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Série : Castle
Création : 11.12.2011 à 14h45
Auteur : Lilou004
Statut : Abandonnée
« Une histoire Caskett où Beckett ne ressemble pas vraiment à la Beckett de la série... » Lilou004
Cette fanfic compte déjà 188 paragraphes
Chapitre 56 : Infection
-« Et si nous laissions Richard et Kate se reposer ? La journée a été longue et n’oublions pas qu’ils ont tous les deux subi une lourde intervention pas plus tard qu’hier soir, » intervint Richardson voyant la fatigue tirer les traits des deux malades.
A peine avait-il terminé sa place, tout le monde à l’exception de la famille proche commença à prendre congés et, en quelques minutes, ils étaient partis.
-« Martha, avez-vous besoin d’aide avec les filles ce soir ? » demanda Jim.
-« Pas dodo ici ? » demanda Sarah boudeuse.
-« Non ma Princesse. Papa et Maman doivent se reposer et toi tu dois aussi reprendre des forces pour être en forme demain. »
-« Papa pas chasser les monstres ? » demanda timidement Sarah en se mordant la lèvre inférieure.
-« Ton papa peut peut-être me montrer comment il fait. Comme ça, si un mauvais rêves, je pourrais chasser les montres. Qu’en penses-tu ? » proposa Jim
La fillette réfléchit intensément avant de relever la tête vers Beckett.
-« Pas de chanson ? »
-« Oh Bébé… »
-« Oh non alors ! Baby c’est Oncle Javi ! » s’exclama Sarah fière d’elle.
Tous les adultes présents explosèrent de rire jusqu’à ce que le visage de Castle ne se tende et qu’il pose une main sur son ventre douloureux.
-« Ça va ? » demanda Beckett en se redressant brusquement ce qui lui arracha un cri de douleur également.
La jeune femme devint blanche et sentit tout tourner autour d’elle. Richardson réagit rapidement et se leva afin de s’approcher du couple. Il prit Sarah dans ses bras et la déposa dans ceux de Martha qui avait suivi le mouvement puis il eut juste le temps de rattraper Beckett qui perdit connaissance.
-« Jim, pouvez-vous ouvrir le lit ? Je vais y déposer votre fille. » dit le médecin en prenant les choses en main. « Alexis, va chercher une infirmière, je vais avoir besoin d’aide. Martha, si tu veux bien, peux-tu aller voir si la boutique de l’hôpital n’a pas un petit quelque chose pour Princesse ou pour Kate et Richard ? »
En deux temps trois mouvements, tout le monde s’exécuta et Alexandre entreprit de retirer avec prudence les bandages qui recouvraient l’épaule de Beckett sous le regard inquiet de Castle.
-« Comment te sens-tu Richard ? »
-« Moi ça va Père mais comment va Kate ? La dernière fois que je l’ai vu aussi pâle, c’était… » répondit Castle en déglutissant difficilement. « C’était lorsqu’elle est sortie de chirurgie la dernière fois… »
-« La dernière fois ? » questionna Richardson pour entretenir la conversation et tenter de rassurer son fils.
-« Il y a quelques mois, un sniper lui a tiré dessus et elle est passée à un cheveu de la mort… La pire journée de ma vie… »
-« Vous m’avez fait demander Docteur Richardson ? » demanda alors une infirmière en pénétrant dans la pièce.
-« Pourriez-vous s’il vous plait m’apporter un charriot complet pour désinfecter son épaule ainsi qu’un dose d’antibiotique par intraveineuse et une seringue de Morphine. Sa plaie s’est infectée ce qui explique le malaise. Et profitez-en pour amener une dose d’antidouleur pour monsieur. Je sais qu’il est douloureux. »
-« Tout de suite docteur, » répondit l’infirmière en disparaissant.
-« Ta Kate est sacrément résistante à la douleur ! S’est-elle plainte de quoique ce soit avant mon arrivée ? »
-« Non ! Rien du tout… Et je n’ai rien senti… D’habitude, je sens quand quelque chose ne va pas… »
-« Richard, tu n’as rien à te reprocher. Malgré sa volonté de fer, son corps vient de la rappeler à l’ordre. Il y a un début d’infection autour de sa plaie. Par sécurité, je vais demander à ce qu’elle reste hospitalisée aussi longtemps que toi comme ça les soins seront fait par des professionnels. Et, quand vous rentrerez chez vous, j’aimerai pouvoir passer pour continuer les soins si tu veux bien. »
-« Tout ce que tu veux Père du moment qu’elle va bien… »
-« Rick… » marmonna alors Beckett en s’agitant.
-« Tout va bien Kate, Richard est juste à côté et votre père est au pied du lit. Vous avez fait un malaise dû à l’infection de votre plaie mais je vais vous nettoyer tout ça, » la rassura Alexandre avec un sourire.
-« Les filles ? »
-« Sarah est avec Martha en train de faire du shopping et Alexis doit attendre dehors je pense. »
-« Papa… Alexis… »
-« Je m’en occupe ma Katie, » répondit tout de suite Jim en posant une main réconfortante sur le pied de sa fille et comprenant son inquiétude. « Alexandre, vous nous faites prévenir dès qu’on peut revenir ? »
-« Bien sûr, » répondit le médecin toujours concentré sur sa tâche. « Kate, on va vous faire passer une dose de Morphine mais je risque malgré tout de vous faire mal. D’accord ? »
-« Oui… Rick ? »
-« Je suis là Kate. Tout va bien se passer… » dit Castle en se voulant réconfortant.
L’infirmière entra de nouveau dans la pièce et prit place à côté du médecin.
-« Avant de m’aider, pourriez-vous s’il vous plait approcher le lit de mon fils afin qu’il soutienne sa compagne pendant que nous nettoierons sa plaie ? »
-« Votre fils ? » ne put s’empêcher de laisser échapper l’infirmière avant de se reprendre. « Bien sûr, je fais ça de suite. »
A peine les deux lit rapproché que le couple verrouillait leurs mains ensemble sous le regard attendri d’Alexandre.
-« Kate, regarde-moi un instant. Je vais y aller. Même si ça fait mal, il ne faut absolument pas que tu bouges. On est d’accord ? »
Beckett prit une profonde inspiration puis acquiesça en expirant avant de tourner la tête et de plonger son regard dans celui de Castle, y puisant toute la force dont elle avait besoin. Une demi-heure plus tard, Alexandre avait terminé. Beckett n’avait ni ouvert la bouche ni bougé d’un iota pendant tout ce temps et il commençait à être inquiet. Aussi invita-t-il la jeune femme à tourner son visage vers lui. Il le découvrit alors ravagé par des larmes silencieuses.
-« Tu es très courageuse Kate. Je vais vous laisser un petit moment pour vous reposer et en profiter pour aller rassurer tout le monde. Ensuite nous viendrons vous dire rapidement au revoir et nous partirons, d’accord ? »
-« Oui, merci, » répondit Beckett en étouffant un bâillement.
Chapitre 57 : Dure soirée
-« Hey, comment te sens-tu ? » demanda Castle une fois qu’ils furent seuls. « Et ne me mens pas, tu m’as fait trop peur… »
-« J’ai mal mais moins que tout à l’heure… J’aurais dû en parler à Alexandre dès que j’ai ressenti que mon épaule me faisait souffrir, je suis désolée… »
-« Repose-toi maintenant. C’est tout ce qui compte. »
Sans lâcher la main de Castle, Beckett laissa le sommeil jouer avec elle alors qu’elle sentait que le regard de ce dernier fixé sur elle. Comment promis, un quart d’heure plus tard, Alexandre poussa la porte de leur chambre et pénétra avec Sarah dans ses bras.
-« Tu vois Princesse, Maman va bien. Elle dort simplement… »
-« Maman ? » appela doucement Sarah terriblement inquiète malgré les paroles rassurantes de Richardson.
-« Hey… » murmura Beckett d’une voix fatiguée. « Ça va ma Princesse ? »
-« Vi… Toi ? »
-« Je suis très fatiguée, c’est tout ma chérie. Je vais faire un gros dodo et demain ça ira mieux. Ne t’en fais pas. »
-« Câlin ? »
-« Bien sûr ! Alexandre vous pourriez… »
-« Princesse, tu veux bien aller chercher Grams, Gramps et Alexis pendant que j’installe tes parents confortablement ? » demanda Richardson avec un sourire.
-« D’accord Pops, » répondit joyeusement la fillette alors qu’il la déposait par terre.
Lorsque Sarah revient accompagnée des trois autres membres de sa famille, Alexandre déposait délicatement Beckett dans les bras de Castle. Puis il prit la fillette et la repositionna précautionneusement entre le couple. Sarah se blottit tout contre eux, mit son petit pouce dans sa bouche et ferma ses yeux, son lapin contre elle.
-« Hey Princesse, ne t’endors pas. On va bientôt partir pour rentrer à la maison, » l’informa Martha en repoussant une mèche de cheveux qui recouvrait ses yeux.
-« Mais… Et Papa et Maman ? » demanda Sarah confuse.
-« Ils vont dormir ici pendant quelques jours encore car ils ont besoin que des médecins les surveillent pour être sûr qu’ils guérissent vite… Tu comprends ? »
-« Alors moi dodo ici, » répondit la fillette en toute logique.
-« Non Princesse. Maman et moi devons vraiment dormir et on ne pourra pas s’occuper de toi. Tu seras bien mieux à la maison, dans ton lit et tu reviendras nous voir demain en fin de matinée. »
-« Non ! Non ! Non ! » s’entêta la fillette alors que des larmes inondaient ses yeux et qu’elle s’agrippait aux blouses que portaient ses ‘parents’. « Pas d’accord ! Pas d’accord ! »
-« Princesse, regarde-moi, » intervint Castle en prenant le visage de la fillette dans la coupe de ses mains. « Maman et moi sommes très fatigués et je suis sûr que toi aussi. Regarde comme tu te frottes le nez avec ton lapin… Hier soir, les médecins vous ont laissé dormir ici parce que vous ne m’aviez pas encore vu et que vous aviez tous peur mais maintenant on va mieux Maman et moi… »
-« Mais Maman… »
-« Papa, tu veux bien prendre la bague de Maman dans le tiroir du chevet ? » demanda Beckett en caressant doucement les cheveux de l’enfant. « Merci. Sarah, tu te rappelles de ce que cette bague signifie pour moi ? »
La fillette hocha la tête en regardant intensément la jeune femme.
-« Je vais te la confier pour ce soir, tu veux bien me la garder ? »
-« Plus bobo hein ? Moi peur… »
-« Pops m’a soigné. Maintenant il faut juste que je fasse un gros dodo. Et toi aussi, mais dans ton lit, à la maison… Nous, on se revoit demain, d’accord ? »
Les larmes aux yeux, Sarah accepta la bague et la serra dans son petit poing. Jim s’approcha et se mit à la hauteur du visage de l’enfant.
-« Tu te sentirais encore mieux si, en plus de Grand-Mère et Alexis, Pops et moi on restait au loft ? »
Sarah hocha la tête doucement alors que sa lèvre inférieure tremblait et que quelques larmes s’échappaient de ses yeux.
-« Allez, embrasse Papa et Maman et on y va. »
Le cœur lourd, Sarah s’exécuta puis se blottit dans les bras de Jim. Tout le monde embrassa le couple puis ils partirent ensemble. Par-dessus l’épaule du père de Beckett, Sarah adressa un signe de la main à ses ‘parents’ alors que des larmes silencieuses dévalaient le long de ses joues.
-« On t’aime Princesse ! Dors bien et fais de jolis rêves. »
-« Et ne t’en fais pas, j’ai expliqué à Gramps et à Pops comment chasser les monstres, » sourit Castle alors qu’un fin sourire étirait le visage de l’enfant. « A demain et sois sage. »
Après un dernier signe de la main, Martha referma la porte derrière elle laissant le couple dans les bras l’un de l’autre.
-« Je n’aime pas la voir comme ça… » murmura Beckett en se blottissant un peu plus contre Castle. « Tu crois que ça va aller ? »
-« Même si c’est dur, ça ira. Elle est avec nos parents… »
-« Mais elle pleurait… »
-« Tout va bien se passer Maman Poule ! » sourit Castle avant de voir le regard noir de Beckett. « Tu sais, moi aussi ça me crève le cœur de la voir partir comme ça, en pleurs, mais c’est ce qu’il y a de mieux à faire pour elle. Ici elle ne pourra pas dormir calmement. Hier elle était épuisée et les passages réguliers des infirmières ne l’ont pas dérangée mais aujourd’hui elle était plus calme et reposée. Elle n’aurait pas dormie correctement… »
-« Tu as raison mais il n’empêche ! Je déteste la regarder partir alors qu’elle pleure. »
-« Bienvenue dans la dure réalité du rôle de parent… » sourit Castle avant de l’embrasser. « ‘Tu veux qu’on appelle quelqu’un pour qu’ils te remettent dans ton lit ? »
Beckett fit signe que non de la tête avant de prendre une position confortable pour tous les deux dans le lit et de fermer les yeux, s’abandonnant peu à peu au sommeil qui la gagnait.
-« Je t’aime… » murmurèrent-ils au même moment.
Chapitre 58 : Crise
Du côté de la famille, le retour de l’hôpital s’était fait dans une ambiance pesante, Sarah se murant dans sa tristesse. Les larmes avaient cessées de couler mais il était clair que le cœur de la fillette n’y était pas… A peine arrivés au loft, Sarah se précipita à l’étage dans la chambre pour se remettre à pleurer en la découvrant en travaux. Alexis, qui l’avait suivie, la prit dans ses bras et la conduisit dans la nouvelle chambre de leurs parents.
-« Hey, tout va bien se passer. Regarde, toutes leurs affaires sont là… » la berça doucement l’adolescente. « Ils vont revenir d’ici quelques jours, ne t’en fais pas. Et puis tu as la bague de Maman pour te tenir compagnie… Elle ne reste jamais longtemps sans… »
-« Lesis ? Et mon lit ? »
-« Dans ma chambre pourquoi ? Tu veux dormir ici ? »
-« Te plait… » murmura Sarah en se frottant les yeux.
-« D’accord, » répondit Alexis avec un sourire.
Au moment où l’adolescente relevait la tête, elle vit Jim lui fait signe de ne pas bouger et sourit quand il revint avec Alexandre chargés du lit à barreaux de Sarah. Alexis mit la petite en pyjama puis lui lut une histoire. Elle se rendit rapidement compte cependant que Sarah luttait contre le sommeil de toutes ses forces.
-« Tu sais, ça ne sert à rien ce que tu fais. Au contraire, le temps passera plus vite si tu fais un gros dodo… »
-« Chanson ? »
-« Bon une seule et après tu files au lit, on est bien d’accord ? »
Sarah bougonna mais ne dit pas non.
-« Je m’occupe de cette partie si tu veux bien, » fit alors Jim en s’approchant pour s’assoir sur le lit. « Tu viens me voir ? »
Aussitôt dit, aussitôt fait ! Sarah se blottit dans les bras rassurant de Jim qui entama pour son plus grand plaisir « Beautiful Child ». Un immense sourire fendit alors son visage et elle se positionna confortablement dans les bras accueillant de son ‘grand-père’. Martha, qui connaissait la berceuse, joignit sa voix à celle de Jim et regarda la fillette se faire happer par Morphée. Une fois les dernières paroles murmurées, Jim souleva délicatement Sarah et la coucha dans son lit à barreaux. Il s’apprêtait à ressortir de la chambre avec Martha et Alexis quand la petite voix à moitié endormie de la fillette se fit entendre…
-« Soif… »
Tous les trois laissèrent tomber leurs têtes, découragés.
-« Très bien, je vais te chercher sa Princesse, » sourit Alexandre qui avait tout entendu depuis la porte. « Mais ensuite, il faut dormir ! »
-« Me’ci Pops, » la charma Sarah alors qu’il lui tendait un gobelet anti-goutte quelques minutes plus tard.
La fillette but contentieusement le contenu du verre avant de le tendre à Alexandre.
-« Câlin ? »
-« Tu exagères là Sarah. C’est mon dernier bisou et ensuite tu dors, » dit le médecin en essayant de se montrer ferme.
Alors que la fillette hochait affirmativement la tête, Alexandre se pencha et l’embrassa ainsi que son lapin puis quitta la chambre. Jim, Alexis et Martha se succédèrent et firent les mêmes gestes puis ils quittèrent la chambre après avoir allumé la veilleuse.
-« Bon ! Eh bien voilà une bonne chose de faite, » souffla Jim alors qu’ils arrivaient dans le salon. « Ce ne fut pas sans mal… »
-« Si vous voulez mon avis Jim, on n’en a pas terminé… Je me souviens qu’après le divorce de ses parents, Alexis nous a fait ce genre de crise… On y passait une bonne partie de la nuit avant qu’elle ne tombe d’épuisement… Vous voulez boire quelque chose ? »
-« Non merci. Assied-toi un peu Martha, la journée a été rude pour toi… »
-« Merci Alexandre… » répondit la rouquine en prenant place sur le canapé à côté de lui.
Les quatre adultes discutaient depuis moins d’une demi-heure lorsque Sarah fit son apparition dans le salon, son lapin dans une main et la bague de Beckett dans l’autre.
-« Sarah ! » s’exclama Martha. « Mais qu’est-ce que tu fais en dehors de ton lit toi ? »
-« Fini dodo ! Maman ? »
-« Dis donc jeune fille, » dit Martha en se levant. « C’est ça que tu appelles dormir ? Et d’ailleurs, comment es-tu sortie de ton lit ? »
Sentant qu’elle avait fait une bêtise, Sarah baissa la tête et serra son lapin et la bague contre son cœur. Une fois Martha à sa hauteur, elle releva son visage baigné de larmes et se mordit la lèvre inférieure pour ne pas la laisser trembler.
-« Qu’est-ce que tu veux cette fois ? »
-« Maman et Papa… »
-« Sarah, » explique Martha en prenant la fillette dans ses bras. « Je sais que tu préfèrerais être avec tes parents en ce moment mais ce n’est pas possible. Et ils dorment en ce moment, à l’hôpital… Maintenant il faut que toi aussi tu dormes. Je vais donc aller te recoucher et je ne veux pas que tu te relèves. On est bien d’accord ? »
La fillette ne dit rien et se laissa prendre dans les bras de Martha qui la reconduisit dans son lit.
-« Il faut dormir maintenant Sarah sinon tu ne seras pas en forme pour aller voir Papa et Maman à l’hôpital demain. Je sais que tu préférerais rester auprès d’eux mais tout le monde a besoin de se reposer cette nuit. Et puis, tu n’es pas seule, Gramps et Pops ont décidé de rester ici cette nuit. Comme ça, si besoin, ils pourront chasser les monstres. »
Sarah hocha la tête mais Martha vit bien qu’elle acquiesçait pour lui faire plaisir car des larmes coulaient le long de ses joues. Une idée lui traversait alors l’esprit et elle se dirigea vers le placard de son fils pour en tirer un de ses t-shirt.
-« Regarde, en plus de la bague de Maman qu’on va accrocher ici, juste à côté de ta tête, je te mets sur ton oreiller un t-shirt de Papa. Comme ça ils seront tous les deux un peu avec toi. D’accord ? » expliqua Martha alors que les larmes de Sarah redoublèrent. « Allez, bonne nuit Munchkin… »
La rouquine quitta la pièce le cœur lourd et rejoint les trois autres dans le salon.
-« Ça va ? »
-« Pas vraiment non… Elle a compris qu’elle ne devait plus bouger mais je l’ai laissé en pleurs... Je n’aimais déjà pas ça lorsqu’il s’agissait d’Alexis mais avec Sarah et tout ce qui vient de lui arriver en si peu de temps je trouve cela encore plus pénible ! »
Alexandre prit la rouquine dans ses bras afin de la réconforter puis, une fois Martha calmée, ils décidèrent de regarder un film avant d’aller se coucher. Pendant qu’Alexis faisait son choix, Jim alla voir dans la chambre et revint avec un sourire.
-« Elle s’est endormie mais le t-shirt sur son oreiller est trempée et elle sert son lapin et la bague de Johanna comme si sa vie en dépendait. »
Tout le monde sourit et s’installa devant « Marie à tout prix » afin de se changer les idées. Le film touchait à sa fin lorsque des hurlements de terreur se firent entendre en provenance de la chambre parentale. Sarah faisait de nouveau un cauchemar… Ils se précipitèrent donc tous les quatre dans la chambre et Alexis souleva la fillette dans ses bras pour s’installer avec elle dans le lit principal. Martha prit place de l’autre côté de la fillette. Ils parvinrent rapidement à la calmer, Jim et Alexandre occupés à chasser les monstres. Lorsque Martha souleva délicatement la petite fille à moitié endormie, cette dernière se tendit et lui murmura quelque chose à l’oreille.
-« Quoi ma Princesse ? »
-« Pas seule… »
-« Je vais dormir dans le lit de Papa et Maman si cela te rassure. Tu es d’accord ? » proposa Alexis.
Sarah hocha sa tête, enfouit sa tête dans le t-shirt de Castle et agrippa son lapin et la bague de Beckett avant de laisser Morphée l’emporter à nouveau et pour de bon cette fois.
Chapitre 59 : Des avancées
Trois jours plus tard, tout le monde avait trouvé un rythme. Beckett et Castle se partageaient toujours le même lit même si la jeune femme avait retrouvé son autonomie. Cela faisait sourire le personnel médical ce besoin incessant de proximité. L’écrivain de son côté recommençait également à se mouvoir doucement avec l’aide du personnel soignant.
-« Et voilà Monsieur Castle ! Pas trop fatigué ? » lui demanda le kiné en l’aidant à s’installer dans le lit.
-« Un peu mais ça fait du bien, » souffla Castle en se tenant le ventre pour s’allonger.
-« Vous avez déjà fait de nets progrès en deux jours ! Vous vous rendez compte que la séance d’aujourd’hui a duré presqu’une heure ! » l’encouragea le kiné. « Si vous continuez comme ça demain, je pense vous autorisez à nous déplacer un peu tout seul. Vos filles ne sont pas là aujourd’hui ? »
-« Elles viendront un peu plus tard, » sourit Castle. « Mère et Jim devaient les emmener faire du shopping pour terminer la chambre de Princesse. »
-« Quand je pense qu’on a toujours rien vu ! Ça me fait enrager… C’est notre fille quand même ! Enfin… Elle le sera bientôt j’espère… » soupira Beckett.
-« Ne t’en fais pas, Kyle s’en occupe. »
-« Mais ne vont-ils pas nous reprocher ce qui s’est passé ? » s’inquiéta de nouveau Beckett. « On n’a pas pu la protéger et elle aurait pu nous perdre… »
-« Kate, vient me voir, » demanda Castle alors que la jeune femme se levait doucement du fauteuil où elle était installée depuis l’arrivée du kiné. « Ils ne peuvent pas nous reprocher d’avoir tout fait pour la protéger… »
-« Mais ils peuvent me reprocher mon métier ! Je suis flic ! C’est un métier dangereux et il pourrait m’arriver n’importe quoi… »
-« Kate, si tu étais blessée ou pire dans l’exercice de ta fonction, Sarah aurait toujours tout le soutien nécessaire pour grandir sereinement. Regarde aujourd’hui. Nos parents et Alexis prennent soin d’elle et, mis à part la première nuit à la maison, elle n’a pas fait d’autres cauchemars. Ce n’est pas parce que tu es flic comme tu dis que tu n’as pas le droit d’être une mère. »
-« Merci Rick, » répondit Beckett avant de l’embrasser tendrement. « N’empêche, je n’en reviens pas de ce qu’a fait Sarah l’autre soir ! Quelle chipie ! »
-« Ce n’était pas facile pour elle et ton malaise ne l’a pas aidé à partir sereinement. Mais elle a vu le lendemain que nous allions bien et après c’était bon. »
-« Ça m’angoisse qu’ils ne nous disent rien à propos de la chambre de Princesse… J’aimais bien ce que je vous montrai avant… Avant que nous ne soyons attaqués par ces fous. »
-« Alexis a vu ce que tu aimais et je suis sûr qu’elle va respecter tes goûts. »
-« Mais et toi ? Ça te plaisait ce que je vous avais montrés ? »
-« Ce n’était pas à 100% ce que j’aurais choisi mais c’était superbe ! Je ne veux rien d’autre pour notre fille. »
Le couple se blottit dans les bras l’un de l’autre savourant ce moment de répit jusqu’à ce qu’Alexandre passe sa tête par la porte d’entrée.
-« Je peux entrer ? J’aimerai vérifier vos pansements… »
-« Bien sûr, entre Père, » sourit Castle toujours heureux de le voir. « Mais tu sais, tu n’es pas obligé de venir nous voir uniquement pour des questions d’ordre médical ! »
-« Je sais mais je veux m’assurer que vous ne cachez plus rien aux médecins, » fit Alexandre en regardant Beckett dans le blanc des yeux.
-« J’ai compris vous savez, » rougit doucement la jeune femme en détournant les yeux et en enfouissant son vidage dans le cou de son écrivain.
-« Et si au lieu de vous cacher vous veniez dans votre lit un peu pour que je vous examine ? »
-« Et si toi tu commençais par tutoyer Kate ? Vous faites partie de la même famille maintenant, non ? »
-« Ça me va, » sourit Alexandre. « Maintenant je n’attends plus que toi Kate. Je veux voir ce que devient ton épaule parce que tu me l’as fait une fois mais tu ne m’y reprendras pas ! »
-« Ça va… J’ai compris, » bougonna Beckett en se levant doucement.
Un quart d’heure plus tard, Alexandre rebandait son épaule tout sourire.
-« Bon ce n’est pas encore le Pérou mais c’est déjà mieux. L’antibiotique fait bien son effet et la plaie est moins rouge. Mais ça reste à surveiller de près. On est bien d’accord ? »
-« Mon Dieu… Entre Rick et Papa Rick, je ne suis pas sortie de l’auberge… »
Les deux hommes éclatèrent de rire puis Alexandre examina rapidement le ventre de son fils.
-« Bon et bien c’est parfait tout ça ! Vous allez pouvoir bientôt rentrer chez vous. D’ici à une petite semaine vous serez chez vous, tranquille, » sourit Alexandre avant de reprendre légèrement mal à l’aise. « D’ailleurs, en parlant de votre retour à la maison, je me demandais… »
-« Dis-nous Père, nous n’allons pas te manger tu sais, » ironisa Castle, essayant de détendre l’atmosphère.
Beckett sourit et vint se réinstaller dans les bras de son homme qui continuait à observer son père. En effet, Alexandre tout comme son fils avait tendance à avoir les mêmes tics nerveux que Castle et la jeune femme remarqua qu’il se tordait les mains. Elle déposa sa main sur les siennes et lui sourit lorsque leurs regards se croisèrent. Un peu plus confiant, le médecin se lança.
-« Voilà, j’ai accumulé énormément de congés ces derniers temps et je me demandais si vous accepteriez que je pose des jours afin de vous aider dans votre quotidien et d’apprendre à encore mieux vous connaître… »
-« Père, nous serions ravi de t’avoir auprès de nous bien au contraire ! »
-« Tiens, vous… Enfin tu ne saurais pas toi ce qui a été fait pour la chambre de Sarah par hasard ? Ils n’ont rien voulu nous dire… »
-« Je peux juste vous dire que vous allez adorer autant que votre Princesse l’adore. »
-« Alexandre, » intervint alors Martha en poussant la porte de la chambre. « Je te rappelle que tu n’as toujours rien le droit de dire à ce sujet… »
-« Mais je n’ai rien dit, » se défendit le médecin en levant ses deux mains devant lui.
Tout le monde éclata de rire et Sarah s’avança en trottinant vers le lit de ses parents. Alexandre prit la fillette et l’installa entre le couple dans le lit.
-« Voir maison ? » fit la fillette toute excitée.
Chapitre 60 : Visite virtuelle
-« Vraiment ? Papa et moi allons enfin pouvoir voir ta chambre ? »
-« Pas juste chambre ! Maison ! »
-« Et comment on va faire ça ? » demanda Castle en relevant la tête pour voir Jim et sa fille entrer dans la chambre, Alexis ayant sa sacoche d’ordinateur sur l’épaule.
-« Si tu me laisses cinq minutes le temps que j’installe mon ordinateur, vous allez pouvoir assister à la projection unique et privée du premier film de la famille agrandie… »
-« Un film familial ? C’est une brillante idée Pumpkin ! »
-« Je n’ai fait que reprendre une tradition familiale et l’adapter aux circonstances. Tout le monde y a participé à part vous deux bien sûr puisque vous étiez ici mais on a vraiment bien rigolé tous ensemble. »
-« Alors c’est l’essentiel. »
-« Installez-vous confortablement tous les deux que vous puissiez en profiter quand même, » sourit Martha en reprenant Sarah dans ses bras. « Et toi, jeune fille, je te remettrai entre Kate et Rick si cela ne leur fait pas trop mal. »
-« D’accord, » bougonna la fillette en se blottissant dans le cou de sa ‘grand-mère’.
Tout le monde prit place autour de la tête de lit et, après avoir posé l’ordinateur sur la tablette, Alexis enclencha la vidéo.
-« Bonjour et bienvenue dans votre maison réaménagée, » fit l’Alexis de la vidéo depuis devant la porte d’entrée du loft. « Pour information, c’est Grand-Mère à la réalisation et à la mise en scène donc ça promet… »
-« Alexis ! » s’exclama Martha ce qui fit éclater de rire un nombre que l’on devinait relativement important de personnes derrière la caméra.
-« Bon allez, poussons la porte ! » continua la jeune fille en faisant un clin d’œil à la caméra. « Ne faites pas attention, nous avons des squatters mais bon, on ne va pas les mettre à la porte après l’aide qu’ils nous ont apportés… Ce ne serait pas correct… »
Esposito, Lanie, Ryan et Jenny apparurent à l’écran avachis dans les canapés. Les deux hommes étaient couverts de peinture et semblaient dormir tandis que les filles discutaient tranquillement entre elles.
-« Hey ! Dites bonjour à la caméra ! »
-« Salut les tourtereaux ! Alors prêt à découvrir votre ‘nouveau’ chez vous ? »
-« Bro ! » intervint Esposito en soulevant une paupière. « Il y a intérêt à ce qu’on ait open bar à chacune de nos venues ! J’ai plus de dos à cause de tes meubles ! Ils pèsent trois tonnes au moins ! Madre de Dios ! Et aussi, tu ne pouvais pas te trouver un appart avec des plafonds moins hauts ? »
-« Shut up, » intervint Ryan en lui lançant un oreiller en pleine tête. « Du moment que Mom and Dad sont enfin ensemble ! Moi ça me va ! »
-« Ouais ! Ce qui te va surtout c’est que tu as gagné le jackpot ! Punaise ! Tu as eu tout bon quoi ! Tu ne pouvais pas nous en laisser un peu ? »
-« Et tu crois que je vais payer mon mariage comment toi ? »
Jenny explosa de rire devant les têtes de trois pieds de long du latino et de la métisse.
-« Je vous rappelle les jeunes que cette vidéo est faite pour faire découvrir leur appartement aux malades ! Pas pour régler vos comptes… »
-« Ouais, ouais… » soupira Lanie avant de se lever pour faire face à la caméra. « Donc voilà, on a ouvert tes cartons Beckett mais c’était pour la bonne cause hein ! Ne commence pas à râler ! Et je te promets qu’on n’a pas laissé les garçons s’approcher de tes sous-vêtements… Quoique… Je suis sûre que… Non ! Je me tais ! Un certain écrivain n’a peut-être pas encore découvert ce petit morceau de tissu sexy… »
-« Lanie ! » s’exclama Beckett rougissante.
-« Oups ! Je t’ai mise mal à l’aise là je crois… »
-« Beckett est peut-être mal à l’aise mais je connais un certain écrivain qui rêve que voir sa belle dans ces attirails féminins dont tu parles… » remarqua Esposito avec un petit air suggestif. »
-« Mais c’est pas possible ! Qu’est-ce qu’on a fait pour avoir une famille comme ça… » marmonna Castle à l’oreille de Beckett.
-« Bon et si on leur montrait leur nouvelle chambre ? » proposa Jim en passant devant la caméra. « On vous a mis en bas pour plusieurs raisons… La première c’est qu’à votre retour, vous ne serez pas au mieux de votre forme et Rick aura quelques difficultés à monter les escaliers… »
-« Et puis, si vous voulez agrandir la famille, vous serez un peu plus au calme, » lança Esposito fier de lui.
-« Javier ! Tu ne peux pas te la fermer parfois ? »
A l’écran comme dans la pièce, tout le monde éclata de rire devant le visage penaud du latino et celui goguenard de la médecin légiste.
-« Décidément tu n’en loupes pas une Espo, » sourit Castle. « Mais on la voit quand notre chambre ? Et surtout… Qu’en est-ce qu’on voit celle de Sarah ! »
-« Patience ! » intima alors Martha. « Et regarde. »
Sur la vidéo, Jim poussait la porte de la chambre principale, derrière le bureau.
-« Bon je sais, il n’y a pas grandes différences avec votre chambre à l’étage mis à part le lieu et ton placard ma Katie. Il est plein maintenant. J’ai aussi mis une photo de ta mère, tu sais, celle que tu préfères, sur ta table de chevet. »
-« Et ça Gramps, c’est quoi ? » demanda Alexis en désignant le dessus d’une commode.
-« Deux objets qui ont une immense signification pour nous. Ceci est le bouquet de mariée de Johanna, celui qu’elle arborait le jour de notre mariage et qu’elle a précieusement fait sécher. Et à côté, il s’agit du foulard que je lui ai offert lorsque nous avons découvert qu’elle était enceinte. A partir de ce jour et jusqu’à la naissance de Kate, elle ne l’a pas quitté et ensuite il a toujours été dans la chambre de notre fille jusqu’à ce qu’elle quitte la maison… »
-« C’est superbe… »
Dans la chambre, Beckett pleurait doucement à l’évocation de ces souvenirs. Que son père ait pensé à ce genre de détails la touchait au plus haut point et elle se saisit de sa main pour le remercier d’une pression amicale. Ce geste avait plus de poids que des mots à cet instant précis.
-« Oh ! Je crois que Sarah est réveillée ! Et si on allait voir comment s’est passé son premier dodo dans sa nouvelle chambre de Princesse ? »
-« Tu as dormi dans ta nouvelle chambre ? » sourit Beckett.
-« Vi ! Regarde ! »
La porte sur la vidéo s’ouvrit sur leur ancienne chambre entièrement complètement redécorée. Les murs étaient d’une très jolie couleur parme claire et un superbe mobilier blanc avec un lit à baldaquin, deux chevets, deux commodes, un grand coffre à jouets, une bibliothèque, un bureau et un fauteuil à bascule trônait disposé avec goût. De fins rideaux d’un parme plus foncé et des stickers de Princesses et de Fées de la même couleur que les rideaux venaient compléter ce décor de rêve.
-« Oh mon Dieu Kate ! »
-« C’est exactement ce que je voulais ! Mais comment ? »
-« J’ai réussi à sauver la page de magasine que tu nous montrais de l’attaque et on a tous plus ou moins participer à hauteur de nos moyens. »
Des larmes inondèrent le visage de Kate lorsqu’elle aperçut à côté du fauteuil à bascule le lit à barreaux de Sarah et le visage radieux de cette dernière émerger tout sourire.
-« Bouh ! A eu peur hein ? Bisous ! »
La vidéo s’éteignit et tout le monde sourit devant les visages souriants du couple.
-« Maintenant j’ai encore une raison supplémentaire de guérir vite, » murmura Castle.
-« Maman, balade ? » fit alors Sarah.
-« Oui, je t’ai promis hier que j’irai avec toi et Gramps te regarder jouer dans le jardin de l’hôpital. Tu as envie maintenant ? »
-« Vi ! »
-« Alors c’est parti ! » répondit Beckett en se levant après avoir embrassé son écrivain.
Après un dernier baiser à Castle, Beckett prit la main de sa fille pendant que son père et Alexis les suivaient à l’extérieur de la chambre.
-« A tout à l’heure ! »
-« Amusez-vous bien, » sourit l’écrivain alors que la porte de la chambre se refermait sur eux et avant de se tourner vers ses parents. « Vous avez tout ce que je vous ai demandé ? »
Chapitre 61 : Transformations
-« Oui, on a tout trouvé. Jenny fait le guet pour veiller à ce que Kate ne voit pas la fine équipe. Le personnel de l’hôpital est prévenu et ne posera pas de problème. »
-« Merci Mère, » répondit Castle nerveux. « Et tu as trouvé le boitier qui contient la bague ? »
-« Ce n’était pas trop dur d’ouvrir le petit coffre de la chambre du bas pour en sortir le petit sac de chez Cartier et de le glisser dans mon sac avant de venir ! »
-« Tu ne l’as pas ouvert, hein ? »
-« Richard ! » fit Martha exaspérée par le comportement de son fils. « Non, je n’y ai pas touché même si je suis curieuse… Mais comme tu n’as pas arrêté de me répéter par tous les moyens qui t’étaient à ta disposition que je ne devais ‘surtout pas ouvrir le paquet’, je n’ai rien fait ! »
Alexandre sourit et posa une main rassurante sur l’épaule de son fils.
-« Respire mon fils ! Tout va bien se passer. Elle t’aime ta belle. »
-« Elle m’aime et ça je le sais mais je n’ai pas demandé l’avis de son père et je sais qu’elle peut prendre peur… Elle est tellement imprévisible parfois… »
-« De quoi aurait-elle peur ? Vous êtes tellement plus fort ensemble ! »
-« Mais elle est indépendante et puis… Il y a sa mère… » soupira Castle.
C’est alors que les renforts arrivèrent chargés de paquets visiblement lourds.
-« Yo Bro, » souffla Esposito. « Dis donc, la prochaine fois que tu déménages, je ne suis pas là ! On est bien d’accord ? »
-« Oh arrête de te plaindre Baby ! Je te ferai un massage ce soir et demain il n’y paraitra plus ! »
-« On n’est pas obligé de connaitre les détails Doc ! » fit Castle en fronçant le nez avant d’ajouter malicieusement : « Enfin sauf si ça peut me permettre de taquiner un peu ‘Baby’ ! »
-« Non mais sérieux ! Je n’ai pas signé pour un déménagement, un emménagement, la création d’une chambre avec des meubles en bois massif ET le transport de tout le nécessaire pour une demande romantique à l’hôpital ! L’hôpital ! Non mais tu es sérieux là Bro ? Tu ne pouvais pas trouver mieux ? »
-« Elle ne va pas aimer… C’est ça ? » s’inquiéta alors Castle en serrant le drap dans sa main. « Je devrai peut-être attendre et faire ce que j’avais initialement prévu… »
-« N’écoute pas Javi, elle va être touchée… Elle t’aime Rick. »
-« Merci Lanie. »
-« Bon, et si on s’y mettait ? Alexis va pouvoir la retenir un moment mais pas non plus pendant des heures, » intervint alors Alexandre. « Je vais chercher le brancardier pour qu’il libère de l’espace en enlevant le troisième lit. »
En deux temps, trois mouvements, tout le monde se mit en action. Comme annoncé par Alexandre, le troisième lit fut retiré de la pièce et le lit de Beckett fut installé le long du mur. Avec l’aide de Jenny, Lanie le recouvrit d’un plaid rouge lui-même parsemé de pétales de roses rouges et blanches. Pendant ce temps, Ryan et Esposito installèrent une table ovale parfaite pour deux personnes qu’ils recouvrirent d’une nappe couleur rouge foncé. La fine équipe partit chercher les deux chaises dans le bureau des infirmières puis repartit rapidement travailler car ils étaient d’astreinte ce jour-là. Martha entra alors en scène, drapa de blanc les deux chaises et fit ternir les drapés à l’aide d’un nœud du même rouge que la nappe.
-« Waouh ! Mère, c’est superbe ! Je ne savais pas qu’on avait ce genre de choses au loft ! C’est exactement ce que j’avais en tête… »
-« En fait Richard, ta mère et moi sommes allés tout acheter hier après mon service. »
-« C’est pour ça que tu es parti si vite alors ! Je croyais avoir dit ou fait quelque chose qui t’avait déplu… »
-« Jamais mon fils ! Tu es prêt à te changer ? Nous t’avons apporté de quoi t’habiller décemment pour ce grand moment. »
-« Merci Père. Par contre, tu voudrais bien m’aider ? Je ne suis pas sûr d’y arriver… J’ai eu près d’une heure de kiné et je ne me sens pas vaillant sur mes jambes… »
Père et fils prirent la direction de la salle de bain clopin-clopan pendant que Martha disposait la vaisselle de porcelaine blanche, les couverts en argent et les verres de cristal sur la table.
-« Madame Rodgers ! C’est superbe ! »
-« Merci Jenny mais, vous savez, vous pouvez m’appeler Martha, comme tout le monde. Où en est la livraison du diner ? »
-« Je file la chercher. Je viens de recevoir un message du livreur. Il s’est perdu dans les couloirs de l’hôpital. »
-« Je m’en occupe Lanie. Je sais que tu veux finir la décoration de la table avec ce que tu as apporté… »
Lanie sourit à Jenny qui quitta la chambre et se dirigea vers l’immense sac qu’elle avait apporté ce qui attisa la curiosité de la rouquine.
-« Qu’est-ce que vous avez donc de beau là-dans ? »
Avec un sourire, Lanie en sortit un magnifique chandelier à cinq branches rouge et cinq bougies blanches qu’elle déposa sur la table et un immense vase en cristal.
-« Lanie, c’est magnifique ! »
-« Merci. Cela me vient de ma grand-mère. J’ai aussi apporté des petites perles nacrées pour mélanger avec les pétales de roses… Je me suis dit que ça illuminerait un peu la table… »
-« C’est une excellente idée ! Je vous laisse disposer les pétales sur la table pendant que je dispose les roses dans ce superbe vase. »
-« J’aurai besoin de six roses pour terminer la table. Quatre pour le chandelier et deux pour les assiettes. »
Sur ce, Martha et Lanie finirent la décoration de la chambre. Jenny venait de pénétrer dans la pièce avec le carton contenant le diner du couple lorsqu’Alexandre et Castle sortirent de la salle de bain. Le médecin aida l’écrivain à s’assoir sur le fauteuil, épuisé par l’effort qu’il venait de fournir.
-« Repose-toi Richard. Nous, nous avons terminé. On allume les bougies et on attend le retour de ta Kate, Jim et les filles pour pouvoir vous laisser en amoureux. »
-« Merci pour tout Mère, » sourit Castle alors que la nervosité reprenait le dessus. « Tu es sûre qu’il ne manque rien ? »
-« Richard ! » fit Martha exaspérée par l’attitude de son fils. « S’il manque quelque chose, c’est que tu ne me l’as pas dit avant maintenant ! Allez, maintenant on file ! Bonne chance mon fils ! »
Castle était seul depuis à peine dix minutes lorsque la porte s’ouvrit sur une Beckett souriante.
-« Mais oui Princesse ! On recommencera demain si tu veux mais à la condition que Papa ne se retrouve pas seul dans la chambre. »
-« D’accord, » sourit Sarah avant de regarder la pièce, son visage se fendant d’un immense sourire. « Oh ! Joli ! »
C’est alors que Beckett découvrit le spectacle de la chambre décorée avec soin. Elle laissa échapper un léger cri de surprise alors qu’elle couvrait sa bouche de sa main et que ses yeux s’écarquillaient de stupeur. Lorsque son regard se posa sur Castle, la jeune femme comprit instantanément ce qui allait se passer et l’angoisse prit le dessus. Dans un état second, elle vit Sarah s’approcher de l’écrivain et parler avec lui alors que ses doutes et ses peurs l’assaillaient de toutes parts. Avant qu’elle n’ait elle-même le temps de réaliser ce qui se passait, ses jambes avaient fait demi-tour et elle disparaissait au détour d’un couloir…
Chapitre 62 : Panique
-« Maman ? » demanda Sarah en se retournant pour découvrir la pièce vide derrière elle. « Papa ? Où Maman ? »
-« Je… Je ne sais pas Sarah, » répondit Castle en tentant de sourire pour ne pas inquiéter la fillette. « Elle a dû avoir besoin d’aller chercher quelque chose… Mère ? »
Martha entra alors dans la pièce et découvrit les efforts que faisait son fils afin de ne pas inquiéter Sarah. Immédiatement elle comprit ce que Castle lui demandait sans un mot.
-« Tu viens Munchkin ? Je voudrais te montrer quelque chose… »
Sarah regarda son père qui acquiesça avec un sourire crispé puis glissa sa petite main dans celle tendue de Martha. Ainsi, Grand-Mère et petite-fille quittèrent la pièce. Alexandre pénétra alors dans la pièce pour voir son fils craquer complètement.
-« Oh fiston ! » s’exclama le médecin en se précipitant vers Castle.
-« C’est fichu Papa… J’ai voulu aller trop vite et maintenant je l’ai perdu… »
-« Richard, regarde-moi, » intima Alexandre. « Ta Kate est quelqu’un de bien et je reste persuadée que tout n’est pas perdu. Laisse-lui un peu de temps pour rassembler ses esprits. Son choc vient du fait qu’elle ne s’y attendait surement pas… Fais-lui confiance… »
-« Je sais que vous n’avez surement pas vraiment envie de me voir en ce moment, » fit Jim en s’approchant doucement. « Mais j’aimerai vous dire une chose fiston… »
-« Je n’ai rien à vous reprocher Jim… Ni même à Kate d’ailleurs… Je savais que c’était une possibilité. Je veux dire, je la connais et je connais une partie de ses peurs les plus intimes. C’est juste que… J’espérais vraiment que ce serait différent et qu’elle serait prête… »
-« Je crois que ma fille est prête Rick, aussi bizarre que cela puisse paraitre. Elle a juste été submergée par ses émotions, ses peurs et ses angoisses… C’est tout nouveau pour elle de se laisser guider par l’amour et le bonheur. N’oubliez pas que, jusqu’à présent, elle n’a suivi comme ligne de vie la survie et la justice… »
-« Mais que puis-je faire pour l’aider ? Et puis… Et si elle ne revenait pas ? » commença à vraiment paniquer Castle. « Ça ne servirait plus à rien que je vive… »
-« Je vous interdis que dire ça Richard ! » s’écria Jim en s’approchant un peu plus de l’écrivain. « Je sais ce que c’est de perdre la femme qu’on aime, je veux dire vraiment la perdre sans espoir de jamais la revoir. »
-« Mais comment pourrais-je continuer à sourire et à vivre normalement après avoir eu un aperçu du bonheur, du réel bonheur… Comment avez-vous fait pour survivre à cette perte immense ? »
-« Au début, je me suis laissé aller. Le jour où j’ai compris à quel point je faisais souffrir ma fille, j’ai accepté son aide pour m’en sortir et aujourd’hui je suis heureux d’avoir réussi mon pari même si c’est un combat de tous les jours et que je sais que je ne suis pas à l’abri d’une rechute. »
-« Je ne sais pas comment vous faites… J’ai l’impression d’avoir le cœur en miettes. »
-« Fiston, regarde-moi, » fit alors Jim en se mettant à sa hauteur, passant inconsciemment au tutoiement. « Ma fille t’aime et doit être plus ou moins de le même état que toi. Elle est perdue et apeurée et je pense que sa réaction tenait plus du réflexe que de sa volonté… »
-« Vous croyez ? » demanda Castle plein d’espoir.
-« Rick, tu te rends compte des avancées gigantesques qu’a réalisé ma Katie ? Elle a décidé et ouvert son cœur à toi mais aussi au bonheur et à la vie… A la vraie vie ! Celle qui vient du cœur et non du cerveau. »
-« Et puis elle t’a suffisamment fait confiance pour se réfugier chez toi d’après ce que j’ai compris, » renchérit Alexandre. « Elle s’est montrée à toi dans toute sa faiblesse et ce n’est visiblement pas son habitude. »
-« Elle t’a emmené sur la tombe de Jo… Tu sais que tu es le premier qu’elle a présenté à sa mère ? Je pense que c’est quelque chose d’important et de significatif. »
-« Et il y a Sarah, cette magnifique enfant que vous souhaitez adopter. Crois-tu vraiment qu’elle abandonnerait ce projet ? Qu’elle abandonnerait votre fille ? »
-« Si elle ne veut plus de moi, je l’aiderai à adopter Princesse car c’est une merveilleuse Maman et je les laisserai vivre leurs vies ensemble. Ça me brisera le cœur mais je respecterai toujours son choix… »
C’est alors que Castle détourna les yeux et remarqua un gilet de Beckett qui trainait. Inspirant un bon coup, il se saisit de son ventre et se leva pour l’atteindre mais, à peine l’avait-il en main qu’il se sentit faible. Alexandre et Jim le rattrapèrent in extremis et l’aidèrent à s’allonger sur le lit.
-« Richard ! Ça va ? » demanda le médecin inquiet pour son fils.
-« Je suis juste fatigué… » soupira Castle en s’agrippant au gilet de Beckett. « La journée a été longue, c’est tout. »
-« Alors repose-toi. Tu as mal quelque part ? »
-« Non Père. Ma douleur n’est pas physique, » répondit l’écrivain en enfouissant son visage dans le vêtement et respirant l’odeur caractéristique de cerise de la femme qu’il aimait. « Tu me manques tellement… Je t’en prie, reviens… »
Jim et Alexandre s’assirent à côté du lit et restèrent silencieux à observer l’écrivain. Des larmes se mirent à ruisseler le long de son visage et il sortit l’écrin de sa poche, l’ouvrit et caressa la bague du bout des doigts.
-« Kate, » murmura l’écrivain perdu. « Je respecterai tous tes choix, quels qu’ils soient, mais je t’en prie reviens ! Où es-tu partie ? Cet hôpital est tellement grand que tu peux être n’importe où. Oh mon Dieu, Johanna, si vous pouviez m’aider… Veillez sur votre fille… Je vous en prie… »
Castle referma l’écrin et essuya ses larmes puis se mit à réfléchir longuement. Soudain, une pure terreur s’afficha sur son visage et il se tourna vers Jim.
-« Mais dites-moi Jim, si vous êtes avec moi, tout comme mon Père… Et que ma Mère s’occupe de Sarah… Qui est parti après Kate ? » s’écria l’homme en tentant de se lever. « Elle ne peut pas rester seule en ce moment. »
Jim et Alexandre se levèrent immédiatement et empêchèrent Castle de sortir de son lit mais l’écrivain se débattit au point de gémir de douleur. Le médecin appuya sur la sonnette et Jim accrocha le regard de celui qu’il considérait comme son ‘futur gendre’.
-« Alexis est partie à la suite de ma Katie. Fais-lui confiance. Fais-leur confiance. »
-« Mais et si… »
-« Richard ! Calme-toi. Je te promets que, si ma fille ne revient pas avec Alexis, c’est moi qui irai la chercher par la peau des fesses. »
-« Hum… Ça doit faire mal ça, » ironisa Alexandre dans une tentative pour détendre l’atmosphère. « Maintenant fiston, tu n’as plus qu’à te reposer. Veux-tu que Sarah vienne te rejoindre ? »
-« S’il te plait. »
Jim alla chercher Martha et la fillette dans le couloir. Il prit l’enfant dans ses bras et se rapprocha du lit pour l’y déposer délicatement.
-« Va faire un gros câlin à Papa, Princesse. Il en a bien besoin... »
-« D’accord, » sourit l’enfant heureuse d’avoir retrouvé son père.
Sarah se blottit dans les bras de Castle qui retrouva un petit peu de sérénité en attendant le retour de Beckett.
Chapitre 63 : Discussion
Pendant ce temps, Alexis était partie à la suite de Kate dans les couloirs de l’hôpital. Elle fit le choix de la laisser prendre un peu d’avance afin qu’elle puisse réfléchir et elle sourit en la voyant pousser la porte de la chapelle de l’établissement. Elle resta un moment sur le pas de la porte à l’observer, ne sachant pas trop comment réagir face à Beckett qui venait de faire souffrir son père encore plus que la dernière fois… Mais ce qu’Alexis vit lui fit prendre conscience que son père n’était pas leur seul à souffrir dans cette histoire. En effet, Beckett s’était avancée dans la pièce et avait rejoint le coin réservé à Marie. La jeune femme se laissa glisser le long du mur et rassembla ses genoux sous son menton.
-« Oh Maman aide-moi, » sanglota la jeune femme. « Je suis perdue et je crois que j’ai tout gâché avec Rick et pire que tout… Même si Rick parvient à me pardonner, je crois qu’Alexis m’en voudra à vie… Oh Maman… Pourquoi n’es-tu pas là quand j’ai besoin de toi comme maintenant… »
Alexis était touché par la détresse évidente de Beckett et s’apprêtait à s’avancer lorsque la voix de la jeune femme se fit à nouveau entendre.
-« Je sais que ça fait un paquet de temps que je ne suis pas venue, que la dernière fois c’était pour vous reprocher la mort de Maman et vous criez que je vous détestais mais aidez-moi… Je vous en prie… »
Beckett prit alors l’une des petites bougies qui reposait sous l’icône et l’alluma.
-« Je vous promets de revenir avec le dollar nécessaire dès que possible, » murmura la jeune femme honteuse de se servir sans régler son dû.
L’aumônier qui avait assisté à l’ensemble de la scène s’apprêtait à s’approcher lorsqu’il repéra l’adolescente qui s’avançait timidement et s’asseyait à côté de la jeune femme avant de lui tendre deux billets de un dollar.
-« Je ne suis pas croyante mais j’aimerai que tu en allumes une seconde à la mémoire de ta maman. »
-« Alexis ? » s’étonna Beckett ne l’ayant pas entendu arriver. « Mais qu’est-ce que tu fais là ? »
-« Je suis là pour prendre soin de toi pendant que Gramps aide Papa. Ça va ? »
-« Pourquoi es-tu si gentille avec moi après ce que je viens de faire ? » demanda Beckett en se laissant de nouveau aller à ses larmes.
-« Maman, regarde-moi. Je dois t’avouer que, lorsque tu es partie comme ça de la chambre après tous les efforts que Papa venait de fournir pour te faire une belle demande, mon premier sentiment a été de t’en vouloir mais j’ai vu et entendu tout ce qui s’est passé dans cette chapelle depuis que tu y a pénétré et j’ai compris ce que tu ressentais… » répondit Alexis avant de se blottir contre Beckett.
Les deux jeunes femmes restèrent silencieuses un long moment, jusqu’à ce que les larmes de Beckett n’aient complètement mouillé le t-shirt de l’adolescente.
-« Maman… »
-« Alexis, je ne suis pas ta maman et, vu ce que je viens de faire à ton père, je ne serai bientôt plus rien… » fit Beckett complètement déprimée.
-« Ne crois pas ça. De un, si je dis que tu es ma mère c’est que je le pense même si je sais que ce n’est biologiquement pas le cas. Et de deux, Papa t’aime plus que tout au monde. »
-« Mais je ne suis bonne qu’à le faire souffrir… »
-« Honnêtement, je pense qu’à cet instant précis tu souffres plus que lui… »
-« Comment est-ce possible ? Je suis un monstre… »
-« Tu n’es pas un monstre Maman ! Tu as peur, je me trompe ? »
Beckett garda le silence mais ses yeux trahissaient les angoisses qui se bousculaient dans sa tête.
-« De quoi as-tu peur Maman ? D’être heureuse ? Tu sais ce n’est pas parce que ta maman t’a été arrachée et que, pour le moment, personne n’a pas trouvé les commanditaires de son meurtre que tu n’as pas le droit d’être heureuse… » dit Alexis en redressant la tête pour plonger son regard dans celui de la jeune femme avant de reprendre, ayant une intuition. « Et ce n’est pas parce que tu t’autorise le bonheur avec Papa, Sarah et moi que tu abandonnes pour autant ta Maman… »
-« Oh Alexis ! Je commence à comprendre mais c’est dur de changer… Et j’aimerai tellement perdre tous mes mauvais réflexes, toutes mes peurs et toutes mes angoisses… »
-« Qu’est-ce qui te fait si peur Maman ? »
-« De ne pas être à la hauteur. De ne pas être une bonne épouse. Une bonne mère… De tout gâcher… Et puis il y a mon travail aussi… Si je suis blessée ou pire tuée, je vous ferai subir la même perte que celle que j’ai vécu… Vous ne méritez pas de vivre ça… »
-« Et à part ça tu penses que tu ne seras pas une bonne mère, hein ? Maman, si tu partais aujourd’hui, là je t’en voudrais. En quelques semaines, tu es passée qu’une amie à une maman pour moi et je refuse de te perdre maintenant. Tu es importante pour moi autant que pour Sarah et Papa, » expliqua Alexis avant de reprendre la voix pleine d’émotions. « Peut-être même plus que pour eux… »
-« Pourquoi dis-tu ça ma Grande ? » s’étonna Beckett en regardant attentivement la jeune fille qui avait elle aussi les larmes aux yeux.
-« Je sais que tu aimes Papa de tout ton cœur et c’est quelque chose de très important pour moi. Mais, ton arrivée dans ma vie, c’est comme découvrir ce que c’est que d’avoir une vraie mère, présente et attentionnée. J’aime ma mère mais elle n’a et ne sera jamais ce que tu es pour Sarah… Ce que j’aimerai au fond de moi que tu sois aussi… »
-« Oh viens-là ma Chérie ! » s’exclama Beckett en dépliant ses jambes pour permettre à Alexis de vraiment se blottir contre elle. « Si tu le veux et si ton père est d’accord, je serai toujours là pour toi ma Grande. Tu es une jeune fille merveilleuse et ce serait un honneur pour moi. »
-« Papa ne va pas t’interdire quoi que ce soit Maman… Il t’aime et je suis sûre qu’il n’attend qu’une chose : ton retour et une réponse à sa question, » sourit Alexis.
-« J’ai tout gâché… Il ne me pardonnera jamais… »
-« Mais si Maman ! » répondit Alexis en se dégageant pour lui prendre son visage entre ses mains. « Il t’aime et serait prêt à décrocher la lune pour toi. Je crois même qu’il serait prêt à s’effacer si c’est ce que tu voulais… »
-« Mais non ! Ce n’est pas ce que je veux ! Je l’aime et je veux vivre avec lui ! Avec vous ! Et avoir ces enfants dont on rêve… »
-« Alors va le rejoindre Maman… Parle-lui… Explique–lui tes peurs… Tout va bien se passer… »
-« Je ne crois pas… » fit Beckett miséreuse.
-« Me permettez-vous ? » intervint alors l’aumônier qui n’avait rien manqué de leur échange.
Les deux jeunes femmes sursautèrent surprises car elles se croyaient seule dans la chapelle.
-« J’étais là quand vous êtes arrivée Mademoiselle et je m’apprêtais à vous rejoindre lorsque cette jeune fille m’a devancé. Je sais que je ne vous connais pas et que je ne connais pas non plus le père de cette demoiselle mais je pense que vous devriez faire ce qu’elle dit. Je suis persuadé qu’elle a raison et qu’elle ne veut que votre bonheur. Un bonheur que vous méritez Mademoiselle, j’en suis persuadée. »
Beckett regarda Alexis qui hocha la tête, complètement d’accord avec ce que venait de dire l’homme de Dieu.
-« Fais-nous confiance, fais-lui confiance et surtout fais-toi confiance Maman. »
-« Où est Gramps ? » demanda alors Beckett.
-« Avec Papa. Même s’il est ton père, il savait qu’il serait plus utile auprès de Papa que de toi. Et puis moi, eh bien je pensais qu’il fallait que je te parle, que je te dise ce que je pense vraiment. »
-« Merci ma Grande. Merci pour tout. Et à vous aussi mon Père. Je vais aller rejoindre Rick maintenant… S’il veut vraiment de moi… » répondit timidement Beckett avant d’essayer de se lever. « Tu veux bien m’aider ma Grande ? Mon bras me fait un peu souffrir et je suis sûr que Pops n’apprécierait pas que je fasse un nouveau malaise parce que je me suis appuyée dessus. »
-« Bien sûr ! » s’exclama la jeune fille en se levant et en tendant sa main à Beckett. « Je ne veux pas te rendre à Papa en mille morceaux moi. »
Cette remarque arracha un sourire à Beckett et, après un dernier regard à l’icône de Marie, les deux jeunes femmes quittèrent la chapelle sous le regard attendri de l’aumônier.
Chapitre 64 : Craintes
Quelques minutes plus tard, Alexis laissa Beckett devant la porte et pénétra dans la chambre pour trouver toute la famille qui attendait.
-« Lexis, où Maman ? » demanda Sarah en la voyant entrer.
-« Elle a besoin de parler un peu avec Papa mais seule. Tu veux bien venir avec moi Princesse ? On retrouvera Maman et Papa un peu plus tard. »
Sarah déposa un baiser sur la joue de Castle puis se retourna vers la rouquine pour lui tendre ses petits bras. Les deux filles sortirent suivies de leurs grands-parents et se dirigèrent vers les ascenseurs afin de se rendre à la cafétéria. Cependant, Beckett retint Alexandre par le bras.
-« Oui ? »
-« Comment va-t-il ? » s’inquiéta Beckett qui avait aperçu Castle allongé sur le lit.
-« Il se repose en ce moment et toi seule peut le faire se sentir mieux. Mais et toi ? »
-« Je ne serai pas contre un antidouleur à vrai dire… » rougit la jeune femme.
-« Je m’en charge. File le rejoindre maintenant, il a besoin de toi. »
Beckett remercia le médecin d’un sourire, souffla un bon coup et pénétra dans la chambre à pas de loups. Très mal à l’aise, elle observa d’abord la pièce en détails avant d’oser poser timidement ses yeux plein de larmes sur Castle allongé sur son lit et vêtu de sa tenue préférée. Incapable de soutenir son regard, la jeune femme baissa la tête, honteuse.
-« Je ne vais pas te manger, tu sais Kate, » soupira Castle détestant la voir ainsi. « Approche s’il te plait. »
La jeune femme obéit mais n’osa pas aller plus loin que le fauteuil à côté du lit. Elle y prit place et le silence s’installa dans la pièce. Il ne fut brisé que par l’arrivée d’une infirmière avec un cachet pour Beckett. Sentant que quelque chose n’allait pas, elle repartit aussi rapidement et silencieusement qu’elle était venue.
-« Tu as mal ? » s’inquiéta Castle.
-« Comment… Comment peux-tu t’inquiéter pour moi après ce que je viens de te faire ? » demanda la jeune femme la voix éraillée par les larmes et l’émotion.
-« Parce que tu es tout pour moi et que, même si je respecterai toujours ton choix, tu ne pourras pas m’empêcher d’avoir peur pour toi. »
-« Qu’ai-je fait pour mériter ton amour… Je ne fais que te faire souffrir… »
-« Ce n’est pas vrai car, même si tu me fais souffrir, tu me rends aussi tellement heureux. Depuis que tu es rentrée dans ma vie, tu as fait de moi un homme, un père et un écrivain meilleur. »
-« Je n’aurai jamais dû fuir comme ça Rick, » lâcha Beckett libérant l’ensemble de ses émotions alors que de nouvelles larmes franchissaient la barrière de ses paupières. « Je ne le voulais pas… Enfin… Je… C’était un… Un vieux réflexe… »
-« Oh Kate, je le sais ça. Je te connais et j’aurai dû attendre… Tu n’étais pas prête pour ça. C’est moi qui ai été impatient, comme toujours… »
-« Comment peux-tu dire que tu as été impatient Rick, » répondit au tac au tac la jeune femme. « Ca fait presque quatre ans que tu attends que je sois prête ! Et pendant tout ce temps, je n’ai été douée qu’à te faire souffrir… »
Castle se redressa difficilement sur son lit et Beckett remarqua tout de suite le rictus de douleur.
-« Tu as pris de quoi te soulager ? » s’inquiéta tout de suite la jeune femme en s’approchant et prenant instinctivement la main dans la sienne.
Ce geste réchauffa le cœur de Castle qui fit glisser son pouce sur le dos de sa main.
-« Père m’a donné un cachet. Il faut juste attendre qu’il fasse effet maintenant. Ne t’inquiète pas… »
-« Parce que toi tu as le droit de t’inquiéter pour moi mais pas moi pour toi ? »
-« Euh… »
-« Rick, je t’aime du même amour que toi. Je… J’ai eu tellement peur quand je t’ai vu étendu au sol sans connaissance… Et quand Espo m’a dit que Lanie s’occupait de toi, j’ai cru… J’ai cru que je t’avais perdu toi aussi… Pour toujours… » craqua complètement Beckett en s’effondrant, la tête sur le lit.
-« Oh Kate ! Regarde-moi Chérie, » intima Castle en glissant sa main libre dans les cheveux de la jeune femme. « S’il te plait. »
Beckett obtempéra timidement et plongea ses yeux dans ceux tout aussi humide de l’écrivain.
-« Je sais que tu es terrifiée par tout ce qui arrive, tous ces changements mais je veux que tu comprennes une chose. Je ne te quitterai jamais de mon plein gré. Je te le promets… »
-« Always ? »
-« Always Kate, always… » affirma Castle en invitant Beckett à s’approcher de lui.
La jeune femme combla la distance qui la séparait de la tête de lit de son écrivain et s’assit précautionneusement à ses côtés. C’est alors qu’elle vit toute la profondeur de sa détresse dans ses yeux bleus.
-« Tu connais tout de mes peurs, de mes angoisses les plus profondes et je me rends compte que je ne connais presque rien de tes peurs à toi ni de tes angoisses… J’ai pourtant l’intuition que je t’ai blessé comme jamais… »
-« Viens contre moi… S’il te plait. Je… Je ne suis pas sûr de… De réussir à t’expliquer si je te sens loin de moi… »
-« Donne-moi juste le temps de m’installer de manière à ce que ni toi ni moi n’ayons mal et je suis toute à toi, » sourit Beckett en se levant pour joindre le geste à la parole.
Une fois installée dans les bras de Castle, la jeune femme garda le silence sachant que l’écrivain parlerait lorsqu’il se sentirait prêt à se confier. Les minutes passèrent et Beckett commençait à désespérer lorsque la voix éraillée de l’homme se fit entendre.
-« Tu te souviens de Kyra ? »
-« Oui, » répondit la jeune femme en se tendant légèrement. « Cette superbe jeune femme qui fut si importante pour toi. »
-« J’ai vraiment cru qu’elle était ma ‘one and done’ et, lorsqu’elle m’a demandé de la laisser prendre de l’espace, j’ai eu très mal… Alors j’ai foncé tête baissée dans des relations qui n’avaient pas autant d’importance pour moi. Des relations qui, je le savais, ne me feraient pas souffrir autant que celle avec Kyra… Lorsque j’ai épousé Meredith puis Gina, c’était plus parce que cela semblait être la chose la plus logique à faire… La première parce qu’elle était enceinte et la seconde parce que ma fille avait besoin d’une mère… En fait, je suis restée très superficiel, je ne me suis pas pleinement investi avec chacune d’elles… Jusqu’à ce que je te rencontre en fait… »
-« Je… Je crois que je comprends ce que tu veux dire… J’ai utilisé cette méthode à plusieurs reprises depuis que je te connais… » avoua Beckett dans un souffle. « Je peux te poser une question indiscrète ? Tu n’es absolument pas obligé de me répondre bien sûr… »
-« Pose toujours ta question… »
-« Qu’est-ce qui s’est passé avec Kyra exactement ? »
-« Un malentendu et ensuite une bonne dose de fierté mal placée… Elle m’a demandé de lui laisser du temps et moi j’ai pris ça pour un adieu… Elle attendait que je fasse un geste dans sa direction et, même si j’en ai eu conscience à un moment donné, j’avais trop souffert dans mon amour propre pour lui pardonner aussi facilement. Alors j’ai laissé le temps faire son œuvre… »
-« Et moi je t’ai fait encore plus souffrir que Kyra… » souffla Beckett alors que de nouvelles larmes se mirent à couler le long de ses joues. « J’ai vraiment tout gâché… »
La jeune femme se leva à nouveau et quitta le lit pour se diriger vers la salle de bain. Castle l’observait, incapable de faire un geste de plus vers elle. Inconsciemment, il voulait qu’elle comprenne ce qu’il ressentait et à quel point elle lui avait fait mal.
-« Je… Je vais aller voir si ton père peut me trouver une chambre afin de te laisser tranquille, » souffla Beckett dans un sanglot avant de s’enfermer dans la salle de bain. « Et je verrai avec Lanie si elle peut m’héberger en attendant que je trouve un nouvelle appartement. Si seulement… »
Chapitre 65 : La demande
C’est alors qu’un énorme sanglot se fit entendre de l’autre côté de la porte de la salle de bain et que Castle prit conscience du mal qu’il était en train de faire à la femme qu’il aimait plus que tout au monde.
-« Mais quel con alors ! » marmonna-t-il en se redressant tant bien que mal.
Sans penser à la douleur qui lui vrillait le ventre, Castle fit basculer ses jambes dans le vide et s’assit sur le bord de son lit. Il souffla un bon coup jusqu’à faire passer le tournis qui l’avait pris à s’être levé trop rapidement. Les sanglots en provenance de la salle de bain lui donnèrent le courage nécessaire pour continuer sa progression.
-« Kate ? » appela timidement Castle en frappant à la porte qui les séparait.
-« Laisse-moi Rick… J’ai compris tu sais, » sanglota la jeune femme. « J’ai conscience d’avoir atteint ton point de non-retour… J’ai tout gâché… Définitivement… »
Castle n’attendit pas plus et ouvrit la porte manquant de faire tomber la jeune femme à la renverse.
-« Tu me fais un peu de place ? »
-« A quoi ça servirait… Retarder l’échéance ? »
-« Mais qu’ai-je fait… » murmura Castle en se laissant glisser le long du mur aux côté de Beckett.
La détresse dans sa voix fit se redresser la tête de Beckett. Ce qu’elle vit alors la surprit au plus haut point. En effet, Castle serrait les dents du fait de la douleur physique mais ses yeux laissaient transparaitre une véritable panique.
-« Rick ? Qu’est-ce qui se passe ? Tu as mal, c’est ça ? Tu veux que j’aille chercher Alexandre ? » demanda Beckett en se redressant rapidement pour aller chercher de l’aide.
-« Comment peux-tu être aussi prévenante vis-à-vis de moi alors que tout ce que je cherchais à faire c’était de faire aussi mal que j’avais mal… Je n’avais pas compris que c’était déjà le cas… Je ne suis qu’un minable… »
-« Que veux-tu dire par là Rick ? Je ne comprends pas… » s’enquit la jeune femme en reprenant sa place face à l’écrivain et prenant son visage dans sa bonne main.
-« Je t’aime Kate et ton départ précipité de la chambre m’a fait mal… Pourtant j’ai été bien plus entouré que toi mais je n’ai pensé qu’à une chose, te faire aussi mal que moi… » avoua Castle penaud. « Je suis désolé… »
Beckett comprit alors que les mots de l’écrivain avaient dépassé ses pensées et qu’il ne savait pas comment aborder le sujet avec elle. Elle décida alors de prendre les choses en main… Après tout, c’était elle qui était à l’origine de tout ce fiasco…
-« Rick, je t’aime de tout mon cœur, » fit Beckett en plongeant sons regard humide dans celui de l’homme qui faisait battre son cœur. « Sache que, si ce que tu veux, c’est que je parte alors je le ferai. Mais si, tout au fond de toi, tu veux encore de moi, tu n’as qu’un mot à dire… Je veux poursuivre ce que tu m’as permis de découvrir… Je veux être heureuse auprès de toi, d’Alexis, de Sarah mais aussi de ces enfants dont on a parlé… Je veux être une femme, une épouse et une mère mais à l’unique condition… Que ce soit avec toi que je traverse cette aventure… »
-« Oh mon Dieu Kate ! Il faut qu’on sorte de cette salle de bain et maintenant ! »
-« Rick ? »
-« Je t’aime Kate et je refuse de t’exposer mes sentiments ici, sur le sol qu’une salle de bain. Laisse-moi faire les choses comme il faut. »
-« Oh Rick, » murmura Beckett alors que de nouvelles larmes se mirent à couler le long de ses joues. « Laisse-moi t’aider. »
La jeune femme aida donc l’écrivain à se lever puis à s’assoir sur le fauteuil. Pendant tout ce temps et malgré les paroles échangées dans la salle de bain, Beckett ne savait pas sur quel pied danser… Avait-elle vraiment tout perdu ou bien y avait-il encore une petite chance pour elle d’être heureuse ?
-« Kate, tu veux bien venir près de moi s’il te plait ? » demanda-t-il en lui faisant signe de s’approcher. « J’ai quelques petites choses à me faire pardonner… »
-« A te faire pardonner ? » s’étonna la jeune femme en obtempérant. « Tu te moques de moi là ? Regarde ce que tu as fait ! C’est superbe et moi je n’ai rien trouvé de mieux à faire que de m’enfuir comme si… Comme si… »
-« Comme si tes peurs et tes angoisses reprenaient le dessus… Tu sais, je savais que c’était une possibilité lorsque j’ai mis en marche mon plan mais je n’avais pas imaginé que ça me ferait aussi mal et surtout à quel point j’aurai envie de me venger… C’était vraiment pathétique ce que je t’ai dit… Mes mots ont dépassé mes pensées dans l’unique but de te faire souffrir… »
-« On peut dire que tu as su les trouver… »
-« Kate, je t’aime plus que tout au monde. J’ai cru que Kyra était ma ‘one and done’ et pourtant je ne lui ai pas couru après. Je l’ai regardé partir… Mais avec toi c’est différent. J’ai envie de me battre car c’est vraiment toi ma ‘one and done’… Tu comptes tellement pour moi Kate… »
-« Et tu comptes également pour moi, » souffla la jeune femme. « J’ai lutté contre mes sentiments pendant longtemps. Je n’ai plus envie de me cacher derrière le meurtre de ma mère… »
Un immense sourire fendit le visage de l’écrivain qui se leva doucement et tendit sa main à la jeune femme.
-« Si tu veux bien me faire le plaisir ? »
Avec un timide sourire, Beckett glissa son bras valide à celui de Castle et se laissa guider par l’écrivain jusqu’à la table. Il l’aida à y prendre place pour alla ouvrir la caisse contenant la nourriture. Il revint à table avec deux assiettes dont le contenu arracha un sourire à la jeune femme : son plat préféré de chez son traiteur chinois préféré !
-« Je sais que tu aurais sûrement préféré autre chose mais, après ce qui nous est arrivé dans mon bar, je n’ai plus envie de perdre une minute… Je t’aime tellement Kate… »
-« Rick ! Tu n’as pas encore compris que je me fichais complètement du où, du quand et du comment ? Je t’aime de tout mon cœur et je ne veux plus avoir peur, je ne veux plus risquer de revivre ce que nous venons de traverser... »
-« Katherine Louise Beckett, » fit Castle la gorge nouée par l’émotion en sortant son précieux écrin de sa poche. « Me ferais-tu l’immense honneur de devenir ma tendre épouse et la mère de nos enfant ? »
-« Oh mon Dieu ! Rick… Oui ! » s’exclama Beckett alors que des larmes de joie cette fois-ci débordaient de ses yeux. « Oui ! Oui ! Oui ! »
Castle mit alors tant bien que mal un genou à terre et ouvrit l’écrin dévoilant un magnifique diamant monté sur un anneau d’or blanc. Beckett resta subjuguée devant la beauté de la bague et le sigle de son fabriquant.
-« Cartier ? Oh mon Dieu, Rick ! Mais comment ? Et quand ? »
-« Shh… » intima Castle en déposant un baiser sur les lèvres de sa belle pour la faire taire puis il s’assit sur sa chaise et le prit sur ses genoux. « Pour répondre à ta première question, un jour, je suis passé devant chez Cartier et je n’ai pu détourner mes yeux de cette bague quand je l’ai vu… Elle te ressemble tellement que je n’ai pas pu résister. »
-« Et le quand ? » demanda Beckett suspicieuse.
-« Tu me promets que tu ne t’enfuiras pas ? » demanda Castle inquiet avant de la sentir déposer un baiser dans le creux de son cou. « Tu te souviens l’enquête sur la bombe ? Je suis tombée dessus après que nous nous soyons séparés, la bombe désactivée… »
-« Mais j’étais avec Josh à ce moment-là ? » s’étonna Beckett en dévisageant Castle.
-« Je sais mais tu étais déjà gravée dans mon cœur comme ce ‘always’ que j’ai fait graver sur ta bague… »
-« Je t’aime Rick ! Et j’ai encore plus hâte de rentrer à la maison maintenant… »
-« Kate, je sais que je ne devrais pas te mettre la pression mais… » commença Castle en se mordant la lèvre doucement.
-« Dis-moi tout Rick ! Tu peux tout me demander… »
-« J’aimerai… J’aimerai que nous n’attendions pas une éternité pour que tu deviennes ma femme… Quatre ans, c’est déjà assez long je trouve… »
-« Alors réfléchissons à une date car je n’ai pas non plus envie de perdre plus de temps… Surtout après la peur que tu m’as faite dans le Old Haunt et l’angoisse de ses dernières heures… Je t’aime Rick. »