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Série : Profilage
Création : 18.10.2017 à 17h49
Auteur : Coyak
Statut : Terminée
« Série de One shot sur Adèle et Rocher, hypothèses saison 9 » Coyak
Cette fanfic compte déjà 14 paragraphes
Quelques mois plus tôt…
Adèle sentit quelque chose bouger à côté d’elle. Le bras de Thomas n’était plus poser sur son ventre. Son réveil indiquait 3h du matin. Il n’était pas encore l’heure de se lever… Elle se tourna ver le côté de Thomas et vit qu’il était assis au bord du lit la tête dans les mains. Elle s’approcha.
-Thomas ?
Il sursauta.
-Excuse moi je ne voulais pas te réveiller, dit-il en tournant vers elle un visage fermé.
Inquiète, elle passa ses bras autour de ses épaules.
-Qu’est-ce qui se passe ?
Elle le connaissait trop bien pour ne pas voir que quelque chose n’allait pas.
-Tu peux me le dire, insista-t-elle voyant qu’il ne répondait pas.
Cette fois, il se retourna complètement vers elle.
-C’est… ce cauchemar que je fais tout le temps… Tu disparais encore et encore et je n’arrive jamais à te retrouver.
Il baissa les yeux. Elle passa une main sous son menton pour lui relever la tête.
-Tu l’as dit toi-même, il ne peut plus rien m’arriver. J’ai confiance en toi Thomas.
Elle esquissa un sourire.
-Je sais que tu es là pour me protéger.
Elle le prit dans ses bras.
-Pardonne moi Adèle.
-Ne dis pas ça, j’ai toujours l’impression que tu vas partir…
A son tour de baisser les yeux en s’écartant. Il encadra alors son visage de ses mains.
-Jamais Adèle, jamais ! Je t’aime trop pour ça.
Elle sourit et son visage s’illumina. Ça lui faisait toujours quelque chose quand il lui disait ces trois mots, elle n’arrivait pas à s’y faire. Il se pencha pour l’embrasser. Elle se laissa alors tomber en arrière sur le lit et passa ses mains dans sa nuque et ses cheveux pour approfondir cet échange.
-Moi aussi je t’aime, souffla-t-elle entre deux baisers.
Adèle était affalée dans le divan, un pot de glace à la fraise en main. Elle avait mis la série qu’elle avait commencé l’autre fois avec Thomas. Elle ne pensait pas devenir autant accro. C’était dingue, elle ne comprenait pas comment on pouvait rester des heures devant cet engin qui vous ramollissait le cerveau. Mais elle avait succombé. Elle poussa cependant un long soupir. Elle ne s’était jamais autant ennuyée. Elle n’en pouvait plus de rester ici, chez Thomas, à ne rien faire. De plus, elle avait l’impression de se transformer en baleine. Pas qu’elle n’était pas heureuse d’être enceinte, loin de là, mais à partir d’un certain temps elle avait du refaire toute sa garde-robe et ça l’avait bien ennuyée. Même si elle passait ses journées à la maison, Ulysse continuait d’aller à la crèche sauf le mercredi et le week-end bien sûr. A présent, c’était Rocher qui s’occupait de l’y emmener et d’aller le rechercher. Il ne voulait pas risquer qu’Adèle se fatigue de trop, il ne lui restait plus que 3 mois.
Elle sursauta en entendant la porte d’entrée se refermer. Enfin ! pensa-t-elle. Elle voulu se lever d’un bond mais son ventre l’en empêcha et elle retomba au fond du divan. Elle soupira de plus belle.
-Adèle ? Ça va ? s’inquiéta Thomas.
-Oui oui ! C’est juste que j’oublie parfois que je suis enceinte…
Elle l’entendit rigoler.
-Arrête de te moquer ! Ulysse va bien ?
Thomas entra dans le salon, Ulysse dans les bras qui tendait ses petits bras vers sa mère.
-Comme chaque soir, il est épuisé.
Adèle se leva, plus doucement cette fois, et prit le petit dans ses bras.
-Tu veux de l’aide ? lui demanda-t-il en l’embrassant.
-Non c’est gentil ça ira.
Elle allait quitter la pièce quand il s’écria :
-Tu as mangé tout le pot que j’ai acheté hier ?!
Elle se retourna légèrement gênée.
-Euh Caillou m’a aidée, se défendit-elle
Il leva les yeux au ciel. D’accord, les femmes enceintes avaient des envies spéciales mais de là à engloutir un pot entier de glace à la fraise ! Il n’en revenait pas.
Un quart d’heure plus tard elle le rejoignit dans la cuisine.
-Votre enquête avance bien ? Vous avez interrogé le frère de la victime ? Je pense qu’il cache quelque chose. Et…
Rocher tourna vers elle un regard surpris.
-Je… J’ai gardé le dossier de l’enquête hier soir… dit-elle en rougissant.
Il sourit. Elle était tellement adorable quand elle était comme ça, comme une petite fille ayant fait une bêtise.
-Tu ne peux pas t’en passer hein ?
Elle fit non de la tête.
-Puis je m’ennuie ici, à ne rien faire. Je pourrais simplement venir au bureau et y rester pour vous aider !
Il s’approcha d’elle et attrapa ses mains. Il la regarda quelques instants, admirant la femme qu’elle était devenue. Qui aurait cru qu’après leur rencontre ils allaient finir comme ça. Pas lui en tout cas. La première fois qu’il l’avait vue, il l’avait directement cernée. Elle avait certes vécu ce qu’aucune personne ne méritait de vivre mais cela n’excusait en rien son sale comportement. Elle n’était qu’une gamine égoïste et capricieuse. Elle avait essayé de s’incruster dans sa vie mais il l’avait repoussé. A présent, ce geste ne lui viendrai même plus à l’esprit. La deuxième fois qu’ils s’étaient vu, quelque chose dans son regard avait changé. Elle était beaucoup plus calme et plus sûr d’elle. Tout en elle avait changé. Il n’avait jamais comprit ce qui avait réussi à la transformer à ce point mais il avait cette fois devant lui une femme, belle et drôle de surcroit. La suite vous la connaissez…
-Thomas ?
Elle le tira de ses pensées. Elle avait la tête légèrement penchée sur le côté et le fixait de ses beaux yeux. Pour toute réponse, il se pencha vers elle et l’embrassa. Il la sentit sourire.
-Ca ne répond pas à ma question…
-On en a déjà parler, Adèle, je ne veux pas prendre de risques qu’il t’arrive quelque chose !
-Mais que veux-tu qu’il m’arrive à la DPJ ?
-Je ne sais pas, moi. Mais on ne sait jamais…
Elle soupira.
-Tu pourrais sortir, aller au parc quand tu es avec Ulysse. Il y a plein de choses à faire.
-Mmh..
Cette idée de sortir ne l’enchantait pas trop. Avec Thomas, elle serait allée n’importe où mais toute seule en ne s’en sentait pas capable.
-Tu pourrais aller voir ma sœur, je suis sûr que ça lui ferait plaisir.
-D’accord, d’accord, ça va je ferais quelque chose !
-Tu sais très bien ce que moi j’ai envie de faire avec toi, lui lança-t-il avec un regard plein de désir.
Elle ne put s’empêcher de rougir en rigolant. Elle s’avança vers lui et se colla contre son dos alors qu’il terminait de cuire la viande qu’il avait commencé.
-Lucas n’est pas là ? demanda-t-elle après quelques minutes.
-Si, il était chez un copain , il ne va pas tarder.
En effet, cinq minutes plus tard, ils entendirent la porte s’ouvrir. Adèle alla à sa rencontre.
-Salut Lucas !
-Salut mam… Adèle ! Désolé c’est juste que…
-T’en fait pas Lucas, je comprends. Tu viens manger ?
Il se rendit saluer son père dans la cuisine en trottinant, content qu’Adèle se s’attarde pas trop sur le sujet. Ils passèrent la soirée ensemble à discuter de tout et de rien.
Le lendemain, après avoir déjeuner avec Thomas et Lucas, Adèle alla réveiller Ulysse. Elle avait décider de faire ce que Thomas lui avait proposé. Aujourd’hui, elle irait au parc. Elle passa d’abord la matinée au jouer avec son fils et après midi, elle s’y rendit. Il faisait beau en ce mois de Février, malgré la neige qui recouvrait la ville, il ne faisait pas très froid. Elle calcula plus ou moins combien de temps il restait avant la venue de son bébé et elle se dit que c’était un très beau mois celui de Mai pour venir au monde, au printemps comme elle. Elle sourit en sentant Ulysse s’exciter à la vue de toute cette neige. Elle s’en voulu soudain car elle remarqua qu’elle ne sortait pas assez avec lui. Elle s’arrêta près de la petite pleine de jeu et libéra Ulysse de sa poussette après l’avoir prévenu de faire attention et de l’appeler si il voulait aller sur le grand tobogan. Elle dégagea la neige qui s’était déposée sur l’un des bancs et s’y assit. Elle prit en bon coup d’air frais en fermant les yeux avant de se mettre à observer son fils qui s’amusait comme un fou dans la neige. Cela la rendit encore plus heureuse qu’elle ne l’était déjà. Depuis, qu’il avait appris à marcher, il n’arrêtait pas de courir partout au grand damne d’Adèle. Une des raisons pour laquelle Thomas voulait qu’il passe encore ses journées à la crèche. Elle ne put empêcher un rire de s’échapper de sa bouche quand elle le vit tomber en arrière dans la neige avant de se relever immédiatement. Ce petit côté casquou, il avait surement dit l’hériter de Camille et elle. Comme il courait partout, il tombait souvent mais pleurait très rarement. Il avait aussi vite délaissé ses jouets de bébés pour ceux de Lucas qui était heureux de partager les siens. Cela faisait maintenant vingt bonnes minutes qu’il s’amusait tout seul. Heureusement qu’elle avait prévu un thermos de café brulant et un autre de lait chaud.
Peu de temps après, une femme était arrivée avec son fils. Celui-ci était monté sur le tobogan et en descendant il avait percuté Ulysse qui s’était retrouvé la tête dans la neige froide. Adèle se leva, et vint vers lui le plus vite possible car cette fois de grosse larme coulait le long de ses joues. Elle s’accroupi et le prit dans ses bras en le consolant. La jeune femme s’approcha alors de son fils et se mit à la gronder.
-Arthur ! Combien de fois vais-je devoir te dire de regarder devant toi avant de descendre du tobogan ?
Le dénommé Arthur baissa les yeux au sol. La mère s’approcha d’Adèle.
-Excusez le… Il ne fait jamais attention, je suis désolée. Il ne la pas blessé.
Adèle était légèrement en colère mais elle se reprit vite. Ca arrivait à tout le monde. Elle sourit faiblement.
-Non ne vous inquiété pas, ce n’est rien.
La jeune femme sourit et lâcha son fils. Les deux enfants retournèrent alors jouer ensemble cette fois sous les yeux étonné de leurs mères.
-On a dû avoir plus peur qu’eux, dit l’inconnue en rigolant.
-Oui ! répliqua Adèle.
Elle retourna ensuite s’assoir sur le banc. La jeune maman du petit Arthur s’approcha.
-Je peux m’assoir avec vous ?
Adèle surprise mis quelques secondes à répondre.
-Bien… Bien sûr !
-Merci.
Elle s’assit et elles restèrent chacune là, à surveiller leur enfant. Soudain, la jeune femme brisa le silence.
-Je m’appelle Céline et vous ?
Adèle fut de nouveau surprise.
-Adèle, répondit-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu, ce qui n’eut pas l’air de déranger Céline.
-Vous venez d’emménager dans le coin ? Je ne vous ai jamais vue.
Adèle n’était pas du genre à parler facilement avec des inconnus mais cette femme, elle ne savait dire pourquoi, dégageait quelque chose de spécial.
-Je… Non en fait, je ne sortais pas souvent.
-Ah d’accord. Et sinon vous faîtes quoi comme métier ?
-Je suis criminologue, je travaille à la 3ème DPJ de Paris.
-Oh ça doit être intéressant ! Quoi que pas toujours joyeux…
-En effet, répondit Adèle en souriant. Et… Et vous ?
-Je suis vétérinaire, pas toujours joyeux non plus.
Sur ses mots, Adèle se souvint soudain qu’elle avait emmené Caillou avec elle et prit peur en ne le voyant pas.
-Oh regardez ! Il est magnifique.
C’était justement Caillou qui revenait d’elle ne sait où.
-Ah te voilà toi ! s’exclama Adèle.
-C’est le vôtre ?
Elle acquiesça.
-Il est vraiment beau ! Comment s’appelle-t-il ?
-Caillou, répondit-elle légèrement gênée.
-C’est joli et original ! J’ai moi aussi un chien, deux en fait mais pas aussi beaux !
Adèle sourit. Elle commençait à apprécier cette femme qui était venue vers elle. Beaucoup de gens avait entendu parler d’elle à cause de ce qui lui était arrivé et de cette fameuse émission puis tout le reste. Ca arrivait encore que des personnes la reconnaisse dans la rue, et tous posaient sur elle ce regard plein de pitié, elle détestait ça. Mais Céline, cette jeune mère au cheveux fait d’un mélange de roux et de brun, n’avait pas l’air de l’avoir reconnue, ou bien elle l’avait ignoré. Cela plut à Adèle, pour une fois, elle n’était pas cette petite fille qui avait était enlevée par un psychopathe. Elle était simplement une femme qui se promenait dans cette grande ville. Elle se méfiait encore beaucoup des gens qu’elle ne connaissait pas mais pour une raison qu’elle ignorait, elle apprécia directement cette jeune mère. Secrètement, elle rêvait que cela pouvait peut-être être le début d’une belle amitié, qui sait ?
24 décembre.
Adèle n’avait jamais été aussi stressée le jour du réveillon. En fait, elle ne l’était jamais car avant elle ne fêtait jamais Noël. Elle avait sûrement dû le faire avec ses parents et sa sœur mais plus après. Seule, elle n’en avait pas vu l'utilité. Ce soir, elle, Ulysse, Rocher et Lucas, se rendaient chez la tante de ce dernier. La sœur de Rocher les avait invité à fêter le réveillon chez eux. C’était pour elle aussi une occasion de faire plus ample connaissance avec Adèle. Celle-ci n’avait su quoi répondre quand Thomas le lui avait proposé. Elle ne s’y attendait pas, puis se retrouver comme ça, entourée de personnes qu’elle ne connaissait pas bien, ce n’était pas vraiment son truc. Thomas le savait et il l'avait pas forcé, voyant que, sur le moment, elle n’avait rien dit.
Adèle en avait alors parlé à Jess. Si avant la criminologue n’appréciait gère les conversations qu'elle avait souvent avec Jess sur sa relation avec Mister Rocher, comme celle-ci ne cessait de l'appeler, elle venait souvent se confié à elle à présent. Elle lui donnait des conseils, son avis sur certaines choses, elle l’aidait à avancer dans cette relation. Même si maintenant Adèle n’avait plus vraiment besoin qu'on l'aide. Elle avait enfin trouvé sa place parmi la grande famille qu'était celle de leur équipe à la DPJ et aussi mais surtout dans le cœur de Commandant Rocher. Cet homme a la carapace plus solide que du béton mais qui au fil du temps s’était transformé en une bulle géante qu’ils partageaient maintenant tous les deux.
Il n’avait pas fallu longtemps à Jess pour convaincre Adèle d'accepter l'invitation. Cela lui permettrai de faire encore plus partie de cette famille.
Elle essayait donc de décider quelle tenue elle aller porter. Elle n’y faisait pas spécialement attention d'habitude, elle prenait ce qui lui venait sous la main. Mais pour un événement spécial comme celui-ci, elle se devait de faire un effort. Elle regarda le réveil posé sur sa table de nuit. Il lui restait exactement une demi heure. Elle détestait devoir choisir ses habits. Elle soupirs un bon coup, d’un côté cette situation la faisait un peu rire. Elle choisit finalement son jeans noir moulant et une blouse turquoise.
Thomas finissait de nouer la cravate de son fils dans le salon. Lucas était tout excité de passer le réveillon chez sa tante et surtout avec Adèle et Ulysse.
-Lucas, arrête de bouger deux minutes !
-Oui mais dépêche toi, je dois aller prendre Ulysse.
-Il ne vas pas s'enfuir…
Une fois libre Lucas couru rejoindre son nouveau petit frère. Adèle apparu soudain dans le salon et Thomas en resta bouche bée. Elle était splendide. Elle avait attaché ses cheveux en une sorte de chignon qui lui donnait un petit air décoiffé carrément sexy. Elle s'approcha de lui le sourire aux lèvres, bien consciente de l’effet qu’elle produisait sur son commandant. Il l’attrapa par la taille et il plongea ses yeux dans les siens. Les mots n’avaient plus leur place depuis longtemps, tout passait par leur regard maintenant. Elle approcha ses lèvres de celles de Thomas mais a quelques millimètres, elle s'arrêta.
-On va être en retard, souffla-t-elle avant de se diriger vers la porte d'entrée.
Il resta deux trois secondes sans bouger, choqué. Alors que Lucas l'appelait pour partir, il se jura qu’il se vengerait !
Le trajet se fit dans le calme. Lucas discutait tranquillement avec Ulysse, bien qu’il n’y comprenne pas grand-chose. Adèle avait eut l’air détendue avant de partir mais plus ils s'approchaient de leur destination puis elle se tendait. Thomas le remarqua tout de suite. Il le savait toujours quand elle était tendue ou stressée. Elle posait son coude sur le bord de la vitre, posait sa tête dans sa main ou se rongeait les ongles.
-Adèle ?
Elle tourna brusquement la tête.
-Ça va aller, Adèle.
Elle acquiesça en laissant échapper un faible sourire.
Arrivés, ils descendirent de la voiture et Lucas couru sur la sonnette de la maison de sa tante, Ulysse dans les bras. Rocher attrapa alors la main d’Adèle et la serra, lui montrant ainsi que tout allait bien se passer et qu’il était là. Elle ne le lâcha que lorsqu'ils eurent passé la porte d'entrée. La sœur de Rocher les accueilli avec un grand sourire. Ils se firent tous la bise puis Lucas parti rejoindre ses cousins, toujours accompagné d'Ulysse. Adèle eut quand même le temps de lui dire de faire attention. Leur hôte s'excusa au près d'eux pour retourner à son dîner qui n’était pas encore terminé et qui l'attendait. Rocher et Adèle allèrent s’installer dans le salon. Le beau-frère de Thomas n'était pas encore rentré, il travaillait tard, alors Thomas s’occupa d'aller chercher les boissons et peut-être également aider un peu sa sœur. Il demanda quand même à Adèle si cela ne la dérangeait pas de rester seule cinq minutes.
-Non non ne t'inquiète pas vas-y !
Il déposa un baisers sur son front avant de se rendre à la cuisine. Adèle eut alors le temps d'observer un peu tout ce qui l’entourait. C’était joli, chaleureux. Elle appréciait ce qui se dégageait de cette pièce. Elle se leva pour en faire le tour. Il y avait une cheminée au centre, des portraits de famille affichés sur les murs ou posés sur les meubles. Elle tomba sur une photo de Thomas et sa sœur. Il était heureux. Elle se demanda si c’était avant ou après le décès de sa femme. En arrivant, elle n’avait même pas fait attention au sapin qui décorait la maison. Il était beaucoup plus grand qu'elle, la pointe avait du être légèrement recoupée pour que l’étoile puisse y être placée. Il était très coloré, on devinait que des enfants l'avaient fait car ce n’était pas très organisé. Les guirlandes lumineuses clignotaient doucement. Elle fit glisser sa main le long d'une branche et attrapa une boule.
***
-Fais attention Adèle !
Étant trop petite pour atteindre le haut du sapin, Adèle était allée chercher une chaise dans la salle à manger et l’avait placée à côté de l'arbre de Noël. Elle était montée dessus et sur la pointe des pieds, elle essayait d'accrocher une boule blanche le plus haut possible. Camille, en bas, craignait que sa sœur ne tombe. Adèle avait toujours été la plus aventureuse, la plus inconsciente. Camille l’admirait un peu pour ça, mais elle pensait que parfois, sa sœur exagérait trop. Adèle s'étira encore un peu plus pour atteindre le haut du sapin. Elle réussit finalement à accrocher la boule mais elle perdit l’équilibre alors qu’elle la lâchait. Tout alla alors très vite. Elle voulu se rattraper au sapin mais elle était tout de même plus lourde que lui. Elle battit quelques fois des bras puis tomba sur le côté, emportant tout le sapin avec elle. Camille qui faisait des grands yeux alors qu’elle ne comprenait pas vraiment ce qu’il se passait n'eut pas le temps de réagir. Le sapin et Adèle tombèrent sur elle et elle poussa un cris en se protégeant le visage de ses bras. Le sapin toucha le sol et quelques boules explosèrent en touchant le parquet. Les deux jumelles se retrouvèrent couchées par terre sous le sapin. Elles n'arrivèrent pas à retenir un éclat de rire alors que leurs parents, alertés par le bruit et les cris, déboulaient dans le salon.
-Mon Dieu ! S'exclama leur mère. Qu’avez-vous encore fait ?
Leur père redressa la sapin alors que les jumelles se relevaient. Elles baissèrent les yeux en voyant le regard noir de leur mère.
-C'est ma faute, commença Adèle, j'ai…
Leur père soupira, c’était toujours Adèle. C’était toujours sa petite Adèle qui faisait des bêtises et qui embarquait sa sœur dans ses aventures par la même occasion. Camille était beaucoup plus sage mais elle aimait sa sœur plus que tout et ne lui refusait rien. Elle se dénonçait parfois elle-même pour protéger sa sœur. Adèle en avait conscience et elle ne laissait pas faire Camille. C’est ce que sa mère aimait chez Adèle, elle n’avouait pas facilement mais elle reconnaissait toujours ses fautes. Elle était aussi une petite dur à cuire, elle se laissait jamais faire. Quand quelqu'un venait s’en prendre a sa sœur, elle la défendait, allant bien souvent jusqu'à se battre pour elle. Leur mère savait que tant qu'Adèle était là pour protéger Camille, rien ne pouvait leur arriver.
Elle s'approcha des ses filles et retira les aiguilles coincées dans leurs cheveux.
-Combien de fois vais-je devoir vous dire de nous demander si vous voulez faire quelque chose de trop difficile pour vous ?
-Pardon maman…
-Allez c’est pas trop grave les filles ! Regardez il est comme neuf ! Lança leur père.
Les jumelles se retournèrent pour faire face au sapin de nouveau vide. Ainsi, elles pourraient de nouveau passer une heure à le décorer, c’était une bonne chose finalement !
-Je vais rester avec vous pour vous aider. Dit leur père.
Leur mère acquiesça et retourna à ses fourneaux. Ils passèrent le reste de la soirée à décorer l'arbre. Une fois terminé, elles s’écartèrent pour admirer leur œuvre. Elles prirent dans les bras.
-Il est beau, n'est ce pas Camille ?
-Magnifique !
Elle restèrent encore quelques minutes devant cet arbre de Noël, des étoiles pleins les yeux. Si seulement elles avaient su que c’était leur dernier…
***
Une larme coula le long de la joue d'Adèle. Elle sursauta quand Thomas posa une main sur son épaule.
-Adèle ? Tout va bien ?
Elle pencha sa tête pour la poser sur sa main.
-Chaque… chaque année je cassais au moins deux boules ou je faisais des nœuds dans les guirlandes. La…
Elle inspira un bon coup.
-La dernière fois j’ai fais tombé le sapin…
Elle se retourna vers Thomas et il pût voir les larmes couler sur ses joues. Il la prit tendrement dans ses bras et elle nicha sa tête dans son cou.
-Je suis désolé Adèle…
Elle se redressa.
-Non non ce n'est rien. C’est juste les souvenirs qui remontent et les hormones sans doute, expliqua-t-elle un sourire au lèvres en essuyant les quelques larmes
Il lui sourit en retour avant de déposer un baiser sur ses lèvres.
La sœur de Thomas qui venait d’entrer dans le salon se racla la gorge pour montrer sa présence.
Les deux amoureux s’écartèrent vivement.
-Bon maintenant que mon mari va arriver d’une minute à l'autre tu vas pouvoir aller parler avec lui et moi je vais discuter un peu avec Adèle hein !
Rocher leva les bras en l’air pour montrer qu’il obéissait.
-C'est toi la chef ! Dit-il en quittant la pièce. Mais fait attention, Adèle a beaucoup d’expérience avec les interrogatoires de ce genre.
Il laissa les deux femmes alors qu'elles éclataient de rire. La chef de la maison s'assit sur le divan et fit signe a Adèle de la rejoindre.
-Alors comme ça, je vais bientôt avoir un deuxième neveu ?
Adèle acquiesça en souriant.
-J'aimerais beaucoup que se soit une petite fille, parce que on a que des petits hommes dans la famille et je me sens un peu seule…
Thomas les entendit rire à nouveau alors que son beau frère arrivait. Il alla l'accueillir le sourire au lèvres. Il était très content qu'elle s'entendent si bien.
Adèle était assise dans un fauteuil dans la salon. Elle attrapa le téléphone et composa le numéro d'Hippolyte.
-Adèle ? Y'a un problème ?
- Non non.
-Ah vous m’avez fait peur ! Que puis-je faire pour vous Madame ?
- Je.. . J’aimerais que vous fassiez une recherche sur une personne pour moi.
-Pourquoi ça ne m'étonne pas ? Bon c’est qui cette fois ? Le fleuriste en bas de l'immeuble ? La petite dame qui promène son chien tous les matins ?
-Ça va t’as fini ? S'énerva Adèle.
- Je rigole ! Alors ? Son nom ?
-Ben en fait j’ai qu’un prénom, Céline.
-Super, on va aller loin avec ça… Vous avez pas d’autres infos ?
-Si, elle habite dans la rue a côté, elle est vétérinaire et elle a un petit garçon qui s'appelle Arthur.
-Ok attendez je cherche. Ah j’ai une correspondance. Et il y a rien, pas de casier, un mari sans casier non plus. Une très bonne vétérinaire à ce que je vois. Pourquoi vous vouliez savoir ça ?
-Pour rien merci Hippo !
Elle allait raccrocher quand il la retint.
-Et Adèle ! Il faudrait que vous arrêtiez de faire ça. Je sais que c’est pas facile pour vous mais vous devez apprendre à faire confiance aux gens. Nous on l'a fait avec vous et vous avez réussi à le faire, haut la main même je dirais ! Mais Argos c’est fini, ok ? Y’a plus personne qui vous veux du mal. Les gens sont pas tous méchants comme vous le pensez. Faites confiance, lâchez vous un peu. Personne s’en prendra à Ulysse et encore moins à vous. Je dois vous rappelez que vous vivez avec le meilleur Commandant du pays ?
-Carrément du pays ? Demanda Adèle en rigolant.
-Ouais j'exagère peut être mais juste un peu !
-Haha ! Merci, Hippolyte, merci pour tous ce que vous faites pour moi.
-C'est avec plaisir Adèle. Ne le dites pas à Jess hein, mais je vous aime beaucoup.
Les yeux d'Adèle se remplirent de larmes.
-Moi aussi je vous aime Hippo. Encore merci. Et ne dites pas à Thomas que j’ai appelé s'il vous plait.
- Ne vous inquiétez pas ! Motus et bouche cousue ! Allez à bientôt Adèle !
Hippolyte déposa le combiné sur son socle, avant de reprendre ses recherches pour l'enquête sur son ordinateur où aucune recherche sur une certaine Céline n’avait été faite… Mais ça il était le seul à le savoir. Il reprit son travail, un sourire aux lèvres.
Les deux semaines qui suivirent Adèle enchaîna les journées avec Chloé et les sorties au parc avec Ulysse. A chaque fois, elle y retrouvait Céline. Décidée à appliquer ce que Hippo lui avait conseillé, elle s’était ouverte à cette jeune maman. Elle passait leurs après midi à discuter et à rigoler. Céline était très à l'aise. À vrai dire au début elle était un peu timide quand il s'agissait de parler d'elle, mais une fois lancée, impossible de l'arrêter. Adèle s’était aussi très vite confiée à elle. Même si elles ne se connaissaient pas encore très bien, elle sentait qu’elle pouvait lui faire confiance. Elle n’avait pas parlé de son passé avec Argos mais elle lui avait dit qu'Ulysse n’était pas vraiment son fils. Elle lui avait fait par de ses inquiétudes à propos de ce premier bébé. Certes, elle en avait déjà parlé avec Thomas, Jess ou Chloé mais avec Céline c’était différent. Cette dernière n’avait pas hésité à la rassurer et lui avait donné toute une liste de conseils.
Leurs fils étaient devenus très proches. Ulysse réclamait souvent son ami Arthur. Quant à Thomas, il était très heureux qu'elle se soit faite une amie en dehors du travail.
Cette fois ci, Adèle s’était assise sur leur banc habituel et avait retiré l'écharpe d'Ulysse avant de le laisser partir s'amuser un peu seul en attendant son ami. Ils arrivaient souvent les premiers mais Céline et son fils arrivaient quelques minutes après. Seulement aujourd'hui Céline n'arrivait pas. Cela faisait plus de 10 minutes qu’elle l'attendait et Ulysse était déjà venu réclamer son ami deux fois. Adèle commença à s'inquiéter. Il n’y avait pas vraiment de quoi s’en faire. Peut être qu'Arthur était malade, qu'elle avait eu un empêchement de dernière minute… Soudain Adèle se demanda pourquoi elles ne s’étaient pas encore donner leur numéro de téléphone. Après une vingtaine de minute, la peur commença à monter. Et si il lui était arrivé quelque chose ? Ou à son fils ou son mari ? Elle s'imaginait tout les scénarios possible quand elle vu un petit garçon courir en direction d'Ulysse. Elle poussa un soupir de soulagement en voyant son amie approcher. Elle se leva pour aller la rejoindre.
-Tu vas bien ? J’ai cru qu'il t’était arrivé quelque chose…
-Oui excuse moi j’ai eu un patient très en retard !
-Ah ! J’ai eu peur…
- Et mais tu dois pas t'inquiéter comme ça !
Adèle lui sourit alors qu’elles s'étaient toutes les deux assises. Elle se remit à observer les enfants avant de lâcher.
-Je me suis faite enlevée pendant 11 ans quand j’en avais 6. Dit-elle d’un ton neutre.
Elle se tourna vers son amie qui avait arrêté de respirer.
-Wow. Ça craint. Je suis désolée.
Adèle sourit tristement.
-Tu veux un peu d'eau ? Lança alors Céline.
-C'est tout ?
-Quoi c’est tout ? Tu veux que je te demande de tout me raconter ? Tu n’as pas l’air d’en avoir envie mais si tu le veux, je t’écouterais volontiers. Seulement je ne vois pas trop à quoi ça sert de ressasser le passé. Ça a pas du être facile et je veux pas te replonger là-dedans surtout quand je vois la personne magnifique que tu es, je me demande quand même comment c’est possible.
Adèle en avait les larmes au yeux. Jamais on ne lui avait dit quelque chose comme ça, jamais on ne l’avait regardée comme le faisait Céline lorsqu’elle parlait de ce qu’il lui était arrivé. Elle savait qu’elle avait réussi à s’en sortir grâce à ses amis mais elle n'imaginait pas que c’était à ce point là.
-Merci, fut la seule chose qu’elle arriva à dire.
-Non Adèle, merci à toi ! Maintenant Arthur n’en a plus que pour son nouveau meilleur ami.
Adèle laissa échapper un rire. Elle avait changé de sujet comme si rien n’avait été dit. Et elle lui en était reconnaissante car si elle avait continué Adèle aurait sans doute craqué. Elles continuèrent à discuter pendant encore vingt bonnes minutes.
-D'ailleurs ! S'exclama soudain Céline, il faudra que tu me le présentes ton super Commandant.
Adèle écarquilla les yeux
-Oh merde ! Je dois y aller sinon mon super commandant comme tu dis vas encore s'inquiéter !
Céline ne pût s'empêcher de rire et aida son amie à regrouper ses affaires alors qu'elle rappelait Ulysse pour partir.
-Sinon pour Thomas, oui bien sûr. Je lui demanderais quand ça l'arrange le plus et vous pouvez venir tous les trois.
- Oui. Peut être que si j’avais ton numéro se serait plus simple et ça t'éviterait de paniquer pour rien.
Adèle posa sur elle un regard mi-contrarié mi-amusé. Elle lui récita ensuite son numéro alors que Céline prenait note.
-Envoies moi un message, je t'appellerai. Dit Adèle alors qu'elle commençait à partir.
-Oui. Et… Adèle !
Celle-ci se retourna. Céline lui sourit et elle lui rendit son sourire. Pas besoin de mots, elle avait compris que quoi qu’il y avait elle pouvait compter sur elle.
Elle était une demi heure plus tard que d'habitude. Elle se mordit les lèvres. Thomas devait être en train de se faire un sang d'encre, surtout que son gsm n’avait plus de batterie, elle n’avait donc pas pût le prévenir. Elle savait qu’il s'inquiétait beaucoup plus qu'avant, en y pensant ça la fit sourire. Elle allait ouvrir la porte de l'appartement de Thomas avec sa clé quand celle-ci s'ouvrit sur Lucas.
-Adèle !
-Ah Lucas, Thomas n’est pas là ?
Elle entra et se débarrassa de sa veste alors que Lucas s'occupait de son petit demi-frère.
-Si, si. Mais il y a aussi mes grands parents. J'emmène Ulysse.
-Euh, d'accord…
Lucas avait dit ces mots sur un ton qui n’en prédisait rien de bon. Adèle ne comprenait pas très bien ce qui pouvait le mettre dans cet état. Ses grands-parents ? Pourquoi ? Elle pensait qu’il les appréciait beaucoup…
Elle avança dans le salon et toutes ses craintes s'envolèrent quand elle tomba sur Thomas.
-Adèle, enfin !
-Excuse moi, dit elle en le prenant dans ses bras, Céline est arrivée plus tard puis on a plus vu le temps passer.
Elle fronça les sourcils, le sentant un peu crispé. Mais elle ne dit rien et se tourna vers les grands-parents de Lucas pour les saluer. Ils n'avaient pas l'air de très bonne humeur mais ils lui dirent bonjour avec le sourire. Qu'Adèle sentit être faux immédiatement.
-Que nous vaut votre visite ? Demanda-t-elle, essayant de détendre l'atmosphère qui s'était remplie de tension.
-Nous te laissons lui expliquer, Thomas. Répondit un peu sèchement la belle-mère de ce dernier.
-Et puis quoi encore ! Je ne vous laisserais pas lui dire ces conneries ! Maintenant vous allez sortir de chez moi !
Adèle se tenait entre le deux, elle ne comprenait rien à ce qu’il se passait.
-Thomas… ?
-C'est rien Adèle, ils vont partir.
- Pas avant que cette affaire ne soit réglée, s’emporta le grand père.
-Mais qu'est ce qu'il se passe à la fin ? Hurla Adèle.
Thomas ferma les yeux et se passa une main sur le visage avant de lui répondre.
-Ils pensent que tu es un danger pour Lucas et moi.
Le cœur d'Adèle manqua un battement. Elle dû s'asseoir pour ne pas tomber.
-Ce n’est pas ce que nous avons dit, se défendit la vieille femme. Nous trouvons que Lucas a déjà beaucoup souffert et nous ne voulons pas qu’il risque de lui arriver encore quelque chose.
Adèle inspira profondément.
-Oui donc vous pensez que je suis dangereuse. Et vous voulez quoi ? Avoir sa garde ? Comme ça, loin de son père, vous êtes sûr qu’il ne lui arrivera rien.
Adèle chauffait de l'intérieur.
-C'est n’importe quoi ! s'énerva Thomas. Lucas va très bien et il a besoin de nous. Et je vous interdis de dire encore une fois qu'Adèle est dangereuse sinon je vous…
-Vous quoi ? Nous ne voulons pas vous prendre Lucas, nous voulons qu'Adèle s’en aille.
Adèle ferma les yeux alors qu'elle sentait les larmes monter en elle.
-Vous êtes complètement malade ! Sortez tout de suite !
Mais ce fut Adèle qui se leva.
-Adèle ! Non !
-Ça va Thomas. Je…
Elle ne se retourna même pas, alors que Thomas, dépassé par la situation et les absurdités de ses beaux parents, restait planté au milieu du salon.
Quand il entendit la porte claqué, il se réveilla soudain. Son cerveau commença à aller à toute vitesse. Adèle. La voiture. Son état. Il ne lui fallut pas moins de 5 secondes pour faire le calcul. Elle courrait droit au drame. Il sortit en trombe de l'appartement en cria aux deux adultes de partir avant qu’il ne revienne. Il faillit tomber dans les escaliers mais se rattrapa de justesse. Il sortit de l'immeuble et poussa un soupir de soulagement en voyant qu'elle n’avait pas pris la voiture. Mais où était elle partie alors ? Il réfléchissait le plus vite possible. Pas la péniche ni la DPJ, à pied c’était beaucoup trop loin. Le parc ! Il se mit à courir en direction de celui-ci.
Il eut l’impression que le chemin était deux fois plus long que d'habitude. Mais quand il arriva enfin, le parc était désert. Seule, une personne, une femme occupait un banc. Il courut de nouveau, plus vite encore cette fois.
(En même temps vous pouvez écouter « Rewrite the stars » du film The Greatest Showman, c’est un peu ça qui m'a donné l'idée ;)
-Adèle !
En le voyant arriver elle se leva mais il fût plus rapide.
-Adèle !
Il lui attrapa le bras et la fit lui faire face. Elle avait le visage inondé de larmes et sa respiration était saccadée.
-Adèle, je suis tellement désolé.
- Non.. . Ils… Ils ont raison…
Il prit son visage en coupe avec ses mains.
-Adèle… Quand va tu comprendre que je n'ai jamais été aussi heureux depuis le moment où je t’ai rencontré ? Tu sais très bien que sans toi, je saurais pas. Et Lucas, non plus. Il est venu me demander l’autre fois si il avait l'autorisation de t'appeler maman.
Elle sourit entre les larmes qui continuait à couler.
-Et puis depuis quand on s'intéresse à ce que les autres pensent ? Jamais je ne pourrais t’abandonner, j’aurais bien trop peur qu'il t'arrive quelque chose. Je sais que tu n’es pas dangereuse, ni pour moi ni pour Lucas, ni même pour personne ! C’est vrai on est ne sait jamais ce qu’il peut arriver, mais il y a une seule chose dont je suis sûr…
-Laquelle ?
- Je t'aime plus que tout.
Les larmes coulèrent encore un peu plus alors qu’il se penchait pour l'embrasser tendrement. Elle répondit immédiatement à son baiser. Il la sentit frissonner et enleva sa veste pour la déposer sur ses épaules.
-Maintenant, on rentre chez nous.
Il allait faire demi tour quand il sentit la main d’Adèle dans la sienne le serrer très fort d'un coup.
-Adèle ?
Son visage se crispa soudain et elle posa son autre main sur le bas de son ventre.
-Thomas…
Il comprit immédiatement ce qu’il se passait alors il l'attrapa par la taille pour la prendre dans ses bras. Il marcha le plus vite possible jusque chez lui. Arrivé, il ouvrit sa voiture, déposa Adèle à l'intérieur et appela Lucas qui répondit à la première sonnerie.
-Lucas, j'emmène Adèle à l'hôpital. Tu peux prévenir les autres ?
Il raccrocha après que son fils lui ai confirmé qu’il s’en occupait.
Il démarra la voiture et se rendit le plus vite possible, en faisant tout de même très attention, à l’hôpital le plus proche.
-Thomas… C’est trop tôt…
-Chut. Ça va aller Adèle, je suis là.
Malgré les paroles de Thomas, la peur commença à envahir Adèle. Quand Thomas s'arrêta devant les urgences, elle ferma les yeux.
Tout doucement, l'infirmière vint déposer le bébé dans les bras d'Adèle, trempée de sueur. Elle attrapa la petite fille et la serra contre son cœur. Elle tourna la tête en souriant vers Rocher. Elle n’avait jamais été si heureuse. Des larmes coulaient le long des joues de Thomas et Adèle passa une main sur l'une d'elles pour les essuyer. Il se pencha au dessus d'elle et l'embrassa.
-Je t'aime Adèle !
Elle rigola. Elle n’y croyait pas. Elle ? Mère d’une petite fille qui avait le Commandant Thomas Rocher comme père ? Impossible ! Rêvé ! Et pourtant c’était bien la vérité. Ils étaient là, tous les trois. Tout ce qu'il venait de se passer ce soir là était déjà oublié, il n’y avait plus que l'instant présent qui comptait.
-Elle est magnifique, remarqua Thomas en admirant sa fille.
-Oui. Confirma Adèle en déposant un baiser sur son front.
Quelques instants plus tard, une infirmière vint chercher l’enfant pour la nettoyer et l'habiller. Adèle hésita avant de la lâcher.
-Ça ne prendra pas longtemps, la rassura Thomas.
Elle accepta de laisser sa fille au mains des soignantes. Elle embrassa Thomas une dernière fois avant de déposer sa tête sur l'oreiller et de s'endormir, épuisée par l'accouchement.
C'est une main caressant son visage qui la réveilla. Elle ouvrit les yeux et tomba dans ceux de Thomas. Elle se déplace vers la droite et vit que sa fille dormait tranquillement dans son petit lit. Elle portait le petit pyjama rose que Jess lui avait offert. Ne sachant pas si ça allait être une fille ou un garçon, elle lui en avait offert deux, un rose et un bleu. Adèle fit un peu la grimace, elle n'aimait pas vraiment cette couleur.
-Cette couleur est hideuse, ne pût s’empêcher de dire Adèle.
Thomas rigola.
-Mais non enfin, ça lui va très bien.
Adèle leva les yeux aux ciel.
-Tu ne vas quand même pas l’habiller comme toi ?
-Pourquoi ? Tu n’aimes pas la façon dont je m'habille ? Demanda-t-elle un sourire au coin des lèvres.
-Si mais… C’est une petite fille, elle va porte des habits rose, des robes…
Adèle écarquillait les yeux à chaque énumération de Thomas. Ce qui le fit rire aux éclats.
-Ne t'inquiète pas, Chloé et Jess seront là pour t'aider.
-Justement !! S'exclama-t-elle en rigolant.
Ils rigolèrent ensemble.
-Quand est-ce qu’ils viennent ? J’ai envie de voir Ulysse…
Il lui caressa la joue.
-Tu dois d’abord te reposer. Je leur ai dit de venir demain dans l'après midi.
-D’accord.
Le lendemain matin, Thomas était passé pour lui dire bonjour mais il avait du repartir, appelé par le Commissaire pour régler un détail de leur dernière enquête.
Elle gardait presque tout le temps sa fille dans ses bras, elle ne voulait pas la quitter des yeux. Vers 14h, on frappa à la porte alors qu'elle allaitait. Thomas entra avec Ulysse dans les bras. Quelques instant plus tard, Chloé arriva avec Lucas suivi de tout le reste de l'équipe. Jess ne pût s'empêcher de verser une larme. Adèle reçu les félicitations de tout le monde et même des cadeaux de la part de chacun. Elle était un peu gênée. Elle n’avait pas l’impression de mériter tout ça, en plus, elle avait horreur d’être le centre de l'attention. Soudain Jess demanda :
-Et comment s’appelle cette petite princesse ?
Adèle leva les yeux vers Rocher qui lui répondit en souriant avant de se retourner vers ses amis.
-Chloé.
-Oui ? Quoi ? Répondit la criminologue.
-Haha mais non ! Rigola Thomas. Elle s'appelle Chloé.
Le cœur de son ancienne partenaire fondit.
-Ooh ! Je… Je ne sais pas quoi dire…
-Ne dis rien et viens la prendre dans tes bras.
L'équipe resta encore une bonne demi heure. Avant de partir, Chloé sortit un tout petit paquet de son sac qu'elle tendit à Adèle. Cette dernière fronça les sourcils. Elle l’ouvrir et y découvrit une clé.
-Qu’est-ce que c'est ?
- Je n'ai pas trop eut le temps de t’en parler, dit Thomas, mais l'appartement devient un peu petit pour cinq. Alors…
Adèle attendait impatiemment qu’il continue.
-Alors, j’ai acheté une maison…
Adèle déglutit.
-Une maison !?
-Oui, je sais c’est un peu gros et j'aurais voulu que tu sois là mais je voulais aussi que ce soit une surprise.
-Tu vas adorer ! S'exclama Chloé.
Adèle sourit. Elle n’en revenait toujours pas.
-Je. .. J’ai l’impression de rêver là !
Thomas et Chloé rigolèrent. La criminologue s'approcha de son amie.
-C'est bien réel. J'espère que tu vas en profiter et en prendre bien soin de ce bonheur qui s'offre à toi, ma petite Adèle.
Une larme coula le long de sa joue.
-Je te le promets !
Le lendemain, Thomas vint les chercher et se dirigea directement vers leur nouveau chez eux. Il s'arrêta devant une grande maison entourée d’un grand jardin parsemé de quelques arbres. Elle sortit de la voiture, n'en croyant pas ses yeux. Elle poussa le petit portail à peine plus haut qu'un mètre et avança vers la demeure, Thomas sur ses talons et sa fille dans ses bras. Ulysse sortit alors de derrière la porte que Lucas venait d'ouvrir. Il courra vers Adèle en criant.
-Maman !!!
Elle l'attrapa et le prit dans ses bras. Ils entrèrent tous les quatre dans la maison.
-Mesdames et Messieurs ! Veuillez entrer, dit Lucas en souriant.
Il ferma ensuite la porte derrière eux. Une nouvelle histoire pouvait commencer.
No one can say what we get to be
So why don't we rewrite the stars?
Maybe the world could be ours
Tonight
*The Greatest Showman*
~Faîtes que votre rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve~