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Une nouvelle ère 2.0 : Une vie de famille.

Série : Merlin (2008)
Création : 20.06.2014 à 11h45
Auteur : macrale 
Statut : Terminée

« Pitch : Merlin va vivre une très longue vie, va-t-il enfin finir par retrouver son roi mais néanmoins ami ?  » macrale 

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Chapitre 11

Hermine allait commencer à tester Merlin. Un jour, elle décida de l’emmener à l’orée de la forêt pour s’isoler… Officiellement, ils partaient faire un pique-nique en amoureux… Merlin regarda Hermine tout penaud en lui disant qu’il regrettait finalement sa demande, surtout devant ce beau pique-nique gâché… Plus la vie avançait, moins ils trouvaient de temps pour se retrouver seuls en couple, "ainsi va la vie de famille", lui dit Hermine, "et encore il y en a une qui n’est pas encore née."

Merlin toucha le ventre de sa femme pour communiquer avec la petite chose, il la rassura avec des images d’eux qui avaient envie de l’avoir dans leurs bras, il anticipait depuis quelques temps déjà l’accouchement, en rassurant femme, grand-mère et enfant. Neige finissait aussi par se réjouir de rencontrer cette petite sœur qui allait bousculer sa vie de fils unique.

Hermine fit assoir Merlin contre un vieil arbre honorable, elle savait que si quelque chose se passait mal, le contact des arbres rassurait son homme; elle vint se mettre en face, elle debout, et posa ses main sur sa tête.

Ainsi, il eut une vue délicieuse de sa femme épanouie par la grossesse, ses mains se collèrent automatiquement sur ses hanches mais il se fit rabroué…

Hermine repoussant ses mains : «C’est du sérieux Merlin. »

Merlin avec les yeux pétillants rit malgré lui. Il leva la tête et regarda le visage de sa femme prendre une expression froide et détachée qu’il avait souvent vue sur Gaïus lorsqu’il pratiquait son art. Lentement, ses yeux se perdirent dans le vague.

Il sentit son contact, différent de tout ce qu’il connaissait, comme si quelque chose lui farfouillait le cerveau, c’était comme une démangeaison désagréable, il émit un cri: "Hé c’est quoi ça ?

Hermine déconcentrée : Ne fais pas l’enfant Merlin, c’est ce que tu fais aux autres sans t’en rendre compte, je sens déjà que tu es testeur aussi, j’aurais dû le savoir lorsque tu observes les enfants à la maison des enfants, bien souvent tu as l’instinct de ce qu’ils savent faire ou non?

Il fit de gros yeux : Quoi ? Je n’en avais aucune idée, tu es sûre de savoir ce que tu fais ?

Sa femme, lui donnant une tape amicale : Veux-tu bien te tenir tranquille s’il te plaît.

Merlin : C’est désagréable, ça gratte ! »

Elle soupira, des fois il se comportait en vrai gosse, c’est comme quand il était malade ou qu’il fallait lui soigner un bobo, et chaque fois elle se moquait de lui, en lui disant, "Et c’est censé être le sorcier le plus puissant de tous les temps." A sa décharge, Merlin était rarement malade, et cela durait peu de temps, il devait juste se reposer, comme tout le monde.

Elle changea de tactique, après tout, s'il avait des talents de testeur aussi, autant qu’il participe, elle le contacta pour lier son esprit avec, et il se tut, emmené par elle.

Merlin, conscient de la situation surréaliste, partit à la recherche de ses propres pouvoirs avec Hermine… Il la regarda répertorier ses donnas et classer dans: les connues et pas connues, utilisées, peu utilisées ou pas utilisées du tout… C’était hallucinant, Hermine répertoria aussi trois initiations dont une passée pratiquement inaperçue… Mais vu le nombre de talents inutilisés de Merlin, il risquait d’en faire encore… Il frissonna à la pensée de sa première initiation qui avait failli détruire le monde.

Une pensée taraudait toujours l’esprit d’Hermine, comment Merlin arrivait-il à rester sain d’esprit devant tant de pouvoirs? C’était sans doute dû au fait qu’il restait simple et modeste car il était évident qu’il ne ressemblait à aucun sorcier, ses enfants étaient puissants certes, mais rien à voir avec l’étendue de ce qu’Hermine découvrait, l’esprit de Merlin était comme un oignon qu’on épluche couche après couche, quand on en avait fait le tour, pensant arrivé au bout, il y en avait encore…

Il était évident aussi qu’il n’utiliserait jamais toute l’étendue de son talent car il n’avait pas assez d’une vie pour ça… Elle ne sentit pas la panique de Merlin lorsqu’elle émit cette pensée, elle était arrivée à quelque chose de complètement inconnu pour elle, quelque chose d’étranger, elle eut l’impression de se retrouver dans un autre monde d’un coup sans prévenir ni crier gare…

Elle fut tellement estomaquée de sa vision qu’elle ne se rendit pas compte qu’elle avait perdu le contact avec son époux; elle était debout devant un portail au battant double en bois gigantesque, quand elle regarda en l’air, les portes semblaient toucher le ciel… Ou des brumes?

Au loin devant, elle aperçut une silhouette enfantine : une petite fille habillée bizarrement qui plantait des graines. Elle la reconnut via les souvenirs qu’elle avait des souvenirs de Merlin, c’était sa descendante Ambre: celle-ci la vit et lui fit signe, elle lui dit "Bonjour Hermine, je cherche le dernier dragon."

Elle ne put s’empêcher de sourire devant cette vision, tellement Ambre lui faisait penser à un mixte de Neige et de la petite fille à venir qui dormait au chaud dans son ventre et qu’elle aimait déjà tellement pour ses drôles de pensées sur la nature.

Ambre se retourna et avança vers la porte gigantesque en plantant des arbres qui poussaient par magie pour montrer un chemin à Hermine… Hermine, curieuse, la suivit, et se retrouva aux pieds de la porte, celle-ci s’ouvrit sur un monde gris et vaporeux… Ambre avait disparu et au-delà du portail qui s’était ouvert, elle aperçut une autre silhouette de dos, à moitié cachée par une brume plus brillante…

Elle hésita à passer la porte, et la silhouette se retourna pour lui dire qu’il ne valait mieux pas dépasser cette limite, surtout dans son état.

Hermine était estomaquée par l’apparition, un bel homme fier avec une carrure imposante, la blondeur des champs de blé, une armure étincelante, elle ne pouvait que le reconnaitre: "Arthur?"

Il lui sourit: "Bonjour Hermine, Merlin a vraiment de la chance, tu es une femme étonnante, je suis surpris de voir que tu ais réussi à venir jusqu’ici. Non seulement tu es diablement belle mais tu es douée et vive, comment peux-tu supporter un Merlin, ça dépasse mon entendement."

Il eut un sourire coquin, le même que celui qu’elle retrouvait souvent sur le visage de son mari.

Hermine: «C’est donc vrai, tu hantes l’âme de mon mari?

Il ne put s’empêcher de rire: Ah sacré Merlin, autant de pouvoirs réunis dans la tête d’un abruti, ça dépasse aussi mon entendement; bien sûr que non je ne hante pas Merlin, je ne suis pas mort, seuls les morts peuvent hanter les vivants."

Elle prit peur mais eut un sursaut de curiosité: "Alors c’est quoi ça ?" Elle montra les portes qu’elle ne devait pas passer: "Où es-tu ?

Arthur: Je suis coincé ici jusqu'à ce que Merlin ait terminé sa destinée, ça c’est le portail.

Hermine : Le portail de quoi ?

Arthur : Le portail vers l’âge d’Albion bien sûr.

Elle : L’âge d’Albion n’a pas encore commencé ?

Il secoua la tête, souriant gentiment comme s'il expliquait à un enfant: Non là, ce n’est qu’une ébauche d’Albion, il est encore loin cet âge-là, les hommes ont encore beaucoup à apprendre, et Merlin a encore beaucoup de travail.

Hermine : Comment Merlin peut-il avoir ce portail dans la tête ?

Il sourit encore : Merlin n’a pas le portail dans la tête, Merlin est le portail !

Hermine ne comprit pas vraiment mais elle resta abasourdie, après un instant elle lui demanda: Pourquoi ne lui expliques-tu pas où tu es ? Il panique beaucoup.

Arthur soupira: Mon pauvre Merlin, il n’est pas au bout de ses peines, il n’est pas prêt pour m’entendre déjà, donc il ne m’écoute pas. Il n’aurait tout de façon pas envie d’entendre ce que j’ai à lui dire. Un jour viendra où il m’écoutera... Hermine, tu es restée ici assez longtemps tu dois repartir maintenant."

Elle fut stoppée net par l’avertissement.

Arthur: «Tu ne trouveras jamais rien de plus, tu as testé Merlin, c’est son plus grand pouvoir il est le portail vers l’âge d’Albion. Pars et ne reviens jamais, j'ai été heureux de te rencontrer."

Hermine se retourna pour partir, Arthur cria dans son dos: « J’ai une requête, dis à Gwen que je ne l’ai jamais oubliée, que mon plus grand regret est de l’avoir quittée, dis-lui que je… Non ne lui dis rien », finit-il dans une voix étouffée.

Elle demanda sans se retourner : «Tu ne la reverras jamais?» Elle entendit un non étouffé dans un sanglot: «J’en suis désolée Arthur.

Arthur, la voix de plus en plus lointaine: Merci Hermine, prend soin de mon Merlin il va en avoir besoin là.

Hermine se rendit alors compte : Merlin où es-tu ? »

L’esprit d’Hermine fut rejeté dans son corps, elle était écroulée par terre, son corps était ankylosé… Elle se redressa comme elle put, sonda son propre corps pour voir si l’enfant allait bien, oui la petite avait continué de dormir… Merlin gisait devant elle, inconscient et pale comme un mort, elle le toucha et prit peur, il était froid…

Il était en vie, elle respira à grandes goulées, elle le secoua : « Merlin, Merlin qu’est-ce qui t’arrive… »

Elle tenta de contacter son esprit mais dut se retirer sous le coup de l’émotion… Son esprit n’était que peur et panique, englué dans une vision du futur; elle tenta quand même de le joindre: mais elle ne voyait que des images erratiques qu’elle ne comprenait pas, et des visages d’enfants, des milliers d’enfants…

Elle allait devoir remettre à plus tard le fait d’essayer de comprendre ce qu’elle avait découvert, ils étaient bien maintenant, elle sur le point d’accoucher et épuisée, et Merlin perdu dans une vision étrange et totalement hors d’atteinte.

Elle se reprit, elle contacta Neige pour qu’il dise qu’ils avaient un problème et que Hunith devait les rejoindre, et elle attendit les secours.

"Merlin que m’as-tu fais faire, ce n’était pas une bonne idée finalement."

***

Hunith était très fâchée sur Hermine: «C’est irresponsable enfin, tu vas accoucher et vous partez pour jouer à l’apprenti sorcier, ça ne pouvait pas attendre franchement?"

Hermine, déjà fatiguée, commençait à avoir une belle migraine, mais elle comprenait, elle avait passé la fin d’après-midi et la soirée à essayer de faire émerger Merlin. On l’avait ramené à la maison au chaud, il était toujours perdu dans sa vision, des fois il gémissait, elle avait fait remonter sa température, et Hunith était morte d’inquiétude.

Hermine avait elle l’esprit en ébullition, elle n’arrivait pas à assimiler tout : "Je suis désolée Hunith, tu as raison j’aurais dû attendre, mais ça fait des semaines que je le sens inquiet, je ne sais pas ce qu’il a en fait, je voulais essayer de le rassurer.

Hunith: C’est vraiment réussi. »

Elle prit sa belle-mère dans ses bras parce qu’elle était au bord des larmes.

Hunith: « Que va-t-on faire, si même toi tu n’arrives pas à contacter Merlin, et si jamais tu accouches et qu’il t’arrive la même chose qu’à moi, qui va t’aider s'il est toujours dans cet état??? Non c’est franchement irresponsable.

Hermine tenta de reprendre son calme, elle était aussi au bord de la panique : Ecoute Hunith, Merlin a une révélation ce n’est pas la première fois, et il y a toujours survécu, en plus les trois quarts du temps il file se cacher dans la forêt seul… Et moi je m’excuse mais il faut vraiment que je dorme. Fais quérir Gulli, c’est quand même le médecin de la cour.

Hunith se calma : Tu as raison, je m’excuse, je n’aurais pas dû, je… Vous me faites peur là ?

Hermine : Je sais Hunith, ne t’excuse pas franchement tu n’y es pour rien, et je ne pense pas que Merlin y soit pour quelque chose non plus, il n’a jamais vraiment maîtrisé son pouvoir de voyance.

Hunith soupira en pensant à d’anciens amis lointains: Qui le pourrait ? Je m’excuse je n’aurais pas dû m’emballer.»

Elle se calma doucement et Hermine soupira, elle avait vraiment mal à la tête mais n’osait pas prendre d’écorce de saule avec le bébé.

Hunith s’absenta pour aller demander à un ami d’aller chercher Gulli et elle revint, pour trouver Hermine bien pâle, son calme de guérisseuse revint. Elle lui concocta une tisane sans danger pour l’enfant qui allait l’aider à se détendre, il fallait qu’elle dorme c’est vrai.

Elles étaient toutes les deux allongées au coin du feu, une tisane chaude à la main. Neige dormait profondément, Merlin était couché entre les deux sur une paillasse, elles pouvaient ainsi le veiller; elles se détendirent pour essayer de dormir un peu à tour de rôle cette nuit.

Hunith: « Alors tu as testé mon fils ?

Hermine : Oui.

Hunith: Qu’as-tu trouvé ?

Hermine : Un truc inimaginable…

Hunith: Quoi ?

Hermine : L’âme d’Arthur ! »

Hunith poussa un petit cri, puis elle dit presque machinalement : «Deux faces d’une même pièce ! »



***



Gulli arriva tard dans la soirée le lendemain, il avait vraiment fait vite. Hermine avait dormi une bonne partie de la journée, l’état de Merlin n’avait pas changé, et Hunith avait mis Neige chez des amis qui le veillaient.

Elle accueillit Gulli: « Comme tu as fait vite, tu veux boire quelque chose ?

Gulli lui sourit chaleureusement : Non Hunith je te remercie, je vais d’abord les examiner.

Gulli revint près d'Hunith après : Bon voilà, Hermine approche de son terme c’est vrai, et comme tu m’as expliqué, je vais m’occuper d’elle. De toute façon la reine m’a bien dit que je devais veiller sur son couple préféré du royaume donc ça c’est fait.

Sinon Merlin, j’avoue je suis perdu, c’est vrai qu’il émane de lui des émotions qui font peur, mais comme Hermine dit, il a surement une révélation et on sait qu’il a une tendance à s’auto-apitoyer sur lui-même, donc il peut tourner en boucle comme ça un moment. D’habitude, on n’y assiste pas voilà tout. On va attendre de voir s'il met longtemps à émerger ou pas, déjà.

Hunith: Il ne s’auto-apitoie pas, il porte un lourd fardeau !

Gulli: Oui tu as raison Hunith je m’excuse, j’ai très mal choisi mes mots. »





Merlin était perdu, il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait, il savait qu’il avait une vision, mais c’était tellement incohérent qu’il n’y comprenait rien… Il voyait des visages d’enfants se succéder… Il chercha à comprendre comment il en était arrivé là… Hermine, il était avec Hermine, il se testait lui-même, c’était étrange… Elle avait dit quelque chose qu’il ne voulait pas savoir… pas maintenant pas tout de suite.

Pourtant il fallait bien qu’il émerge, il avait peur pour Hermine, sa grossesse pas très loin de son terme, et là où était-elle? Peut-être perdue aussi… Hermine. Il hurlait après, il l’avait perdue.

Hermine se leva et arriva près de Gulli: "Mon Dieu comme tu es arrivé vite, c’est incroyable.

Gulli la prit dans ses bras et dit en riant: Hermine, ça s’appelle des routes.

Elle lui sourit: Oui je sais ce que sont des routes, mais quand même.

Le médecin : Il y a un truc vraiment bien, c’est que les relais arrivent jusqu’ici maintenant, donc j’ai eu des chevaux frais tout le long de la route.

Hermine: Tout ça pour Merlin? Gwen ne devrait pas s’inquiéter, il a déjà eu des visions par le passé, il va finir par se réveiller.

Gulli: Gwen pense aussi que Merlin va finir par se réveiller, il se réveille toujours. Non c’est surtout tout ça pour toi, quand elle a su que tu avais un enfant qui risquait de t’envoyer des décharges magiques, lors de ton accouchement; elle s’est dit que tu aurais besoin d’un médecin magique.

Elle éclata de rire puis rappela: Je ne suis pas censée accoucher avant au moins trois bonnes semaines.

Le médecin: S’il y a une chose que j’ai appris en pratiquant, c’est que les bébés viennent quand ils veulent. Hermine, tu aurais dû attendre avant de tester Merlin, c’est quand même «Merlin»! Que ce serait-il passé si jamais son esprit t’avait envoyé une décharge, parce que Dieu sait ce qu’il cache encore, et comme son esprit a des défenses puissantes...

Hermine: Nous n’avons jamais pensé qu’une telle chose arrive, et elle n’est pas arrivée.

Gulli soupira: Bref, tu es dans un grand état de fatigue et je vais te surveiller les quelques jours où nous allons attendre que Merlin se réveille, tu veux bien ?

Elle hocha lentement la tête: Ai-je le choix ?

Gulli: Non.»

Elle se leva pour retourner se reposer et allait dire quelque chose quand elle fut arrêtée dans son élan en se tenant le ventre; tout ce qu’elle put arriver à émettre fut un oups!

Hunith reprit ses vieux réflexes, la fit asseoir et tata son ventre : « Rapprochées les contractions ?

Hermine : Heu assez bien oui ! »

Hunith s’activa à faire chauffer de l’eau et préparer une couche en perspective.



Merlin : «Hermine où es-tu ?

Arthur : Si tu veux la retrouver il faut affronter la réalité Merlin.

Merlin se prit la tête dans les mains : Nooooooooooon je ne veux pas t’entendre. »

Gulli aida Hunith à déplacer la couche de Merlin pour avoir plus d’espace pour Hermine devant la cheminée. Merlin était de plus en plus agité.

Hunith: «Tu es sur qu’il va bien ? »

Gulli lui répondit oui, mais Hunith n’était pas dupe, il cachait mal ses émotions.





Arthur: «Tu dois le faire Merlin, Hermine a besoin de toi, tu dois affronter la vérité.

Il soupira dans un sanglot : Elle m’a dit que j’avais trop de pouvoirs pour en faire le tour en une vie.

Arthur : Oui.

Merlin : Le temps passe sur le visage de ma douce, mon cadeau et l’a marquée de petites rides…

Arthur : Oui.

Il paniqua : Non je ne veux pas le savoir. »





Hunith mit la lanterne à la fenêtre pour prévenir le village de ce qu’il se passait.

Gulli: «Es-tu sûre Hunith? Déjà que c’est un homme qui va accoucher ta belle-fille?

Hunith: Pas un homme, un médecin, et si tu veux l’aide de la sage-femme tu la trouveras.

Gulli soupira: Pourquoi pas. Mais Merlin est présent et intransportable, je crains bien aussi que s'il se réveille, il refuse de quitter sa femme et son bébé plusieurs semaines."

Elle rit, "Dieu les hommes" se dit-elle en elle-même: "Gulli, nous sommes femmes oui, mais nous nous remettons en question… L’isolement du bébé, c’est pour que la mère et l’enfant soient aidés par d’autres femmes, si des hommes veulent prendre cette peine ils ont toujours été les bienvenus en fait… Nous n’oppressons personne nous, nous choisirons la meilleure solution."

Elle rit !

Gulli: «Tu veux dire que si un homme veut, il peut venir voir un nouveau-né ?

Hunith se redressa fièrement: Aucune femme saine d’esprit n’enlèverait le bonheur d’un homme qui endosse sa paternité comme Merlin, ou un autre qui fait le travail d’une sage-femme. Du moment que cet homme ne fasse pas d’ingérence dans les histoires de femmes…"

Elle rit encore.

Gulli: «Mais quel homme sait ça dans les villages ?

Elle rit de plus belle : Diable, celui qui le demande. »





Arthur : «Tu dois le faire, Merlin Hermine est en danger.

Merlin: Non je ne veux pas je suis un monstre. »

Ces mots se répercutaient dans sa tête à chaque image d’enfant qui se succédait.

Arthur: «Pour Hermine !

Merlin se recroquevilla encore un peu en criant dans sa tête : Je suis un monstre !

Arthur: Gulli a raison, tu n’es qu’une chochotte qui s’apitoie sur ton triste sort… Réveille-toi Merlin, cette femme digne a besoin de toi, elle au moins elle m’a affronté.

Il se recroquevilla plus encore : Je n’ai pas choisi cette vie, ce n’est pas juste pourquoi moi ?

Arthur haussa les épaules : Parce que tu es sain d’esprit, cesse de te cacher au milieu de tes femmes…

Merlin piqué au vif: Ces femmes font le même travail que les hommes, ta femme est reine !

Arthur soupira : Je le sais Merlin, bonjour mon ami.»

Il se retrouva debout devant un portail énorme au battant ouvert sur un Arthur en partie plongé dans des brumes.

Merlin: «Tu es réel ?

Arthur sourit: Je ne suis pas vraiment mort, je ne suis pas un fantôme.

Merlin sourit: Oui je sais ça…Où sommes-nous ?

Arthur: Je n’ai pas le droit de te le dire, tu dois le découvrir par toi-même.

Merlin : Que dois-je faire ?

Arthur : Tu dois le découvrir par toi-même.

Merlin rit: Tu t’es transformé en druide à énigmes ?

Arthur secoua la tête: Pas de prophétie cette fois, la dernière fois cela t’a induit en erreur.

Il eut une expression affreusement affligée en repensant à Morgane et Mordred : Quel gâchis !

Arthur soupira : Tu n’es pas responsable du choix d’autrui Merlin.»

Merlin voulut avancer, mais Arthur l’en empêcha.

Arthur : « Merlin, une femme exceptionnelle t’attend.

Il eut un sursaut : Mon cadeau, mon Hermine… »

Il se retourna et se retrouva devant ces visages d’enfants qui défilaient et soupira: "Pfff je n’y comprends rien à cette vision.

La voix éloignée d’Arthur : Chaque chose en son temps."

Il remonta la vision dans le sens inverse, il n'avait rien trouvé d’autre pour se sortir de là… Il se parlait à lui-même : "Le temps passe sur le visage d’Hermine mais pas sur le mien, je ne vieillis pas!

La voix d’Arthur très éloignée : Bingo!

Merlin : Je vais survivre à ma femme et probablement mes enfants, suis-je un monstre ?

Arthur presque imperceptible : Tu es Merlin et tu es sain d’esprit, même si tu es un idiot ! »

Il encaissa la vérité, il ne vieillissait pas; il remonta la vision jusqu'à une petite fille aux cheveux bruns et aux grands yeux noisettes qui lui fit penser à quelqu’un, mais qui ?

Cette belle petite fille au teint très pâle le regardait droit dans les yeux…

Il eut un choc en se rendant compte que son regard lui faisait penser à Balinor…

La petite fille lui parla : «Maman a besoin de toi, je ne sais pas encore comprendre ce qui m’arrive, que fais-tu je n’ai pas envie d’être orpheline…"

Il se réveilla d’un coup, il entendit les cris de sa femme; il était assis sur une paillasse de la grande salle de leur maison, la nuit était tombée, mais tout le monde s’activait autour de sa femme devant l’âtre… Merlin vit la vieille Ada assise en face de lui qui le veillait, celle-ci sourit.

Merlin : « Ada mon Dieu tu es encore en vie ?

Ada : Je pourrais te dire la même chose gamin. »

Et elle rit jusqu'à plus soif.

Il était bien réveillé, il entendit sa femme hurler après lui dans sa tête, il se leva, mais retomba, il était épuisé par la vision…

La vielle Ada se leva péniblement aussi pour l’aider à se relever, Merlin était déjà en contact avec Hermine, et prit sa douleur et sa colère: «Où étais-tu ? »

Il arriva près d’elle et mit sa main sur son ventre pour calmer l’enfant qui avait peur, trop tard il sentit la décharge magique arriver, tout ce qu’il put faire c’est de la contrer pour ne pas qu’Hermine soit touchée, ni les autres, et il emmagasina toute la décharge et s’écroula.

Hermine hurla, plus de reperdre le contact de Merlin que de la douleur d’enfanter, la petite arrivait et Hunith l’attrapa dans ses mains, Gulli rassura l’enfant et la mère comme il pouvait avec ses petits dons.

Ada regarda l’enfant, puis Merlin par terre: «La mère et l’enfant se portent bien, le père par contre je ne sais pas.»

Gulli ausculta Merlin qui avait de sérieuses contusions… Il chargea Hunith de s’occuper de la « délivrance » d’Hermine car visiblement tout se passerait bien.

Il aida Merlin à se remettre sur sa paillasse, celui-ci était bien conscient et gémissait : « Aïe, aucun de mes enfants ne me respecte.

Gulli: Et encore ils ne sont pas encore adolescents. »

Hunith et Ada rirent de bon cœur.

Hermine : «Il va bien ?

Merlin: Et toi ?

Hermine hurla presque : T’étais où ?

Ada : Pas de dispute chers enfants vous êtes dans la maison d’un nouveau-né. »

Sur ce, le bébé pleura.

Hermine, Merlin et Gulli se regardèrent étrangement, dans leurs têtes ils entendaient un chat très en colère feuler… Or, le vieux borgne était sagement endormi dans un coin, tranquille. Celui-ci émergea devant l’agitation télépathique en regardant les hommes d’un air interrogateur.

Merlin comprit alors en hurlant comme une fillette, parce que Gulli était en train de lui bander une épaule démise qu’il venait de lui remettre en place.

Hermine, qui en avait fini de ses couches, se redressa pour le regarder, histoire de voir s’ils n’étaient pas devenus fous, ils continuaient tous à entendre un chat en colère dans leur tête, sauf Ada et Hunith qui se doutaient bien qu’il se passait une conversation silencieuse.

Merlin se mit debout péniblement puis prononça une formule de guérison en repoussant Gulli, comme il était épuisé, le résultat n’était pas fort concluant, et il alla en boitillant au berceau…

Merlin : "Mon petit chaton, ça fait mal de respirer et de venir au monde, viens dans mes bras."

Il prit l’enfant, qui fut baptisée en même temps de son surnom. En vrai, la petite allait s’appeler Ada en hommage à la vieille sage-femme qui fut la seule à tolérer des hommes lors d’un de ses accouchements, mais que voulez-vous, depuis Hermine et Neige, il semble qu’il soit de tradition dans cette famille de donner des surnoms à tous.

Merlin prit Chaton dans ses bras et la rassura, puis lui dit qu’elle était magnifique et qu’elle avait les yeux de son grand-père.

Hermine tendit les bras pour la prendre, mais il voulut la garder encore un peu.

Elle soupira : «Le retour de l’enfant à bras. »



Ainsi naquit Chaton, une petite demoiselle aux grands yeux noisette qui savait communiquer avec les animaux. A partir de ce jour, la maison familiale allait être régulièrement envahie de bestioles en tout genre, et souvent ressemblé à un refuge.

Mais là, Merlin et Hermine profitèrent encore un peu des joies de la parentalité, il vint clopinant près de sa femme, il se coucha près d’elle et lui tendit Chaton pour qu’elle tête.

Il les prit toutes les deux dans ses bras, en criant « aïe ouille ». Puis là, déboula Neige dans la grande pièce ; la vieille Ada soupira et Hunith rit aux éclats.

Neige hurlait: «Bon voilà ça commence, elle me prend mes parents."

Merlin l’invita à les rejoindre, il alla se lover contre lui en regardant Hermine donner le sein à sa petite sœur : "Elle est vachement petite, elle ne va pas jouer au chevalier tout de suite. »

Puis il se releva un peu en appuyant sur son père et son épaule blessée, celui-ci cria Haouw.

Neige : « Et vous n’entendez pas un petit chat ?

Hermine et Merlin rirent: Heu je crois que c’est ta sœur qui te parle, c’est un vrai petit chaton, attention peut-être qu’elle va griffer en grandissant.

Neige lui prit sa petite main : Hé salut chaton, alors tu griffes, ça peut être une super tactique de chevalier ça.

Merlin regarda Hermine : Il va falloir lui trouver un nom.

Hermine : Oui c’est urgent. »

La vieille Ada et Hunith rirent aux éclats, même Gulli plus loin qui rangeait son matériel.

Il s’accrocha désespérément à sa famille, il ne voulait pas les perdre, finalement il était tellement épuisé qu’il s’endormit encore plus vite que Chaton.




macrale  (22.08.2014 à 01:23)

Chapitre 12

Merlin avait dû récupérer au moins une dizaine de jours; en fait il s’apitoyait quand même sur lui-même ; il avait terriblement peur de ressembler un jour au roi pécheur qui agonisait pour l’éternité et hurla qu’on le tue. Il anticipait la perte de sa famille. Hermine, qui n’avait aucune idée de son angoisse, l’enviait de pouvoir dormir à poings fermés. Chaton n’allait pas contre la légende qui disait que les filles faisaient plus de bruit que les garçons, en plus elle s’exprimait en différents langages télépathiques. Son frère lui demanda un jour de se mettre en mode carpe, pauvre petit il avait les yeux cernés aussi.

Hunith était aux anges, effectivement il y avait un peu de Balinor sur le visage de cet enfant et elle lui parlait tout bas de son grand-père et ça calmait l’enfant.

Merlin se réveilla un jour frais comme un gardon, rasé de près sans plus aucune ecchymose, il avait rechargé ses « batteries magiques», il n’était jamais alité vraiment longtemps.

Il allait se préparer à sortir en criant «Il faut que je fasse acte de présence à la maison des enfants», quand Hermine qui elle était toujours cernée aussi le rejoignit : "Attend là toi, il me semble que nous avons à parler ensembles.

Merlin soupira, il voulait fuir : Faut-il vraiment en parler ?

Hermine interrogea du regard Hunith: Allez-vous promener mes enfants je m’occupe des petits.

Merlin : Maman.

Hunnit : Il est temps qu’Hermine s’aère un peu aussi, filez et réglez ça. »

Il soupira mais Hermine avait une tactique imparable pour requérir son attention, elle l’enlaçait discrètement et le contact de son bras sur le dos de Merlin lui faisait perdre ses sens. Il l’enlaça aussi et l’embrassa et dans sa tête : "Oh mon Hermine je m’excuse, je n’aurais jamais dû te demander ça, j’ai failli te perdre.

Hermine le repoussa dehors, inutile de gronder le père devant ses enfants qui le «frappaient» déjà; il émit un "Héééééé" dans sa tête, mais il rit de bon cœur.

Hermine le prit par le bras, et lui demanda s'il avait envie d’un coin tranquille, il n’osa pas demander le bord du lac, après ce qu’il s’y était passé, et puis sa femme venait d’accoucher et il n’osait pas non plus la toucher trop.

Il soupira : « Un verre à la taverne?

Hermine: "Si tu ne triches pas au jeu, ça me va."

Elle entendit Arthur rire dans la tête de Merlin et fut un peu déstabilisée. Merlin avait depuis son réveil beaucoup de mal à barricader Arthur.

Elle : « Il s’ennuie, laisse-le un peu, tu le renverras après; qu’on puisse retrouver un peu d’intimité.

Il rata un pas : Comment ça il s’ennuie, tu en sais quoi ?

Hermine : Je l’ai vu.

Merlin : Où ?

Elle : Je ne sais pas où il est, mais tu es en contact avec.

Lui : il me hante ?

Hermine : Il n’est pas mort.

Merlin : Oui je le sais, je crois…

Il se renfrogna : Je suis un monstre, je suis maudit ! »

Ils arrivèrent à la taverne et s’installèrent dans un coin tranquille pour boire; Merlin prit une cervoise, il avait besoin de s’énivrer un peu pour cracher le morceau. Hermine se contenta d’un jus de pomme, elle allaitait.

Hermine se lança: "Voilà je t’ai testé, tu n’as pas des dons infiniment plus puissants, en fait, c’est un peu comme si les donnas étaient toutes réunies dans une même personne, enfin je crois il y en a tellement que je ne connais pas !"

Merlin resta silencieux et but sa chope presque d’une seule traite, il eut presqu’envie d’en commander une autre, mais il ne tenait pas fort bien l’alcool, il valait quand même mieux qu’il garde les idées claires. Autant pouvaient-elle être claires avec Arthur qui commentait à tout va.

Elle continua: «Il est évident que tes enfants sont des sorciers puissants, mais ça n’a rien à voir avec toi, tu es un être exceptionnel.

Merlin, le nez dans sa chope : Je suis un monstre, il faut que je regarde la réalité en face.

Elle secoua les épaules : Ah bah moi aussi j’étais maudite. »

Elle sourit.

Il releva son visage vers elle et dit très bas : "Je ne vieillis pas.

Elle ne comprit pas tout de suite, elle s’attendait à ce qu’il lui parle d’Arthur : Heu tu fais jeune, tu as toujours eu une face de lutin à grandes oreilles.

Il secoua la tête: Non je suis sérieux, tu l’as dit, je n’ai pas assez d’une vie pour découvrir tous mes pouvoirs, et je ne vieillis pas…

Hermine : Tu veux dire quoi par là ? Que tu es immortel ? »

Elle rit malgré elle.

Il se tut : « Immortel je ne sais pas, tout finit par mourir, mais moi je ne sais pas quand ?

Hermine : Oui, moi aussi je ne sais pas quand je vais mourir. »

Il soupira dans sa cervoise.

Elle émit un cri de surprise : «Tu crois vraiment que tu vas vivre plusieurs vies ? Enfin je veux dire longtemps ?

Les larmes coulaient le long des joues de Merlin: Je suis un monstre, je me souviens du roi-pêcheur qui ne pouvait pas mourir, je ne veux pas vivre comme ça, il n’avait plus rien d’humain… Je me souviens de ses pensées, en fait tout ce qu’il chérissait était mort… Je ne veux pas survivre aux miens, c’est inhumain.

Hermine ne comprit pas de suite : Quoi, des tas de sorciers se sont battus pour avoir la vie éternelle, et toi tu l’as et tu pleures ?

Il s’effondra: Je n’ai jamais voulu ça, je ne veux pas ça, je veux vieillir avec la femme que j’aime, voir grandir mes enfants et les laisser vivre leur vie…"

Elle se tut et réfléchit aux conséquences.

Merlin : «Je suis un monstre, je ne sais pas ce qui fait ça, c’est peut-être un effet secondaire de l’énergie des cristaux, je ne sais pas, j’aurais pu être mort pas mal de fois déjà.

Hermine : Qu’est-ce que tu veux dire ?

Merlin : Hunith avait raison, les défenses de Chaton sont très puissantes, dans la décharge il y avait assez d’énergie pour tuer tout ce qu’il y avait dans la pièce, il va falloir lui apprendre à s’en servir très vite.

Hermine : Tu veux dire qu’elle aurait pu te tuer ?

Il remit le nez dans sa chope: Je veux dire qu’elle aurait dû me tuer, je ne sais pas si quelque chose peut me tuer…" Et il refondit en larmes.

Arthur pesta en le traitant de fillette: "C’est quand même extraordinaire Merlin, on t’offre la vie éternelle, et tu t’effondres comme une fille… Enfin une chochotte hein, je veux dire Hermine tu es loin d’en être une ! »

Elle ne put s’empêcher de sourire à la réflexion d’Arthur qu’elle entendait très clairement, surtout quand il rajouta: "J’ai envie d’un pâté en croute, Merlin tu n’en mangerais pas un pour voir ce que je partage avec toi ?

Merlin re-barricada un peu Arthur : Et que vont dire les gens quand ils vont s’en apercevoir ? Je veux dire, là ça ne se voit pas encore trop, mais le temps fait son œuvre… Sauf sur moi !

Hermine : Ça ce n’est pas un problème, tu peux changer d’apparence comme de chemise.

Merlin : Pas constamment.

Hermine : Nous ferons attention.

Il dit tout bas : Je ne veux pas vivre sans toi.

Hermine lui prit la main par-dessus la table : Merlin tu dois te détendre, j’aurais pu mourir en accouchant, je pourrais mourir d’un accident de charrette demain, enfin tu dois être raisonnable je ferai le temps que je dois et toi aussi.

Il pleurait : Je ne pourrai plus vivre sans toi… » Sa voix se tut.

Hermine le prit dans ses bras : « Nous devons profiter l’un de l’autre tant que nous sommes présents, cela ne change rien au commun des mortels… Heu enfin je veux dire tout le monde quoi… »

Elle ne put pas s’empêcher de rire. Hermine avait du mal à comprendre le concept d’immortalité que Merlin comprenait, pour elle c’était plutôt une bénédiction, mais lui savait que vivre en perdant tous les siens ne l’était pas !

Elle essaya de changer de sujet pour le détendre : «Tu sais, les pouvoirs ont un prix, un côté bien comme un côté moins bien, cela entraine des responsabilités c’est vrai… Tiens Hunith m’a dit quelque chose à propos d’Arthur ?

Merlin : Quoi ?

Hermine : Toi et Arthur êtes les deux côtés d’une même pièce !

Arthur : Oui on connaît la chanson déjà.

Merlin re-barricadant Arthur : Kilgarrah disait ça, à propos d’Albion, et maintenant ; il n’est plus…

Hermine : Visiblement si !

Il se redressa : Oui il n’est pas mort, ça lui fait une belle jambe sans corps !

Arthur : S’il te plaît je suis quand même ton roi !

Hermine : Que sais-tu du portail ? »

Il fut surpris et se souvint d’avoir vu un portail dans ses visions : « Je ne sais pas, Arthur dit que je ne suis pas prêt…

Hermine : Et ta vision d’enfants ?

Merlin secoua les épaules : Je ne sais pas, les enfants de la maison des enfants ?

Puis il sourit : J’ai vu Chaton plus grande, avec ses grands yeux noisette, et elle parlait en humain.

Hermine : Il faut lui trouvé un prénom.

Merlin : Oui.

Hermine soupira : On comprendra tout ça en temps voulu, c’est comme ça les visions.

Merlin : Oui.

Hermine : J’ai un bébé à allaiter, en plus il faut lui trouver un nom, on ne va pas l’appeler chaton tout le temps quand même, déjà qu’on a Neige !

Il rit : Oui bien sûr « Hermine » !

Ils entendirent tous les deux une pensée bien distincte : Maman j’ai faim.

Merlin fit de grands yeux : Elle communique en humain, oh mon chaton je suis fier de toi. »

Elle soupira, elle savait que le surnom allait rester, elle savait qu’en rentrant elle allait se disputer avec Merlin pour avoir sa fille dans ses bras, et pourtant elle n’avait pas les dons de voyance de Merlin.

En fait Hermine se trompait, elle avait un don de voyance hérité de sa mère qu’elle avait barricadé et oublié inconsciemment, simplement parce que cette donnas pouvait rendre fou.




macrale  (29.08.2014 à 14:01)

Chapitre 13 :

La vie suivait son cours, un jour, Merlin fut appelé par Gulli pour l’aider, Yvain avait eu un accident de cheval… Toute la famille fut inquiète, ils voulaient tous voir Yvain… Il capitula et emmena femme et enfants, Hunith resta pour s’occuper de la ménagerie : en effet, Chaton avait adopté trois chats, deux chiens et un vieux cheval boiteux dont personne ne voulait abréger les souffrances… Hunith se plaignait que le hobby de sa petite-fille soit si envahissant. Merlin demanda à la cuisinière de la maison des enfants de l’aider discrètement car elle avançait en âge.

Chaton allait doucement sur ses cinq ans, Neige en avait dix; Hermine aussi avançait, la maturité la rendait si belle, une grande rouquine plus sûre d’elle, les formes un peu plus arrondies par les grossesses, mais pas empâtée, elle avait gardé cette musculature de sportive… Son visage était maintenant marqué par les expressions, mais comme elle riait beaucoup, ses rides d’expressions la rendaient encore plus désirable aux yeux de Merlin.

Lui aussi avait changé, mais juste en apparence, il n’y avait que quand il était épuisé qu’Hermine seule voyait sa vraie apparence: un visage toujours jeune mais juste marqué par les épreuves, le temps lui n’avait pas d’impact sur lui. Il avait jugé plus sage de cacher sa réelle apparence au monde, même si dans le village il était maintenant pleinement accepté par tous tel qu’il était. Lorsqu’il bougeait un peu, il entendait bien les histoires qui couraient sur le légendaire Emrys mais c’était des fois tellement décalé de la réalité qu’il ne s’en mêla plus non plus. Très peu de gens qui le côtoyaient avait conscience que lui et Emrys n’étaient qu’une seule et même personne: dans le village, on savait juste que c’était un sorcier, et un ancien combattant, certains pensaient même qu’il avait combattu du « mauvais côté ». Merlin ne démentait jamais rien, il n’en avait cure. Le monde autour d’eux évoluait, la nouvelle religion prenait de plus en plus de place, c’était une étrange religion au Dieu unique… Gwen prenait le parti de la multi-culturalité, et nouvelle et ancienne religions se côtoyaient, avec d’autres animistes…

Ce mélange de cultures était vraiment intéressant, surtout en ville. Merlin adorait rencontrer d’autres cultures, mais la religion il n’en avait cure aussi, il acceptait les croyances de chacun, mais lui personnellement avait bien trop souffert de l’ancienne, et était foncièrement athée. Il se sentait piégé par son état et n’avait envie de remercier aucun dieu pour ça. De plus, il sentait que la nouvelle religion avait un côté un peu fanatique, il n’aimait pas les gens trop fanatiques, aucune vérité qu’elle quelle soit ne devait être imposée, juste réfléchie et comprise. Il avait gardé un côté scientifique que Gaïus lui avait donné, et une aversion pour l’intolérance à l’autre qu’il devait à Uther.

Ce pays était en plein boum économique et sociétal, un pays sans guerre était un pays prospère.

***

Il mit donc toute la smala dans une diligence, l’état des routes leur permettant de voyager confortablement avec les enfants, l’état de leurs finances aussi car même s'ils vivaient simplement, les gens redevables à Merlin ne le laissèrent jamais dans le besoin.

Mais notre pauvre Hermine devait parfois se battre pour renouveler sa garde-robe, il était bon pour le directeur d’une maison des enfants de ne pas ressembler à un serviteur.

Ils étaient donc tous habillés sobrement mais élégamment pour se rendre à la cour. Mais cela manquait à Merlin de ne pas traverser les forêts à cheval, habillé avec trois fois rien pour se rendre chez Gwen… S’arrêter en route pour faire un feu et y faire à manger, les tâches simples lui manquaient parfois… Si bien qu’il arriva qu’on trouve le directeur de la maison des enfants en train de faire la lessive, à manger, ranger, ou même cirer des bottes pour aider le personnel. Il se souvint d’un noble donateur qui débarqua un jour avec un enfant qu’il avait probablement eu d’une servante… Et qui était tombé de haut en se rendant compte que le serviteur qu’il invectivait était directeur de l’établissement. Et Merlin lui répondit très vertement qu’ici, on ne s’occupait pas de la légitimité des enfants, et que celui-là serait bien mieux avec sa mère, et qu’il était ridicule de payer une institution pour pourvoir à son éducation plutôt que de payer une pension à celle-ci. L’homme partit vraiment fort en colère.



Ils arrivèrent tard dans la soirée au château, Merlin aida Hermine à prendre place dans les appartements qu’on leur avait réservés, parce que Chaton dormait d’un sommeil profond… Et Neige, futur preux chevalier, s’entêta à porter des valises plus lourdes que lui. Il les laissa pour se rendre au cabinet de Gulli, certaines choses ne changent jamais vraiment et Gulli avait investi l’ancien appartement de Gaïus. Il prit les escaliers des serviteurs, bien plus raides, mais plus rapides qu’il monta quatre à quatre, comme le jeune homme qu’il était en vrai. Le médecin l’accueillit à bras ouverts.

Il lui expliqua que Yvain avait fait une sérieuse chute de cheval à la chasse, son pronostic vital n’était plus en danger, mais sa jambe était gravement atteinte, et la reine voulait qu’il y jette un œil car Gulli avait fait le tour de ce qu’il pouvait et envisageait une amputation.

Merlin se rendit au chevet d’Yvain, il fut surpris d’y découvrir un chien loup blanc qui le veillait: ce n’était pas Flocon bien sûr, il avait fait son temps, il s’agissait d’une de ses filles qui était magnifique et avait des airs d’une louve qui jeta un instant Merlin dans une nostalgie passée. Il la caressa et lui demanda la permission de voir son maître…

Gulli fut scié: "Comment fais-tu ça, je ne sais pas l’approcher sans que l’animal me grogne dessus, à chaque fois je dois la faire mettre au chenil."

Le sorcier sourit et dit à la bête: "Ah tu es moins docile que ton père, tu as hérité des instincts sauvages de tes grands-parents; mais tu ne résistes pas à l’appel du loup-conseiller…"

Il rit sous cape pour lui-même… Gulli soupira, des fois Merlin parlait par énigme… Il entendit ses pensées très clairement et dut se retenir d’avoir un fou rire.

Il salua Yvain, et lui expliqua qu’il était désolé de le revoir dans cet état; Yvain ne lui en voulut pas du tout, il fut juste heureux de revoir «tonton Merlin ».

Il lui expliqua qu’il avait fait une mauvaise chute parce que le cheval avait pris peur du chien, tout le monde voulait tuer le chien mais il l’aimait trop.

Merlin regarda l’animal presque louve qui toisait de ses dents Gulli: «Elle est moins docile il me semble.

Yvain : Plus louve que chien oui, mais quelle chevalière née…

Il rit : Tu m’étonnes… »

Il commença à ausculter sa jambe et les signes vitaux d’Yvain tout en lui parlant posément, puis se tut pour réfléchir…

Yvain : «Alors, vais-je me retrouver chevalier à une jambe pour l’amour d’une louve têtue?»

Merlin ferma les yeux et sonda sa jambe… Puis il les rouvrit:

"La gangrène est déjà là, mais il est encore possible de nettoyer l’os et de réduire la fracture en opérant… Il va falloir faire ça d’urgence, la fracture n’est pas loin d’une grosse artère, c’est une opération risquée."

Il se tut en l’interrogeant du regard, il était majeur maintenant c’était à lui de décider.

Yvain: «Gulli, informe ma tante que j’accepte une opération risquée, je suis chevalier, pas acrobate."

Le médecin s’inclina et alla sortir…

Merlin: «Gulli, reviens tout de suite après et prend ton plus gros cristal dans ton matériel, je vais avoir besoin de toute ton aide, dis aussi à Hermine qu’elle ne m’attende pas."

Merlin serra l’épaule d’Yvain, puis après avoir signifié au chien loup qu’il s’occupait de son maître, il prépara tout pour faire une opération…

Merlin endormit Yvain par un sort, et expliqua à Gulli comment sonder avec l’aide d’un cristal, il pouvait le faire sans, mais il voulait que le médecin apprenne la technique…

Avec l’aide du cristal et de la télépathie de Merlin, Gulli put s’enfoncer dans les tissus de la jambe à une plus petite échelle pour voir où se situaient les dégâts… Le médecin vit des muscles, des veines battre avec le sang qui passait dedans, il vit l’artère et l’os cassé pas loin… Il vit sur les tissus osseux la gangrène qui commençait et formait des points noirs sur la fracture, Merlin lui expliqua tout en lui montrant c’était plus simple… Gulli revint à lui; il était estomaqué que la magie lui permit de voir ça si distinctement… Merlin lui redemanda de sonder cette fois-ci seul mais avec l’aide du cristal… Gulli s’exécuta et réussit… Notre sorcier était content.

"Bien maintenant, il faut opérer: réduire et nettoyer la fracture en prenant bien soin de ne pas toucher l’artère, il faut cautériser ensuite, et faire des points de suture… Tu m’aides."

Le médecin s’exécuta parce que ce n’était pas une question, il voulait qu’il apprenne la technique et les perspectives de celle-ci…

Quand ils eurent terminé, Merlin prononça une formule de guérison pour aider l’opération à réussir… Yvain avait perdu beaucoup de sang.

Gulli: «Qui t’a appris ça Merlin ? Gaïus ?

Il sourit avec nostalgie: Non, quand j’apposais mes mains je voyais ça, j’ai aiguisé la technique, je l’ai montrée à Hermine aussi… Un jour, on a soigné un voisin qui est tombé d’un toit comme ça… Je me suis dit qu’avec l’aide d’un cristal, tu y arriverais peut-être aussi…

Le médecin fut estomaqué: Tu es un grand médecin Merlin, c’est une perte que tu ne le sois pas resté.

Merlin: Non Gulli je suis un enseignant, toi tu es un grand médecin… Travaille le sondage et transmet cette technique à chaque médecin-sorcier que tu croises, c’est tout ce que je demande."

Le médecin s’inclina devant lui et il ne sut plus où se mettre…

Merlin : "Fais veiller sur Yvain, je vais me reposer, tu peux transmettre à la reine que son neveu a survécu à l’opération… Il va falloir le sonder toutes les deux-trois heures pour voir si des foyers infectieux commencent ou pas… On se relayera avec Hermine s’il le faut… Je prends la louve avec moi, je pense qu’elle va te gêner.

Le médecin : S’il te plaît, met cet animal au chenil, cette bête peut être dangereuse avec tes enfants…

Notre sorcier : Non, on ne peut pas, si je la mets au chenil ils vont la tuer. »

Il fit signe à Belle de le suivre, il rentra dans ses appartements. Le petit jour commençait à se lever, il réveilla Hermine pour lui expliquer qu’ils avaient une invitée pas commode et sauvageonne… Elle rit en voyant la Belle la toiser de ses dents: "Je vois qu’elle se prend pour l’alpha."

Hermine lui fit comprendre que le respect devait être mutuel par gestes de la meute, et Belle soupira puis se coucha au pied du lit.

Sa femme : « Elle va plaire à Chaton je pense… Comment va Yvain ? »

Merlin lui expliqua qu’il avait dû l’opérer, et apprendre la technique du sondage à un sorcier pas trop puissant, mais que ça marchait avec un cristal… Elle s’imagina bien que Merlin, après le voyage en plus, devait être épuisé mais ne dit rien.

Merlin se coucha: «S’il te plaît, Hermine, fais un premier tour de garde avec Yvain, dis aussi que personne ne rentre ici tant que je dors, dis-leur que je suis avec un loup dangereux… »

Elle caressa sa joue alors qu’il s’endormait et perdait sa fausse apparence, il avait abusé de ses forces, et il craignait qu’on le voit sous son vrai jour… Elle caressa encore la joue du jeune homme endormi : «Ne t’inquiète pas Merlin, je veille; et le loup dangereux aussi »

Belle leva la truffe en émettant un wiff plaintif, genre "Trouvez une autre excuse sinon ils vont vraiment m’exécuter"… Hermine, en passant, caressa la douce fourrure blanche de l’animal: "Ne te tracasse pas Belle je veille."

Elle lança un sort à la porte de la chambre pour que personne sauf elle ne puisse y rentrer.



***

Merlin dormit toute une partie de la journée, Hermine demanda qu’on le laisse tranquille; elle savait que son sort de transformation lui prenait beaucoup d’énergie, mais finalement la perte d’énergie ne se voyait pas de l’extérieur et était assimilée à un homme qui avançait en âge.

Elle s’occupait de veiller Yvain et de suivre Gulli lorsqu’il le sondait pour voir s’il avait bien assimilé la technique médicale nouvelle… Pendant ce temps-là, Neige avait demandé pour voir les chevaliers, Sir Léon se proposa pour s’occuper des petits… Personne n’avait encore vu Gwen qui était débordée par son travail.

Le garçon était aux anges: il était dans l’antre de la chevalerie, il assistait aux entraînements et aux cours, et put même rentrer dans les vestiaires et la salle d’armes. Sir Léon prit un plaisir immense à lui expliquer en quoi consistait son travail: comment les armuriers prenaient le temps de faire des arbalètes de qualité dans du bois qui avait au moins plus de trente ans et plein d’autres choses qui finirent vraiment par ennuyer Chaton… Elle s’éclipsa pour aller à l’écurie où elle vit les plus beaux chevaux qu’elle n’avait jamais vus… La petite finit par passer sa journée à s’occuper de l’écurie et brosser les chevaux… Personne ne se rendit compte tout de suite de sa disparition…

 


macrale  (05.09.2014 à 00:16)

 

Chapitre 14

Un fringuant demi-sang noir ébène gisait sur le sol au fond de son box; il s’appelait Black… Les autres chevaux lui dirent qu’une petite puce comme elle ne devait pas s’approcher de lui, il avait eu un accident de chasse, il s’était fait mordre par l’affreux chien blanc et les hommes allaient sans doute devoir écourter ses souffrances…. Chaton ne savait pas s'il souffrait, elle savait juste que Black était dans une colère très noire; son cavalier et fidèle ami Yvain allait sans doute mourir par sa faute, parce qu’il s’était laissé attaquer par l’affreuse chose blanche… Quelle idée le chevalier avait-il eu de s’attacher à ça, c’était plus féroce qu’un loup.

Pendant qu’elle s’occupait d’étriller ses copains, elle envoya des pensées douces à Black pour le détendre… Elle était montée sur un tas de boites en bois pour arriver au dos des animaux imposants, elle se réjouissait tellement d’être plus grande… Elle nettoya l’écurie, leur donna à boire et à manger, puis s’approcha de Black et lui dit bonjour…

Il releva la tête pour regarder le petit bout de femme pas plus haut que trois pommes, puis se recoucha : "Laisse-moi mourir dans ma honte, j’ai échoué…

La petite: Tu ne dois pas te tracasser, mon papa est un grand guérisseur, et il s’est occupé d’Yvain hier soir, et je peux te dire qu’il va aller bien, en plus j’en suis contente parce qu’Yvain c’est mon cousin ; enfin ce n’est pas mon cousin, mais comme on est fort ami avec sa tante, c’est comme si c’était de la famille.

Black releva la tête : Il est sauvé alors ?

Chaton hocha la tête : Et toi tu as un bobo ? Tu me montres ?

Black : La chose m’a mordu, je suis tombé, je boite, ma patte ne fonctionne plus il faut m’achever !

Chaton se fâcha: Mais non t’es fou, je suis sûre qu’on peut te guérir, et puis cousin Yvain il va être triste s'il perd son meilleur cheval."

L’argument fit mouche; ce cheval serait aller aux enfers pour la gloire de son cavalier, il tenta de se relever, mais il était ankylosé…

Il lui dit : "Je crois que je boirais bien un peu…"

Chaton fit des bonds en riant, s’il voulait se battre, Yvain allait retrouver son fier destrier… Elle alla lui chercher un seau d’eau et entra dans le box…

Les autres chevaux étaient nerveux, ils avaient peur de ce que Black pouvait lui faire, mais la petite chose décidée envoyait des pensées apaisantes dans toute l’écurie. Elle posa le seau devant Black et s’accroupit pour lui caresser la tête, Black releva la tête et lui donna un bisou de cheval avec la plus grande douceur possible pour ne pas reverser la petite humaine… Sa tête était tellement imposante qu’elle devait être aussi haute que la taille de la petite humaine décidée, mais pas plus haute que trois pommes. Chaton explora le corps de l’animal pour voir les blessures tout en continuant à envoyer de douces pensées… Les autres étaient rassurés, l’étalon en colère avait failli tuer deux palefreniers lorsqu’on l’avait ramené après l’accident, et plus personne n’avait osé l’approcher dans l’attente de la décision sur son sort… Cette petite humaine déterminée était acceptée par Black et allait sans doute le sauver, sinon au moins lui apporté un peu de réconfort.

Elle s’occupa de nettoyer les morsures de chiens, et malgré la douleur il ne bougea pas d’un poil et se laissa faire… Ensuite, elle alla voir à l’intérieur de sa patte comme elle avait vu faire son père, elle ne savait pas si elle allait y arriver, mais finalement elle réussit à voir l’os.

Elle rassura Black: "Tu n’as pas la patte cassée, on ne te tuera pas je te le promets… Tu as un muscle assez abimé, je vais essayer de te guérir, mais je ne sais pas si je vais y arriver…"

Elle fit son possible pour lui jeter un sort de guérison, mais ça ne marcha pas complétement, elle était trop petite, il fallait attendre que son papa arrive, il allait s’en occuper, c’était le papa le plus fort de la Terre.

Elle lui donna du grain puis vint se coucher près de lui pour le caresser, elle finit par s’endormir parce qu’après avoir nettoyé l’écurie et soigné les chevaux, la petite puce était éreintée… Black s’endormit aussi, car les efforts qu’il avait faits pour remonter la pente l’avaient aussi épuisé.



***



Merlin s’éveilla, il constata que la journée était fort avancée, il pesta intérieurement sur sa femme: « Tu n’aurais pas dû me laisser dormir…

Hermine lui répondit de l’autre bout du château : Ne fais pas l’enfant tu devais dormir. »

Il émit une sorte de grommèlement télépathique, puis s’habilla, se rafraîchit, il alla pour ouvrir la porte qu’il trouva close en reconnaissant le sort émis par sa femme… Il baissa la tête et émit: "Hermine tu peux m’ouvrir s’il te plaît !

Hermine : Ça dépend, vu ton humeur tu t’es levé du mauvais pied, tu vas rester dans cet état d’esprit ou pas ?

Il secoua la tête, mais finit par en rire et capitula : Je m’excuse ma douce.

Elle : C’est mieux ! » En ouvrant la porte…

Pendant qu’il allait à la cuisine pour déjeuner et ramener de quoi nourrir le chien et lui donner à boire à la chambre, sa femme lui fit un rapport sur l’état d’Yvain et la façon dont Gulli maîtrisait le sondage…

Comme ce n’était que de bonnes nouvelles, Merlin fut de meilleure humeur, surtout quand Hermine lui dit qu’Yvain était éveillé et mangeait, il était même affamé…

Il sourit et demanda au chien de l’attendre tranquillement dans la chambre tandis qu’il se rendait au chevet d’Yvain.

Mais les retrouvailles avec le pupille furent écourtées, Sir Léon rentra comme une trombe dans le cabinet de Gulli, accompagné de Neige qui pleurait…

Neige se jeta dans les bras de sa mère sans oser regarder son père en face : «On a perdu Chaton !»

Merlin soupira, et Hermine rassura : «Elle ne peut pas être loin, le château est grand, elle a dû s’égarer… »

Il regardait son fils qui n’osait toujours pas le regarder…

Neige sentit son regard : «J’suis désolé papa, je suis responsable de ma sœur, mais là j’ai vu la salle d’armes et tout ça, puis d’un moment à l’autre elle était plus là…

Sir Léon frotta la tête de l’enfant : Non Neige c’est moi l’adulte, c’est moi qui suis responsable… Je m’excuse on a cherché partout…

Merlin : Je pense aussi que tu es un peu petit pour te sentir entièrement responsable de ta sœur Neige, rassure-toi je ne vais pas te gronder, en plus quelqu’un aurait dû me réveiller, donc tu vois on est tous responsable… Je pense que ta maman a raison, elle ne doit pas être loin et s’il lui était arrivé quelque chose on le sentirait.

Il se jeta dans les bras de son père et pleura de tout son soul : Quand j’ai vu qu’elle était plus là j’ai vraiment eu peur tu sais, c’est ma sœur.

Son père le serra très fort pour l’embrasser et lui dit tout bas : Je sais Neige, je sais, je suis sûr qu’elle va bien. »

Il ferma les yeux et chercha le contact télépathique de sa fille: Elle était endormie dans son aura de pensée douces qu’elle partageait avec les arbres et le vivant… Il sentait le… Le crottin.

Il explosa de rire : «Vous avez pensé à regarder à l’écurie ?

Sir Léon devint pâle comme un mort : Le cheval de Sir Yvain.

Yvain : Quoi mon cheval ?

Sir Léon : Il est devenu fou !

Hermine poussa un cri, mais Merlin fit un geste pour la rassurer : Elle va bien, on va aller la chercher ensemble.

Elle regarda le patient : Non, ça va si tu me dis qu’elle va bien je te fais confiance, je vais veiller Yvain.

Merlin sourit et alla l’embrasser avec son fils à bras : Ma merveilleuse femme. Je te ramène ta fille indemne. »

Il partit en gardant Neige dans ses bras, suivi de Sir Léon qui se répandait en excuses. Mais Merlin rit : «Ne t’inquiète pas Léon, je sais que tu n’as jamais eu l’âme d’une nounou. »

 

***

 

Ils arrivèrent devant l’écurie, deux palefreniers étaient là devant et se disputaient: "Comment je pouvais savoir que ce n’est pas toi qui avais nettoyé ?

«Et moi alors, je pensais que c’était toi, comment on fait pour la sortir de là maintenant… »

Sir Léon accourut pour calmer les hommes, puis pâlit devant la révélation qu’un enfant était rentré dans le box du cheval d’Yvain…

Merlin ne prit pas garde, pas inquiet pour un sou, il rentra dans l’écurie toute clinquante et se dit au fond de lui rien que pour Hermine: "Une gosse de cinq ans qui nettoie une écurie à elle toute seule, t’es sûre qu’elle est bien de moi?"

Elle pouffa près d’Yvain en lui expliquant ce qui se passait.

Il passa devant les hommes qui continuaient à se disputer en prenant sa suite, Neige était toujours dans ses bras, la tête nichée dans le cou de son père, il n’osait pas regarder, quand même surpris par la réaction des hommes qui les suivaient.

Merlin arriva près du box et regarda le tableau, il ne put s’empêcher de rire, et Neige leva la tête et rit aussi…

Hermine raconta à Yvain tout ce que voyait Merlin et lui expliqua que son cheval préféré était entre de bonnes mains, Yvain rit aussi…

Les deux palefreniers étaient pâles comme des morts en regardant l’enfant haute comme trois pommes dormir contre le cheval fou, l’un d’eux converti à la nouvelle religion fit signe de croix, et Merlin soupira.

Sir Léon était estomaqué par le spectacle : « C’est bien ta fille Merlin ! » Il rit aussi !

Il entra doucement dans le box en posant son fils à terre; Black leva le museau, en criant "On va m’aider, tu avais raison Chaton on va m’aider…"

Cela réveilla Chaton qui dit tout haut : Tu voix Black, je te l’avais dit que c’était le meilleur papa du monde. »

Il s’accroupit près d’eux, Neige resta derrière…

La petite : «Papa ‘faut pas qu’ils tuent Black, sa patte n’est pas cassée, par contre son muscle est abimé, mais je n’ai pas su le guérir, tu peux m’aider ?

Merlin : Tu as essayé de le guérir ? » Il dut encaisser ça quand même… « Comment sais-tu que sa patte n’est pas cassée ?

Chaton : Ben j’ai fait comme toi, tu sais quand tu vas voir comment c’est dedans ? Mais si tu sais tu vois les images des os…

Il resta quand même pantois: Tu as sondé ce cheval? Jeune fille, vous êtes une petite curieuse, la prochaine fois que vous vous essayerez à la médecine, vous demanderez d’abord la permission à vos parents, ça peut être dangereux.

Elle baissa le nez : Oui papa, pardon papa… »

Il sonda l’animal qui était d’une docilité qui faisait taire les autres hommes; il émit un cri de surprise: "Tu lui as jeté un sort de guérison?

La petite baissa encore plus le nez: Il avait franchement mal; j’ai bien lavé ses morsures mais je n’ai pas réussi à soigner le muscle, j’espère que je n’ai pas fait de bêtises hein dis papa ?"

Devant l’expression de son père, elle se rendit compte qu’elle aurait pu faire encore plus mal à Black.

Merlin se radoucit devant sa peur: "Non tu as fort bien fait, tu as fait tout ce qu’il fallait, seulement tu n’es pas encore assez grande pour pouvoir jeter un sort de guérison à son muscle.

Chaton : Tu vas le faire dis papa ? »

Il se leva et prit sa fille dans ses bras pour l’embrasser : "Je vais m’occuper de Black oui, mais je veux que tu t’excuses auprès de Neige et Sir Léon, tu leur as vraiment fait peur en partant sans leur dire où tu allais.

La petite : Mais c’est très ennuyant les entraînements de chevaliers.

Son père : Tu t’excuses ! »

Chaton alla s’excuser, son frère la prit aussi dans ses bras, puis il ne put pas s’empêcher de la gronder: «Comment tu peux dire que l’entraînement est ennuyeux c’est le must du must en chevalerie ici, et toi tu te perds dans une écurie…"

Les enfants se chamaillèrent ainsi un moment et Sir Léon ne put pas s’empêcher de rire.

Merlin était retourné près du cheval; puis à un moment donné, il se retourna vers les petits et les fit taire d’un regard…

Il rit devant l’expression de Sir Léon : « C’est peut-être de la magie oui. »

Il reprit sa concentration sur l’animal et émit son sort…

Le cheval se leva dans le box tout fringant !

Merlin tout bas à Hermine : « Tu peux dire à Yvain que son meilleur étalon va bien, et tu peux dire à Gulli que sa nouvelle technique de médecine est un jeu d’enfant. »

Elle rit beaucoup, puis lui dit "Non je ne dirai rien à Gulli, vilain ! »

Chaton courut vers Black, et celui-ci baissa la tête vers l’enfant pour la remercier, elle prit sa tête dans les bras pour lui faire un bisou.

Puis la petite famille et Sir Léon allaient partir, quand un des palefreniers voulut rentrer dans le box, mais l’étalon ne se montra pas docile avec lui.

Chaton cria : «Vous lui faites peur, excusez-vous d’abord d’avoir voulu le tuer. »

Son père rit.

Les deux hommes : « Quoi on doit demander des excuses à un canasson ? »

Le sorcier inclina la tête en les regardant, et il rit en sortant de l’écurie, parce qu’il entendait les deux hommes s’excuser.



Le bruit courut dans tout le château qu’une petite sorcière haute comme trois pommes avait réussi à mater un étalon blessé et fou furieux.

Le soir, après avoir fait souper ses enfants, Merlin alla près d’Yvain qui était enfin prêt aussi pour un sort de guérison. Il lui expliqua que s'il ne l’avait pas opéré, sa jambe aurait guéri de travers… Il lui jeta le sort, secondé par Gulli, puis le laissa s’endormir en vérifiant que tout se passait bien.

Merlin : « Voilà Gulli, je te rends ton cabinet et ton patient, demain il se réveillera et je pense qu’il pourra se lever. »

Le médecin le remercia pour tout ce qu’il lui avait appris et son aide. Merlin pensa intérieurement: "Mais de rien Gulli c’est un jeu d’enfant". Il entendit le rire de sa femme exploser dans sa tête… Mais il resta zen et souriant devant le médecin de la cour.

Il rentra dans sa chambre, il alla voir les enfants qui dormaient dans un lit, Chaton serrait fort son doudou, et Neige serrait fort une arbalète que Sir Léon lui avait prêtée, le chien à ses pieds qui quémandait un peu d’attention et qu’il caressa distraitement… Hermine vint le rejoindre dans son dos et l’enlaça.

Merlin soupira : "C’est ça le bonheur !"

 


macrale  (12.09.2014 à 01:50)

Chapitre 15

Le lendemain, tout le monde fut convié à un repas royal, Yvain allait bien et il était près de Gwen, qui était venue plus tôt remercier la petite famille de lui avoir rendu son neveu.

Le jeune chevalier remercia personnellement la petite de lui avoir soigné son étalon, et lui offrit un cadeau; elle le déballa et trouva une figurine de cheval sur roulettes en bois au travail digne d’un jouet de prince.

Son frère pesta : « Mais moi, je n’ai pas de cadeau ? »

Sir Léon choisit ce moment pour venir près de lui avec un paquet aussi, en mettant la main sur l’épaule de Merlin pour ne pas qu’il lui fasse de remarque…

Sir Léon s’inclina devant Neige qui rougit : « Sir Neige, ceci est pour vous en récompense de votre sens du devoir envers votre petite sœur, vous avez fait preuve d’une loyauté digne d’un chevalier. »

Il déballa son cadeau, il y avait une arbalète de la qualité de bois de cèdre, en miniature, faite à la mesure d’un enfant.

Son père voulut dire que c’était trop, mais Gwen le fit taire d’un regard et tendit son verre pour porter un toast à ses amis.

La soirée allait bon train, quand Merlin réussit à demander à Yvain ce qu’il fallait faire du chien.

La reine prise de panique : «Ah non je n’en veux pas, cette chienne a failli te tuer Yvain. »

Chaton se leva d’un bond et alla près de Gwen pour plaider sa cause : «Non tatie s’il te plaît ne la tue pas, Belle est adorable, c’est juste le cheval qui ne la comprend pas parce qu’elle est un peu plus loup que chien.

Gwen : Mais Chaton, cet animal représente un danger ?

Chaton lui tint le bras : Non Tatie s’il te plait, si j’explique au cheval que le chien a le même code que les chevaliers, je t’assure que ça n’arrivera plus jamais… De toute façon si tu veux la tuer, je la reprendrais chez moi.

Merlin : Ah non la pension est complète chez nous, c’est mammy qui doit s’occuper de toute ta ménagerie, il me semble qu’elle a passé l’âge. »

Hermine ne put s’empêcher de rire.

La reine était incertaine: «Tu dis que la chienne est adorable ? Tu veux nous montrer ? »

La petite regarda son père.

«Tu peux aller chercher le chien, mais tu y vas accompagnée de Neige et tu ne le perds pas est-ce bien compris? »

Son frère bomba le torse fièrement, et les enfants partirent chercher le chien-loup !

Les enfants revinrent avec la fauve blanche, les gens émirent des cris dans la salle à la vue de l’animal si près d’une petite puce pas plus haute que trois pommes, l’animal montra les dents devant la réaction des gens…

Chaton se fit entendre de sa toute petite voix dans toute la salle : «Cessez s’il vous plait, vous lui faites peur. »

Mais c’était plus le fait qu’elle poignait dans la bête sauvage pour la rassurer qui les fit taire…

Elle commença à jouer avec la chienne devant tout le monde et il y eut juste le spectacle d’un chien docile qui jouait avec des enfants.

Gwen qui regardait aussi émit un cri : «Est-ce bien le même chien ?

Yvain : Je te l’avais dit qu’elle était adorable ! »

Chaton finit par arriver à la table de la reine avec l’animal et dit : «Voilà elle a juste peur, et Black a eu peur aussi, faut peut-être pas l’emmener à la chasse en fait !

La reine : Et moi si je l’approche que va-t-elle faire ?

La petite : Attend, je vais lui expliquer que tu es une première de meute Tati, c’est un peu comme des reines chez les loups. »

Il y eut un dialogue silencieux, avec la chienne qui regardait alternativement Gwen puis Chaton.

La petite : « Voilà tu peux venir. »

La reine se leva et vint caresser l’animal qui docilement lui fit des léchouilles.

Gwen rit et dit : « Chaton, je te promets que personne ne touchera jamais à un poil de ce chien.

La petite se jeta dans ses bras : Merci Tatie. »

Hermine qui regardait le spectacle en enlaçant Merlin commenta discrètement : «Elle pourrait devenir avocate, c’est une belle situation ça, avocate ?

Il répondit : C’est une belle situation quand ce sont des humains qui te payent, mais là les chiens ; je ne suis pas sûr que ça fasse une clientèle qui subvienne à ses besoins… »

Ils se mirent à rire discrètement de leur blague stupide que seuls eux bien sûr avaient entendu. Et certaines personnes les regardèrent de travers.

Il se faisait tard, la petite famille allait se retirer pour mettre les enfants au lit, mais Gwen leur demanda: «Hermine et Merlin, tant que je vous ai sous la main, j’aimerais vous avoir en réunion demain, juste vous deux, je dois vous entretenir de quelque chose, laissez vos enfant respectivement au chenil et au quartier des chevaliers, je pense qu’ils y seront entre de bonnes mains."

Ils pouffèrent tous les trois, il était temps de se retirer.

 

***

Le lendemain, la reine les reçut dans la salle du conseil.

Gwen : « D’abord, je tiens à te remercier Merlin d’avoir fait si vite pour sauver Yvain.

Merlin : Je l’aime beaucoup aussi ce garçon Gwen, ne me remercie pas.

Elle lui sourit: J’aime beaucoup tes enfants qui sont dignes de toi Merlin, et pleins de surprises. Je trouve aussi que tu fais un travail extraordinaire avec les enfants en général, je ne regrette pas que tu ne sois pas resté à la cour, tu avais raison, il fallait leur donner un statut, les enfants sont l’avenir de ce royaume."

Il rougit.

La reine: "J’ai vu la fille de Morgane que tu as soignée et je trouve cette petite adorable; vois-tu un inconvéniant à ce que j’en face une pupille du château? Il me semble qu’elle a un prétendant, et il serait bien que quelqu’un pourvoit à son mariage dignement. Elle est quand même la nièce d’Arthur.

Merlin sourit : Un prétendant ? Mon Dieu, ils grandissent trop vite. Non Gwen, je ne vois aucun inconvéniant, elle me fait beaucoup penser à la Morgane d’avant, cette petite.

Elle sourit à ce souvenir : Je te remercie de ton approbation Merlin.

Il s’inclinât : Tu es la reine. »



Gwen : « J’ai besoin de votre éclairage à tous les deux sur un autre point.

Merlin : Oui ?

La reine : Voilà, je sais que tu connais cette nouvelle religion, celle au dieu unique, j'ai été prise par une délégation venue d’Europe… Je dois t’avouer que je ne sais que penser, ils ne me paraissent pas très tolérants vis-à-vis des autres confessions, ils désirent que leur religion devienne officielle sur le royaume de Camelot… En fait, j’hésite, je n’ai pas envie d’avoir une guerre de religion sur les bras.

Hermine : Que se passera-t-il si tu refuses ?

Gwen : J’aurais aussi une guerre de religion sur les bras, plus je pense à ça et plus je trouve ça inextricable, je les trouve fort dogmatiques. »

Elle se tut en regardant Merlin : celui-ci réfléchissait…

Notre sorcier : «J’avoue que j’ai essayé de les comprendre mais ça m’échappe, cette lubie de Dieu unique les coupe du monde du vivant, mais néanmoins le royaume est multiculturel, nous ne pouvons pas dire aux gens que croire, ce serait de l’ingérence.

La reine : Je suis d’accord.

Merlin : Officialise-les, et met bien les choses au point sur la pluri-culturalité, et nous devrons continuer à prodiguer de l’enseignement afin de rendre les gens autonomes devant les dogmes.

Gwen : Je veux bien Merlin, mais fais bien attention, ces gens ne tolèrent pas la sorcellerie.

Il hocha la tête : Nous devons faire avec, on n’a pas trop le choix. Tu es une reine juste Gwen, je me rangerai à ta décision.

Elle : Je me sens acculée en fait, je pense que tu as raison, nous n’avons pas le choix, accueillons-les mais montrons-leur qu’ici, le dogme est moins fort que l’éducation. Camelot a toujours été laïque et le restera aussi longtemps que je serai reine.

Merlin : Respectons-les et ils nous respecteront. »

Ils prirent congé.




macrale  (19.09.2014 à 13:28)

Chapitre 16:

La petite famille rentra dans sa maisonnée et on expliqua à Hunith qu’elle avait échappé à un chien supplémentaire. En fait, Belle devint la meilleure compagne de Gwen et sa plus féroce défenseuse.



Les années heureuses s’écoulèrent en douceur. Les enfants grandissaient, la petite allait sur ses neuf ans, Neige sur ses quatorze c’était presqu’un homme. Beaucoup plus costaud que son père, il avait gardé son teint pâle qui tranchait avec ses cheveux sombres, c’était devenu un jeune homme sérieux qui voulait aller étudier la chevalerie à Camelot. Il s’était posé la question de la pertinence de devenir chevalier alors qu’il était un puissant sorcier; son père lui expliqua qu’il y avait eu des précédents sans plus d’explication… C’était sa vie, il devait faire ses propre choix. Hermine le trouvait jeune pour partir ainsi à la ville, mais finalement, Merlin ne devait pas être beaucoup plus vieux quand il était lui-même parti.

Il ne l’avoua jamais, mais voir son fils partir ainsi lui fit un réel pincement au cœur, il le voyait encore bébé dans ses bras lorsqu’il lui montrait la neige tomber…

Pourtant, Neige revenait voir ses parents régulièrement, mais ce n’était plus pareil, il avait des amis, faisait des bêtises à la taverne tout en étant un étudiant sérieux… Il vivait sa vie, et c’était un déchirement pour son père, son petit prenait son envol. Heureusement que Merlin avait de solides barrières télépathiques… Enfin dans une famille télépathe, certaines choses transpiraient quand même un peu. Et il donna toujours des nouvelles en bon fils.

Le village s’était aussi agrandi en cette époque de prospérité, on construisit une église. Merlin tolérait encore les moines Irlandais qui étaient arrivés là, ils étaient revenus d’Europe où ils avaient converti à tour de bras en apportant une part de leurs légendes locales. Bien qu’il lui fut dur d’encaisser ce Saint-Georges pourfendeur de dragons. Ces moines étaient très malins, ils reprenaient des fêtes locales et des histoires pour les remettre à leur sauce, si bien que les gens convertis n’eurent pas l’impression de changer pour rentrer dans un dogme. Mais les moines irlandais étaient moins pires que d’autres. Notre sorcier tolérait cette religion, et remit en place à chaque fois qu’il y eut des choses déplacées. Ainsi, après un conseil du village plus qu’agité qui dura de nombreux mois, le saint de cette église ne fut pas un pourfendeur de dragons.

Il avait continué à vieillir en apparence, il ressemblait à un homme d’une bonne quarantaine d’années, avec des cheveux qui commençaient à devenir poivre et sel, et cela lui donna une apparence d’honorabilité, il était quand même directeur d’une institution qui prenait de l’ampleur. Une vraie école était venue se greffer à « la maison des enfants »… Mais la gestion de l’institution lui pesait à vrai dire, il n’était presque plus jamais sur le terrain. Son monde changeait et il tentait de s’adapter.

Il y avait des trucs sympas à la fonction quand même, il recevait parfois des délégations d’institutions étrangères qui venaient voir comment l’éducation se prodiguait au royaume de Camelot… Il aimait rencontrer des gens qui venaient de loin, il avait de plus en plus envie de voyager, il se dit que quand Chaton serait plus grande et Hunith partie en paix, il prendrait sa femme sous le bras pour visiter des pays lointains… Bien que en dehors de Camelot, les enfants qui avaient droit à une instruction étaient plutôt privilégiés et que les gens qui représentaient ces institutions étaient plutôt des nobles… Merlin mettait ça de côté en prônant une éducation pour tous, et posait des questions sur toutes les classes sociales des autres pays…

Il lui arrivait encore bien de remettre certains nobliaux à leur place en leur expliquant que le directeur de cette institution avait commencé sa carrière comme serviteur. Il est vrai qu’à l’époque, le concept « ’ascension sociale» était un peu obscur pour le commun des mortels. Il y avait des discussions épiques sur le fonctionnement d’une société sans « pauvres » ou « sans esclaves ». Merlin expliquait qu’une société qui s’élevait était une société qui était prospère pour tous… Il n’allait jamais comprendre ces théories financières qui voulaient qu’un partage dilapide les richesses… Encore moins ceux qui lui disaient : "Mais si tout le monde est riche, alors qui fera la cuisine…" Discussion tenue autour d’un repas dans une maison familiale où Merlin, Hermine et Hunith avaient eux-même fait le repas.

Notre sorcier était une énigme d’élévation sociale faite dans la sobriété… Enormément de nouveaux villageois qui ne le connaissaient pas et le croisaient n’avaient aucune idée qu’il put être le directeur de cette institution célèbre ; encore moins le légendaire Emrys.

Des fois, il entendait des histoires de chevaliers et de Table ronde, mais le personnage de Merlin l’enchanteur n’existait pas encore. Petit à petit, les conteurs scindèrent la légende du grand Emrys d’avec celle du grand roi. Par contre, l’épée magique devint célèbre; elle eut même un nom… Excalibur. Il faut dire que la première fois qu’il entendit cette version, il ne put pas empêcher un fou rire en repensant à ce pauvre Arthur qu’il avait dû manipuler un poil, pour qu’il reprit son trône… Et voilà que ce vilain tour de passe-passe allait passer à la postérité… Franchement la mémoire des hommes était une chose étrange parfois.

La légende des amants Tristan et Iseult sembla aussi passer lentement mais sûrement à la postérité, il n’allait pas dire non plus que les amants magnifiques étaient des petits trafiquants d’encens, ça aurait un peu cassé l’ambiance.

Quand Merlin allait encore sur le terrain d’ailleurs, c’était de plus en plus pour enseigner l’Histoire. Il expliquait que souvent, l’Histoire était une jolie propagande, il démontait par A+B les récits des Romains; comment ils s’étaient perdus sur le mur d’Hadrien, pas loin d’ici, les élèves comprenaient très bien où il voulait en venir. Son cours d’Histoire ne plaisait pas à tous les enseignants, mais tant que Gwen était sur le trône il était intouchable. Des fois, elle lui écrivait pour le gronder en lui expliquant qu’il venait à ses oreilles qu’il était un dangereux « activiste » et là Merlin s’amusait de nouveau beaucoup. Mais Gwen avait une confiance aveugle en lui, ce n’était quand même pas lui qui allait déstabiliser le pouvoir de Camelot.

Il arrivait parfois qu’il se fasse gronder par sa femme à ce propos, Hermine elle enseignait l’art de la diplomatie… Et elle lui expliquait quand même que Gwen devait traiter d’affaires étrangères, et qu’elle devait mettre de l’eau dans son vin histoire de ne pas se retrouver en guerre avec d’autres pays. Et Merlin se marrait comme un vrai gosse. Chaton et Hunith soupiraient, se disant et "Les voilà repartis en politique…"

Ce furent les années « d’honorabilité » de Merlin, même si son « honorabilité » ne fut qu’en demie-teinte.




macrale  (19.09.2014 à 13:33)

Chapitre 17

Le temps avait passé et Hermine ne s’en était pas vraiment rendue compte, elle n’avait pas laissé d’autres enfants revenir en se disant qu’elle en avait encore le temps, puis la réalité la rattrapa et elle se rendit compte qu’elle n’en avait plus. Elle s’en voulut, elle aurait aimé avoir l’avis de son époux, était-il comblé avec deux enfants? Ce n’était vraiment pas beaucoup. Deux choses l’avaient marquée en matière de maternité, le fait que Merlin ne veuille pas qu’elle « trie » ses enfants à venir, et le fait qu’elle pouvait les voir grandir dans son ventre grâce à la technique du sondage. A un moment donné, les fœtus ressemblaient trop à des bébés pour s’en débarrasser sans raison valable. Elle avait eu peur d’être devant ce cas de conscience et avait opté pour les plantes qui les empêchent de venir. Bien que prises des années, ces plantes pouvaient donner des effets secondaires, elle s’était dit qu’elle verrait le moment venu… Le moment était venu, ses enfants avait grandi et elle n’avait rien vu venir.

Un jour, elle ressentit une grosseur dans son ventre et elle comprit, elle n’eut pas envie de regarder elle-même les dégâts qu’elle s’était infligée et décida d’en parler à Merlin.

Et elle fit le bilan, sa petite allait doucement sur ses dix ans, et Neige qui avait décidé de devenir chevalier était parti pour suivre une formation à Camelot. Cela lui semblait si jeune, mais il est vrai qu'elle ne les voyait pas grandir, c’était sans doute dû à sa position de mère. Elle se demanda si elle voulait un autre enfant, et finalement elle se dit aussi qu’elle avançait en âge et que se lever plusieurs fois par nuit pour des tétées lui paraissait presque insurmontable, de plus élever des sorciers n’était pas toujours de tout repos... Comment n’avait-elle pas vu passer le temps ? Elle n’en revenait pas. Il faut dire qu’il avait été heureux, les humeurs de Merlin s’étaient adoucies au fil du temps… Elle était aussi heureuse de sa carrière, elle donnait des coups de main à la maison des enfants et donnait des cours de diplomatie dans l’école, elle était devenue même une sommité. Ce qui quand elle y pensait était assez étonnant, venant d’une femme qui avait vécu une partie de sa vie en ermite dans une forêt en seule compagnie d’un chat. Et voilà qu’elle était mère de famille, avec un métier prenant… Et juste deux enfants, elle eut juste le regret de ne pas s’y être prise plus tôt.

Avec deux enfants sorciers, la vie n’avait pas toujours été un long fleuve tranquille, mais finalement c’était anecdotique face à certains enfants accueillis à la maison des enfants. Elle se souvint en frissonnant de ce petit gamin incendiaire qui aurait bien failli mettre le feu à tout le village si Merlin n’avait pas été là …

Non, finalement il avait eu jusque-là une bonne vie, et si le cas se présentait qu’elle n’ait plus d’enfant, elle décida que cela ne lui manquerait pas. Elle savait que Merlin avait des envies de voyages, et finalement il valait mieux en profiter tant qu’elle était encore assez jeune.

Elle prit son homme à part un soir pour lui expliquer qu’elle avançait en âge et qu’elle allait sans doute cesser d’être fertile… Elle lui demanda si ça le gênait de ne plus avoir d’enfants. Il en fut tout surpris, il ne s’attendait pas à une pareille.

Merlin: "Hermine ma douce Hermine, tu es encore jeune."

Il rit.

Notre sorcier avec le temps avait fini par attraper une sorte de philosophie et avait décidé de se laisser surprendre par la vie… La vie lui avait donné une vie de famille inattendue, une activité inattendue aussi et il remerciait ça. Cela l’empêchait de penser à sa plus grande angoisse, un jour Hunith, Hermine… Elles ne seraient plus et lui continuerait à vivre seul sur ce monde. Il vivait le moment venu sans l’attendre, et ça lui donna un recul sur les évènements de la vie. Notamment un fou rire mémorable lorsque le gamin incendiaire avait mis le feu à la maison des enfants, devant l’indignation des villageois qui avaient eu chaud sur ce coup-là !

Hermine : « Je suis sérieuse Merlin.

Lui : Je t’ai toujours dit que tu faisais ce que tu voulais de ton corps, ce n’est pas moi qui les porte… De plus, je trouve que deux enfants c’est plutôt bien moi, on a pu avoir nos activités tout en nous occupant pleinement d’eux, t’en penses quoi ? Et la petite n’a que encore dix ans, tu es sûre que tu n’es pas un peu en avance pour cette conversation ?

Elle : Je suis sérieuse, répond-moi, en voudrais-tu encore ? »

Il secoua les épaules, il ne s’était jamais posé vraiment la question, il attendait juste que ça arrive, il ne s’était d’ailleurs jamais posé la question de quelles plantes utilisait Hermine.

Elle suivait son cheminement de pensées et lui répondit : "Justement, j’utilise celles qui empêchent, pas celles qui les font partir, et il est peut-être temps que je les arrête, cela fait des années que j’en prends.

Merlin fit des grands yeux surpris : Mais pourquoi as-tu fait ce choix-là? Ces plantes peuvent avoir des conséquences sur ta santé… Il peut y avoir des effets secondaires."

Il y avait longtemps qu’elle n’avait plus vu ce regard paniqué traverser son visage.

Elle soupira : « Tu m’as dit un jour de ne pas choisir tes enfants et de les laisser venir pour ce qu’ils sont, je crois que je t’ai suivi au pied de la lettre, en faire partir un, finalement cela me posait un problème existentiel."

Il s’excusa, il ne pensait pas que ce qu’il lui avait dit puisse avoir eu un tel impact sur elle: "Je voulais juste que tu les laisse venir au moment opportun, et sans les tester, je ne voulais pas que tu fasses un tel choix de vie ? Les effets secondaires…

Elle haussa les épaules : jusque-là ça a été."

Il la prit dans ses bras, la pauvre il l’avait traumatisée…

Hermine rit: «Hé là, j’ai fait mes choix comme une grande fille. Et puis les avoir sondés… Tu sais… Savoir que ça ressemble à un bébé si vite, c’est difficile de se dire qu’il va falloir en faire partir un.

Merlin : Mais si tu arrêtes les plantes on fait quoi ? Famille nombreuse sur le tard où ceinture ?

Elle rit de plus belle: Non, j’arrive doucement à l’âge où ça s’arrête, j’avais une idée plus définitive en tête tu vois, autant arrêter avec la magie, en sondant…

Il réfléchit: Oui pourquoi pas, on l’a déjà fait pour celles qui risquaient leur vie avec une grossesse de plus. Je peux le faire sur moi aussi…"

Elle se redressa pour le regarder estomaquée…

Merlin : « Quoi ? T’as un amant ça ne t’arrange pas ?

Elle lui donna une tape : Bien sûr que non» Et elle rit de plus belle… «Non je préfère que ça reste une histoire de femmes.

Merlin : Comme tu veux.

Hermine : Ça ne répond toujours pas à ma question, en voudrais-tu un troisième ou pas ? Je sais que tu adores pouponner, et comme ton premier bébé vient de te quitter… »

Là c’est lui qui lui donna une tape, elle s’avançait sur un terrain glissant…

Puis il soupira, ça ne lui aurait pas déplu, mais lui ne sentait pas l’âge, il ne se rendait pas toujours compte que l’énergie de sa femme n’était plus pareille : "On va garder ça dans les histoires de femmes alors, tranche toi…"

De toute façon, il comptait bien pouponner ses petits-enfants.

Hermine rit en entendant ses pensées : "Mon Dieu, mes pauvres enfants laisse-leur bien leurs familles tranquilles.

Merlin : Héééééééééé » Mais il riait aux éclats.

Hermine : Je me vois bien expliquer à ma future belle-fille et mon futur beau-fils le retour des enfants à bras… Quoi faire un berceau ? Ce n’est pas la peine Papy est là."

Il n’en pouvait plus de rire.

Elle reprit son calme : «Oui en fait tu as raison, je me sens parfois fatiguée, on va en rester là, en plus ils sont tellement réussis, on ne peut pas faire mieux.

Il sourit et la prit tendrement dans ses bras : Comme tu veux ma douce, c’est ta vie, ton corps… Je suis déjà heureux de ce que mon cadeau m’a offert."

Hermine pleura un peu, ce n’était pas une décision facile à prendre, puis elle demanda: «Merlin s’il te plaît, fais-le toi, j’aimerais mieux que ça reste entre nous.

Il fut surpris: Quoi tu veux que je te sté… Bon c’est ta décision je te suis… quand ?

Hermine : Maintenant, plus vite j’arrête les plantes mieux c’est.

Il la reprit dans ses bras: Oh Hermine ma douce Hermine, je mexcuse tellement de t’avoir fait porter ça, j’aurais dû le savoir, j’aurais dû me poser la question… Je suis désolé. Pourquoi n’as-tu pas pris les autres plantes, la troisième solution ?

Hermine : Elles finissent par rendre stérile celles-là !

Merlin : Avec ce que tu me demandes ce soir, je ne vois pas où aurait été le problème ?

Elle le tapa : C’est mon corps, mon choix tu l’as dit…

Il repartit dans un fou rire : Dieu que c’est compliqué d’être une femme, mon pauvre amour." Hermine le tapa encore. « Hééééééééé je suis un homme battu. »

Ils se chamaillèrent encore un peu comme des gosses, puis il reprit son calme.

Il inspira profondément : « Ce soir tu as bien réfléchi?

Elle hocha la tête : Oui ça fait des semaines que j’y pense, vas-y… »

Merlin la fit se coucher et essuya ses larmes: «Ne pleure pas ma douce, on fera des grands-parents gâteux, on va pourrir leur vie de famille… Chacun son tour.»

Elle rit, puis inspira profondément pour reprendre son calme.

Merlin la sonda, il vit les kystes qu’il soigna, il était effectivement temps d’arrêter les plantes, il insuffla aussi une peu de magie à son cœur pour le revigorer… Il passa des ovaires aux trompes, là où il fallait couper… Quand il vit quelque chose qui l’arrêta dans son élan… Il investigua l’utérus…

"Oh Hermine…"

Elle fut paniquée du ton de sa voix : «Quoi ? »

Merlin lui montra pour la rassurer, elle n’avait pas de maladies affreuses dues aux effets secondaires des plantes… Par contre, pour éviter un troisième c’était trop tard.

Elle cria sous le coup de la surprise : "Mais comment est-ce possible je ne l’entends pas ?"

Il était scié aussi, un bébé d’un âge déjà avancé dormait paisiblement au creux du ventre de sa femme, un bébé surprise que personne n’attendait…

Merlin : «Des fois aussi, il arrive que les plantes n’aient plus d’effets quand on les prend longtemps… »

Elle avait du mal à comprendre comment elle n’avait pas pu se rendre compte d’une telle chose au sein de son corps : "Comment est-il?"

Inutile de lui cacher le sexe de l’enfant, elle avait clairement vu aussi qu’il s’agissait d’un garçon.

Il sonda l’enfant tendrement pour ne pas le réveiller : "Il pète la forme, il doit faire dans les trois mois… Dix doigts, dix orteils !"

L’émotion du troisième n’était pas la même qu’au premier.

Elle s’en voulait : «Comment ne l’ai-je pas senti ?

Il secoua les épaules : Tu ne l’attendais pas ça arrive, qu’est-ce qu’on fait on le garde ?

Hermine mit ses mains sur son ventre : Oui trois mois c’est déjà un bébé là, on fera avec ! »

Merlin eut ce sourire qu’Hermine ne lui avait vu que deux fois, ce sourire de fierté du mari qui se rend compte qu’il devient père, le retour de l’enfant à bras plus tôt que prévu: "On fera avec, tu me permets si je remets ta petite opération à plus tard ?

Hermine : Ce n’était pas des effets secondaires des plantes ? Je suis enceinte ?

Merlin : Heu des kystes il y en avait mais je m’en suis occupé, c’est mieux pour le bébé, disons un peu des deux quoi… Là je te le dis, tu commençais à prendre des risques, c’est le dernier oui."

Elle tenta de contacter l’enfant mais n’y arriva pas, tout ce qu’elle savait faire c’était le sentir en elle, et le voir quand elle se sonda elle-même pour être bien sûre de son état…

Son époux : « Quelque chose t’inquiète ?

Hermine : Il vient comme il vient.

Merlin: Oui. Ne t’inquiète pas, il peut encore communiquer plus tard, on ne peut pas avoir que des surdoués, de toute façon la dernière a failli nous tuer c’est bon."

Elle sourit, un peu rassurée.

Il regarda sa femme, son ventre était ressorti, il fut scié ; il sonda, l’enfant était déjà plus à l’aise.

Elle aussi regarda son bedon : "Grand Dieu, j’ai fait un déni je n’en reviens pas, j’en avais entendu parler… Je ne comprenais pas comment on ne sent déjà pas bouger son bébé dans son ventre…

Il lui sourit: Tu prenais les plantes, tu ne l’attendais pas c’est tout, c’est compliqué d’être une femme.

Elle sourit, toute penaude : Des fois tu n’as pas idée.

Merlin : Je pense que si les hommes s’occupent trop d’histoires de femmes, ça risque de tourner à l’ingérence, mais je m’excuse si tu ne t’es pas sentie assez épaulée par moi.

Hermine : Tu te moques de moi là ? Faut se battre avec toi pour pouvoir tenir son bébé dans les bras. »

Il inclina bizarrement la tête, puis reprit ce sourire d’homme qui se rend compte qu’il est père…

Elle rit, puis prit son homme dans ses bras : « Tu es le meilleur des maris… Sauf peut-être quand tu me voles mes bébés. »

Ils se chamaillèrent encore un peu, puis la chamaillerie passa sur un mode beaucoup plus sensuel. Hermine se rendit pleinement compte qu’elle était enceinte, elle avait oublié comme elle aimait faire l’amour quand elle était enceinte… Merlin lui ne pensait plus du tout. A un moment donné, elle le stoppa net, il émergea un peu… Hermine le regarda droit dans les yeux et lui dit : "Si jamais tu le surnommes Surprise je te quitte…" Merlin fit de grands yeux penauds, puis elle lui fit vite oublier tout le reste en attrapant goulument sa bouche.

Le matin, ils paressèrent un bon moment, ils avaient eu une nuit délicieusement agitée… Mais Chaton décida qu’ils s’étaient assez occupés d’eux et déboula dans la chambre pour venir se coucher avec… Elle secoua son père pour qu’il émerge… Puis assise sur sa poitrine elle lui pinça les joues j

"J’aime bien quand tu as ta tête de jeune sans rides."

Et elle lui fit plein de câlins… Merlin fut réveillé d’un coup en regardant Hermine…

Sa femme, bien réveillée aussi : « Papa ne veut pas que les autres sachent qu’il a une tête de jeune, ça nuirait à son travail !

Chaton : D’accord…»

Puis la petite s’attaqua à sa maman: «Oh c’est quoi ce gros bidon ? Un bébé, ben il était temps de me faire un petit frère, je m’ennuie moi sans Neige!

Elle mit ses deux mains sur le ventre de sa mère: Oh c’est marrant, il est comme mamy il ne communique pas pareil que nous, mais il est super content qu’on s’occupe enfin de lui… Je vais le dire à mamy j’ai un petit frèreuuuu. »

Et elle décampa de la chambre aussi vite qu’elle en était entrée…

Merlin se prit la tête dans les mains en soupirant : "Secret éventé : c’est fait -Enfant sondé et testé c’est fait aussi -Annoncer que la famille s’agrandit : fait.

Hermine : Des fois je suis fatiguée. »

Il explosa de rire.

Elle se redressa : «Pas de télépathie, pauvre bébé, c’est pour ça que je ne t’ai pas vu tout de suite, oh je suis désolée tu as une affreuse mère…

Merlin :-On prend ce qui vient : fait. »

Elle lui donna une tape, mais son mari était déjà reparti dans un de ses fous rire mémorables.

Hermine : «Cette gamine n’a pas dix ans et elle teste son petit frère, il va falloir lui donner des cours de sorcellerie, il faut qu’elle apprenne que certaines choses ne se font pas à la légère.

Il soupira : Oui colle-la à l’internat aussi ».

Et il reparti dans son fou rire.

***

 

Hunith avait préparé un bon déjeuner qui les attendait à table, elle discutait avec Chaton, puis vit arriver le couple de paresseux: « Alors, vous vous êtes enfin décidés à nous faire un troisième ?

Merlin regarda sa mère, mal réveillé: Enfin décidé c’est un grand mot, c’est plutôt une surprise de taille…»

Hunith inspecta le ventre d’Hermine et eut un choc de le voir ressorti si fort, mais ne dit rien; elle en avait vu d’autre quand elle exerçait encore ses fonctions de guérisseuse.

Chaton hurla : « Surprise ! Ouais c’est un super nom ça…

Sa mère la reprit tout de suite: Ola non, on va se calmer sur les surnoms; premièrement je ne pense pas que ton petit frère se sente pleinement accueilli dans cette famille si on l’appelle Surprise. »

Merlin repartit dans son fou rire, c’était affreux, il avait mal aux côtes.

Ainsi s’agrandit encore la famille, dans le chaos le plus total de la famille nombreuse où tout échappe aux parents qui se résignent à faire avec.

Hunith découvrit le secret de longévité de son fils et soupira tristement pour lui, mais ne dit jamais rien à ce propos. Elle leur dit juste qu’ils allaient devoir tous apprendre à être un peu moins « silencieux » s’ils voulaient que ce petit se sente effectivement bien accueilli. Hunith était la parole sage de cette famille.

Et voilà qu’un autre faisait son entrée sur le tard dans la petite famille, un petit qui n’aurait peut-être pas le « langage », mais Merlin était prêt à l’aimer quel qu’il soit.


macrale  (26.09.2014 à 14:13)

Chapitre 18

Le bébé vint au monde sans aucun problème, Hermine ne souffrit pas trop de son accouchement car Merlin l’épaulait télépathiquement. Elle prit congé pour l’allaiter, car effectivement elle se rendit compte qu’elle ne récupérait plus si bien. C’était vraiment un bébé différent de son frère et sa sœur, il n’avait pas le langage, et en plus il était aussi blond que les blés, ce qui surprit vraiment tout le monde, où avait-il été chercher ça… Merlin ne dérogea pas à sa légende familiale et ne le laissait presque jamais au berceau. Elle se réveillait des fois péniblement lorsqu’elle entendait pleurer, mais ne devait jamais se lever pour aller le chercher, il finissait toujours par atterrir dans le lit parental. Finalement, ce n’était pas plus mal, elle récupérait mieux comme ça… Et puis avec un père comme Merlin qui veillait sur lui, il ne risquait pas de s’étouffer dans la couette.

Comme Neige était parti, on ne rajouta pas de chambre à la maison anciennement «maison triste»… Chaton prit la grande chambre de Neige où on aménagea une literie isolée à l’ainé, si jamais il voulait revenir.

Et le berceau pratiquement inoccupé fut installé dans l’ancienne chambre de Chaton. Chambre qui fut nettoyée de fond en comble et refaite, tellement la petite y avait mis des plantes et accueilli des animaux en tout genre. Hunith se plaignait parfois que cette enfant vivait comme une sauvageonne, mais Hermine était bien mal placée pour lui faire la morale à ce propos. Quand à Merlin qui avait si souvent fugué en forêt pour retrouver son calme, il n’osait pas non plus lui faire la morale… La chambre de Chaton finissait toujours par ressembler à un chenil.

***

Bien que durant ses premières années on l’appela sans surprise "Surprise", au grand dam de sa mère, on avait appelé l’enfant Guilhem, en souvenir d’un professeur de la maison des enfants qui avait vraiment aidé beaucoup et qui malheureusement n’était plus.

Lorsque Guilhem apprit à parler, il finit par dire lui-même qu’il n’appréciait pas qu’on le surnomme Surprise. Il avait parlé très tôt, visiblement il avait des choses à dire, et pas de télépathie pour s’exprimer.

Non, il n’était définitivement pas comme son frère et sa sœur. Souvent d’humeur colérique ou mélancolique… Guilhem savait qu’il était différent, pourtant il était autant aimé que le reste de sa fratrie, mais malheureusement même pas empathe, il ne s’en rendait pas toujours compte. Il finit par cacher pas mal de choses à sa famille, notamment son ressenti.

Pourtant, Merlin aimait infiniment ce petit bout de chou rempli de boucles couleur soleil… Il était même soulagé qu’il soit né sans magie, il ne le dit jamais à personne et le cacha bien au plus profond de lui, au moins un de ses enfants ne souffrirait d’aucune malédiction quelle qu’elle soit. En fait, il aurait mieux fait de lui dire car plus Guilhem grandissait, plus il avait l’impression de grandir dans une famille d’anormaux, et le fait d’entendre les craintes de son père à ce propos l’aurait peut-être rassuré. Son père était infiniment fier de ce petit, il apprenait si vite, il était particulièrement doué avec les chiffres et la science. Il n’arrêtait pas de lui dire à voix haute, parce qu’Hunith lui rappelait constamment de ne pas être trop silencieux. Mais en fait sans le vouloir, il n’avait pas eu la même franchise avec lui qu’avec ses autres enfants car il ne se rendait pas compte de lui cacher des choses importantes… Il le laissait juste grandir, et attendait ses questions pour y répondre, mais Guilhem ne posait pas toujours de questions.

Hermine, elle, eut beaucoup plus de mal au début: elle n’avait finalement toujours connu que ça, des familles de télépathes, mais grâce à l’aide d'Hunith, elle finit par s’exprimer tout haut sans difficulté. Elle enseignait quand même la diplomatie.

Mais personne ne se rendit compte que le petit Guilhem gardait des rancœurs secrètes…

Au début, sa sœur le comprenait mieux que personne car elle réussissait des fois à entendre sa pensée, cela lui venait du fait de son don de télépathie inter-espèce, elle comprenait mieux les non-télépathes. Mais elle finit par partir pour étudier la médecine vétérinaire. Un choix de vie qui ne surprit personne dans la famille.

Ainsi donc grandit le petit Guilhem, avec des rancœurs envers des parents qui pourtant l’aimaient. Et personne ne vit de signes avant-coureurs alors que tout le monde était habitué à fréquenter des enfants bien plus mal lottis par la vie.

 


macrale  (03.10.2014 à 07:10)

Chapitre 19 :



Alors que cela ne lui était plus arrivé depuis longtemps, Merlin fut pris un jour de visions… Il sentit un changement dans le monde. Il ne savait pas de quoi il s’agissait, mais il ressentit une terrible éruption volcanique qui se déroulait à des milliers de kilomètres de là et qui allait changer la face du monde pour plusieurs décennies. Il ressentit un bouleversement dans la nature, Chaton le ressentit aussi. Mais Merlin avait en plus des visions… Il commença à avoir la vision de morts inexpliquées dans un étrange brouillard partout en Europe, puis des hivers rudes… Des famines, la haine, le retour des bûchers.

Cette nuit-là, il se réveilla en sursaut et en sueur, Hermine le rassura sans trop prendre garde, elle l’avait vu dans cet état tant de fois. Elle le calma et le fit se rendormir alors qu’il marmonnait: "Il se passe quelque chose de grave."

Mais ce matin-là, Chaton et Neige étaient présents pour le déjeuner car ils étaient rentrés pour les fêtes du solstice… Elle fit exactement la même réflexion: "Je n’ai pas bien dormi, on dirait qu’il se passe quelque chose de grave."

Son père ne put s’empêcher de pousser un cri et d’être encore perdu quelques bonnes minutes dans ses visions avant de pouvoir émerger.

Guilhem qui allait sur ses treize ans ne put s’empêcher de demander : «Mais qu’est-ce qu’il lui arrive à papa?

Neige rassura vite son frère: Tu ne dois pas t’inquiéter, des fois il a des visions du futur, et c’est difficile pour lui alors de faire la part des choses entre ce qui est réel ou non."

Le cadet avait beaucoup de mal à comprendre mais ne dit plus rien.

Hunith soupira : "Ça faisait si longtemps que ça ne lui était plus arrivé, je pensais qu’il aurait enfin été tranquille."

Elle était devenue une vieille grand-mère à l’âge honorable, toute blanchie.

Hermine : «Chaton, comment peux-tu avoir rêvé de quelque chose ? Tu n’as pas la vision ?

Sa fille secoua les épaules : Pas que je sache non ?

Hermine : Tu peux me décrire ton rêve?»

Son père refit lentement surface et écouta sa fille. Sa mère le gratifia d’un câlin.

Elle: «Franchement, c’est difficile à décrire, tu vois, je ressens le vivant comme un tissu… Tout est lié comme des mailles, et un événement a fait un gros trou; mais je ne sais pas quoi… J’ai juste un mauvais pressentiment.

Merlin avait la respiration sifflante: Hermine, tu peux tester de nouveau Chaton pour voir si elle n’a toujours pas la vision? On ne sait jamais, chez certains sorciers ça vient sur le tard."

La mère interrogea silencieusement sa fille et celle-ci hocha la tête.

Guilhem: "Vous êtes obligés de communiquer comme ça quand je suis présent dans la pièce, c’est gênant.

Hunith désapprouva la remarque cette fois: Guilhem, il semble qu’il se passe quelque chose de grave, laisse faire."

Celui-ci se renfrogna dans son mutisme, en colère d’avoir été même rabroué cette fois-ci par Hunith, qui était pourtant la seule à reprendre quand les conversations étaient trop silencieuses pour eux deux.

Hermine se leva et apposa sa main sur la tête de sa fille: cela dura quelques minutes… Puis elle dit tout haut: "Non pas de donnas de visions, même pas une trace. C’est bizarre que tu ais un pressentiment.

Chaton haussa les épaules : Oh je suis en contact avec tellement de choses vivantes, que sans doute le pressentiment ne vient pas de moi." Elle rit nerveusement.

Il regarda sa fille sans rien dire…

Neige n’y tint plus: «Que vois-tu ‘Pa ?

Merlin : C’est difficile à dire… Rien de bon! Moi aussi j’ai ressenti une déchirure dans quelque chose, je ne sais pas ce que c’est!"

Le déjeuner eut des allures lugubres, mais finalement l’ainé parla de sa douce amie pour dérider un peu tout le monde; si quelque chose de mauvais devait arriver, il faudrait faire avec, ça ne servait à rien de se lamenter avant !

Merlin taquina un peu son fils en lui disant qu’il allait falloir qu’il se marie, mais l’ainé avait du répondant, il n’était pas tenu de se marier avec la première venue déjà, ni de faire comme ses parents et d’avoir des enfants dès le lendemain de son mariage.

Hermine hoqueta, Merlin rit beaucoup, et l’ambiance fut miraculeusement un peu moins lugubre.

Neige avait toute la vie devant lui et avait bien raison de la croquer à belles dents, bien que des fois il émettait des réflexions sur sa douce qui faisaient hurler toutes les femmes de l’assemblée. Hunith l’accusa même d’être un pilier de tavernes.

Mais lui et son père rirent beaucoup, en fait tout le monde savait tacitement que Neige était profondément amoureux et attendait juste de devenir chevalier pour demander la main de sa douce.

Hunith espérait que ça ne dure pas trop, pour qu’elle soit toujours là mais ne dit jamais rien à ce sujet. C’était la vie de Neige !

Les fêtes du solstice se passèrent bien, bien que Merlin dormait très mal et s’épuisait… Mais il voulait attendre de profiter encore un peu de sa famille réunie avant de prendre ses visions au sérieux. Jusque-là, la pensée parasite ne le handicapait pas trop.

En fait, tout le monde était fatigué car ses réveils sporadiques la nuit n’étaient pas toujours silencieux, et il avait conscience de réveiller toute la maisonnée, il s’en excusa d’ailleurs.

C’est donc avec une tête de déterré que tout le monde se rendit à la salle de la réunion du village pour fêter le solstice.

Depuis quelques années, cette fête était de plus en plus désertée, car les villageois se rendaient à la messe de minuit… Il n’y avait plus que des villageois âgés à cette fête et les «enfants» s’y ennuyaient; et invariablement la discussion allait bon train vers le fait cette fête était petit à petit désertée.

Hunith et Hermine discutaient fermement, les enfants attendaient le bal de fin de soirée où là tout le village était réuni pour retrouver les amis… Et Merlin était assis dans un coin sans rien dire, il avait expliqué qu’il couvait sans doute une grippe. Il avait réellement mal à la tête mais ce n’était pas dû à la grippe et il n’avait pas envie de parler de religion ce soir.

Alors que la soirée avançait et que les enfants étaient partis s’amuser, Hunith se retira… Merlin laissa sa femme pour qu’elle s’amuse aussi et raccompagna Hunith.

Hermine : « Tu es sûr que tu veux te retirer si tôt ? Tu veux que je reste avec toi ?

Il embrassa sa femme : Non ça va amuse-toi, j’ai trop mal à la tête je vais essayer de dormir un peu."

Il n’osait pas lui dire que les discussions sur la religion avaient ravivé ses visions, à chaque mot à propos de la religion, il voyait des bûchers, et il avait barricadé ça profondément, il ne voulait pas raviver de sombres souvenirs de sa femme.

Il avait fini par sombrer dans un sommeil profond, puis il rêva, on l’avait mis sur un bûcher et il brulait… Il hurlait… Il n’arrivait pas à se réveiller, il avait mal, mais il savait que ce n’était pas la réalité car Arthur lui parlait…

Arthur: «Je suis désolé Merlin tu devras partir, ce n’était pas l’âge d’Albion, ce n’était qu’un aperçu… J’ai essayé de te le dire…»

Merlin essaya de rebondir sur une autre vision, mais il ne voyait que morts, famine, froid… Il essayait de fuir puis chaque fois se retrouva sur un bûcher.

La surprise à chaque fois d’être sur un bûcher le déstabilisa tellement et la douleur était tellement réelle qu’il finit par croire qu’il mourrait vraiment… Il était suffoqué, n’arrivait presque plus à respirer… Quelque part, Arthur hurlait d’angoisse pour son ami; mais il ne l’entendait plus…

Hunith l’avait entendu hurler, elle avait essayé de le réveiller en vain, il avait de la température, elle le veilla… Hermine revint plus tôt que prévu, elle n’avait pas su trouver le contact de son époux et comprit son état…

Elle soupira et essaya de le contacter pour le réveiller…

Elle réussit à entendre Arthur qui lui dit: "Sors-le de là, j’ai peur…"

Et elle trouva Merlin perdu dans une vision de lui sur un bûcher et elle hurla à voix haute : "Il brûle, noooooooon ils ne peuvent pas faire ça !"

Hunith eut vraiment peur.

Hermine revint à elle avec de l’horreur dans les yeux, elle fixa sa belle-mère en frottant la cicatrice de son bras, un geste qu’elle ne l’avait plus vu faire depuis longtemps.

Hermine regarda Merlin recroquevillé sur lui-même et qui continuait à hurler, puis elle lui donna une grande claque; avec un appel télépathique que même Hunith put ressentir: "Merlin, ce n’est pas réel, je ne laisserai jamais faire ça, ce n’est pas réel…"

Arthur hurlait aussi : "Ce n’est pas réel, sors de là !"

Nouvelle claque ; il émergea en se relevant d’un coup : «Je brûle!»

Hermine secoua Merlin: «Ce n’est pas réel, je ne laisserai jamais une telle chose arriver tu entends?»

Il mit un moment avant de se rendre compte qu’il ne brûlait pas, puis il respira à grandes goulées… Il attrapa sa femme dans ses bras et s’effondra en larmes : "Ce n’est pas réel… Je ne brûle pas…

Hermine: Ressaisis-toi Merlin, ce n’est pas réel et on fera tout pour que ce ne le soit jamais, tu m’entends?

Il se redressa et secoua la tête : Oui je t’entends, cesse de hurler j’ai mal à la tête…" Puis il regarda sa femme avec un regard penaud : "Tu m’as frappé ?

Elle lui lança un regard noir : Tu veux y retourner ? »

Il eut de l’horreur qui traversa son regard l’espace d’un instant: "C’était quoi ça? Je n’ai jamais eu de visions sur moi-même, j’avais l’impression d’y être…

Hermine : Ça j’avais remarqué.»

Elle inspecta les bras de son mari…

Merlin : « Qu’est-ce que tu fais ?

Hermine : Des fois l’esprit imprime sur le corps."

Et de fait elle trouva des brûlures et il eut un choc.

Hunnit : «Je vais chercher de l’onguent.

Merlin : Non ce n’est pas la peine. »

Il émit un sort de guérison, mais ça draina toute son énergie et il retrouva son jeune visage.

Sa femme le regarda : « Il faut que tu dormes un peu. »

Merlin regarda ses mains jeunes, il se sentait perdu, il avait trop mal à la tête, Hermine avait raison il fallait qu’il dorme…

"Je vais m’inverser, s’il te plaît reste près de moi, dis au petit que je ne suis pas bien…"

Devant son regard angoissé, elle le reprit dans ses bras: "Je suis là Merlin, je suis là; cette chose terrible n’arrivera jamais tu m’entends…"

Mais il n’entendit plus rien, il dormait d’un sommeil profond sans pouvoirs ni visions ni même de rêves.

Le matin, Hermine renvoya ses deux aînés en expliquant que leur père avait eu une vision plus sévère et devait se reposer… Le petit, lui, fut envoyé dans sa chambre en se demandant ce qu’il avait encore fait.

Hermine se retira aussi pour pleurer, elle avait peur, une ancienne peur qui remonte.

Merlin rêva… Comme toujours quand il se coupait de ses pouvoirs, Balinor vint le rejoindre. C’était étrange, il avait le même regard bienveillant que Chaton et il le lui dit: "Ta petite-fille te ressemble tu sais.

Son père lui sourit: C’est vrai qu’elle me ressemble beaucoup cette petite.

Merlin : Il faut que j’essaye de comprendre ce qu’il se passe, je vais mourir ?

Balinor rit : Un jour oui.

Il frissonna : Sur un bûcher ? Ça va tuer Hermine, non il ne faut pas, pas comme ça !

Balinor : C’est une possibilité parmi d’autres Merlin. Le futur n’est pas gravé.

Il secoua la tête : Je ne comprends jamais rien aux visions, il ne faut pas en tenir compte.

Son père : Il se passe un évènement naturel dans un pays lointain Merlin, ce n’est pas le futur, c’est maintenant, et le monde va en être changé.

Il frissonna : Arthur m’a dit que ce n’était pas l’âge d’Albion.

Balinor : Merlin, Arthur a raison, il va falloir que tu écoutes ton ami."

Et il se réveilla. Comme à chaque fois qu’il voyait son père, sa magie revint, et les visions revinrent aussi… Puis il sentit sa femme…

Elle s’était enfermée dans son bureau à la maison des enfants comme pour lire, mais elle ne lisait pas, elle pleurait.

Hunith faisait son minimum dans la maison, il l’embrassa; elle lui dit que le petit était allé jouer avec des amis. Il partit rejoindre sa femme.

Il frappa à la porte et entendit : «Pourquoi frappes-tu ? Je sais que c’est toi, tu peux rentrer.

Il rentra : Ici on frappe avant d’entrer.»

Il sourit, puis devant la petite mine d’Hermine, il ferma la porte et s’approcha lentement…

Merlin : Je suis désolé de t’avoir fait endurer ça.

Elle le regarda interdite: Tu brûles sur un bûcher dans une vision, ce n’est quand même pas ta faute Merlin enfin."

Il secoua les épaules.

Hermine : «Tu crois qu’ils vont revenir les bûchers ?

Il inspira à fond : J’en vois beaucoup dans mes visions… J’ai rêvé de mon père qui dit qu’un événement se passe dans un pays lointain et que le monde va en être changé.

Hermine : Quel événement ?

Il secoua les épaules : Je ne sais pas, peut-être une catastrophe naturelle…

Sa femme : Comme tu y vas? Que vois-tu dans te visions ?

Il s’assit : Je vois des morts inexpliquées, des famines… »

Son regard était perdu dans le vague avec de l’horreur qui passait furtivement dedans.

Elle ouvrit grand les yeux : « Les famines expliquant le retour des bûchers. » Elle hoqueta…

Il soupira : «Je pense que c’est quelque chose sur lequel on n’a pas prise et ça arrive.

Hermine : Pas les bûchers, on vit dans un monde civilisé.

Merlin secoua les épaules : Sans doute…

Elle inspira à fond: Je pense qu’on doit en parler à Gwen.

Merlin : Pas le bûcher ! Je ne veux pas qu’elle prenne une mauvaise décision à cause de ça.

Elle hurla : Si, tu brûles sur un bûcher dans tes visions Merlin.

Il secoua la tête : Ce n’est pas pour ça que ça va arriver, ce n’est qu’une vision. Souvent, en essayant d’éviter quelque chose on le fait venir. J’en ai fait l’expérience. »

Elle soupira, mais elle frissonnait, il regarda la cicatrice de son bras qu’il avait fini par ne plus voir…

Hermine ressentit son regard : «Je ne veux pas, je ne veux pas que tu meures, pas comme ça… »

Il secoua les épaules, que pouvait-il y faire de plus? Il n’était pas encore mort, puis devant les sanglots de sa femme, n’y tenant plus; il fit le tour de la table pour la prendre dans ses bras.

Merlin : « C’est bon je suis-là, je ne suis pas encore mort, c’est bon, ça va aller j’en suis sûr…

***

Les mois passèrent, Merlin était sombre, les visions avaient continué et il vivait dans un décalage entre le monde prospère du moment et ce qu’il voyait, un monde déchiré par la guerre et la haine!

Il avait été trouvé Gwen pour lui expliquer qu’il y avait un événement dont il ignorait la nature, mais qui allait changer le monde…

La reine était aussi perdue que lui, et ne sut quoi faire de cette information, comme lui.

Il fit la rencontre de la famille d’Ismée et rencontra son fils, un charmant bambin de trois ans, qui ressemblait beaucoup à son oncle… Sauf que… C’était un sorcier.

Gwen était très attachée au petit, et avait décidé qu’il lui succéderait, avec Yvain comme tuteur si jamais elle partait trop tôt.

Arthur était ému aussi, il était toujours ému quand Merlin allait voir Gwen, et le petit sorcier qui lui ressemblait l’émut aussi…

Merlin lui dit : «Alors tu es d’accord qu’un petit sorcier devienne roi de Camelot?

Arthur fut scié : Tu me parles?

Merlin : Oui peut-être. »


macrale  (03.10.2014 à 07:16)

Chapitre 20

L’étrange brouillard chargé de particules volcaniques arriva au royaume de Camelot cet été-là, le soleil était presque caché… Les gens eurent peur de l’incompréhensible, et ils avaient raison, le nuage de particules volcaniques était chargé de poison.

Merlin fut appelé d’urgence au village, il se passait quelque chose lorsque les gens allaient moissonner, ils revenaient malades et certains mourraient… Hunith aussi était tombée malade.

Il pleura : «Ça commence…»

Il rentra d’urgence, juste le temps de dire au revoir à sa maman… Elle était allée se promener dans les champs et avait respiré des vapeurs toxiques, ses poumons étaient atteints. En fait, les poumons de tous les malades étaient dans le même état, il semble que l’air était vicié.

Il avertit tous les villageois de rester confinés chez eux et tant pis pour les moissons.

Une des petites filles passées à la maison des enfants, qui avait grandi, avait fait mettre en place un réseau télépathique avec des gens qui relayaient des nouvelles sur de très grandes distances. Elle vint lui dire que cela se passait sur tout le pays, et aussi dans d’autres pays.

Les gens avaient peur, ne comprenant pas ce qu’ils avaient fait de mal, cet été-là il y eut un nombre record de morts, et un nombre record de conversions à la nouvelle religion.

Merlin n’eut pas trop le temps de pleurer Hunith, il avait tenté de soigner autant de gens que possible et d’expliquer aux gens qu’il s’agissait d’un phénomène naturel. Mais peu de gens comprenaient, beaucoup pensaient qu’il s’agissait de magie noire. Il ne pouvait pas leur en vouloir, lui-même ne comprenant pas le phénomène… Et de mémoire d’homme, personne ne se souvenait d’une chose pareille.

Les poussières du volcan étaient montées tellement haut qu’elles retombaient partout en Europe, bien sûr à l’époque personne ne savait ce qu’était une éruption volcanique et ce brouillard étrange qui masquait le soleil en plein été et tuait les gens allait marquer le coup sur l’acceptation de la magie dans le royaume.

Petit à petit, les gens demandaient qu’on trouve le responsable de cet étrange brouillard…

La vie suivait quand même son cours, mais l’hiver fut encore plus terrible… Un hiver terriblement froid et long, déjà que les moissons abandonnées n’avaient pas donné beaucoup…

Les gens se plaignaient beaucoup mais Merlin savait qu’il ne s’agissait que du commencement… Il allait devoir tous se serrer la ceinture…

***

L’hiver suivant fut tout aussi terrible, les gens étaient en colère, ils leur fallait un responsable pour expliquer l’inexplicable et se venger de leurs pertes dramatiques… Certains bruits couraient sur un sorcier isolé aperçu fuyant d’autres villages, à Ealdor comme dans le village voisin on organisa une battue pour le retrouver. Merlin et Hermine en eurent des nausées… On ne sut jamais qui c’était ni si oui ou non, on l’avait attrapé; la première épidémie arrêta les masses populaires dans leur élan de haine…

Le choléra fit son terreau d’une population déjà bien dénutrie, Merlin et Hermine eurent beaucoup de travail pour soigner la population. Cette année-là, les bûcher furent là, mais pour contenir la maladie…

A Ealdor, la famille de Merlin était peu mise au banc des accusateurs, parce qu’ils aidaient beaucoup, mais dans l’esprit des gens la sorcellerie était responsable de leur sort…

Il était pris dans des conversations hautes en couleur de haine vis-à-vis des sorciers, puis chaque fois les gens comprenaient à qui ils crachaient leur fiel et se rattrapaient toujours en lui disant: "Mais pas toi Merlin, tu es un grand médecin tu nous aides tous."

Un soir, alors qu’Hermine et Merlin étaient épuisés d’avoir fait leur possible pour contenir l’épidémie, le mari de Chaton déboula dans la maison en hurlant : «C’est Chaton vite… »

Ils accoururent au chevet de leur fille pour lui sauver la vie in extrémis, une heure de plus ils n’auraient rien su faire… Son père paniqué mit à contribution ses dernières énergies pour sauver sa fille. Le mari de Chaton le vit sous son vrai jour…

Merlin le regarda avec son visage jeune terriblement pâle et fatigué, mais paniqué… Son beau-fils, qui mit quand même plusieurs minutes à se remettre de la vérité le concernant, le rassura en lui rappelant qu’il était quand même son beau-fils, et que si même ses pouvoirs étaient peu puissants et qu’il put passer pour un non sorcier, il avait épousé une puissante sorcière.

Il lui confia son ressenti, il n’avait pas choisi de ne pas vieillir, il allait survivre à sa famille et c’était à son sens un malédiction… Et son beau-fils le comprit.



L’année suivante ne fut pas plus florissante, ni celle d’après… Guilhem allait sur ses seize ans, c’était un homme. Il choisit de se convertir à la religion du Dieu unique à la surprise générale et claqua la porte de la maison familiale en les traitant tous de monstres sanguinaires…

Merlin encaissa très mal le choc, il ne l’avait pas vu venir, occupé comme il était… Il n’avait pas vu son propre fils commencer à les haïr parce qu’ils étaient sorciers… Il s’enferma dans son bureau de la maison des enfants et ne voulut voir personne durant des jours…

***

L’Europe était à feu et à sang, les guerres de religion s’étendaient… La guerre était aux frontières du royaume de Camelot… Les bûchers aussi!

La vision de Merlin de sa propre mort sur un bûcher devint récurrente… Hermine se rendit un jour seule à Camelot, elle voulait s’entretenir avec Gwen sur… Le sort de son époux.

Elles en avaient discuté durant des jours, elles ne voyaient d’autre solution que de le faire partir très loin si jamais les choses se gâtaient… Gwen lui mit au point un plan d’évasion secrète, contre son gré bien sûr car il était évident que Merlin ne laisserait jamais Hermine de son plein gré.

Gwen : «Pourquoi ne pars-tu pas simplement avec, Hermine ? Il a toujours voulu t’emmener voyager ?

Elle, effondrée et en larmes : Neige s’est enfin décidé à se marier et Chaton attend son premier; je ne pourrai jamais partir…

La reine : Mais lui non plus ?

Elle soupira: D’abord, je préfère le voir loin de nous mais vivant plutôt que de le voir brûler sur un bûcher… Ensuite…" Elle se tut!

Gwen : «Ensuite ?

Elle soupira très fort : Il me haïrait s'il savait que je te dis ça ; il n’en a pas fini de sa destinée !

La reine émit un cri de surprise : La prophétie ? Mais Arthur est…

Hermine la reprit: Arthur n’est pas mort, son âme est coincée quelques part en attendant que la magie Sidhe fasse son effet !

Gwen respira à grandes goulées : Comment sais-tu ça ?

Hermine : C’est Arthur qui me l’a dit.

La reine : Mais comment…

Hermine : Le jour où j’ai testé Merlin je l’ai vu, comme je te vois… S'il ne vieillit pas, c’est qu’il y a une raison… Sa plus grande donnas… C’est…"

Elle reprit son souffle : «Merlin est le portail d’Arthur ; c’est le portail du retour du grand roi, je n’ai aucune idée de comment ça marche ni comment cela va se faire… Mais il n’a pas fini sa destinée… Maintenant plus que jamais, on doit œuvrer pour le retour d’Albion; les bûchers sont à nos portes! Il doit partir… Je l’ai toujours laissé partir pour son roi… Merlin doit vivre !"

La reine en larmes, les mains jointes sur le visage, regarda Hermine s’effondrer aussi en larmes ; elle la prit dans ses bras et elles pleurèrent sur leurs hommes perdus.

***

Guilhem s’installa au village comme comptable, où il fut apprécié de tous. Il faisait partie de ce mouvement de villageois qui en avaient assez de payer des impôts pour le fonctionnement d’une école et d’une maison des enfants qui accueillait des sorciers qui pouvaient s’avérer être de dangereux sorciers qui usent de magie noire, et accessoirement d’enfants dont les parents n’avaient pas les capacités de payer des études… Pourquoi fallait-il que la communauté paye pour ces fainéants, ce n’était pas juste… Et avec les récoltes mauvaises depuis des années, cela n’avait pas de sens, on ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde !

Ce courant de personnes pensait aussi que si le grand sorcier de la légende Emrys avait existé, seul un sorcier d’une telle puissance aurait pu déclencher des événements tels que le brouillard mortel, le climat qui se dérègle où les épidémies répétitives… Il fallait attraper ce « fléau » sur pattes et le brûler pour mettre fin à la crise. Peu de gens savaient que Merlin et Emrys étaient la même personne, et beaucoup doutaient de son existence, seuls les plus vieux savaient qu’il avait existé, comme les dragons.


macrale  (10.10.2014 à 10:09)

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