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Série : Castle
Création : 19.05.2012 à 20h59
Auteur : Tshaw17
Statut : Abandonnée
« Bonsoir à tous. Je m'y mets aussi^^je vous propose une vision personnelle de l'affaire Johanna Beckett et comment elle pourrait être résolue dans la saison 5. A vos critiques :) » Tshaw17
Cette fanfic compte déjà 11 paragraphes
Quelque part dans le Queens
L'inconnu parti, l'homme respira profondément. Il avait l'habitude de gérer ce genre de situation mais il avait connu un bref instant de panique. Cet visiteur nocturne avait trouvé sa résidence particulière. Habilement dissimulé derrière un écheveau complexe de prête-noms et de société écrans, il était virtuellement impossible de le retrouver sans disposer des informations appropriées. Même sa boîte aux lettres dans cet immeuble anonyme du Queens n'indiquait que «J. SMITH». Smith réfléchit un instant. L'homme était bon, visiblement très dangereux et il partait avec le dossier du Capitaine Montgomery sous le bras... Il fallait agir et vite.
Il ouvrit un petit compartiment de son bureau et en sortit un téléphone portable. D'apparence anodine, l'appareil était en fait équipé d'un dispositif de cryptage de niveau militaire qui générait une clé aléatoire toutes les dix secondes, rendant tout piratage de communication virtuellement impossible. Il adressa un remerciement silencieux à son contact de la NSA qui lui avait offert ce bijou de technologie et composa un numéro.
Une voix altérée par ordinateur décrocha à la deuxième sonnerie.
Bonsoir M. Smith.
Il a le dossier., fit Smith.
Pour l'instant tout se déroule comme prévu continua la voix. Si notre adversaire pense avoir l'avantage il se relâchera et commettra des erreurs. Transmettez-nous l'enregistrement de votre dispositif de surveillance.
Smith pressa deux boutons de son téléphone qui téléchargea aussitôt les images enregistrées par la caméra HD dissimulée dans un des angles de la pièce.
Avons-nous une identification pour cet homme ? Se risqua à demander Smith.
Un instant de silence.
Il se fait appeler Cole Maddox reprit la voix. C'est un tueur à gages à qui on a attribué une bonne dizaine d'assassinats non élucidés au cours de ces cinq dernières années.
Sait-on où il a été formé ou si c'est un ancien de la maison ?
Nous n'avons pas encore cette information dit la voix.
Nouveau silence.
Nous avons pris notre décision. Ne prenez pas le moindre risque. Nous vous chargeons d'assurer la protection du Lieutenant Kate Beckett à n'importe quel prix. Il est vital qu'elle résolve le meurtre de sa mère pour nous donner l'avantage sur notre adversaire.
Ce qui signifie ? Demanda Smith.
Nous vous débloquons un financement exceptionnel de dix millions de dollars et nous vous donnons notre accord pour engager la personne dont vous nous avez parlé. Fin de transmission.
Smith soupira. Il avait demandé à son contact à la CIA de lui fournir une liste des personnes capables de s'acquitter de cette tâche. Un seul nom lui avait été donné. Siobhan Kazanski. Il ouvrit le dossier qu'il avait entre les mains. Un nom et une photo et un numéro de téléphone. Pas de dossier militaire, pas d'état-civil, rien. Il allait falloir être prudent.
Le lendemain matin, la première chose qu'il fit fut de composer le numéro de téléphone. Là encore une voix trafiquée par ordinateur lui répondit quasiment instantanément.
Ce soir, chez vous 21h00.
Appartement de Castle
Le réveil sonna. Enfoui sous les draps, Castle entr'ouvrit un œil et s'apprêtait à arrêter la sonnerie à sa façon, qui consistait à marteler l'appareil jusqu'à ce qu'il rende l'âme, quand il sentit bouger à coté de lui. Il se retourna et un sourire éclaira son visage alors qu'il regardait le dos nu de la femme qui dormait encore à ses côtés. Beckett avait frappé à sa porte hier soir. Il avait d'abord pensé la renvoyer chez elle mais s'était instantanément ravisé en voyant son regard.
L'instant d'après, elle l'embrassait avec une fougue et une passion dont l'intensité l'avait stupéfait. Le mur dont elle lui avait si souvent parlé était enfin tombé. Plus de barrières, plus d'angoisses ni de résistances. Il ne restait plus que Kate Beckett qui, il en était certain, avait pris ce soir là la première vraie décision de sa vie depuis bien longtemps. Et ce regard... la pureté des sentiments qu'il y avait vu l'avait littéralement crucifié.
Salut Castle, fit Kate qui venait de se réveiller
Bonjour belle endormie. Comment vas-tu ?
Bien lui répondit Beckett. Très bien même. Je suis...comment te dire... apaisée.
Ca se voit fit Rick avec un sourire entendu. Bon programme du jour : petit déjeûner gargantuesque et ensuite direction le 12ème Commissariat pour une nouvelle journée palpitante à combattre le crime. Et ensuite..
Rick ! L'interrompit Beckett. Espo et moi avons été suspendus.
Quoi ?
Et j'ai démissionné.
QUOI ?
Gates n'avait pas le choix. On a enfreint à peu près toutes les règles possibles et imaginables de la déontologie de notre métier.
Mais pourquoi as-tu démissionné tu adores ce métier et je suis sûre que Gates aurait fini par changer d'avis reprit-il. Tu veux que je m'en mêle ?
Beckett savait très bien où il voulait en venir. Il comptait appeler le Maire et lui demander de faire revenir Gates sur sa décision.
Rick... fit-elle.
Tu as raison, pardonne-moi s'excusa-t-il. C'est à toi d'affronter ça. Sache juste que désormais tu n'es plus seule.
Je sais souffla-t-elle et elle l'embrassa tendrement.
Prépare-toi sourit Rick en la regardant affectueusement. Aujourd'hui je m'occupe de toi.
Une heure plus tard, une bonne odeur de bacon et d'oeufs brouillés flottait dans le loft de Castle. Beckett sortit de la chambre et rejoignit Castle à la cuisine.
Ils mangèrent dans un silence qui ne dura pas. Tous deux avaient besoin de parler, de se confier l'un à l'autre. Ils se livrèrent à une véritable catharsis qui dura pratiquement toute la matinée.
- Que comptes-tu faire maintenant ? Demanda Castle.
- Je ne sais pas lui répondit-elle. Il faut que j'aille voir Javi. Il a vécu l'attitude de Ryan comme une véritable trahison. Je dois lui parler.
- Son honneur d'ancien militaire a du en prendre un sacré coup c'est vrai.
- Et puis je vais aller voir mon père, continua Beckett. Je crois qu'il sera content de savoir que j'ai mis un certain nombre de choses derrière moi.
- Et est-ce que ton romancier préféré est autorisé à t'accompagner ?
- Oui mais seulement s'il s'occupe de moi comme il me l'a promis, murmura Beckett en l'attirant contre lui.
Toujours aussi électrisé par son contact Castle lui rendit son étreinte et glissa une main sous le t-shirt de Beckett pour caresser son ventre plat et musclé. C'est ce moment particulièrement intime que choisirent Martha et Alexis pour revenir de leur périple.
- Tu sais trésor, j'ai beaucoup aimé ton discours. A la fois simple, émouvant et tellement vrai dit Martha.
- Euh... Grand-mère je crois qu'on dérange, l'interrompit Alexis.
Entendant du bruit, Castle et Beckett interrompirent leur baiser instantanément, se trouvant incapables de prononcer le moindre mot. Un ange passa, et ce fut Martha qui brisa le silence la première.
- Enfin, dit-elle en regardant son fils en souriant.
12ème Commissariat, plus tard dans la journée,
Gates releva la tête quand on frappa à sa porte. C'était Ryan.
- Capitaine il faut que je vous parle.
- Pas maintenant Lieutenant répondit-elle.
- J'insiste.
Elle soupira.
Très bien Ryan qu'est-ce que vous voulez ?
- Que vous annuliez la suspension d'Esposito et que vous laissiez Beckett revenir sur sa démission.
- Rien que ça ? J'espère que vous plaisantez Ryan. Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué notre métier obéit à certaines règles, et l'une d'entre elles est le respect de la hiérarchie. Ca me désole autant que vous de devoir de perdre deux excellents enquêteurs, mais dans mon commissariat on obéit aux règles, dans mon commissariat on transmet les preuves qu'on trouve et on ne ment pas à son capitaine. Vous avez fait ce qu'il fallait, et c'est la raison pour laquelle vous avez toujours votre travail.
Dépité Ryan repartit à son bureau et se remit au travail. Gates le laissa quitter son bureau et secoua la tête. Pensive, elle regarda les deux dossiers qui étaient en évidence sur son bureau. Le premier était celui d'Esposito, un rapport qui aboutirait à sa suspension administrative et peut-être son renvoi, si toutefois elle transmettait ce dossier... Quant à la démission de Beckett... Elle se demanda si la jeune femme pouvait changer d'avis. Tout au fond d'elle, Victoria Gates, qui ne vivait que pour le respect des règles, comprenait l'attitude de Beckett. Si elle lui avait parlé, elle l'aurait immédiatement déchargé de l'enquête. Certes elle était convaincue d'avoir pris la bonne décision, mais ça risquait de lui coûter deux de ses meilleurs enquêteurs.
Little Italy, appartement d'Esposito
Il venait pratiquement de finir son cinquième scotch d'affilée, mais cela ne lui faisait aucun bien. Tout ça était allé trop vite. Esposito se regarda dans la glace. Le constat n'était pas brillant. Mal rasé, des valises énormes sous les yeux et l'impression d'avoir la tête dans un étau. Et dire qu'ils avaient failli l'avoir... Tout ça n'avait plus d'importance à présent. Iron Gates allait s'occuper de son cas et il allait finir sa carrière à la circulation. Il savait que Ryan avait pris la bonne décision en alertant Gates, mais il n'arrivait pas à lui à pardonner. Sans doute faudrait-il du temps... De rage il expédia son verre à moitié plein à travers son salon. Le verre explosa contre le mur quand on frappa à sa porte.
Beckett ?
Salut Javi fit-elle.
On peut entrer ?
Faites comme chez vous répondit Esposito d'un ton fatigué.
Comment ça va ? Continua Beckett.
A ton avis ? Tu manques de te faire tuer, mon pote me plante un couteau dans le dos et j'aurai probablement de la chance si je finis ma carrière comme vigile de supermarché ! A part ça tout baigne.
Espo commença Beckett.
Il plaça un doigt sur ses lèvres en secouant la tête.
J'apprécie que vous soyez passés tous les deux, mais c'est à moi d'arranger ça. Je te promets de lui parler. Il me faut juste un peu de temps. Pardonnez-moi si je vous mets dehors comme des malpropres mais j'ai besoin d'être un peu seul.
Beckett et Castle hochèrent la tête en même temps, comprenant que l'entrevue était terminée. Ils parlèrent peu pendant le trajet qui les ramenait au loft de Castle. L'écrivain comprenait ce besoin de solitude d'Esposito et, pour une fois, s'était abstenu de faire ses habituels mots d'esprit.
Quelque part dans le Queens
La journée avait été longue : commissions, sous-commissions, réunions.... Smith était épuisé. Il rentra chez lui un peu avant 21h00, histoire de préparer son rendez-vous. Il venait de se servir un verre quand son fauteuil de bureau pivota.
- Vous souhaitiez me rencontrer ? Fit la femme qui lui faisait face.
D'abord surpris, Smith l'observa attentivement. Blonde, la trentaine environ, taille moyenne, plutôt athlétique. Un détail le frappa. La femme avait des yeux vairons. L'hétérochromie était très marquée. Son œil droit avait un iris presque noir tandis que le gauche était d'un bleu pratiquement transparent.
- Mademoiselle Kazanski je présume ? Je vais être bref, je représente un... groupe de personnes qui souhaite vous confier un travail.
Ah. Et j'imagine que c'est un travail qui ne peut pas passer par les canaux officiels.
Exactement continua Smith. Il tendit un dossier à la jeune femme. Pouvez- assurer la protection de cette personne ?
Siobhan ouvrit le dossier. Il contenait des photos des coupures de presse et des copies de rapports de police officiels. Une mission de protection ? Pourquoi pas ? Tant qu'ils payaient bien.
- Vous avez toutes les informations dont vous avez besoin dans le dossier.
- Connaissez-vous mes tarifs pour ce genre de travail ? Dit Siobhan,
J'ai été chargé de vous proposer cinq millions de dollars, continua mith. Deux tout de suite et le reste quand le travail est terminé.
Elle lui tendit un morceau de papier avec une suite de chiffres griffonnés.
- Virez l'argent sur ce compte, maintenant, dit-elle.
Smith pianota quelques touches de son ordinateur. Il vit que les fonds débloqués étaient disponibles et procéda au virement. Siobhan attendit quelques minutes et vérifia sur son smartphone, lui aussi crypté. Son compte avait été crédité.
- C'est d'accord acquiesça-t-elle.
- Alors c'est entendu. Nous vous chargeons d'assurer la sécurité du lieutenant Katherine Beckett à n'importe quel prix.
Tribeca, appartement de Castle
Le repas avait été calme, mais Castle avait été surpris par sa fille. Elle qui était d'habitude si loquace n'avait pratiquement pas dit un mot de la soirée. L'attitude d'Alexis inquiétait d'autant Rick qu'elle vénérait Beckett et qu'elle aurait normalement dû l'assommer de questions sur tous les sujets possibles et imaginables. Au lieu de ça elle était:ontée dans chambre, prétextant une quelconque préparation de sa rentrée, Il se doutait bien qu'elle avait son idée sur sa toute nouvelle relation amoureuse avec Beckett. Il y avait pensé bien sûr, mais le courant était tout de suite bien passé entre sa fille et Kate, alors pourquoi s'en faire ?
Seule dans sa chambre, Alexis était en proie au doute. Elle n'avait pas cessé de regarder son père et Beckett se tourner autour, échanger des mots doux, ou un rapide baiser pendant toute la soirée. Mais elle aimait beaucoup Kate, alors pourquoi réagissait-elle ainsi bon sang ? De la jalousie ? Elle haussa les épaules. Puéril et ridicule. Prise d'une inspiration subite, elle ressortit tous les albums de son enfance et commença à étaler les photos autour d'elle dans sa chambre. Toute sa vie était là, autour d'elle. Elle sourit en se remémorant certains souvenirs attachés à ces photos. Elle avait en fait du chemin...
Alors qu'elle réfléchissait certains passages de son discours de fin d'études lui revinrent en mémoire. Un livre qui se ferme... On va de l'avant...On se dit au revoir...Alors c'était ça ? Beckett et son père étaient allés de l'avant apparemment. Et elle ? Où en était-elle ? Soudain la solution lui apparut tellement clairement qu'elle s'étonna de ne pas y avoir pensé plus tôt. Tous ces moments privilégiés avec son père ferait bientôt partie du passé. Elle comprit qu'inconsciemment elle avait souhaité que ça dure pour toujours. Mais voilà elle avait grandi et mûri.
Le fait de comprendre cela eut raison de ses dernières résistances. Assise dans sa chambre, Alexis Castle pleura comme elle n'avait sans doute jamais pleuré de toute sa vie. Elle fut mortifiée de honte quand elle réalisa que oui, elle était un peu jalouse de Beckett. Sans même y penser, elle mit sa chaîne hifi en marche, c'était toujours ce qu'elle faisait quand elle avait le cafard.
En bas, au salon, Rick profitait tranquillement de la soirée, la femme de sa vie endormie dans ses bras quand il entendit la musique venir de la chambre de sa fille. Il reconnut instantanément l'album qu'Alexis écoutait quand elle était triste et avait le cafard. Il se leva doucement et effleura les lèvres de Kate d'un baiser léger, ce qui suffit à la réveiller.
- Je suis désolé je ne voulais pas te réveiller dit Castle.
- Ce n'est rien répondit-elle. Quel est le problème ?
- Tu entends la musique ?
- Oui. Eh bien qu'y a-t-il ? C'est Alexis qui écoute un peu de musique.
- C'est son album spécial coup de blues. Il fat que j'aille lui parler. Elle était bizarre ce soir.
Ils montèrent les escaliers. Castle frappa à la porte. Pas de réponse. Il ouvrit la porte.
- Chérie ? Alexis ?
Sa fille leva vers lui un visage ruisselant de larmes.
- Je crois que je vais vous laisser, intervint Kate.
- Non restez la retint Alexis.
- Chérie qu'est-ce qu'il y a ? insista son père.
- Ce n'est rien. Simplement, j'ai repensé à mon discours d'hier. Tu sais, aller de l'avant... la page qui se tourne...
Oui et ?
- Quand je vous ai vus tous les deux hier, si heureux, j'ai été ravie bien sûr continua-t-elle.
- Mais Il y a un « mais », n'est-ce pas, dit son père.
Il regarda les photos étalées par terre. Soudain, une parole de sa fille lui revint à l'esprit : « ne grandis pas trop vite ». Il n'y avait trop prêté attention sur le moment, mais maintenant... Il échangea un regard entendu avec Kate, qui acquiesça silencieusement. Elle avait compris elle aussi.
- Alors c'était ça ? Reprit-il. Tu as peur qu'on ne vive plus tous ces moments là ?
- Je sais que je ne devrais pas réagir comme ça mais ça a été plus fort que moi. Vous devrez me trouver ridicule Lieutenant Beckett.
- D'abord ce n'est plus Lieutenant, mais « Kate » désormais.
Si Alexis releva l'allusion elle n'en montra aucun signe.
- Ensuite ta réaction est on ne peut plus normale, poursuivit Beckett. Tu as partagé des moments privilégiés avec ton père pendant toutes ces années. Et là tout d'un coup, je débarque dans votre vie de manière « officielle » disons.
Elle sourit malicieusement.
- Et puis tu ne crois pas que tu auras besoin d'un peu d'aide pour le surveiller continua-t-elle en ignorant volontairement Rick.
- C'est sûr, répondit Alexis en souriant elle aussi.
Bien intervint Castle, maintenant qu'il est clair que je vais maintenant avoir trois femmes sur le dos au lieu de deux, je propose que tout le monde aille dormir histoire de prendre un peu de repos.
Joignant le geste à la parole, il quitta la chambre de sa fille en faisant un clin d'oeil à sa bien-aimée, qui se leva pour le suivre.
- Kate ? Murmura Alexis
- Prenez soin de lui.
- Compte sur moi acquiesça Beckett.
Immeuble désaffecté, quelque part dans SoHo
Pensive, Siobhan reposa ses jumelles. Le dossier donné par son commanditaire était très complet.. Après réflexion, elle s'était dit que Maddox tenterait peut-être de s'en prendre aux collègues et amis de Beckett, histoire de la pousser à commettre des erreurs.
Elle avait d'entrée de jeu écarté l'appartement de l'écrivain. Situé dans le quartier huppé de Tribeca, il aurait été très compliqué pour Maddox d'y pénétrer sans se faire remarquer. Tous les immeubles de ce quartier avait un ou plusieurs portiers, un système de videosurveillance et étaient pour la plupart reliés à la police. Elle avait également écarté la possibilité qu'il s'en prenne aux deux policiers qui étaient ses collègues. Comment s'appelaient-ils déjà ? Ah oui, Ryan et Esposito. Les tuer ferait vraiment trop de vagues. Il restait donc deux possibilités, en dehors du fait qu'il tente à nouveau sa chance contre Beckett.
L'alternative était simple : il n'y avait plus que le docteur Lanie Parish, qui, d'après ses informations était la meilleure amie de Beckett, et Jim Beckett, son père. Siobhan reprit son observation. Tout semblait calme chez le docteur Parish. La légiste était rentrée tard comme à son habitude et les lumières n'avaient pas tardé à s'éteindre. Elle rejoignit une autre partie de l'étage qu'elle avait choisi et braqua ses jumelles sur le domicile du père du Lieutenant Beckett.
Siobhan n'avait pas longtemps hésité sur la façon de s'acquitter de ce travail. Une surveillance rapprochée des cibles potentielles de Maddox était possible mais risqué. Ca l'aurait obligé à intervenir très rapidement en cas de problème. Et prendre le dessus sur cette montagne de muscles qu'était Cole Maddox aurait pris du temps et elle ne s'en serait pas sortie indemne. Elle avait donc choisi une autre approche. Parmi ses nombreux talents, Siobhan possédait un don presque surnaturel pour le tir à longue portée. Servie par une acuité visuelle qui surclassait celle d'un pilote de chasse, elle était capable de faire mouche à des distances ahurissantes.
Elle avait donc installé un poste de tir au 15ème étage d'un immeuble de SoHo. Désaffecté et situé au croisement de deux lignes de métro aérien il était parfait pour observer les deux cibles qu'elle avait sélectionné. A cette hauteur, personne ne repérerait un tir éventuel et le bruit des lignes de métro couvrirait facilement le bruit de la déflagration. Siobhan s'allongea et observa l'appartement de Jim Beckett à travers la lunette de son arme. Pour toucher une cible à une telle distance, elle avait été obligé de choisir un fusil lourd de gros calibre. L'arme était un Barrett M82 de calibre 50, qui était parfait pour ce genre de tir.
Soudain elle repéra un mouvement suspect chez Jim Beckett. Alors qu'il lisait tranquillement dans son salon, sa lunette lui révéla une silhouette qui s'était introduite silencieusement par une fenêtre. Dans quelques secondes il serait dans le salon ! Elle pensa d'abord l'abattre puis se ravisa. Il fallait qu'elle attende qu'il mette Jim Beckett en joue afin qu'il ne bouge plus. Le pari était risqué, sa fenêtre de tir ne serait que de quelques secondes. Un instant d'hésitation et il l'abattrait. Elle regarda une nouvelle fois la distance à la cible, près de 1700m..
Elle jugea que Maddox en bon professionnel, occulterait immédiatement les fenêtres afin d'être le plus discret possible. Ca y est, il était dans le salon et tenait Jim Beckett en joue ! Elle rehaussa légèrement sa mire, et ralentit sa respiration. Le moment fatidique approchait. Comme elle l'avait prévu, il se dirigea vers les fenêtres et tira les rideaux.
Sa visée parfaitement ajustée, Siobhan tira une première fois. Elle compta deux battements de cœur et tira une seconde fois.
Assis dans son salon, Jim Beckett était terrifié, mais refusa de montrer la moindre peur en face de cet intrus. Il adressa une prière silencieuse à tout ceux qu'il aimait
Adieu Katie, songea-t-il. Ta mère et moi t'attendront de l'autre côté.
Il ferma les yeux. Un bruit semblable à une explosion suivi de deux impacts sourds résonna dans la pièce et il sentit quelque chose lui éclabousser le visage. Il ouvrit les yeux et regarder avec effarement l'homme qui s'apprêtait à le tuer en train de contempler sans comprendre son torse dévasté. Crachant du sang, Maddox s'effondra. Il était mort avant de toucher le sol.
Tremblant, Le père de Kate se dirigea vers son téléphone et composa le 911.
Depuis son poste de tir, Siobhan sourit. Le danger immédiat était écarté. Elle démonta son arme, nettoya la zone avec le professionnalisme qui était le sien et quitta l'immeuble en toute discrétion. Quoi qu'elle eût pu toucher, elle ne ne s'en souciait guère car il y avait bien longtemps qu'on lui avait effacé ses empreintes digitales à la soude caustique.
Tribeca, appartement de Castle
Alors qu'ils redescendaient de la chambre d'Alexis, le portable de Kate sonna. Elle échangea un regard intrigué avec Castle.
- C'est Gates, dit-elle.
- Qu'est-ce qu'elle peut bien te vouloir ?
- Aucune idée.
Elle décrocha
- Beckett.
- Lieutenant ici Gates, il y a eu une agression chez votre père, rejoignez-nous là-bas au plus vite.
Kate sentit son cœur louper un battement et sortit précipitamment de l'appartement, suivie par Castle.
Appartement de Jim Beckett
La scène frôlait le chaos absolu. Beckett bondit hors de la voiture et se précipita vers l'immeuble. Elle vit Gates qui coordonnait les hommes sur place. Les bruits, les éclats de voix, les sirènes et les lumières aveuglantes des gyrophares...Plus elle approchait de la scène et plus Kate sentait son angoisse monter au point qu'elle dut s'arrêter un instant pour calmer sa respiration.
Sentant le malaise de sa bien aimée, Rick posa une main apaisante sur son épaule et la regarda droit dans les yeux.
- On y va ensemble ; lui dit-il.
Elle acquiesça en silence.
En les voyant s'approcher, Gates les intercepta.
- Stop vous deux ! Aboya-t-elle.
- Qu'est ce qui s'est passé ? Capitaine qu'est ce qui s'est passé ? Où est mon père ?
- Il va bien la coupa sèchement Gates. Elle retint Kate par le bras, qui se précipitait déjà dans l'immeuble.
- Allez auprès de lui. Quand tout ce cirque se sera calmé, je vous demanderai quelques explications... que vous aurez intérêt à me donner. Suis-je claire ? Conclut-elle.
- Très claire Capitaine.
Elle regarda Castle, qui semblait hésiter.
- Vous êtes encore là vous ? L'interpella Gates. Accompagnez-la.
Sans se faire prier d'avantage, Rick s'engouffra dans l'immeuble à la suite de Kate.
Comme dans un rêve, Beckett se précipita dans les escaliers et arriva sur le palier de l'appartement de son père, hors d'haleine. Elle repéra instantanément la civière sur laquelle son père était allongé. Il la remarqua et lui sourit faiblement à travers son masque à oxygène. La tristesse qu'elle lut dans ses yeux lui fit encore plus mal que la balle qu'elle avait reçu en plein cœur. Elle avait continué à enquêter, elle s'était acharnée à poursuivre les assassins de sa mère et maintenant c'est son père qui manquait de se faire tuer.
Incapable d'articuler le moindre mot Kate pleura en silence en serrant la main de son père contre elle. Elle ne remarqua pas Ryan qui s'était approché d'elle. Il toussa discrètement.
- Beckett ? Il y a quelque chose que vous devriez venir voir.
- Kevin ? Il faudra qu'on se parle après tout ça.
Il acquiesça sombrement.
- Bien sûr, mais ce qu'il y a dans le salon est plus important pour l'instant.
Intrigués, Castle et elle suivirent Ryan et ils retrouvèrent Lanie, qui était penchée sur un corps inerte.
- Kate ? Fit la légiste, surprise.
- Salut Lanie, répondit Beckett d'une voix fatiguée.
- Wouhou les interrompit Castle, qui a installé la climatisation dans le salon ? Fit-il en voyant le trou laissé par les balles tirées par Siobhan.
- Rick ! L'admonesta Beckett. Mais le cœur n'y était pas. Et puis au fond d'elle lui fut reconnaissante d'essayer d'alléger l'atmosphère qui était d'une lourdeur écrasante. Et puis après tout...
Elle se figea. Lanie avait tourné la tête de l'homme. Cole Maddox...
- C'est impossible murmura-t-elle. Elle examina plus attentivement le corps, une fois la stupeur passée. Quelqu'un lui avait tiré dessus, avec une arme de très gros calibre à en juger par les orifices d'entrée.
- Tu as trouvé les balles Lanie ? Demanda Beckett.
- Pas encore.
- Elles sont là ! Intervint un technicien de scène de crime.
Intriguée, Lanie s'approcha de la cloison que lui désignait le technicien. Elle extirpa les deux projectiles, non sans remarquer qu'ils n'étaient séparés que d'une quinzaine de centimètres. Son étonnement ne fit que croître lorsqu'elle vit que les deux balles n'étaient que très peu déformées et faite d'un alliage qu'elle n'identifia pas au premier coup d'oeil.
- Tes conclusions Lanie ? Lui demanda Kate.
- Rien de sûr pour l'instant. Je dirais qu'il qu'il s'est introduit par une des fenêtres et tenait ton père en joue dans le salon quand quelqu'un l'a abattu de deux balles en plein poitrine, deux balles qui ont défoncé le montant de la fenêtre extérieure, l'ont traversé de part en part et avaient encore suffisamment de force pour pratiquement transpercer la cloison dans laquelle je les ai trouvées...
Elle regarda son amie avec insistance.
- Kate, dis-moi ce qui se passe je n'y comprends rien. Qu'est ce que ce type voulait à ton père ?
Perdue dans ses pensées, Beckett n'entendit pas vraiment la question de son amie. Maddox voulait l'atteindre à travers son père, ça c'était sûr. Mais qui l'avait abattu et pourquoi ? Cherchait-on à la protéger ? Etait-ce une manœuvre du mystérieux informateur de Castle, ce Smith ? Il semblerait que certaines personnes tenaient à ce qu'elle continue l'enquête sur le meurtre de sa mère..
- Il faut qu'on trouve ce tireur, songea-t-elle avec détermination.
Une voix cassante la ramena à la réalité.
- Moi aussi j'aimerai savoir ce qu'il voulait à votre père, intervint Victoria Gates.
Beckett regarda les techniciens qui travaillaient dans l'appartement. Gates comprit instantanément.
- Laissez-nous messieurs, merci, dit-elle. Il ne restait plus que Kate, Castle, Ryan et Lanie dans l'appartement.
- Je vous écoute Lieutenant continua-t-elle.
Kate regarda Gates droit dans les yeux.
- Il se fait appeler Cole Maddox. C'est l'homme qui m'a logé une balle dans le cœur à l'enterrement du Capitaine Montgomery et qui m'aurait balancé du toit de cet immeuble si vous n'étiez pas arrivés à temps.
Gates regarda la jeune femme qui lui faisait face. Une telle détermination... Pour la première fois de sa carrière, Victoria Gates hésita sur la suite à donner à tout ça. Elle avait toujours tout su, tout contrôlé. Même quand elle était aux Affaires Internes elle avait toujours agi de manière très simple. Vous suiviez les règles ? Vous étiez digne d'être flic. Vous ne les suiviez plus ? C'était terminé. Iron Gates s'occupait de votre cas...
Elle inspira un grand coup.
- Castle ?
- Euh oui Capitaine ? Répondit-il, s'attendant à se faire houspiller une fois de plus.
- Je veux qu'on se retrouve tous chez vous dans une heure histoire que vous m'expliquiez tout ce cirque. Et avant que vous ne disiez quelque chose de stupide, ceci n'est pas ouvert à négociation. Docteur Parish ? Vous en êtes dispensée, vous avez du travail je crois. Et que l'un de vous aille me chercher Esposito !
Lanie s'éclipsa sans dire un mot.
Une heure plus tard, ils se retrouvèrent tous au loft de Castle. Dans le salon, tout le monde se regarda d'un air inquiet. Qu'est-ce que Gates pouvait bien avoir en tête ? La porte de l'appartement s'ouvrit et Esposito entra d'un pas mal assuré. Il avait mauvaise mine. Gates regarda Castle chuchoter à l'oreille de sa fille qui remonta dans sa chambre.
- Je vais être claire commença Gates. Je veux que vous me racontiez toute l'affaire du meurtre de votre mère Lieutenant Beckett. Vos collègues sont libres d'intervenir dans votre récit, mais que l'un de vous me dise moins de 100% de la vérité et il regrettera d'avoir croisé mon chemin.
Rick et Kate se regardèrent en hésitant. Elle hocha la tête. Rick passa dans la pièce voisine et revint avec l'écran tactile sur lequel il avait travaillé pendant ces dernières années.
Une pression sur l'écran et Castle récupéra le dossier, qu'il n'avait pas pu se résoudre à effacer. Exposer l'affaire à Gates dura presque tout la nuit. Elle était peu intervenue, se contentant de demander des précisions à Beckett ou Esposito.
- Bien conclut Gates. J'en sais assez. Je veux voir tout le monde demain matin au 12ème, qu'on décide la suite à donner à tout ça.
- Capitaine, intervint Ryan, qui n'avait encore rien dit. On fera ce que vous nous demanderez bien évidemment, mais...
- Oui, Lieutenant Ryan ?
- Comment vous dire... On sait tous ce qu'a fait Montgomery, et vous aussi maintenant. Mais...à côté de ça c'était un bon flic. Enfin ce que j'essaie de vous dire c'est que oui, c'est vrai il a fait une erreur. Une seule. Et il a l'a payé de sa vie. Je crois qu'il mérite qu'on le laisse tranquille.
- On verra ça, lui répondit Gates. Bien. Maintenant que tout le monde rentre prendre un peu de repos.
Tout le monde quitta l'appartement et Castle remarqua bien évidemment qu'Esposito était sorti sans même jeter un regard à Ryan.
Alors qu'ils étaient en bas de l'immeuble, Ryan attendit que Gates soit partie et interpella Esposito.
- Javi ? Est-ce qu'on peut se parler ? Il s'arrêta.
- Parler de quoi ? De la façon dont tu soutiens tes équipiers ? De la façon dont tu joues les toutous de Gates ?
- Méprise-moi si tu veux mais tu sais que j'ai eu raison. Bon sang Javier ! Ce type t'a étendu en deux secondes et il a failli tuer Beckett une deuxième fois ! Tu sais en où on en serait si je n'avais rien fait ?? Beckett aurait fait un plongeon de dix étages et on aurait sa mort sur la conscience !!
- Arrête Kevin !
- Sinon quoi ? Tu vas me cogner comme quand on appris la vérité sur Montgomery ? Vas-y te gênes pas !!
Il repoussa Espo brutalement.
Esposito regarda son ami, celui qui le suivait depuis toutes ces années, qui l'avait toujours soutenu. Il essayait de s'énerver après Ryan mais n'y parvenait pas.
- Frangin.. il secoua la tête. Qu'est-ce qu'on a fait ? Articula-t-il, d'une voix cassée par l'émotion.
- Quelque chose qu'on va essayer de réparer, lui répondit-il. Maintenant Gates sait tout et c'est peut-être un mal pour un bien. On pourra peut-être compter sur elle. Elle est tellement à cheval sur les règlements et la loi que toute cette histoire va sûrement encore plus l'énerver que nos... petits mensonges...
- Je sais pas Frangin... Je sais plus quoi penser.
- On pourrait peut-être commencer par rentrer chez nous et prendre un peu de repos. Je crois que la journée de demain s'annonce rude.
Depuis les fenêtres du loft de Castle, Beckett regarda ses collègues et amis de toujours repartir, sans savoir qu'ils étaient parvenus à une timide réconciliation.
Rick s'approcha d'elle sans faire de bruit et l'enlaça tendrement. Kate soupira d'aise et lui rendit son étreinte. Sans presque le remarquer et sans y penser ils se retrouvèrent dans la chambre de Castle. De caresses en étreintes, ils trouvèrent leur rythme naturellement. En un instant, leurs habits volèrent dans toutes les directions. Elle le repoussa sur le lit et s'allongea sur lui, le gratifiant d'un regard brûlant de désir. Elle se redressa au dessus de lui et Rick ne put s'empêcher d'admirer la plastique parfaite de sa bien aimée. Il laissa ses mains parcourir instinctivement le corps de sa belle, s'attardant sur son dos, ses seins et ses hanches dont le galbe divin l'électrisa...
La nuit passa vite, évidemment trop vite. La sonnerie du réveil fit à Kate l'effet d'une alarme incendie. Elle s'assit au bord du lit et eut un regard tendre pour Castle. Il était si différent de tous les autres, à la fois gamin et adulte, parfois horripilant et d'autres fois tellement attachant... Rien à voir avec ces machos trop sûr d'eux qu'étaient Sorenson ou Josh... Mais plus important que tout le reste, avec lui elle se sentait bien, elle se sentait vivante et en sécurité. La peur de laisser derrière elle son passé, le meurtre de sa mère et tout ce qui l'avait définie jusqu'à aujourd'hui... Tout ça avait disparu, remplacé par une farouche détermination de découvrir ses assassins et, enfin de devenir ce qu'elle voulait.
– Tu devrais arriver avant moi au 12ème, fit Rick qui venait de se réveiller. Je ne suis pas sûr que notre chère Gates apprécie de nous voir arriver main dans la main. Il faut qu'on soit discrets, je crois qu'elle commence à me considérer comme un être humain.
– Idiot, le taquina Kate en lui jetant un oreiller.
Une heure plus tard et après un petit déjeuner léger, Kate se mettait en route pour le 12ème Commissariat.
12ème Commissariat, bureau de Victoria Gates
Dès qu'ils étaient arrivés, Gates les avaient tous convoqués dans son bureau. Castle, bon dernier, referma la porte et attendit que le Capitaine prenne la parole.
– Bien, commença-t-elle. A la lumière des révélations que vous avez eu l'honnêteté de me faire, je suspens provisoirement toutes les mesures administratives que j'avais prise à l'encontre de certains d'entre vous.
Joignant le geste à la parole elle rendit leurs badges et leurs armes à Kate et Esposito. Espo se contenta de les prendre en remerciant Gates d'un signe de tête. Beckett hésita un instant avant de les prendre elle aussi.
– Le docteur Parish devrait être en train finir l'autopsie de l'homme qui a été abattu chez votre père Lieutenant Beckett. Dès que c'est le cas, allez-y avec Castle et faites-moi part de ses conclusions. Ryan ? Esposito ? Allez me chercher Rod Halstead, je veux entendre ce qu'il a à dire sur cet incendie d'entrepôt à Union City.
Les deux amis s'éclipsèrent sans un dire un mot. Au même moment, le portable de Kate bipa.
– C'était Lanie. Allons-y Castle.
12ème Commissariat, salle d'autopsie
– Qu'est-ce que tu as pour nous Lanie ?
– Salut vous deux. J'ai fini. Il a été abattu par deux balles de calibre 50 que voici. Elle tendit le sachet de plastique réglementaire à Beckett.
- Elles sont si peu déformées ? S'étonna-t-elle.
- Oui, j'ai eu le rapport de la Scientifique. Ce sont des balles chemisées en tungstène. Très dures . Capables de percer du béton et même du métal.
- Je croyais que ce genre de calibre n'était utilisé que dans des armes de guerre, genre mitrailleuse lourde, intervint Rick.
- Généralement oui reprit Kate mais certains fusils de très gros calibre sont également capables de les tirer. Lanie, le rapport balistique donne quoi ?
- Ils ont presque fini, tu devrais l'avoir ce matin. Et...
- Et quoi ? Demanda Kate.
- Et … vous deux ? Ça va ? Insista Lanie avec un demi-sourire.
Sans répondre, Kate sortit de la salle d'autopsie en regardant la de façon énigmatique, Castle sur ses talons. Lanie secoua la tête en souriant. Elle avait su ce qui lui était arrivé la veille bien sûr et avait été terrifiée à l'idée de perdre son amie. Mais elle avait trouvé Kate changée, sûre d'elle mais en même temps... apaisée. Comme si elle était habitée d'une force tranquille. La réponse était évidente. Son amie avait franchi le pas...
De retour à son bureau, Beckett trouva le rapport de la balistique qui l'attendait. Elle le parcourut rapidement et se dirigea vers la salle où trônait l'écran qui leur permettait d'examiner les vues aériennes de la ville. Elle tendit la clé USB au technicien qui fit apparaître une vue centrée sur l'appartement de Jim Beckett.
- Si on affiche l'azimut inverse, fit-il, on obtient ça. Une ligne rouge partait depuis l'appartement et se prolongeait lentement sur l'écran tandis que l'indicateur de distance croissait lentement.
- Attendez un instant fit Beckett au technicien qui interrompit la simulation. Affichez une vue latérale. Regardez, on est à 600m, et toujours rien de probant, dit-elle en contemplant la ligne rouge qui s'était arrêtée suspendue dans les airs.
- Un tir depuis un hélicoptère ? Hasarda Rick.
- Théoriquement possible mais peu probable lui répondit Espo. Avec une arme d'une telle puissance la lueur du tir aurait été vue à des centaines de mètres à la ronde. Et n'importe quel geek équipé d'un smartphone aurait filmé la scène.
- Et en poursuivant la simulation, on obtient quoi ? Demanda Castle au technicien. Toujours rien. Regardez, on est à 1000m et toujours pas d'immeuble d'où les coups de feu auraient pu être tirés.
- A moins... commença Rick.
- A quoi pensez-vous Castle ? Intervint Gates.
- Si on continue à suivre la ligne regardez où on arrive.
Les personnes rassemblées dans la pièce regardaient, stupéfaites, l'endroit d'où le tir était parti d'après la simulation. Un immeuble désaffecté de SoHo, à presque deux kilomètres de l'appartement du père de Kate...Espo et Ryan les rejoignirent au même instant.
- Halstead est au frais dans la salle d'interrogatoire, Capitaine.
- Parfait. Merci à vous deux. Résumons. On cherche donc quelqu'un capable de toucher une cible de taille humaine à environ 1800 mètres de distance. Reprit Gates. Esposito ? Qu'est-ce que ça vous inspire d'après votre expérience ?
Il soupira.
- Pour réussir un tir à une telle distance, il faut absolument tout prendre en compte. Le vent, la pression atmosphérique, l'hygrométrie, la température de l'air, la gravité et même l'accélération de Coriolis. Ensuite il faut savoir s'adapter à un changement d'un de ces facteurs et quasiment instantanément.
- D'accord acquiesça Gates, et donc ? Qui cherche-t-on selon vous ?
- C'est simple. On a affaire à un tireur de classe mondiale, qui est plus doué que tous ceux que j'ai pu rencontrer pendant mes années d'armée. La bonne nouvelle c'est que les gens possédant un tel talent sont très peu nombreux. Tout au plus une douzaine, répartis dans tous les corps d'armée du monde. Ca devrait restreindre le champ de nos recherches. La mauvaise c'est qu'il est très rare que ce genre de professionnel laisse la moindre trace derrière lui.
- Ils en laissent tous, dit Gates. La Scientifique trouvera quelque chose là-bas j'en suis sûre.