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Série : Castle
Création : 26.05.2012 à 20h38
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Pas de bébé après une seule nuit. A vous de découvrir la signification du titre. Histoire juste impossible a résumer en 200 mots! » judy1
Cette fanfic compte déjà 72 paragraphes
Chapitre 42
Beckett passa beaucoup de temps à tout inscrire sur son tableau, pas qu’elle ait vraiment beaucoup de choses intéressantes et importantes à y mettre. Mais en fait, elle n’avait pas du tout envie de bosser. Ca ne lui ressemblait pas du tout, et sur le coup, elle se disait que c’était probablement dû au fait d’avoir été réveillée à 4 heures et demi du matin par Lanie qui lui demandait déjà de se dépêcher car elle mourait de froid.
Pendant que les garçons étaient partis faire le tour du quartier de plein jour et essayer de trouver les raisons des balades nocturnes de ce Max Wails, Beckett elle essayait de trouver un sens à toute cette histoire. Elle se mit face au tableau et commença à réfléchir à haute voix pour inviter Castle à la rejoindre.
-« Donc ce type était de train de mourir et ne voulait pas que sa famille le sache. »
-« Il était préoccupé, mais non pas par son travail, par sa santé en fait. Mais pourquoi avoir envie de vendre sa part de la petite entreprise ? »
-« Il savait qu’il allait mourir, il voulait probablement récupérer son investissement pour que sa femme et ses enfants puissent avoir une petite réserve d’argent. Ca, ça me parait plutôt logique en fait. Ce que je ne comprends pas, c’est où pouvait-il bien passer tout son temps ? Les médecins ont bien dit qu’il refusait de continuer ses traitements, alors où allait-il et à quoi pouvait-il bien occuper toutes ses journées ? »
-« Quand est-ce que le Professeur Lozet nous a donné rendez-vous ? » demanda Castle.
-« Dans 3 heures. Mais je ne me fais pas d’illusion, il va probablement se planquer derrière des termes médicaux bien complexes ou invoquer le secret médical et au final, on n’apprendra pas grand chose. Comme à chaque fois avec ces gens là ! »
-« Alors pourquoi avoir demandé à Espo de nous avoir un rendez-vous avec lui ? »
-« Parce que c’est la seule personne qui peut nous dire où il en était exactement dans sa maladie. Puis avec un peu de chance, je me trompe et peut-être qu'on va en apprendre un peu plus. On peut toujours rêver, et vu que de toute façon on n’a aucune autre piste, autant faire ça, c’est toujours mieux que rien. »
Décidément, Rick avait bien du mal à reconnaitre Kate au travers de ces mots. Elle devait vraiment être totalement épuisée pour se laisser démoraliser à ce point là. Elle qui d’ordinaire ne reculait devant aucune difficulté et qui ne se laissait pas abattre, que pouvait-il bien lui arriver tout d’un coup ? Il jeta un rapide coup d’œil aux alentours pour être certain que Gates ne soit pas dans les parages, et quand il fut sûr de lui, il passa doucement son bras autour de sa taille et l’embrassa discrètement dans les cheveux. Surprise pas cette attitude, Beckett lui fit face aussitôt et le regarda sans trop comprendre ce qui se passait.
-« Je t’aime » murmura t’il avec un énorme sourire. « Et je suis sûr qu’on trouvera la solution. » Castle sursauta et s’éloigna de deux pas lorsque le téléphone de Beckett sonna. Cette réaction fit rire Beckett bien malgré elle. Ce petit instant de douceur venait de lui faire un bien fou. Jamais elle n’aurait pensé en avoir autant besoin de ses bras.
-« Beckett » répondit-elle sans enthousiasme
--« Salut ma belle, je te dérange peut être ? »
-« Mais non Lanie, tu ne me déranges jamais tu sais bien. »
-« Je n’ai pas encore tout terminé, mais tu pourrais me rejoindre. J’ai des résultats assez surprenants pour toi. »
-« Bien-sûr, on arrive. »
Beckett et Castle laissèrent donc leurs réflexions de côté pour se rendre à la morgue. Kate ne dit pas grand-chose durant tout le trajet, et Rick ne pouvait s’empêcher de la regarder en se demandant ce qui pouvait bien la tracasser à ce point là.
Ils arrivèrent très rapidement près de Lanie et la légiste commença tout de suite à leur expliquer ce qu’elle avait découvert d’aussi étrange.
-« Ce type souffrait d’un cancer généralisé. Il en était à un stade déjà fort avancé. Le pauvre homme ne lui restait plus que quelques mois à vivre. »
-« Alors en fait, son assassin n’a fait qu’abréger ses souffrances » Cette réflexion aurait pu être tout à fait anodine venant de Castle, mais ces mots prononcés par Beckett firent relever instinctivement la tête de Lanie qui se mit à la dévisager. La légiste se tourna ensuite vers Castle et le questionna du regard pour savoir ce qu’il lui arrivait. L’auteur haussa les épaules et lui fit signe qu’il n’en avait pas la moindre idée.
-« Heu…. Oui, on peut dire ça ! » Rétorqua Lanie pour ne pas mettre Kate mal à l’aise. « En tout cas, c’est sûr qu’il devait beaucoup souffrir. Les douleurs devaient être atroces car il n’y a aucune trace d'antidouleurs ni d’un quelconque produit médical dans son organisme. »
-« Qu’est ce qu’il y a de si extraordinaire alors ? » demanda Castle pour faire avancer un peu les choses. Lanie étant toujours en train d’observer son amie en cherchant de petits indices expliquant son manque d’intérêt.
-« Ah. Oui, donc je disais qu’il n’y avait aucune trace de médicaments. Par contre la concentration de cocaïne était très impressionnante. Il était en train de faire une overdose, il n’avait aucune chance de s’en sortir. La concentration était si importante que son cœur n’aurait pas résisté très longtemps vu l’état dans lequel il était. »
-« Mais de quoi est-il mort au juste ? D’une overdose, à cause d’une flèche ou à cause du cancer ? » Demanda Beckett qui n’y comprenait vraiment plus rien.
-« A cause des 3 en fait. Le cancer l’aurait emporté dans 3 mois tout au plus. D’après l’état de ses organes, il n’aurait pas pu survivre plus longtemps. En tout cas, tout son organisme était en piteux état, ce qui explique que son cœur n’aurait pas résisté à cette dose de cocaïne. Mais en définitif, c’est la flèche qui a réussi à passer entre deux côtes et a perforé le poumon gauche qui aura abrégé ses souffrances. »
-« Donc le meurtrier est bel et bien celui qui a tiré les flèches » demanda Beckett pour être certaine d’avoir au moins compris quelque chose.
-« Oui, en résumé, c’est ça. Tu es sûre que tu vas bien toi ? » Demanda la légiste à son amie. « Je te trouve vraiment bizarre aujourd’hui ! »
-« Oh oui…Ne t’inquiète pas ! Tout va bien, je suis juste un peu fatiguée je pense ! »
-« Bah vous devriez peut être penser à vous reposer de temps en temps » dit-elle avec un regard moqueur. « Vous savez, la nuit, vous pouvez dormir aussi ! » dit-elle en riant.
Kate se mit à sourire et Castle ne dit rien non plus pour la contrarier.
-« C’est gentil de t’inquiéter, mais tout va bien, je t’assure. »
Lanie laissa partir Kate en premier comme à son habitude et retient Castle par le bras pour le retenir un instant.
-« Tu es sûr qu’elle va bien ? » s’inquiéta-t-elle à nouveau.
-« Elle était en pleine forme ce matin, et depuis quelques heures elle a l’air totalement à côté de la plaque. Je ne comprends pas trop ce qui se passe, mais j’espère que ça va vite lui passer. »
-« Castle ? Je te rappelle qu’un certain professeur Lozet va finir par nous attendre si tu continues à papoter dans mon dos avec Lanie! » Dit Kate en se contentant de passer la tête par la porte.
-« Je devrais y aller, sinon, je vais encore me faire tirer les oreilles » répondit-il avec un petit sourire.
Rick repartit alors vers Kate en se disant qu’il n’était pas totalement fou : il y avait bel et bien un truc qui clochait chez Beckett. Il se disait qu’il allait devoir la surveiller de très près et vérifier davantage qu’elle se repose au lieu de passer autant de temps à relire ses notes et à travailler aussi tard le soir.
Chapitre 43
Une fois dans le service d’oncologie, Beckett se présenta rapidement à la secrétaire qui lui demanda de patienter sur l’une des chaises de la salle d’attente.
-« Tu vois ! J’aurais pu continuer à discuter avec Lanie. On est quand même obligé d’attendre. » Râla Rick.
-« C’est juste parce que je n’aime pas que vous parliez dans mon dos » dit Kate en le regardant du coin de l’œil.
-« On ne disait rien de mal. Elle s’inquiétait juste pour toi. Admet que tu n’es pas très en forme pour l’instant ! »
-« Probablement parce que je suis réveillée depuis 4h du matin et que des fois, j’aimerais bien me reposer une peu. Je vais bien, je t’assure. »
-« Si quelque chose te tracassait, tu me le dirais…Hein ? Tu sais que je suis là ? »
Kate lui fit un sourire et posa sa main sur la sienne.
-« Rick, on est ensemble depuis 7 mois. Je sais que je peux te faire confiance. Je t’assure que tout va bien. Et moi aussi je t’aime » dit-elle avec un sourire pour le rassurer.
Il fallut 20 minutes pour que ce professeur se décide à les faire entrer dans son cabinet.
-« Lieutenant…c’est bien ça ? Je suis assez pressé aujourd’hui. De plus je ne vois pas vraiment ce que je peux faire pour vous ! C’est bien de Max Wails dont vous voulez me parler n’est ce pas ?»
-« Oui, Monsieur, c’est bien de Max Wails dont il s’agit ! »
-« Sa femme nous a appelé ce matin pour nous avertir. C’est vraiment une terrible nouvelle ! »
-« Pourquoi vous a-t-elle appelé ? Elle savait que son mari était sur le point de mourir ? »Demanda Castle surpris.
-« Non, je ne crois pas. Monsieur Wails m’avait dit qu’il ne voulait être un poids pour eux et qu’il ne comptait rien leur dire. Donc je suppose qu’elle pensait qu’il venait toujours 1 fois par mois comme c’était le cas avant sa rechute. Mais je ne vois vraiment pas en quoi tout cela peut vous aider ? »
-« J’enquête sur un homicide Monsieur Lozet. Et tout ce que je peux apprendre sur la victime a son importance. Alors vous pouvez peut être commencer par me dire depuis combien de temps était-il souffrant et quand exactement a-t-il arrêté son traitement. » Ce genre de comportement agaçait Beckett au plus haut point. Elle avait horreur qu’on lui dise ce qu’elle devait faire et ce qui était important ou non.
-« Monsieur Wails avait fait une rechute il y a deux mois environ. Son état s’était dégradé à une vitesse incroyable. Il n’y avait plus rien à faire pour l’aider. La seule chose qu’on pouvait faire, c’était lui donner de grosses doses de morphine pour lui éviter de trop souffrir. Mais il a refusé. Il ne voulait pas passer ses derniers instants allongé sur un lit et dépendant des médecins et des infirmières. »
-« Alors vous n’avez rien fait pour le soulager ? »
-« Il était dans un stade terminal. Et tout ce qu’on pouvait faire pour le soulager nécessitait un minimum d’hospitalisation. Chose qu’il refusait complètement. Donc non, nous ne pouvions rien pour lui. »
-« Vous l’avez laissé souffrir ? Mais c’est inhumain » constata Castle avec une pointe de dégoût.
-« Nous ne courons pas après les patients Monsieur ! Puisqu’il refusait les traitements, on ne pouvait rien pour lui. Je suis désolé que ça puisse vous paraitre insensible, mais c’est la politique de notre service. Dans ce genre de maladie, la volonté est aussi importante que tous les médicaments. Sans volonté, ça ne sert à rien de se battre. »
Beckett et Castle se regardaient surpris par ce manque de compréhension et d’empathie. Chose assez surprenante venant d’un médecin. Son « bip » sonna. Il s’excusa disant qu’une urgence l’appelait ailleurs. Il les pria de sortir en leur expliquant que l’entretient était terminé et qu’il n’avait rien d’autre à leur dire.
Kate et Rick se retrouvèrent dans la salle d’attente, complètement abasourdis par ce qui venait de se passer. Ils mirent tous les deux quelques minutes à réaliser que ce médecin devait être complètement blasé par son job.
Ils étaient sur le point de repartir lorsqu’une infirmière les rattrapa.
-« C’est vrai ce qu’on raconte ? Ce Pauvre Max, il est vraiment… ? »
-« Oui madame, il est mort. Vous le connaissiez bien ? » Demanda Beckett.
Puisqu’il ne venait pas se faire soigner, comment se faisait il qu’une infirmière le connaisse aussi bien.
-« Aujourd’hui, je suis dans ce service pour donner un coup de main. Mais d’ordinaire, je travaille dans le service d’oncologie pédiatrique. Et oui, je connaissais très bien Max Wails, car il venait presque tous les jours pour distraire les enfants malades. »
-« Pardon ? » insista Beckett
-« Oui. Il passait ses journées à lire des histoires ou aider les enfants à fabriquer de petits bricolages, juste pour les distraire un peu. Il avait énormément de patience, et les enfants l’adoraient tous. C’est vraiment terrible ce qui lui est arrivé. »
-« Alors il ne voulait pas rester à l’hôpital pour se faire soigner mais il y passait ses journées à distraire les enfants malades ? » essaya de comprendre Castle.
-« Et ça faisait longtemps qu’il s’occupait des enfants ? »
-« Je dirais à peu près 3 ou 4 semaines. Il disait que puisque les médecins ne pouvaient pas le sauver, ça ne servait à rien de s’acharner. Mais il voulait partir en sachant qu’il avait fait du bien autour de lui. Il ne voulait pas que sa famille s’apitoie sur son sort. Il ne voulait pas non plus que ceux qui avaient une chance de guérir baissent les bras. Et je pense que c’est pour cette raison qu’il passait toutes ses journées avec les enfants. Ils sont bien plus forts et bien plus raisonnables que certains adultes vous savez. Et je pense qu’au final ça lui faisait autant de bien à lui qu’à eux. »
-« Mais il devait souffrir atrocement » demanda Castle.
-« Il refusait d’en parler, mais oui. Je pense qu’il devait vraiment souffrir le martyre. Mais il gardait tout pour lui et ne se plaignait jamais. »
-« Alors il ne lui est jamais arrivé de vous demander des antidouleurs ou d’autres moyens moins…Médicaux pour soulager la douleur? »
-« A quoi pensez-vous exactement ? » demanda l’infirmière en ayant peur de comprendre ce à quoi l’inspectrice faisait allusion.
-« Notre légiste a découvert une dose importante de cocaïne dans son organisme. Est-ce que vous pensez qu’il y avait souvent recourt? »
-« Non… »Dit-elle complètement abasourdie par cette nouvelle. « Enfin, ça expliquerait qu’il ne se soit jamais plaint… Mais je n’ai jamais remarqué de signes montrant qu’il se droguait. Alors je ne peux pas penser que c’était une habitude pour lui. Il y avait peut être recourt depuis très peu de temps ou seulement occasionnellement. Je ne saurais pas vous dire. »
-« Merci beaucoup Madame, vous nous avez bien aidé en fait. »
-« Si j’ai pu vous aider, j’en suis ravie. J’espère que vous trouverez ce qui s'est passé, c’était un homme bien et il ne méritait pas une telle chose. »
L’infirmière repartit faire son travail et les choses devenaient un peu plus claires tout d’un coup. Max Wails passait ses journées à l’hôpital, mais pas pour s’y faire soigner, pour aider les enfants malades à retrouver un peu de bonheur.
Kate et Rick décidèrent de rentrer au poste pour retrouver Esposito et Ryan et faire le point sur tout ce qu’ils savaient. Et décider de la suite des événements en fonction des découvertes.
Chapitre 44
En rentrant au poste, Beckett remarqua qu'Espo était plutôt grognon et visiblement très agacé alors que Ryan semblait bien plus détendu et presque joyeux.
-« On peut savoir ce qui se passe ? » leur demanda-t-elle.
-« On n’était bien sensé aller visiter cette maison abandonnée n’est-ce-pas ? » dit Ryan en essayant de ne pas rire.
-« Ne te marre pas mec. C’est pas drôle » râla le latino.
-« Si vous me disiez ce qui s'est passé au lieu de vous chamailler comme des gamins »
-« Bah voilà : on était devant la maison, et on regardait par la fenêtre. On allait faire le tour de la maison pour essayer de trouver un moyen d’entrer…Et c’est là que cette folle est apparue et nous à ordonner de déguerpir en nous menaçant d’appeler la police. »
Kate et Rick explosèrent de rire devant la tête d’Espo qui ne parlait déjà plus que de racisme et de préjugés envers les latinos.
-« Tu ne lui as pas dit que c’était toi la police ? » dit Castle en essayant de se ressaisir.
-« Si, mais elle n’a rien voulu savoir. Elle nous a chassés à coups de bâtons en nous traitant de petits voyous. » continuait Espo.
-« Je lui ai montré ma plaque, elle m’a dit qu’elle était certainement fausse et que j’étais bien trop maigrichon pour faire partie de la police » expliqua Ryan.
Cette dernière phrase acheva Beckett qui n’arrivait pas à reprendre son sérieux.
-« Désolée les gars…. » dit Kate en continuant de rire. « Mais je vous assure que vous êtes incroyables. Bon. Et a après ça, vous avez appris des choses importantes ou vous vous êtes fait virer comme ça toute la journée ? »
-« C’est ça fous toi de nous ! Tu te rends compte qu’on a du partir pour ne pas qu’elle continue à nous hurler dessus? C’était qu’une pauvre vieille femme, on n’allait pas la coffrer quand même ! »
-« Non mais sérieusement, vous avez appris des choses intéressantes ou non ? » dit Beckett toujours en rigolant.
-« D’autres voisins qui avaient assisté à la scène nous ont dit que cette femme n'avait plus toute sa tête et qu'il ne fallait pas lui en vouloir. Et grâce à eux, on a appris que les gens qui habitaient là sont morts depuis 5 ans. Leurs fils ne s’est jamais intéressé à cette vieille maison et comme il n’arrivait pas à la vendre et que les travaux à faire était trop importants, il l’a laissée comme ça. »
-« Bon Espo, essaye de trouver le nom de cet homme et contacte le pour qu’on puisse avoir accès à cette maison. Je veux savoir si c’est là que se rendait Max Wails. »
-« Je n’ai pas besoin de fouiller pour trouver le nom, il était sur la boîte aux lettres. Et les voisins nous ont parlé du fils en utilisant son prénom. Alors ces recherches ne devraient pas prendre trop de temps. » Dit-il en regardant les notes prises plus tôt dans la journée.
-« En fait » interrompit Ryan. « On est à peu près sûrs que c’est bien de là qu’il venait. Les autres voisins en question nous ont dit qu’il y avait deux personnes qui trainaient de temps en temps le soir. Et c’est le seul endroit où l’on peut se cacher dans tous les environs. »
-« Peut être que ce sont eux qui ont fournit la drogue ! Mais pourquoi la vieille dame ne les a pas chassé eux? » s’interrogea Castle.
-« Bah je suppose qu’à cette heure là, elle doit dormir ! » Râla Espo.
-« Par contre, on ne sait pas ce qu’il faisait de ses journées. Visiblement il partait de chez lui aux environs de 8 H et ne revenait que le soir, parfois très tard même. Et je n’ai rien trouvé dans ses appels téléphoniques ni dans ses relevés de compte qui puissent nous donner un indice. »
-« Ho... On a trouvé une personne qui nous a renseigné sur ça ! » Expliqua Beckett « Une infirmière affirme qu’il passait ses journées à divertir les enfants malades du service d’oncologie pédiatrique. Elle a affirmé qu’il s’y rendait presque tous les jours depuis au moins 3 semaines. Ce qui correspond tout à fait à ce que son frère nous a expliqué. On peut toujours demander aux infirmières pour en être certains, mais je dirais qu'il devait aussi y passer ses soirées. »
-« Je trouve quand même assez surprenant qu’un type qui ne veuille pas se faire soigner passe tout de même ses journées à l’hôpital. » Rick ne comprenait toujours pas la logique de cet homme.
-« Je crois qu’il n’y a pas grand-chose à comprendre Castle. Cet homme essayait de faire quelque chose d’utile de ses derniers jours. C’est plutôt admirable je trouve. Ce que j’ai du mal à comprendre, c’est pourquoi ne pas avouer à sa femme qu’il était malade à ce point là. »
-« Si tu étais sur le point de mourir, tu aimerais que ton ‘monsieur Beckett’ passe tout son temps à te surveiller et à s’inquiéter pour rien ! » dit Ryan pour l’aider à trouver ça plus normal.
Beckett n’eut même pas besoin de réfléchir pour répondre à cette question.
-« Non… Il s’inquiète déjà bien assez comme ça je trouve ! » Dit-elle en levant les yeux au ciel.
Pendant le petit récapitulatif, Espo avait suivi les ordres de Beckett à la lettre. Il avait déjà réussi à contacter le propriétaire de la maison et avait déjà convenu avec lui de se retrouver le lendemain dans la matinée pour inspecter les lieux en sa présence.
- « Bon, puisqu'on a rien de plus pour l'instant, je propose qu'on rentre chez nous pour nous reposer. » Suggéra Beckett.
- « T'es sérieuse là? Il est à peine 16H » fit remarquer Ryan.
- « Je ne sais pas si tu te souviens, mais on est en service depuis 5H du matin. Soit presque 12 H que nous sommes au travail. Alors tu fais autant d'heures que tu veux, mais moi, je rentre chez moi! »
- « Tu ne vas pas rejoindre ton amoureux secret? Ho, mais peut être qu'il travaille lui... » Taquina Espo soudain très heureux rien qu'à l'idée de rentrer chez lui.
- « Je suis vraiment fatiguée. Alors oui, je vais vraiment rentrer chez moi. »
Alors qu'ils étaient tous sur le point de partir, Espo avait envie de faire une dernière remarque, puisqu'ils étaient en train de parler de la vie privée de Beckett et qu'il adorait la voir rougir, il n'allait pas se priver.
- « Tu ne nous as jamais raconté comment s'était passée la soirée entre Papa Beckett et ‘Monsieur Beckett’? »
- « Rassure toi Espo, ils ont survécu tous les deux ! » dit-elle avec un petit sourire. « En fait, on s'est même bien amusés » elle jeta un regard discret à Castle qui tout d'un coup fit une drôle de tête. « Enfin, peut être pas lui! » ajouta-t-elle en riant tout en effleurant discrètement la main de Rick.
Kate rentra donc bien sagement chez elle et essaya de se détendre dans un bon bain. Pour une fois qu’elle rentrait tôt, elle n’allait pas se priver d’une petite soirée chez elle bien au calme. Mais il était à peine 20H qu’elle tournait en rond chez elle. Elle était épuisée et aurait aimé pouvoir s’allonger sur son lit et s’endormir jusqu’au lendemain, mais il lui était impossible de trouver le sommeil. Elle se dit donc qu’avec un peu de chance, elle pourrait se rendre chez Rick, il était fort peu probable qu’il dorme à cette heure-la.
En arrivant devant le loft, elle sonna à la porte et se sentait vraiment honteuse d’arriver chez lui comme ça. C’est vrai qu’ils étaient ensemble depuis plusieurs mois déjà, mais elle avait toujours bien du mal à se dire qu’elle n’avait pas besoin d’invitation pour se rendre chez lui.
-« Kate ? Tout va bien ? » Demanda Rick à la fois inquiet et surpris de la voir.
-« Oui, j’ai juste du mal à trouver le sommeil. Mais je te dérange peut être. »
-« Non mais tu plaisantes? » dit-il en la prenant dans ses bras. « Tu ne me dérangeras jamais voyons. Entre ! »
-« Tu es seul ? Où sont Martha et Alexis ? » Dit-elle en constatant que l’appartement semblait bien calme et désert.
-« Ben tu sais, Alexis est en pleine préparation d’examens. Ce qui fait que je la vois encore moins en ce moment. Quant à Mère, bah je suppose qu’elle est à son théâtre ou à un rendez-vous galant. Je dois dire que je n’ai pas très bien écouté. »
Cette remarque fit sourire Kate. Elle savait très bien que Rick adorait sa mère et ce petit jeu entre eux était vraiment très drôle.
Rick prit d’emblée l’initiative de servir deux verres de vins et de les poser au salon, de mettre à la télé un film qu’il savait que Kate apprécierait et s’installa sur le canapé en invitant la jeune femme à le rejoindre.
Kate ne but que la moitié de son verre et ne vu que la première demi-heure du film, car à peine fut-elle installée confortablement dans les bras de l’homme qu’elle aimait, qu’elle ne mit pas longtemps à se laisser emporter au pays des rêves.
Lorsqu’il s’en aperçut, Rick la souleva délicatement et la porta jusqu’au lit où il s’allongea lui aussi après s’être mis en pyjama.
Chapitre 45
Beckett se réveilla en pleine forme le lendemain matin. Et après un petit déjeuner préparé comme à son habitude par Rick, ils partirent ensemble au 12th. Ils passèrent tout le temps à discuter, si bien que lorsqu’ils arrivèrent face à Espo et Ryan, surpris de les voir arriver ensemble, ils durent faire preuve d’un peu d’imagination pour s’expliquer.
-« Dites donc ! Vous arrivez ensemble vous deux maintenant ?» Demanda Espo.
Kate et Rick se regardèrent quelques secondes avant de trouver une excuse qui tienne la route.
-« Heu… On s’est croisés à l’entrée ! » Trouva Castle.
-« On n’allait pas s’ignorer tout de même, ça aurait été stupide. » Ajouta Kate.
-« Mouais… » Dit Espo visiblement suspicieux.
-« Vous savez si on ne vous connaissait pas, on pourrait presque penser que vous êtes ensemble ! » Dit Ryan pour faire le malin.
-« Bah heureusement que vous nous connaissez bien alors » Répondit Castle du tac au tac.
Ce qui fit sourire Kate qui était visiblement de bonne humeur aujourd’hui.
-« Qu’est ce que j’ai dit ? » Demanda Ryan, surpris de la réaction de Kate.
-« Rien ! Et sinon, vous avez des nouvelles de ce type… heu… le propriétaire de la maison. Comment s’appelle-t-il déjà ? » Dit Beckett pour changer de sujet.
-« Avoues que tu n’étais pas dans tes baskets hier, tu n’as rien demandé ! » Dit Espo en riant. « C’est Harry Kroft. »
-« Bon, et vous avez trouvé quelque chose sur ce Harry Kroft ? »
-« On espérait bien que tu sois redevenue toi-même ce matin, alors oui, on a bossé un peu en vous attendant. » Dit Ryan ironiquement. « Ce Harry est âgé de 27 ans, il vit actuellement à l’autre bout de la ville. Il étudiait à Julliard School, il y a encore 5 ans. Mais après la mort de ses parents, il a arrêté ses études et a commencé à enchaîner les petits boulots. Rien de bien particulier à signaler. »
-« Merci Ryan. Esposito ? Est-ce que tu sais ce qui est arrivé aux parents Kroft ? »
-« La mère est morte dans un accident de la route, rien de suspect. Et son mari s’est littéralement laissé mourir après la mort de sa femme, il n’a survécu que 6 mois après son épouse. »
-« Très bien. On devrait peut-être y aller. Si on se fait attendre, il risque de penser que c’était un canular. »
Lorsque Beckett et son équipe arrivèrent sur place, le jeune propriétaire y était déjà et discutait avec la voisine qui avait chassé les deux policiers la veille. Kate s’approcha d’eux et les interrompit pour se présenter brièvement.
-« Monsieur Kroft ? Je suis le lieutenant Kate Beckett. Merci d’avoir accepter de vous déplacer. » Dit-elle en montrant sa plaque au jeune homme.
-« Alors ces jeunes gens font vraiment partie de la police ? » Demanda la vieille femme en montrant Esposito et Ryan du doigt. Elle était visiblement bien embêtée.
-« Oui Madame. Je vous assure que nous sommes de vrais policiers ! » Lui répondit-elle avec assurance.
-« Je vais avoir des problèmes pour ce que je leur ai fait hier ? » Demanda-t-elle à voix basse et en faisant une grimace prouvant qu’elle craignait le pire.
-« Non, rassurez-vous. Mes collègues ont beaucoup d’humour. » Dit-elle en se retenant de rire. « Mais vous devriez faire attention à l’avenir, parce qu’ils auraient pu vous arrêter et porter plainte contre vous. Mais nous ne sommes pas là pour ça ! »
-« Oui, pour la maison. » Demanda le jeune homme. « Vous pensez vraiment que c’est dans ma maison que cet homme a été tué ? »
-« Nous n’avons aucune idée de ce que qui s’est passé ce soir là. Tout ce que l’on sait, c’est que Max Wails a probablement rencontré des gens peu fréquentables au court de sa promenade. Et personne n’a rien vu et rien entendu. Et cette maison est le seul endroit propice pour ce genre de rencontre. Alors on aimerait juste pouvoir entrer et jeter un coup d’œil à l’intérieur, pour savoir si des squatteurs auraient pu s’y introduire. Et puisque vous êtes là, si vous voulez bien, vous pourrez nous aider en nous disant si certaines choses ne vous appartiennent pas ou si l’intérieur a été ‘réaménagé’. » Proposa l’enquêtrice.
Castle, Beckett et le jeune homme entrèrent à l’intérieur et commencèrent par visiter chacune des pièces. Tandis que Ryan et Esposito faisaient le tour à l’extérieur en s’attardant sur chaque fenêtre et chaque porte pour essayer de trouver une trace d’effraction.
Lorsque le jeune homme entra dans ce qui était sa chambre quelques années auparavant, il était fort ému, et une larme coula le long de sa joue.
-« Excusez-moi. » Dit-il la gorge serrée. « Mais je ne suis pas revenu ici depuis la mort de mon père. Je ne m’attendais pas à autant d’émotions. »
-« Prenez votre temps. On peut attendre dans une autre pièce si vous le souhaitez ? » Dit Beckett faisant preuve de beaucoup de compréhension, comme à son habitude.
-« Non, ce n’est pas la peine. Je peux vous dire qu’effectivement, quelqu’un s’est introduit dans cette maison. »
Beckett et Castle le regardèrent en attendant qu’il explique cette affirmation.
-« Quelqu’un a déplacé le bureau au milieu de la pièce. Et ces chaises, elles viennent de la cuisine. Elles n’ont rien à faire ici. ! »
Beckett s’approcha du bureau et constata qu’il restait de petites traces de poudre blanche. Elle regarda Castle qui s’approcha.
-« Je vais en prendre un échantillon pour Lanie, mais je suis prête à parier que c’est de la cocaïne. »
-« Je vous jure que ce n’est pas à moi… » Se défendit aussitôt le jeune homme.
-« Je n’en doute pas. Rassurez-vous. Y aurait-il d’autres choses déplacées dans la maison ? »
-« Non, je n’ai rien remarqué d’autre. »
-« Nous non plus… Aucune trace d’effraction. Soit les visiteurs avaient la clé, soit ils… » Dit Ryan en arrivant, et se faisant au passage coupé la parole par Castle
-« Soit ils ont invoqué les esprits pour passer aux travers des murs. » Racontait l’auteur.
-« Très drôle Castle ! » dit Beckett prêtant à peine attention à ses petits jeux de mots. Ce jeune homme, lui, le regardait sans trop comprendre ce dont il parlait.
-« J’ai remarqué que vos parents vous achetaient vos jouets en double ! Vous n’étiez pas fils unique ? » Fit remarquer Castle.
-« Vous avez trouvé ça où ? Ça devrait être au grenier ça ! » Dit le jeune homme en prenant les faux pistolets des mains de l’auteur. « Ma mère achetait les jouets en double pour que je puisse jouer avec notre voisin. Lui aussi était enfant unique, mais ses parents ne faisait pas trop attention à lui. C’était presque mon petit frère, et il passait beaucoup de temps chez nous. »
-« Et il avait une clé de la maison ? » Demanda Esposito qui lui aussi venait d’arriver.
-« Pour entrer, il suffit de pousser la fenêtre de la salle de bain. Elle était cassé depuis des années et je cois que personne ne l’a jamais remplacée. Et une fois à l’intérieur, vous pouviez ouvrir toutes les portes. Rien de plus simple, il suffisait de bien connaître la maison ! »
Ils ressortirent tous de la maison et le propriétaire passa par l’arrière pour leur faire une petite démonstration. Kate avait encore une question avant que ce jeune homme ne parte.
-« Monsieur Kroft ? Vous vous souvenez du nom de ce garçon dont vous nous parliez tout à l’heure ? »
-« Bien sûr. Je vous ai dit que c’était comme mon petit frère. Il s’appelle Peter Jenkins. Mais je ne sais pas du tout ce qu’il est devenu, je travaille dur pour essayer de m’en sortir. Et après la mort de mes parents, j’ai préféré m’éloigner de ce quartier. »
-« Ca peut se comprendre ça. » Affirma Castle.
-« Si vous voulez plus de renseignements sur les habitants des environs, demandez à Madame Nancy. » Dit-il en montrant la vieille dame qui fut sa voisine. « Dans ce genre de quartier paisible, les voisins sont toujours au courant de tout et les commérages sont bien plus rapides que la presse. » Dit-il en partant.
Castle s’approcha de Beckett et vérifia que les autres étaient bien trop occupés et que personne ne pourrait entendre avant de lui murmurer à l’oreille :
-« Si on achetait une petite maison dans ce genre d’endroit, ça pourrait être bien ? Qu’en penses-tu ? »
-« Ca dépend ! J’ai le droit de tuer combien de voisins trop envahissants ? » Demanda-t-elle innocemment avant de se mettre à rire en voyant la tête que Castle tirait.
-« Ok, ce n’est peut être pas une si bonne idée tout compte fait ! »
Ryan et Esposito arrivaient en les questionnant du regard pour savoir ce qui se passait de si drôle.
-« Rien, c’est Castle qui fait l’idiot. » Répliqua-t-elle en essayant de garder un peu de sérieux. « Les garçons, vous rentrez au poste et vous me trouvez tout ce que vous pouvez sur ce Peter Jenkins. Nous, on va aller parler à cette charmante Madame Nancy. A moins que tu préfères t’en charger Espo ? » Demanda Beckett en plaisantant.
Chapitre 46
Ryan et Esposito retournèrent au poste pour commencer leurs recherches pendant que Castle et Beckett interrogèrent cette voisine si envahissante.
-« Madame, vous souvenez vous d’un garçon nommé Peter Jenkins ? »
-« Peter Jenkins ? Attendez une minute que je me souvienne. » Dit-elle en réfléchissant. « Bien sûr que je me souviens du petit Pet. Ce pauvre garçon. Il n’a pas eu beaucoup de chance dans la vie ! »
Les inspecteurs se regardèrent surpris.
-« Que lui est-il arrivé ? » Demanda Castle.
-« Ce que je voulais dire, c’est qu’il était totalement invisible aux yeux de ses parents. Je suppose que ce ne devait pas être le gentil petit garçon dont ils rêvaient. Enfin… Son seul petit rayon de soleil, c’était la famille Kroft. Il y passait tout son temps. Et même à l’adolescence, il aidait Jack et Maria à faire les courses, ou à entretenir le jardin. Quand ils sont morts, il s’est de nouveau retrouvé seul et complètement livré à lui-même. »
-« Vous avez l’air drôlement bien renseigné sur la vie de vos voisins ! » Lança Beckett.
-« Ce quartier est comme une petite communauté. Ici, tout se sait vous savez. Puis si je ne m’intéressais pas autant à mes voisins, je ne serais pas en mesure de vous aider ! »
-« Là, elle marque un point ! » Fit remarquer Castle à voix basse en la regardant avec ses yeux de gamin.
-« Et savez vous ce qu’il est devenu ? La famille Jenkins habite toujours les environs ? »
-« Oh non. Ils ont vendu la maison il y a 2 ou 3 ans déjà. C’était pour payer les avocats. »
-« Les avocats ? » Demandèrent-ils en cœur.
-« Pet s’est retrouvé mêlé à un petit braquage qui a mal tourné. Il n’a tué personne. Hein ! Mais le gérant de la petite épicerie a été légèrement blessé pendant l’attaque, et la famille de Pet a dû payer de lourds dédommagements. » Expliqua la dame âgée.
-« Merci pour votre aide. » Dit Beckett en s’en allant.
-« Tu avais raison tu sais? » Dit Rick lorsqu’ils furent assez loin pour ne pas être entendus.
-« Ha oui ! »
-« Oui. Je pense que mère suffit amplement pour commenter ma vie privée. » Répondit-il résigné.
Kate se mit à rire et ils repartirent pour le 12th. En arrivant au bureau, ils furent surpris de constater que Ryan et Espo ne soient pas à leurs places. Sur le bureau de Kate, une petite note expliquait qu’ils étaient simplement partis interroger les parents du jeune homme. Et sous la petite note, Ryan avait déposé le rapport sur le petit braquage pour lequel Peter avait été arrêté.
Pendant la lecture de ce dossier, Beckett leva la tête et s’adressa à Rick qui jusque là se contentait de la dévorer du regard.
« Tu te rends compte de tout ce qu’ils ont eu le temps de faire en notre absence ? On est restés si longtemps avec cette femme ? »
-« Avoue que pour être bien informé, elle était vraiment bien informée ! » Dit-il en souriant. Il se leva pour aller chercher deux cafés pendant que Kate reprit sa lecture. Elle n’avait même pas encore terminé que déjà les garçons étaient de retour.
-« Wah… Ils habitent l’immeuble d’à côté ou vous y avez été en fusée ? » Demanda Castle qui revenait avec les tasses.
-« Je dirais plutôt qu’ils n’en avaient rien à faire de leur fils et qu’ils ne sont pas du genre bavards. » Répondit Ryan pour se défendre.
-« Alors vous n’avez rien appris de nouveau ? » Demanda Beckett en refermant le dossier et adressant un léger sourire à Castle pour le remercier de lui avoir apporté son café.
-« Les parents se sont ruinés pour payer les dédommagements que Peter était condamné à payer. Ca ne les a pas empêché de se retrouver en prison et à sa sortie, les parents ont préféré couper les ponts avec leur fils. » Expliqua Esposito.
-« De supers parents ! » S’indigna Castle.
-« C’est facile de dire ça quand on a une fille aussi parfaite qu’Alexis ! » Fit remarquer le latino.
Castle commença alors tout un
exposé sur le rôle des parents et l’amour inconditionnel qu’ils devraient porter à leurs enfants. Mais Beckett préféra encore le stopper en lui demandant plutôt de se concentrer sur l’affaire en cours.
-« Et qu’est ce que tu penses de ce Peter ? »
Il s’approcha du tableau sur lequel Kate avait déjà noté tous les nouveaux éléments de l’enquête.
-« Moi… Je pense que Peter Pan a dû avoir bien du mal à grandir ! » Dit-il mystérieusement.
Les 3 policiers le dévisagèrent. Connaissant l’auteur, ils savaient qu’ils allaient avoir droit à une jolie petite histoire.
-« Peter était un enfant livré à lui-même. Ses parents n’ont jamais fait attention à lui, et aujourd’hui encore. Les seules personnes qui intéressaient à lui sont mortes depuis des années. Il s’est retrouvé en prison, et à sa sortie, même celui qu’il considérait comme son frère avait disparu. Il n’a trouvé que de petits boulots minables et trop mal payés… Pas d’argent, pas de logement. Alors à votre avis, où a-t-il bien pu se réfugier ? »
-« Dans la maison des Kroft ! » Répondit Beckett tout en suivant son raisonnement.
-« Exactement. La maison de son enfance, là où il était heureux et en sécurité. Il a dû espérer retrouver une partie de son enfance. Il connaissait la maison, et savait comment entrer. Il connaissait même le voisinage et savait que la voisine était du genre… »
-« Casse-pieds. » Compléta Esposito.
-« Donc il ne pouvait pas y passer ses journées sans se faire remarquer. Il devait attendre la nuit pour pouvoir s’y introduire sans risques. » Continua Beckett.
-« Max Wails l’a peut-être surpris et avec l’aide d’un ami, ils ont peut-être décidé de l’éliminer ? » Proposa l’auteur.
-« Non. » Intervint Beckett. « Max consacrait ses derniers jours à être un homme sans reproches. Il l’aurait plutôt aidé. Et puis ça n’explique pas la cocaïne. »
-« C’est peut être Peter qui lui a fourni la drogue. Après tout il devait bien connaître des gens dans ce milieu vu ses antécédents de délinquance. » Proposa Ryan.
-« Mais bien-sûr ! » S’exclama Caste. « Peter passait ses soirées à vagabonder dans les environs et on sait que Max passait lui aussi ses nuits à se promener. Ils se sont peut-être rencontrés. Et comme Peter Pan a besoin de poudre magique pour retomber en enfance, il a du en proposer à Max pour le soulager. »
-« Ok mec… Ca ça se tient ! Mais ça n’explique pas les flèches. Et d’où vient cette drogue ? » Demanda Esposito.
-« Super. » Intervint Beckett. « Il ne reste plus qu’à attendre que Peter Pan réapparaisse. Et avec un peu de chance, il nous donnera le nom de sa fée clochette ! » Dit-elle avec humour.
-« La fée clochette… Trop bien. » S’exclama Castle avec son air de petit garçon.
Les deux autres se regardaient toujours aussi perplexes devant l’humour de Beckett. Visiblement Castle était bien le seul à comprendre quoi que ce soit.
-« La fée clochette ? Peter Pan ? Ca ne vous dit vraiment rien ? » Demanda Rick déçu des connaissances de ses coéquipiers.
-« On a passé l’âge Castle ! » Râla Esposito.
-« Ouais ! Ben Beckett elle au moins, elle s’y connaît ! » Dit-il en faisant la tête.
Kate se mit à rire en voyant les garçons se chamailler comme de véritables gamins.
-« On va se faire discrets ce soir. On va se poster à proximité de la maison et quand on verra du mouvement à l’intérieur, on entre et on arrête ce Peter. On verra bien l’histoire qu’il nous racontera. »
Chapitre 47
A la nuit tombée, toute l’équipe de Beckett se réunirent donc devant la maison des Kroft. Plus tôt dans la journée, Beckett avait été chercher la clé chez le propriétaire et il était convenu que Ryan et Esposito passerait toute la soirée dans l’une des maisons voisines à surveiller le moindre indice prouvant la présence d’une personne. Beckett et Castle passeraient la soirée à attendre dans la voiture que Kate venait de garer à proximité. Munis de leur talkies-walkies, de cafés et beignets (pour Espo), ils durent attendre jusqu'à 23H pour apercevoir une personne se faufiler à l’intérieur de la maison par la fenêtre cassée. Une dizaine de minutes plus tard, alors que les inspecteurs se mettaient d’accord sur la marche à suivre, une seconde personne s’approcha discrètement de la porte de derrière et entra dans la maison comme si c’était la sienne.
Les policiers sortirent donc de leur cachette. Beckett se servit de la clé pour ouvrir la porte de devant tandis que les garçons passèrent par derrière. Puisqu’ils savaient que les intrus utilisaient l’ancienne chambre d’Harry Kroft, ils s’y rendirent directement à pas de loup. Tous les 4, réunis devant la porte de la chambre, ils entendirent des voix prouvant que les occupants étaient bel et bien là.
-« N.Y.P.D. » cria Beckett en entrant brusquement dans la pièce.
Les deux jeunes hommes se retrouvèrent face à 3 flics qui les menaçaient de leur arme. Ils n’essayèrent même pas de faire les malins et se rendirent aussitôt.
Au 12th, l’interrogatoire qu’essayait de mener Beckett ne donnait rien du tout. Après quelques minutes seulement, elle ressortit.
-« Ces garçons sont complètement défoncés. Mettez-les en cellules. On les interrogera demain matin quand leurs idées seront un peu plus nettes. Et en attendant, nous devrions rentrer nous reposer un peu nous aussi. »
-« Et on les laisse là ? Sans surveillance ? » Demanda Esposito.
-« Bah tu peux rester avec eux si tu veux ! » ricana Ryan.
-« Vu l’état dans lequel ils sont. Ils ne risquent pas d’aller bien loin. Je vais laisser un message à Gates, de toutes façon, elle sera là avant même qu’ils ne se souviennent de cette soirée. »
Ils repartirent donc tous chez eux pour se reposer quelques heures avant d’entamer une nouvelle journée de travail.
En fin de matinée, lorsque Beckett et son équipe eurent fini de raconter tous les détails de cette nuit à leur supérieure et que les jeunes garçons eurent repris suffisamment leurs esprits, l’interrogatoire de Beckett put alors commencer.
Il mit moins d’une heure pour avouer et tout expliquer à Beckett et Castle.
Il avait rencontré Max Wails lors de ces promenades et ils avaient fini par faire connaissance. Les soirs où il faisait trop froid, il arrivait même à Max d’entrer à l’intérieur de la maison de Kroft pour discuter avec lui. Il savait qu’il souffrait, il voulait juste l’aider, le soulager. Il lui avait proposé un peu de cocaïne et les choses ont dérapé. Max a commencé à se sentir mal et il voulait rentrer chez lui. Alors que Peter et son ami, totalement défoncés par la drogue, s’amusaient avec tous les jouets d’enfance laissés par Harry.
-« Vous l’avez traqué comme un animal ? » demanda Beckett totalement stupéfaite par cette histoire.
-« On s’amusait. On ne voulait pas lui faire de mal. Ca n’était pas la première fois. Les autres jours, on s’amusait avec le pistolet et les fléchettes en plastique, mais on a fini par toutes les perdre. Alors quand on a trouvé les arcs et les flèches, on s’est simplement dit que ça pourrait être cool. On ne pensait pas que c’était dangereux à ce point là. On voulait juste s’amuser. On pensait avoir trouvé un jeu... »
-« Mortel ! » coupa Castle.
Beckett le regarda du coin de l’œil et lui fit comprendre de laisser ce garçon terminer son histoire.
-« Je vous assure qu’on ne s’est pas rendu compte que c’était dangereux. On était totalement shootés » essaya t-il de se défendre.
-« Vous étiez suffisamment conscients pour le poursuivre en pleine rue. Vous l’avez traqué comme un animal et vous n’avez pas hésité à le prendre pour cible. » Affirma Beckett qui refusait de croire à l’histoire du garçon trop drogué pour se rendre compte de ses actes. « Vous saviez qu’il était malade. Il vous a dit clairement qu’il ne se sentait pas bien. Si vous aviez appelé les secours, si vous aviez fait preuve ne serait-ce que d’un peu de bon sens, j’aurais peut-être pu croire à vos remords. Mais vous l’avez simplement laissé mourir »
-« Il serait mort dans quelques mois de toute manière » dit Peter sans trop réfléchir.
-« Mais ça ne vous donnait pas le droit de précipiter les choses. » rétorqua la jeune femme en se levant.
Au moment où Kate ouvrit la porte, elle se retrouva face à l’avocat qui arrivait pour défendre son client.
Kate le regarda et avec un petit sourire, lui fit comprendre qu’il arrivait trop tard et qu’ils avaient déjà tout ce qu’ils voulaient.
Le reste de la journée fut très calme. Les inspecteurs passèrent leur temps à classer toutes les preuves dans le dossier et à terminer de taper les différents rapports pour pouvoir classer ce dossier. En fin de journée, un peu avant de partir, Kate se dirigea sans rien dire vers le bureau de Gates. Elle passa près d’une heure à discuter dans le bureau de la supérieure, et vu qu’aucun de ses coéquipiers ne savaient de quoi il s’agissait, ils redoutaient déjà le pire. Lorsqu’elle ressortit, Kate avait le sourire aux lèvres et Gates était assise à son bureau, et continuait de regarder Kate d’un air perplexe.
Les garçons la laissèrent s’asseoir tranquillement avant de demander ce qui se passait.
-« Puisque cette affaire est enfin classée, j’ai réussi à convaincre Gates de me laisser prendre quelques jours de congés »
-« T’es sérieuse là ? » s’exclamèrent-ils tous les 3.
-« Dis donc, il est drôlement fort ton petit copain pour réussir à te faire lâcher ton travail, ne serait-ce que pour quelques jours. » dit Espo en la taquinant.
-« Je suis vraiment très fatiguée. Je pense que 5 jours de congés ne peuvent pas me faire trop de mal ! »
-« 5 jours ? On a droit à 5 jours de congé? » dit Ryan en se réjouissant déjà.
-« J’AI 5 jours de congé. Pas VOUS ! » Précisa t-elle.
-« Tu es notre supérieure. Tu es consciente qu’en cas de problème on est en droit de te faire revenir ! » Dit Espo, imaginant déjà une petite vengeance.
-« Alors essaye de ne pas avoir de problèmes. Et tu n’as même pas intérêt à y penser. » Dit-elle en se levant et prenant ses affaires.
Beaucoup plus tard dans la soirée. Kate et Rick étaient seuls au loft, comme souvent en ce moment étant donné qu’Alexis était à Columbia et Martha à ses cours de théâtre.
Rick était seul dans son bureau et rangeait le ‘laser Game’ dans une boîte en carton. Kate, qui s’inquiétait de ne pas l’avoir vu depuis un moment arriva pour savoir si tout allait bien.
-« Tu te rends compte que j’ai appris à Alexis à jouer à ça à l’âge de 5ans ! Elle aurait pu mal tourner comme ces jeunes » dit Rick en faisant allusion à Peter Jenkins et son ami.
-« Rick ! Ce ne sont que des jouets… Et tu as su lui apprendre la différence entre le réel et l’imaginaire… Entre le bien et le mal. Tu es un bon père, et Alexis est vraiment formidable. Même si vous passez toujours votre temps à jouer à ce genre de truc. » Dit elle en parlant des pistolets laser.
Tout en disant ça, et sans que Castle ne se rende vraiment compte de ce qu’elle faisait, elle prit l’un des pistolets et déposa un baiser sur les lèvres de l’auteur. En fait elle se rapprochait des gilets et en saisit un avant de se relever à toute vitesse.
Castle ne commença à comprendre que lorsque son gilet se mit à clignoter pour lui annoncer qu’il était touché.
-« Le premier à 5 a perdu » dit Kate en s’enfuyant vers le salon.
Visiblement, rien que la perspective d’avoir quelques jours de congé lui permettait au moins de se détendre un peu.
Chapitre 48 :
Beckett était en congés depuis 3 jours déjà et comptait bien profiter de cette douce matinée pour un petit réveil coquin avec son amant. Il faisait un peu frisquet dans l’appartement de Beckett et il était bien plus agréable de rester sous la couette à se faire quelques petits câlins. De plus, aucun des deux n’allait dire le contraire ! A peine 5 Km plus loin, Ryan et Esposito étaient sur les lieux d’un crime et se dirigeaient vers Lanie qui les attendait avec impatience.
-« Alors Lanie ! Tu as déjà fini ? » demanda Ryan remarquant que la légiste se trouvait à plusieurs mètres du corps.
-« Fini ? Non mais tu plaisantes là ! Je n’ai même pas encore commencé. Je vous attendais pour l’éloigner du corps et pouvoir faire mon travail ! » dit-elle en montrant le corps.
-« Bah tu aurais pu le faire toi-même si tu avais voulu, » répondit Esposito.
Il s’avança et un hurlement strident lui perça les oreilles. Lanie le regarda avec son regard satisfait et un petit rire au coin des lèvres.
-« Tu vois ce que je voulais dire ? » dit-elle très fière d’elle. « Alors, toujours persuadé de ne pas avoir besoin de Beckett sur ce coup-là ? »
-« Il lui reste deux jours de congés. Elle va nous tuer si on l’appelle ! » dit Ryan.
-« Tu préfères peut-être perdre l’audition ? » rétorqua le latino en prenant son portable.
Il composa le numéro de Kate en se disant qu’avec un peu de chance, elle serait contente de revenir plus tôt. Il réfléchissait déjà à la manière de lui annoncer les choses alors que, visiblement, personne n’était pressé de répondre.
Chez Beckett, Kate fondait littéralement sous chacune des caresses de Rick. Alors, lorsque son portable se mit à sonner, ils se regardèrent un instant avant que Rick ne continue comme si de rien n’était. Kate, elle, tendit le bras et pris le G.S.M du bout de ses doigts.
-« Non, tu plaisantes ! Tu ne vas tout de même pas répondre ! » protesta Rick.
-« Oh non. Je veux juste qu’il arrête de sonner. »
Pour être sûr qu’elle ne réponde pas, Rick s’appliqua encore davantage sur ses mouvements. Ce qui arracha un cri de plaisir supplémentaire à Kate qui appuya du coup sur toutes les touches jusqu’à ce que la sonnerie cesse. Puis le téléphone glissa de ses mains avant qu’elle ne s’abandonne complètement à Rick.
Les cris de Beckett parvinrent jusqu’aux oreilles d’Esposito et achevèrent de lui percer le tympan. Il raccrocha à toute vitesse et éloigna le portable de ses oreilles tout en faisant une tête dégoutée. Il lança son portable à Lanie en se secouant comme si un frisson venait de parcourir tout son corps.
-« Contente-toi de lui envoyer un S.M.S. Moi, je vais aller chercher de quoi déjeuner. Je sens que ça va être long avant que Mademoiselle Beckett ne se décide à nous rejoindre ! »
Une fois la pause ‘câlins’ terminée, lorsque Kate reprit son portable. Elle constata qu’au lieu de l’éteindre comme elle le pensait, elle avait décroché ce qui fait qu’Espo avait dû être au première loge pour les entendre. Rick était mort de rire rien qu’en imaginant la tête qu’il avait dû faire en l’entendant gémir.
-« Arrête de rire ! Tu te rends compte qu’ils vont encore se moquer de moi. Comme si ce n’était pas déjà assez gênant qu’ils en sachent autant sur ma vie privée, » dit-elle en faisant la moue.
-« C’est sûr qu’ils vont s’en donner à cœur joie… » dit-il en riant avant de la prendre dans ses bras avant d’ajouter. « Ils ne savent rien de ta vie privée. Ils ignorent encore l’identité de ton amoureux secret et, quand ils vont le découvrir, je crois qu’ils vont être scotchés. »
-« Moi je pense que, quand ils sauront, on n’aura pas fini de se faire charrier tous les deux. »
Après un dernier baiser, ils se dépêchèrent de se préparer car ils étaient attendus.
Lorsque Kate et Rick arrivèrent à l’adresse indiquée dans le SMS, les enquêteurs et Lanie se trouvaient à une centaine de mettre du corps tout en lui tournant le dos juste pour pouvoir ‘oublier’ qu’il était à proximité. Ryan buvait un café sans se presser tandis qu’Esposito et Lanie déjeunaient tranquillement en papotant.
-« Eh ben dites donc… Quand le boss n’est pas là, c’est la fête ! » dit Castle pour annoncer leur arrivée.
-« Ca ne vous dérange pas trop de manger juste à coté d’un cadavre ? » dit Beckett légèrement dégoutée.
-« Il fallait bien qu’on s’occupe en t’attendant et c’est pour ça qu’on lui tourne le dos, » répondit Ryan.
-« Au fait Beckett ! Je suis content pour toi que tu aies une vie privée mais je ne veux plus jamais entendre ça ! »
Rick se tourna pour éviter d’exploser de rire devant tous les autres.
-« Tu n’étais pas sensé entendre. J’essayais d’éteindre mon portable, » dit-elle pour se défendre.
-« La prochaine fois, ne répond pas ! Je comprendrais, » dit-il d’un air malin.
-« La prochaine fois, ne m’appelle pas ! » répondit-elle du tac au tac. « Bon alors, qu’est ce qui se passe pour que vous vous permettiez de me gâcher ma matinée ? »
Ils s’écartèrent pour que Beckett puisse constater elle-même ce qui clochait.
-« Wah… Ca, ça n’est pas courant, » dit Rick surpris.
-« Je ne vois pas où est le problème. Vous n’aviez qu’à l’emmener ailleurs ! »
Beckett n’était pas contente que ses collègues l’aient appelé pour si peu.
-« Le problème ma belle, c’est que je lui ai fait peur en arrivant. Et maintenant elle se met à hurler à chaque fois que quelqu’un essaye de s’approcher. Et comme tu es la plus douée d’entre nous pour ce genre de chose, on a pensé à toi, » expliqua Lanie.
Kate n’était pas du tout convaincue par cette explication mais bon, puisqu’elle était là, autant les aider.
-« Vous avez essayé de l’appâter avec vos beignets et vos croissants ? » proposa Castle.
-« C’est une petite fille Castle ! Pas un petit chien. »
Kate s’approcha tout doucement de la fillette qui s’accrochait désespérément à la veste de la victime. Lorsqu’elle vit que la fillette prenait une grande inspiration pour pouvoir crier, elle s’arrêta et lui parla avec beaucoup de douceur.
-« Tu n’a rien à craindre ! Je m’appelle Kate. C’est ta maman ? »
La fillette regarda la femme allongée et dévisagea encore une fois le reste de l’équipe avant d’oser répondre.
-« Ils t’on fait peur ? Oui je sais, ils ne sont pas très gentils des fois. Mais je t’assure qu’on ne va pas te faire de mal, » continua Beckett pour tenter de gagner la confiance de la petite fille.
-« Ma’y. Elle dodo ! Chut… Pas bruit ! » dit-elle à voix basse.
-« Pas de bruit ! Et c’est elle qui dit ça ! » s’indigna Esposito.
Kate se retourna vers Espo en lui faisant les gros yeux et en lui disant carrément de la fermer un peu. Le fait qu’elle prenne sa défense fit comprendre à l’enfant que, visiblement, cette dame était de son côté et qu’elle pouvait peut-être lui faire confiance.
-« Bientôt ‘éveillée Ma’y ? » demanda la fillette.
-« Non ma puce. Je crois qu’elle ne va pas se réveiller mais, si tu viens avec nous, on pourra appeler ta maman ou ton papa et ils viendront très vite te chercher. »
Kate s’approcha alors tout doucement et réussit à prendre la petite fille dans ses bras. Elle l’emmena hors de vue du corps et lui proposa un peu de jus à boire et un croissant à manger. Il était évident qu’elle ne devait pas avoir très faim mais au moins ça occupait son esprit. Une fois que Lanie put enfin commencer son travail, Kate prit une photo de la petite avec le portable de Ryan et envoya les garçons faire le tour du parc à la recherche de quelqu’un qui la reconnaisse. Pendant ce temps là, Kate, Rick et la fillette partirent en direction du commissariat.
Chapitre 49 :
Au poste de police, Gates n’apprécia pas vraiment la présence de cette enfant mais, devant l’insistance de Beckett, elle lui accorda quelques heures avant de prévenir les services sociaux. Kate priait donc pour que les garçons reviennent au plus vite avec suffisamment d’informations pour retrouver ses parents au plus vite. D’autant plus qu’ils n’avaient aucune idée de l’identité de la victime ni même de la cause du décès. Kate et Rick étaient revenus au 12 th pour éloigner l’enfant de la vue de la victime mais ils se retrouvaient complètement bloqués. Donc, lorsqu’Esposito et Ryan firent leur entrée, Beckett se rua vers eux en les bombardant de questions.
-« Eh doucement ! Si tu veux des réponses, laisse-nous au moins le temps d’arriver ! » dit Ryan pour essayer de la calmer un peu.
-« Ca fait des heures qu’on vous attend ! » se justifia-t-elle.
-« Il ne fallait pas être si pressé. Si vous aviez attendu quelques minutes de plus avant de disparaitre, Lanie aurait eu le temps de vous donner les papiers de la victime et vous auriez eu de quoi commencer les recherches, » expliqua Esposito.
-« La petite n’arrêtait pas de regarder le corps. Il fallait vraiment l’éloigner au plus vite ! »
-« En parlant de cette petite, » dit Ryan en la regardant. « On a trouvé une autre nounou qui a l’habitude de se promener dans le même parc et elle dit qu’elle s’appelle Lilou mais elle a été incapable de nous dire où elle habitait. »
-« Ce parc n’est pas super pour y venir avec de si jeune enfants. Elle a quoi ? 1 an et demi, 2 ans maximum. Ce parc n’a ni toboggan, ni balançoires, ni bac à sable. Si elle n’habite pas les environs, pourquoi y aller ? » fit Castle qui se souvenait avec nostalgie de la petite enfance d’Alexis.
-« Quand à la victime, elle s’appelait Mary Banks. Elle avait 25 ans et habitait dans le Bronx. Ca devait être la baby-sitter de la petite, » continua l’inspecteur.
-« Le Bronx ? Elle travaillait plutôt loin de chez elle ! » s’étonna Kate. « Les gars, vous me trouvez tout ce que vous pouvez sur Mary Banks. Castle et moi allons aller faire un tour chez elle. La priorité numéro une, c’est de retrouver les parents de cette petite Lilou sinon Gates se fera un plaisir d’appeler les services sociaux. »
Kate et Rick étaient déjà sur le point de partir quand Espo se leva et interpella Beckett.
-« Et la petite ? Qu’est-ce que vous en faites ? » demanda-t-il paniqué.
-« Bah vous pouvez bien vous en occuper une heure ou deux quand même ! » répondit Kate.
Les enquêteurs n’étaient pas les seuls à prendre cette nouvelle assez mal, la petite Lilou fit une drôle de tête en voyant le couple s’éloigner. Elle se retourna vers les deux hommes qui lui firent un sourire crispé. Elle regarda ensuite vers le bureau de Gates et finit par s’asseoir tristement sur la chaise de Castle tout en jouant avec les petites figurines en forme d’éléphants de Beckett.
Lorsque Castle et Beckett arrivèrent dans l’immeuble indiqué sur les papiers de la victime, ils furent tous les deux surpris qu’une femme obligée de travailler comme baby-sitter à l’autre bout de la ville ait les moyens de se payer un appartement dans un tel immeuble. Beckett commença par se présenter au concierge et lui demanda pour pouvoir visiter l’appartement de mademoiselle Banks. L’homme ne fut pas très enthousiaste à cette idée : il expliqua que cette jeune femme partageait l’appartement avec deux autres colocataires et qu’en leur absence, cette situation le mettait mal à l’aise. Kate fini par le convaincre en lui expliquant qu’ils ne cherchaient qu’une chose bien précise et que, s’il avait du temps à perdre, rien ne l’empêchait de superviser les fouilles. Il fallut plus de temps à Castle et Beckett pour convaincre le concierge d’entrer dans l’appartement que pour y trouver les informations qu’ils venaient chercher : sur un tableau, dans la chambre de la victime, la petite annonce de la mère de l’enfant était toujours affichée bien en évidence et, en dessous, une adresse (probablement celle de l’enfant et de ses parents) ainsi qu’une date de rendez-vous datant de plus de 5 mois et quelques photos d’elle en compagnie de la petite fille. Beckett composa le numéro renseigné sur la petite annonce mais personne ne répondit. Elle laissa un message assez vague et demanda à ce que la personne rappelle au plus vite. Avant de repartir, elle détacha la petite annonce et y inscrivit l’adresse pour être certaine d’avoir toutes les coordonnées nécessaires. Ils se dépêchèrent donc de rentrer au bureau en espérant que Gates n’ait pas encore fait venir l’assistante sociale. Lorsqu’ils arrivèrent, Gates les attendait avec impatience.
-« Alors, vous avez réussi à trouver ses parents ? Ils viennent la chercher ? » demanda la supérieure d’un air autoritaire.
-« Euh… Non, pas tout à fait ! » dirent Castle et Beckett mal à l’aise.
-« Nous étions d’accord ! Ce n’est pas une garderie ici ! Cette petite ne devrait pas être là et nous ne pouvons pas la garder plus longtemps. »
Gates composa le numéro alors que tous les autres se regardaient impuissants. Alors qu’elle commençait à expliquer la situation avec son interlocuteur, Castle lui prit le téléphone de mains.
-« Désolé pour le dérangement, ce n’est plus nécessaire, » dit-il à l’employé des services sociaux.
-« Castle !! Mais qu’est-ce que tu fais ? » demanda Beckett en ayant peur de la manière dont la Capitaine allait réagir.
-« Monsieur Castle ! » commença-t-elle.
-« Nous avons le numéro de téléphone des parents. Nous avons même leur adresse et Beckett leur a laissé un message en demandant de rappeler. Je suis certain que ce n’est qu’une question de temps, » dit-il pour essayer de la convaincre et, constatant qu’elle avait l’air plus furieuse que convaincue, il ajouta : « En plus, nous sommes vendredi ! Alors qu’est ce qu’ils vont faire ? La placer dans un foyer miteux en attendant lundi pour que les employés de bureaux lui trouvent un endroit plus adapté ? Alors que ses parents vont forcement appeler d’un instant à l’autre. Ca serait vraiment dommage d’infliger ça à cette jolie petite frimousse ! »
Castle prit la petite fille sur ses genoux. Il essaya de faire une tête de petit ange innocent pour faire craquer Gates, mimique que la petite Lilou essaya de reproduire c e qui provoqua un fou rire de la part des enquêteurs.
-« Vous trouvez ça dôle, n’est-ce pas ? » dit Gates furieuse.
Elle n’eut pas le temps de terminer que le portable de Beckett se mit à sonner. Elle répondit et expliqua la situation à son interlocutrice avant de s’éloigner du reste de l’équipe, visiblement bien ennuyée. Elle revint quelques minutes plus tard et, comme elle ne disait rien et se contentait de regarder la petite fille avec beaucoup de désespoir, Castle lui demanda ce qui se passait.
-« Ses parents sont en vacances en Europe ! Ils vont essayer d’écourter leur voyage mais ils ne pourront pas être là avant lundi… Ou mardi ! Au plus tôt… »
-« Quoi ! » cria Gates. « Vous vous fichez de moi là ? »
-« Maintenant je pense que vous pouvez rappeler votre amie l’assistante sociale, » dit Castle en lui tendant un téléphone.
-« Vous venez de me faire passer pour une idiote alors débrouiller vous ! Cette petite est désormais sous VOTRE responsabilité jusqu’au retour des parents. Je ne veux rien savoir mais je vous interdis de lui faire quitter le commissariat. »
-« Je ne voit pas ce qui nous empêche de quitter le commissariat, » pensa Castle à voix haute.
-« Moi ! Imaginez que ses parents arrivent et que je sois incapable de leur affirmer où est leur enfant. Qu’est ce que je leur dis moi ? Alors vous restez ici ! C’est clair ? » ordonna t elle.
-« Mais comment on va faire ? Ce n’est pas possible ! » tenta d’expliquer Kate.
-« Ca vous fait moins rire on dirait ! S’il arrive quoi que ce soit à cette enfant, VOUS serrez responsables et il n’est pas question que vous passiez votre week-end à jouer au papa et à la maman. Vous surveillerez la fillette tout en poursuivant l’enquête. Vous êtes 4 dans cette équipe, vous n’avez qu’à vous arranger. »
Gates repartit dans son bureau visiblement très fière d’elle-même.
Chapitre 50 :
En pleine après-midi, Kate fit descendre de ses genoux la fillette qui faisait un joli coloriage pendant que l’inspectrice essayait de relire les notes de Ryan.
-« Tu t’en vas ? » demanda Castle qui les observait avec tendresse.
-« Je viens de me rendre compte que, grâce à ta superbe idée, tous mes projets pour ce week-end tombent à l’eau donc je n’ai plus qu’à annuler tout ce que j’avais prévu pour mes derniers jours de repos, » dit-elle en le regardant de ses yeux ‘noirs’.
-« Et qu’avais-tu prévus? » se risqua-t-il à demander.
-« Tu n’en sauras jamais rien ! Mais tu vas le regretter ! » dit-elle sèchement.
Castle déglutit avec difficulté en se disant qu’il aurait mieux fait de laisser Gates se charger de tout. Ensuite, Esposito vint s’asseoir sur la chaise de Beckett pour une petite confidence.
-« L’autre jour, en vous voyant arriver tous les deux, j’aurais presque parié que vous étiez ensemble. Mais vu comme tu viens de lui bousiller son week-end, je crois qu’on peut te rayer définitivement de la liste des petits amis potentiels. » dit il avec un grand sourire.
Ils continuèrent encore à parler un peu ce qui fait que, lorsque Beckett revint quelques minutes plus tard, elle commença par éjecter Espo pour récupérer sa place.
Après une fin d’après-midi à faire des recherches dans les différentes bases de données de la police, Ryan se défila pour rentrer chez lui.
-« Alors comme ça tu nous laisses ! » rouspéta Kate.
-« Ca fait des mois que j’essaye de convaincre Jenny que la venue d’un enfant ne serait pas une très bonne chose en ce moment alors ce n’est pour lui expliquer que je dois surveiller une fillette de 2 ans en attendant le retour de ses parents. »
-« Ok… Rentre chez toi ! Je n’ai pas envie d’avoir une scène de ménage sur la conscience, » approuva Beckett.
Esposito tenta lui aussi de prendre sa veste et de suivre son collègue. Beckett posa sa main sur celle de son ami pour l’empêcher de partir.
-« Et toi ? C’est quoi ton excuse pour nous lâcher ? »
-« Ce matin, en discutant avec Lanie, je lui ai proposé de lui faire découvrir un p’tit resto sympa ! Mais si tu veux être celle qui va gâcher sa soirée, ok, je reste ! » dit-il en la regardant droit dans les yeux.
Kate connaissait suffisamment bien son amie pour savoir qu’elle n’avait pas intérêt à être celle qui l’empêcherait de passer un moment en tète a tête avec son latino.
-« Tu as de la chance ! » répondit-elle simplement en retirant sa main, lui donnant ainsi le feu vert pour partir.
Elle se retourna vers Caste et la petite Lilou. Rick essayait tant bien que mal de lui interdire de colorier sur toutes les feuilles qui étaient éparpillées sur le bureau de Kate.
-« Maintenant qu’on est rien que nous deux, tu peux me le dire. Qu’est-ce que tu avais prévu de si spécial pour les prochains jours ? » demanda-t-il en relevant les yeux vers Kate.
-« Mis à part assister au spectacle de l’école de théâtre de Martha tu veux dire ? » dit-elle en souriant.
-« Ca tu vois… Je suis ravi de pouvoir y échapper moi ! »
Pour la peine, Castle déposa un baiser sur la joue de la petite en la remerciant et regarda Kate avec ses yeux pétillant de malice.
-« ‘Ci ? Pou’quoi ‘ci ? » demanda Lilou en les regardant à tour de rôle.
-« Parce que, comme on doit rester ici avec toi, Rick ne va pas être obligé d’assister au spectacle auquel il n’avait pas du tout envie d’aller, » expliqua Beckett avec tendresse à la petite fille.
Elle se releva et regarda son ami avec un petit sourire en coin.
« Tu sais, je ne serais même pas surprise que tu aies fait exprès de louper ça ! »
Il parut faussement blessé et s’apprêtait à continuer à la taquiner quand le ventre de la petite demoiselle commença à se manifester.
-« Je crois que cette demoiselle a faim. Je devrais peut être aller chercher de quoi dîner, » proposa l’écrivain.
-« Pour que tu nous ramènes des hot-dog comme ce midi ! Non merci, je crois que la table de la salle de réunion se souvient encore du Ketchup ! » dit-elle en souriant. « Je crois que je vais essayer de trouver quelques chose de plus adapté à Lilou. Pendant ce temps-là, tu pourrais peut-être aller la débarbouiller dans les douches des vestiaires. »
-« Quoi ? Moi ? Et je lui mets quoi après sa douche ? » demanda-t-il en paniquant déjà.
-« Je croyait que tu étais un papa modèle. Juste la rafraichir un peu, ça ne devrait pas te faire peur ! Et puis tu n’as qu’à lui mettre un de mes tee-shirt qui sont dans mon vestière, je vais essayer de trouver mieux mais, vu l’heure, ça risque d’être difficile. Je me dépêche… Amusez-vous bien ! »
Elle prononça les dernières phrases tout en faisant une recherche rapide sur le net.
Beckett appela un taxi pour aller plus vite et demanda juste au chauffeur de la déposer à l’adresse d’un magasin dont elle venait de prendre les coordonnées sur le net. Elle arriva une quinzaine de minutes avant la fermeture et, comme la vendeuse n’était guère enchantée, Kate lui expliqua brièvement qu’elle se retrouvait avec une petite fille de moins de 2 ans à garder pour le week-end et qu’elle avait juste besoin d’un pyjama et d’une ou deux petites tenues de rechange. Elle ajouta qu’elle ne ferait pas la difficile et qu’elle s’en irait aussitôt après. La vendeuse accepta et, devant l’air presque désespéré de Beckett, elle décida d’être assez gentille pour faire le travail pour lequel elle était payée : elle montra plusieurs pyjamas et laissa le temps à Kate pour choisir. Ensuite, elle la lassa devant le rayon des vêtements et lui indiqua où se situait la taille 2 ans. Kate choisit deux petits pantalons, deux blouses et un petit pull. Elle essaya tout de même de ne pas prendre trop de temps pour ne pas forcer la vendeuse à rester plus longtemps. 10 minutes plus tard, elle était donc ressortie avec tout ce qui lui fallait .
Elle remarqua qu’un petit restaurant proposant des plats à emporter se trouvait juste en face. Elle entra donc et passa sa commande. Le menu était assez simple mais c’était toujours bien mieux que les beignets, crêpes et hot-dog que la petite avait eu jusque maintenant. Lorsque sa commande fut prête, elle ressortit, appela un taxi et retourna au commissariat sans trop tarder.
Pendant ce temps là, Rick avait pris la clé du casier de Kate et descendit avec Lilou aux vestiaires pour un petit brin de toilette. Il prit un tee-shirt, les quelques serviettes qui étaient dans le casier de la jeune femme et se dirigea vers les douches avec la fillette. Il se souvenait de ce moment de joie et de complicité avec Alexis lorsqu’elle avait plus ou moins le même âge. Il était loin de s’attendre à ce qui allait suivre…
En arrivant au 12th, Kate vit qu’il n’y avait toujours personne près des bureaux, elle posa donc le repas dans la salle de réunion et se dirigea vers les vestiaires pour savoir où en était Rick. Elle entra et eut l’impression qu’une tornade était passée par là : il y avait des petites flaques d’eau partout, sans parler des habits de la fillette qui étaient parsemés dans toute la pièce. Kate passa alors à côté, dans les douches, d’où elle entendait la fillette rire aux éclats. Elle se posta derrière Rick et attendit une réaction de l’un deux en croisant les bras. En la voyant, Lilou se stoppa net et, face à cette réaction de la petite, Rick se retourna.
-« Tout va bien ? » demanda Kate avec un air faussement autoritaire.
-« Euh…Oui ! » répondit-il surprit.
Devant le regard insistant de Beckett, Rick sentait bien qu’il avait quelques explications à donner.
-« J’ai commencé par la mettre sous une douche mais j’ai juste eu le temps d’ouvrir l’eau et de bien la mouiller que déjà elle s’échappait vers les vestiaires en me lançant tout ce qu’elle pouvait. »
Kate éclata de rire.
-« Ca explique l’état du sol dans la pièce d’à côté ! Mais ta chemise ? »
-« Oh… Bah après l’avoir rattrapée, je me suis dit que, si je me contentais de la laver près de l’évier, il y aurait moins de dégâts… Mais visiblement, j’avais tors ! » dit-il résigné.
Beckett montra à Lilou le joli pyjama qu’elle venait juste de lui acheter et la fillette ne masqua pas son enthousiasme.
-« Wahhh… » s’écria-t-elle en sortant ses mains de l’eau.
Son geste fut fait à une telle vitesse que Rick, qui était juste à côté, se fit arroser une fois de plus. Kate essaya de se retenir de rire et lui tendit une serviette plus ou moins sèche.
-« Désolée mais je crois que c’est la plus sèche ! »
-« Bon, bah je m’en contenterais ! Merci quand même. »
Kate se chargea d’essuyer et de mettre la petite en pyjama pendant que Rick se séchait tant bien que mal. Ensuite, Rick fit réchauffer les plats apportés par Kate et servit les filles qui venaient de s’installer à table.
-« Ah… Au fait ! » dit Beckett en lui tendant le ticket de la boutique de vêtements pour enfants.
-« Tu plaisantes là ? C’est toi qui as choisi ! »
-« Oui mais c’était TON idée… Et étant donné la facture, je crois que je vais te faire cadeau du dîner ! » dit-elle pour le narguer.
-« Les femmes vont finir par me ruiner ! » dit il ironiquement pour la faire culpabiliser.
Après le dîner, Kate installa Lilou sur le divan de la salle de repos et la couvrit avec une couverture qui trainait là pour ne pas qu’elle prenne froid.
Chapitre 51
Rick et Kate passèrent la nuit assis chacun dans un fauteuil de la salle de repos. Ils n’avaient guère dormi et en se réveillant au petit marin, ils étaient ‘cassés’ de partout.
-« C’est vraiment horrible de dormir comme ça ! » se plaignit Rick en se tenant le dos.
-« Ca fait très longtemps que ça ne m’est plus arrivé, je dois avoir perdu l’habitude de passer mes nuits au poste » dit Kate qui elle aussi avait mal partout.
Pour se dégourdir les jambes, Rick se proposa pour aller chercher le petit déjeuner en promettant de ne pas prendre de beignets. Kate quant à elle, réveilla la petite Lilou tout en douceur et l’habilla avant que les autres policiers ne remplissent le service de la criminelle. Ryan arriva, les bras chargés de cafés et de croissants.
-« J’ai croisé Castle ! Il m’a dit de vous apportez ça et qu’il allait arriver. » Dit-il en posant le tout sur le bureau de Kate.
Une demi-heure plus tard, Gates, Esposito et bon nombre de policiers étaient arrivés, mais toujours pas de Castle. Il réapparut un peu plus tard tenant un carton duquel on pouvait voir un petit vélo dépasser. Devant le regard interlocuteur de ses coéquipiers, il tenta de s’expliquer.
-« Vous saviez qu’il y a une crèche au sein même du commissariat ? »
-« Je dois dire que je n’ai jamais eu à m’en préoccuper » dit Kate tout naturellement.
-« Ce sont pour les enfants des membres de la police »Expliqua Ryan. « Bah quoi ? Ne me regardez pas comme ça ! Quand je vous dis que Jenny a déjà tout planifié ! » Se justifia t-il.
Esposito lui donna une petite tape dans le dos mais n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce soit car Gates venait de sortir de son bureau et commençait déjà à inspecter le contenu du carton.
-« C’est un commissariat Monsieur Castle ! Pas une crèche… »
-« Oui, mais c’est vous qui avez ordonné que l’enfant ne sorte pas d’ici ! Alors si vous ne voulez pas que tout vos dossiers ressemblent à ça » il montra un dossier plein de gribouillis « Faut bien lui donner de quoi s’occuper ! »
-« Ok pour les lego, les poupées et les marqueurs. Mais le vélo, il retourne d’où il vient ! » Elle parla tellement fort que Lilou qui s’intéressa aussitôt à la conversation.
-« ‘élo….Ouais!! ‘élo !! »
-« Trop tard ! » fit Castle en levant les sourcils pour se moquer de Gates qui était de plus en plus agacée par le comportement de l’auteur. Elle les laissa se débrouiller en criant haut et fort qu’au départ de cette enfant, elle ne voulait plus voir aucun jouet traîner.
Kate adorait voir sa supérieure capituler devant l’audace et les coups bas de Castle.
-« Bon, puisque l’équipe est au complet, je propose que Castle et moi allions faire un tour au parc. Si Mary Banks s’y rendait chaque matin de très bonne heure, il devait forcement y avoir une bonne raison. Ensuite, nous irons voir ses colocataires, elles auront peut-être des choses à nous dire. »
-« Et l’enfant ? » demandèrent Espo et Ryan tout affolés.
-« Vous nous avez laissé nous débrouiller toute la soirée ! Alors c’est votre tour ! » Fit Castle en se dépêchant de rejoindre Beckett qui attendait déjà l’ascenseur.
En arrivant au parc, Rick s’étonna une fois de plus de la raison de leur venue ici. Mis à part pour les coureurs et les enfants plus grands qui pouvaient jouer sur le terrain de basket, rien n’était prévu pour les enfants aussi jeunes que Lilou.
-« Pourquoi vient-on au parc ? » demanda subitement Beckett en s’asseyant sur un banc.
-« Euhh…Moi j’y allais surtout pour draguer les mamans pendant qu’Alexis s’amusait. » devant le regard de Beckett qui trahissait toute sa jalousie, il s’empressa d’ajouter : « Mais c’était il y a longtemps ! Sinon, on peut aussi y aller pour se promener, pour discuter, rencontrer des gens…» Rick la dévisageait. Il ne comprenait pas vraiment où elle voulait en venir.
-« Elle venait ici tous les jours ! Et pourtant je suis certaine qu’il y a d’autres parcs bien plus agréables dans les environs. Alors qu’est-ce qu’il y a de particulier ici? »
Castle regardait partout autour de lui pendant que Beckett regardait attentivement toutes les personnes qu’elle voyait.
-« Il y a pas mal d’immeubles, une école, un terrain de basket, des coureurs et comme on est samedi et que beaucoup de gens sont en congé, il y a beaucoup de familles qui se promènent » commenta l’écrivain.
Vu qu’il n’y avait rien de particulier à faire dans le parc, Kate décida d’aller à l’appartement de Mary Banks car il était convenu avec ses colocataires que les inspecteurs passeraient pour soit disant récupérer certaines affaires de la jeune femme.
Kate et Rick s’annoncèrent donc à l’interphone et une femme les invita à monter. Ils entrèrent dans l’appartement, se présentèrent et Kate admit qu’elle était venue pour leur poser quelques questions à propos de leur colocataire.
-« Je crois que je ne vais pas vous être d’une grande aide » dit l’une des deux. « Je connais Sophia depuis des années, mais je n’habite ici que depuis 1 mois à peine. Et je ne la connaissais pas du tout avant. Je suis vraiment désolée. »
-« Moi je la connais un peu plus, on partage le même appartement depuis près de 3 ans. »
-« Comment vous êtes vous rencontrées ? » demanda Castle.
-« J’avais mis une petite annonce pour trouver une colocataire. On a fait un essai de quelques mois, et comme on s’est tout de suite bien entendue, elle est restée. » Expliqua la jeune femme.
-« C’était la pro des petites annonces dites donc ! » fit Rick en s’adressant à Beckett.
-« Castle ! Excusez-le. »Dit elle en souriant. « On sait qu’elle gardait la petite Lilou depuis seulement quelques mois, savez vous ce qu’elle faisait avant ? Et pourquoi elle a accepté ce travail aussi loin de chez vous ? »
-« Elle a accepté ce job car elle ne trouvait rien d’autre, tout simplement. Avant, elle travaillait pour la famille Mallari. Elle gardait leur fils Shawn, mais il à plus de 9 ans maintenant, alors ses parents ont estimé que la présence de Mary n’était plus nécessaire. Ils l’ont renvoyé et avec ses antécédents, elle n’a pas eu facile de retrouver une autre place. » Continua telle d’expliquer.
-« Quels antécédents ? Nous n’avons trouvé aucun casier judiciaire ? » S’étonna Kate.
-« Oh non, elle ne s’est jamais fait arrêter. Mais elle a été sous influence de la drogue pendant plusieurs années. Elle a même fait plusieurs cures de désintox avant d’arriver à s’en sortir !
-« Mais elle n’est pas obligée de le mettre sur son CV ! » répliqua Castle aussitôt. Ce qui lui attira le regard désapprobateur de Beckett.
-« Sauf quand on vous demande ce que vous avez fait ces dernières années… Vous ne pouvez pas mentir sur toute la ligne. Et en plus elle préférait la sincérité. Elle disait qu’elle préférait perdre un job plutôt qu’en avoir un en trompant ses patrons »
-« wah, bah il faut du courage pour voir la vie comme ça !! »
-« Et vous savez autre chose ? »
-« Elle a eu une longue histoire avec un type qui l’a quitté pendant sa dernière cure…heu, c’était Jeff…Willet. Oui, c’est ça, Jeff Willet. Elle en parlait souvent en fait. Mais je ne sais pas pourquoi ils ont rompu, elle n’a jamais voulu me le dire. »
-« Merci pour votre aide Mademoiselle.» Beckett referma son carnet dans lequel elle avait prit note des différentes informations et était sur le point de partir lorsque la jeune femme l’interrompit une dernière fois.
-« Oh… attendez. Mary avait l’habitude de faire des photos de Lilou quand elles se rendaient au parc. Je me disais que les parents de la petite seraient peut-être intéressés. En tout cas, je ne saurais pas quoi en faire. »
Kate prit les photos et commença à les regarder. Elle s’arrête et montra l’un des clichés.
-« Vous connaissez cet enfant ? »
-« Non » fit-elle « En nous montrant les photos, elle nous a expliqué qu’elle avait dû la prendre par erreur. Mais elle avait l’air embarrassée tout de même. »
-« Merci. Je peux la garder ? »
-« Si ça vous fait plaisir… J’allais la jeter de toute façon. »
Beckett et Castle ressortirent de l’appartement en remerciant la jeune femme pour sa disponibilité. Elle passa ensuite un coup de fil à Ryan pour lui demander de contacter la famille Mallari et de les questionner sur Mary Banks et demanda également de se renseigner sur un certain Jeff Willet.
Après avoir raccroché, elle se retourna vers Castle
. -« On l'a croisé au parc tout à l’heure ? N’est-ce pas ? » Demanda t-il pour être certain que cette fois-ci, ils étaient sur la même longueur d’ondes.
-« Oui. Il se promenait avec ses parents » affirma Kate