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Série : Castle
Création : 11.12.2011 à 14h45
Auteur : Lilou004
Statut : Abandonnée
« Une histoire Caskett où Beckett ne ressemble pas vraiment à la Beckett de la série... » Lilou004
Cette fanfic compte déjà 188 paragraphes
Pour le prochain chapitre, je vous invite à préparer la chanson suivante :
Chapitre 18 : Se coucher
Une fois le diner avalé, Castle prit la petite dans ses bras et, après qu’elle ait embrassée sa mère et sa fille, il monta à l’étage avec Beckett pour la coucher.
-« Au fait Mère, où avez-vous installé le lit de Sarah avec Alexis ? » demanda Castle fronçant les sourcils en poussant la porte de la chambre d’amis.
-« Dans ta chambre. On a pensé que Sarah se sentirait mieux en votre présence que seule dans une chambre… »
-« Mère ! »
-« Ose me dire que tu vas laisser cette charmante Kate dormir seule maintenant qu’elle est venue te rejoindre ? »
Beckett rougit violemment mais continua son chemin vers la chambre de Castle.
-« Oh fait Papa, on s’est permises de bouger les affaires de Kate dans ta chambre aussi. Ce sera plus simple comme ça. »
-« Merci Pumpkin mais tu aurais pu quand même nous demander notre avis, non ? »
-« Comme si cela vous dérangeait… »
Beckett roula des yeux en pénétrant dans ladite chambre puis se tourna vers Castle.
-« A ton avis, elles ont rangé où les affaires de Sarah ? »
-« Regarde dans le placard de droite. Il devrait aussi y avoir tes affaires je pense. »
Beckett ouvrit ledit placard et en sortit un petit pyjama. Rapidement, ils baignèrent et changèrent la petite. Tout se passait bien jusqu’à ce qu’ils s’approchent du petit lit pour y déposer l’enfant. La terreur reprit sa place dans les yeux de Sarah qui se mit à pleurer à chaudes larmes, s’agrippant désespérément à la jeune femme et se cabrant pour ne pas qu’elle la dépose sur le matelas. Beckett la garda donc contre elle et s’assit sur le rebord du lit, la berçant doucement.
-« Chut… Calme-toi Princesse… Tout va bien… Rick et moi, nous sommes là… »
Pendant que Beckett continuait à rassurer Sarah, Castle disparut un moment dans la salle de bain pour se changer avant de prévenir sa mère et sa fille que Beckett et lui ne redescendraient pas ce soir-là dû aux angoisses de la fillette. Quand il revint dans la chambre, il sourit en s’adossant au chambranle de la porte pour observer un instant.
-« Chut Princesse… N’aie pas peur… Tu ne seras pas seule… » murmura Beckett à l’oreille de Sarah tout en lui montrant les choses. « Tu vois, là, c’est ton petit lit et ici c’est le lit de Rick… »
-« C’est aussi le tien Kate, » ajouta Castle en s’approchant et prenant la jeune femme dans ses bras pour déposer un tendre baiser sur sa nuque. « Donne-la moi et prépare-toi pour la nuit car nous n’allons pas pouvoir redescendre… »
-« D’accord, » souffla Beckett électrisée par le souffle chaud de l’écrivain dans sa nuque.
Lorsqu’elle revint quelques minutes plus tard, Castle et Sarah étaient blottis l’un contre l’autre sous les couvertures. Beckett grimpa sur le lit et vint les rejoindre. Elle s’assit tout contre l’écrivain et la fillette se glissa entre leur deux corps. Pendant une trentaine minutes, ils la bercèrent puis tout doucement puis Rick commença à fredonner la berceuse « Beautiful Child Lullaby ».
Beautiful child close your eyes
Close your eyes and dream
Beautiful child close your eyes
Close your eyes and dream
Imagine all your favorite thing
And think of all your wish
Beautiful child close your eyes
Close your eyes and dream
Une larme s’échappa du coin de l’œil de Beckett quand elle reconnut la berceuse… Cette berceuse que lui chantait sa mère lorsqu’elle était enfant. Castle essuya doucement sa joue avec son pouce et lui sourit doucement. La gorge nouée, la jeune femme joignit sa voix à celle de l’écrivain.
Wonderful child raise your head
Raise your head and sleep
Wonderful child raise your head
Raise your head and sleep
There’s all some love we think to see
In the land of dreams
Wonderful child raise your head
Raise your head and sleep
Castle se leva doucement avec Sarah dans ses bras pour la déposer tendrement dans le petit lit avant de refermer la turbulette sur elle. Beckett s’approcha et caressa les doux cheveux de la fillette qui mit son pouce dans sa bouche et serra son lapin dans ses bras tout en luttant encore pour garder les yeux ouverts.
Glories’ child feel all the love
Feel all the love and peace
Glories’ child feel all the love
Hold in and rest in his
Your life’s the freshest gift to hold
You have so much to give
Glories’ child feel all the love
Feel all the love and peace
Castle et Beckett retournèrent dans le lit et se blottirent dans les bras l’un de l’autre sans quitter la fillette du regard. Confiante, Sarah finit par abandonner la bataille et se laissa entrainer par Morphée au pays des rêves.
Glories’ child feel all the love
Hold in and rest in his
Chapitre 19 : Angoisses
Castle sourit et resserra son étreinte autour de la taille de Beckett mais sentit, comme la nuit précédente, que quelque chose n’allait pas. Délicatement, il obligea la jeune femme à se mettre sur le dos pour pouvoir la regarder dans les yeux.
-« Qu’est-ce qui se passe Kate ? »
-« Rien… » éluda Beckett en détournant le regard.
-« C’est à cause de la berceuse que j’ai choisi de chanter à Sarah, c’est ça ? »
-« Non… Enfin pas vraiment… Pas uniquement… » soupira la jeune femme.
Castle laissa ses doigts courir le long des traits délicats du visage et de la nuque de Beckett sachant parfaitement qu’il ne devait surtout pas la pousser dans ses retranchements. Au bout de quelques instants, la jeune femme reprit la parole dans un murmure.
-« C’est la berceuse que me chantait ma mère lorsque j’étais enfant… Papa me lisait une histoire, puis Maman venait me border pendant que Papa nous regardait, appuyé sur le chambranle de la porte de ma chambre… Avant la fin de la chanson, je dormais profondément… »
-« C’est un magnifique souvenir Kate. Un de ceux qu’il faut chérir dans son cœur… »
Après un sourire tremblant, Beckett se tourna pour faire face au berceau et Castle sentit une boule se former dans sa gorge. Elle venait de s’écarter de lui, de lui tourner le dos… Elle mettait de la distance entre eux, c’était le mot… Distance. Tant physique que psychologique… Castle soupira puis, sa tête sur son bras, il observa la jeune femme et l’enfant sans un mot, ayant trop peur de poser la question qui le tourmentait. De très longues minutes plus tard, alors qu’il la croyait endormie ou presque, Beckett reprit doucement la parole.
-« Rick ? »
-« Oui Kate ? »
-« J’ai peur… »
-« De quoi ? »
-« Et si on allait trop vite ? »
-« Pourquoi tu dis ça ? » demanda Castle en obligeant doucement la jeune femme à lui faire face.
-« Mes affaires dans ton placard… » murmura Beckett en évitant son regard.
Castle souleva son menton à l’aide de son index et invita doucement la jeune femme à le regarder dans les yeux. Lorsqu’enfin elle posa son regard inquiet dans les prunelles bleues de l’écrivain, ce dernier reprit la parole doucement.
-« Si tu n’es pas prête, si tu as peur, nous pouvons remettre tes affaires dans la chambre d’amis. Tu peux même retourner y dormir si tu veux… »
Malgré son ton qui se voulait confiant, Beckett se rendit compte que son sourire n’atteignait pas ses yeux et que ces derniers reflétaient une certaine angoisse. Cela lui rappela un mauvais souvenir… La séance de dédicaces quelques mois plus tôt où elle avait retrouvé Castle après ses semaines de silence… Ce qu’elle avait vu alors dans l’attitude de l’écrivain l’avait touché en plein cœur… Il avait perdu son étincelle et elle avait eu mal pour lui… Comme elle avait mal pour lui en cet instant.
-« Rick, je ne veux pas, je ne veux plus que tu souffres à cause de moi… A cause de mes peurs… Je ne te mérite pas… »
-« Kate, écoute-moi bien. Je t’aime et je ferai tout pour toi. L’amour n’est pas une question de mérite, c’est une question d’âmes sœurs. Et moi, je sais qui possède ce précieux cœur qui bat à l’unisson avec le mien. C’est toi ! Toi Katherine Beckett, fille unique de Johanna et Jim Beckett ! Je suis prêt à attendre aussi longtemps qu’il le faudra pour que tu n’aies plus peur… Je t’aime Kate ! »
-« Je t’aime aussi Rick, » répondit Beckett les larmes aux yeux avant de déposer un tendre baiser sur les lèvres de Castle qui avait réussi à l’apaiser avec ses paroles.
-« Alors on fait quoi de tes affaires ? » demanda timidement l’écrivain ne voulant pas encore y croire.
-« Elles restent là où elles sont… Enfin si tu es d’accord bien sûr… » ajouta Beckett en se mordant la lèvre inférieure.
-« Je suis plus que d’accord ! » s’exclama doucement Castle ravi en prenant Beckett dans ses bras.
Le couple échangea plusieurs baisers avant que Castle n’ose demander à Beckett ce qu’il avait en tête depuis qu’elle était sortie de la salle de bain.
-« Dis-moi, il y a une raison pour laquelle tu as repassé ton pyjama ? Je te trouvais plus sexy avec mon t-shirt… »
-« S’il n’y a que ça pour te faire plaisir… » répondit Beckett en se redressant pour retirer son pyjama.
Elle s’attaqua ensuite à récupérer le t-shirt de Castle qui ne put que rire devant sa détermination avant de l’enfiler, un fier sourire aux lèvres. Elle se rallongea et, après un dernier baiser passionné, le couple se blottit l’un contre l’autre. Beckett faisait face au lit à barreaux de Sarah pendant que Castle se collait à elle, réduisant l’espace entre eux à néant et envoyant à chaque respiration un frisson le long de la colonne de la jeune femme. Ainsi, ils rejoignirent rapidement la fillette dans les bras de Morphée.
Vers quatre heures du matin, ils furent réveillés en sursaut par un hurlement de terreur juste à côté d’eux. Sans réfléchir et déboussolée, Beckett glissa prestement sa main sous son oreiller avant de réaliser que son arme était rangée dans le coffre-fort de l’écrivain. Son cœur battait à cent à l’heure ne comprenant pas d’où provenait un tel cri et des gouttes de sueurs perlaient le long de ses tempes…
Chapitre 20 : Terreur nocturne
Lorsque Castle alluma la petite lumière de sa lampe de chevet, ils se rendirent compte que le hurlement provenait de la petite Sarah qui s’était recroquevillée dans un coin de son berceau, tremblante et trempée de sueur, serrant son lapin tellement fort que les jointures de ses petits doigts en étaient blanches. Son petit visage était ravagé par les larmes et ses yeux semblaient dans le vague.
-« Oh mon Dieu ! » s’exclama Beckett en se ressaisissant avant de se lever, Castle juste derrière elle, pour s’approcher du berceau de l’enfant. « Princesse ?... Princesse ? »
Au deuxième appel, la fillette reprit pied avec la réalité et posa ses yeux baignés de larmes dans ceux de la jeune femme. Secouée de hoquets, Sarah tendit ses petits bras vers ses deux protecteurs. Beckett se figea alors, incapable de faire le moindre mouvement envers la petite dont les cris redoublèrent. Sentant que quelque choses n’allait pas chez la jeune femme, Castle prit les choses en main et se pencha vers l’enfant. Il la prit contre lui avant de se tourner vers Beckett sans cesser de murmurer des paroles rassurantes à Sarah.
-« Chut… Tout va bien Princesse… Tu n’as rien à craindre… Tu es dans la même pièce qu’hier soir avec Kate et moi, tu vois ? »
D’énormes sanglots secouaient l’enfant qui tendait désespérément ses petits bras vers la jeune femme, les yeux suppliants. Castle regarda attentivement Beckett et comprit ce qui se passait.
-« Kate… Kate regarde-moi, » appela doucement l’écrivain tout en berçant la fillette dans ses bras. « Tu peux le faire et aider Sarah… Tu l’as déjà fait dans le cimetière ce matin… »
-« Mais je… Comment pourrais-je le faire alors que j’ai besoin de toi pour dormir sans cauchemar ? » demanda Beckett la voix étranglée et une larme solitaire coulant le long de sa joue.
-« Parce que tu sais mieux que quiconque dans cette pièce ce dont elle a besoin... »
Beckett sembla réfléchir un moment puis, timidement, s’approcha de l’écrivain et prit l’enfant dans ses bras. Sarah se blottit tout contre elle, enfouissant son petit visage dans le creux du cou de la jeune femme. Castle sourit doucement au tableau qu’elles formaient.
-« Rick, tu veux bien nous prendre dans tes bras ? » demanda doucement Beckett ayant elle aussi besoin de réconfort.
Sans un mot, l’écrivain s’approcha et les enferma dans le cocon rassurant de ses bras. Beckett posa alors sa tête sur l'épaule de l'acrivain.
-« Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? » demanda Beckett en se mordant la lèvre inférieure.
-« Que faisait ta mère lorsque tu avais un cauchemar ? »
-« Elle… Elle me berçait et me chantait une berceuse pendant que Papa vérifiait sous le lit et dans le placard qu’il n’y avait pas de monstres, » sourit Beckett. « Tu crois que ça marcherait ? »
-« Ca marchait avec toi ? »
-« Oui. »
-« Ça marchait aussi avec Alexis donc oui, je pense que nous tenons la bonne solution, » sourit Castle.
-« Merci Rick. »
-« De quoi ? Je n’ai rien fait… »
-« Si, et tu le sais très bien, » répondit Beckett en déposant un baiser sur les lèvres de Castle. « Je t’aime. »
La jeune femme s’installa dans le lit avec Sarah blottit contre elle et rabattit les couvertures sur elles mais fut surprise que Castle ne les rejoigne pas de suite. Au contraire, il s’assit à côté d’elles et attira l’attention de la fillette.
-« Princesse ? Tu as fait un mauvais rêve, c’est ça ? »
La fillette hocha la tête en mettant son pouce dans sa bouche.
-« Et dans ton rêve, il y avait un ou des monstres ? »
La tête de Sarah se secoua vigoureusement pendant que ses yeux s’écarquillaient de frayeur.
-« Tu as peur qu’ils se soient cachés et qu’ils reviennent une fois que tu seras de nouveau endormie ? »
La main de l’enfant se crispa sur le t-shirt que portait Beckett.
-« Très bien ! Tu as confiance en moi ? » demanda Castle avant de continuer ayant reçu la réponse qu’il attendait. « Parfait alors je vais aller vérifier qu’ils sont bien partis et, si ce n’est pas le cas, je les ferai partir à coup de pied aux fesses ! »
Castle se leva, bomba le torse ce qui arracha une mimique moqueuse à Beckett et entreprit de faire le tour de toutes les cachettes possibles et imaginables de la chambre.
-« Non, les monstres sont bien partis ma Princesse. Tu veux que je vérifie dans le couloir au cas où ? » demanda Castle, souriant en voyant la fillette acquiescer.
Sans un mot, il se dirigea vers la porte de la chambre sur la pointe des pieds et l’ouvrit brusquement.
-« Va-t’en Monsieur le monstre ! Tu n’es pas le bienvenu dans cette maison ! » s’exclama Castle en faisant un clin d’œil à sa fille et à sa mère qui étaient dans le couloir avant de refermer la porte pour rejoindre Beckett et Sarah dans le lit. « C’est bon, il n’y a personne Princesse. Tu peux dormir en paix. »
Après un sourire et un baiser à chacun de ses protecteurs, Sarah se blottit sous les couvertures entre Beckett et l’écrivain puis s’endormit paisiblement sous le regard du couple qui échangea un baiser par dessus sa tête avant de la rejoindre au pays de Morphée.
Chapitre 21 : Prendre ses marques
Le lendemain matin, lorsque Beckett se réveilla, elle ne put empêcher un immense sourire d’étirer ses lèvres. Sarah dormait profondément allongée sur le torse de Castle pendant que ce dernier la maintenait elle contre lui à l’aide de son avant-bras. Elle caressa doucement le dos de l’enfant qui enfouissait son petit nez dans le t-shirt de l’écrivain ne souhaitant pas se réveiller tout de suite. Quelques minutes plus tard, Castle ouvrit ses yeux et sourit à la jeune femme.
-« Bonjour toi. »
-« Hey, » répondit Beckett en se mordant la lèvre inférieure. « Bien dormi ? »
-« Ça va merci et toi ? »
-« Je préfère ce réveil à celui du milieu de la nuit… »
-« Moi aussi. J’ai le droit à un baiser ce matin ? » demanda Castle en lui faisant son fameux sourire charmeur.
Beckett roula des yeux mais obtempéra et donna un tendre baiser à son compagnon. C’est le moment que choisit Sarah pour se réveiller et s’étirer. Dans son geste, sa petite main vint cogner le menton de Castle. Beckett s’écarta et prit la fillette dans ses bras pendant que l’écrivain se mettait à bouder. La jeune femme ne put s’empêcher de sourire devant l’attitude gamine de l’adulte.
-« Princesse, et si tu faisais un gros bisous à Rick ? Je crois qu’il en a besoin… »
Ni une ni deux, la fillette obéit et se jeta dans les bras de Castle qui se dérida instantanément. Beckett s’approcha et murmura quelque chose à l’oreille de Sarah qui acquiesça et, ensemble, elles se mirent à chatouiller l’écrivain. Bientôt des rires remplirent la pièce.
-« Rick ! » s’exclama Beckett alors que Castle la plaquait sur le matelas en la chatouillant frénétiquement.
La jeune femme tentait de lui échapper en se tortillant mais rien ne semblant y faire tandis que Sarah s’assit sur un oreiller pour observer la scène, souriante, son doudou contre elle.
-« Apple ! Apple ! » s’écria Beckett en se rappelant une ancienne conversation avec l’écrivain.
Ce dernier explosa de rire et relâcha la jeune femme. Ils prirent quelques minutes pour reprendre leur souffle en souriant béatement. Sarah s’approcha et attira leur attention pour leur montrer son petit ventre.
-« Aurais-tu faim ? » demanda Beckett.
La fillette hocha vigoureusement la tête avec un grand sourire.
-« Alors on est parti ! »
Le trio descendit à la cuisine et déjeuna dans la joie et la bonne humeur. Ils se préparèrent ensuite et Castle couvrit chaudement la fillette sous le regard surpris de Beckett.
-« On va où comme ça ? »
-« Toi je ne sais pas, » sourit Castle. « Mais Princesse et moi on va se promener au parc. »
Beckett les suivit et ils se promenèrent dans Central Park, donnant à manger aux canards ou Sarah courant derrière les pigeons tentant de les attraper… Peu à peu, la jeune femme prit confiance en elle et en ses capacités à s’occuper de la fillette. Elle sourit en se rappelant de toutes ces choses qu’elle faisait enfant avec sa mère et soudain une idée lui vint.
-« Sarah, Princesse, ça te dirait de faire de la balançoire ? »
Les yeux de la fillette s’illuminèrent de joie et elle se mordit la lèvre inférieure d’anticipation.
-« On dirait que oui… Alors que dirais-tu de laisser ton doudou avec Rick pendant que, nous, on y va entre filles ? »
Ni une ni deux, Sarah confia son lapin à Castle avant de glisser sa petite main dans celle de Beckett et de prendre avec elle la direction de l’aire de jeux. L’écrivain les suivit, complètement attendri par l’attitude naturellement maternelle de ‘son’ inspectrice. Il la regarda assoir l’enfant dans le siège d’une balançoire adaptée à son jeune âge et la pousser doucement.
-« Hein ! Hein ! Hein ! » s’exclama Sarah en remuant des fesses pour faire comprendre à la jeune femme qu’elle voulait aller plus vite.
Beckett comprit instantanément le souhait de la fillette et poussa un peu plus fort la nacelle faisant ainsi s’engouffrer le vent dans les cheveux défait de Sarah qui éclata d’un rire cristallin. Castle sentit son cœur se gonfler d’amour à cette vision.
-« Tu viens Rick ? » appela alors Beckett les yeux pétillant de bonheur.
-« J’arrive, » répondit-il en s’approchant alors que la fillette lâchait les cordes de la balançoire pour tester la résistance du vent.
-« Fais attention Sarah ! Ne va pas tomber, hein… » prévint Beckett légèrement inquiète.
-« Ne t’en fais pas Kate, » la rassura Castle en la prenant dans ses bras. « Alexis faisait exactement la même chose au même âge. »
L’écrivain attira la jeune femme jusqu’à la balançoire à côté de celle de Sarah et s’assit dessus, Beckett sur ses genoux. Tout en veillant sur la petite fille, il intimait un doux balancement. Ils restèrent ainsi, tous les trois, à jouer jusqu’à ce qu’il soit l’heure de rentrer déjeuner à l’appartement. Beckett prit alors Sarah dans ses bras alors que Castle enlaçait de son bras possessif la taille de la jeune femme qui ne put retenir un sourire. Il donnait l’image d’une vraie famille unie…
Chapitre 22 : Anastasia et Peter Matthews
Beckett et Castle venaient juste de coucher la petite lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit. Après avoir déposé un baiser sur les lèvres de la jeune femme, l’écrivain se leva du canapé pour aller ouvrir la porte.
-« Hey Bro ! » s’exclama joyeusement Esposito.
-« Chut ! La petite dort ! » maugréa Beckett en se levant.
-« Qu’est-ce qui vous amène ? »
-« On s’est dit que, comme vous ne pouviez pas venir à l’enquête, l’enquête viendrait à vous, » sourit Ryan en montrant la boite qu’il tenait dans ses mains. « Vous auriez un endroit où nous installer Castle ? »
-« Allons dans mon bureau. Nous y serons plus tranquille, » répondit l’écrivain en refermant la porte derrière leurs trois collègues.
Lanie alla saluer chaleureusement Beckett essayant de lire dans ses yeux comment elle allait vraiment suite aux révélations d’Alexis. Puis tous les cinq pénétrèrent dans l’antre de l’écrivain qui ouvrit alors une double porte dévoilant un tableau identique à celui du poste de police. Devant leurs yeux écarquillés, il tenta de se justifier tant bien que mal.
-« Quoi ? C’est bien pratique, surtout quand je travaille une nouvelle idée ! »
En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, la boite fut vidée et le tableau alimenté avec l’ensemble des informations rassemblées jusqu’à présent par leurs collègues. Castle s’assit sur son bureau laissant la chaise à Beckett.
-« Bon, qu’avez-vous trouvé ? » demanda la jeune femme en s'installant.
-« Alors, commençons par nos victimes. Anastasia Matthews née Smith, abandonnée à la naissance sur le pas de la porte d’une maternité en août 1979. Elle a grandi en foyer et y a rencontré Peter Matthews, orphelin depuis le décès de ses parents dans un accident de voiture en 1986. Il avait alors sept ans. »
-« L’un comme l’autre a grandi sans histoire et ils ont quitté le système à l’âge de vingt ans, lorsqu’ils se sont mariés. La directrice du foyer garde un souvenir très doux de ce jeune couple et a été très affectée d’apprendre leurs décès. »
-« Et au niveau de leur travail ? »
-« Anastasia Matthews a décroché son diplôme d’enseignante en 2001 et travaillait depuis en tant que professeur de français à l’école internationale de New York. Très appréciée de ses collègues, elle n’avait apparemment aucun ennemi… En ce qui concerne son mari, Peter Matthews, il a été diplômé de l’université de New York en électronique grâce à une bourse complète. A sa sortie d’étude en 2001, il a trouvé un emploi à haute responsabilité dans une société prospère. Là aussi, rien à signaler de la part de ses collègues qui le décrivent comme apprécié et juste. »
-« Ça ne nous mène pas très loin tout cas… »
-« Une chose m’intrigue… » intervint alors Castle faisant se retourner tout le monde vers lui. « Si leur vie était si parfaite, pourquoi sont-ils morts ? Ce n’est pas possible… Ils devaient mener une double vie ! Je pense qu’ils ont dû être recrutés par la CIA, je ne vois pas d’autres alternatives… »
Beckett roula des yeux mais Castle continua avant même que la jeune femme ne puisse ouvrir la bouche.
-« A moins qu’ils n’aient été des tueurs à gage… L’un dans l’autre, ils ont dû être repérés quand ils étaient dans le système. Quoi de mieux qu’un petit couple amoureux qui fait tout ensemble, qui se connait par cœur pour faire les meilleurs agents ou les meilleurs tueurs… Un peu à la ‘Mr & Mrs Smith’ ! Et, en plus, ça pourrait justifier leur assassinat… Avec leur fille, ils voulaient arrêter pour qu’elle soit en sécurité et vive une vie normale… Ca ne plait pas ce genre de chose habituellement ! »
-« Castle ! » le rappela à l’ordre Beckett en roulant de nouveau des yeux. « Je te rappelle que nous sommes dans la ‘réalité’ ! Pas dans un de tes livres ! »
Castle fit une petite moue mais ne dit rien de plus et Beckett se retourna vers leurs deux collègues attendant la suite.
-« Et qu’ont donné les autopsies ? » demanda Beckett en se tournant vers Lanie.
-« L’un comme l’autre ont été torturés et tués très doucement à l’aide de quatre armes blanches différentes : un canif, un couteau de cuisine et deux couteaux de boucher. La mort est survenue par exsanguination après plusieurs heures d’agonie. Le ou les meurtriers ont clairement voulu les faire souffrir et qu’ils voient leur mort arriver. »
-« Ca me fait penser à une vengeance… » murmurèrent Beckett et Castle en même temps.
C’est alors que le portable de Ryan sonna et il s’excusa pour répondre. Après une brève conversation, il se tourna vers ses collègues et amis un sourire triomphant aux lèvres.
-« Je ne sais pas qui sont nos tueurs mais ce que je sais c’est qu’ils ne sont pas des professionnels ! »
-« Que veux-tu dire par là ? »
-« C’était la scientifique. Au milieu de tous les traces et indices qu’ils ont prélevé, ils ont trouvé deux ADN ne correspondant ni à Anastasia, ni a Peter, ni à Sarah. L’un est féminin et l’autre masculin. »
-« Un enlèvement ? » se demanda Castle pensif.
-« Peut-être, » répondit Beckett avant de reprendre à l’intention de Ryan. « Ils sont fichés ? »
-« Malheureusement pas. Sam va faire passer les profils ADN de nos suspects dans les bases de données fédérales au cas où. »
Les cinq amis restèrent silencieux et songeurs à observer le tableau pendant un long moment jusqu’à ce que Sarah ne se fasse entendre.
Chapitre 23 : Interrogatoires
Beckett se leva et quitta la pièce aussitôt suivie par Lanie. A peine les deux jeunes femmes étaient-elles sorties que Ryan et Esposito se tournèrent d’un seul homme vers Castle.
-« Quoi ? » demanda l’écrivain de manière innocente.
Ryan expira bruyamment en s’affaissant tandis qu’Esposito se pinçait l’arête du nez.
-« Tu crois vraiment qu’on est aveugle ? » demanda le latino.
-« Non, vous voyez très bien et je le sais parfaitement. Je ne comprends vraiment pas ce que vous voulez. »
-« Prends-nous pour des idiots aussi Bro pendant que tu y es ! Qu’est-ce qui se passe avec Beckett ? »
-« Rien, on est deux collègues et amis qui s’occupent ensemble, et à la demande du Capitaine, d’une petite fille liée à notre enquête. »
C’est alors qu’un hurlement se fit entendre à l’étage. Les trois hommes se regardèrent avant de s’élancer d’un même mouvement en direction du cri. Lorsqu’ils arrivèrent sur le pas de la porte de la chambre principale, Ryan et Esposito se figèrent de stupeur pendant que Castle se précipitait vers Beckett qui tentait en vain de rassurer Sarah. La jeune femme déposa l’enfant dans les bras de l’écrivain, embrassa doucement ses cheveux et se retourna vers sa meilleure amie avec un regard assassin.
-« Tu peux m’expliquer ce qu’il t’arrive ? » demanda-t-elle froidement. « Tu sais à quel point Sarah est effrayée et toi tu hurles comme ce n’est pas permis ! Maintenant dégage de cette chambre et prie pour que Princesse se sente mieux bientôt et qu’elle ne fasse pas un nouveau cauchemar cette nuit ! »
Beckett tourna le dos à Lanie pour revenir vers Castle et l’enfant. Elle souffla un bon coup pour tenter de se calmer et plongea dans les bras de l’écrivain avant de tourner son visage de nouveau vers son amie.
-« Et emmène les autres avec toi ! »
Lanie, Ryan et Esposito obéirent et disparurent au rez-de-chaussée du loft laissant au couple le temps de rassurer la fillette. Beckett se détendit lorsque Sarah posa sa petite tête sur son épaule après lui avoir fait un sourire timide.
-« Tu sais que tu es magnifique en Maman hyper protectrice ? » demanda Castle un fin sourire aux lèvres.
Pour toute réponse, Beckett grogna ce qui ne fit qu’agrandir le sourire de l’écrivain. Ils s’assirent sur le lit, l’enfant entre eux et restèrent de longues minutes à expliquer à Sarah ce qui venait de se passer. La fillette finit par hocher la tête ayant compris qu’elle ne devait pas avoir peur de Lanie et se leva pour prendre leurs mains dans les siennes avant de les tirer en direction du rez-de-chaussée. Castle et Beckett échangèrent un rapide baiser avant de suivre la petite.
-« Prépare-toi à l’inquisition… »
-« A l’inquisition ? »
-« J’ai eu le droit au premier round quand tu es partie rejoindre Sarah tout à l’heure… »
Beckett comprit alors ce dont parlait Castle et ferma les yeux un instant avant de rejoindre leurs trois collègues avec son partenaire et la petite. Sarah marqua un temps d’arrêt en reconnaissant Lanie sur le canapé et resserra son emprise sur les mains de ses sauveurs.
-« Sarah, je suis désolée de t’avoir fait peur tout à l’heure. J’étais tellement excitée que je n’ai pas réfléchi aux conséquences… » s’excusa la jeune femme en s’accroupissant à hauteur de la fillette. « Tu veux bien me pardonner ? »
Sarah regarda Castle puis Beckett avant de plonger son regard bleuté dans les yeux de la médecin légiste. Au bout de quelques secondes qui parurent à tous une éternité, la fillette sourit et lâcha les mains de ses protecteurs pour aller jouer sur le tapis qu’ils avaient aménagé pour elle avec quelques albums et de vieux jouets d’Alexis. Lanie se redressa et regarda Beckett, incertaine.
-« Maintenant que la petite m’a pardonné, est-ce que sa… ‘Maman’ veut bien me pardonner aussi ? »
Beckett roula des yeux avant de sourire à son amie et l’atmosphère se détendit grandement dans la pièce.
-« Bon et sinon, vous n’avez rien à nous dire ? » lâcha Esposito alors qu’ils s’installaient tous au salon.
-« Bah… Non, » répondirent en chœur Beckett et Castle en se regardant le plus innocemment possible.
-« Vous nous cachez un truc tous les deux… Vous êtes plus proches que jamais, vous avez des gestes de tendresse l’un envers l’autre… »
-« Ce n’est pas quelque chose de nouveau, » se défendit l’écrivain.
-« Toi peut-être Bro mais pour Beckett c’est… Nouveau ! Nouveau et surprenant ! »
Beckett ferma les yeux en se mordant sa lèvre inférieure et une légère teinte rosée prit possession de ses joues.
-« Je pensais que nous étions amis… »
-« Nous sommes amis Lanie… » dit Beckett blessée par cette remarque. « Tu veux savoir ? Tu veux ‘vraiment’ savoir ? »
Lanie hocha la tête ainsi que Ryan et Esposito pendant que Castle observait attentivement le jeune femme et toutes les émotions qui l’assaillaient.
-« Je… Je… Eh bien oui ! » s’énerva Beckett à la fois contre ses difficultés à parler et contre son irrésistible envie que ses amis le sache. « Oui il y a du changement entre Rick et moi ! Et tu veux savoir pourquoi ? Hein ? ... Parce que j’en ai marre de me laisser dicter par le passé ! Et même s’il a fait de moi celle que je suis aujourd’hui... J’ai envie, j’ai besoin de plus ! Et tu sais quoi encore ? »
Beckett se leva d’un coup du canapé.
-« J’aime Rick ! J’aime Richard Castle ! » cria la jeune femme avant de se calmer instantanément et de reprendre une voie plus calme. « Dieu que ça fait du bien de le dire ! … Bon… Je suis toujours aussi terrifiée et j’ai envie de prendre mon temps… »
Ryan, Esposito, Lanie et même Castle restèrent bouche-bée devant l’aveu de Beckett qui, l’air de rien, vint s’assoir sur les genoux de l’écrivain avant de déposer un doux baiser sur ses lèvres. Soudain Lanie exulta en se précipitant vers Beckett pour la prendre dans ses bras, l’arrachant ainsi à Castle.
-« Et bien ! Il était temps ! Bon les gars, à moi la monnaie ! En tout cas, félicitation à tous les deux, vous le méritez. »
Ils célébrèrent le nouveau statut de Beckett et Castle autour d’un diner improvisé avec Matha et Alexis qui avoua à ses ‘parents’ son lapsus à l’hôpital.
Chapitre 24 : « L’enfant cachée de Richard Castle »
Le lendemain matin, la petite famille fut réveillée par des coups frénétiques de sonnette. Castle grogna et ouvrit un œil pour découvrir qu’il était à peine sept heures du matin. Il se détacha doucement de Beckett après avoir déposé un baiser sur son front et se leva. Après avoir rapidement enfilé un jean et une chemise, il descendit ouvrir la porte pour tomber sur… Le Capitaine Victoria « Iron » Gates en mode furax !
-« Vous pouvez m’expliquer ‘ça’ ? » s’exclama Gates en forçant le passage pour pénétrer dans le loft de l’écrivain.
-« Bonjour à vous aussi, » marmonna ce dernier encore mal réveillé. « Que me vaut l’honneur de cette visite à une si charmante heure ? »
-« Ça ! » fit la Capitaine en jetant le magasine qu’elle tenait à la main à la figure de l’écrivain.
-« Rick ? » fit alors la voix ensommeillée de Beckett depuis le palier.
La jeune femme apparut alors, se frottant les yeux et uniquement vêtue d’une chemise de l’écrivain et de sa culotte.
-« A qui tu par… » continua-t-elle avant de se stopper net ayant découvert sa supérieure hiérarchique dans la pièce. « Sir ? »
-« Détective… Comme c’est charmant de vous joindre à nous, » ironisa Gates. « Vous allez pouvoir vous joindre à votre ‘partenaire’ pour m’expliquer l’article de ce torchon ? »
Beckett lança un regard interrogateur à l’écrivain qui lui montra la double page au titre accrocheur : « L’enfant cachée de Richard Castle ». La jeune femme s’approcha en fronçant les sourcils et découvrit l’ampleur du dégât…
-« Oh mon Dieu ! »
L’article comportait quatre photos prises au téléobjectif et de mauvaise qualité mais on pouvait parfaitement reconnaitre Castle, Beckett et Sarah. La première photo montrait Sarah en train de nourrir les canards blottie contre Castle qui lui souriait doucement et, à l’arrière-plan, Beckett les observer tendrement. Sur la deuxième photo, la fillette riait aux éclats en se balançant doucement sur sa balançoire, ses petits bras levés vers le ciel. Sur la balançoire d’à côté se trouvait Castle, Beckett assise sur ses genoux, ses bras enveloppant la taille de la jeune femme, les mains de cette dernière sur celles de l’écrivain. Le couple échangeait un regard intense. La troisième et la quatrième avaient été prises au moment où ils quittaient Central Park pour rentrer au loft. De face, ils avaient l’air d’une famille unie : Sarah était dans les bras de la jeune femme, sa tête posée sur son épaule et serrant son petit lapin tout contre son cœur. Il était clair que l’homme les enveloppait dans une tendre embrassade qui était confirmée par la dernière photo où on les voyait de dos.
-« Euh… Sir, je… » tenta Beckett en déglutissant péniblement.
-« Avant de dire quoi que ce soit, lisez ! C’est très instructif… » coupa Gates.
Castle reprit le tabloïd et commença sa lecture à haute voix, tendu à l’idée de ce qu’il allait découvrir.
-« Hier, le célèbre écrivain de Best-Seller Richard Castle a été vu en compagnie de celle qu’il nomme lui-même sa ‘muse’ et amie, la jeune et magnifique Katherine Beckett, l’un des meilleurs inspecteurs de la criminelle de New York. Mais le plus étonnant dans cette histoire, c’est qu’il clame depuis près de quatre années maintenant que cette magnifique jeune femme n’est, et je cite ses mots, qu’un ‘amie’ ! En voilà une amitié bien particulière… D’autant que le playboy de ses dames s’est plus que calmé au fils des ans… Lui qui était célèbre pour signer les poitrines de ces admiratrices a tout simplement arrêté pour le plus grand malheur de ses fans ! L’une d’elles nous a même déclaré lui avoir demandé et ce dernier a décliné l’offre, stipulant qu’il ne faisait plus ce genre de choses… Et que dire de cette magnifique enfant aux cheveux bruns comme Mademoiselle Beckett et aux yeux bleus comme Monsieur Castle… Nous aurait-on caché quelque chose ? En tout cas, une chose est sûre, Katherine Beckett n’avait toujours pas quitté l’appartement du célèbre écrivain lorsque nous avons lancé l’impression de ce numéro… A bon entendeur… »
Castle et Beckett échangèrent un regard déconfit avant de se tourner timidement vers la nouvelle capitaine du 12e district. Tellement absorbés par ce qui se passait entre eux, personne ne remarqua que Martha et Alexis s’installaient sur les escaliers pour observer la scène qui se déroulait dans la pièce.
-« Alors ? Elles durent depuis quand vos petites galipettes ? » attaqua Gates en les dévisageant du regard. « Montgomery était au courant et vous couvrait, c’est ça ? »
-« Quoi ? Non ! » s’exclama Beckett.
-« Non ? Non quoi ? Non Montgomery n’était pas au courant ? Ou… Non vous n’êtes pas ensemble ? Mais là vous vous fouteriez complètement de ma gueule ! »
Beckett resta un instant sans voix et Castle en profita pour prendre la parole, rassurant la jeune femme en posant sa main sur le bas de son dos.
-« Ecoutez Capitaine, vous débarquez chez moi aux aurores et vous lancez des accusations à tort ou à travers ! Vous voulez des réponses ? » demanda Castle en questionnant Gates du regard qui acquiesça. « Alors laissez-nous parler. »
Castle se tourna vers Beckett qui marqua son accord en clignant des yeux doucement.
-« Depuis quelques jours, et j’insiste sur le mot ‘jour’, Kate et moi avons donné un nouveau tournant à notre relation. Le capitaine Montgomery n’avait ‘rien’ à savoir ou à couvrir comme vous semblez le sous-entendre ! »
-« Très bien, » dit Gates en ramassant son sac et en se dirigeant vers la sortie avant de jeter par-dessus son épaule. « Juste pour que vous soyez au courant, à partir du moment où cette enquête est close, votre partenariat professionnel est terminé. Et j’insiste sur le mot ‘terminé’ ! »
Gates claqua la porte derrière elle, laissant Castle et Beckett interdits et blessés.
Chapitre 25 : Que faire…
Complètement sous le choc, ni Castle ni Beckett n’entendirent Sarah se réveiller à l’étage aussi Martha et Alexis se levèrent et prirent les choses en main avec la fillette. Dans le salon, Beckett regardait ses pieds nus pendant qu’un flot d’émotion se déversait en elle.
-« Je ne veux pas te perdre… » parvint à articuler la jeune femme avant que les larmes ne s’échappent de ses yeux.
Castle la prit alors dans ses bras et s’assit sur le canapé, la jeune femme sur ses genoux.
-« Kate, regarde-moi s’il te plait… » souffla l’écrivain avant de continuer une fois que la jeune femme eut plongé ses yeux dans les siens. « Tu ne vas pas me perdre Kate. »
-« Si… En quelque sorte… Tu ne seras plus sur le siège d’à côté à m’observer faire ma paperasse… Tu ne débiliteras plus tes théories loufoques sur la CIA… »
-« Je croyais que tu détestais ça ? » la taquina Castle ce qui arracha un roulement d’yeux de la part de Beckett. « Non mais sérieusement Kate, si nous n’avons pas le choix comme le laisse supposer notre discussion avec ‘Iron’, nous serons toujours ensemble le soir après ton travail… »
-« Ce ne sera pas pareil… Tu ne seras plus là pour protéger mes arrières… Pour me sauver la vie… »
-« Ryan et Esposito seront là pour ça… » dit Castle alors qu’une boule se formait dans sa gorge.
-« Je n’ai pas envie que ça change… Tu m’as sauvé la vie tellement de fois… »
-« Pas tant que ça Kate… »
-« Plus que tu ne le crois… Je ne sais pas ce que je serais devenue si je n’avais pas découvert tes livres… »
-« Oh Kate… » murmura Castle en resserrant son étreinte autour de la jeune femme.
-« Je t’aime Rick. »
-« Moi aussi je t’aime ma belle… »
-« Tu crois qu’on pourrait essayer de faire pression sur Gates avec l’aide du maire ? » demanda timidement Beckett en se mordant la lèvre inférieure.
-« Elle seule a le pouvoir de décision finale et je suis sure que tu le sais aussi bien que moi, je me trompe ? »
-« Non, tu ne te trompes pas. Roy m’avait avoué qu’il te gardait parce qu’il pensait que tu étais un plus pour nous, » sourit Beckett. « D’ailleurs, il n’avait pas tort… Le taux de succès dans nos enquêtes a augmenté depuis que tu es à nos côtés… »
-« Et ça veut dire quoi ? » demanda Castle en bombant doucement le torse.
-« Mon Dieu ! Qu’ai-je dis là… » soupira Beckett en roulant des yeux et lui faisant une pichenette sur le bras.
-« Je rigole mais ça veut aussi et surtout dire que nous ne pourrons rien faire, même avec le soutien du maire… »
-« Je sais… Ça va être dur. »
-« Je serai là pour toi à chaque fois que tu en auras envie ou besoin. Je te le promets. »
Le couple échangea un tendre baiser avant de rester dans les bras l’un de l’autre un moment. Perdus dans leur bulle, ni Beckett ni Castle ne se rendirent compte de l’arrivée de Martha et des filles au rez-de-chaussée jusqu’à ce qu’une boule d’énergie ne se précipite vers eux pour un énorme câlin.
-« Hey ! Princesse ! Bonjour ma chérie, tu as bien dormie ? »
La fillette hocha la tête avant de faire un bisou à chacun de ses protecteurs puis montra son petit ventre avec conviction.
-« Aurais-tu faim par hasard ? » sourit Beckett.
Sarah hocha vigoureusement sa petite tête faisant voler ses cheveux autour d’elle.
-« Alors en route ! Mais avant tout, une chose s’impose ! Attacher tes cheveux ! »
Le couple se leva et, pendant que Beckett relevait les cheveux, Castle rejoignit sa mère et sa fille dans la cuisine.
-« Merci de vous être occupées de Sarah ce matin. »
-« Il n’y a aucun problème Richard. Ça va toi ? »
-« Oui bien sûr, pourquoi ? »
-« Papa, on a tout entendu ce matin… »
-« Ça va être… Différent… » dit Castle en baissant le regard.
Beckett s’approcha alors de lui et glissa ses bras autour de sa taille pour poser sa joue sur son omoplate.
-« Mais on va s’en sortir… On n’a pas le choix… »
-« Papa, tu sais que je n’aime pas trop que tu sois avec Kate sur le terrain parce que tu peux être blessé. Si tu es obligé d’arrêter, je me sentirai plus rassurée… Mais pas complètement satisfaite car c’est ce qui te rend heureux ! C’est ce qui te donne envie d’écrire encore et encore ! Tu dois te battre ! Tu ne peux pas abandonner ! »
-« Pumpkin… »
-« Alexis a raison Richard. Ton travail avec Kate et son équipe t’a rendu meilleur, moins insouciant. C’est devenu une part importante de ta vie. Tu aurais pu arrêter depuis très longtemps mais tu es resté pour les aider à rendre justice aux victimes. Je ne t’ai jamais vu aussi heureux que ces dernières années et, ça, c’est important pour moi. Que tu sois heureux… »
-« Maman… »
-« Richard… Tu ne m’appelles jamais Maman… » fit remarquer Martha inquiète.
Chapitre 26 : Jim Beckett
Après le petit déjeuner, Alexis et Martha partirent la première en cours et la seconde à une session de travail pour son école de théâtre. Castle était en train de débarrasser lorsque Beckett prit la petite dans ses bras.
-« Je vais me préparer avec Sarah, » annonça Beckett.
-« Pourquoi ? Je te trouve bien comme ça… »
-« Mais bien sûr ! Déjà que j’ai dû affronter Iron dans cette tenue ! »
-« En tout cas, pour moi, tu peux rester comme ça toute la journée si tu veux, » dit Castle en enlaçant tendrement la jeune femme.
Beckett roula des yeux et embrassa l’écrivain avant de disparaitre à l’étage pour se changer. Elles redescendirent presqu’une heure plus tard et s’installèrent dans le salon devant la cheminée pour jouer. Castle les y rejoint après une rapide douche avec son ordinateur et se mit à écrire tranquillement. Tout se passait tranquillement jusqu’à ce qu’un nouveau coup de sonnette ne retentisse.
-« Tu attends quelqu’un ? »
-« Non… » répondit Castle en se levant pour aller ouvrir. « Monsieur Beckett ? »
-« Bonjour Rick. Il me semblait pourtant vous avoir demandé de m’appeler Jim la dernière fois… »
-« Papa ? » s’étonna Beckett en apparaissant derrière Castle. « Qu’est-ce que tu fais là ? Tout va bien ? »
-« Oui, tout va bien, ne t’en fais pas ma chérie, » répondit Jim en pénétrant dans la pièce pour saluer sa fille. « Tu as l’air radieuse ma Katie. »
-« Merci Papa, tu as l’air en pleine forme également. »
C’est alors qu’un petit cri apeuré retentit du côté du canapé. Beckett s’éloigna alors de son père pour s’approcher de Sarah et la prendre dans ses bras. La fillette se blottit le plus possible contre elle et enfouit son visage dans le creux de son cou.
-« Ne t’en fais pas Princesse… Chut… Tout va bien… Tu vois ce Monsieur ? » demanda Beckett en obligeant la fillette à regarder le nouveau venu.
La fillette jeta un regard à l’homme en question avant de hocher sa tête de manière affirmative en direction de Beckett.
-« C’est mon Papa, il est très gentil… Tu n’as rien à craindre, je te le promets. »
Après une confirmation de la part de Castle, la petite se détendit dans les bras de la jeune femme. Le sourire attendri sur le visage de Jim ne passa pas inaperçu.
-« Ca te va bien… Tu me fais beaucoup penser à ta mère comme ça… »
L’émotion noua la gorge de Beckett et elle remercia intérieurement Sarah lorsque cette dernière lui fit comprendre qu’elle voulait retourner jouer. L’écrivain invita alors Jim à s’installer dans le salon et Sarah veilla à ce qu’une certaine distance la sépare de l’homme en qui elle n’avait pas encore confiance. Pendant que son père s’asseyait dans un fauteuil, Beckett prit place sur le canapé aux côtés de Castle.
-« Alors, qu’est-ce qui t’amène ? » demanda la jeune femme incertaine.
-« Ma voisine, Madame Thompson, est venue me voir ce matin car ma fille faisait la couverture de son magasine favori aux côtés d’un célèbre écrivain… »
-« Papa, ce n’est pas ce que tu crois ! » se défendit immédiatement Beckett.
-« Tu n’es pas avec Rick ? » demanda Jim déçu.
-« Si mais… Attends, pourquoi tu l’appelles Rick ? »
-« Il y a quelques temps déjà, après que l’on t’ait tiré dessus, je suis venu discuter avec ton bel écrivain. Ne soit pas en colère contre lui, » ajouta Jim connaissant parfaitement le tempérament de sa fille. « Il ne savait pas que je viendrai et je lui ai fait promettre de garder le secret. »
-« Vraiment ? » demanda Beckett à Castle qui acquiesça.
-« Je ne voulais pas te blesser mais j’avais fait une promesse à un père terriblement inquiet pour sa fille… »
Beckett sourit et s’approcha de Castle qui la prit contre lui.
-« Bon j’ai bien compris que vous étiez un couple, et tu m’en vois ravi d’ailleurs ma fille ! Mais l’un de vous deux peut-il m’expliquer ce que vous faites avec cette petite fille qui, soit dit en passant, vous ressemble étrangement… »
-« Sarah, » dit Beckett en souriant à l’enfant qui avait relevé la tête en entendant son prénom, « est l’unique survivante du massacre dont sa famille a été victime. Gates l’a placé sous notre protection… »
-« Pourquoi sembles-tu triste ? Tu n’as pas envie de la perdre ? »
-« Oui…Non… Pas uniquement… »
-« Qu’est-ce qui te tracasse ma Katie ? » demanda Jim en s’approchant pour poser une main sur le genou de sa fille. « Ou devrais-je dire : qu’est-ce qui vous tracasse tous les deux ? »
-« Cette enquête sera notre dernière ensemble, » avoua Beckett.
-« Je ne comprends pas… »
-« La Capitaine Gates me met à la porte du 12e District parce que mes relations avec votre fille ont dépassé le cadre strictement professionnel. Elle nous l’a clairement fait comprendre ce matin… »
-« Et vous ne pouvez rien faire ? »
-« Non, c’est elle qui a tout pouvoir de décision sur ma présence auprès de Kate… »
-« Mais il faut vous battre ! » s’exclama Jim en élaborant déjà un plan dans sa tête.
-« Il n’y a plus rien à faire Papa… »
-« Il y a toujours quelque chose à tenter ma fille. C’est toi qui me l’as appris… »