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Série : Castle
Création : 11.12.2011 à 14h45
Auteur : Lilou004
Statut : Abandonnée
« Une histoire Caskett où Beckett ne ressemble pas vraiment à la Beckett de la série... » Lilou004
Cette fanfic compte déjà 188 paragraphes
Chapitre 163 : Le départ (partie 1)
Il était un peu plus de neuf heures quand la porte de la chambre parentale s'ouvrit sur Sarah et Alexis qui portait un plateau chargé de victuailles. Sans bruit, elles s'approchèrent et la rouquine déposa sa charge sur le sol à côté du lit avant d'aider sa petite sœur à grimper sur le lit. A peine dessus, la fillette passa par dessus sa mère et la poussa pour se mettre tout contre son père, réveillant par la même occasion les deux principaux intéressés.
-« Princesse ! Je t'avais dit de faire doucement ! » soupira Alexis.
-« Mais moi câlin Papa ! » répondit la fillette en boudant. « Pas Maman, Maman rester elle... »
-« Ce n'était pas une raison pour faire ce que tu as fait Sarah... »
-« Laisse Alexis, » sourit Beckett en s'étirant et en s'asseyant pour faire plus de place au père et à leur fille. « Mais dites-moi, qu'est-ce que vous nous avez préparé de bon ? »
-« P'tit dézeuner fam'ale, » répondit fièrement la plus jeune des Castle. « Montrer Lesis ! Moi aider ! »
-« C'est magnifique mes chéries ! Et ça sent rudement bon ! A votre avis, ça va finir par réveiller tout à fait votre père ou pas ? »
-« Moi p'opose tatouille ! » fit joyeusement Sarah en se retournant pour faire face à son père et s'attaquer à son flan exposé.
-« Oh mais c'est une excellente idée ça Princesse, » sourit Beckett en se joignant à elle bientôt suivie par Alexis.
- »Apple ! Apple ! » s'écria Castle en se contorsionnant pour tenter d'échapper au triple assaut. « Je suis réveillé, regardez ! »
Sans plus attendre, il se redressa et sauta du lit, se prenant au passage les pieds dans le drap et s'étalant de tout son long sur le sol ce qui déclencha l’hilarité générale.
-« Aïe... » se lamenta-t-il. « Vous êtes dure avec moi... Je ne suis qu'un pauvre petit être malaimé... »
-« Malaimé ? Et donc c'est parce que tu es malaimé que notre fille m'a viré de tes bras pour prendre ma place ? Et qu'Alexis a préparé avec Sarah un petit déjeuner familiale pour qu'on passe un maximum de temps ensemble ? Non mais je rêve là ! » s’exclama Beckett en roulant des yeux. « Allez, grimpe sur ce lit avec nous et profitons de ce moment en famille autant que faire se peut. »
Après un dernier regard à ses trois femmes sur le lit, Castle les rejoint et Sarah vint automatiquement se blottir dans ses bras, prenant la meilleure des places sur ses genoux.
-« Je suis très flatté de ta proximité Princesse mais tu es consciente que Maman et Alexis vont aussi me manquer ? » sourit tendrement l’écrivain en caressant les boucles brunes de l’enfant.
-« Oh… Moi partir ? » fit tristement Sarah.
-« Non, tu peux rester mais il faut que tu laisses un peu de place au reste de la famille. Je veux pouvoir profiter de vous trois pareil, tu comprends ? »
-« Vi. Pa’don Maman, pa’don Lesis… »
-« Ne t’en fais pas, j’ai moi-aussi eu ton âge et je me souviens des départs de Papa… Ce n’était jamais rigolo et je n’avais jamais l’impression d’avoir eu assez de ses bras autour de moi, » fit Alexis nostalgique avant de poursuivre sur le ton du secret t avec un clin d’oeil. « Mais, connaissant Papa, tu vas avoir un super moment rien qu’à toi avant ta sieste. »
-« Merci Lesis ! » sourit Sarah avant d’ordonner. « Papa, bouge près Maman. Lesis assoir là ! Comme ça tout le monde Papa ! »
Et c’est ainsi que Castle se retrouva entouré par sa femme d’un côté, son ainée de l’autre et sa petite dernière sur les genoux. La matinée passa à une allure folle entre franches rigolades et moments tendres et bientôt, trop tôt au goût de chacun, ce fut l’heure de la sieste de Sarah. L’écrivain prit donc sa fille dans ses bras et la porta dans sa chambre. Il s’assit sur le rocking-chair et l’installa sur ses genoux avant de prendre son livre préféré.
-« Papa ? »
-« Oui Princesse ? »
-« Pas pa’tir… » supplia la fillette les yeux plein de larmes et la lèvre inférieure tremblante. « ’este… Te plait… Moi sage, promis ! »
-« Oh ! Sarah, écoute-moi bien. Ce n’est pas pour te punir que je dois partir cette semaine mais pour mon travail. »
-« Mais t’avail ‘vec Môman… »
-« Oui Princesse, je travaille souvent avec Maman mais j’ai aussi un autre travail, j’écris des histoires pour les grands et, de temps en temps, je dois aller rencontrer les gens qui lisent mes histoires pour leur dire merci de lire ce que j’écris. »
-« Toi éc’ire histoi’ ? Ec’ire pour moi aussi ? »
-« Est-ce que tu serais moins triste si, à mon retour, je t’avais écris une histoire rien que pour toi ? » demanda Castle en souriant en voyant la fillette hocher vigoureusement la tête. « Alors je vais faire en sorte que tu aies une belle histoire à mon retour ! »
-« Merci Papa, ze t’aime. »
-« Moi aussi je t’aime Princesse… » murmura l’écrivain dans ses chevaux avant de commencer sa lecture.
Il avait à peine fini la troisième page que Sarah avait rejoint le pays des rêves. Cependant, il termina le livre avant de la coucher dans son lit. Après un dernier baiser sur son front, il referma la porte de la chambre le cœur lourd et se dirigea vers celle de son ainée qu’il trouva assise devant sa fenêtre à regarder la ville.
-« Hey Pumpkin… » fit-il doucement en l’invitant à se tourner pour lui faire face.
Castle découvrit alors le visage de sa fille baigné de larmes.
-« Je sais, je devrais être habituée maintenant et ne plus pleurer mais… » dit Alexis d’une voix roque en se précipitant dans ses bras ouverts. « Mais tellement de choses ont changé en si peu de temps que je n’ai pas envie que tu partes ! Avant il n’y avait que Grand-Mère et moi et on savait comment gérer notre tristesse mais maintenant… »
-« Shh Pumpkin,’ la coupa Castle attendrie. « Je suis sûr que tout va bien se passer et que vous allez trouver un point d’équilibre sans moi, comme tu l’avais trouvé avec Grand-Mère… »
-« Papa, tu vas aller faire un bisous à Grand-Mère avant de partir hein ? »
-« Oui ma Chérie, je ne compte pas l’oublier. Pourquoi ? »
-« Mais qui sera là pour elle quand elle aura terminé de pleurer ? » demanda timidement Alexis.
-« Mère pleure quand je pars ? » s’étonna Castle. « Je n’en savais rien… »
-« Elle ne voulait pas que tu le saches car tu avais déjà le cœur lourd à l’idée de me quitter… Et puis qui sera là pour toi aussi ? Maintenant que tu as tout ce que tu souhaites sur Terre, je ne peux pas t’imaginer impassible… »
-« Ecoute Pumpkin, pour Grand-Mère, je suis persuadé que Père sera là pour elle et qu’ils viendront vous rejoindre pour que Maman, Sarah et toi ne vous sentiez pas trop seule. Quant à moi, ce n’est jamais simple de laisser ceux que j’aime derrière moi mais je sais que vous êtes ensemble et que tout se passera bien donc ça allège un peu mon cœur… »
-« Je t’aime Papa… »
-« Moi aussi ma Grande, moi aussi… »
-« Papa ! Arrête de voler les surnoms que Maman m’a donnés ! Ma Grande c’est spécial Maman ! » s’offusqua Alexis en s’écartant, un sourire au travers de ses larmes.
-« Au moins j’aurai réussi à obtenir un sourire de ta part ! Mais ça n’empêche rien, je t’aime Alexis, de tout mon cœur. »
-« Moi aussi Papa. »
Père et fille restèrent un long moment dans les bras l’un de l’autre avant qu’Alexis ne reprenne la parole doucement.
-« Tu as promis à Sarah une histoire, n’est-ce pas ? » demanda-t-elle dans un souffle.
-« Oui, » sourit Castle. « Tu te souviens, tu m’en demandais toujours une. »
-« Et je les ai toute gardées, » avoua l’adolescente. « Je les lui lirai le soir si elle veut… »
-« Tu les as gardées ? » s’étonna l’écrivain.
-« Bien sûr Papa ! Elles sont super ! Je suis même sûre que tu pourrais les publier sous un nom d’emprunt et qu’elles auraient un succès fou ! »
-« Tu dis ça parce que tu es ma fille et que je les ai écrites pour toi. »
-« En fait non… Je les ai montrées à éditeur de livre pour enfants qui m’a dit que le jour où tu aurais envie de les publier, il serait plus qu’heureux de les publier. Il a même déjà pensé à un dessinateur pour les illustrer… »
-« Vraiment ? » demanda Castle en s’écartant pour voir sa fille hocher la tête.
-« Vraiment Papa. Tu as de l’or dans les mains et je pense que mes histoires devraient être montrées au grand public pour faire rêver d’autres enfants comme elles m’ont fait rêver moi… »
-« Alors fais-en ce que tu veux. Je te fais confiance. »
-« Papa, tu es conscient que je vais te donner un nom d’emprunt pour ces livres et qu’à un moment ou à un autre tu devras dévoiler ton identité ? »
-« Alors publie-les sous mon nom de baptême : Richard Alexandre Rodgers. J’ai passé l’âge de me cacher et, si les gens n’aiment pas le fait que je sois capable d’écrire du policier et de la littérature pour enfants et bien tant pis pour eux. Moi je suis heureux comme ça ! »
-« Mais alors, dans ces cas-là, pourquoi ne pas utiliser carrément ton nom public ce qui te permettrait de conserver le back up de Rodgers en cas de nécessité ? »
-« Mais qu’ai-je fait pour avoir un petit génie comme toi ? » sourit Castle. « Tu as raison. Je te l’ai dis, fais comme tu veux mais je veux qu’une chose soit préciser : que la maison d’édition des livres pour enfants s’arrange avec Black Pawn pour que les tournée de promotion soient mixte. Je ne veux pas passer plus de temps loin de ma famille que nécessaire ! »
-« Ca tombe bien donc que j’ai envoyé tes écrits à la section jeunesse de Black Pawn alors ! » sourit malicieusement Alexis. « Mais en tout cas, je m’occupe de tout et on en reparle en famille à ton retour. Je ne veux pas faire ça dans le dos de Maman ou de Grand-Mère. »
-« Ca marche Pumpkin. Et propose à Kate de lire les histoires que je t’ai écrites si elle en a le cœur… »
-« Je n’y manquerai pas et je te promets que je prendrai soin d’elle en ton absence car on sait tous les deux que ça ne va pas être simple pour Maman d’être loin de toi comme ça… »
-« Je t’aime mon Alexis, » répondit Castle les larmes aux yeux. « Je vais te laisser maintenant, je dois aller dire au revoir à Kate et je n’ai pas envie que ça se passe dans la précipitation parce que le taxi est arrivé… »
-« File et surtout prends soin de toi et donne-nous de nouvelles ! »
-« Tous les jours, à dix-heures heures heure de New York, je serai connecté avec vous sur l’écran que j’ai fait installer dans mon bureau ! »
-« Tu n’as pas intérêt à manquer un seul de ces rendez-vous car sinon, après que Maman t’ait tué, je te ressusciterais pour te tuer à nouveau, on est bien d’accord ? »
-« Message reçu cinq sur cinq ! » répondit l’écrivain en se mettant au garde-à-vous.
-« Je t’aime Papa. »
-« Je t’aime Pumpkin. »
Chapitre 164 : Le départ (partie 2)
Castle retrouva Beckett roulée en boule dans l’un des fauteuils de son bureau et complètement perdue dans ses pensées. Il s’approcha doucement et s’accroupit à sa hauteur, posant ses deux mains sue les accoudoirs autour d’elle.
-« Hey… » appela-t-il doucement pour la sortir de sa torpeur.
-« Hey… » répondit-elle en plongeant son regard dans le sien. « J’ai entendu au travers du baby-phone ce que tu as dit à Saah… C’était magnifique. »
-« Je faisais déjà ça avec Alexis. C’était le seul moyen de lui redonner le sourire quand je partait et elle prenait toujours plaisir à écouter sa nouvelle histoire personnelle quand je rentrais. Elle les a d’ailleurs toutes conservées et a un projet tout particulier pour elle. Si tu veux, elle pourra te les montrer et t’expliquer son projet pour lequel je viens d’ailleurs de donner mon accord. »
-« Avec grand plaisir… J’ai toujours aimé lire tes écrits qu’ils soient publiés ou non d’ailleurs… » dit Beckett en se levant et en invitant Castle à prendre sa place dans le fauteuil qu’elle venait de quitter avant de s’assoir sur ses genoux. « Tu es vraiment obligé d’y aller… »
-« Si je pouvais, je ne vous quitterai pas soit en sûre, » répondit l’écrivain en caressant le dos de son épouse. « Mais je dois le faire. Ensuite, je serai tranquille jusqu’à la prochaine tournée de promotion qui ne se déroulera pas avant la fin de l’été prochain… Et puis, si on se débrouille bien, tu pourras peut-être m’accompagner sur une partie du voyage, qu’en penses-tu ? »
-« Ce sera avec plaisir, » répondit Beckett en se blottissant un peu plus dans le cou de son mari. « Et puis, avec un peu de chance j’aurai une bonne excuse pour passer du temps à tes côtés… »
-« Espérons oui… » répondit Castle en caressant doucement le ventre plat de sa compagne.
Le silence se fit entre le couple, chacun cherchant à emmagasiner le maximum de l’autre.
-« Kate, regarde-moi s’il te plait, » demanda l’écrivain au bout d’un moment avant de continuer une fois le regard hazel plongé dans le sien. « Je veux que tu fasses attention à toi au boulot et que tu n’en fasses pas trop… »
-« Rick ! Je serai cantonnée à mon bureau toute la semaine ! Que veux-tu qu’il m’arrive ? En plus Ryan, Espo et Vicky vont veiller sur moi te sachant à l’autre bout du pays ! Et tu peux être assuré que Lanie trouvera bien une excuse par jour pour monter faire un brin de causette avec moi ! Et le soir je ne serai pas seule puisque les filles seront là ! C’est plutôt moi qui me fait du mauvais sang pour toi… Tu seras seul et à la merci de tes fans mais aussi à la merci de ton ex-femme… »
-« Décidément tu n’as vraiment aucune confiance en Gina. »
-« Je n’y peux rien, c’est plus fort que moi ! Et n’oublie pas que, grâce à elle, nous avons déjà été séparés tout un été… »
-« Mais cela ne se reproduira plus puisque tu es ma chère et tendre épouse ! D’ailleurs, en parlant de ça… Quand est-ce que tu souhaites que nous annoncions officiellement la nouvelle ? » demanda Castle en caressant l’alliance et la bague de fiançailles de son épouse.
-« Je ne sais pas Rick… Je n’ai pas envie d’avoir toute une horde de paparazzi sur le dos pendant que je fais mon travail et je n’ai pas non plus envie de devoir quitter la police de New York simplement parce que j’ai décidé que moi aussi j’avais le droit au bonheur… »
-« Tu sais, j’ai fait mettre des conditions très stricts pour Alexis depuis son plus jeune âge et, depuis que tu es devenue ma muse et la personnification de Nikki Heat, tu bénéficies des mêmes règles, règles qui ont été renforcées par la police de New York. Ce n’est pas parce que tu es devenu mon épouse que cela va changer, sois-en assurée. Enfin, lorsqu’ils sauront pour Sarah, cette dernière bénéficiera des mêmes mesures qu’Alexis au même âge tout comme l’ensemble des enfants que nous aurons. »
-« Tu penses vraiment à tout en ce qui concerne la protection de ta famille. »
-« On voit bien trop de gens célèbres se faire bouffer par les journalistes et devenir malade le jour où ils ne font plus les gros titres. Je ne veux pas que ça arrive à ma famille mais tu es consciente que Paula ne voudra pas cacher éternellement notre union et l’adoption de Sarah. Si nous tardons trop, certains journalistes peut scrupuleux risquent d’inventer les pires histoires pour vendre des magazines. »
-« Tu as raison. Pouvons-nous au moins attendre d’être ensemble pour officialiser notre union ? Je n’ai pas envie d’être seule pour faire face à ces vautours… »
-« Aucun souci pour ça. Je vais m’arranger avec Paula. »
- »Merci Rick, » sourit Beckett pour la première fois depuis le début de leur conversation avant de déposer un baiser passionné sur les lèvres de son mari.
Lorsqu'ils se séparèrent à bout de souffle quelques minutes plus tard, Castle posa son front sur celui de son épouse et plongea son regard dans le sien.
- »Qu'est-ce qui te tracasse Kate ? » demanda-t-il avant de soupirer en n'obtenant aucune réponse. « Parle-moi s'il te plait... »
- »Tu te rends compte que, demain, je vais laisser notre fille à des inconnus ? On ne sait rien d'eux et ils vont s'occuper de notre bébé pendant toute la journée... »
-« Allons Kate, ne soit pas irrationnelle ! Notre fille va à la crèche du poste de police ! Tu crois vraiment que des policiers tels que Victoria y laisserait sa petit-fille sans avoir vérifié au moins une dizaine de fois les antécédents de tous ceux qui y travaillent de près ou de loin ? »
-« Mais on ne les a jamais rencontré... Et si Sarah ne se faisait pas à son nouvel environnement ? Entre son entrée à la crèche et ton départ pour une semaine, elle risque de se sentir abandonnée une nouvelle fois... »
-« Tu t’inquiètes trop Kate ! Notre fille connait déjà le monde de la crèche puisqu’elle y allait du vivant de ses parents. Ensuite, elle sait qu’elle retourne dans une nouvelle puisque nous lui en parlons depuis quinze jours maintenant. Enfin, en ce qui concerne mon départ, j’ai accroché tout à l’heure sur le pied de l’îlot de la cuisine, à sa hauteur, une fresque lui permettant de visualiser mon absence et surtout la distance qui la sépare de mon retour. Je faisais déjà ça avec Alexis et ça marchait bien. »
-« Si j’ai un problème, je peux t’appeler ? » demanda timidement Beckett.
-« A n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. J’aurais toujours mon portable sur moi, y compris lors du plateau télé qui est prévu. Ca va faire bondir Gina mais je m’en fiche. Je veux être joignable pour ma famille ! »
-« Merci, » souffla la jeune femme avant de l’embrasser.
-« Autre chose Kate, » dit l’écrivain quand leur baiser s’interrompit. « J’ai demandé à ma mère et à ton père de veiller sur ma famille à ma place pendant mon absence. »
-« Quoi ? Mais je suis parfaitement capable de… »
-« Je sais, je sais tout ça mais je ne veux pas que tu te sentes seule et je suis parfaitement conscient que, si tu as un problème, tu n’iras pas forcément vers eux car tu es une femme forte et indépendante… Mais Kate, Chérie, je t’en prie, ne t’isole pas… »
Pendant un long moment, Beckett étudia le regard de son époux et fut touchée par la profonde sincérité qui s’en dégageait.
-« Je te promets que je les appellerai si je ne me sens pas au mieux de ma forme. »
-« Merci, » sourit Castle heureux et rassuré.
Sans un mot et sans s’être concerté, le couple regarda au même moment l’heure.
-« Le taxi ne devrait pas tarder à arriver, » soupira Beckett en se blottissant un peu plus dans les bras de son écrivain de mari avant de murmurer telle une enfant. « Je ne veux pas que tu partes… »
-« Kate, ce n’est que quelques jours et dis-toi que nous serons encore plus ravis de nous retrouver à mon retour… »
-« Mais tu reviens juste pour le mariage de Kevin et Jenny… On n’aura donc pas une minute à nous… »
-« On trouvera, je te le promets. Et ne commence pas à me dire que ce ne sera pas possible car je suis l’un des témoins de Kevin ! » dit Castle en devançant ses protestations. « Je te jure qu’on trouvera un moment rien qu’à nous deux… »
-« Au fait, en parlant du mariage de Kevin et Jenny, Alexis a une soirée le samedi soir et elle m’a avouée être embêtée… »
-« Pour une fois qu’elle a envie de sortir avec ses amis, je ne pense pas que nous puissions le lui refuser, tu ne crois pas ? »
-« Bien sûr mais, dans le même temps, elle n’a pas envie de ne pas être au mariage de son ‘oncle Kevin’ et de sa ‘tante Jenny’. Je me disais que je pourrais lui proposer de couper la poire en deux. Elle assiste à l’office et à une partie du cocktail puis elle part rejoindre ses amis. Qu’en penses-tu ? »
-« C’est parfait ! Propose-lui cette solution, je suis sûr qu’elle sautera sur l’occasion. »
C’est alors que le téléphone se mit à sonner serrant le cœur du couple. Avec regret, Castle tendit son bras et décrocha le combiné.
-« Oui ? … Très bien, je descends dans vingt minutes, » dit l’écrivain avant de raccrocher. « C’était Franck, le chauffeur est arrivé. »
-« Alors voilà, on y est… » soupira Beckett en se levant pour permettre à son époux de faire de même.
-« Si on veut, on fait comme avec Mère et Alexis. Je te dis au revoir ici et je pars… »
Sans répondre, la jeune femme se pendit à son cou et l’embrassa langoureusement jusqu’à en perdre leur souffle à tous les deux. Lorsqu’il se séparèrent, elle prit le visage dans la coupe de ses mains et plongea son regard dans celui de son époux.
-« N’oublie pas que je t’aime, » souffla-t-elle émue avant de se détacher à contre cœur de ses bras et de se détourner.
Castle comprit le message et ramassa son sac de voyage pour se diriger vers l’entrée. Sur le pas de la porte, il se retourna une dernière fois pour imprimer la silhouette aimée.
-« Je t’aime Kate et, s’il te plait, n’oublie pas toi non plus à quel point… »
Sans un bruit, il quitta le loft et allait dire au revoir à ses parents. Il refermait la porte de leur appartement lorsqu’il entendit le sanglot étouffé de Martha et son cœur s’alourdit encore un peu plus. Il appela l’ascenseur et, une fois celui-ci arrivé, il monta à l’intérieur avant de presser sur bouton du hall. Les portes se refermaient sur lui lorsqu’il capta un mouvement au niveau de l’entrée du loft.
-« Rick ! » appela la voix triste de Beckett.
Mais il était trop tard : l’ascenseur avait déjà pris sa route vers sa destination. Cependant, quelle ne fut pas sa surprise quand, arrivé au niveau du hall, le corps de Beckett se jeta à bout de souffle dans ses bras. La jeune femme venait de dévaler les cinq étages plus vite que la machine !
-« Je t’aime Rick… » haleta-t-elle dans son cou.
-« Tu sais, tu me l’avais déjà dit et tu aurais pu me le redire au téléphone, » sourit Castle ému par le geste de son épouse.
-« Non… Je n’aurais… Pas eu la… Chaleur de… Tes bras ! »
L’écrivain resserra son étreinte autour d’elle et enfouit une dernière fois son visage dans ses cheveux, humant autant que faire se peut l’odeur de cerise de sa compagne. Ni l’un ni l’autre ne fit attention aux portes qui se refermaient sur eux jusqu’à ce que Franck les rouvre et fasse un signe discret et désolé en direction de Castle.
-« Il faut vraiment que j’y aille maintenant Kate sinon je vais rater mon avion et, si ça m’arrive, Gina fera en sorte que je prenne celui d’avant. Or je veux passer le maximum de temps avec ma famille… »
-« Je sais, » répondit Beckett en s’écartant et en faisant tout pour retenir ses larmes. « Je t’aime… Always… »
-« Always, » répondit Castle en sortant de l’ascenseur après avoir appuyé sur le bouton du cinquième étage.
Chapitre 165 : Séparés
Beckett ne s’autorisa à pleurer que lorsque la porte du loft se fut refermée derrière elle. Elle avait beau savoir qu’elle devait se montrer forte pour les filles, elle avait besoin de se laisser aller et de faire retomber la pression. Quand elle aperçut l’îlot de la cuisine avec la frise de dessin pour Sarah, elle craqua et se laissa glisser le long de la porte d’entrée. Elle resta là une bonne demi-heure, roulée en boule sur elle-même à verser toutes les larmes de son corps. C’est Alexis qui la sortit de sa torpeur en posant une main réconfortante sur son genou.
-« Tout va bien se passer Maman, ne t’en fais pas… »
La jeune femme réussit tant bien que mal à esquisser un sourire qui n’atteignit pas ses yeux et se relava aidée de l’adolescente.
-« Je suis désolée pour le spectacle que je te donne… » marmonna Beckett mal à l’aise.
-« Ne t’en fais pas Maman. Moi aussi j’ai pleuré dans ma chambre et, si Sarah est comme moi petite, la fin de la journée va être rude pour tout le monde. »
-« Tu as vu ce que ton père a trouvé le temps de lui faire ? » demanda l’inspectrice en désignant l’îlot du menton.
-« Il a sorti le calendrier magique ! Trop bien ! Viens vois que je t’explique ! » s’exclama joyeusement Alexis en tirant par la main sa mère.
Elles s’assirent devant la fresque en tailleur mais elles furent interrompu par des pleurs venant du premier étage…
-« Papa… Papa ! » appelait désespérément Sarah depuis son lit.
Avec un soupir, Beckett se leva et, après s’être passé une serviette humide sur le visage, prit la direction de la chambre de la fillette.
-« Hey Princesse ! Te voilà réveillée, » fit la jeune femme avec entrain. « Tu as bien dormi ? »
-« Papa ! » sanglota l’enfant à s’en fendre l’âme. « Ze veux Papa ! »
-« Oh Sarah, » soupira Beckett le cœur lourd en prenant sa fille dans ses bras et caressant ses boucles brunes avec tendresse. « Tu sais bien que Papa est parti faire son travail pendant ton dodo… »
-« P’us là ? »
-« Non ma Princesse. Mais il revient dans cinq dodos et il t’a préparé un petit quelque chose pour que tu te repères. Tu veux le voir ? »
-« Vi, » répondit tristement la fillette en enfouissant son visage dans son cou.
Mère et fille descendirent rejoindre Alexis toujours assise devant l’îlot de la cuisine et prirent place à côté d’elle, l’enfant entre les deux jeunes femmes.
-« Tu vois Sarah, quand tu as un doudou, c’est une sieste où Papa ne sera pas là. Et quand tu as une petite fille qui fait dodo, c’est que c’est la nuit et que même Maman et moi on fait dodo. La bouteille de lait après les deux dodos sont le petit déjeuner et le goûter, » expliqua la rouquine en désignant chaque figurine. « Les parts de pizza représentent les déjeuners et les diners sans Papa. »
-« Nous là ? » demanda Sarah en désignant le tout début de la fresque et mettant son doigt sur la bouteille de lait.
-« Oui Princesse. Aurais-tu faim par hasard ? » demanda Beckett en souriant car la fillette hochant vigoureusement la tête. « Alors je file préparer le goûter de Mademoiselle ! »
Mais au moment où la jeune femme se leva et s’éloigna, Sarah se mit à hurler en trépignant. Surprise, la détective lança un regard interrogateur et perdu à son aînée qui lui sourit tristement.
-« Elle est comme moi petite… Une véritable fille à Papa Le jour de son départ et jusqu’à son appel du soir, Grand-Mère ne pouvait pas me laisser d’une semelle… »
Ayant compris le message, Beckett se rapprocha et Sarah se calma petit à petit tout en tendant ses bras vers sa mère qui la prit dans ses bras.
-« Bon, et je fais comment moi maintenant pour te préparer ton gouter ? »
-« Lesis faire ? »
-« Lesis faire ? Eh bien elle a bon dos Lesis ! » s’offusqua gentiment Alexis en ébouriffant les cheveux de la fillette. « Chipie va ! Bon et tu veux quoi de bon à manger ? »
-« Humm… Castle cacao ? » demanda Sarah en penchant la tête. « Toi savoir faire ? »
-« Tu rigoles là ? Papa l’a inventé pour moi quand j’étais petite mais j’ai vite appris à le faire ! Alors c’est parti pour un Castle Cacao ! »
Une dizaine de minutes après que Sarah eut fini son gouter, alors qu’elles étaient toutes les trois blotties dans les bras les unes des autres sur le canapé, de légers coups furent frappés à la porte juste avant que Martha et Alexandre n’apparaissent dans l’encadrement de la porte d’entrée.
-« On peut entrer ou on outrepasse nos droits ? »
-« Entrez, » sourit Beckett. « Vous êtes toujours les bienvenus ! »
-« Toujours ? »
-« Bon d’accord, presque toujours, » sourit la jeune femme en rougissant légèrement.
-« Et alors ? Comment va notre petite Princesse ? » demanda Martha en s’approchant de Sarah pour la prendre dans ses bras.
Mais la fillette ne l’entendait pas de cette oreille et se précipita dans les bras de sa mère, se cachant dans le creux de son cou. La tristesse se lut immédiatement dans les yeux de Martha et Beckett se sentit mal pour elle.
-« Tu pourrais peut-être faire un bisou à Grand-Mère. Elle aussi elle est triste que Papa soit parti pour son travail mais elle n’aura pas une belle histoire juste pour elle… »
-« Pas pa’tir Maman, pas pa’tir… Te plait… » marmonna Sarah en jetant des regards tout autour d’elle.
-« Bien sûr que non Princesse ! Ce soir nous allons rester tous ensemble et, après la conversation avec Papa, tu iras faire un gros dodo car, demain, tu rentres à la crèche ! Alors, comme tu es une grande fille, tu vas faire un bisou à Grand-Mère et à Grand-Père. »
Sarah obtempéra non sans mal et en agrippant le gilet de sa mère puis elle étouffa un bâillement avant de reprendre sa place dans les bras de Beckett. Sentant la fatigue générale, Alexandre s’accroupit devant les quatre femmes.
-« Et si vous alliez vous allonger un peu pendant que je prépare le diner ? Je pense que ça vous ferait du bien à toutes… »
-« Je n’ai pas envie d’être seule… » bougonna Alexis en se blottissant un peu plus contre l’épaule de sa mère.
-« Et si on allait toutes dans notre chambre ? » proposa Beckett en embrassant le front de l’adolescente. « Tu es la bienvenue Martha si tu le souhaites. »
-« Avec plaisir… » répondit l’intéressée avec un grand sourire.
Les femmes se dirigèrent vers la chambre parentale et la mère de famille s’installa à la place de son mari. Sarah se blottit comme elle dans le milieu du lit. Alexis s’installa dans son dos et Martha hésita mais, après un sourire de Beckett qui lui désigna son côté du lit, elle prit place derrière la plus jeune des Castle.
-« Ca me fait drôle d’être dans votre lit à Richard et à toi… » murmura la plus âgée des rouquine visiblement mal à l’aise.
-« Ne t’en fais pas, » sourit Beckett. « Après le petit déjeuner familiale de ce matin, Rick et moi avons changé les draps. »
-« Ne te moque pas de moi ma très chère Bru ! » rougit légèrement Martha.
Pendant quelques minutes, elles discutèrent de tout et de rien jusqu’à ce que la jeune femme se rende compte que les deux plus jeune s’étaient endormies contre elle.
-« Je n’en reviens pas que Sarah soit ainsi collée à moi en permanence… Tu crois que ça va passer ? »
-« Si elle est comme Alexis, ce qui en a tout l’air, sa ‘glue attitude’ disparaîtra quand elle aura discuté avec Richard ! »
-« C’est impressionnant comment les filles se ressemblent ! Et pourtant elles n’ont aucune gêne en commun ! »
-« Ca fait limite peur quand on y pense ! Surtout quand on se dit qu’elles n’ont pas vos gênes mélangés à mon fils et toi ! »
-« Alors prépare-toi car Rick et moi voulons vraiment des petits Castle, » sourit Beckett avec douceur.
Quand une demi-heure plus tard la sonnette de la porte d’entrée du loft retentit, les deux femmes ne s’en rendirent pas compte, gagnée elles-aussi par le sommeil. Après avoir été les voir pour les avertir, Alexandre se dirigea vers l’entrée et ouvrit la porte pour découvrir Jim et Gates avec un plat dans les bras.
-« On dérange ? »
-« Bien sûr que non ! Entrez, » sourit le médecin en leur ouvrant la porte grande.
-« Vous êtes seul ? »
-« Non, elles sont toutes les quatre dans la chambre. Allez voir, je trouve ça mignon… »
-« Vous m’intriguez, » fit Jim en se précipitant vers le bureau puis la chambre. « Oh ! Vick ! Passe-moi ton téléphone s’il te plait que je prenne une photo pour l’envoyer à Rick, c’est trop chou ! »
Sans plus attendre, le père de Beckett joignit le geste à la parole et, avec un sourire, envoya sa photo accompagnée d’un petit message : « Tu manques à tes femmes qui trouvent un peu de réconfort dans les bras les unes des autres au point qu’elles nous délaissent Alexandre, Victoria et moi… J’ai le droit de me plaindre ? »
Castle le reçut dès qu’il alluma son portable à la descente de l’avion et répondit immédiatement à son beau-père avec un sourire : « Même pas en rêve ! Si vous voulez, vous pouvez toujours vous réconfortez dans les bras de Victoria puisque je ne la vois pas sur la photo ! Merci à tous les trois d’être présent pour elles. J’arrive à l’hôtel, je me débarbouille et je vous appelle via la webcam. RC »
Comme promis, une heure et demie plus tard, l’écran dans le bureau se mit à biper et Gates s’alluma pour se retrouver face à un Castle plus que surpris.
-« Euh… Bonsoir… Pas que je ne veuille pas vous voir Victoria mais… »
-« Elles dorment toujours, » expliqua la Capitaine en fronçant les sourcils face à l’apparence de l’écrivain. « Tout va bien pour vous ? »
-« Ca ira mieux lorsque j’aurai vu ma famille… » répondit-il en souriant.
-« Je vais vous les chercher. »
Gates disparut dans la chambre et en revint quelques minutes plus tard avec Alexis et Martha qui vinrent immédiatement se mettre devant l’écran.
-« Hey Papa ! Tu as fait bon voyage ? »
-« Tout s’est bien passé Pumpkin. Mais dis-moi… Où sont Kate et Sarah ? »
-« Une certaine petite fille était grognon au réveil alors Maman s’occupe d’elle un peu et elles nous rejoignent, » sourit l’adolescente.
-« Tiens, en parlant du loup… » fit Martha alors que Beckett apparaissant avec la fillette encore à moitié endormie t toujours aussi grognon dans les bras.
-« Rick ! » s’exclama Kate soulagée de le voir en s’avançant rapidement. « Regarde Princesse qui nous appelle… »
-« Papa ! » s’exclama la fillette alors qu’un sourire illuminait enfin son regard.
Alors que l’écrivain se détendait complètement et que son visage irradiaut le bonheur de les voir, Beckett ne put s’empêcher de froncer les sourcils mais elle décida de temporairement faire comme si elle n’avait rien vu. Son mari n’était pas dupe mais il la remerciait intérieurement pour son tact. Ils discutèrent pendant presqu’une heure avant d’Alexis n’entraine sa petite sœur dans la pièce principale afin de laisser un peu d’intimité à leurs parents, rejoignant le reste de la famille qui s’était déjà éclipsé au bout d’une demi-heure.
-« Maintenant que nous ne sommes que nous deux, tu peux m’expliquer ? »
-« T’expliquer quoi ? » fit innocemment Castle s’attirant un regard perçant de sa femme. « Ah ! Ca… Tu vas te moquer mais c’est à cause de la climatisation de l’avion… Ca ne fait pas trop bon ménage avec une crise de larmes silencieuse… »
-« Oh Rick ! Je suis désolée… Tu as de quoi te soulager au moins ? »
-« Les hôtesses de l’air m’ont donné des compresses humides et je vais continuer. J’ai également demandé au concierge d’aller me chercher du sérum physio à la pharmacie. Comme ça, demain il n’y paraitra plus… »
-« D’accord. Tu fais attention à toi, hein ? Je veux te récupérer en un seul morceau moi… »
-« Pareil pour toi Kate ! Je vais te laisser car je pense que vous allez bientôt aller diner mais je te promets que je te rappelle sur ton portable après que tu aies couché Sarah. Au moindre problème, tu n’hésites pas à m’appeler, d’accord ? »
-« Promis. Je t’aime Rick Castle. »
-« Je t’aime Kate Castle ! »
Chapitre 166 : Premier matin
Lorsque le réveil sonna le lendemain matin, Beckett fronça les sourcils en ne trouvant pas son mari à ses côtés avant de se souvenir qu’il se trouvait depuis la veille à l’autre bout du pays pour sa tournée de promotion. En ouvrant les yeux, elle découvrit son téléphone posé sur l’oreiller de Castle et ne put s’empêcher de sourire en repensant à la veille au soir. Aucun d’eux n’avait réussi à raccrocher en premier et elle avait du finir par s’endormir sous le regard de son époux avec qui elle discutait en facetime. Après s’être étirée, elle se leva et fila sous la douche puis se prépara avant de rejoindre la cuisine. Là, comme elle avait vu faire Alexis la veille, elle fit glisser le voile devant la frise pour arriver jusqu’à ce matin et s’attela à la préparation du petit déjeuner, vite rejointe par Alexis.
-« Bonjour Maman, bien dormi ? »
-« Mieux que je l’aurais cru merci de demander. Et toi ? »
-« Je commence à avoir l’habitude mais je dois avouer que, cette fois-ci, avec tous les derniers changements, j’ai un peu plus de mal que d’habitude. Gérer ma tristesse, je sais faire mais, lire celle de Sarah et la tienne dans vos yeux, ça me fait tout drôle. »
-« Oh ma Grande ! Viens-là, » dit Beckett en lui ouvrant ses bras, la rouquine y trouvant immédiatement refuge. « Ce n’est pas parce que nous sommes triste que tu dois t’occuper de nous. C’est mon rôle de prendre soin de ta sœur et toi et, si je sens que je vais avoir besoin d’aide, je ferai appel à notre famille. J’en ai fait la promesse à ton père et je ne compte pas rompre mes engagements. »
Les deux jeunes femmes restèrent un bon moment dans les bras l’une de l’autre avant que Beckett n’aillent réveiller et préparer Sarah pour son entrée à la crèche. Elles redescendirent une vingtaine de minutes plus tard.
-« Lesis ! Lesis ! L’est où Papa ? Moi pas voir lui ‘jourd’hui… » s’écria la fillette en se précipitant dans les bras de sa sœur.
-« C’est normal que tu n’aies pas vu Papa ce matin car, pendant son absence, on ne le verra que le soir sur l’écran, comme hier soir. Mais je suis persuadée que Maman te l’a déjà expliqué au moins un centaine de fois ! » sourit Alexis en installant la fillette sur sa chaise haute et lui présentant son biberon de lait.
-« Me’ci Lesis, » répondit tristement la fillette.
-« Hey Princesse, regarde-moi, » intervint Beckett en s’asseyant à côté d’elle. « Papa ne voudrait pas que tu sois triste. Et ce soir, en rentrant de la crèche, on aura un nouvel appel de Papa et tu pourras lui raconter ta première journée ! Je suis sûre qu’il a hâte de savoir comme ça s’est passé et si tu t’es fait des copains et des copines. »
-« Si moi sage, Papa content ? »
-« Toujours ma Princesse, toujours. Je vais vous laisser finir de manger pendant que je finis de me préparer. Ensuite nous partirons pour la crèche et mon travail. »
-« Moi je dois vous laisser, je commence mon nouveau stage ce matin et je ne voudrai pas être en retard pour mon premier jour. »
-« Alors file Lex et, si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à m’appeler. »
-« Merci Maman, à ce soir. Bisous Sarah et bonne première journée à toi aussi. »
-« Bon Princesse, je vais t’installer sur la table basse pour que tu finisses tranquillement ton petit déjeuner, » dit Beckett en joignant le geste à la parole. « Prends ton temps, je n’en ai pas pour longtemps. »
Lorsque Beckett réapparut une quinzaine de minutes plus tard, elle se figea su le seul de la porte et se passa une main sur le visage. Elle sortit alors son portable de sa poche et prit une photo de Sarah dans le but de l’envoyer à Castle mais la fillette l’aperçut et lui fit un immense sourire.
-« Maman ! ‘garde, moi belle hein ? »
-« Sarah ! Mais ce n’est pas possible ! Tu es consciente que la confiture ce n’est pas pour ta figure et tes cheveux mais pour les tartines ! » gronda Beckett en roulant des yeux.
-« Bah moi mazque comme Grand-Mère… » fit l’enfant boudeuse en regardant sa mère.
-« Mais Grand-Mère utilise de la crème spéciale, pas de la confiture ! Maintenant il va falloir monter là-haut et te donner une deuxième douche pour te laver les cheveux ! Avec un peu de chance, on va même devoir de changer ton haut ! » soupira Beckett en attrapant sa fille et en grimpant les escaliers quatre à quatre.
Lorsqu’elles arrivèrent au poste de police à huit heures vingt, Ryan et Esposito relevèrent la tête de leur dossier.
-« Bah alors Boss, on a eu une panne d’oreiller ? » demanda Ryan avec un sourire taquin.
-« Non, on aurait été largement à l’heure si une certaine petite Castle n’avait pas décidé de se faire un ‘masque’ avec de la confiture ! Douche obligatoire avec lavage de cheveux en prime, » répondit Beckett en posant ses affaires à son bureau après avoir assis Sarah sur sa chaise.
-« Ca promet pour les prochains Castle tout ça ! » pouffa Esposito.
-« Détective Beckett, dans mon bureau s’il vous plait. »
-« Granny ! » s’exclama joyeusement la fillette en reconnaissant Gates.
-« J’arrive Sir. Les gars, je vous laisse surveiller la terreur ? »
-« Moi pas voir Granny ? Punie ? »
-« Non Princesse. Tu n’es pas punie mais Granny veut voir Maman dans le cadre du travail… Parce que Maman est en retard et ce n’est pas bien. »
Après avoir déposé un baiser dans les cheveux de l’enfant, Beckett se dirigea vers le bureau de sa supérieure. Cette dernière lui fit signe d’entrée avant même qu’elle n’ait à lever sa main pour frapper.
-« Fermez la porte s’il vous plait. Vous êtes en retard. J’espère que ce n’est pas parce que vous êtes mariée maintenant et avez un enfant que cela doit se reproduire. »
-« Bien Sir. »
-« Bien, maintenant assied-toi Kate, nous avons deux ou trois choses à éclaircir. Mais d’abord, que s’est-il passé ce matin ? Je me suis inquiétée… »
-« Oh rien, ta petite fille n’a rien trouvé de mieux que de se faire un ‘masque’ avec la confiture au petit déjeuner. J’ai dû lui redonner une douche et lui laver les cheveux. D’ailleurs, je peux l’autoriser à venir ? Elle croyait que je l’avais punie. »
Gates se leva et alla à sa porte.
-« Sarah ? » appela-t-elle.
La fillette releva la tête et descendit de son siège avant de s’approcher doucement, tête baissée. Arrivée à la hauteur de sa grand-mère, elle releva les yeux vers Gates qui s’était mis à sa hauteur.
-« Pa’don Granny, » fit Sarah avant de lui faire un bisou sur la joue. « Moi faire bêtise et Maman en ‘tard. »
-« Bien, merci pour tes excuses. Maintenant viens me faire un énorme bisou ! » sourit la Capitaine en ouvrant grand ses bras sous le regard des différents policiers présents.
La fillette vint immédiatement se blottir dans ses bras et Gates la souleva pour l’emmener dans le bureau. Les deux femmes discutèrent pendant une bonne demi-heure avant de partir pour la crèche. Sarah avait rejoint les bras de sa mère et boudait pendant que la métisse portait le petit sac à dos de l’enfant contenant une tenue de rechange et son doudou. Elles furent accueillies par la directrice en personne, Mademoiselle Honey.
-« Capitaine, Détective, c’est un plaisir de vous accueillir dans notre établissement aujourd’hui, » sourit la jeune femme qui devait avoir l’âge de Beckett à peu près. « Et toi, tu dois être Sarah. Ta grand-mère m’a beaucoup parlé de toi ! »
-« Vrai ? » demanda timidement Sarah en se tournant vers Victoria.
-« Bien sûr Princesse, » sourit Gates.
-« Je sais que vous n’avez pas eu l’occasion de visiter Détective. Souhaitez-vous découvrir les lieux en même temps que votre fille ? »
-« Avec un immense plaisir, » répondit Beckett avant de reprendre, Sarah lui ayant murmuré quelque chose à l’oreille. « Mais avant tout, où sont les toilettes ? Ma fille a une envie pressante… »
-« Je vous y accompagne. Par contre, je vais vous demander de laisser votre fille découvrir les lieux par elle-même. Si ça peut la rassurer au début, il n’y a aucune objection à ce qu’elle vous tienne la main. »
-« Oh, bien sûr, » répondit Beckett en posant sa fille au sol et suivant la directrice jusqu’aux toilettes.
Elle installa sa fille sur le petit WC à sa hauteur et rabattit la porte devant elle.
-« Votre fille est déjà propre ? »
-« Nous nous sommes rendus compte avec mon mari et ma fille aînée que Sarah nous demandait presque toujours le pot. Ses parents biologiques avaient déjà bien dû l’amener sur le chemin de la propreté. Du coup, depuis quelques semaines, nous avons décidé de ne plus lui mettre de couches mis à part lors de la sieste et pour la nuit et, au final, il n’y a presque plus d’accident aujourd’hui. »
-« Moi fini ! » chantonna alors la fillette.
Beckett lui essuya donc les fesses et s’apprêtait à la rhabiller quand Sarah l’arrêta.
-« Moi fait seule ! Lesis montrer, moi savoir ‘tenant. »
-« Voilà une petite fille bien volontaire et indépendante, » sourit Mademoiselle Honey alors que Beckett se reculait. « Et quel âge à votre aînée ? »
-« Alexis va avoir dix-huit ans mais elle est très impliquée dans la vie de sa petite sœur et attend avec impatience que sont père et moi mettions en route les suivants. »
-« Donc je dois comprendre que nous devons envisager d’autres petits Castle dans une avenir proche ? »
-« Nous verrons mais c’est dans mon projet en effet, » sourit rêveusement Beckett.
Tout se passa bien et Sarah allait même vers les autres enfants jusqu’à ce que la jeune femme s’approche d’elle pour lui souhaiter une bonne journée. Dès qu’elle comprit que sa maman et Granny allaient partir, la fillette se mit à pleurer à chaudes larmes en s’agrippant au pantalon de sa mère.
-« Princesse, Maman va juste travailler mais elle revient après ton petit dodo pour te chercher. Tu te souviens, c’était déjà comme ça quand tu étais avec ta première maman et ton premier papa… » tenta tant bien que mal d’expliquer Beckett.
-« Papa ! Moi vouloir Papa ! » hoqueta Sarah.
-« Tu sais bien que Papa est loin ma Princesse… »
-« Granny moi pas vouloir seule… Veux Maman… »
Beckett fut alors prise d’une idée de génie. Elle sortit son portable et composa le numéro de Castle avant de se mettre à genoux devant sa fille.
-« Je te propose un marché Sarah, tu discute un peu avec Papa mais de manière exceptionnelle car on est le matin, ensuite tu me fais un gros câlin et, après avoir fait un bisou à Granny, tu pars avec Mademoiselle Honey rejoindre tes nouveaux petits copains pendant que Maman travaille. Je viendrai te rechercher après ton petit dodo de la journée. D’accord ? »
-« Moi voir Papa ? » demanda Sarah en s’essuyant les yeux du revers de sa manche.
-« Allo Kate ? Il y a un problème ? » fit alors la voix inquiète de Castle.
-« Ne t’en fais pas mon Chérie, nous allons bien. C’est juste notre Princesse qui a un gros chagrin à l’idée de rester seule à la crèche et qui aimerait bien que son Papa discute cinq minutes en facetime avec elle. C’est possible ? »
-« Always, » répondit l’écrivain soulagé en appuyant sur le bouton facetime de son iPhone. « Hey ! Coucou Princesse ! Alors comme ça on a un gros chagrin ? »
-« Toi pa’ti et Maman et Granny pa’tir aussi. Moi veux pas seule… »
-« Mais tu sais ma Princesse, Maman ne va passer que quelques heures loin de toi. Elle reviendra te voir après ton petit dodo. »
-« P’omis ? »
-« Pinky swere. Allez fais-moi un beau sourire sinon je serai triste toute la journée moi aussi, » fit Castle avec des yeux de chien battu.
Il fut récompensé par un timide sourire de ses deux femmes avant que Beckett ne raccroche. Ensuite la jeune femme dit au revoir à sa fille, lui fit un énorme câlin avant de quitter la crèche les larmes aux yeux. Gates la rejoignit devant l’établissement quelques minutes plus tard.
-« Elle va bien. Mademoiselle Honey lui a montré un jeu qu’elle a à la maison et elles jouent tranquillement ensemble. Ne t’en fais pas Katie. Ta fille va bien. »
-« C’est tellement dur que la laisser là… Pourtant je sais que je vais la retrouver ce soir mais… »
-« C’est la première fois, » fit la capitaine à la place de sa fille de cœur. « Allez prends quelques minutes pour te ressaisir et appelle Rick, ça te fera du bien. »
Sur ce Gates disparut et Beckett suivit ses conseils.
Chapitre 167 : Première soirée
Toute la journée Beckett regarda sa montre en maudissant le temps qui ne passait pas assez vite à son goût, le tout sous les regards gentiment moqueur de ses collègues et amis. Dix-sept heures trente précise, elle éteignit son ordinateur, se leva, attrapa son manteau et fila en direction de l’ascenseur.
-« A demain les gars ! » lança-t-elle.
-« A demain Mom ! » répondirent Ryan et Esposito d’une seule et même voix ironique.
-« C’est ça, rigolez autant que vous voulez ! Mais on verra bien lorsqu’il s’agira de petits Ryan ou de petits Esposito ! »
Elle arriva quelques minutes plus tard à la crèche où elle fut accueillie par Mademoiselle Honey qui la dirigea vers la salle de jeux.
-« La matinée a été un peu difficile. Sarah ne m’a pas quitté et puis, au moment d’aller à la sieste, Alicia, une petite fille de dix-huit mois, s’est mise à pleurer et votre fille est tout de suite aller vers elle, avant même que l’une des puéricultrices ou moi-même n’ait eu le temps de réagir. Depuis, Alicia et elle ne se quittent plus et je me disais que ça vous intéresserait peut-être de rencontrer la mère de la nouvelle amie de votre fille… »
-« Avec grand plaisir, » sourit Beckett en regardant avec fierté en regardant sa fille prendre soin de l’autre petite fille.
Elle sortit alors son portable et immortalisa l’instant avant de l’envoyer à Castle. Elle venait de le ranger lors qu’elle le sentit vibrer. En l’ouvrant, elle ne put s’empêcher de rire en voyant la réponse de Rick : « Prête à être une super grande sœur, Lex a fait du bon boulot ! ILY, RC »
-« Kate ? Kate Beckett ? » appela une voix surprise derrière elle.
-« Euh… Oui, » répondit la jeune femme en reconnaissant vaguement son interlocutrice sans pour autant parvenir à mettre à nom dessus.
-« Laura McAlester, enfin Thomson lorsqu’on s’est connu au lycée.
-« Oui ! Ca alors ! Mais qu’est-ce que tu fais là ? » sourit l’inspectrice avec plaisir.
-« Je viens chercher ma fille Alicia, comme tous les jours. Et toi ? »
-« Tu es la mère d’Alicia ? »
-« Oui, tu connais ma fille ? » s’étonna Laura McAlester.
-« En fait, je dirais que c’est ma fille Sarah qui a fait connaissance avec ton Alicia. »
-« La petite nouvelle est ta fille ? Cette petite Sarah qui a réussi à apaiser les angoisses alors que même son père et moi avons des difficultés à la calmer certains soirs ? Il faudra qu’elle me donne son secret ! »
-« Peut-être qu’elle la comprend tout simplement, » sourit Beckett en regardant les deux enfants jouer joyeusement. « Sarah a vécu des horreurs juste avant que mon mari et moi l’adoptions. »
Les deux mères virent Mademoiselle Honey se diriger vers les filles pour les avertir de leur présence. D’un seul et même mouvement, Sarah et Alicia se tournèrent vers elles et se précipitèrent dans leur direction aussi vite qu’elles le pouvaient. La plus âgée des deux se jeta littéralement dans les bras de sa mère en poussant un énorme soupir de soulagement.
-« Toi venir, toi venir vraiment ! »
-« Bien sûr Princesse. Je te l’avais promis et Papa te l’avait confirmé avec un Pinky Swear. Oh tu m’as manqué ! » sourit Beckett en serrant sa fille dans ses bras et déposant une multitude de baisers dans ses cheveux. « Et on m’a dit que tu avais été très gentille avec Alicia. Je suis fière de toi. »
-« Moi grande. Lesis dire moi ‘parer pour bébé. »
-« Tu es enceinte Kate ? » demanda alors Laura surprise.
-« Non, pas encore mais c’est dans les projets avec mon mari, » rougit la jeune femme en se mettant comme note mentale de parler à Alexis de ce qu’elle dit à Sarah.
-« Moi sage, moi voir Papa ‘tenant ? » demanda la fillette pleine d’espoir.
-« Il va falloir attendre un peu. On va d’abord rentrer, te donner ton bain et commencer à préparer à manger et puis, enfin, ce sera l’heure de voir Papa ! »
-« Pas zuste… Moi sage… » bouda Sarah.
-« Serait-ce une fille à Papa ? » sourit Laura avec indulgence.
-« Oh oui ! Et le fait qu’il soit parti pour son travail à l’autre bout du pays n’aide pas, » répondit avec un sourire Beckett avant de se tourner vers sa fille. « Dis donc, tu ne crois pas que tu pourrais arrêter de bouder un peu ? Tu as vu Papa ce matin, pas Alexis. C’est elle qui devrait être la plus triste ! »
-« Lesis pas vu Papa ? » demanda Sarah en ouvrant de grands yeux. « Oh… »
-« Allez, tu dis au revoir et à demain à Alicia, sa maman Laura et Mademoiselle Honey et on va rentrer. Il ne faudrait pas qu’on soit en retard pour notre rendez-vous avec Papa quand même ! »
Retrouvant son entrain, la fillette alla faire un bisou à la directrice de la crèche puis à Laura McAlester avant de faire un gros câlin à Alicia et de lui chuchoter quelque chose à l’oreille, faisant hocher gravement la tête à la fille. Elle glissa ensuite sa main dans celle de sa mère et la suivit à l’extérieur pour rentrer au loft. Une fois chez elles, Sarah se précipita vers l’escalier.
-« Où vas-tu comme ça jeune fille ? » appela Beckett en fronçant les sourcils.
-« Moi bain ! Vite Maman ! Papa pas attend’e ! »
Avec un tendre sourire aux lèvres, la jeune femme suivit sa fille et la retrouva dans sa chambre en train de baisser pantalon et culotte sans pour autant avoir retiré ses chaussures. Beckett s’approcha et se mit à sa hauteur avec un sourire.
-« Ca ne sert à rien de te presser comme ça Princesse. Si tu n’enlèves pas tes chaussures en premier, tu ne pourras jamais enlever ton pantalon… »
Avec patience, la jeune mère donna son bain à sa fille puis, après l’avoir mise en pyjama, elle l’enrôla pour la préparation du dîner, lui confiant de simples tâches. Lorsqu’Alexis arriva de sa première journée, elle les rejoint et ensemble elles passèrent un très agréable moment jusqu’à ce que la sonnerie du système de vidéoconférence ne se mette à sonner.
-« ‘ite ! ‘ite ! Papa attend’e ! » s’écria Sarah en voulant descendre de son tabouret.
-« Doucement jeune fille ! » intima Beckett. « Si tu te fais mal, tu ne pourras pas discuter avec Papa alors respire calmement, lave-toi correctement les mains et ensuite tu pourras rejoindre le bureau en marchant. »
Bon gré, mal gré, la fillette obtempéra mais, lorsque ses pieds touchèrent le sol, elle ne put s’empêcher de courir ce qui fit sourire Alexis alors que Beckett roulait des yeux.
-« En marchant j’ai dit ! »
-« Maman ! ‘pêche-toi ! Peux pas ‘pondre ! ‘iiiite ! » s’impatienta Sarah alors que la sonnerie s’arrêtait. « Oh… Non… T’op tard… Papa p’us là… »
-« Ne pleure pas Princesse, » fit alors la voix de Castle avant même qu’il n’apparaisse à l’écran. « Ca ne sonne plus parce que Maman ou Alexis a répondu à mon appel. »
-« Papa ! Moi sage aujou’d’hui ! Faire ‘opine à la c’èche ! »
-« Vraiment ? Bah alors tu vois ! Tout s’est bien passé et je suis sûr que Maman ne t’a même pas manqué ! »
-« Si un peu, » répondit la fillette en rougissant. « Moi aimer quand Maman a’’ivée. Faire gros câlin mais di’e quand même à demain à ma’moizelle Honey et Licia. »
-« C’est bien, je suis très fier de toi ! Et Licia c’est ta copine ? »
-« Mais aider elle quand elle pleuré. Et zouer avec elle aussi. »
-« Eh bien dis-donc, ta journée a été bien remplie alors ! » sourit Castle. « Et tu as fait quoi depuis que tu es rentrée ? »
-« Bain et p’éparé manger, » répondit fièrement Sarah.
-« D’accord ! Et si tu allais jouer un peu ? Mais reste dans le bureau, comme ça je peux toujours te voir tout en discutant avec Alexis et Maman, d’accord ? »
-« Toi pas pa’tir ? »
-« Quand l’heure sera venue pour moi de raccrocher, je te préviendrai. Comme ça, tu pourras m’envoyer un gros bisou ! »
-« P’omis ? »
-« Juré ! » affirma l’écrivain en levant sa main droite et souriant en voyant sa fille s’éloigner joyeusement. « Bon et toi Pumpkin, ta première journée de stage ? C’était bien ? »
-« Oui, le juge Daniels est très accessible et son assistante a commencé à m’expliquer le dossier sur lequel j’allais travailler pendant mes cinq semaines de stage. »
-« Quelque chose d’intéressant ? »
-« Une affaire qui pourrait te plaire mais, malheureusement, je n’ai pas le droit de t’en parler ! J’ai signé une clause de confidentialité… »
-« Quoi ? Mais comment je vais faire pour écrire l’intrigue du prochain Nikki Heat moi ? » s’offusqua Castle tout en ayant du mal à cacher son sourire.
-« Pff ! Avec Maman, tu as de quoi écrire une cinquantaine de Nikki Heat rien qu’avec votre première année de travail ensemble ! » répondit Alexis en roulant des yeux.
-« Ok ma fille, alors il va vraiment falloir que tu arrêtes de trainer avec ta mère parce que tu es en train de prendre toutes ses petites manies à commencer par rouler des yeux ! » soupira dramatiquement l’écrivain, digne du talent de sa mère.
-« Non mais je rêve là ! C’est pourtant toi qui étais heureux que je sois si proche de Maman ! Alors ne compte pas sur moi pour changer un iota ma relation avec elle ! »
-« Ok, ok, ok ! » se défendit le seul homme de l’assemblée. « Mais sinon, ça te plait ? Tu es heureuse ? »
-« Tout est parfait Papa et avoir Maman et Sarah autour de moi en ton absence m’aide à me sentir mieux et à mieux vivre ton absence. Et le stage va m’aider à faire mon choix pour l’université l’an prochain car tu sais que je ne sais toujours pas ce que je veux prendre… »
-« Alors emmagasine bien toute les informations que tu pourras rencontrer. Cela facilitera ta prise de décision. »
-« Je sais Papa, » sourit Alexis. « Bon je te laisse, je vais voir où en est le dîner. »
-« Tu sais, tu peux continuer à discuter avec ton père ma Grande, je vais aller.. »
-« Non Maman, toi aussi tu as envie et besoin d’avoir ton moment avec Papa alors profite-en ! » dit la rouquine en disparaissant.
-« Hey… » souffla Castle. « Comment vas-u depuis ce matin ? Pas trop dure ta première journée ? »
-« Hey… Un peu, je crois que j’ai légèrement tapé sur les nerfs des gars… C’est long une journée entière sans Sarah… »
-« Maman jusqu’au bout des ongles ! Vous me manquez toutes les trois… Et dis-moi, c’est qui cette Licia avec qui Sarah a sympathisé ? »
-« C’est une petite de dix-huit mois qui s’appelle Alicia et tu vas rire, c’est la fille d’une connaissance de lycée que j’avais perdu de vue depuis un bye et dont le mari est flic au 12e ! C’est la puce avec qui Sarah jouait sur la photo que je t’ai envoyé tout à l’heure. »
-« Tu m’as manqué la nuit dernière… »
-« Toi aussi… Je t’ai cherché ce matin avant de réaliser que tu étais à l’autre bout du pays. Mais j’ai souri en repensant à comment je me suis endormie… Dans le t-shirt que tu m’as laissé avec ton odeur, en discutant avec toi en facetime et en imaginant tes bras autour de ma taille… »
-« Ca a été plus dure pour moi. Je n’allais pas te réveiller pour que tu m’aides à m’endormir… Alors j’ai ouvert le petit flacon de ton gel douche à la cerise et j’en ai versé un peu sur un coin de mon oreiller. Je l’ai senti en regardant la photo de ma famille jusqu’à ce que le sommeil me gagne à trois heures du matin passé… »
-« Oh Rick… »
Le couple discuta encore pendant une bonne demi-heure jusqu’à ce qu’Alexis arrive pour annoncer que le repas était prêt. Les filles souhaitèrent une bonne nuit à Rick avant de couper la conversation à regret. Le reste de la soirée se passa avec douceur et tendresse pour tous les membres de la famille, qu’ils se trouvent sur la côte Est ou sur la côte Ouest.
Chapitre 168 : Un revenant
Deux jours plus tard, alors que la journée touchait enfin à sa fin, Beckett vit soudain apparaître dans son champ de vision une silhouette connue.
-« Josh ? »
-« Kate… Euh… Je peux te parler ? »
La jeune femme fit une drôle de tête et regarda l’heure : dix-huit heures trente. Si elle ne partait pas tout de suite pour récupérer sa fille, elles ne seraient jamais à l’heure pour l’appel de Castle…
-« C’est vraiment important ? »
-« S’il te plait Kate… »
-« Bon… Suis-moi, » soupira Beckett en attrapant ses affaires et en s’arrangeant pour mettre son alliance en évidence. « Les gars à demain ! »
-« Tout va bien Boss ? » ne put s’empêcher de demander Esposito en fusillant Josh du regard. « Besoin d’un coup de main ? »
-« Ca vous dit qu’on se retrouve chez moi ce soir avec Lanie et Jenny ? Je ne me sens pas de rester seule avec les filles et… »
Beckett ne finit pas sa phrase mais désigna discrètement le médecin. Les deux inspecteurs comprirent de suite.
-« Pas de problème. Et on apporte le dîner, » sourit Ryan. « A tout à l’heure ! »
Sans un regard pour Josh et se moquant complètement qu’il la suive ou pas, la jeune femme se dirigea d’un pas rapide en direction de la crèche. Surpris de sa destination, Josh ne dit pourtant rien, comprenant que son ex avait d’autres choses en tête pour le moment.
-« Bonjour Amanda ! » salua Beckett. « Comment ça s’est passé aujourd’hui ? »
-« Parfaitement bien Détective. La petite s’est vraiment bien intégrée au groupe et reste très protectrice via-à-via d’Alicia. D’ailleurs sa mère m’a demandé de vous dire que, depuis qu’elle avait rencontré Sarah, sa fille avait moins de difficultés à s’endormir le soir ! Elle est ravie. »
-« Très génial pour elle et son mari ! Et sinon, où est Sarah ? »
-« Dans la salle de jeux mais elle fixe l’heure depuis un moment son lapin serré contre son cœur… »
-« Alors je file la chercher ! Je suis plus tard aujourd’hui et je sais qu’elle doit avoir peur de rater l’appel de son père… »
-« Oh… Alors ce n’est pas… » fit Jenny en désignant Josh que Beckett avait complètement oublié.
-« Non, ce n’est pas ! Tu ne pouvais pas m’attendre dehors Josh ? » soupira la jeune femme avant de sourire en coin en pensant intérieurement : « S’il n’avait pas compris en voyant mon alliance, la présence de Sarah va sûrement lui permettre de mettre toutes les informations bout-à-bout et de comprendre que j’ai définitivement tourné la page ! »
Dès que Beckett s’avança dans la salle de jeux, Sarah la vit et se précipita dans ses bras aussi vite que ses petites jambes le lui permettait.
-« Maman ! »
-« Hey Princesse ! Comment s’est passé ta journée ? »
-« Bien, » répondit la fillette avec un sourire avant de froncer les yeux. « Toi tard… »
-« Ne t’en fais pas, tu auras tout le temps de voir Papa. Allez, on y va ! » sourit la jeune femme en se retournant pour partir et trouvant sur son chemin Josh, les yeux écarquillés et la bouche bée.
-« Maman ? » parvint-il à articuler.
-« Sarah, Princesse, je te présente Josh. C’est un… Ami de Maman et il connait aussi Papa ainsi qu’une bonne partie de la famille. Josh, je te présente ma plus jeune fille Sarah. »
-« Maman, Zosh bizarre… Pourquoi lui pas parler et zuste bouger bouche ? »
-« Je pense que c’est parce qu’il est très surpris. »
-« D’accord. Maison ‘tenant ? »
-« Oui on y va. A demain Amanda ! »
-« Demain ! » lança joyeusement Sarah. « Et demain Papa là ! »
-« Quoi ? Mais qu’est-ce que tu racontes ma Princesse ? Papa ne rentre pas avant cinq dodos… »
-« Mais toi dire Papa rentrer dans six dodos quand parti… Et moi dormi cinq dodos ‘éjà donc Papa maison demain ! » répondit la fillette avec sa logique d’enfant.
-« Bah non Sarah, Papa ne sera pas là avant samedi matin… » confirma Beckett en fronçant les sourcils. « Quand on disait cinq dodos, on parlait des grands dodos, entre le goûter et le petits déjeuner… »
-« Alors Papa pas ‘entrer ? » demanda l’enfant alors que ses yeux se remplissaient de larmes et que sa lèvre inférieure se mettait à trembler.
-« Un peu plus tard que ce que tu pensais Princesse mais je te promets que Papa sera bientôt de retour, » expliqua la jeune femme en réconfortant au mieux sa fille.
Une fois sur le trottoir, Josh posa sa main sur le bras de son ex.
-« Kate, il faut vraiment que je te parle… C’est important… »
-« Ecoute Josh, comme tu vois, ce n’est pas vraiment le moment ! Ma fille est fatiguée et en plus elle est triste parce que son père ne rentre pas ! »
-« Mais… »
-« Tu veux me parler ? Très bien ! » s’énerva Beckett en lui jetant ses clés de voiture. « Tiens, conduis-nous à la maison ! Autant que tu te rendes utile vu que tu as décidé de rester ! »
-« Euh… Kate, » fit Josh mal à l’aise. « Tu habites où maintenant ? Je sais que ce n’est pas dans ton appartement puisque j’ai essayé d’aller t’y voir. »
Beckett lui donna donc son adresse et s’installa à l’arrière, auprès de Sarah qui était inconsolable. Sentant bien que ce n’était toujours pas le moment, Josh resta silencieux tout en observant la mère et l’enfant via le rétroviseur. La jeune femme avec laquelle il avait passé plusieurs mois de sa vie était faite pour être mère… Il n’en avait jamais rien su…
-« Kate, je me gare où ? » demanda Josh en arrivant à l’adresse indiquée par la jeune femme.
-« Mets-là en double file, Franck s’occupera de la mettre au garage, » répondit Becket en détachant sa fille et en la prenant dans ses bras pour sortir.
Josh observa autour de lui en s’étonnant du standing de l’immeuble et suivit son ex à l’intérieur. Elle salua amicalement l’homme qui se tenait dans le hall puis prit l’ascenseur en direction du 5e étage.
-« Alors c’est ici que tu habites ? »
-« Oui, depuis plusieurs mois maintenant. »
L’ascenseur arriva à l’étage et Beckett se dirigea vers la porte du loft, une Sarah toujours inconsolable dans les bras et Josh sur les talons. Elle pénétra dans le loft et Motocycle Boy l’y suivit sans y avoir été invité ce qui provoqua à roulement d’yeux réprobateur. Sans un mot, elle prit la direction du bureau où elle entendait les voix de Castle et Alexis qui discutaient déjà.
-« Regarde Princesse, Papa est là ! Et si tu allais rejoindre Lex pour discuter avec lui de ce qui te rend si triste ? »
Sarah hocha doucement la tête et, une fois que Beckett l’eut posé au sol, s’avança vers sa sœur en lui tendant les bras. Comprenant rapidement que quelque chose n’allait pas, Alexis la prit dans ses bras avant de voir le regard figé et fermé de son père. Elle se tourna alors vers l’entrée du bureau et resta bouche-bée.
-« Kate, on peut parler maintenant ? » demanda le médecin en posant une main sur l’avant-bras de son ex.
-« Qu’est-ce que tu veux Josh ? » soupira la jeune femme en se dégageant.
-« Je… J’ai fait la plus grosse bêtise de ma vie le jour où j’ai accepté de te laisser partir loin de moi. Je t’en prie… Reviens… Tu me manques… »
-« Josh, au cas où tu ne l’aurais pas encore remarqué, je suis mariée et heureuse. »
-« Mariée ? Quoi ? Mais… Qui ? »
-« Ouvre un peu tes yeux et tu comprendras de suite. »
Pour la première fois depuis qu’il était arrivé au poste de police, Josh regarda attentivement Beckett tout d’abord puis le lieu dans lequel il se trouvait avec elle. Les bras croisés devant elle et à sa main gauche étinceler un solitaire simple mais superbe et juste à côté une alliance qui avait dû coûter une petite fortune. Il releva ses yeux pour rencontrer ceux de son ex dans lesquels brillait une lueur juste là inconnue. Puis il nota la montagne de livres qui l’entourait et enfin l’adolescente, Sarah dans les bras, debout en silence devant un écran sur lequel le visage ému et en larmes de l’écrivain Richard Castle.
-« Alors tout ce temps, toi et lui ? »
-« Jamais quand on était ensemble. Je t’ai toujours été fidèle mais je ne suis la femme que d’un seul homme et cet homme c’est lui. Rick. Et tu vois Alexis et Sarah ? Ce sont mes filles, tout autant que celles de Castle. »
-« Tu es heureuse ? »
-« Comme si toutes les pièces s’étaient enfin remises à leurs places, places dont elles n’auraient jamais dû être déplacées. Je me sens complètement alors oui, je suis heureuse ! »
-« Prends soin de toi Kate et de ta famille. Je vous souhaite tout le bonheur possible ensemble, » dit Josh avec un sourire triste et en se tournant vers la sortie. « Ce n’est pas la peine de me raccompagner, je vais trouver la sortie. »
-« Josh ! » l’appela Beckett. « J’espère de tout mon cœur que tu trouveras toi aussi ta ‘one and done’ et que tu connaitras le même bonheur que moi. »
Alors que le médecin quittait le loft la tête basse, le jeune femme prit une profonde et fit face à sa famille. Alors qu’elle s’attendait à rencontrer le visage d’un Castle furieux, elle fut surprise de le découvrir souriant aux travers de ses larmes.
-« Je t’aime Kate ! »
-« Moi aussi Rick. Désolée pour tout ça… Le retard, Sarah mais surtout Josh… »
-« Je veux bien qu’il revienne demain si c’est pour entendre à nouveau une telle déclaration d’amour ! »
-« Richard Castle ! » sourit Beckett en roulant des yeux. « Et si au lieu de dire des âneries, tu réconfortais ta petite dernière qui était persuadée, malgré la frise que tu lui a faite, que tu rentrais demain matin… »
-« Bah alors Princesse ! Pourtant avec Maman et Alexis, on t’avait tout bien expliqué, non ? » s’étonna Castle en penchant sa tête sur le côté pour mieux la voir.
-« Toi pas rentrer ? » sanglota Sarah en lui lançant un regard plein de détresse.
-« Pas demain mais dans deux jours et on ira tous ensemble au mariage d’Oncle Kevin et Tante Jenny ! Ca va être super, non ? »
-« Moi veux Papa et histoi’e ! » s’entêta la fillette alors qu’une nouvelle vague de larmes la submergeait. « Pas ‘cran ! ‘cran pas faire câlin ! »
Sur ce, la fillette s’arracha des bras de sa sœur et partit en courant et en pleurant en direction du salon. Elle se jeta sur le canapé et enfuit sa tête dans le coussin pour pleurer à chaudes larmes.
-« Je suis désolée Rick mais je vais aller m’occuper de Sarah. Et rassure-toi, nous ne seront pas seules ce soir. Lanie, Espo, Ryan et Jenny viennent et apportent avec eux le repas. Enfin le nôtre car Ryan et Jenny font une cure afin de commencer leur vie maritale sein… Je ne suis pas sûre que Kevin y survive ! »
-« D’accord. Tu m’envoies un message pour me donner des nouvelles plus tard ? »
-« Promis mon Amour ! »
Chapitre 169 : Rien ne va plus…
Lorsque leurs amis arrivèrent avec le dîner une demi-heure plus tard, Alexis leur ouvrit la porte avec un sourire triste.
-« Tout va bien ? » s’inquiéta immédiatement Esposito.
-« C’est Sarah. Elle était persuadée que Papa rentrait demain et, depuis qu’on lui a expliqué qu’il ne serait pas de retour avant samedi matin, elle est inconsolable…. Ca me fait mal au cœur et Maman ne sait plus quoi faire mise à part la serrer dans ses bras en lui murmurant des paroles douces… »
-« Ok, » fit Lanie en entrant dans le loft et s’approchant du canapé pour se mettre à la hauteur de la mère et l’enfant. « Et bien Princesse, en voilà un gros chagrin ! »
-« Moi vouloir Papa, » se remit à appeler désespérément Sarah ce qui brisa le cœur de toutes les personnes présentes.
-« Je me doute que ça ne va pas te réconforter plus que ça mais regarde ce que j’amène ? » sourit Esposito en s’avançant à son tour. « Des macaronis au fromage ! Et j’ai été les prendre dans ce petit endroit où tu les as temps aimé ! »
-« Merci Baby, » hoqueta la fillette en lui tendant la main. « Papa pas là… Moi sage pou’tant… »
-« Je sais que c’est dur Princesse mais je te promets que ton papa sera de retour très bientôt ! Il ne manquerait le mariage d’oncle Kevin et de tante Jenny pour rien au monde ! »
-« Demain ? » s’entêta l’enfant d’une voix pleine d’espoir.
-« Non Sarah, samedi… » répondit tristement le latino en voyant de nouveau le visage de la fillette se décomposer devant lui. « Je suis désolé Kate, je ne pensais pas qu’elle… »
-« Ne t’en fais pas Javi. J’ai moi-aussi découvert sa logique de petite fille têtue. La prochaine fois, Rick et moi feront attention à comment nous lui présenterons la chose… »
Leurs amis restèrent deux bonnes heures pendant lesquelles la fillette ne quitta pas les bras de sa mère, les larmes toujours à deux doigts de couler.
-« Bon, ce n’est pas tout mais on bosse tous demain et il commence à se faire tard. »
-« Oh ! Com’on Bro ! Il n’est que vingt-et-une heure ! » s’exclama Esposito.
-« Peut-être Baby mais le temps qu’on rentre et surtout il est largement l’heure d’aller au lit pour Princesse ! » intervint Lanie avec un sourire.
-« Et mon petit doigt me dit que ça ne va pas être simple de coucher Sarah…. » fit Jenny. « Si tu as besoin de quoi que ce soit Kate, parler ou que je vienne te donner un coup de main, n’hésite pas à appeler. Je suis en congés toute la semaine pour finir les préparatifs du mariage. »
-« Merci Jenny, c’est très gentil mais je ne voudrais pas te mettre en retard ! Et puis tu as ta famille à t’occuper… »
-« Oh contraire ! Ca me fera des vacances ! Ma mère a élu domicile chez nous et elle n’en finit pas de m’embêter avec des détails qui sont déjà réglés depuis plusieurs semaines ! Je n’en peux plus ! »
-« Alors je n’hésiterai pas à faire appel à toi Jenny. Merci pour tout. »
Une fois seules, Beckett prit sa petite dernière dans ses bras et commença à monter à l’étage mais la fillette se remit à pleurer de plus belle. N’en pouvant plus et souffrant elle-aussi de l’absence de son mari, la jeune femme fit demi-tour et se dirigea vers sa chambre.
-« Si tu veux Lex, tu peux toi-aussi te joindre à nous. Je sais que les larmes de ta sœur ont autant attaqué ton moral que le mien… »
-« Merci Maman, je monte me changer et je reviens. J’en profiterai pour descendre le pyjama de Princesse. »
Quelques minutes plus tard, elles étaient toutes les trois couchées dans le lit parental, Beckett à la place de Castle, Alexis à sa place et Sarah entre elles deux. La fillette ne mit pas plus de quelques minutes pour s’endormir malgré les larmes qui coulaient toujours en abondance sur ses joues.
-« Maman ? » appela l’adolescente faisant ainsi se redresser vers elle le visage de sa mère. « Tu sais, maintenant qu’elle dort, tu peux te laisser aller à ta tristesse… »
-« Je suis l’adulte ici… Je ne veux pas… »
-« Maman, je suis triste et tu l’es tout autant que moi. Papa nous manque à toutes les deux autant qu’à Sarah. Je suis grande, tu n’as pas à être forte devant moi, » la coupa la rouquine alors qu’une première larme s’échappait de ses yeux.
-« Oh ma Grande ! » s’exclama Beckett en tendant son bras vers elle pour poser une main réconfortante sur sa joue. « Il faut se dire qu’on n’a jamais été aussi prêt de le revoir que maintenant… »
-« Je sais tout ça mais j’ai moi aussi envie de me blottir dans ses bras… »
Les larmes d’Alexis redoublèrent et la jeune femme sentit la muraille qu’elle avait jusque là réussie à maintenir s’effriter doucement mais sûrement. Une première larme s’échappa de la commissure de ses yeux bientôt suivie d’une autre et encore une autre. Alors que les yeux d’Alexis se fermaient et qu’elle sombrait à son tour dans un sommeil tourmenté, Beckett se leva doucement de lit en faisant tout pour ne pas déranger ses filles et se dirigea sur la pointe des pieds vers le bureau après avoir pris dans la salle de bain la robe de chambre de Castle. Elle se blottit à l’intérieur avant de se pelotonner dans le fauteuil de son écrivain de mari et laissa enfin libre court à sa tristesse. Elle finit par s’endormir à fond de force et de larmes roulée en boule. Elle se réveilla en sursaut sur les coups de trois heures du matin, complètement désorientée.
-« Maman… » pleurait à chaudes larmes Sarah. « Maman… »
Beckett se leva précipitamment et grimaça en sentant un torticolis naissant dû à sa mauvaise position mais elle n’en tint pas compte car sa fille faisait un mauvais rêve.
-« Shh Princesse… Je suis là, » souffla la jeune femme en prenant place dans le lit.
-« Toi partie… Comme Papa… Moi seule… » sanglota la fillette en se blottissant dans ses bras. « Moi veux Papa aussi… »
-« Pour Papa, il faut attendre encore un peu ma Chérie, » répondit avec patience et douceur Beckett en caressant doucement les cheveux de sa fille. « Il faut dormir maintenant… »
-« Toi pas parti’ hein ? » demanda Sarah en plongeant ses yeux humides dans ceux de sa mère.
-« Je te promets que je ne partirai pas ma Princesse. Tu peux rejoindre le pays des rêves en toute tranquillité. »
Une fois Sarah et Alexis rendormies, la jeune femme mit beaucoup de temps à retrouver le sommeil et, lorsque son réveil sonna le lendemain matin, elle eut l’impression qu’elle venait juste de fermer les yeux. Dès son arrivée au poste, Gates remarqua les cernes qui obscurcissaient les yeux de son inspectrice de belle-fille. Aussi appela-t-elle Ryan dans son bureau, le sachant plus enclin à parler qu’Esposito.
-« Vous m’avez demandé Sir ? » demanda l’inspecteur en pénétrant dans le bureau.
-« Oui. Entrez, fermez la porte et venez-vous assoir s’il vous plait. »
Ryan obéit et prit place mal à l’aise.
-« Je ne vais pas vous manger Kevin, » sourit Gates. « Je vous ai demandé de venir en temps que membre de la famille. Je suis inquiète pour Kate et je sais qu’elle ne me dira rien avant d’arriver au bout du rouleau. Déjà hier j’avais remarqué qu’elle était plus fatiguée et plus nerveuse mais, ce matin, j’ai peur que ce soit pire que tout. Savez-vous ce qui se passe ? »
-« Euh… »
-« Vous pouvez parler librement Kevin, je me fais juste du souci pour celle que j’ai appris à aimer comme ma fille… »
-« Je sais que Kate souffre de l’absence de Rick même si elle fait tout pour le cacher mais hier soir Sarah était inconsolable. Elle croyait que son Papa rentrait aujourd’hui, elle en était persuadée et du coup ça a été très dur. Même Espo n’a pas réussi à lui arracher un sourire alors que c’est son grand copain… Kate a tenu le coup au maximum mais je suis intimement persuadé qu’une fois seule elle a craqué et a laissé libre cours à sa peine. »
-« Bon, il faut absolument faire quelque chose ! Allez me chercher Esposito. Pendant ce temps, j’appelle Jim et Martha. A nous cinq nous aurons peut-être une idée. »
Une demi-heure plus tard, Beckett était perdue dans ses pensées tout en fixant le siège de son mari aussi ne remarqua-t-elle pas le véritable conseil de guerre qui se tenait dans le bureau de sa supérieure hiérarchique. En effet, Ryan, Esposito et Gates étaient en ligne avec Jim, Martha Lanie et Jenny. Alexandre ne pouvait pas se joindre à eux car il était sur une intervention chirurgicale.
-« Il faut vraiment qu’on fasse quelque chose pour eux, » dit Gates d’entrée. « Si ça continue comme ça, demain Beckett sera sur les rotules mais trop têtue pour prendre un jour de congés et ce week-end elle ne pourra pas profiter du mariage de Kevin et Jenny. Ce serait dommage quand même ! »
-« Et, si vous voulez mon avis, Richard sera plus ou moins dans le même état, » intervint Martha. « Alexandre et moi l’avons eu hier soir au téléphone après qu’il ait eu sa famille et il n’était pas au mieux de sa forme… »
-« Je confirme, » dit Jenny. « Il est en ce moment même en direct sur un talk show et, moi qui le connait un peu, je sens bien qu’il fait tout pour donner le change mais le maquillage ne suffit pas à cacher ses cernes… »
-« Bon alors on fait quoi ? » lança Lanie. « Le plus radical serait de les envoyer Kate, Sarah mais aussi Alexis à Los Angeles. Vous pensez que c’est possible Vi… Euh Capitaine ? »
-« Lanie, en ce moment on est en famille donc c’est Victoria ! » sourit Gates. « Et en ce qui concerne une absence de Kate, Kevin, Javier, vous pensez que vous pouvez pendre en charge un partie de son travail ? Au besoin, je suis prête à vous apporter le soutien d’un officier. »
-« Pas de problème si ça peut rentre le sourire aux filles ! » répondit immédiatement Esposito alors que Ryan hochait affirmativement la tête.
-« Très bien, » sourit la métisse. « Bon maintenant on s’organise comment ? »
-« Jim, pouvez-vous aller chercher Alexis à son stage si je te donne l’adresse et la ramener au poste ? Pendant ce temps je réserve trois places sur le vol de midi trente-cinq au départ de JFK. Par contre, je ne peux pas passer faire leurs bagages car j’ai un cours… »
-« Vous pouvez me faire livrer les billets par coursier aussi vite que possible ? » demanda Gates.
-« Je suis déjà en train d’envoyer un mail à l’agence de voyage qu’on utilise actuellement, » sourit Martha. « Dès que je raccroche, je les appelle pour soigner les derniers détails et m’assurer de leur discrétion. »
-« Jenny, tu veux bien m’accompagner chez Rick et Kate pour faire les bagages des filles ? » demanda alors Lanie. « Enfin si vous m’autorisez à m’absenter Sir… »
-« J’appelle immédiatement votre chef pour le prévenir que j’ai besoin de vous Lanie. Maintenant que tout le monde file à sa tâche ! On se retrouve tous ici dans… Disons une heure. C’est faisable ? »
Tout le monde acquiesça et se mit à la tâche qui lui avait été assignée et, comme convenu, une heure plus tard, Jim passait les portes de l’ascenseur en compagnie d’une Alexis perdue et inquiète.
-« Mais tu vas me dire à la fin ce qui se passe Pops ? » s’énerva la jeune fille faisant se relever la tête de Beckett.
-« Lex ? Papa ? Mais… Qu’est-ce que vous faites ici ? » s’inquiéta la jeune femme en se levant au moment où la porte de l’escalier s’ouvrait sur Esposito portant Sarah dans ses bras. « Oh mon Dieu ! C’est Rick ! Il est arrivé quelque chose à Rick, c’est ça ? »
-« Detective Beckett, » tonna alors la voix de ‘Iron’ Gates. « Dans mon bureau avec votre famille au sens large ! »
Tremblante, Beckett prit sa petite dernière dans ses bras et lia sa main à celle de son aînée avant de pénétrer dans le bureau de sa supérieure suivie de tout le monde, y compris Lanie et Jenny qu’elle n’avait pas vu arriver. Ryan, qui fermait la marche, referma la porte derrière lui.
-« Essayez-vous les filles, » sourit Victoria en prenant place dans son fauteuil, Jim à ses côtés. « Si nous vous avons fait vernir ici c’est parce que… »
-« Rick a un problème ? » ne put s’empêcher de la couper Kate.
-« Katie, ton mari va bien, aussi bien que toi et les filles tout du moins. C’est pour ça que nous avons décidé de faire en sorte que vous puissiez toutes les trois le rejoindre dès aujourd’hui pour lui faire la surprise. Votre avion décolle dans deux heures et demie. Lanie et Jenny sont allées vous préparer vos affaires et Jim va vous conduire à JFK. »
Beckett et Alexis échangèrent un regard incrédule avant de regarder tous les membres de leur ‘famille’ présents, stupéfaites.
-« Mais… Et mon stage ? Et le travail de Maman ? »
-« J’ai contacté ton maître de stage Alexis et tout est arrangé. Quand à ta mère, n’oublie pas que je suis sa supérieure. Autant que ça lui apporte quelques avantages par moment… »
-« Allez, en route ! » lança Jim en claquant des mains. « Il ne faudrait pas que vous manquiez votre avion quand même ! Après tout le mal qu’on s’est donné ? »
-« Aller où Maman ? » demanda timidement Sarah.
-« C’est une surprise ! » sourit Beckett en retrouvant sa voix et sa bonne humeur, ne souhaitant pas rendre sa fille impatiente. « En route et merci ! Merci pour tout ! »
Chapitre 170 : Retrouvailles à Los Angeles
Il était quinze heures vingt-sept heure locale quand l’avion qui transportait les trois filles Castle atterrit à l’heure prévue à l’aéroport de LAX. Pendant qu’Alexis récupérait leurs bagages, Beckett installa la fillette endormie dans sa poussette.
-« Tu crois qu’elle va réagir comment en voyant Papa ? » demanda Alexis en jetant un regard tendre à sa petite sœur alors qu’elle apportait leur second et dernier bagage.
-« Comment tu réagissais toi petite quand tu revoyais ton père après quelques jours de séparation ? »
-« Je lui sautait littéralement dessus ! Et sans me soucier de l’endroit où nous étions… » sourit la rouquine nostalgique. « J’ai d’ailleurs fait quelques gaffes… »
-« J’imagine très bien, » répondit Beckett avant de froncer les sourcils. « Dis-moi ma Grande, ce ne serait pas Paula là-bas ? »
-« Si, tu as raison et visiblement elle nous cherche… » fit Alexis en la voyant s’approcher en faisant un signe en leur direction. « Bonjour Paula, que fais-tu ici ? »
-« Martha m’a mise dans la confidence. Venez, nous allons faire la surprise à Rick à la fin de sa conférence de presse ! Juste le temps d’y aller et ce sera parfait ! »
-« Où est Gina ? Avec lui ? » demanda la jeune femme mal à l’aise.
-« Elle avait un autre impératif aujourd’hui. Elle ne revient que demain. Vous l’aurez donc rien que pour vous trois ! Le voyage a été bon ? » demanda l’attachée de presse de l’écrivain en les conduisant à la voiture qui les attendait.
-« Oui merci ! » répondit Beckett en retrouvant le sourire. « Je crois que je ne vais pas avoir de mal à m’habituer à voyager en classe affaires ! »
Les trois jeunes femmes rigolèrent et, pendant que Beckett installait Sarah délicatement dans son rehausseur, Paula et Alexis chargeaient les bagages dans le coffre. Puis les trois femmes prirent place dans le véhicule qui démarra aussitôt. Moins de quarante-cinq minutes plus tard, elles pénétraient dans le fond de la salle où se tenait la conférence de presse. Alexis et Beckett s’assirent tranquillement et la jeune femme prit une Sarah encore endormie dans ses bras. Pendant ce temps, Paula rejoignit Castle qui lui lança un regard noir.
-« J’en reviens pas que tu m’aies lâché seul au milieu de ces fauves ! » souffla-t-il entre ces dents avant d’adresser un sourire de circonstance aux journalistes.
-« Mesdames et Messieurs les journalistes, je pense qu’il est temps de poser une dernière question à Richard, » sourit Paula en donnant la parole à une jeune femme.
-« Miranda Watson de US Weekly, » se présenta la jeune femme blonde en battant des cils en direction de l’écrivain. « Je sais que vous vous êtes montrés très clair quand à la protection de votre vie privée mais… Je me lance au risque de recevoir votre foudre. Tout le monde a remarqué que vous sembliez différent, plus épanoui et que vous portez une magnifique bague alors… Y aurait-il une nouvelle Madame Castle ? »
-« Comme je vous ai déjà expliqué à plu… »
-« Papa ! » coupa alors une petite voix encore endormie en échappant à la garde de sa mère.
Sarah, car c’était elle qui venait de se réveiller au son de la voix de son père, se précipita sur le devant de la salle, escalada l’estrade et se jeta dans les jambes de Castle, les enroulant de ses petits bras et serrant fort.
-« Papa ! Papa ! Papa ! » répétait inlassablement la fillette telle une litanie.
-« Sa… Sarah ! Mais… Qu’est-ce que tu fais là ? » s’exclama Castle incrédule. « Et où est ta mère ? »
-« Papa ? Sa mère ? » murmurèrent plusieurs journalistes pas très discrètement faisant sortir Castle de sa stupeur.
-« Si vous voulez bien m’excuser, j’ai une petite chose à régler. Je suis à vous dans quelques minutes, » fit l’écrivain en se levant pour prendre sa fille dans ses bras et la serrer contre son cœur.
Il descendit de l’estrade et, après avoir remarqué le sourire et le geste de Paula, il prit la direction du fond de la salle. Dès il aperçut Beckett et Alexis, Castle accéléra le pas, un immense sourire aux lèvres. La rouquine se leva et se précipita à son tour dans les bras de son père.
-« Oh Papa… Tu m’as manqué… » souffla l’adolescente.
-« Toi aussi Pumpkin, toi aussi. »
Par-dessus les têtes de ses filles, Castle croisa le regard plein d’amour et de douceur de sa tendre épouse et murmura silencieusement un ‘je t’aime’ plein d’émotions. Les yeux de Beckett se remplirent alors de larmes et elle s’approcha timidement de sa famille. Sentant l’hésitation de sa mère et l’envie de son père, Alexis s’écarta suffisamment pour laisser une place à la jeune femme entre sa sœur et elle. Avec un sourire, Beckett prit sa place au milieu de sa famille et oublia tout ce qui les entourait. Instinctivement, le couple se rapprocha l’un de l’autre et échangea un baiser riche en émotions. Lorsqu’ils se séparèrent, ils restèrent front contre front, les fronts des filles venant se blottir contre eux.
-« La prochaine fois, je vous embarque avec moi… » souffla Castle. « Qu’il y ait une enquête ou des examens, je m’en fiche ! Je vous kidnappe toutes les trois avec moi… »
-« Rick, » sourit Beckett. « On va bien finir par trouver notre rythme entre notre famille et nos différents engagements. Laisse-nous le temps d’être nous avant de nous kidnapper… »
L’écrivain vola un nouveau baiser à son épouse avant de respirer profondément cette odeur de cerises qui lui avait tant manqué. Ils restèrent un long moment dans les bras les uns des autres, se murmurant des paroles douces, échangeant des baisers.
-« Tu es prête ? » demanda au bout d’un long moment Castle en captant la voix de Paula.
-« Autant que l’on puisse l’être mais l’essentiel c’est qu’on soit ensemble toi, moi et les filles. C’est tout ce qui compte pour moi. »
-« Alors on y va, » sourit l’écrivain en déposant un dernier baiser sur ses lèvres de sa femme.
Il raffermit sa prise autour de ses filles et Beckett s’accrocha à Alexis en affichant sa ‘poker face’ et un sourire de circonstance. Ensemble ils remontèrent la salle et gravirent les trois marches de l’estrade avant de faire face à la horde de journalistes aux yeux ébahis.
-« Je vais répondre à votre question Mademoiselle… Watson, c’est bien ça ? » affirma Castle en direction de la jeune femme qui acquiesça en rougissant. « Comme vous l’avez déjà pressenti, il y a eu de grands changements dans ma vie. Vous connaissez déjà Alexis ma fille ainée, laissez-moi maintenant vous présenter ma femme, Kate, et notre fille Sarah que nous avons adoptée. »
-« Excusez-moi mais… Vous êtes Nikki Heat ? » demanda un journaliste en retrouvant sa voix.
-« Non, » répondit Beckett en lançant un regard noir à son écrivain de mari avant de faire face aux journalistes et d’affirmer avec un sourire. « Je suis Kate Castle. »
-« Vous avez fait le choix de prendre le nom de votre mari ? »
-« Bien sûr ! Pourquoi ne le ferais-je pas ? J’espère que vous n’y voyez pas un problème vous parce que moi non. »
-« Ni moi, » affirma Castle. « J’ai enfin trouvé la femme qui me rend heureux et qui me complète. Je tiens à préciser que je souhaite toujours conserver ma vie privée et que les consignes qui vous ont été données sont toujours d’actualité. »
-« Madame Castle, allez-vous continuer à exercer votre profession ? »
-« Pourquoi changerai-je quelque chose à ma vie ? Mon travail m’a permis de rencontrer Rick et, pendant les quatre dernières années, nous avons appris à fonctionner ensemble. »
-« Mais cela ne va pas être trop dur avec les enfants… »
-« Comme nous l’avons déjà expliqué à une assistance sociale et à un juge pour enfant, ce n’est pas parce que ma femme est une inspectrice de la police de New York que nous n’avons pas le droit d’avoir une famille. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser, j’aimerai beaucoup profiter de ma famille ! »
Castle invita sa famille à descendre quand Miranda Watson se leva d’un bond.
-« Attendez ! Monsieur Castle ! Quand vous êtes vous marié ? Quand avez-vous officiellement adopté la petite Sarah ? Pourrons-nous avoir quelques photos ? Une interview peut-être ? »
-« Nous nous sommes mariés le 24 décembre dernier dans la plus strict intimité et ce même jour Sarah est devenue notre fille, » lança Beckett en jetant un regard amoureux à Castle.
-« Et ce jour-là, Kate est officiellement devenue ma Maman. Sachez que j’aime et je respecte ma première Maman, Meredith, » ajouta Alexis.
-« Quand aux photos, voyez avec Paula. Nous avons sélectionné quelques clichés officiels ! » finit l’écrivain avant de conclure. « Quant à une éventuelle interview, ce n’est pas à l’ordre du jour ! Merci pour tout ! »
Sans un mot de plus, la petite famille quitta la salle de presse pour rejoindre leur suite pour des retrouvailles plus intimes.
-« Je n’en reviens pas que tu aies fait installer un tableau ! » s’exclama Beckett en pénétrant dans la suite. « La dernière fois, je comprends mais là tu es en promotion pas sur une enquête, même illégale… »
-« Je suis d’accord avec toi mais ça me rappelle la fois où tu étais ici avec moi, il y a un an environ… Et puis, ça m’a permis de travailler sur la trame de l’histoire promise à Sarah… »
-« Toi faire histoi’e moi ? » demanda alors la principale intéressée les yeux pétillants de joie et de fierté.
-« Bien sûr ! Et si tu es sage, je te la lirai après le diner. »
Pendant que Beckett commandait leur repas au room service, Alexis poussa la table basse dans un coin.
-« Que fais-tu Pumpkin ? » s'étonna Castle en la regardant faire.
-« On a toujours eu pour habitude de faire un pique-nique de retrouvailles, je n'ai pas envie qu'on déroge à la règle maintenant qu'on est une vraie famille. »
Avec un sourire, l'adolescente s'assit sur le tapis aussitôt rejointe par son père et sa sœur. Ensemble, ils se mirent à discuter : Sarah raconta la crèche, Alexis lui parla de son stage. Ils rattrapaient le temps perdu et profitaient les uns des autres. Beckett ne les rejoignit qu’à partir du moment où leur repas fut livré mais elle décida de rester en retrait afin de permettre aux filles de profiter au maximum de leur père. A la fin du repas, Sarah étouffa un bâillement à s’en décrocher la mâchoire ce qui fit sourire toute la famille.
-« On dirait que le marchant de sable est passé Princesse, », fit remarquer Castle avec douceur. « Ce serait bien que tu ailles au dodo maintenant. Il est tard… »
-« Pas vrai ! Moi pas sommeil, » répondit Sarah en étouffant un nouveau bâillement.
-« Et si je te lisais ton histoire rien qu’à toi ? » proposa Caste en souriant alors que la fillette hochait vigoureusement sa tête.
L’écrivain prit donc sa fille dans ses bras et s’assit sur le canapé, l’installant sur ses genoux. Alexis prit place à côté de lui, en profitant pour se blottir dans ses bras, et lui tendit le manuscrit qui était sur la table basse. Beckett observait la scène avec beaucoup de douceur et de tendresse, restant près de la porte mais son époux lui fit signe de les rejoindre et de s’assoir de l’autre côté de lui.
-« Prête pour ton histoire Princesse ? » demanda Castle en ouvrant la première page du manuscrit.
Sarah se carra dans les bras de son père, posa sa tête contre son cœur, serra son lapin dans ses bras et ferma les yeux, prête à se laisser entrainer dans l’histoire imaginée et écrite par son Papa pour elle.
-« Une plume pour la Princesse Katherine, » commença Castle.
Chapitre 171 : A deux ou plus…
-« Fou d’amour pour la Princesse Katherine, le Chevalier Richard prit son courage à deux mains et alla voir le Roi Jim pour lui demander la main de sa fille. Ce dernier la lui accorda sans hésitation, n’ayant pas vu sa fille aussi radieuse depuis le décès prématuré de la Reine. Quelques semaines plus tard, la Princesse Katherine et le Chevalier Richard se mariaient dans la plus strict intimité. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ! Fin ! » termina Castle de sa voix mélodieuse.
Il observa alors Sarah qui somnolait doucement tandis qu'Alexis se levait avec un sourire. Elle s'étira avant de se tourner vers ses parents.
-« Allez Princesse, tu dis bonne nuit à Papa et Maman et toi et moi on va se coucher dans notre chambre ! »
-« Câlin Papa... » marmonna la fillette d'une voix endormie.
-« Hey... » souffla Castle à l'oreille de sa petite dernière mais suffisamment fort pour que tout le monde entende. « Je te promets que je serai toujours là demain matin quand tu te réveilleras et on pourra faire un gros câlin. Mais, maintenant, il va falloir faire un gros dodo. »
-« D'accord, » répondit Sarah avant d'embrasser ses parents et de tendre ses bras à sa sœur. « Bonne nuit Maman, bonne nuit Papa. A demain. »
-« Bonne nuit Chevalier Richard, » sourit Alexis en lui faisant un clin d'oeil et un bisou avant de faire de même avec sa mère. « Bonne nuit Princesse Katherine. »
Dès que la porte de la chambre se fut refermée sur les filles, Beckett se tourna vers son mari avec un regard dubitatif.
-« Sérieusement Rick ? Tu n'avais rien d'autre à écrire à notre fille que cette histoire qui ressemble à le nôtre ? »
-« Je ne vois pas de quoi tu parles... » répondit innocemment l'écrivain.
-« Mais bien sûr ! Je vais te croire en plus ! Alors c'est pour ça que ta princesse 'Katherine' est menacée par un terrible 'dragon' et que le courageux chevalier 'Richard' va le terrasser avec sa 'plume' magique ? Sans parler du roi 'Jim' et de la reine décédée ! J'espère pour toi que le canapé est confortable... »
-« Tu es en train de me dire qu’après tant de nuit loin de toi, je ne vais pas pouvoir te serrer dans mes bras ? » demanda Castle avec un air de chien battu.
-« Tu dépends de toi, » répondit la jeune femme espiègle. « Comment comptes-tu te faire pardonner pour cette histoire qui ressemble un peu trop à la nôtre ? »
-« Je pourrais… » commença l’écrivain en s’approchant de sa femme tel un séducteur bien décidé à joindre le geste à la parole. « Je pourrais te couvrir de baisers… Langoureux… Je pourrais… Y ajouter… Quelques caresses… Bien placer et… Qui je le sais… T’arracheront autant… De gémissements… »
Ne voulant pas le satisfaire trop rapidement, Beckett se mordait la lèvre inférieure afin de retenir au maximum le gémissement qui montait en elle et que son époux attendait avec impatience.
-« Je pourrais aussi… T’accompagner à la douche… Et en profiter pour te masser… Afin de t’aider… A te détendre du voyage… » continua Castle en ponctuant ses dires de baisers sensuelles. « Ensuite, peut-être… Aurai-je la chance… De t’aimer… Passionnément. »
-« Pour ça mon Amour, il va falloir attendre quelques jours… » répondit la jeune femme en enfouissant sa tête dans son cou et laissant enfin échapper les larmes qu’elle retenait depuis son réveil.
-« Qu’est-ce qui se passe ma Chérie ? » demanda l’écrivain inquiet. « Kate, parle-moi... S’il te plait… »
-« J’ai eu mes règles ce matin… Bébé Castle devra attendre encore un peu… » murmura tristement Beckett.
-« Dis-toi que ce n’est que parti remise, » la réconforta-t-il avant d’ajouter avec un sourire malicieux. « Et ça nous permettra de faire encore beaucoup d’essais… »
-« Rick Castle ! Tu es incorrigible ! » s’exclama la jeune femme avec un faible sourire.
-« Mais c’est pour ça que tu m’aimes ! Allez viens, allons prendre cette douche que je t’ai promise. Ca te relaxera et t’aidera à oublier ta déception. »
-« Mais et toi ? Tu n’es pas déçu ? »
-« Si mais je sais que nous finirons par y arriver. Nous nous aimons trop pour ça, j’ai confiance en nous. »
Le couple prit donc la direction de leur chambre et de leur salle de bain attenante. Comme promis et avec beaucoup de douceur et de tendresse, Castle dévêtit son épouse avant de la guider sous le chaud jet de la douche. Là, il la prit longuement dans ses bras avant de s’emparer de son gel douche à la cerise et de lentement la laver. Une fois qu’il eut terminé sa tâche, il aida sa promise à se sécher avant de la conduire jusqu’à leur lit où il lui enfila sa chemise de nuit avant de la glisser sous la couette.
-« Ai-je le droit de te rejoindre ou dois-je dormir sur le canapé ? » demanda alors timidement Castle.
-« Viens-là au lieu de dire des âneries ! » répondit Beckett en tapotant la place à côté d’elle. « J’ai trop besoin des bras de mon homme autour de moi… »
Sans un mot mais avec un sourire qui parlait pour lui, l’écrivain rejoignit sa femme sous les draps et la prit dans ses bras après avoir rabattu sur eux les couvertures. Ils restèrent un long moment à savourer ces instants avant que Castle ne prenne la parole.
-« Alors comme ça notre fille s’est tout de suite liée d’amitié avec la petite Alicia à la crèche ? C’est mignon ! »
-« Oui ! Et tu devrais les voir ensemble ! Elles sont inséparables ! Quand elles se disent au revoir le soir, elles se font des câlins et des bisous en veux-tu en voilà ! C’est adorable ! »
-« Et tu connaissais la maman d’Alicia d’avant, c’est bien ça ? »
-« Oui, nous étions au lycée ensemble. C’était l’une de mes amies en plus mais à la mort de Maman je me suis coupée de tout le monde… Laura Thomson faisait partie de ses gens dont je me suis privée alors que je pense aujourd’hui qu’ils m’auraient aidé… »
-« Mais tu ne serais pas celle que tu es aujourd’hui si tu n’avais pas fait ça. L’essentiel c’est que tu retrouves Laura aujourd’hui et que vous ayez une chance de reconnecter. »
-« Tu as raison et j’aimerai qu’on l’invite elle et son mari à venir diner chez nous. Tu serais d’accord ? »
-« Bien sûr ma Chérie ! Mais essaye de faire en sorte que ce soit un jour où ni son mari ni toi n’avez à travailler le lendemain, comme ça on pourra vraiment en profiter et faire connaissance. En plus les filles seront ravies de pouvoir jouer ensemble ! »
-« Je vois que tu es déjà en train de tout planifier dans ta tête mon Amour, » sourit Beckett en caressant doucement les abdos de son mari.
-« Je n’y peux rien… Ca me fait plaisir, c’est tout. Et sinon, on connait son mari ? »
-« Je le connais de vu mais je n’ai jamais travaillé avec lui. Il est de l’Unité Spéciale et je peux te dire que c’est le service le plus dur de toute la police de New York. »
-« Les crimes sexuels, c’est bien ça ? »
-« Oui. Ca ne doit vraiment pas être rose tous les jours… En tout cas, je ne pense pas que j’arriverai à faire ce qu’il fait… »
-« Tu veux mon avis ? Même si c’est dur, je suis persuadé que tes qualités d’empathie notamment feraient de toi une excellente inspectrice pour ce service. Mais après, je te comprends. Ce qu’ils voient au quotidien doit être affreux… »
-« C’est pour ça que cette unité est composée de volontaires et qu’ils n’y restent en moyenne que 6 mois. John McAlester, lui, l’a intégré il y a déjà trois ans et il est l’un des enquêteurs les plus expérimentés du 12th. »
-« En tout cas, j’ai hâte de les rencontrer. On organisera ça à notre retour dans la Grande Pomme, d’accord ? »
-« D’accord. Et si maintenant on dormait un peu ? » proposa Beckett en étouffant un bâillement et en se blottissant un peu plus contre son mari. « Il commence à se faire tard pour moi avec le décalage horaire… »
-« Pas de problème, bonne nuit ma Chérie. »
-« Bonne nuit Rick. Je t’aime. »
-« Moi aussi Kate. Je t’aime… »
Après un dernier baiser, le couple s’endormit dans les bras l’un de l’autre pour ne se réveiller qu’à six heures le lendemain matin. Après avoir paraissé un bon moment, ils décidèrent de se lever et de se préparer avant que les filles ne se réveillent à leur tour car ils étaient conscients que Sarah allait demander après son père encore et encore. Ils venaient de refermer la porte de la salle de bain derrière eux lorsqu’une silhouette se fit ouvrir la porte de leur suite.
-« Vous êtes sûre que Monsieur Castle vous attend à cette heure matinale ? » demanda une dernière fois le concierge mal à l’aise.
-« Puisque je vous le dis ! Et puis ce n’est pas comme si je ne venais jamais le voir ! »
-« Cependant, habituellement vos visites se font à des heures plus… Normal ? » osa rétorquer l’homme.
-« Ce n’est pas de ma faute si notre emploi du temps ne nous permet pas de nous voir à un autre moment ! » s’énerva l’individu afin d’appuyer ses dires avant d’ajouter en lui glissant un billet de vingt dollar dans sa main. « Vous pouvez me laisser maintenant. Je connais le chemin. »
La silhouette referma la porte d’entrée de la suite au nez du concierge et esquiva un fin sourire.
-« Maintenant, à moi de jouer ! Le plus dur est passé. Pour le reste, je sais exactement ce que je dois faire et comment… »
L’individu avança en direction de la chambre qu’elle savait être celle de l’écrivain sur la pointe des pieds et entrebâilla la porte, surprise de ne trouver personne dans le lit.
-« Mais où peut-il bien être à cette heure ? » s’étonna la silhouette avant d’entendre du bruit en provenance de la salle de bain. « Ah ! Je t’ai trouvé ! Qu’est-ce que je fais ?... Humm… Autant conserver mon plan initial… »
Sur ce, l’individu s’approcha du lit et se déshabilla entièrement avant de ranger ses affaires dans le sac qu’elle avait apporté. Il en sortit une huile corporelle comestible au goût et au parfum de pèche et s’en badigeonna de la tête au pied sans oublier ses parties intimes. Ensuite il piocha trois bougies senteur pèche et les posa sur la table de nuit de Castle avant de les allumer. Avec un fin sourire, il retapa le lit, tendant les draps et donnant du bouffant aux oreillers puis observa l’ambiance qu’il avait réussi à créer. Satisfait, la silhouette se glissa toujours en tenue d’Eve (puisqu’il s’agit bien d’une femme) sur le lit défait où elle prit une position aguicheuse ne cachant rien de son corps huilé ni de ses atouts féminins. Confiante en son avenir et en la suite de sa journée, elle patienta, les yeux fermés et complètement abandonnée sur le lit.
-« Rick, j’ai fini. Je te laisse terminer tranquillement pendant que je commande notre petit déjeuner. Les filles ne devraient plus tarder je pense sachant que pour elles il est presque dix heures déjà. »
-« Pas de problème, je n’ai plus qu’à me laver les dents, à me passer un coup de peigne et je suis tout à toi ! »
Avec un sourire, Beckett roula des yeux en direction de son époux qui l’observait au travers du miroir, sa brosse à dent déjà dans la bouche. Puis elle ouvrit la porte de la salle de bain et s’apprêtait à pénétrer dans la chambre quand elle poussa un cri d’horreur en découvrant la femme nue qui reposait un sourire satisfait aux lèvres sur leur lit.
-« Vous avez deux secondes pour enfiler quelque chose sur vous, » assena-t-elle froidement avant de claquer la porte. « Et vous allez avoir quelques explications à nous donner aussi ! »
Chapitre 172 : Scandale !
-« Chérie ? Qu’est-che qui che passe ? » demanda Castle surpris.
-« Il se passe que ton ex-femme se trouve à poils dans notre lit ! » cracha Beckett ivre de rage.
-« Meredith ? » s’étonna l’écrivain après s’être rincé la bouche.
-« Non ! Gina ! » hurla la détective. « Elle a intérêt à avoir une bonne explication sinon je le tue ! Et en plus je connais quelques personnes très douées pour faire disparaître un corps ! »
-« Essaye de te calmer un peu ? » tenta l’homme en prenant sa femme par les épaules.
-« Que je me calme ? Comment veux-tu que je me calme alors que ton ex-femme et également éditrice se trouve en tenue d’Eve dans ‘notre’ lit de l’autre côté de cette maudite porte ? Comme si elle ne savait pas que tu étais à nouveau marié ! »
-« Kate… »
-« Quoi ? C’est officiel maintenant et ça doit faire la une de tous les journaux en plus ! » tempêta le jeune femme les larmes aux yeux. « Ca ne te fait rien à toi ? »
-« Je suis tout aussi furieux que toi mais j’aimerai que tu te calmes un minimum. Je n’ai pas envie de faire jouer mes relations pour éviter à ma femme un séjour en prison… Elle ne le mérite pas et nous avons des petits Castle à mettre en route, ne l’oublie pas, » souffla Castle en prenant sa femme dans ses bras.
Ils restèrent ainsi un petit moment et, quand l’écrivain sentit son épouse se détendre un peu, il s’écarta légèrement.
-« Tu es prête ? » demanda-t-il en plongeant son regard dans le sien avant de sourire en la voyant acquiescer. « Bien et maintenant elle a intérêt à nous fournir une explication ainsi que des excuses ! »
Castle prit la main de Beckett dans la sienne et entrelaça leurs doigts avant de pousser la porte donnant sur leur chambre bien décidé à obtenir ce qu’il voulait. Cependant, quand ils arrivèrent dans la chambre, les seules traces du passage de Gina qui subsistaient étaient les bougies abandonnées sur la table de nuit encore allumées et une superbe tâche d’huile sur les draps.
-« Ne me dis pas qu’elle a osé se barrer ? » fulmina Castle en se précipitant vers la porte donnant sur le salon pour l’ouvrir à la volée. « Tu comptes aller où comme ça Gina ? Il me semble qu’on a une explication à avoir et des excuses à recevoir de ta part ! »
La voix tonitruante de l’écrivain figea Gina sur place à deux mètres de la porte d’entrée de la suite, encore pas complètement habillée mais au moins couverte et son sac à la main.
-« Euh… Je… Je pense qu’il est préférable que je revienne vous parler plus tard… Je… »
-« Non mais vous vous moquez de nous là Gina ! Vous vous pointez, vous vous glissez dans notre lit et vous voulez vous barrer sans une once de respect pour nous ! Vous vous seriez trompée de chambres, vous seriez tombée sur nos filles ! »
-« Vos filles ? Laissez-moi rire Detective ! » lança l’éditrice en se retournant pour leurs faire face avec un rictus mauvais. « Si Sarah peut être votre rejeton, Alexis ne l’est en rien et Rick ne vous laissera jamais l’approcher complètement ! »
-« C’est là où tu fais erreur Gina. Depuis le depuis de notre partenariat et avant même qu’il y ait quoi que ce soit entre nous Kate m’aidait et me soutenait dans l’éducation de ma fille. Elle s’est même opposée à moi quand elle l’a jugé nécessaire pour le bien d’Alexis. Sache également qu’à la demande de ma fille et avec l’accord de Meredith, Kate a officiellement adopté Alexis en même temps que Sarah. »
-« Quoi ? » s’étrangla la blonde. « Alors sous prétexte qu’elle est ta muse, tu laisses cette… Cette… Cette femme envahir ta vie ? »
-« Non mais je rêve là ? Tu te fous de moi ou quoi ? Je ne l’ai pas épousée parce qu’elle est ma muse mais parce que je l’aime et que je sais que cette amour est partagé et sincère ! »
-« Tu parles ! Elle en veut qu’à ton fric ! »
-« Mon fric ? Parlons-en de mon fric comme tu dis ! Kate a toujours refusé la proposition de contrat que je lui proposais et qui lui permettait de toucher sa part sur la publication des livres de la série Nikki Heat. Elle préfère les petites attentions aux cadeaux expansifs pas comme certaines ! Rappelle-moi le prix de cette montre pour laquelle tu as fait des pieds et des mains afin que je te l’achète ? Si mes souvenirs sont exacts, on n’était pas loin des cinq chiffres avant la virgule ! Plus de deux fois plus cher que la bague de fiançailles et l’alliance de Kate réunies ! »
Cette découverte laissa Gina sans voix alors qu’elle dévisageait le couple qui lui faisait face, ne sachant pas trop si elle devait y croire jusqu’à ce que Beckett hoche affirmativement la tête pour confirmer les paroles de son mari.
-« Moi ce que j’aimerai savoir c’est comment vous avez fait pour parvenir jusqu’à l’intérieur de la suite sans que nous ne soyez prévenus de votre arrivée, » fit sèchement la brunette en mode ‘bad cop’ pour soutirer es informations.
Elle vit tout de suite le malaise chez la blonde qui déglutit avec difficulté en évitant leur regard.
-« J’aifaitcroireauconciergedenuitquej’étaislanouvellefemmedeRick. Etquejevenais… Euh… Luifaireunesurprise, » marmonna la jeune femme.
-« Pardon ? Assume tes actes un peu ! Ca changerait pour une fois ! »
-« J’ai fait croire au concierge de nuit que j’étais la nouvelle femme de Rick et que je venais lui faire une surprise, » répéta Gina de manière intelligible.
-« Je vais te tuer ! » gronda d’une voix sourde Castle ce qui fit sursauter et trembler son ex-femme de terreur. « Et on peut savoir quel était le but de ce petit manège pitoyable ? »
Beckett posa alors sa main sur l’avant-bras de son mari ce qui eut pour effet de l’apaiser et de le calmer un minium.
-« Je… Euh… » répondit la jeune femme en montrant son malaise en rongeant ses ongles. « J’espérai pouvoir te récupérer… Je… Je n’ai jamais cessé de t’aimer Rick… »
-« Ce n’est pas vrai, » intervint soudain la voix froide d’Alexis depuis la porte de sa chambre. « La seule chose que tu n’as jamais cessé d’aimer chez Papa c’est son argent et le prestige d’être à son bras ! »
-« Lex ! Mais qu’est-ce que tu fais là ? » s’exclama Beckett en se précipitant vers la jeune fille.
-« Je me suis réveillée et j’ai entendu toute votre conversation. Je ne pouvais pas laisser Gina continuer à dire de telles idioties Maman. Elle n’a pas le droit ! »
-« Maman ? » fit alors la petite voix fluette de Sarah. « Qui la dame toute rouge ? »
Beckett ferma les yeux en se pinçant l’arrête du nez. Il ne manquait plus que ça : l’arrivée des filles au milieu de ce désastre…
-« C’est une connaissance de Papa, » répondit à sa place Alexis en prenant sa petite sœur dans ses bras. « Allez, viens Princesse, je t’emmène prendre le petit déjeuner ! »
-« Mais Papa et Maman ? »
-« Ils vont nous rejoindre, je t’en fais pas. »
-« Moi bisou bonjour Maman et Papa… » bouda la fillette.
-« Pas de problème ! Et ensuite on va faire en sorte de remplir ton petit ventre de bonnes choses ! » sourit l’adolescente en faisant tout pour faire oublier à Sarah le malaise ambiant.
Une fois les bisous du matin fait, les deux filles s’éclipsèrent de la suite pour descendre dans la salle du petit déjeuner où elles s’installèrent en discutant joyeusement de la journée à venir. Pendant ce temps, à l’étage, Gina faisait à nouveau face au couple Castle.
-« Ecoutez, je m’excuse. Je vous promets que je ne le referai plus jamais, » souffla la blonde en dansant d’un pied sur l’autre.
-« Oh mais j’y compte bien ! » s’exclama Castle en prenant le téléphone pour composer un numéro. « D’ailleurs, afin d’en être sûr, je vais demander à la maison d’édition de changer d’éditeur ! Je ne veux plus jamais te voir Gina et je t’interdis de t’approcher de ma famille actuelle ou à venir ! Tu m’as bien compris ? »
-« Mais tu ne peux pas… » fit la jeune femme paniquée.
-« Je vais me gêner peut-être ! S’il me refuse cette demande, c’est simple, je vais voir ailleurs, » répondit calmement l’écrivain avant de se concentrer sur son coup de téléphone. « Oui Paula ? Excuse-moi de te déranger à pareille heure mais j’ai une mission à te confier. […] Merci beaucoup. Je voudrais que tu prennes contact avec mon éditeur pour leur dire que j’exige de changer d’éditrice et que c’est non négociable. A partir d’aujourd’hui je ne veux plus jamais la revoir […] S’il te demande pourquoi tu réponds quoi ? Tout simplement que je refuse de trouver mon éditrice nue dans mon lit le matin au sortir de la douche ! […] Non Paula, tu ne rêves pas. C’est la mauvaise surprise que Kate et moi avons eu ce matin. […} Si tu dois appeler les flics ? Tiens pourquoi pas, comme ça cela appuiera la demande de mesure d’éloignement que je compte demander au tribunal. […] Très bien merci et à tout à l’heure. »
Castle raccrocha au moment où Beckett faisait de même et observa avec un sourire le visage blafard de son ex-femme.
-« Je viens d’avoir la réception. Le directeur de l’hôtel arrive avec la réceptionniste qui a accueilli Gina et le concierge de nuit qui l’a conduite jusqu’à notre suite. Il semblait bien embêté de notre mésaventure. »
Une heure plus tard, Gina quittait enfin leur suite escortée de deux policiers en uniforme et d’un inspecteur de la police de Los Angeles qui avait pris leur plainte ainsi que les témoignages à charge des deux employés. Ces derniers avaient été autorisés à rentrer chez eux puisque leur service était terminé et Castle s’assura auprès du directeur de l’établissement qu’il n’y aurait aucune réprimande à leur sujet de la part de la direction car ils avaient fait leur boulot.
-« Très bien. Je vous en fait la promesse, » sourit le directeur. « Est-ce qu’il y a quelque chose que je peux faire pour vous être utile ? »
-« Pourriez-vous faire en sorte que notre chambre soit débarrassée de toute trace du passage de cette folle ici ? Bougies, draps, odeurs… Enfin la totale quoi… Et le tout avant que nous ne rentrions dans l’après-midi je pense ? » demanda Castle en regardant son épouse qui acquiesça.
-« Bien sûr, nous allons faire le nécessaire tout de suite. Soyez-en assuré, » répondit le directeur. « Souhaitez-vous carrément changer de suite ? Nous pouvons vous installer dans l’une de nos plus prestigieuses suites si vous le souhaitez. »
-« Non merci. Cette suite en particulier a quelque chose de spéciale à nos yeux et nous y avons déjà séjourné. Mais merci de votre proposition, » répondit Beckett. « Maintenant, si vous voulez bien nous excuser, j’aimerai aller rejoindre nos filles. »
-« Bien sûr ! » sourit le directeur en s’éclipsant, le portable déjà collé à l’oreille pour donner ses consignes.
Une fois seuls, Castle se tourna vers Beckett et la prit dans ses bras.
-« Je suis désolé… » murmura-t-il à son oreille. « Tellement désolée… »
-« Hey… Tu n’y es absolument pour rien Rick. Ce n’est pas toi qui as demandé à Gina de se pointer ce matin. Au contraire, tu es celui qui l’a retenue jusqu’à ce que nous ayons des explications et qui l’a renvoyée pour ne plus avoir à la gérer. Je t’aime. »
-« Moi aussi je t’aime Kate. »
-« Mais je te préviens. Si elle ose encore nous approcher, je me ne retiendrai pas et je lui arracherai les yeux ! Tu es mon homme, mon mari et je ne compte pas te laisser partir ! »
-« Ca tombe bien parce que moi non plus, » sourit Castle en se penchant pour embrasser son épouse avec passion. « Allez viens, rejoignons nos filles car je pense qu’Alexis doit être pas mal secoué par notre rencontre avec Gina. »
-« Tu as raison. Je suis sûre qu’elle a donné le change pour Sarah mais elle va avoir besoin de passer un peu de temps avec l’un de nous pour évacuer ce qu’elle a sur le cœur. »
Bras dessus bras dessous, le couple quitta la suite et prit la direction de la salle du petit déjeuner où ils retrouvèrent les filles en grande discussion.