HypnoFanfics

Traumatismes...

Série : Castle
Création : 11.12.2011 à 14h45
Auteur : Lilou004 
Statut : Abandonnée

« Une histoire Caskett où Beckett ne ressemble pas vraiment à la Beckett de la série... » Lilou004 

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Chapitre 76 : La sœur d’Alexandre

 

Trois jours plus tard, Alexis avait accompagné Sarah au parc pour l’après-midi afin de laisser Alexandre, Martha, Beckett et Castle seuls à l’appartement pour recevoir la sœur du médecin. Ce dernier d’ailleurs commençait à taper sur les nerfs de tout le monde tellement il était nerveux et n’arrêtait pas de faire les cents pas.

-« Père ! Arrête un peu ! Tu vas me donner mal à la tête ! » s’exclama Castle n’en pouvant plus. « Mère ! Fait quelque chose, je t’en prie ! »

Martha sourit en se rendant compte que la nervosité du père déteignait sur le fils. D’un coup d’œil, les deux jeunes femmes se mirent d’accord. La rouquine invita Alexandre à la suivre dans le bureau pendant que Beckett profitait de son bras retrouvé pour entourer la taille de son fiancé de ses deux bras.

-« Calme-toi Rick. Tout va bien se passer, ne t’en fais pas… »

-« Ça se voit que ce n’est pas ta tante que tu t’apprêtes à rencontrer pour la toute première fois ! »

-« Certes mais pourquoi ça se passerait mal avec ta tante alors que tout s’est toujours bien passé avec ton père ? D’autant plus que tu es son auteur préféré selon les dires de ton père, » sourit Beckett.

A peine la jeune femme avait-elle terminé sa phrase que la sonnerie du téléphone retentit.

-« Vas-y, » intima Castle. « Je me sens trop nerveux… »

-« Rick… » sourit Beckett en roulant des yeux et décrochant le téléphone. « Allo ? »

-« Mademoiselle Beckett, ici Franck. Madame Clark se présente pour vous. »

-« Très bien, merci beaucoup Franck. Faites-la monter, » répondit Beckett avant de raccrocher. « Elle arrive. »

Castle prit la jeune femme dans ses bras et l’entraina dans un baiser passionné qui ne prit fin que lorsque la sonnette de la porte d’entrée retentit. L’écrivain prit une profonde inspiration, cherchant le courage d’aller ouvrir dans l’odeur caractéristique de cerises des cheveux de la jeune femme, puis se dirigea vers la porte d’entrée et ouvrit la porte sur une petite femme ressemblant comme deux gouttes d’eau à son père.

-« Bonjour, » sourit Castle.

-« Bon… Oh mon Dieu ! » s’exclama la femme surprise et troublée de se trouver face à l’écrivain. « Je… Je suis… Confuse… Oui confuse c’est le mot… Je… J’ai dû me tromper… C’est ça ! Je me suis trompée ! Je n’ai pas frappé à la bonne porte… »

-« Mais non Madame Clark, entrez je vous en prie, » répondit l’écrivain en s’écartant pour libérer le passage.

-« Pa… Pardon ? » s’étouffa la sœur d’Alexandre en faisant une tête de trois pieds de long. « Je… »

-« Prenez place au salon. Vous n’avez pas eu trop de mal à trouver ? »

-« Euh… Non… Je… J’ai suivi les indications d’Alex… » déglutit péniblement la femme en s’asseyant.

-« Souhaitez-vous quelque chose à boire ? » demanda alors Beckett en s’avançant.

-« Oh mon Dieu ! Vous êtes Nikki Heat ! » ne put s’empêcher de laisser échapper la femme avant de plaquer une main sur sa bouche. « Je… Désolée… C’était très impoli… »

-« Ne vous en faites pas, » sourit Beckett en cherchant à la rassurer mais foudroyant Castle du regard. « Ça arrive de temps en temps mais laissez-moi me présenter. Je suis Kate Beckett, la fiancée de Rick. »

-« Vous êtes fiancés ? » demanda Madame Clark en ouvrant de grands yeux avant de laisser échapper en rougissant. « Pourtant, d’après la dernière conférence de presse, cette information était démentie… »

Castle et Beckett échangèrent un regard surpris alors que la femme avec eux tournait au cramoisi aussi l’écrivain décida-t-il de tout faire pour détendre l’atmosphère.

-« C’est quand même dingue cette histoire mais personne ne m’appelle jamais Rook moi ! »

-« C’est peut-être parce que tu le décris comme quelqu’un de drôle, de charmant et plutôt mignon… » le taquina gentiment Beckett avec un clin d’œil.

-« Excusez-moi mais il y a quelque chose que je ne comprends pas, » intervint alors Madame Clark. « Mon frère, Alexandre, m’a demandé de le rejoindre ici car il avait retrouvé son grand amour et… Pourquoi est-ce vous qui m’ouvrez ? »

C’est alors que Jim et Martha pénétrèrent dans la pièce bras-dessus bras-dessous.

-« Bonjour Mel, ça va ? » demanda Alexandre l’air de rien.

-« Alex ! Mais c’est quoi cette histoire et que fais-tu dans l’appartement de… De Richard Castle, » poursuivit la jeune femme en chuchotant. « Et au bras de Martha Rodgers ! »

-« Melinda, laisse-moi te présenter mon amour de jeunesse, Martha et… »

-« Tu es en train de me dire que la Martha qui a quitté du jour au lendemain l’université et Martha Rodgers sont une seule et même personne ? » s’exclama Melinda en ouvrant d’immenses yeux incrédules. « Je comprends mieux pourquoi tu m’as trainé à toutes ses représentations pendant des années ! C’est… Waouh ! »

-« Je suis moi aussi enchantée de vous rencontrer Melinda, » sourit Martha en tendant sa main à la sœur d’Alexandre.

-« C’est un plaisir partagé Madame Rodgers ! Vous êtes une très grande comédienne et… Oh mon Dieu, je crois qu’il va falloir que je m’asseye… »

Beckett se précipita vers Melinda tout comme Alexandre et, ensemble, ils l’aidèrent à rejoindre le canapé où tout le monde prit place pendant que Martha allait chercher un verre d’eau. Elle revint quelques minutes plus tard avec l’eau en question ainsi que du thé pour tout le monde.

-« Ça fait un peu bizarre quand même. Mais je suis heureuse pour toi Alex, tu mérites ton bonheur. »

-« Ce n’est pas tout Melinda. Si je t’ai fait venir ici, c’est pour une bonne raison. Lorsque j’ai retrouvé Martha, cette dernière m’a expliqué que son fils était aussi le mien mais qu’elle n’avait pas eu le courage de m’en parler pour deux raisons. La première à cause de nos parents qui menaçaient de me couper les vivre et la seconde parce qu’elle t’a prise pour ma petite amie la seule fois où elle a trouvé le courage de venir… »

-« Attends… Tu es en train de me dire que le grand Richard Castle, le célèbre écrivain, n’est autre que mon neveu ? » s’estomaqua Melinda.

-« Oui Madame, » sourit Castle. « J’espère que ça ne vous déçoit pas trop… »

-« Vous vous moquez de moi là, c’est bien ça ? » s’exclama la sœur d’Alexandre en prenant le visage de l’écrivain entre ses mains. « Mon auteur favori n’est autre que mon neveu ! Si seulement j’avais su ! C’est… C’est… Oh mon Dieu ! Je veux tout savoir de toi ! Tout ! De ta vie, de ton enfance, … Tout ! »

-« Je croyais que vous saviez déjà tout de moi et de ma vie… »

-« Je ne pense pas puisque personne ne sait pour vos fiançailles à ta belle et à toi, » fit Melinda malicieusement.

-« Oh pitié ! C’est vraiment un trait de famille ! » soupira Beckett.

-« Désolé ma Chérie mais il va falloir t’y habituer, » sourit Castle en la prenant dans ses bras. « Melinda… Je peux vous appeler par votre prénom ? »

-« Bien sûr ! Tu es mon neveu voyons ! Quand Charles apprendra tout ça, il va être fou de ne pas avoir pu m’accompagner ! »

-« Peut-être se sentira-t-il mieux quand il sera qu’il nous rencontrera tous à Noël… Enfin si vous êtes disponible bien sûr… » sourit Beckett.

-« Qu’y a-t-il à Noël ? »

-« Kate et moi avons décidé de nous marier le 24 décembre prochain et nous aimerions que vous et votre mari soient présent à nos côtés. »

-« Oh mon Dieu ! Ce serait un honneur ! » répondit Melinda émue aux larmes.

-« Par contre, nous souhaitons faire ça dans le plus grand secret. Les médias nous ont suffisamment mis en danger dernièrement… » fit Castle mal à l’aise.

-« Nos lèvres resteront scellées. Je vous le promets ! Par contre, puis-je parler de vous tous à ma fille ? Elle sera heureuse de savoir que leur oncle est enfin pleinement heureux… »

-« Ce sera un plaisir et, si elle veut se joindre à nous, nous serons ravie de l’accueillir, » ajouta Beckett.

C’est alors que la porte de l’appartement s’ouvrit sur une course poursuite entre Alexis et Sarah.


Lilou004  (03.03.2012 à 17:32)

Chapitre 77 : Les Clark

 

-« Maman ! Protège ! Protège ! Ite ! » s’exclama Sarah en se précipitant dans les bras de Beckett.

-« Qu’est-ce qui se passe Princesse ? » demanda la jeune femme en se mettant à la hauteur de la fillette.

-« Moi peur ! Lesis tatouille moi ! » répondit la fillette en se cachant derrière la jeune femme quand elle vit l’adolescente s’approcher doucement.

-« Alexis, tu pourrais être polie et dire bonjour à notre invitée au lieu de chahuter avec ta petite sœur, » la réprimanda doucement Beckett.

-« Pardon Maman, » s’excusa l’adolescente avant de se tourner vers Melinda. « Bonjour Madame, je suis Alexis Castle. Veuillez m’excuser pour cette entrée fracassante, je ne savais pas que nous avions de la visite. »

-« Aucun problème Alexis, c’est un plaisir de faire ta connaissance. Je suis Melinda Clark, la petite sœur d’Alexandre. »

-« La petite sœur de Pops ? Vraiment ? » s’étonna la jeune fille en se tournant vers son grand-père.

-« Pops ? Alors là je suis jalouse ! Tu te découvres Père et Grand-Père et moi j’attends toujours que mon Annabel se décide à trouver chaussure à son pied ! »

-« Oh arrête un peu de faire ta pauvre petite malheureuse ! Toi tu as eu la chance de participer à chaque étape de la vie d’Annabel ! »

-« Eh bien… » souffla Beckett à l’oreille de son fiancé. « Ça promet pour nos enfants présents et à venir… »

-« Et visiblement ça a déjà commencé avec les filles, » sourit Castle en observant Sarah s’approcher d’Alexis pour se mettre à la chatouiller comme une enfant de son âge était capable de le faire.

-« Sarah ! Arrête ! Ce n’est pas le moment ! La tante de Papa est là ! »

La fillette se figea et se mit à dévisager la nouvelle venue inquiète. Elle se tourna alors vers Castle pour chercher son soutien et le vit sourire. Alors elle refit face à Melinda et lui fit un timide signe de la main avant de se cacher derrière Alexis.

-« Tu sais ma Puce, je ne te mangerai pas. C’est promis, » sourit Melinda en tendant une main accueillante à l’enfant.

-« Moi pas Puce, Princesse, » bougonna Sarah en se précipitant dans les bras de Castle. « Câlin… »

-« Ouch ! Doucement ma Sarah ! N’oublie pas que j’ai encore mal au ventre, » sourit Castle en prenant la fillette dans ses bras.

-« Dites-moi Melinda, » intervint alors Beckett. « Et si vous appeliez votre mari et votre fille pour qu’ils nous rejoignent. Non ? Nous pourrions donc ainsi apprendre à nous connaitre tous… »

-« Oh oui ! Ça me plairait à moi, » s’exclama Alexis en soutenant Beckett. « Qu’en dis-tu Papa ? »

-« Je pense que ma fiancée vient d’avoir une excellente idée. D’autant que, comme ça, vous allez rencontrer Jim, le père de Kate. Comme ça vous apprendrez à connaitre l’ensemble de la famille proche. »

-« Vous êtes sûrs ? Je ne voudrais pas que nous nous imposions… » hésita Melinda.

-« Mais puisqu’ils te le proposent ! » sourit Alexandre. « Allez, appelle-les. Pendant ce temps, Martha et moi allons passer à la cuisine pour commencer la préparation du repas. »

-« Hop hop hop ! Personne ne va s’enfermer dans la cuisine alors qu’on est là pour apprendre à se connaitre, » sourit Castle. « Ce soir, on commande chez le traiteur ! On n’aura ainsi qu’à dresser une jolie table. »

-« Je m’en charge, » sourit Alexis.

Trois heures plus tard, la sonnette de la porte d’entrée résonna et Castle alla ouvrir au deux dernières personnes non encore arrivés. Un silence gênant se fit entre l’hôte et ses deux visiteurs qui le dévisageaient.

-« On a dû se tromper, » murmura la jeune femme à l’attention de son père.

-« En fait non mais c’est assez rigolo que vous ayez cette réaction, » sourit Castle. « Votre mère Melinda a eu exactement la même. »

-« Annabel ! Charles ! Vous voilà enfin ! » intervint alors Melinda en apparaissant aux côtés de l’écrivain. « Vous en avez mis du temps ! Même Jim est déjà arrivé ! »

-« Jim ? C’est qui Jim ? » demanda Charles quelque peu perdu.

-« Entrez et je vous promets que nous allons vous expliquer. »

Pendant l’heure qui suivit, autour d’une table bien garnie, tout le monde apprit à se connaitre jusqu’à ce que Charles pousse un profond soupir.

-« Qu’y a-t-il donc Charles ? » demanda Castle intrigué.

-« Non mais imaginez un peu l’enfer pour moi ! Déjà que j’avais régulièrement le droit à tous les derniers scoops et toutes les dernières frasques du grand Richard Castle ainsi qu’à des lectures inopinées de passage des romans du grand Richard Castle quand j’essaye tranquillement de faire mes mots croisés… Piouff ! Qu’est-ce que ça va être maintenant que le grand Richard Castle n’est autre que notre neveu ? » ironisa l'homme avec de grands gestes dramatiques.

Tout le monde explosa de rire.

-« C’est dur la vie quand même, » soupira Charles avant de changer de sujet en se tournant vers Beckett. « En tout cas Kate, une chose est sûre, mon neveu ne perd pas au change ! Vous êtes encore plus belle en vrai que dans le rôle de Nikki Heat ! »

-« Rick Castle je vais te tuer ! »

-« Tu m’aimes trop pour arriver à cette extrémité et, si je meurs, je ne pourrai pas te donner ce fils dont tu rêves… »

-« Je ferai en sorte que ton sp… »

-« Katherine Louise Beckett ! Wash your mouth! Je te rappelle que tes filles sont dans la pièce ! » s’exclama Jim outré par le comportement de sa fille.

-« Bon ! Et si on passait au dessert, » proposa alors la jeune femme en rougissant.

Tout le monde sourit de la diversion et Martha s’empressa d’aller chercher une superbe tarte aux framboises et une bouteille de champagne. Une demi-heure plus tard, Melinda s’adossa au fauteuil de son siège et posa une main sur son ventre.

-« Je ne sais pas vous mais, moi, je ne peux plus rien avaler. C’était délicieux Richard merci ! Mais tu sais, un simple diner à la bonne franquette nous aurait suffi… »

-« Je ne voulais surtout pas faire une mauvaise impression à ma famille, » sourit l’écrivain en étouffant un bâillement.

-« Richard, tu as beaucoup forcé aujourd’hui, » s’inquiéta immédiatement Alexandre. « Ce n’est pas sérieux ! Dans ton état, tu dois vraiment te reposer. »

-« Père ! Je n’ai plus deux ans et, ne t’en fais pas, je n’ai pas prévu de faire la tournée des bars ce soir. »

-« En parlant de ça, » intervint alors Annabel doucement. « C’est normal qu’une certaine personne de deux ans soit en train de jouer avec une coupe de champagne qu’elle a visiblement réussi à subtiliser… »

-« Princesse ! » s’exclamèrent Castle et Beckett d’une même voit en se tournant vers une Sarah radieuse.

La flute dans la main droite, elle s’amusait à faire faire des ‘huit’ à son poignet plus ou moins rapidement. Au moment où Beckett approchait sa main vers elle pour récupérer le précieux objet, la flute cogna la table et vola en éclat. Surprise, Sarah sursauta et se mit à pleurer. Castle se précipita pour inspecter la main de la petite mais, heureusement, il y avait eu plus de peur que de mal.

-« Oh viens-là Princesse, » soupira Castle soulagé en prenant Sarah dans ses bras et la serrant contre son cœur. « Shh… Tout va bien, tu as juste eu une grosse frayeur… »

-« Maman… » appela la fillette en hoquetant et se frottant les yeux.

-« Viens me voir ma Princesse. Tu as l’air très fatiguée, dis-moi ! Et si, ce soir, c’était Maman qui te couchait ? »

Sarah hocha faiblement la tête avant de la poser sur l’épaule de Beckett qui s’excusa auprès de leurs invités avant de monter avec sa fille sur son bras valide. Elle coucha tranquillement Sarah dans son lit, lui chanta une berceuse pour l’endormir puis rejoignit tout le monde en bas. Après un dernier café, les Clark prirent congés en leur promettant de garder leur secret et d’être présent à Noël pour leur mariage.


Lilou004  (04.03.2012 à 20:16)

Chapitre 78 : Une visite tant attendue

 

Le lendemain matin, Sarah se réveilla grognon et ronchonna lorsque Beckett vint la chercher dans son lit. Inquiète car cela ne ressemblait en rien à la petite fille, la jeune femme la prit dans ses bras et, après l’avoir changée, redescendit dans le salon.

-« Rick, je pense qu’il y a un problème avec Sarah… »

-« Pourquoi dis-tu ça Kate ? »

-« Je ne sais pas… Elle est grognon et un peu chaude… »

-« Ah ouais ? » demanda Castle en prenant la fillette dans ses bras et touchant son front. « Et bien alors ? On serait tombée malade ? En effet, Maman a raison quand elle dit que tu es toute chaude ! »

-« On a un thermomètre quelque part ? »

-« Dans le placard à  pharmacie de notre salle de bain. »

Lorsque Beckett revint quelques minutes plus tard avec l’objet, elle ne put s’empêcher de sourire au tableau qui se dressait devant elle. Castle était assis dans le canapé, son regard soucieux plongé sur Sarah qui s’était blottie dans ses bras pour boire doucement un biberon de lait. Elle s’approcha doucement et s’assit à côté d’eux glissant une main dans le dos de son fiancé.

-« Ça va ? Elle n’appuie pas trop sur ton ventre ? »

-« Un peu mais l’essentiel c’est qu’elle se sente un peu mieux et qu’elle mange un peu. Ce qui d’ailleurs n’est pas gagné… Elle joue plus avec la tétine qu’elle ne boit… »

-« Bah alors Princesse, il faut manger pour prendre des forces et pour que ce méchant virus s’en aille vite, » souffla Beckett en passant sa main dans ses cheveux.

Quelques minutes plus tard, Sarah repoussa fermement le biberon ne souhaitant plus rien avaler. Castle essaya de représenter l’objet à la fillette mais cette dernière se débattit. Il posa donc le biberon sur la table basse et redressa Sarah qui enfouit son visage dans le cou de son père.

-« Allez, prenons ta température, » sourit Castle en approchant le thermomètre de son front avant de regarder l’appareil une fois que le bip retentit. « 38°7 ! Eh bien, tu ne fais pas les choses à moitié ma puce ! Tu crois qu’on devrait appeler Père pour qu’il la voit ? »

-« Rick, Alexandre et Jim parlaient de cette virée de deux jours depuis qu’ils se sont rencontrés, on ne va pas leur demander de rentrer alors qu’ils viennent juste de partir… Et puis, il faut aussi qu’on apprenne à se débrouiller tout seul. Tu n’as pas les coordonnées d’un pédiatre qui pourrait se déplacer ? Je ne nous vois pas sortir dans notre état… »

-« Tu as raison, je vais appeler le cabinet du Dr Froye, c’est lui qui a suivi Alexis quand elle était enfant, » sourit Castle en tendant Sarah à Beckett.

-« Papa ? »

-« Je reviens ma Princesse. Et puis les bras de Maman sont aussi confortables que ceux de Papa, je te le promets. »

Lorsque Castle revint quelques minutes plus tard, il découvrit sa fiancée, Sarah sur la hanche, en train de leur préparer un rapide petit déjeuner. Par moment, elle tentait de présenter un morceau de brioche à l’enfant qui refusait obstinément.

-« Le Dr Froye va passer en fin de matinée. En attendant, comme nous n’avons pas de paracétamol pour enfant, j’ai appelé Franck pour lui demander d’envoyer quelqu’un à la pharmacie rapidement. Il ne devrait plus tarder. »

-« Merci, » sourit Beckett en installant Sarah par terre au milieu de ses jouets. « Tu vas rester là un instant pendant qu’on mange Princesse, d’accord ? »

Cependant, à peine dix minutes plus tard, la fillette s’approcha de Beckett en chouinant et tenant son petit ventre.

-« Ça ne va pas ? » demanda la jeune femme en prenant la fillette dans ses bras.

C’est alors que la petite fille eut une violente quinte de toux qui lui souleva le cœur. Avant que le couple n’ait eu le temps de réagir, Sarah rendit le peut qu’elle avait avalé un peu plus tôt et se mit à pleurer à grosses larmes. Castle réagit aussitôt et prit l’enfant dans ses bras pour la porter jusqu’à l’évier pour lui permettre de vider complètement son estomac.

-« Ca va Kate ? »

-« Oui, oui, ne t’en fait pas. Ce n’est qu’un vêtement. Comment va Sarah ? »

-« Ce n’est pas agréable mais ça va aller un peu mieux maintenant que ton estomac est vide, » rassura Castle à l’intention autant de sa fiancée que de la fillette.

-« Bon, donne-la-moi, » intervint Beckett. « On va aller se refaire une petite beauté ! Et je propose une journée pyjama pour cette petite demoiselle, qu’en penses-tu ? »

Sarah hocha faiblement la tête avant de poser sa tête sur l’épaule de sa mère.

-« A tout de suite, » lança Beckett avant de disparaitre à l’étage après un rapide passage par leur chambre.

Une petite heure plus tard, les deux femmes redescendirent pour trouver Castle prêt et en train de refermer la porte d’entrée.

-« Qu’est-ce que c’est ? »

-« Franck vient de nous apporter le paracétamol pour enfant. On va pouvoir soulager cette petite demoiselle, » sourit Castle en s’approchant des deux femmes. « Ça va mieux toi ? »

Sarah gémit en faisant une grimace avant de se blottir les larmes aux yeux dans les bras de Beckett.

-« Allez, viens-là ma Princesse, Papa va te donner de quoi te soulager un peu en attendant l’arrivée du docteur. »

-« Pops ? »

-« Non Princesse, Pops est en voyage avec Gramps. Mais c’est un autre docteur qui connait très bien Alexis qui va venir. Tu vas voir, il est gentil comme tout, » sourit Castle en mesurant la dose nécessaire pour une enfant de douze kilos. « Allez, ouvre la bouche Sarah, ça va te faire du bien. »

La petite avala le médicament sans rechigner avant que le couple ne la dépose au milieu de ses jeux au sol.

-« Bon, je vais aller nettoyer la chambre et la salle de bain à l’étage et lancer une lessive, » souffla Beckett en se levant.

-« Laisse, on fera ça un peu plus tard. Pour le moment tu as besoin de reposer ton bras. Avec Sarah malade, tu n’as pas cessé de la porter et je ne voudrai pas que ça mette ton rétablissement en péril. »

-« Ne t’en fait pas, » sourit Beckett touchée par l’inquiétude de l’écrivain.

Le couple échangea un baiser passionné jusqu’à ce qu’un bruit les intrigue. Ils se tournèrent donc vers Sarah et la découvrir tranquillement assise par terre, au milieu des magazines qu’elle avait éparpillé autour d’elle en les tirant de leur rangement sous la table basse. Mais ce qui fit se précipiter Castle c’est qu’elle était en train de pianoter plutôt brusquement sur son ordinateur portable qui vacillait, en équilibre sur le bord de ladite table.

-« Attention Sarah ! » s’écria l’écrivain faisant sursauter la fillette qui fondit en larmes. « Princesse, il ne faut pas jouer avec l’ordinateur de Papa ! »

-« Rick ! Tu lui as fait peur ! »

-« Mais elle aurait pu faire tomber mon ordinateur… »

-« C’est malin aussi de le laisser trainer ! Viens-là Princesse, viens faire un câlin à Maman… Shh… » dit Beckett en prenant la petite fille dans ses bras et s’installant avec elle sur le canapé. « Ne t’en fais pas, tu as fait peur à Papa et il a eu tellement peur qu’il t’a fait peur… Mais il ne t’en veut pas, pas vrai Papa ? »

-« Maman a raison ma Princesse, je n’aurai pas dû te faire peur comme ça. Je suis désolé, » s’excusa Castle en caressant la tête de la fillette. « Tu me pardonnes ? »

-« Vi… Câlin ? »

-« Viens dans mes bras Princesse ! » sourit Castle soulagé que la fillette ne lui en veuille pas.

Sarah s’endormait doucement dans les bras de Castle quand la sonnette de la porte d’entrée retentit. Après un geste à l’attention de Castle pour qu’il ne bouge pas, Beckett se leva pour aller ouvrir.

-« Ça doit être le médecin. Il est en avance, » sourit la jeune femme rassurée en ouvrant la porte. « Bonjour ? »

-« Mademoiselle Beckett ? » demanda la nouvelle venue avant de poursuivre après que la jeune femme ait hoché affirmativement la tête. « Je suis Amanda Shaw, l’assistante sociale. »


Lilou004  (05.03.2012 à 18:37)

Chapitre 79 : L’assistante sociale

 

-« Madame Shaw, » répondit Beckett en déglutissant. « Mais entrez je vous prie. Nous ne vous attendions pas aujourd’hui. »

-« C’est le but de ces visites justement, » sourit la femme d’un certain âge. « Vous vivez dans un immeuble ravissant et très sécurisé. »

-« Merci. Je vous prie d’excuser d’ores et déjà le désordre. Sarah est malade depuis ce matin et nous avons un peu été dépassé, » rougit Beckett mal à l’aise.

-« Ne vous en faites pas, j’ai l’habitude, » la rassura Amanda.

-« Rick, je te présente Amanda Shaw, l’assistante sociale. Madame Shaw, voici mon fiancé, Richard Castle. »

-« Monsieur Castle, » salua la femme avant de poursuivre surprise. « Vous êtes fiancés ? Je n’ai pas été mise au courant de cette information. »

-« Nous préférons rester discret à ce sujet à cause de la presse, » expliqua Beckett. « D’ailleurs si cette information pouvait rester entre nous, nous vous en serions reconnaissant. »

-« Shaw ? Vous avez un lien de parenté avec l’agent du FBI Jordan Shaw ? » demanda Castle en se levant, calant Sarah qui se réveillait dans ses bras.

-« Euh… Non ? »

-« Rick ! » gronda Beckett en faisant de gros yeux. « Laissez-moi vous présenter Sarah. Princesse, dis bonjour à Madame Shaw. »

-« Non ! » répondit fermement la fillette en cachant son visage dans le cou de son père. « Pas belle ! »

-« Sarah ! Ce n’est pas parce que tu es malade qu’il ne faut pas être polie, » réprimanda Castle en caressant le dos de sa fille.

-« Ne vous en faites pas Monsieur Castle, ce ne sera ni le première ni la dernière fois qu’un enfant me fait clairement comprendre que je ne suis pas la bienvenue, » sourit Amanda. « En tout cas, malgré son état, elle a l’air très bien cette petite et très confortablement installée dans vos bras Monsieur. Y aurait-il moyen qu’on s’installe quelque part pour discuter un instant ? »

-« Bien sûr, installez-vous. Je vais nous préparer un café. »

-« Alors comme ça, vous êtes Richard Castle, le célèbre écrivain qui travaille auprès de la police de New York ? »

-« En effet Madame, » sourit Castle en installant à nouveau Sarah au milieu de ses jeux et en profitant pour ramasser les magazines qui trainaient par terre. « Sarah, Maman et moi allons discuter un instant avec Madame Shaw, tu es sage, d’accord ? »

-« Vous vous référez à elle sous les patronymes de Papa et Maman ? » s’étonna Amanda. « Vous êtes conscients que si la garde ne vous est pas attribuée, vous risquez de perturber l’enfant ? »

-« Nous en sommes parfaitement conscients Madame Shaw mais ce n’est pas nous qui l’avons choisi. Lorsqu’elle a recommencé à parler, Sarah nous a naturellement appelé Maman et Papa… »

-« Ce n’est pas une raison Monsieur Castle, je trouve cela très dangereux. Mais passons… Je remarque que de nombreux objets dangereux pour une enfant de deux ans trainent. »

Pendant qu’Amanda dressait la liste des choses « dangereuses » selon elle, Beckett arriva avec un plateau contenant le café et lança un regard plein de questions à Castle qui haussa discrètement les épaules.

-« Tiens j’ai une question pour vous, » fit alors Amanda en prenant la tasse de café que Beckett lui tendait. « Vous êtes conscients je pense que cette enfant a subi un fort traumatisme, qu’avez-vous mis en place pour qu’elle aille mieux ? Est-elle suivie par un psychologue ? »

Beckett jeta un regard inquiet à Castle. Devait-elle lui dire qu’elle était elle suivie par un psychologue mais qu’il n’y avait pas pensé pour Sarah ?

-« Nous y avions pensé, » intervint Castle. « Surtout après les terreurs nocturnes dont elle était victime mais, comme nous avons réussi à la rassurer suffisamment pour qu’elles disparaissent pratiquement complètement, nous nous sommes dit que ce n’était pas franchement nécessaire. »

-« Vous êtes en train de me dire que, malgré tout ce qu’elle a vécu, elle fait des nuits complètes ? Elle dort avec vous ? »

-« Non, elle dort dans sa chambre, dans son lit. Elle a une petit veilleuse mais elle dort seule en effet, » expliqua Beckett avant de s’exclamer à l’intention de la petite fille. « Sarah ! Mais que fais-tu ? »

-« Suc ! » répondit la fillette comme si c’était évident et lâchant son lego dans la tasse de café de l’assistante sociale.

-« Sarah ! Tu n’en loupes vraiment pas une aujourd’hui ! » s’exclama Beckett en se levant pour attraper la fillette avant d’étouffer un cri de douleur.

-« Kate, ça va ? » s’inquiéta immédiatement Castle en se levant pour attraper l’enfant et poser une main sur le dos de sa fiancée.

-« On va dire que ça pourrait aller mieux, » répondit la jeune femme en serrant les dents, une main sur son épaule.

-« Tu as beaucoup forcé aujourd’hui… Si tu t’es de nouveau fait mal, Père va me tuer ! Maintenant tu te reposes, on est bien d’accord ? »

-« Vous êtes blessée Mademoiselle ? »

-« Vous lisez la presse de temps en temps ou pas ? Il y a une dizaine de jours, les meurtriers des parents de Sarah nous ont attaqués. En voulant protéger Sarah et Alexis, ma fille, nous avons été grièvement blessés. Nous ne sommes sortis de l’hôpital il n’y a que quelques jours… »

-« Oh… Mais qui s’est occupé de l’enfant ? »

-« L’enfant comme vous dites s’appelle Sarah, » répliqua Beckett énervée que l’assistante sociale ne prononce jamais le prénom de sa fille. « Et pour votre information, c’est notre famille qui a pris soin d’elle. Nos parents, Alexis qui a dix-huit ans mais aussi nos amis du poste de police. »

-« Très bien, je note toutes ces informations… » fit Amanda en joignant le geste à la parole.

Visiblement cela ne plut pas à Sarah qui se faufila en dehors des bras de Castle pour s’emparer du crayon de l’assistante sociale et de s’enfuir en direction de l’escalier menant à l’étage.

-« Sarah ! » râla Castle en la rattrapant et récupérant le stylo d’Amanda. « Je sais que tu es malade mais ce n’est pas une raison pour être une véritable chipie ! Tu n’es pas comme ça d’habitude… »

La fillette regarda Castle et sa lèvre inférieure se mit à trembler tandis que des larmes inondaient ses yeux.

-« Ce n’est pas parce que Papa râle qu’il ne t’aime pas Princesse, » sourit Beckett qui s’était elle aussi approchée. « Mais il a raison tu sais. Ce n’est pas parce que tu ne te sens pas bien que tu dois en faire voir de toutes les couleurs à tout le monde. »

C’est alors que, de nouveau, la sonnette de la porte d’entrée retentit. Après un baiser dans les cheveux de Sarah, la jeune femme se dirigea vers la porte d’entrée pour ouvrir cette fois au médecin.

-« Bonjour, je cherchais Richard Castle… Me serais-je trompé ? » demanda l’homme d’un certain âge.

-« Absolument pas, » sourit Beckett. « Vous devez être le Dr Froye. Entrez je vous prie, nous vous attendions. »

-« Matthew, c’est un plaisir de vous revoir, » sourit Castle en s’approchant la fillette dans les bras. « Je vous présente Sarah, notre grande malade. »

-« Bonjour jeune fille, je suis le Dr Matt. »

-« Non ! » chouina la petite fille en se cachant dans le cou de Castle. « Pas Docteur ! Pas ‘pital ! »

-« Mais non Princesse, tu ne vas pas aller à l’hôpital, » intervint Beckett en prenant la fillette dans ses bras comprenant son angoisse. « Le docteur est là pour te soigner et que tu ailles mieux. Ensuite Franck ira chercher tes médicaments à la pharmacie comme ça on pourra tous se reposer à la maison et finir de répondre aux questions d’Amanda. »

-« Je me charge d’Amanda, » sourit Castle en volant un baiser à sa belle. « Emmène Sarah et le docteur Froye dans notre chambre, vous serez plus à l’aise qu’ici. Madame Shaw, si vous voulez bien me suivre, je vais vous montrer la chambre de Sarah. »


Lilou004  (06.03.2012 à 18:30)

Chapitre 80 : La consultation

 

Pendant que Castle montait tant bien que mal l’escalier qui le menait à l’étage en se tenant le ventre suivi de l’assistante sociale, Beckett guida le docteur Froye et Sarah vers la chambre principale.

-« Alors comme ça Richard c’est remarié ? »

-« Nous ne sommes que fiancés mais je vous demanderai de garder cette information pour vous s’il vous plait Docteur, » sourit Beckett avant de se tourner vers Sarah. « Allez Princesse, grimpe sur le lit de Papa et Maman. »

La petite fille obéit et grimpa tant bien que mal sur le lit, aidé par la jeune femme.

-« Alors comme ça, on est malade ? » demanda le médecin en s’approchant. « Qu’est-ce qui se passe exactement ? »

-« Hier elle allait bien mais ce matin, au réveil, elle était grognon et, quand nous avons pris sa température, elle était de 38°7. Grâce à Franck, le portier, nous avons pu lui donner une dose de paracétamol pour enfant il y a à peu près deux heures maintenant. »

-« Très bien. D’autres symptômes ? »

-« Elle n’a pas d’appétit et a vomi le peu qu’elle a bu ce matin. Elle tousse également et, plus le temps passe, plus sa toux est grasse. Du côté de son humeur, elle enchaine bêtises sur bêtises et est plutôt collante avec Rick et moi… »

-« Comme beaucoup d’enfant malade, rassurez-vous. C’est votre premier enfant ? »

-« Nous essayons de l’adopter avec Rick. Mais nous avons pour projet d’agrandir la famille, » sourit Beckett avant de remarquer la nouvelle invention de la fillette. « Sarah ! Je te signale qu’avec Papa nous avions fait le lit ! Allez, sors de là tu veux ? »

-« Non ! Pas docteur ! Méchant docteur ! »

-« Mais pourquoi dis-tu ça ? » s’étonna la jeune femme. « Les docteurs nous ont pourtant bien soignés, non ? »

-« Pas quitter, » commença à pleurer Sarah en laissant sortir son petit visage de dessous les couvertures. « Pas quitter… »

-« Viens voir Maman ma Princesse, » répondit Beckett en s’asseyant sur le lit et comprenant ce qui se passait dans l’esprit de la fillette. « Ce n’est pas parce qu’on voit un docteur que l’on va être séparés. L’autre fois, c’est parce que Papa et Maman étaient très blessés. Toi tu n’as qu’un gros gros rhume. »

-« Vrai ? »

-« Oui Princesse, c’est vrai de vrai. Est-ce qu’on t’a déjà menti avec Papa ? Allez, viens me faire un câlin, » invita Beckett en ouvrant ses bras faisant fi de la douleur qu’elle ressentait à l’épaule.

Sarah sortit de sa cachette et se blottit dans les bras de la jeune femme. Pendant ce temps le docteur se rendit dans la salle de bain puis revint dans la chambre et sortit son stéthoscope ainsi qu’un thermomètre.

-« Ça va mieux jeune fille ? » demanda le médecin gentiment en approchant le thermomètre du front de l’enfant. « Si tu veux bien, je vais reprendre ta température pour vérifier que le médicament de tout à l’heure a fonctionné. Tu veux bien ? »

-« Non ! »

-« Et si c’est Maman qui le fait ? » proposa Matt en tendant l’objet à Beckett qui prit sans le moindre problème la température de l’enfant. « Ta Maman a raison dis-moi, tu es une sacrée chipie ! Ouh… 38°2 ! Ce n’est pas terrible tout ça dis-moi… Je comprends mieux pourquoi tu n’es pas bien ma Puce. »

-« Moi pas Puce ! Princesse ! » fit Sarah en fronçant ses petits sourcils.

-« Oh pardon, je suis désolé Princesse Sarah ! Je ne savais pas… Mais tu sais, maintenant je vais devoir t’examiner. Tu me montres ton petit ventre ? »

-« Non ! » répondit à nouveau Sarah en croisant ses bras sur sa petite poitrine, butée.

-« Sarah, il faut que le médecin t’ausculte. C’est important pour trouver les bons médicaments… » tenta Beckett en allongeant avec peine la fillette qui se débattait doucement.

Tant bien que mal, Beckett parvint à relever le haut du pyjama rose à rayures blanches de la petite fille.

-« Papa ! » se mit alors à appeler Sarah en pleurant et faisant tout pour redescendre le haut sur son ventre. « Pa-Pa ! »

-« Sarah, » fit alors Beckett fermement. « Papa est occupé avec Madame Shaw à l’étage et de demandera comme moi d’enlever son haut de pyjama et de te laisser examiner par le Docteur Matt. »

La petite fille hoqueta légèrement et se laissa un peu plus faire, permettant ainsi à Beckett de retirer le pyjama de la demoiselle. Mais lorsqu’elle s’attaqua à son body, la fillette se remit à se contorsionner.

-« Sarah ! Tu fais mal à l’épaule de Maman, » gémit Beckett en lâchant la fillette pour se tenir le bras.

Le médecin intervint alors en prenant la place de la jeune femme, soucieux en voyant la grimace qui s’était peinte sur son visage.

-« Bon maintenant Sarah, ça suffit, » intervint fermement le médecin. « Je dois vraiment regarder ce qui ne va pas et ensuite je jetterai un coup d’œil à l’épaule de Maman car je n’aime pas du tout ce que j’ai aperçu. Tu sais que j’étais déjà le médecin d’Alexis ? Tu connais Alexis ? »

-« Vi… »

-« Et bien elle aussi n’aimait pas que je vienne à ton âge… Et puis elle a compris qu’une fois que j’étais passé et qu’elle commençait à prendre les médicaments que je lui donnais, elle se sentait beaucoup mieux… Maintenant, je vais poser ceci sur ton petit ventre pour pouvoir écouter ton cœur et tes poumons. N’aie pas peur, ça risque d’être un petit peu froid. »

Impressionnée, Sarah observa tous les faits et gestes du médecin tout en jetant de rapides coups d’œil à Beckett histoire de se rassurer.

-« Tu veux écouter ? » demanda le médecin en souriant.

Après un rapide coup d’œil à Beckett qui souriait, Sarah hocha tout doucement la tête, légèrement inquiète. Le pédiatre lui tendit alors le stéthoscope et le positionna contre ses oreilles. Surprise, elle ouvrit de grands yeux émerveillés et commença à jouer tranquillement avec. Le médecin se tourna alors vers Beckett.

-« C’est une bonne bronchite. Je vais vous faire une ordonnance avec un antibiotique et tout ce qu’il faut pour la soigner. Je vais également vous en faire une ordonnance au cas où elle aurait besoin de kiné respiratoire. »

-« Très bien. Merci Docteur, » sourit Beckett rassurée.

-« D’ici trois-quatre jours, si elle reste bien au chaud, elle devrait aller mieux. En cas de doute, n’hésitez pas à me rappeler, » expliqua le médecin en recouvrant la fillette avec la couverture du lit. « Si vous me permettez, j’aimerai jeter un œil à votre épaule. Je n’ai pas du tout aimé la grimace de douleur de tout à l’heure… »

-« Oh, ne vous en faites pas. Je sais ce que je dois faire… »

-« Vous n’allez pas montrer le mauvais exemple à votre fille quand même, » sourit le médecin fier de lui. « Allez, montrez-moi cette épaule s’il vous plait. »

Beckett obtempéra et vit immédiatement le médecin froncer les sourcils en tentant de mouvoir son épaule.

-« Ce n’est pas terrible tout ça dites-moi ! Et encore bien frais. Vous avez une atèle ? »

-« Si, » bougonna Beckett.

-« Alors j’aimerai que vous la portiez un peu. Vous avez visiblement forcé depuis ce matin et il faut soulager votre épaule au maximum… Au moins pendant quelques jours, d’accord ? »

-« Très bien. Voulez-vous m’aider à la remettre et à rhabiller Sarah s’il vous plait ? » demanda Beckett avec un soupir.

-« Avec plaisir. »

Vingt minutes plus tard, le médecin était parti et Beckett avait confié l’ordonnance pour Sarah à Franck. Les filles décidèrent donc de commencer à faire le repas du déjeuner en attendant que Castle et l’assistante sociale ne redescendent.


Lilou004  (07.03.2012 à 17:57)

Chapitre 81 : L’œil de lynx de Madame Shaw

 

Pendant ce temps, Castle était enfin parvenu en haut de l’escalier mais il était un peu à bout de force et plutôt pâle.

-« Vous allez bien Monsieur Castle ? »

-« Oui, oui. Ça va passer, » souffla l’écrivain en se tenant au mur. « Donnez-moi une petite minute s’il vous plait. »

Amanda fronça les sourcils en observant l’homme à ses côtés.

-« C’est la première fois que je remonte depuis mon accident. Au moins Père sera content, j’aurais fait ma kiné aujourd’hui… » tenta d’ironiser Castle en souriant légèrement.

-« Mais alors qui s’occupe de coucher l’enfant ? »

-« Sarah me fait un câlin tous les soirs et je lui chante une berceuse ou lui lit une histoire avant de monter soit avec l’un de mes parents ou bien ma fille ou encore Jim, le père de Kate, » répondit l’écrivain en insistant sur le prénom. « Et depuis deux jours, Kate est suffisamment en forme pour monter elle aussi ce qui explique que nous soyons seuls aujourd’hui. »

-« Très bien, je note, » répondit l’assistante sociale en joignant le geste à la parole.

-« Si vous voulez me suivre, je vais vous montrer la chambre de Sarah maintenant, » fit Castle en l’invitant à le suivre.

Arrivée devant la chambre, il ouvrit la porte et pénétra dans la pièce à la suite de l’assistante sociale qui observa un instant sans voix devant le spectacle qui s’offrait à elle.

-« Comment avez-vous réussi cette chambre en si peu de temps ? » demanda l’assistante sociale curieuse. « Ce serait dommage d’avoir dépensé tant d’argent si vous ne recevez pas l’accord du juge… »

-« Ecoutez Madame, Sarah mérite le meilleur et nous ne sommes pas prêts de nos sous. Nous avons de l’aisance alors pourquoi privée une adorable petite fille traumatisée du meilleure, vous m’expliquez ? » demanda Castle légèrement énervé. « De plus, l’ensemble de notre famille a participé que ce soit financièrement et humainement. Ce ne sont pas des peintres mais la famille qui a tout fait ! »

Madame Shaw ne répondit pas et continua à évoluer dans la pièce. Lorsqu’elle jeta un coup d’œil dans la salle de bain, elle ne put s’empêcher de froncer à nouveau les sourcils.

-« Qu’est-ce qui ne va pas encore ? » marmonna Castle en grinçant des dents.

-« Il serait intéressant de ranger au fur et à mesure, vous ne croyez pas ? »

-« Je vous rappelle que Sarah est malade et que nous sommes blessés. Donc nous faisons du mieux que nous pouvons ! »

-« Je vois que cette enfant a déjà une multitude de jeux… C’est étonnant mais… Je ne vois pas les jeux d’éveil. Vous savez pour leur apprendre les couleurs ou les formes. »

-« Ce sont essentiellement les jeux avec lesquels ma fille aujourd’hui âgée de dix-huit ans jouait quand elle était petit. Et rassurez-vous, elle connait parfaitement ses formes, ses couleurs et elle n’a pas oublié d’être intelligente, très intelligente même ! »

-« Très bien. Je pense que j’ai vu ce que je voulais voir ici. Et si nous redescendions ? »

-« Vous connaissez le chemin. Je vous suis à mon rythme si vous permettez. »

L’assistante sociale redescendit donc et aperçut Kate et Sarah dans la cuisine occupées à mélanger quelque chose dans un bol. Elle remarqua tout de suite que la jeune femme avait le bras emprisonné dans une atèle et jeta un coup d’œil à l’écrivain qui faisait de son mieux pour redescendre malgré une douleur évidente.

-« Papa ? » demanda la petite voix inquiète de Sarah en découvrant l’assistante sociale et se blottissant contre la poitrine de Beckett.

-« Je suis là Princesse. Donne-moi un peu de temps et je suis à toi, d’accord ? » grinça Castle en faisant de son mieux pour donner le change.

-« Bobo ? »

-« Un peu mais ne t’en fais pas, » répondit l’écrivain refusant de mentir à la fillette. « Et toi ? Qu’est-ce que tu fais avec Maman ? »

-« ‘isine ! »

-« Ouh ! Tu prépares le repas ? »

-« Vi ! » répondit fièrement la fillette.

-« Et que préparez-vous de bon Mademoiselle Beckett ? » demanda Amanda en s’approchant de l’îlot de la cuisine.

-« Rien de bien compliqué étant donné mon bras. J’ai opté pour des œufs au bacon avec quelques pommes de terre sautées. »

-« Voilà qui n’est pas très équilibré, » fit remarqué l’assistante sociale.

-« Et bien nous mangerons mieux ce soir, » répondit au tac au tac Beckett.

-« Et comment allez-vous faire avec un bras ? »

-« Moi je cuisinerai et je suis persuadé qu’Alexis m’aidera, » répondit Castle en s’approchant de sa fiancée et de la petite. « Dis donc, c’est toi qui a fait les œufs ? »

-« Vi ‘vec Maman. »

-« Je suis fier de toi Princesse, » sourit Castle en déposant un baiser dans les cheveux de l’enfant. « Ça va toi Kate ? Ton épaule ? »

-« Ça va, ne t’en fait pas, » répondit évasivement Beckett.

-« Kate, ne me prends pas pour un idiot ! Tu n’as surement pas remis ton atèle pour le plaisir, » fit Castle lui montrant ainsi son agacement.

-« Le docteur Froye m’a vu grimacer en me débattant pour que Sarah accepte de se déshabiller et il a voulu jeter un œil. Je dois t’avouer que j’ai forcé un peu trop ce matin et je le paye maintenant. Mais il n’a assuré que, si je reporte mon atèle quelques jours, ça ne mettrait pas ma guérison en péril. Je te le promets. »

-« Bon et bien, que ce soit toi ou moi, pendant la sieste de la puce, on va se reposer un peu, d’accord ? »

Beckett hocha la tête avec un sourire fatigué et reporta son attention sur le repas.

-« Bon je crois que c’est prêt. Tu veux bien mettre la table s’il te plait Rick ? »

-« C’est comme si c’était fait, » sourit Castle en volant un rapide baiser à Beckett.

-« Belle chambre moi hein ? » fit alors Sarah à l’attention d’Amanda.

-« En effet, tu es une petite fille très gâtée je trouve. »

-« Vous restez déjeuner ? » demanda Beckett en faisant un effort sur elle-même.

-« Non mais, si vous me le permettez, j’aimerai assister au repas de l’enfant. »

Castle et Beckett se regardèrent et décidèrent de faire comme si l’assistante sociale n’était pas là. Ils s’installèrent et commencèrent à déjeuner en discutant de tout et de rien. Mais rapidement ils se rendirent compte que Sarah ne faisait que jouer avec son assiette et sa cuillère aussi Castle prit ladite cuillère pour essayer de la faire manger un minimum.

-« Allez Princesse, il faut manger pour reprendre des forces et guérir plus vite. »

-« Pas faim… »

-« Allez fait un petit effort… Pour Maman et moi ? »

Mais les yeux de la fillette se remplirent de larmes et Castle décida de ne pas insister. Après tout elle était malade.

-« Et si Papa te préparait un biberon de lait ? Tu voudrais bien essayer de le boire un peu avant d’aller à la sieste ? » demanda l’écrivain à la fillette qui hocha doucement la tête.

-« A son âge un biberon de lait en guise de déjeuner n’est pas suffisant, » fit remarquer Amanda.

-« Mais c’est toujours mieux qu’un ventre vide, » répondit Beckett alors qu’elle prenait Sarah sur ses genoux pour lui donner son biberon.

-« Bon je ne vais pas vous embêter plus longtemps, » fit alors Amanda Shaw en se levant. « Ne vous embêtez pas, je connais la sortie. Vous aurez de mes nouvelles rapidement. Au revoir et bonne journée. »

L’assistante sociale quitta l’appartement au moment où Franck arrivait avec les médicaments.


Lilou004  (08.03.2012 à 18:30)

Chapitre 82 : Désespoir

 

Le reste de la journée se passa tant bien que mal, Beckett et Castle faisant tout pour donner le change afin que Sarah ne sente pas leur inquiétude mais Alexis et Martha comprirent rapidement que quelque chose s’était passée. Une fois Sarah couchée, ils se retrouvèrent tous les quatre au salon.

-« Alors, qu’est ce qui s’est passé exactement aujourd’hui pour que vous soyez dans cet état ? » attaqua directement Alexis.

-« Nous avons eu une rude journée… » soupira Castle en voyant les yeux brillant de Beckett. « En plus de Sarah malade nous avons eu le droit à la visite d’un véritable dragon ! »

-« Un dragon ? » s’étonna Martha. « Nous ne sommes pourtant pas dans un de tes romans pourtant… »

-« Mère, je te jure que cette assistante sociale… Cette Madame Shaw… Je te jure que je préfère nettement l’autre version de Madame Shaw, celle du FBI ! Si je ne m’étais pas retenu pour le bien de l’adoption de Sarah, je l’aurai foutu à la porte de chez nous sans autre forme de procès ! »

-« Papa ? » s’étonna Alexis en voyant la colère noire dans laquelle était son père.

-« Je pense que nous ferions mieux d’aller nous coucher, » fit alors Beckett d’une petite voix en se levant. « Mon épaule me fait un peu mal et cette journée m’a épuisée. Bonne nuit Alexis. Bonne nuit Martha. »

-« Bonne nuit Maman, » répondit l’adolescente inquiète.

Après un dernier geste aux filles, le couple regagna sa chambre et se prépara pour la nuit en silence puis se coucha sans un mot. A peine dans le lit, Beckett se blottit au plus près de Castle et laissa une larme s’échapper.

-« Je ne veux pas la perdre Rick… Elle m’est trop précieuse et je n’y survivrai pas… »

-« Shh… Tout va bien se passer… On va trouver une solution mais c’est notre fille… Notre fille tu m’entends. »

-« Je sais que c’est fou parce que nous ne l’avons rencontrée qu’il y a quoi… Une quinzaine de jours mais c’est ma fille, notre fille. Je ne l’ai peut-être pas portée mais… C’est mon bébé… » lâcha Beckett avant de fondre en larmes.

-« Je sais mon Amour, je sais… » répondit Castle en la berçant du mieux qu’il put.

-« J’ai déjà perdu ma Mère, je ne veux pas perdre ma fille Rick… En plus elle… Elle serait… Toujours… Toujours en vie… Quelque part… » hoqueta la jeune femme.

-« Shh… Calme-toi Kate. Pour le moment elle est toujours là, avec nous et il faut tout faire pour en profiter au maximum… Et puis, on va tout faire pour conserver sa garde. On va se battre ! Je te le promets ma Chérie. »

-« Dis… Tu crois… Tu crois qu’elle sera toujours avec nous pour Noël ? » demanda Beckett en levant ses yeux larmoyant vers ceux tout aussi humide de Castle.

Ne sachant que répondre, Castle prit Beckett dans ses bras et la serra aussi fort que son état le lui permettait. La jeune femme enfouit son visage dans le creux de son cou et laissa libre court à ses peurs et ses angoisses.

-« Je t’aime tellement Kate, tellement… »

-« Moi aussi Rick… Mais j’ai tellement peur… »

-« Moi aussi j’ai peur Kate mais il faut être fort… Être fort et ne rien montrer à Sarah pour ne pas l’inquiéter outre mesure… Elle est tellement jeune et encore fragile après tout ce qui lui est arrivé… »

-« Tu… Tu crois qu’on devrait lui interdire de nous appeler Papa et Maman au cas où ? » demanda Beckett le cœur brisé rien qu’à l’idée d’imaginer faire ça.

-« Si notre comportement change, notre Princesse ne comprendra pas ce qui se passe et risque de prendre ça pour un rejet de notre part. Et ça, je m’y refuse ! »

-« Merci… Merci Rick ! Je ne voyais pas les choses autrement… » répondit la jeune femme soulagée alors qu’une nouvelle vague de larmes se mettaient à couler.

Pendant plus d’une heure, le couple resta accroché l’un à l’autre, essayant de reconstituer leurs cœurs brisés. Castle fit tout ce qu’il put pour réconforter sa fiancée mais c’est toujours avec des larmes coulant le long de ses joues que Beckett finit par s’endormir d’épuisement dans ses bras. L’écrivain jeta alors un rapide coup d’œil mais, malgré l’heure tardive, il attrapa son téléphone portable et composa un numéro de tête.

-« Allo ? » répondit une voix ensommeillée. « C’est rien Chérie, rendors-toi. »

-« Kyle, c’est Rick Castle. »

-« Rick, que puis-je faire pour toi à… Presque 23 heures ? »

-« Désolé pour l’heure mais… Nous avons eu la visite de l’assistante sociale aujourd’hui… »

-« Ah c’est une bonne nouvelle ça. Je vous avais prévenu que ça arriverait. »

-« Tu trouves que c’est une bonne nouvelle toi ? L’assistante sociale qu’ils nous ont envoyée est un véritable dragon ! A cause d’elle, Kate s’est endormie en pleurant ce soir et je ne suis pas sûr que nous aurons la garde de Sarah vu les critiques auxquelles nous avons fait face ! »

-« Entends-tu par là Rick ? » s’inquiéta Kyle.

-« La maison n’est pas assez sûre, l’escalier est dangereux, le chambre montre que Sarah est trop gâtée, le repas n’est pas équilibré… Oh ! Et summum de tout ! Nous sommes d’indignes personnes parce que Sarah a décidé de nous appeler Papa et Maman et que nous n’avons rien fait pour l’en empêcher ! »

-« Pardon ? Tu m’expliques là ? »

-« Qu’est-ce qu’il y a à expliquer ? Je t’ai tout dis… Selon les dires de cette Madame Amanda Shaw, nous ne faisons rien comme il faut. »

-« C’est Madame Shaw qui vous a été attribuée ? C’est étonnant, elle est réputée pour être très juste dans ses rapports sur les familles potentielles… »

-« Tu es en train de me dire en gros qu’on est bon pour se préparer à remettre NOTRE fille entre les mains des services sociaux parce qu’on est de mauvais parents ? Parce qu’on a laissé une petite fille terrorisée s’attacher à nous autant que nous nous sommes attachés à elle ? Elle fait partie de NOTRE famille ! » s’exclama Castle la gorge nouée par l’émotion et la colère faisant presque se réveiller Beckett dans son sommeil. « Shh… Tout va bien Kate… Rendors-toi ma Chérie… »

-« Non, je ne dis pas ça Rick, calme-toi. Vous êtes d’excellents parents, j’en suis persuadé. Et je sais à quel point Sarah est importante pour vous. Mais vous savez votre dossier n’est pas des plus excellents… Même si Kate a emménagé avec toi de manière permanente. »

-« Kyle, Kate et moi sommes fiancés et allons nous marier le 24 décembre prochain. Et nous ne faisons pas ça pour faire plaisir au juge mais parce que c’est ce que nous voulons au plus profond de notre cœur ! »

-« Mais pourquoi ne m’avez-vous rien dit ! Ça change tout ! Il faut absolument communiquer sur votre mariage ! »

-« Non Kyle. Tu peux prévenir le juge mais c’est tout. Nous refusons que notre projet d’union soit dévoilé. Surtout après le mal que le dernier article sur nous a fait ! »

-« Je comprends. Je vais voir ce que je peux faire et contacter le juge en charge de votre dossier. Peut-être qu’un rendez-vous avec lui vous permettrait de faire entendre votre voix. »

-« Je t’en prie Kyle. Fais quelque chose… Si on nous retire notre Princesse, c’est comme si on nous retirait notre cœur… »

-« Ne t’en fais pas, je vais tout faire pour. Maintenant essaye de dormir, je t’appelle d’ici quelques jours pour te dire ce qu’il en est. Prends soin de ta famille. »

-« Merci. Toi aussi. Et désolé pour cet appel tardif… »

-« Ne t’en fais pas. A bientôt. »

Après avoir raccroché, Castle regarda encore un long moment Beckett dormir, les larmes maintenant sèches sur ses joues, avant de sombrer dans un sommeil agité.


Lilou004  (09.03.2012 à 19:31)

Chapitre 83 : Discussion nocturne

 

Lorsque Beckett se réveille un peu après une heure du matin, elle fut surprise de découvrir le lit froid à ses côtés. Inquiète, elle se leva et enfila tant bien que mal son atèle avant de se blottir dans la robe de chambre de son fiancé. S’attendant à trouver l’écrivain dans son bureau, elle fut surprise de n’y trouver personne.

-« Rick ? » appela Beckett en poussant la porte menant au salon. « Richard ? »

Mais l’écrivain n’était nulle part en vue. La jeune femme leva alors les yeux en direction de l’étage et remarqua un léger filet de lumière en provenance de la chambre de Sarah.

-« Je suis pourtant persuadée d’avoir refermée la porte avant de redescendre… » marmonna Beckett pour elle-même.

Prise d’une intuition, elle retourna dans leur chambre et vérifia que le baby phone était bien allumé. Mais cela n’était pas le cas et cela ne fit que confirmer son intuition. Beckett s’assit donc sur le lit et remit en marche l’appareil mais, lorsqu’elle reconnut les bruits caractéristiques de sanglots étouffés, elle se releva et rejoignit Castle à l’étage aussi rapidement et silencieusement qu’elle pouvait. Arrivée sur le palier, elle entendit la voix triste et éraillé de son fiancé s’élever doucement.

-« Je ne sais pas comment je vais faire si tu nous es retirée Princesse… Tu as volé notre cœur à Maman et moi… Je ne devrai peut-être plus penser à toi comme à notre fille pour me préparer… »

Quand Beckett vit les larmes de Castle redoubler, elle s’approcha doucement du rockingchair et posa une main sur l’épaule de son fiancé qui sursauta, ne l’ayant pas entendu arriver.

-« Je t’ai réveillé ? »

-« Ton absence m’a réveillée… Je ne suis plus habituée à un lit vide et froid… Ca va toi ? » demanda Beckett en voyant le regard de l’écrivain se détourner vers Sarah endormie. « Je veux dire vraiment Rick, comment te sens-tu vraiment ? »

-« J’ai connu mieux… »

Les larmes aux yeux, Beckett écarta les bras que son fiancé avait croisés sur sa poitrine comme pour se protéger et prit place sur ses genoux, entourant sa taille de ses bras.

-« Tu sais, ce n’est pas parce que je ne vais pas bien que tu dois te cacher… Un couple c’est être ensemble dans les bons comme dans les mauvais moments… » souffla Beckett en lui caressant la joue doucement.

-« J’ai appelé Kyle après que tu te sois endormie tout à l’heure et je lui ai dit ce qui s’était passé. Il… » commença Castle avant de prendre une grande inspiration. « Il m’a dit que cette Amanda Shaw était l’une des meilleures assistantes sociales… »

-« Oh… » répondit Beckett en baissant la tête. « Alors il faut se préparer au pire… »

-« Je ne veux pas la perdre Kate. C’est notre fille, notre bébé… » souffla Castle en caressant le ventre de sa fiancée.

-« C’est vrai que je ne l’ai pas portée mais c’est tout comme… Je me suis sentie Maman presqu’à l’instant où elle s’est jetée dans mes bras au cimetière… Comme si c’était Maman qui m’avait envoyé de quoi finir de me reconstruire… »

-« J’aime beaucoup cette idée que Sarah soit comme un cadeau de ta Maman. Ça nous fait une raison de plus pour se battre et obtenir sa garde ! » répondit Castle en cherchant une position plus agréable.

-« Je te fais mal et toi tu ne dis rien ! » s’exclama doucement Beckett en se levant afin de soulager le ventre blessé de l’écrivain.

-« Mais je veux rester dans tes bras et continuer à voir Sarah… »

-« Alors viens. J’ai une idée, » sourit Beckett en lui tendant sa main valide. « Aide-moi à retirer mon atèle s’il te plait. »

Castle obtempéra et suivit la jeune femme jusqu’au lit de grande fille déjà installé pour quand Sarah serait en âge d’y dormir. Castle comprit alors ce à quoi elle pensait et s’installa sur le lit avant de lui ouvrir ses bras. Allongés dans les bras l’un de l’autre, ils se perdirent dans la contemplation de la fillette profondément endormie.

-« Tu crois qu’elle sera comment quand elle sera grande ? »

-« Aussi belle que toi et aussi espiègle qu’aujourd’hui. Toujours prête à faire des bêtises aussi, » répondit Castle en se remettant à caresser doucement le ventre de sa belle. « Et toi ? »

-« Je suis persuadée qu’elle aura le même humour que toi… Si elle reste avec nous, je pense même qu’elle réussira à me faire tourner en bourrique… Tout comme toi ! »

-« Je l’imagine sportive, un brin casse-cou… Je pense qu’elle nous fera quelques frayeurs… Quelques fractures... J’imagine bien une ou deux bagarres à l’école… »

-« Oh misère ! On n’est pas sortis de l’auberge ! » sourit Beckett. « Tu crois qu’elle aura une moto ? »

-« Je ne l’imagine pas autrement en fait… Comme toi, une belle amazone les cheveux aux vents… Tu lui prêterais ta Harley ? »

-« Tu veux rire ! C’est ma moto ! Si c’est une casse-cou, je ne veux pas qu’elle l’abime ! J’ai passé trop de temps dessus à la restaurer pour qu’une miss casse-cou la détruise en une seconde ! Et ce, même si c’est ma fille ! »

-« Ouh ! Maman Beckett n’est pas prêteuse avec ses jouets ? »

-« Pas plus que Papa Castle avec son ordinateur… » répondit Beckett en se tournant pour voler un baiser à son fiancé.

-« J’ai peur… Tellement peur de la perdre… Et comment va réagir Alexis ? Elle aussi s’est énormément attachée à Sarah… » soupira Castle en resserrant son étreinte autour de la taille de la jeune femme.

-« Nous serons là pour elle. Nous la soutiendrons du mieux que nous pourrons, je te le promets… » souffla Beckett avant de cacher son visage dans l’oreiller.

-« Qu’est-ce qui se passe Kate ? » s’inquiéta immédiatement l’écrivain.

-« Je… Je devrai peut-être reprendre la pilule, » souffla la jeune femme démoralisée.

-« Quoi ? Mais non… Pourquoi voudrais-tu faire une chose pareille ? »

-« Je… Si on perd Sarah c’est parce qu’on n’est pas de bons parents… Alors pourquoi risquer d’infliger ça à… A d’autres enfants, hein ? »

-« Kate, regarde-moi, » intima Castle en bougeant de sorte que Beckett puisse s’allonger sur le dos. « Est-ce qu’Alexis est une enfant malheureuse et mal élevée ? »

Beckett détourna les yeux en hochant négativement la tête.

-« Alors c’est que je ne suis pas un si mauvais père que ça. »

-« C’est peut-être que le problème vient de moi… Je… J’ai vécu pendant tellement de temps avec ce… Ce mur autour de moi… J’ai peut-être tout gâché… »

-« Je t’interdis de penser ça ! Depuis près de quatre ans, tu es mon bras droit dans l’éducation de ma fille, tu m’aides pour les décisions importantes et ma fille sait qu’elle peut se tourner vers toi en cas de besoin. Elle l’a déjà fait à plusieurs reprises et tu as toujours conservé précieusement pour toi ce qu’elle t’avait confié ! »

-« Tu crois ? » demanda timidement Beckett.

-« J’en suis persuadé Kate ! Et regarde quel merveilleux travail tu as fait pour Sarah ! Grâce à ta présence et à ta prévenance à son sujet, elle n’a plus de cauchemars et ressemble de plus en plus à une petite fille de deux ans comme les autres malgré les atrocités qu’elle a vécu dernièrement. »

-« Mais ça ne semble pas encore suffisant… » souffla la jeune femme démoralisée.

-« On va tout faire pour que ce le soit car tu es une excellente Maman Kate. Et il en sera de même pour tous les enfants que tu voudras bien nous donner, » affirma Castle en imprimant une caresse circulaire sur le ventre de sa belle.

-« Qu’est-ce qu’on peut faire pour Sarah ? »

-« L’aimer comme on le faisait déjà et j’ai demandé à Kyle d’essayer de nous organiser un rendez-vous avec le juge des affaires familiales en charge de notre dossier. »

-« Tu es un amour… » répondit Beckett en baillant.

-« Et si nous essayions de dormir un peu ? » proposa alors Castle en s’allongeant contre Beckett, le visage toujours tourné vers le berceau de la fillette.

-« Je t’aime Rick et je sais qu’ensemble nous serons toujours plus fort, » murmura la jeune femme. « Always… »

-« Always… » répondit Castle alors qu’ils se laissaient enfin sombrer dans un sommeil réparateur.


Lilou004  (10.03.2012 à 21:07)

Chapitre 84 : Rien ne va plus

 

Le lendemain soir, Jim et Alexandre franchirent la porte d’entrée en rigolant comme deux enfants fiers d’eux.

-« Oh mon Dieu Jim ! Il faudra vraiment qu’on remette ça ! Votre chalet est idéalement placé que ce soit pour une sortie de pêche ou de chasse et est magnifiquement équipé ! »

-« Merci. C’est Johanna qui m’avait aidé à le restaurer puis à le rendre opérationnel et surtout fonctionnel ! Nous adorions nous y rendre avec Katie quand elle était enfant. Ensuite, je n’y suis retourné qu’après m’être guéri de mon alcoolisme… »

-« Kate y est-elle retournée ? Je veux dire depuis le décès de votre femme… »

-« Pas à ma connaissance… Mais je pensais leur proposer d’aller y passer quelques jours après leur mariage… Ça leur ferait une sorte de lune de miel mais je ne suis pas sûr que Katie ait le courage d’y faire face… »

-« Je trouve au contraire que c’est une excellente idée Papa. Je pense que c’est ce que Maman aurait voulu aussi… Je sais que ce ne sera pas facile mais je serai bien entourée, » sourit tristement Beckett qui avait tout entendu de leur conversation. « Et puis… Ce serait un bon endroit pour se reconstruire en famille après… »

Jim et Alexandre froncèrent les sourcils en voyant le regard triste de Beckett se poser sur Sarah qui jouait à ses pieds et une larme solitaire couler le long de sa joue.

-« Katie ? Qu’est-ce qui se passe ? Et où est Rick ? »

-« Dans son bureau, il essaye d’écrire un peu, » répondit la jeune femme en prenant une grande inspiration et plaquant un sourire sur son visage. « Alors, vous vous êtes bien amusés tous les deux ? »

-« Ça s’est bien passé ma Katie mais ce qu’Alexandre et moi aimerions savoir c’est ce qu’il s’est passé pour que tu sois dans cet état ! »

-« Papa… S’il te plait… »

-« Très bien mais je n’oublie pas. On en reparlera plus tard, » dit Jim avant de se tourner vers Sarah surpris qu’elle ne soit pas encore venue leur dire bonjour. « Tu ne viens pas me faire un bisou Princesse ? »

Sarah jeta un regard incertain à Beckett qui lui répondit par un sourire.

-« Ne me dis pas Sarah que tu vas être aussi faire ta timide avec Gramps et Pops ! Papa et moi n’allons pas disparaitre parce que tu dis bonjour ou parce que tu fais un câlin à l’un des membres de la famille ! » expliqua Beckett.

Alors Sarah se dirigea vers ses grands-pères et leur fit un rapide bisou avant de se libérer de leur étreinte pour se réfugier dans les bras de Beckett. C’est alors qu’une nouvelle quinte de toux secoua la fillette.

-« Eh bien ? Qu’est-ce qui lui arrive à notre Princesse ? »

-« Elle a attrapé une bonne bronchite. Nous avons dû faire appel au pédiatre qui avait suivi Alexis petite hier matin. »

-« Vous auriez pu m’appeler, » dit Alexandre en s’approchant pour poser une main sur le front de la fillette. « Ça va mieux aujourd’hui ? »

-« Nous ne voulions pas vous empêcher de faire votre virée ‘nature’ et puis Rick a pu contacter le pédiatre qui a suivi Alexis toute son enfance. Et oui, elle va un peu mieux aujourd’hui même si elle ne nous lâche plus Rick ou moi… »

-« Ça, c’est peut-être parce que Sarah ressent que tu ne vas pas bien… Et visiblement tu n’es pas la seule dans cet état, » ajouta Alexandre en voyant son fils sortir de son bureau. « Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer pendant ces deux jours ? »

-« Allez Princesse, il est l’heure d’aller au lit maintenant, » sourit Castle en tendant la main vers la fillette

Cependant les deux hommes remarquèrent tout de suite que son sourire n’atteignait pas ses yeux. Sarah prit la main tendue et se tourna vers Beckett en tendant sa petite main à son tour.

-« Je vous rejoins dans une minute ma Princesse. Je dois demander quelque chose à Gramps et Pops. D’accord ? » demanda la jeune femme avant de la voir acquiescer doucement.

Une fois que Castle et Sarah furent arrivés à l’étage, Beckett se tourna vers les deux hommes inquiets.

-« Vous pourriez vous arranger pour que tout le monde vienne ce soir ? »

-« Bien sûr mais où sont Martha et Alexis ? » demanda Alexandre surpris de ne pas les avoir encore vues.

-« Elles ont trouvé refuge au studio… » avoua Beckett mal à l’aise.

-« Très bien, file rejoindre ta petite famille. On s’occupe de tout, » répondit Jim avec un sourire.

Mais son sourire se figea lorsqu’il vit les yeux de sa fille se remplirent de larmes. Cependant, avant qu’il ne puisse poser la moindre question, Beckett avait disparu à l’étage. Lorsqu’elle redescendit en compagnie de Castle une bonne demi-heure plus tard, tout le monde était arrivé et patientait au salon autour un apéritif dinatoire improvisé.

-« Les voilà, » annonça Ryan.

-« Hey, » fit Beckett en s’installant contre Castle sur le canapé.

-« Bon alors qu’est-ce qui se passe ? » demanda Jim terriblement inquiet.

-« Hier matin, pendant que nous attendions le pédiatre pour Sarah, l’assistante sociale s’est présentée, » annonça alors Castle après avoir puisé le courage de parler dans les yeux de Beckett.

-« Pourquoi ai-je l’impression que ça ne s’est pas passé comme nous l’espérions ? » demanda Esposito en se redressant marquant ainsi sa tension.

-« Parce que ça a été un enfer… » lâcha Beckett. « Rien ne va dans l’appartement et nous avons visiblement commis une énorme erreur en laissant Sarah nous appeler Maman et Papa ainsi qu’en lui faisant cette magnifique chambre… »

-« Pardon ? » s’exclamèrent en chœur différentes personnes dans la pièce.

-« Mais il faut faire quelque chose ! » s’exclama Alexis paniquée. « Ils ne peuvent pas nous retirer Sarah ! Ils ne peuvent pas… »

Beckett quitta alors les bras de Castle pour s’approcher d’Alexis qu’elle prit dans ses bras.

-« Si. Ils le peuvent Alexis. Pour le moment, nous n’avons aucun droit sur elle. »

-« Mais c’est ma sœur ! Je l’aime moi, » dit la jeune fille alors que des larmes débordaient de ses yeux pour dévaler le long de ses joues.

-« Tout comme nous ma Grande, tout comme nous. Mais il faut nous préparer… Tu comprends ? Au cas où… » expliqua Beckett en essuyant les joues d’Alexis à l’aide de ses pouces.

Castle se leva alors pour rejoindre deux des femmes qui comptaient le plus pour lui et les prit dans ses bras, oubliant la douleur physique qui n’était rien à côté de l’étau qui enserrait son cœur depuis la veille. Il regarda autour de lui et vit alors les mêmes regards blessés et la même angoisse sur les visages de sa ‘famille’. Cependant il ne put s’empêcher de sourire face au tableau qu’il avait devant lui. Martha s’était blottie dans les bras d’Alexandre et s’accrochait désespérément à sa chemise alors que des larmes coulaient à n’en plus finir sur ses joues. Alexandre tentait de la calmer en la berçant doucement et déposait à intervalle régulier de tendres baisers dans les cheveux de sa mère. Esposito s’était laissé glisser au bord du canapé, avait posé des coudes sur ses genoux et s’était pris la tête entre les mains. Lanie, qui avait besoin de chaleur humaine, s’était installée derrière lui sur le canapé avant de se pencher et d’entourer son torse de ses bras, posant son menton sur son épaule et frottant sa tête contre celle du latino. Ce dernier tourna alors son visage vers elle et déposa un tendre baiser sur ses lèvres.

-« C’est pas juste… » souffla Esposito.

-« Je sais Baby… Je sais… »

A côté d’eux, Ryan était plus sobre, fidèle à lui-même. Cependant, toute son attitude corporelle trahissait son angoisse : ses épaules s’étaient affaissées et son regard fixa le haut de l’escalier, au plus proche de l’endroit où Sarah dormait. Jenny avait posé une main compatissante sur son épaule et ses yeux s’emplirent de larmes contenues lorsqu’elle aperçut une larme solitaire dévaler le long de la joue de son fiancé. Enfin, Gates s’était rapproché de Jim pour s’assoir sur l’accoudoir de son fauteuil en reconnaissant la détresse dans son regard. Le père de Beckett avait relevé son regard vers la Capitaine de sa fille et semblait complètement perdu, dévasté à l’idée de perdre celle qui lui avait redonné l’envie de sourire vraiment depuis le décès de sa femme. Touchée par ce qu’elle découvrait dans ses yeux, Gates se glissa à côté de lui, prit sa main dans la sienne et se mit à lui caresser le dos de la main avec son pouce. Malgré ses larmes, Jim remercia Victoria d’un regard et resserra sa main autour des doigts de la métisse ce qui lui arracha un léger sourire en dépit de ses yeux humides.

-« Si vous voulez bien nous excusez, nous allons aller nous coucher maintenant, » dit Beckett. « Il faut profiter au maximum de Sarah alors, autant être en forme… »

-« Bonne nuit, » ajouta Castle.

-« Je vais aussi aller au lit… » soupira Alexis avant de demander timidement. « Je peux dormir dans la chambre de Sarah ? »

Castle et Beckett hochèrent affirmativement la tête avant de disparaître dans leur chambre. A peine la porte refermée derrière eux que Gates se redressa.

-« Il faut qu’on fasse quelque chose ! »


Lilou004  (12.03.2012 à 19:00)

Chapitre 85 : Leur changer les idées

 

Quelques jours plus tard, le moral de tout le monde était légèrement remonté et chacun profitait de la présence de Sarah qui avait peu à peu retrouvé sa joie de vivre. Ce matin-là, Alexandre prit son fils à part après avoir reçu un appel téléphonique de Jim.

-« Richard, fiston, je me disais que ce serait bien si aujourd’hui tu essayais de sortir un peu. Tu as retrouvé une bonne mobilité et, comme Sarah va mieux et qu’elle n’est pas sortie depuis qu’elle est tombée malade, ça pourrait être une bonne occasion. Qu’en penses-tu ? »

-« Oui mais je préfèrerai qu’on ne reste pas trop longtemps en extérieur… Je ne voudrai pas que Sarah rechute. »

-« C’est pour ça que Martha nous attend à son studio, » sourit Alexandre. « Allez, prépare-toi, moi je m’occupe de Sarah. »

Castle se dirigea donc vers sa chambre avec un sourire pour trouver Beckett confortablement assise dans l’un des fauteuils du bureau et plongée dans la lecture, Sarah jouant tranquillement et calmement à ses pieds.

-« Qu’est-ce que tu lis de beau ? » demanda Castle en s’approchant de sa fiancée qui lui montra alors la couverture de In a Hail of Bullets. « Mon premier roman ? Tu n’as rien trouvé de mieux ? »

-« J’aime beaucoup cet ouvrage et l’auteur… Hum… Il est sexy ! Tu ne trouves pas ? » le taquina gentiment Beckett.

-« Je ne répondrai rien car tu risques de me traiter de vaniteux, » sourit l’écrivain en se penchant pour embrasser la jeune femme. « Dis-moi, avec Père nous allons un peu prendre l’air avec Sarah et nous pensons rejoindre Mère au studio. Tu veux te joindre à nous ? »

-« Non, Papa veut me voir aujourd’hui. Ça m’intrigue d’ailleurs car il s’est montré bien mystérieux au téléphone tout à l’heure… Mais allez-y, ça vous fera du bien à tous les deux ! D’autant que, pas plus tard qu’hier soir, tu m’as dit que tu commençais à en avoir marre de rester enfermé ici toute la journée. »

-« Tu es un amour, » répondit Castle en caressant doucement la joue de la jeune femme avant de se tourner vers Sarah. « Dis-moi Princesse, ça te dit qu’on aille voir Grand-Mère avec Pops ? »

-« Oh vi alors ! » s’exclama la fillette en sortant sur ses jambes.

-« Alors file voir Pops ! Il t’attend pour t’aider à t’habiller, » dit Castle avant de la rappeler avant qu’elle ne disparaisse dans le salon. « Et ton bisou à Maman ? Elle reste à la maison tu sais… »

Sarah pila et se retourna lentement pour regarder Beckett pendant que Castle disparaissait dans leur chambre.

-« Pas venir ? »

-« Non Princesse, Gramps veut me voir toute seule. Mais nous serons là tous les deux lorsque tu reviendras à la maison après ta visite à Grand-Mère. »

-« P’omis ? » demanda timidement la fillette.

-« Juré Sarah ! Viens me faire un énorme bisou maintenant, » sourit Beckett en ouvrant ses bras à la fillette qui s’y précipita du haut de ses petites jambes.

Un gros câlin entre la mère et la fille s’en suivit avant que Beckett éloigne un peu la fillette pour pouvoir plonger son regard dans celui de la petite.

-« Sarah, je veux que tu me fasses une promesse. Je veux que tu t’amuses avec Papa, d’accord ? » demanda la jeune femme sérieusement.

-« P’omis Maman ! » répondit Sarah avant d’embrasser la jeune femme et de quitter ses bras pour courir dans le salon. « Pops ! Viite ! ‘biller pour dehors ! »

Beckett ne put s’empêcher de rire devant la vitalité retrouvée de Sarah.

-« Ça fait plaisir de la voir comme ça, hein ? » demanda Castle depuis le pas de la porte de leur chambre.

-« C’est sûr que je préfère la voir comme ça même si elle n’est toujours pas rassurée quand elle est loin de l’un de nous… »

-« Ne t’en fais pas Maman, » sourit Castle en la prenant dans ses bras pour un baiser passionné. « On va trouver une solution et elle oubliera son angoisse en même temps que nous. »

-« Tu as eu des nouvelles de Kyle ? » demanda timidement Beckett.

-« Pas encore… »

-« Papa ! Viite ! »

-« Tu es attendu, » sourit Beckett. « Passe un bon moment. »

-« C’est promis mon Amour, » répondit Castle.

Et après un dernier baiser passionné interrompu par un nouvel appel impatient de Sarah, l’écrivain laissa sa belle reprendre sa lecture. Une demi-heure plus tard, les trois générations s’extirpaient de la voiture de ville d’Alexandre devant le studio de Martha. Intimidée, Sarah glissa sa petite main dans celle de Castle avant de jeter un regard apeuré vers l’entrée de l’établissement où un groupe d’étudiants s’était regroupé pour fumer avant le cours suivant.

-« Ne t’en fais pas ma Princesse, je ne te lâcherai pas, » sourit Castle en raffermissant sa prise autour de la main de la fillette. « Oh tiens ! Regarde ! Ils rentrent tous à l’intérieur. Grand-Mère doit commencer son cours, prête à aller la voir en scène ? »

Sans bruit, le trio pénétra dans le studio et suivit les étudiants dans le théâtre. Ils prirent place au fond et observèrent Martha débuter son cours sous la lumière des projecteurs. Au moment où elle passait de la théorie à la pratique, Sarah échappa à la vigilance de son père et s’avança sans que personne ne fasse attention à elle. Soudain Castle vit la fillette disparaitre derrière le rideau et s’apprêtait à se lever pour la rattraper lorsqu’Alexandre le retint par le bras.

-« Laisse, il n’y a aucune sortie par là. Elle est en sécurité et je suis curieux de voir ce qu’elle a en tête. »

-« Dis donc Père, comment sais-tu qu’il n’y a aucune sortie toi ? »

-« Je… Oh ! Regarde ! Sarah vient d’arriver sur scène ! »

En effet, Sarah avait attrapé un boa en plumes roses comme Martha et tentait d’imiter chacun de ses gestes et mimiques. La rouquine tendit alors dramatiquement son bras droit devant elle la main ouverte vers le ciel et posa sa seconde sur sa taille. Derrière elle, Sarah accentua la position en se déhanchant du côté de la main sur sa hanche et fonça les sourcils l’air sérieuse comme Martha. Cependant, le bout de sa petite langue dépassant de sa bouche trahissait son immense concentration. Castle ne ratait rien du spectacle et filmait tout à l’aide de son iPhone afin de pouvoir le montrer au reste de la famille. Plus le temps passait, plus les étudiants avaient des difficultés à retenir leurs éclats de rire. Et lorsque Martha finit par se fâcher à cause des ricanements et que Sarah l’imita à la perfection à son insu derrière elle, tout le monde explosa de rire.

-« Mais qu’est-ce qui se passe voyons ? Nous ne sommes pas dans un cirque mais dans un cours d’art dramatique ! »

-« Euh… Regardez derrière vous Madame ! » lança une voix.

Martha se retourna pour découvrir Sarah, un boa de plumes roses sur ses petites épaules. La fillette avait baissé la tête mais gardait les yeux levés vers sa Grand-Mère, ayant conscience qu’elle avait peut-être fait une bêtise. Mais Martha explosa de rire à son tour et s’approcha de l’enfant pour la prendre dans ses bras.

-« Mais que fais-tu là Princesse ? »

-« ‘isite ! Papa et Pops ! »

-« Oh ! Et où sont-ils donc ? »

-« Haut ! » expliqua Sarah en pointant son petit doigt vers le haut du théâtre.

Martha se tourna alors vers l’assemblée avec un sourire.

-« C’est qui Madame ? » demanda curieusement une nouvelle voix.

-« Laissez-moi vous présenter Sarah, ma petite fille âgée de deux ans, et visiblement la nouvelle comédienne de la famille ! » dit fièrement Martha.

-« Mama Mia ! Pauvre de moi ! » fit la voix de Castle. « Il ne manquait plus qu’une deuxième Martha Rodgers à la maison… »

-« Richard ! » s’offusqua Martha. « N’écoute pas Papa Princesse, il dit des bêtises parfois. Tu veux bien aller t’assoir un peu pendant que je termine mon cours ? »

-« Moi pas faire ? » demanda Sarah déçue.

-« Tu pourras faire en même temps que mes étudiants si tu veux vraiment. »

-« Youpi ! » s’exclama Sarah en sortant des bras de Martha pour courir rejoindre Castle et Alexandre afin suivre la fin du cours théorique.


Lilou004  (13.03.2012 à 19:50)

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