HypnoFanfics

Meurtre au petit matin

Série : Castle
Création : 10.01.2012 à 12h08
Auteur : Lolotte39 
Statut : Abandonnée

« Ma première fiction, un meurtre, une enquete et du caskett ;) » Lolotte39 

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Chapitre 20

 

Dans l'appartement de Sophia Tork.

Beckett, Ryan et Esposito arrivèrent sur Park Avenue au niveau de la résidence de Sophia Tork dans deux voitures différentes. Beckett avait pris la sienne et les garçons la suivaient dans la leur de telle manière à conserver la banquette arrière d'un véhicule libre pour la suspecte. Les garçons descendirent de leur voiture alors Beckett les attendait déjà devant l'entrée du bâtiment, l'arme à la main.

- « C'est partit, » lança Beckett envoyant les garçons la rejoindre.

- « On n'attend pas les renforts ? » suggéra Esposito.

- « Pour arrêter une ex-top modèle reconvertie en agent de mode ? » ironisa Beckett en levant un sourcil. « Et on a ça, » continua-t-elle en tapotant la paume de sa main sur l’étui en cuir de son Glock tout en souriant.

Beckett poussa la lourde porte vitrée qui la séparait du hall de l'immeuble et entra, suivie de Ryan et Esposito. La suspecte vivait au quatrième étage de ce bâtiment flambant neuf dont les loyers devaient être excessivement chers pensa Beckett en constatant que du marbre recouvrait les murs et le sol de cette entrée. Ils s'arrêtèrent tous les trois devant l'ascenseur après qu'Esposito ait appuyé sur le bouton pour le faire descendre du neuvième étage. Comme l'engin tardait à arriver et que l'inspectrice était pressée de mettre la main sur cette femme avant qu'elle ne prenne la fuite, elle disparut dans la cage d'escalier signalant aux garçons d'attendre l'arrivée de l'ascenseur pour couvrir cette sortie potentielle. Elle gravit quatre à quatre les marches qui la séparaient de l'appartement de leur suspecte et arriva, certes un peu essoufflée sur le palier mais fière de l'avoir atteint quasiment au même moment que ses collègues. Une fois réunis, ils se dirigèrent tous les trois vers la porte 4b.

Beckett frappa de son point sur le bois vernis en rouge de la porte d'entrée pour informer la locataire que le NYPD était là mais elle se rendit compte que la porte n'était pas fermée et elle s'entre-ouvrit sous la pression qu'elle avait exercé. Ceci ne présageait rien de bon, elle échangea un regard avec ses coéquipiers, ôta son arme de son étui et fit claquer le percuteur de son Glock afin de s'engouffrer la première balle du chargeur dans le canon. Aussitôt elle se plaça devant l'encadrure de la porte et les garçons se plaquèrent contre les murs de chaque côté. D'un hochement de tête elle signala à Ryan de pousser lentement la porte afin de dévoiler la première pièce de l'appartement. Elle suivait le moment de la porte, son arme à hauteur d'épaule, prête à faire feu en cas de besoin.

Ils privilégièrent le silence pour ne pas donner d'informations sur leur position et garder ainsi l'effet de surprise au cas où quelqu'un serait encore dans l'appartement. Elle pénétra prudemment dans le grand salon suivie d'Esposito et enfin de Ryan. D'un cercle sur eux-même, ils balayèrent la pièce pour la sécuriser. Personne. La décoration du salon était à la hauteur de l'apparence de Sophia Tork le jour où Beckett l'avait vu au poste pour lui annoncer la mort de sa mannequin, élégant et raffiné. Les meubles au design moderne, la peinture choisie avec goût et les quelques éléments de décoration qui ornaient la pièce en faisant un endroit magnifique et agréable.

Une fois le salon examiné, les trois détectives se partagèrent les pièces restantes à vérifier. Après quelques gestes de la main et de la tête pour se mettre d'accord sur les rôles de chacun, les garçons prirent le couloir de droite qui desservait quatre portes tandis que la jeune femme opta pour ce qu'elle supposait être la salle à manger et la cuisine.

Elle progressait lentement en direction de la pièce suivante se laissant le temps de réagir au cas où la situation l'exigerait. Elle arriva dans la grande salle à manger meublée d'une grande table faite de bois clair et de verre, entourée de six chaises des cuire noir. l'ambiance de cette pièce était semblable à la première, la décoration était soignée et faisait écho au milieu chic et huppé que côtoyait la locataire des lieux. Les meubles bas blanc laqués ajoutés aux tableaux de maître qui garnissaient les mûrs illuminaient la salle. Beckett pivota sur elle dans le but de couvrir le plus rapidement un maximum de surface du regard pour localiser la moindre menace. A nouveau, personne. Elle découvrit une porte battante blanche avec une poignée en acier qui donnait sûrement dans la cuisine. Elle s'en approcha en silence et l'ouvrit à l'aide de son pied, son arme toujours en joue. La pièce n'était pas très grande mais l'installation avait été bien pensée de sorte que tout l'espace soit utilisé au mieux, elle entra et sécurisa les lieux.

- « RAS, » cria-t-elle à destination des ses partenaires.

Elle entendit les garçons faire successivement écho à son RAS, lui indiquant que l’appartement était vide. Où pouvait bien se trouver Sophia Tork et pourquoi la porte d'entrée n'était-elle pas verrouillée si elle n'était pas là ?

Elle rengaina son arme dans son étui et c'est alors qu'elle sentit un courant d'air s'engouffrer dans ses longs cheveux. Elle se tourna en direction des fenêtres et constata que l'une d'entre elles était grande ouverte et comme par hasard, il s'agissait de la fenêtre qui donnait sur les escaliers de secours. Elle passa la tête par la fenêtre et aperçue une silhouette masculine descendre le long de l'immeuble. Immédiatement, elle en informa les garçons. Ryan détalla dans la cuisine en deux secondes à la poursuite de cet homme.

- « Demande de renfort au 1152 sur Park Avenue, suspect en fuite, homme de race blanche, potentiellement dangereux et armé, » dit-il dans son téléphone avant de descendre dans les escaliers d'acier.

Alors que Ryan courrait derrière cet homme, Esposito opta pour la porte d'entrée, descendant les escaliers qui le séparait du hall le plus rapidement possible afin de couper la route du fuyard avant qu'il n'atteigne l'avenue et ne disparaisse dans la foule.

Une fois seule dans l'appartement, Beckett repassa dans la salle à manger à la recherche d'indices pouvant expliquer à la fois la présence de cette silhouette et l'absence de leur suspecte. Elle fouilla dans quelques tiroirs de la commode quand elle sentit grincer le parquet juste derrière elle. Elle n'eut pas le temps de se retourner que déjà le cliquetis du cran de sécurité d'un pistolet retentit derrière elle.

- « Les mains en l'air ! » dit calmement une voix grave et masculine derrière elle.

Sentant qu'elle n'était pas en position de négocier, elle suivit les directives de son assaillant qui lui demanda de se retourner pour déposer son téléphone et faire glisser son arme sur le sol en sa direction. Une fois face à lui, Beckett détailla le visage de cet homme pour graver son image dans sa mémoire de sorte qu'en cas de fuite elle puisse en dresser le portait. Cet homme avait devait avoir une trentaine d'années, le teint de sa peau était clair, il avait les yeux marrons et les cheveux long et blond attachés en une queue de cheval lui permit de distingué une tâche du coté gauche de son coup, probablement un brûlure pensa-t-elle. Tout en exécutant la tâche qui lui avait demandé, elle en profita pour s'approcher un peu plus de l'homme massif aux yeux perçant qui se tenait en face d'elle. De cette manière, elle se trouvait à une distance raisonnable de lui mais suffisamment proche pour tenter quelque chose. En une fraction de seconde, alors qu'elle était encore accroupit au sol et que lui réceptionnait le Glock qu'elle venait de faire glisser sur le parquet ciré avec de son pied, elle s'élança sur lui, tapant l'intérieur du poignet droit de cet individu qui la tenait le revolver. L'homme ne s'attendait pas à ce que cette jeune flic oppose quelconque résistance, c'est donc grâce à l'effet de surprise plus qu'à la force du coup que Beckett parvint à le désarmer. L'arme vola de sa main, tomba sur le sol pour glisser sous la table de verre alors que contrarié par l'attaque de la jeune femme, il la saisit par la veste et l'envoya valser contre la porte battante de la cuisine qui s'ouvrir instantanément sous le poids du corps de Beckett, la laissant s'étaler de tout son long sur le carrelage froid de la cuisine.

La force qu'il avait mit dans cette prise était telle que Beckett resta un instant sur le sol, allongée sous le choc, la hanche tallée. Elle n'eut pas le temps de reprendre complètement ses esprits qu'elle sentait de nouveau son corps quitter le sol. Le coup qu'elle avait réussis à assigner à cet homme l'avait mit dans une rage folle et il était déterminer à bien le lui faire comprendre. Alors qu'elle ne touchait plus terre, il la projeta contre le plan de travail central.

Voyant le meuble se rapprocher, elle tenta d'amortir la chute en posant d'abord ses mains comme pour absorber le choc de l'impact. Mais elle atterrit sur une bouteille de verre qui trônait sur le plan de travail et qui se brisa au moment de la collision. Elle ressentit une douleur au niveau de son avant bras droit, le sang qui s'en écoulait lui confirma qu'elle était blessée. Son sang se mêla au liquide noirâtre contenu dans la bouteille et les fluides se répandirent sur l'ensemble du plan de travail. Elle vérifia d'un œil l'état de son membre et constata qu'un éclat de verre se trouvait enfoncé dans ses chairs. D'un coup sec elle le retira lui arrachant un cri de douleur tandis que des pas lourds se firent entendre, la prévenant de l'arrivée imminente de la brute derrière elle. Elle se retourna juste à temps pour esquiver un coup de poing menaçant visant à l’assommer. Elle sauta de coté pour éviter un nouveau coup et sa main droite se posa sur le manche d'une poêle. Sans aucune hésitation et malgré la douleur, elle ferma le poing sur la queue en métal et frappa de toutes ses forces sur le dos de son assaillant qui s’apprêtait à resserrer ses énormes mains sur le coup de la jeune femme. Il laissa échapper un râle de douleur et d'énervement ; oh non elle n'était pas disposée à se laisser faire.


Lolotte39  (05.03.2012 à 15:53)

 

Chapitre 21

 

 

Dans l'appartement de Sophia Tork

Beckett était toujours coincée dans l'appartement de leur suspecte avec ce géant inconnu. Et, elle n'était pas en très bonne posture, la taille imposante et le poids démesuré de cet homme ne lui permettait pas de prendre l’ascendant sur lui dans un combat au corps à corps, sans arme elle ne résisterait pas longtemps et elle en était consciente. elle en était donc réduite à prendre la fuite et elle profita de l’étourdissement momentané de son agresseur pour partir en direction de son neuf millimètre resté sur le sol de la salle à manger. Le martèlement de ses talons sur le carrelage le força à reprendre rapidement ses esprits malgré le coup de poêle que venait de lui infliger la jeune femme et, il revint à la charge. Voyant qu'il lui serrait impossible de combler son retard pour couper la route à Beckett, la brute choisit une autre option, plus grossière et plus radicale. Il se jeta sur elle dans l'espoir de la tacler au sol. De justesse il loupa son coup pour le plus grand bonheur de l'enquêtrice qui évita de se faire écraser au sol par plus de quatre-vingt quinze dix kilos de muscle et de graisse.

La ténacité de son agresseur n'avait pas de limite et bien qu'allongé parterre il entreprit de s'en prendre à elle. Il tendit son bras et agrippa le talon de sa chaussure droite mais sa prise glissa. La pression que ses gros doigts avaient exercée ne lui permit pas de la stopper mais elle fut toutefois suffisante pour la déséquilibrer. Elle vacilla sur deux pas essayant de se rattraper en oubliant que la porte était toujours battante. Et, pour la seconde fois, elle la traversa pour aller s'étaler derrière. Son agresseur avait loupé son coup mais le résultat fut le même, elle se retrouvait à plat ventre sur le parquet de la salle à manger. Cependant elle conservait une longueur d'avance sur lui et ne se trouvait plus qu'à un petit mètre de son neuf millimètre. Elle rampa précipitamment sur le parquet en direction de son but espérant de toutes ses forces avoir le temps de saisir son pistolet avant qu'il ne revient à l’assaut. Elle tendit les doigts, allongea son bras au maximum et quand elle effleura l'acier de son glock, elle sentit ses doigts entourer ses chevilles pour la traîner sur le sol. Elle se débattait du mieux qu'elle pouvait usant de ses talons pour défaire l'emprise de cette brute mais en vain. Quand elle réussit enfin à se retourner la situation devint critique. Elle se trouvait sur le dos, son agresseur la maintenant dans cette position et en possession un couteau en inox. Démunie et immobilisée, elle observa son agresseur, la proximité entre leurs corps lui fit prendre conscience de sa puissance et il lui parut plus impressionnant, plus massif et elle ne put contrôler la peur qui l'envahit. Lisant cette expression sur le visage de la jeune femme soumise, un sourire se dessina sur ses lèvres et il prit le temps de détailler chaque partie de sa proie. Victorieux, il fit glisser la lame en acier le long de son visage.

- « Tu fais moins la maligne maintenant ! » triompha-t-il en laissant courir son arme sur sa poitrine jusqu'à son ventre.

Beckett se savait vraiment plus quoi faire ; elle ne trouvait pas de prise sur cet homme et elle ne pouvait pas atteindre son arme.

- « Tststst... » lui souffla-t-il à l'oreille alors qu'elle tentait de se débattre. « Ce serait dommage d'abîmer un si beau visage ! »

Il renifla son parfum alors que dans une énième tentative d'évasion elle réussit à lui donner un coup de genou dans ses parties intimes. La douleur lui fit desserrer sa prise et elle en profita pour ramper jusqu'à son arme. La colère s'empara de lui et il décida qu'il était tant de mettre fin à cette mascarade si bien qu'il leva le couteau en direction de Beckett et au moment où il allait l'empaler un coup de feu retentit. Elle était perdue, elle ne comprenait pas, elle cherchait d'où pouvait provenir la balle qui venait de traverser son agresseur.

- « Beckett ? Tout va bien? » retentit la voix inquiète de Ryan dans son talkie-walkie posé au pied de la commode.

Quand elle fit volte face et que le corps de cet homme s’effondra sur le sol à ses côtés, elle discerna la silhouette d'Esposito, l'arme au poing, le canon encore fumant. Il venait de lui sauver la vie et elle lui adressa un regard remplit de reconnaissance. Soulagée de se sentir en sécurité, elle laissa son corps se détendre un instant sur le parquet lui permettant de reprendre son souffle et de calmer son cœur qui battait à une vitesse folle.

- « C'est bon Ryan, ça va. Mais ramène tes fesses ici, » lui répondit Esposito qui s'était approché du type sur qui il venait de tirer pour le maîtriser.

Il écarta le couteau de la main du prévenu et appuya de tout son poids un genoux sur son dos pour l'immobiliser le temps de lui passer les menottes.

- « Hey ça va ? » adressa-t-il à Beckett en lui proposant une main pour l'aider à se redresser une fois la brute hors d'état de nuire.

- « Ouais merci. Et l'autre type ? » demanda-t-elle en attrapant le bras de son ami.

- « Il s'est enfuit, impossible de te rattraper, c'est que dont je venais te prévenir avant de e trouver en grande conversation avec ce type, » blagua-t-il pour la faire décompresser. « Mais tu saignes ! » s'exclama-t-il en découvrant la manche toute rouge de la chemise de sa boss.

- « C'est rien juste une égratignure, » minimisa-t-elle en tentant de cacher sa chair meurtrie.

- « Une Égratignure ? Tu plaisantes ! » s'écria-t-il alors que du sang coulait toujours de son bras.

- « C'est bon je m'occupe de lui, » affirma Ryan un peu essoufflé qui venait d'arriver dans la pièce. « Vas chercher de quoi nettoyer sa blessure. »

Esposito le remercie et passa dans l'autre pièce pour trouver de quoi arrêter le saignement alors que Ryan prit la direction de la sortie avec le détenu expliquant qu'il le ramenait au poste et qu'il informerait la scientifique au passage.

- « Tu pourras ramener Espo ? » lâcha-t-il avant de disparaître.

- « Pas de problème, vas-y, » affirma-t-elle.

- « Ok. Et toi, tiens toi tranquille, » adressa-t-il au menotté qui résistait.

- « Beckett ? » héla le latino depuis l'autre pièce, un brin d’inquiétude dans le ton.

Elle traversa la pièce tout en gardant sa main droite appliquée sur la plaie pour faire un point de compression et arriva à ses côtés.

- « Ce n'est qu'un peu de sang, Espo, tu ne vas quand même pas tourner de l’œil ! » se moqua-t-elle en le voyant figé devant le sang qui recouvrait le meuble de la cuisine.

- « C'est là que tu t'es fait ça ? » reprit-il d'un ton monotone en pointant un doigt en direction de la tâche de sang.

- « Euh... Oui, ça semble évident. »

- « Bouge pas, surtout ne bouge pas ! » dit-il toujours sur le même ton en posant une main sur son épaule et en la contournant.

- « Espo, mais qu'est-ce qu'il y a ? » s'inquiéta-t-elle.

- « Rien, ne bouge pas. »

Il attrapa un chiffon, le passa sous un filet d'eau et revint vers sa coéquipière pour nettoyer sa blessure. Elle se laissa faire malgré la douleur et les picotements. Esposito examina sommairement son bras avant d'appeler Lanie.

- « Qu'est-ce que tu fais ? » l’interrompit-elle dans son geste.

- « J'appelle Lanie, » répondit-il en reprenant possession de sa main.

- « Mais pourquoi ? Espo, tu m'inquiète... »

- « Je pense que tu vas avoir besoin d'un peu plus qu'un bandage. »

- « Quoi c'est si profond que ça ? »

- « Oui, mais ce pas ça le problème... » dit-il en s'éloignant pour recueillir quelque chose au creux de ses mains. « C'est plutôt ça ! »

- « Tu crois que ce liquide.... C'est... » essaya-t-elle en découvrant des baies noires dans la main de son partenaire.

- « De la belladone, j'en ai bien peur, » répondit lentement son amie.

Le teint de la jeune femme changea radicalement de couleur tandis que le regard d'Esposito se posa successivement sur le plan de travail immaculé de liquide, le bras de Beckett et les baies dans sa main.

- « Kate, t'en fait pas, je gère, » la rassura-t-il de son mieux pour ne pas augmenter la panique qu'il lissait déjà sur son visage pâle. « J' appelle Lanie, elle saura quoi faire ! »

Il lui confia le chiffon et téléphona à Lanie pour lui demander si elle se trouvait toujours à la morgue. Le ton de sa voix laissait transparaître son stress et à l'autre bout du fil Lanie crut au pire. Il la rassura et lui détailla la raison de son appel. Finalement la légiste eut raison de s’inquiéter et après avoir prit connaissance des faits, elle ordonna à Esposito de passer immédiatement à la morgue pour qu'elle examine la plaie et traite Beckett avec un antidote.

Il lui demanda s'il n'était pas plus raisonnable d'aller à l’hôpital et elle lui rétorqua que le temps qu'une ambulance arrive ils auraient perdu de précieuses minutes car plus l'antidote était administrer tôt après l'empoisonnement moins les effets secondaires seraient importants. Elle lui assura qu'elle disposait du matériel nécessaire à la prise en charge de la blessure de Beckett et qu'elle préparerait le traitement antidote le temps qu'ils arrivent jusqu'à elle.

Aussitôt, Esposito attrapa la jeune femme qui était encore sous le choc de la nouvelle par le bras. Elle laissa son partenaire prendre les choses en main car malgré elle, elle en était incapable. La réaction d'Esposito et sa discussion avec la légiste lui avait fait prendre conscience de la gravité de son cas. Elle semblait ne rien contrôler comme si elle vivait la scène de l'extérieur, elle se laissa donc guider jusqu'en bas de l'immeuble avant de monter dans sa voiture du côté passager, lui laissant le soin de la conduire le plus rapidement possible à la morgue.

 


Lolotte39  (10.03.2012 à 19:40)

Chapitre 22

 

A la morgue.

Esposito entra doucement dans le hall en tenant Beckett par la taille pour l'aider à marcher. La jeune femme était encore sous le choc et son teint était toujours pâle. Esposito interpella une femme d'une certain âge qui se trouvait dans le couloir, lui expliquant la situation et lui demandant où ils pouvaient trouver le docteur Parish. La femme proposa à Esposito d'installer Beckett dans la salle d'autopsie n°2 le temps qu'elle informe le docteur de leur arrivée.

Tout en gardant une main de soutien autour de son amie, Esposito ouvrit l'une des portes battante lui permettant de pénétrer dans la salle d'examen de la morgue. Il la fit asseoir un tabouret en attendant la venue de Lanie.

- « Tu veux quelque chose ? » interrogea Esposito devant la mine de la jeune femme.

- « Je veux bien un peu d'eau s'il te plaît. »

Le détective se mit en quête d'un verre mais la pièce ne renfermait que des instruments médicaux. Il saisit un bécher et estimant que ce récipient ferait l'affaire, il le remplit d'eau et le présenta à Beckett.

D'un seul trait elle avala le liquide, cette hydration lui fit le plus grand bien et elle commença à reprendre quelques couleurs.

Quelques secondes plus plus tard, la légiste passa la porte avec les médicaments et instruments nécessaires aux soins qu'elle devait dispenser.

L’inquiétude est le pire ennemie des médecins c'est pour cela qu'ils ne soignent jamais les personnes de leur entourage mais aujourd'hui Lanie se trouvait confrontée à cette situation délicate, soigner sa meilleure amie qui pourrait être en danger de mort à cause d'un empoisonnement. La médecin fit abstraction du fait qu'il s'agissait de son amie pour la traiter comme tous autres patients, bien qu'à l'habitude elle n'ait pas besoin de ce précipiter pour s'occuper de ses patients puisqu'ils sont morts lorsqu'ils passent cette porte. Elle salua rapidement ses amis et agit comme si elle n'avait pas de lien avec Beckett afin de rester concentrée sur les étapes des soins qu'elle devait prodiguer et ne pas laisser de place à la panique. C'est donc sans prendre des nouvelles de la jeune femme qu'elle s'en approcha pour soulever le chiffon rougit par le sang du bras de Beckett.

- « Ok, » exprima-t-elle enfin en se détournant de son bras pour approcher les médicaments qu'elle avait déposé sur la table d'autopsie. « Je vais commencer par l'injection de physostigmine, c'est un antidote puissant contre l'atropine. Et on verra ensuite pour ça, » détailla-t-elle plus pour elle que pour ses amis.

Elle s'empara d'un flacon plein d'un liquide jaunâtre et en remplit une seringue. Elle prit le bras gauche de Beckett l'entoura d'un garrot pour trouver une veine, désinfecta la zones et lui injecta l'intégralité de la seringue dans la veine. A haute voix elle justifia ce choix expliquant à Beckett et Esposito comme s'ils comprenaient qu'un intraveineuse vallait mieux qu'une injection intramusculaire. Elle avait besoin d'expliquer ces choix, de détailler chaque geste pour garder le contrôle et rester concentrée afin de s'assurer qu'elle ne faisait pas de bêtise.

Une fois l'antidote administrer, il était tant de nettoyer et désinfecter la coupure, pour cela, Lanie prit une compresse qu'elle humecta de bétadine et qu'elle déposa sur la plaie arrachant un cri de douleur à la jeune femme Tout en décrivant de petits cercles avec la compresse sous les râles de Beckett, la légiste examinait les dégâts qu'avait causer les morceaux de verre. Il sembla à la détective que son amie était revenue à un comportement normal.

- « Je vais te faire une anesthésie locale car je vais être obligée de faire trois ou quatre points de sutures. »

Beckett accepta bien qu'elle n'ait pas le choix, entre Lanie et Esposito, toute discussion serait inutile, elle n'aurait pas raison.

- « Ok, tu es prête ? Ça risque de faire un peu mal... » prévint Lanie.

Elle enfonça la pointe de la seringue quasiment à l'intérieur de la déchirure de Beckett afin que l'anesthésie agisse le plus rapidement possible et de manière très localisée. Au moment où l'aiguille pénétra dans sa chair, Beckett se crispa lorsqu'elle ressentit une immense douleur et ne put retenir un gémissement.

- « Désolée... » s’excusa Lanie. « Je vais retirer l'aiguille, ça risque d'être douloureux aussi mais je te promets que dans quelques secondes tu ne sentiras plus rien. »

En effet, elle n'avait pas mentie lorsqu'elle retira l'aiguille en acier, l'enquêtrice serra les dents et étouffa un nouveau râle mais en quelques instant la douleur s’atténua sous l'effet du produit et Beckett commença à se détendre un peu. Imaginant ce que son amie devait endurer, la légiste posa une main réconfortante sur sa cuisse et lui tendit une compresse en guise de mouchoir afin que Beckett essuie les quelques larmes qui menaçaient de tomber. Lanie enchaîna ensuite avec les points de sutures et réalisa un pansement pour accélérer la cicatrisation. Elle ajouta également une dose préventive d'antibiotique.

- « Tu as besoin d'antidouleur ? » demanda la légiste.

- « Nan, c'est bon, j'en ai à la maison, » assura Beckett après s'être éclaircie la voix un peu nouée par la douleur.

Le téléphone de Beckett, resté dans la poche de sa veste, se mit à sonner. La jeune femme entreprit de se lever pour répondre mais en médecin bienveillant, Lanie l'en empêcha lui demandant de rester tranquille le temps qu'elle termine le bandage autour de son bras.

- « Espo, tu peux répondre pour Kate ? »

- « Ok... » hésita Esposito cherchant l'aval de Beckett du reagrd.

- « Vas-y de toute façon ce n'est pas la peine de lutter avec Lanie... Tu sais comme elle est ! » se moqua doucement Beckett.

- « Oh oui ! » confirma Esposito.

- « Hey, vous deux ! Je vous signal que je suis là ! » protesta Lanie.

- « Toute bataille contre toi est peine perdue mais c'est aussi pour ça que qu'on t'aime, » sourit Beckett.

- « Ok, je préfère ça,' » répondit Lanie en lui adressant un ravissant sourire.

Esposito fouilla dans la veste de Beckett guidé par la sonnerie de son téléphone. Quand il saisit enfin l'appareil et qu'il découvrit que l'émetteur n'était autre que Castle, il eut un moment de flottement.

- « Euh... » émit-il.

- « Qu'est-ce qu'il y a Javi ? » demanda Lanie intriguée par l'hésitation du jeune homme.

- « Beckett ? C'est Castle... »

La jeune femme se figea et tous les regards se tournèrent vers elle. Elle ne savait pas quoi faire. La situation n'était pas vraiment idéale pour avoir cette conversation tant attendue avec Castle. Elle posa successivement son regard sur Lanie et Esposito alors que la sonnerie continuait de retentir.

- « Euh... Raccroche, » ordonna-t-elle à Esposito sans plus d'explication.

- « Tu ne vas pas lui raccrocher à nez ! » s'offusqua Lanie. « Prends l'appel ! »

- « Nan, » refusa Beckett qui ne souhaitait pas que des oreilles beaucoup trop indiscrètes n'écoute le moindre de ses mots à destination de Castle.

- « Les filles, il faut prendre une décision, » informa Esposito sans vouloir prendre parti pour l'une des deux.

- « Laisse sonner, » ordonna Beckett.

- « Javi, tu ferais mieux de décrocher ce téléphone, » suggéra Lanie d'une voix qui lui laissait bien comprendre qu'il avait plutôt intérêt de s'exécuter.

Du coup face à ses deux femmes, Esposito ne savait pas qui écouter ni quoi faire. S'il décrochait, Beckett le lui ferait payer mais s'il ne le faisait pas, c'est Lanie qui s'en chargerait. Sachant que la légiste était du genre rancunière et redoutant bien plus ses foudres que celles de Beckett, il décida de lui désobéir et décrocha le téléphone sous le regard indigné de Beckett.

- « Castle, c'est Esposito, » expliqua-t-il avant que Castle ait le temps de poser la question. « Une seconde, je te passe Beckett. »

La jeune femme qui secouait la tête en signe de protestation mais il lui tendit le l'appareil. Comme elle ne voulait pas le prendre de ses mains, il le lui colla à l'oreille et elle fut bien obligée de s'en saisir.

Lanie regardait la scène avec le sourire, fière qu'Esposito ait choisi l'écouter elle plutôt que son amie. Elle était tout à fait au courant de la situation entre Beckett et Castle et elle se faisait un plaisir de forcer la main de son amie. Elle espérait ainsi qu'ils recollent les morceaux et aient enfin une discussion digne de ce nom au cours de laquelle ils s'avoueraient leur amour.


Lolotte39  (18.03.2012 à 16:42)

Chapitre 23

 

 

A la morgue.

Beckett se trouvait bien ennuyée, forcée de prendre le téléphone et de répondre à la voix de Castle qui ne cessait de répéter Allô, n’entendant que des sons lointains sans comprendre les mots qu'ils formaient ni de qui ils provenaient.

- « Salut, Castle... » lui adressa finalement Beckett.

- « Hey, qu'est-ce qu'il se passe ? »

- « Rien, rien, » prétendit Beckett.

- « Tu es au poste ? »

- « Non à la morgue, » répondit-elle sans autres détails ne souhaitant pas qu'il soit au courant de son état.

- « Ça tient toujours pour ce soir ? Je passe te prendre à 8:00 pm chez toi ? »

- « Je ne crois pas que je serais en état pour un dîner... »

- « Comment ça ? » s’inquiéta Castle à l'autre bout.

- « Bien-sûr que si ! » affirma Lanie à Beckett suffisamment fort pour que Castle entende sa voix.

- « C'est Lanie que j'entends ? »

- « Attends, une seconde Castle... »

Beckett fusilla son amie du regard tout en mettant sa main devant le micro du téléphone.

- « A quoi tu joue ? » chuchota-t-elle indignée pour ne pas que Castle entende quoi que ce soit.

- « Quoi ? » répondit la légiste l’air de rien. « Il est hors de question que tu reste seule ce soir, pour des raisons médicales, il va de soit, » assura-t-elle en levant un index en direction de son amie.

Mais malgré l’expression grave et concernée qu’elle s’efforçait à afficher, elle fut trahit par le son de sa voix. Beckett comprit tout de suite que les raisons médicales qu’avançait Lanie pour la forcer à voir Castle n’étaient pas ses seules motivations. Et Beckett secoua la tête comme pour lui dire " n'y penses même pas ! ".

- « Je crois qu'on va reporter pour ce soir, je suis désolée mais...Je... » reprit Beckett à l'attention de son partenaire.

- « Bonsoir Castle, » salua Lanie après avoir subtilisé très facilement le téléphone de la main de son amie handicapée et encore à moitié paralysée. « En fait, Kate a eut un petit accident, dirons-nous... »

- « Que c'est-il passé ? Elle va bien ? » se soucia Castle.

- « Elle va bien, rassure-toi mais je voudrais que tu reste calme à l'annonce de ce que je vais te dire... » détailla-t-elle alors que sa patiente lui lançait un regard noir et tentait par tous les moyens de récupérer son téléphone. « Arrête et reste tranquille, » adressa Lanie à Beckett en obstruant à son tour le micro de l'appareil.

Beckett n'avait aucune envie qu'il soit mit au courant de son état, elle ne voulait pas qu'il s'inquiète et qu'il revienne vers elle parce qu'il était soucieux de sa santé. Elle aurait voulu qu'il revienne parce qu'il se sentait prêt, prêt à lui pardonner et pour quoi à envisager quelque chose avec elle. Mais certainement pas parce qu'elle était invalide. Elle maudissait son amie qui était entrain de tout lui raconter.

- « Ok, je suis calme. »

- « Tout d'abord rappelle toi qu'elle va bien et que tout est sous contrôle, » répéta Lanie ne voulant pas tracasser l'écrivain outre mesure.

- « Lanie, je t'écoute ! » s'impatienta l'écrivain.

- « Il est possible qu'elle ait reçue une dose de poison... »

- « De poison ! » s'exclama Castle.

- « Tout va bien, » assura-t-elle. « Par contre il serait judicieux que tu veille sur elle cette nuit, enfin si ça ne te gêne pas... » le convia-t-elle chez Beckett.

Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent, elle lui fit non de la tête tout en restant bouche bée. Elle n'en croyait pas ses oreilles, Lanie venait de l'inviter chez elle, pour la nuit.

- « Une seconde Castle, » reprit Lanie à destination de l'écrivain avant qu'il n'ait eu le temps de répondre quoi que ce soit et elle éloigna le téléphone de son oreille. « Chérie, je suis sérieuse tu ne peux pas rester toute seule cette nuit. Tu risques tout un tas d'effets secondaires, étourdissements, migraines, délires, forte fièvre..., » énuméra-t-elle à sa meilleure amie d'un ton condescendant.

- « Ok, c'est bon, » répondit Beckett blasée et résignée.

- « Bien ! » lui sourit-elle. « Castle ? »

- « Oui ? »

- « Si c'est bon pour toi, Javi devrait la raccompagner chez elle d'ici peu et tu prendras le relais. »

- « Oui ça me va, par contre je ne pourrais pas y être avant une bonne heure. »

- « D'accord, je les préviendrais. Merci Castle. »

- « Bonne soirée Lanie. »

- « Oui à toi aussi, » termina-t-elle avec un immense sourire ne laissant pas le temps à Beckett de modifier la manière dont elle venait de planifier sa soirée.

- « Merci, Lanie, vraiment ! » ironisa la blessée.

- « C'est toujours un plaisir de te rendre service, » se moqua-t-elle.

- « Tu as fini avec mon bras ? »

- « Encore une petite minute, » dit-elle. « Tiens Javi. »

Lanie lui rendit le téléphone pour qu'il le range tout en lui adressant un regard voulant dire " Prends tout ton temps " et alors qu'Esposito s'éloignait, elle en profita pour dire quelques mots à sa meilleure amie voyant qu'elle était légèrement vexée.

- « Hey, ça va ? » reprit-elle à voix basse.

- « Sans rire Lanie, t'es gonflée quand même. »

- « Il aurait vraiment fallu que quelqu'un te surveille cette nuit, alors autant mêler l'agréable à l'utile. Ne me dis pas que ça t'ennuie pas passer la soirée avec lui... »

- « C'est sûre, je ne vais pas te mentir mais... »

- « Écoute, tu m'as dis que vous avez besoin de parler mais que vous ne trouver pas le moment adéquate, voilà maintenant il est tout trouvé. »

- « Mais toute la nuit... » dit Beckett en insistant bien sur chaque mot. « Sachant ce que je ressens pour lui... Tu y vas un peu fort ! »

Lanie savait très bien qu'elle la forçait à passer la nuit avec le mec qui la faisait craquer mais c'était là le meilleur moyen pour eux deux d'aller de l'avant et d'admettre leurs sentiments.

- « Je t'offre une opportunité en or... Je l'ai fait revenir à toi... »

- « Mais je voulais qu'il revienne parce qu'il en avait envie pas parce qu'il se sent obligé, » expliqua Beckett.

- « Il n'avait pas l'air de se sentir forcé, en plus c'est lui qui a appelé, si je me souviens bien. »

- « Oui mais il est inquiet c'est pour ça qu'il a accepté. »

- « C'est parce qu'il tient à toi qu'il a accepté et je suis sûre qu'il est ravi d'avoir toute une soirée et toute une nuit avec toi, » dit Lanie la voix lourde de sous entendus. « Tu me raconteras ! » sourit-elle.

- « Lanie ! » s’exclama Beckett.

La légiste déposa un bisou amical sur la joue de Beckett qui avoua qu'elle était tout de même contente du résultat et d'avoir une chance de parler à Castle.

- « C'est bon les filles ? » demanda Esposito.

- « Tu as terminée ? » demanda Beckett à Lanie.

- « Absolument vous pouvez y aller, » confirma Lanie.

Beckett se leva pour prendre son amie dans une longue étreinte la remerciant de lui avoir probablement sauvé la vie et de lui avoir soigné son bras.

Esposito récupéra les affaires de la jeune femme, salua la légiste et ils partirent en direction de la sortie.

- « Bonne soirée... » lâcha la légiste fière de son rendez-vous arrangé.

 


Lolotte39  (19.03.2012 à 16:45)

 Chapitre 24

  

Chez Beckett.

Conduite par Esposito, Beckett arriva devant l'immeuble où elle résidait. Son ami prit soin de descendre lui ouvrir la portière passager sachant bien qu'avec la dose d'anesthésique qu'elle avait reçu elle aurait du mal y parvenir.

- « Castle n'est pas là, » constata le jeune homme balayant la rue du regard pendant qu'elle s'extirpait de son siège.

- « Hum. »

- « Je vais monter avec toi, » l'informa Esposito sans réellement lui laisser l'opportunité de décliner et, en posant une main dans le dos de son amie, il l'invita à entrer dans le building.

- « Tu peux y aller, si tu veux, » affirma Beckett devant les portes de l'ascenseur qui tardait à arriver.

- « C'est bon j'ai le temps et en plus Lanie a dit qu'il ne fallait pas te laisser seule ! » lui rappela-t-il.

- « Je sais, je sais ! » râla Beckett.

En s'engouffrant dans l'ascenseur, elle eut un léger étourdissement, elle se rattrapa tant bien que mal sur l'un des murs lui arrachant un grognement de douleur au passage. Aussitôt Esposito vint à ses côtés s'assurer que tout allait bien et il vérifia son pansement. Par chance, la pression qu'elle avait exercée sur sa plaie n'avait pas été suffisante pour faire sauter les points de suture et le bandage ne montra aucun signe de saignement.

- « Tu vois, j'ai bien fait de rester, » sourit Esposito en lui proposant son bras comme soutient pour qu'elle se redresse.

Elle répondit à son rictus sans plus de conviction et s'appuya sur la prise qu'il lui offrait pour se relever.

Alors qu'ils traversèrent les étages qui les séparaient de son appartement, le silence s'installa. Pensant que la jeune femme restait muette à la recherche de calme pour se reposer et se remettre de ses émotions, Esposito n'osa émettre le moindre mot. Mais en réalité, si Beckett n'engageait pas la conversation c'est parce qu'elle n'aimait pas la position dans laquelle elle se trouvait. Habituée à se débrouiller, elle détestait sentir ses capacités diminuées mais encore plus le fait d'être dépendante d’autrui et de plus sous surveillance. La jeune femme était également tracassée. Plus elle se rapprochait de son appartement plus la tension montait en elle. Elle ne savait pas comment la soirée en compagnie de Castle allait se dérouler et avec les récents événements elle n'avait pas pris le temps de réfléchir à la manière la plus adéquate pour aborder le sujet de ses sentiments.

C'est toujours plongé dans leur mutisme qu'ils pénétrèrent dans son appartement. Une fois entrée, elle tenta poliment de prendre congé de son ami qui insista encore pour rester et attendre l'arrivée de l'écrivain qui devait prendre le relais.

- « Écoute Espo, ça va aller, » assura Beckett après qu'il l'ait installé dans le canapé. « J'ai mon téléphone à portée de main, une bouteille d'eau... Je devrais survivre ! » Alors qu'il allait ouvrir la bouche pour commencer à argumenter elle reprit. « C'est bon, vas-y. Je t'assure que c'est bon et Castle ne devrait plus tarder. »

Constatant qu'il n'aurait pas le dernier mot cette fois-ci et forcé d'admettre qu'elle n'avait pas tord, il entreprit de quitter la pièce.

- « Si tu as besoin de quoi que ce soit, appelle ! » dit-il en ouvrant la porte.

- « Promis ! »

- « Et prends un peu de repos. On s'occupera de l'interrogatoire de ce type demain avec Ryan... Et ce n'est pas négociable ! » affirma Esposito avant de disparaître et de la laisser seule coupant court à toutes réclamations.

Enfoncée dans le canapé, elle se tourna vers son bras handicapé pour mesurer l'état de l'anesthésie. Les effets du produit commençaient à se dissiper et elle parvint à se servir de ses doigts quand elle constata l'état déplorable dans lequel elle se trouvait. Elle devait changer de vêtements, c'était impératif. Sa chemise était déchirée, tâchée de sang et de jus de belladone au niveau de sa blessure mais aussi sur son ventre. Et que dire de son pantalon surtout de sa cuisse droite sur laquelle les deux liquides avaient dégouliné et ses cheveux étaient en pagaille. Elle entra dans sa chambre, ôta sa chemise avec difficulté puis son pantalon, ouvrit son armoire de sa main gauche et choisit une tenue facile à mettre. Elle hésita un moment à prendre une douche. Elle jeta un œil sur le réveil posé sur la table de nuit qui affichait 7:27 pm, Castle ne devait pas tarder à arriver ne lui laissant pas le temps pour ce luxe. Elle se tourna vers les vêtements qu'elle avait sortis et déposés sur son lit. Elle enfila une chemise beige décontractée à manches courtes qui lui permit de passer facilement son bras droit et elle mit un jean propre. Elle passa à la salle de bain pour remettre de l'ordre dans ses cheveux. Elle démêla tant bien que mal sa chevelure de la main gauche et opta pour un chignon. Elle observa son allure dans la glace et quand elle estima qu'elle était présentable, elle se dirigea dans la cuisine pour se rafraîchir avec un verre d'eau, tous ses exercices lui ayant donné chaud. Beckett eut à peine le temps d'avaler son verre qu'on sonnait à la porte.

- « Hey Castle, » salua-t-elle.

- « Comment vas-tu ? » s'enquit immédiatement Castle.

Elle constata qu'il était inquiet pour elle ce qui, malgré le fait qu'elle aurait aimé le revoir en d'autres circonstances, lui fit plaisir et la rassura sur les sentiments qu'il pouvait lui porter.

- « Je vais bien, » sourit calmement la jeune femme. « Entre. »

L'écrivain s’exécuta, déposa sa veste sur le porte manteau et se retourna vers Beckett.

- « Mais que s'est-il passé ? C'est quoi cette histoire de poison ? »

- « Hé doucement ! »

L'écrivain débordait de questions montrant à quel point il se souciait d'elle. Elle déposa sa main valide sur le bras de son partenaire, plongea dans son regard et parvint sans un mot à lui prouver que tout allait bien. Au contact de ses doigts sur sa peau et de ses yeux dans les siens, il se détendit. Une fois qu'elle sentit ses peurs apaisées, elle l'invita à s'asseoir pour lui expliquer tout ce qu'il s'était passé depuis son arrivée à l'appartement de la suspecte jusqu'à son coup de fil à la morgue.

- « Quels sont les effets secondaires ou risques potentiels ? » se renseigna Castle une fois qu'elle eut terminée son récit.

- « Il y en a plusieurs mais Lanie m'a assurée qu'ils ne se manifesteraient pas de manière très importante donc on peut se détendre. »

Elle pensait avoir éludé sa question avec brio mais le regard que lui adressa Castle montrait que ce n'était pas le cas. Elle pensa qu'il avait besoin de savoir dans quoi il s'était embarqué et les surprises que pouvait lui réserver la soirée. Elle lui détailla donc les effets secondaires dont Lanie l'avait mise en garde et ajouta quelques mots sur la belladone. Elle lut dans le regard de l'écrivain qu'il était bien déterminé à ne pas la quitté des yeux de toute la soirée afin de veiller sur elle et de s'assurer que tout irait bien.

- « Tu veux boire quelque chose ? » proposa Beckett à son invité afin de jouer son rôle d'hôte convenablement et de changer le sujet de la conversation. « J'ai de la bière ou de la bière... » désespéra-t-elle devant son frigo vide.

- « Va pour un bière, » sourit Castle. « Tu as besoin d'aide ? »

- « Absolument pas ! Tu vois, je commence même à pouvoir me servir de ma main droite, » dit-elle en levant le bras droit avec une bouteille de bière dans la main.

Alors qu'elle sortait une seconde bière et qu'elle était sur le point les décapsuler, Castle qui l'avait rejointe dans la cuisine et la stoppa dans son action.

- « Tu ne compte pas boire d'alcool, » chaperonna Castle.

- « Nan ? » interrogea-t-elle du regard telle une petite fille.

- « Hey sois sérieuse ! Lanie vient de t'injecter je ne sais pas combien de produits différents et toi, tu allais ajouter de l'alcool à ce cocktail ! »

- « Ok, très bien papa, » se moqua Beckett en rangeant la canette de trop dans le frigo. « Du coup voilà la tienne... Je vais prendre un soda. »

- « Merci, » ajouta Castle alors qu'il arborait un sourire ravi d'avoir eut le dessus sur sa muse qui d'ordinaire opposait plus de résistance.

- « Au fait, merci d'être venu, » reprit-elle une fois qu'ils avaient rejoint le canapé.

- « Pas de quoi. »

Il approcha sa canette du verre de soda de Beckett pour trinquer avant d'en boire une bonne gorgée.

- « Je n'étais pas sûre que tu viendrais... Vu le contexte... » dit-elle hésitante.

Pour toute réponse, il se contenta de lui sourire de ce sourire charmeur dont il avait le secret.

- « Vraiment merci ! » répéta Beckett en déposant une main sur le genou de Castle. « Je pensais même pas que tu allais répondre à mon appel. »

Cette dernière phrase surprit le romancier, d'après ses souvenirs c'est lui qui avait passé le coup de fil, cependant il ne releva pas mettant ça sur le coup de l'émotion et des médicaments.


Lolotte39  (01.04.2012 à 14:36)

 Chapitre 25

 

 

Le temps passait et ils discutaient toujours, assis dans le canapé de Beckett, l'un à côté de l'autre.

- « Et du coup ce type, tu sais qui s'est ? » continua Castle dans la conversation.

- « Hum... » émit-elle pendant qu'elle avalait une gorgée. « Je ne sais pas, Espo m'a dit que Ryan et lui l'interrogeraient demain pour tenter de lui tirer des informations... » Elle marqua une pause détournant son regard de Castle pour se perdre dans le vide. « C'est quand même bizarre, qu'est-ce qu'ils pouvaient bien faire dans son appartement ? Deux types bien musclés, pas très commodes... » réfléchissait Beckett tout haut ajoutant les éléments un par un.

- « Elle devait tremper dans un truc louche, » lança Castle au hasard vu qu’il n’avait pas connaissance de tous les éléments de l’enquête en raison de leur dispute.

- « Ou alors… »

Sentant qu'elle partait dans ses pensées à la recherche d'un moyen pour expliquer la présence de ces deux hommes dans l'appartement de leur suspecte, Castle la força à établir un contact visuel afin qu'elle revienne avec lui.

- « Je sais que tu es comme ça mais là, il va falloir que tu décroche un peu du boulot, que tu penses à autre chose et surtout que tu te repose ! » dit-il en insistant volontairement sur les derniers mots de sa phrase.

Ils étaient proches l’un de l’autre mais Beckett fuit le regard de l’écrivain. Elle était hésitante, partagée et son cœur battait la chamade. Elle ne savait pas quoi faire. Des émotions contraires l’envahissaient. D’un côté, elle voulait reprendre leur conversation laissée en suspens quelques jours plus tôt. Elle mourrait d’envie de savoir s’il avait réellement des sentiments pour elle, s’il lui en voulait encore pour son mensonge et surtout s’ils pourraient construire quelque chose ensemble car aujourd’hui elle se sentait prête. Mais elle ne savait pas comment aborder le sujet et, d’un autre côté, elle n’osait pas. Elle n’osait pas de peur de la réponse qu’il pourrait lui donner. Elle avait peur de la réaction qu’il pourrait avoir. S’il lui avouait qu’il était toujours en colère et qu’il ne pourrait pas lui pardonner son mensonge, elle en aurait le cœur brisé mais pourtant ils devraient rester tous les deux, dans son appartement, toute la nuit. De peur que la discussion ne se passe mal, elle décida de la laisser à nouveau en suspens.

Evitant toujours son regard, elle tenta de se réinstaller plus agréablement dans le canapé mais ces mouvements lui arrachèrent une grimace de douleur qui n’échappa pas à l’œil de Castle. Il avait déposé une main dans le dos de la brune pour l’aider à s’installer entre les coussins du canapé et déposa une main sur sa joue pour plonger dans se regard.

- « Tu vois, il faut vraiment que tu te repose. »

- « Ne t'inquiète pas je suis tirée d'affaire, » dit-elle doucement avec un petit sourire.

Elle avait quasiment chuchoté ces derniers mots du fait de la nouvelle proximité entre leurs visages et soudainement elle n'arrivait plus à détacher ses yeux de ceux de Castle. Un petit sourire se forma sur le visage de Castle quand d'un geste de tête presque imperceptible, elle accentua le contact entre la paume de la main de l'écrivain et sa joue en fermant les yeux.

- « Hum. Ce n’est pas exactement ce que m'a laissé entendre Lanie ! » murmura Castle à son tour d'une voix douce en caressant la peau de la jeune femme de son pouce.

Elle était fatiguée après la rude journée qu'elle venait de passer et malgré ses hésitations, le réconfort que lui apportait Castle était très appréciable. Castle paraissait très concerné par son état de santé et Beckett avait envie, pour une fois, d'accepter ce qu'il pouvait lui apporter sans se poser de question. Certes elle aurait préféré le revoir pour qu’ils s’expliquent mais la présence de l’écrivain à ce moment lui permettait de se détendre et décompresser un peu.

- « Tu connais Lanie, elle exagère toujours, » répondit Beckett.

Elle bougea doucement se rapprochant de Castle. Voyant la jeune femme en quête de tendresse, il lui ouvrit les bras et elle se cala contre lui de manière très naturelle tout en continuant leur conversation.

- « Et toi tu minimise toujours les situations dans lesquelles tu te fourre. »

- « Humm » émit-elle.

Elle resta un moment, silencieuse profitant de la chaleur des bras de Castle pour se reposer.

- « Ca va ? » interrogea Castle à voix basse en passant une main sur les cheveux de la jeune femme.

- « Bien, » souffla Beckett avec un petit sourire qui traduisait son bien être. « C’est juste le contre coup de la journée, je suis un peu crevée. »

- « Tu veux que je te laisse te reposer un moment ? » proposa Castle en induisant un mouvement de recul pour lui laisser la place de s’allonger sur le sofa.

- « Nan, ne bouge pas. » Elle avait posé sa main gauche sur la cuisse de Castle effectuant une pression suffisante pour ne pas qu’il parte. « Je ne dors pas… Je fais juste une petite pause, » assura la jeune femme.

Ses yeux étaient mi-clos et elle avait laissé sa tête s'appuyer contre l'épaule de Castle. Il appréciait ce moment tout autant qu’elle, jamais depuis quatre ans il n’avait été aussi proche de Beckett à sa propre initiative. Il restait immobile de peur de la forcer à bouger.

- « Tu as eu de la chance aujourd'hui, » reprit Castle qui émergeait de ses réflexions. « Tu t'en rends comptes… Si Espo n'était pas arrivé à temps… Et s'il n'avait pas trouvé les baies... Tu imagines ! »

Elle le regardait du coin de l’œil retenant un large sourire qui menaçait de grandir alors qu'il continuait à argumenter. Mais devant la montagne d'inquiétude que peignait son écrivain, elle ne put se retenir et pouffa de rire.

- « Et ça te fais rire en plus ! » réprima Castle faussement offusqué.

- « C'est toi qui me fait rire, Castle. Je suis là, en un morceau et en vie, » sourit Beckett à ses côtés.

- « Parce qu'on a plus le droit de s'inquiéter maintenant ! »

- « Ah oui tu étais inquiet... » sourit-elle.

- « Évidement que j'étais inquiet. »

Leurs regards se croisèrent à nouveau et il vit tout le bien que ça faisait à Beckett de le sentir inquiet pour elle. Elle en avait le sourire et ses yeux pétillaient.


Lolotte39  (01.04.2012 à 18:43)

Chapitre 26

 

Alors que les heures tournaient, Beckett décida de se lever pour ranger un peu son appartement et elle saisit deux cannettes de bière vides dans sa main droite.

- « Tu n'as pas l'air si mal en point finalement, » sourit Castle.

Il était moqueur, très bien elle n'allait pas s'en priver non plus. Elle reposa les bouteilles de bières vides sur la table.

- « En fait, tu as raison je suis handicapée... » s’amusa-t-elle en invitant Castle à les débarrasser lui-même avant de se diriger dans la cuisine.

- « Tu te moque de moi... » lâcha Castle toujours vautré dans le canapé.

- « Richard Castle, ce serait bien mal me connaître que de penser ça, » lança-t-elle depuis l’autre bout de l’appartement.

Il se résigna et se leva à son tour pour attraper les bouteilles vides avant de la rejoindre. Il traversa les quelques mètres qui le séparaient d’elle et entra dans la cuisine.

- « En fait, tu as fais tout ça juste pour passer la soirée avec moi ! » affirma Castle avec toute son assurance en déposant les bouteilles en verres sur le plan de travail.

Elle se tourna vers lui, fit une moue blasée par les propos qu’il venait de tenir avant d’éclater de rire, ne parvenant plus à jouer la fille faussement blasée. Après quelques secondes de fou rire, et devant la mine désespérée de Castle qui commençait à penser qu’elle se moquait de le lui, elle se reprit.

- « Je ne pense pas avoir besoin de feindre une blessure pour que tu passe une nuit avec moi, » dit-elle théâtralement sans le quitter des yeux.

L’effet escompté ne se fit pas attendre, Castle marqua une pause restant immobile un instant tout en dévisageant la jeune femme du regard. Une nuit se répéta-t-il dans sa tête. Qu'entendait-elle par là. Avait-elle choisit se mot pas inadvertance ou... Il termina la bière qu’il tenait dans la main gauche pour meubler tout en cherchant quoi répondre.

- « Je ne suis pas un homme facile Mademoiselle Beckett, détrompez-vous ! »

L'humour, cette technique marchait presque toujours et l'avait sortis plus d'une fois de situation périlleuse et dans lesquelles il ne se sentait mal à l'aise.

- « Ah non ? » se moqua Beckett avec un sourire alors qu’elle se débarrassait des bouteilles. Elle marqua une pause, évaluant la situation à la recherche d’une phrase qui le déstabiliserait encore d’avantage. Elle venait d’avoir une brillante idée, un sourire charmeur naquit sur son visage alors qu’elle s’approchait de Castle. Elle se trouvait à quelques centimètres de lui. « Parviendrais-tu à me résister ? » susurra Beckett à son oreille sûre d'elle et joueuse.

La situation mettait Castle légèrement mal à l'aise, il n’avait pas l’habitude de ce comportement et il lui était presque impossible de croire que Beckett puisse lui faire des avances de la sorte. Mais adepte de ce petit jeu, il ne put s’abstenir de répondre.

- « Ça fait plus de quatre ans que je résiste, » murmura-t-il d’une voix sensuelle alors qu’elle se trouvait encore à proximité de lui.

- « Humm… Tu n’es donc pas insensible à mon charme. »

Elle venait de voir une brèche dans la tactique de Castle et elle avait choisis de s'y engouffrer, le mettant en défaut.

Il se répétait sa dernière phrase dans sa tête et en effet, il avait plus ou moins avoué qu'il luttait pour résister au charme de sa partenaire. Il fallait qu'il trouve un moyen de ré-inverser les choses et de reprendre le dessus mais comment.

- « Tu avoues que tu tente de me charmer ? » interrogea Castle espérant la mettre à son tour en défaut.

Il affichait une sourire satisfait, persuadé d’avoir tapé au bon endroit et que cette fois elle ne saurait quoi répondre. Mais Beckett était pleine de ressources et loin de sa timidité habituelle, elle surenchérit.

- « Disons que jusqu'à maintenant j'ai été très gentille avec toi... » se joua Beckett. Il venait de raté son coup, c’était complètement raté. Il n’avait pas envisagé une seconde qu'elle irait dans cette direction. Du coup, il se retrouva prit au dépourvu ne sachant plus quoi dire ni même quoi faire. « Si je m’approche un peu plus et que... » continua-t-elle en joignant le geste à la parole et en détachant ses cheveux.

- « Ok, ok... » l'arrêta Castle. Cette fois, il était réellement mal à l’aise, elle venait de changer les règles du jeu auquel ils jouaient depuis plusieurs minutes. Ce n’était plus simplement de la taquinerie et du flirt entre amis, les choses commençaient à aller plus loin et il n’était pas sure des raisons de ce changement.  « Occupons-nous du repas. » Il s’était dit qu’un changement de sujet rappellerait Beckett à la raison ne sachant pas comment réagir face à son nouveau comportement. Mais elle se tenait en face le lui, immobile. « Qu'est-ce que tu fais ? »

- « Détends-toi... » dit-elle d'une voix à peine audible en réduisant encore un peu plus l'espace entre leurs deux corps.

Elle était consciente que cette manière de se comporter avec lui ne lui ressemblait pas et elle comprenait le désarroi qu'elle pouvait lire sur le visage de l'homme qui se tenait à proximité du sien. Alors que depuis près de quatre années, elle se refusait à accepter l'attirance qu'elle éprouvait pour lui depuis les premières semaines de leur collaboration, aujourd'hui, les médicaments aidant pour beaucoup, elle avait envie se laisser guider par la passion qui l'habitait.

Elle fit un pas de plus et vit Castle en faire un en arrière. Il ne savait pas sur quel pied danser pensant que ses avances étaient dues aux doses d'antidouleurs et d'antidote. Et, en bon gentleman il ne voulait pas abuser de la situation et profiter d'elle. Elle en avait pourtant terriblement envie.

Cette fois il était coincé, il venait de faire un nouveau pas en arrière et de tomber le dos contre les éléments de la cuisine. Certaine qu'il ne pourrait pas fuir d'avantage, elle s'approcha sans le quitter du regard.

- « Beckett... » articula-t-il.

- « Chut... » dit-elle en déposant sensuellement son index sur les lèvres de Castle.

- « Qu’est-ce que tu fais ?  Non arrête ! Je... Ça ne devrait pas se passer comme ça... »

- « Dis moi que tu n'en as pas envie... » susurra-t-elle à son oreille.

Il fit un mouvement de tête afin de capter son regard.

- « Je n'en ai pas envie, » mentit fermement Castle pour la repousser.

Mais elle était si proche de lui qu'elle sentait son anatomie répondre différemment à la question qu'elle venait de lui poser lui arrachant un sourire.

Castle tentait par tous les moyens de la faire revenir à elle mais elle déposa sa main valide sur son torse masculin pour découvrir ses courbes. Alors qu'elle le parcourait de ses doigts, il tenta d'étouffer un petit gémissement et le gonflement de sa poitrine causé par l'inspiration profonde qu'il venait de prendre sous les caresses de Beckett. Il savait pertinemment qu'elle l'avait entendu et en eut la confirmation au vue du sourire qui naquît sur ses lèvres. Elle semblait satisfaite de l’emprise qu’elle avait sur lui. Après de nouvelles caresses, ses yeux se posèrent sur les lèvres de son partenaire, à ce moment précis il se rendit compte qu'elle était prête à l'embrasser. Bien sûr depuis ce premier baiser qu’ils avaient échangé, il n’avait qu’une envie, que cela se reproduise à nouveau mais est-ce réellement ce qu’elle voulait. Il n’en était pas sure et il était encore moins sure de parvenir à l'arrêter s'il venait à goûter à ses les lèvres.

- « Kate... Arrête, » implora Castle. Mais les mots de l’écrivain ne semblaient pas atteindre Beckett. « Je ne pourrais pas résister... » murmura-t-il en déposant une main sur la hanche de sa muse pour y faire pression afin de la faire reculer.

- « Ne résiste pas alors, » souffla la jeune femme.

Elle humecta ses lèvres, ferma les yeux et entra en contact avec la bouche de Castle. Comme il l'avait pré-senti, il fut incapable de s’en détacher. Son odeur, la douceur de ses lèvres, leur goût. Il fut comme transporté. C’est alors que la passion s'empara d'eux deux, accentuant ce baiser qui devint de plus en plus langoureux.

Lorsqu'il entoura son visage de ses mains, elle eut la confirmation qu'il appréciait le moment autant qu'elle. Elle n'avait aucune envie d'y mettre fin, aussi elle colla tout son corps contre celui de l'homme qu'elle désirait. Elle entoura son coup de ses bras et lui, presque sans effort passa ses mains sous ses fesses pour la décoller du sol et l'asseoir sur le plan de travail central de la cuisine où leur baiser devint encore plus fougueux.

- « Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Beckett perdue alors que Castle venait de mettre fin à cet échange malgré l'étreinte qu'elle avait formé de ses bras.

- « Je ne peux faire ça... Tu... »

- « Rick, j'en ai terriblement envie. »

- « Moi aussi, je t'assure, » lui dit-il en caressant son visage. « Mais tu n'es pas toi même. »

Elle posa à son tour sa main sur la joue de Castle et plongea dans son regard.

- « Pour la première j'agis comme j'en ai envie, sans me poser de questions, sans réfléchir aux conséquences, » affirma-t-elle d’un ton très sérieux en descendant du meuble pour se rapprocher de lui.

Au moment où ses pieds touchèrent le sol elle eut comme un étourdissement et manqua de tomber. Immédiatement, Castle vint la soutenir le regard remplit de crainte.

- « Ca va ? »

- « Oui, » hésita Beckett en secouant la tête pour reprendre ses esprits.

La poussée d’adrénaline qu'avait engendré leur baiser et à la déception de voir Rick se dérobé sous ses lèvres, avaient accéléré la vitesse de battement de son cœur. Ceci ajouté au choc qu'elle avait subit quelques heures au paravent, avait fatigué son corps qui le manifestait par des vertiges.

- « Tu es brûlante, » constata-t-il en posant une main sur le front de Beckett.

- « C'est rien, la fatigue, » répondit-elle pour limiter les craintes de son partenaire et reprendre leur conversation.

- « Tu es certaine que ça va ? » s’inquiéta Castle devant le tien livide qu’elle affichait.

- « Ne cherche pas de moyen de changer de sujet de conversation, Rick, » sourit Beckett en se redressant.

- « Je ne... Kate, tu es toute blanche ! Tu ne veux pas boire quelque chose ? »

- « Non c'est bon, c'est passé, c'était juste un petit étourdissement, » assura Beckett en tentant de faire bonne figure.

Mais alors que l'auteur remplissait un verre d'eau pour sa muse, il l'entendit reprendre la parole.

- « Je vais aller m'asseoir une seconde. » Elle avait du mal à reprendre possession de son corps et sa vision était encore troublée. « Cast..., » émit-elle avant de fermer les yeux et de perdre ses moyens.

Castle se jeta à son secours, réussissant à la rattraper juste avant que sa tête ne heurte le sol, le cœur palpitant d’inquiétude.

- « Kate... Reste avec moi... Kate, » lui répétait-il en lui tapotant la joue pour la faire reprendre connaissance.

 


Lolotte39  (14.04.2012 à 14:06)

Chapitre 27

 

 

Beckett se trouvait dans les bras de Castle qui l’avait attrapée in extrémiste avant qu’elle ne tombe au sol. Elle avait extrêmement chaud, sa tête tournait et son cœur battait à tout rompre. Elle avait peur et ne savait pas ce qu’il était en train de se passer. Castle l’entoura d’un bras au niveau de la taille pour la soutenir et de sa main libre qu’il déposa sur le front de la jeune femme, il évalua sa température. Elle était brûlante à tel point que quelques gouttes de sueurs commençaient à apparaitre. Il savait qu’elle était en train de faire une montée de fièvre importante et qu’il lui fallait réagir rapidement pour la faire descendre.

- « Ca va aller, » murmura Castle à l’oreille de Beckett alors qu’il la soulevait pour porter dans ses bras.

Il tentait de la rassurer comme il le pouvait. A peine était-elle installée dans les bras de son écrivain qu’elle passa immédiatement les siens autour de ses épaules pour se cramponner à lui, lui montrant à quel point elle avait besoin de lui. En une fraction de seconde, il lui fit traverser la pièce en direction de la salle de bain. Alors qu’ils venaient de passer le seuil de la pièce, Castle la déposa doucement dans la baignoire avant d’ouvrir le robinet. Un bain froid, un long bain froid était la meilleure solution. Il savait, depuis le jour où Alexis l’avait forcé à regarder tous les épisodes d’une série médicale lorsqu’elle était malade, que c’était là le moyen le plus rapide pour faire tomber la température de Beckett.

D’un bras passé sous ses épaules, Castle soutenait la tête de Beckett qui semblait ne pas maitriser intégralement son corps. A genoux sur le carrelage, il tourna la poignée du robinet faisant couler l’eau au bout de la pomme de douche et testa la température d’un doigt. Quand il estima qu’elle était suffisamment froide, il dirigea le jet d’eau froide sur la poitrine de Beckett qui malgré la fraicheur du jet ne réagit pas, en tout cas pas tout de suite. Le temps que sa tenue absorbe l’eau et qu’elle parvienne jusqu’à sa peau, il s’écoula une longue seconde au cours de laquelle Castle s’inquiéta. Il se demanda si la jeune femme était encore consciente ou non d’autant plus qu’elle avait fermé les yeux. Et après cette longue seconde de doute, le corps de la jeune femme réagit enfin et les premiers signes de la baisse de la température apparurent. Des frissons la traversèrent et la chair de poule se lissait sur ses bras. Il arrosa abondamment le corps immobile de sa partenaire veillant bien à refroidir sa nuque et sa tête pour accélérer le processus.

- « Castle, » émit enfin Beckett.

- « Encore une petite seconde Kate, » expliqua Castle comprenant immédiatement qu’elle allait lui demander d’arrêter.

Mais en homme prévenant, Castle voulait s’assurer que la fièvre était bien tombée avant de stopper le jet d’eau. En déposant cette fois ses lèvres sur le front de Beckett il constata qu’il était considérablement moins chaud ainsi il satisfit à la requête de l’enquêtrice et coupa l’eau pour la sortir de ce bain glacé.

De sa main gauche passée sous le dos de la jeune femme, il l’aida à se redresser et à sortir du bain. Castle la fit ensuite s’assoir sur le rebord de la baignoire le temps pour lui d’attraper la serviette sèche et chaude pendue sur le radiateur. Quand il revient au près d’elle, la serviette dans la main, elle n’avait pas bougé d’un centimètre, elle attendait le corps frissonnant alors que des gouttes dégoulinaient de ses longs cheveux. Il essuya son visage humide, lui adressa un tendre sourire et l’enveloppa pour la réchauffer du mieux qu’il pouvait. Bien qu’emmitouflée dans la chaleur de la serviette, elle avait du mal à se réchauffer. Elle s’appuya contre le buste de Castle qui se tenait debout à ses côtés à la recherche d’encore un peu plus de chaleur et de tendresse.

- « Kate, » dit-il en lui levant le visage pour capter son attention. « Je vais te laisser pour que tu te déshabille et te sèche comme il faut, » proposa Castle.

Il lui proposa une main pour qu’elle se lève mais les forces lui manquaient et elle manqua de vaciller une nouvelle fois. Elle se rattrapa au bras de Castle.

- « Aide-moi, » parvint à articuler Beckett avec le peu de forces qu’elle avait encore et entre les frissons qui la traversaient.

Castle fut surprit pas la requête de la jeune femme, mais la voyant incapable d’y parvenir seule, il s’approcha d’elle et la frotta au travers de la serviette pour éliminer le maximum d’eau restante dans ses vêtements. Puis il la découvrit, déposant le linge au sol. Il entendit qu’elle frissonnait à nouveau et se rendit compte qu’il devait au plus vite la mettre au sec. Il la regarda un instant à la recherche de son aval pour commencer à la déshabiller. Il s’approcha, hésitant. Il avança une main tremblante en direction de la chemise de Beckett qui restait toujours aussi immobile. A l’aide de sa seconde main, il déboutonna le premier bouton de son chemisier non sans peine. A chaque nouveau bouton qu’il éliminait, sa chemise s’ouvrait un peu plus laissant apparaitre une nouvelle partie de sa peau. Il arriva au bouton situé juste au niveau de la poitrine de la jeune femme. Il marqua une pause d’hésitation. Bien que Castle fut un véritable bourreau des cœurs et qu’il ait mainte fois déshabillé de belles jeunes femmes, il se trouvait dans un état de stress qu’il n’avait jamais connu jusque là. Toutes les femmes qu’il avait connu auparavant n’avaient rien d’égal à Beckett. Elle était la seule à lui avoir résistée et surtout celle à qui il pensait sans cesse. Il se concentra de toutes ses forces pour trembler le moins possible. Il veilla également à limiter le contact entre ses doigts et ses seins tellement il se sentait mal à l’aise de profiter ainsi d’elle. Alors qu’il fit sauter le bouton, le galbe de ses seins se dévoila un peu plus à ses yeux augmentant la torture de Castle qui ne pouvait que continuer sa tâche sans profiter de cette chair qui lui donnait tant envie.

Une fois tous les boutons détachés, Castle ouvrit la chemise. Mécaniquement, Beckett esquissa un mouvement vers lui et se cambra pour qu’il puisse retirer sa chemise. Cette position fit ressortir la poitrine de la jeune femme et Castle découvrant le corps si parfait de sa partenaire du réellement prendre sur lui pour résister à la dévorer.

Pour de limiter la tentation qui grandissait en lui, il ramassa la serviette et couvrit le buste de Beckett. Il prit une seconde pour reprendre ses esprits et se prépara à lui ôter son jean qui à cause de l’eau moulait chaque partie de ses jambes. Il avança une main fébrile vers le bas de son ventre et de manière habille malgré sa nervosité il défit le bouton de son jean. Il descendit doucement sa braguette laissant apparaitre un sous-vêtement noir à dentelle assortit à son soutient gorge. Il prit une profonde inspiration et fit glisser le pantalon de Beckett long de ses cuisses, délicatement. Il fit une brève pause pour tenter d’oublier qu’il était en train de dévêtir celle dont il fantasmait depuis des mois. Mais une fois la jeune femme nue il ne put se retenir et resta une seconde admiratif. Il se reprit et enveloppa Beckett dans la serviette de manière à masquer le plus de surface possible lorsqu’elle émit un petit cri de douleur. Il envisagea alors de vérifier le bandage que Lanie avait effectué quelques heures plutôt. Quand il prit précautionneusement le bras de sa partenaire dans ses mains, il constata qu’il était humide mais toujours en place, ainsi il se contenta de défaire la bande humide pour la remplacer par une sèche. Il laissa Beckett une seconde, le temps de trouver où elle rangeait sa trousse de premiers soins, puis, il déballa la bande et refit le bandage.

- « Tu veux te coucher ? » suggéra Castle une fois les soins terminés.

Elle lui répondit par un simple hochement de tête mais ne fit aucun geste en direction de la sortie de la salle de bain. Il s’approcha d’elle pour lui proposer un soutien mais elle ne parvenait pas à marcher seule. Réelle fatigue ou juste l’envie de profiter une fois de plus des bras se son partenaire, qui sait. Néanmoins, Castle glissa une main sous ses cuisses presque nues et la souleva pour la prendre dans ses bras. Comme par habitude, elle entoura son cou et déposa un baiser sur la joue de Castle pour le remercier. En la décollant du sol, la serviette s’était déplacée glissant sur les épaules de Beckett pour laisser sa poitrine à la vue de Castle. Maintenant la jeune femme dans ses bras, il lui était impossible de la recouvrir et elle ne semblait pas en être perturbée. Ils parcoururent ainsi les mètres qui les séparaient de sa chambre et une fois arrivés à côté de son lit, il la déposa très délicatement alors qu’elle s’enfilait déjà sous les draps. Il lui déposa un bisou sur le front et s’apprêta à quitter la pièce quand Beckett posa une main sur le poignet de l’écrivain.


Lolotte39  (15.04.2012 à 19:26)

Chapitre 28

 

Elle l’avait arrêté avant qu’il ne quitte la chambre. Elle ne souhaitait pas rester seule et avait envie d’être près de lui.

- « Restes, » lui dit-elle alors qu’il s’était retourné fixant sa main sur son poignet.

Beckett sentit l’autre main de Castle entouré délicatement son poignet avant de la soulever pour se libérer de son étreinte. Elle ne savait pas comment elle devait interpréter ce geste. En avait-elle trop fait. Etait-ce plus que ce qu’il pouvait supporter. Les doutes l’envahirent accélérant les battements de son cœur et lui faisant rapidement reprendre tous ces moyens. Dans l’obscurité de la pièce, elle discerna la silhouette de Castle et ne put se résoudre à le quitter des yeux lorsqu’elle le vit s’éloigner d’elle. Elle se redressa pour s’assoir dans le lit sans le perdre du regard, déçue. Alors qu’elle pensait qu’il allait disparaitre derrière la porte de sa chambre en direction du salon, il s’arrêta devant la fenêtre. Il ôta sa chemise humide à cause de la douche et fit volte face. Au moment où elle le vit revenir dans sa direction elle ne put retenir le sourire qui montait sur ses lèvres. Il ne devait pas lui en vouloir tant que ça puisqu’il acceptait finalement de revenir près d’elle. Elle se déplaça, lui laissant la place de monter la rejoindre dans son lit, s’installant sur la couette. Il était torse nu, assis sur les draps, le dos contre la tête de lit et elle se tenait à quelques centimètres de lui assise en tailleur, en sous-vêtements.

- « J’ai cru que tu allais partir, » osa Beckett qui avait besoin d’exprimer ce qu’elle ressentait désormais.

- « Je n’allais pas m’assoir avec une chemise trempée. » Elle entendit le sourire qu’il arborait au son de sa voix. « Allonge toi, il est temps que tu te repose. »

Il était très paternaliste ce soir mais ce n’était pas pour lui déplaire. Elle jeta un œil sur le réveil, presque minuit, il avait raison il était l’heure pour son corps de profiter du repos. Elle s’exécuta en se collant contre Castle et déposa une main sur son torse nue juste pour profiter de sa chaleur avant de s’endormir.

Après plusieurs minutes de silence, Castle pencha la tête en direction du visage de Beckett qu’il trouva endormie. Doucement, il souleva sa tête de sa main pour la déposer dans les coussins. Suite au mouvement qu’il venait de lui imposer elle émit un petit grognement montrant qu’elle préférait sa position initiale. Castle se figea et patienta quelques secondes, immobile, ne voulant pas la réveiller d’avantage. Elle se retourna sur son autre côté s’enfonçant un peu plus dans les coussins alors qu’il se glissait hors du lit pour la laisser dormir seule. Il sortit de la chambre après un dernier regard sur le visage détendue de celle qu’il aimait.

Il pénétra dans la cuisine et se fit un petit casse croute puisqu’en raison des événements de la soirée ils n’avaient pas pris le temps d’avaler quoi que ce soit. Une fois qu’il eut mangé un morceau, il se posa dans le canapé, vérifia son téléphone avant de sombrer à son tour dans le sommeil.

Au milieu de la nuit, Beckett se réveilla en sueur, la gorge sèche et un mal de tête insupportable. Elle se retourna dans son lit qu’elle trouva vide. Elle s’arrêta et prit deux secondes pour se remémorer les événements de la soirée. Elle regarda en direction de la fenêtre de sa chambre et y trouva toujours pendue la chemise de l’écrivain. Un fin sourire naquît certaine qu’il était encore dans son appartement. Son mal de tête la rappela à l’ordre et elle sortit de son lit en quête d’un antidouleur. Avant de quitter sa chambre, elle enfila vite fait sa robe de chambre en satin pour se couvrir et entra dans le salon. C’est alors qu’elle le découvrit, allongé sur le canapé. Elle saisit au passage un plaid et l’en recouvrit doucement pour ne pas le réveiller avant d’aller jusqu’à la cuisine. Elle ouvrit un placard, en sortit une boite de cachet et en avala un suivis d’un long verre d’eau. Elle se retourna vers le plan de travail et constata que Castle s’était fait un petit encas. Sentant son ventre réclamer, elle saisit le morceau de sandwich au beurre de cacahuète qu’il avait laissé et mordit allègrement dedans.

- « Hey c’est mon sandwich, » réclama la voix de Castle.

- « C’était, » corrigea Beckett après avoir avalée une bouchée. « Je t’ai réveillé ? »

- « Je ne dormais pas vraiment, ton canapé est un véritable supplice pour le dos, » affirma Castle en s’étirant devant elle.

Elle eut envie de lui répondre qu’elle lui avait offert son lit mais se retint ne sachant pas les raisons qui l’avaient poussé à partir et ne souhaitant pas le mettre mal à l’aise.

- « Et toi ça va ? »

- « Oui, juste un petit mal de crane, » minimisa           -t-elle.

Il avait ouvert le frigo à la recherche de quelque chose à boire éclairant la pièce de cette lumière jaune et projetant son ombre sur les murs Il se tourna vers Beckett et dans cette lumière particulière, il découvrit sa tenue ne pouvant s’empêcher de la regarder. Elle se trouvait dans le faisceau de lumière, accoudée sur le plan de travail, sa robe de chambre couvrant tout juste le début de l’arrière de ses cuisses. Il profita un moment du spectacle qu’elle lui offrait.

- « Hum, hum… » lâcha-t-elle la bouche pleine en remarquant son écrivain contemplatif.

- « Y’a vraiment rien dans ton frigo, » fit Castle l’air de rien. « Un petit café ? »

Changement de sujet habille de la part de l’écrivain, bien qu’il sache pertinemment qu’elle l’avait percé à jour.

- « Oui, je veux bien. »

Elle venait de terminer son morceau de pain de mie et alors qu’il s’apprêtait à faire couler un café, elle quitta la pièce le laissant s’occuper de ça pendant qu’elle prenait place sur le canapé. En quelques secondes, les deux cafés étaient coulés et Castle rejoint Beckett qui s’était mise en tailleur sur le canapé. Elle avait déposé le plaid sur ses jambes, couvrant négligemment son corps et entoura la tasse que lui tendait Castle de ses deux mains.

- « Merci. »

Il s’assit à son tour et alors qu’ils dégustèrent leur café, elle prit la parole.

- « Merci pour hier soir. »

- « J’étais là pour ça, mais comme quoi tu n’étais pas "tiré d’affaire" pour reprendre ton expression, » se moqua Castle en lui donnant un petit coup d’épaule.

Elle le regard d’un air faussement blasé avant de reconnaitre à demi qu’il n’avait pas tord et qu’elle aurait, en insistant bien sur les mots ‘peut être’ due être plus prudente. Bien qu’elle en brûlait d’envie, elle ne lui avoua pas que ça en valait la peine et que si elle en avait l’occasion elle referait exactement la même chose, rien que pour la sensation de ses lèvres sur les siennes et des ses mains d’écrivain sur son corps.

Elle but une gorgée de café et le silence s’installa. Etait-ce là le bon moment pour reprendre leur discussion, il paraissait opportun. La pénombre de la pièce faiblement éclairée par la lumière des lampadaires qui traversait les fenêtres créait une ambiance calfeutrée et il semblait détendu malgré l’heure tardive. Elle hésita encore.

- « Kate, tu es avec moi ? » questionna Castle pour la sortir de ses pensées.

Aller Kate, ne réfléchit plus, lance toi, se dit-elle.

- « Rick pourquoi es-tu venu ce soir ? » commença Beckett pour sonder le terrain.

- « Pourquoi suis-je venu ? » répéta Castle comme pour confirmer que c’était là bien le sens qu’elle voulait donner à sa question.

A l’étonnement de la voix de Castle, elle se tendit légèrement et se redressa. Elle articula un faible « oui » incertaine de la réponse qu’elle allait obtenir.

- « Je suis venu parce que Lanie m’a dit qu’il fallait que je vieille sur toi. »

C’était ce qu’elle craignait, qu’il soit là uniquement parce qu’il lui fallait la surveiller. Sa réponse ne la satisfit pas et son corps trahit le sentiment de déception qui l’envahissait. Décryptant le sentiment qui venait s’emparait de la jeune femme par l’expression qui apparaissait sur son visage, Castle reprit la parole. « Mais je suis également venu car on était sensé se voir ce soir et que ma soirée t’était réservée, » affirma-t-il en cherchant son regard.

Beckett, rassurée par cette dernière phrase, releva la tête avec le sourire.

- « J’espère ne pas trop l'avoir trop gâchée. »

- « Gâché nan, c’était... Etrange, » répondit-il après une longue minute.

Il n’avait pas tord entre la tendresse qu’ils avaient échangé, puis les avances qu’elle lui avait fait et le passage dans la salle de bain, étrange était le mot qui résumait assez bien la soirée.


Lolotte39  (24.04.2012 à 19:48)

Chapitre 29

  

L'ambiance était détendue entre les deux partenaires et ils semblaient plus proches que jamais. Beckett avait réussis à emmener Castle vers un sujet personnel mais reparler de la soirée n'était qu'une première étape, le but étant d'arrivé à reprendre leur conversation et à le questionner sur ses sentiments.

Après avoir terminée son café, elle se rassit dans le canapé de façon à lui faire face.

- « Hier, je... »

Elle tâtonnait, elle ne savait pas comment commencer mais une chose était sûre elle allait aborder le sujet. Sentant son hésitation Castle s'approcha de sa belle et posa une main réconfortante sur sa cuisse.

- « Ne t'inquiète pas pour hier, ce n'est rien. Tu avais des circonstances, comment dire... Atténuantes, » sourit Castle.

- « Des circonstances atténuantes, » répéta-t-elle ne comprenant pas ce qu'il sous entendait.

- « Ta journée, les médicaments, la fatigue... »

Castle venait de lui dire qu'il ne lui en voulait pas pour les événements de la vieille mais elle lut entre les lignes et comprit qu'il pensait que tout était indépendant de sa volonté. Beckett ne répondit rien à l'énumération de son partenaire, elle se contenta de le fixer. Castle en fit de même, il était perplexe devant son silence. Elle réfléchissait à la manière de lui expliquer que tout ne venait pas uniquement de ses drogues et de la fatigue et que, malgré la situation elle avait été en partie maitresse de ses actes, bien que désinhibée.

- « Rick, » commença Beckett pour attirer son attention. « Hier soir, ce n'était pas... J'étais... Désinhibée, je... »

- « Désinhibée, » reprit Castle. « Le mot est faible, » plaisanta-t-il.

- « Non, en réalité c'est le mot juste. » Castle n'avait pas détaché son regard de la jeune femme et restait suspendu à ses lèvres. Elle marqua une pause et souhaitant en savoir d'avantage, il lui fit comprendre d'un signe de tête de continuer. « Dans la cuisine... J'étais plus ou moins consciente de ce que je faisais. »

- « Plutôt plus ou plutôt moins ? » demanda Castle voulant savoir dans quelle mesure elle était consciente de ses actes.

- « Plutôt plus, » dit Beckett pour reprendre son expression.

Pour une fois, elle assumait pleinement et n'avait pas baissé la tête soutenant sans faille le regard de Castle dans l'espoir d'y lire quelque chose.

Il resta muet devant cette franchise. Elle aurait put ne rien dire mais elle avait fait preuve de courage en lui révélant ça, il s'en rendait compte.

- « Castle, je peux te poser une question ? » reprit Beckett au bout de longues minutes de silence au cours desquelles elle ne sut comment interpréter ce qu'elle lisait sur le visage de son partenaire. En posant cette question, elle allait entrer dans le vif du sujet. Bien qu’elle ne fût pas certaine de la manière dont Castle gérait cette révélation, elle ne souhaitait pas perdre la confiance qui venait de s’installer en elle et le courage dont elle faisait preuve pour le moment.

- « Evidemment. »

- « Est-ce que tu m’en veux toujours ? »

Cette question gêna l’écrivain qui se leva et fit quelques pas.

- « Tu sais Kate, ce secret que tu gardais, tu aurais du m’en parler bien plus tôt. »

- « Je sais mais… »

- « Tu sais ça n’a vraiment pas été facile pour moi. Je t’en ai vraiment voulu. » Il marqua une pause pour jauger de la manière dont elle prenait les choses. Il chercha encore une minute les mots qu’il allait utiliser et reprit. « Finalement je me rends compte que ça n’a pas dû l’être pour toi non plus. Tu devais être complètement rongée par ce secret, » dit-il en reprenant place sur le canapé.

Elle baissa la tête ne voulant pas s’apitoyer sur elle-même alors que c’est lui qui souffrait de la situation. Il prit ses mains dans les siennes et la regarda dans les yeux.

- « Kate pourquoi n’es tu pas venue m’en parler ? »

- « Je… Je ne sais pas. »

Elle fuyait le regard de Castle et son cœur s’emballait. Etait-elle prête à lui avouer. Etait-il prêt à l’entendre ? En tout cas il semblait vouloir savoir car il patienta calmement qu’elle relève la tête et reprenne la parole, restant là, à ses côtés comme pour l’assurer que rien ne le ferait fuir.

- « Ca m’a fait flipper… Je ne sais pas quoi de te dire d’autre… C’était comme si… »

- « Comme si quoi, Kate ? » engagea Castle avide de sa réponse.

- « Comme si je te perdais. »

- « Je ne comprend pas… Je te dis que je t’aime et tu as l’impression de me perdre ? » resta Castle perplexe.

- « Ce qu’on a, tous les deux. J’ai peur que ça soit gâché, que… »

Castle posa une main sur celles de la jeune femme pour l’arrêter dans ses explications.

- « Qu’est-ce qui te fais penser ça ? »

Elle se leva du canapé, elle voyait bien qu’il ne comprenait pas de quoi elle parlait et qu’il n’avait jamais envisagé la possibilité que les choses tournent mal. Elle ne savait pas comment mettre des mots sur ce qu’elle ressentait. Castle s’approcha d’elle et elle fit demi-tour pour lui faire face.

- « Sophia, ton ancienne ‘muse’ m’avait dis qu’à partir du moment où vous aviez couché ensemble, les choses avaient changés. »

- « Kate, regarde-moi. Ce qu’il y avait entre elle moi n’a rien à voir avec nous deux. Tu n’es pas comme les autres. »

- « Mais si ça ne marchait pas, notre histoire… Si on en venait à se déchirer, à se détester. On perdrait toute cette complicité. »

- « Pourquoi ça ne marcherait pas ? »

- « Je n’ai jamais été douée pour les relations amoureuses, Rick. Je fais toujours tout foirer. »

- « Alors je te promets que je t’en empêcherais. » Elle lui adressa un immense sourire. « Mais pour cela il faut que je sache. As-tu des sentiments pour moi ? »

Son cœur battait à tout rompre et sa gorge était si nouée qu’elle ne parvenait plus à émettre le moindre son. Les secondes passaient et Castle, qui se tenait à quelques centimètres d’elle, semblait commencer à s’inquiéter devant le mutisme dont elle faisait preuve. Incapable d’articuler le moindre mot mais ne voulant pas louper cette occasion si près du but, elle s’approcha de lui et l’embrassa. Elle trouvait que ce baiser tenait largement guise de réponse à la question de l’écrivain. Castle se sentit un instant déstabilisé par le baiser que lui offrit la jeune femme mais très vite il y répondit entrant dans un échange de douceur et de tendresse.

Les heures défilaient mais Beckett avait du mal à se détacher de l’étreinte de Castle. Calée dans les bras de l’homme qu’elle aimait tout en discutant, ils ne cessaient de se déposer de tendres baisers sur les joues, dans le coup et sur les lèvres. Lorsqu’un bâillement interrompit la jeune femme au milieu de sa phrase Castle décréta qu’il était tant pour elle d’aller se mettre au lit. Comme il l’avait demandé elle se dirigea vers la porte de sa chambre. Elle allait franchir le seuil de la pièce quand elle se retourna.

- « Qu’est-ce que tu fais ? » Il la regarda en levant un sourcil, intrigué par sa question. « Qu’est-ce que tu attends ? » demanda-t-elle en lui tendant sa main valide.

Il sortit du canapé pour la rejoindre sur le pas de la porte et la prendre dans ses bras l’adossant à l’encadrement de la porte pour mieux l’embrasser. Puis elle entra la première s’approcha du lit et dénoua la ceinture de sa robe de chambre, se glissant sous les draps uniquement vêtue de ses sous-vêtements. Il l’observait depuis le bout du lit un peu timide. Après quelques secondes, il l’imita et la rejoint en caleçon. Aussitôt qu’il se glissa sous la couette, elle vint de coller à lui et posa sa tête sur son torse. Elle avait envie de profiter de la douceur et de la chaleur de son corps avant de dormir pour s’assurer qu’elle ne rêvait pas. Il l’entoura de ses bras, la couvrit de caresses dans le dos et de baisers dans les cheveux avant qu’ils ne s’endorment.


Lolotte39  (29.04.2012 à 14:18)

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