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Série : Castle
Création : 20.03.2011 à 14h10
Auteur : zazouille4
Statut : Terminée
« Voilà, je tente également l'expérience Fanfiction!!! Vos commentaires sont les bienvenus (bons et mauvais évidemment) pour m'inciter ou non à continuer d'autres fics... » zazouille4
Cette fanfic compte déjà 9 paragraphes
Après une relecture rapide de ce qu'il venait d'écrire, il cliqua une dernière fois sur l'icône "enregistrer".
C'est avec fierté que Richard Castle referma son ordinateur, se leva et alla rejoindre son lit. La nuit était déjà bien commencée mais il n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il venait de terminer le 4ème tome des aventures de Nikki Heat et avait décidé de mettre entre parenthèses sa carrière d'écrivain de romans policiers. Non sans avoir pensé à ses innombrables fans (mais également pour se garder une issue de secours en cas d'échec), il avait décidé de laisser son héroïne en vie. De toute manière sa muse ne lui aurait certainement pas pardonné s'il en avait été autrement et avait déjà expérimenté cette solution avec son personnage précédent, Derek Storm.
La quarantaine à peine dépassée et après 5 ans de collaboration avec la police de New York (et toujours pas d'enquête impliquant la CIA), il avait enfin pris conscience que courir après les criminels et mettre la vie de ses proches ainsi que la sienne en danger n'était plus si excitant que cela. Les évènements récents l'avaient conforté dans sa décision: à force de jouer les sauveurs, il s'était réellement pris une balle cette fois. "C'est bien connu, se dit-il, qui fait le malin tombe dans le ravin!". Heureusement son gilet par balle avait magnifiquement bien rempli son rôle.
Il avait mûri - "Enfin!" dirait sa mère - et aspirait désormais à autre chose. L'écriture étant sa passion, il ne se voyait, ni se sentait capable de faire autre chose. Plus de romans policiers mais une oeuvre dont il pourrait se sentir fier, reconnue par la profession, sans non plus aller jusqu'au prix Nobel, mais ne sait-on jamais... N'ayant pas encore d'idées bien précises, il aurait désormais tout le temps pour y réfléchir.
C'est en pensant à ces belles perspectives qu'il trouva finalement le sommeil.
« Enfin ! » se dit-elle intérieurement lorsqu’elle sentit son mari la rejoindre dans leur lit.
Elle s’était réveillée en pleine nuit mais n’avait pas été surprise de sentir une place vide et froide à ses côtés. Elle en avait désormais l’habitude et s’accommodait plutôt bien du fait que son époux lui préfère une autre femme. Non, Katherine Beckett, capitaine au commissariat de la 12ème (ses états de service lui avaient en effet permis de monter en grade), n’était pas jalouse de la relation qu’entretenait son mari, le célèbre écrivain Richard Castle, avec l’héroïne de ses romans, la sulfureuse Nikki Heat.
Ils s’étaient enfin unis pour le meilleur et pour le rire, et cela avait été une étape naturelle dans leur relation. Ce n’est qu’après avoir fait l’entière lumière sur le meurtre de sa mère, qu’elle avait pris la décision de laisser parler son cœur et de ne plus se cacher derrière des histoires pseudo sérieuses pour aller retrouver l’homme de sa vie: celui qu’elle a toujours aimé et qu’elle aimera toujours.
Ils avaient réussi, non sans difficultés, à cacher leur histoire – signe que c’était définitivement le bon - à leurs amis et collègues jusqu’à ce qu’ils soient sûrs de la solidité de leur couple et que leur relation n’entravait en rien leur collaboration professionnelle. Ils étaient déjà fiancés lorsqu’ils l’annoncèrent à leurs amis, abasourdis mais tellement heureux pour eux. Son mariage avait été le plus beau jour de sa vie, « comme c’est cliché ! » pensa-t-elle, et ce malgré l’absence de sa mère.
Mais depuis quelques temps, Kate se sentait différente. Un test de grossesse n’avait fait que confirmer son intuition : elle était bel et bien enceinte ! Elle cherchait désormais le bon moment pour l’annoncer à son mari.
C’est en sentant le souffle chaud et rassurant de Rick dans sa nuque, qu’elle se rendormit.
Le réveil affichait à peine plus de 6 heures lorsque le portable de Kate Beckett se mit à sonner et la réveilla. Un rapide coup d’œil en direction du réveil lui suffit pour savoir qu’un nouveau meurtre avait été commis. D’une voix encore ensommeillée elle répondit et notamment rapidement sur le bloc-notes – toujours situé sur la table de nuit en cas d’appels plus ou moins nocturnes – l’adresse du crime. Les rapides détails donnés par son interlocuteur achevèrent de la réveiller.
Préférant laisser son mari dormir, elle lui griffonna un mot avant de partir rejoindre son équipe.
Aidée par la fluidité du trafic routier, Kate arriva sur les lieux du crime peu après 7 heures. Après avoir salué les policiers déjà sur place, elle se dirigea vers la médecin légiste. Lanie était encore en train d’examiner le corps alors que Ryan et Esposito relevaient les indices et se renseignaient auprès de ceux qui avaient découvert la victime.
- C’est l’heure trop matinale qui a rebuté ton mari ? ne put s’empêcher de lui faire remarquer la légiste en la voyant arriver seule.
- Hum presque… Monsieur l’écrivain a passé la majeure partie de la nuit à écrire et ce matin, je n’ai pas voulu le réveiller. Au moins on sera dispensé de ses théories farfelues ! répondit Kate, d’un air faussement irrité. Bon sinon, qu’est-ce qu’on a ?
Ryan et Esposito s’approchèrent pour lui donner les premiers détails : la victime - un homme d’une cinquantaine d’années -, avait reçu plusieurs balles avant d’être abandonnée dans cette ruelle.
- Celui qui a fait ça, voulait visiblement le voir souffrir : c’est sans aucun doute la balle dans le foie qui est à l’origine de la mort, annonça la légiste. Et vu la rigidité du corps, je dirais que notre homme est probablement mort entre 20 heures et minuit.
- Celle reçue dans le genou ne devant sûrement servir qu’à l’immobiliser, ajouta Esposito.
- On a retrouvé son portefeuille un peu plus loin, l’argent est toujours là. Qui plus est, notre victime, James Tobin, a encore sa montre…une Rolex, renchérit Ryan en regardant ses notes.
- Nous n’avons pas à faire à un simple crime crapuleux. Ce n’est pas par hasard si cet homme a été tué, constata Beckett. On l’a sûrement amené ici de force avant de le tuer. Ses vêtements et sa montre indiquent une origine aisée, que faisait-il donc dans cet endroit désaffecté, aussi tard ?
- Les gars, poursuivit-elle, voyez si vous ne trouvez pas d’autres indices, des traces de pneus par exemple. Je rentre au commissariat commencer les recherches sur notre type et prévenir sa famille.
Rick Castle ne fut pas surpris de ne trouver personne chez lui lorsqu’il se réveilla sur les coups de 10 heures. Son loft lui semblait vide depuis qu’Alexis était partie à Harvard - et ce même si la proximité géographique de Boston lui permettait de rentrer souvent chez elle – et que sa mère avait déménagé – dans l’appartement du dessous ! – lorsque Kate avait officiellement emménagé avec lui. Il trouva le mot laissé par sa femme lui indiquant l’heure à laquelle elle était partie et sa destination. Un rapide calcul lui suffit pour se rendre compte qu’elle ne devait plus être sur les lieux depuis longtemps.
Depuis qu’elle était arrivée, Kate ne cessait de lever les yeux vers l’ascenseur dès qu’elle entendait ce dernier s’arrêter à son étage. Cette fois-ci était la bonne.
C’est avec ses traditionnels cafés en main que Castle arriva au commissariat et se dirigea vers le bureau de sa femme.
- Bonjour toi, lui dit Rick en l’embrassant.
- Hum, je commençais à désespérer ! Je sais que tu as écris jusque tard cette nuit, c’est pour ça que je ne t’ai pas réveillé, lui répondit Kate. Puis le voyant soudain prendre un air grave, ajouta : Tout va bien Rick ?
- Justement en parlant d’écrire, il faut que je te dise quelque chose. Voilà, hier, enfin cette nuit, j’ai terminé le 4ème roman des aventures de Nikki Heat, soit le dernier prévu par mon contrat…
- Et la proposition que t’a fait Gina ?
- Je ne vais pas l’accepter.
- Pourquoi ça ? Tes romans sont à chaque fois de véritables succès !
- Sauf que maintenant, j’ai l’originale et la copie me paraît bien pâle à ses côtés.
Cette remarque fit rougir Kate, ce que ne manqua pas de remarquer son conjoint.
- Je pense qu’il est temps pour moi de passer à autre chose. Je préfère m’arrêter là, au sommet, plutôt que de faire le livre de trop.
- Tu n’as pas tué Nikki j’espère !
- Non… juste torturée.
- Je dois t’avouer que ne plus t’avoir avec moi lors des enquêtes va me faire bizarre.
- Oh mais rassurez-vous ma chère, notre collaboration est loin d’être terminée ! Lui rétorqua Rick, en l’embrassant de nouveau.
- Quand comptes-tu l’annoncer aux autres ?
Rick n’eut même pas le temps de répondre qu’une voix se fit entendre derrière eux.
- Annoncer quoi ? demanda Esposito, Ryan se tenant à ses côtés.
- Kate et moi, c’est terminé. Annonça Castle d’une voix grave, puis voyant les regards réprobateurs de sa femme mais surtout inquiets de Ryan et Esposito, ajouta : Professionnellement je veux dire…
Observant ses deux collègues passer de la surprise à la déception, Kate ne put s’empêcher de les taquiner.
- Rassurez-vous les gars, votre copine sera toujours là pour vous !
- Euh… Je peux savoir depuis quand tu leur parles de moi au féminin ? demanda un Castle, visiblement vexé.
- Non mais sérieusement, tu nous abandonnes mon pote ? Interrogea Ryan.
- Oui, je n’ai plus de raison valable pour justifier ma présence avec vous. J’ai décidé de me consacrer à autre chose, écrire un film, une pièce de théâtre…
- Tu vas nous manquer vieux ! Enchaîna Esposito, puis ajoutant à voix basse en destination de Castle : Elle va de nouveau être sur notre dos si tu pars, t’es vraiment pas cool man !
- Oh, je suis là les gars ! Bon, ce n’est pas tout mais on a un meurtre à résoudre si ce n’est pas trop vous demander. Qu’est-ce que vous avez trouvé ?
- Rien de vraiment intéressant. Le gars qui a découvert notre victime bosse dans un entrepôt situé à côté des lieux. Il n’a rien vu de suspect hier soir en partant et personne d’autre que lui ne travaille dans les environs.
- Et il connaissait la victime ?
- Non plus. Un type à la cinquantaine et portant une Rolex, ce n’est pas le genre de mec qui traîne dans le quartier selon lui…
- Hum hum… fit Castle.
- Quoi ?
- La cinquantaine passée, une Rolex… Notre victime semble avoir réussi sa vie !
- Elles vont nous manquer ces remarques on ne peut plus pertinentes ! Soupira Beckett avant d’ajouter : Rien d’autre ?
- Justement j’allais y venir. Comme tu le laissais penser tout-à-l’heure, on a bien relevé des traces de freinage non loin du corps. L’empreinte des pneus nous permettra peut-être d’en savoir un peu plus sur le véhicule qui aurait amené Tobin dans cette impasse.
Un appel de Lanie demandant à Kate de venir la rejoindre à la morgue mit fin à leur conversation. Après avoir donné ses instructions aux deux inspecteurs, Kate se dirigea vers l’ascenseur.
- Et ton café ? demanda Castle.
- Hum, je pense que je vais arrêter la caféine pendant quelques temps, lui répondit sa femme, l’œil malicieux.
C’est suivi d’un Castle surpris par cette dernière réplique qu’elle s’engouffra dans l’ascenseur.
Une fois seul avec sa femme dans l’ascenseur, Rick se tourna vers elle :
- Alors ?
- Alors quoi ?
Castle appuya sur le bouton d’arrêt d’urgence et menaça :
- Cet ascenseur ne repartira pas tant que tu ne m’auras rien dit ! Tu es limite accro au café et là…
Kate ne lui laissa pas le temps de finir sa phrase.
- Je suis enceinte.
- Du jour au lendemain, tu arrêtes ! Poursuivi Castle, puis se rendant compte de ce que venait de dire sa femme, ajouta : Qu’est-ce que tu viens de dire ?
- Je suis enceinte !
- Je… On va devenir parents, c’est génial ! Bégaya Rick, serrant son épouse dans ses bras et lui murmurant : Tu vas être une mère merveilleuse, Kate… Si tu savais comme je t’aime, combien tu me rends heureux. Cet enfant sera parfait. Entre ton intelligence et mon physique, il aura tout pour réussir !
- Je t’aime aussi Rick. C’est bizarre mais ça ne me fait pas peur de devenir mère, malgré tout ce qui s’est passé il y a quelques années. Je sais que notre enfant pourra toujours compter sur toi, il n’y a qu’à voir ce qu’est devenue Alexis : une jeune femme extraordinaire !
- Sauf que cette fois, je ne l’élèverai pas seul. Tu seras avec moi. La rassura Castle avant de l’embrasser tendrement.
- Rick, si ça ne te dérange pas, je préfèrerais que l’on garde cela pour nous quelques temps, du moins au boulot. Je les connais les deux, ils vont vouloir me protéger, surtout si tu n’es plus là et je ne pourrai pas supporter cette situation bien longtemps !
- Nous avons bien réussi à garder notre relation secrète, il n’y a pas de raison que cela ne marche pas cette fois encore.
- Si on y allait maintenant ? Lanie nous attend depuis des heures et toi et moi, bloqués dans cet ascenseur, ça va vite devenir suspect.
- Ma chère, il fut un temps où cela ne vous a pas dérangé… fit Castle en réenclenchant l’ascenseur.
Le déroulement de l’enquête avait conduit l’équipe à rapidement suspecter Adam Smith, l’associé de James Tobin dans leur agence de placements financiers.
Tobin avait en effet découvert que Smith arnaquait ses clients et voulait le dénoncer aux autorités financières.
Si dans un premier temps Smith n’avait pu être inquiété c’est parce qu’il avait fourni aux inspecteurs un solide alibi : au moment du meurtre, il se trouvait à un rendez-vous – certes tardif – avec un client. Il s’avéra plus tard que le client, endetté jusqu’au cou, avait menti en échange d’une forte somme d’argent, lui permettant ainsi d’éponger ses dettes.
La culpabilité de Smith ne faisant désormais plus de doute, Montgomery avait donné ordre à ses hommes d’aller l’appréhender.
Les gars, pendant que vous allez voir s’il n’est pas à son bureau, Rick et moi allons voir chez lui, annonça Kate avant d’ajouter : S’il n’y a personne, retrouvez-nous là-bas.
Une fois arrivés sur les lieux, Ryan et Esposito ne trouvèrent personne. Après avoir jeté un rapide coup d’œil à ses affaires et signalé qu’ils avaient fait chou blanc, ils partirent rejoindre Castle et Beckett au domicile de Tobin.
En bas de l’immeuble de Tobin, c’est un Castle inquiet qui demanda à sa femme :
- Tu ne crois pas qu’on ferait mieux d’attendre Ryan et Esposito ? Tobin a quand même tué son associé d’une manière peu banale.
- Et ainsi lui laisser l’occasion de nous échapper ? Jamais ! Cela ne te ressemble pas de vouloir patienter jusque l’arrivée des renforts.
- C’est différent cette fois, nous ne sommes plus seuls, Kate. Je ne veux pas vous perdre, toi et notre enfant.
- Je sais et ça n’arrivera pas ! Par ailleurs, je te rappelle que c’est plutôt à moi de te protéger… Ecoute, je te promets que maintenant, je vais faire attention. J’irai parler à Montgomery après cette enquête.
- Allons arrêter cet enfoiré alors !
Arrivés devant l’appartement de Tobin :
- James Tobin, police de New York, ouvrez ! Cria Kate.
Alors qu’ils entendirent à l’intérieur du verre se briser, un coup d’œil suffit à Castle pour comprendre que sa femme attendait qu’il défonce la porte, ce qu’il fit sans plus attendre. Kate entra en premier, talonnée par son mari.
- Rick, là, par la fenêtre !
Tobin, en entendant qu’il s’agissait de la police, avait décidé de s’enfuir par la fenêtre. Du toit de son immeuble, il espérait ainsi échapper à ses poursuivants.
Kate et Rick le suivirent sur le toit quand tout à coup Castle hurla :
- Kate, nooooooooooooooooon !
Kate stoppa net sa course et se retourna : son mari n’était plus derrière elle. Elle ne mit pas longtemps à choisir entre les deux possibilités qui s’offraient à elle : poursuivre Adam Smith comme son instinct de flic lui ordonnait ou bien le laisser filer et retrouver Rick. Au diable sa carrière ! Son époux était bien plus important que tout le reste, le seul sachant l’apaiser, la rassurer dans ses moments de doute, le seul dont la présence lui était devenue indispensable, son âme-sœur en définitive.
Elle rebroussa chemin et aperçut Rick se tenant au rebord du toit et regardant la circulation, 15 mètres en dessous de lui.
- Kate… souffla-t-il.
- Tiens bon, Rick !
Kate attrapa l’une des mains de son mari mais ne put le remonter.
Malgré son excellente forme physique, Rick savait pertinemment qu’il ne pourrait plus tenir encore bien longtemps comme cela, au-dessus du vide.
- Tu vois Kate, c’est aussi pour ça que j’ai décidé d’arrêter de te suivre : j’ai passé l’âge de faire des bêtises !
- Tais-toi idiot, lui répondit-elle dans un sourire.
- Je suis désolé Kate. Je n’ai pas été à la hauteur, encore une fois… soupira Castle, repensant au jour où il s’était fait tirer dessus.
Beckett, prenant peu à peu conscience de ce qui était en train de se passer, sentit les larmes couler le long de ses joues.
- Kate, promets-moi…
Sans lui laisser le temps de finir sa phrase, Kate implora son mari :
- Rick, non… Ne me laisse pas, pas toi. Pas encore une fois…
- Katherine, s’il te plaît…
Il ne l’appelait que très rarement comme ça, seulement quand il avait des choses sérieuses à lui dire, lorsqu’il l’avait demandé en mariage ou dit pour la première fois qu’il l’aimait. Elle le laissa terminer.
- Katherine, jamais je ne me suis senti si bien, si près du bonheur complet, tout commence et finit par toi. Dès le premier regard, j’ai su qu’il n’y aurait plus rien derrière toi. Tu es mon obsession. Tes yeux, tes gestes, ton rire, ton odeur, tout ce qui fait qu’aujourd’hui je ne suis rien sans toi. Kate, regarde-moi, je t’en prie.
Elle releva la tête et lui sourit. Il poursuivit.
- Dis à mon enfant, à notre enfant, que je l’aime. Dis-lui combien je t’ai aimé, combien je t’aime…
- Tu lui diras toi-même Richard ! Il est hors de question que je lui dise cela. Les gars vont arriver, tiens le coup, je t’en supplie… implora Kate.
- Dis à Mère et à Alexis qu’elles seront toujours avec moi, que je suis fier d’elles. Veille sur Alexis pour moi, s’il te plaît. Elle t’admire tellement.
- Je sais Rick mais je t’en prie, garde tes forces.
- Kate, je t’aime de toute la force de mon âme, de mon cœur. Te voir heureuse est ce qu’il y a de plus merveilleux…
- Jamais je ne pourrai être heureuse si tu n’es pas à mes côtés, à nos côtés, coupa une nouvelle fois Kate.
- Tu es forte Kate, bien plus que moi. Promets-moi de refaire ta vie.
- Ne me demande pas ça… supplia Kate, effondrée et impuissante.
- Aie confiance en moi, en notre amour. Sois heureuse pour notre enfant, lui aussi mérite d’être heureux. Promets-le moi Katherine.
- Je te le promets Richard. Je t’aime, à jamais et pour toujours…
C’est en ne cessant de regarder sa femme que Richard Castle, à bout de forces, lâcha prise.
Lorsqu’elle regardait son fils, Kate ne pouvait s’empêcher d’y voir Rick. Il lui ressemblait tant avec ses grands yeux bleus espiègles, son regard qui vous subjugue et sa joie de vivre, de tout découvrir.
Après la mort de son mari, elle s’était effondrée. Les derniers mois de sa grossesse avaient été très éprouvants. Elle ne savait plus où elle en était, si elle allait garder cet enfant, qui lui rappellerait sans cesse son époux. « Ce sera un garçon » lui avait-on annoncé quelques semaines seulement après ce jour tragique. Mais Kate avait pu compter sur le soutien de sa famille et de ses amis et c’est ainsi qu’elle décida de le garder. Martha et Alexis l’aidèrent notamment à choisir un prénom : Alexander.
La naissance de son fils ne la sortit pas de sa dépression : rien ne parvenait à combler l’absence laissée par son âme-sœur. Elle se noya dans son travail, laissant bien souvent à son père et à Martha le soin de s’occuper d’Alexander, au grand désespoir de sa meilleure amie Lanie. Ses amis et collègues assistaient, impuissants, à son effondrement.
Pourtant, elle reprit peu à peu le dessus. Elle le devait, pour elle, pour son fils, pour Alexis et pour Rick, pour la promesse qu’elle lui avait faite. Elle s’était encore un peu plus rapprochée d’Alexis, le fait d’avoir eu sensiblement le même âge qu’elle lorsque sa mère était décédée jouant sûrement beaucoup. Qui mieux qu’elle pouvait savoir ce que ressentait la jeune fille ? Mais Alexis était bien plus forte qu’elle ne l’avait été, sans doute tenait-elle ça de son père.
Alexander venait d’avoir un an lorsque Kate put enfin assumer son rôle de mère. Elle n’hésitait désormais plus à passer moins de temps au commissariat pour élever son fils. Elle faisait avec lui ce que sa mère et elle faisaient lorsqu’elle était enfant, des choses simples, juste partager des instants de complicité. Grâce à lui, elle retrouvait peu à peu le goût de vivre.
Souvent elle lui parlait de Rick, elle lui racontait les bêtises qu’il faisait, combien il l’énervait parfois, les nombreuses fois où il lui avait sauvé la vie. Alexander l’écoutait alors, les yeux remplis d’admiration pour ce père qu’il ne connaîtrait jamais.
Elle avait attendu sept ans, lui laissant le temps de grandir, de profiter de son innocence, avant de décider de l’amener avec elle au cimetière. Il était maintenant assez grand pour se retrouver face à la tombe de son père.
Aujourd’hui était un jour parfait pour cela, le printemps annonçait l’arrivée des beaux jours et avec lui la renaissance de la vie, de sa vie.
Elle repensa une nouvelle fois à la promesse qu’elle avait dû faire à Rick, celle de refaire sa vie, de vivre heureuse malgré le mal de l’absence qui restera, et ce pour la vie. Bien sûr, au début, il lui était inconcevable de retrouver le bonheur auprès d’un autre homme. Elle ne le pouvait pas plus qu’elle ne le souhaitait.
Ses amis, Lanie en tête, l’avaient incité à sortir, à retrouver une vie sociale. Il n’était désormais pas rare de les voir fréquenter le Old Haunt avec Javier et Kévin, ce dernier venait même souvent accompagné de sa femme Jenny.
Depuis quelques temps elle se surprenait à penser au charmant professeur d’Alexander, qu’elle avait pu croiser à quelques réunions. Alors qu’il ne cachait pas son attirance pour elle, Kate se refusait à penser entamer une relation, quelle qu’elle soit avec un autre homme. Mais ses craintes s’effaçaient petit à petit pour laisser place à un sentiment nouveau. Elle serra sur son cœur le collier où l’alliance de Rick avait rejoint celle de sa mère et dit en souriant :
- Après tout, pourquoi pas…