Fran (elle l’interrompt) : Peu importe… (sur un ton de conseil) La chose essentielle est que tu lui montres qu’il n’est pas le premier. Tu comprends, certains hommes ont parfois un peu peur…
Max (indigné) : Miss Fine !!!
Fran (elle continue sur sa lancée) : Remarque, tout compte fait, le comportement effarouché peut aussi plaire… Je me souviens de…
Max : MISS FINE !!!
Fran (elle tient Grâcie par les épaules) : Oh ! Ca va ! J’essaye seulement d’aider cette petite à un âge délicat où les premiers contacts avec les hommes marquent toute la vie sentimentale. Tiens, regardez, moi… A treize ans, je suis tombée amoureuse d’un garçon qui m’a ignorée pendant des années ; je n’ai pas pu sortir avec un autre garçon jusqu’à ce qu’il se marie… (songeuse) Oui, je vous le dis, les amours de jeunesse conditionnent toute la vie … !
Grâcie : En tous cas, Maggie lui a menti et ça ne se fait pas, n’est ce pas, Fran ?
Fran (amusée) : Demande à ton père ; c’est un spécialiste des grands principes !
Max (gêné) : Oui, ma chérie… Maggie a eu tort de mentir. Je lui parlerai.
Grâcie (en colère) ; Oui, parce que je ne veux pas qu’elle me casse un autre coup !
Elle sort du bureau en claquant la porte.
orelye (11.11.2005 à 17:09)
Fran (par-dessus le bureau, elle se penche vers Maxwell) : Alors, Monsieur le grand moralisateur, quel effet ça fait le " faites ce que je dis – ne faites pas ce que je fais ? "
Max (Il secoue la tête) : Oh ! Et vous avec vos conseils !… Grâcie n’a que douze ans ! C’est encore une enfant ! Elle est innocente et pure et …
Fran (moqueuse) : Eh ! Peter Pan ! Atterrissez un peu ! Le Petit Poucet va vous montrer le chemin !…
Max hausse les épaules, Fran lui passe la main dans les cheveux
C.C entre dans le bureau ; elle marche comme un automate, le regard absent et l’air hagard.
Fran et Maxwell s’écartent l’un de l’autre.
orelye (15.11.2005 à 11:54)
CC : Maxwell, il faut que je vous parle sérieusement.
Max (sur un ton distrait) : Oui, C C, qu’y a t-il ?
CC (effondrée) : Je ne comprends pas que vous ayez besoin d’une autre personne, en plus de moi ; depuis vingt ans, maintenant, j’ai accompli ma tâche avec rigueur et passion. Je vous ai donné mes plus belles années. Je vous ai sacrifié ma jeunesse. (Elle se tamponne les yeux et se mouche bruyamment) J’ai toujours été à vos côtés, patiente, soumise, aimante… J’ai guetté, chaque jour de toutes ces années, un mot, un geste de reconnaissance. J’ai même tiré un trait sur ma vie privée pour être plus près de vous… Maxwell, je ne supporterai pas qu’une autre femme se glisse entre nous…
Max (il la regarde, éberlué; puis, sur un ton résigné) : Je ne me pose même pas la question de savoir qui vous a mise au courant … (A ce moment précis, Niles fait irruption dans le bureau en faisant de grands signes de négation avec la tête) …Mais vous devez accepter l’idée que j’aime…
Niles (en interrompant Max) : …Vous mettre en boîte, question d’entretenir une ambiance de travail détendue et amicale…
CC (bouche bée : Quoi ?! Vous voulez dire que tout ceci n’était qu’une plaisanterie ?! (elle regarde fixement Maxwell, indignée) C’est de mauvais goût, Maxwell, vraiment de très mauvais goût !…
Niles (il attrape CC par le bras et la pousse vers la porte) : Allez venez CC…Un petit verre de Chablis vous fera oublier tout cela …
Ils sortent, Niles tourne la tête vers Monsieur Scheffield et pousse un grand soupir de soulagement
Maxwell et Fran regardent la porte, incrédules, ils lèvent les mains et les épaules dans un signe de totale incompréhension.
orelye (16.11.2005 à 23:19)
La salle à manger
C’est l’heure du petit-déjeuner - Niles est debout, près du buffet ; il prépare les assiettes
Max et les enfants sont assis autour de la table.
Fran entre dans la pièce – Elle est habillée d’un superbe tailleur noir et jaune et semble en pleine forme –
Fran (d’un ton alerte) : Bonjour, tout le monde !
Max (surpris et ébahi) : Déjà prête, Miss Fine ?!?
Fran (avec un sourire coquin) : Et oui ! Aujourd’hui, je me sens, comment dire… explosive !
Max (coquin à son tour) : Oui… De la vraie dynamite ! (puis, sur un ton charmeur) Vous êtes heu… extraordinairement sexy, ce matin !
Fran (elle s’assoit et, charmeuse, se penche imperceptiblement vers lui) : Cela me touche beaucoup, de la part d’un homme… incroyablement séduisant …
Tous les deux se sourient ; ils se rapprochent et se mangent des yeux
L’un après l’autre, Maggie, Brighton et Grâcie cessent de manger – tous trois, figés, regardent Max et Fran; un grand silence règne dans la pièce
orelye (21.11.2005 à 21:31)
Maggie (sur un ton provocateur) : Papa ?
Max (distrait, toujours captivé par Fran) : Oui, chérie…
Maggie (moqueuse) : J’ai prévu de passer la nuit chez mon petit ami ; je pense que tu n’y vois aucune objection ?…
Max (Il la regarde distraitement) : Non, aucune objection, ma chérie
Brighton (Il enchaîne) : Moi, j’aimerais bien que tu signes le chèque pour le voyage qu’on a prévu de faire avec mes copains en Italie ; et… Si tu pouvais y ajouter un peu d’argent de poche…
Fran (elle tourne lentement la tête, le regarde par en dessous, le regard noir) : Ne pousse pas, Brighton !
Brighton hausse les épaules; Niles continue à servir le petit déjeuner; Maxwell a enfin détaché son regard de Fran; il boit son café.
Grâcie (sur un ton un peu excédé) : Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’impression qu’on nous cache quelque chose, ici…
orelye (21.11.2005 à 21:34)
Max la regarde, surpris et se tourne vers Niles qui lève les mains et les yeux au ciel en signe d’incompréhension.
Niles (avec une moue boudeuse) : Je vous jure, monsieur, que je n’y suis pour rien …
Max (résigné) : Les enfants, Miss fine et moi avons quelque chose d’important à vous dire (il prend la main de Fran) Voilà…
Grâcie (elle l’interrompt, sûre d’elle) : Oh ! On sait ! Tu t’es enfin décidé à dire à Fran que tu l’aimais…
Brighton (qui continue paisiblement à déjeuner) : Ce qui, entre nous Papa, a pris quand même un certain temps !…Tiens, passe-moi le pot de confiture… (Il hoche la tête, pensif) Etonnes toi après cela que j’ai tant de mal à aborder les filles ! Avec l’hérédité que je traîne !…
Maggie (Elle enchaîne calmement) : …Mais, comme en matière de sentiment, tu es un peu coincé du ciboulot… (Max a un hoquet et Fran sourit) tu as décidé de ne rien dire à personne afin de te ménager encore un tout petit peu de temps…
Grâcie : …Et être sûr que pour nous, tout irait bien… C’était pas la peine d’en faire une histoire ! Nous, ça fait des années qu’on espère que Fran et toi, vous… (elle prend un air malicieux et rit) enfin, tu vois ce que je veux dire !… (Max la regarde, interrogateur - Grâcie se tourne vers Fran) comment dîtes vous Fran ?
Fran (sans réfléchir) : bing bing …
Max (interloqué) : Miss Fine !
orelye (27.11.2005 à 11:18)
Fran (inquiète) : Max, ne me dîtes pas que vous n’avez pas l’intention de …
Max : Mon Dieu Fran, est-on vraiment obligés de parler de ces choses là ?!…Et devant les enfants !…
Fran (ironique puis avec un air gourmand) : En parler, non…Mais les faire…
Max est indigné (Il ne trouve rien à rétorquer - Fran et Niles sourient)
Grâcie (avec un grand sourire) : Moi, je suis heureuse par ce que, maintenant, je sais que Fran ne nous quittera jamais
Brighton (il s’essuie la bouche et se lève de table) : Bon, et bien c’est pas tout ça mais moi, je n’ai pas que cela à faire …Et en plus, je suis en retard …
Maggie (qui fait de même) : Attend moi, Brighton, on part ensemble. A ce soir, tout le monde !
Brighton (Il s’approche de son père et lui met la main sur l’épaule) : Ah ! Au fait, papa, bravo ! (Maxwell lui sourit) Tu t’es déclaré…C’est bien. Ca y est, tu es enfin devenu un homme ! …
Max manque s’étouffer. Tous éclatent de rire.
Maggie et Brighton sortent de la pièce.
orelye (27.11.2005 à 11:19)
Fran (Elle se lève et prend place, débout, derrière Max - elle met les mains sur ses épaules) : Garder le secret sur notre relation était une brillante idée, Maxwell ! Ouais ! …Et je suis bien heureuse de ne pas l’avoir eue !… "
Max (toujours pensif) : Je n’arrive pas à croire que les enfants étaient au courant …Et qu’ils attendaient cela depuis … "
Fran (le regard dans le vague, un peu ébahie) : …Des années… " (elle se parle à elle-même) Et bien, si j’avais pu deviner cela, j’en aurais drôlement profité !… (elle se frappe le front) Mais comment n’y ai-je pas pensé plut tôt ?!…
Max lève la tête et sourit à Fran
Niles (Il se rapproche de Maxwell, puis avec un sourire sardonique) : Monsieur, m’autorisez-vous à annoncer la nouvelle à Miss Babcock ?
Max (quelque peu soulagé) : Bien-sûr Niles !… Cela m’évitera de la faire moi-même !…
Niles (sur un ton enjoué et excité) : Oh ! Merci ! Merci ! (en chantant sur l’air de la Marseillaise) …Le jour de gloire est arrivé !…
Il sort précipitamment de la pièce.
orelye (19.12.2005 à 11:45)
La cuisine et le salon
CC (Elle ferme le réfrigérateur et se verse un verre de jus d’orange – sur un ton assuré) : Je ne sais pas pour quelles raisons je vous donnerai cet argent, vu qu’en l’occurrence, c’est moi qui ai gagné ce pari !
Niles (Il se rapproche d’elle et articule distinctement) : Miss Babcock ! Je crois que vous n’avez pas bien compris ce que je vous ai expliqué : Monsieur Scheffield est A-MOU-REUX de Miss Fine et il s’est enfin DE-CLA-RE.
CC (très sûre d’elle) : …Balivernes ! Maxwell n’aime que moi ! Vous comprenez, je fais partie de ces femmes que les hommes mettent du temps à découvrir…
Niles (ironique) : Oui… à Soixante ans !…
CC (elle sourit, le regard rêveur, rien ne l’atteint) : Il ne le sait pas encore mais un jour, la vérité se révèlera à lui et nous pourrons enfin afficher notre amour aux yeux du monde entier … (Elle prend son verre, sort de la cuisine – Niles la suit) Et, ce jour-là, à moi la gloire et le bonheur…
Elle entre dans le salon, Niles sur ses pas - Maxwell est assis sur le canapé, Fran sur ses genoux – ils s’embrassent tendrement – Ils ne voient, ni n’entendent personne
CC s’arrête sur place, la mine décomposée
Niles (Il s’approche derrière elle et lui murmure à l’oreille) : … Et à moi la fortune !…A boule le fric, Babcock !
orelye (19.12.2005 à 11:49)
SCENE FINALE
La cuisine
Sylvia est assise à table – Elle mange un gâteau – Niles se verse un café, debout derrière le comptoir
Sylvia (Elle pleurniche) : Mais qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça ?! Ma petite fille a osé me mentir…A moi ! (Elle renifle) Je n’arrive pas à y croire, après l’éducation que je lui ai donnée !… (Elle se mouche bruyamment) vous rendez vous compte, Niles, me cacher une chose pareille, à moi qui ne vis que pour ça depuis des années !…
Niles (consolateur) : Allons, Allons, Sylvia ! Ce n’est pas si terrible que cela ! (Sylvia le regarde d’un air interloqué) C’est le résultat qui compte ! Monsieur Scheffield s’est enfin déclaré ! (Niles sourit) Voilà enfin notre vœu le plus cher qui va se réaliser ! N’est ce pas merveilleux ?
Sylvia (la bouche pleine) : Si… (Puis sur le même ton geignard) Mais ce mensonge… à sa mère… Elle ne m’a jamais rien caché !…
Niles (confident) : Vous savez, c’est Monsieur Scheffield qui lui a demandé de garder le secret !…
Sylvia (Elle l’interrompt, d’un air songeur) : Il lui a imposé cela ?!… Tout compte fait, je ne sais pas si cet homme est bien pour elle…
orelye (19.12.2005 à 11:52)