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Série : Castle
Création : 10.01.2012 à 12h08
Auteur : Lolotte39
Statut : Abandonnée
« Ma première fiction, un meurtre, une enquete et du caskett ;) » Lolotte39
Cette fanfic compte déjà 36 paragraphes
Chapitre 1
Elle était à moitié nue, le poids de cet homme la maintenait allongée sur le lit. La proximité entre leurs deux corps était telle qu'elle pouvait sentir la chaleur qui se dégageait du corps de cet homme faisant grandir son désir. Dans la lumière tamisée de la chambre, la sensualité de ce corps masculin s'était accrue et elle ne résista pas à partir explorer de ses mains le corps tant désiré profitant de la tendresse de sa peau. Appréciant chaque initiative de la séduisante jeune femme étendue sous lui, il lui déposa un baisé passionné sur les lèvres qui envouta instantanément la charmante brune.
Sous l'emprise des nouvelles émotions qui la gagnait, sa respiration se fit de plus en plus forte, les battements de son cœur de plus en plus rapide. Son corps se cambra au moment où les lèvres de son amant descendaient le long de son cou et ne put retenir un gémissement de plaisir. Elle sentit la paume de sa main remonter lentement le long de sa hanche donnant le temps à cet homme de profiter pleinement des courbes de la jeune femme, pour venir ensuite épouser le galbe de son sein. C'est alors qu'un frisson et de passion s'empara d'elle et d'une main habile elle fit sauter le bouton de son jean lui faisant comprendre qu'il était temps de l'enlever. Elle avait désespérément envie de lui.
***** Bip bip bip *****
La sonnerie de son réveil tira brutalement Beckett de ce rêve. Elle ouvrit les yeux étourdie par ce qu'elle venait d'imaginer, sa respiration encore haletante, la sensation des mains de son amant fictif presque perceptible encore.
Elle se rallongea un instant et ne put réfréner le sourire qui naissait sur son visage marqué par le plaisir qu'elle avait ressenti. Elle avait aimé, elle avait vraiment aimé ça. Non sans difficulté elle chassa cet homme de ses pensées et fila sous la douche. Elle enfila des habits, passa un coup de brosse dans ses longs cheveux bruns et ajouta une touche de maquillage sur ses yeux avant d'attraper son arme et son badge. Quelques secondes plus tard, elle hélait un taxi au pied de son immeuble.
Au 12th.
Arrivée au poste, Beckett posa ses affaires sur son bureau, rangea son arme dans un tiroir et alla se faire un bon café. Elle s'enfonça dans un fauteuil et dégusta une gorgée du liquide brulant tout en essayant d'évincer les images du corps dévêtu de Castle contre le sien. A travers les stores de la pièce, elle aperçut l'arrivée ses deux amis.
Il fallait qu'aujourd'hui soit une journée calme pour lui permettre de se défaire des événements de la nuit.
Jusque-là tout se déroulait bien : rien que de la paperasse à faire et elle savait pertinemment que Castle détestait ça. A cette pensée, des sentiments contradictoires la traversèrent. D'un coté, elle était soulagée de ne pas avoir à croiser Castle pour le moment et de ne pas avoir à repousser ses avances aujourd'hui car elle n'était pas sure d'en être capable. Mais une partie d'elle avait désespérément envie de le voir.
Elle avait du mal à rester concentrée et elle ne voyait pas le bout des dossiers que Gates lui avait demandé de boucler pour le soir-même. Elle n'arrêtait pas de repenser au rêve qu'elle avait fait cette nuit et était plus préoccupée par les sentiments qui la submergeaient que par les rapports qui trônaient sur son bureau.
Assise, elle mordillait le crayon qu'elle tenait dans sa main, le regard dans le vide. De son bureau Esposito observait la scène. Tellement absorbée dans ses pensées, elle ne se rendit même pas compte que les yeux de son ami étaient rivés sur elle.
- « Pauvre crayon, qu'a-t-il fait pour mériter un tel sort? » dit-il taquin.
Surprise par cette voix qui l'extirpa de sa rêverie, elle sursauta légèrement, fixa une minute son malheureux crayon et se replongea dans les dossiers comme si de rien n'était.
- « Tout va bien? » reprit-il étonné par le comportement de Beckett.
Pour toute réponse, elle lâcha un « hum hum » faisant comprendre à son ami qu'elle ne souhaitait pas discuter. Il l'observa une seconde encore, conscient que quelque chose accaparait l'esprit de son boss mais elle ne souhaitait pas lui en faire part. Il respecta son silence et se remit à son ordinateur.
Les heures passaient et bientôt l'horloge indiquait 7:00 pm. Esposito et Ryan quittèrent le poste, saluant Beckett ce qui la fit revenir une fois de plus à la réalité. Elle leur adressa un signe de la main.
Une heure plus tard, après avoir reçu plusieurs réprimandes de la part de Gates qui trainait impatiente à proximité d'elle, elle accéléra pour boucler son boulot et déposer tous ces dossiers sur le bureau du Capitaine.
**** Toc toc toc ***
- « Sir, les dossiers... »
- « Merci »
Elle fit demi-tour en direction de la sortie.
- « Tout va bien inspecteur ? » osa Gates quelque peu surprise par l'attitude peu professionnelle dont Beckett avait fait preuve toute la journée.
- « Bien... bonne soirée Sir » répliqua-t-elle d'une petite voix qui ressemblait à celle d'une enfant démasquée.
- « Bonne soirée et reposez-vous Beckett, vous avez l'air d'en avoir besoin » commenta-t-elle.
Face à la porte, cette dernière réflexion du Capitaine lui fit lever les yeux au ciel. Elle passa la porte sans rien ajouter. Beckett savait bien qu'elle n'avait pas été productive aujourd'hui : une journée pour remplir et vérifier quatre dossiers, ça lui ressemblait pas vraiment, elle le savait. Et son comportement n'était pas passé inaperçu.
Chapitre 2
Chez Beckett, 20:30pm
Elle arriva chez elle après un détour par la pizzeria du coin. Elle posa ses affaires à l'entrée, mit un peu de musique et s'installa dans son canapé pour manger un bout. Elle allait entamer une autre part de pizza quand on toqua à la porte. Elle n'attendait personne, de surprise elle marqua une pause et baissa la musique comme pour s'assurer que le bruit provenait bien de la porte de son appartement. Quelques secondes s'écoulèrent et la personne de l'autre coté manifesta son impatience en faisant retentir la sonnette de son appartement. Cette fois, elle n'avait plus de doute. Elle posa sa part de pizza, se leva du canapé et alla ouvrir. Un coursier se tenait devant elle, un colis sous le bras.
- « Kate Beckett ? » demanda autoritairement l'homme en uniforme.
- « Oui... » s'étonna-t-elle
- « Veuillez signer ici, s'il vous plait. »
Elle signa le reçu et s'empara du paquet que lui tendait le coursier.
- « Bonne soirée Madame, » jeta le coursier déjà dans le couloir.
Elle referma la porte derrière elle, le paquet dans les mains, tout en avançant en direction de la table de la cuisine. Intriguée, elle souleva le couvercle et découvrit une carte où était inscrit « Le premier exemplaire ». Elle retourna la carte à la recherche de l'identité de l'émetteur mais rien. Elle la déposa sur la table et, d'un geste de la main, elle écarta le papier glace laissant apparaître la couverture du dernier opus des aventures de Nikki Heat dans la boite. Ce geste de Castle éclaira son visage d'un sourire. Elle sortit le livre du carton et tenta d'évaluer le temps nécessaire pour le lire. Bien qu'elle ait dévoré tous les livres précédents, elle estima qu'elle allait en avoir pour quelques heures. Donc, avant de plonger dans les intrigues de son double imaginaire, elle alla prendre une douche et passer une tenue plus confortable. Elle opta pour un shorty et un t-shirt de l'université. Elle traversa son appartement en direction de le cuisine, se servit un verre de vin rouge, attrapa le livre de Castle et alla enfin s'enfoncer dans le canapé, un plaid sur ses jambes. Blottie dans son sofa, au chaud, elle avala une gorgée de vin et découvrit la page de couverture. Dans l'ambiance tamisée que créaient les lampes de son appartement, elle explora cette première page. Le titre annonçait « Heat rises ». Elle hésita à prendre connaissance du résumé mais, finalement, elle ne voulait pas vraiment savoir. Elle tourna la page cartonnée à la recherche de la dédicace, elle était pressée de savoir ce qu'il avait pu noter cette fois. La lui avait-il encore adressée ? Au milieu d'une page blanche, elle put lire :
To Captain Roy Montgomery, NYPD.
He made a stand and taught me all I need to know
about bravery and character.
Un petit sourire mélancolique à la lecture du nom de son ancien Capitaine et ami apparut sur ses lèvres. Elle trouvait que cette dédicace était un très bel hommage à cet homme dont ils avaient tous tant appris. Elle se réinstalla dans le canapé avant d'entamer le premier chapitre aux alentours de 10:00 pm.
Prise dans l'intrigue, envoutée par les mots qu'avait soigneusement choisis Castle, elle avalait les pages à une vitesse surprenante, ne prenant même pas le temps de vider son verre de vin qui se réchauffait sur la table basse.
Les heures défilaient.
A 2:46 am, la sonnerie de son téléphone la sortit de son sommeil. Elle s'était endormie d'épuisement, Heat rises posé à l'envers sur le sol laissant apparaitre le visage de Richard Castle souriant la fixant. Elle tourna le regard en direction de la photo de son auteur et s'y arrêta un instant pour mieux l'observer. Le téléphone sonnant à côté d'elle la rappela à l'ordre. Elle tendit le bras et regarda l'identifiant.
- « Castle ? » s'étonna Beckett.
- « Euh... Tu dors ? » Il était hésitant, peut être à cause le l'heure tardive de son appel.
- « Plus maintenant, » dit-elle en s'étirant pour se réveiller un peu plus.
- « Désolé... Je pense que tu devrais venir me rejoindre... »
- « Castle c'est gentil mais... »
- « Ah au fait... Tu as aimé? » l'interrompit Castle.
Comment pouvait-il savoir qu'elle avait passé la moitié de la nuit à lire son bouquin ? Elle en était perplexe et ne savait pas quoi répondre.
- « Euh... Oui.... » balbutia-t-elle.
- « Chouette. Mais, en réalité, si j'appelle c'est parce que j'ai trouvé un sac à main » Il y avait de l'agitation de sa voix. « Je l'ai ouvert sans prêter attention mais il y a du sang dessus... »
- « T'es où ? » l'interrompit Beckett à son tour.
- « Sur Greene Street, à hauteur d'Acne Studio, » se localisa l'écrivain.
- « Ne bouge surtout pas et ne touche plus à rien, j'arrive. »
Elle sauta dans une tenue plus adéquate, releva ses cheveux et se précipita sur Greene Street tout en alertant la scientifique.
Sur le lieu de découverte.
Un petit quart d'heure plus tard, elle déboula sur Greene Street. Elle aperçut Castle sur le trottoir et gara sa voiture quasiment à sa hauteur. Elle se dirigea vers lui. Il avait suivit ses instructions, le sac était posé au sol et Castle attendait adossé au mur du magasin d'accessoires. Au moment où elle s'arrêta à côté de Castle, la scientifique arrivait avec son matériel.
- « Hey ! » lança Beckett à son écrivain.
- « Le sac est là. »
- « Ok. Voyons ce qu'on a, » dit un technicien qui se tenait derrière Beckett.
Le technicien enfila des gants, s'accroupit et examina le sac. C'était un sac de grande marque qui devait valoir une petite fortune. A l'extérieur on pouvait voir quelques tâches de sang. Il l'ouvrit, fouilla le contenu mais il n'y avait aucun portefeuille ou tout autre indice permettant d'identifier son propriétaire.
- « On va s'occuper de récupérer d'éventuels indices. Et on vous appelle dès qu'on aura fini les analyses, » déclara le technicien en retournant chercher du matériel laissant à son jeune collègue le soin d'emballer le sac.
Beckett acquiesça d'un signe de la tête et elle se tourna ensuite vers Castle.
- « Comment tu as découvert ce sac ? » demanda la jeune femme à son partenaire.
- « Je rentrais d'une partie de poker. J'ai coupé par Greene Street et c'est là que j'ai vu ce sac. Comme personne n'était dans la rue, je l'ai ramassé car je voulais le rapporter à sa propriétaire alors j'ai cherché un portefeuille. Mais sans succès et ce n'est qu'après que j'ai vu que j'avais du sang sur la main. Donc, je t'ai appeler, » raconta-t-il en montrant des gouttes de sang sur sa main.
- «Tu n'as vu personne ? » questionna la jeune femme en lui tendant un mouchoir pour qu'il s'essuie la main.
- « Merci. Non personne, » Il lui adressa un sourire charmeur.
- « Ok, on verra bien si les analyses de la scientifique nous mène quelque part. Il faut que je passe au poste. »
- « Je viens avec toi. »
Ils montèrent dans la voiture et routèrent en direction du 12th.
Chapitre 3
Dans la voiture de Kate Beckett.
Comme toujours c'est Beckett qui conduisait. Elle avait entre ouverte sa fenêtre faisant entrer un filet d'air frais dans le but de la maintenir éveillée. Un silence reposant s'était installé, Castle en profita pour observer plus en détails la scène qui se déroulait sous ses yeux. Le faible vent qui s'engouffrait dans la voiture faisait onduler les cheveux de la jeune femme et entrainait son parfum jusqu'à lui. La pénombre de la nuit, mêlée aux passages réguliers dans la lumière des lampadaire, accentuaient les traits fins du visage de sa charmante muse révélant un peu plus sa beauté. Il la trouvait exquise alors qu'elle laissa échapper un bâillement.
- « Fatiguée ? » lui demanda-t-il doucement.
Elle répondit un simple « hum hum » sans quitter la route des yeux. Elle n'avait pas dut dormir plus de deux heures avant que son téléphone ne sonne. Le manque de sommeil commençait à se faire sentir.
Castle savait qu'il était indirectement responsable de sa fatigue, elle avait passé de longs moments à lire son roman et à la pensée de la voir ancrée à son canapé, ne pouvant se défaire de son livre, il retient comme il pouvait le sourire qui naissait sur ses lèvres. Mais sans succès, Beckett l'avait remarqué.
- « Qu'est-ce qui te fait rire? »
- « Rien, » répondit-il dans un seul souffle après quelques secondes.
Au 12th.
Ils étaient arrivés au poste. Ils quittèrent la voiture et se dirigèrent vers l'ascenseur pour monter jusqu'au bureau de Beckett. Les portes s'ouvrirent. D'un geste de la main Castle invita Beckett à entrer la première. Il monta à son tour explorant son téléphone portable. Du coin de l'œil, elle l'observait discrètement. Cependant, l'écrivain sentit ses yeux sur lui et se tourna vers elle, plongeant dans son regard. Aucun des deux n'osaient briser le silence, profitant de ce moment. Mais le ding de l'ascenseur leur indiqua qu'ils étaient arrivés à destination les forçant à détourner le regard de l'autre et il reprirent leurs esprits.
Beckett sortit la première et prit la direction de son bureau. Elle allait s'assoir quand elle se rendit compte que Castle n'était plus derrière elle. Elle le chercha du regard, scrutant tout l'étage un peu comme si elle se sentait perdue sans lui. Très vite, elle le localisa. Il était dans la salle de repos entrain de préparer deux cafés. Un sourire s'installa sur son visage pendant qu'elle le regardait. Sans s'en rendre compte et sans le quitter des yeux, elle s'était levée et marchait dans sa direction. Castle s'apprêtait à sortir de la pièce, une tasses dans chaque main, quand il la vit apparaître dans l'encadrement de la porte. Surprise dans sa contemplation Beckett sentit ses joues légèrement rougir.
- « Café ? »
C'était un véritable gentleman. Elle attrapa la tasse qu'il lui tendait. Leurs mains se touchèrent et un frisson la traversa. Confuse par les émotions qu'elle éprouvait, la belle brune baissa les yeux fuyant le regard de son partenaire pour ne pas se trahir. Elle fit quelques pas, le temps de reprendre de la contenance et alla se poser dans un fauteuil. Il vint s'installer sur l'accoudoir du fauteuil voisin en buvant une gorgée. Beckett lâcha un nouveau bâillement et Castle l'imita, ce qui les fit rire.
- « Qu'est-ce que tu as pensé du livre? » questionna Castle.
- « J'ai trouvé la dédicace vraiment.... »
Elle cherchait le mot qui pourrait convenir au mieux mais en vain. Du coup, elle termina sa phrase par un sourire de remerciement. Castle savait ce que Montgomery avait représenté pour elle et pouvait lire une certaine gratitude dans son regard. Et lui rendit son sourire.
Elle avala son café et se leva. L'horloge de la pièce indiquait 4:00 am. En voyant l'heure elle entreprit de refaire un café, une dose de caféine en plus l'aiderait à tenir éveillée. Sa tasse pleine elle la retira et en proposa un à Castle qui déclina. Elle entreprit de retourner s'assoir mais elle renversa maladroitement une partie du liquide brulant sur elle. A cause de cet accident, elle sautillait de douleur tout en tentant d'éponger le café qui tâchait son t-shirt et brulait le bas de son ventre. Aussitôt, Castle se leva et lui prit la tasse des mains prévenant une nouvelle catastrophe. Il pausa la tasse dans l'évier et humidifia le coin du torchon avec de l'eau froide. Il s'approcha de Beckett et souleva la moitié de son t-shirt laissant apparaître son ventre plat.
- « Castle ! » protesta la jeune femme qui était figée entre surprise et indignation.
- « Il faut rapidement essuyer et refroidir ta peau pour limiter la brulure » dit-il pour la convaincre de se laisser faire. « Tiens ça ».
Il lui tendit le coin de son haut éliminant ainsi le contact entre sa peau et le tissu trempé. Il posa sa main gauche sur le haut de sa fesse droite pour maintenir sa partenaire à proximité et de son autre main il passa délicatement le chiffon humide sur le bas gauche de son ventre. Il commença à décrire de petits cercles avec le chiffon, lentement, pour refroidir la peau meurtrie et atténuer la sensation de brulure. Elle eu un frisson au contact du tissu glacé contre son ventre et laissa échapper un râle. Cette situation la mettait quelque peu mal à l'aise, mais elle sentait déjà que le froid apaisait petit à petit la douleur.
- « Euh... Je crois que c'est bon »
- « Je ne voudrais pas qu'une cloque apparaisse » dit-il en faisant du zèle.
- « Évidemment tu n'oserais pas en profiter, ce n'est pas votre genre » taquina la jeune femme.
- « Je suis un homme prévenant » dit-il un large sourire fendant son visage
- « Heureusement que ce n'est que mon ventre »
- « Heureusement ? » reprit-il faussement indigné.
Il avait ce petit sourire en coin, taquin et charmeur à la fois. Elle posa sa main gauche sur la sienne pour lui faire stopper son massage. Elle put sentir que la main de l'écrivain était devenue fraiche, elle aussi, au contact du linge. Il se redressa et ils échangèrent un long regard. Elle n'avait pas lâcher sa main. Ils étaient proches l'un de l'autre, son regard glissa sur les lèvres de sa partenaire pour revenir ensuite à ses yeux verts. Le souffle de Beckett se fait plus rapide et plus profond.
Soudain, la sonnerie du téléphone de son bureau interrompit la charmante scène qui se jouait dans la salle de repos. Elle détacha son regard du sien et alla répondre au téléphone.
- « Beckett ? … Ok, merci ».
Castle se tenait devant son bureau et attendait les nouvelles. Elle se tourna vers lui et l'informa que c'était le labo.
- « C'était bien du sang, mais c'est tout ce qu'ils peuvent nous apprendre pour le moment. Ils ont encore des tests à faire » expliqua-t-elle.
Elle se laissa tomber sur le siège de son bureau et passa les mains dans ses cheveux en soufflant. Castle s'assit dans son fauteuil habituel à coté du bureau de Beckett. Il attrapa un dossier contenant des clichés du sac et du lieu où il l'avait trouvé et étudia les images.
- « Hey mais... C'est un sac Vuitton, on pourrait peut être retrouver qui l'a acheté comme on l'avait fait la dernière fois avec Nathalie, nan ? » proposa-t-il.
- « Ouais, peut être. Dans tous les cas vu l'heure on ne trouvera rien avant plusieurs heures. Tu devrais rentrer. »
- « Seulement si tu rentre toi aussi te reposer quelques heures et mettre de la crème sur ta brulure. »
- « Ok.... » céda la jeune femme. « Je te dépose ? »
Et ils partirent pour l'appartement de Castle. Arrivés devant l'immeuble il lui proposa de monter et de se reposer ici, prétextant qu'elle gagnerait du temps de sommeil. Mais dans un hochement de tête elle déclina son offre.
Il descendit de la voiture et elle prit la direction de son appartement.
Chapitre 4
Chez Beckett.
Elle passa la porte de son appartement aux alentours de 5:10 am et referma derrière elle. Elle se dirigea dans sa chambre, posa sa plaque et son arme sur la table de nuit, puis elle enleva ses talons, éteignit la lumière et s'allongea sur le lit. Malgré la fatigue, elle avait du mal à trouver le sommeil. Les récentes émotions qui l'avaient traversée durant ces dernières heures, au contact de Castle, la perturbaient un peu. Elle se demandait ce qui se serait passé dans la salle de repos si le téléphone n'avait pas sonné. En tout cas, elle le savait depuis que cette balle avait traversé sa poitrine, Castle était amoureux d'elle. Mais à cause de l'amnésie qu'elle avait simulée, c'était à elle de faire le premier pas. Elle resta là, étendue à peser le pour et le contre. Mais le sommeil finit par la gagner.
Quelques heures passèrent et son téléphone la sortit en sursaut de son sommeil.
- « Ryan ? »
- « Hey boss, on vient de nous signaler le corps d'une jeune femme entre deux magasins sur Wooster Street. »
- « Wooster Street..... Tu es sûre ? » C'est juste à côté de Greene Street, pensa-t-elle.
- « Ouais, je suis sûr. Pourquoi ? »
- « Envois la scientifique et préviens Esposito, je vous retrouve sur place. »
Elle bondit hors de son lit et rassembla toutes ses affaires. En direction de la porte, elle sortie son téléphone et composa le numéro de Castle.
- « Déjà réveillée lieutenant ? »
- « Je pense qu'on a trouvé la propriétaire du sac, » lança-t-elle un brin triomphante.
- « Ne me dis pas que tu es retournée au poste, » dit-il d'un ton réprobateur.
- « Nan, nan, Ryan vient d'appeler. Ils ont trouvés le corps d'une femme sur Wooster Street... Je passe te prendre dans 10 minutes, tiens toi prêt ! »
- « Je serais prêt. »
Il aurait très bien pu la retrouver sur place, étant donné que le crime avait été commis à deux pas de chez lui, mais il était ravis de passer un peu de temps avec elle, seuls et à son initiative.
En bas de chez Castle.
Elle arriva dix minutes plus tard, comme elle l'avait dit et lui était prêt, il l'attendait devant son immeuble, deux cafés à la main.
- « Tu as eu le temps de te préparer et de prendre deux cafés.... Comment tu as fait ? »
- « Un magicien ne révèle jamais ses tours, ma chère. »
Il lui tendit le gobelet et elle le remercia d'un sourire. Castle eut à peine de temps de s'installer dans la voiture, qu'ils étaient déjà sur la scène de crime.
Sur la scène de crime.
Ils descendirent du véhicule et Beckett avala son café en deux gorgées. Ils allèrent à la rencontre d'un officier qui les guida jusqu'au reste de l'équipe. Ils étaient tous autour du corps de l'inconnue. Ils se saluèrent amicalement et reportèrent leur attention sur le corps qui se trouvait étendu sur le sol. La jeune fille avait été laissée pour morte face contre terre, dans un petit renfoncement entre deux magasins, en robe de soirée rouge et escarpins noirs.
- « Alors ? Que peux-tu nous dire, Lanie ? » demanda la jeune enquêtrice à son amie.
- « Comme tu peux le voir, elle a le crâne bien enfoncée, ça doit certainement être la cause de la mort. »
- « On connait l'identité de victime ? »
- « Pas pour le moment. Elle était juste vêtue de cette robe mais ne portait aucun sac ni papiers sur elle, » répondit Ryan.
- « Regardez ça ! » s'exclama Esposito à quelques pas du groupe.
Il indiquait un muret avec des traces de sang.
- « Humm... Ça pourrait correspondre à la blessure sur son crâne, demande qu'on en fasse un moule, » reprit la légiste.
- « Bien, on progresse. Au fait Lanie, un peu plus tôt dans la matinée, Castle a trouvé un sac à main de marque tâché de sang. Tu pourras voir si c'est le sien ? »
Elle fit un signe de tête affirmatif et retourna le corps de la jeune femme.
- « Hey... Je suis presque sûre qu'elle est mannequin, » lança Castle en regardant le corps plus attentivement.
Tous lui lancèrent un regard interrogateur.
- « Sérieusement, mec ? Elle est pas un peu jeune ! » se moqua Ryan.
- « Ah oui j'en suis sure, elle faisait la couverture d'un de ces magazines qu'Alexis adore... People ! »
- « Au moins on sait où chercher, » dit Beckett un sourire narquois sur les lèvres. « Ryan, trouve tout ce que tu peux sur notre victime. Esposito, tu restes pour superviser la scientifique. Nous, on retourne au poste, » ordonna Beckett.
- « Et moi je t'appelle dès j'ai du nouveau... » dit Lanie
- « Comme toujours »
Beckett adressa un sourire à Lanie et se dirigea vers la voiture suivie de Castle.
Chapitre 5
Au 12th.
Arrivés au poste, Beckett rangea son arme et s'installa à son bureau pendant que Castle s'asseyait à sa place.
- « People ? » se moqua-t-elle, un large sourire fendant son visage.
- « C'était vraiment pour Alexis ! »
Elle se moqua à nouveau, juste pour le plaisir. Ryan arriva avec des nouvelles.
- « Alors... J'ai vérifié le magazine de Castle, on sait que notre victime est bien mannequin, elle s'appelle Ellen Clarson et habite Manhattan. Et Lanie me l'a confirmée »
- « Ce n'est pas MON magazine ! » s'indigna Castle
- « Et toujours grâce à ton magazine, j'ai trouvé le nom de son agent... Une certaine Sophia Tork. Je l'ai convoquée, elle arrive d'un instant à l'autre » reprit Ryan sans prêter aucune attention à la protestation de Castle.
- « Merci Ryan, » conclut Beckett amusée des chamailleries des deux garçons.
Ryan retourna à son bureau alors que Castle affichait toujours une mine scandalisée.
- « Je ne lis pas ce genre de magasine, » s'exclama Caste de dépit.
- « Je me doute bien que ce n'est pas pour la lecture que tu achètes ce genre de magasine, comme tu dis. »
Elle lui lâcha un clin d'œil plein de malice. Ne sachant plus comment se défaire de ces taquineries, il jeta l'éponge, poussa un râle de désespoir et se leva pour faire quelques pas.
Quelques minutes plus tard, une magnifique femme d'une quarantaine d'année fit une entrée très remarquée dans l'enceinte du 12th. Elle était vêtue d'une éblouissante robe en satin rouge et d'un sac en cuir assorti à ses Louboutins noirs. Ses longs cheveux bruns ondulaient à chacun des pas pressés de cette femme. Elle s'arrêta en face du bureau de Beckett. Castle était resté figé par la beauté de cette femme.
- « Est-ce que c'est vrai ?.... Ellen est... » Sophia Tork avait la voix chargée d'émotions et elle ne réussit pas à terminer sa phrase.
- « Malheureusement j'ai bien peur que oui... Toutes mes condoléances madame Tork, » dit Beckett avant de marquer une pause pour laisser à Sophia, le temps de digérer la nouvelle. Puis elle l'invita à la suivre.
Elles se rendirent dans la salle de repos suivies de Castle. Les deux femmes prirent place l'une en face de l'autre.
- « Vous étiez l'agent de la victime c'est bien ça ? » questionna Beckett.
- « C'est moi qui l'ai... Enfin qui l'avais repérée. Elle avait une immense carrière devant elle... »
- « On a retrouvé son corps dans Soho la nuit dernière, vous avez une idée de ce qu'elle pouvait y faire ? »
- « Hier soir... Un ami avait organisé une soirée privée au Soho Grand sur West Broadway, » expliqua-t-elle.
- « Pouvez-vous nous dire à quelle heure elle a quitté la soirée ? » intervient Castle.
- « Je.... Je regrette je suis.... Je suis rentrée vers 1h. Elle était toujours avec ses amis. » L'agent reprit sa respiration et enchaina. « Vous devriez demander à son copain »
- « Elle voyait quelqu'un ? » s'assura Beckett.
- « Je ne peux pas vous dire si c'était sérieux entre eux, elle ne s'étendait pas sur sa vie personnelle... »
- « Vous avez le nom de ce garçon ? » interrogea l'écrivain.
- « Seulement son prénom... Edouard...Un artiste je crois. »
- « Savez-vous qui était présent à cette soirée ? »
- « Je ne peux pas vous citer toutes les personnes présentes, on devait être une petite trentaine... » souffla le témoin. « Par contre je peux vous donner les coordonnées de James, c'est lui qui a organisé la soirée. Il doit avoir une liste des invités. »
Sophia nota sur un morceau de papier que lui avait tendu Castle, les coordonnées de l'organisateur de la fameuse soirée. Et elle tendit le tout à Beckett qui la remercia d'un signe de tête.
- « Vous voyez quelqu'un qui pourrait lui vouloir du mal ? Des ennemis peut-être ? » poursuivit la lieutenant.
- « Non... Ellen est... était une jeune femme agréable et sans problème, » dit la quarantenaire la gorge serrée.
- « Même pas une rivale dans le mannequina...? » sonda Castle.
- « Il y a toujours des petites rivalités dans ce milieu, bien-sur mais je ne vois personne capable d'en arriver jusque là ! » s'offusqua l'agent de la victime.
- « Bien, madame Tork, merci pour votre temps. Nous vous tiendrons informée, » conclut la jeune enquêtrice.
Sophia se leva pour partir et Beckett l'imita.
- « Une dernière question, reconnaissez-vous ce sac ? » demanda Castle en tendant une photo.
- « C'est celui d'Ellen, oh mon dieu ce sang.... »
Beckett accompagna la femme vers un agent de police pour qu'elle se fasse raccompagner. Elle revient ensuite dans la pièce où se trouvait toujours Castle. Elle lui adressa un regard chargé de mécontentement.
- « Quoi ? On est sure que c'est son sac maintenant, » se défendit-il.
Beckett roula des yeux et sortit de la salle de repos. Elle devait avouer qu'il n'avait pas tort. Quelques minutes plus tard, Castle retrouva Beckett devant le tableau blanc et lui tendit une tasse pleine de café comme pour s'excuser partiellement.
- « Je viens de décrocher l'adresse de notre victime, » les interpela Esposito depuis son bureau.
- « Ok, on va aller voir ce qu'on peut trouver là bas, » dit Beckett en saisissant le bout de papier, indiquant l'adresse de la victime, que lui tendait Esposito. « Castle, en route ! »
Chapitre 6
A l'appartement de la victime.
Après quelques minutes de voiture, les voici arrivés au pied d'un ancien immeuble industriel rénové avec goût. Castle ouvrit la porte de l'immeuble et laissa entrer Beckett galamment. Ils pénétrèrent dans le hall et se dirigèrent vers le bureau du concierge.
- « Bonjour, » dit Beckett.
- « Que puis-je faire pour vous ? » répondit un homme d'une soixantaine d'années, les cheveux grisonnant, après s'être éclaircit la voix.
- « Je suis le lieutenant Kate Beckett, NYPD et Richard Castle. Nous.... »
Le concierge réajusta ses lunettes et se rapprocha du comptoir pour mieux observer les deux jeunes gens.
- « Je peux revoir votre plaque, » interrompit-il avec autorité.
Beckett fut étonnée par la demande et le ton qu'avait prit le soixantenaire. Elle échangea un regard avec Castle qui visiblement partageait sa surprise. Elle s'exécuta et remontra sa plaque au soixantenaire.
- « Nous enquêtons sur un homicide et nous aimerions entrer dans l'appartement d'Ellen Clarson » reprit-elle.
- « Vous avez un mandat ? »
Beckett sortit un papier de sa poche et le tendit au soixantenaire qui prit connaissance du document.
- « Si vous voulez bien me suivre. »
L'homme contourna le comptoir et leur fit signe de monter dans l'ascenseur en sa compagnie.
- « Mademoiselle Clarson réside au dernier étage » expliqua le vieil homme.
Arrivé au dernier étage de l'immeuble, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Le concierge sortit un trousseau de clés de sa poche et déverrouilla la porte de l'appartement de la victime. Beckett le congédia poliment et pénétra dans l'appartement de la jeune femme, suivi de Castle.
Dès qu'elle passa le pas de la porte, Beckett fut aveuglée par la lumière qui pénétrait dans l'appartement et fut ensuite subjuguée par la vue qu'offrait le loft sur Manhattan.
- « Waaw ! C'est magnifique ! » s'extasia Castle qui tournait sur lui-même pour découvrir l'ensemble de l'appartement et s'approchait des baies vitrées pour mieux apprécier la vue.
- « On n'est pas venue pour acheter Castle ! ». Elle s'affairait déjà fouiller dans la vie de la jeune femme pour découvrir le moindre indice.
- « Certes, mais on ne peut pas nier qu'elle avait du goût en manière de décoration ». Il fit quelques pas en direction d'une étagère. « Et surtout en littérature. »
Il avait découvert avec plaisir, plusieurs de ses livres dans la collection d'ouvrages soigneusement rangés sur l'étagère dont il s'était approché. La modestie n'était vraiment pas son fort, Beckett esquissa un sourire sans savoir quoi répondre. Il était très bon écrivain et elle ne pouvait pas le nier, elle était déjà fan avant de le rencontrer et de devenir l'objet de son inspiration.
- « Allez Castle on se concentre, on est venu pour trouver des informations qui pourraient lisser supposer qu'elle avait des problèmes. »
- « Ou sur un certain Édouard... »
Il venait de prendre une feuille de papier qui trainait sur l'étagère.
- « Tu as trouvé quelque chose ? » demanda Beckett avec intérêt.
- « Nan, ça n'a rien à voir avec notre affaire. »
Elle lui lança un regard vaguement amusé par la blague qu'il venait de faire. Elle le tour du salon en quête d'éléments intéressants, en vain.
- « Je vais dans la chambre. »
- « La chambre... » répéta-t-il d'un ton charmeur et un sourire sur les lèvres. Elle lui avait tendue la perche, elle le connaissait tellement bien qu'elle savait qu'il n'aurait pas pu résister.
Depuis quelques jours, il se sentait plus proche de sa partenaire. Il lui semblait qu'elle laissait tomber le masque par moment et il profitait à fond de chacun de ces précieux instants, où leur complicité devenait évidente.
Jusqu'à la chambre, ils n'avaient pas réellement trouvé d'informations personnelles sur leur victime et encore moins sur un éventuel petit ami. Mais la chance leur sourit enfin. Sur la commode de la chambre à coucher, Castle découvrit un cadre contenant une superbe photo de la victime enlacée par homme dans Central Park.
- « Regarde un peu ça ! » Il prit le cadre dans les mains, l'ouvrit, en sortit la photo et la retourna.
- « Édouard, automne 2011, » murmura Beckett à proximité de l'oreille de Castle.
Elle était entrain de lire par dessus son épaule. Au son si proche de la voix de coéquipière, Castle tourna la tête dans sa direction et se retrouva à quelques centimètres de son visage.
- « Fais voir, » dit la jeune femme en tendant son bras en direction de la photo.
- « Non... » taquina l'écrivain en écartant son bras droit et en augmentant de ce fait la distance entre la main de Beckett et la photo.
Dans un mouvement de rein, elle combla presque totalement l'espace qui les séparait. Subtilement, elle tenta de s'emparer du cliché, tout en le regardant. Il croisa son regard. L'intensité de cet échange visuel et de la proximité de leurs deux corps parut troubler partiellement le Don Juan. Beckett le remarqua et profita de la diversion qu'elle venait créer pour rapprocher sa main du cliché. Elle jouait de plus en plus de ses charmes sur lui. Tous les deux avaient une main sur la photo et continuaient à se regarder. Afin de prendre pleinement possession de l'image désirée, Beckett caressa légèrement ses doigts prévoyant la réaction de son partenaire. En effet, la sensation de sa peau contre la sienne transporta, littéralement, Castle. Et au moment où il pensait qu'il pourrait se passer quelque chose, Beckett subtilisa la photo et disparut.
- « Castle ? » Elle était déjà repassée dans l'autre pièce et se dirigeait vers la sortie. « On y va ? »
- « Humm. »
Il était resté figé devant l'impassibilité de la jeune femme et il ne réussit pas à faire sortir d'autres sons de sa bouche, tellement il était décontenancé. D'un pas nonchalant il la rejoignit et ils rentrèrent au 12th.
Chapitre 7
Au 12th.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur Beckett et Castle qui rentraient de l'appartement de la victime. Fort des nouvelles informations qu'ils avaient débusquées, ils se dirigèrent vers le bureau de Ryan.
- « Hey, déjà de retour ? » commenta Ryan
- « Ouais et avec du nouveau... » triompha Castle.
Pour se faire mousser, Castle, qui se tenait en face de Ryan, avait un sourcil levé et il agitait allégrement la nouvelle pièce du puzzle que lui et sa charmante muse avaient découvert dans la chambre de la victime.
- « Qu'est-ce que c'est ? » demanda Ryan.
- « Ah ah ah, » se moqua l'écrivain.
- « Allez Castle, crache le morceau, » s'impatienta le jeune Irlandais.
L'écrivain fit mine de lui donner l'image mais, au moment où Ryan allait en prendre possession, Castle la retira rapidement en arrière, la tenant hors de sa portée. Beckett se tenait à côté de Castle et était amusée par les enfantillages de son partenaire. Alors que Ryan était quasiment en train d'escalader son bureau pour atteindre Castle qui conservait la photo en l'air, au bout de son bras, Beckett prit pitié de son ami irlandais et subtilisa le cliché des doigts de l'écrivain.
- « Hey ! » lui adressa Castle déçu qu'elle mette fin à son petit jeu, une moue boudeuse sur le visage.
- « On a trouvé ça dans l'appartement d'Ellen. Il semblerait que ce soit le fameux Édouard, » expliqua-t-elle à Ryan en lui présentant l'image. « Vois si tu peux trouver un nom de famille. »
- « Ok, je m'y mets. »
Il prit la photo et lança un regard triomphant à Castle comme s'il avait remporté une victoire sur l'écrivain.
- « Nia nia nia... » fit Castle pour toute réponse à cette provocation, en fronçant le nez.
Content de l'effet qu'il avait eu sur Castle, Ryan se mit au boulot et commença à taper des informations sur son ordinateur alors que Beckett allait à son bureau.
- « Rabat-joie ! » murmura Castle à l'oreille de la jeune femme.
Il l'avait rattrapée en deux secondes et elle pouvait sentir sa présence juste derrière elle. Elle était de bonne humeur aujourd'hui et plutôt patiente avec son partenaire. Elle s'arrêta net et se retourna pour se trouver face à lui. Ce demi-tour avait été si rapide que Castle faillit lui foncer dedans.
- « Ooooh ! » laissa-t-il sortir en évitant comme il pouvait de tomber sur la jeune femme.
- « On est là pour résoudre une enquête Castle... »
Elle était si proche de lui qu'il sentit son souffle sur son visage.
- « C'est ce que je dis. Rabat-joie, » répéta-t-il en appuyant chaque syllabe de sa dernière phrase.
Elle lui adressa un magnifique sourire qui signifiait « Je me fous complètement de ce que tu dis » et repartit en direction de son bureau, s’asseyant sur sa chaise.
- « Hey... Je creusé un peu dans le passé de notre victime... » interpella Esposito qui venait de raccrocher le téléphone de son bureau.
- « Et tu as trouvé quelque chose d'intéressant ? » se renseigna Beckett.
Il prit ses notes et commença à en référer à ses amis.
- « Alors, elle aurait débarqué à New York il y a un peu plus d'un an. C'est son agent, Sophia Tork, qui l'a fait venir en ville, elle l'a tout de suite prise sous son aile, lui a fournit un appart et trouvé des contrats. »
- « Et pour ce qui est de son emploi du temps ? » demanda Beckett.
- « Sa vie était rythmée par les séances de maquillage, d'essayage et de photo. »
- « Elle vient d'où ? » s'intéressa Castle.
- « D'une petite ville de l'Ohio. Apparemment, elle y aurait vécu seule. »
- « De la famille ? » demanda Beckett.
- « Alors, selon les renseignements que j'ai, elle était fille unique et ses parents seraient décédés dans un accident de voiture. Il y a un peu plus d'un an et demi, » détailla le jeune hispanique.
- « Ce qui expliquerait qu'elle ait accepté de venir à New York il y a un an. Ça a dû lui permettre de laisser cette tragédie derrière elle et de recommencer une nouvelle de vie » imagina Beckett.
- « Pas très longue... » ironisa l'écrivain.
- « Très drôle ! » lâcha Esposito. « En cherchant bien, j'ai quand même trouvé une parente. Une cousine. »
- « Tu sais quoi sur elle ? » réclama Beckett.
- « Elle s'appelle Émilie Wattman, elle a 32 ans... Et la dernière adresse connue se situe dans le New Jersey... Je l'ai appelée et elle a accepté de nous recevoir dans l'après midi. »
- « Bien, » félicita la jeune femme. « Vas-y avec Ryan. Et pour la liste des invités de la soirée au Soho Grand, tu as quelque chose ? »
- « Ouais, j'ai bossé là-dessus... » Il récupéra d'autres notes sur son bureau et revint à la discussion. « Donc, un ami de la victime dit l'avoir vu sortir de la fête vers 1:10 am suivi de son petit copain. Il a d'ailleurs ajouté que le type en question semblait assez remonté, » relata Esposito.
- « Tu n'as pas son nom avec la liste des invités ? » intervint Castle.
- « Eh ben non, figurez-vous qu'il n'était pas sur la liste... »
- « Étrange... » songea Castle.
- « Mais des témoins attestent qu'il était là toute la soirée, » reprit le jeune hispanique.
- « Ok, il faut vraiment qu'on mette la main sur ce mec... Au fait, quand tu iras chez sa cousine, pense à lui demander si elle le connait. »
- « C'est noté ! » finit Esposito avant de repartir à ses occupations.
Beckett nota les dernières informations connues sur le tableau blanc pendant que Castle se réinstallait sur son fauteuil pour mieux l'observer. Elle fixait le tableau en se tapotant les lèvres avec son index à la recherche du moindre élément qu'ils auraient pu négliger jusqu'ici. Elle était adorable quand elle faisait ça et Castle la dévorait littéralement des yeux. Elle se retourna et vit l'expression de son partenaire bien que celui-ci tenta de ne rien laisser paraître.
- « Ça va ? » demanda Beckett une voix douce et amicale comme si de rien n'était.
L'auteur, surpris dans sa contemplation, se leva et s'approcha du tableau faisant mine de penser à l'enquête et à l'enquête uniquement.
- « Je... Je me demandais ce qui avait bien pu se passer dans la vie de cette jeune femme pour qu'elle finisse ainsi. »
- « C'est vrai... Et j'ai du mal à comprendre ce que faisait son sac deux rues plus loin. »
Elle observait la photo du sac à main de la victime tout en réfléchissant.
- « Tu penses à un vol qui se serait mal passé ? » proposa Castle.
- « C'est plausible. En plus, on n’a pas retrouvé son portefeuille... »
Le téléphone de son bureau retentit et tous les deux s'en approchèrent.
- « Beckett...Ok, à tout de suite ». Elle raccrocha. « C'était Lanie, elle a fini l'examen préliminaire de la victime. »
- « C'est reparti ! »
Castle fit le tour du bureau, enfila sa veste et proposa la sienne à sa partenaire. Elle le remercia d'un sourire et, en bon gentleman, il lui fit signe de passer la première d'un geste de la main.
Chapitre 8
A la morgue
Lorsqu'ils traversèrent les portes battantes de la salle d'autopsie, ils étaient en pleine conversation et Beckett avait un sourire qui lui fendait le visage.
- « Hey, regardez moi ça ! »
- « Salut Lanie, alors qu'est-ce que tu as pour nous ? »
Elle n'avait aucune envie de prêter attention au commentaire de son amie qui la fixait de ses yeux remplis de sous-entendus. Lanie savourait chaque instant de complicité entre Beckett et Castle. Elle était persuadée des sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre et voir Beckett nier l'évidence la faisait rigoler.
- « D'après mes analyses, je situe la mort entre 1:45 et 2:00 am. J'ai aussi comparé les blessures sur le crâne de la victime avec le moulage du rebord du muret que Javier avait trouvé sur la scène de crime, » reprit la légiste. « Et… Regardez ça... » Elle leur montra les résultats de l'analyse.
- « Ça colle parfaitement ! » s'exclama Castle.
- « Exact. »
- « Donc, résumons… Elle aurait quitté la fête pour une raison qu'on ignore... » réfléchissait Beckett tout haut.
- « Il était tard, elle voulait peut-être rentrer se coucher... » proposa l'écrivain.
- « Admettons... Donc elle est dehors... »
- « Son petit copain la rejoint... »
- « Mais pourquoi était-il remonté ? » se demanda Beckett.
- « Elle a peut-être fricoté avec un autre mec au cours de la soirée... Elle était mannequin... » suggéra Castle.
- « Ok donc... Ils s'éloignent un peu pour discuter… »
- « Se disputent... » poursuivit Castle.
Ils étaient encore en train d'élaborer d'une de leurs théories et Lanie avait totalement perdu leur attention. Leur regard était plongé dans celui de l'autre, un sourire naissait sur leurs lèvres.
- « Ils en viennent aux mains... Il la pousse… »
Elle accompagna le geste à la parole effectuant une pression de la paume de sa main sur le torse musclé de Castle. Lanie restait là à les regarder, ils étaient absorbés dans leur bulle.
- « Elle perd l'équilibre et se cogne la tête contre le muret derrière elle... » enchaina Castle.
- « La voyant allongée sur le sol, immobile... Il réalise ce qui vient de se passer... »
- « Pris de panique, il préfère s'enfuir sans prendre le temps de prévenir la police ! »
Ils se tournèrent vers la légiste, fiers d'avoir élucidé leur affaire.
- « Ok... Et après tu oses me dire qu'il ne se passe rien ! » taquina Lanie.
Beckett n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche pour se défendre qu'elle reprenait déjà, trop ravie de capter à nouveau l'attention des deux acolytes.
- « J'ai demandé un examen toxico mais j'attends encore les résultats... »
Beckett et Castle se regardèrent toujours avec ce même sourire radieux et commencèrent à partir quand Lanie reprit une fois encore.
- « Une seconde ! »
Les deux amis firent volte-face.
- « Tu as encore quelque chose ? » s'étonna Beckett. « Pourquoi ne l'as tu pas dit plus tôt ? »
- « Vous faisiez...Votre truc... » Elle secoua son index dans leur direction, un sourire en coin et le regard qui en disait long. « Votre charmante victime était enceinte. »
- « Enceinte ? » répéta Castle surpris de cette nouvelle.
- « Depuis un peu plus de dix semaines je dirais, » confirma la légiste.
- « Ça change la donne. Il faut vraiment qu'on mette la main sur ce fameux Édouard ! » dit Beckett tout en réfléchissant.
- « Dès que j'ai les résultats des tests toxico, je t'appelle. »
- « Ok, merci Lanie. »
Castle salua la jeune femme et, en compagnie de Beckett, disparut derrière les portes de la salle d'autopsie.
Au 12th
De retour au poste, Beckett se posa devant le tableau pendant que Castle y notait les nouveaux éléments de l'enquête.
- « Hey les gars, vous pouvez venir une seconde ? » héla Beckett depuis le tableau.
Les deux amis étaient en train de discuter dans la salle de repos en buvant un café.
- « On arrive ! » dit Ryan depuis l'autre pièce.
- « Quoi de neuf ? » demanda Esposito en s'approchant d'eux.
- « Lanie nous a donné de précieuses infos... Regarde ! »
- « Elle était enceinte ! » s'exclama Esposito en lisant ce qu'écrivait Castle par-dessus son épaule.
- « Surprenant... Hein ? » dit Castle.
Les deux amis prirent rapidement connaissance des nouvelles données et Beckett leur expliqua que Lanie était en train de lancer d'autres analyses pour préciser la cause de la mort.
- « Sinon vous avez du nouveau sur le petit ami ? » demanda-t-elle pour faire le point.
- « Toujours rien, ce type n'apparaît dans aucun de nos fichiers, » dit Ryan.
- « Ok... Et avec la cousine, on en est où ? »
- « Rien de bien intéressant, ni de nouveau. Elles n'étaient pas vraiment proches. Il semblerait que, depuis l'accident de ses parents, Ellen se soit renfermée sur elle-même, » expliqua-t-il.
- « Du coup, elles ne se sont pas vu depuis qu'Ellen est arrivée en ville, » termina Ryan. « Sa cousine sait très peu de chose sur elle. La plupart des infos qu'elle a, c'est par la presse. »
- « Donc je suppose qu'elle ne connait pas le petit ami, » dit Castle.
- « En effet, elle n'a aucune idée de qui est ce type. »
- « Personne ne sait qui c'est... Ça le rend d'autant plus suspect ! » reprit Castle d'une voix rauque pour cultiver le mystère qui entourait le garçon.
- « Ok, je crois que c'est bon pour ce soir. De toute façon, vu l'heure, on ne risque pas d'avancer. Vous pouvez y aller si vous voulez, » lança Beckett aux garçons qui retournaient à leurs bureaux.
Ils lui adressèrent un sourire de remerciement et ne se firent pas prier pour quitter les lieux.
Chapitre 9
Au 12th.
Une fois les deux garçons partis, Castle balaya l'étage du regard. Il ne restait plus qu'eux deux, tout le monde était déjà rentré et l'étage paraissait désert.
- « Un petit café pour finir la journée ? » proposa Castle.
Sans réellement attendre la réponse de Beckett, il passa la porte de la salle de repos et mit la machine à expresso en route. Elle le suivit et s'assit confortablement sur le canapé en observant son charmant partenaire. Depuis la nuit où elle avait rêvé de lui, elle se laissait parfois surprendre à imaginer les courbes de Castle cachées sous sa chemise.
- « Et voilà. »
Il s'approcha d'elle et lui tendit sa tasse. Il vint ensuite s'assoir juste à côté d'elle.
- « Merci Castle, » dit-elle d'une voix douce.
L'écrivain but une gorgée de café et entama la discussion.
- « Donc elle était enceinte... »
- « Ce n'était pas annoncé dans ton magasine ? » taquina Beckett.
- « Très drôle, » lança Castle.
Il but à nouveau une gorgée et s'enfonça un peu plus confortablement dans le canapé.
- « Tu penses vraiment que ça pourrait être le petit copain ? » reprit-il.
- « T'as pas l'air convaincu. »
- « Je sais pas... En y repensant, si elle était en enceinte de lui, j'ai du mal à comprendre pourquoi l'aurait-il tué ? »
- « Hum... Peut-être qu'il n'était pas le père. »
- « Je pense que si. Les garçons nous ont dit qu'elle ne faisait pratiquement que bosser, je ne vois pas bien quand elle aurait eut le temps de voir un autre homme... » souffla Castle.
- « Qui sait, Castle, une fille peu caché bien de mystères. »
- « Oh mais, je ne me risquerait pas à sous-estimer le genre féminin en ta présence. »
Elle lui adressa un regard chargé d'interrogation.
- « Tu m'as prouvé à plusieurs reprise que les femmes pouvaient être tout aussi douées que les hommes dans bien des domaines... » enchaina-t-il. « En fait, Ellen, elle est un peu comme toi.. »
- « C'est-à-dire ? » s'étonna-t-elle.
- « Ben, elle était toujours au boulot, ne prenait pas vraiment de temps pour elle ni pour une vie sociale, » constata l'écrivain.
- « Eh ! J'ai une vie sociale ! » grinça-t-elle faussement indignée en lui assignant un petit coup de coude dans les cotes avec un sourire en coin. « Regarde, je suis en pleine conversation avec toi, » plaisanta la jeune femme.
- « Nan ce que je veux dire, c'est que... Tu t'imaginerais avoir à gérer deux hommes en plus de ton boulot ? »
- « C'est vrai que j'ai déjà du mal rien qu'avec toi, alors... » taquina-t-elle.
Cette réponse le surprit. Elle venait de lui avouer à demis mots qu'il y avait quelque chose de particulier entre eux, un peu plus que de l'amitié. A cette pensée, son visage s'illumina et un sourire apparut sur ses lèvres.
- « Alors comme ça, tu as du mal à me gérer ! » blagua-t-il.
- « C'est rien de le dire ! » dit-elle en lui tapotant la cuisse.
Elle avait fait ce geste totalement inconsciemment ce qui n'était pas pour déplaire à Castle. Lorsqu'elle se rendit compte de ce qu'elle faisait, elle baissa les yeux sur sa main comme pour en reprendre le contrôle. Après une intense concentration, elle parvint à ralentir son mouvement jusqu'à l'arrêter complétement. Mais pour une raison inexplicable, sa main resta sur sa cuisse une seconde encore.
- « Kate... » murmura-t-il en lui relevant la tête du bout de ses doigts.
Les pommettes de la jeune femme étaient toutes rouges. Ils étaient extrêmement proche l'un de l'autre. Si proche que le moindre mouvement de la part de l'un ou de l'autre aurait joint leurs lèvres. Soudain, perturbée par les émotions qui l'assaillaient, elle se leva et fit quelques pas. La voyant aux prises avec ses doutes, Castle se leva lui aussi et s'approcha d'elle.
- « Hey, tout va bien... » lui murmura-t-il.
- « Je... Castle... »
Elle voulait lui avouer ses sentiments mais elle n'était pas sure d'elle. Son inquiétude et ses appréhensions transparaissaient sur son magnifique visage. Pour rassurer sa partenaire et lui donner confiance, il lui caressa la joue. Au moment crucial, la sonnerie du téléphone de Castle coupa Beckett dans son élan.
- « Excuse moi... » reprit-il.
Il le sortit de sa poche et, en levant un doigt en direction de Beckett, il lui fit signe de ne surtout pas oublier ce qu'elle allait dire.
- « Hey... Je suis un peu occupé là... Nan, toujours au poste. Pourquoi ? »
Beckett remercia intérieurement le téléphone de Castle de l'avoir interrompue, lui donnant ainsi l'opportunité de s'échapper. Elle s'écarta de son partenaire et alla poser sa tasse de café dans l'évier avant de se diriger vers la sortie, laissant à Castle une certaine intimité pour sa conversation.
- « Oui oui... Ok, très bien. »
En voyant sa belle prendre la fuite, il écourta la conversation avec son éditrice. Et, en une fraction de secondes, il parcourut la distance qui les séparait et enfila sa main dans celle de Beckett pour la retenir. Elle se retourna en regardant leurs deux mains jointes, avant de relever ses yeux vers Castle.
- « Attends... »
Il la regardait fixement, il la sentait hésitante.
- « Il est tard, je... » dit-elle le regard fuyant.
L'angoisse avait pris le dessus et la contrôlait totalement, l'empêchant de lui dire ce qu'elle voulait. Elle détacha sa main de la sienne et alla récupérer sa veste sur le dossier de sa chaise de bureau.
Castle ne pouvait se résoudre à la laisser partir une fois encore. Ils avaient été si proches de... Il la retint par le bras et l'obligea à lui faire face.
- « Kate... Ne pars pas... »
- « Je suis désolée, » dit-elle impuissante.
- « Regarde-moi, » lui demanda-t-il doucement.
Après une longue seconde, elle plongea ses yeux dans les siens. Il était d'autant plus difficile maintenant de le laisser seul après avoir failli l'embrasser.
- « Je... Je suis désolée Rick... »
Et elle disparut par les escaliers.
Chapitre 10
Chez Beckett.
Après quelques minutes de route et un arrêt dans un restaurant chinois, Beckett arriva chez elle. Elle passa la porte de son appartement et enleva sa veste. Elle posa sa commande sur le plan de travail de la cuisine, elle n'avait pas vraiment faim. Son cœur était lourd d'avoir laissé Rick ainsi. Elle s'en voulait de ne pas avoir trouvé le courage de lui parler mais une chose l'en avait empêchée, ce secret qu'elle lui cachait, le mensonge sur son amnésie. Elle ne pouvait pas commencer quelque chose avec lui sans être honnête et, pour cela, elle devait assumer ses actes. Elle avait les idées embrouillées et le sentiment de lâcheté qui s'emparait d'elle l'énervait. Elle décida d'aller prendre une douche pour essayer de se calmer un peu. La chaleur de l'eau sur sa peau la détendit peu à peu. Lorsqu'elle sortit, elle se sentait un peu mieux même si elle était toujours désolée de son comportement envers Castle. Elle passa un short et un débardeur et entreprit de réchauffer sa commande qu'elle avait laissée en plan dans la cuisine. Quelques bouchées plus tard, elle n'avait plus faim et entreprit de débarrasser la table quand on frappa à la porte.
- « Castle ? Je ne t'attendais pas... Je... » dit Beckett un peu embarrassée par la tenue dans laquelle elle se trouvait.
Il était un peu agité et ne prêta pas vraiment attention à la tenue de son hôte.
- « Je peux entrer un instant ? » demanda-t-il.
D'une main, elle lui fit signe de passer le seuil de son appartement et il s'exécuta.
- « Écoute Kate, il faut qu'on discute... » reprit-il.
Le malaise entre l'écrivain et la jeune enquêtrice était palpable. Elle l'invita à s'installer sur le canapé mais il n'en fit rien. Il entra juste un peu plus dans l'appartement, il se retourna sur elle. Elle était debout au milieu de la pièce, ne sachant pas comment réagir.
- « Tu veux boire quelque chose ? » lui proposa-t-elle pour lancer la discussion.
- « Non, merci » refusa-t-il poliment. « Kate, qu'est-ce qu'il se passe ? »
- « De quoi tu parles ? » articula-t-elle en faisant l'autruche.
Il lui adressa un regard qui disait " Arrête de te moquer de moi ! ".
- « Je ne comprends pas... J'ai l'impression que tu fais un pas en avant et deux en arrière... » décrit-il en comblant la distance qui les séparait.
Il se tenait en face d'elle, proche, et cherchait son regard en vain. Elle gardait les yeux baissés, se tripotant nerveusement les mains.
- « Rick... Je ne sais pas, » murmura-t-elle.
Castle perçut clairement la tension de la jeune femme et tenta de la rassurer une fois encore en lui prenant les mains.
- « Tu sais que je serais toujours là pour toi, » affirma-t-il. « Je tiens à toi Kate
mais cette situation ne peut plus durer. J'ai des sentiments pour toi depuis un moment déjà. »
- « Moi aussi je tiens beaucoup à toi, Rick. Mais... »
- « Ce n'est pas d'amitié que je parle... C'est... » éclaircit Castle.
- « D'amour... » finit-elle. « Je le sais. »
- « Tu le sais ? » s'étonna-t-il de la réponse de sa muse.
Elle aurait mieux fait de réfléchir avant de parler, mais c'était sortis du tac au tac. Elle était bien embarrassée maintenant. Comment pouvait-elle lui dire qu'elle lui avait mentie sur son amnésie ?
Le regard de Castle devenait de plus en plus pressant, elle voyait bien qu'il voulait en savoir plus. Il était temps de lui dire. Elle rassembla tout son courage.
- « Je n'ai pas été tout à fait honnête avec toi, » se jeta-t-elle à l'eau.
- « A quel sujet ? »
- « Après la fusillade. »
- « C'est-à-dire ? »
Elle avait baissé les yeux et affichait une mine confuse alors que Castle était suspendu à ses lèvres. Elle dégagea ses mains de celles de Castle et fit les cent pas, tiraillée par son envie de tout lui avouer et l'angoisse de sa réaction.
- « Je... J'ai tout... » balbutia la jeune femme.
Il était désorienté par les propos que tenait la jeune enquêtrice. Était-elle en train de lui dire ce qu'il croyait qu'elle disait ou son esprit lui jouait-il des tours ?
- « Rick... » reprit-elle. « Je t'ai entendu ce jour là. »
- « Tu veux dire que tu te souviens, que tu as retrouvé la mémoire ? »
Elle devient rouge de honte et plissa à moitié les yeux en se frottant le front.
- « J'ai... Je n'ai jamais perdu la mémoire, » avoua-t-elle enfin.
- « Tu n'as jamais perdue la mémoire » répéta-t-il machinalement comme pour être sûr qu'il avait bien compris ce qu'elle avait dit. Il venait seulement de se rendre compte de ce que cela signifiait.
- « Donc, depuis tout ce temps, tu me faisais croire que... Comment as-tu pu ? »
- « Je suis désolée Rick... Après mon opération, à mon réveil... Tu es venu... Je ne savais pas comment gérer tout ça... J'étais déboussolée alors je t'ai dit que je ne me souvenais pas pour ne pas que tu aborde le sujet, » dit-elle à voix basse en s'approchant de lui. « Après, les jours ont passés et je ne savais pas comment te l'avouer, j'ai donc continué dans mon mensonge sans savoir comment m'en sortir. Mais, maintenant, je ne peux plus te mentir. »
- « Pourquoi maintenant ? »
- « J'ai besoin de toi mais il m'était impossible de commencer quelque chose sans être honnête. »
Malgré les derniers mots que la jeune femme avait prononcés, il était trop blessé pour dire quoi que ce soit. Il était abasourdi par la nouvelle, il avait du mal à en croire ses oreilles. La tristesse et la déception s'emparèrent de lui, des sentiments que sa muse ne lui avait jamais inspirés auparavant.
De son côté, Beckett s'en voulait terriblement, son cœur battait à toute vitesse et une larme coula le long de sa joue quand elle lut de la déception dans les yeux de son écrivain.
- « Je suis désolée, j'étais... Je ne savais pas comment te le dire »
En entendant ses excuses, il détourna le regard. La situation devenait pénible pour lui et difficile à surmonter mais voir Beckett dans cet état était également désarmant. Il n'arrêtait pas de prendre son front dans ses mains. Il poussa un soupir afin de reprendre le contrôle de lui-même. Il se figea un instant. Puis, il fixa Beckett et, dans un moment de lucidité, il entreprit de se diriger vers la porte d'entrée et de partir pour mettre un terme à toute cette souffrance qui le traversait, pour prendre le recul qui lui permettrait de surmonter la situation.
- « Attends Rick... Ne pars pas comme ça... » implora la jeune femme en le retenant par le bras, les yeux remplis de larmes. « Je ne voulais pas te blesser. »
- « C'est raté, Kate ! » murmura-t-il.
C'est à ce moment qu'elle prit réellement conscience de toute la tristesse qu'il éprouvait. A cette vision, elle son cœur se serra. Il dégagea son bras de l'étreinte de celle qu'il aimait et disparut derrière la porte de son appartement, la laissant seule.