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Série : Castle
Création : 26.05.2012 à 20h38
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Pas de bébé après une seule nuit. A vous de découvrir la signification du titre. Histoire juste impossible a résumer en 200 mots! » judy1
Cette fanfic compte déjà 72 paragraphes
Chapitre 21 :
Kate était dans un état émotionnel indescriptible. C’est donc Gates qui se chargea de prévenir Martha pendant que Ryan et Esposito accompagnèrent Beckett au Saint Vincent Hospital. Gates qui n’était pas habituée à devoir annoncer ce genre de nouvelle eut du mal à trouver les mots pour expliquer à Martha Rodgers l’état dans lequel son fils se trouvait. Si bien que, lorsqu’elle arriva à l’hôpital, Kate avait déjà renvoyé ses collègues qui poursuivirent leurs recherches et elle attendait seul dans le couloir. Martha s’attendait au pire, elle redoutait tellement ce moment depuis plus de 4 ans que, quand elle aperçut Kate assise et qui semblait attendre tranquillement qu’un médecin se décide à donner quelques nouvelles, sa colère explosa d’un seul coup.
-« Alors c’est comme ça que tu prends soins de lui ? » cracha Martha le regard plein de colère et la voix vraiment très dur.
Kate sursauta.
-« Oh Martha… »
-« Je te faisais confiance Kate ! Et on m’appelle pour me dire qu’il a été victime d’une explosion ! Que lui est blessé alors que toi non ! »
Martha était tellement inquiète pour son fils qu’elle ne voyait même pas les larmes et le désarroi de la jeune femme.
-« J’ignorais qu’il y avait une bombe. C’était terminé, ça ne devait pas exploser ! »
Kate était toujours en larmes et ne comprenait pas la colère de Martha.
-« C’est mon fils Kate ! Tu te rends compte que c’est tout ce que j’ai ! Que c’est tout ce qu’il me reste ! J’ai tout sacrifié pour lui, pour qu’il ne lui arrive jamais rien ! Et tu crois que tu peux venir et tout foutre en l’air ? »
-« Mais Martha… »
-« Pourquoi est-ce que je l’ai encouragé à te suivre ? Mon fils unique… Regarde où ça le mène… » dit-elle en se prenant la tête entre les mains.
-« Si je pouvais, je prendrais sa place sans hésiter une seconde… »
-« Si je pouvais changer quoi que ce soit, j’aimerais qu’il ne t’ai jamais rencontré… Qu’il ne soit pas dans cette chambre sans qu’aucun médecin ne veuille rien nous dire .Va-t’en Kate… S’il te plait va-t’en !! » hurla Martha complètement anéantie.
Alexis se trouvait au bout du couloir et venait d’assister à la scène. Elle aussi était en larmes mais jamais elle n’avait vu sa grand-mère dans un tel état. Kate passa à côté d’elle à toute vitesse, la tête baissée et les yeux ruisselants de larmes en se cessant de répéter encore et encore qu’elle était désolée. La jeune fille alla tout droit se blottir dans les bras de sa grand-mère. Elle essaya à peine de prendre la défense de Kate car elle connaissait suffisamment sa grand-mère pour savoir qu’elle finirait par se rendre compte par elle-même de la dureté des propos qu’elle venait de dire à Kate. Quelques minutes plus tard, un médecin se décida tout de même à leur expliquer la situation.
-« Mme Castle ? »
Martha et Alexis s’avancèrent.
-« Il semblerait que le traumatisme subit par Monsieur Castle ait entrainé un coma de stade 2. »
-« Oh mon Dieu ! » s’exclama Martha.
-« Rassurez-vous Madame, ça signifie simplement que votre fils n’est pas encore capable de se réveiller et qu’il lui est encore impossible de communiquer. Par contre, il réagit encore à certains stimuli donc j’espère pouvoir être optimiste quant à son état. Vous devez comprendre que le coma résulte du fait que son cerveau ait été soumis à un grave traumatisme. Les scanner ne montrent rien d’alarmant, on ne peut donc rien faire tant qu’il ne sera pas réveillé. »
-« Et quand va-t-il se réveiller ? »demanda Alexis tout en craignant la réponse.
-« Nous n’en savons rien. Peut-être demain, peut-être dans une semaine… Ou dans un mois. »
-« Ou peut-être jamais !! » soupira Martha en serrant encore un peu plus Alexis dans ses bras.
-« Ne dites pas ça ! Si vous le laissez tomber, il ne lui reste aucune chance de s’en sortir. Votre fils avait l’air en parfaite santé avant ce traumatisme et, son coma n’étant pas vraiment préoccupant, ses chances de guérison sont assez grande. Toutefois ce n’est qu’à son réveil que nous pourrons vraiment évaluer l’ampleur des dégâts. »
-« Je croyais que, s’il se réveillait, il était sorti d’affaire ! »
-« Tout à fait. Cependant il est possible qu’il reste des séquelles au niveau du langage et de la mémoire essentiellement. Peut-être même au niveau de sa motricité. »
Le médecin invita Martha et Alexis à se rendre au chevet de Rick tout en s’excusant car il était attendu auprès d’un autre patient. Il partit en disant que, si elles avaient encore d’autres questions, elles pouvaient s’adresser aux infirmières et qu’il repasserait lui-même une fois par jour pour évaluer la situation. En voyant pour l’une son fils et pour l’autre son père ainsi relié à tout un tas de machines, les larmes redoublèrent et chacune s’installa auprès de l’homme allongé sur le lit. Non loin de là, Kate ne voulait pas rentrer chez elle. Elle n’aurait pas eu la force de se retrouver seule. Elle avait l’impression qu’elle allait s’effondrer et qu’elle serait incapable de se relever. Elle prit donc la décision de se rendre là où elle se sentait chez elle, tout en sachant qu’elle n’y serait jamais seule. Arrivé au 12th, elle apprit que 2 des adolescents avaient été relâchés et que seul Bryan se trouvait encore dans leurs locaux pour continuer à être entendu au sujet de la vente illégal d’explosifs. Elle essayait de garder un minimum de contrôle mais le voir toujours aussi sûr de lui et admirer le magnifique sourire qu’il continuait d’afficher la fit totalement disjoncter. Elle profita d’un moment d’absence des inspecteurs pour foncer vers ce jeune homme et commencer elle-même son interrogatoire. Kate entra dans la pièce telle une furie ne prenant même pas la peine de refermer la porte et se mit à la hauteur du suspect en prenant bien soin de ne laisser que quelques centimètres entre leurs visages.
-« A qui avez-vous vendu ces explosifs ? » dit-elle très sèchement.
-« Je veux un avocat, » répondit-il toujours avec son superbe sourire.
-« Mon coéquipiers est en train de se battre contre la mort alors je me fiche de ce que vous voulez. Donnez-moi le nom de cette femme. »
-« J’ai droit à un avocat et vous n’avez pas le droit de m’en empêcher. »
Kate luttait contre elle-même pour ne pas lui foutre une bonne paire de claques. Elle se contentait de le foudroyer du regard et d’insister sur chacun de ses mots pour être certaine que ce gamin puisse bien saisir l’ensemble du message.
-« Vous allez être poursuivi pour entrave à une enquête policière ainsi qu’association de malfaiteurs et homicide involontaire. Et ça ne fait que commencer ! Alors la seule chose à faire pour minimiser votre peine est de nous donner ce putain de nom…. »
Le sourire s’effaça sur le visage du jeune homme et son teint pâlit d’un coup tandis que ses mains se mirent à trembler légèrement rien qu’à l’évocation de ce qui l’attendait.
-« Dis-moi son nom ! » hurla Kate pour la seconde fois.
-« J’ignore son nom, je ne sais même pas comment la contacter ! C’est toujours elle qui vient me trouver… »
Alertée par les hurlements de Beckett, Gates arriva à temps pour calmer le jeu.
-« Beckett !! Ça suffit,» ordonna-t-elle.
Ryan arriva en courant lui aussi mais pour annoncer qu’il avait trouvé une 6e victime et qu’il pensait avoir une piste très sérieuse pour identifier le poseur de bombes.
-« Ryan, donnez un téléphone à ce jeune homme. Je pense qu’il a suffisamment réclame son avocat. »
Elle se retourna vers Kate et repris sa voix très ferme.
-« Dans mon bureau. Tout de suite. C’est un ordre ! »
Une fois dans le bureau, seule avec Gates, Kate s’attendait à se faire passer un savon.
-« Je peux savoir à quoi vous jouez ? »
-« Rick est dans le coma. Qu’est-ce que je suis sensée faire ? Attendre que ce crétin se remette au travail ou que l’autre folle fasse exploser un autre bâtiment ? »
-« Si ce garçon nous avait dit quoi que ce soit d’utile, on n’aurait même pas pu l’utiliser à cause du peu de professionnalisme de vos méthodes. Alors rentrez chez vous. »
-« Que je rentre chez moi ? Vous vous moquez de moi là ? Il n’est pas question que je me retire de l’affaire, pas maintenant ! »
Gates soupira et réfléchit pas mal de temps avant de donner les ordres suivant à Beckett.
-« Quoi que je dise, je sais que je ne serais pas capable de vous interdire de continuer alors je vous ORDONNE de vous contenter de surveiller l’enquête de Ryan et Esposito. Vous ferez ça d’ici. Je ne veux pas vous voir sur le terrain. Ryan semblait avoir une piste tout à l’heure, allez vérifier ça. Et lorsque cette femme serra arrêtée, je vous conseille de ne pas lui poser la moindre question, de ne même pas chercher à lui parler. Et sachez que, si vous aviez l’idée de désobéir, je m’assurerais personnellement que vous passiez le reste de votre carrière assise derrière un bureau avec suffisamment de paperasse à remplir pour vous occuper jusqu'à la nuit des temps ! Est-ce bien clair ? »
-« Tout à fait Sir, » répondit simplement l’enquêtrice en baissant la tête et en sortant du bureau.
Chapitre 22 :
Kate arriva près d’Esposito en lui dictant les ordres sans même attendre de savoir ce que Ryan avait découvert.
-« Trouve-moi les images filmées par les journalistes. Cette femme s’est donnée tellement de mal pour nous attirer à elle qu’elle ne devait certainement pas être très loin. Trouve aussi les images et les photos des autres explosions et compare les témoins. Peut-être qu’elle reste suffisamment longtemps sur les scènes de crime pour y être photographiée à son insu. Ryan, quand l’avocat de ce petit con sera arrivé, essaye d’avoir des informations sur cette femme. Une description, un accent particulier, un lieu de rendez-vous… N’importe quoi qui puisse nous donner une indication. En attendant, continue de fouiller sur la vie des 12 blessés et de leur famille. Je VEUX cette femme, il n’est pas question qu’elle nous échappe !»
Les garçons échangèrent un regard peu rassuré alors que Beckett s’installait à son bureau en attendant déjà les résultats de ce qu’elle venait juste d’exiger.
-« Bah en fait… Comme je le disais tout à l’heure, je pense avoir trouvé une piste intéressante, » dit Ryan en s’approchant.
Beckett se redressa d’un coup, tout à fait prête à l’écouter.
-« Il y avait 3 personnes lourdement blessées. »
-« Viens-en au fait Ryan. »
-« Ok. Un piéton qui se trouvait sur l’un des passages cloutés a été violement projeté en arrière. Il n’est pas mort sur le coup et ne figurait pas parmi la liste des victimes. Cependant, il était dans un coma très profond depuis tout ce temps. Et malgré les protestations de sa femme, le reste de la famille a autorisé les médecins à le débrancher et à déclarer son décès. »
-« Quoi… Mais comment a-t-on pu louper ça ? »
-« Le décès n’a été déclaré qu’il y a 3 mois et la liste qu’on avait datait de 3 ans !! » répondit l’irlandais pour se défendre. « De plus, sa femme ne s’est occupée d’aucune démarche administrative. Tout a dû être fait par les membres de la famille ou par les employés des administrations eux-mêmes. Ce qui explique que bien qu’il soit officiellement mort depuis 3 mois, toutes les procédures ont été largement retardées. »
-« Trouve là ! »
-« J’ai essayé mais elle a vendu leur maison le mois dernier. Et une fois l’argent de la vente reçu, elle a vidé et clôturé son compte. »
-« Tu veux dire qu’elle se balade avec tout cet argent sur elle et qu’elle paye tout en liquide ? »
-« Aucune banque n’a enregistré d’ouverture de compte à son nom, ni à son nom de jeune fille alors oui. »
-« Alors je suppose que tu as déjà son nom et son visage ? »
-« J’ai son nom effective. Il s’agit de Béatrice Loch. Mais, pour le portrait, la photo de notre base de données date de plus de 20 ans. Elle n’est pas fichée donc pas trace très récente. »
-« Super ! Si on communique son identité, elle va se sentir coincée et risque de s’en prendre encore une fois à des civils. Il ne reste plus qu’à étendre qu’Espo nous trouve une personne trop souvent présente lors des différentes explosions. Je crois que l’avocat de ce gentil petit garçon vient d’arriver. Tu fais comme tu veux mais tu as intérêt à obtenir quelque chose d’utile ! »
Lorsque Gates entendit dire que l’avocat du jeune homme était arrivé, elle surveilla que ce soit bien Ryan qui se charge de l’interrogatoire et fit appeler Beckett dans son bureau.
-« Où en êtes-vous ? Ryan avait trouvé une chose intéressante ? »
-« Il a trouvé une 6e victime. Un homme mort depuis seulement 3 mois mais dont l’état de santé était très préoccupant depuis l’explosion. »
Gates voulait savoir quelles étaient les nouvelles bien sûr mais elle voulait plus que tout encore retenir Beckett dans son bureau le plus possible pour être certaine qu’elle ne se mêle pas de l’interrogatoire de l’adolescent.
-« Nous avons l’identité de cette femme, une certaine Béatrice Loch. Esposito est en train de chercher sur toutes les images confiées par les journalistes une personne présente sur chaque scène de crime. Donc, bientôt, nous aurons également son portrait. Il ne restera plus qu’à trouver l’endroit où elle se cache. »
-« Bien. Contactez la famille de cette femme. Ils auront probablement des choses intéressantes à dire à son sujet. Interrogez aussi les proches de son défunt mari.»
Beckett avait l’impression de faire un mauvais rêve. Elle se trouvait en face de sa supérieur qui était en train de lui expliquer comment faire son travail en lui dictant la marcha à suivre pour la suite des opérations. Sachant toutefois qu’elle n’était pas en position pour se faire remarquer, elle ne releva même pas et se mit à la recherche de quelques numéros à appeler.
Les images recueillies par Esposito étaient pour la plupart beaucoup trop floues. Il dut donc passer son temps à isoler chaque personne présente et à envoyer le tout à la scientifiques en espérant qu’ils puisent améliorer un peu chaque cliché. Pour l’instant, tout était tellement flou qu’aucun visage n’était assez visible pour une quelconque identification. Ryan n’avait rien appris de fort utile. Le jeune homme donna une description de la femme en question mais bien trop vague pour proposer à un dessinateur de la police de venir faire un portrait robot. Ryan apprit seulement que Bryan avait rencontré cette femme lors du séjour de leur ami à l’hôpital. Ils avaient beaucoup discuté et elle l’avait rassuré sur les compétences du personnel soignant et avait même assuré à plusieurs reprises que la police ne faisant pas son travail correctement, il n’avait certainement rien à craindre des forces de l’ordre. Après la sortie de son ami, il ne l’avait plus revue jusqu’au jour où elle est apparue à la sortie des cours et où elle lui avait donné de très grosses sommes d’argent en échange des quelques explosifs qu’ils avaient fabriqué.
De son côté, Kate n’avait pas arrêté de téléphoner à gauche et à droite, posant à chaque fois quasiment les mêmes questions, et obtenant à chaque fois le même type de réponses : il y a 3 ans, après l’accident, cette femme s’était dévouée corps et âme pour rester le plus possible auprès de son mari mais son employeur, n’en pouvant plus des absences répétées de son employée, avait fini par la licencier après plusieurs rappels à l’ordre. Ensuite, elle apprit que la femme passait toutes ses journées assises à côté de son mari en attendant qu’il finisse par se réveiller. Et ce, bien que tous les médecins lui aient affirmé qu’il ne se réveillerait jamais et que la seule chose à faire était de lui faire ses adieux et de le laisser partir. Bref, elle semblait avoir totalement perdu les pédales et, une fois que son mari fut déclaré mort, les choses n’avaient fait que s’accentuer encore plus. Mais personne ne l’avait vu ni n’avait eu de ses nouvelles depuis plusieurs mois. Personne ne savait où elle pouvait bien être. Voilà où en était Beckett. Elle avait passé des heures au téléphone et tout ça pour apprendre que cette femme avait totalement perdu la tête et que personne n’avait la moindre idée de l’endroit où elle pouvait bien se planquer. Elle s’était accordée une petite pause et venait d’entrer dans la salle de repos pour se servir une tasse de café. Machinalement, elle prépara une seconde tasse et ce n’est au moment de sortir de la pièce qu’elle réalisa son erreur. Elle posa alors les deux tasses sur la table de la salle repos et s’écroula en larmes sur l’une des chaises.
-« Kate ? »
Beckett sursauta en entendant la voix d’Esposito.
-« Je te croyais déjà parti, » fit-elle en essayant de sourire.
-« Tu n’as pas à faire semblant tu sais ! Rick aussi est mon ami et je ne rentrerai pas chez moi tant que cette femme ne sera pas enfermée. Par contre, toi tu devrais te reposer un peu quand même. Tu peux aller voir Lanie si tu ne veux pas rentrer chez toi. Où va chez les Castle, tu t’entends bien avec Martha et Alexis, ça leur fera peut-être plaisir de te voir. Ne reste pas seule ok ? Et repose-toi. »
Esposito repartit à son bureau pour remplir de la paperasserie en attendant que la scientifique lui renvoie les photos en meilleure qualité. Beckett accepta de le laisser s’occuper de tout ça et consentit à quitter le 12th mais elle n’avait absolument aucune idée de l’endroit où aller…
Chapitre 23 :
Le seul endroit où Kate avait envie de se retrouver, c’était auprès de Rick mais elle ne voulait pas que sa présence ne fâche d’avantage Martha. Elle hésita donc longtemps avant de se décider à se rendre au Saint Vincent Hospital. Elle se dirigea directement à l’étage où devait se trouver son partenaire et, après s’être présentée à l’une des infirmières, demanda prudemment si Richard Castle était seul. L’infirmière lui demanda de patienter un instant et, du bout du couloir, Kate pouvait l’apercevoir demander conseil à l’une de ces supérieures. L’infirmière en chef revint quelques minutes plus tard en lui certifiant que son ami était seul mais qu’elle ne pourrait rester que quelques minutes. En effet, n’étant pas de sa famille, elle ne devrait même pas être autorisée à le voir. Kate la remercia et entra dans la chambre avant que celle-ci ne change d’avis. Elle ne put retenir ses larmes en voyant l’homme allongé sur ce lit. Lui d’ordinaire si joviale et pouvant plaisanter de n’importe quel événement se retrouvait entouré de tout un tas de machine surveillant constamment chacune de ses fonctions vitales. Elle s’approcha de lui tout doucement et s’assit sur l’une des chaises. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’elle s’écroula en larmes sur le torse du jeune homme.
-« Ohh Rick… Mais pourquoi il a fallu que tu joues au héros ? Pourquoi ce doudou était-il si important ? Pourquoi ne t’es-tu pas simplement contenté de rester près de moi ? »
Les larmes ne cessaient de couler et les sanglots de la jeune femme étaient perceptibles jusque dans l’entré de la pièce d’où Martha l’observait en silence. C’est à cet instant que la rouquine se rendit compte de son erreur et de la sincérité des sentiments de Kate envers son fils. Sur le moment, elle s’en voulait terriblement d’avoir été aussi dure envers la jeune femme plus tôt dans la journée, elle regrettait d’avoir osé lui parler sur ce ton et la voir ainsi verser toutes les larmes de son corps lui brisait littéralement le cœur.
-« Pourquoi tu y es allé ??? Rick… Je t’en supplie !!! Tu m’as promis de ne jamais me quitter… Je t’en supplie, bats-toi… Ne me laisse pas mon amour… »
Émue par les mots de la jeune femme, Martha resta dans l’ombre et partit sur la pointe des pieds afin de les laisser seuls. Beckett continuait de parler à l’homme qu’elle aimait tout en étant incapable de cesser de pleurer. Toute la peine accumulée depuis l’explosion faisait enfin surface et il fallut un bon bout de temps à Kate pour exprimer tout ce qu’elle avait sur le cœur. Au milieu de la nuit, alors qu’une infirmière venait prendre les paramètres de Rick, elle fut surprise de trouver la jeune femme assoupie, blottie aux côtés de ce patient et tenant sa main fermement serrée contre son cœur. Elle remarqua néanmoins que l’état de santé du malade était en nette amélioration et prit donc la décision de laisser la jeune femme tranquille. Lorsque Kate se réveilla, il était à peine 5H du matin. Elle resta un long moment à regarder Rick tout en lui caressant le visage. Elle finit par déposer un tendre baiser sur son front et se décida à rentrer chez elle pour prendre une douche et se changer avant de retourner au travail.
Alexis n’avait pas réussi à dormir. Elle avait passé toute la nuit à regarder les albums photos en se demandant ce qu’elle deviendrait sans son père à ses côtés. Il avait toujours été tellement présent dans sa vie qu’elle ne voulait pas qu’il puisse penser une seconde être seul à affronter cette épreuve. Elle arriva donc à son chevet aux alentours de 6H30 pour passer un petit peu de temps avec lui avant le début de ses cours (car son père ne lui aurait certainement pas permis de sécher). Alexis commença par expliquer à son père que, si Kate ne venait pas le voir, il ne fallait pas lui en vouloir, que Martha et elle s’étaient légèrement disputées sous le coup de l’émotion mais que sa grand-mère regrettait et qu’elle avait promis d’arranger les choses. Ensuite, elle lui raconta ce qu’elle avait fait de sa nuit.
-« Lorsque Grand-mère est rentrée tard hier soir, on a beaucoup discuté toutes les deux. De tout ce qu’on avait partagé depuis qu’elle est venue vivre avec nous. Et aucune de nous n’imagine une seconde la vie sans toi. Alors tu n’as pas intérêt à nous abandonner ! »
Alexis mourrait d’envie de lui dire ça même si en fait elle aurait aimé retenir toute cette colère. Elle essuya ses larmes avec la paume de ses mains et continua son récit.
-« Après avoir passé plusieurs heures à pleurer dans mon lit, je suis redescendue et je t’ai cherché dans tout le loft, mais, évidement, tu n’y étais pas. Si ça avait été le cas, je n’aurais même pas eu à descendre car c’est toi qui serais venu me demander ce qui pouvait me rendre aussi triste. Alors je me suis assise à ton bureau et j’ai commencé à admirer la décoration de cette pièce si particulière à tes yeux. Je n’avais jamais remarqué que tu gardais autant de souvenirs et je ne parle pas juste de toutes les photos qui remplissent ton bureau, je parle de ce ‘cadre’ peint pour une fête des pères il y a bien longtemps, du moulage de mes mains fait dans un bloc de plâtre... Enfin, de tout un tas de bricolages hideux fabriqués pendant mes premières années. J’ai même remarqué que tu gardais quelques articles qui parlent de Grand-Mère pendant sa période de gloire. Mais rassure-toi, je ne lui dirais pas, ça sera notre petit secret. Et j’adore aussi ton nouveau fond d’écran sur ton potable ! Kate est superbe et vous être vraiment mignons tous les deux… »
Alexis se blottit légèrement contre lui et essayait de maitriser les larmes qui menaçaient de couler. Sa tête était posée la poitrine de son père et entendre les battements de son cœur avait un effet apaisant sur la jeune fille.
-« J’ai également trouvé le livre que tu avais commencé à lire l’autre jour. Alors je me suis permise de l’emprunter pour te faire la lecture. »
Alexis ouvra le livre à la page indiquée par un marque page ‘maison’.
-« Oh papa… Fais-moi penser à te trouver une photo plus récente. Je suis certaine qu’une photo de nous avec Kate, ça serait beaucoup mieux. »
La série de photos dont Castle se servait en guise de marque page étaient le genre de photo prise dans les lieux publics à l’aide de ces photomatons. Sur les clichés, la jeune fille ne devait pas avoir plus de 5 ans et essayait d’imiter son père en train de faire les grimaces les plus bizarres qui soient. Seule la dernière était plus ou moins correcte en fait. Alexis eut un léger sourire en se souvenant de l’après-midi où les photos avaient été prises et commença la lecture avec la gorge nouée. La jeune fille sursauta en voyant une infirmière changer la perfusion de son père. Elle ne l’avait pas entendu entrer. Elle constata alors qu’il était près de 8H et qu’elle devrait déjà être partie. Alexis posa le livre sur la table de chevet, se pencha pour embrasser son père et lui murmura à l’oreille qu’elle viendrait tous les jours pour lui raconter sa journée et pour lui faire la lecture. Martha arriva un peu après de départ d’Alexis et se retrouva nez à nez avec un visiteur que personne n’attendait. Ses yeux se remplirent aussitôt de larmes et l’homme la prit dans ses bras pour la réconforter.
-« Je sais que je n’aurais pas dû venir mais je voulais vraiment le voir. Il va sortir Martha. Il est fort, il va s’en sortir ! »
L’homme essuya les larmes de Martha et déposa un baiser sur sa joue avant de repartir aussi discrètement qu’il n’était arrivé. Martha s’assit sur le bord du lit tout en serrant la main de son fils dans la sienne.
-« Oh, Ritchie… Pardonne-moi. J’ai été injuste et vraiment horrible avec Kate. Je redoutais ce moment depuis tellement longtemps, j’avais tellement peur pour toi que j’ai explosée face à la première personne que j’ai croisée. Je suis désolée mon Chéri. Je ne voulais pas lui dire de telles choses et je te promets d’aller m’excuser auprès d’elle. Je te promets d’arranger les choses. Je sais qu’elle te rend heureux, je ne t’avais pas vu comme ça depuis bien longtemps. Je sais qu’elle aussi elle tient à toi, je l’ai entendu hier soir… Oh Richard ! Tu n’as pas le droit de nous abandonner. Ouvre les yeux, s’il te plait… »
Martha se mit à pleurer à son tour et remarqua à peine le médecin entrer dans la chambre.
-« Les infirmières m’ont averti que votre fils avait eu de la visite cette nuit. Excusez-les mais elles n’ont pas eu le courage de demander à cette jeune femme de partir, elle avait l’air tellement bouleversée… »
-« Ne vous inquiétez pas, elles ont très bien fait. Elle fait partie de la famille à présent. »
Le médecin ne put s’empêcher de sourire.
-« L’infirmière qui faisait sa ronde a remarqué que cette présence avait suffi à apaiser votre fils et a donc décidé de les laisser ensemble. Et d’ailleurs son état général est tout à fait correct. Avec tout le soutien que vous lui manifestez, je suis très confiant. Je ne vous promets pas qu’il va se réveiller dans les prochains jours mais, à sa place, je n’oserais pas laisser une fille et une petite-amie aussi charmantes seules trop longtemps. »
Le médecin n’était en rien tracassé par l’état de santé de Rick et préférait détendre l’atmosphère en plaisantant plutôt que d’en rajouter une couche avec tout un tas de termes médicaux.
Chapitre 24
Kate arriva au bureau vers 8H et personne ne lui fit la moindre remarque. Esposito vint la trouver tout de suite en lui expliquant que la scientifique avait nettement amélioré les tirages, qu’ils avaient pu proposer plusieurs clichés à Ryan et qu’il n’avait pas hésité à montrer le visage de la femme à laquelle il a vendu les explosifs.
-« Super. Donc on a son nom et son visage. Il ne reste plus qu’à la trouver. »
-« On ne peut vraiment pas faire un appel à témoins ? »
-« Si bien sur Espo, tu iras juste expliquer aux prochaines victimes que tu t’es complètement planté… » Vu que Beckett n’était pas du tout d’humeur, il la laissa seule réfléchir face à son tableau. Après quelques temps, Ryan vint s’assoir à côté d’elle et se mit à penser à voix haute.
-« Elle n’a pas pu quitter la ville… Il y a bien un moyen de la retrouver ! »
Beckett le regarda un instant en se disant que Castle aurait ajouté une petite histoire bien farfelue après cette petite réflexion
-« Et pourquoi n’aurait elle pas pu quitter la ville ? Après tout, elle sait qu’on la recherche, alors ça pourrait être logique. »
-« Elle a fait tout ça pour son mari, je la vois mal le quitter maintenant. »
-« Tu sais que tu es un génie quand tu veux toi. »
Kate se tourna à nouveau vers le tableau avant de bondir sur les dossiers à la recherche d’une réponse à la question qui venait de lui traverser l’esprit. Elle traversa ensuite la salle de réunion, toujours avec le dossier en main et afficha la carte de la ville. D’un geste précis, elle indiqua une croix et l’entoura d’un cercle. Gates, qui surveillait Beckett de son bureau, avait remarqué l’entrain de son enquêtrice et vint vérifier se qui se passait. Voyant toute l’équipe se réunir sans lui, Espo arriva à son tour.
-« Cette femme a complètement perdu les pédales après l’accident, il y a 3 ans. Elle n’a jamais accepté de quitter son mari lorsqu’il était à l’hôpital. Pourquoi est ce qu’elle l'accepterait maintenant qu’il est mort. »
-« Peut être parce que vivre dans un cimetière ne doit pas être agréable »
-« Bien vu Espo, tu ne crois pas si bien dire. Elle a vendu leur maison qui pourtant n’était situé qu’à 2 km de l’endroit où son mari est enterré. On sait qu’elle ne loue pas d’appartement et qu’elle n’a pas acheté de logement. Donc, je suppose qu’elle doit louer une chambre dans un petit hôtel, tout près de son mari. »
Gates la dévisageait et n’en revenait pas de la rapidité de pensée de la jeune femme.
-« OK, Esposito et Ryan, faites la liste de tous les hôtels de ce secteur et allez y en civil, prenez une photo de cette femme et trouvez la moi. »
Sous les yeux de Beckett, Gates appela le Central et demanda à ce que plusieurs patrouilles en civil puissent circuler incognito à la recherche d’une suspecte dangereuse. Elle faxa le portrait pour que chaque équipe puisse l’emporter avec eux.
Beckett dû tourner en rond pendant plusieurs heures et se servir pas mal de café avant que la Capitaine vienne l’informer que ses coéquipiers avaient eu de la chance et qu’ils avaient réussi à l’arrêter sans faire de dégâts. Elle demanda à Beckett de rester assise à sa place et de ne surtout plus bouger. Cette femme était arrêtée, ils avaient toutes les preuves nécessaires pour la faire enfermer, elle ne voulait pas d’une erreur de procédure.
Les inspecteurs disposaient de tellement de preuves que cette Béatrice Loch ne chercha même pas à nier les faits. Elle avoua tout malgré les protestations de son avocat.
Lorsqu’elle sortit de son interrogatoire, la femme remarqua Beckett assise sur sa chaise et l'a reconnue en un coup d’œil.
-« Lieutenant Beckett ? »
Kate releva la tête mais restait assise à sa place.
-« Je voulais seulement savoir pourquoi mon mari est mort ? Pourquoi personne ne peut comprendre ça ? »
Beckett perdit alors le peu de sang froid qui lui restait, elle se leva et s’approcha doucement de la femme.
-« C’était un accident Madame Loch ! Votre mari se trouvait simplement au mauvais endroit au mauvais moment. Je suis désolée que vous ne puissiez pas comprendre ça, mais il n’y a rien d’autre à en dire. »
-« Comme pour le vigile et votre ami alors, c’était juste un accident ! »
Kate dû vraiment se retenir car elle avait envie de tout fracasser, mais elle se contenta de hausser la voix et de parler très fermement.
-« Le vigile est mort parce que VOUS aviez placé une bombe. Mon ami est dans le coma parce que VOUS nous avez tendu un piège. Et je serais à votre place Madame, je prierais pour qu’il s’en sorte, car vous n’avez même pas idée de ce que je vais vous faire subir si ce n’est pas le cas. »
Personne n’osa demander à Beckett de se calmer, Esposito s’arrangea simplement pour éloigner la femme et faire en sorte que Beckett ne la croise pas.
Martha qui avait été avertie de l’arrestation du poseur de bombe arriva au moment où Kate menaçait cette femme. Elle se contenta de faire un geste de la tête à Gates pour la remercier et repartit sans que personne d’autre ne la remarque.
Une fois que Beckett se remit de cet échange verbal, elle commença à effacer le tableau et ranger toutes les photos dans le dossier. Esposito posa sa main sur celle de la jeune femme qui tremblait toujours.
-« Je me rend compte qu’elle a tué un homme et qu’elle a envoyé Castle à l’hôpital, mais au fond, elle voulait juste des réponses. Tu ne peux pas lui en vouloir pour ça ? »
-« Moi aussi je cherche des réponses. Je ne fais pas tout exploser pour autant ! »
-« Je n’excuse pas ce qu’elle a fait. Je cherche simplement à te faire comprendre qu’elle était désespérée et qu’elle avait complètement disjoncté. »
-« Je sais… Mais Castle !! »
-« Il va s’en sortir Kate ! Je suis certain qu’il ne voudrait pas faire ce plaisir à Gates ! » Plaisanta le latino.
Kate ne put s’empêcher de sourire. Son portable se mit à sonner pour l’avertir d’un message. Reconnaissant le numéro de Castle, elle s’empressa de lire. Ses yeux se remplir de larmes et elle quitta le commissariat à toute vitesse.
Elle arriva à l’hôpital en un temps record et se précipita dans le service où était Castle. Lorsqu’elle vit Martha et Alexis en larmes devant la porte de la chambre de Rick, avec tous ces médecins et infirmiers qui faisaient des tas d’allées et venues, elle resta figée. Craignant le pire, elle s’appuya contre le mur tout en se demandant comment elle allait pouvoir vivre sans lui.
-« Il a ouvert les yeux Kate… Il a ouvert les yeux ! » Lui cria Alexis en la voyant.
Martha quitta les bras de sa petite fille pour se diriger vers elle et la serra dans sas bras. Comme la jeune femme n’avait pas l’air de réaliser, Martha releva son visage et essuya l’une des larmes sur sa joue.
-« Il est sauvé Kate. C’est fini… ça va aller maintenant. »
Lorsque Kate réalisa les propos des deux femmes, elle plongea son visage sur l’épaule de Martha et laissa les larmes couler. Kate rejoint ensuite Alexis pour la serrer elle aussi dans ses bras avant d’oser regarder dans la chambre pour vérifier par elle-même que Rick était bel et bien réveillé.
Les médecins leur expliquèrent ensuite que bien qu’il ait les yeux ouverts, il lui était encore impossible de communiquer et que ça allait probablement prendre encore beaucoup de temps avant qu’elles ne retrouvent l’homme qu’elles connaissaient.
Chapitre 25
Les médecins laissèrent plusieurs jours de répit à Rick pour s’adapter à son nouvel état de santé. Le personnel soignant venait très régulièrement vérifier tous les paramètres, les médecins lui avaient déjà fait subir plusieurs scanners et radios, mais ils préférèrent le laisser s’adapter doucement avant d’en venir aux choses plus concrètes. Un jour, alors qu’un docteur luttait contre la volonté de Rick, voulant absolument vérifier sa sensibilité motrice, Kate entra dans la chambre. Elle resta en retrait pour profiter du spectacle qui s’offrait à elle.
-« Allez Monsieur Castle, je sais que vous m’entendez et il est impossible que tout votre corps soit devenu insensible. Alors je vous demande juste un peu d’aide. » Suppliait il juste avant de s’apercevoir qu’il était observé.
-« Désolé, je ne voulais pas vous déranger, je repasserai plus tard. » Dit Kate en faisant un pas en arrière.
Soulagé de cette présence réconfortante pour son patient, le médecin invita donc la jeune femme à entrer.
-« Je comprends qu’il en ait marre de se retrouver comme ça d’autant plus qu’il ne doit pas tout comprendre tout ce qui lui arrive, mais j’essaye juste de faire mon travail. » se justifia t il.
-« Ne vous inquiétez pas. Il n’en fait toujours qu’à sa tête de toute façon. S’il n’a pas envie de vous écouter, vous pouvez faire ce que vous voulez, vous n’obtiendrez rien de sa part. »
-« Ok Monsieur Castle. Alors on va essayer autre chose… » Dit il en essayant de reprendre le contrôle de la situation. « Et si c’était la main de cette ravissante jeune femme que je vous demandais de serrer, vous coopériez ? » Demanda le médecin complètement à court d’idée. La réponse de Rick ne se fit pas attendre, il serra légèrement la main du médecin pour répondre affirmativement. L’air désespéré de celui-ci arracha un léger sourire à Kate qui s’approcha de Rick et déposa tendrement un baiser sur sa joue tout en lui murmurant à l’oreille :
-« Richard Castle ! Tu exagères quand même. »
Ensuite, elle lui prit la main et aida le médecin du mieux qu’elle pouvait. Rick devait simplement serrer la main de Kate à chaque fois qu’il sentait que le docteur touchait une partie de son corps. Après avoir vérifié que Castle réagissait correctement à chacun des stimuli et qu’aucune partie de son corps n’était insensible, le médecin expliqua qu’il aimerait encore profiter de la présence de Kate pour évaluer la mémoire de son patient. Il demanda donc à la jeune femme de lui parler d’évènements s’étant déroulés dans les semaines précédant son traumatisme et de remonter le temps jusqu'à ce qu’il se souvienne de quelque chose. Pour Rick, les règles étaient toujours les mêmes : s’il se souvenait de ce dont Kate parlait, il devait serrer sa main 1 fois. S’il ne s’en souvenait pas, il devait serrer 2 fois. Elle prit le temps de réfléchir pour trouver une chose suffisamment marquante pour qu’il puisse s’en souvenir.
-« Te souviens tu de la promotion du film ‘vague de chaleur’ ? »
Rick serra légèrement la main de Kate à deux reprises. Elle se mit donc à réfléchir à d’autres événements qui pourraient raviver sa mémoire.
-« Du discours d’Alexis lors de la remise des diplômes ? »
Avant qu’il ne soit blessé, Rick le lui avait lu tellement de fois qu’elle aurait été capable de le réciter de mémoire si quelqu’un le lui avait demandé. Et le fait que Rick ne s’en souvienne pas signifiait également qu’il n’avait plus aucun souvenir des derniers mois et qu’il ne souvenait même pas de tous les moments qu’ils venaient de passer ensemble. Le regard de Kate s’assombrit tristement mais elle continua ses questions.
-« Tu te souviens dans quelle université elle a choisit de s’inscrire ? »
Il serra à nouveau ses mains à deux reprises.
-« De ta collaboration avec Slaughter? » Ce type lui avait fichu une telle trouille qu’il devait être quasiment impossible de l’oublier. Cependant, elle aurait aimé ne pas avoir à remonter aussi loin, car cette collaboration faisait référence à une situation très délicate entre eux deux.
Il ne serra la main de Kate qu’une seule fois.
C’est avec la gorge noué et un poids à l’estomac que Beckett informa le médecin que cet évènement s'était déroulé à peu près 6 mois auparavant. Ensuite, elle releva la tête et plongea ses yeux dans ceux de son ami, profitant de l’occasion pour lui poser une question bien plus personnelle cette fois.
-« Est-ce que tu m’en veux encore ? »
Tandis que les yeux de Kate se remplirent de larmes, Rick serra une seule fois la mains de Kate et hésita de longues secondes avant de la serrer une seconde fois bien plus légèrement encore, trahissant ainsi un profond doute de la part de l’écrivain. Kate regrettait déjà tellement de lui avoir menti et d’avoir mis tellement de temps à ouvrir les yeux qu’elle ne voulait pas que ce mauvais souvenir vienne à nouveau ternir les choses entre eux. Elle essayait de retenir ses larmes tant bien que mal et ne réagit que lorsqu’elle sentit la main de Rick s’écarter doucement de la sienne. Il voyait dans les yeux de la jeune femme tout le mal qu’il était en train de lui faire et ne voulait probablement pas la retenir davantage. Bien qu’il soit toujours incapable de prononcer le moindre mot, une larme coula le long de sa joue. Kate rattrapa la main de Rick, essuya la joue de son ami et posa sa tête juste à côté de la sienne.
-« Je sais que tu n’y crois pas, mais je t’aime Rick. Je t’assure que c’est vrai. Je sais que je t’ai fait souffrir. Et pourtant, je n’ai jamais aimé un autre homme autant que toi.»
De son côté, le médecin pu également se rendre compte que toute la sensibilité émotionnelle du jeune homme était intacte. Il s’approcha de la jeune femme et lui mis la main sur l’épaule pour attirer son attention. Ensuite il la rassura en expliquant que la perte de mémoire était ce qu’il y avait de plus normal et que dans la plupart des cas, tout finissait par rentrer dans l’ordre. Il repartit sans rien ajouter de plus et préféra les laisser seuls. Il était plus que satisfait des progrès de Rick et n’avait aucun doute sur son rétablissement.
Kate était toujours assise sur la chaise à côté du lit de Castle, elle serrait sa main contre son cœur et avait enfuie sa tête dans le cou de jeune homme. Bien que rassurée par son état de santé, elle ne pouvait empêcher ses larmes de couler, rien que le fait d’être certaine que Rick ne se souvenait même pas de leur relation lui faisait vraiment très mal. Castle sentait que les choses avaient changées entre eux, et même s’il avait mis du temps à réaliser que c’était bel et bien Katherine Beckett qui venait de l'embrasser sur la bouche et se blottir dans ses bras, il avait beaucoup de mal à comprendre pourquoi les réponses qu’il avait donné tout à l’heure étaient capable de lui faire autant de peine. Il fit alors un effort presque surhumain pour tenter de réconforter sa bien aimée.
-« Always » arriva-t-il à articuler très faiblement. Kate, qui ne s’attendait pas à entendre le son de sa voix sursauta et le regarda dans les yeux. Son expression passa de la surprise au bonheur le plus complet. Elle caressa, avec beaucoup de tendresse les joues du jeune homme avant de l’embrasser en ne cessant de répéter qu’elle l’aimait.
Deux semaines plus tard, le médecin de Castle profita d’une soirée où toute ‘la famille’ était réunie pour annoncer que dès que son patient ferait un minimum d’effort pour acquérir un peu d’autonomie et que les maux de têtes seraient moins violents, il pourrait rentrer chez lui. Et bien qu’il adorait se faire dorloter pas les 3 femmes qui partageaient sa vie, Rick fit donc des efforts époustouflants pour marcher sans aide et sans perdre l’équilibre à tout bout de champ. Il s’interdisait même de réclamer les anti douleurs auxquels il avait pourtant droit. Et bien que sa mémoire ne soit toujours pas revenue, les médecins le laissèrent quitter l’hôpital quelques jours plus tard.
Chapitre 26
Au 12th, Gates avait décidé d’une sanction collective pour l’équipe de Beckett au grand complet : Vu qu’ils avaient été assez stupides pour laisser l’un des leurs prendre de tels risques inutiles, ils étaient tous de corvée paperasse. De plus, ils devaient se charger de tout l’administratif et de toutes les recherches basiques pour l’ensemble du service, et ce, jusqu’au retour de Castle. Malgré l’ennui de ces tâches, le travail ne nécessitait pas d’heures supplémentaires et Beckett ne se plaignait pas de rentrer à des heures raisonnables et de pouvoir ainsi passer toutes ses soirées, bien tranquille, avec l’homme qu’elle aimait.
Le jour où Castle eut enfin le feu vert pour rentrer chez lui, il interdit à Alexis de sécher les cours, en lui expliquant que la présence de Martha suffirait déjà très largement pour les premières heures de liberté retrouvée. Il demanda également à Kate de ne pas prendre congé en disant qu’il préférait reprendre un minimum de repères dans son propre appartement avant qu’elle n’arrive. Mais de peur qu’elle le prenne mal, il s’empressa d’ajouter qu’elle n’avait pas intérêt à faire trop d’heure sup’ ce soir là et qu’il comptait sur sa présence pour le dîner. Il ne se souvenait toujours pas de ce qui c’était passé, mais il était tout à fait certain de ne plus jamais vouloir la laisser partir. A son retour, Rick erra quelques heures dans le loft essayant de retrouver quelques souvenirs égarés. Il se résolut tout de même à ranger ses affaires dans sa penderie et eu la surprise de sa vie en voyant qu’une partie de ses habits avaient été décalé pour faire un peu de place à ceux de Kate. Il s’assit alors sur le bord du lit pour reprendre ses esprits, mais là aussi, il se retrouva avec la nuisette de Kate juste sous les yeux. Et rien que d’imaginer la jeune femme portant cette tenue fit apparaitre un regard rêveur à l’écrivain. Mais il redevint vite sérieux en voyant que sa mère l’observait.
-« Alors c’est vraiment vrai ? »
-« J’ignore les détails de ce qui s'est passé ce soir là, et je ne tiens pas à en savoir davantage, mais ce que je sais, c’est que c’était assez fort pour que petit à petit ses affaires prennent place tout naturellement auprès des tiennes. »
-« Et quant était-ce ? »
-« Le soir de la remise des diplômes. »
-« Ca fait près de 4 mois que je suis avec la femme de mes rêves et je ne me souviens de rien ! Ho mon Dieu, elle doit m’en vouloir d’avoir pu oublier un truc pareil… »
-« Calme toi Richard » dit-elle en posant une main réconfortante sur son épaule. « Crois moi, cette femme est suffisamment dingue de toi pour ne pas t’en vouloir. » Devant le regard interrogateur de son fils, Martha poursuivit. « Je l’ai vu pleurer toutes les larmes de son corps en te suppliant de ne pas l’abandonner. Je l’ai également vu de mes propre yeux menacer la responsable de ton coma, et crois moi, elle a de la chance que tu t’en sois bien sorti ! Alors fais moi confiance mon chéri, Kate est bien trop heureuse de te voir en vie pour t’en vouloir ne serait ce qu’une seule seconde. Et pour ce qui est de tes souvenirs, ils finiront bien par revenir. »
Martha repartie dans la pièce principale et encouragea son fils à se remuer un peu au lieu de se laisser aller. Rick alluma alors son ordinateur pour essayer de relire le dernier chapitre qu’il avait commencé à écrire quelques mois plus tôt, mais la lumière de l’écran lui donna un mal de tête si puissant qu’il alla chercher un anti douleurs à la cuisine. C’est alors qu’il remarqua, accroché au mur près de l’entrée, un texte encadré, il s’approcha donc pour le lire. Le texte était tellement émouvant qu’il le relut encore et encore jusqu'à ce qu’il se souvienne qu’il s’agissait du discours prononcé par Alexis. Il comprenait alors pourquoi Kate en avait fait allusion, c’était simplement sublime, et il y avait vraiment de quoi être fier que son enfant puisse être l’auteur d’un tel texte. Une vague d’émotions déferlait en lui, à chaque lecture, de petits flashs faisaient irruption dans sa tête, lui donnant encore plus mal à la tête. Mais retrouver quelques souvenirs lui faisait tellement de bien qu’il mit du temps à se résoudre de devoir arrêter avant d’avoir la sensation que son cerveau n’explose.
De son côté, Kate n’arrêta pas de regarder sa montre de toute la journée et à 18H précise, elle posa son stylo, referma le dossier qu’elle était en train de compléter et le redéposa sur la pile de tout ce qu’il leur restait à terminer. Esposito et Ryan se regardèrent surpris de cette soudaine attitude.
-« Vous pouvez passer la nuit au poste si ça vous fait plaisir, mais moi je rentre. » Leur lança t-elle avec un immense sourire.
-« Mademoiselle Beckett serait-elle pressée ce soir ? »
-« Tout à fait Ryan, j’ai un rendez vous qu’il n’est pas question que je loupe. »
-« Tu crois qu’elle sort toujours avec ‘Monsieur Beckett’ ? » demanda Espo en faisant un clin d’œil à son coéquipier.
-« Il n’a pas appelé depuis au moins…3 heures » essaya t-il de dire sérieusement en regardant sa montre.
-« Je devrais peut-être la suivre pour savoir où elle va ? »
-« La dernière fois Espo, il ne m’a pas fallu 5 minutes pour te semer… Alors essaye tant que tu veux si ça t’amuse. » Kate venait juste de mettre sa veste et s’apprêtait à partir, mais les garçons tenaient vraiment à lui prouver qu’à force de chercher, ils finiraient bien par trouver l’identité de ce mystérieux personnage.
-« En tout cas, ça fait longtemps que tu n’as pas été dans un bon resto ! Ou alors il doit être assez galant pour payer l’addition à chaque fois que vous sortez. »
-« Tu as fouillé dans mes relevés de compte ? »
-« On est flics ! C’est notre boulot. Et tu nous as donné l’autorisation de chercher. Alors moi j’ai été interroger le livreur de ton ‘chinois’ préféré, et il m’a affirmé que la dernière fois qu’il est allé livrer chez toi, le type qui lui a ouvert la porte était assez baraqué, très bien habillé, bien coiffé, poli….Il se souvient même du pourboire, le plus gros de sa semaine. Un frais gentleman quoi… » Les garçons étaient morts de rire en voyant la tête que tirait leur amie.
-« Mais vous n’avez rien d’autre à faire ? »
-« En ce moment ?? Non… C’est plutôt calme au boulot. »
-« Bon. Et bien bon amusement les gars ! A demain. » Fit Beckett en s’en allant.
Lorsqu’elle passa la porte du loft, elle découvrit Rick assis sur l’une des chaises à la salle à manger et regardant les photos qu’apparemment il avait fait développer pendant la journée. Il s’agissait des photos prises lors de leur premier pique-nique dans Central Park et qu’ils n’avaient jamais pris le temps de porter chez un photographe.
Rick avait les yeux tout rougis par les larmes qu’il essayait de dissimuler et quand il aperçut la jeune femme, il se leva d’un bon et fondit sur ses lèvres en l’embrassant passionnément. Il ne l’avait pas embrassé de cette façon depuis le matin de l’explosion. Beckett lui rendit donc son baiser et ils s’embrassèrent pendant de longues minutes avant qu’ils ne s’effondrent dans les bras l’un de l’autre.
-« Oh Kate… Je t’aime ma chérie. Je sais que c’est vrai, que j’ai vraiment réussi à briser ce mur, que j’ai vraiment le droit de t’embrasser et de te dire à quel point tu me rends fou. Je t’aime mon amour, et si seulement tu pouvais savoir à quel point. » La tête de Rick était toujours enfuie dans le cou de Kate, et il ne pouvait s’empêcher d’y déposer tout un tas de baisers.
Kate le laissait faire car elle avait besoin de l’entendre prononcer ces mots, de sentir ses caresses et ses bras la serrer tout contre lui.
-« Je t’aime Rick, je t’aime mon chéri. »
-« J’adore t’entendre prononcer tous ces petits mots doux. J’y ai droit aussi au travail ? » Plaisanta-t-il.
Kate relevait la tête et embrassa son compagnon sur la joue cette fois mais avec un immense sourire très malicieux.
-« Je vois que tu as aussi retrouvé ton sens de l’humour. »
C’est Alexis qui vint interrompre ce petit moment de tendresse. Elle justifia sa présence en affirmant qu’elle tournait en rond dans sa chambre sur le campus et qu’elle n’avait pas pu s’empêcher de passer les voir. Le couple accueillit la jeune fille avec plaisir et ils passèrent de nouveau une soirée fort agréable en famille.
Chapitre 27
Il s’écoula deux mois entre le moment où Rick avait ouvert les yeux et le moment où il put retourner au 12th. Il souffrait encore par moment de légers maux de tête, il avait parfois du mal à retrouver le bon mot et à se souvenir de tout ce à quoi il pensait, mais globalement, il allait beaucoup mieux et se sentait tout à fait prêt à reprendre sa place dans l’équipe. A son arrivée dans le service, il fut applaudi et salué tel un héros, il ne s’attendait pas à autant de sympathie. Tout comme il ne s’attendait pas à trouver sur sa chaise, une réplique neuve du doudou pour lequel il avait risqué sa vie. Il s’approcha, craignant une mauvaise blague de la part de ses coéquipiers mais après l’avoir pris entre ses mains, il remarqua une petite carte sur laquelle un enfant s’était appliqué pour écrire ‘merci’. Kate s’approcha de lui et lui passa la main dans le dos pour le faire revenir parmi eux.
-« Tu sais, eux aussi se sont inquiétés pour toi. Ils ont téléphoné à plusieurs reprises déjà pour demander de tes nouvelles. »
-« C’est très gentil à eux » répondit-il encore sous le choc de l’émotion.
-« Ils ont également proposé de payer les frais médicaux, mais Gates leur a répondu que ça ne serait pas un problème pour toi. » plaisanta Espo, ravi lui aussi de le revoir.
La matinée se passa dans la bonne humeur, et ce malgré toute la paperasse que Gates leur avait ordonné de terminer. En début d’après midi, alors que Kate revenait de la salle de repos avec 2 tasses de café, elle surprit les garçons en grande conversation.
-« Trop facile mec, c’est le type à l’imper et probablement avec n’importe quoi qu’il ait pu ramasser à terre. Allez à mon tour, alors voilà : deux femmes seules dans un appartement, l’une est retrouvée la tête arrachée et la deuxième étranglée et fourrée dans la cheminée… Très sanglant, je sais, vous avez une idée ? »
-« C’était un gorille… Du moins dans le premier roman d’Edgard Allan Poe ! » Répondit Castle totalement décontracté.
-« Passionnant tout ça ! Au fait Espo, je croyais que tu n’aimais pas la lecture. Sinon, à part ça, vous jouez à quoi là ? »
-« C’est tellement ennuyeux toute cette paperasse !! » râle Rick. « On essaye juste de trouver des histoires plus amusantes. »
-« On aide Castle qui cherche de l’inspiration pour son prochain bouquin. » Taquina Ryan.
-« Super ! Bon allez, au boulot… On devrait avoir vite fini s’y on s’y met à fond »
Les inspecteurs se remirent à la tache et à peine 5 minutes passèrent avant que Beckett ne rompt le silence.
-« C’est important un doudou, hein Castle ? »
Ryan et Espo relevèrent la tête complètement désorientés par cette question sans intérêt alors que Rick affirmait que pour un enfant, c’était probablement la chose la plus importante sur terre.
-« Alors voilà. » s’exclama Beckett tout en continuant à écrire. « Imagine qu’on est en 1997. Alexis n’a donc que 3 ans. Et tu es réveillé à 6h de matin par le hurlement strident de ton adorable petite fille. »
-« Qu’est ce qui se passe ? » demanda l’écrivain tout de suite inquiet pour sa fille. Cette réaction déclencha un petit sourire à Kate qui continua son exposé en le regardant droit dans les yeux.
-« Imagine que ‘Monkey Bonkey’ soit retrouvé décapité. Quelqu’un a osé trancher la gorge de ce vieux singe. Pas une seule goûte de sang et aucune empreinte. Alors, tu as une idée. »
Les deux inspecteurs les regardaient d’un air totalement ahuris.
-« Tu crois qu’elle est sérieuse là ? »
-« J’ignore qui est ce ‘Monsieur Beckett’, mais je trouve qu’il a une drôle influence sur elle. »
-« Tu plaisantes, ce type est un génie. Rien que pour avoir réussi à lui donner un peu d’humour. »
-« Très drôle les gars. Mais vous ne devriez pas le couvrir de tant d’éloges, sa tête va finir par enfler. »
-« Alors il nous entend ?? »
Beckett venait de se piéger elle même sans s’en rendre compte. Et le petit regard rieur que Castle lui adressait voulait juste dire « débrouille toi ma belle. »
-« Oui » reconnut-elle mal à l’aise. « Et d’ailleurs, s’il t’entend encore l’appeler Monsieur Beckett, il te fait une tête au carré. » dit elle en regardant Espo.
-« Il est assez balèze pour faire ça ? »
-« Non. En fait, je suis certaine que tu pourrais l’étaler en moins de 30 secondes. Mais dans ce cas, c’est à moi que tu auras affaire. » Dit-elle avec un petit sourire alors qu’Esposito et Ryan regardaient déjà tout autour d’eux.
-« Bon aller, concentrez-vous. »
-« Sur l’histoire du singe décapité ? »
-« La paperasse Castle ! »
-« Je savais que c’était trop beau. »
Ils se remirent encore une fois au travail, mais cette fois, c’est Ryan qui rompit le silence.
-« Le chien… Ca bouffe tout ces machins là »
-« Mais de quoi tu parles ? »
-« Bah du doudou d’Alexis ! »
-« Castle n’a jamais eu de chien, il a toujours défendu à Alexis d’en avoir un. »
-« La nounou mécontente de son salaire … Je suis certain que Castle n’est pas si généreux que ça. Alors elle s’en vengera en lui prenant ce qu’il a de plus chère, la joie de sa fille. »
-« Très philosophe Espo, tu m’épates… Mais Castle s’est occupé seul de sa fille… D’ailleurs faut bien reconnaître qu’elle a du mérite de s’en être bien sortie tout de même.
-« Merci Kate. Toi aussi tu m’as beaucoup manqué. »
La jeune femme posa sa main sur celle de Rick en lui souriant et demanda encore une fois aux autres de se remettre au travail. Au bout d’une dizaine de minutes, Castle s’exclama tout fier :
-« Je sais ! » Tous le regardèrent surpris. « C’est Teddy ! Ça ne peut être que lui. » Beckett haussa les sourcils pour lui demander plus d’explications.
-« Ce Teddy est vraiment trop jaloux. Je suis certain que c’est lui qui s’est faufilé dans la chambre d’Alexis, qui a tiré sur ‘Monkey Bonkey’ pour le faire venir à lui. Ensuite, avec ses grosses mains, il l’a étranglé sauvagement. Et vu que ce pauvre doudou n’était plus en très bon état, sa tête n’aura pas résisté longtemps. »
-« Et pour les empreintes? » demanda l’enquêtrice.
-« Lanie ne doit pas avoir de bases de données spéciale peluches ! » Se défendit-il.
-« J’ai également dit qu’il n’y avait pas de sang ! »
-« Ca ne saigne pas un doudou ! » répliqua t-il naturellement.
Beckett explosa de rire. Esposito et Ryan se regardèrent en se demandant si Beckett elle aussi avait prit un sévère coup sur la tête et si Castle lui, était totalement remis.
-« Ils ont repassé Toy Story hier à la télé ? » demanda le latino.
-« C’est peut-être contagieux ! 4 ans à travailler ensemble, et voilà le résultat. »
-« Bon les gars, maintenant qu’on a bien rigolé, si on se remettait au travail ! » ordonna Beckett en souriant.
Tous se remirent au travail dans la bonne humeur et lorsque Gates arriva, ils avaient presque tout terminé.
-« Beckett ? Lanie vous attends au ‘Ace Hôtel’ ou peut être préférez vous continuer à remplir ces papiers ? »
-« OK, j’y vais ! » Beckett se leva et se précipita vers l’ascenseur avant que la Capitaine ne change d’avis.
-« Quand à vous » dit la chef en s’adressant aux 3 hommes laissés en plan devant les bureaux. « Finissez cette paperasserie en vitesse avant de donner un coup de main à Beckett.
Chapitre 28
Beckett arriva près de Lanie en très peu de temps.
-« Tu es seule ? Ton petit écrivain ne devait pas revenir aujourd’hui ? »
-« Bonjour Lanie. Rassure-toi, Rick est au bureau en train de terminer la paperasse avec les garçons. Alors, qu’est ce que tu as pour moi ? » Demanda Kate en se penchant déjà au-dessus du corps.
-« Castle fait de la paperasse ? Mon Dieu, tu es sûre qu’il va bien ? »
Kate se contenta de sourire en lui demandant qui était l’homme allongé par terre.
-« Je te présente Jack Khilman. Mais je crois que tu arrives trop tard pour discuter avec lui. »
-« Très drôle ! Tu sais, ce n’est pas parce que Castle n’est pas là pour faire le pitre que tu dois le remplacer ! Qu’est ce que tu as à m’apprendre ? »
-« Il avait 43 ans, en parfaite forme physique et qu'apparemment, quelqu’un l’aurait étranglé entre 22H et 6H ce matin Je pourrais être plus précise et te donner plus de détails après l’autopsie. Mais pour l’instant, je ne saurais pas t’aider plus. »
-« Et tu sais qui l’a découvert ? »
-« Il me semble que c’est le type là-bas, mais tu devrais demander à l’agent qui est arrivé en premier. »
Beckett demanda alors la première impression à l’agent Calter qui était arrivé sur les lieux. Ce dernier lui expliqua que la victime passait la nuit dans cet hôtel car il devait se marier aujourd’hui et que sa future femme voulait respecter la tradition. Il lui indiqua aussi que la personne qui avait découvert le corps était son ami et qu’en tant que témoin, il venait voir s’il était prêt.
Kate se présenta brièvement au jeune homme, encore légèrement sous le choc et lui demanda de lui faire un petit résumé des évènements.
-« On est resté ensemble jusqu’à 23H. Il a voulu qu’on fasse les choses très simplement. Alors avec deux ou trois amis, on s’est contenté de boire quelques verres dans le bar de l’hôtel, on a dragué les serveuses et les clientes qui étaient seules pour s’amuser et quand il en a eu assez, il est monté se coucher.
-« Il a passé sa soirée à draguer? Mais il n’était pas sensé se marier ? »
-« C’était juste pour s’amuser. Quand il est arrivé, il était très énervé, c’était juste une façon de se détendre je suppose. »
-« De se détendre ? » fit Beckett complètement dépassée par ce comportement de macho. « Et sa future femme, vous la connaissez ? »
Ce ‘charmant’ garçon donna à l’inspectrice tous les renseignements qu’elle lui demandait et il put ensuite rentrer chez lui.
Kate téléphona au poste et demanda à Castle de le rejoindre à l’adresse qu’elle lui indiqua. Rick était très probablement ravi d’échapper à la corvée de paperasserie, mais Beckett avait vraiment envie d’avoir son avis sur le comportement très ‘masculin’ de cet homme et en interrogeant sa femme en sa présence, il remarquerait certainement un détail qui lui échapperait, comme souvent.
En arrivant, Rick l’embrassa en la remerciant tout de suite pour l’avoir fait venir. Il n’en pouvait plus d’entendre Espo râler toutes les 5 minutes et Ryan jouer avec son stylo tout en essayant de réfléchir. Kate se contenta de l’embrasser furtivement.
-« Moi aussi j’avais envie d’être avec toi. Mais j’ai besoin de ton aide en fait. »
-« Oh, alors c’est juste pour ça ? »
Kate était amusée de le voir avec cette réaction aussi enfantine et continua comme si de rien n'était.
-« Est-ce que tu t’amuserais à draguer une serveuse si tu étais sur le point de te marier ? »
-« C’est ta façon de me demander en mariage ? »
-« Castle !! » elle le regarda avec son regard noir
-« Ok. Ca dépend. C’est avec toi que je suis sensé me marier ? » Demanda t-il malicieusement.
-« Tu veux bien être sérieux deux minutes ! »
-« Bah, en fait… Je suis sérieux ! Si je devais me marier avec une femme que j’aime pour de vrai, je serais tellement mort de peur que je n’oserais probablement pas sortir de chez moi, je passerais la soirée devant mon miroir à me parler à moi-même. Enfin, je suppose, vu que ça ne m’est jamais arrivé. Par contre, si je n’en avais rien à faire, oui, je sortirais et ferais la fête jusqu’aux petites heures en draguant toutes les jolies filles que je croiserais. »
Beckett leva les yeux au ciel en soupirant. Pour elle, le mariage était une chose sacrée, une marque de confiance mutuelle et d’un engagement sincère et réfléchi. Elle se demandait pourquoi les hommes ne pouvaient pas simplement comprendre et respecter ça.
-« Super. Promets-moi de ne jamais me demander en mariage alors. »
Cette dernière phrase cloua définitivement le bec à Castle et mit donc un terme à la conversation.
Kate laissa Rick au milieu de la pelouse et se dirigeait déjà vers la demeure de la victime. La porte s’ouvra alors que Castle venait à peine de la rejoindre. C’est la belle mère de la victime qui les invita à entrer, leur expliquant que sa fille était dans le salon, complètement anéantie par la nouvelle.
Ils étaient debout dans l’entrée de la pièce principale, et en découvrant la future épouse, ils ne purent s’empêcher de se regarder un peu perplexes. La jeune femme ne devait pas avoir plus 25 ans tout au plus. La femme qui leur avait ouvert la porte expliqua à sa fille que des inspecteurs étaient là pour lui poser quelques questions, mais qu’elle n’était pas obligée d’y répondre.
-« Si maman, je vais aller leur parler. » sanglota-t-elle. Elle se leva et se présenta. « Nicole Scala. Jack et moi devions nous marier aujourd’hui… Ca devait être le plus beau jour notre vie. » Se remit-elle a pleurer.
-« Je vous présente toutes nos condoléances. Si vous désirez, on peut revenir un peu plus tard ? »
-« Non, non. Je vais répondre à vos questions. Ca va aller. » Elle s’essuya les yeux et se rassit à sa place, invitant Kate et Rick à s’asseoir eux aussi.
-« Je suis vraiment désolé de vous infliger ça, mais est ce que vous savez s’il avait des ennuis, quelqu’un avec qui il se serait disputé ? »
-« Non. Je ne vois personne. Tout le monde l’aimait, il était formidable. »
-« Des collègues envieux ou un soucis au travail peut être ? »
-« Il était chirurgien en chef, dans le service de cardiologie. Et les autres médecins avaient l’air de beaucoup l’apprécier, je n’ai jamais rien entendu de particulier au travail. »
-« Ho. Vous êtes médecin aussi ? » demanda Castle.
-« Non, je suis secrétaire médicale, mais notre bureau est situé en plein passage, si quelqu’un avait dit du mal de lui, j’en aurai certainement entendu parler. »
-« Vous comprenez qu’il va falloir qu’on interroge vos amis et vos collègues aussi ? Vous n’avez vraiment rien à nous dire ? »
-« Faites votre travail inspecteur, je n’ai rien à me reprocher. » dit-elle en la regardant dans les yeux.
-« Encore une petite chose. L’ami de votre …compagnon prétend qu’il était en colère quand il est arrivé à leur petite fête. Vous savez ce qui s’est passé ? »
-« C’était de ma faute ! On s’est prit la tête à cause de la couleur des fleurs… Comme si c’était vraiment le plus important !! » Sanglota-t-elle à nouveau. « Mais on a vite trouvé une solution, et le problème était réglé quand il est parti. »
Rick voulu profiter de ce moment de sincérité pour poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu’il avait vu cette femme.
-« Excusez moi, mais… Est-ce que je peux me permettre de vous demander votre âge ? »
-« CASTLE ! » Beckett le fusillait du regard, ce n’était pas vraiment le moment de faire de l’humour ni même de petites allusion déplacées.
-« J’ai 21 ans. Et ne vous en faites pas, j’ai l’habitude de ce genre de réflexions. Jack et moi étions ensemble depuis 4 ans maintenant. Alors on était habitués à ce genre de propos. Mais je l’aimais, et ce n’était pas une question de prestige, ni même de fortune. »
-« Si c’était le cas, vous auriez au moins attendu d’être marié. » répondis t-il ironiquement. « En fait, j’étais juste en train de penser que s’il n’était pas mort, il aurait pu avoir de gros problèmes avec la brigade des mœurs » ajouta t-il a voix basse à l’attention de Beckett.
-« Castle ! » insista Beckett à voix basse, mais néanmoins très fermement.
-« Votre collègue à au moins le mérite de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. »
Castle et Beckett repartirent au bureau en priant pour que les garçons aient fini leur travail et pour pouvoir faire avec eux, le point sur cette nouvelle affaire.
Chapitre 29
Lorsque Rick et Kate arrivèrent au 12th, Esposito et Ryan venaient juste de terminer leur travail et s’accordaient une petite pause bien méritée. Mais à peine eurent ils le temps de boire leur café que déjà Beckett commençait à remplir le tableau de quelques éléments dont ils disposaient. A contre cœur, ils se joignirent donc à eux pour avoir un petit résumé de cette histoire. Après avoir raconté la discussion avec celle qui devait devenir la femme de la victime, Beckett demanda aux garçons de trouver dans quel service il travaillait et d’aller interroger ses collègues ainsi que ceux de sa femme, étant donné qu’ils travaillaient dans le même service, les enquêteurs n’auraient pas trop de mal à trouver des personnes qui les connaissaient suffisamment pour leur apprendre quelques petites choses sur leur façon de vivre. Juste après leur départ, Beckett commença à introduire les demandes pour obtenir les relevés bancaires ainsi que les relevés téléphoniques de la victime, mais aussi de sa très jeune fiancée.
-« Tu crois vraiment qu’elle l’a tué ? » demanda Castle, étonné qu’elle ne l’a pas encore rayée de la liste des suspects. « Tu as trouvé un truc louche à lui reprocher au moins ? »
-« Pas encore. Mais je cherche. »
-« Peut être qu’il n’y a rien de bizarre, peut être qu’elle était vraiment amoureuse de ce type après tout. »
-« Elle avait 22 ans de moins que lui… Rien que ça c’est suspect ! » -« Moi aussi je suis bien plus vieux que toi… Tu pourrais me tuer ? »
-« En y réfléchissant bien… Je me dis que oui ! » Répondit la jeune femme en faisant un énorme effort pour paraitre sérieuse.
-« OK. Je te laisse, je vais chercher un café. » Dit-il peu sûr de lui en s’en allant à reculons. Kate le regarda partir en riant et en se disant que jamais elle ne pourrait imaginer sa vie sans lui.
Rick réapparu 20 minutes plus tard, il était en grande conversation téléphonique avec Alexis qui s’inquiétait que son père se retrouve de nouveau sur le terrain. Pour la rassurer, il dut promettre de ne plus s’éloigner de Kate, de ne plus essayer de sauver qui que ce soit… Bref, de ne plus jouer au héros. Beckett les écoutait en souriant, cette relation que Castle avait avec sa fille était simplement touchante. C’est la sonnerie de son propre portable qui la sortie de ses rêveries.
–« Beckett ! »
-« Salut ma belle. Alors, c’est toujours aussi bien de travailler avec Castle, ou tu l’as déjà expédié voir ailleurs ? »
-« C’est génial. Mais je doute que ce soit simplement pour ça que tu m’appelles. »
-« Les premiers résultats montrent que ton bonhomme était complètement ivre au moment de sa mort, ce qui pourrait expliquer qu’il ne se soit pas trop défendu. J’ai également retrouvé un fil de soie bleu coincé sous son ongle, alors je dirais qu’il a été étranglé avec un tissu de cette matière, je t’envoie tout ça par mail bien sûr. Mais j’avais envie de parler à quelqu’un de bien vivant pour une fois. »
-« Pas de problème Lanie, c’est un plaisir de t’entendre. Si tu as autre chose, n’hésite pas surtout. »
Beckett commença donc à fouiller un peu dans la vie privée de ces braves gens mais rien ne semblait suspect. Les grosses dépenses de ces derniers mois correspondaient pour la plupart aux frais engendrés par le mariage. Et tous leurs appels étaient soit des appels venant de l’hôpital où ils travaillaient ou de membres de la famille et d’amis. Absolument rien d’extraordinaire ni de particulier.
Esposito et Ryan avait passé leur après midi à parler à tout le service de cardiologie que dirigeait le Professeur Jack Khilman et c’est assez joyeux qu’ils rentraient donner leur résultats aux autres membres de l’équipe.
-« Sérieusement, même pas une petite anecdote croustillante ? » Demanda Castle fort déçu.
–« Tu ne devrais pas regarder autant ‘grey's anatomy’. Tu sais, ça leur arrive de bosser de temps en temps » répondit du tac au tac Espo.
-« Bon les gars, quand vous aurez fini de vous moquer, vous nous direz ce que vous appris. » -« Ce bon Dr Khilman était vraisemblablement un bon chef. Même les internes se disaient très contents de pouvoir travailler avec lui. Et il était ami avec chacun des autres médecins sous ses ordres. Je n’ai entendu que des éloges. Il ne se permettait jamais de rabaisser les infirmières ni même les secrétaires. »
-« Sans blague !! Il aurait eu une sacrée scène à la maison si ça avait été le cas » ajouta Rick pour faire le malin.
–« Tu ne crois pas si bien dire mec. En fait, c’est lui qui s’est arrangé pour que sa petite amie ait une place au sein du service. Et ce, malgré des candidates avec bien plus d’expériences. »
-« Très charmant dis donc. »
-« Si ça vous intéresse, les secrétaires elles aussi ont été très bavardes. » fit remarqué le latino qui ne voulait pas que ces recherches soient oubliées.
-« Ah oui. Tu n’as pas fait que draguer alors ? » Fit remarquer l’irlandais à son ami.
-« J’en ai profité pour prendre quelques numéros au passage, et alors, tu es jaloux ? Bon, je disais que ces dames, très charmantes, m’ont gentiment fait remarquer que ce chef de service ne collectionnait pas vraiment les conquêtes, il passait la plus grande partie de son temps au travail. L’une d’entre elles m’a affirmé qu’ils avaient été amants mais qu’elle la quitté après qu’il se soit montré violent envers elle. »
-« Et en quoi est-ce pertinent ? » s’impatientait déjà Beckett qui ne comprenait pas pourquoi ils étaient tout fiers tous les deux.
-« Parce que l’une d’entre elles ne devait pas très apprécier la nouvelle recrue » dit il en parlant de Nicole Scala. « Elle m’a affirmé que cette femme avait une liaison avec l’un des autres chirurgiens du même service et qu’elle les avait même surpris à plusieurs reprises déjà. »
-« Tu vois… Je le savais que les médecins et les infirmières faisait ça à l’hôpital pendant les heures de travail » dit Castle triomphant.
-« Et ce Docteur, vous l’avez interrogé ? Est-ce qu’il a nié les faits ? Vous avez d’autres preuves de ce que vous avancez ? » Les interrogea Kate.
-« On savait que ça t’intéresserait. Alors on te laisse le soin de vérifier les appels de Mademoiselle Scala. »
-« En tout cas, pour le planning, c’était assez clair. A chaque fois que ce Docteur était de garde, elle aussi et son mari lui en repos. C’est clair ça au moins ! » Kate sourit et les félicita pour ce super travail.
-« Et le nom de ce Docteur ? »
-« Davidson » fit Ryan à voix basse et avec la main devant la douche pour espérer qu’elle ne comprenne pas vraiment.
-« Je vous demande pardon ? »
-« Josh Davidson » fit clairement Espo. Kate soupira un grand coup tout en réfléchissant.
-« De tous les médecins de New-York, il fallait vraiment que ça tombe sur lui. OK, ok… Bien, vous avez été le réinterroger ? »
-« Bah ! Vu qu’il nous à menti la première fois, on penserait que tu voudrais t’en charger. » Alors laissez-lui un message suffisamment clair sur son portable pour qu’il comprenne que c’est dans son intérêt de venir nous parler ici.
-« Ici » dirent-ils en cœur.
-« On ne peut pas dire qu’on se soit quittés en bons termes. Si c’est moi qui vais là bas, il ne me prendra pas au sérieux. Alors oui, je vais l’interroger ici ! »
-« Alors tu penses que pour se venger de se faire piquer sa copine, il tue le gentil chef de service. Et au passage, il prendra peut être même sa place » rêvait déjà l’écrivain.
-« Je ne sais pas si c’est lui le meurtrier, mais en tout cas, il nous a caché assez de choses pour paraître suspect.
Chapitre 30
Lorsque le Docteur Josh Davidson arriva dans le service, il fut tout de suite conduit dans la salle d’interrogatoire où il lui fut demandé de patienter jusqu'à l’arrivée du lieutenant Beckett.
Elle le laissa attendre un petit peu et prit le temps de réfléchir à sa manière de l’interroger avant d’entrer. Mais dès que la porte s’ouvrit, il commença son petit jeu.
-« Salut Kate. Si tu tenais tellement à me revoir, tu aurais pu juste m’inviter boire un verre tu sais ! »
Se tête changea du tout au tout en apercevant Castle juste derrière elle.
-« Oh, il est toujours là lui ? »
-« Et oui, il est toujours là lui… Bon et si tu me disais la vérité à propos de cette histoire »
-« C’était mon patron et je l’aimais bien, je ne vois pas ce que tu veux que je te dise de plus ? »
-« Sa femme aussi tu l’aimais bien ? »
-« Serais-tu jalouse ? » elle ferma les yeux une seconde en se disant que cet interrogatoire allait être très pénible. Ensuite, elle le regarda désespérément pour le forcer à continuer.
-« Piquer la copine d’un autre. Ca ne se fait pas tu sais ! » repris Castle.
-« Et c’est lui qui dit ça ? » s’offusqua Josh. Il le regarda alors pour vraiment s’adresser à lui. « Moi au moins, je vais jusqu’au bout, je ne me contente pas d’un baiser dans une ruelle en prétextant être ‘sous couverture’. »
De l’autre côté du miroir, Espo et Ryan, qui n’auraient voulu manquer ça pour rien au monde se regardaient à la fois surpris et amusés.
-« Amène la monnaie mec, j’ai gagné : Il s’est bel et bien passé un truc entre eux ! » Sourit Ryan.
-« Même pas en rêve. Un baiser, ce n’est pas vraiment pareil qu’une histoire qui a mal fini. Alors tu peux toujours courir » se défendit le latino.
Dans la salle d’interrogatoire, Rick était bien décidé à ne pas se laisser faire pour autant.
-« J’aurais volontiers été plus loin si… »
-« Castle ! » l’interrompit Kate. « Alors, vous étiez ensemble ou pas ? »
-« Oui, je couchais avec elle. Et alors ? Tu crois que j’ai tué Jack pour ça ? »
-« Il allait se marier avec elle. Peut être qu’elle voulait te quitter ? »
-« Elle n’allait pas me quitter. Elle aimait peut-être Jack, mais il ne la satisfaisait pas au lit. Et moi, ça me suffisait. »
-« On a entendu dire qu’il s’était déjà montré violent envers l’une de ses ex, était-ce le cas avec Mademoiselle Scala ? »
-« Non, je ne peux pas penser ça. Il était toujours très galant avec les femmes. Je ne peux pas penser qu’il puisse être capable d’une telle chose ! »
-« Alors tu n’as jamais remarqué de bleus ni de traces de coups sur son corps ? » demanda Castle pour rappeler qu’il était là.
Josh se tourna vers Kate et sous l’emprise de la surprise, il haussa le ton de la voix.
-« Non… Alors tu m’as largué pour ce clown il y a un an et demi et tu n’as jamais couché avec lui ? »
Alors que Beckett était de plus en plus gênée et désespérée, Castle en eut le souffle coupé. Quant à Esposito et Ryan, de l’autre côté du miroir sans teint, ce fut une superbe révélation.
-« Je ne vois pas en quoi ce que je viens de dire prouve qu’on n’a jamais couché ensemble ? » ronchonna l’écrivain.
-« Parce que si c’était le cas, tu saurais qu’il est possible de coucher avec une femme sans même voir son corps dénudé » réplique le médecin très fier de sa remarque.
Beckett vint au secours de Castle qui avait du mal à respirer, rien que d’imaginer Kate avec ce type.
-« Respire Castle ! Ça veut juste dire qu’il est du genre pressé. Et pas uniquement pour les préliminaires d’ailleurs ! » Rétorqua-t-elle avec un grand sourire. « Alors ? Il était comment avec elle ? »
-«Il était adorable. Il la couvrait de cadeaux et de fleurs… Est-ce le comportement d’un type qui bat sa femme ? »
-« En fait… Oui » répliqua l’écrivain avant même que Kate n’ajoute quoi que ce soit.
Josh approcha alors sa tête de Castle et lui fit signe d’approcher lui aussi, comme s’il avait un terrible secret à lui dire. Mais étant donné que du coup ils étaient encore plus proches de Beckett, c’était certain que ça ne devait pas être un truc sérieux.
-« Ne lui offre jamais de peluche, elle a horreur de ça ! Et évite les chocolats aussi, elle fait trop attention à sa ligne ! »
-« Ok Castle ! Tu sors… »
-« C’est lui qui fait l’andouille et c’est moi qui doit sortir ? »
-« DEHORS » ordonna t elle.
Ils attendirent qu’il sorte pour terminer l’interrogatoire.
-« Pourquoi tu l’as fait sortir ? On s’amusait bien. Tu avais peut-être peur que j’en dise trop. Que je lui dise qu’après ce baiser je n’ai pas eu le droit de te toucher pendant plus de deux jours… J’aurais aussi pu lui raconter la fois où tu as hurlé son nom alors qu’on faisait l’amour ! Sérieusement Kate ! Qu’est ce qu’il a de plus que moi ? »
-« Etant donné que tu ne penses qu’au sex, je dirais la taille et l’endurance. Mais peut-être que je bluffe, qui sait ? »
Dans la pièce d’à côté, les garçons tombèrent des nues en entendant Beckett parler de cette manière. Ryan tendit les mains vers son coéquipier qui lui remit un billet de 50 $.
-« Je savais qu’il s’était passé un truc entre eux. Et ça explique la dispute et l’énorme froid qu’il y a eu entre eux il y a quelques mois. Elle lui a donné sa chance et l’a déjà laissé tombé. J’suis l’plus fort. »
-« Comment ils ont fait pour surmonter ça ? Avec Lanie, c’est la guerre à chaque fois qu’on se croise. »Soupira l’inspecteur.
-« Bah… Tout compte fait, ils sont peut-être moins gamins que toi et Lanie ! »Se moqua Ryan.
Dans la salle d’interrogatoire, l’affrontement était presque terminé.
-« Très dôle. Tu sais, il n’y a plus personne pour t’écouter démonter ma vie privée, alors tu peux arrêter ton cinéma et répondre à mes questions maintenant ! »
-« Bien, puisqu’on est rien que tout les deux… Dis-moi ce que tu veux ? »
-« Est ce que tu étais amoureux de sa femme où est ce que ce n’était que pour le sex ? »
-« J’était fou amoureux d’elle. Mais elle n’en avait que pour Jack. C’est lui qu’elle aimait, malgré l’énorme différence d’âge. Je tombe toujours sur les femmes qui préfèrent les hommes plus vieux, je dois être maudit… » Dit-il en souriant légèrement.
-« Est-ce qu’il la battait ?… Elle avait des marques sur le corps ? »
Il réfléchit à sa manière de répondre mais il se tenait la tête entre les mains, n’en revenant probablement pas d’être passé a côté de ça.
-« La première fois que j’ai vu un bleu sur sa cuisse, elle m’a prétendu s’être cognée contre une table. »
-« Il y a eu d’autres fois ? » demanda-t-elle tristement.
-« Une fois je l’ai vu avec des bleus sur le ventre et le dos… Elle a prétexté être tombée dans les escaliers. » En s’apercevant de ce qu’il était en train de raconter, il en avait les larmes aux yeux… Mais comment j’ai fait pour passer a côté de ça moi !! »
-« En général, les femmes ne crient pas ce genre de choses sur les toits. Elles se sentent souvent fautives et prennent tout sur elles. » Essaya-t-elle de le réconforter. « Merci de ta coopération, tu es libre de t’en aller si tu veux. » dit-elle en se dirigeant vers la porte.
-« J’avais peut être le droit de t’embrasser et de coucher avec toi, mais je savais depuis le début que je n’avais aucune chance face à lui. Mais vu comment tu lui parlais, j’imagine que c’est déjà fini entre vous. Donc je pourrais retenter ma chance ? » Il sortit en lui faisant un petit clin d’œil.
Kate sortit derrière lui et au moment où elle refermait la porte, elle se trouva nez à nez avec Esposito et Ryan qui sortaient de la pièce d’où ils l’observaient. Kate rougit voyant leur mines plus que ravies et se rendit compte qu’ils étaient probablement là depuis un bout de temps déjà.
-« Alors comme ça vous vous êtes embrassé dans une ruelle ? »
-« C’était pour vous sauver la vie, bande d’idiots ! »
-« Ah… Et c’est aussi pour nous sauver la vie que tu te trompes de prénom en faisant l’amour ? » Kate eut effectivement la confirmation qu’ils en avaient bien trop entendu mais n’eut pas le temps de répondre que déjà Ryan en rajoutait une couche.
-« Tu crois que ‘Monsieur Beckett’ aime se faire appeler Castle ? »
-« Peut être qu’il s’appelle Rick. Elle les choisit peut être en fonction du prénom pour éviter de genre de méprises. » Les garçons étaient mort de rire et voyant Kate aussi gênée.
-« OK. C’est arrivé… une seule fois ! » Fut-elle bien obligée de reconnaitre. Ensuite elle s’approcha et les fusilla du regard en les pointant du doigt. « Si Castle apprend ça, je vous jure que je vous tue ! »