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Série : Castle
Création : 11.12.2011 à 14h45
Auteur : Lilou004
Statut : Abandonnée
« Une histoire Caskett où Beckett ne ressemble pas vraiment à la Beckett de la série... » Lilou004
Cette fanfic compte déjà 188 paragraphes
Chapitre 46 : Explications
De son côté, Jim était parti à la recherche de Martha qu’il trouva assise sous un arbre dans le jardin de l’hôpital.
-« Je peux ? » demanda pudique Jim.
-« Bien sûr, » sourit tant bien que mal Martha en lui faisant de la place.
-« Martha, je ne vais pas vous mentir. J’ai tout entendu. »
-« Et vous aussi vous me détestez ? »
-« Je ne vous déteste pas et je suis sûr qu’il en est de même pour toutes les personnes impliquées dans cette histoire… »
-« J’ai du mal à vous croire… »
-« Ecoutez, votre fils est quelqu’un de bien. Il va certes être blessé par la nouvelle mais il ne vous en voudra pas longtemps… Sinon ma fille ne l’aurait pas choisi. »
-« Comment pouvez-vous en être si sûr ? »
-« A la mort de ma femme, j’ai sombré dans l’alcoolisme. »
-« Vraiment ? »
-« Ma fille est très discrète à ce sujet mais oui. Et je l’ai abandonné à son propre sort au moment où elle avait le plus besoin de moi, au moment où elle venait de perdre sa mère… Je m’en veux encore aujourd’hui car c’est elle qui m’a permis de remonter la pente, elle, son courage et sa persévérance… »
-« Kate est quelqu’un de bien Jim. »
-« Tout comme votre fils, Martha. Laissez-lui du temps pour digérer la nouvelle et apprendre à connaitre ce père s’il le souhaite… »
-« Jamais plus je ne me mettrai entre Richard et Alexandre… Je n’aurai d’ailleurs jamais dû le faire… »
-« Tu avais tes raisons Martha, » intervint alors la voix de Richardson les faisant se retourner.
-« Je vais vous laisser discuter, » sourit Jim en voyant les deux cafés dans les mains du médecin. « Je vais voir si les filles sont réveillées… A tout à l’heure. »
Jim disparut et Martha invita d’un signe de la main Richardson à s’assoir. Ce dernier lui tendit un café.
-« Noir avec un sucre. C’est toujours ça ? »demanda doucement le médecin, souriant la voyant hocher affirmativement la tête. « Bon ça n’a rien d’un arabica mais c’est tout ce que j’avais en stock… »
-« Merci, » sourit Martha pour la première fois depuis la veille. « Je vois que tu n’as pas perdu ton humour. »
Un silence se fit jusqu’à ce que la curiosité de Martha ne reprenne le dessus.
-« Comment as-tu su où me trouver ? »
-« Je me suis souvenu que tu aimais réfléchir à ce qui te tracassais sous un arbre du jardin botanique de la faculté. J’ai donc cherché l’arbre le plus proche… »
-« Tu te souviens vraiment de tout… Richard te ressemble vraiment tu sais… Même humour, même souci des détails… » sourit Martha avant de détourner le regard. « Tu dois vraiment m’en vouloir… »
-« Je ne vais pas te mentir en te disant que je ne suis pas en colère parce que ce serait faux. »
-« Je comprends… »
-« Laisse-moi un peu de temps… Mais sache que tu viens de faire de moi un homme heureux ! J’ai un fils, un magnifique fils et, d’après ce que j’ai cru comprendre, j’ai aussi deux superbes petites-filles et une charmante belle-fille ! Rends-toi compte ! Il y a quoi ? Une heure, grand maximum, je n’étais qu’un vieux garçon… »
-« Tu n’as jamais refait ta vie ? » demanda timidement Martha.
-« Je n’ai jamais pu oublier une certaine rouquine… »
-« Mais… Et cette brune avec laquelle je t’ai vu ce jour-là ? Tu semblais bien t’entendre avec elle et lui sourire… »
-« La seule personne qui a réussi à me faire sourire pendant des mois a été ma petite sœur. C’est grâce à elle que j’ai continué mes études et que je suis devenu l’homme que je suis aujourd’hui. »
-« Ta sœur ? Oh mon Dieu… Qu’ai-je fait… »
-« Martha, tu as cru bien faire et je comprends au fond de moi tes raisons. Je t’en prie, ne t’en veux pas. Vois le côté positif : j’ai un fils sans même avoir dû subir la période au combien horrible des couches et des biberons ! »
-« Tu ne pourrais peut-être pas échapper à ceux de tes petits-enfants, » répondit Martha au tac-au-tac.
-« Tu crois que Richard et mademoiselle Beckett veulent d’autres enfants ? »
-« Alexis est la fille de Richard et de sa première épouse Meredith quand à Sarah, c’est un peu compliqué… C’est une petite victime d’un double meurtre dont elle a été témoin. »
-« Mais elle les appelle Papa et Maman ! » s’étonna Richardson.
-« Ils se sont tous très vite adoptés mais, en même temps, Princesse est adorable… »
-« Princesse ? Vous l’appelez par la signification de son prénom ? »
-« Au départ, ils ne connaissaient pas son prénom et elle ne parlait pas alors, comme elle avait une chemise de nuit de princesse, ils l’ont appelée comme ça… »
-« Ça lui va bien. Elle est magnifique. J’aurai vraiment parié qu’elle était leur fille biologique tellement elle leur ressemble… Tu devrais peut-être rejoindre Richard et discuter avec lui… Je pense que vous en avez tous les deux besoin… »
-« Merci Alexandre, merci pour tout. Sache que je suis vraiment désolée pour ce que je vous ai fait à Richard et à toi… »
-« J’en ai conscience Martha. Va discuter avec notre fils et donne-lui ceci de ma part, » dit Richardson en lui tendant sa carte sur laquelle il avait également indiqué ses numéros personnels. « S’il veut me connaitre, je serai ravi de partager des moments avec lui mais, s’il ne le souhaite pas, je respecterai son choix. »
-« Je la lui donnerai, c’est promis, » répondit Martha en se levant. « Et merci d’être si compréhensif… »
-« Prends soin de toi Martha. »
-« Toi aussi, » répondit la rouquine avant de murmurer : « Moi aussi je n’ai jamais pu t’oublier Alexandre »
Martha partit mais Richardson avait entendu sa dernière phrase. Il resta un long moment assis sur le banc à réfléchir à tous ces chamboulements qui venaient de se passer dans sa vie en moins d’une heure…
Chapitre 47 : Chantilly
Lorsque Jim pénétra dans la chambre d’hôpital où se trouvait la petite famille, il ne put retenir le sourire qui s’étira inexorablement sur son visage. Sa fille, Castle, Alexis et Sarah étaient blottis les uns contre les autres tant bien que mal dans le même lit et discutaient calmement. Malgré tous les efforts que Castle faisait, Jim pouvait lire sur son visage la blessure qui le tourmentait.
-« Bonjour ! Comment allez-vous tous les quatre ? »
-« Gramps ! » s’exclama Sarah en levant les yeux vers le nouveau venu.
-« Hey Princesse ! Tu es en pleine forme dis-moi ! » sourit Jim en prenant l’enfant dans ses bras. « Tu vois, Papa va bien maintenant… »
La fillette se blottit contre Jim en souriant et Alexis se leva à son tour.
-« Vous avez besoin de repos tous les deux alors, Sarah et moi, on va rentrer avec Gramps peut-être… »
-« Je vois qu’il y a eu pas mal de changement, » sourit Castle heureux que sa fille adopte le père de Beckett comme son grand-père.
-« Ça ne te gêne pas Papa, hein ? » s’inquiéta Alexis sentant que quelque chose perturbait son père.
-« Absolument pas. Jim fait partie de la famille et je suis heureux que tu le considères comme ton grand-père. »
-« Bon, on va vous laisser vous reposer un peu. Je les ramène jusqu’au loft et je vais passer la journée avec elles. Nous reviendrons vous voir en fin d’après-midi avec quelques affaires à vous. »
-« Merci Jim. Pour tout. »
Après un dernier baiser aux deux malades, Grand-Père et petites-filles quittèrent l’hôpital pour un repos bien mérité. Ils n’étaient partis que depuis quelques minutes lorsque de timides coups furent frappés à la porte.
-« Oui ? »
Castle se tendit imperceptiblement lorsqu’il vit sa mère pénétrer dans la pièce mais ne put s’empêcher de froncer les sourcils en découvrant une sorte d’aérosol dans sa main.
-« Mère ? »
-« Je… Je me suis dit que, la nourriture de l’hôpital étant ce qu’elle était, je pourrais au moins t’apporter ce que tu aimes le plus… »
-« De la chantilly… »
-« Je ne sais pas si tu te souviens de notre conversation à propos de ton père il y a quelques temps mais… » commença Martha en s’approchant de son fils pour lui tendre la bombe de chantilly qu’elle tenait dans sa main. « Tu sais… Même si ton père ne l’a pas inventé, tu peux quand même continuer à en manger… »
Martha se mordit la lèvre inférieure mal à l’aise et peu sûre de l’accueil qu’elle allait recevoir de son fils… Mais Castle ne dit rien et fixa sa mère, touché au plus profond de lui par le geste de sa mère malgré le sentiment de trahison qui serrait son cœur.
-« Sur… Sur une échelle de un à dix, » commença Martha avant de s’arrêter pour souffler un bon coup. « Sur une échelle de un à dix, à quel point es-tu en colère ? »
-« Je ne suis pas en colère Mère. Je… Je me sens trahi… »
-« Je crois que j’aurai préféré la colère… »
-« Comment as-tu réussi à garder si longtemps ton secret ? Sans jamais te trahir ou faire le moindre lapsus ? »
-« Je… C’était plus facile pour moi… » répondit doucement Martha.
-« Mais quand Alexis t’a posé la question ? »
-« Je ne pouvais pas lui dire quelque chose de différent d’à toi… Je ne savais plus comment me défaire de mon mensonge… »
-« Comment vais-je pouvoir annoncer ça à Lexis… » soupira Castle.
-« Si tu es d’accord, j’aimerai le faire moi-même. En ta présence bien sûr et en celle de Kate si tu le souhaites… »
Castle plongea son visage dans les cheveux de Kate pour y puiser un peu de force. Le cœur de Martha se serra à la vue de la souffrance évidente de son fils à cause de ses erreurs et de ses peurs à elle.
-« Alexandre m’a demandé de te donner ceci. A toi de choisir si tu veux le rencontrer ou pas mais sache que je m’opposerai jamais à ce que tu veux… J’ai déjà fait trop de mal autour de moi… »
Tout en restant dans les bras de Castle, Beckett tendit une main à Martha qui la prit avec un regard de reconnaissance pour la jeune femme. Par ce geste, la jeune femme disait à son ainée qu’elle n’était pas seule.
-« Je vais quitter le loft… Je comprends tu sais. Je vais rentrer, me préparer un sac et j’irai me prendre une chambre dans un hôtel… » souffla Martha en baissant la tête pour cacher sa douleur et sa tristesse.
-« Non. »
-« Non ? » demanda Martha en relevant son visage et dévoilant les larmes qui ravageaient son visage.
-« Mère, j’ai besoin de temps pour assimiler tout ce qui vient de se passer et découvrir ce père qui vient de me tomber dessus… Mais je ne pourrais pas le faire sans toi à mes côtés. Tu es… Tu es mon rock depuis toujours et, même si j’ai le soutien inconditionnel de Kate, j’ai aussi besoin du tien Maman… »
-« Oh je serais toujours auprès de toi aussi longtemps que tu le souhaites mon Chéri ! » s’exclama Martha en avançant sa main avant de s’arrêter, hésitante.
Mais Castle lui tendit sa propre main pour l’inviter à terminer son geste ce que Martha fit avec un léger sourire.
-« Tu sais Mère, grâce à Kate, je comprends un peu mieux le dilemme auquel tu as du faire face. Laisse-moi juste le temps de cicatriser mes plaies tant physiques que mentales. C’est tout ce que je te demande. »
-« Prends le temps qu’il te faudra Darling, » répondit Martha en caressant de son pouce le dos de la main de son fils.
-« Mère, tu veux bien me parler de mon père ? »
-« Bien sûr ! » fit Martha avec un sourire en prenant place à côté du lit. « Lorsque j’ai rencontré ton père… »
Pendant l’heure qui suivit, Martha enchaina les anecdotes sur Alexandre jusqu’à ce que le docteur Hamilton pénètre dans la chambre pour les examiner.
Chapitre 48 : Gramps Jim
Pendant ce temps, Jim et les filles arrivèrent à l’appartement.
-« Gramps, tu devrais te reposer un peu, » proposa Alexis. « Tu as passé la nuit sur un fauteuil d’hôpital inconfortable… »
-« Alexis, tu n’es pas obligé de t’occuper de moi comme ça tu sais… » sourit Jim en s’asseyant sur le canapé.
Sarah en profita pour se glisser sur ses genoux.
-« Gramps ? »
-« Oui Princesse ? »
-« Maman et Papa maison ? »
-« Pas tout de suite Sarah. Les méchants leur ont fait très mal, surtout ton Papa… »
Sarah montra alors son ventre en se mordant la lèvre inférieure, visiblement inquiète. Elle prit alors son petit lapin contre elle et se blottit dans les bras de Jim qui prit plaisir à la câliner doucement.
-« Elle te fait penser à Maman Kate, hein ? » sourit Alexis en revenant avec un plateau contenant des sandwiches.
-« C’est vrai qu’elle ressemble à Kate… Mais aussi à ton père. C’est impressionnant ! A croire qu’elle est vraiment leur fille… Je serai curieux de savoir à quoi ses vrais parents ressemblaient… »
-« Dis… Je peux te poser une question ? »
-« Bien sûr ma Grande ! Tout ce que tu veux ! » répondit Jim en souriant. « Viens t’assoir et dis-moi ce qui te tracasse… »
Surprise de la perspicacité du père de Beckett, Alexis vint prendre place à ses côtés et s’assit de telle sorte qu’elle puisse le regarder dans les yeux.
-« Maintenant je sais d’où vient le sixième sens de Kate… » sourit la jeune fille avant de dérober son regard.
-« Alexis, tu peux tout me dire… »
-« Est-ce que tu m’en veux pour être passé au tutoiement et t’avoir proclamé Grand-Père sans même te demander ton avis… »
-« Tu rigoles là ? » s’étonna Jim avant de se reprendre en voyant l’expression sérieuse de la jeune fille. « Alexis, si tu veux que je sois un grand-père pour toi, tu m’en vois ravi. J’aime ce rôle et je serai honorer de le tenir auprès de toi, de Sarah et de tous les enfants que ma Katie et Rick voudront bien avoir… »
-« Tu… » commença Alexis avant de prendre un moment pour souffler un bon coup. « Tu crois que ce sera différent ? Je veux dire quand… Quand ta fille aura un bébé avec Papa ? »
-« Donne-moi un instant, » dit Jim avant de s’adresser à Sarah. « Princesse, et si tu mangeais un sandwich pendant que j’explique quelque chose à Alexis ? »
La fillette hocha la tête avec conviction avant de quitter les genoux de Jim pour s’approcher de la table basse. Elle s’assit sous le regard attendri du père de Beckett et d’Alexis avant de s’attaquer avec conviction au sandwich.
-« Maintenant à nous deux jeune fille, » dit Jim en prenant l’adolescente par les épaules et en plongeant son regard dans ses prunelles bleues. « Ecoute-moi bien car je ne vais te le dire qu’une seule fois ! Tu appelles ma fille Maman alors que vous n’avez que des liens de cœur ! Au contact de ton père et de toi, elle a appris qu’elle avait le droit d’être heureuse malgré ce qui est arrivé à Jo sa mère ! Vous êtes important pour elle donc vous êtes important pour moi ! Alors tu m’appelles comme tu veux mais sache que j’adore Gramps ! Je tiendrai ce rôle aussi longtemps que tu le voudras et ce, même si Rick et Kate ont des enfants biologiques ! »
-« Alors… » commença Alexis avec un immense sourire. « Jim Beckett accepteriez-vous de tenir officiellement le rôle de mon Grand-Père et ceci jusqu’à ce que la mort nous sépare ? »
-« Ce serait un immense plaisir Pumpkin, » répondit Jim en ouvrant ses bras. « Viens me faire un câlin ma Grande ! »
Grand-Père et petite-fille se perdirent un moment dans une tendre étreinte jusqu’à ce que le ventre de l’adolescente vienne briser le moment. En rigolant, ils rejoignirent Sarah autour de la table basse et déjeunèrent dans la joie et la bonne humeur. Une heure plus tard, Sarah vint se blottir dans les bras d’Alexis.
-« Viens Princesse, on va aller t’installer pour la sieste, » sourit Alexis en se levant doucement.
Elle prit la main de la fillette dans la sienne et, ensemble, elles montèrent pour coucher Sarah. A peine les filles avaient-elle disparu à l’étage que de légers coups furent frappés à la porte d’entrée du loft. Surpris mais sachant qu’il n’y avait rien à craindre dans ce building, Jim se dépêcha d’aller ouvrir pour découvrir derrière Ryan, Jenny, Esposito et Lanie.
-« Entrez, » sourit Jim en les invitant à pénétrer dans le loft. « Qu’est-ce qui vous amène parmi nous ? »
-« Comme nous étions désœuvrés et tout de même inquiets pour Castle et Beckett, nous nous sommes dit que nous allions venir faire un tour ici… Comment vont-ils ? »
-« Physiquement pas trop mal étant donné les circonstances, » soupira Jim.
-« Physiquement ? Qu’est-ce qui se passe Jim ? » demanda tout de suite Lanie.
Jim jeta un coup d’œil en direction de l’escalier afin de s’assurer qu’Alexis était toujours occupée à l’étage.
-« Le médecin qui a opéré Rick… Il s’avère que c’est son père ! »
-« Son père ? » s’exclamèrent les trois acolytes en cœur alors que Jenny ouvrait de grands yeux.
-« C’est un peu compliqué mais ils vont tous avoir besoin de soutien… »
-« Comment va Castle ? »
-« Pas terrible mais Katie est à ses côtés… Ils vont s’en sortir mais, pour le moment, ils ont besoin de panser leurs plaies… Que ce soit Rick, Martha mais aussi le Docteur Richardson… »
-« Qu’est-ce qu’on peut faire ? » demanda doucement Jenny.
-« Etre présent, c’est tout, » sourit Jim avant de se lever alors que la sonnette de la porte d’entrée venait de retentir.
Lorsque Jim ouvrit la porte du loft, ce dernier perdit son sourire.
-« Que voulez-vous Gates ? »
-« Monsieur Beckett, je… Vous avez entendu que j’ai fait part à votre fille de mon changement d’opinion… Pourrions-nous parler de ce qui s’est passé s’il vous plait ? »
Jim jeta un coup d’œil à leurs amis avant d’inviter Gates à le suivre dans le bureau de Castle.
-« Faites comme chez vous. Si Alexis redescend, vous pouvez prendre soin d’elle ? »
-« Bien sûr, » répondit Lanie.
Jim referma alors la porte derrière eux laissant Ryan, Jenny, Esposito et Lanie sous le choc : que pouvait bien faire Gates chez Castle ?
Chapitre 49 : Iron ?
Dans le bureau de Castle, Gates se retourna pour faire face à un Jim dont le regard n’avait rien à envier à celui que Beckett utilisait pour faire craquer les suspects.
-« Je sais maintenant d’où votre fille tient cette expression… »
Jim continua à la dévisager en silence et la toujours très stoïque Victoria Gates commença à flancher devant son regard insistant.
-« Bon, il est où le chandelier ? »
-« Le chandelier ? Quel chandelier ? »
-« Celui avec lequel vous allez me tuer dans le bureau… »
Jim ne put empêcher un sourire de fendre son visage un instant avant de reprendre son masque d’impassibilité.
-« Vous savez, vous aviez raison à propos de votre fille et de Castle… »
-« Parce que vous ne le saviez pas encore ? » demanda sèchement Jim en levant un sourcil.
-« Je sais que j’ai fait une erreur en réagissant ainsi mais… » commença Gates avant de prendre une profonde inspiration. « Je ne voulais pas qu’elle souffre ou qu’elle manque d’objectivité… »
-« Donc pour ne pas que ma Katie souffre, vous n’avez rien trouvé de mieux que de la séparer de l’homme qui la rend encore meilleure ? »
Gates ne sut que répondre et se mit à observer avec attention la pièce dans laquelle elle se trouvait. Malgré les cartons qui l’encombraient, elle reconnaissant l’écrivain dans cet environnement.
-« Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis exactement ? » demanda Jim, curieux.
-« Je savais depuis longtemps que je ne pourrais pas les séparer… Mais j’avais peur que leur alchimie qui fait qu’eux un duo parfait et unique pouvait les conduire au pire… Je devais faire quelque chose pour… » commença Gates avant de s’arrêter pour reprendre. « Et puis, lorsque je suis arrivée avec Esposito et Ryan au Old Haunt, j’ai vu comment Beckett a réussi à faire passer son boulot avant Castle, avant sa famille… Elle a réussi à instaurer temporairement une barrière entre son cœur et sa raison de flic pour parvenir à gagner du temps et protéger leurs enfants. Votre fille m’a impressionnée… »
-« Que cachez-vous Madame ? »
-« Victoria, appelez-moi Victoria Monsieur Beckett… »
-« A la condition que vous m’appeliez Jim. Mais cela ne répond toujours pas à ma question… » sourit le père de Beckett en invitant Gates à s’assoir dans l’un des fauteuils de la pièce.
-« Je… J’aurai aimé en être capable moi aussi… » répondit Gates en baissant la tête.
-« Que voulez-vous dire par là ? » questionna Jim en déposant une main réconfortante sur celle du Capitaine de sa fille.
-« Protéger ma famille… » répondit Gates en relevant un visage transformé vers Jim.
Des larmes s’échappaient des yeux de la femme si solide habituellement. Jim voyait bien qu’elle luttait pour conserver son sang-froid mais une brèche avait été ouverte dans son masque impassible.
-« Je… Je travaillais sur une enquête avec mon co-équipier… Une histoire délicate, une histoire de ripoux… Mon mari… Mon mari était journaliste et enquêtait sur cette affaire également… »
-« Pourquoi ai-je l’impression qu’il s’est passé quelque chose de terrible ? » murmura Jim en montrant son soutien à Gates en serrant un peu sa main.
-« Mon co-équipier et moi avons commencé à recevoir des menaces… J’ai pris peur pour mon mari et nos deux enfants… En voulant les protéger, je n’ai fait que mettre tout le monde encore plus en danger… »
Jim regarda la forte femme s’effondrer devant lui. Il vit dans ses yeux la même douleur, la même blessure que celle qui habitait son propre regard.
-« Que s’est-il passé ? »
-« J’ai décidé de faire passer ma famille avant notre enquête mais cela n’a pas suffi… Mon mari a continué son investigation et a visiblement trouvé des pistes sérieuses en creusant... Les ripoux l’ont découvert et ont débarqué chez nous… J’étais terrorisée, je voulais sauver ma famille… Et je n’ai fait qu’aggraver la situation… Ils… »
La voix de Gates se brisa et elle perdit tout contrôle de la situation et de ses émotions. Iron laissa place à Victoria, la femme brisée par la perte de son mari et de ses deux enfants. Jim s’agenouilla devant elle et posa ses deux mains sur ses genoux.
-« Si vous voulez en parler, je suis là… Mais, dans le cas contraire, je comprendrai… »
-« Vous méritez de connaitre la vérité et puis… Vous connaissez une partie de la souffrance que je vis… »
Jim hocha la tête pour montrer qu’il avait saisi le sous-entendu.
-« Ils nous ont attachés, Matt et moi, dans le salon puis ils sont allés réveiller Tommy et Jimmy nos deux petits garçons et les ont attachés avec nous… Je… J’ai perdu tous mes réflexes… J’étais incapable de rien… J’étais terrorisée… Je ne savais pas quoi faire… Et puis ils ont dit qu’on en savait trop… Qu’on devait mourir… Et ensuite ils ont tiré… Ils nous ont abattus… Je suis la seule à m’en être sortie vivante et les médecins ont qualifié mon rétablissement de miraculeux… »
-« Dites-moi que vous avez tout fait pour les mettre derrière les verrous ensuite Victoria ! »
-« Lorsque je suis revenue à moi après trois semaines de coma et qu’on m’a appris pour ma famille, je… Je me suis effondrée de douleur mais j’ai exigé de voir le procureur. Je ne lui ai rien caché depuis l’enquête à mon incompétence à sauver ma famille ou même à essayer de les sauver… »
-« Vous ne pouviez rien faire de plus Victoria. Ils ont fait ce qu’ils voulaient faire de vous et le fait que vous soyez un policier n’y a rien changé… »
-« Le procureur m’a dit la même chose que vous Jim mais, encore aujourd’hui, plus de dix ans après, j’ai du mal à y croire… Enfin, l’essentiel pour moi c’est que, grâce à mon témoignage, ils ont tous été arrêtés et croupissent en prison jusqu’à la fin de leurs jours… »
-« Je suis heureux que vous ayez obtenu justice pour votre famille, » répondit Jim la gorge nouée.
-« Jim, une des raisons pour lesquelles c’est moi qui ai pris la succession du Capitaine Montgomery à la tête du 12èmeDistrict, c’est que, suite aux derniers rebondissements dans l’enquête grâce aux découvertes de votre fille et de Castle, certains au sein de la police souhaitent que l’affaire concernant votre épouse soit clôturée et que les coupables payent. J’ai été contactée suite à la tentative de meurtre dont votre fille a été victime… »
-« Mais… » fit Jim perplexe.
-« Je dois me montrer la plus neutre possible pour ne pas éveiller les soupçons… »
-« Je pense que vous devriez en parler avec Katie, Rick et le reste de l’équipe. Ensemble, vous seriez plus fort… »
-« Je n’ai pas envie de les mettre en danger plus qu’ils ne le sont déjà… »
-« Ils connaissent les risques Victoria… Enfin bref, je vais vous laisser vous reprendre et rejoindre les autres. Souhaitez-vous un verre d’eau ou quelque chose ? »
-« Ça ira merci. Et Jim ? »
-« Oui Victoria ? »
-« Merci pour tout. »
-« Si vous avez besoin de parler, je serai là pour vous écouter, » promit Jim.
-« Et moi pour vous si vous voulez parler de votre femme… »
Avec un sourire de remerciement, Jim regagna le salon laissant à Gates le temps de se ressaisir avant de les rejoindre.
Chapitre 50 : Avouer
-« Jim ? Qu’est-ce qu’elle voulait Iron ? » demanda Esposito à peine la porte refermée.
-« Discuter à propos de ma Katie et de Rick, » répondit Jim en souriant, heureux de voir les amis de sa fille prêts à prendre sa défense quoi qu’il arrive.
-« Et ? Ne me dites pas qu’elle a encore changé d’avis ? »
-« Non, je n’ai pas changé d’avis, » fit Gates en pénétrant dans la pièce.
Lanie fronça les sourcils en découvrant ses yeux rouges et son nez bouffi par les pleurs.
-« Il y a un problème Sir ? »
-« Je… Sachez juste que ce qui arrive à Beckett et Castle ravive en moi des souvenirs que j’aurai préférés qu’ils restent là où ils étaient… Je laisse à Jim le soin de vous expliquer si vous le souhaiter ou si il estime cela nécessaire mais je vous demande de ne surtout pas fouiller dans mon dossier car cela pourrait nous mettre tous en danger… »
Ryan et Esposito jetèrent un regard interrogateur à Jim qui acquiesça laissant les quatre jeunes gens perplexes.
-« Je vous expliquerai, » fit Jim. « Maintenant, que faisons-nous en attendant d’aller les voir en fin d’après-midi ? »
-« Moi j’ai une proposition mais je me doute que je ne suis sûrement pas la bienvenue… Je ferai peut-être mieux de partir… »
Au moment où Gates allait poser la main sur la poignée, la porte s’ouvrit sur une Martha en larmes.
-« Madame Rodgers ? Il y a un problème ? » s’inquiéta immédiatement Gates en prenant la rouquine dans ses bras pour la guider vers la canapé. « Mon Dieu ! Dites-moi qu’ils vont bien ! »
-« Je… »
-« Ils vont bien Victoria, » intervint alors Jim sous les regards plus que surpris de Lanie, Esposito, Ryan et Jenny. « La journée a été dure pour Martha, c’est tout. »
-« Grand-Mère ? Grand-Mère ! Qu’est-ce qui se passe ? C’est Papa ? Maman Kate ? »
-« Ils… Ils vont bien ma Grande, ne t’en fait pas, » intervint de nouveau Jim.
-« Mais alors pourquoi Grand-Mère est dans cet état ? Je ne l’ai jamais vu comme ça… » fit Alexis en venant se blottir contre Martha.
-« Ça va aller Munchkin… J’ai fait une grosse bêtise il y a des années et la vérité vient d’être dévoiler… Il faut que j’en accepte les conséquences… »
-« Qu’est-ce qui s’est passé Grand-Mère ? »
-« Vous voulez qu’on vous laisse ? » proposa alors Jenny en commençant à se lever.
-« Vous le serez à un moment ou à un autre de toute manière et, en sachant ce que j’ai à dire à Alexis, vous pourrez lui apporter votre soutien ainsi qu’à Richard… »
-« Tu me fais peur Grand-Mère… » murmura Alexis en se blottissant un peu plus dans ses bras.
-« Tu te souviens que je suis toujours restée très vague sur ton grand-père ? Le père de ton père ? »
-« Oui… » répondit la jeune fille en acquiesçant de la tête.
-« Je… J’ai menti Alexis, » avoua Martha en plongeant son regard dans celui de sa petite fille. « Je sais parfaitement qui est le père de Richard depuis le premier jour… »
-« Quoi ? » s’exclama Alexis en se redressant et s’éloignant de sa grand-mère. « Mais… Pourquoi ? »
-« Parce que j’avais peur de plein de choses mais surtout de faire du mal à Alexandre ne lui demandant de choisir entre son rêve de devenir médecin et moi… Une actrice débutante enceinte… »
-« Mais Grand-Mère ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi après près de quarante ans ? Et quel homme aurait à choisir entre son métier et sa famille ? »
-« Il n’a jamais su que j’attendais Richard… Je n’ai pas eu le courage de lui dire la vérité à lui aussi… »
-« Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi ? » insista Alexis ne comprenant pas.
-« Parce que ton Grand-Père n’est autre que le docteur Richardson, le docteur Alexandre Richardson… »
-« Le chirurgien qui a opéré Papa ? » s’exclama l’adolescente en ouvrant de grands yeux. « Et… Comment a réagi Papa ? »
-« Il m’en veut mais il a entièrement raison… Je n’aurai jamais dû lui mentir… Jamais dû leur mentir… »
-« Oh Grand-Mère, » murmura Alexis en découvrant la blessure profonde dans les yeux de Martha. « Le docteur Richardson est-il au courant ? »
-« Il l’a appris en même temps que ton père… Lorsque j’avouai la vérité à Kate, Richard et Alexandre ont tout entendu… J’ai tellement honte… Et le pire dans cette histoire, c’est qu’ils ont raison de m’en vouloir… »
-« Grand-Mère, je… Tu crois que je pourrais le rencontrer ? »
-« Il faudra que tu vois ça avec ton père Munchkin… Je ne veux plus être un frein au bonheur de mon fils en prenant des décisions à sa place… Je suis désolée Alexis… Tellement désolée… »
-« Laisse-moi un peu de temps pour me faire à l’idée que j’ai un Grand-Père… Enfin un second Grand-Père, pas vrai Gramps ? »
-« Tu as tout compris ma Puce ! Tenez Martha, prenez ce verre d’eau, ça vous fera du bien. »
-« Merci Jim… »
-« Bon, euh Sir ? C’était quoi votre idée de tout à l’heure ? » intervint alors Ryan pour changer de conversation et alléger l’atmosphère.
-« J’ai vu tous les cartons dans le bureau. Ce sont les affaires de Beckett, n’est-ce pas ? » demanda Gates avant de poursuivre ayant reçu la confirmation des autres. « Je me disais que nous pourrions commencer à déballer quelques cartons pour faire de cet appartement celui du couple… Disposer quelques affaires de Beckett par-ci par-là… »
-« Oh ! C’est une excellente idée Capitaine ! Nous pourrions aussi commencer la chambre de Sarah, non ? » demanda Alexis enthousiaste en plongeant son regard dans celui de Martha.
-« Ma petite-fille est la plus adorable sur terre ! Merci ma chérie et je serai ravie de vous aider à faire de ce loft un foyer pour l’ensemble de la famille, » répondit Martha avec un léger sourire.
-« Alors c’est parti ! »
-« Jim, je peux vous parler un instant ? » demanda alors Martha timidement.
Chapitre 51 : Créer un foyer
-« Qu’y a-t-il Martha ? »
-« Voilà, je sais à quel point mon fils est attaché à ce loft et je crois que Kate l’est tout autant. Je me demandais ce qu’on pouvait faire pour rendre le lieu plus confortable pour eux… »
-« Une idée ? »
-« Le loft mitoyen est à vendre et… » fit Martha hésitante.
-« Vous vous demandiez si on pouvait faire quelque chose. Je me trompe ? »
-« Eh bien, je me dis qu’on pourrait poser une option dessus et leur proposer de fusionner les deux logements… »
-« C’est une excellente idée ça ! On devrait leur en parler ce soir et agir en conséquence ensuite. »
-« Grand-Mère ! Gramps ! Vous venez nous aider ? »
-« On arrive Munchkin ! » répondit Martha se sentant mieux après l’accueil qu’elle avait reçu. « Alors ? Des idées concernant la chambre pour Sarah ? »
-« Maman Kate a de superbes idées et Papa approuve… Je te montre ? »
Martha et Alexis s’installèrent sur l’îlot central de la cuisine et commencèrent à discuter de la chambre de Sarah. Ne sachant pas quoi faire et ne connaissant pas assez Beckett et Castle, Gates vint s’assoir auprès des deux rouquines.
-« Vous voulez nous aider ? » proposa alors Martha.
-« Grand-Mère ! Elle a voulu séparer Maman Kate et Papa ! » fit Alexis scandalisée.
-« C’est de l’histoire ancienne Alexis, » intervint Jim. « Victoria a eu peur qu’il arrive à tes parents ce qui lui est arrivé. »
-« Que vous est-il arrivé Madame ? »
-« Parce que j’étais trop proche de ma famille, lorsqu’elle s’est retrouvée en danger, je n’ai pas réussi à garder la tête froide. J’ai survécu malgré un coma mais mon mari et nos deux fils n’ont pas survécu… »
-« Je suis désolée Madame… » fit Alexis confuse d’avoir obligé la Capitaine à lui dévoiler son terrible secret.
-« Ne le soyez pas Alexis. Vous protégez vos parents et votre famille. C’est tout à votre honneur. Et, pendant qu’on y est, moi c’est Victoria. »
Une fois les choses calmées, les trois femmes reprirent leur discussion sur la chambre de Sarah.
-« Tu disais que Kate avait une idée précise de ce qu’elle voulait pour la puce ? »
-« Oui, » répondit Alexis en sortant une feuille de magasine pliée en quatre et la dépliant pour la montrer aux deux femmes. « J’ai réussi à la sauver lors de l’attaque… C’est magnifique, non ? »
-« Oh mon Dieu ! C’est superbe ! » s’exclama Martha. « J’imagine déjà Sarah dans cet univers ! »
-« Où est-ce qu’on installe la chambre de la petite ? »
-« Ce serait judicieux de déménager à nouveau Papa en bas, non ? Avec ses blessures, il aura des difficultés à monter les escaliers, non ? »
-« C’est une excellente idée ça ! » s’exclama Gates. « Mais la chambre est prête ? »
-« Non, je n’imagine pas Papa et Maman Kate dormir dans un autre lit que le leur… Il faudrait déplacer la chambre du premier étage dans la pièce derrière le bureau de Papa. La chambre à l’étage ainsi libérée pourrait devenir celle de Sarah, non ? »
-« D’ailleurs, en parlant de Princesse, tu l’as installée où pour dormir ? »
-« Dans ma chambre. »
-« Ryan, Esposito, vous pourriez vous charger de transférer les affaires de la chambre de Castle à l’étage dans la chambre au rez-de-chaussée ? » demanda Gates avec un sourire.
-« Ok ! Mais on fait quoi des affaires du bas ? »
-« Vous les entreposez dans un coin du bureau et on appellera une équipe pour transférer tout ce qu’il y a en trop au garde meubles. »
-« C’est parti ! »
Les garçons se mirent à la tâche pendant que Lanie et Jenny ouvraient les cartons et disposaient les affaires qui étaient les plus chères à Beckett un peu partout dans l’appartement… Pendant ce temps, Alexis sortit son ordinateur et ouvrit la page internet du magasin dont les articles étaient représentés sur la page de magasine.
-« Bon, si on commande dès aujourd’hui, qu’elle est le délai de livraison le plus court ? » réfléchit Alexis à haute voix. « Trop cool ! Ils ont un service express le dimanche pour la ville de New York ! Exactement ce qu’il nous faut ! Je passe commande ? »
-« Fonce ! Par contre, il y a moyen de diviser le paiement ? J’aimerai participer… »
-« Moi aussi ! » répondirent les six autres en chœur.
-« Alors, donnez-moi votre budget et je m’en charge, » sourit Alexis. « Je vais moi aussi participer à l’installation de Sarah et je mettrai le reste sur le compte de Papa. »
-« A la condition que tu charges la peinture sur la carte de ma Katie sinon elle risque de ne pas apprécier… »
-« Ça marche pour moi ! »
Deux heures plus tard, la chambre du couple avait été transférée à l’arrière du bureau. Lanie et Jenny finissaient de ranger les vêtements du couple dans les deux dressing lorsqu’on sonna à la porte d’entrée : la livraison des meubles et de la peinture venait d’arriver.
-« Les garçons ! La livraison est là ! Vous venez nous aider ? » appela Alexis depuis le bas de l’escalier.
-« Une minute, Sarah vient de se réveiller ! »
-« Hey ! Vous n’rentrez pas dans ma chambre ! » s’écria la jeune fille en grimpant quatre à quatre l’escalier.
-« Oups ! Trop tard… » fit Esposito en ressortant de la pièce, Sarah dans les bras. « Tu as bien dormi ? »
La fillette hocha la tête avant de se blottir contre la latino.
-« Papa ? Maman ? »
-« Il faut patienter encore un peu Princesse. Mais en attendant, on a aménagé leur nouvelle chambre en bas et on s’apprêtait à s’attaquer à la tienne… »
-« Vrai ? »
-« Et oui ! Tu veux voir ? » sourit Esposito en la voyant hocher frénétiquement la tête. « Alors va voir avec Alexis. Je suis sûr que tu vas adorer la nouvelle chambre de Maman et Papa ! »
Alexis prit Sarah dans ses bras et tout le monde redescendit au rez-de-chaussée pour accueillir les meubles et les monter à l’étage.
-« Bon et bien il ne reste plus qu’à attaquer la peinture… » soupira Ryan de manière dramatique.
Chapitre 52 : Une chambre de Princesse
-« Oh ! Arrête un peu de râler Ryan ! C’est pour la bonne cause ! » sourit Esposito.
-« Et puis, dis-toi qu’on a été gentille ! Au lieu de prendre des pochoirs pour les décorations murales, on a pris des stickers parme foncé. Comme ça, vous pourrez faire toute la chambre en une seule couleur ! »
-« Vous pourrez ? Comment ça vous pourrez ? Parce que tu crois vraiment que tu vas faire que nous regarder Alexis ? »
-« Ça tombe bien alors qu’on ait commandé plusieurs rouleaux de peinture ? » répondit la jeune fille espiègle. « Et puis, demain, vous bossez donc la seconde couche ça sera pour ma peau ! Allez ! Hop ! Hop ! Hop ! Au travail les gars ! »
Tout le monde éclata de rire et Martha guida les livreurs jusqu’à la chambre de Sarah afin qu’ils entreposent les meubles au milieu de la pièce. Une fois les meubles protégés par un film plastique, Jim, Ryan et Esposito versèrent la peinture d’une magnifique couleur parme claire dans les bacs et s’attaquèrent aux murs.
-« Dis donc Jim, ce serait cool que vous ne laissiez pas votre fille trainer avec Alexis… » se plaignit Esposito.
-« Pardon ? »
-« Bah ouais quoi ! On a déjà affaire à la Boss mais si en plus la fille Castle prend tout de votre fille… On n’est pas sorti de l’auberge… »
-« Et à ton avis Baby, d’où bien le talent de Beckett pour te remettre à ta place ? »
-« Baby ? Tu appelles Esposito Baby ? » s’esclaffa Alexis depuis le pas de la porte, Sarah à ses côtés.
-« Baby ? Moi ? » demanda la fillette ne comprenant pas tout.
-« Non Princesse, là on parle d’Esposito. C’est comme ça que je l’appelle en fait… » sourit Lanie en se penchant sur la fillette. « Dis, tu aimes la couleur des murs de ta chambre ? »
Sarah regarda attentivement avant d’hocher la tête.
-« Pour moi ? »
-« Oui Princesse. C’est ta chambre maintenant. Enfin ça le sera dès que Gramps, Oncle Javi et Oncle Kevin auront fini de peindre les murs bien sûr ! »
-« Si vous êtes si impatiente que ça, Miss Castle, » intervint Ryan en faisant les gros yeux. « Pourquoi ne prendriez-vous pas un rouleau pour vous joindre à nous ? »
-« Et me salir ? » répondit l’adolescente faisant mine d’être horrifiée.
-« Lesis ? Dessin ? »
-« Tu vois, même Princesse est de notre côté ! » sourit Jim.
Alexis regarda sa tenue puis, avec un haussement d’épaules, se dirigea vers le pot de peinture pour prendre un rouleau et attaquer le 4emur. Ce que personne ne vit cependant fut que Sarah la suivi avec enthousiasme et, après avoir plongé ses mains dans la peinture, la fillette commença à tartiner les murs avec entrain !
-« Sarah ! » s’écria Martha en repérant la petite fille et faisant se concentrer tous les regards sur elle.
-« Beau ! » sourit fièrement la fillette avant de reprendre son dessin, concentrée au point d’avoir le bout de sa petite langue en dehors de la bouche.
Jim explosa de rire bientôt suivi de Martha et du reste de la ‘famille’. Imperturbable, Sarah continua à barbouiller le coin de mur qu’elle s’était appropriée pendant qu’Alexis filait dans sa chambre et en revenait avec son appareil photo. Elle se mit alors à immortaliser la scène pour Beckett et Castle.
-« Dis-moi ma Princesse, » intervint Martha en s’agenouillant à côté de Sarah. « Ça te plairait si on te faisait un endroit sur le mur où tu pourrais dessiner avec des craies sans que personne ne se fâche comme maintenant ? »
Sarah sembla réfléchir un instant avant de se mettre à hocher vigoureusement la tête, ses boucles brunes volant autour d’elle. Instinctivement, la fillette leva ses mains pleines de peinture pour remettre ses cheveux derrière ses oreilles. Avant que Martha n’ait pu esquisser le moindre geste, le mal était fait et des mèches de cheveux de l’enfant avaient pris une jolie couleur parme claire… Tout le monde éclata de rire devant la frimousse couverte de peinture de Sarah mais ils se reprirent bien rapidement voyant une moue boudeuse se dessiner sur le visage de la petite.
-« Et après ce n’est pas leur fille… » murmura Lanie à Jenny qui pouffa dans sa main.
-« Imagine lorsque ce sera vraiment leur enfant biologique… »
-« Au secours ! » ironisa Lanie sous le regard souriant de Gates qui avait tout entendu de l’échange.
-« En tout cas, elle a déjà son caractère ! »
Sarah mit alors ses mains sur ses hanches et lança un regard noir au groupe de femmes à l’entrée de la chambre.
-« Quoi ? » demanda la fillette faisant de nouveau éclater de rire les jeunes femmes. « Pas drôle ! »
Sarah croisa ses petits bras sur sa poitrine et fit une moue boudeuse digne de Castle. Tout le monde dans la pièce se mordit l’intérieur des joues pour ne pas éclater une troisième fois de rire.
-« Et si on allait gratter le cochon ? » sourit Gates en s’approchant de Sarah. « Ça te dirait de prendre un bain avant d’aller voir ta Maman et ton Papa à l’hôpital ? »
Se mordant la lèvre inférieure, la fillette jeta un regard interrogateur à Martha qui lui fit comprendre que c’était à elle de choisir. Après avoir pesé le pour et le contre, Sarah prit à la fois la main de Gates et celle de Martha pour marquer son accord. Les deux femmes se levèrent et guidèrent Sarah jusqu’au rez-de-chaussée en faisant bien attention à ce qu’elle ne touche à rien en chemin. Dans la chambre en travaux, tout le monde s’attaqua à la peinture pendant que Martha, Gates et surtout Sarah transformaient la salle de bain de la chambre parentale en véritable piscine…
-« Eh bien ! Je vois qu’on s’amuse bien ici, » sourit Alexis en pénétrant dans la chambre parentale une demi-heure plus tard.
-« Lesis ! Grand-Mère et Icky sont zenti ! Moi belle hein ? »
-« Magnifique Princesse ! Magnifique ! En tout cas, nous, on a terminé la première couche de peinture dans ta chambre. »
-« Oupi ! Moi voir ? »
-« Tu ne veux pas qu’on aille voir Papa et Maman ? » demanda judicieusement Alexis en faisant un clin d’œil aux deux adultes.
-« Si ! » s’écria la fillette en se précipitant vers la porte d’entrée. « Venez ! »
-« Laisse au moins le temps à Gramps de prendre sa douche tranquillement, » sourit Alexis. « Et puis… Il serait intéressant que tu nous aides à ranger la salle de bain. »
En trainant les pieds, Sarah rejoint la chambre et ‘aida’ à remettre de l’ordre dans la pièce jusqu’à ce qu’enfin tout le monde prenne la route de l’hôpital.
Chapitre 53 : Rencontre
A l’hôpital, après le passage du médecin, le couple avait déjeuné avant de se blottir à nouveau dans les bras l’un de l’autre.
-« A ton avis, que dois-je faire ? » soupira Castle en enfouissant son visage dans les cheveux de sa partenaire.
-« Que te dit ton cœur ? »
-« J’ai envie de rencontrer cet homme… Mon père… Mon Dieu ! J’ai encore du mal à me faire à l’idée que j’ai un père ! Tu te rends compte qu’il est médecin Kate ! Et il m’a sauvé la vie ! » dit Castle enthousiaste en triturant la carte de visite d’Alexandre dans sa main.
-« Je te signale que je suis au courant. J’étais là aussi… » sourit Kate en déposant un baiser sur l’épaule de son homme.
-« Merci d’être là pour moi Kate… »
-« C’est pour toutes les fois où c’est le contraire… Je t’aime Rick et je serai ton rock tout comme tu es le mien, » affirma Kate avant de repérer son manège avec la carte de son père. « Tu devrais peut-être l’appeler… »
-« Tu crois ? » demanda Castle d’une petite voix.
-« Rick ! » fit Kate en roulant des yeux avant de lui tendre son portable. « Appelle-le, tu en meurs d’envie ! »
Se frottant le menton avec sa main libre, Castle saisit le téléphone, composa le numéro et appuya sur la touche d’envoi mais, au moment où il entendit la première tonalité, il raccrocha brusquement.
-« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda Kate en lui lançant un regard intrigué. « Tu te dégonfles ? »
-« Je... Et je lui dis quoi moi ? Hein ? Salut, c’est Rick ! Tu sais, ton fils... » ironisa Castle sans pour autant réussir à cacher son angoisse. « Et s’il ne veut pas me parler, s’il ne veut pas d’un fils, je fais quoi moi ? »
-« Et bien tu raccrocheras et je serais là pour toi, » répondit calmement Beckett avant de sourire. « Mais mon petit doigt me dit qu’il ne raccrochera pas. Je suis certaine qu’il ne va pas refuser de te parler… Tu sais, il a surement beaucoup de questions à te poser lui aussi… »
-« Votre compagne est très perspicace Richard. C’est bien vous qui venez d’essayer de me joindre, je me trompe ? » demanda Richardson depuis le pas de la porte de la chambre.
-« Je… Oui, en effet mais… »
-« Ne vous en faites pas. Si vous n’êtes pas encore prêt, je patienterai mais je voulais voir comment vous alliez tous les deux… »
-« Entrez Alexandre… S’il vous plait... C’est juste que je ne sais pas comment me comporter avec mon père… » expliqua Castle avant de se tourner vers Beckett qui pestait doucement. « Qu’y a-t-il Kate ? »
-« C’est juste que ça craint ! Vous avez besoin de temps rien que vous deux et moi je suis encore coincée au lit… » pesta Beckett.
-« Vous savez, votre présence ne me dérange absolument pas, » sourit Alexandre.
-« Et bien maintenant je sais d’où tu tiens son charme légendaire, » affirma la jeune femme. « Vous avez exactement le même sourire ! »
Cette remarque brisa la glace entre les deux hommes et Richardson s’installa dans le fauteuil à côté du lit occupé par le couple. Il les observa un moment avec tendresse.
-« Vous savez Richard… Je suis vraiment désolé d’avoir été absent de votre vie… Je ne savais pas et… »
-« Alexandre, » le coupa gentiment Castle. « Vous n’y êtes pour rien. Mère aurait dû vous prévenir… Elle aurait également dû me dire la vérité… »
-« Richard, Martha a cru bien faire même si elle s’est trompée. Je ne veux pas que vous lui en vouliez alors qu’elle aussi a énormément souffert de cette séparation… »
-« Comment ? »
-« J’ai un peu discuté avec elle tout à l’heure et, en partant, elle a murmuré une parole qui m’a fait prendre toute la dimension du sacrifice qu’elle a fait… Puis-je vous poser une question ? »
-« Bien sûr ! » sourit Castle.
-« Martha a-t-elle été heureuse ? Je veux dire pleinement heureuse, insouciante, comblée… »
-« Elle en a toujours donné l’impression mais… Je ne sais pas… Je l’ai toujours connue comme ça moi. Je peux vous demander ce que Mère a dit ? »
-« Elle a murmuré qu’elle aussi elle ne m’avait jamais oublié, » répondit Richardson la gorge nouée.
-« Vous l’aimez toujours n’est-ce pas ? » demanda Castle avant de sourire en voyant le médecin hocher affirmativement la tête. « J’aimerai vraiment apprendre à vous connaitre Alexandre et je pense qu’Alexis aura elle aussi envie de vous rencontrer… »
-« Et l’autre fillette ? »
-« Sarah ? Nous sommes en train d’essayer de l’adopter mais je suis sûr que, si vous parvenez à la toucher, elle vous adoptera aussi rapidement que les autres membres de notre famille atypique. »
-« Vous savez, j’ai longtemps souffert d’être seul dans ma vie malgré présence réconfortante de ma sœur et de sa famille… »
-« Eh bien, si vous voulez, maintenant vous avez une famille bien à vous… » osa Castle en tendant une main vers le médecin qui la lui prit dans la sienne, ému du geste de son fils envers lui.
-« Quand je pense que mon fils n’est autre que Richard Castle ! »
-« Vous savez, je suis un homme comme un autre… » fit l’écrivain mal à l’aise ce qui fit sourire Beckett toujours dans ses bras.
-« Et vous Mademoiselle… »
-« Appelez-moi Kate, » sourit Beckett.
-« Et vous Kate, vous êtes cette jeune détective qui a inspiré Richard pour son personnage de Nikki Heat ? »
-« Rick ! » grogna Beckett en lui donnant un léger coup d’épaule. « Ça ne s’arrêtera donc jamais… »
-« En tout cas, le personnage vous fait honneur mais vous êtes encore plus belle telle que vous êtes, dans la réalité, » la charma Richardson.
-« Vous vous passez votre charme de père en fils dans votre famille ? » sourit Beckett.
-« Il semblerait, » répondirent en chœur les deux hommes.
-« Alors c’est définitif ! Je veux un fils Rick ! »
Les trois adultes sourirent et continuèrent à apprendre à se découvrir jusqu’à ce qu’une petite tête se glisse dans l’embrasure de la porte.
Chapitre 54 : Père et Pops !
-« Maman ? Papa ? » demanda timidement Sarah en voyant cet homme inconnu auprès de ses protecteurs.
-« Hey Princesse ! Approche, j’ai quelqu’un à te présenter. A toi aussi Alexis, » sourit Castle en voyant son ainée apparaître derrière la fillette. « Vous êtes seules ? »
-« Non, tout le monde est là, » répondit Alexis en ouvrant en grand la porte dévoilant ainsi leur famille au grand complet. « Ca va vous deux ? »
Beckett remarqua tout de suite le regard inquiet de l’adolescente et lui sourit doucement, dissimulant au plus profond d’elle la douleur qui montait depuis un moment déjà.
-« On va bien, ne t’en fais pas, » la rassura-t-elle alors qu’Alexis aidait Sarah à embrasser ceux qu’elle aimait comme ses parents.
-« Câlin ? » réclama alors timidement la fillette.
-« Tu veux bien l’installer de sorte à ce qu’elle ne pèse pas sur mon bras ? » demanda Beckett en souriant.
-« Bien sûr, » répondit Alexis en déposant délicatement Sarah entre le couple. « Princesse, tu te souviens que Papa a mal au ventre et Maman au bras ? »
-« Vi. »
-« Il ne faut absolument pas que tu bouges, on est bien d’accord ? » s’assura l’adolescente avant de sourire voyant la fillette bouger tout doucement la tête afin de montrer qu’elle avait compris.
Beckett et Castle ne purent empêcher un même sourire de se dessiner sur leurs visages devant tant de précaution de la part des filles. Pendant ce temps, Alexis observait l’homme qui était assis dans le fauteuil à côté du lit où reposait le couple.
-« Est-ce que… Est-ce c’est… » commença Alexis avant s’arrêter ne sachant pas comment continuer et désignant Alexandre.
-« Tu lui as dit ? » demanda Castle à sa mère par-dessus la tignasse rousse de sa fille.
-« Je ne devais pas ? » demanda immédiatement Martha ayant peur d’avoir commis une gaffe.
-« Mère, tu n’as rien à te reprocher… En fait, je suis heureux que ce soit toi qui aies abordé le sujet avec Alexis. Comme ça, tu as pu lui expliquer ce qui te semblait important. »
« Alors tu n’es pas fâché ? »
-« Je ne suis pas fâché contre toi parce que tu as joué ton rôle. Au contraire, je suis fier de toi Mère et des efforts que tu fais pour nous. Maintenant, fais-moi plaisir et ne reste pas à la porte. »
Martha s’approcha alors et prit naturellement place à côté de Richardson. Beckett et Castle échangèrent un sourire puis l’écrivain se tourna vers les filles.
-« Je voudrais vous présenter Alexandre, mon père. »
-« Papa ? » demanda Sarah en fronçant les sourcils. « Pourquoi pas Papa si Sandre Papa à toi ? »
-« Tiens c’est vrai ça. Et puis nous, comment on doit l’appeler ? Alexandre ? Ce n’est pas super pour un grand-père je trouve… Surtout s’il prend vraiment une place dans la famille car… C’est bien ça, n’est-ce pas ? Si tu nous le présentes Papa, c’est qu’il est là pour rester, on est bien d’accord ? » ajouta Alexis en se mordillant la lèvre inférieure.
-« Oui Pumpkin, je ne compte pas le laisser partir de sitôt, » sourit Castle.
-« Alors je dois l’appeler comment ? »
Castle ne savait pas quoi répondre car, même s’il avait commencé à apprendre à connaitre son père, ils n’avaient pas abordé le sujet. Richardson vit la détresse dans les yeux de son fils qui chercha le réconfort dans le regard émeraude de Beckett.
-« Vous pouvez m’appeler comme vous voulez Alexis vous savez. Je n’ai jamais eu de famille à moi à l’exception de ma sœur donc je ne sais pas quel est le rôle d’un père ou, dans votre cas, d’un grand-père… »
-« Vous savez Alexandre, je peux vous appeler Alexandre ? » intervint Jim avant de continuer ayant reçu l’accord du médecin. « Je ne suis Gramps que depuis hier alors, si vous voulez, nous pouvons découvrir ce rôle ensemble ? »
-« Ce serait avec un immense plaisir, » répondit Richardson avec émotion. « Qu’en pensez-vous Richard ? »
-« Pourquoi me demandez-vous ? Je veux que vous fassiez parti de ma famille, je veux vous connaitre et que mes enfants aient la chance de grandir aux côtés de leur Grand-Père. »
Un immense sourire fendit le visage de Richardson, l’angoisse et l’incertitude disparaissant peu à peu de ses traits tout comme de ceux de Castle. Beckett ne put s’empêcher de se faire la réflexion comme quoi père et fils se ressemblaient décidément beaucoup.
-« Bon, c’est bien tout ça mais… Comment on va vous appeler maintenant ? »
-« Peut-être pourrions-nous commencer par nous tutoyer, qu’en pensez-vous ? » proposa le médecin. « Après, si vous vous sentez plus à l’aise en m’appelant par mon prénom, je n’y vois pas d’inconvénient. »
-« Je pense que c’est une excellente idée. Enfin, sauf la partie sur la fait que les filles t’appelle par ton prénom Père, » dit Castle en regardant droit dans les yeux Richardson.
Ce dernier ne put cacher son émotion et attrapa instinctivement la main de Martha alors que des larmes de joie remplissaient ses yeux. De son côté, Martha rayonnait de bonheur et de fierté pour les deux hommes de sa vie. Les personnes présentes ne perdaient pas une miette de cet échange lourd de sens et plein de promesses d’avenir… C’est le moment que Sarah choisit pour tendre le cou en regardant Richardson de manière interrogative.
-« Pops ? »
-« Hey ! Bien joué Princesse ! J’aime bien Pops aussi, » s’enthousiasma Alexis avant de se tourner vers Alexandre. « Qu’en dites… Dis-tu ? »
-« Alors Pops ce sera puisque mes petites-filles… Waouh ! J’ai des petites-filles ! Tu te rends comptes Martha ? » réalisa tout d’un coup le médecin en se levant.
-« Oui je me rends compte Alexandre, » répondit la rouquine émue de partager un tel moment avec Alexandre, leur fils et leurs petites-filles.
-« Bienvenu dans la famille Pops, » sourit Alexis en prenant son grand-père dans ses bras.
-« Et moi ? » fit alors Sarah en tendant ses petits bras en direction du trio que formaient Martha, Alexandre et Alexis.
Tout le monde éclata de rire alors que la rouquine soulevait délicatement la fillette du lit et s’approchait du médecin qui les enveloppa toutes les deux en plus d’Alexis dans un énorme câlin.
-« Je n’ai jamais vu ma mère comme ça, » murmura alors Castle à l’oreille de Beckett. « Aussi pétillante, aussi heureuse… Je ne parviens pas à trouver le terme exact… »
-« Pourtant on ne peut pas dire que Martha soit quelqu’un de sobre… »
-« Il y a quelque chose en plus dans ses yeux… Je la vois pour la toute première fois vraiment heureuse… Comme complète… »
-« Elle a juste retrouver le deuxième homme de sa vie, » sourit Beckett avant de déposer un baiser au creux du cou de Castle.
-« Fatiguée ? »
-« Un peu mais ça va aller, ne t’en fais pas. »
-« Comme c’est mignon ! » les taquina alors Esposito. « Mom and Dad pris sur le vif en plein milieu d’une de leurs conversations intimes ! »
Beckett lui lança l’un de ses regards assassins qui fit rire tout le monde à l’exception du principal intéressé puis les conversations reprirent, plus légère. Après un long moment dans les bras d’Alexandre, ce dernier redéposa délicatement Sarah entre ses ‘parents’. Cela faisait presque deux heures qu’ils discutaient tous ensemble lorsque de légers coups furent frappés à la porte.
-« Je dérange ? » demanda le visiteur en passant sa tête par l’embrasure de la porte.
-« Non, vas-y entre, » fit alors Castle en fronçant les sourcils se demandant bien ce qui pouvait l’amener ici et un dimanche soir en plus…
Chapitre 55 : Conférence de presse
La nouvelle venue, puisqu’il s’agissait d’une femme, entra dans la pièce tout sourire alors que Beckett se blottissait un peu plus contre Castle, cherchant sa protection.
-« Tout va bien se passer Kate… » murmura l’écrivain à l’oreille de la jeune femme.
-« Je n’en suis pas aussi sûre que toi… »
-« Ne t’en fais pas, » répondit Castle avant de reprendre à l’intention de la jeune femme. « Que puis-je faire pour toi Paula ? »
-« En fait je suis là à la demande du Capitaine Gates, » sourit la jeune femme.
-« Pardon ?! » s’exclamèrent Beckett et Castle d’une seule et même voix avant de lancer un regard préoccupé vers Victoria.
-« J’ai pris contact avec le Maire pour avoir les coordonnées de votre attachée de presse Castle car je ne veux plus qu’aucun article vienne mettre vos vies en péril. Ce qui s’est passé ces derniers jours n’aurait jamais dû arriver et je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que cela ne se représente jamais. »
-« J’ai convoqué la presse et elle nous attend, vous et moi, dans la salle de conférence de l’hôpital. Vous êtes prête ? » demanda Paula.
-« Autant qu’on peut l’être je dirais, » répondit Gates avant de sourire aux autres membres de la famille. « Je vous promets que je ne dirai rien de compromettant. A tout à l’heure. »
Paula entraina alors Gates vers la sortie quand une petite voix se fit entendre.
-« Icky ? T’en va ? » demanda Sarah en se redressant brusquement arrachant un gémissement à Beckett.
-« Hey ! Doucement Princesse, tu fais mal à ta Maman ! Et pour répondre à ta question, oui, je vais m’absenter un moment mais, si tu veux, je viendrai te dire au revoir avant de partir… »
-« D’accord ! » fit la fillette avant de se réinstaller contre la jeune femme après l’avoir embrassée. « Sorry Momma… »
-« Icky ? Really ? » ironisa Castle avant de reprendre goguenard. « Je peux vous appeler comme ça moi aussi ? »
-« Si vous voulez continuer à avoir l’autorisation de mettre ne serait-ce qu’un orteil dans mon poste de police, vous feriez mieux d’oublier ce surnom que seules vos filles sont autorisées à utiliser ! » fit Gates avec sa meilleure ‘poker face’.
-« Vous rigolez ? »
-« J’en ai l’air ? A vous de voir si vous prenez le risque… »
-« Oh ! Si vous souhaitez, la conférence de presse est retransmise en directe sur la chaine habituelle Castle, » lança Paula avant d’entrainer Gates dans les couloirs de l’hôpital.
Les deux femmes montèrent sur l’estrade face à une foule de journalistes qui discutaient bruyamment. La Capitaine mit en place son masque de froideur et fit signe à Paula, lui indiquant qu’elle pouvait commencer.
-« Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, votre attention s’il vous plait. Nous allons commencer. Nous vous avons demandé de vous joindre à nous car le Capitaine Victoria Gates, responsable de la section criminelle du 12eDistrict, a quelques points à préciser avec vous. »
-« Merci Paula. Bonsoir. Comme vous le savez, le Détective Kate Beckett et Richard Castle ont été hospitalisés suite à la violente attaque dont ils ont été victimes. L’un comme l’autre sont aujourd’hui sortis d’affaire mais il leur faudra plusieurs semaines pour récupérer complètement. Cependant, une chose me met en colère dans toute cette histoire. Et vous savez laquelle ? »
Gates ménagea un moment de silence pendant lequel plusieurs journalistes se sentirent mal à l’aise sentant la suite venir à grands pas.
-« Il y a quelques jours, l’un de vos confrères a suivi Monsieur Castle et le Détective Beckett lors d’un après-midi à Central Park et a publié un article choc à propos de leur partenariat et de la fillette qu’ils devaient protéger. Cet article a conduit les tueurs jusqu’à eux avec les conséquences que vous connaissez. Sans une certaine dose de chance, le Détective Beckett, Monsieur Castle, sa fille et l’enfant qu’ils protégeaient auraient pu mourir, assassinés. »
Un frisson parcourut l’assistance quand elle réalisa la portée des paroles de Gates.
-« Y a-t-il quelque chose que nous pouvons faire ? » intervint alors l’un des journalistes présents.
-« Richard Castle, » intervint Paula avec un sourire machiavélique car elles étaient arrivées exactement là où elles voulaient. « Vous a toujours demandé de respecter sa famille, sa vie privée. Cette intrusion vous a peut-être paru innocente mais elle a eu de tragiques conséquences. »
-« Monsieur Castle s’implique complètement dans les enquêtes du Détective Beckett et de son équipe. Vous ne pouvez interférer dans leurs enquêtes, les mettre en danger parce que vous chassez un scoop à propos de Richard Castle l’écrivain. Liberté de la presse ou non, ceci était la dernière fois que vous mettez mes hommes en danger pour un papier à sensation ! » annonça Gates, la voix ferme et le regard noir.
-« Sachez que, si Richard Castle est victime d’une autre intrusion dans sa vie privée, » intervint Paula. « Il n’hésitera pas à faire appel à ses avocats afin de protéger sa famille. »
-« De plus, si une enquête est de nouveau mise en danger parce que vous cherchez un scoop à propos de Monsieur Castle, vous n’aurez pas uniquement affaire à ses avocats mais également à ceux de la ville de New York ! »
Un silence plana dans l’assemblée peu habituée à ce genre de discours.
-« J’espère que nous nous sommes bien faites comprendre, » acheva Gates avant d’esquiver un léger sourire voyant plusieurs têtes acquiescer.
-« Paula ? »demanda timidement une jeune journaliste.
-« Oui Esther ? »
-« Des bruits courent que Richard Castle est toujours en soin intensif, est-ce vrai ? »
-« Richard Castle a subi une lourde intervention chirurgicale en urgence hier mais il est réveillé et va bien. Il est toujours sous surveillance tout comme le Détective Beckett. Ils vont devoir rester à l’hôpital pendant quelques jours puis rentreront chez eux où ils devront se reposer pendant plusieurs semaines. »
-« Est-ce vrai que Mademoiselle Beckett a rendu son appartement pour emménager au loft ? »
-« Dois-je vraiment vous rappeler ce qui vient juste d’être dit ? » demanda Gates froidement. « Les vies privées de Monsieur Castle et du Détective Beckett sont, comme le mot l’indique, privées ! »
-« Je pense que le Capitaine Gates a répondu à votre question, » ajouta Paula avant de prendre congés des journalistes.
Les deux femmes quittèrent la salle de conférence et reprirent la direction de la chambre d’hôpital où se reposait le couple.
-« C’était épique… Et vous faites ça souvent ? »
-« C’est mon métier vous savez, » sourit Paula en entrant dans la chambre.
-« Et elle le fait rudement bien, » interjeta Castle en étouffant un bâillement.