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Série : Sanctuary
Création : 16.09.2012 à 22h31
Auteur : Izabel65
Statut : Abandonnée
« Il s'agit d'un crossover entre Sanctuary et Castle. Résumé : Un phénomène s'échappe lorsque le convoi qui l'amène au sanctuaire est attaqué. Un couple et leur enfant sont attaqués » Izabel65
Cette fanfic compte déjà 8 paragraphes
1 : Fuite
Le Sanctuaire, mardi 20h35.
Installée à son bureau, Helen Magnus buvait tranquillement son thé, lorsque le visage d’Henry apparut sur son écran.
- Magnus, nous avons un problème.
- Que se passe-t-il ? Elle s’enfonça dans son fauteuil en soupirant.
- J’ai perdu tout contact avec le convoi. Will et Kate ne répondent pas et la localisation par satellite ne fonctionne plus.
- Où étaient-ils lors du dernier contact ?
- Ils traversaient les Appalaches ; ils étaient à moins de cent kilomètres du Mont Pocono.
- Et le phénomène qu’ils acheminaient ? Elle avait posé la question tout en connaissant par avance la réponse.
- Rien, sa puce émettrice n’envoie aucun signal.
- Que Bigfoot vous aide à préparer l’hélicoptère et tout le matériel pour une recherche en forêt. Nous partons dès que tout est prêt.
- Vous croyez qu’ils se sont fait attaquer ?
- Je n’en sais rien Henry. Mais notre priorité reste la récupération du phénomène.
- Bien.
Elle put voir son air inquiet avant qu’il disparaisse de l’écran. Il se faisait du souci pour Will et Kate. Elle aussi, naturellement, elle eut un geste d’humeur. Pourquoi fallait-il toujours qu’un petit grain de sable vienne enrailler la machine quand, pour une fois, tout allait bien!
Elle se prépara et se rendit sur le toit pour réfléchir. Elle savait qu’un certain Dr Hanz Liebermann, ancien membre de la Kabale, recherchait lui aussi un spécimen d’Homo pantherinae. Il menait des expériences sur la génétique et le croisement des espèces. Dans quel but ? Elle n’aurait pu le dire ; mais le seul fait qu’il faisait partie de cette organisation, qui lui avait prit sa fille, ne laissait présager rien de bon.
Elle fut tirée de ses pensées par un appel de Bigfoot.
- Nous sommes prêts à partir Dr Magnus.
- Parfait, j’arrive.
Les Appalaches, une heure plus tôt.
- Kate, laisse-moi te remplacer.
- C’est bon, je peux encore conduire un moment.
- Ça fait déjà plus de six heures ! En plus sur une route de montagne qui te demande beaucoup d’attention.
- Ok Dr Zimmerman, je m’arrête dès que je peux. Comment va notre passager ? Je ne l’entends plus.
Will se retourna et ouvrit un petit panneau aménagé dans la paroi de séparation. Le phénomène feula et souffla quand il le vit mais resta couché. Le calmant qu’il lui avait administré faisait son effet ; il était plus calme.
- Ça va, il est couché.
- Je ne comprends pas pourquoi Magnus ne l’a pas transporté dans la soute de l’avion !
- Ces gros chats ont le mal de l’air ; elle ne pouvait pas le garder sous sédatifs tout le voyage, dangereux. De plus il n’aurait pas supporté le froid. Derrière c’est une vrai fournaise. J’ai monté le thermostat du chauffage à 32°C.
- Pourtant pour quinze petites heures. Elle et Henry auraient pu trouver une solution. Nous ça fait trois jours que l’on est sur la route !
- ATTENTION !
Un arbre venait de s’abattre sur la route leur barrant le passage. Kate freina et braqua, un peu trop brutalement, pour éviter le tronc. Leur camion finit sur le bas côté, stoppé par un arbre.
Heureusement aucun des deux ne fut blessé. Tout en détachant leur ceinture, ils se saisirent de leurs armes. Trop tard, leurs ennemis furent plus rapides.
Les portières s’ouvrirent brusquement et ils eurent à peine le temps de voir les canons des pistolets, que des fléchettes hypodermique se fichaient dans leur cou. Ils perdirent connaissance presque instantanément.
- Ils sont neutralisés !
- Parfait. Envoyez l’IEM.
Un des hommes se dirigea vers un 4x4 caché dans le bois. Il ouvrit l’arrière, un appareil avec une petite antenne parabolique s’y trouvait. Il effectua quelques réglages et appuya sur le bouton marche. L’onde de choc passa inaperçu. Il vérifia que son équipement, qui était protégé, fonctionnait encore. Tout était en ordre, parfait.
- C’est fait, tout leur matériel électronique est maintenant hors d’usage.
- Bien. Maintenant allons prendre ce pour quoi nous sommes là. Et faites attention !
- Un jeu d’enfant pour une fois, lança un de ses hommes.
- Oui. Allez ! Au boulot ! Sortez la marchandise et prenez en soin, elle est extrêmement précieuse.
Il leurs fut facile de fracturer la serrure. Le véhicule étant des plus banal. Magnus avait misé sur la discrétion. Les deux hommes qui effectuaient l’opération, se prirent les portes en plein visage lorsqu’elles s’ouvrirent brusquement.
Tous fut pris de court lorsque ce qui ressemblait à une panthère, mais ayant la taille impressionnante d’un tigre, bondit parmi eux. Elle poussait des feulements menaçants. Elle sembla hésiter un instant, puis détala vers la forêt. Deux hommes réagirent enfin et lui tirèrent dessus.
- Arrêtez espèces d’abrutis ! Le docteur le veut vivant ! Nous devons le retrouver !
- Et pour eux, demanda son second en montrant les deux corps inertes.
- On s’en fout, ils ne nous intéressent pas. Allez en route ! Et prenez les armes tranquillisantes cette fois ! Vous deux, prenez les véhicules et retournaient à notre campement.
- A vos ordres !
Le reste des hommes se mit en chasse du phénomène. Leur chef menaça les deux tireurs des pires représailles en voyant les tâches de sang sur le sol.
Kate et Wil restèrent inconscient deux bonnes heures. Kate revint à elle la première. Elle vérifia que Wil était toujours en vie. Prit un lampe torche dans la boîte à gants et sortit du véhicule.
Elle se dirigea vers l’arrière et inspecta l’intérieur du camion. Rien ; la cage était ouverte et le « gros matou » s’était envolé. Elle poussa violemment une des portes qui rebondit contre le montant. Elle était en colère, furieuse de s’être faite avoir, comme une débutante.
Elle devait prévenir Magnus, elle prit son émetteur, aucun signal, même pas un grésillement. Elle essaya avec son téléphone, elle n’eut pas plus de succès. Cela ne fit qu’accentuer son état de frustration, elle claqua de nouveau la porte tordue.
- Tu sais, ça ne sert à rien de t’en prendre à cette porte. Elle n’y est pour rien.
- Nous aurions dû….non ! J’aurais dû prévoir ce genre de problème !
- Calme-toi, tu n’as rien à te reprocher. Même Magnus a pensé qu’un transfert dans un véhicule banalisé assurerait la sécurité du convoi.
- Une idée sur nos agresseurs ?
- Aucune pour l’instant. Et le phénomène ?
- Parti. Seulement je ne sais pas s’il s’est enfui ou si ces hommes l’ont emmené.
- J’ai essayé de joindre Henry mais mes appareils sont HS.
- Les miens aussi. Cela vaut aussi pour le scanner de repérage de la puce ?
- Oui. Fouillons les environs, nous trouverons peut-être des indices.
- Bonne idée. Connaissant Magnus, elle et les autres doivent déjà être en train de nous chercher. Autant mettre notre temps libre à profit.
A bord de l’hélicoptère, une demi-heure plus tard.
- J’ai trouvé quelque chose d’intéressant, lança Henry dans son micro.
- Vous les avez repérés ?
- Oui et non…. Ne me regarde pas comme ça toi ! Dit-il à Bigfoot. En fait il y a quelques heures, au moment même de la perte de contact, sur le trajet emprunté par le camion, il y a eu une impulsion électromagnétique.
- Ce qui explique la perte des signaux et des communications.
- Oui, l’onde n’a pas dépassé les 30 mètres d’amplitude ; mais elle a suffi. Je vous envoie les coordonnées sur votre écran…voilà.
- C’est bon, nous y seront dans moins d’une heure.
Complexe sous-terrain, Nouveau Mexique, dix heures plus tard. Mercredi 8h00
- Vous êtes des incapables ! Trop bêtes pour suivre un plan pourtant simple !
Le Dr Liebermann était au-delà de la colère. Il avait écouté sans rien dire le rapport de son chef d’expédition. Puis, il avait laissé éclater sa rage. Il se calma tout aussi rapidement. Il s’approcha de l’homme et lui posa une main sur l’épaule.
- Vous savez Alberto, je me demande si vous avez parfaitement saisi la portée de mes recherches ?
- Naturellement Docteur. Mais, comme je vous l’ai dit, la cage s’est….
- Oui bien sûr, vous ne pouviez pas prévoir qu’elle s’ouvrirait sous le choc. Sa voix était redevenue douce. Venez, il l’entraîna à sa suite. Je vais vous montrer le résultat d’une partie de mes recherches. Vous comprendrez qu’il est important de retrouver ce spécimen au plus vite.
Alberto n’eut pas le choix et suivit le docteur. Le ton de sa voix l’avait mis mal à l’aise. Il y avait perçu une menace à peine voilée. Pourtant ce qu’il effrayait le plus était de ne pas pouvoir voir ses yeux, cachés derrière des lunettes aux verres fumés. Liebermann était ‘albinos’ et cela l’obligeait à protéger ses yeux sensibles de la lumière crue des néons du complexe.
Ils étaient appuyés contre une rambarde entourant un bassin. Le docteur claqua des doigts et aussitôt un homme arriva avec un seau, qu’il prit. Liebermann déversa le contenu dans l’eau. Aussitôt elle fut agitée de remous et Alberto déglutit avec difficulté quand il vit les ‘choses’ qui se précipitèrent sur les morceaux de poissons.
Le docteur s’adressa à lui, avec un sourire de fierté.
- Voici les premiers spécimens de mon armée aquatique. Il rit en voyant l’expression de frayeur et de dégoût de son subordonné. Dites vous que ce ne sont que des hommes génétiquement modifiés. Un parfait hybride Homme- requin ! Ce qui le rend particulièrement agressif tout en restant intelligent donc, capable de comprendre ce qu’on lui dit. Et surtout il est particulièrement obéissant.
- C’est…stupéfiant, il aurait bien dit abominable mais se retint.
- Oui en effet. Mais ce qui est vraiment stupéfiant c’est votre bêtise ! Adieu Alberto !
Un hurlement de terreur retentit dans toute la salle quand Alberto bascula dans le bassin. La partie de la barrière où il prenait appui ayant basculée brusquement. Liebermann le regarda se débattre en vain dans le bassin. Puis, disparaître dans un remous de bulles alors que l’eau prenait une teinte rougeâtre. Un sourire se dessina sur le visage du docteur.
- Bon appétit mes enfants, dit-il d’une voix pleine de tendresse aux créatures.
Il se retourna vers les gardes qui tenaient fermement les deux hommes qui avaient blessé le phénomène.
- Jetez les dans le bassin !
Les deux hommes hurlèrent, se débattirent, implorèrent sa clémence vainement. Deux minutes plus tard s’en était également fini d’eux. La barrière remonta comme par miracle.
Le second d’Alberto sentait le courage l’abandonner alors que le Dr Liebermann venait vers lui.
- Robertson, n’est-ca pas ?
- Oui Monsieur.
- Et bien vous venez d’avoir une promotion. Employez les moyens que vous voudrez mais retrouverez-moi cette animal !
- A vos ordres !
- Et pour votre santé je vous conseille de ne pas revenir les mains vides.
2. L'attaque
Deux jours plus tard, un chalet, forêt du Mt Pocono. Vendredi 12h45
Castle surveillait les hamburgers qui cuisaient sur le barbecue tout en observant Kate qui jouait au ballon avec Alexandre, leur fils âgé de deux ans et demi maintenant. Ils avaient pris leurs vacances et étaient venus se perdre dans ce chalet au milieu des bois.
Il se mit à rire lorsque le ballon, lancé un peu trop fort par Kate, dépassa Alexandre et que ce dernier regarda sa mère en fronçant les sourcils et en criant.
- Pas bien !
- C’est bientôt prêt, à table !
- On arrive Rick. Alex, va chercher ton ballon et après on va manger.
- Viii !!! Il partit en courant.
Elle regarda son fils disparaître derrière les buissons où le ballon avait roulé. Elle détourna les yeux et observa Rick qui servait les hamburgers. Cela faisait maintenant trois ans qu’ils étaient mariés. Les romans de Nikki Heat avaient toujours autant de succès et Rick la suivait toujours dans ses enquêtes.
- Alex, viens, dépêche-toi. Dit-elle en se dirigeant à son tour vers les buissons.
- ‘tend ! Y a une grosse bête ! Elle a bobo !
- Qu’est-ce que tu…Oh mon Dieu ! Alex ne bouge plus !
Kate resta figée quelques secondes en voyant ce qu’elle prit pour un puma, tapi sous l’arbuste. Elle se précipita pour attraper son fils. Trop tard, le petit venait de s’approcher pour caresser le « gros chat » qui avait bobo. On distinguait du sang séché sur ses poils au niveau de son épaule. L’animal lui donna un coup de patte, prenant certainement son geste pour une menace.
Cela laissa des estafilades parfaitement parallèles sur le bras du garçon qui se mit aussitôt à hurler et à pleurer. Kate prit son fils dans ses bras en criant son nom. Tous ces mouvements brusques et ces cris agacèrent encore plus l’animal qui sortit d’entre les buissons. Il fit quelques pas, se retourna et se tapit, prêt à bondir.
Beckett était pétrifiée, incapable du moindre geste. Impressionnée par la taille hors normes de l’animal. Elle sentait ses jambes trembler. Le puma la fixait, toujours immobile.
Castle avait fait aussi vite que possible pour les rejoindre quand il avait entendu les cris d’Alexandre et de sa mère. Ce silence soudain l’angoissa, il ne laissait présager rien de bon.
- Kate ! Alex ! Répondez-moi ! Que…Oh merde !
Son arrivée attira l’attention de la bête qui se mit à feuler contre lui, soufflant pour l’intimider. Cependant les gémissements du petit reportèrent son attention sur lui et sa mère.
House vit les pattes avant de l’animal s’agiter. Elle allait attaquer. Il ne réfléchit pas une seule seconde, au moment même où elle bondissait vers elles, il se jeta en travers de sa trajectoire.
- Fuis !
C’est tout ce qu’il eut le temps de dire avant que l’animal de le renverse et le bloque au sol. Il entendit les pas précipités de Kate. Il était soulagé, elle avait réagi. Il essaya vainement de se protéger en tentant de repousser les pattes de l’animal. Il cria de douleur lorsqu’il lui lacéra le torse à plusieurs reprises.
Il voulut repousser le puma, mais il faiblissait de plus en plus, sa vue se brouillait déjà. Il saignait abondamment. Etrangement la bête ne tenta pas de le mordre. D’ailleurs elle ne faisait rien d’autre que de le maintenir au sol. Tout à coup l’animal releva sa tête et huma l’air. Chose incroyable, il le laissa et s’enfuit dans le bois. Castle perdit connaissance au même moment.
Kate qui avait réagi par automatisme au cri de Rick, courut jusqu’au chalet et s’y barricada. Elle était proche de la crise de panique. Complètement perdue. Même devant le pire des criminels, elle aurait eu moins peur. Ce moment d’incertitude ne dura que quelques secondes, mais elles lui parurent interminables.
Le chalet était équipé d’une radio. Tout en rassurant son fils, elle réussit en prendre contact avec les gardes forestiers. Le policier en elle l’aida à exposer les faits de manière aussi concise que possible. Le garde lui assura que les secours seraient là dans moins de vingt minutes. Elle coupa la communication et d’un pas mal assuré s’approcha de la fenêtre qui donnait sur le lieu de l’attaque.
Elle hésita, ne sachant à quoi s’attendre. Au pire certainement. A cette idée les larmes affluèrent. Elle inspira un grand coup et osa enfin regarder. Elle vit la masse rousse parsemé de tâches blanches de l’animal disparaître dans la forêt. Elle porta alors son regard sur Richard. Il ne bougeait plus. Son cœur se serra, elle devait savoir. Alex toujours cramponné à son coup, elle décida d’aller voir.
Quelques instants plus tard, c’est une main tremblante qui chercha la carotide de Rick. Il y avait un pouls, faible mais régulier. Vivant, il était vivant.
Dans l’hôpital le plus proche, trois heures plus tard
Castle cligna plusieurs fois des paupières avant d’ouvrir les yeux. La première chose qu’il vit, fût le visage de Kate qui lui fit un magnifique sourire.
- Ale…Alexandre ?
- Il va bien. Il est là dans le fauteuil, il dort. Comment tu te sens ?
- Vaseux, j’ai l’impression d’être dans du coton…mais je n’ai pas mal.
- C’est que la morphine fait effet. Ce…. Ce que tu as fait…. Elle éclata en sanglots.
- Ça va aller. Je suis toujours là. Il lui caressa les cheveux de sa main libre.
- J’ai eu si peur…. Peur de t’avoir perdu. Elle baissa la tête.
- Kate, il faut plus qu’un gros chat pour me mettre à terre.
Elle le regarda avec un sourire timide et essuya ses larmes.
- Voilà, c’est mieux…. Viens plus près, oui comme ça c’est parfait. Je t’aime Katherine Beckett Rodgers
- Je t’aime aussi Richard Alexander Rodgers…. Mais ne me refais jamais une telle peur ou je….
Il l’a fit taire en posant ses lèvres sur les siennes. Leur baiser fut d’une extrême tendresse. Jamais il ne lui dirait qu’il avait eu peur lui aussi. Le genre de peur qui peut parfois vous paralyser. Pas pour lui non, mais pour eux.
La porte de la chambre s’ouvrit et une femme d’une trentaine d’années entra. Elle était petite, légèrement boulotte avec de longs cheveux blonds retenus par un bandeau élastique rose, orné de petites coccinelles. Elle se planta au pied du lit, les mains dans les poches de sa blouse.
- Bonjour, je suis le docteur Johnson. Puisque j’ai la chance d’avoir à faire au célèbre écrivain Richard Castle, cela va me simplifier la tâche. Je crois savoir que vous avez fait de nombreuses recherches médicales pour l’un de vos romans. Je vais pouvoir faire court et me passer d’explications barbantes !
Pour une fois Castle ne trouva aucune répartie. Il regarda Kate qui cachait avec peine son envie de rire.
- Dites moi, vous êtes toujours aussi énergique ?
- Il le faut bien !
- L’effet positif de votre serre-tête sans doute ?
- Ah ça ? Non, c’est mon porte bonheur, un cadeau d’une petite patiente. Guère plus vieille que votre fils. Bon, assez parlé pour ne rien dire ! Mis à part le fait de flotter un peu, pas de troubles particuliers ?
- Non, je peux dire que je vais bien.
- Parfait. Vous pourrez nous quitter demain. Nous vous avons vaccinés tous les deux contre la rage au cas où.
- Et nos blessures ?
- Pour votre fils, les griffures ne sont pas trop profondes. Pour vous, certaines ont nécessitées des points de suture. Mais elles sont nettes et propres. Je vous ai mis sous antibiotiques à spectre large en prévention. En tout cas vous allez faire la Une de tous les journaux de la région ! Pour une fois qu’il se passe quelque chose d’extraordinaire !
- Il ne manquait plus que ça ! Il prit un air désespéré.
Kate ne put se retenir et son rire éclata dans la chambre, d’autant plus fort que son stress l’avait quitté. Le docteur Johnson l’imita au grand damne de Castle qui bien sûr râla ; ce qui accentua leur crise de fou-rire.
Le sanctuaire. Samedi 18h25.
Wil entra dans le bureau de Magnus. Installée sur son canapé, elle étudiait différents rapports que les hommes et phénomènes, qui travaillaient pour le réseau des sanctuaires, lui avaient envoyés.
- Des nouvelles sur l’homo ‘panthétruc’, enfin le gros chat ?
- Non, toujours rien. Vous pouvez le nommer ‘l’Homme-félin’.
- Ok, donc rien sur cet homme-félin. Et pour ce qui est des hommes qui nous ont attaqués ?
- Là par contre nous avons des précisions. Il s’agirait des hommes de mains du Dr Hanz Liebermann. Un ancien chercheur de la Kabale.
- Et pourquoi il s’intéresse au phénomène ?
- Pour le peu que je sais, il faisait des recherches sur la génétique et la possibilité de créer des êtres hybrides en mélangeant l’ADN humain et celui d’animaux. Ces derniers étant sélectionnés pour leur aptitude particulière.
- C’est possible un truc pareil ? Il s’assit d’un air las dans le fauteuil. Désolé, ma question est idiote. Ça fait deux ans que je suis avec vous ; plus rien ne devrait me surprendre, mais là ! J’avoue que ça me dépasse. Et tout ça dans quel but ?
- Je ne sais pas, je ne peux faire que des supputations. Mais rien de bon, j’en ai peur. S’il arrive à mettre la main sur l’homo pantherinae, il va faire un véritable bond en avant dans ses recherches. Puisque ce phénomène est naturellement hybride.
- Que savez-vous sur ces phé….
- J’ai des infos ! Lança Henry en entra dans le bureau. Il tendit sa tablette PC à Magnus.
- Sur le phénomène ? Vous l’avez retrouvé ?
- On peut dire ça…. Non, laissez-moi vous expliquer. Faisant taire toute remarque. Hier en début d’après midi, un couple et leur petit garçon de deux ans et demi se sont fait attaquer par ce qu’il semblait être un puma d’une taille exceptionnelle. D’après les articles de la presse locale. Cela c’est passé dans les environ du Mt Pocono.
- Si loin ! Mais c’est à plus de cent kilomètres du lieu de l’attaque !
- Cela n’a rien d’extraordinaire Will. Sous sa forme animale, l’homme félin peut parcourir de très grandes distances. Même blessé. Par contre ce qui est étrange c’est son attaque contre ce couple et leur enfant.
- Attendez, je n’ai pas fini ! Les gardes forestiers ont aussitôt mis le secteur en quarantaine et organisé des recherches. Toujours d’après les journaux, un groupe de chasseurs auraient tué l’animal qui serait tombé dans un torrent. Faisant disparaître son cadavre.
- Les hommes de Liebermann ? Demanda Kate qui, voyant Henry courir vers le bureau, l’avait suivi ainsi que Bigfoot.
- Très certainement.
- Je vais aménager la fourgonnette en ambulance. Dit Bigfoot d’une voix égale.
- Bonne idée, Kate vous voulez bien l’aider ?
- Bien sûr….mais pourquoi ?
- Nous allons voir ce couple, précisa Magnus. Il est dit dans cet article, elle montra ce dernier affiché à l’écran, que l’homme et l’enfant on été blessés. Nous devons les ramener au sanctuaire. Nous savons très peu de choses sur ces hommes félins ; notamment les conséquences des blessures qu’ils infligent. Maintenant il faut trouver le nom de ces personnes. Ça n’est mentionné nulle part.
- Comme je me doutais de votre réaction, j’ai déjà pris les renseignements. Il s’agit de Richard Castle et de sa femme Kate Beckett et de leur fils Alexandre.
- L’écrivain ?
- Vous le connaissez ?
- Qui ne le connait pas, ou du moins ses romans. Son partenariat avec le département de police de New York est plus que bénéfique. Il les aide vraiment.
- Et bien cette fois je crois que c’est lui qui va avoir besoin d’aide.
- Nous partons demain matin à la première heure. Bonne nuit.
- Ça vaut aussi pour vous Magnus. Ajouta Will.
- Je dois faire quelques recherches complémentaires.
Une fois seule elle se rendit dans la bibliothèque. Elle avait lu beaucoup de légendes sur les hommes félins. Mais une en particulier l’intéressait.
3. Question de confiance
Complexe sous-terrain, Nouveau Mexique 20h10.
Liebermann attendait avec impatience que la porte du monte charge s’ouvre. Robertson et ses hommes revenaient avec l’homo-pantherinae. Enfin ! Il allait pouvoir l’étudier. Il mettait tant d’espoir dans ce spécimen. S’il réussissait il aurait bientôt une armée de guerriers surpuissants.
La porte s’ouvrit enfin. Robertson sortit le premier, suivi par deux de ses hommes qui poussaient un caisson réfrigéré contenant le corps de l’homme-félin.
- Amenez-le immédiatement dans le laboratoire.
- A vos ordres !
- J’aurai préféré l’avoir vivant Robertson.
- Nous n’avons pas eu le choix Monsieur. Sa blessure l’ayant rendu agressif, il s’apprêtait à….
- Ça ira…. Je vous avez demandé de ne pas revenir les mains vides. Tâche dont vous vous êtes parfaitement acquittée. Et puis on ne peut pas toujours avoir ce que l’on veut.
- Avez-vous encore besoin de moi Docteur ?
- Non, vous pouvez disposer.
Robertson partit sans attendre, heureux d’être toujours en vie. Il avait réussi sa mission, c’était ça l’important.
Liebermann se rendit d’un pas vif au laboratoire. Les deux hommes avaient déjà déposé l’homme félin sur la table d’examen. Ils le laissèrent seul. Il s’avança vers la table et tourna autour. Admirant le spécimen qui s’y trouvé. Il avait beau connaître leur faculté de transformation, il était malgré tout impressionné. C’était la première fois qu’il pouvait en observait un sous son apparence humanoïde.
Il était magnifique, admirablement proportionné. Les muscles étaient longs et fin, parfaitement dessiné. Cela lui conférait puissance et souplesse. Son corps faisait penser à celui d’un humain à cela près qu’il était recouvert d’un pelage à poils ras. Il le caressa machinalement et fut surpris par la finesse et la douceur de ceux-ci. Il continua son inspection externe. Ses yeux avaient la forme de ceux d’un chat, son nez avait une forme triangulaire et deux lèvres très fines formant un simple trait.
Il se prépara et commença la dissection du phénomène. Cela allait lui prendre des heures pour faire tous les prélèvements, mais il avait le temps. Il pouvait se montrer particulièrement patient quand il le fallait. Il eut un sourire fugace en pensant que pour une fois la grande Helen Magnus s’était faite avoir à son propre jeu.
Appartement de Castle, New York. Dimanche 2h00.
Kate, assise sur le bord du lit d’Alexandre, essayait en vain de le prendre dans ses bras pour le calmer. Le petit refusait obstinément de la laisser faire. Tapant même sa mère pour l’empêcher de l’attraper. Pourtant il pleurait et il criait qu’il avait bobo à son bras. Kate ne savait plus quoi faire, elle avait l’impression qu’Alex ne la reconnaissait pas. Elle se sentit désemparée.
C’est alors que Rick entra dans la chambre d’une démarche mal assurée, grimaçant de douleur, une main sur la poitrine. Ses blessures le faisant souffrir lui aussi. Sans un mot il s’assit de l’autre côté du lit et tendit les bras pour prendre Alex.
Son fils s’y précipita, passa ses bras autour de son cou et posa sa tête contre son épaule. Il se calma instantanément et ses pleurs diminuèrent. Il se mit à le bercer doucement en lui caressant le dos et lui murmurant des paroles apaisantes.
Kate était stupéfaite, elle n’en revenait pas. Son fils l’avait repoussée alors qu’il était malade et avait accepté son père sans hésitation. Alors que dans ces cas là, il préférait toujours les bras de sa mère pour le réconforter. Etrangement son cœur de mère se serra, elle se sentait inutile.
Elle se fustigea mentalement, mais que lui arrivait-il ? Pendant quelques secondes elle avait été jalouse de la préférence de son fils pour Rick. Elle se traita d’imbécile, l’important était qu’il semblait apaisé. Elle les observa et sourit. Alex dormait maintenant. Rick releva la tête, leur regard se croisa.
- Va te recoucher, je vais rester avec lui. Il parlait à voix basse pour ne pas le réveiller.
- Tu es sûr ? Alex disait qu’il avait mal au bras et apparemment tu souffres aussi.
- Oui, je suis sûr. J’ai vérifié mes blessures avant de venir. Tout est normal mais elles me brûlent. Je pense qu’il doit en être de même pour lui.
- Très bien, elle se résigna à faire comme il disait.
- Mais avant apporte-moi une couverture supplémentaire. J’ai un peu froid.
- Froid ? Nous sommes en plein mois d’aout.
- Je dois avoir un peu de fièvre, rien de méchant.
Kate posa automatiquement sa main sur son front. Un peu ! Il était brûlant ! Elle fit de même avec Alex, il aussi était brûlant de fièvre. Elle se leva.
- Je reviens, en attendant couche-toi avec Alexandre.
Castle acquiesça d’un hochement de tête. Et, avec des gestes lents à cause de la douleur occasionnée par ses blessures, il s’installa dans le petit lit, le petit toujours blottie contre lui. Il frissonna et il constata que son fils aussi avait froid. Il essaya de réfléchir à la cause de cette subite fièvre, mais il était vraiment trop fatigué. Ses idées s’embrouillées. Leurs plaies étaient propres et les antidouleurs avaient fait leur effet jusqu’à présent. Là c’était différent.
Kate revint enfin. Elle posa deux couvertures sur le lit et tendit un verre d’eau et deux comprimés à Rick.
- Avale ces cachets, ça devrait faire baisser ta température. Elle lui montra une seringue dose. Tu veux bien faire prendre ce médicament à Alex ?
- Bien sûr, donne.
Il se tourna vers leur enfant dont la tête reposée sur son épaule. Machinalement il repoussa une mèche de cheveux qui lui couvrait le visage. Puis il lui demanda doucement d’ouvrir la bouche. Somnolent, il obéit et avala par automatisme la pâte qu’il faisait glisser dans sa bouche. Il redonna le piston vide à Kate.
- Et voilà maman, on a pris nos médicaments.
- Tu es certain que ça ira ? Demanda-t-elle inquiète en les couvrant avec une couverture.
- Oui. Met la deuxième s’il te plait.
- C’est à ce point ? Je vais rester pour vous surveiller, je….
- Va te coucher. Il montra le baby phone. S’il y a un souci je t’appelle.
- D’accord ; elle capitulait, il avait raison.
Dimanche 10h28.
La limousine et la fourgonnette s’arrêtèrent devant leur immeuble. Helen Magnus s’apprêtait à sortir du véhicule, se ravisa et s’adressa à Bigfoot.
- Allons dans le parking sous-terrain, cela sera plus discret. Vous devriez remonter la vitre de séparation. Kate Rodgers va suffisamment être perturbée. Inutile de l’angoisser un peu plus.
- En effet. Mais il faudra bien lui dire et surtout lui montrer.
- Nous verrons cela lorsque nous serons de retour à notre sanctuaire.
Une fois le véhicule garé au plus près des ascenseurs Elle descendit du véhicule et retrouva Will qui l’attendait.
- Allos-y Will, je compte sur vous pour gérer la femme.
- Et pour Castle ?
- Je pense que sa curiosité l’emportera. Au pire nous avons nos armes paralysantes. Mais je préférerai qu’ils nous suivent de leur plein gré.
Ils étaient à la porte. Magnus appuya sur la sonnette. Trois coups brefs. La porte s’ouvrit sur Kate. Tout laissait paraître un état d’agitation. Cheveux mal attachés, tee-shirt non repassé tombant sur un short d’homme. Mais il y avait aussi les yeux rougis et cet air inquiet sur son visage. Elle tenait le combiné du téléphone dans une main. Elle leur parla d’une voix rapide.
- Quoique vous ayez à me dire. Je n’ai pas le temps.
Elle repoussa la porte et Magnus la bloqua.
- Mme Rodgers nous sommes là pour votre fils et votre mari. Elle profita de l’effet de surprise que cela provoqua chez elle pour entrer.
- Je suis le Dr Helen Magnus et voici mon collègue le Dr Will Zimmerman.
- Je…. Vous savez ce qu’il leurs arrive ? Vous …. Vous êtes la pour ça ?
Will s’approcha d’elle et lui posa une main rassurante sur le bras. Il avait senti la peur dans sa voix. Il avait dû se passer quelque chose. Il parla d’une voix ferme mais rassurante.
- Nous sommes là pour eux, comme vient de vous le dire le Dr Magnus, oui. Où sont-ils.
- Dans.... dans la salle de bain.
Elle montra l’escalier, leur dit de prendre le couloir de droite et éclata en sanglot. Elle se laissa faire quand Will la serra contre lui.
Magnus se précipita, elle n’eut aucun mal à trouver. Il y avait une porte entre ouverte qui laissait s’échapper un nuage de vapeur. Elle l’ouvrit entièrement et la chaleur qui régnait dans la pièce la fit suffoquer. Elle s’avança prudemment jusqu’à la cabine de douche où l’eau coulait. Les parois étaient embuées et ruisselaient de vapeur d’eau.
Une fois devant, elle regarda à l’intérieur, la porte coulissante étant ouverte. Elle les vit tous les deux. Castle était assis sous le jet brûlant de la douche, Son fils serré contre lui. Malgré la chaleur elle les voyait trembler de tous leurs membres.
Deux heures plus tôt.
C’est le fait d’avoir froid qui le réveilla. Il avait d’abord essayé de se réchauffer en s’enveloppant entièrement dans les couvertures avec Alex. Lui aussi avait froid, il le savait, il pouvait le ressentir. Comment ? Pourquoi ? Il n’en savait rien, c’était comme ça. Il s’était réveillé mais restait silencieuse. Se blottissant toujours contre lui pour y chercher un peu de chaleur.
Il toucha leurs fronts, plus de fièvre. Alors pourquoi avaient-ils aussi froid. Il était resté un long moment recroquevillé sur le lit. Berçant son fils pour le rassurer. Mais son état, enfin leur état empirait. Il leurs fallait absolument de la chaleur. C’est alors qu’il avait eu l’idée de la douche.
Cela faisait plus d’une heure maintenant qu’ils étaient sous le jet d’eau chaude. Pourtant ils avaient toujours froid. Kate les avait trouvé et avait été horrifiée. Elle avait voulu couper l’eau, mais il lui avait assuré qu’elle ne les brûlait pas. Lorsqu’elle lui avait demandé ce qu’il se passait, il lui avoua qu’il n’en savait rien. Mais qu’il devenait urgent de les faire hospitaliser. Ils avaient certainement dû être contaminés par le félin.
Quoique quelque chose, peut-être son instinct, lui disait que ce qui leur arrivait, dépassait les compétences médicales classiques. Une chose aussi l’inquiétait, par instant sa vue se voilait complètement et ses yeux devenaient plus sensibles à la lumière.
Il s’assurait qu’Alexandre allait bien lorsqu’il aperçut un mouvement furtif à la limite de sa vision périphérique. Il tourna la tête et vit une femme brune qui les regardait en souriant. Les ambulanciers déjà ? Pourtant elle n’en avait pas la tenue. C’est d’une voix hachée à cause du froid qu’il demanda.
- Qui… êtes… vous ?
- Je m’appelle Helen Magnus, je suis médecin et je suis là pour vous aider.
- Co … comment ?
- Nous allons vous emmener. Nous avons un véhicule équipé pour votre transport.
- Vous… savez ce qu’il…nous arrive ?
- Non, pas exactement, elle vit son air étonné. Mais croyez-moi si je vous dis que je suis la seule personne qui puisse vraiment vous aider. Il faut que vous me fassiez confiance, insista-t-elle.
4 : Un autre monde
Castle ne répondit pas. Il la scruta dans les yeux comme s’il voulait pénétrer ses pensées. Magnus n’avait jamais croisé un regard aussi perçant. Elle vit qu’elle avait réussi à le convaincre.
- Nous allons vous suivre…mais…à une condition, Kate vient aussi.
- Cela est prévu, votre femme fait aussi partie de nos invités.
- C’est à cause du félin, n’est-ce pas ?
- Oui, je vous en dirai plus quand nous serons arrivés. Pour l’instant il faut que vous sortiez de là et que vous vous changiez tous les deux.
- Bien, allez chercher Kate… s’il vous plait
- Je suis là Rick, elle vint remplacer Magnus.
- Prend Alex, il lui tendit leur fils qui aussitôt se mit à pleurer et à s’agripper à lui. Ça suffit ! Il cria, il s’arrêta tout de suite. Tu vas avec maman ! Et tu obéis ! Puis d’une voix plus douce, tu reviendras avec moi après, c’est promis. Alors sois sage.
- Oui.
Castle ne savait vraiment pas pourquoi il lui avait crié dessus comme ça. Il devait le faire. Ce qui le surprit le plus c’est l’obéissance d’Alex. Il croisa le regard de Kate. Elle était encore plus perdue que lui. Et le rejet que son fils avait pour elle la faisait souffrir. Il les suivit des yeux alors qu’ils partaient. Il entendit Magnus lui conseiller de mettre des vêtements d’hiver à leur enfant.
Il leva le bras et coupa l’eau. Il sortit lui aussi de la salle de bain, toujours grelottant. Lui aussi alla passer des vêtements chauds. Dix minutes plus tard ils sortaient tous par le garage.
Castle monta le premier, se retourna, attrapa Alex et l’installa sur un des brancards. Il prit place sur l’autre. Sa femme voulut les suivre mais Kate la retint.
- Je suis désolée Mme Rodgers mais vous ne pouvez pas monter avec eux.
- Mais je….
- Vous allez faire le voyage avec moi dans la limousine, explique Will. Il montra les deux sacs de voyages, et vos affaires aussi.
- Où allons-nous ? Elle n’eut droit qu’à des sourires en guise de réponse. Très bien, allons-y.
Avant de suivre Zimmerman, elle jeta un dernier regard à Rick et à son fils et se força à sourire. Castle lui rendit son sourire. Son fils l’ignora. Magnus s’adressa à Castle.
- Cet espace est équipé d’une climatisation, elle lui montra des boutons de contrôle. Vous pourrez régler vous-mêmes une température qui vous convienne.
- Très bien et vous serez ?
- A l’avant, si vous avez le moindre problème il y a un interphone …
- Quoi ? Demanda-t-il en voyant son air dubitatif.
- Je m’attendais à plus de questions de votre part, je suis un peu surprise.
- Je, il frissonna. Je ne suis pas au mieux de ma forme pour l’instant. Nous verrons cela plus tard. Il fit une grimace que l’on pouvait apparenter à un sourire.
- En effet.
Magnus referma les portes et monta à l’avant. Deux minutes plus tard, la limousine suivie par la fourgonnette, prenait la direction du sanctuaire.
Castle régla le chauffage, et s’allongea sur le brancard. Alexandre, assis sur le sien, le regardait sans rien dire. Un petit signe de sa part et il vint se blottir contre lui. Grâce à la climatisation, ils se sentaient un peu mieux. Rick lui enleva son bonnet et son écharpe.
Depuis la veille, il se laissait porter par les évènements. Incapable d’avoir des pensées cohérentes. Pour la première fois de sa vie, il était pris au dépourvu. Son seul espoir reposait désormais sur les compétences de cette femme. Il essaya de réfléchir mais il était comme engourdi. Etait-ce dû à la douche ou à la chaleur de la cabine, mais la sensation d’avoir de la glace coulant dans ses veines s’estompait, ainsi que la sensation de brûlure au niveau de ses plaies. Il baissa un peu le chauffage et finit par s’endormir.
Laboratoire sous-terrain, Nouveau Mexique. Dimanche 15h20
Le Dr Hanz Liebermann appela Robertson. Il voulait savoir s’ils les avaient trouvés.
- Robertson, vous les avez ?
- Non Monsieur, il entendit un cri de frustration. Magnus et son équipe ont dû passer avant nous. Tout indique un départ précipité.
- Je vois…. Il réfléchit un instant. Envoyez deux hommes surveiller le Sanctuaire et revenez.
- Bien Monsieur.
Liebermann se leva et se mit à faire les cent pas dans son bureau. Il venait de se faire devancer par Magnus. Cette fois c’est elle qui remportait la manche. Il sourit malgré tout. Tout n’était pas perdu, eu contraire. Il prit la direction de son laboratoire. Il avait encore beaucoup d’analyses à faire. Bien sûr avoir l’homme et l’enfant lui aurait grandement facilité la tâche. Il trouverait bien un moyen pour les enlever à Magnus. Il était arrivé, il tira le tiroir où se trouvait le corps disséqué de l’homme-félin.
- Tu m’as tellement appris déjà. Mais, sans vouloir te vexer je pense en apprendre plus sur des spécimens vivants.
Il éclata de rire tout en se mettant au travail.
Le sanctuaire, Dimanche 17h00.
Durant le trajet, Beckett avait essayé, en vain, de questionner Will sur l’endroit où ils allaient et sur le Dr Magnus. Il lui avait gentiment répondu que toutes ses questions auraient bientôt leurs réponses. Et lui avait assuré qu’effectivement Helen Magnus était la seul personne la plus apte à s’occuper de son fils et de son mari.
Wil ne lui avait rien dit car il l’avait trouvée assez perturbée comme ça. Elle allait certainement avoir du mal à accepter « leur monde ». Non pas l’existence même des phénomènes, mais plutôt les conséquences que cela avaient sur les deux personnes qu’elle aimait.
La voiture s’était à peine arrêtée devant l’entrée que Kate bondit hors du véhicule. Elle fut impressionnée par la taille de la bâtisse. Elle frissonna, à la fois rassurée et inquiète. Ce manoir l’effrayait mais paradoxalement elle savait qu’ils y seraient en sécurité.
Elle ne fit pas attention à Bigfoot qui descendait de la voiture car elle se précipita vers la fourgonnette qui venait de stopper à son tour. Elle ouvrit les portes d’autorités et grimpa à l’arrière malgré la chaleur qu’il y faisait. Rick n’avait pas réagit quand elle l’avait appelé. Elle s’approcha d’eux, soucieuse. Ils dormaient ; leur respiration, forte mais régulière la rassura. Elle sourit en voyant leur fils blottit dans ses bras.
Son côté maternelle reprit le pas, elle vérifia s’ils avaient encore de la température. Non, elle avait disparu et ils ne semblaient plus avoir froid non plus. Elle regarda le thermostat, 30 ° C, incroyable qu’ils supportent une telle chaleur. Surtout avec des vêtements d’hiver sur eux !
- Mme Rodgers ? Venez avec moi. Je vais vous faire visiter le manoir, que nous appelons le Sanctuaire. Dit Will.
- Mais, ils…
- Nous allons les amenées dans une pièce préparée pour eux. Ne vous inquiétez pas, nous allons prendre soin d’eux. Vous nous rejoindrez plus tard. Ajouta Magnus qui était maintenant à ses côtés et examinait Rick et Alex. Ils sont actuellement dans une phase de sommeil résultant de leur état. Tout est normal, la rassura-t-elle immédiatement. Ils ont besoin de repos pour l’instant.
- …. Vous allez les soigner, n’est-ce pas ? Vous savez ce qu’ils ont ?
- Je sais ce qui leurs arrive oui….
- Vous me cachez quelque chose ! J’en suis sûre ! S’emporta Kate devant la calme de Magnus et ses réponses laconiques.
- Calmez-vous, intervint Will. Venez avec moi maintenant. Je vais vous montrer exactement qui nous sommes et ce que nous faisons. Il avait dit cela en regardant Magnus.
- Bonne idée Will. Il faut nous faire confiance lieutenant, ils sont en sécurité ici. Vous comprendrez toute la portée que ce nom de Sanctuaire représente lorsque vous saurez. Termina-t-elle dans un sourire apaisant.
Kate suivit Will, il lui fallait des réponses, elle ne supportait plus ces regards entendus et tous ces mystères. Pour l’instant aucun d’eux ne s’était montré hostile et Rick avait fait confiance à cette inconnue sans hésitation. Elle entra dans un ascenseur à la suite de Will.
- Détendez-vous Mme Rodgers, tout ira bien.
- Si vous le dites…. Et appelez-moi Kate, ça simplifiera nos échanges…Will. Vous êtes docteur en quoi ?
- Je suis psychiatre et j’ai travaillé comme profiler auprès du FBI et de la police.
- Et le Dr Magnus ?
- Elle a une spécialisation en cryptozoologie, xénobiologie et teratologie, également en maladie infectieuse. Et plus encore.
- Teratologie ? C’est quoi ça ?
L’ascenseur venait de s’arrêter.
- Nous y sommes, suivez-moi, vous allez comprendre.
- Mais comprendre quoi à la fin ! Vous n’avez que ce mot-là à la bouche ! Cria-t-elle, hors d’elle. Je veux des réponses !
- Venez dans ce cas. Sachez que nous sommes sur le point de quitter votre monde Kate
Etait-ce le calme dont il faisait preuve qui la calma, ou cette curiosité qu’elle sentait monter en elle ? Les deux, certainement.
Ils arrivèrent dans une gigantesque salle circulaire, à plusieurs nivaux. Dans les murs an pierre il y avait, espacées de façon régulière, des parois en verre en forme d’arche. Beckett marqua un temps d’arrêt. Elle avait perçu plusieurs mouvement derrières plusieurs d’entre elles. Elle sentit la main de Zimmerman prendre la sienne, elle le laissa faire. Il l’entraîna vers l’une des parois.
Beckett prit ça pour un immense aquarium, elle sursauta en poussant un cri en voyant la ‘chose’ qui nageait vers eux. Il n’y avait pas de mot assez fort pour définir son état. Ce qu’elle était en train de regarder, était au-delà de l’imagination.
Une sirène ! Une sirène l’observait et lui souriait ! Elle était tétanisée, il lui semblait que son corps était de plomb. Will sentit sa main devenir moite alors qu’elle serrait la sienne de toutes se forces.
- Je vous présente Sally, du moins c’est le nom qu’Henry et moi lui avons donné. Sally communique par télépathie.
- C’est… impossible. Je…
- Regardez, elle veut vous saluez, dit-il en lui montrant la main de Sally plaquée contre la vitre. Allez-y, posez votre main contre la sienne. Pour la première connexion, il faut un contact minimum.
- Mais…. Je … je ne suis pas télépathe. Comment je vais faire ?
- Pensez seulement à ce que vous voulez dire. Elle lira très bien vos pensées. Et vous comprendrez aussi très bien les siennes.
A sa grande surprise, elle retrouva l’usage de ses jambes, s’avança et posa sa main comme Will lui avait dit de faire. Elle eut bientôt l’étrange sensation d’entendre parler dans sa tête. Elle fut aussi étonnée par le calme qui s’empara d’elle. Comme si ce qu’elle s’apprêtait à faire était la chose la plus naturelle au monde.
- Bonjour Kate.
- Bon…bonjour Sally. Vous connaissez mon nom ? Comment ?
- Will vient de me le donner. Vous êtes une personne surprenante Kate Rodgers.
- Je peux dire la même chose de vous.
- Oh non, pas sur votre aspect. Mais par votre caractère. Vous avez été effrayée en me voyant. Cependant votre esprit a accepté rapidement mon existence et celle d’autres monstres. Pourquoi ?
- Avais-je le choix ?
- Oui, nous avons toujours le choix de croire ou pas. Vous auriez pu refuser l’évidence. Cependant cette acceptation vous a rendu encore plus inquiètes pour votre fils et votre compagnon, n’est-ce pas ?
- Oui…. Si des êtres tel que vous sont bien réels. Alors je me dis que tout peut leur arriver.
- Faites confiance à Helen Magnus. S’il y a une solution, elle trouvera.
- Là aussi, ais-je un autre choix ?
- Voilà Henry qui vient vous chercher. Dit-il en regardant par delà son épaule. Revenez me voir quand vous voulez. Au revoir.
- Au revoir.
Kate avait toujours la main posée sur la vitre, alors que Sally avait déjà disparu. Zimmerman avait raison, son monde venait de s’écrouler. Ce qu’elle venait de vivre relevait plus de la science fiction que de la réalité et pourtant…. Une voix la tira de ses réflexions.
- Bonjour Mme Rodgers, je suis Henry Foss ; chef de la sécurité et informaticien du Sanctuaire.
- Bonjour.
- Qu’est-ce que tu veux Henry ?
- Magnus vous attends dans le laboratoire.
- Alex et Rick ? Ils vont bien ? S’enquit-elle.
- Oui, ils sont bien installés. Ils dorment toujours.
Laboratoire du Sanctuaire, 5 minutes plus tard.
Magnus releva la tête du microscope et salua l’arrivée de Kate avec un large sourire.
- Je veux les voir, lança-t-elle sur un ton autoritaire. Peu importait si elle manquait de savoir vivre. Elle voulait les voir.
- Bien sûr, venez, c’est par là.
Beckett la suivit sans rien dire. Elles arrivèrent devant une pièce où ce trouvaient deux lits dans lesquels ils se reposaient. Le mur qui donnait sur le couloir était composé d’un muret dans sa partie basse, surplombé par une paroi en verre. La porte avait une serrure à code.
- Vous les avez enfermés !
- Autant pour leur sécurité que pour la notre.
- Laissez-moi entrer ! Tout de suite !
Magnus tapa le code et accéda à sa demande. Celle-ci se rua à l’intérieur. Elle s’approcha d’abord de son fils. On lui avait mis un pyjama et il dormait toujours paisiblement. Kate caressa sa joue, poussa une mèche de cheveux de son front, se pencha et y déposa un baiser. Ses yeux s’emplir et elle laissa couler ses larmes. Elle embrassa une nouvelle fois son fils et s’approcha de Rick. Lui aussi portait un pyjama et dormait tranquillement.
Elle passa sa main sur sa joue et fut surprise par la douceur de sa barbe naissante. Tout d’abord elle mit ça sur le compte de la chaleur humide qui régnait dans la pièce et qui la faisait déjà énormément transpirer. Mais non, en l’examinant de plus près elle se rendit compte que les poils étaient devenus plus souples et aussi plus fournis. Instinctivement elle porta son attention sur ses cheveux et sa pilosité. Eux aussi avaient changés. Elle se pencha, lui déposa un baiser sur les lèvres. Puis après un dernier regard, elle sortit.
- Je veux savoir ce qui leur arrive. Maintenant.
- Allons dans mon bureau, je vais tout vous expliquer.
5. Homo-Panthérinae
Beckett suivit le Dr Magnus jusqu’à son bureau. Elle désirait, autant qu’elle redoutait, les explications que cette femme allait lui donner. En moins d’une heure, elle venait de passer d’un monde rationnel, à un monde peuplé de monstres et de légendes. Elle aurait très certainement trouvé cela fascinant si les deux êtres les plus chers à son cœur n’étaient pas impliqués dans ce monde étrange.
Tout en prenant place dans le canapé, alors qu’Helen prenait un dossier sur son bureau. Kate était hantée par une seule question, allait-elle les perdre tous les deux ? Le Dr Magnus lui remit le dossier et alla s’asseoir dans un fauteuil.
- Voilà toutes les informations que j’ai sur les Homos-pantherinae ou « Hommes-félin ».
Beckett la fixa interloquée, elle venait de comprendre ce qu’impliquaient ces paroles pour Rick et Alex. Magnus voulut prendre la parole mais Kate la devança. Cette dernière était passée du mode ‘épouse et mère’ au mode ‘flic’. Totalement déroutée par ces événements, elle voulait comprendre l’essentiel. Se raccrocher coûte que coûte à quelque chose de concret. Pour les détails, ils attendront. Elle lirait le rapport plus tard.
- Si je saisis bien vos paroles, c’est une de ces ch… créatures qui a attaqué Alexandre et Rick ?
- Oui. Mais elle ne voulait pas les tuer, seulement préserver sa….
- Elle les a attaqués ! Et à cause d’un venin ou un truc comme ça, ils sont en train de se transformer ! La voix calme et le sourire de Magnus l’avaient mise hors d’elle.
- Je sais ce qu’il vous faut, répondit-elle toujours avec sérénité. Un café, justement voici un autre de mes collaborateurs, que vous ne connaissez pas encore. Je vous présente Bigfoot.
- Bon sang !
Elle sursauta tout en portant instinctivement la main au niveau de sa hanche. Geste d’autant plus inutile, qu’elle n’avait pas son arme. La…chose se contenta d’émettre un son guttural accompagné d’un léger haussement d’épaule. Il déposa le plateau sur la table basse. Puis se redressant fit face à Kate. Il vit tout de suite qu’elle était gênée par l’attitude qu’elle venait d’avoir. Mais comment lui en vouloir, c’était compréhensible.
D’ailleurs il était plutôt étonné. Bien sûr, c’était une femme forte, un policier hors pair. Henry s’était renseigné sur elle et son mari. Ils formaient un duo très efficace. Mais là tout son monde était chamboulé et pourtant elle faisait face. Même Will avait été plus effrayé en le voyant pour la première fois.
- J’espère que le café ne sera pas trop fort.
- Merci … je suis désolée…je ne voulais pas…essaya d’expliquer Kate.
- Ce n’est rien. Madame Rodgers, pour votre mari et votre fils, vous êtes au bon endroit. Gardez confiance.
Il n’attendit pas de réponse et sortit de la pièce. Magnus servit le café et tendit une tasse à Beckett. Cette dernière s’en saisit, perdue dans ses pensées. Elle avala une gorgée, se cala dans le canapé et, après avoir jeté un coup d’œil au dossier posé à côté d’elle, reporta son attention sur Magnus.
- J’ai raison, n’est-ce pas. Ils ont été contaminés à cause de leurs blessures ?
- Oui, jumelés aux glandes sudoripares qu’il a entre les coussinets, il possède une autre glande qui contient son ‘patrimoine génétique’.
- Toutes les personnes griffées sont contaminées ?
- Non, dans le cas de Richard et d’Alexandre, le besoin de transmettre son ‘patrimoine’ était vitale pour l’homme-félin. Il se savait condamné. C’était une question de survie.
- Il ne voulait pas les tuer. Elle aurait aimé en savoir plus mais elle s’inquiétait trop. Pourquoi ont-ils eu si froid tous les deux ?
- D’après les premières analyses que j’ai pratiquées. Je peux dire que leur température corporelle est passée de 37°C à 30°C. Ce qui permet aux phénomènes de vivre en milieu tropicale humide sans problèmes.
- Vous allez arrêter le processus de transformation…vous savez comment faire. Sa voix était à la fois suppliante et pleine d’espoir.
- Non Kate, je ne sais pas comment faire. Elle préférait jouer la franchise. Nous savons très peu de chose sur les Homos-pantherinae. Je compte sur votre mari pour m’aider à comprendre ce qu’il lui arrive.
- Ça pourrait être définitif…. Cela en était trop, elle éclata en sanglots.
Will arriva à ce moment précis. Il prit place près de Kate et avec douceur la fit se lever. Tout en récupérant le dossier au passage. Il la conduisit jusqu’à la chambre qu’on lui avait préparée. Il la rassura en lui disant que Rick et Alex dormaient toujours tranquillement. Ce qui était tout à fait normal. Leur corps ayant besoin de récupérer après cette chute de température.
Il lui proposa de rester avec elle mais elle refusa. Elle préférait être seule pour le moment. Il lui dit que le repas serait bientôt servi, elle lui répondit qu’elle n’avait pas faim. Il posa le dossier sur le lit et la laissa. Il savait qu’il était inutile de tenter une discussion, elle avait besoin de « faire le point ». Lorsque la porte se fut refermée, Kate se coucha en position fœtale sur le lit. Laissant couler les larmes, elle aurait tellement aimé partager ses angoisses.
Les larmes finirent par se tarir et la fatigue la rattrapa. Elle dormit longtemps, il était plus de 22h00 quand elle se réveilla. Elle fut désorientée un bref instant puis se souvint où elle se trouvait. Elle alluma et vit tout de suite le plateau sur la table qui se trouvait près de l’entrée. Comme elle avait faim, elle se lava et le ramena avec elle sur le lit. Il était temps pour elle d’en savoir plus sur ces Homos-pantherinae. Elle s’assit à la tête du lit, calant son dos avec les oreillers. Puis, un sandwich dans une main, le dossier, ouvert, posé sur ses genoux, elle commença sa lecture.
Ils existaient depuis toujours, alimentaient plusieurs légendes incas et des indiens d’Amazonie. Appelés souvent Homme- jaguar ou Homme-panthère. Ils apparaissaient dans de nombreux rituels sacrificiels où de jeunes gens, homme ou femme leurs étaient offerts. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ils n’étaient pas tuer mais transformé et devenaient à leur tout des Homme- félin. C’était un des deux moyens de perpétrer leur race. Comme Rick et son fils, les « sacrifiés » étaient griffés et se transformaient. Certains considéraient comme un honneur d’êtres choisis par ces « Dieux » et souvent ils étaient volontaires.
Kate avait du mal à admettre ce genre de raisonnement, mais, à d’autres époques, d’autres croyances et coutumes. Elle continua sa lecture. Des histoires faisaient aussi mentions d’hommes et de femmes qui surgissaient de la forêt et qui s’installaient dans les villages. Pour choisir un compagnon ou une compagne. Mais une fois le choix fait, ils disparaissaient tous les deux. D’après les rapports établis par le sanctuaire, c’était la deuxième façon de préserver la race, l’accouplement avec un humain. L’enfant hybride qui naissait se développait normalement de façon plus naturelle. Le parent humain lui se transformait aussi, bien que moins brutalement que les sacrifiés.
Kate en déduisit que peut-être la transformation se ferait plus lentement chez son fils, après tout il avait été moins gravement blessé. Il lui faudrait poser la question à Magnus. En lisant les lignes qui suivirent elle comprit pourquoi son fils semblait la « rejeter ». Contre toute attente chez les Hommes-félin c’étaient les mâles qui s’occupaient de l’éducation des plus jeunes. La mère les mettaient au monde, les allaitaient pendant six mois et les laissaient.
Phénomènes et Hommes avaient vécus des siècles en parfaite cohabitation mais, maintenant leur espèce était presque éteinte. À peine quelques centaines à la place de milliers. Ils se cachaient des hommes, restant au plus profond de la forêt amazonienne. Ils avaient été chassés lors de la conquête espagnol en Amérique du Sud, puis par certain groupe anti-phénomènes.
Kate était troublée par tout ça, elle comprenait pourquoi il leurs avait fait ça. Elle tourna la page et tomba sur un jeu de photos. C’était la « panthère » qui les avait attaqués. On la voyait sous sa forme animale, elle était vraiment magnifique. Une autre où elle était sous une forme humanoïde mais avec les traits d’un félin. Apparemment la photo avait été prise alors que le phénomène venait d’être endormi. Et enfin il y avait une photo sous sa forme humaine, c’était un homme. Rien ne laisser devinait sa véritable nature.
Elle se surprit à penser que si Rick se transformait complètement il pourrait garder son apparence. Peut-être que cette idée la rassura un peu car elle se sentit moins accablée par la tristesse tout à coup. Elle referma le dossier, il y avait d’autres rapports mais ils étaient trop techniques. On frappa à la porte.
- Entrez.
- Je ne vous dérange pas ? Demanda la jeune femme brune.
- Non, je viens de lire le dossier que m’a donné le Dr Magnus.
- Et je vois que vous avez aussi manger les sandwiches que Bigfoot vous a apportés.
- Oui, j’aimerai savoir une chose...
- Kate. J’ai le même prénom que vous.
- Kate dites-moi comment cet Homo-pantherinae s’est retrouvé près de notre chalet ?
- D’accord.
Elle s’assit au pied du lit et raconta l’attaque du convoi. Répondant à la question muette de Kate quant au pourquoi du transport du phénomène. Ce dernier avait été retrouvé blessé au sud du Mexique. Bien loin de son habitat naturel. Ils le ramenaient pour le soigner et savoir ce qu’il lui était arrivé. Beckett l’écouta avec attention et demanda une fois qu’elle eut terminé.
- Vous pensez que ce Lieberman veut retrouver mon mari et mon fils ?
- Nous le pensons effectivement, elle vit l’inquiétude sur le visage de Kate, mais le sanctuaire est très bien protégé. Ils sont en sécurités à l’intérieur de ses murs.
- Si vous le dites. Je voudrais les voir.
- Bien sûr, venez. Elle lui sourit. Le sanctuaire et ses occupants, ainsi que ses visiteurs, risquent de vous apporter encore plein de surprises.
- Si cela pouvait attendre demain…j’ai eu mon lot de surprise pour la journée. Répliqua-t-elle avec une esquisse de sourire.
Elle suivit Kate en repérant le chemin de manière à pouvoir y retourner seule. Elle les regarda à travers la vitre. Ils dormaient toujours, seul Rick semblait un peu agité mais rien d’alarmant, Alexandre était plus serein. Elle resta là un long moment, la jeune femme toujours à ses côtés.
Le Sanctuaire, lundi 6h45.
Castle se réveilla brusquement et s’asseyant au bord du lit, se passa les mains sur le visage. Il avait fait de drôles de rêves toute la nuit. Mais le dernier l’avait secoué. Il avait revécu l’agression près du chalet mais, chose étrange, il s’était ‘vu’ s’attaquer. Il lui fallut quelques secondes pour retrouver son calme. Il se leva et alla voir son fils, ce dernier dormait paisiblement mais son nez frémissait. Signe annonciateur d’un prochain réveil. En attendant qu’il ouvre les yeux, Castle observa la pièce où ils se trouvaient.
Malgré une chaleur humide, il se sentait bien et, à sa grande surprise ne transpirait même pas. Il s’agissait d’une « cellule » améliorée, plus confortable. La paroi de verre qui donnait sur un couloir et sur un labo, semblait à toute épreuve. Tout comme la porte métallique. A côté de celle-ci se trouvait un panneau de commande. Il s’en approcha et l’examina. Il permettait de régler la température de la pièce ainsi que la lumière, réglée pour l’instant au minimum. Il y avait aussi un interphone, très utile lorsque l’on a quelqu’un à qui parler. Ce qui pour le moment n’était pas le cas.
Il espérait vraiment en apprendre plus sur ce qui leurs arrivait par ce Docteur Magnus. Le seul point positif pour l’instant était qu’ils n’avaient plus froid. Il fut rappelé à l’instant présent par la voix d’Alexandre.
- Papa j’ai faim.
- Salut bonhomme. Ça va ? Il va s’asseoir près de lui.
- Oui. Il se jette brusquement dans les bras de son père. Papa ! Fais peur !
- Chut, c’est le docteur. Il ne faut pas avoir peur, elle est gentille. Dit-il d’une voix rassurante.
- Non, lui ! Il pointe son doigt sur Henry.
Rick croise alors le regard d’Henry Foss qui se tient en retrait derrière Magnus, un plateau dans les mains. Aussitôt il éprouve un picotement le long de son épine dorsale. Il n’y a, à priori, rien de particulier, pourtant il ne peut s’empêcher de serrer son fils un peu plus contre lui tout en se tournant légèrement. Comme pour le protéger d’une quelconque attaque. Helen qui n’a rien manqué de la scène demande à Henry de déposer le plateau et de les laisser. Elle croit avoir deviné la nature du problème. Henry les laisse donc, vraiment désolé d’avoir effrayé le jeune garçon.
- Bonjour Monsieur Castle, votre fils est rassuré maintenant ?
- Oui, merci. Que s’est-il passé. J’ai aussi « ressenti » quelque chose. Et, où est ma femme ?
- Papa ! J’ai faim ! Crie Alex qui a déjà oublié sa peur.
- Désolé, mais il va être intenable s’il ne mange pas.
Il se lève et installe son fils à la table qui se trouve dans un des coins de la pièce. Il constate qu’il y a beaucoup de viande sur le plateau. Plus ou moins cuite. En plus des œufs et des céréales, son fils refuse ces dernières et montre à son père un steak haché saignant. Une fois Alexandre en train de manger et tout en le surveillant, Castle retourne auprès de Magnus. Il mangerait bien un de ces steaks lui aussi. Mais son besoin de réponse est plus fort.
- Tout d’abord monsieur Castle sachez que votre femme va bien. Elle doit encore dormir. Elle a eu des heures éprouvantes.
- Parfait et s’il vous plait appelez-moi Richard ou Castle. Laissez tomber le monsieur.
- Dans ce cas moi c’est Helen ou Magnus, d’accord ?
- D’accord. Alors ? Où sommes-nous et que nous arrive-t-il Helen ?
- Je crois que le mieux est que je vous explique qui nous sommes et ce que nous faisons. Ensuite nous pourrons parler de votre cas.
- Kate est au courant ?
- Oui. Dites-moi Richard croyez-vous aux fées, aux monstres cachés dans les placards ou sous les lits ? Aux farfadets et autres ?
- Je dirais oui, d’une certaine manière. Kate m’a dit un jour que j’étais un vrai gamin, une sorte de Peter Pan adulte. Pourquoi ?
Helen sourit à cette remarque, elle commença donc son exposé. Au fur et à mesure qu’elle parlait, elle voyait les expressions sur le visage de l’écrivain passer de l’incrédulité, à la surprise, parfois la peur, le doute mais surtout une très grande curiosité. Il était évident qu’il brûlait d’envie de voir un de ces phénomènes. Malgré toute son imagination d’écrivain, il avait toutefois du mal à assimiler tout ce que venait de lui dire Magnus. Et comme pour donner raison à cette dernière il demanda.
- Je peux en voir un ?
- C’est déjà fait, devant son air interrogateur, Henry qui vous a mis mal à l’aise tout à l’heure.
- Ah, et qu’est-ce qu’il a de spécial ?
- C’est un Lycanthrope.
- Un loup-garou ! Mais il avait sa forme humaine, pourquoi mon fils a eu si peur. Pourquoi me suis-je senti mal à l’aise en sa présence ?
- C’est une des conséquences de ce qu’il vous arrive. Vous…
- On se transforme…c’est ça ?
Tout comme l’avait fait Kate la veille au soir, il comprit tout ce qu’impliquait cette attaque, ce changement qui s’opérait. Il regarda son fils et une immense tristesse l’envahit. Alexandre tourna la tête vers son père, un magnifique sourire éclairait son visage. Castle de prêtait plus attention à Magnus, il rejoignit son fils et le prit dans ses bras. Alors que son fils blottissait sa tête sur son épaule, il resserra son étreinte. Il trouvait cela vraiment injuste, son ‘bébé’ n’avait pas encore trois ans. Il ne méritait pas un tel sort. Son monde était en train de s’écrouler autour de lui. Il avait toujours su faire la différence entre fiction et réalité or, toutes ses belles certitudes venaient de disparaître comme neige au soleil.
Kate était arrivait au moment où Rick s’était lever pour prendre leur fils dans ses bras. Elle n’était pas intervenue et se tenait à la porte, son regard allait de Magnus à ses deux « Hommes ». Elle réalisa tout de suite que Rick venait d’être mis au courant de la situation. Et à sa réaction il avait du mal à « encaisser » la nouvelle. Pour son fils en tout cas. Elle ne savait pas trop comment l’aborder lorsqu’Alex la vit. Il se redressa dans les bras de son père.
- Maman !
- Bonjour mon ange. Dit-elle heureuse que son fils veuille d’elle. Tu viens ? Elle tend les bras.
- Bisous ! Lance-t-il en se laissant glisser vers elle.
Rick n’intervient pas, il sait que ça était dur pour Kate de voir son fils la rejeter. Il attend patiemment que leur effusion affective cesse. Puis Alexandre commence à s’agiter, il veut descendre. Magnus décide d’intervenir. Elle s’adresse directement à l’enfant.
- Tu veux venir avec moi Alexandre ?
- Heu….il lève la tête vers ses parents.
- Tu peux si tu veux lui dit Kate.
- Oui, vas-y, je reste là avec maman d’accord.
- T’as des jouets ? Demande-t-il avec son air le plus sérieux.
- Plein ! Répond Magnus avec un grand sourire.
- Je viens !
- Je vous le ramène plus tard, ne vous inquiétez pas il ne risque rien.
- Merci.
Castle attend qu’ils soient partis et s’apprête à parler, mais Kate se précipite contre lui et l’étreint. Il lui rend son étreinte, et reste ainsi plusieurs minutes avant de se reculer un peu. Elle lève ses yeux, il baisse les siens.
- Comment te sens-tu ?
- Totalement perdu. Magnus vient de me dire ce que sont les sanctuaires. Je n’arrive toujours pas à y croire.
- Pourtant celui qui croit en la magie et aux doubles arc-en-ciel devrait y arriver. Je l’ai bien fait.
- C’est étonnant.
- J’ai même parlé avec une sirène nommée Sally et un membre de l’équipe de Magnus. Bigfoot…
- Bigfoot !? Comme LE Bigfoot ?
- Hum, hum…
- Mon Dieu Kate, dans quel monde sommes nous arrivés ?
- Dans un monde où toi et Alexandre aurez votre place si Magnus n’arrive pas à vous soigner.
- Mais je ne sais même pas ce qu’il nous arrive !
- Elle ne t’a rien dit ?
- Elle allait le faire…
- Dans ce cas je vais m’en charger. Viens. Elle l’attrape par le bras et le fait asseoir sur le lit.
- Tu sais ce que l’on a ?
- En partie oui, j’ai lu un dossier très intéressant.
Elle prend place près de lui et lui raconte tout ce qu’elle a appris sur les Homos-Pantherinae. Au fur et à mesure de son récit, Castle est littéralement passionné par cette histoire. Par contre quand elle en vient à parler du Dr Liebermann qui a essayé de capturer l’homme-félin. Rick s’inquiète aussitôt pour la sécurité d’Alexandre.
- Pourquoi nous, Kate ?
- Je ne sais pas, je ….
Elle fut interrompue par des éclats de rire. C’était Alexandre, il avait l’air de beaucoup s’amuser. Ils le virent arriver au cou de Bigfoot. Il lui tirait les poils et riait des grimaces que ce dernier faisait alors. Bien que l’enfant ne lui fasse aucun mal.
- Papa, maman ! C’est mon ami Bifoute !
- Oh bordel…c’est tout ce que son père trouva à dire en voyant son fils qui paraissait minuscule dans les bras de Bigfoot.
7 : Recherches
Complexe sous terrain, Nouveau Mexique, mercredi 19h20.
Le Dr Hanz Liebermann est dans son laboratoire, il recoupe les notes de ses recherches avec celles connues sur l’Homo-Pantherinae. Il est vraiment ravi, chose rare ces derniers temps. Depuis la destruction de la Kabale par les gens des Sanctuaires, en particulier John Druitt et Nikolas Tesla, il a beaucoup de mal à trouver des financements pour ses travaux.
Mais heureusement pour lui ses manipulations génétiques sur les hommes-requins ont intéressé quelques « puissants » de ce monde, avide de pouvoir et de suprématie. Et puis tout ce qu’il vient d’apprendre de ce magnifique spécimen va lui permettre de faire une avancée spectaculaire dans la manière de croiser les espèces. Ah si seulement les poches de ‘transfusions’ avaient été pleines ! Aucun doute que ce Castle et son fils avaient été ‘contaminés’.Un mâle adulte et un jeune enfant, il les lui fallait absolument. Le plus jeune lui permettrait de suivre leur véritable évolution. L’homme quant à lui servirait de sujet d’expérimentation. Il a déjà préparé une salle spéciale pour cela. Mais pour l’instant ils sont tous les deux à l’abri dans le Sanctuaire de Magnus. Il doit donc trouver un moyen de briser les défenses de ce maudit endroit.
Il se lève et se dirige vers la porte étanche se trouvant à sa droite. Il insert son passe dans le lecteur et la porte s’ouvre dans un chuintement. Il entre dans la pièce et frissonne légèrement, c’est vrai que la température y est plutôt basse. Il longe l’allée centrale regardant avec fierté les cylindres transparents qui la bordent. Chacun d’eux fait un mètre de diamètre et deux mètres cinquante de haut. Il s’arrête devant l’un d’eux, il sourit. L’homme-requin immergé dans un liquide épais et bleuâtre est au stade final de son développement. D’ici une semaine il ira rejoindre ses frères. Les autres le suivront plus tard. Il fixe les dix derniers incubateurs, ils contiennent des fœtus à différents stades de développement. Bientôt grâce à ses recherches il pourra leur transmettre les caractéristiques génétiques des hommes félins.
Il regarde l’heure à sa montre gousset, 19h40, il est temps pour lui de prendre une pose. Il fait donc demi-tour. Il s’apprête à quitter son labo lorsque la sonnerie de son téléphone retentit.
- Qu’y a-t-il Robertson ?
- Il se passe quelque chose de grave au Sanctuaire !
- Comment ça ?
- Apparemment c’est l’affolement général. Leur hélicoptère a décollé, dans le même temps une voiture et deux motos sont parties rapidement dans des directions opposées.
- J’ai prévenu Adams pour qu’il décolle à son tour et suive leur hélicoptère. D’autres hommes se chargent de la voiture et des motos.
- Parfait, essayez de savoir ce qu’il s’est passé.
- Je dois voir un phénomène dans une heure. Je vous rappelle dès que j’ai du nouveau.
- Parfait.
A quelques kilomètres du sanctuaire, 20h25.
Castle s’arrête enfin de courir. Il s’assure que son fil, qu’il porte sur son dos va bien. Alexandre a passé ses bras autour de son cou et sourit, cette balade lui plait de toute évidence. Rick prend le temps d’observer les alentours, il ne veut pas être surpris. Heureusement il n’y a pas de lune ce soir, cela leurs assure une sécurité relative. Ça doit faire plus d’une heure qu’il s’est enfui du Sanctuaire avec son fils. Si au début il a suivi la rivière en amont il est maintenant hors de la ville elle-même. Dans sa banlieue où les maisons sont plus éparses. Il avance avec prudence au milieu d’un petit bois. Il a sentit l’odeur d’humain pas très loin.
Il arrive à la lisière du bois, il avait raison, dans l’espace dégagé qu’il a devant lui se trouve une caravane miteuse. Devant il y a un barbecue dont les braises se consument lentement, une table en plastique blanc avec des bouteilles de bières vides et des assiettes sales. A côté deux sièges pliants, sur l’un d’eux un homme dort profondément, abruti par la chaleur et les bières qu’il a bues. Mais ce qui attire l’attention de Castle est la vielle camionnette qui est garée un peu plus loin. Avant d’agir il prend le temps d’écouter encore la respiration de l’homme. Une fois certain que ce dernier ne se réveillera pas et qu’il n’y a pas une autre présence, il s’accroupit.
- Descend maintenant Alex
- D’accord.
- Tu restes là, tu ne bouges pas. Je reviens te chercher, tu as compris.
- Oui papa.
Le jeune garçon regarde fasciné son papa changer de forme. Ça l’amuse beaucoup de le voir devenir un gros chat puis de nouveau son papa ou le contraire. Rick a pris sa forme intermédiaire. Cela sera plus facile pour lui de paraît à toute éventualité sous cette forme. D’autant plus que sous son apparence humaine il serait entièrement nu, alors que là, il a un jolie « pelage ». Il s’assure que son fils soit bien caché et se dirige vers la caravane.
Ce qu’il va faire n’est pas dans ses habitudes mais, pour sauver son fils il est prêt à tout. Il n’est pas franchement surpris quant il voit l’intérieur de la caravane. Aussi misérable dedans que dehors. Il fouille et trouve enfin ce qu’il cherche. Dans un vieux sac en toile style armée, il met des vêtements qui ont l’air à peu près propre, deux couvertures. Ensuite il cherche un peu d’argent et aussi de la nourriture qu’il met aussi dans le sac. Il sort et après avoir vérifié que le type dort toujours il se dirige vers la camionnette. Il jette le sac dans la benne arrière et ouvre la portière, les clefs sont sur le contact comme il espérait.
C’est au moment où il retourne chercher son fils qu’il entend le bruit d’un retords. Il se précipite dans le bois. Entrainant son fils avec lui, il se cache sous un bosquet. Il sent Alexandre trembler, il le sert un peu plus contre lui.
- N’ais pas peur. Ils ne nous trouverons pas.
- Je veux plus de piqûres.
- Ils ne te feront plus rien, je te le promets.
L’hélicoptère passe juste au-dessus d’eux, il fait du surplace un moment, balayant la zone avec un projecteur puis s’en va. Heureusement grâce à son ouïe hyper développée il l’a entendu arriver de loin. Castle attend encore un instant, surpris toutefois que le bruit n’est pas réveillé l’ivrogne. C’est lorsqu’il sort de leur cachette qu’il sent une douleur à son bras gauche. Il regarde surpris la plaie qui saigne, quel imbécile, il a oublié ce détail, il doit stopper le saignement. Il doute de trouver des pansements dans la caravane. Au pire un linge propre suffirait.
Enfin il installe son fils sur le siège passager, il prend place à son tour derrière le volant. Il met le contact, tout se passe bien, il regarde le niveau de la jauge d’essence. Le plein est fait, parfait. Dans la boîte à gant il est tombé sur une carte de la région. Un peu plus à l’ouest se trouvent des collines boisées. D’après ce qu’il sait de la région, il y a d’anciennes exploitations minières. Avec un peu de chance il pourra peut-être se cacher dans l’un d’elle un petit moment. Il part enfin, empruntant un chemin de terre défoncé qui le mène à une nationale. Il roule prudemment, il n’aimerait pas se faire arrêter par une patrouille de police.
Il roule quelques kilomètres avant de s’arrêter dans un petit chemin, il prend sa forme humaine, s’habille. Couvre son fils, qui dort paisiblement, avec une couverture et repart. Il roule toute la nuit, aux premières lueurs de l’aube ils sont presque arrivés à destination.
Le Sanctuaire jeudi 4h56
Magnus est dans son bureau, Bigfoot fait la révision de l’hélicoptère. Elle va repartir dans deux heures environ. Elle appelle Henry.
- Toujours rien du côté de Will ?
- Non, ni de Kate et de…Kate. La notre m’a dit qu’elles faisaient le plein des motos et qu’elles allaient revenir par un autre chemin.
- Bien, et notre réseau de surveillance ?
- Rien non plus, pour l’instant personne n’a de renseignements. Castle et son fils ont disparut dans la nature.
- Bon sang ! Comment a-t-il su pour le passage qui donne sur la rivière ! Et pourquoi cette fuite ?
- Je ne sais pas, le plus troublant c’est le fait qu’il ait ôté la puce électronique qu’on lui avait implanté à son insu. Sans elle, impossible de le localiser.
- Il se montrait pourtant coopératif, puis d’un seul coup il a montré une certaine animosité.
- Juste après sa première métamorphose complète.
- Exact. Nous avons besoin d’aide je vais essayer de joindre John et Nikolas.
Complexe sous terrain, Nouveau Mexique, jeudi 7h18
- Bonjour Docteur, c’est confirmée par une autre de nos indicateurs, ils sont bien à la recherche de l’homme et de son fils.
- Très bien, cela nous redonne un avantage. Ces phénomènes préfèrent les endroits sombres, boisés. Formez des équipes de recherche mais laissez celles qui sont à la surveillance des membres du sanctuaire.
- A vos ordres Monsieur.
Liebermann remet son portable dans sa poche, il a le sourire. Il est de nouveau à égalité avec Magnus. Où comme il vient de le dire à Robertson, il a même un léger avantage du fait de savoir ce qu’il se passe. Alors qu’Helen ignore totalement qu’il est au courant et qu’il a lancé des hommes à leur recherche.
8 : Peurs
Le sanctuaire, deux jours plus tôt, mardi 8h00.
Rick se réveilla fatigué, il avait encore fait ces rêves étranges. Il se voyait ‘vivre’ dans la peau de l’homme-félin qui les avait attaqués lui et son fils. C’était bien plus que cela en fait, il avait revécu toutes ses « mutations ». Il ne trouvait pas d’autres mots pour expliquer les différents transferts de son « être ». Ça métamorphose originelle datait de plusieurs siècles. Elle avait eu lieu lors d’un rituel sacrificiel Inca, il était alors un jeune garçon de douze ans et surtout volontaire. Il avait donc était contaminé par l’homo-pantherinae sous sa forme animale, dont il était devenu le « fils ».
Il avait eu de nombreux descendant par procréations ou par contamination. Et vécu de nombreux transferts, le plus classique lorsqu’il arrivait à la fin de sa vie mais aussi de nombreux contraint et forcé, notamment avec l’arrivée des conquistadors qui les pourchassèrent longtemps, persuadés qu’ils étaient les détenteurs du secret du trésor de Montezuma. Il en avait tué beaucoup. Il devait en parler à Magnus.
Pour l’instant il alla près de son fils qui se réveillait doucement. Il s’inquiétait pour lui, bien qu’Alexandre semblait mieux vivre son altération physique. Hier avait été une journée pénible pour eux, ils avaient dû subir de nombreux examens et on leur avait fait des tas de piqûres. Son fils détestait vraiment ça malgré la douceur avec laquelle Bigfoot les lui faisait. C’était le seul en dehors de son père qu’il laissait le toucher. Il avait refusé qu’Helène s’occupe de lui. Elle ne s’en était pas offusquée, expliquant que cela venait de leur culture, les enfants étant plus proches du père et des autres mâles.
Tout en caressant les cheveux de son fils, Castle repensa aux résultats de certains des examens. Il y avait bien chez lui et son fils les fameuses glandes de « reproduction », situées aux poignets et aux chevilles, soit au niveau des coussinets des pattes sous leurs formes animales. Mais les plus importantes étaient les deux glandes qui s’étaient formées dans leurs cerveaux. Entre l’hypophyse et l’épiphyse toute opération était à exclure, leur connexion avec le cerveau étant complexe et totalement nouvelle pour Magnus. il fallait trouver une autre solution, d’où de nouveaux examens prévus dans la journée. Hélène était intiment persuadée que leur fils Alexandre était la clé.
Son fils se réveilla enfin, il se redressa et se blottit aussitôt dans les bras de son père.
- On rentre à la maison !
- Pas aujourd’hui.
- Quand ? j’veux partir.
- Je sais mon cœur. Bientôt.
- Bientôt quand ? insista-t-il.
- Je ne sais pas. Comment pouvait-il répondre à son fils alors qu’il ignorait la réponse. On est encore malade, on doit rester avec le docteur.
- NON ! Veux plus de piqûres ! Pleura-t-il.
Rick fut incapable de faire autre chose que de serrer son fils un peu plus fort contre lui. Il sentit les yeux lui piquer et refoula à grand peine les larmes qui menaçaient de couler. Ce qui lui faisait le plus de mal, c’est qu’il était totalement impuissant. Il devait se contenter de subir et il n’aimait pas ça. Si on lui avait parlé des phénomènes avant l’accident, il nota non sans une certaine ironie, qu’il aurait trouvé ça « cool » et fascinant. C’est la porte se déverrouillant et s’ouvrant qui lui fit tourner la tête. Kate entra un plateau dans les mains. Elle leurs sourit en le posant sur la table. Mais Rick ne fut pas dupe, il vit tout de suite son air épuisé et inquiet.
- Le petit déjeuner de ces messieurs est servi.
- Merci. Alex regarde c’est maman. Il relava la tête, fixa sa mère et se remit contre son père. Désolé Kate…je…
- Ca va aller Rick. Laisse-lui du temps. Tu as l’air fatigué. Comment tu te sens, de nouveaux symptômes ?
- Non, justes des rêves bizarres et toi ?
- Ca va…
- Menteuse. Dis-moi vraiment comment tu vas. Tout en parlant il avait installé son fils à la table pour qu’il mange.
- J’ai menti à Lanie, je m’inquiète pour vous deux et j’ai peur que ce Liebermann n’arrive à vous faire du mal….
- Comment ça, mentit à Lanie ?
- Je ne pouvais pas laisser tous ses messages sans réponse. Je l’ai appelée hier soir.
- Et ?
- Je lui ai dit que toi et Alex alliez bien mais que toute cette histoire nous avait un peu chamboulés et que nous avions besoin de calme. donc que nous étions partis pour les Hampton’s.
- Ne te sens pas coupable de lui avoir mentie. Tu n’avais pas le choix, tu ne pouvais pas lui dire « Mon fils et mon mari sont en train de se transformer en gros félins »
- Je sais, mais c’est ma meilleure amie. J’ai l’impression d’avoir trahi sa confiance.
- Et ne t’inquiète pas pour nous. Ce Liebermann ne peut pas attaquer le sanctuaire et …
- Oui, mais on ne va pas rester là éternellement ! que se passera-t-il lorsque nous serons chez nous ?...
- Ce n’est pas notre problème immédiat, nous verrons cela plus tard….enfin si Magnus trouve comment annuler notre « état ».
- Tu as raison, approuva-t-elle dans un soupir. Richard…
- Houlà, j’aime pas ça. Quand tu prononces mon prénom ça d’annonce…
- Ecoute- moi s’il te plait… j’ai bien réfléchi, si Magnus ne trouve pas de solution, je…
- C’est ce que je craignais ! Tu voudras partir, c’est ça ? Tu as peur que je te fasse du mal ? Jamais je n’en serai capable, quelque soit ma forme ! Il avait terminé sa phrase en hurlant et en colère.
- NON ! Au contraire ! Je veux que tu me contamines à mon tour ! Elle aussi avait crié.
Hélène Magnus et Kate qui s’approchaient, se précipitèrent en entendant les éclats de voix. Inquiètes, elles prirent des armes à impulsion dans une armoire du couloir, prévue au cas où justement il y aurait un problème. Elles entrèrent dans la cellule et s’immobilisèrent voyant Rick et Kate se faire face et pleurer. Un regard de Castle et les deux femmes les laissèrent seuls. Rick les vit rentrer dans le labo. Il reporta son regard sur la femme qui l’aimait et qui venait de lui montrer à quel point elle aimait aussi.
- Non… C’est de la folie. Il ne trouvait pas une raison valable pour l’en dissuader. Ça t’éloignerait encore plus d’Alex.
- Oui mais au moins j’en souffrirais moins. Ça serait aussi naturel pour lui que pour moi. Dit-elle sûre d’elle.
- Je…Bon sang ! Je déteste quand tu as raison ! Il était ému par cette preuve d’amour, mais il était encore réticent, cependant il poursuivit. D’accord, mais pas avant d’avoir épuisées toutes les solutions. Nous sommes bien d’accord sur ce point ?
- Oui, elle se jette dans ses bras.
La matinée s’était écoulée tranquillement. Magnus avait décidé de les laisser tranquille tous les deux. Rick avait fait le tour du sanctuaire avec Kate sous la surveillance de Will. Alex l’avait passée en compagnie de Bigfoot. En fin de matinée Castle avait longuement parlé avec Hélène de ses rêves. Elle avait été fascinée par ceux-ci, bien qu’elle lui dit que selon elle, il ne s’agissait pas de rêves mais de souvenirs qui venaient « s’installer » dans sa mémoire, déclenchant des flashs. Il s’avérait donc que les Homos- Pantherinae avaient une mémoire « transmissible ». Elle interrogea donc sur son passé. Kate aussi écoutait Rick avec un grand intérêt. Après tout, ces souvenirs pourraient aussi devenir les siens, du moins en partie. Puis ils parlèrent des examens passés et à venir.
Les premiers résultats ne montraient rien de particulier. Ils confirmaient que la transformation était plus rapide chez Rick que chez Alexandre. Ils avaient aussi tous les deux certaines caractéristiques des félins. Une vision oculaire de 130°, un champ de vision de 287°, une ouïe pouvant capter des ultra son jusqu’à 50000Hz. Mais aussi un besoin de dormir de plus de 12 heures par jours. Ce détail arracha un sourire à Kate, Rick étant déjà un gros dormeur. Lorsque Rick avait parlé à Magnus de sa vue qui parfois se voilait, elle lui avait expliqué qu’il avait une membrane Nictitante, sa 3ème paupière en fait. Mais au lieu de se manifester en cas de maladie, elle lui servait en quelque sorte de « lunettes de soleil ». Les hommes-félins vivants dans la pénombre de la forêt étaient très sensible à la lumière.
Tout changea en début de journée. Malgré les demandes de Kate, Hélène avait besoin de faire au moins de prélèvements sanguins à Alexandre. Pour la première l’enfant serra les dents mais resta tranquille. Mais, au moment où Magnus s’approcha avec la deuxième seringue, il sauta de la table et courut vers la porte du laboratoire pour s’enfuir. Bigfoot fut assez rapide pour lui bloquer le passage mais, lorsqu’il voulut l’attraper il fut propulsé à travers le labo et alla s’écraser contre le mur opposé. Un feulement menaçant emplit la pièce.
Les deux femmes regardaient Rick à la fois effrayées et impressionnées. Elles n’osaient bouger de peur de sa réaction. Lorsqu’il avait sentit son fils menacé, Rick avait bondit tout en se métamorphosant dans sa forme intermédiaire. Alex ne semblait pas apeuré par la nouvelle apparence de son père au contraire. Il entourait fermement sa jambe de ses deux petits bras. Kate ne pouvait détacher son regard de ses deux yeux bleus en forme d’amande qui la fixaient. Elle se rappelait les photos mais voir son mari comme ça la stupéfiait.
Elle ne pouvait s’empêcher de l’admirer, il était magnifique. Son corps avait toujours sa forme humanoïde mais était recouvert d’un pelage noir à poils ras. Ses muscles étaient parfaitement dessinés et proportionnées, longs et fins. Cela lui conférait puissance et souplesse. Ce qui la surprenait le plus étaient son nez de forme triangulaire et ses deux lèvres très fines formant un simple trait. Malgré son aspect menaçant elle n’avait pas peur. Faisant un signe à Magnus que tout irait bien elle s’approcha de lui.
- Rick ?
- Ka...Kate. Sa voix était aigüe et sifflante.
- Calme-toi, on ne va plus rien faire à Alexandre. J’y veillerai, je te le promets.
- Bi...bien. Il butait sur les mots et avait du mal à parler.
- Tu veux bien le ramener dans votre…
- Cage. Termina-t-il en baissant la tête. Viens… c’est fini.
Il prit son fils dans ses bras et retourna dans leur « cage » comme il venait d’appeler la cellule où ils étaient. Lorsqu’il s’assit sur son lit avec Alex, il entendit la porte être verrouillée. Il refusa de se retourner et de regarder Kate qui l’appelait via l’interphone. Il avait besoin de réfléchir et d’accepter cette transformation. Il n’avait rien fait pour que cela arrive, c’était une réaction naturelle et cela le perturbait un peu. Les appels avaient cessés, il regarda vers l’extérieur, le couloir était vide. Il était presque sûr que Will était avec sa femme en ce moment. Essayant de la rassurer et de la réconforter. Il espéra sincèrement qu’il y parvienne, ne serait-ce qu’un peu. Il reporta son attention sur son fils et sourit. Alexandre le regardait en faisant des grimaces et en souriant. Il n’avait pas peur de lui ; mais le plus bizarre était la façon dont il lui caressait le poil.
Alex finit par s’endormir coucher contre son père. Rick toujours sous sa forme intermédiaire s’endormit aussi. Ils ne se réveillèrent qu’en fin de journée. Rick avait retrouvé sa forme humaine, juste en y pensant. Un de ses « rêves » lui avait en quelques sortes montré comment faire. Il laissa son fils jouer avec les jeux que lui avait donnés Bigfoot et passa dans la partie « salle de bain » de la pièce. Il se regarda dans le miroir, les vêtements qu’il portait, étaient déchirés. Il les enleva et nota, en voyant son reflet dans la glace qu’il avait changé physiquement. Ses muscles étaient plus développés et marqués, quoiqu’il n’avait pas à avoir honte de son aspect.
Depuis qu’il vivait avec Kate il s’était astreint à des exercices quotidiens, reprenant même le footing en sa compagnie. Il sourit malgré lui, il avait cru qu’il allait mourir la première fois qu’il avait couru avec elle. Bien sûr il s’était fait engueuler par sa muse, qui lui reprocha de lui avoir mentit sur sa réelle condition physique. Il avait donc trop forcé pour une reprise, les fois suivante avaient été adaptées et au fur et à mesure il avait progressé. Il jeta un coup d’œil dans la pièce, Alexandre s’amusait toujours, rassuré il passa sous la douche. Il en ressortit cinq minutes plus tard, il s’essayait quand il entendit la porte s’ouvrir, il allait se précipiter lorsqu’il reconnut la voix de Kate.
- Hey, bonhomme, où est papa ?
- Se lave et moi je joue. Tu joues avec moi ?
- Si tu veux mon trésor.
Rick regarda rapidement vers eux et vit Kate s’asseoir près de leur fils. Elle avait un sourire merveilleux sur le visage. Heureuse qu’Alex ne l’ai pas repoussée. Ces instants avaient tellement été rares depuis ces trois derniers jours. Seulement trois, songea-t-il, cela lui paraissait faire une éternité. Il les observa un instant en silence et retourna à ses occupations, il savait que s’il se montrait Alex risquait de changer d’attitude envers sa mère et elle souffrait déjà assez pour ne pas en rajouter. Une fois prêt il attendit encore mais la voix de sa femme s’éleva dans la pièce.
- Rick ?
- Oui ?
- Tu comptes rester encore longtemps caché ?
- Je ne me cache pas, je voulais juste que toi et Alex soyez un peu seuls tous les deux.
- Je sais, mais tu peux venir maintenant. Il est passé à autre chose.
- D’accord, il sortit, Kate avait les yeux rivés dans sa direction. Pardon…
- Non, je comprends, tu n’as rien à te faire pardonner, elle s’assit sur un des lits où il vint la rejoindre. Ce qu’il se passe est difficile à gérer, surtout pour toi.
- C’est vrai…ce n’est pas tant ce que je deviens que le risque de te voir t’éloigner de moi qui m’effraye le plus. Il fit un gros effort pour ne pas baisser les yeux et continua. Je… je ne veux pas que tu te sentes obligée de rester avec moi….
- Rick ! Comment peux-tu penser une seconde une chose pareil, non regarde-moi, elle saisit son visage entre ses mains et l’oblige à relever la tête. Je t’aime Rick…je t’aime répéta-t-elle encore. Est-ce que tu as vu du dégoût dans mon regard lors te ta transformation ?
- Non, rien à part un peu d’inquiétude…mais pas de peur c’est vrai. Il fit un sourire timide.
- Au pire nous apprendrons à vivre avec ce changement…et puis voyons le bon côté des choses, plus besoin de couette pour me tenir au chaud l’hiver ! Puisque j’aurai un magnifique « chaton » avec une vraie fourrure pour me réchauffer. Elle se mit à rire fière de sa plaisanterie, même si elle était un peu douteuse.
- Ah ! Ah ! Très drôle. Répondit Rick faisant semblant de faire la moue.