HypnoFanfics

Traumatismes...

Série : Castle
Création : 11.12.2011 à 14h45
Auteur : Lilou004 
Statut : Abandonnée

« Une histoire Caskett où Beckett ne ressemble pas vraiment à la Beckett de la série... » Lilou004 

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Chapitre 36 : Bienvenue !

 

A eux tous, il leur fallut moins d’une heure pour charger le camion.

-« Je n’en reviens pas qu’on ait fait ça à l’ancienne ! » sourit Castle.

-« Je ne voulais pas que mes affaires soient emballées par n’importe qui Rick et tu le sais parfaitement, » répondit Beckett en roulant des yeux.

-« Il y a certaines choses qui ne changeront jamais, » sourit Lanie.

-« C’est pour ça que les déménageurs n’interviennent que maintenant pour conduire le camion et décharger au loft, » dit Castle en ponctuant son explication d’un baiser à la jeune femme.

C’est alors que le portable de Ryan se mit à sonner.

-« C’est Gates, » indiqua le jeune homme avant de décrocher. « Ryan… Bien sûr Sir. Je comprends. Je suis justement avec Esposito. Nous serons là dans une demi-heure. »

Quand il eut raccroché, tout le monde remarqua son air préoccupé.

-« Qu’est-ce qui se passe ? » demanda Beckett sachant ses deux amis uniquement sur l’enquête des parents de Sarah.

-« L’un de nos indics est venu nous prévenir qu’un couple parlait beaucoup de l’article paru sur vous deux et Sarah. D’après ce qu’il a bien voulu dire à Gates, ça ne sent pas bon du tout et elle veut que nous revenions de suite pour l’interroger nous-mêmes. Désolé Jenny mais je vais devoir te laisser plus tôt que prévu… »

-« Ce n’est pas grave ! File ! Moi je vais en profiter pour aller vérifier avec ma mère que tout est prêt pour le mariage. Je t’aime. »

-« Moi aussi je t’aime Jen, » répondit Ryan en embrassant sa jeune fiancée.

Une fois Jenny partie, Ryan et Esposito se tournèrent vers leurs amis.

-« Une fois qu’on en aura terminé avec notre indic, vous voulez qu’on vous rejoigne pour vous aider à tout déballer ? » proposa Esposito.

-« Non, profitez de votre samedi soir ! » sourit Beckett. « D’autant que mon petit doigt m’a dit que Lanie et toi aviez quelque chose d’organisé… »

La médecin légiste rougit sous le regard brûlant de son latino.

-« Et puis, » ajouta Castle. « Ce soir, c’est détente ! On a bien bossé aujourd’hui donc l’emménagement peut bien attendre demain. »

Lanie et Jim en profitèrent donc pour s’éclipser en même temps que les garçons laissant Beckett et Castle seuls avec Alexis.

-« On rentre ? » demanda la jeune fille.

-« Je dois d’abord rendre mes clés, » répondit Beckett la gorge nouée.

-« Ça va ? »

-« Oui… Enfin ça fait juste drôle… »

-« Quoi ? »

-« C’est la première fois que je n’aurai plus de chez moi… Je n’ai jamais habité avec mes petits amis auparavant… »

-« Si tu te sens mieux en gardant les clés de ton appartement, ça ne me gêne pas tu sais, » dit Castle en prenant la jeune femme dans ses bras.

-« Ce serait idiot Rick et tu le sais aussi bien que moi. Donnez-moi un instant, je reviens, » répondit Beckett en s’éloignant du père et de sa fille.

Moins de dix minutes plus tard, elle ressortit du bâtiment un sourire aux lèvres et Alexis lui tendit un petit paquet. Beckett lui lança un regard interrogateur.

-« Ouvre, c’est pour toi. Un cadeau de bienvenue en quelque sorte, » sourit Alexis en voyant le regard interrogateur de la jeune femme à son père. « Il ne pourra pas t’aider, il n’est pas au courant. C’était ça ma sortie d’hier soir… »

Surprise et curieuse, Beckett obéit et ouvrit la boite pour découvrir un magnifique porte-clés en argent auquel étaient accrochées toutes les clés du loft. Ce dernier était gravé dans une très belle police « Notre famille ». D’émotions, les yeux de Beckett se remplirent de larmes et  elle prit la jeune fille dans ses bras.

-« Merci… »

-« Attends, il s’ouvre. Regarde. »

Alexis actionna le mécanisme et, cette fois, Beckett laissa libre cours à ses larmes, incapable de prononcer une parole. Le médaillon du porte-clés contenait deux photos : la première représentait Alexis tenant Sarah contre elle, toutes les deux souriant à l’objectif, et la seconde était une photo qu’elle ne connaissait pas de Castle. La tête de ce dernier était posée sur sa paume et son regard était dans le vide… C’est lui dans tout sa plendeur…

-« C’est magnifique, » murmura Beckett quand elle eut retrouvé un peu de voix.

La jeune femme serra la jeune fille dans ses bras et, ensemble, ils prirent la direction du loft familiale. A peine arrivés, ils trouvèrent les déménageurs déjà à la tâche sous les directives de Martha qui lors intimait le silence car Sarah n’était toujours pas réveillée. Elle leur sourit et prit Kate dans ses bras.

-« Alors ? »

-« Me voilà et pour de bon ! Je n’ai plus que cet appartement pour vivre… Il va donc falloir que vous me supportiez Martha, » sourit Beckett inquiète tout de même.

-« Darling ! Vous êtes un atout pour cette maison ! »

En moins de temps qu’il n’en fallait pour le dire, les déménageurs avaient empilé les cartons de Beckett dans le bureau de Castle en fonction des indications qu’ils y avaient mises.

-« Mes chéris, ce soir je sors ! » annonça alors Martha en se dirigeant vers la porte. « Ne m’attendez pas ! »

-« Et si nous allions au Old Haunt, » proposa Beckett.

-« Il est exceptionnellement fermé ce soir… »

-« Mais tu en es le propriétaire… On pourrait se faire un pique-nique en famille… Non ? »

-« Excellente idée ! Tu te joints à nous Lexis ? »

-« Plutôt deux fois qu’une ! Je ne veux pas que ma petite sœur me confonde avec une étrangère ! »

Tout le monde se prépara et partit en direction de sa soirée sans se douter un instant des évènements à venir…


Lilou004  (19.01.2012 à 19:05)

Chapitre 37 : Old Haunt

 

Arrivés devant le bar, Castle l’ouvrit et alluma les lumières alors que les filles s’installaient tranquillement sur les tabourets de bar.

-« Vous voulez boire quelque chose ? » proposa l’écrivain de derrière le comptoir.

-« Je veux bien une limonade. »

-« Et moi une bière et… » commença Beckett avant de regarder Sarah assise sur ses genoux. « Un jus de pommes ? »

La fillette acquiesça avec un immense sourire. Le couple avait repéré que la petite était friande de pommes et de tous ses dérivés. Aussi Castle sortit ce qu’elles avaient commandé avant de s’attaquer au panier de victuailles qu’ils avaient apporté avec eux. Une fois que tout fut prêt, il s’assit en face de sa famille et les observa un instant. Il aimait l’interaction entre sa fille et sa belle.
-« Rick, tu nous fixes… » remarqua Beckett en levant ses yeux au ciel.

-« Quoi ? Je n’ai pas le droit d’apprécier ce qui se passe devant moi ? » demanda innocemment Castle. « D’autant que j’ai trois des quatre femmes les plus importantes de ma vie en face de moi… »

Beckett roula des yeux avant de confier Sarah à Alexis pour avoir suffisamment d’espace de mouvement pour embrasser Castle par-dessus le comptoir.

-« Hum… J’ai toujours rêvé de vivre un moment pareil… » murmura Castle.

-« Euh… Je vous rappelle que les âmes sensibles de vos filles sont présentes dans la pièce, » sourit Alexis en faisant mine de cacher les yeux de la fillette sur ses genoux lui arrachant au passage un éclat de rire. « Tu trouves ça drôle toi ? Et bien pas moi ! Je n’ai pas envie de les voir faire un bébé devant moi ! »

-« Alexis ! » s’exclamèrent Beckett et Castle d’une même voix alors que la jeune femme rougissait.

-« Quoique… Je tiens à préciser que nous ne serions pas contre un agrandissement conséquent de notre famille, et je parle aussi au nom de Princesse qui ne se décide toujours pas à parler… Hein Chipie ! » ajouta la jeune fille en chatouillant doucement celle qui, ils l’espéraient tous, serait bientôt sa petite sœur.

Pendant l’heure qui suivit, la petite famille partagea un repas à la bonne franquette dans la joie et la bonne humeur tout en discutant de l’avenir et des projets de chacun.

-« Quelque chose te tracasse Kate ? » demanda Alexis en voyant la jeune femme se mordiller la lèvre inférieure.

-« Je me pose une question mais j’ai peur de vous fâcher tous les deux avec… »

Sentant que c’était très important pour la jeune femme, Castle fit le tour du bar et la prit dans ses bras.

-« Dis-nous tout. »

-« Est-ce… Est-ce que Gina ou… Ou Meredith ont… » commença Beckett avant de soupirer bruyamment.

-« Tu veux savoir si elles ont déjà vécu au loft ? » demanda Alexis ayant compris le tourment de Beckett. « Jamais. Papa a acheté le loft après son deuxième divorce et tu es la première femme à y avoir passé une nuit complète en dehors de Grand-Mère, moi et quelques-unes de mes amies de temps en temps. Et pourtant j’en connais qui ont essayé ! »

-« Vraiment ? » demanda timidement Beckett en se tournant pour plonger son regard dans celui de Castle.

-« Vraiment, » affirma l’écrivain. « Le loft a toujours été mon repère et celui de ma famille. Tu es la seule à y avoir pénétrer de manière aussi importante parce que tu fais partie de ma famille. C’est tout. »

-« Mais quand… »

-« Meredith ? Elle est arrivée le matin de très bonne heure… Et elle n’est pas restée. Alexis peut te l’assurer… »

Avant que Beckett n’ait le temps de répondre quoique ce soit, la porte du bar fut ouverte à la volée faisant sursauter les quatre occupants du lieu. Instinctivement, Castle se mit devant sa famille face aux intrus et les apostropha.

-« Je vous signale que c’est fermé ! »

-« Castle… » marmonna Beckett ayant déjà compris qu’il ne s’agissait pas de clients.

-« Oh mais on n’en a rien à foutre nous ! On est juste là pour finir ce qu’on a commencé, » fit la femme en lançant un sourire triomphant en direction de la petite fille.

Dans les bras de Beckett, Sarah s’était tendue en reconnaissant la voix de cette femme aux cheveux hirsutes et elle resserra son étreinte autour de la jeune femme, des larmes ravageant ses joues alors que la terreur se lisait sur son visage. A la réaction de la fillette, le sang de Beckett ne fit qu’un tour ayant compris son langage corporel. Protectrice, elle mit l’enfant dans les bras d’Alexis et se plaça devant ses deux filles, faisant un rempart de son corps en plus de celui de Castle. Elle ne put empêcher un grognement de franchir ses lèvres lorsqu’elle se rendit compte qu’elle n’avait pas son arme de service avec elle. Fermant les yeux un instant, elle se ressaisit et jeta aux deux meurtriers son meilleur regard de flic infaillible.

-« Comme c’est gentil de nous avoir facilité la tâche, » ironisa l’homme. « Sans cet article de presse, nous aurions eu beaucoup de difficultés à retrouver cette morveuse ! Maintenant, on va enfin pourvoir terminer ce qu’on avait commencé et avec un triple bonus en prime ! »

Le cerveau de Castle se mit en marche à vive allure. Le triple bonus dont ces meurtriers parlaient, c’était sa famille ! La femme de sa vie et ses filles ! Il se battrait bec et ongles pour les défendre !

-« Lexis, prends Sarah et cachez-vous ! Tu sais comment t’en sortir ! »

-« Mais… »

-« Pas de mais ! File ! C’est un ordre ! » cria Castle en se mettant de sorte à dissimuler aux deux meurtriers la trappe menant au bureau.

Les mouvements combinés d’Alexis et de Castle mirent les nerfs des meurtriers à rude épreuve. L’agitation était à son comble. L’homme se précipita en direction de Castle pour le faire bouger et voir où les filles s’enfuyaient mais l’écrivain refusa de bouger. De son côté Beckett faisait en sorte de maintenir la femme à distance du mieux qu’elle pouvait. Soudain, un coup de feu retentit suivi d’un hurlement de douleur et du bruit d’un corps qui chute lourdement au sol.


Lilou004  (20.01.2012 à 18:28)

Chapitre 38 : Attaque

 

-« Rick ! » hurla Beckett en reconnaissant la forme au sol.

La jeune femme tenta de se précipiter vers Castle qui avait été touché au ventre et venait de perdre connaissance mais la meurtrière la retint en la saisissant violemment par les cheveux.

-« You Bitch ! Bouge pas ton cul ! Et toi, tu peux m’expliquer ce qui t’a pris ? On ne va pas pouvoir jouer avec lui maintenant ! »

-« Oh ça va ! Il avait qu’à pas se foutre dans mon champ de vision ! Je sais que je viens de faire une boulette mais… » dit l’homme en jetant un coup d’œil à Castle au sol. « Vu sa blessure… On va avoir le droit à une lente agonie… Il va se vider tout doucement de son sang pendant qu’on jouera avec les autres. D’ailleurs… Où est passé Poil de Carotte et la morveuse ? »

-« Qu’est-ce que j’en sais moi ! » s’énerva la femme en relâchant légèrement sa prise sur Beckett.

La jeune inspectrice ne perdit pas un instant et donna un violent coup dans l’estomac de la femme qui la retenait réussissant à lui faire lâcher prise définitivement. Au moment où elle allait se retourner pour s’attaquer à leur deuxième assaillant, un nouveau coup de feu retentit dans la pièce et une violente douleur lui vrilla l’épaule gauche. Le couple de malfaiteurs éclata de rire en voyant Beckett serrer les dents en se tenant fermement le bras gauche. La jeune femme jeta un rapide coup d’œil à son épaule pour la découvrir en sang.

-« Salope ! Tu crois vraiment que tu vas t’en sortir ? » vociféra l’homme en s’approchant d’elle et lui donnant une puissante gifle qui l’envoya au sol. « Ne rêve pas trop… »

Beckett au sol, il en profita pour lui donner plusieurs coups de pied dans le corps. Il ne s’arrêta que lorsqu’un gémissement de douleur s’échappa de Beckett, fier de lui. Il s’accroupit à côté de la jeune femme recroquevillée sur elle-même en chien de fusil, ses yeux fixés sur le corps inconscient de Castle, y puisant le courage et la force de se taire malgré l’angoisse et la peur qui l’habitait.

-« Alors ? Elles sont où ? » demanda l’homme pendant que la femme fouillait le bar de fond en comble.

-« Allez-vous faire voir ! » cracha Beckett en le défiant du regard.

-« On en reparlera d’ici à quelques heures… » susurra l’homme à l’oreille de la jeune femme avant de me mettre à hurler. « Où sont-elles ? »

-« Je suis sûre que vous finirez par trouver… Un jour… »

Frustré, l’homme remit une volée de coups à Beckett avant de rejoindre sa compagne de meurtres dans sa recherche. A eux deux, ils commencèrent à saccager l’établissement à la recherche des deux filles, détruisant les portes des placards du bar, arrachant tables et banquettes… Mais Beckett n’en avait strictement rien à faire. Tant bien que mal, elle se traina jusqu’au corps de Castle et prit son visage dans la coupe de ses mains.

-« Rick, » chuchota Beckett les larmes aux yeux. « Je t’en prie, ne me laisse pas… Ne nous laisse pas… On a besoin de toi… Il faut que tu te battes mon Amour… Je t’en prie… »

Une boule se forma dans sa gorge empêchant la jeune femme de poursuivre et elle s’autorisa à laisser ses larmes couler le long de ses joues.

-« Si tu savais comme je t’aime… » parvint-elle à articuler entre deux sanglots, le front posé sur le bas de la mâchoire de l’écrivain.

-« Je… J’ai mal… » articula alors la voix très faible de Castle.

-« Rick ! Oh mon Dieu ! Ne parle pas mon Amour… Economise-toi, je t’en prie… On va s’en sortir, je vais… Je dois trouver une solution ! Je t’aime trop pour te perdre et les filles ont besoin de toi aussi… »

-« K… S’il m’a… Rriv… Prends… Soin d… Elles… »

-« Je te le promets mais tu vas t’en sortir ! Tu dois t’en sortir ! Je t’aime Rick ! »

Au moment où Beckett déposait un baiser sur les lèvres de Castle ce dernier perdit à nouveau connaissance, épuisé par ces simples mots faiblement murmurés.

-« Comme c’est mignon ! » ironisa l’homme en revenant vers le couple. « Mais tu sais, qu’il se batte ou non, ton mec va pas vivre longtemps… »

A ce commentaire, Beckett releva brusquement la tête.

-« Que voulez-vous dire par là ? » demanda l’inspectrice essayant de cacher au mieux son angoisse.

-« Où sont-elles ? » fit l’homme en serrant ses mâchoires.

-« Là où vous ne pourrez jamais les trouver ! »

-« Où sont-elles ? » vociféra cette fois la femme en insistant sur chaque mot.

Beckett les défia du regard sans rien dire jusqu’à ce que l’effroi la saisisse.

-« Que faites-vous ? »

-« Tu vas vite comprendre salope : soit tu nous dis où sont planquées ces petites putes, soit on tue ton mec ! »

L’angoisse monta d’un coup chez la jeune femme alors que l’homme mettait en joue le corps inconscient de Castle. Le type retira le cran de sûreté et sourit machiavéliquement.

-« A toi de choisir, » susurra l’homme à l’oreille de Beckett. « Il meurt tout de suite ou… Tout de suite ! »

Le couple explosa d’un rire horrible avant que la femme ne mette à son tour en joue la jeune femme. Elle s’avança jusqu’à ce que l’extrémité du révolver soit quasiment en contact avec le front de Beckett.

-« Si je vise bien, tu devrais mettre très longtemps à agoniser… Alors ? Où sont-elles ? On te le demande pour la dernière fois ! »

Beckett ferma les yeux et crispa ses mâchoires. Elle ne savait plus quoi faire…

C’est alors que deux coups de feu retentirent dans le bar…


Lilou004  (21.01.2012 à 15:46)

Chapitre 39 : Secours

 

-« NYPD ! » hurla l’équipe d’intervention en pénétrant en force dans le bar. « Drop your wapon! I said drop your wapon! »

Le cœur de Beckett se desserra à mesure que le soulagement prenait possession de son être.

-« Beckett ? Castle ? » appela alors la voix angoissée d’Esposito.

La jeune femme fit un effort pour redresser la tête et regarder son collègue et ami.

-« Une ambulance… Vite… Castle, il… »

-« Lanie est... »

-« Non ! » hurla Beckett. « Non ! Pas lui… »

-« Hey Boss, » dit Esposito en prenant le visage de Beckett entre ses mains pour capter son attention. « Il est mal en point mais il se bat ! Il se bat pour sa famille ! Il se bat pour toi… »

-« Mais tu as dit… »

-« Lanie est en train de lui prodiguer les premiers secours en attendant que l’équipe de paramédicaux arrive. Ne t’en fais pas… »

-« Comment ? » demanda faiblement Beckett.

-« Notre indic nous a dit que l’attaque était imminente et qu’il était persuadé que le couple de meurtriers avait déjà toutes les informations dont il avait besoin pour vous trouver. A partir de là, on a essayé de vous joindre mais Castle et toi étiez tous les deux sur messagerie… On venait enfin de joindre Martha lorsque le central a reçu l’appel paniqué d’Alexis. »

-« Oh mon Dieu ! Les filles ! » s’exclama Beckett en ouvrant de grands yeux puis voyant Lanie au chevet de Castle. « Ça va aller pour lui ? »

-« Ce n’est pas brillant… Tout dépend ce qui a été touché au niveau des organes internes… A la palpation, je dirai qu’il devait se remettre mais je préfère qu’il passe un scanner le plus vite possible. Dès l’arrivée de l’ambulance, on file à l’hôpital pour qu’il soit opéré au plus vite. Et toi ? Ça va ? »

-« Occupe-toi de lui. Je peux attendre, » répondit Beckett en se prenant les côtes dans les mains.

-« Qu’est-ce que tu fais Beckett ? Et où sont les filles ? » demanda Ryan en voyant la jeune femme se mouvoir douloureusement vers le fond du Old Haunt.

Sans répondre et n’ayant qu’une pensée en tête, Beckett rampa tant bien que mal jusqu’à la trappe toujours dissimulée et frappa deux petits coups dessus.

-« Bec… »

-« Shut up Espo ! Lexis ma grande, c’est Kate. Tout va bien maintenant. Tu peux sortir avec Sarah… »

-« Où sont les méchants ? » demanda la voix étouffée et angoissée de l’adolescente.

-« Les agents des forces d’intervention sont en train de les menotter avant de les faire sortir pour les conduire au poste. Ils sont hors d’état de nuire, je te le promets. »

-« Et Papa ? »

-« Je ne vais pas te mentir ma Puce, ton père a été blessé et, pour le moment, il est inconscient. Mais Lanie s’occupe de lui et il va être conduit à l’hôpital d’ici peu. »

Le bruit de solides verrous que l’on déverrouille se fit entendre avant qu’un craquement n’annonce l’ouverture de la trappe. Le visage angoissé d’Alexis apparut alors et Beckett lui fit un faible sourire.

-« Oh mon Dieu Kate ! Tu es blessée toi aussi ! Ça va ? » demanda l’adolescente inquiète pour la jeune femme.

-« Ne t’en fais pas ma Puce, » sourit Beckett en posant une main rassurante sur la joue d’Alexis avant de continuer la voyant observer son père être installé sur un brancard. « C’est un battant Lexis. Il fera tout ce qu’il est en mesure de faire pour revenir vers sa famille. Il faut avoir confiance en lui… »

-« C’est juste que, en quelques mois, j’ai failli perdre une figure maternelle importante pour moi et maintenant c’est mon père qui est en danger… » fit Alexis alors que des larmes s’échappaient de ses yeux. « Je vais chercher Sarah maintenant que Papa a été transporté... »

-« Hey ! » la retint un instant Beckett. « Tu n’es pas seule. Je suis là aussi pour toi. »

Après un faible sourire, Alexis disparut au sous-sol et en revint quelques plus tard avec Sarah dans les bras. La petite fille tremblait de la tête aux pieds, son lapin pressé fort contre son cœur. Des larmes ravageaient son petit visage.
-« Oh Princesse… »

-« Maman ! » s’exclama Sarah en se jetant dans les bras de Beckett à la plus grande surprise de tout le monde.

Après un moment de flottement et malgré la forte douleur qu’elle ressentait, Beckett referma ses bras sur la fillette et la berça doucement.

-« Chut Princesse, tout va bien maintenant… Les méchants ne peuvent plus faire de mal ni à toi ni à ceux que tu aimes. Je te le promets. »

-« Bobo Maman ? »

-« Un peu oui mais ça va aller. C’est au tour de… De Maman d’aller se faire soigner à l’hôpital… »

-« Papa ? » demanda Sarah en cherchant autour d’elles.

-« Papa est déjà en route pour l’hôpital. Il avait très mal au ventre et les médecins doivent le voir le plus vite possible. Mais il est fort tu sais Papa. »

Beckett releva son visage de la fillette pour découvrir celui ravagé de larmes d’Alexis.

-« Oh ! Viens me voir ma Puce ! » dit Beckett en ouvrant son bras valide à l’adolescente.

Alexis ne se fit pas prier et se précipita dans les bras de Kate pour y puiser un peu de réconfort. Après quelques minutes, elle se rendit compte que la jeune femme souffrait à cause de son épaule mais serrait les dents pour pouvoir les réconforter Sarah et elle.

-« Et si on te laissait te faire ausculter ? On a besoin d’une Maman en pleine forme pour… Tu sais… Papa… »

-« Merci ma Puce. Sarah, Princesse, tu veux bien rester avec Alexis pendant que le médecin regarde mon épaule ? »

La fillette hocha la tête et se blottit dans les bras de sa grande sœur alors qu’un médecin s’approchait de la jeune femme.

-« Je vais vous examiner mais ensuite il faudra aller à l’hôpital, on est bien d’accord ? »

-« Maman pital ? »

-« Oui Princesse. Je vais y aller en ambulance, comme toi il y a quelques jours. Alexis et toi nous suivrez avec Ryan et Esposito. Tout va bien se passer, d’accord ? »

Après un regard interrogateur à Alexis qui hocha la tête avec un sourire forcé, Sarah regarda Beckett pour, à son tour, hocher la tête.


Lilou004  (21.01.2012 à 20:00)

Chapitre 40 : L’intervention de Beckett

 

A peine Beckett était-elle arrivée à l’hôpital qu’elle fut prise en charge par une équipe de médecins et subit toute une batterie d’examens. Une heure plus tard, la jeune femme n’aspirait qu’à une seule chose : voir ses filles et avoir des nouvelles de Castle. La seule chose qu’elle savait à son sujet était qu’il avait été emmené au bloc à peine arrivé et qu’il avait perdu beaucoup de sang… L’angoisse la rongeait à petit feu.

-« Miss Beckett, nous avons tous vos résultats. Mis à part plusieurs contusions sévères au niveau des côtes et du ventre, vous avez cette vilaine blessure à l’épaule qu’il va nous falloir refermer. Pour cela, nous allons vous conduire au bloc. L’intervention ne devrait pas être longue. »

-« Non ! »

-« Mademoiselle, c’est le moyen le plus sûr pour nettoyer en profondeur votre blessure avant de la refermer. »

-« Je refuse que vous m’endormiez ! Mon compagnon est en ce moment sur la table d’opération et, la dernière fois que je l’ai vu, il était inconscient. »

-« Je comprends votre inquiétude mais… »

-« Nos deux filles sont en ce moment même en salle d’attente ! » s’énerva Beckett. « Elles étaient présentes lors de notre attaque et ont tout entendu. Je refuse qu’elles restent seules en attendant notre réveil. Soit vous me soignez en anesthésie locale après m’avoir permis d’embrasser mes filles, soit vous m’opérez une fois mon compagnon sorti de son intervention et réveillé ! Et cela est non négociable ! »

-« Comment s’appelle votre compagnon ? »

-« Richard Castle. »

-« Je me renseigne sur son intervention et je reviens. En attendant, il y a ici quelqu’un qui souhaite vous voir, » dit le médecin avant de quitter la pièce pour laisser place à Gates.

Beckett ne put empêcher un grognement de franchir ses lèvres.

-« Je sais, vous préfériez voir tout le monde sauf moi mais j’aimerai qu’on discute un instant si vous voulez bien. »

-« Je vous en prie, » répondit Beckett ne voyant pas trop comment refuser.

-« J’étais avec vos collègues et l’équipe d’intervention. Nous avons vu ce qui se passait dans le bar pendant un moment avant de pouvoir intervenir et je dois vous dire que j’ai eu tort… »

-« Comment ça Sir ? »

-« Castle et vous, vous savez faire passer les autres avant votre partenaire… Si Castle veut revenir au poste une fois qu’il sera remis, il sera le bienvenu en tant que votre coéquipier à moins que vous en décidiez autrement tous les deux. »

-« Merci Sir, » fit Beckett très émue.

-« Vous savez, je suis peut-être ‘Iron’ Gates, eh oui, je suis au courant de ça aussi, » sourit la Capitaine du 12e District. « Mais j’ai aussi un cœur. »

-« Merci. »

-« Maman ! » s’écria une boule d’énergie en accourant vers Beckett ayant poussé le médecin pour rejoindre Beckett au plus vite.

Gates installa Sarah sur le lit et elle se blottit contre Beckett. Alexis s’approcha à son tour et prit la main de la jeune femme.

-« Je vais bien Princesse, » dit l’inspectrice en regardant l’adolescente dans les yeux. « Mais je dois rester ici encore un peu. Après, c’est promis, je vous rejoins dans la salle d’attente pour attendre des nouvelles de Papa. »

-« D’accord. Bisous ? »

-« Bien sûr ! »

Beckett embrassa les deux filles.

-« Viens Sarah, on va rejoindre Grand-Mère et Gramps, » sourit Alexis alors qu’elle jetait un dernier regard à la jeune femme qui lui fit comprendre d’un regard que tout irait bien.

-« Je vais vous laisser aussi, » s’excusa Gates.

-« Sir ? » appela Beckett avant de continuer une fois l’attention de la capitaine sur elle. « Pourriez-vous rester avec moi ? »

-« Bien sûr, » répondit Gates en s’approchant de nouveau du lit et lui prenant sa main valide.

-« Pourriez-vous s’il vous plait lui dégager les cheveux et les lui maintenir le temps de l’intervention ? »

Gates acquiesça avant que le médecin n’attire l’attention de Beckett.

-« Malgré l’anesthésie que nous venons de vous faire, l’intervention risque d’être douloureuse car nous devons vraiment tout désinfecter en profondeur. Vous serez ensuite immobilisée pendant plusieurs semaines et il vous faudra prendre un traitement antibiotique pour prévenir toutes infections. Nous sommes bien d’accord ? »

-« Oui docteur. Je pourrais aller malgré tout attendre auprès de ma famille des nouvelles de Rick ? »

-« On va faire en sorte que vous soyez tous réunis sans que ce soit inconfortable pour vous. »

-« Merci. »

-« Maintenant il ne faut plus bouger du tout. Même si ça vous fait mal. »

Beckett acquiesça, plongea son regard dans celui de Gates et lui serra fortement la main pendant les cinquante minutes de l’intervention. Malgré la douleur que Gates pouvait lire dans ses yeux, elle ne desserra pas un instant sa mâchoire.

-« Voilà, c’est terminé. Je vous laisse vous reposer le temps que l’on prépare la salle où votre famille et vous patienterez. Il ne faut absolument pas que vous bougiez votre épaule dans les prochaines 24 heures. »

-« J’y veillerai, » répondit Gates avec un sourire.


Lilou004  (22.01.2012 à 16:09)

Chapitre 41 : L’attente

 

Une demi-heure plus tard, Beckett était installée dans une grande chambre pouvant accueillir jusqu’à trois malades. Le premier à pénétrer dans la pièce avec elle fut son père.

-« Hey ma Katie, comment te sens-tu ? »

-« J’ai connu mieux mais j’ai aussi connu pire… Comment vont les filles Papa ? »

-« Elles sont très inquiètes l’une comme l’autre et n’aspirent qu’à une chose : t’avoir auprès d’elles. »

-« Alors fais-les vite entrer, » sourit Beckett.

Jim se dirigea vers la porte et fit entrer Martha, Alexis et Sarah. Le calme de cette dernière surprit fortement Beckett.

-« Eh bien, où est passé ma boule d’énergie ? » fit-elle taquine.

-« Grand-Mère a dit moi sage car Maman fatiguée. »

-« Viens me faire un câlin Princesse… » dit Beckett en remerciant silencieusement Martha d’un sourire.

Avec l’aide de Jim, Sarah grimpa sur le lit et s’allongea à la droite de Beckett. Elle vint se blottir tout contre elle et mit son pouce dans sa bouche. La jeune femme déposa un baiser dans ses cheveux avant le lever les yeux vers Alexis.
-« Approche toi aussi ma  Puce, ne reste pas à l’écart. »

L’adolescente avança timidement, ne sachant pas si c’était vraiment sa place.

-« Lexis, tout à l’heure, tu as fait référence à mon accident du printemps dernier et tu as parlé de moi comme une figure maternelle pour toi. Alors vient-là ! Viens me faire un câlin toi aussi. »

Avec l’aide de son père et de sa ‘belle-mère’, Beckett se décala vers la gauche pour permettre à l’adolescente de s’allonger elle aussi sur le lit. Alexis prit Sarah sur elles, ainsi les deux filles pouvaient se blottir contre la jeune femme. A peine installée, Alexis laissa libre court à ses larmes alors que Beckett la berçait doucement.

-« Tout va bien se passer Alexis. Ton père est fort… »

C’est le moment que choisirent Ryan, Esposito, Lanie et Gates pour passer la tête par la porte.

-« On peut ? »

-« Bien sûr, ne restez pas dehors voyons ! » sourit Beckett avant de surprendre un regard assassin de Lanie en direction de la Capitaine. « Oh et Gates est la bienvenue parmi nous. »

-« Mais… »

-« Lanie, tout va bien. C’est arrangé et c’est à Rick et moi de décider comment nous voulons poursuivre notre partenariat professionnel en plus de celui plus… Personnel on va dire… »

-« Vraiment ? » demanda Esposito sceptique.

Gates hocha affirmativement la tête et alla s’assoir prêt de la fenêtre. Le silence se fit dans la chambre et, bientôt, Beckett se rendit compte que les filles s’étaient endormies contre elle. La jeune femme sentit alors le trop plein d’émotions prendre le dessus sur son self-control.

-« Lanie, c’est normal que ça dure aussi longtemps ? » finit par demander Beckett alors qu’une larme coulait le long de sa joue.

-« Oh Kate, c’est toujours long ma chérie ! »

-« Mais ça fait bientôt trois heures ! »

-« Je sais que ce n’est pas simple mais on ne peut qu’attendre… D’accord ? »

Beckett hocha la tête et reporta son attention sur les deux filles endormies dans ses bras. Fermant les yeux, elle adressa une prière silencieuse à sa mère demandant que tout aille bien pour l’homme qui faisait battre son cœur. Une infirmière pénétra alors dans la chambre et fut surprise par le nombre de personnes présentes.

-« Oh là ! Vous savez que mademoiselle Beckett doit impérativement se reposer après l’intervention qu’elle a subit ? »

-« Et vous, vous savez que notre Kate ne pourra se détendre et se reposer que lorsqu’on aura eu des nouvelles de Rick ? » répondit Esposito en roulant des yeux.

-« Espo, laisse, elle ne pouvait pas savoir… » murmura Beckett.

L’infirmière comprit alors pourquoi la salle d’attente des urgences s’était vidée de la sorte. La famille de l’homme blessé par balle était au chevet de la jeune femme !

-« Je vais vous demander de nous laisser un instant le temps que je vérifie le pansement de votre amie. »

-« Nous allons sortir par contre Sarah et Alexis ne bougeront pas d’un iota avant qu’on n’ait des nouvelles de leur père, » répondit Jim de manière inflexible avant que tout le monde ne quitte la pièce.

-« Vous avez une très belle famille, » sourit l’infirmière en défaisant doucement le pansement.

-« Merci. Vous avez des nouvelles de Rick ? »

-« Il est toujours au bloc mais le médecin viendra vous voir dès qu’il aura terminé. Bon, pour le moment, votre épaule, c’est parfait. Vous avez mal ? »

-« Ça va. J’ai connu pire. »

-« Je vais vous donner une nouvelle dose d’antidouleurs mais il faudrait vraiment que vous vous reposiez, que vous dormiez un peu… » dit l‘infirmière avant de sortir de la pièce.

Tout le monde reprit sa place dans la chambre et l’attente se poursuivit encore de longues minutes jusqu’à ce qu’un homme en tenue bleue de bloc ne pousse la porte.

-« Famille Castle ? » demanda-t-il doucement faisant se retourner brusquement tous les visages dans sa direction.


Lilou004  (23.01.2012 à 19:22)

Chapitre 42 : Rick

 

-« Je me présente Docteur Richardson. C’est moi qui me suis occupé de votre ami depuis son arrivée. »

Beckett regarda en direction de Martha, s’attendant à ce qu’elle pose les questions dont ils attendaient tous les réponses depuis des heures maintenant mais la rouquine avait fortement pâli et fixait le médecin stupéfaite. La jeune femme se rendit compte que quelque chose n’allait pas mais décida de mettre un mouchoir dessus le temps d’avoir des nouvelles de Castle. Elle reporta son attention sur le médecin qui avait froncé les sourcils.

-« Comment va-t-il Docteur ? »

-« L’opération s’est bien passé, » dit le médecin en reprenant constance et fixant son regard sur Beckett dans son lit. « Et il devrait se remettre complètement d’ici quelques semaines. Il faudra cependant qu’il fasse attention pendant au moins trois mois. »

-« Merci mon Dieu ! » soupira Beckett en fermant les yeux avant de plonger à nouveau son regard sur le médecin. « Quand pourrons-nous le voir ? »

-« J’ai cru comprendre que vous ne deviez pas quitter le lit Mademoiselle car vous avez subi une intervention lourde en anesthésie locale… »

-« Il fallait que je sois là pour les filles… Mais… »

-« Je sais que vous voulez le voir au plus vite mais vous allez devoir attendre qu’il quitte la salle de réveil pour être installé à vos côtés. Pour le moment, il est dans le gaz et je préférerai qu’il ne soit pas assailli à son retour en chambre. Vous pensez que vous pouvez patienter jusqu’à demain ? » demanda le médecin en se tournant vers les visiteurs.

-« Maintenant que nous savons qu’il est tiré d’affaire, nous allons vous laisser en famille, » répondit aussitôt Gates en se levant immédiatement suivi par Ryan, Esposito et Lanie. « Prenez soin de vous. »

-« On passera vous voir demain en fin d’après-midi, » sourit Lanie en embrassant Beckett.

Une fois leurs collègues partis, la jeune femme bailla, épuisée par la journée et l’intervention qu’elle avait subies.

-« Reposez-vous mademoiselle. Dormez, c’est le meilleur des remèdes. »

-« Mais je veux voir Rick… » murmura Beckett les larmes aux yeux.

-« Et si je vous faisais une promesse… Si vous dormez maintenant, je vais demander aux infirmières de vous réveiller lorsque nous installerons votre ami dans la chambre. Ainsi on fait d’une pierre deux coups : vous serez rassurée et vous aurez déjà commencé à vous reposer. D’accord ? »

Beckett réfléchit un instant, regarda les filles endormies contre elle puis hocha la tête de manière affirmative étouffant un second bâillement.

-« Autre chose… J’aimerai que vos filles ne dorment pas avec vous… »

-« Pour Alexis, je ne pense pas que ça pose de problème mais Sarah a assisté à l’assassinat de ses parents biologiques il y a seulement quelques jours et elle était présente aujourd’hui lors de notre agression… » répondit Beckett en se mordillant la lèvre inférieure.

-« Kate, » fit alors la voix endormie d’Alexis. « On peut toujours essayer de la mettre entre Grand-Mère et moi… »

-« Ca pourrait être une solution, » répondit la jeune femme avant de poursuivre en direction du médecin. « Par contre, je refuse qu’elles quittent la chambre et ce n’est pas négociable. Si elle fait un cauchemar, il faut qu’elle puisse nous voir tout de suite. »

-« Très bien. Je vais faire en sorte qu’un lit supplémentaire soit installé dans la chambre. Ce sera possible sans problème vu qu’il s’agit d’une chambre pour trois. Par contre Monsieur, je ne peux vous offrir que ce fauteuil inclinable et une couverture… »

-« Ce sera parfait merci, » sourit Jim.

Moins de dix minutes plus tard, une infirmière arriva avec le lit supplémentaire promis qu’elle installa sans bruit avant de disparaître aussi discrètement qu’elle était arrivée. Avec un sourire, Jim s’approcha du lit de sa fille et prit précautionneusement Sarah dans ses bras. La fillette grogna son mécontentement mais ne se réveilla pas pour autant aussi l’installa-t-il dans le lit d’appoint contre Martha qui y avait pris place.

-« Comment va Papa ? » demanda alors Alexis timidement.

-« L’opération s’est bien passée et il devrait être installé avec nous d’ici quelques heures. En attendant, on doit en profiter pour se reposer. »

Malgré les paroles et le ton rassurant de Beckett, l’angoisse était encore clairement visible sur le visage de l’adolescente. Ses yeux étaient pleins de larmes qui menaçaient de déborder à tout instant.

-« Alexis, ma Puce, regarde-moi. Il est entre de bonnes mains et le Docteur Richardson s’est montré plus que rassurant. La prochaine fois que tu te réveilleras, il sera avec nous. Et… Tu pourras être aux petits soins pour lui, » ajouta Beckett avec un clin d’œil.

-« Merci Maman… »

-« Maman ? Mais je…. »

-« Si, Kate, tu es plus une mère pour moi que ma propre mère… Depuis que tu es rentrée dans la vie de Papa, dans notre vie, j’ai l’impression d’avoir une deuxième maman d’autant que je sais que Papa te demande régulièrement conseil et ce avant même que vous ne deveniez plus que de simples collègues et amis, » sourit Alexis. « Je t’aime Kate et tu rends Papa heureux, tu nous rends tous heureux… »

-« Allez, file te coucher avant de me faire pleurer ! » dit Beckett les yeux humides et une boule dans la gorge.

Alexis embrassa Beckett puis alla se glisser dans le lit aux côtés de sa Grand-Mère et de Sarah. Jim s’installa sur le siège et tout le monde s’endormit rapidement. Comme promis par le médecin, une infirmière réveilla doucement Beckett quelques heures plus tard.

-« Mademoiselle ? Mademoiselle ? »

-« Hum… » fit Beckett en ouvrant les yeux.

-« Regardez sur votre droite, » sourit la jeune femme.

Beckett obéit et ne put empêcher l’immense sourire qui lui fendit le visage en découvrant Castle étendu sur le lit à côté d’elle.

-« Comment va-t-il ? » chuchota la jeune femme sans quitter son homme du regard.

-« Il est toujours légèrement sédaté mais l’opération est un succès. Par contre, il est agité, comme si quelque chose le perturbait… »

-« Vous pouvez m’approcher s’il vous plait ? »

L’infirmière échangea un regard avec sa collègue qui haussa ses épaules l’air de dire ‘pourquoi pas’. Elles rapprochèrent donc les deux lits et Beckett prit la main de Castle de la sienne valide. Instantanément, le visage de l’écrivain se détendit et l’inspectrice referma ses yeux, épuisée, avant de laisser le sommeil la gagner à nouveau. Un sourire attendri étira le visage des deux infirmières qui quittèrent la chambre sur la pointe des pieds...


Lilou004  (24.01.2012 à 19:02)

Chapitre 43 : Le secret de Martha

 

Lorsque Beckett se réveilla le lendemain matin, elle fut automatiquement soulagée en sentant la main chaude de Castle dans la sienne. Dans la pénombre de la chambre, elle le regarda avant de vérifier que son père, les filles et Martha allaient bien. Cependant, elle fronça les sourcils en ne trouvant qu’Alexis et Sarah sur le lit d’appoint dans les bras l’une de l’autre. D’un regard, elle parcourra la pièce rapidement et découvrit la silhouette de l’artiste en ombre chinoise devant la fenêtre.

-« Martha ? » appela Beckett doucement.

-« Je t’ai réveillé, » s’inquiéta tout de suite la rouquine en se tournant doucement vers les lits.

-« Non, ne vous en faites pas. Qu’est-ce qui vous tracasse Martha ? »

-« Kate, Darling, tu ne crois pas que, maintenant que tu es ma belle-fille, on pourrait se tutoyer ? »

-« Si, » sourit Beckett. « Mais tu sais Martha, ça ne sert à rien de tenter de changer de sujet, je sais que quelque chose vous… Te préoccupe depuis hier… »

Martha baissa la tête et s’approcha du lit pour s’assoir à côté de la jeune femme.

-« Qu’est-ce qui s’est passé ? Et pourquoi ai-je l’impression que tu as vu un fantôme hier quand le Docteur Richardson a pénétré dans la chambre… »

-« Richard va… Va me détester… »

-« Pourquoi dis-tu ça ? Rick t’adore ! »

-« Mais je lui ai menti… Je lui mens depuis toujours… »

-« A quel sujet ? » s’étonna Beckett en tentant de se redresser.

Martha se leva alors en la voyant grimacer et l’aida à s’installer plus droite dans son lit pour ainsi pouvoir écouter ce que la rouquine avait à lui dire. La mère de l’écrivain sourit en voyant Beckett tout faire pour ne jamais lâcher la main de son fils. Une fois la jeune femme confortablement assise, Martha reprit sa place en se mordant la lèvre inférieure.

-« Martha, je ne t’ai jamais vu comme ça… » souffla Beckett en posant, en grimaçant, sa main gauche sur celle de la rouquine.

-« Le père de Richard… Son père c’est… C’est le Docteur Richardson, » finit par lâcher la comédienne.

Beckett resta sans voix, complètement sous le choc de l’annonce faite par Martha.

-« Richardson… Richard ? »

-« J’ai nommé mon fils en hommage à ce que j’ai vécu avec son père… Richard Alexandre pour Alexandre Richardson… »

-« Tu l’as aimé ? »

-« Follement… C’était mon âme sœur, l’autre moitié de mon tout… »

-« Mais alors pourquoi n’avoir rien dit ? »

-« Pour Alexandre… Ses parents étaient contre notre histoire et menaçaient de lui couper les vivres. Il n’aurait pas pu terminer ses études et devenir le médecin qu’il rêvait être… Je ne pouvais pas lui faire ça… Il avait un avenir brillant… Alors je suis partie… J’ai demandé et obtenu un transfert d’université et je lui ai dit que je ne l’aimais plus pour que ce soit moins dur pour lui… Pour qu’il puisse refaire sa vie et être heureux sans moi… »

-« Oh Martha… »

-« Je me suis lancée à fond dans la carrière pour oublier que j’aimais un homme qu’il m’était interdit d’aimer. Ça a marché mieux que je ne le pensais et j’ai commencé à décrocher des contrats… Ça m’a permis d’oublier un temps… Jusqu’à ce que je découvre ma grossesse… Richard était déjà en train de grandir en moi depuis presque quatre mois et demi… Je savais qu’il ne pouvait être que d’Alexandre car je n’avais laissé personne m’approcher depuis que je l’avais quitté… Il était et est toujours d’ailleurs l’homme qui détient mon cœur. Dès notre rencontre, j’ai su intimement que je l’aimerai quoi qu’il arrive ! Sans le savoir, Alexandre m’avait fait le plus merveilleux des cadeaux... »

-« Son père n’a jamais su ? » s’étonna Beckett.

-« Une seule fois, après mille tergiversions, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis retournée jusqu’à l’université où il faisait toujours ses études. Je voulais lui dire, qu’il sache… Mais… Mais… Quand je l’ai vu avec cette fille, il avait l’air tellement heureux… Je n’ai pas voulu gâcher sa vie… »

-« Oh Martha ! »

-« Je ne veux pas que Richard me déteste ! Et je ne veux pas qu’il déteste son père… »

-« Il ne te détestera pas… Il sera surement sous le choc et aura besoin d’un peu de temps mais Rick t’aime profondément et, ça, rien ni personne ne pourra le changer. »

-« Tu crois ? »

-« J’en suis sûre mais ça ne se fera pas en cinq minutes… »

-« Kate a raison Mère, il va me falloir du temps pour digérer la nouvelle… » fit la voix éraillée de Castle alors que l’écrivain s’accrochait un peu plus à Beckett, recherchant son contact en guise de réconfort.

-« Richard ! Je… Oh mon Dieu ! Je m’en veux tellement, » fit Martha en dissimulant son regard au couple.

-« Mère, je t’aime et, quelque part, je te comprends mais… C’est mon père… Mon père ! Tu comprends ? »

-« Oui Darling, je comprends, » répondit Martha en levant son regard humide vers son fils unique.

C’est alors que les trois adultes virent la porte d’entrée s’ouvrir sur un Docteur Richardson complètement bouleversé par ce qu’il venait visiblement d’entendre.

-« C’est vrai ? Tout ce qui vient d’être dit, est-ce vrai Martha ? »


Lilou004  (25.01.2012 à 20:09)

Chapitre 44 : Alexandre Richardson

 

-« Alexandre ! » s’exclama Martha en se couvrant la bouche de stupeur.

-« Pourquoi ? Pourquoi Martha ?... »

-« Je… Je pensais bien faire… Je… » répondit la rouquine, son regard passant de son fils au père de ce dernier.

Honteuse et mal à l’aise, elle baissa son visage et se mit à fixer ses mains comme si c’était la chose la plus intéressante sur terre. Beckett ne l’avait jamais vu comme ça mais, lorsqu’elle tourna son visage vers celui de Castle, elle comprit avec stupeur qu’il en était de même pour lui.

-« Je… J’ai un fils ? » fit le médecin ému avant que la colère ne s’empare de lui. « Comment Martha ? Comment as-tu pu me cacher l’existence de mon fils ? La chair de ma chair ! Mon sang ! Tu savais pourtant que je rêvais d’être père ! »

-« Je… Je pensais bien faire… Tu avais l’air heureux avec cette jeune femme brune… Et puis j’étais terrifiée… Terrifiée que tu m’en veuilles un jour, que tu nous en veuilles à notre fils et à moi pour avoir brisé tes rêves… »

Une larme s’échappa de l’œil gauche de Martha ce qui n’échappa ni à Beckett ni à Castle.

-« Mère… Pourquoi ? »

-« Pourquoi quoi Richard ? » demanda Martha en levant enfin ses yeux brillant de larmes vers fils.

-« Si tu l’as tant aimé que ça Mère, pourquoi m’avoir menti ? Pourquoi avoir dit que tu ne savais pas qui il était ? »

-« Parce que j’avais peur… Je ne voulais pas risquer que tu te fasses rejeter… Je… »

-« Mais j’avais besoin d’un père ! Pas d’une succession de conquêtes ! Mais d’une figure paternelle présente à mes côtés ! De manière permanente ! Tu crois que c’était simple de grandir en étant l’enfant sans père ? Le bâtard de service, c’est comme ça qu’on m’appelait Mère ! »

-« Tu… Tu ne me l’as jamais dit… »

-« A quoi cela aurait-il servi de toute façon… » fit Castle défaitiste en détournant le regard et resserrant plus fortement son étreinte sur la main de Beckett.

-« Je t’aimais Martha… » souffla alors Richardson. « Je t’aimais tellement… »

-« Alors pourquoi n’avez-vous pas tenté de la retenir ? Pourquoi ne l’avez-vous pas recherchée une fois qu’elle ait eu disparu ? » demanda Castle d’une voix brisée.

-« Parce que je n’ai pas réussi à trouver où Martha se cachait jusqu’à ce qu’elle commence à faire les gros titres… J’ai alors découvert qu’elle avait un enfant, vous en l’occurrence, et… Et je pensais… Je ne savais pas… Si seulement j’avais su… »

Trop honteuse et consciente d’avoir fait du mal aux deux hommes qu’elle ait jamais aimé, Martha se leva et quitta précipitamment la pièce.

-« Mère ! » tenta de l’appeler Castle mais Martha l’ignora, submergée par ses émotions.

Au moment où Richardson se tournait pour la rattraper, Jim prit la parole faisant sursauter tout le monde.

-« Restez Monsieur, je pense que vous avez des choses à vous dire Rick et vous… Je m’occupe de Martha et, si les filles se réveillent, n’hésitez pas à m’appeler, je les emmènerai prendre un petit déjeuner à la cafétéria. »

-« Merci Papa. »

-« De rien ma Katie. Prends soin d’eux, ils vont en avoir besoin… » sourit Jim en quittant la chambre, refermant la porte derrière lui.

Le silence se fit alors dans la pièce. Père et fils s’observaient ne sachant pas quoi dire. Castle gardait la main de Beckett dans la sienne comme un point d’ancrage pour ne pas s’effondrer.

-« Vous devriez vous assoir, non ? » suggéra alors Beckett d’une voix douce.

Richardson hésita mais finit par s’assoir sur le fauteuil laissé vacant par Jim après en avoir obtenu l’accord de Castle d’un hochement de tête.

-« Mon Dieu… J’ai un fils… » fit le médecin la gorge nouée par l’émotion.

-« Ca… Vous… Vous êtes content ? » demanda timidement Castle, incertain de la réponse.

-« Je suis surpris ça c’est sûr ! Mais une chose est certaine, je suis heureux et j’ai envie de te connaitre si tu en as également envie bien sûr… Je ne m’imposerai jamais si tu n’en as pas envie… »

-« Comment je dois vous appeler ? »

-« Alexandre. C’est bien non ? »

-« D’accord. Enchanté Alexandre, je suis votre fils Richard et voici ma compagne Kate et nos deux filles Alexis et Sarah… Enfin Princesse n’est pas encore officiellement notre fille mais bientôt j’espère… »

-« Wow ! De vieux garçon, je viens de passer à père et grand-père ! Elles sont superbes en tout cas les femmes de votre vie Richard. »

-« Merci Alexandre… » répondit Castle avant de poursuivre avec un sourire. « Elles sont fantastiques… Mais vous en connaissez déjà une il me semble… »

-« Vous savez, je ne me suis jamais vraiment remis du départ de Martha… »

-« Je pense que Mère non plus… Elle m’a appelé Richard Alexandre. »

-« Je croyais que… Laissez tomber… » répondit Richardson en rougissant.

-« Je sais que vous connaissez mon image public mais j’ai fait le choix de prendre un nom de plume. Je n’ai gardé que mon prénom. »

-« Si j’avais su que vous étiez mon fils… Vous savez que j’ai tous vos livres ? Je vous ai même approché il y a quoi… Deux ans lors d’une signature… »

Castle resserra encore son étreinte autour de la main de Beckett qui lui en caressa doucement le dos avec son pouce. Aussitôt l’écrivain se détendit légèrement.

-« Ne vous en faites pas Richard. Je respecterai vos décisions à savoir si vous souhaitez que je fasse parti de votre vie ou non et, ne vous inquiétez pas, je n’ai absolument aucun besoin financier… J’ai plus que je ne pourrais jamais dépenser entre l’héritage de ma famille et mon salaire de chirurgien. »

-« Euh… Je… »

-« Ne vous justifiez pas, je me doute que toutes les personnes qui vous approchent ne sont pas toujours désintéressées. »

C’est alors qu’une infirmière passa sa tête par la porte.

-« Docteur ? »

-« J’arrive, » répondit le médecin avant de se tourner vers le couple. « Je vais vous laisser. Par contre, je vais demander à l’un de mes confrères de s’occuper de vous car, maintenant que je sais que vous êtes mon fils, je ne suis pas sûr de parvenir à rester impartial… »

-« Merci Alexandre, » sourit Castle touché par ce geste qui prouvait que son père tenait déjà à lui. « Je peux vous demander un service ? »

-« Dites-moi tout. »

-« Serait-il possible que vous rapprochiez Kate de moi ? J’ai vraiment besoin de l’avoir près de moi… » fit Castle inquiet de la réponse du médecin.

-« A la condition que vous fassiez attention à son ventre mademoiselle. C’est promis ? » demanda Richardson avant de sourire en voyant Kate hocher frénétiquement la tête. « Alors faites-moi confiance. »

Le médecin écarta les deux lits avant de soulever doucement la jeune femme dans ses bras pour la déposer délicatement aux côtés de Castle.

-« Voilà. Et faites attention à votre épaule Mademoiselle ! »

-« C’est promis. Merci, » sourit Beckett en se blottissant dans les bras de Castle avant que le médecin ne disparaisse.


Lilou004  (26.01.2012 à 19:35)

Chapitre 45 : Hit by a bus !

 

Une fois seuls dans la chambre d’hôpital avec les filles endormies dans le lit d’appoint, le masque de Castle se brisa. Ses épaules s’affaissèrent et il déposa son visage au sommet du crâne de sa compagne.

-« Comment te sens- tu ? » murmura doucement Beckett en se rapprochant encore de son homme.

-« Like I’ve just been hit by a bus… » soupira Castle. « Tu te rends compte que je viens de rencontrer mon père ? Mon père… »

-« Et tu en penses quoi ? »

-« Bah écoute je suis un peu déçu… »

-« Déçu ? » s’étonna Beckett.

-« Bah oui ! Ce n’est ni un espion ni un astronaute… » fit Castle avec humour. « Mais bon, c’est un chirurgien qui sauve des vie… Qui est à l’origine de ma vie et qui vient de la sauver alors… Mon père est un héros, non ? »

Beckett sourit doucement, comprenant parfaitement qu’il ait besoin d’alléger la situation, mais elle sentait à quel point ce qui venait de se passer l’avait profondément perturbé. Un long silence s’installa ensuite, silence que seul le bruit des respirations calmes et profondes des filles venait briser. Beckett était consciente des larmes qui coulaient le long des joues de Castle mais elle décida d’attendre encore un peu… Un léger coup fut frappé à la porte et un homme en blouse blanche pénétra dans la pièce.

-« Je ne vous dérange pas longtemps. Je voulais juste me présenter. Je suis le docteur Hamilton et c’est moi qui vais prendre le relais du docteur Richardson. »

Le couple hocha doucement la tête et le médecin, comprenant qu’ils avaient besoin d’être seuls, s’éclipsa après les avoir prévenu qu’il repasserait en fin de matinée pour les ausculter tous les deux suite à leurs opérations. Une fois la porte refermée, le silence s’installa de nouveau et, cette fois-ci, Kate se positionna dans les bras de Castle pour pouvoir le regarder dans les yeux.

-« A quoi es-tu en train de penser ? » demanda-t-elle bien que la réponse fut évidente.

-« Qu’est-ce qui va se passer maintenant ? »

-« Comment ça ? »

-« Je… J’ai toujours vécu sans père… Et maintenant j’en ai un… Comment je suis sensé vivre avec ça ? Quelle place doit-il prendre ? »

-« Prends les choses l’une après l’autre comme tu l’as fait avec Sarah… Comme tu m’as aidé à le faire avec elle… Je suis consciente du fait qu’adopter une enfant et découvrir qu’on a un père c’est différent mais, si tu as envie de le connaitre, je suis persuadée que tu t’en sortiras. Et je serai là pour toi à chaque fois que tu en auras besoin… Always… »

-« Comment peux-tu savoir que tout va bien se passer ? » demanda Castle d’une voix faible et incertaine qu’elle ne lui connaissait pas.

-« Parce que tu es toi, tout simplement… Même moi je n’ai pas pu résister à ton bagou et à ton charme légendaire, » fit Beckett avec un sourire. « Et pourtant… Ce n’est pas faute d’avoir tenté de résister ! »

La touche d’humour de la jeune femme arracha un sourire à Castle qui resserra son étreinte avec Beckett.

-« Je t’aime Kate… »

-« Je t’aime Rick, » répondit la jeune femme en déposant un baiser sur les lèvres de son homme.

De nouveau le silence s’installa un moment mais, cette fois, Beckett n’eut pas besoin de l’interroger pour que Castle mette des mots sur ses émotions.

-« Pourquoi ? Pourquoi Mère m’a-t-elle menti ? J’aurai au moins su qu’il n’était pas juste un gars de passage ! » commença à s’énerver l’écrivain. « J’aurai été heureux juste en sachant qu’il était quelque part et que ma mère l’avait aimé ! »

-« Rick… Rick regarde-moi, » intima Beckett en bougeant pour pouvoir plonger ses yeux dans les siens ce qui lui arracha une grimace de douleur. « Martha a fait ce qu’elle a pu pour se protéger… Je crois qu’elle a énormément souffert de sa décision… »

--Mais tout aurait pu être tellement différent ! Je me serai senti moins seul quand j’étais enfant… Je n’aurai pas été la risée de mes camarades… Je… »

-« Rick, je sais que ta mère a des torts dans cette histoire mais elle croyait bien faire et regarde quel homme merveilleux et aimant elle a fait de toi ! Tu n’as peut-être pas eu de père mais tu as vu puiser dans l’amour que Martha t’a donné pour devenir un père exceptionnel ! »

-« Tu n’as pas faux mais je me sens malgré tout trahi… Et en colère… »

-« Tu as parfaitement le droit de ressentir ces choses Rick. C’est légitime mais tu dois aussi essayer de te mettre à la place de Martha… Imagine un instant que demain, Gina vienne me voir et m’annonce que plus aucun de tes romans ne sera publié tant que je resterai avec toi… Je sais que je t’aime et que tu m’aimes aussi mais je me trouverai dans une situation plus que délicate… Et honnêtement, je ne serai pas quoi faire… »

-« Vraiment ? Mais pourtant… »

-« Rick, » poursuivit la jeune femme en déposant un doigts sur les lèvres de son compagnon. « Je sais à quel point l’écriture fait partie de ta vie et je refuse que me mettre entre elle et toi… Je me trouverai exactement face au même dilemme de ta mère il y a presque quarante ans. »

Castle sembla réfléchir un long moment aux paroles de Beckett avant de la regarder, le visage adouci.

-« Merci… Je suis toujours perdu et j’ai le sentiment d’avoir été trahi mais j’ai compris ce que tu voulais me dire à propos du choix de Mère. Je vais essayer de lui pardonner… »

-« Et je suis persuadée que tu y parviendras Rick… Sinon je ne serai pas amoureuse de toi… » répondit Beckett en essuyant doucement les vestiges des larmes qu’il avait versées.

C’est ce moment-là que choisit Sarah pour se réveiller et se redresser sur son lit.

-« Papa ! » s’exclama joyeusement la fillette en sautillant sur place.

-« Papa ? » s’étonna Castle en se retournant vers Beckett.

-« Surprise ! Elle a commencé à parler hier après qu’Alexis l’ait sortie du bureau du Old Haunt… »

-« Lesis ! Lesis ! Veille-toi ! » dit Sarah en secouant sa grande sœur sans ménagement. « Papa ici ! Papa ici euh ! »

-« Papa ? Oh mon Dieu ! Papa ! Tu vas bien ! » fit alors l’adolescente en se redressant avant de scanner rapidement la pièce. « Où sont Grand-Mère et Gramps ? »

-« Ils sont partis discuter un instant, » sourit Beckett sans parvenir à rassurer complètement Alexis.

-« Lesis ! Moi Papa et Maman ! Ite ! » s’impatienta l’enfant.

-« Hey ! Minute Princesse ! Donne-moi le temps de me lever ! » sourit Alexis en prenant Sarah dans ses bras. « Par contre, il faut faire très attention au ventre de Papa. Comme le bras de Maman, d’accord ? »

-« Accord, » sourit la fillette en mettant son pouce dans sa bouche.

Alexis s’approcha donc du lit dans lequel reposaient Castle et Beckett et déposa précautionneusement Sarah contre son père avant d’embrasser tour à tour les deux adultes.


Lilou004  (28.01.2012 à 09:37)

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