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Meurtre au petit matin

Série : Castle
Création : 10.01.2012 à 12h08
Auteur : Lolotte39 
Statut : Abandonnée

« Ma première fiction, un meurtre, une enquete et du caskett ;) » Lolotte39 

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  Chapitre 11

 

Chez Beckett.

Elle se laissa glisser dos contre la porte que venait de passer Castle et ne put retenir ses larmes. A cet instant, se lisait sur son visage humide deux types d'émotion. Tout d'abord, la tristesse car elle aurait aimé qu'il reste pour qu'elle puisse tenter de justifier ces actes. Mais elle éprouvait aussi une grande colère. Elle s'en voulait terriblement d'avoir été à l'origine de la douleur qu'il pouvait ressentir mais aussi, de l'expression de déception qu'elle avait lue sur son visage et qui était encore gravée dans sa mémoire.

Après un long moment passé au sol, ses sanglots s'arrêtèrent enfin et elle essuya ses grands yeux verts. Elle trouva la force de se lever, vida d'un trait le verre de vin qu'elle s'était servit au moment du repas et qui trainait encore sur la table de cuisine et elle prit un sac plastique pour commencer à débarrasser les restes de nourriture chinoise qui étaient restés en plan. Dans le but d'occuper son esprit et de se calmer, elle continua sur sa lancée et se mit à ranger tout son appartement, jusqu'à tomber de fatigue.

Le lendemain matin, le réveil fut difficile pour Beckett. Elle maudit l'appareil qui la sortit du sommeil qu'elle avait eu tant de mal à trouver et repoussa l'alarme. Au bout de trois nouvelles sonneries, elle se força à se lever, le visage marqué par la fatigue et les yeux encore bouffis des larmes qu'ils avaient laissé couler. Elle se déshabilla et entra sous l'eau brulante de la douche. Elle resta sous le jet de longues minutes afin d'émerger un peu plus et se prépara à la rude journée qui allait probablement suivre. Elle regarda l'heure, elle avait déjà plus d'une heure de retard, elle accéléra le mouvement, attrapa un pantalon et un col roulé, enfila une paire de bottes et prit ses affaires pour aller au poste.

 

Au 12th.

En arrivant à l'étage de son bureau, elle commença à redouter une confrontation avec Castle. Elle ne savait pas comment lui réagirait ni même elle. La pression monta d'un cran quand elle s'enfonça dans la foule déjà présente sur place. Mais, en balayant l'étage du regard, elle constata qu'il n'était pas là. Un brin de soulagement la traversa, mais secrètement elle espérait qu'il viendrait au poste dans la journée pour avoir une occasion de lui parler et de vérifier qu'il tenait le coup.

Elle passa devant les bureaux de Ryan et Esposito qui étaient déjà sur le pied de guerre.

- « Salut patron, un peu à la bourre ce matin? » lança Esposito.

- « Du nouveau ? » coupa-t-elle n'ayant pas envie de faire la causette.

- « J'ai repris tous les évènements de l'enquête et je me suis souvenu que l'agent de la victime avais dit que le type qu'on cherche, Édouard, était un artiste... »

- « J'ai rappelé cette femme pour avoir plus de précision. Elle a affirmé qu'il était sculpteur, » continua Ryan.

- « Du coup, on a appelé toutes les galeries d'art à la recherche d'un sculpteur prénommé Édouard, » finit Esposito.

- « Et alors ? » s'impatienta Beckett.

Esposito était surpris que Beckett soit de si mauvaise humeur ce matin. D'habitude elle aimait tout savoir de l'enquête et de la manière dont ils avaient procédé pour obtenir leurs nouvelles informations. Mais ce matin, elle semblait particulièrement agacée par leurs explications. Il la fixait, les sourcils un peu relevés, essayant de deviner ce qui la tracassait, en vain.

- « Quoi qu'il en soit, une des vendeuses nous a fourni son nom ! » reprit-il. « Il s'appelle Édouard Boney. »

Il se tourna vers Ryan et ils se tapèrent dans la main pour se congratuler du travail accompli.

- « Ok, appelle-le... » dit-elle.

- « C'est déjà fait, il arrive dans une heure, » interrompit Ryan.

- « Bien... » lança Beckett en allant à son bureau.

- « Castle ne compte pas venir aujourd'hui? » demanda Ryan depuis sa chaise.

- « J'en sais rien ! » répondit-elle en montant les yeux au ciel et en se levant pour couper court à la conversation, et en profiter pour aller chercher un café.

Bien que la réflexion de Ryan l'énerva quelque peu, elle était plus ennuyée parce qu'elle ne savait pas y répondre, elle n'avait réellement aucune idée sur sa venue ou non au commissariat.

Une heure plus tard, le petit ami de victime apparut en compagnie de deux agents de police qui l'accompagnèrent jusqu'à la salle d'interrogatoire numéro 1. Avant de pousser la porte de la salle d'interrogatoire, Beckett vérifia son téléphone au cas où elle aurait un message ou un appel de Castle. Rien. Elle entra et s'assit en face d'un homme d'une vingtaine d'années, le tient mat, les cheveux noirs et les yeux bleus. A en juger par son allure, les officiers l'avait très certainement tiré de son travail car il portait des vêtements couverts de tâches et de peinture, et ses cheveux étaient en bataille.

- « Vous êtes bien Édouard Boney ? » entama la jeune femme d'un ton autoritaire.

- « Oui, c'est moi, » répondit le jeune homme d'une voix apeurée.

- « Lieutenant Kate Beckett, j'imagine que vous savez pourquoi vous êtes là monsieur Boney ! »

- « Pas vraiment, » confessa-t-il.

- « Vous connaissez Ellen Clarson ? »

- « C'est ma petite amie, on est ensemble depuis plusieurs mois. »

- « Depuis quand exactement ? »

La voix de Beckett se faisait de plus en plus menaçante et, à la dernière question de l'enquêtrice, le jeune recula sur sa chaise.

- « Depuis... Neuf mois... » bafouilla-t-il.

- « Neuf mois, c'est long ! Vous en aviez marre d'elle alors vous avez trouvé un moyen de vous en débarrasser. »

Beckett était réellement remontée mais sa colère n'était pas dirigée envers ce garçon, pourtant c'est bien lui qui en faisait les frais.

- « Quoi ! Mais... Non ! Qu'est-ce que vous racontez, » s'indigna le garçon.

- « Vous êtes entré sans invitation au Soho Grand pour lui dire ce que vous pensiez d'elle ! Et les choses ont, comment dire ? Dégénérées. »

- « Quoi ? »

- « Vous n'étiez pas sur la liste des invités, » répéta-t-elle plus clairement.

- « Évidemment, je ne voulais pas y aller... Mais Ellen a finit par me convaincre et m'a fait entrer... » se défendit-il.

- « Vous avez bu à cette soirée? »

- « Euh... Oui. Comme tout le monde... »

- « On a un témoin qui vous a vu ! Vous étiez complètement ivre ! Vous êtes allé la rejoindre dehors et vous vous êtes battus. C'est ça ? »

De l'autre côté de la vitre, les garçons observaient la scène stupéfaits par l'attitude très agressive de Beckett autant que par les propos qu'elle tenait.

- « On a un témoin ? » s'étonna Ryan.

- « Pas que je sache, non... » avoua Esposito.

- « Mais à quoi elle joue ! » s'inquiéta Ryan. « Elle va tout foutre en l'air. Regarde le, il est complètement flippé. Tu crois qu'il va lui dire quoi que ce soit ? Franchement ! »

- « Tu as raison. »

Ryan vit sortir Esposito de la pièce et le vit, à travers la vitre sans tain, faire irruption dans la salle d'interrogatoire. Il avait passé la tête par la porte et interpellait Beckett qui semblait extrêmement contrariée d'être interrompue.

- « Beckett, je peux te parler ? » intervient Esposito.

- « Je n'ai pas fini... » s'énerva-t-elle.

- « Beckett ! » répéta-t-il.

Le regard d'Esposito était insistant. Elle se leva et rejoint le latino.

- « C'était quoi ça Espo ? » s'indigna-t-elle.

- « Je ne sais pas ce qui te prends mais ce n'est certainement pas comme ça qu'il va coopérer. Va faire un tour pour te calmer avant que... »

Il n'eut pas le temps de finir sa mise en garde que déjà Gates sortait de son bureau et s'approchait de leur position.

- « Beckett, dans mon bureau ! Maintenant ! » aboya-t-elle.

Au son de la voix du Capitaine, Beckett ferma les yeux et poussa un long soupire.

- « Esposito, finissez cet interrogatoire avec Ryan » ordonna Gates.

- « Bien Sir, » répondit-il. « J'aurais essayé de te prévenir au moins, »murmura-t-il à l'oreille de son amie qui était sur le point de passer un sale quart d'heure.


Lolotte39  (25.01.2012 à 13:41)

  Chapitre 12

 

Dans le bureau de Gates.

Le Capitaine était débout derrière son bureau et attendait impatiemment l'arrivée de Beckett. Lorsque cette dernière passa le pas de la porte, Gates lui ordonna, d'un ton très autoritaire, de s'assoir immédiatement. En voyant que son chef n'était pas d'humeur, la jeune femme s'exécuta rapidement et sans broncher.

- « Je peux savoir ce qui vous arrive ? » demanda fermement Gates.

- « Je... » marmonna-t-elle.

- « Depuis quand on s'en prend comme ça à des témoins ? » coupa Gates.

- « Témoin ? » répéta Beckett sans cacher son étonnement. « Je ne l'appellerais pas témoin, Sir. »

- « Alors comment l'appelleriez-vous ? » demanda-t-elle sèchement.

- « Suspect ! » répondit-elle en gesticulant les mains et en levant les yeux au ciel.

- « Vous vous en prenez à ce témoin alors que vous n'avez pas l'ombre d'une preuve, » se moqua ironiquement Gates.

- « Sir... »

- « Vous croyez vraiment que c'est le meilleur moyen de le faire parler ? » coupa-t-elle à nouveau.

Beckett ne savait pas quoi répondre à cette question. Bien sûr que ce n'était pas la stratégie adaptée mais, elle n'avait pas pu contrôler la situation, elle n'avait pas pu se contrôler. Elle était à fleur de peau depuis sa discussion avec Castle et elle n'avait qu'une envie : boucler cette affaire et reprendre sa discussion avec lui, lui parler, s'excuser, le plus vite possible...

Elle bredouilla à nouveau des excuses au Capitaine pour essayer de s'en tirer.

- « Je ne vous ai jamais vu comme ça lieutenant ! Depuis quand on harcèle un témoin clé dans une affaire d'homicide ? »

- « Mais je suis sûre qu'il est coupable, Sir, » se défendit Beckett.

- « Peu importe, vous avez été un peu vite en besogne ! Avant de lui arracher des aveux vous auriez dû lui soutirer tout un tas d'information, » vociféra-t-elle. « Il est grand temps de vous reprendre Lieutenant ! »

Beckett était assise sur sa chaise telle une écolière devant son professeur, acquiesçant à chaque nouveau blâme. Il n'y avait rien d'autre à faire que de courber le dos en attendant que l'orage passe et que Gates lui accorde le droit de partir.

- « Vous n'avez rien à dire pour votre défense ? »

- « Je... Non... »

A ce stade, Beckett n'avait que faire du sort que lui réservait Gates n'entendant presque plus le son de sa voix, elle la regardait gesticuler et s'énerver contre elle tout en restant parfaitement immobile et passive. Mais Gates remarqua son comportement.

- « Vous n'avez rien à foutre de ce que je vous raconte. C'est quoi votre problème Beckett ? Depuis quand vous vous foutez d'une affaire à ce point ? »

- « Je ne me fout pas de cette affaire, » mentit Beckett.

- « Si ça a un rapport avec Castle... » commença Gates qui n'en croyait pas un mot.

- « Nan mais... » se contrôla l'enquêtrice en serrant les dents pour ne pas finir sa phrase et aggraver son cas.

- « Où est-il d'ailleurs ? »

- « Je n'en sais rien. Je ne suis pas sa baby-sitter ! » échappa-t-elle.

- « Lieutenant ! Réglez-moi ce problème et vite ou vous me verrez contrainte de vous suspendre, » menaça-t-elle.

- « Veuillez m'excusez Sir, je vais régler ça. »

- « Hum... Disparaissez ! » dit-elle alors que Beckett se levait de sa chaise en direction de la sortie. « Que je ne vous vois plus avant demain. Et de meilleure humeur ! » lança Gates alors que Beckett disparaissait déjà derrière la porte.

 

Pendant ce temps dans la salle d'interrogatoire.

- « Veuillez pardonner le comportement de ma collègue, » se confondit Esposito en excuses auprès d'Édouard.

Le jeune homme accepta d'oublier l'incident et de reprendre l'interrogatoire avec Esposito et Ryan.

- « Bien, reprenons... Pouvez-vous me dire ce que vous faisiez au Soho Grand cette nuit là ? »

- « Comme je l'ai dis à votre collègue, Ellen m'avait invitée à cette soirée. »

- « Que s'est-il passé cette nuit-là ? »

Le jeune homme commença à montrer des signes de nervosité et à s'agiter sur sa chaise.

- « Je ne me rappelle pas bien … C'est un peu flou... » répondit le jeune sculpteur.

- « Un peu flou ? » répéta Ryan incrédule.

Ils observèrent attentivement l'homme face à eux dont le comportement tendait à faire penser qu'il cachait quelque chose, ce qui n'échappa pas aux deux lieutenants.

- « Bien, je vais vous rafraichir la mémoire, » proposa calmement Esposito en fouillant dans les dossiers que Beckett avait laissés sur la table en inox. « Selon des témoins, vous auriez suivi votre petite amie qui quittait les lieux à approximativement 1:30 am. Que s'est-il passé une fois dehors Monsieur Boney ? »

- « Rien, il ne s'est rien passé... Je suis rentré chez moi. »

Il était de plus en plus tourmenté et n'arrêtait pas de fuir le regard des enquêteurs en tripotant nerveusement les doigts. Il devenait évidant pour eux qu'il mentait.

- « Après avoir suivi votre amie dehors, vous êtes rentré ? » dit calmement Ryan pour mettre en confiance le suspect. « C'est bien ce qu'il s'est passé ? »

- « Euh... Oui... Non... » bégaya Édouard.

- « Concentrez-vous, repensez à cette nuit, » proposa doucement le latino.

- « On a discuté un moment un peu plus loin, » avoua Édouard.

- « Et de quoi avez-vous discuté ? »

- « Elle... On aurait dis qu'elle était bourrée ou défoncée... » expliqua le jeune homme.

- « Alors que lui avez-vous dis ? » interrogea l'irlandais.

- « Comment a-t-elle pu ne serait-ce que boire un verre alors qu'elle savait très bien qu'elle portait mon enfant ! » s'emporta-t-il soudainement.

- « Vous lui avez dit ce que vous pensiez de son comportement... » s'arrêta là Esposito pour laisser au suspect le soin de décrire précisément ce qu'il avait fait dans le but de lui faire signer ses aveux.

- « Et... Je l'ai secouée... Je l'ai à peine poussée... Elle était complètement stone, elle est tombée en arrière. Et ce muret... Elle est restée immobile et il y avait plein de sang... » dit-il la voix tremblante. « Je savais pas quoi faire... Alors je suis parti... »

- « Vous avouez l'avoir tuée ? » demanda Ryan.

- « Oui, » confirma-t-il en baissant honteusement la tête.

- « Édouard Boney, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre d'Ellen Clarson, » l'inculpa Ryan.

Esposito fit signe à un agent en uniforme, derrière la porte, d'entrer dans la pièce pour menotter le meurtrier et l'escorter jusqu'à une cellule. Puis, ils rassemblèrent tous les documents présents sur la table et quittèrent la salle d'interrogatoire.

- « Une bonne chose de faite, » dit Esposito à son ami en posant les dossiers sur son bureau.

- « Y'a rien qui te dérange ? » interrogea Ryan.

- « De quoi tu veux parler ? Ah, Beckett ? Ouais, j'ai rien compris, elle a pété un câble... Tu crois que ça a un rapport avec l'absence de Cas... »

- « Nan, je parle de l'affaire, » l'interrompit Ryan. « Tu ne trouve pas ça bizarre que le sac à main de la victime ait été retrouvé deux rues plus loin ? »

- « Quelqu'un aura trouvé le corps et voulut lui faire les poches... »

- « Ouais... Ça se tient, » avoua Ryan. « Pour en revenir à Beckett, je l'ai jamais vu dans cet état... Je ne sais pas ce qu'il lui a pris. »

- « Tu sais où elle est ? »

- « Je crois l'avoir vu aller dans la salle d'entrainement après s'être fait engueulée par Gates ! »

- « La connaissant, je pense qu'elle avait besoin de se défouler... Je vais aller voir comment elle va. »

- « Tu es sûre que c'est une bonne idée ? Je ne suis pas convaincu qu'elle ait envie de parler, si tu vois ce que je veux dire... »

- « C'est vrai mais il faut vraiment qu'elle se reprenne. »

 


Lolotte39  (27.01.2012 à 17:00)

 

Chapitre 13

 

Dans la salle d'entrainement du 12th.

Entre la tristesse, l'impuissance et la colère qu'elle ressentait depuis la nuit précédente, Beckett avait les nerfs à vif. Ajouté à tout cela, les réprimandes de Gates, elle vraiment besoin de se défouler et quoi de mieux que la salle d'entrainement et le punching-ball du poste pour ça !

Donc, en sortant du bureau de Gates, elle descendit les marches qui la séparaient de ce défouloir et entra dans les vestiaires. Elle déverrouilla son casier, enfila une tenue de sport et entra dans la salle qui pour son plus grand bonheur était déserte. Elle se rendit directement au fond de la pièce où se tenait le sac de frappe. Elle posa ses affaires sur le banc le plus proche et commença à frapper et, à frapper encore dans ce sac pour évacuer toute la tension et la frustration qui l'habitaient. A chaque fois que l'un de ses poings entrait en contact avec le cuir du sac, son poignet subissait, malgré les bandages qu'elle avait réalisé, une légère torsion à cause de la puissance avec laquelle ils arrivaient. Et à Chaque fois, cette torsion tirait un peu plus sur son articulation mais, elle continuait à boxer un peu plus fort encore, peu lui importait la douleur qui allait suivre. Elle s'acharnait sur ce sac et, son rythme cardiaque s'était accéléré, sa respiration se faisait plus rapide et plus profonde. Malgré les raideurs qui naissaient au niveau de ses épaules et la fatigue musculaire, elle frappait continuellement. Un bon quart d'heure plus tard, elle fit une courte pause uniquement pour se réhydrater et elle reprit la même cadence.

Après avoir terminé l'interrogatoire d'Édouard Boney, Esposito descendit à la salle d'entrainement à la recherche de Beckett. Il traversa les vestiaires lorsqu'il entendit distinctement le bruit sourd des poings de son amie contre le punching-ball, ainsi que ses lourdes expirations qui accompagnaient chacun de ses coups, résonner dans toute la salle. Il poussa la porte et vit la silhouette de la jeune femme cogner sans relâche. Il s'approcha d'elle, la contourna pour se tenir dans son champ de vision. En la voyant pas noter sa présence il s'avança et immobilisa le sac de ses deux mains facilitant la tâche pour Beckett.

- « Tu vas te blesser à taper si fort, » la prévint-il amicalement.

- « Qu'est-ce que... Tu fais ici... Espo ? » demanda-t-elle sèchement, sa phrase saccadée par ses expirations qu'elle contrôlait pour garder le rythme.

- « Je pensais que tu aurais envie de savoir ce que ça avait donné, » prétexta-t-il pour justifier de sa présence.

- « Et alors ? » demanda-t-elle sans arrêter de taper.

- « On l'a inculpé pour le meurtre d'Ellen. Il a signé ses aveux. »

- « Je savais que c'était lui... » maugréa-t-elle. « Aah ! » lâcha-t-elle dans une expiration et attrapant machinalement son poignet douloureux dans le creux de sa main valide. La douleur au niveau de son poignet gauche devenait difficilement supportable et l'obligea à s'arrêter.

- « Fais voir, » lui proposa-t-il gentiment en tendant une main vers son poignet.

- « C'est bon, ça va aller, » déclina-t-elle en s'asseyant sur le banc où se trouvaient ses affaires et, tout en gardant le silence, elle commença à défaire précautionneusement les liens qui entouraient son poignet gauche. Elle vérifia que son articulation n'avait rien avant défaire le second et, de s'hydrater un long moment alors Esposito vint se poser à ses cotés.

- « Tout va bien Beckett ? » s'inquiéta-t-il.

- « Oui, pourquoi ? » fit-elle l'autruche.

- « Tout à l'heure... »

- « C'est bon Espo, j'étais juste un peu à cran, » le coupa-t-elle. « Mais maintenant ça va. »

Elle avait tellement martelé sur le punching-ball qu'elle épongea la sueur qui perlait sur son visage et dans son coup à l'aide de sa serviette tout en reprenant son souffle et en buvant une gorgée d'eau de temps en temps.

- « Un peu à cran, c'est rien de le dire... »

- « Ok, c'est bon ! » le stoppa Beckett en levant la main pour lui faire comprendre qu'il allait un peu loin. « Gates s'en est déjà chargée. » dit-elle en se levant et en commençant à remballer vigoureusement ses affaires dans son sac.

- « Tu es sûre que tout va bien Kate ? » s'inquiéta Esposito devant l'énervement dont elle faisait preuve depuis le début de la journée.

- « Absolument ! »

- « Sérieusement. Parles moi, » tenta-t-il.

- « Écoute Espo, je ne voudrais pas être méchante mais ça ne te regarde pas, » dit-elle en rangeant de plus belle.

- « Je suis ton équipier, Beckett. Si tu vas pas bien ça me regarde. »

Il se sentait vraiment concerné et inquiet pour elle mais elle n'avait pas l'air de s'en rendre compte où d'y prêter une quelconque attention.

- « Eh ben, je vais bien, » pesta-elle en passant son sac sur son épaule. « C'est bon maintenant ! Je peux y aller ? »

- « Comme tu voudras... Mais sache que je suis là si tu as besoin, » se résigna-t-il.

Après quelques pas en direction des vestiaires, elle s'arrêta et se retourna en direction d'Esposito.

- « Désolée, c'est pas contre toi, » s'excusa-t-elle pour son comportement un peu virulent.

Il lui adressa un sourire en coin pour lui montrer qu'il ne lui en tenait pas rigueur.

- « Je suis une grande fille Espo, je peux me débrouiller toute seule, » reprit-elle en reprenant sa marche vers la sortie. « Bonne soirée. »

- « A demain Beckett. »

Bien qu'elle n'ait rien dit à son ami, elle se sentait quelque peu soulagée et elle arborait presque un sourire sur ses lèvres. L'inquiétude de son ami lui réchauffa un peu le cœur et lui avait fait oublier quelques instant la culpabilité qui l'assaillait depuis la nuit dernière. Dans les vestiaires du poste, elle se doucha rapidement et changea de vêtements avant de rentrer chez elle comme le lui avait conseillée Gates.


Lolotte39  (30.01.2012 à 17:10)

Chapitre 14


Chez Beckett
Toute seule chez elle, à tourner en rond et à ressasser sans cesse ce qui s'était passé, elle croyait devenir folle. Ça faisait quasiment 24 heures qu'elle n'avait pas eu de ces nouvelles et l'inquiétude commençait à se faire sentir. La sortie prématurée de Castle lors de leur discussion ne lui avait pas laissé le temps de prendre connaissance de tous les facteurs. Et Beckett était bien déterminée à ne pas laisser les choses en plan et à plaider sa cause auprès de son partenaire. Elle attrapa son téléphone. Elle avait désespérément envie d'appeler Castle mais elle renonça ne sachant ce qu'elle pourrait lui dire et reposa son téléphone. Elle attrapa le premier bouquin qui lui tomba sous la main, c'était Heat rises, comme ci le sort s'acharnait. Elle commença à lire mais elle n'arrivait pas à se concentrer sur ce qui était écris sous ces yeux, elle ruminait trop. Elle jeta le livre sur la table qui s'ouvrit à la page à la page de dédicace finale.


As ever I am in the debt of the top professionals at the 12th precinct who tolerate me still. Detective Kate Beckett has shown me the ropes of homicide investigation, not to mention how to make sense of songs. Her colleagues, Javier Esposito and Kevin Ryan have welcomed me like the brothers I never had.


- « How to make sense of songs, » relit-elle à haute voix.
Jusque dans son livre, il lui dévoilait ses sentiments. Comment avait-elle pu douter des siens. Elle avait besoin de savoir où ils en étaient et s'il pourrait lui pardonner un jour. Elle chopa l'appareil posé à ses cotés et appela Castle. Elle attendait anxieusement que la numérotation se fasse et que la première tonalité retentisse. Au bout de plusieurs tonalités, le répondeur se déclencha.
" Vous êtes bien sur le téléphone de Richard Castle, merci de laisser votre message après le bip... "
Elle écouta attentivement le son de sa voix qui commençait à lui manquer et raccrocha juste avant que le bip sonore ne retentisse. Quelque minutes plus tard, elle essaya à nouveau afin d'arranger un rendez-vous mais une fois encore en vain. Soit il n'était pas près de son téléphone soit il filtrait ses appels. En ayant marre de poireauter, elle décida qu'il était temps d'aller le trouver chez lui. Elle engloutit un grand verre de vin pour lui donner un peu de courage et passa sa veste avant de sortir de chez elle. En bas de son immeuble, elle interpella un taxi et lui indiqua l'adresse du loft de Castle. Le long du trajet, elle sentait le stress monter en elle mais il était hors de question qu'elle se dégonfle cette fois. Le taxi s'arrêta devant le bâtiment qu'elle avait précisé. Elle rassembla son courage, tendit un billet au chauffeur et descendit sans attendre sa monnaie pour ne pas la freiner dans son élan. Dans l'ascenseur qui la conduisait à l'étage du loft, elle trépignait d'impatience. Il fallait rapidement qu'elle frappe à la porte pour ne pas laisser place à une quelconque hésitation. Les portes s'ouvrirent sur elle, elle se dirigea devant la porte rouge et frappa.
Les quelques secondes qu'elle patienta avant que la porte ne s'ouvre lui parut une éternité. Enfin, le dernier rempart entre Castle et elle s'entre-ouvrit. Mais qu'elle fut son désarrois quand elle constata qu'une jeune frimousse rousse se tenait devant elle.
- « Lieutenant Beckett ! » s'étonna Alexis à son tour.
- « Euh... Bonsoir Alexis, » dit Beckett déroutée.
- « Qu'est-ce que vous voulez ? » lui demanda la rouquine sans lui ouvrir totalement la porte.
- « Je peux entrer une seconde ? »
- « Sans vouloir être impolie, j'ai encore pas mal de choses à faire... »
- « Excuse-moi de te déranger mais... »
- « Vous voulez quoi ? » demanda-t-elle d'une voix forte et sèche.
- « Hum... C'est juste que... Est-ce que ton père est là ? » interrogea-t-elle en fronçant légèrement les sourcils.
- « Nan, il n'est pas là ! » répondit l'adolescente d'une voix dans laquelle Beckett crut déceler un brin d'énervement, des expressions qui ne lui était pas familières de sa part.
- « Saurais-tu où je pourrais le trouver ? » se risqua-t-elle.
- « Je ne crois pas qu'il ait réellement envie de vous voir, » offrir Alexis pour toute réponse, ce qui confirma à Beckett qu'elle n'avait pas rêvé et qu'Alexis était bien remontée contre elle.
- « Comment ? » s'étonna l'enquêtrice.
- « Écoutez, je vous ai toujours apprécié jusqu'à maintenant mais après ce que vous avez fait... » coupa la jeune rousse pour ne pas devenir impolie ni blessante.
- « Ton père t'en a parlé... » dit Beckett confuse.
- « Nan, il n'a pas eu besoin de parler. Il n'y a que vous qui puissiez le mettre dans cet état ! » s'exclama Alexis.
C'était à ce point se demanda intérieurement Beckett, il fallait donc, à tout prix qu'elle le voit pour s'excuser.
- « Il faut vraiment que je lui parle, » conjura la jeune femme.
- « Puisque je vous dis qu'il ne veut pas vous voir, » résista Alexis malgré le découragement qu'elle lut sur le visage de Beckett.
- « Je t'en prie... »
- « Il est trop tôt lieutenant, laissez lui un peu de temps, » avait-elle soudain murmuré. « Il reviendra vers vous. »
Beckett fut désarmée par le changement de ton de la jeune fille et resta muette. Une seconde encore Alexis semblait éprouver de la rancœur envers elle et maintenant elle parlait d'une voix douce et lui donnait des conseils.
- « Alexis, tout va bien ? » s'inquiéta Beckett.
La jeune fille sortit sur le pallier faisant reculer Beckett et poussa la porte derrière elle pour ne pas être entendue.
- « Je sais qu'il tient à vous, » avoua Alexis devant la mine perdue de Beckett. « Je... Je ne sais pas ce qu'il s'est passé entre vous mais je suis sûre que tout va s'arranger, » assura-t-elle confiante avec un tendre sourire.
D'après le comportement de la jeune fille, Beckett en déduit que Castle devait se trouver dans le loft mais qu'il avait du stipuler à sa fille qu'il ne voulait pas recevoir de visite, surtout pas de sa part, d'où le fait qu'elle soit sortie sur le palier.
- « J'en suis pas convaincu, » répondit-elle néanmoins.
- « Il est blessé pour le moment, mais il ne peut rien vous refuser. Et je parle en connaissance de cause, croyez moi ! » chuchota-t-elle amicalement en posant une main réconfortante sur le bras de la jeune femme.
- « C'est gentil mais il ne s'agit pas d'un simple désaccord. Je... Je sais pas s'il arrivera à me pardonner, » se décomposa-t-elle.
- « Ça s'arrangera, ça s'arrange toujours avec mon père. »
La rouquine affichait une mine confiante mais Beckett avait du mal à y croire bien qu'elle espérait tout au fond d'elle-même que la jeune adolescente ait raison.
- « Bien... Je dois vous laisser maintenant... » dit-elle avant de rentrée. « Pardon, pour mon comportement... J'étais obligée... » reprit-elle à voix basse en lui confirmant que son père écoutait leur conversation.
- « Je comprends, » ajouta Beckett en se forçant à lui sourire pour la remercier de lui avoir tout de même parlé et manifestée son soutient.
Alexis referma la porte sur Beckett qui mit quelques secondes à reprendre ses esprits. D'après ce que l'adolescente lui avait dit, elle imaginait Castle au plus mal ce qui lui fendit le cœur et augmenta d'autant la culpabilité qu'elle portait. Elle se retourna et repartit pour son appartement, le cœur lourd et la gorge serrée. Elle n'avait plus vraiment d'espoir quant à une réapparition de son charmant partenaire au commissariat et elle n'osait plus faire de pronostique sur une quelconque réconciliation. A cette idée, elle ne put retenir ses émotions et fondit en larmes dans le taxi qui l'éloignait un peu plus chaque seconde de l'homme qu'elle aimait.


Lolotte39  (03.02.2012 à 18:23)

Chapitre 15



Chez Castle.


Deux jours après avoir sciemment évité de croiser Beckett et filtré ses appels, Castle se trouvait dans son bureau, enfoncé dans son fauteuil, les cheveux en bataille et la barbe naissante. Il tenait un verre de scotch à la main et semblait totalement en proie à ses tourments. Figé, le regard par la fenêtre, il tentait de réfléchir à la meilleure manière de faire face à la situation, de prendre du recul par rapport à ces aveux. Martha toqua discrètement à la porte du bureau et entra dans la pièce.


- « Richard ? »
- « Hum hum, » émit-il sans plus de conviction.
- « Depuis combien de temps n'as-tu pas dormi Chéri ? » interrogea-t-elle en voyant les traits tirés de son fils qui s'était tourné dans sa direction.
- « Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit... » confessa-t-il.
- « Un problème sur l'affaire ? »
- « Pas exactement... »


Elle connaissait bien son fils et pouvait lire entre les lignes, c'est pourquoi elle comprit tout de suite ce qui le tracassait. Elle lui proposa de prendre place sur les fauteuils en cuir sentant que la conversation pourrait bien durer. Il parcourut la distance qui le séparait de sa mère et vint s'assoir en face d'elle.


- « Raconte-moi, » reprit-elle d'une voix douce en posant une main réconfortante sur son genou.


Il poussa un long soupir et elle en conclut qu'il devait s'agir d'une chose d'importante.


- « Comment a-t-elle... » commença-t-il.
- « Tu parles de Beckett ? » suggéra-t-elle avec raison.


Il confirma d'un geste de la tête que sa muse était bien à l'origine de son désarroi. N'aimant pas voir son fils dans cet état, Martha se rapprocha de lui et s'assit sur l'accoudoir du fauteuil où il se trouvait afin de le réconforter et de l'assurer de son attention par de tendres caresses dans le dos. Enfin, elle lui déposa un doux baiser sur le front comme pour lui dire " Je suis là, ça va aller ". Fort de cet appui, Castle entreprit de lui confesser la déclaration que Beckett lui avait faite deux jours plus tôt. Sans grande surprise, les mots qu'utilisait l'écrivain pour décrire la situation et le discours de sa partenaire à sa mère étaient extrêmement proches de ceux qu'elle avait elle-même employé ce jour-là. Il faut dire qu'il n'eut pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour se remémorer ces mots qui n'avaient cessé de résonner dans sa tête et meurtri son cœur. Devant cette triste nouvelle, Martha resta un instant bouche-bée. Elle comprenait mieux pourquoi son fils paraissait si absent et préoccupé ces derniers temps.
La douleur d'entendre à nouveau ces mots transparaissait sur le visage de Castle et Martha assistait impuissante à la tragique scène qui se déroulait. La gorge serrée, il ne réussit pas à reprendre la parole et enfouit son visage dans ses mains. Puis, il se dégagea doucement de l'étreinte de sa mère pour faire quelques pas, essayant tant bien que mal de ne pas céder aux émotions qui tentaient de s'emparer de lui.
Martha lui tendit un mouchoir et patienta silencieusement le temps qu'il fallait à Castle pour reprendre le contrôle de lui-même.


- « Pourquoi t'a-t-elle avoué ça maintenant ? » demanda-t-elle.
Castle lui expliqua les raisons qui, selon Beckett, l'avaient poussée à se confier à lui. Le visage de sa mère se ralluma immédiatement et un large sourire se dessinait sur ses lèvres. A la vue de ce visage resplendissant, il resta perplexe et ne cacha pas son incompréhension, montrant presque une pointe d'agressivité envers elle.
- « Vraiment Richard ! Tu n'as pas saisi ? » dit-elle d'un ton réjoui en s'amusant de la situation.
Mais Castle affichait toujours ce même regard perdu devant l'attitude de sa mère.
« Elle a dit qu'elle avait besoin de toi mais qu'avant de tenter quoique ce soit elle devait être honnête avec toi » répéta-t-elle avec ses propres mots pour l'éclairer.
- « Exact... » confirma-t-il toujours dubitatif.
- « Ce n'était pas une question, enfin Richard ! Tu entends ce que je dis ! » Martha s'était relevée de l'accoudoir en levant les mains et les yeux au ciel, faisant ainsi ressortir ses talents d'actrice. Par tous les moyens, elle essayait de lui faire ouvrir les yeux mais c'était comme s'il se refusait à accepter l'évidence qui s'offrait à lui. Malgré toute la bonne volonté qu'elle y mettait, elle n'arrivait plus à cacher son impatience devant la stupidité dont faisait preuve Castle. « Elle a besoin de toi ! »


Cette derrière phrase eut l'air de faire tilt dans la tête du charmant écrivain dont le visage finit par s'illuminer. Enfin !


- « Elle... Comment... » bégaya-t-il devant cette prise de conscience. « Tu penses qu'elle voulait dire que... »
- « Qu'elle a des sentiments pour toi, » finit Martha. « Bien sûr que c'est ce qu'elle sous-entendait ! » assura-t-elle.


L'auteur s'étonna lui-même de ne pas avoir saisi les sous-entendus de sa belle depuis plus de deux jours qu'il tournait et retournait ses phrases dans sa tête. Il faut dire qu'à partir du moment où Beckett lui avoua qu'elle lui avait menti, il n'avait plus vraiment écouté ce qu'elle avait dit tellement le choc était grand et la révélation difficile à accepter. Mais maintenant que sa mère lui avait répété les raisons de son aveux, il se trouvait terriblement idiot. Il lâcha un long soupir et finit par se pincer les lèvres pour empêcher un large sourire de grandir maintenant qu'il savait qu'elle éprouvait quelque chose pour lui. Mais soudain, son visage se décomposa. Il prit conscience de la manière dont il avait agi ce soir-là et commença à le regretter amèrement. Il n'avait pas de mal à imaginer comment son attitude et sa disparition avait pu être interprétées par la jeune femme.


- « Mais qu'est-ce que j'ai fait... » lâcha-t-il en se relevant de son fauteuil. « Il faut que je l'appelle ! »
- « Tu devrais plutôt aller la voir pour en discuter calmement avec elle, » suggéra Martha.
- « Aller la voir... Je ne sais pas... Elle doit m'en vouloir… »
Perturbé pas les nouvelles informations que son cerveaux venait de traité, il se mit à faire les cent pas, cherchant un moyen de se racheter auprès de sa belle qu'il avait déjà quasiment pardonné.
- « Mon fils... Elle doit s'en vouloir bien plus à elle-même qu'à toi. Tu peux me croire ! » assura-t-elle en stoppant son fils.
- « Mais... Je ne sais pas... Je vais y réfléchir, » acheva-t-il.


Il embrassa sa mère et la remercia pour avoir su l'écouter et l'avoir aidé à y voir plus clair, il savait très bien que, sans elle, il n'aurait jamais réalisé que Beckett éprouvait des sentiments pour lui et il serait resté muré dans son silence, blessé dans sans égo alors que désormais la douleur et le sentiment de trahison s'étaient dissipé laissant place au bonheur de penser que ses sentiments pouvaient être partagés.


Lolotte39  (04.02.2012 à 17:00)

Chapitre 15

Chez Castle.

Deux jours après avoir sciemment évité de croiser Beckett et filtré ses appels, Castle se trouvait dans son bureau, enfoncé dans son fauteuil, les cheveux en bataille et la barbe naissante. Il tenait un verre de scotch à la main et semblait totalement en proie à ses tourments. Figé, le regard par la fenêtre, il tentait de réfléchir à la meilleure manière de faire face à la situation, de prendre du recul par rapport à ces aveux. Martha toqua discrètement à la porte du bureau et entra dans la pièce.

- « Richard ? » interpella doucement Martha pour sortir doucement son fils de ses pensées.

- « Hum hum, » émit-il sans plus de conviction lui montrant qu'il l'avait entendu. Après quelques secondes, il prit appuie sur son pied pour faire pivoter le siège de son bureau en direction de la voix de sa mère et, d'un signe de tête, il l'invita à passer le pas de la porte lui montrant qu'il acceptait de discuter un moment avec elle.

 - « Depuis combien de temps n'as-tu pas dormi Chéri ? » interrogea-t-elle en voyant les traits tirés du visage de son fils.

- « Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit... » confessa-t-il en se passant le visage dans les mains pour se réveiller un peu.

- « Un problème sur l'affaire ? »

 - « Pas exactement... » dit-il en baissant le son de sa voix, ne finissant pas sa phrase.

L'actrice connaissait bien son fils et pouvait lire entre les lignes, comprenant immédiatement ce qui le tracassait. Sentant que la conversation pourrait bien durer, elle lui proposa de prendre place sur les fauteuils en cuir du bureau. Castle accepta, il parcourut la distance qui le séparait de sa mère et prit place en face d'elle.

 - « Raconte-moi, » reprit-elle d'une voix douce en posant une main réconfortante sur son genou.

Avant toute réponse, il poussa un long soupir et s'enfonça dans le fauteuil permettant à l'actrice de confirmer son intuition.

 - « Comment a-t-elle... » commença-t-il.

- « Tu parles de Beckett ? » suggéra-t-elle avec raison.

D'un signe de tête, il confirma que sa muse était bien à l'origine de son désarroi. N'aimant pas voir son fils dans cet état, Martha se rapprocha de lui et vint s'asseoir sur l'accoudoir du fauteuil où il se trouvait afin de le réconforter d'avantage et de l'assurer de son attention par de tendres caresses dans le dos. Puis, elle lui déposa un doux baiser sur le front comme pour lui dire " Je suis là, ça va aller ". Fort de cet appui, Castle entreprit de lui confesser la déclaration que Beckett lui avait faite deux jours plus tôt. Il prit une grande inspiration et se lança dans son récit. Sans grande surprise, les mots qu'utilisait l'écrivain pour décrire la situation et le discours de sa partenaire à sa mère étaient extrêmement proches de ceux qu'elle avait elle-même employé ce jour-là. Il faut dire qu'il n'eut pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour se les remémorer car ils n'avaient cessé de résonner dans sa tête et de meurtrir son cœur.

Devant cette triste nouvelle, Martha resta un instant bouche-bée. Elle pensait bien que Beckett était à l'origine de son mal être mais elle était loin de s'imaginer pareil situation. L'air absent et préoccupé de Castle, ces derniers temps, prenaient tous leurs sens. La douleur d'entendre à nouveau ces mots transparaissait sur le visage de l'écrivain et Martha assistait impuissante à la tragique scène qui se déroulait. La gorge serrée, il ne réussit pas à reprendre la parole et enfouit son visage dans ses mains. Après avoir reprit un peu ses esprits, il se dégagea doucement de l'étreinte de sa mère pour faire quelques pas, essayant tant bien que mal de ne pas céder aux émotions qui tentaient de s'emparer de lui. Maternellement, Martha lui tendit un mouchoir et patienta silencieusement le temps qu'il fallait à Castle pour reprendre le contrôle de lui-même.

 - « Pourquoi t'a-t-elle avoué ça maintenant ? » demanda-t-elle.

Castle lui expliqua les raisons qui, selon Beckett, l'avaient poussée à se confier à lui. Le visage de sa mère se ralluma immédiatement et un large sourire se dessinait déjà sur ses lèvres. A la vue de la mine réjouit de sa mère, il resta perplexe et ne cacha pas son incompréhension, montrant presque une pointe d'agressivité envers elle.

 - « Vraiment Richard ! Tu n'as pas saisi ? » dit-elle en s'amusant de la situation. Mais Castle affichait toujours ce même regard perdu devant l'attitude de sa mère et restait muet, ne sachant comme exprimer son indignation. « Elle a dit qu'elle avait besoin de toi mais qu'avant de tenter quoique ce soit elle devait être honnête avec toi, » répéta-t-elle avec ses propres mots pour tenter d'éclairer son enfant.

- « Exact... » confirma-t-il après un moment de réflexion, toujours dubitatif.

- « Ce n'était pas une question, enfin Richard ! Tu entends ce que je dis ! » Martha s'était levée de l'accoudoir avec les mains et les yeux au ciel, faisant ainsi ressortir ses talents d'actrice. Par tous les moyens, elle essayait de lui faire ouvrir les yeux, ou plutôt les oreilles, mais c'était comme s'il se refusait à accepter l'évidence qui s'offrait à lui, comme si son cerveau se refusait à croire ce que ses oreilles entendaient. Malgré toute la bonne volonté qu'elle y mettait, elle n'arrivait plus à cacher son impatience devant la stupidité dont faisait preuve Castle. « Elle a besoin de toi ! » lâcha-t-elle soudainement.

Cette derrière phrase eut l'air de faire tilt dans la tête du charmant écrivain dont le visage finit par s'illuminer à son tour. Enfin !

 - « Elle... Comment... » bégaya-t-il devant cette prise de conscience. « Tu penses qu'elle voulait dire que... » Il n'osait pas y croire.

- « Qu'elle a des sentiments pour toi, » finit Martha. « Bien sûr que c'est ce qu'elle sous-entendait ! » assura-t-elle.

L'auteur s'étonna lui-même de ne pas avoir saisi les sous-entendus de sa belle depuis plus de deux jours qu'il tournait et retournait ses phrases dans sa tête. A sa décharge, il faut dire qu'à partir du moment où Beckett lui avoua qu'elle lui avait menti, il n'avait plus vraiment écouté ce qui avait suivit tellement le choc était grand et la révélation difficile à accepter. Mais maintenant que sa mère lui avait répété les raisons de son aveux, il se trouvait terriblement idiot. Il lâcha un long soupir et finit par se pincer les lèvres pour empêcher un large sourire de grandir maintenant qu'il savait qu'elle partageait ses sentiments. Mais de manière inattendue, le visage radieux de l'auteur disparut et se décomposa. Il venait de prendre conscience de la manière dont il avait agi ce soir-là et commença à le regretter amèrement. Il n'avait pas de mal à imaginer la manière dont son attitude et sa disparition avait pu être interprétées par la jeune femme.

- « Mais qu'est-ce que j'ai fait... » lâcha-t-il en se relevant de son fauteuil. « Il faut que je l'appelle ! »

- « Tu devrais plutôt aller la voir pour en discuter calmement avec elle, » suggéra Martha.

- « Aller la voir... Je ne sais pas... Elle doit m'en vouloir… » hésitait-il en tournant en rond dans la pièce.

Perturbé pas les nouvelles informations que son cerveaux venait de traiter, il se mit en quête d'un moyen pour se racheter auprès de sa belle qu'il avait déjà quasiment pardonné.

- « Mon fils... Elle doit s'en vouloir bien plus qu'à toi. Tu peux me croire ! » assura-t-elle en stoppant son fils dans sa marche sans fin.

- « Mais... Je ne sais pas... Je vais y réfléchir, » acheva-t-il en quittant la pièce munit de son manteau avant de disparaître derrière la porte d'entrée après avoir embrasser sa mère et l'avoir remercier pour son écoute.

Il savait très bien que sans elle, il n'aurait jamais réalisé que sa:muse éprouvait des sentiments pour lui et il serait resté muré dans son silence, blessé dans sans égo alors que désormais la douleur et le sentiment de trahison s'étaient dissipés laissant place à l'espoir. Mais avant d'aller retrouver Beckett, il avait besoin d'un peu de solitude et de calme pour choisir les mots qu'il utiliserait. Il devait préalablement s'assurer des sentiments de la jeune femme avant de lui avouer qu'il lui pardonnait.


Lolotte39  (11.02.2012 à 15:02)

 

Chapitre 16

 

Au 12th.

Ce matin, Beckett avait lâché prise et n'espérait plus de nouvelles de son partenaire. Elle posa son téléphone sur son bureau et s'approcha de ses collègues.

- « Excusez-moi pour hier... »

- « Pas de soucis Beckett, » dit Esposito en espérant qu'elle ait résolu ses problèmes.

- « Qu'est-ce qu'il reste à faire ? » s'informa-t-elle.

- « Écoute, Édouard a été placé en détention provisoire le temps qu'on termine le dossier et qu'on l'envoie au procureur, » détailla Ryan.

- « Ok. Et vous en êtes où avec le dossier justement ? » demanda la jeune femme.

Beckett avait envie de leur donner un coup de main pour s'excuser de son comportement de la vieille. Et elle avait aussi besoin de garder l'esprit occupé pour ne pas penser à Castle et arrêter de vérifier son téléphone toutes les cinq minutes.

- « Euh... Bah c'est bon, on s'en occupe, » affirma l'irlandais.

- « Sérieux ? » répondit-elle un peu déçue. « Il n'y a rien que je puisse faire pour aider ? »

- « Ben... On ne va pas te laisser faire notre job... Mais... Si tu veux, tu peux commencer le rapport pour Gates, » proposa-t-il la voyant rechercher désespérément quelque chose à faire.

- « Ok, je m'y mets. »

Elle retourna à son bureau, les bras chargés des copies du dossier. Elle déposa la pile qu'elle tenait au bord de son bureau et s'assit confortablement sur sa chaise pour lire chaque page, une par une. Elle reprit connaissance de tous les éléments de l'enquête, un à un tout en prenant des notes afin de réparer son rapport. Une fois le travail préliminaire fait et l'ensemble du dossier résumé sous formes de notes, Beckett s'installa devant son ordinateur pour commencer à taper le rapport de l'affaire sur une page qu'elle joindrait plus tard au dossier à destination de Gates. Une fois les faits résumés et relatés, le travail n'était pas terminé. Elle devrait encore s'attaquer à la justification de chacun des choix qui avaient été fait ces derniers jours et qui avaient mener aux intervention misent en place, mais elle devait également expliquer le pourquoi de chaque interpellation et convocation réalisées pour cette enquête. Par lui suite, elle devrait joindre les rapports d'interrogatoires qui correspondaient. Elle avait oublié combien se travail préparatoire au rapports qu'elle fournissait au capitaine était long et fastidieux, elle fut surprise de n'avoir jamais entendu Ryan ou Esposito se plaindre à ce sujet, mais elle comprenait mieux pourquoi elle leur avait confier cette tâche. Avant de poursuivre sa besogne, elle décréta qu'un café serait fort utile à sa concentration et son efficacité. Elle se leva, entra dans la salle de repos et mit la machine en route.

- « Vous voulez un café ? » proposa-t-elle aux garçons qui étaient de l'autre côté de la vitre.

- « Nan merci, » répondirent-ils en cœur.

Elle attendit patiemment que le café coule et embarqua sa tasse avec elle jusqu'à son bureau avant de décider aller faire un tour pour se détendre un peu et aérer son esprit dans le but de mieux se concentrer par la suite. Elle quitta donc sa bureau, la tasse de café brûlante dans les mains.

Le ding de l'ascenseur retentit et les portes s'écartèrent pour laisser Castle pénétrer dans l'étage. Il se dirigea vers le bureau de Beckett mais il n'y trouva personne. Ses affaires, notamment son téléphone, étaient restées là, il en conclu qu'elle ne devait pas être très loin. Du coup, il alla saluer les deux autres lieutenants, l'air de rien.

- « Hey regardez qui voilà, » s'exclama Esposito en tendant une main pour saluer Castle à son tour.

- « On commençait à croire que tu avais disparu... » taquina Ryan.

- « Oh tu sais... Le boulot d'écrivain... » prétexta-t-il pour expliquer son absence.

- « Alors comment ça va ? » reprit Ryan.

- « Bien, bien. » dit-il avant de scruter l'étage des yeux visiblement à la recherche de la belle enquêtrice. « Beckett est par là ? »

- « Elle ne doit pas être loin, » répondit le latino voyant que Castle semblait déçu de ne pas la trouver là.

- « Elle avait quelque chose de prévu ? »

- « Elle est entrain de faire de la paperasse. Pourquoi tu veux nous filer un coup de main ? » s'amusa Esposito.

- « Non merci, je ne suis pas flic, tu te rappelle. Laissons ce travail aux professionnels ! » entra-t-il dans son jeu.

- « Ah ah... Bien vu... » répliqua Ryan en rigolant.

- « Sinon, une idée d'où je pourrais la trouver ? » demanda-t-il sans trouver utile de préciser de qui il parlait.

- « Euh... »

Ryan et Esposito ne savaient pas vraiment quoi répondre à cette question. Elle n'avait rien dit lorsqu'elle était sortie et en plus de ça ils n'étaient pas sûr de l'attitude a adopter. Tous les deux étaient persuader que le comportement dont leur boss avait fait preuve la veille était étroitement liée à l'absence de l'écrivain. Ils n'avaient pas de preuves de ça mais ils commençaient à les connaître suffisamment pour en être convaincu. Du coup, les deux inspecteurs échangèrent un long regard au cours du quel ils cherchaient le meilleur moyen de changer de sujet. Ils furent sauvé par le retour du sujet de leur conversation.

Quand elle vit Castle en pleine conversation avec ses amis, son cœur s'emballa, elle marqua une halte, hésitant à continuer sur sa lancée. Elle examina l'attitude de Castle, il lui semblait étrangement détendu, alors qu'elle était particulièrement nerveuse. Elle vit Ryan et Esposito regarder dans sa direction mais Castle lui tournait toujours le dos. Mais au moment où la fuite lui paru une bonne occasion, elle constata que Ryan venait d'indiquer sa présence par un geste de la tête à l'écrivain qui se retourna immédiatement. N'ayant plus le choix et elle avança à sa rencontre, tout comme lui.

- « Hey, » lâcha-t-elle nerveusement.

- « Tu as une seconde ? »

- « Je... Oui, » répondit-elle. « Suis-moi, » dit-elle en l’entraînant dans une pièce vide tout en conservant sa tasse dans les mains afin de les garder occupées pour faire transparaître le moins possible son stress.

Malgré la nervosité et l'inquiètude, elle était contente de le revoir et elle n'osait pas détourner ses yeux de son partenaire de peur qu'il ne disparaisse encore. Elle ferma la porte derrière eux et attendit patiemment qu'il parle le premier.

- « Kate, à propos de l'autre jour... Il faut que je sache où on en est. »

- « A toi de me le dire... » chuchota-t-elle anxieusement.

- « Je... Est-ce... Comment dire... »

Il cherchait ces mots comme un adolescent le ferait pour inviter une fille au bal de promo. Pendant qu'il choisissait ses mots, elle en profita pour détailler chacun de ses traits et constata qu'ils étaient extrêmement tirés. Elle n'avait aucune difficulté à imaginer la source d'une telle fatigue. Tout comme elle, il avait dû passer une grande partie de ses nuits chez lui, à ressasser les mots qu'ils avaient échangés.

- « Je suis vraiment désolée Rick... » dit-elle avant qu'il ne reprenne en se contentant de baisser la tête.

Il se rapprocha d'elle de manière presque imperceptible. Il avait trop envie de la réconforter mais auparavant il devait être sûr qu'elle partageait ses sentiments.

- « Je peux te poser une question ? »

- « Tout ce que tu voudras, » dit-elle immédiatement en relevant la tête et en avançant légèrement vers lui, enclin à répondre à la moindre de ses requêtes si cela pouvait faire avancer les choses en sa faveur.

- « Quand tu as dit que... » commença-t-il après plusieurs secondes de réflexion et des toussotements visant à éclaircir sa voix. « Que tu avais besoin de moi... Qu'est-ce que tu voulais dire ? » l'interrogea-t-il indirectement sur ses sentiments.

- « Hey Beckett ! » héla Esposito avant d'entrer dans la salle où ils se trouvaient. « Tout va bien ? » reprit-il après une pause d'observation pendant laquelle il s'était demandé s'il ne ferait pas mieux de partir.

- « Bien, » répondit poliment Castle alors qu'il n'en pensait rien et qui maudissait l'arrivée du jeune homme.

Esposito n'était pas dupe, il savait qu'il venait interrompre quelque chose. L'attitude étrange de Beckett, le regard absent de l'écrivain lui avaient mis la puce à l'oreille. Malgré le malaise palpable, il resta et poursuivit avec les informations qui venaient de lui parvenir.

- « On a du nouveau, » adressa le latino à Beckett.

- « Du nouveau ? Mais on a classé l'affaire, non ? » s'étonna-t-elle.

Castle se tenait un peu en retrait pendant que Beckett discutait avec son collègue, montrant qu'il ne souhaitait pas prendre part à la conversation.

- « Lanie vient d'appeler, elle a trouvé quelque chose d'inhabituel. Elle veut nous voir tout de suite. Tu viens ? » ajouta-t-il en marchant vers la sortie sans la voir réagir.

- « Une seconde, j'arrive ! » Elle se tourna vers Castle. « Tu viens avec nous ? »

- « Non, je... Je vais rentrer. »

- « Tu peux venir si tu veux, » dit-elle en cherchant un moyen de le faire rester près d'elle.

- « Je n'ai pas vraiment suivi l'affaire et... » prétexta-t-il.

- « Je te briefe en chemin, » proposa la jeune femme.

- « Ça ira merci, » déclina-t-il d'une faible voix.

Il avait fait un premier pas vers elle, c'était déjà ça, pensa-t-elle.

- « Je... Je dois y aller... » dit-elle sans cacher sa déception de devoir le quitter et laisser cette conversation en suspens.

- « Je sais... File ! »

- « On reprendra cette conversation, promis ! » annonça-t-elle déjà à mi-chemin dans le couloir, le pas rapide.

- « Je t'appelle. »

Elle le laissa ainsi et attrapa à la volée ses affaires sur son bureau avant de courir pour se glisser dans l'ascenseur en compagnie de Ryan et Esposito avant que les portes ne se referment.

 


Lolotte39  (11.02.2012 à 17:39)

 

Chapitre 17

 

A la morgue.

Beckett était dans la voiture avec ses deux coéquipiers. Jusque-là tout allait bien pour elle vu que les garçons restaient muets mais elle redoutait terriblement qu'Esposito ou Ryan, qui avait dû être mis au courant par ce premier, ne lui demandent d'expliquer la présence de Castle au poste malgré son absence dans la voiture. Et, inévitablement, Esposito prit la parole.

- « Où est Castle ? » demanda-t-il brûlant d'en savoir plus après la scène dont il avait été témoin au poste.

Beckett roula des yeux et ne réussit pas à retenir un soupir de lassitude. Elle se mit en quête de la meilleure réponse possible, enfin d'une réponse cohérente et qui lui permettrait de clore le sujet. Elle n'avait pas envie de s'étaler sur ce sujet car sa vie personnelle était comme son nom l'indique personnelle et donc ne regardait qu'elle et pour le coup Castle.

- « Sûrement en train d'écrire, il avait l'air d'avoir du pain sur la planche, » intervint Ryan en voyant dans la petite glace du rétroviseur intérieur la réaction que cette question avait suscité chez Beckett.

Ryan était une personne sensible mais surtout diplomate qui n'aimait pas mettre les gens dans l'embarras, une qualité que Beckett n'avait jamais autant apprécié qu'à cet instant précis. Intérieurement, elle le remercia de lui permettre d'éluder la question. Ils continuèrent à rouler en silence.

- « Tu sais ce qu'a trouvé Lanie ? » sollicita Beckett qui s'était tournée vers des pensées plus professionnelles.

- « Non, elle n'a rien voulu dire au téléphone, » admit Esposito l'air navré de ne pas pouvoir accéder à sa requête.

- « Ok. Bien, le suspens ne va plus durer très longtemps, on y est, » dit-elle en garant la voiture devant la morgue.

Ils descendirent tous en même temps et atteignirent la salle d'autopsie où se trouvait la charmante légiste qui récupérait des données de dernière minute sur son ordinateur.

- « Salut Lanie, qu'est-ce que tu as pour nous ? »

- « Salut vous deux, » répondit la légiste sans se retourner, continuant à pianoter sur son ordinateur, habituée à voir Beckett toujours suivie de Castle.

- « Hum hum, » toussota Esposito pour que sa belle amie se retourne et constate qu'il ne s'agissait pas du duo habituel.

- « A vous trois, » se corrigea-t-elle comme si de rien n'était en arborant un immense sourire devant Beckett avant de jeter un discret regard interrogateur à Esposito.

Alors que Beckett s'approchait du corps de la victime encore allongé sur la table en inox, Lanie dévisagea successivement Ryan et Esposito afin de leur soutirer des informations et de mieux comprendre ce qui se passait, le tout dans le dos de son amie. Aucun des garçons n'osa prendre la parole et ils se contentèrent de quelques mimiques et gestuelles discrètes. Ryan lui faisait signe de ne pas poser la question mais alors que le docteur Parish le regardait avec une mine laissant transparaître qu'elle ne comprenait rien, elle prit la parole.

- « Qu'as-tu fait de ton charmant écrivain, » dit-elle d'une voix taquine en se retournant vers elle.

Immédiatement, Esposito lui fit les gros yeux et agita sa main devant son cou comme pour le couper, lui faisant comprendre plus clairement que ce n'était pas un bon choix de sujet.

- « Il a dû rentrer, » mentit Beckett avec un aplomb qui dépassait l'entendement. « Qu'est-ce que tu as pour nous ? » changea-t-elle de sujet.

- « Ok... Tout va bien chérie ? » demanda-t-elle en la fixant.

- « Absolument, » s'enterra la jeune femme dans son mensonge arborant un faux sourire.

Lanie connaissait bien Beckett et elle s'était rendue compte que, malgré les efforts de la jeune femme pour le dissimuler, quelque chose ne tournait pas rond et que Castle semblait apparemment en être le sujet. Cependant, la métisse respecta le choix de son amie et revint à des choses plus criminelles, bien décidée à la faire parler une fois les garçons éloignés.

- « Bien. Je n'ai rien trouvé dans les analyses toxicologiques de notre jeune femme... »

- « Alors pourquoi on est là ? » coupa Esposito.

- « Parce que, si tu m'avais laissé finir, je t'aurais dit qu'elle présente des signes évidant d'arrêt cardiaque ! » continua-t-elle en lui faisant les gros yeux pour manifester son mécontentement.

- « Un arrêt cardiaque, » répéta Ryan dubitatif. « A 25 ans... Ça ne gêne personne ? »

- « Hey mini-Castle, ça va, » se moqua Esposito.

Les deux enquêteurs retinrent leur souffle espérant que Beckett n'ait pas notée cette référence à l'auteur manquant. Ils lui adressèrent un discret regard en coin pour observer sa réaction mais elle ne laissa rien paraître.

- « Figure-toi qu'il n'a pas tort, c'est pour le moins étrange. Du coup, j'ai fait d'autres analyses et elles montrent que le fœtus présente une grande concentration d'atropine, » reprit Lanie.

- « D'atropine ? » répéta Esposito.

- « Tu peux nous en dire plus ? » incita Beckett.

- « Pas vraiment pour le moment, je ne sais pas d'où peut provenir une telle dose, » répondit Lanie à Beckett sans tenir compte de l'atterrement du latino.

- « Parce que l'atropine, c'est quoi ? » demanda Ryan pour plus d'explications.

- « L'atropine est un produit, un inhibiteur des récepteurs cholinergiques. En d'autres termes, elle agit sur certains muscles, » expliqua la légiste.

- « Et le cœur est un muscle ! » ajouta fièrement Ryan.

- « Exact, » confirma-t-elle. « A haute dose, l'atropine a une action de stimulation des muscles puis elle peut induire une excitation et des délires en perturbant la mémoire du sujet avant d’entraîner la mort, » détailla-t-elle.

- « Des délires ! » répéta Esposito en se tournant vers Ryan.

- « D'où le fait qu'Édouard Boney ait cru qu'elle était sous l'emprise de stupéfiants, » finit ce dernier triomphant.

- « Le truc c'est que je n'en ai pas trouvé dans le corps de la mère... Car l'atropine s'élimine vite, en moins de quatre heures. Mais cette substance passe la barrière placentaire du coup c'est pour ça que j'en ai retrouvé dans le fœtus qui la éliminé beaucoup moins rapidement, » ajouta Lanie.

Beckett qui n'avait pas eu connaissance des derniers retournements lors de l'interrogatoire du petit ami de la victime suivait avec intérêt ce qui se passait entre ses trois amis. Mais, soudain, un brin de nostalgie la traversa quand elle réalisa qu'à l'ordinaire c'était elle et Castle qui menaient ce genre de conversation. Instinctivement, elle vérifia son téléphone dans l'espoir d'avoir un message de Castle mais rien. Elle décrocha de ce qui se passait dans la salle d'autopsie pour repenser à la question que lui avait posée son partenaire au commissariat et surtout réfléchir à la réponse qu'elle lui donnerait.

- « Kate, tu es avec nous ? » s'intéressa Lanie.

- « Bien sûr, » répondit-elle à son amie, se forçant à sourire.

- « Ok. Je pense que les signes d'arrêt cardiaque viennent de la surdose d'atropine. Cependant, je n'ai trouvé aucune trace de piqûre... » continua Lanie.

- « Ce n'est donc pas la chute qui l'aurait tuée, » participa Beckett.

- « Non, » confirma la légiste ravie que son amie intervienne dans la conversation malgré la question qu'elle avait choisis de poser.

- « Vous savez ce qu'il vous reste à faire, » lança Beckett aux deux garçons.

- « Relâcher le petit ami... » dit Ryan déçu de laisser partir leur seul suspect.

- « Je vais continuer à chercher pour savoir comment elle a pu recevoir une telle dose... » enchaîna Lanie.

- « Ok. Tiens-nous au courant s'il te plaît... » dit Beckett avant d’enchaîner le pas de Ryan et d’Esposito qui quittaient la salle d'autopsie alors qu'une main typée aux ongles vernis se posa sur le bras de la jeune femme.

- « On mange ensemble ? » proposa la légiste bien décidée à faire parler Beckett.

- « Ok, laisse-moi une heure... » dit-elle en quittant la pièce. « On se retrouve au bar ! » lança-t-elle de l'autre côté de la porte.

- « Ça marche, à tout de suite. »

 


Lolotte39  (14.02.2012 à 21:18)

 

Chapitre 18

 

Dans le bar habituel des deux amies.

En passant devant la vitrine qui précédait la porte du bar où elle avait rendez-vous, Beckett aperçu Lanie déjà assise à une table, son téléphone à l'oreille en grande conversation. Elle lui fit signe et avança encore quelques mètres avant de pousser la porte du bar. Un jeune serveur aimable et gracieux vint à sa rencontre et la salua. Elle fit de même et lui expliqua qu'elle était attendue en montrant du doigt son amie. De sa table Lanie fit un signe de la main confirmant au serveur qu'elle attendait bien cette jeune femme. Il lui proposa d'aller rejoindre son amie et l'informa que quelqu'un allait venir prendre leur commande, l'enquêtrice le remercia et s'avança en direction de la table où Lanie termina précipitamment sa conversation et raccrocha alors que Beckett s'installait.

- « Vous prendrez un apéritifs mes dames ? » demanda poliment le serveur qui venait d'arriver.

- « Hum... Tu prends quoi ? » questionna la légiste en attrapant la carte du bar qui se tenait entre elles deux.

- « Je vais prendre un mojito et... Un bloody mary pour la jeune femme. »

Le serveur se tourna vers Lanie qui acquiesça d'un sourire et d'un hochement de tête.

- « Cocktails, à cette heure ? » s'étonna la docteur en levant un sourcil une fois le serveur parti.

- « C'est toujours l'heure pour un mojito, » dit-elle en souriant. « Et je vais en avoir besoin... » souffla-t-elle.

Lanie l'observa attentivement et constata qu'elle était en train de faire tomber le masque de l'enquêtrice forte et impassible. Elle était sur le point de se confier à elle et elle semblait en avoir grand besoin car elle affichait une mine préoccupée.

- « Qu'y-a-t-il chérie ? Tout va bien ? »

- « Pas exactement... Je n'ai pas été honnête quand je t'ai dis que Castle avait du boulot. En fait... On s'est disputer, » expliqua-t-elle à sa meilleure amie avec une petite moue.

Elles furent interrompues une secondes, le temps qu'il fallut au serveur pour leur déposer leurs cocktails et prendre leurs commandes. Beckett demanda une salade, Lanie l'imita et le serveur repartit en cuisine. Une fois leurs plats déposés, elle lui raconta ce qui s'était passé cette soirée là avec Castle.

- « Quoi ? Castle t'as fait une déclaration ! Et tu ne m'en a jamais parlé ! » s'exclama la jeune légiste s'arrêtant uniquement sur ce passage de l'histoire de l'enquêtrice.

- « Disons que je ne savais déjà pas comment gérer ça. Alors venir t'en parler.... »

- « Tu rigole là. Dis moi que tu ne pense pas vraiment ce que tu dis ! » s'offusqua-t-elle légèrement.

- « Euh... » laissa sortir Beckett de sa bouche pour toute réponse, surprise de la réaction de Lanie.

- « A quoi servent les amies, si ce n'est pas a donner des conseils et aider à gérer les situations de crise ! » s'écria-t-elle en levant les mains au ciel.

- « C'est vrai, excuse moi, » lui dit-elle en lui adressant un immense sourire.

- « Bien, passons. Alors comme ça tu lui as tout avoué. Et comment il l'a prit ? »

Beckett lui raconta la suite de la soirée et enchaîna avec le retour de l'écrivain au commissariat ce matin et la conversation qui en avait découlé.

- « Il est déjà revenu te voir ? » demanda Lanie sans cacher son étonnement.

Beckett hocha la tête affirmativement. Et lui détailla qu'ils avaient été interrompu par Esposito suite à son coup de fil.

- « Il ne m'a toujours pas appeler... Tu crois qu'il va le faire ? » demanda conseil la jeune enquêtrice avec une nervosité palpable et la gorge qui commençait à se nouer.

Lanie lui caressa tendrement le dessus de la main pour l'aider à reprendre de la contenance et à chasser ces mauvaises pensées. Elle lui tendit un grand verre d'eau qu'elle avala en une gorgée.

- « Laisse lui du temps, Kate. Il a des sentiments pour toi mais ça n'a pas du être facile à encaisser... Il va appeler j'en suis sûre mais ne le harcèle pas et laisse le venir à toi quand il sera prêt, » lui proposa-t-elle en lui adressant une étreinte réconfortante. « Ça va aller, tant fait pas, chérie. »

- « J'espère que tu as raison, Lanie, tu ne peux pas savoir à quel point je m'en veux... » Sa discussion avec Castle le matin même n'avait pas été assez longue pour qu'elle se rendre compte qu'il ne lui en voulait quasiment plus, du coup elle continuait à culpabiliser. « Et c'est horrible de savoir qu'il souffre à cause de moi... J'aimerais... Il me manque tant. »

Lanie ne put retenir son sourire au moment où elle entendit enfin Beckett avouer à demi-mots les sentiments qu'elle ressentait pour l'écrivain qui partageait sa vie depuis quatre ans.

- « Quoi ? » reprit Beckett après une bouchée.

- « Tu viens d'avouer que tu ressentais quelque chose pour lui ! »

- « Mais... Non... Enfin, oui c'est vrai, » dit-elle avec franchise.

- « J'en était sûre ! » s'exclama-t-elle triomphante. « Kate Beckett et Richard Castle... » dit-elle rêveuse.

- « C'est bon Lanie, on en est pas là ! »

- « Kate Castle... Mais peut-être que tu prendras son vrai nom. Tu préfère quoi ? »

Beckett leva les yeux au ciel et poussa un long soupir sans prendre la peine de répondre à la question de son amie et, elle engloutit la fin de sa salade. Lanie l'imita et demanda au serveur de leur apporter deux cafés.

- « Depuis quand tu t'es rendu compte de tes sentiments pour lui ? » s'intéressa-t-elle.

- « Je sais pas exactement... C'est que je me sens bien avec lui. C'est facile de lui parler et j'ai pas besoin de me cacher derrière une façade. Je... »

- « Tu peux être toi même ! » termina Lanie.

- « C'est ça ! Quand on est tous les deux, j'arrive à me laisser aller. »

- « C'est sûre que depuis qu'il est entré dans ta vie, il y a mit de la gaieté et de la légèreté. Je t'ai vu changer petit à petit, devenir plus patiente et t'ouvrir un peu plus. Et surtout ce sourire ! » dit-elle alors qu'elle voyait Beckett rougir et sourire. « J'ai bien vu que ton comportement en vers lui était différent ces derniers temps. »

- « C'est à dire? » questionna Beckett qui ne voyait pas où elle voulait en venir.

- « Le jeu de la séduction... »

Les joues de Beckett rougirent une fois de plus lorsqu'elle comprit qu'elle venait d'être percée à nue par sa meilleure amie.

- « Tu me connais si bien que ça ? » s'étonna-t-elle.

- « Faut croire que oui. En même temps, tu dois bien avouer que le changement était plus que visible... Surtout au début de cette enquête... J'aimerais bien savoir ce qui t'a fais changer d'avis »

- « Hum... Rien... » mentit la jeune femme morte de honte.

- « Pas à moi ! » sourit Lanie.

- « Ok. J'ai fais un rêve. »

- « Un rêve ? » répéta-t-elle sans comprendre. « Ah ! Un rêve... Et alors ? Raconte ! » reprit-elle quand elle comprit de quel type rêve parlait Beckett.

- « Qu'est-ce que tu veux que je te dise... C'était... » Elle ne trouvait pas les mots pour décrire les sensations qui l'avaient envoûtées cette nuit là. « Dommage que ce n'était qu'un rêve, » dit-elle en retenant un immense sourire de fendre ses lèvres.

- « Ben alors qu'est-ce que tu attends pour lui aller le voir... »

- « Attends il y a deux secondes tu me disait de ne pas le presser. Et là tu me dis le contraire... Je fais quoi moi ? »

- « Oui, c'est vrai avec le contexte, il serait mieux de lui laisser un peu de temps, mais pas trop non plus. Chérie, tu ne vas pas aller en rajeunissant ! »

Beckett leva à nouveau les yeux au ciel, l'air de dire " N'abuse pas non plus ".

- « Ce que je veux dire, c'est qu'il ne vas pas t'attendre éternellement, il faut que tu te jette à l'eau, ma belle ! » reprit Lanie.

- « Je sais... Mais... »

- « Mais quoi ? Qu'est-ce qui te retiens ? »

- « Je ne sais pas... J'ai peur... Et si ça ne marchait pas. Si finalement on se rendait compte qu'on était trop différent... S'il me laissait... »

- « Et si ça marche ? Si vous vous entendiez bien ! Tu y as pensé à ça ? Et le problème reste le même avec n'importe quelle relation. »

- « C'était pas le cas avec Josh » confessa-t-elle.

- « Nan, Josh ça ne compte pas ! »

- « Ça ne compte pas ? Pourquoi ça ? »

- « Josh, il était à New York quoi, quinze jours tous les deux mois. Tu parles d'une relation ! »

- « On est quand même resté ensemble un moment. Et malgré tout il était là pour moi. »

- « Ouais à mi-temps, quand il ne sauvait pas des inconnus. »

- « T'es dur là, il était là après que j'ai failli mourir gelée... Et aussi après qu'on m'ait tiré dessus, » comptabilisa Beckett.

- « Ouais, mais tu dois bien reconnaître que cette relation t'arrangeait. Enfin, surtout le fait qu'il ne soit pas souvent là et qu'il n'empiète pas trop dans ton espace vital, » dit-elle le sourire aux lèvres.

- « C'est vrai que ça me permettait d'avoir une excuse pour ne pas m'engager totalement. Mais avec Castle... J'ai pas d'excuse... C'est ça qui me fait peur. »

- « Hey... » souffla Lanie en lui déposant une caresse sur la joue. « Castle est un type bien et crois moi il est fou de toi ! »

- « Hum... On verra bien. Je vais déjà attendre qu'il m'appelle... »

Beckett fouilla dans son sac pour en sortir une liasse de billets qu'elle déposa sur la table, insistant pour payer la part de son amie. Lanie argumenta une minute, trouvant un tas de raisons pour lesquelles elle ne devrait pas être la seule à payer mais le détective la força à accepter en gage de remerciement pour les conseils et le réconfort qu'elle lui avait apportée. Elles se levèrent de leur chaise et prirent la direction de la sortie. Lanie enlaça tendrement son amie et elles échangèrent une bise avant de repartirent chacune de leur côté pour reprendre le boulot.

Après sa discussion avec la légiste, Beckett se sentait mieux. Le fait d'avoir confié son secret et ses peurs à quelqu'un autre l'avait soulagée quelque part, bien que tout ne soit pas réglé.


Lolotte39  (20.02.2012 à 12:00)

 

Chapitre 19

 

 

 

Au 12th.

 

De retour au poste, Beckett retrouve ses deux collègues assis à une table en train de repasser tout le dossier du meurtre d'Ellen Clarson au peigne fin. Dossiers, photos de la scène de crime, comptes rendus d'analyses et d'autopsie couvraient la quasi totalité du plateau de la table qu'ils avaient investie. Les garçons n'avaient pas chaumés en son absence, mais ils étaient encore à la rechercher de la moindre info.

 

- « Vous en êtes où ? » s'informa l'inspectrice en approchant de la table.

 

- « On revoit chaque information, chaque détail que l'on aurait pu louper, » expliqua Ryan.

 

- « Et alors ? »

 

- « Pas grand chose, on n'a même pas le début d'une piste... » soupira Esposito en jetant le dossier qu'il venait de finir de lire sur la table laissant apparaître sa frustration.

 

- « Je peux vous aider ? » demanda-t-elle.

 

- « Je te laisse ma place, je vais cherche plus d'info sur l'atropine, voir comment on peut s'en procurer, » dit Ryan en se levant en en quittant la pièce pour retourner faire plus de recherche sur son ordinateur.

 

La jeune femme enleva sa veste et la déposa sur le dossier de la chaise que Ryan venait de laisser vacante. Elle remonta les manches de sa chemise devant la masse de travail qui l'attendait et s'installa pendant qu'Esposito lui confiait une pile de dossiers qu'ils n'avaient pas encore revérifiés. Elle attrapa le tout à deux mains et elle commença à décortiquer le premier rapport.

 

Une heure plus tard, Ryan leur rapporta deux grandes tasses de cafés qu'il déposa sur un coin libre de la table afin de leur redonner un peu d'énergie.

 

- « Merci, » dirent Beckett et Esposito qui appréciaient réellement son geste et qui se jetèrent sur les tasses bien chaudes en quête d'un peu de réconfort.

 

- « Vous avez trouvé quelque chose ? » s'enquit Ryan.

 

- « Pas vraiment, nan, » avoua Esposito en aspirant une longue lampée de café.

 

- « Et toi ? » se renseigna Beckett en faisant de même.

 

- « Alors, » commença-t-il en feuilletant son carnet de notes. « J'ai trouvé plusieurs moyens de se procurer de l'atropine. Pour gagner du temps, je vous propose qu'on confronte ce qu'on a... » proposa-t-il à ses collègues quelque peu désespéré. « Donc, l'atropine étant un produit médical, bla bla bla... Ah voilà, elle peut être utilisée à des fins vétérinaires, ophtalmique ou de médecine classique... » lit-il.

 

- « Donc, en gros on recherche un médecin, » résuma Esposito.

 

- « Ouais, ou toutes personnes ayant accès de près ou de loin à des produits pharmacologiques, » corrigea la jeune femme.

 

- « Ça vous rappelle quelqu'un en particulier ? » interrogea l'Irlandais en s'approchant des notes d'Esposito.

 

- « Euh... » souffla Esposito en fouillant dans les papiers. « Non, rien, personne qui ne soit relié de près ou de loin au milieu médical ! »

 

- « Et si on étend à ceux qui ont un compagnon dans ce milieu... » proposa-t-elle.

 

- « Pfff... Nan, toujours rien.... » répondit le latino qui ne contrôlait plus son impatience après avoir vérifier ses listes. « On est dans l'impasse ! On a que dalle ! » constata-t-il en se laissant tomber au fond de son siège.

 

- « Peut-on s'en procurer autrement ? » demande Beckett.

 

- « Ben... » soupira Ryan à son tour. « Comme la plus part des médicaments, tu peux toujours en commander sur internet. »

 

- « Ah ouais, mais là, ça multiplie les possibilités, ça pourrait être n'importe qui... » ajouta Beckett dépitée à son tour.

 

- « Allez ! On va forcement trouver... » affirma Ryan bourré d'optimisme en prenant une chaise pour leur donner un coup de main à reprendre à nouveau depuis le début.

 

Ils continuèrent à chercher ainsi une bonne partie de l'après-midi ne voyant ni le temps ni les indices passer. Mais ces recherches avaient au moins un intérêt, elles gardaient l'esprit de Beckett occupé, focalisé sur l'enquête.

 

- « Hey, mais si on prenait les choses autrement, » dit la jeune femme dans un éclair de génie en brisant le silence.

 

- « A quoi tu penses ? » demanda Ryan ravi qu'elle ait une idée qui pourrait les faire avancer.

 

- « Qui aurait le plus à gagner de ce décès ? »

 

- « Pour être honnête ? Personne. » assura Esposito. « Elle n'avait pas d'argent, pas d'actions et pas d'immobilier... » détailla-t-il en ajoutant un doigt à chaque nouvel argument.

 

- « Elle était plutôt sympa avec les autres mannequins et ne marchait sur personne... » ajouta Ryan.

 

- « Nan mais si on reprend tous les paramètres... » dit Beckett qui semblait avoir quelque de précis en tête.

 

- « On sait qu'elle avait un petit ami, » commença Esposito.

 

- « Bien ! Quoi d'autre ? » dit-elle pour les mettre sur la voie.

 

- « Sa carrière marchait plutôt bien... » continua Ryan.

 

- « Sa carrière, évidemment ! » s'exclama Esposito en le coupant. « Elle était enceinte, elle allait donc prendre du poids et des formes... »

 

- « Et qui allait en pâtir ? » demanda Beckett triomphante.

 

- « Son agent ! » se réjouirent les garçons d'une seule voix.

 

- « Exact ! Ryan trouve moi tout ce que tu peux sur elle. Je veux tout savoir... Son emploi du temps, son adresse, si elle avait des problèmes... Tout ! »

 

- « Je m'y mets ! »

 

La sonnerie de son téléphone retentit et l'avertit d'un appel. Aussitôt son cœur s'emballa. Était-ce Castle ? Elle tendit une main vers son appareil et se rendit compte qu'elle tremblait légèrement due à l'angoisse qui s'emparait d'elle à l'idée de répondre à l'écrivain.

 

- « Beckett ? Oh c'est toi ! » laissa-t-elle échapper avec ne pointe de déception. « Je t'écoute... Hum hum... Comment ça ? Ok, super... Merci Lanie, » dit-elle avant de raccrocher. « C'était Lanie, elle a trouvé une forte concentration d'atropine dans l'estomac de la victime et une sécheresse inhabituelle de sa bouche, » relata-t-elle.

 

- « Ce qui veut dire... » demanda Ryan.

 

- « Elle penche pour un empoisonnement. Elle aurait avalée une forte quantité de ce produit. Et selon elle, il mettrait une à deux heures pour agir à cette dose. »

 

- « Avalée ? D'elle même ? » s'étonna Ryan.

 

- « Euh... A vrai dire, elle en sait rien et moi non plus, » admit Beckett.

 

- « Une seconde, » interpella Esposito depuis son ordinateur où il faisait de plus amples recherches. « Une solution d'atropine peut être obtenue par mixage de baies d'une plante... De la Bel... La... Done... Oui c'est ça de la belladone, » lit-il depuis son poste.

 

- « C'est quoi cette plante ? » demanda Ryan.

 

- « On s'en fou ! C'est noté qu'on peut en commander sur ce site ! » reprit-il.

 

- « Ok, fouille dans les comptes de l'agent de la victime voir si ça colle, » ordonna Beckett au latino. « Ryan qu'est-ce que tu as ? »

 

- « Sophia Tork, 42 ans. Elle a déclaré être rentrée de la soirée à 1h. Des témoins l'ont bien vu sortir mais elle aurait dormit seule. » détailla Ryan la voix chargée de soupçons. « Mais, je vois pas comment elle aurait fait pour lui faire avaler ce truc, ça doit être dégueu en plus... » reprit-il en faisant une grimace à la vue du liquide noirâtre qui était affiché sur l'écran de son partenaire.

 

- « Bon pour ce qui est de l'opportunité, on n'y est pas encore mais pour le mobile oui ! » résuma Beckett.

 

- « En effet, elle avait basé tous ces plans sur la carrière d'Ellen, elle avait investi une grande partie de ses économies et une grossesse lui aurait tout fait perdre ! » s'exclama Ryan.

 

- « Espo, tu as quelque chose avec les comptes ? »

 

- « Ouais c'est elle ! Elle a commandé 200 grammes de baies de belladone il y a trois semaines, » confirma le latino.

 

- « Ok, les gars c'est partit ! On va la chercher ! »

 


Lolotte39  (27.02.2012 à 20:08)

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