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Série : Castle
Création : 11.12.2011 à 14h45
Auteur : Lilou004
Statut : Abandonnée
« Une histoire Caskett où Beckett ne ressemble pas vraiment à la Beckett de la série... » Lilou004
Cette fanfic compte déjà 188 paragraphes
Chapitre 106 : Inquiétude ou jalousie ?
Ce soir-là, dans le secret de leur chambre, Castle et Beckett se blottirent dans les bras l’un de l’autre sous les couvertures.
-« Ce fut une rude journée… » soupira l’écrivain.
-« Mais, heureusement, nous n’étions pas seuls, » sourit la jeune femme. « Notre famille est vraiment atypique… »
-« C’est ce qui la rend encore plus splendide… Et tu as vu comme Sarah prend systématiquement la défense d’Espo ? Elle m’a trop fait rire ce soir ! »
-« Oui… »
-« Kate, Chérie, qu’est-ce qui te préoccupe ? » demanda Castle comprenant que quelque chose n’allait pas.
-« Qu’est-ce qui se passe à ton avis entre Papa et Gates ? » demanda Beckett tout à trac en plongeant son regard soucieux dans celui de son fiancé.
-« Ecoute ils ont l’air proche mais qu’entends-tu par là ? »
-« Tu crois qu’ils… Qu’ils… Enfin tu vois ? »
-« Qu’ils se rapprochent de la même manière que mes parents ? » sourit Castle en resserrant son étreinte autour de sa belle en la voyant acquiescer doucement. « Je vais être honnête avec toi Kate. Aujourd’hui n’est pas la première fois que je vois un geste de tendresse ou de soutien de Gates vis-à-vis de ton père. Mais je trouve ça beau, non ? »
-« Mais c’est mon père ! Tu crois qu’il est en train d’oublier Maman ? Et puis… Qu’est-ce qu’elle a de si spéciale Gates, » lâcha Beckett entre colère et jalousie.
-« Allons Kate, ne soit pas mauvaise langue ! Ce n’est pas parce que ton père a eu des gestes attentionnés vis-à-vis d’elle qu’il va oublier ta mère Kate ! Et puis, certes Gates a du caractère, l’art aussi de remettre les gens à leur place et elle n’a pas la langue dans sa poche mais elle nous a également montré à quel point elle pouvait être humaine et même douce… D’ailleurs, ça ne te rappelle pas quelqu’un ça ? »
-« Rick ! Ce n’est pas pareil ! C’est mon père ! Et je ne veux pas qu’il souffre encore une fois ! Je ne veux pas qu’il replonge… » finit Beckett en penchant son visage, se dissimulant derrière ses cheveux.
-« Kate, regarde-moi s’il te plait, » souffla Castle en se déplaçant pour faire face à la jeune femme. « Ton père est plus fort et plus entouré aujourd’hui qu’à la mort de ta Maman. Mais je ne pense pas qu’il aura besoin de notre aide. Je crois juste que Victoria et lui se sont rapprochés par ce qu’ils ont un vécu semblable… Ils ont beaucoup perdu… »
-« Mais je ne veux pas que mon père développe une relation amoureuse avec ma boss ! » s’exclama Beckett avec un côté buté.
-« Ça fait vraiment drôle de découvrir que je ne suis pas le seul gamin dans notre couple, » sourit Castle.
-« Ne te fous pas de moi Rick ! C’est de mon père dont on parle ! C’est pas n’importe que c’est mon Père et je ne veux plus qu’il souffre comme il a déjà souffert ! »
-« Kate ! Victoria ne va pas le manger quand même ! Et elle est suffisamment professionnelle pour ne pas se servir de toi afin de lui transmettre des petits mots doux très gênant… »
-« Rick ! »
-« Bah quoi ? Vois le côté positif ! Tu pourras obtenir des jours de congés plus facilement et peut-être même qu’elle te donnera moins de paperasse à remplir… »
-« Je te signale que Gates boit de l’alcool ! » s’exclama Beckett exprimant ainsi son angoisse. « Je ne veux pas qu’il replonge… Je ne veux pas le revoir comme ça… »
-« Fais-lui confiance ma Chérie. Ton père a le droit au bonheur et, si Gates le lui apporte, où est le problème ? Remarque aussi que, ce soir, elle n’a pas bu une seule goutte d’alcool pour accompagner ton père alors que Mère et Père ne se sont pas gênés… »
-« Mais… »
-« Kate, Gates est quelqu’un de droite et de sérieuse. Si tu veux mon avis, si ton père a ne serait-ce que l’idée de peut-être toucher à une seule goutte d’alcool, elle va lui faire entendre parler du pays ! »
-« Tu… Tu crois ? »
Comprenant que ce n’était lui qui pourrait rassurer Beckett, Castle prit son téléphone et composa rapidement un numéro.
-« Allo, Rick ? Il y a un problème ? » s’inquiéta Jim en décrochant.
-« Rassurez-vous Jim mais j’ai besoin de toi pour rassurer ta fille… »
-« A quel sujet ? » s’étonna le père de Beckett.
-« Voilà, Kate a remarqué que Victoria et toi étiez proche et… Comment dire… Elle se fait du souci pour toi… »
-« Rick ! »
-« Ose me dire le contraire Kate ! Ta peur est irrationnelle mais tu es tellement têtue que je sais que ton père sera le seul à te faire entendre raison… » dit calmement Castle à la jeune femme avant de reprendre à l’intention de Jim. « Tu es sur haut-parleur Jim. »
-« Merci Rick. Bonsoir Katie. Je mets également le haut-parleur parce que Vicky est à mes côtés. »
-« Quoi ? Mais… Il est tard… » bafouilla la jeune femme des larmes dans la voix et dans les yeux. « Pourquoi… »
-« Katie, tu veux bien m’écouter ? » demanda calmement Jim.
-« Elle t’écoute Jim, » répondit Castle à la place de sa fiancée qu’il avait pris dans ses bras.
-« Merci Rick. Katie, je sais que tu te poses mille et une questions mais, aussi surprenant que cela puisse paraitre, Vicky est devenue une amie très proche. Elle a vécu comme moi un drame qui aurait pu détruire sa vie mais qui l’a rendu plus forte à la différence de moi… Je sais que je t’ai fait souffrir mais aujourd’hui je vais mieux. Je sais aussi que c’est un combat au quotidien et que rien n’est jamais gagné mais je sais que je suis entouré. Toi d’abord, Vicky ensuite et l’ensemble de cette famille que nous formons autour de Rick et toi. »
-« Et Maman ? » demanda timidement Beckett.
-« Je ne suis pas là pour prendre la place de votre mère, Kate, » intervint Gates. « Je respecte votre père. C’est mon ami. Je ne cherche pas un amant si c’est ce qui vous fait peur… »
-« Mais il est tard… » souffla la jeune femme à Castle en regardant le réveil.
-« Kate, » la réprimanda gentiment l’écrivain avec un sourire.
-« Si Vicky est à la maison ce soir c’est parce qu’aujourd’hui aurait été l’anniversaire de son mari et qu’elle ne se sentait la force ni de rentrer seule chez elle ni de s’enfermer seule dans son bureau au poste de police. Tu comprends ? »
-« Je… Je suis désolée Papa… Sir je… »
-« Dans le privé c’est Victoria, Kate. Et je comprends parfaitement vos angoisses. J’ai trouvé en votre père un soutien sans faille. Nous nous comprenons car nous avons traversé les mêmes épreuves. Et je serai là aussi pour lui quand il en aura besoin. Mais sachez que je ne prendrais jamais votre place ni celle de votre mère. D’accord ? »
-« D’accord… Je m’excuse Victoria, je… » marmonna Beckett mal à l’aise. « C’était irrationnel… Enfantin, je… »
-« Je sais Kate et ça ne sert à rien de vous excuser de la sorte. Jim et moi, nous nous attendions à une réaction de votre part… »
-« Ma Katie, ça va mieux maintenant ? Tu es rassurée ? »
-« Oui Papa et je suis désolée de m’être comportée ainsi… »
-« Je suis fière au contraire. Je suis un Papa comblé parce que ma fille unique me prouve qu’elle est toujours ma petite Diablotine à moi et ce malgré ses 31 ans et qu’elle le restera toujours… »
-« Diablotine ? » releva Castle.
-« Papa ! Tu ne pouvais pas te taire ? » s’exclama Beckett avant de poursuivre à l’intention de son fiancé. « Et toi, ne t’avise pas d’en profiter sinon tu seras obligé de répéter ‘apple’ encore et encore ! »
-« Bon les enfants, nous on va vous laisser régler vos comptes en privé, » rigola Jim. « Bonne nuit. »
-« Bonne nuit Papa, bonne nuit Victoria. Et encore désolée pour ce soir… »
-« Pas de problème ma Katie. Bonne nuit Rick. »
-« Bonne nuit Jim, Victoria. »
-« Non Castle, pour vous c’est et ça restera Gates ! »
-« Mais… » fit l’écrivain avec son meilleur ton d’enfant boudeur.
-« Vous êtes trop simple à mettre en boite Rick ! » répondit Gates en riant de bon cœur. « A bientôt et prenez soin de vous ! »
Sur ce, ils raccrochèrent et, après s’être confortablement installer pour la nuit, Castle et Beckett rejoignirent les bras de Morphée.
Chapitre 107 : Réparer un oubli
Le lendemain matin, une fois le petit déjeuner terminé, Sarah partit jouer tranquillement dans sa chambre pendant qu’Alexis et Martha partaient la première pour l’école et le seconde pour son école de théâtre.
-« Ca va Père ? » demanda Castle en voyant le regard préoccupé d’Alexandre.
-« En fait, je me posais quelques questions et j’aimerai avoir votre avis… »
-« Nous t’écoutons Alexandre, » sourit Beckett en s’asseyant à côté de son beau-père.
-« Si ça ne vous dérange pas, j’aimerai qu’on en reparle calmement ce soir… Je voudrai vérifier deux ou trois choses avant… »
-« Aucun problème Père ! Tu as prévu quelque chose aujourd’hui ? »
-« Oui et la journée va être chargée car j’ai plusieurs rendez-vous important. On se retrouve ce soir autour du diner ? »
-« D’accord, à ce soir Père, » sourit Castle en regardant Alexandre disparaître dans le couloir.
Le couple était seul depuis une demi-heure quand Beckett s’approcha doucement de son fiancé et l’enlaça de ses bras.
-« Dis-moi ce qui se passe… Qu’est-ce qui te tracasse Rick ? »
-« Je repensais à hier… A notre rendez-vous chez le juge et plus précisément aux lettres de soutien qui lui ont été envoyées… Nous avons vraiment une famille et des amis super… »
-« Tu as raison, » sourit Beckett en posant sa tête sur le cœur de Castle. « Je n’en reviens toujours pas… Tu te rends compte que même Evelyn, la veuve de Roy, lui a écrit ! Comment a-t-elle su à ton avis ? »
-« Quelqu’un l’a prévenu je pense… Mais qui de Gates, Ryan, Esposito ou Lanie, la est la question… »
-« Je ne pense pas que ça puisse être Victoria. Elle sait que j’étais proche de Roy mais pas à quel point… »
-« Alors il ne reste plus que les Gars ou Lanie. »
-« Moi je voterai pour Ryan. Même s’il est toujours en retrait, discret, il ne perd rien de ce qui se passe autour de lui… Je pense qu’il a peut-être encore mieux compris que Lanie ce qui m’unissait à la famille Montgomery… »
-« Ils t’ont offert la vision d’une famille unie quand la tienne était décimée… »
-« Comment tu… » s’étonna Beckett en relevant la tête pour plonger son regard dans celui de Castle. « Nevermind… Il y a une chose que je regrette cependant… Roy et Evelyn ont été là pour moi à un moment plus que difficile de ma vie mais pas moi… »
-« Tu as eu à gérer ta blessure et ton rétablissement Kate… »
-« Mais j’aurais pu les contacter, les appeler ne serait-ce que de temps en temps… »
-« Kate, tu avais beaucoup de choses à régler dans ta propre vie à ce moment-là et ce ne fut pas la période la plus facile de ta vie… »
-« Mais, depuis que je suis de retour, je ne les ai pas contactées une seule fois Rick ! Et elles, elles font tout ce qu’elles peuvent pour nous aider à adopter Sarah ! Je me sens tellement honteuse… »
-« Oh Kate, tu n’as pas à être honteuse ma Chérie ! Et maintenant que tu vas un peu mieux, pourquoi ne pas renouer avec Madame Montgomery et la remercier pour son soutien ? »
-« Tu crois ? »
-« J’en suis persuadé Kate. D’ailleurs, je me disais… Pourquoi ne pas inviter les Montgomery à notre mariage ? » proposa Castle avec un fin sourire avant de poursuivre devant le regard surpris de sa fiancée. « Bah oui, si Roy avait été toujours vivant, il aurait été à nos côtés avec sa famille pour ce jour si particulier pour nous alors… Pourquoi pas sa femme et ses filles ? »
-« Tu as raison ! Mais pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ? »
-« Tu as eu plein de choses en tête dernièrement et je ne parle pas seulement des dernières semaines. Alors s’il te plait, ne t’en veux pas. C’est tout ce que je te demande Kate… » murmura l’écrivain en serrant sa fiancé dans ses bras.
-« D’accord, » sourit la jeune femme. « Dis, tu crois qu’Evelyn et les filles sont chez elles ce midi ? »
-« On est vendredi ? Alors je sais qu’elles sont toutes chez elles à partir de onze heures et demie… » réfléchit Castle à haute voix.
-« Comment tu sais tout ça ? » s’étonna Beckett en plongeant son regard interrogateur dans celui de l’écrivain qui rougissait légèrement.
-« Je… Je suis restée en contact avec Evelyn, Rebecca et Mary depuis le drame qu’elles ont vécu. Presqu’une fois par semaine sauf depuis notre blessure… »
-« Je te reconnais bien là, » sourit la jeune femme les larmes aux yeux. « Je me sens encore plus minable… »
-« Tu sais, elles ont compris que tu avais besoin de temps. D’autant plus avec la tentative d’assassinat dont tu as été victime… »
-« Rick, allons les voir aujourd’hui ! Allons les inviter à notre mariage ! S’il te plait ? J’ai des choses à me faire pardonner… »
-« Tu es sûre ? »
-« Rick ! »
C’est ainsi qu’un peu avant midi, Castle, Beckett et Sarah se retrouvaient devant la porte d’entrée des Montgomery. Pendant que l’écrivain frappait à la porte d’entrée, la jeune femme s’était mise à la hauteur de la fillette pour lui faire quelques recommandations.
-« Sarah, Princesse, écoute-moi bien. Ici nous sommes chez Evelyn, une amie de Maman et Papa. Elle a deux filles plus grandes que toi… »
-« Comme Lesis ? »
-« Un peu plus petite qu’Alexis mais toujours beaucoup plus grande que toi, » sourit la jeune femme. « Je veux que tu sois très sage et que tu ne touches à rien. Pas de bêtises et tu restes polie. Si tu veux quelque chose, tu dis s’il te plait et, quand on te donne, tu dis merci. D’accord ? »
-« Vi Maman, » acquiesça Sarah en faisant voler ses boucles brunes.
-« La maternité te va à ravir, » sourit Evelyn qui n’avait rien manqué de l’échange. « Roy serait fier de toi Kate. »
-« Je… Merci Evelyn, » sourit Beckett émue aux larmes.
-« Mais ne restez pas là, entrez ! Vous risqueriez de prendre froid ! » dit la jeune femme en s’effaçant pour laisser entrer la petite famille.
-« Bonjour ‘dame, » fit timidement la fillette encouragée par Castle en passant à la hauteur d’Evelyn.
-« Bonjour toi ! Tu dois être Sarah, je me trompe ? » demanda la veuve de Roy en se mettant à sa hauteur avec un sourire en voyant la surprise de l’enfant. « J’ai beaucoup entendu parler de toi, tu sais… Kevin m’a dit que tu étais une magnifique petite fille et je vois qu’il ne s’est pas trompé ! »
-« Oncl’ Kevin ! Toi connaitre lui ? » s’exclama la fillette avant de lever de yeux lumineux vers Beckett. « Oh Maman ! »
-« Bah oui ma Princesse, » sourit la jeune femme en prenant Sarah dans ses bras. « Kevin est fier de la petite fille que tu es et parle de toi autour de lui ! Tout comme Javi et Lanie et Victoria et Gramps et Grand-Mère et Pops et tous ceux qui t’aiment ! »
-« Maman, Papa et Lesis aussi ? »
-« Bien sûr Princesse ! » affirma Castle en lui ébouriffant les cheveux avec affection.
Devant la joie et la fierté de la fillette, les adultes ne purent que sourire. Rebecca et Mary, ayant entendu du bruit, descendirent les rejoindre au salon et Sarah fit sa timide en se mordillant la lèvre inférieure et en se cachant dans le cou de Beckett.
-« Oh ! Bonjour Rick ! » s’exclama Mary en se précipitant vers l’écrivain. « Ca faisait longtemps que tu n’étais pas venu ! »
-« Mary ! N’oublie pas qu’il a été blessé ! Tout comme Kate d’ailleurs… » la réprimanda Rebecca avant de se tourner vers Beckett inquiète. « Bonjour Kate, tu vas mieux maintenant ? »
-« Oui Becky, je vais bien… Et je tenais à m’excuser de ne pas vous avoir contactées avant. Vous avez toujours été là pour moi et moi… » dit Beckett en penchant la tête. « Moi je vous ai abandonné au pire moment… »
-« Oh Kate ! » s’exclama Evelyn en se levant pour combler la distance avec la jeune femme. « Tu as dû faire face à tes propres démons et c’est normal que tu aies eu besoin de temps… Je suis heureuse qu’aujourd’hui tu te sentes assez forte pour venir nous voir… »
-« Merci pour ta compréhension Evelyn, » sourit Beckett au travers de ses larmes en répondant à l’étreinte de la veuve de Roy. « Je ne suis pas sûre de la mérité mais… »
-« Kate, toi aussi tu avais le droit d’être triste et en plus tu étais très blessée. J’ai eu peur moi, » intervint Mary en s’approchant. « Mais heureusement, Rick, il nous a rassurées et données de tes nouvelles. »
-« Et si vous restiez déjeuner avec nous tous les trois ? » proposa soudain Rebecca. « Comme ça on pourrait discuter et apprendre à mieux connaitre Sarah ! En tout cas, elle est plus jolie en vrai que sur les vilaines photos du magazine ! »
-« Excellente idée ma Becky ! » sourit Evelyn.
Chapitre 108 : Les Montgomery
Une demi-heure plus tard, c’était le branlebas de combat chez les Montgomery. Pendant que Mary jouait calmement avec Sarah dans le salon, Rebecca et sa mère se dirigèrent vers la cuisine.
-« Evelyn, je peux vous parler ? » demanda Beckett en se mordant la lèvre inférieure.
-« Bien sûr. Becky, tu commences sans moi s’il te plait ? »
-« Je vais lui donner un coup de main, » sourit Castle en disparaissant derrière l’adolescente.
Beckett et Evelyn s’installèrent donc non loin de leur deux plus jeunes filles pour discuter tranquillement.
-« Qu’est-ce qui te tracasse Kate ? »
-« Je m’en veux… Je m’en veux tellement de ne pas avoir été présente pour vous trois après le décès de Roy… » souffla Beckett en baissant la tête et se cachant derrière le rideau de ses cheveux. « Je me suis montrée égoïste alors que vous m’avez soutenue à un moment de ma vie où j’en avais tellement besoin… Sans Roy et toi, je ne serai pas la jeune femme d’aujourd’hui… Je me laisserai encore submerger par l’affaire de ma mère… »
-« Kate, regarde-moi, » sourit Evelyn en prenant le visage de la jeune femme dans la coupe de ses mains. « Tu as été présente pour nous aussi longtemps que tu l’as pu avant de frôler toi-même la mort. Je sais par Rick que, suite à ça, tu t’es isolée de tous pendant près de quatre mois. J’ai d’ailleurs pu voir l’effet que ça a eu sur ton écrivain… »
-« Je l’ai fait souffrir plus que de raison et pourtant il est toujours là pour moi, » rougit la jeune inspectrice. « Evelyn, je suis tellement désolée de ne pas être revenue vers toi et les filles avant… Je… Je crois que j’avais peur que vous voir me replonge dans l’horreur de… »
-« Je comprends Kate et je suis heureuse qu’aujourd’hui tu te sentes assez forte pour venir nous rendre vite. S’il était encore parmi nous, Roy serait très fier de toi. Tu rayonnes de bonheur, tu as cette petite étincelles dans tes yeux que nous désespérions y voir un jour… »
-« Je suis heureuse Evelyn, vraiment heureuse. Certes je n’ai toujours pas obtenu justice pour ma mère mais je sais qu’on fera tout pour l’obtenir un jour. En attendant, je ne veux plus passer à côté de ma vie. »
-« Et ta vie aujourd’hui c’est Rick et Sarah ? »
-« Oh Evelyn ! Si on m’avait dit il y a un an que je serai fiancée, sur le point de me marier et en pleine procédure pour adopter une petite fille de deux ans, je pense que j’aurais fait en sorte d’appeler discrètement le service psychiatrique ! » sourit Beckett en rougissant.
-« Il me semblait bien avoir vu une bague de fiançailles à ton annulaire gauche. Le mariage est prévu pour quoi ? Enfin si vous avez fixé une date bien sûr… »
-« C’est la raison de notre venue en fait. Car nous aimerions que les filles et toi voyez présentes à notre mariage… »
-« Il suffisait de nous envoyer une invitation tu sais, » sourit Evelyn. « Vous avez le lieu ? Ce sera un mariage de printemps ? »
-« Et si tu me laissais parler tu aurais peut-être les réponses à tes questions, » répondit Beckett heureuse de l’impatience manifeste de son amie.
-« A table ! » lança alors Rebecca depuis la porte de la cuisine.
-« Eh bien ! Tu es drôlement efficace ma fille ! » sourit Evelyn en se levant pour rejoindre son aînée. « Rick devrait venir plus souvent… »
-« Maman ! » râla l’adolescente.
Tout le monde prit place dans la joie et la bonne humeur autour de la table quand soudain Sarah fit entendre sa petite voix.
-« Maman, moi t’op petite, » fit la fillette en boudant.
Tout le monde se tourna alors vers la chaise qui lui avait été attribuée pour ne découvrir que ses yeux qui dépassait par-dessus la table. Ne pouvant se retenir, tout le monde éclata de rire ce qui renfrogna encore plus Sarah.
-« Pas d’ôle ! » fit-elle en fronçant ses petits sourcils. « Maman euh ! »
Beckett prit la petite sur ses genoux en jetant un regard interrogateur à Castle qui ne savait pas quoi faire.
-« Attendez ! J’ai une idée ! Maman, je peux sortir de table ? » demanda Mary déjà à moitié debout.
-« Accordé mais reviens vite ! Le repas est prêt ! »
-« J’en ai pour une minutes ! » lança la cadette avant de disparaitre dans le garage pour en revenir un instant plus tard avec son ancien rehausseur. « Ça pourrait le faire, non ? »
-« Voilà une excellente idée Mary ! Merci ! » sourit Beckett en installant Sarah confortablement. « C’est mieux ? »
-« Vi ! Me’ci Ma’y, » répondit Sarah avec un sourire charmeur.
-« Dites-moi vous deux, vous êtes sûr que ce n’est pas votre fille biologique ? Non parce qu’à la regarder on pourrait vraiment se poser des questions… »
-« Je peux vous le certifier Evelyn, » répondit Castle au tac-o-tac. « Dans la mesure où Kate et moi avons décidé d’attendre notre mariage… »
-« Vous allez vous marier ? Vraiment ? » s’exclamèrent Rebecca et Mary en cœur. « Trop cool ! Et on est invité ? »
-« Les filles ! Ce ne sont pas des choses qui se demandent voyons ! » les réprimanda Evelyn même si elle savait déjà qu’elles étaient invitées.
-« Pardon… » s’excusèrent les filles. « C’était très impoli… »
-« Ce n’est rien les filles. C’est oublié, » sourit Beckett avant de reprendre. « Donc, comme je te l’expliquai tout à l’heure, Rick et moi allons nous marier très prochainement et nous aimerions que vous soyez toutes les trois présentes ce jour-là ! ».
-« Ce sera un honneur d’être à vos côtés, » répondit Evelyn touchée par les paroles de la jeune femme. « Alors, dites-nous tout ! Quand aura lieu votre union ? »
Castle regarda Beckett et lui prit tendrement la main.
-« Le 24 décembre prochain dans ma maison des Hampton. Et ne vous en faites pas, il y a suffisamment de couchage pour tout le monde. »
-« Oh ! Un mariage de Noël ! Comme ça va être trop beau ! » s’exclama Rebecca rêveuse.
-« Effectivement ! Ce sera un moment magique mais il y a peu de chances que nous puissions y assister ma Chérie… »
-« Oh pourquoi… » bougonna Rebecca. « J’ai envie d’y aller moi… »
-« Ma Puce, nous sommes attendues le 25 décembre à midi chez Grand-Père et Grand-Mère pour fêter Noël à Springfield dans l’Illinois… Ce n’est vraiment pas la porte à côté et je ne me vois pas faire les quinze heures de voiture nécessaire dans la nuit… »
-« Papa aurait été là, on aurait pu tout faire, » marmonna Mary ce qui serra tous les cœurs présents dans la pièce.
Le silence se fit dans la pièce… Les larmes avaient envahi les yeux des trois Montgomery tandis que Kate avait baissé la tête mal à l’aise. Le cerveau de Castle tournait à cent à l’heure quand soudain un éclair vint briller dans ses yeux.
-« Springfield ? C’est bien la ville où vous devez être le 25 décembre ? »
-« Euh… Oui… Pourquoi Rick ? Vous avez une solution ? »
-« J’ai un ami qui se rend tous les 25 décembre au matin de sa villa sur la plage dans les Hampton à Springfield dans l’Illinois justement pour passer le jour de Noël et les suivant dans la famille de son épouse. Il s’y rend en jet privé et son plan de vol doit déjà être déposé. Je pourrais lui demander de vous prendre toutes les trois à son bord ce qui vous permettra de faire les deux. Qu’en pensez-vous ? »
-« Nous ne voudrions pas déranger… » fit Evelyn gênée par une telle proposition.
-« Si je te le propose Evelyn, c’est que je sais que ça ne posera aucun problème voyons ! » sourit Castle. « Tu me donnes une dizaine de minutes après le dessert et tout sera réglé, si tu me le permets bien sûr… »
-« Merci Rick. »
Le reste du diner se passa dans la joie et la bonne humeur. Pendant que Beckett, Evelyn et Mary faisaient la vaisselle et que Rebecca jouait un peu avec Sarah, Castle s’isola dans ce qui avait été le bureau de Roy. Il en ressortit une demi-heure plus tard tout sourire.
-« Alors, tout est organisé. Esposito viendra vous chercher le jeudi 22 décembre au matin pour vous emmener dans les Hampton. Vous y resterez avec nous jusqu’aux 25 décembre au matin. Là mon ami Marshall viendra vous chercher et vous conduira à l’aéroport. Vous y retrouverez sa femme et ses enfants et, tous ensembles, vous voyagerez à bord de son jet privé. J’ai pris la liberté de vous réserver une voiture à l’aéroport de Springfield pour toute la durée de votre séjour là-bas ainsi que les billets open pour votre retour à New York. Vous n’aurez plus qu’à me dire votre jour et heure d’arrivée à JFK et je vous ferai envoyer un chauffeur. »
-« Rick, nous pouvons parfaitement prendre un taxi ! Tu as déjà tellement fait pour ma famille et moi ! »
-« Il n’en est pas question Evelyn ! Considère que c’est mon cadeau en mémoire de Roy. Il a quand même sauvé la vie de ma Kate en donnant la sienne et, ça, je ne l’oublierai jamais. C’est le moins que je puisse faire pour vous trois. »
-« Merci Rick. Pour tout ce que tu as fait pour nous et pour tout ce que tu continues à faire pour nous. »
Beckett, Castle et Sarah restèrent encore un petit peu avant de rentrer la fillette tombant littéralement de fatigue, l’heure de la sieste étant largement dépassée.
Chapitre 109 : Le rêve d’Alexandre
Ce soir-là, quand tout le monde fut rentré et qu’Alexis et Sarah jouaient tranquillement dans la chambre de cette dernière, Alexandre se tourna vers son fils et sa future belle-fille avec un sourire.
-« Pourrions-nous terminer notre conversation de ce matin ? » demanda le médecin.
-« Avec plaisir Père ! Tu sais très bien que tu peux tout nous dire, » sourit Castle alors que les deux couples s’asseyaient dans le salon.
-« Tout d’abord, ce matin, Martha et moi avions rendez-vous à la Mairie afin que je puisse enfin te reconnaitre comme étant mon fils légitime. Voici donc ton nouveau certificat de naissance mon fils. J’espère que tu ne nous en veux pas de ne rien t’avoir dit plus tôt. »
-« Oh non Papa… » répondit l’écrivain ému aux larmes en prenant le précieux papier dans sa main avant de se tourner vers Beckett. « Je… J’ai un père maintenant… Tu… Tu n’épouseras pas un bâtard… »
-« Bâtard ou pas, je m’en fiche complètement Rick ! C’est toi que je veux et rien ne m’empêchera de devenir ta femme à part toi… » affirma la jeune femme.
Le couple se blottit dans les bras l’un de l’autre sous le regard attendri de Martha et d’Alexandre. La rouquine semblait blessée par les paroles de son fils.
-« Hey, ce n’est pas de ta faute Martha, » souffla le médecin qui l’avait remarqué.
-« Mais je lui aurai parlé plus tôt, il n’aurait pas autant souffert, » répondit la rouquine sur le même ton.
-« Tu ne peux pas te culpabiliser à vie. Tu as pris une décision à une époque qui a blessé plusieurs personnes dans ton entourage, y compris toi-même mais aujourd’hui tout le monde est réuni et va bien. Dis-toi que ça n’a pas empêché notre fils de devenir le beau jeune homme équilibré et écrivain à succès qu’il est. »
-« Père a raison Mère, » affirma Castle qui avait entendu leur conversation. « Mais je pense qu’il n’y avait pas que ça qui te tracassait ce matin, je me trompe ? »
-« Mon fils est perspicace, » sourit Alexandre. « En effet. La journée d’aujourd’hui a été riche en émotion pour moi… Après notre rendez-vous à la Mairie, je suis allé à mon travail pour leur annoncer que je prendrai lundi pour une durée de trois semaines avant un nouveau break d’un mois. Comme vous allez mieux, je me suis dit que vous n’aviez plus besoin de moi sur votre dos vingt-quatre heures sur vingt-quatre… »
-« Et tu as parfaitement raison Alexandre, » sourit Beckett. « C’est une merveilleuse idée car vous devez commencer à tourner comme un lion en cage ici, non ? »
-« Un peu oui mais mon petit doigt me dit qu’une certaine inspectrice de la criminelle n’est pas loin d’être dans le même cas que moi malgré son fiancé et ses filles, » ironisa le médecin.
-« Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez, » éluda Beckett alors que Castle la prenait par la taille pour la chatouiller. « Hay ! Lâche-moi Rick ! Lâche-moi ou tu risques de te retrouver avec une balle entre les deux yeux ! »
Les quatre adultes éclatèrent d’un franc rire avant de se calmer.
-« Père, ça veut dire que tu seras en congé de quand à quand exactement ? »
-« Du vendredi seize décembre au soir au lundi seize janvier au matin. Comme ça, je pourrai vous aider pour les derniers préparatifs du mariage mais aussi être présent aux côtés de Kate quand tu devras partir en tourner et enfin ça me laissera une petite semaine pour me reposer à mon rythme. »
-« Tu es vraiment adorable Alexandre, » sourit Beckett touchée qu’il ait pensé à elle.
-« C’est le moins que je puisse faire pour mon fils et toi, » répondit Alexandre avant de reprendre, quelque peu gêné. « Puisqu’on en est aux révélations, Martha et moi avons encore plusieurs choses à vous dire… »
Devant l’air embarrassé de leurs aînés, Beckett et Castle échangèrent un regard plein de tendresse et d’humour : le moment était venu visiblement et ils allaient ou non avoir confirmation de leur intuition.
-« Nous vous écoutons, » sourit l’écrivain.
-« Voilà, depuis que nous nous sommes retrouvés ta mère et moi, nous avons beaucoup discuté et… » commença le médecin avant de prendre une immense inspiration pour se donner du courage. « Une chose en entrainant une autre, nous nous sommes rapprochés… »
-« Rapprochés ? Rapprochés comment ? » demanda Castle décidant de jouer les innocents.
-« Et bien nous avons réappris à nous connaitre, » fit Martha pour une fois calme. « Et les sentiments qui nous unissaient à l’université il y a plus de quarante ans se sont réveillés et même renforcés… »
-« Martha, auriez-vous peur de la réaction de Rick ? » s’étonna Kate comprenant la raison de l’attitude réservée de la rouquine.
-« Et bien c’est de son père dont il s’agit et… Et de l’homme qui m’a ravi mon cœur de jeune femme et ne me l’a jamais complètement rendu… Et… » fit Martha en se mordillant la lèvre inférieure.
-« Mère, regarde-moi s’il te plait, » intervint alors l’écrivain touché par l’angoisse visible de la rouquine. « Si Père et toi êtes heureux ensemble, pourquoi me mettrais-je entre vous deux ? Depuis que tu as retrouvé Alexandre, tu as une petite étincelle dans les yeux que je ne t’ai jamais vu et je n’ai aucune envie de la voir disparaitre… »
-« Mais tu es sûr que cela ne te dérange pas ? » demanda timidement Martha.
-« Mère ! » s’exclama Castle avant de se retourner vers Beckett. « Je crois que je préfère ma mère en actrice grandiloquente et fantasque qu’en femme ayant peur de la réaction de son fils à l’annonce qu’elle est heureuse avec son père ! »
-« Rick, » temporisa la jeune femme en posant une main que l’avant-bras de son fiancé. « Je viens de comprendre ce qui embêtait tes parents dans la situation actuelle. Dites-moi si je me trompe mais, étant donné que la famille vient juste d’être réunie, ils avaient peut-être peur que tu accueilles mal le fait qu’ils reforment un couple si vite… »
-« Vraiment ? » demanda Castle en faisant face à ses parents.
-« En effet, » avoua Alexandre. « On comprendrait, tu sais, que tu puisses le prendre mal… »
-« Père, je trouve ça génial au contraire ! Faites votre vie ! Rattrapez le temps perdu ! Vivez ce bonheur que vous méritez ensemble… Je n’ai rien d’autre à dire ! »
-« Alors tu ne m’en voudras pas si je t’annonce que, ma dernière action de la journée a été d’acheter le loft voisin du tien ? » demanda le médecin avec un sourire timide, guettant la réaction de son fils.
-« Tu as fait ça ? » s’étonna Castle. « Mais je croyais que tu avais un super appartement à Manhattan… »
-« C’est en effet le cas mais j’ai décidé de le vendre et de me rapprocher de mon fils. Alors quand Martha et Jim m’ont dit que le loft voisin du vôtre était à vendre, j’ai sauté sur l’occasion. Après l’avoir visité une première fois seul puis avec un architecte pour vérifier que mon projet était viable, j’ai signé l’acte de vente cet après-midi chez le notaire. »
-« Oh Père ! C’est génial ! Mais quel est donc ton projet ? »
-« Le rez-de-chaussée va être aménagé de tel sorte à en faire un appartement tout simple avec une chambre, un grand dressing et une salle de bain attenante, un double bureau, une grande cuisine pouvant accueillir un coin salle à manger et surtout une grande pièce à vivre. »
-« Ce serait génial Père ! Mais du coup que vas-tu faire de l’étage ? Pour toi tout seul, cela risque de faire un peu grand, non ? »
-« Justement… Là est toute mon idée… Mon loft sera trop grand pour moi et, très bientôt, le vôtre sera trop risque d’être trop petit si vous vous décidez à agrandir la famille… Et je crois savoir que c’est au programme, je me trompe ? »
Le couple rougit légèrement.
-« Enfin bref, j’aimerai vous offrir en guise de cadeau de mariage le premier étage de mon nouveau logement. Comme ça, vous pourriez en faire un grand espace… Sachez que, dans le cas où vous acceptiez ce cadeau, je vous offre également l’aménagement de l’ensemble de ce nouvel espace. »
-« Tu n’es pas obligé Père, tu en es conscient j’espère… » s’enquit Castle.
-« J’en suis parfaitement conscient et je ne fais pas ça pour t’acheter non plus. C’est juste que je sais que ta mère, Alexis et toi avez noué une relation forte au cours de ces dernières années et je n’ai pas envie de la briser tout comme je sais qu’il en est de même pour Kate. »
-« C’est sûr, » sourit la jeune femme. « Mais pourquoi parles-tu de briser quoique ce soit ? A moins que… Non ? »
-« Si, » sourit Alexandre. « Mais je ne lui ai pas encore demandé… »
-« Demander quoi à qui ? » demanda Martha en fronçant ses sourcils.
Beckett vit avec délice la lumière se faire dans l’esprit de Castle. Ils partagèrent alors un immense sourire.
-« Te demander d’emménager avec moi une fois que l’appartement sera prêt… » se lança Alexandre en retenant sa respiration.
Martha se leva et partit dans la cuisine laissant les trois autres cois. L’actrice semblait plus soucieuse, inquiète ce qui n’échappa à personne. Voyant Alexandre se crisper, Beckett prit les choses en mains.
-« Rick, occupe-toi de ton père, j’ai deux mots à dire à ta mère, » dit la jeune femme en se levant pour rejoindre la rouquine. « Qu’est-ce qui te tracasse Martha ? »
-« Je n’ai jamais été douée dans mes relations et ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour vous laisser seuls… »
-« Martha, tu ne pars pas à l’instant et pour l’autre bout de la planète ! Alexandre et toi ne seriez pas plus loin que la porte d’à côté… » sourit Beckett.
-« Mais… »
-« Je te comprends Martha. Mais on parle d’Alexandre, l’homme qui a ravi ton cœur… Un peu comme Rick pour moi, non ? »
-« Tu as raison mais je ne me sens pas encore prête… J’ai encore peur… »
-« Alors dis-le-lui, » fit Beckett en désignant Alexandre. « Il le mérite, tu ne crois pas ? »
Martha prit la jeune femme dans ses bras avant de rejoindre Alexandre avec qui elle eut une longue discussion. Castle les laissa seuls et rejoignit sa fiancée pour, ensemble, monter passer un moment avec les filles.
Chapitre 110 : Une idée magnifique
Le lendemain matin, Castle se rendit compte que quelque chose préoccupait Beckett alors qu’elle regardait Sarah, perdue dans ses pensées. Une fois la fillette partie jouer avec Alexis au parc, l’écrivain prit sa muse dans ses bras.
-« Qu’est-ce qui te tracasse comme ça depuis ce matin ? »
-« Je pensais à Sarah depuis quelques temps et au fait qu’elle voudra sûrement un jour connaître ses parents, son histoire… »
-« En effet, je sais combien c’est important de savoir d’où l’on vient… Je ne me suis jamais senti aussi complet depuis qu’en plus de te connaitre et de t’avoir dans ma vie j’ai retrouvé mon père… A quoi tu penses ? »
-« Maintenant que l’enquête est terminée et les tueurs sont arrêtés, je pense que nous pourrions avoir accès au domicile des Matthews et rassembler un maximum de souvenirs pour notre Princesse… Et si nous n’obtenons pas… Enfin… Tu vois ce que je veux dire… Nous pourrions les transmettre à la famille ou bien laisser un message dans son dossier si un jour elle veut retrouver un peu de son passé… »
-« C’est une excellente idée ! Tu sais comment on peut faire ? »
-« Il faudrait qu’on demande à Gates si nous pouvons aller chez les Matthews et surtout à partir de quand. »
-« Je te laisse l’appeler pour voir avec elle parce que, si c’est moi qui lui demande, la réponse sera automatiquement négative… »
Beckett sourit et, après un tendre baiser à Castle, s’éloigna pour appeler son capitaine. Elle revint quelques minutes plus tard un immense sourire aux lèvres. La jeune femme s’installa tranquillement sur les genoux de l’écrivain.
-« Alors ? »
-« Elle doit nous donner le feu vert après avoir appelé le responsable de l’enquête mais normalement nous pourrons y aller après-demain. Reste à trouver quelqu’un pour s’occuper de notre Princesse… »
-« Mon père reprend le travail ce jour-là. On ne peut pas lui demander et Mère a des cours de programmer. Alexis fait un stage d’une semaine dans un cabinet d’avocats donc on ne peut pas lui demander de garder sa sœur… »
-« Et mon père a une journée avec les alcooliques anonymes… »
-« Et les gars travaillent tout comme Gates… Comment allons-nous faire ? »
Pendant un long moment, le couple réfléchit intensément puis Castle se leva et prit son téléphone sous le regard intrigué de Beckett.
-« Tu appelles qui ? »
-« Un instant. Oui allo ? C’est Castle à l’appareil… Oui je sais que vous espériez ne pas m’entendre mais j’aurais un service à vous demander… Je sais, je sais mais s’il vous plait écoutez-moi. Ça concerne Sarah… Ah ! Je vois que ça vous intéresse d’un coup… J’aurai besoin de quelqu’un lundi pour surveiller Sarah pendant quelques heures l’après-midi. Pensez-vous que ce soit possible ?... Vraiment ?... Merci beaucoup ! A lundi alors ! » dit Castle avant de raccrocher pour se tourner vers Beckett. « Bon et bien voilà ! Nous avons un système de garde pour lundi au cas où ! »
-« C’est bien mais c’est qui ? »
-« Tu verras ça lundi si nous avons le feu vert de Gates ! »
-« Richard ! » tenta Beckett mais rien n’y fit et l’écrivain garda le silence.
La jeune femme tenta à plusieurs reprises d’obtenir des réponses mais l’écrivain ne dit pas un mot pour la plus grande frustration de la brunette. Le lundi suivant arriva enfin et ils reçurent l’appel tant attendu de la capitaine du 12èmepour leur signaler que l’accord avait été donné et qu’ils avaient l’après-midi pour rassembler ce qu’ils voulaient récupérer pour la petite. Un immense sourire aux lèvres, Beckett se jeta littéralement dans les bras de Castle.
-« Bon maintenant tu vas me dire où on va déposer notre fille ? »
-« On mange et on y va. Tu sauras bien assez tôt ! »
Beckett mit un mouchoir sur sa frustration et, une heure et demie plus tard, la petite famille prit la route du commissariat.
-« Pourquoi on va au 12ème ? » s’étonna la jeune femme en se tournant vers l’écrivain.
-« Parce que c’est là que se trouve notre baby-sitter ! Quelle question ! »
-« Rick ! Qui as-tu appelé samedi ? » demanda Beckett suspicieuse.
-« Tu dis notre secret à Maman Princesse ? » sourit Castle en jetant un coup d’œil à la fillette grâce au rétroviseur.
-« Papa et Maman ‘ccupés et moi ave’ Icky ! » répondit Sarah avec un immense sourire de fierté.
-« Tu as appelé Gates ? » s’exclama Beckett en lançant un regard noir à son fiancé.
-« C’était notre seule solution Kate, » se justifia l’écrivain. « En plus Sarah l’adore et il y aura aussi les Gars pour prendre soin d’elle… Et puis Victoria fait presque partie de la famille. »
-« Castle ! »
-« Quoi ? Je croyais que tu ne voyais plus ça comme un problème ? » sourit gentiment le jeune homme en jetant un rapide coup d’œil à sa fiancée. « On est arrivée ! »
Dans l’ascenseur, Sarah, intimidée, se plaça entre ses parents et glissa ses mains dans les leurs. Les portes s’ouvrir sur le quatrième étage et la fillette ouvrit de grands yeux curieux et observa tout ce qui l’entourait. Soudain elle aperçut deux têtes connues et se précipita vers le duo en courant. L’arrivée de la petite fille pas plus haute que trois pommes attira l’attention de l’ensemble des personnes présentes à l’étage de la Criminelle qui s’arrêtèrent pour observer ce qui se passait.
-« Oncle Ke’in ! Baby Javi ! » s’exclama Sarah en se jetant dans les bras d’Esposito. « Bonjou’ ! Bizou ? »
Plusieurs ricanements se firent entendre à l’entente du surnom donné par la petite au latino. Lui qui aimait charrier les autres allait entendre parler du pays…
-« Bien sûr Princesse ! » sourit Kevin en joignant le geste à la parole.
-« Mais dis-moi, tu es venue toute seule ? » s’inquiéta Esposito.
-« Bah non ! Pff… » répondit Sarah comme si c’était une évidence avant de se mettre à bouger des fesses pour faire comprendre au latino.
Esposito déposa la petite sur le sol et elle partit en courant dans la direction du bureau de Gates qui venait d’en sortir.
-« C’est quoi ce bazar ici ? Je vous rappelle que nous sommes dans un poste de police et pas à la foire ! »
-« Icky ! Icky ! » s’exclama la fillette en se jetant littéralement dans ses bras. « Moi t’op contente ! Viens zouer avec moi ? »
Gates ferma un instant ses yeux, cala la petite fille sur sa hanche et lui sourit doucement.
-« Hey ! Ça fait plaisir de te voir Princesse ! Et oui, c’est moi qui vais te garder pendant que Papa et Maman vont se promener, tu es d’accord ? »
-« Vi ! » sourit Sarah en se blottissant dans les bras de Gates la fatigue commençant à se faire sentir.
-« Vous avez du travail il me semble ! » lança froidement la capitaine avant de rentrer dans son bureau, la fillette toujours dans ses bras.
-« Rho ! T’op beau ton bu’eau ! » s’exclama Sarah émerveillée. « Maman et Papa pa’eil ? »
-« Non ma Princesse. Oncle Kevin, Oncle Javier et ta Maman travaillent depuis les bureaux qui sont là-bas, » expliqua Gates en désignant les bureaux de l’open space.
-« Et Papa ? » demanda la fillette en fronçant les sourcils.
-« Ton Papa n’est pas un policier et, même s’il travaille avec ta Maman, il n’a pas de bureau ici Sarah. Il s’assoit sur la chaise qui est juste à côté de celui de Kate… »
Pas du tout contente de ce qu’elle venait d’entendre, Sarah fit clairement comprendre à Gates qu’elle voulait retrouver la terre ferme. Une fois ses deux pieds sur le sol du bureau, elle lança un regard noir digne de ceux de Beckett et croisa ses petits bras sur son torse, le visage fermé.
-« Bah c’est pô zuste ! »
Sur ce, Sarah quitta le bureau de Gates en courant vers ses parents qui avaient pris place autour du bureau de Beckett avec Esposito, Ryan et Lanie qui avait été avertie de leur arrivée.
-« Maman ! Papa ! » appela la petite fille en se précipitant dans les bras de Beckett en pleurant.
-« Qu’est-ce qui se passe Princesse ? » demanda doucement la jeune femme en prenant Sarah dans ses bras. « Pourquoi ces larmes ? »
-« Pou’quoi Papa pas bu’eau ? » hoqueta la fillette en ouvrant de grands yeux.
-« Parce que Papa n’est pas un policier comme Javier, Kevin, Victoria et moi… »
-« Mais Môman… Pô zuste… »
-« Princesse, regarde-moi, » intervint Castle, faisant fi des regards hallucinés de leurs collègues. « Maman a raison. Je ne fais pas parti de la police de New York. »
-« Mais Lesis… »
-« Alexis parle trop des fois mais sache que je n’ai pas besoin de bureau ici pour aider Maman et les Gars. Il ne faut pas en vouloir à Icky… »
-« Castle ! » coupa Gates d’une voix menaçante.
-« D’accord Papa… »
-« Allez, fais-nous un bisou maintenant. Papa et moi devons y aller, » sourit Beckett en séchant définitivement les larmes de Sarah.
Après une série de recommandation et un baiser, Castle guida sa compagne vers l’ascenseur.
Chapitre 111 : Les souvenirs des Matthews
Une demi-heure plus tard, Castle et Beckett rejoignaient le capitaine nouvellement en charge de l’affaire Matthews devant la maison où Sarah avait grandi entourée de ses parents.
-« Détective Beckett, Monsieur Castle, je suis le Capitaine Williams. Votre supérieure, la Capitaine Gates, m’a appelé pour me faire part de votre projet pour la petite de ce couple. »
-« Merci pour votre aide Capitaine Williams. »
-« J’ai cru comprendre que leur fille habitait toujours avec vous deux ? »
-« En effet et nous avons également lancé une procédure d’adoption. Mais, comme a dû vous le dire Gates, nous souhaitons rassembler un maximum de souvenirs de sa famille biologique pour quand elle sera en âge de se poser des questions. »
-« Et c’est une attention charitable. C’est pour ça que nous vous autorisons l’accès à cette maison avant que la ville de New York ne la détruise. Ces monstres ne se sont pas uniquement attaqués aux habitants de cette maison mais aussi à sa structure… »
-« Un peu comme avec le Old Haunt alors ? » demanda Castle.
-« Oui mais en beaucoup plus grave. J’ai cru comprendre que vous aviez reçu l’autorisation des services de la ville pour une réhabilitation ? »
-« Oui et j’ai mandaté un de mes amis architectes qui connaissait l’établissement avant pour une reconstruction à l’identique. »
-« Et je suis persuadé que ce sera aussi magnifique que l’authentique car j’ai cru comprendre que vous ne faisiez jamais les choses à moitié Monsieur Castle, » sourit le Capitaine Williams. « Tenez, voici un casque pour chacun de vous. »
-« Merci beaucoup. »
-« Et si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à faire appel à mes hommes. Deux officiers restent en permanence autour de la demeure pour éviter d’éventuels pillages. Ils ont des casques de sécurité. »
-« Très bien. Nous n’y manquerons pas en cas de besoin, » sourit Beckett en prenant l’objet des mains de Castle.
-« Faites-moi prévenir quand vous avez terminé que je puisse prévenir les services de la ville pour le démolition. »
-« Mais et pour le procès ? »
-« La maison ne tiendra pas plus de quelques mois. Nous avons donc pris énormément de photographies ainsi qu’un film et une reconstruction trois dimensions. Tout comme pour le Old Haunt. A bientôt Détective Beckett, Monsieur Castle. »
-« A bientôt Capitaine Williams et merci pour votre aide. »
Une fois le confrère du Capitaine Gates parti, le couple se regarda et puisa la force nécessaire pour pénétrer dans cette maison où cette petite fille qui avait ravie leurs cœurs avait vécu l’horreur. Ils prirent dans le coffre de leur voiture les cartons qu’ils avaient apportés avec eux. Après avoir salué les deux officiers qui montaient la garde devant la maison, ils pénétrèrent dans la maison où ils furent accueillis par une vision d’horreur.
-« Mon Dieu ! C’est pire que tout ce que j’avais pu imaginer… » murmura Castle en observant la pièce principale. « Quand je pense que Princesse est sortie vivante et en un seule morceau de cet enfer… »
-« Les Gars et Lanie ne nous avaient pas tout dit… » fit Beckett en observant à la pièce avec effroi. « C’est… Ça a dû être un véritable carnage… »
Pourtant habituée aux scènes de crimes, des larmes montèrent aux yeux de la jeune femme en découvrant l’ampleur des dégâts mais surtout les traces de sang qui recouvraient quasiment l’ensemble du sol et une partie des murs.
-« C’est un véritable miracle que Sarah s’en soit sortie vivante… » souffla-t-elle la gorge nouée.
-« Tu as raison… » répondit Castle alors qu’il visualisait la petite fille au milieu de ce carnage en train d’essayer de faire réagir ses parents déjà décédés. « Essayons de trouver ces trésors qui seront précieux pour elle et quittons ce lieu au plus vite, d’accord ? »
-« Oui ! Je ne veux qu’une chose et c’est serrer notre Princesse dans mes bras ! »
-« Je suis d’accord avec toi sur ce sujet. Il me tarde vraiment de retrouver notre petit Sarah ! » dit Castle en entourant les bras de la jeune femme. « Allez, essayons de rassembler ce qui n’a pas été détruit. »
Pendant plus d’une heure, le couple s’affaira en silence mais tout ce qu’ils trouvaient était fortement endommagé. Le découragement commençait à se faire sentir et Beckett poussa un cri de frustration en donnant un coup de pied dans les fracas de ce qui avait été une bibliothèque.
-« Mais ce n’est pas possible ! Ils ont été pires que des bulldozers ! »
-« Kate ! Regarde ! » s’exclama alors Castle en regardant aux pieds de Beckett avec émerveillement. « Ce n’est pas une boite que l’on voit là ? »
-« Mais si, tu as raison ! » répondit la jeune femme en reprenant espoir.
Le couple s’agenouilla alors et dégagea avec précaution la boite qu’il venait d’apercevoir. Après quelques minutes d’efforts, Castle prit l’objet et fit une grimace en la soulevant.
-« Qu’est-ce qu’il y a ? »
-« Elle doit peser pas loin d’une tonne, » ironisa l’écrivain en la portant au milieu de la pièce.
-« Oh regarde ! Il y en a une autre. Je vais la prendre et l’apporter à côté de la première, » sourit Beckett en se penchant vers la précieuse caisse.
-« Kate fait attention ! La première pesait vraiment lourd… » s’inquiéta Castle alors qu’il voyait sa fiancée faire un effort important pour venir le rejoindre.
-« Ne t'en... Fais pas !... Ça va aller ! » haleta la jeune femme avant de déposer la boite à côté de la première. « A ton avis, il y a quoi dedans ? »
-« Nous n’en saurons rien avant de les avoir ouverte, » sourit Castle en soulevant le couvercle de la première. « Kate, regarde ! On dirait que ta Maman n’a pas été la seule à avoir eu cette merveilleuse idée de transmission… »
Avec précaution, le couple sortit l’ensemble des effets contenus dans la première boite.
-« C’est une véritable mine de trésors ! Exactement ce qu’on cherchait ! Regarde ! Ce sont tous leurs souvenirs depuis leurs rencontres jusqu’à leur mariage ! Il y a même la petite robe blanche toute simple ainsi que le pantalon et la chemise qui apparaissent sur les quelques photos de leur mariage ! »
-« Il faut absolument conserver tout ça précieusement pour notre Princesse ! Et puis on pourrait lui faire un petit pêle-mêle dans sa chambre avec des copies des photos de ses parents, tu ne crois pas ? »
-« C’est une excellente idée Kate ! J’aimerai aussi rencontrer des personnes qui ont connu ses parents pour lui écrire l’histoire de ses parents et de sa naissance… »
-« Je t’aime, » sourit Beckett en l’embrassant doucement.
Ils remirent l’ensemble des précieux objets dans la première boite avant de la refermer et d’ouvrir la seconde qui renfermait tout ce qui concernait Sarah depuis la découverte de la grossesse de sa mère jusqu’à quelques semaines avant le massacre dont ils avaient été victimes…
-« C’est vraiment précieux ! Regarde ! Il y a même le faire-part de naissance de la petite ! Et quelle minutie dans sa réalisation ! »
-« C’est d’une tout beauté en effet, » renchérit Castle. « On y voit tout l’amour de ces parents pour leur bébé ! Il a beaucoup plus de charme que celui que Meredith avait exigé pour Alexis… »
-« Je suis persuadée que le faire-part d’Alexis avait ce petit quelque chose qui montrait que Meredith et toi étiez fous de joie d’accueillir ce petit être ! »
-« Tu es adorable, » sourit l’écrivain ému par les paroles de la jeune femme. « En tout cas, je pense que nous avons réuni en une seule fois tout ce que nous voulions, non ? »
-« Oui… » réfléchit Beckett.
-« A quoi tu penses encore ? »
-« A ton avis, tu penses qu’on pourra récupérer les alliances et la bague de fiançailles de Matthews pour Sarah ? »
-« C’est une excellente idée ! Elles doivent être dans les effets personnels du couple à la morgue… On va demander à Gates. Je suis sûr qu’elle nous aidera à les récupérer… »
-« Merci Rick. Allez, rangeons tout ça et retournons voir notre fille… J’ai vraiment besoin de la prendre dans mes bras… »
-« Je vais demander aux officiers de venir nous aider à porter les boites. Car mon ventre me tire et je suis persuadé que ton épaule te fait également souffrir, je me trompe ? »
-« Non, » avoua Beckett en baissant la tête.
-« Ne t’en fait pas, j’ai pris des cachets au cas où et ils sont dans la voiture. »
Un peu plus d’une demi-heure plus tard, ils se garaient au poste de police.
Chapitre 112 : La tornade Sarah
Lorsque Beckett et Castle arrivèrent au 4èmeétage du commissariat du 12ème, ils furent surpris par le silence qui y régnait. En effet, tous ceux qui avaient à parler le faisait à voix basse. Ils se regardèrent et avancèrent doucement vers Ryan et Esposito.
-« Hey ! Salut les Gars ! » s’exclama l’écrivain avec un sourire en voyant le duo concentré sur de la paperasse à leur bureau.
-« Shh ! » lui intima le latino en faisant de gros yeux. « Sarah dort… Enfin ! »
-« Qu’entends-tu par-là ? » demanda la jeune femme en fronçant les sourcils. « Et où est Princesse ? »
-« Votre fille, » commença l’irlandais en insistant sur le mot ‘fille’. « Dort sur le fauteuil de Papa recouverte par le manteau de Baby Javi… »
-« Ryan ! » râla Esposito.
-« Shh ! » firent plusieurs personnes dans la pièce.
Le couple échangea un regard avant que Castle ne pose la question qui lui brûlait les lèvres.
-« Ok, qu’a fait Sarah pour que vous ayez tous peur qu’elle se réveille ? »
-« Regardez un peu plus attentivement autour de vous… En premier ton bureau Beckett, en second le tableau, ensuite la salle de repos et pour finir le bureau de Gates… Une vraie tornade F5 ! Heureusement qu’elle n’a que deux ans car ça aurait viré au cyclone de deuxième catégorie au moins ! »
Le couple échangea un froncement de sourcils avant de reporter son attention sur le bureau de la jeune femme et d’écarquiller des yeux.
-« Oh, rassurez-vous, Princesse a joué avec les petits jouets que vous lui aviez apporté mais, à un moment, elle a dû se lasser car elle a fini par les abandonner pour tes éléphants ! » expliqua Esposito. « D’ailleurs je te souhaite bon courage pour tous les retrouver car on n’a pas réussi à remettre la main sur un ou deux avec Ryan… »
-« Quand je pense que, si je les touche moi, j’ai le droit à un véritable regard assassin ! » sourit Castle avant de continuer en voyant Beckett le fusiller du regard. « Voilà ! Un peu comme celui-là ! »
Sans ajouter un mot, la jeune femme tourna le dos à son fiancé et s’assit à son bureau. Elle laissa courir ses mains sur son sous-main qui était maintenant décoré par des dessins de Sarah. Puis elle observa le papier qui reposait tout en haut de la pile des documents prêts à classer.
-« Oh c’est pas vrai ! Il va falloir que je recopie combien de dossiers ? » demanda la jeune femme en se tournant vers les Gars.
-« On a réussi à limiter les dégâts à uniquement celui-là… » répondit Ryan. « Et le sous-main bien sûr… »
Beckett prit alors le dossier sur lequel Sarah avait contentieusement appliqué différentes couleurs un peu partout sur les pages.
-« Eh bien on ne peut pas dire qu’elle n’aime pas les couleurs… » soupira la jeune femme en regardant la petite forme endormie à côté de son bureau. « Comment jeter deux bonnes heures de paperasse à la poubelle… »
C’est alors qu’elle entendit Castle gémir à côté d’elle, le regard fixé sur quelque chose que son dos lui cachait encore…
-« Ok… Quoi encore ?... Qu’est-ce que tu regardes Rick ? »
-« Les œuvres de Sarah sur le tableau blanc réservé habituellement aux crimes… »
-« Quoi ?! » s’étonna Beckett en se levant pour se placer à côté de lui. « Oh mon Dieu ! Ce n’est pas possible… Je… Je lui avais pourtant dit d’être sage ! »
-« Elle doit être aussi ‘Diablotine’ que sa mère à son âge… »
-« Rick ! » s’exclama la jeune femme en sentant ses petits cheveux à la base de son coup se dresser. « Si tu continues, je ne vais pas respecter notre marché… Chaton… »
Sur ce, Beckett se saisit au tac-o-tac du nez de son fiancé entre deux doigts et serra contentieusement jusqu’à ce que Castle ne se torde en essayant de lui échapper.
-« Apple ! Apple ! » s’exclama l’écrivain.
-« Et après, Papa et Maman se demande pourquoi leur fille est une vraie chipie… » souffla Esposito à l’oreille de Ryan.
-« Bon et sinon ? Comment Sarah a fait pour trouver les feutres qui fonctionnent sur le tableau ? » demanda Castle en changeant de sujet et se frottant le nez.
-« On pense qu’elle nous a observé pendant que nous le remplissions et a profité d’un moment d’inattention de notre part pour jouer avec… Ça aurait pu être pire mais l’essentiel de nos données étaient en hauteur. »
-« Nous sommes cependant obligé de conserver quelques graffitis de cette jeune demoiselle car ils recouvrent certaines de nos pistes… »
-« Vous auriez pu tout effacer et les recopier, » s’étonna Beckett.
-« En fait, on s’est dit que ce serait rigolo que vous voyez l’œuvre de votre petite chipie ! » sourit Esposito. « D’ailleurs, si vous voulez voir ses autres œuvres, je vous conseille la salle de repos… »
-« Qu’est-ce qu’elle a encore fait ? » soupira Beckett ayant peur de découvrir d’autres catastrophes.
-« Si elle est aussi inventive que sa Maman au même âge… » sourit Castle avant de poursuivre en voyant le regard interrogateur de sa compagne. « Bah écoute, ton surnom laisse présager une certaine dose d’espièglerie… »
-« Richard Castle ! » gronda Beckett en le suivant jusqu’à la salle de repos.
-« Oh mon dieu ! Alexis ne m’a jamais fait ça ! » s’exclama l’écrivain en découvrant le chantier qui régnait dans la pièce.
-« Chaque enfant est différent mais là… Avec Sarah… Je pense qu’on n’a pas fini… » soupira la jeune femme en se cachant les yeux à l’aide de sa main. « Les Gars, vous pouvez m’expliquer ? »
-« Eh bien, d’après ce qu’on a cru comprendre avec Ryan, il semblerait que Sarah ait décidé de se faire une cabane avec l’aide d’un ou deux officiers… Sauf qu’elle a piqué, enfin je veux dire ‘emprunté’ tous les manteaux des personnes présentes à l’étage à par le mien qui était au vestiaire. »
-« Jusque-là je ne vois pas le problème mais pourquoi Karpowski revient-elle de l’extérieur seulement vêtue de son pull et de son écharpe ? » demanda Beckett en fronçant les sourcils en voyant sa collègue arriver frigorifiée.
-« Parce que ce petit monstre a refusé qu’on récupère nos biens ! » lança mécontente Karpowski en entrant dans la salle de repos pour se faire un café bien chaud. « Sérieusement, vous êtes sûrs qu’elle n’est pas de vous ? Non parce que dans le genre ‘je suis hyper douée pour foutre le bordel’, je voudrais ce petit monstre qui dort enfin ! »
-« Comment ça ? » osa demander Castle mal à l’aise par le comportement de Sarah.
-« Et bien après s’être installée avec tous les jouets que vous aviez apporté pour qu’elle s’occupe, cette petite demoiselle a juste refusé qu’on approche de son domaine et encore moins qu’on récupère un quelconque manteau… »
-« Et par quel moyen vous l’a-t-elle fait savoir ? » demanda Beckett ayant peur de la réponse.
-« En nous hurlant dessus ! Mes tympans s’en souviennent encore ! » répondit Karpowski assez sèchement.
-« Et encore, vous n’avez pas encore vu mon bureau, » intervint Gates derrière eux. « Je pense qu’elle a voulu se venger parce que Maman n’a pas un aussi beau bureau que moi mais surtout parce que Papa n’a pas de bureau du tout… »
-« Oh mon Dieu ! Qu’est-ce qu’elle a encore fait ? » soupira Beckett découragée par avance.
-« Suivez-moi et vous verrez… C’est magnifique… »
Lorsque Castle et Beckett pénétrèrent à la suite de Gates dans son bureau, ils se figèrent en découvrant la scène. En effet, il était clair que Sarah avait commencé à vider plusieurs tiroirs derrière le siège de la Capitaine en étalant leur contenu autour d’elle un peu comme elle l’avait fait avec les livres de Beckett de jour du déménagement. Mais cela n’était rien comparé à ce qui attira le plus leurs regards… Tout un pan de mur à la hauteur de la fillette avait été entièrement barbouillé de magnifiques dessins colorés
-« C’est pas possible… » marmonna la jeune maman. « Pince-moi que je me réveille Rick… Pitié ! »
-« Malheureusement vous ne rêvez pas Détective Beckett ! »
La jeune femme déglutit avec difficulté sans détourner ses yeux des dégâts causés par leur fille…
-« Ça fait combien de temps que Sarah dort maintenant ? » demanda Castle en jetant un coup d’œil sur le fauteuil qu’il avait pour habitude d’utiliser et où la fillette dormait profondément, roulée en boule sous le manteau d’Esposito.
-« Un peu plus de deux heures maintenant, pourquoi ? »
-« Parce que nous avons quelques petites choses à lui dire… » fit Beckett en se dirigeant d’un pas décidé vers son bureau aussitôt suivie de l’écrivain.
Chapitre 113 : Disputée
Sous les regards de tous, le couple s’agenouilla devant le fauteuil et commença à réveiller doucement la fillette.
-« Môman ? » appela la voix encore endormie de Sarah. « Revenus ? »
-« Oui Sarah, ainsi que Papa, » répondit Beckett le visage fermé. « Alors, tu as été sage comme Papa et moi te l’avions demandé ? »
-« Vi, » répondit Sarah en s’asseyant et se frottant les yeux pour faire disparaitre toute trace de sommeil.
-« En es-tu sûre ? » intervint Castle.
-« Euh… Vi ? » tenta la fillette sentant bien que quelque chose n’allait pas. »
-« Donc tu n’es pas à l’origine de la tornade F5 qui a traversé le 4èmeétage du poste de police ? » demanda l’écrivain en fixant la petite qui se retourna vers Beckett.
-« Mon bureau, mes éléphants, le tableau de travail de Maman, d’Oncle Javi et d’oncle Kevin, la salle de repos et le bureau de Gates par exemple ? » expliqua Beckett.
-« Gates ? » demanda Sarah en fronçant les sourcils.
-« Victoria… »
-« Oh… » marmonna la petite en faisant un immense sourire. « Moi bien zouer ! »
-« Sarah ! » la réprimanda Beckett.
-« Bah vi… Moi bien zouer… » fit la fillette en regardant ses parents avec une légère inquiétude dans les yeux.
-« Sarah Matthews ! Il y a une grande différence entre jouer sagement avec ce que Maman et Papa ont apporté pour toi et transformer le poste de police en véritable chantier ! »
La lèvre inférieure de la fillette se mit à trembler et ses yeux s’humidifièrent.
-« Ce n’est pas parce que Papa et moi n’étions pas là que tu avais le droit de faire ça ! Qu’est-ce que Papa et moi t’avions expliqué avant de partir ? »
-« Pas bêtises… » murmura Sarah en baissant la tête.
-« Et tu appelles ça comment toi quand tu dessines sur les dossiers ou sur les murs, quand tu fais disparaître les éléphants de Maman, quand tu vides les tiroirs de Victoria ou encore quand tu transformes la salle de repos en champs de bataille ? Moi je trouve que ce sont de grosses bêtises tout ça ! Surtout pour une petite fille qui a promis d’être sage ! » gronda Beckett.
-« Plus Princesse, » sanglota Sarah en regardant sa Maman en tentant par tous les moyens de retenir encore ses larmes.
-« Sarah, avec Papa, nous t’aimons vraiment beaucoup mais nous ne sommes pas du tout d’accord avec ce qui s’est passé ici en notre absence ! Princesse c’est uniquement quand tu es sage ! Là, nous sommes en colère et il va falloir que tu répares un minimum tes bêtises… »
Sarah se tourna alors vers Castle en quête d’informations allant dans l’autre sens mais elle découvrit que le visage de son Papa était aussi fermé que celui qu’elle venait de quitter des yeux…
-« Je suis absolument d’accord avec Maman Sarah. Ce que tu as fait ici sous prétexte de jouer n’est pas acceptable et il va te falloir réparer comme tu l’as dit Maman. »
La fillette ne put alors plus retenir ses larmes et s’accrocha à son doudou aussi fort qu’elle le put avant de regarder tour à tour ses parents.
-« ‘paré ? » sanglota Sarah en dégageant une mèche de cheveux de ses yeux déjà rougis.
-« Il y a du travail à faire d’après ce que nous avons vu avec Maman… Et si tu commençais par rendre les deux éléphants de Maman qui ont disparu ? » proposa Castle.
Sarah baissa alors sa tête et enfouit sa petite main dans la poche de sa robe pour en sortir le plus petit éléphant de la collection de Beckett.
-« Tiens Môman… » sanglota la fillette en ouvrant sa petite paume pour dévoiler son trésor.
-« Et où est son grand frère ? » demanda Beckett en récupérant son bien et le redéposant à sa place comme elle le faisait quand Castle jouait avec.
Sarah descendit tant bien que mal du fauteuil, confia son doudou à sa Maman avant de partir en courant vers la salle de repos. Elle revint quelques minutes plus tard en courant et tendit le second éléphant à Beckett en baissant la tête. La jeune femme s’en saisit avant de glisser un doigt sous le menton de la fillette pour lui relever le regard.
-« Merci Sarah mais ce n’est pas terminé. Il faut aller ranger la salle de repos maintenant et ensuite rendre tous les manteaux que tu as empruntés à mes collègues. Nous sommes bien d’accord ? »
-« Vi Maman… » marmonna la fillette au travers de ses larmes.
-« Bon et maintenant, si on allait dans la salle de repos pour que tu remettes tous tes jouets dans le sac prévu à cet effet ? »
-« D’accord… » répondit Sarah en prenant les mains de ses parents dans les siennes et en les guidant vers ladite pièce.
Une fois parvenus à destination, la fillette se glissa dans sa ‘cabane’ et commença à mettre ses jouets un à un dans le sac prévu à cet effet pendant que Beckett rassemblaient les œuvres sur papier de la petite pour nettoyer la table sur laquelle du feutre avait débordé. De son côté, Castle empilait les manteaux un à un sur le canapé mais il empêcha Karpowski de récupérer son bien.
-« Parce qu’après la fille, c’est le père qui ne veut pas me rendre mon manteau ? »
-« Tu comptes sortir maintenant ? » demanda Castle avant de voir la jeune femme hocher négativement la tête. « Alors Sarah te le rapportera en personne et te fera un bisou pour s’excuser. N’est-ce pas jeune fille ? »
-« D’accord Papa… » répondit la fillette en baissant la tête comprenant bien que la punition n’était pas encore terminée.
Au moment où Sarah sortait de sous sa cachette en tirant son sac plein de jouets, Beckett se tourna vers elle.
-« Tu n’as pas chômé dis-moi en moins de deux heures réveillée… Que dirais-tu d’offrir également un dessin à chaque personne à qui tu as ‘emprunté’ un manteau ? »
-« Oh oui ! » s’exclama Sarah en reprenant un peu vie, essuyant son nez rouge et ses yeux.
-« Très bien ! Passons à la distribution ! Sarah, choisis un dessin et viens me rejoindre s’il te plait. » demanda Castle avant de poursuivre à la cantonade une fois la fillette à côté de lui. « A qui est ce manteau ? »
Un officier dans le fond leva la main en s’approchant pour récupérer son bien.
-« Si vous permettez Officier Cruz, c’est à Sarah de se déplacer car c’est elle qui a fait une bêtise, » intervint Castle en déposant le manteau dans les bras de la fillette de manière à ce qu’il ne traine pas parterre. « Allez ! File et n’oublie pas le bisou ! »
Arrivé au manteau de Karpowski, le couple fut surpris de voir l’inspectrice fondre devant le dessin de la petite et encore plus sous le tendre bisou de l’enfant.
-« Pa’don… »
-« Excuses acceptées. Tu es une belle petite fille tu sais… »
Tout se passa bien jusqu’à ce que Sarah se retrouve devant l’inspecteur Keeler. Impressionnée par sa carrure et sa barbe, la fillette se figea à quelques pas de l’homme et jeta un coup d’œil inquiet en direction de ses parents.
-« Il ne te mangera pas tu sais, » insista Beckett.
Comprenant que la fillette était intimidée, Keeler se mit à sa hauteur et tendit une main bienveillante vers elle. Tout doucement, elle combla la distance et l’homme put récupérer son manteau et le dessin de l’enfant. Mais elle grimaça à l’idée de lui faire un bisou.
-« Sarah ! »
La fillette déglutit et approcha timidement ses lèvres de la joue. Cependant, à peine ses lèvres avaient-elle frôlé les poils de la barbe de Keeler qu’elle fit demi-tour et partir en courant. Mais la voix de Castle et le regard noir de Beckett la stoppèrent net.
-« Ce n’est pas ce que j’appelle un bisou Sarah ! Allez ! Retournes-y et fais lui un ‘vrai‘ bisou ! »
La fillette se retourna vers Keeler, embrassa sa main et lui envoya un baiser avant de se retourner fière d’elle vers ses parents.
-« A y est ! »
-« Sarah Matthews ! » dit Beckett de sa voix digne de faire trembler les suspects les plus durs en salle d’interrogatoire.
-« Bon… D’accord… » soupira la fillette en retournant sur ses pas et en faisant un vrai bisou à l’inspecteur Keeler. « Toi piquer… »
-« J’essayerai de moins piquer la prochaine fois, promis, » sourit le détective ému. « Et merci pour mon manteau et ce beau dessin ! Regarde, je vais le mettre dans mon sous-main pour pouvoir le regarder quand j’en ai envie. »
Sarah l’observa ranger son dessin avec un petit sourire timide et revint vers ses parents. Il ne restait plus que trois manteaux à rendre, Beckett ayant récupéré celui d’Esposito au passage. Ryan eut le droit à un immense câlin de la petite puis vint le tour du latino.
-« Pour toi Baby Javi. Dessin beau hein ? »
-« Magnifique Sarah, magnifique ! Et merci pour mon manteau aussi. »
Sarah fit un gros bisou à Esposito avant de revenir pour le dernier manteau.
-« Je pense que tu sais qui il te reste à faire, n’est-ce pas ? » demanda Castle en déposant le dernier manteau dans les bras de la petite. « Par contre il n’y a plus de dessin… »
-« Ce n’est pas grave ! Mon pan de mur est suffisamment grand, » ironisa Gates en voyant le petite approcher timidement.
-« Pa’don Granny, » fit Sarah en carrant ses épaules bien droite et en relevant vaillamment son petit visage pour faire face à Gates.
Surprise et ne sachant pas quoi faire, la Capitaine observa la fillette avant de relever un regard interrogatif vers une Beckett figée. La jeune femme réfléchissait à vivre allure en fixant un point derrière la métisse.
-« Respire Kate, respire… » souffla Castle en se mordant l’intérieur des joues pour ne pas rire.
Comme un électrochoc, la phrase de l’écrivain eut le mérite de permettre à la jeune femme de prendre une décision et d’hocher affirmativement la tête à l’attention de Gates qui lui rendit son sourire.
-« Merci Sarah mais maintenant j’aimerai que tu m’aides à ranger mes tiroirs vu que tu es en grande partie responsable du bazar qui règne dans mon bureau ! »
-« D’accord Granny, » sourit Sarah en glissant sa main dans celle de la Capitaine.
Pendant près d’une demi-heure, Sarah passa les documents à Gates qui les rangea dans les tiroirs de son bureau.
-« Bon et si maintenant tu allais faire un gros câlin à Papa et à Maman pour leur demander pardon ? » proposa Granny une fois leur tâche terminée.
Elle sourit en voyant la fillette se précipiter vers ses parents après lui avoir fait un bisou. Quelques minutes plus tard, la petite famille reprit la direction du loft.
Chapitre 114 : Un départ mouvementé
Après l’épisode du poste de police, la famille se lança à fond dans l’organisation du mariage et le temps passa à toute vitesse. Deux semaines et demie plus tard, en ce mercredi 14 décembre 2011, ils préparaient le grand départ pour les Hampton. Castle avait décidé de louer une petite camionnette afin de transporter tout ce qui leur serait nécessaire sur place.
-« Rick ! Tu as mis où la malle pour mes affaires et celles des filles pour le mariage ? » appela Beckett depuis la chambre d’Alexis.
-« Je vous l’ai déposée devant la porte Kate ! C’est tout ce qu’il reste à faire ou bien je dois encore faire attendre un peu les déménageurs ? »
-« Vas-y ! Donne le feu vert ! Alexis et moi devrions avoir terminé d’ici à une dizaine de minutes. Par contre, je ne vais pas avoir le temps de préparer le pique-nique pour tout le monde… Tu veux bien t’en occuper s’il te plait ? »
-« Ça marche ! » sourit Castle en se dirigeant vers les déménageurs avant de se retourner. « Au fait, à quelle heure Jim et Mère doivent-ils revenir avec Sarah ? »
-« A midi, pourquoi ? »
-« Parce qu’il est déjà midi vingt ! Je les appelle pour savoir où ils en sont exactement. Je ne voudrai pas qu’on arrive et qu’on ait le temps de rien avant la nuit ! »
-« Ok, merci Rick ! » lança Beckett avant de se tourner vers Alexis. « Bon ! Soyons efficaces… Tu as une idée de comment tout faire rentrer dans une seule et unique malle ? »
-« Ne t’en fais pas Maman, j’ai prévu l’outil indispensable pour préparer des vêtements volumineux aux voyages… » sourit Alexis avec un fin sourire.
-« A savoir ? »
-« L’aspirateur ! »
-« Tu te moques de moi ? »
-« Non et je vais te le prouver, » répondit Alexis en joignant le geste à la parole. « Ce sont des housses spéciales et, quand tu branches un aspirateur ici, ça te permet de faire disparaitre l’air qui fait que le vêtement est si volumineux et ainsi gagner toute la place nécessaire ! »
-« C’est génial ! » s’exclama Beckett n’en revenant pas. « Grâce à ton ingénieux système nous allons pouvoir tout ranger sans problème ! »
Et en effet, on moins d’un quart d’heure, toutes les précieuses étoffes avait pris place dans la malle. Juste avant de la fermer à clé, la future mariée y déposa soigneusement deux petits écrins de velours noirs.
-« Qu’est-ce que c’est ? » demanda Alexis curieuse.
-« L’alliance de ton père et mon cadeau pour lui à l’occasion de notre mariage… »
-« Vous avez repris la tradition du cadeau entre mariés ? C’est trop mignon ! »
-« Et aucun de nous ne sait ce que l’autre cache précieusement… » sourit Beckett en glissant la clé de la malle à sa chaine qui retenait la bague de sa mère. « Rick ! Quand les déménageurs reviendront, tu pourras leur dire que la dernière malle est prête ! »
-« D’accord ! Oh ! Et Sarah est de retour ! »
-« On arrive ! »
Beckett et Alexis rejoignirent donc Castle, Sarah, Jim et Martha dans la cuisine. Pendant ce temps les déménageurs finissaient de charger le camion.
-« Vous êtes vraiment sûrs que vous souhaitez prendre la route sur l’heure du déjeuner ? » s’inquiéta Jim pour la énième fois.
-« Papa, nous t’avons déjà expliqué que c’est la meilleure heure pour prendre la route ! Une fois son repas avalé, Sarah fera sa sieste dans son siège-auto et ne verra pas les deux bonnes heures de route passer. »
-« Et puis, le fait d’arriver en milieu d’après-midi, nous permettra de nous installer tranquillement et d’aller faire les premières courses. Ensuite, il nous restera deux jours pour décorer la maison et préparer votre arrivée à tous ! »
-« Tu sais très bien Rick que nous nous ferions un honneur de vous aider, ne serait-ce que pour le sapin et les décorations de Noël… »
-« J’en suis parfaitement conscient Jim mais, comme nous avons fait le choix de ne pas décorer le loft du fait des travaux qui vont avoir lieu en notre absence… Kate et moi voulons le faire en famille… Juste nous quatre, avec les filles… »
-« Mais nous respecterons la tradition de Maman à savoir que nous avons demandé à chacune des personnes présentes à Noël de venir avec une décoration de chez lui pour faire un véritable sapin familiale… »
-« Merci ma Katie de faire perdurer les traditions instaurées par ta mère… » sourit Jim ému.
-« Au fait Papa, en plus de ta décoration, j’aimerai que tu apportes celle que Maman préférait… Comme ça elle sera un peu avec nous même si nous n’allons pas la visiter le matin de Noël… » fit Beckett la gorge nouée.
-« Elle est déjà prête ma Katie… »
-« Monsieur Castle ? » intervint l’un des déménageurs. « Le camion est chargé et nous sommes prêts à partir. »
-« Si vous permettrez, nous allons dire au revoir à notre famille puis nous installer dans la voiture pour vous suivre. »
-« Très bien Monsieur, nous vous attendons en bas. »
-« Un instant, » les retint Beckett. « Une fois sortis de la ville et des embouteillages, nous voudrions nous arrêter pour pique-niquer. Nous avons fait en sorte d’avoir suffisamment à manger pour vous deux également donc vous êtes les bienvenus. »
-« Très bien Madame, nous vous suivrons sans problème mais, étant donné que nous devons revenir sur New York ce soir après avoir déchargé, il ne faudrait pas que cet arrêt excèdent trente minutes… Cela vous convient-il ? »
-« Parfait alors à tout de suite. »
Les déménageurs disparurent aussi discrètement qu’ils étaient venus laissant à la famille le temps se dire au revoir.
-« Mère, par pitié, peux-tu me faire le plaisir de ne pas organiser de fête pendant les deux jours et demi où tu vas être seule au loft ? » implora Castle en regardant sa mère.
-« Je ne risque pas Richard puisque je rejoins Alex dès ce soir ! Les travaux de jonction de l’étage commencent demain à la première heure ! »
-« Tu embrasseras Père pour moi, d’accord ? Et je ne veux pas vous voir arriver à la maison avant le milieu d’après-midi au mieux ! Je l’ai trouvé plutôt fatigué l’autre jour… Prends bien soin de lui. »
-« Tant que tu prends soin de Kate et des filles, moi ça me va, » répondit Martha au tac-o-tac. « Et ne t’en fais pas pour ton père, je vais prendre bien soin de lui. Allez maintenant filez ! »
Après avoir dit au revoir à Gramps et Grand-Mère, la petite famille monta en voiture et ouvrit la voie devant le camion de déménagement. Près d’une heure passa et la faim se faisait sentir dans l’habitacle de la voiture.
-« Môman ? Quand arriver ? »
-« Pas tout de suite ma Princesse. On va s’arrêter pour manger puis tu vas faire ta sieste et, quand tu te réveilleras, nous serons arrivés, » expliqua Beckett en se tournant pour voir la fillette contentieusement sanglée dans son siège-auto.
-« Faim moi ! » bougonna Sarah en se tenant le ventre.
-« Ça ne devrait plus tarder jeune fille, » sourit Castle. « Les bouchons sont derrière nous et je cherche une aire sympa avec des jeux pour toi pour nous arrêter. »
-« Oh Rick, je crois me souvenir que, du côté de Jericho, il y a une zone de pique-nique aménagée pour les familles… Nous nous y rendions quand Maman… » commença Beckett avant de déglutir. « Quand Maman était toujours vivante… On devrait s’y arrêter. »
-« Tu es sûre ? » demanda Castle en posant une main réconfortante sur la cuisse de sa fiancée.
-« Certaine ! On adorait ce lieu et je suis persuadée que les filles y seront à leur aise. »
-« Très bien, alors guide-moi, » sourit l’écrivain avant de se mettre à suivre les indications de la jeune femme.
L’aire de pique-nique était vraiment faite pour les familles et Castle fut surpris de ne pas la connaitre.
-« C’est normal Rick, » sourit Beckett en installant le pique-nique sur la table et faisant signe aux déménageurs de les rejoindre. « Un jour j’ai demandé à Maman pourquoi il n’y avait jamais grand monde ici et elle m’a expliqué que cet endroit n’était marqué dans aucun guide et que les gens y venaient soit guidé par un connaisseur soit par hasard mais y revenait toujours ensuite. Elle disait que c’était un lieu magique, un air de vacances avant l’heure… »
-« Et elle avait parfaitement raison Kate. Messieurs, je vous demanderai de ne pas ébruiter ce lieu à vos collègues, s’il vous plait… Je ne voudrai pas le voir envahi de camions… »
-« C’est un lieu qui restera familiale Monsieur Castle, je peux vous l’assurer. C’est un genre de lieu privilégié qu’il faut préserver. Par contre, je le ferai découvrir à ma famille dès les beaux jours revenus. »
Le repas se fit dans la joie et la bonne humeur, Sarah faisant quelques pitreries avant d’aller avec Alexis jouer sur l’aire de jeux. Une fois la fillette bien dégourdie, ils reprirent la route et Morphée vint l’envelopper de ses bras bienveillants. Pendant tout le reste du trajet, les trois adultes discutèrent des projets d’études de la rouquine.
-« Plus que quelques mètres et nous y sommes, » dit soudain Castle ce qui amena Beckett à regarder par la fenêtre.
-« Oh mon Dieu ! Rick ! C’est superbe ! Je… Je… Wow ! » balbutia la jeune femme en ouvrant de grands yeux alors que Rick se garait. « Mais il y a combien de pièces ? »
-« Rien qu’à l’étage il y a dix chambres, chacune ayant une salle de bain privée, mais la plus belle reste celle de Papa et la tienne maintenant, » sourit Alexis en observant Beckett avec attention. « Et au rez-de-chaussée il y a un grand salon-salle à manger et un bureau, tous les deux équipés d’une cheminée, une grande et lumineuse cuisine, une arrière cuisine et une buanderie. »
-« Rien que ça ! Et vous avez une carte pour que je me repère ? » sourit Beckett en ne quittant pas la maison du regard.
-« Il y a aussi une salle de jeux… Celle que Papa avait aménagé pour moi quand j’étais petite fille. J’en connais une qui sera ravie de la découvrir ! »
-« Tu ne fais jamais les choses à moitié hein Rick ? » sourit la jeune femme en se penchant pour embrasser doucement son fiancé. « Je t’aime… »

Je tiens à préciser que le chapitre suivant contient un passage explicite plus connu sous le nom de NC-17. Le contenu pourrait donc choquer les plus jeunes.
Par avance merci de respecter cet avertissement si nécessaire.