa combinaison.)

Al : Oui bien moi, j’échangerais bien mon ex-femme contre une épave quelconque. (Il se trouve à côté du médecin.)

Sam : (À Al.) Je suis toujours là.

Docteur Berger : (Pensant qu’il parle à lui.) Hmm, il est temps de vous en rendre compte.

Sam : Et maintenant ?

Docteur Berger : Je vais prendre votre tension.

Al : On pourrait toujours essayer la bombe atomique.

Sam : Ah non, merci sans façon.

Docteur Berger : Je suis vraiment désolé mais c’est nécessaire.

Al : Dis-toi que je ne suis pour rien dans ce fiasco, Sam. (Burger met le tensiomètre au bras de Sam.) Ce n’est pas moi qui ait décrété qu’une bonne action rétablirait les choses comme avant. Pouf, c’est de la foutaise.

Sam : Alors, je suis fichu ?

Docteur Berger : Mais non, voyons.

Al : Pas obligatoirement.

Docteur Berger : Vous ferez des examens à l’hôpital et vous rentrerez chez vous.

Al : Peut-être que le retour s’effectue lorsqu’on s’y attend le moins. Tiens comme cette nuit pendant que tu dormais.

Sam : Vous croyez vraiment ce que vous dites ?

Docteur Berger : Dur comme fer.

Al : Ah, j’en sais trop rien.

Docteur Berger : Il n’y a aucune raison qu’ils vous gardent en observation.

Al : Aussi, tu es dans l’expectative, tu vas devoir te passer de ma présence. Je m’en voudrais sûrement à mort si dans l’intervalle Martha se réveillait pour découvrir que je me suis envolé sans même lui avoir glissé un mot. C’est pas des choses qui se font.

Docteur Berger : (Prenant sa tension.) Ah moins que votre tension continue de monter.

Ils continuent leur route.

 

INTÉRIEUR – Dans un hôpitalJournée

Le docteur Berger amène Sam à l’hôpital pour revoir sa femme.

Secrétaire : Une infirmière est réclamée de toute urgence à la réception. On réclame une infirmière à la réception. (Mikey se trouve dans un couloir.)

Mikey : Papa. (Il court vers lui et tombe dans ses bras.)

Sam : Tu vois, tu es bien. (Burger va voir une infirmière.)

Docteur Berger : Peg a eu des contractions en entendant le crash.

Sam : (Burger va revoir une infirmière et va avec elle.) Je vous rejoins tout de suite. (À Mikey.) Écoute, je sais que tu voudrais être avec maman et ça va se faire mais… (Le téléphone se met à sonner.) En attendant, j’aimerais que tu restes auprès de Sally et de Lucy. Elles sont enceintes et elles se font beaucoup de soucis, tu comprends. (Mikey fait oui de la tête.)

Mikey : (Sur le point de pleurer.) Oui.

Sam : Tout se passera bien, je te le promets.

Sally : Oh Tom est-ce que…

Sam : (Partant vers l’endroit où se trouve Peg.) Je reviens. (Mikey s’inquiète et reste à sa place. Pendant ce temps, Sam entre dans la chambre de Peg.)

Docteur Berger : Tu es sûre qu’il va naître avant terme ?

Peg : Tom, Tom, Tom. (Sam va vers elle et la prend dans ses bras alors qu’elle est soulagée de le voir.) Je savais que tu tiendrais ta promesse.

Sam : Hey, c’est pas un petit avion qui va avoir raison de moi.

Peg : Est-ce que tu as battu le record ?

Sam : En quelque sorte.

Peg : Ah, je suis tellement fière de toi. (Elle se met à avoir mal.)

Sam : (Reprenant son rôle de médecin.) Regarde-moi, regarde-moi, respire bien à fond, retient tout et relâche l’air comme ça. (Il lui montre comment souffler. Les médecins et l’infirmière sont impressionnés alors que les contractions se calment. Sam sourit.) Hey, oui c’est ça.

Peg : Où est-ce… Où est-ce que tu as appris ça ?

Sam : En fac de médecine. (Peg ne comprend pas ce qu’il dit.)

Peg : Oh, Tom.

Docteur Berger : Excusez-moi… Tom ?

Sam : (Devant rejoindre le docteur.) Je ne serais pas long. (Ils sortent à l’extérieur de la chambre avec le médecin.)

Docteur Berger : Tom, voici le docteur Blaustein. (Ils se serrent la main.)

Docteur Blaustein : Ça s’annonce mal, capitaine. Le bébé se présente avec plus de neuf semaines d’avance. Le seul service spécialisé se trouve à Los Angeles. Un avion est prêt à décoller mais vu le choc que vient de subir votre femme, je suis contre le fait de la déplacer.

Docteur Berger : C’est à vous de décider. Je pense qu’on devrait l’accoucher ici et envoyer le bébé là-bas.

Sam : Non, le bébé va y rester.

Docteur Blaustein : Possible mais pas votre femme.

Secrétaire : Le docteur Cooper au bloc opératoire, le docteur Cooper au bloc opératoire.

Sam : (Regardant vers sa femme.) À quel rythme les contractions ? (Il prend le médecin à part.)

Docteur Blaustein : Elles, elles viennent à peine de commencer.

Sam : Et la dilatation du col ?

Docteur Blaustein : Deux centimètres mais on n’aperçoit pas encore le bébé.

Sam : (En souriant.) Alors, on peut encore l’arrêter.

Docteur Blaustein : Capitaine, une fois le travail commencé, on ne peut plus l’arrêter.

Sam : Mais bien sûr que si, donnez lui un bêta sympathomimétique.

Docteur Blaustein : Un quoi ?

Sam : Un bêta sympathomimétique. Ben, je ne sais pas trop lequel, je ne suis pas obstétricien, peut-être bien un Ritodrine ou un Terbutoline. Ah non, on ne les a découverts que dans les années 70.

Docteur Berger : (Pendant que le téléphone se met à sonner.) Excusez-nous une seconde docteur. (Il prend à part Sam.) Capitaine, si je ne vous fous pas mon pied au cul c’est uniquement parce que la femme qui souffre à côté a besoin de vous.

Sam : Elle n’est pas obligée d’accoucher, je sais de quoi je parle.

Docteur Berger : (L’arrêtant.) Vous n’êtes pas médecin que je sache.

Sam : En apparence.

Docteur Berger : Tom, compte tenu de votre exploit d’aujourd’hui, je veux bien pardonner votre comportement aberrant, mais si jamais vous persistez à nous jouer encore cette comédie détestable que vous avez mijoté avec le capitaine Burdell, je vous préviens, je veillerai à ce que vous ne voliez plus jamais.

Sam : Ça n’a rien d’une comédie, tout ce que je dis est vrai. (Le téléphone se remet à sonner.)

Docteur Berger : Le docteur Ernst a raison, vous n’êtes qu’un infâme salopard.

Sam : (Se tournant vers Berger, il semble avoir trouvé une solution.) De l’alcool. Une solution d’alcool éthylique et de dextrose dilués dans de l’eau, administré par intraveineuse arrêtera le travail. Ouais, c’était usité dans les années 60, plus tard on la remplaça par les bêta sympathomimétiques mais on s’en sert encore aujourd’hui, servez-vous de votre cervelle.  De l’alcool administré par intraveineuse, ça peut faire quoi ?

Docteur Berger : Ça, ça la saoulerait sur-le-champ, (réfléchissant) ce qui permettrait d’entraver toutes les ocytocines libérées par le cerveau afin de stimuler les contractions utérines. (Sam fait oui de la tête.)

Sam : Merci.

Docteur Berger : (Rejoignant le docteur Blaustein.) Vous avez entendu ce qu’il a dit.

Docteur Blaustein : Évidemment.

Docteur Berger : Et qu’en pensez-vous ?

Docteur Blaustein : On peut toujours essayer. Infirmière, préparez-moi une solution injectable à 5% d’éthanol…

Peg : (Saoule, elle chante.) Que sera, sera… Laissons l’avenir venir. Que sera, sera… (Ils sont contents que le travail se soit arrêté.) Eh bien, quel est le verdict, messieurs ?

Docteur Berger : Votre patiente est une vraie diva. (Il s’en va avec Blaustein.) Alors ?

Docteur Blaustein : Elle va avoir une gueule de bois carabinée mais l’accouchement est retardé. Dites, comment Stratton fait-il pour savoir autant… ?

Docteur Berger : (Le coupant.) Barry, soyez gentil, pas de question. (Ils s’en vont, laissant Peg et Sam seuls.)

Peg : Et maintenant que messieurs les sangseurs sont partis, on danse un boogie ? (Ils rigolent et se mettent à s’embrasser.) Je t’aime.

Sam : Moi aussi, je t’aime Peg. (Elle s’endort et il l’embrasse sur le front. Il va vers la fenêtre et voit à l’extérieur Burdell avec Mikey en train de discuter. Il ouvre la fenêtre et montre son pouce. Mikey en fait de même alors que Bagoo applaudit. Il lui lance la balle de base-ball vers lui et c’est un joueur qui l’attrape.)

 

25 juin 1968

EXTÉRIEUR – Sur un terrain de jeuSoirée

C’est en fait Sam qui l’a attrapée mais cette fois-ci dans la peau d’un joueur de base-ball, jouant un match. Les gens dans les gradins applaudissent. Il ne se rend pas compte où il se trouve. Des joueurs semblent retourner dans le vestiaire.

Homme : Hey, Pop’s, pourquoi est-ce que tu prends la pause ? Personne ne va te prendre en photo. (Lui et une femme se mettent à rigoler et à applaudir.)

 

Sam regarde autour de lui et se rend compte peu à peu où il se trouve. Un joueur arrive près de lui.

Joueur : Belle réception, Foxie. (Il lance la balle devant lui.)

Speaker : Eh oui, mes amis, il faut bien admettre que les Bombers ne sont pas au mieux de leur forme. S’ils ne se reprennent pas en main, ils ne remportent pas ce dernier match de la 68ème saison, ils seront sur la touche pour la troisième année consécutive. (Regardant sa fiche.) Alors le programme de ce soir vous est présenté comme tous les autres matches de la toute la saison par Schneck et Schneck, pompes funèbres, au service de Waco et de tout l’état du Texas depuis quarante-trois ans.

Entraîneur : Allons, allons, un peu de nerf bon Dieu, on se presse les mecs et que ça saute. On aura leur peau à ce tas de couillons.

Sam semble rejoindre les tribunes quand un chien aboi comme un damné. Sam le voit et se sent mal à l’aise. L’entraîneur intervient.

Entraîneur : Fox, fais quelque chose.

Sam : Ben, pourquoi moi ?

Entraîneur : C’est ton cador.

Sam : (En voix-off.) Il sait, son instinct ne l’a pas trompé. (Le chien continue d’aboyer.) Il ne cessera pas d’aboyer, tout le monde saura. Eh, il y avait beaucoup de chiens errants qui s’approchaient de la ferme. Mon père m’avait appris à appâter les plus sauvages. (Il se lève.) On les regarde droit dans les yeux et on leur montre qui est le patron. (Il aboi toujours alors Sam montre les dents et grogne. Le chien en fait de même.) Ouais, évidemment, avec l’âge, ce n’est plus ce que c’était. (Il arrête d’aboyer et se couche.) Quoique. (Il pousse des petits râles.) Une fois qu’on a attrapé le coup, c’est comme la bicyclette, ça s’oublie pas. (Il est fier de ce qu’il vient d’accomplir.)

Joueur 1 : Il est vraiment dingue ce truc.

Joueur 2 : Comment tu fais ça Foxie ? (Al se trouve à côté de Sam, mettant son doigt devant lui.)

Sam : Eh bien, (il se retourne et voit Al, prenant peur.) Ah.

La partie a repris et tout le monde joue.

Speaker : Barnes envoie la balle à l’autre bout du champ droit. Pace essaye de la rattraper, Barnes court comme un dératé. (Un joueur fait signe de continuer à courir.) Pace ramasse la balle avant de la renvoyer vite fait. (Ce que les joueurs font.) Barnes arrive à la première base. Et elle est à eux. Et voilà que les Bombers viennent de marquer leur deuxième coup sûr et qu’ils remontent, waouh.

Les autres joueurs regardent le match et applaudissent.

Al : Pas étonnant qu’ils soient les derniers, ils y mettent autant d’enthousiasme qu’une pute à dix dollars.

Sam : Venez.

Al : (Pendant qu’un joueur vers lui.) Ben, j’ai envie de voir la suite.

Sam : (Se rapprochant de Al.) Vous allez venir avec moi.

Joueur : (Se retournant.) Je ne peux pas, je dois remplacer Man.

Sam : (Comprenant sa méprise.) Oui, euh, ben c’est ça vas-y.

Entraîneur : (Se retournant à son tour.) Un problème, Fox ?

Sam : Euh, non, non, non, non, non, en fait, je reviens tout de suite mais il faut que j’aille, il faut que j’aille au…

Entraîneur : T’éternise pas. (Voyant que le receveur rattrape la balle.) Le prochain salopard qui swingue au premier lancer, je lui fous une amende de cinquante billets.

Sam : Al. (Il tente de regarder mais rejoint Sam dans les escaliers.) Vous êtes venu drôlement vite cette fois.

Al : Une semaine s’est écoulé depuis que tu es parti.

Sam : Une semaine ? Mais il y a une minute, je me trouvais au chevet de Peg.

Al : (Alors qu’ils s’avancent dans un couloir.) En fait, l’expérience t’as fait perdre toute notion du temps. Mais tu as peut-être l’impression que ça fait une minute mais nous, ça fait six jours et six nuits qu’on sabre le champagne. On a fait une fête à tout casser. Gooshie était tellement défoncé qu’il a demandé à Ziggy d’imprimer les radios de sa cirrhose. Et Brenda, tu sais la rouquine du service codage et ben la coquine, ça l’a drôlement mise en chaleur.

Sam : Non, non, je ne sais pas qui est Brenda, je ne me rappelle pas et je ne veux pas savoir si cette fille était en chaleur. Je veux te… Al, d’abord je traverse ce que l’on appelle une crise d’identité. D’abord, je suis Tom Stratton puis un joueur de base-ball qui s’appelle Fox.

Al : (Fumant le cigare.) Tim Fox, trente-deux ans, tu joues pour l’équipe des Bombers de Waco. D’après Ziggy, tu as été sacré meilleur batteur en 63 et tu as été racheté par Chicago où tu t’es pété le genou en dérapant, ce qui fait qu’ils t’ont vite réexpédié ici pour que tu te soignes. Ça va faire cinq ans. (Sam court dans les couloirs à la recherche d’un miroir. Il s’en approche et voit l’apparence de Tim Fox.)

Sam/Tim : (En baissant la tête.) Oh bravo.

Al : Hey, amène-toi, on va rater la fin du match.

Sam/Tim : J’en ai rien à faire du match.

Al : C’est ton dernier match en tant que pro. Dans quelques minutes, tu prendras une raclée. Les Bombers vont finir une autre saison sur la touche et toi tu raccrocheras ta batte.

Sam : Et après ?

Al : Après, tu ouvriras un énième fast-food.

Sam : Quoi ?

Al : Tu épouseras une dénommée Sue et vous aurez deux enfants. Bien sûr, t’es pas obligé d’en passer par là, dès que nous aurons trouvé ce qui doit être, comment dire, corrigé, tu te transmuteras ailleurs.

Sam : C’est ça, je vais recommencer le coup de survie dans un avion en flammes.

Al : Mais c’est Ziggy qui a tout bousillé. Il s’était mal renseigné. Avant que tu ne viennes, Tom Stratton était non seulement mort mais sa femme avait accouché d’un prématuré et le bébé était arrivé mort-né.

Sam : Et maintenant ?

Al : Tom est en vie et Peg a mis au monde une petite fille, quarante centimètres, trois kilos cinq. Le plus drôle, c’est qu’ils l’ont baptisée Samantha et ils ont pensé que quelqu’un voulait que Tom et Samantha puissent vivre.

Sam : (En souriant.) C’était vrai.

Al : Oh, mais on ne va pas en rester là, Jackson va marquer dans deux secondes.

Sam/Tim : (Ne voyant pas le reflet d’Al.) Vous êtes un vampire.

Al : Quoi ? Mais voyons les hologrammes ne se réfléchissent pas dans les miroirs. En fait, on pourrait même nous assimiler à une sorte de pur esprit. Si on n’en reparler plus tard, allez viens, j’aimerai bien voir la fin du match.

Sam : Mais vous en connaissez déjà la fin.

Al : Tu veux que je te dise, je l’ai su dès l’instant que j’ai attrapé Brenda et on a filé aux archives. Droit vers une aura… (À l’extérieur, le public explose de joie. Al claque des doigts.) Ça y est, il a marqué.

Sam : Pourquoi est-ce que je ne suis pas revenu ?

Al : Un saut de douze ans, c’est déjà bien. Encore quelques-uns comme ça et tu seras chez toi.

Sam : Ah oui et si je repars en arrière et que je ne revienne pas ?

Al : (Son cigare à la bouche.) C’est toujours envisageable.

Sam : Alors, je devrais me balader dans le temps éternellement.

Al : Non, personne ne vit éternellement. (Ils se mettent à sourire.)

Sam : Et Ziggy a dit ce que je devrais corriger pour me transmuter cette fois ?

Al : Non, il ne l’a pas dit.

Sam : Quoi ?

Al : Il nous a fait une dépression.

Sam : C’est un ordinateur.

Al : Il a un super ego. Je pense qu’il sait ce que tu as à faire. L’ennui, c’est, c’est qu’il a peur de le dire au cas où il se tromperait.

Sam : Quel est l’idiot qu’il l’a créé ?

Al : (Enlevant son cigare et le montrant à Sam.) Toi. C’est ton projet, Sam, c’est toi qui as conçu le programme Quantum. Tu es le plus grand génie de tous les temps. Enfin, tu l’étais avant que ton cerveau ne se mélange les crayons.

Sam : Non, je suis médecin, c’est tout, j’en ai eu la preuve.

Al : Tu as décroché six doctorats, celui de médecine, c’est rien du tout. Ta spécialité, c’est la physique des quantas. Time Magazine t’appelle même le nouvel Einstein. En réalité, si jamais quelqu’un peut trouver le moyen de te ramener, c’est toi.

Sam : Je ne peux pas même me rappeler mon nom.

Al : (Après une hésitation.) C’est Beckett. (Sam le regarde.) Sam Beckett. (Il s’en va.)

Sam : Beckett. (Il est content.)

 

EXTÉRIEUR – Sur le terrain de jeuSoirée

Le jeu continu alors qu’une équipe est en passe de gagner et le public est content.

Speaker : Jackson vient de frapper la balle avec une telle force qu’il l’a expédiée dans le champ extérieur, (les joueurs et l’entraîneur des Bombers saluent l’exploit) ce qui lui laisse largement le temps de faire le tour des quatre bases en faveur des Bombers. (Jackson a fini de faire le tour et a réussi.)

 

INTÉRIEUR – Dans un bâtimentSoirée

Sam : (Au téléphone.) C’est pour un appel longue distance.

Opératrice : Je vous écoute, monsieur.

Sam : Oui voilà, j’aimerai joindre monsieur, monsieur John Beckett à Elk Ridge dans l’Indiana mais je ne connais pas son numéro.

Opératrice : John Beckett.

Sam : Oui, madame c’est ça, Beckett.

Opératrice : Ne quittez pas je vous prie. (Il attend et un homme répond au téléphone.)

John Beckett : (Au téléphone.) Allô ?

Sam : (Après une hésitation.) Papa ?

John Beckett : Pardon, qui est à l’appareil ? (N’entendant pas de réponse.) Allô, allô ? Ben, écoutez je n’ai pas de temps à perdre avec les petits plaisantins.

Sam : Non, s’il vous plaît, ne raccrochez pas.

John Beckett : Qui est à l’appareil ?

Sam : Je suis un Beckett. Mon père et votre père sont parents.

John Beckett : Ben, c’est-à-dire ?

Sam : Ils… Ils sont frères. Je suis le fils de John.

John Beckett : Fils de John ? Il est parti vivre en Australie, j’ai été… j’ai été encore qu’un gosse, (il rigole) j’avais presque oublié son existence.

Sam : Je comprends.

John Beckett : Comment tu t’appelles ?

Sam : Sam.

John Beckett : Ah, c’est pas vrai, moi aussi j’ai appelé mon fils Sam.

Sam : C’est marrant ça.

John Beckett : Dis-donc, tu n’as pas l’accent australien.

Sam : Oh vous savez j’ai, j’ai, je voyage sans arrêt.

 

EXTÉRIEUR – Sur le terrain de jeuSoirée

Speaker : (Pendant qu’un batteur lance la balle.) C’est incroyable, cette frappe doit leur valoir un superbe doublé.

 

INTÉRIEUR – Dans un bâtimentSoirée

Sam : (Au téléphone.) Ça m’ennuie beaucoup de décevoir mon père mais cette année, je crois que je ne pourrais pas passer Noël à la maison.

John Beckett : (Au téléphone.) Oh, je suis sûr qu’il comprendra.

Sam : (En pleurant.) Ça oui, j’aimerai bien. Oh, ce n’est pas que je l’aime pas, non, non, non, mais il me manque beaucoup même si, même si en fait je ne lui ai jamais dit.

John Beckett : Il le sait bien.

Sam : Vous croyez ?

John Beckett : Quand on aime son père autant que tu aimes le tien, c’est obligé qu’il le sache.

Sam : C’est possible. Mais quand je… quand je ne suis pas là pour Noël, c’est… ça lui fait de la peine.

John Beckett : Sam, un père a toujours plaisir à voir ses enfants pendant les vacances. Mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie, hein ? Tu es jeune, tu cherches à te faire une place au soleil. Pour ton père, l’important c’est que tu la trouves plutôt que de partager une dinde avec lui. Du moins, c’est comme ça que moi je vois les choses.

Sam : (S’essuyant le visage en pleurs.) Je suis très touché que vous disiez ça.

John Beckett : Tu sais, tu peux toujours rentrer en Australie pour Noël si tu veux mais puisque tu n’es pas loin, pourquoi tu ne viendrais pas à la maison. On a de la place et puis ma femme fait une tarte aux pommes qui ferait damner tous les saints, un vrai régal.

Sam : Je ne sais pas si je pourrais venir mais, mais je vous promets d’essayer.

John Beckett : Et on n’est pas obligé de s’en tenir à Noël. Tu peux venir quand tu veux, tu seras toujours le bienvenu.

Sam : (S’avançant dans le couloir.) Je m’en souviendrais. Au revoir. (À voix basse.) Je t’aime papa.

 

INTÉRIEUR – Dans la maison de John BeckettSoirée

Après que Sam ait raccroché, John raccroche à son tour. Son fils arrive dans la cuisine.

Jeune Sam : Viens papa, la vache va bientôt mettre bas.

John Beckett : C’est bon, j’arrive Sam. (Il prend une veste.) Ah, je viens d’avoir le fils de mon oncle qui vit en Australie. Il se peut qu’il vienne pour les vacances.

Jeune Sam : Il traira les vaches. (Ils se mettent à rigoler.)

John Beckett : Allez viens. (Ils s’en vont dans la grange.)

 

INTÉRIEUR – Dans un bâtimentSoirée

Sam, après avoir raccroché, reste debout, ne sachant pas quoi faire et toujours en pleurant. Il se met à marcher, pensif. Il lève la tête.

Sam : Merci. (Il s’essuie le visage en larmes ; en voix-off.) Qui sait, après tout, ce voyage dans le temps a peut-être du bon. Ça me donne l’occasion de réparer certaines injustices, de rendre le monde meilleur. Il me sera peut-être même possible d’accomplir de grandes choses. (Il retourne dans les tribunes où se trouve Al qui regarde le match. Il se retourne alors qu’il fume encore le cigare.) Merci Al.

Al : (À voix basse, bougeant sa main.) Cette mouche alors.

Sam : (En souriant.) J’ai comme l’impression que je suis là pour gagner ce match. (Les joueurs acclament Sam/Foxie.)

 

EXTÉRIEUR – Sur le terrain de jeuSoirée

Speaker : Là, il passe en phase d’attaque et le seul moyen pour eux de gagner repose uniquement sur le batteur.

Entraîneur : Hey, Foxie, c’est également ma dernière saison. Et je ne tiens pas à la finir sur la touche. (Sam lui tape son poing sur l’épaule plusieurs fois et monte sur le terrain en prenant son casque, acclamé par le public.)

Sam : (À un joueur.) Hey, donne-moi un numéro quatre s’il te plaît. (Le jeune joueur va chercher la batte correspondante et la lui donne.)

Joueur : On est avec toi.

Al : (Qui le rejoint.) Tu ne vas pas faire ça, Sam ? Est-ce que par hasard, tu as vu la taille du lanceur qui est là ?

Sam : Ouais.

Al : Ah oui, alors je te conseille de l’envoyer au centre.

Sam : Fox l’enverrai au centre mais moi je ne suis pas Fox.

Al : (Son cigare à la bouche.) Ouais et ben en tout cas tu n’es pas non plus un champion que je sache. (L’orage se met à gronder alors qu’Al rejoint Sam.)

Speaker : Fox, qui représente leur seul chance, va se placer sur le monticule. Cette année, il a marqué trente-quatre points dont douze avec la main gauche. (Sam se met en position.)

Entraîneur : Met le paquet, là-bas, met le paquet.

Joueur : Allez !

Le receveur montre un doigt et un joueur dit non puis montre quatre doigts puis il fait oui. Il lance la balle et atterri sur le receveur sans que Sam n’est pu la battre.

Arbitre : Premier Strike. (Al n’est pas surpris par cet échec.)

Entraîneur : Ah, v’la encore quelqu’un qui n’est toujours pas foutu de suivre les consignes. (Sam souffle. Il se prépare et le lanceur lance à nouveau la balle qui atterri dans la main du receveur.)

Arbitre : Deuxième Strike. (L’entraîneur et le joueur sont abattus. Même l’homme dans les gradins.)

Al : (S’approchant de Sam qui se concentre.) Elle devait faire au moins deux cents kilomètres heure.

Sam : Celle-là, c’est la bonne.

Al : Ouais.

Arbitre : Vous voulez du temps ?

Sam : Non, non, je suis prêt.

Speaker : (Lisant une feuille.) Lorsque vient l’heure de l’ultime voyage, que vous vouliez être mis en terre ou encore vous faire incinérer, vous pouvez compter sur Schneck et Schneck pour vous accompagner à votre dernière demeure. (Continuant le commentaire du match.) Fox semble s’être repris sur ce coup-là. Enfin, du moins il a l’air parfaitement déterminé à donner ses points décisifs à son équipe.

Sam se concentre, le lanceur a sa balle derrière lui et se concentre aussi. Le receveur montre deux doigts puis un mais le lanceur ne semble pas d’accord. Il montre quatre puis deux et le lanceur accepte alors que Sam guette toujours. Le lanceur se met debout, regarde autour de lui alors que Sam regarde la balle puis le lanceur lance la balle et Sam semble l’avoir frappé mais la balle se trouve derrière le receveur. Al crie.

Al : Fonce ! Fonce ! Fonce ! (Sam se met à courir et traverse toutes les bases tandis qu’un joueur attrape la balle pour la lancer vers le lanceur mais celui-ci la rate et Sam continue sa route autour des bases. Le public est en joie.) Continue ! Va à la première base, Sam. (Le lanceur récupère la balle puis la lance vers un autre lanceur qui la rate aussi. Sam continue.) Tu y es presque ! Tu y es presque ! Allez ! (Sam arrive à la première base alors qu’un joueur s’écarte.) Tu vas gagner. Tu vas gagner. (Le voyant allongé sur la base.) Ouais, t’es un chef. (Les joueurs des Bombers se mettent autour de Sam, se mettant sur le dos, pour le féliciter. Il disparaît avec de la couleur blanche et bleue autour de lui. Il se transmute et atterri dans une salle de classe.)

 

INTÉRIEUR – Dans une salle de classeJournée

Il voit qu’il est devant des étudiants, qui semblent attendre qu’il fasse le cours et fait tomber sa pipe.

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