Le bureau de Monsieur Scheffield
Maxwell est en train d'écrire ; dans son dos, Niles époussette les bibelots de la bibliothèque, d’un air rageur. Il Marmonne des paroles incompréhensibles
Maxwell relève la tête, ôte ses lunettes et pose son stylo. Il met les mains à plat sur le bureau -
Max (air décidé) : Alors, Niles ! Qu’est ce qui ne va pas, mon vieux ? Je vous sens boudeur et bougon !
Niles (Il fait le tour du bureau et prend appui sur celui-ci puis, d’un ton outragé) : Je suis triste, Monsieur, de voir qu’après toutes ces années de vie en commun, de confidences, de conseils, vous n’avez toujours pas confiance en moi !
Maxwell le regarde d’un air interrogateur
Niles (sur le ton de la confidence) : Miss Fine m’a tout raconté…
Max (Sceptique) : Ah ! Oui ? (il marque un temps d’arrêt, puis avec un petit sourire moqueur) je n’en reviens pas qu’elle ait osé vous dire ce qu’elle pensait réellement de vous et à quel point vous étiez parfois …
Niles (surpris et déçu) : Miss Fine a dit du mal de moi ?! Oh non ! Monsieur, ce n’est pas possible ; je ne peux pas croire cela ! (Il tombe, assis sur le canapé du bureau) Elle est mon amie… Comment dire… entre nous, c’est mieux qu’une histoire d’amour ! (Il tourne la tête et regarde Maxwell, de côté) Elle est tellement spontanée, naturelle, franche et tellement mmm… sexy, tellement…
Max (abasourdi) : Dîtes donc, mon vieux ! Mais je vous interdis de parler de Fran de cette façon ! Elle est à moi… heu…- Il s’empêtre - à moitié sincère dans ses paroles et ses comportements, vous le savez !…Il ne faut pas toujours prêter attention à ce qu’elle dit… (Il souffle en levant les yeux au ciel)
Niles (il se lève précipitamment, s’approche du bureau et se penche vers Maxwell, une lueur excitée dans le regard) : Oh ! Monsieur ! Je l’ai vue ! Je l’ai vue !…
Max le regarde, interrogateur
Niles (toujours excité) : Oui ! Cette petite étincelle dans vos yeux que je n’avais plus décelée depuis… Oh, depuis tellement longtemps ! (puis sur un ton suppliant) Je le sais ! Vous l’avez fait, n’est ce pas ? Oh ! Dîtes-le moi, Monsieur ! Je vous en prie ! Vous lui avez dit que vous l’aimez !…
orelye (08.11.2005 à 11:47)
Le visage de Maxwell s’éclaire – il sourit d’un air enfantin –
Max (le regard rêveur) : Et bien oui ! Je l’avoue ! (il se lève de sa chaise) Oh Niles ! C’était magique…Je ne croyais jamais plus prononcer ces paroles … Je me sens si heureux !
Niles : Oh ! Félicitations, Monsieur ! J’ai tellement attendu ce moment ! (Il se retourne en serrant le poing) J’ai gagné ! J’ai gagné !
Max (surpris) : Que dîtes-vous Niles ?
Niles : Heu… Un arrangement entre Miss Babcock et moi…
Max : Niles, sérieusement ; je compte sur votre discrétion. Miss Fine et moi nous sommes engagés à ne rien dire pour l’instant. Vous comprenez, je ne voudrais pas qu’elle croit… que je n’ai pas de parole…
Niles (une lueur malicieuse dans les yeux) : Oh non ! Monsieur ! Tout le monde sait bien que vous, vous êtes un homme de confiance et que c’est Miss Fine qui ne sait pas tenir sa langue !…
Il sort du bureau
Max (pas très fier de lui) : Heu… Oui…C’est vrai…
orelye (08.11.2005 à 11:49)
La cuisine
Niles est en train d’essuyer la table de la cuisine – C C entre pour se servir une tasse de café.
CC : dîtes, le prince du chiffon, nous avons un compte à régler tous les deux…
Niles (pensif) : Vous ne croyez pas si bien dire, miss Babcock, j’étais en train de me demander de quelle manière j’allais pouvoir employer cet argent…. J’ai pensé à…
CC (surprise puis avec un rire moqueur) : Quoi ? (un silence) Il vous arrive de penser ?! (rire puis enchaînant sur un ton sérieux) bon, trêve de plaisanterie, vous me payez en chèque ou en espèces ?
Niles (Il se rapproche d’elle avec un sourire sarcastique et se penche à son oreille en plissant les yeux) : Miss Babcock, je sais que cela va appauvrir votre petit cochon et anéantir votre petit cœur solitaire et malheureux, mais Monsieur Scheffield s’est enfin décidé à…
A ce moment précis, Maxwell entre dans la cuisine d’un pas décidé
Niles : …à… embaucher une jeune assistante pour vous aider.
Maxwell le regarde d’un air surpris
CC (surprise puis révoltée) : Mais je n’ai pas besoin de…et je ne veux pas rémunérer qui que ce soit… (Pleurnicharde) Mais pourquoi ?… Qu’est ce que j’ai fait de mal ?
Elle se tourne vers Maxwell
CC : Je ne vous suffis pas Maxwell ? Moi qui suis tout entière à vous, disponible, dévouée…
Niles (moqueur)…Prête à se sacrifier corps et âme à toute heure du jour et de la nuit !…
Max (dans l’incompréhension) : Mais enfin, de quoi parlez-vous tous les deux ?
orelye (09.11.2005 à 17:50)
Niles (A voix basse, il se rapproche de Maxwell et lui fait, avec l’index, le signe de la folie) : Elle disjoncte...
Max (Il approuve de la tête, se tourne vers CC et sur un ton conciliant et rassurant) : Nous reparlerons de tout cela plus tard, CC. Tenez, allez vous changer les idées ; j’ai un scénario à récupérer au théâtre ; allez le prendre. On se revoit tout à l’heure…
CC (le regard dans le vague et l’air égaré) : Mais…
Niles (il la prend par le bras et la pousse dehors) : Allez Miss Babcock ! Un peu de courage. Rassurez-vous… (et en refermant la porte derrière elle) …le plus dur reste à venir !
Max (réprobateur) : Dîtes-moi un peu ce que votre esprit tortueux a encore inventé comme sornette ?
Niles (sur un ton innocent) : Oh ! Rien Monsieur ! (avec un sourire diabolique) J’essaye seulement de la préparer en douceur à ce qui l’attend dans les jours à venir, vous savez bien… (il le regarde d’un air complice) Quand je pense à l’immense déception qui va l’envahir… puis l’anéantir quand vous lui révèlerez vos sentiments pour Miss Fine, je me sens …
Max (compatissant) : …Coupable ?
Niles (avec un sourire malicieux) : …Si excité !!!
Maxwell pousse un soupir excédé et lève les yeux au ciel
Max (il se dirige vers la porte de la cuisine, une tasse à la main) : Savez-vous où est Miss fine ?
Niles : Sortie, Monsieur. Elle avait rendez-vous, je crois, avec Miss Toriello.
orelye (09.11.2005 à 17:55)
Au bar
Fran et Val se sont données rendez-vous dans un bar pour célibataires – elles sont assises à une table et dégustent un cocktail.
Fran (en sirotant son cocktail) : Alors, comme je te le disais Val, nous étions captives du sultan ; et là, alors que tout semblait perdu et… (elle lui pose la main sur le bras, sur un ton inquiet) que je ne pensais jamais te revoir…
Val pousse un soupir d’effroi
Fran : …Monsieur Scheffield est apparu !
Val (admirative) : Ho !…
Fran (un sourire rêveur sur les lèvres) : Si tu l’avais vu, Val ! Il était si beau, si grand, si fort, si invincible !…
Val (les yeux écarquillés) : Qui ? Le sultan ?
Fran : Mais non ! VAL ! Monsieur Scheffield…Enfin Max…
Val (curieuse) : Et alors ?
Fran : Et bien, nous nous sommes expliqués ; il m’a dit qu’il me voulait comme nounou et rien d’autre (mine dépitée de Val) mais, au fond de moi, je sentais bien que c’était une ruse. Et tu ne devineras jamais ce qu’il a osé faire ?
Val : Qui ? Monsieur Scheffield ?
Fran : NON VAL ! Le sultan ! (Elle la regarde d’un air découragé et lève les yeux au ciel puis elle reprend son air sérieux) Il nous a presque mis à la porte, te rends-tu compte ?!
Val (effarée) : Han !… (elle réfléchit, la tête appuyée sur les deux mains, le regard dans le vide) Oh ! Tout cela est si romantique, Fran !…
orelye (10.11.2005 à 16:56)
A ce moment précis, Sylvia et Yetta pénètrent dans la salle et s’approchent de leur table
Fran (surprise) : M’man ! Grand-mère Yetta ! Mais qu’est ce que vous faites ici ? C’est un bar pour personnes seules, vous savez !
Sylvia (elle hausse les épaules et regarde Fran de côté) : Et alors ?!…
Yetta (admirative) : Dis donc Franny ! Cet endroit est rempli de beaux spécimens ! (puis s’adressant à Sylvia, d’un ton contestataire) Pourquoi n’est t’on pas venues ici plus tôt ?…
Fran (indignée) : Yetta ! Ces hommes sont beaucoup trop jeunes pour toi !
Yetta (imperturbable) : Quand j’ai connu ton grand-père, il était aussi jeune qu’eux !…
Fran (résignée) : Oui … C’était il y a plus de cinquante ans, Yetta !…
Yetta hausse les épaules avec une expression de femme incomprise.
Sylvia (sur le ton de la confidence) : Alors, que me raconte ma petite fille ? (Elle lui prend la main gauche) Toujours pas de bague de fiançailles ?… (dépitée) Mais qu’est ce que j’ai donc fait au bon Dieu ? (Sans transition, elle regarde tout autour d’elle d’un air intéressé) Crois tu que tous ces hommes soient disponibles ?
orelye (10.11.2005 à 16:59)
Fran (surprise et indignée, elle pose précipitamment son verre) : M’man ! Je te rappelle que tu es mariée !
Sylvia (naturelle) : Je vois pas le rapport… Quand je passe devant la vitrine du pâtissier, je ne mange pas tous les gâteaux exposés… (elle se passe la langue sur les lèvres, d’un air gourmand) Et puis c’est à toi que je pense, ma chérie …
Fran (avec un sourire résigné) : Mais, bien-sûr…
Sylvia (pensive) : Je ne comprends pas… Plus de cinq ans d’attente pour en arriver là !
Yetta (Un sourire aux lèvres, l’air perdu dans ses souvenirs) : Oh ! Ton grand-père aussi m’a fait languir, tu sais, ma petite fille ; On s’est rencontrés un vendredi à la sortie du cinéma. Il a attendu jusqu’au samedi soir pour me dire qu’il m’aimait !…
Fran (résignée) : Oui, Yetta…
Sylvia (d’un air décidé) : En tous cas, ma chérie, j’ai pris une décision : Je ne mettrai plus les pieds dans cette maison de luxe tant que cet homme ne se sera pas déclaré… s’il le fait, un jour …
orelye (10.11.2005 à 17:02)
Fran (songeuse) : Tu sais, M’man, dis-toi bien que, dans notre intérêt à tous, je ne répèterai jamais cela à Maxwell, parce qu’à mon avis…Il ferait durer le plaisir ! Tu vois ce que je veux dire ?!…
Val, Yetta et Sylvia (ensemble, avec une mine d’incompréhension) : Non…Je ne vois pas…
Fran lève les yeux au ciel, découragée.
orelye (10.11.2005 à 17:03)
Le bureau de Maxwell
Fran (Elle frappe à la porte du bureau et l’entrouvre) : Toc toc ! Personne en vue ?
Maxwell (Il est assis à son bureau ; à la vue de Fran, il pose ses lunettes et un grand sourire éclaire son visage) : Non, la voie est libre. Venez vite vous asseoir là (il tapote sur le bureau)
Fran (charmeuse) : J’ai besoin de ma drogue… (avec une petite moue, elle se penche vers lui)
Max (séducteur) : Fran, je vous aime. (Il l’embrasse) Tout va bien, mon cœur ? (Il lui prend la main)
Fran (avec un sourire) : Oh ! Oui ! Je nage dans le…mensonge ! J’ai menti à Niles, à Val, à M’man… (Elle lève les yeux au ciel) Mon Dieu ! Pardonnez-moi ! (Elle change de ton, incrédule) Je n’arrive pas à croire que j’ai réussi à tenir ma parole ! C’est incroyable comme vous avez le don de me rendre meilleure … !
Max lui sourit, un peu gêné.
A ce moment, Grâcie fait irruption dans le bureau, sans frapper à la porte. Maxwell lâche précipitamment les mains de Fran.
orelye (11.11.2005 à 17:03)
Grâcie (en colère) : Fran ! Je vous cherche partout ! Imaginez que Maggie a raconté à Jody, mon nouveau copain (vous savez, le neveu du rabbin) que c’était la première fois que je sortais avec un garçon !
Fran (avec un sourire curieux) : Oui, ma chérie. Et alors ?
Grâcie (indignée) : Et bien, c’est faux !
Fran et Max la regardent, interloqués.
Grâcie (sur un ton pleurnichard) : Pour qui je vais passer, moi, maintenant ?! Il va me prendre pour une cruche !
Max (inquisiteur) : Heu…. Je peux savoir à quelle place se situe ce jeune homme, si ce n’est pas le premier ?…
Grâcie (elle réfléchit) : Heu…
orelye (11.11.2005 à 17:06)