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Série : Castle
Création : 26.05.2012 à 20h38
Auteur : judy1
Statut : Terminée
« Pas de bébé après une seule nuit. A vous de découvrir la signification du titre. Histoire juste impossible a résumer en 200 mots! » judy1
Cette fanfic compte déjà 72 paragraphes
Chapitre 52 :
Beckett avait à peine mis un pied hors de l’ascenseur que Lilou lui bondit dans les bras.
-« Tate...Tate… ‘evenue ! Toi plus pati’ eux pas zentil ‘vec moi ! »
Kate regarda les garçons avec un regard réprobateur.
-« Qu’est-ce que vous avez encore fait ? Trois petites heures… C’est vraiment trop vous demander d’être sympa trois petites heures ? »
-« Tu vois, je savais qu’on allait encore se faire engueuler ! » dit Espo en parlant à son ami.
-« Ouais… La prochaine fois, on la laissera découper dans les rapports et refaire la déco du bureau de Gates ! » lui répondit l’Irlandais.
Beckett regarda alors la petite canaille qui lui faisait des petits yeux doux tout en se blottissant dans ses bras.
-« Oh lala… Quelle petite terreur ! » dit-elle en la serrant dans ses bras. « Bon, si tu allais jouer pendant qu’on travaille un peu. »
Kate posa la fillette sur le sol et se mit à sa hauteur.
-« Et sois sage ! » ajouta Beckett un peu plus sévèrement pour être suffisamment convainquant.
-« ‘Accooord » répondit la fillette en s’éloignant vers la salle de repos en emportant quelques feuilles et une poignée de marqueurs.
-« Bon. Alors, vous avez appris des choses intéressantes en appelant les Mallari ? Et ce Jeff, vous l’avez retrouvé ? »
-« Ah ?? Parce qu’en plus on était censé avoir le temps de faire ça aussi ? » répondit Espo.
-« Rassure-toi Beckett. Espo te fait marcher, bien sûr qu’on a eu le temps d’appeler les Mallari… Entre deux crises de larmes ! » dit-il Ryan en riant. « Donc Madame Mallari nous a confirmé que Mary Banks travaillait bien chez eux il y a un an encore. Elle m’a affirmé avoir eu connaissance de son passé et l’avoir surveillée de très près pendant les premiers temps. Mais ils n’ont jamais eu de problème avec elle et pourtant elle a travaillé pour eux pendant 5 longues années. Et d’ailleurs, ils n’ont pas hésité à la recommander auprès des parents de la petite Lilou… C’est pour cette raison qu’elle a réussi à avoir ce job, grâce à leur appui. »
-« Très bien. Merci Ryan ! Espo, tu as trouvé quoi toi ? »
-« Tu plaisantes là ? A ton avis, qui s’est occupé à faire taire cette… Chose ? » dit-il en montrant la petite Lilou qui dessinait bien tranquillement. « Pendant que Kévin passait son coup de fil. »
-« Wahh…Bah dites donc, j’ignorais que deux flics de votre classe se laisseraient complètement dépasser par une fillette d’à peine deux ans ! Bon... Je m’en occupe. Pendant ce temps-là, vous n’avez qu’à aller chercher de quoi remplir son estomac et la faire manger. C’est dans vos cordes ça ? » demanda-t-elle en leur faisant un clin d’œil. « Et ne prenez pas n’importe quoi quand même !! »
-« SUPER ! Apres le baby-sitting, nous voilà de corvée de courses maintenant… »
-« Arrête de râler Espo ! Tu préfères continuer à surveiller le petit monstre ? »
Les garçons disparurent dans l’ascenseur et prirent tout leur temps avant de revenir avec quelques plats chinois. Ils précisèrent qu’ils n’avaient rien pris de trop épicés ni de trop spécial. Juste du riz aux petits légumes, du poulet à la coco et des scampis à l’ail ainsi que quelques rouleaux de printemps car Ryan ne savait pas s’en passer. Les 3 garçons s’installèrent donc dans la salle de réunion avec la petite et commencèrent à la faire manger en attendant Beckett qui continuait à passer ses appels pour tenter de retrouver ce Jeff Willet. Beckett arriva 20 minutes plus tard et plaqua sa main devant sa bouche en voyant le désastre : les garçons étaient occupés à discuter et à plaisanter et aucun d’entre eux ne remarquaient que la petite mettait davantage de riz sur la chaise et le sol que dans sa bouche. Elle poussa Rick qui était assis à côté de la fillette et lui fit signe de changer de place. Elle avança sa chaise de celle de Lilou et entreprit de lui prendre la cuillère des mains pour lui donner à manger. Les 2 garçons la regardèrent l’air amusé car ils avaient abandonné cette idée devant les grimaces et les caprices de l’enfant.
-« Nonnn… Wââ seule ! » cria la fillette d’une voix très ferme.
Beckett la regarda avec ses yeux sévères et lui fit remarquer l’état du sol. Elle tenait toujours la cuillère d’une main et, avec l’autre, retira celle de la fillette tout en continua à la menacer du regard. La fillette n’osa pas broncher et capitula mais, lorsque Kate approcha la cuillère de sa bouche, celle-ci resta obstinément fermée. Kate perdit patience et, en plus du regard menaçant qu’elle continuait à lui lancer, elle appliqua une méthode peu éducative mais très efficace.
-« Soit tu ouvres la bouche, soit je te les fais entrer de force par le nez !! C’est toi qui vois ! » dit-elle vraiment sûre de ses propos.
La fillette ouvrit de grands yeux. Visiblement, personne n’avait l’habitude de lui tenir tête aussi longtemps. Elle capitula devant la détermination de Kate et ouvrit la bouche.
-« Wah… Par le nez ! J’aimerais bien voir ça moi ! » taquina Castle.
Beckett se retourna et lui répondit du tac au tac, toujours sur un ton très énervé.
-« Si tu veux ! Pas de problème… » dit-elle en approchant la cuillère du visage de l’auteur.
-« Ok… Merci… Peut-être une autre fois… » dit-il en se reculant.
Lilou se calma aussitôt et éclata de rire ainsi que Espo et Ryan. Le reste du repas se passa dans le calme et la bonne humeur enfin de retour. Après ce repas, Kate installa la fillette dans le divan de la salle de repos et lui ordonna de fermer ses yeux et de se reposer. Elle s’endormit rapidement et, une fois endormie, tous les policiers du service s’arrangèrent pour aller boire leur café ailleurs et faire le moins de bruit possible. Même Gates qui voulait récupérer son sandwich dans le frigo fit demi-tour sur la pointe des pieds : enfin le calme était de retour !
Beckett et son équipe en profitèrent pour faire le point sur cette enquête. Ils se réunirent dans la salle de réunion (que les garçons avaient dû nettoyer de fond en comble) et commencèrent à résumer tout ce qu’ils savaient. Mary Banks avaient un lourd passé de droguée mais, après avoir réussi à s’en sortir, elle travaillait comme baby-sitter pour gagner sa vie. Elle partageait son appartement avec deux colocataires dont l’une qu’elle connaissait à peine. Plus tôt dans la journée, Lanie les avait avertis qu’elle n’avait aucune trace de drogue dans son organisme et que la cause du décès était due au coup qu’elle avait reçu à la tête. Et, à part le fait qu’elle adorait lire les petites annonces et faire des photos, ils ne savaient pas grand-chose d’autre. Son histoire d’amour la plus sérieuse s’était terminée en vrai cauchemar. Kate profita également de ce petit débriefing pour informer le reste de l’équipe de ce qu’elle avait découvert sur l’ancien petit copain en question : il avait été arrêté pour trafic de drogue et était sorti de prison depuis 15 jours. Son agent de probation avait promis qu’il se chargerait de le leur amener demain dans leurs locaux.
-« Demain ?? Demain comme dimanche ? » protesta Esposito.
-« Oui Espo ! Demain comme dimanche ! Tu avais autre chose de prévu peut-être ? Parce que je te rappelle quand même que je n’avais pas vraiment prévu de passer mon week-end avec vous ! Et puisqu’on en parle, il n’est pas question que je passe une nuit de plus dans ces fauteuils ! Alors vous vous gardez Lilou et moi je rentre ! »
-« Moi aussi !! » renchérit Castle aussitôt.
-« Pourquoi un dimanche ? » râlait Esposito pendant que Ryan faisait déjà une drôle te tête, pensant à la comédie que risquait de lui faire Jenny.
-« Ils viendront demain car aujourd’hui il travaille ! Il a eu du mal à obtenir ce job, son patron n’est pas du genre très compréhensif et son agent de probation m’a presque suppliée de ne pas le faire renvoyer. Et Ryan, je m’occupe de Jenny, » lui dit-elle avec un grand sourire en prenant son téléphone.
-« Ca devrait me rassurer ça ? » lui répondit-il alors qu’elle quittait la pièce.
Elle revint quelques instants plus tard en lui disant que tout était arrangé, qu’il était sensé être réquisitionné pour une planque qui risquait de s’éterniser et qu’il ne rentrerait probablement pas avant le lendemain dans la journée.
-« Et elle a avalé ça ? » demanda Ryan incrédule.
-« Vu que ça venait de moi, elle n’a aucune raison d’en douter. Je suis ta supérieure tout de même ! »
La petite Lilou apparut dans la pièce sur son petit vélo et commença à tourner autour d’eux tout en chantonnant. Après plusieurs tours de table, agacé, Esposito finit par mettre son pied devant la roue pour la caler ce qui fit basculer le vélo et tomber la fillette qui se mit à hurler.
-« Bravo mec, c’est vrai que c’est bien mieux maintenant ! » fit Castle.
Beckett se leva, donna une petite claque derrière la tête de son collègue et releva la fillette.
-« Wââ bobo là… » exagéra Lilou.
Kate la regarda avec un sourire et l’emmena pour mettre un joli pansement sur sa blessure imaginaire. La fillette revint 2 minutes plus tard avec un petit sparadrap rond sur le genou. Kate s’était même appliquée à dessiner deux yeux, un museau et quelques moustaches pour en faire un petit chat.
-« Zoli hein ? » montra fièrement la petite.
Chapitre 53 :
Rick et Kate ne rentrèrent pas très tard ce soir-là. Martha et Alexis furent très surprises de les voir rentrer, aucune d’elles ne s’attendaient à les voir.
-« Vous auriez dû nous dire que vous rentriez ! On vous aurait laissé un peu de quoi dîner. »
-« Ne t’inquiète pas Martha, je n’ai pas très faim de toute façon. » dit Kate en se laissant tomber dans le divan. « Je suis épuisée et j’ai mal partout ! Je n’ai plus l’habitude de passer mes nuits au poste. »
-« Il doit rester un peu de poulet dans le frigo si vous voulez… » Intervint Alexis.
-« J’ignorais que tu passais le week-end avec nous ! Mais je suis ravi de te voir ma chérie. » dit Rick en serrant sa fille dans ses bras.
-« Ah bon, on ne devait pas aller voir Underworld 4 ? Et puis on n’était pas censé faire ‘une sorte de course sur circuit' ? » Répondit la jeune fille avant d’ajouter en voyant que son père n’avait pas l’air de comprendre du quoi elle parlait. « Tu sais Ferrari, Lamborghini, Porsche… Le tout sur un circuit ? Ce n’est pas ça qui était prévu Kate ? »
-« Si, Alexis. C’est ce qui était prévu mais ton père a trouvé plus drôle encore. » dit-elle en lui faisant un clin d’œil.
-« Tu avais vraiment prévu tout ça ? » demanda-t-il à la fois surpris et désespéré.
-« Oui mon Chéri, j’avais vraiment prévu qu’on passe le week-end tous les trois. Je m’étais même arrangée pour qu’Alexis puisse conduire les voitures bien qu’elle n’a pas tout à fait l’âge requis. Mais bon, deux jours de baby-sitting tout en étant obligé de rester au poste, c’est bien aussi non ? » Plaisanta-t-elle.
-« Tu as dû te donner un mal fou à organiser tout ça et moi je t’oblige à tout annuler pour garder un petit monstre de deux ans… »
-« Tu exagères ! Elle n’est pas si terrible quand même. En fait, c’est toi qui as eu trop de chance qu'Alexis ne te ressemble pas trop. »
-« Alexis, je te remercie infiniment d’avoir toujours été et d’être toujours aussi adorable et raisonnable, » dit-il en embrassant sa fille.
Ils passèrent de reste de la soirée à parler des études d’Alexis, du spectacle de Martha auquel Castle se félicitait d’avoir échappé et, quand ils commencèrent à parler de la petite Lilou et de l’enquête en cours, Kate se leva et souhaita une bonne nuit à tout le monde avant d’aller se coucher. Rick la suivit peu de temps après. Ils étaient tellement épuisés qu’ils ne tardèrent pas à s’endormir.
Au commissariat, l’ambiance était tout autre : après avoir transformé une fois de plus le vestiaire en pataugeoire, Lilou s’amusait à faire tourner en rond les deux enquêteurs. Elle s’amusait à réclamer tout un tas de chose et à refuser systématiquement tout ce qu’ils lui proposaient. Esposito se dévoua pour lui raconter une histoire et, là non plus, ça ne lui plaisait pas. Ryan finit tout de même par la mettre au lit et ils purent enfin s’installer au calme dans les fauteuils. A peine une heure plus tard, la petite se mit à hurler en réclamant Kate et Rick, elle ne voulait rien savoir d’autre et exigeait de les voir et de leur parler. Les garçons ne comprenaient rien de ce que disait la fillette, la seule chose qu'ils réussissaient à comprendre était le mot 'Tate'. Ils finirent par la calmer en lui expliquant qu’ils allaient essayer de téléphoner à Kate. Ryan essaya donc de la joindre pendant qu’Esposito était chargé de calmer la petite et de la faire patienter. Une demi-heure plus tard, Beckett était toujours injoignable et la petite de plus en plus difficile à maitriser. Esposito en avait plus qu’assez de cette situation, il attrapa le sac avec les quelques affaires de la petite, la prit par le bras et se dirigea vers l’encenseur.
-« Je peux savoir où tu vas ? On n'a pas le droit de sortir ! » Demanda l’irlandais.
-« Ses parents ne risquent pas d'arriver au milieu de la nuit et, puisque Beckett ne veut pas nous répondre, c’est nous qui allons aller à elle, » dit-il toujours aussi furieux.
-« Ouais ‘Tate, ‘Tate… » S’enthousiasmait déjà la petite.
-« Je serais toi petit monstre, je me calmerais. Je ne suis pas certain que Kate soit ravie de nous voir. Et si elle n’est pas chez elle ? Tu y as pensé à ça ? Je te signale qu’on ne sait toujours pas qui est son amoureux mystère… On fera quoi ? » Essaya de le raisonner Ryan.
-« On ira chez Castle ! Après tout, c’est lui qui a eu cette brillante idée ! »
Ryan se proposa de conduire en voyant l’état dans lequel était son coéquipier. Le trajet se fit en silence car Espo était bien trop furieux pour pouvoir faire autre chose que d’aboyer à chaque fois qu’on lui parlait. Comme Ryan l’avait prédis, Beckett n’était pas chez elle. Et, après s’être fait engueuler par les voisins que le latino avait finis par réveiller, ils se décidèrent à se rendre chez Castle. Etant donné que le concierge de l’immeuble les connaissait, il les laissa entrer sans trop poser de questions. Il était donc plus de 2h du matin lorsqu’Esposito commença à tambouriner à la porte de Castle. Il frappa aussi longtemps qu’il fallut à l’écrivain pour se lever et lui ouvrir la porte. C’est torse nu, en caleçon et encore à moitié endormi qu’il leur répondit.
-« J’espère vraiment que c’est important !! »
-« Wah… Tu dors comme ça toi ? Bah elle doit être ravie Madame Castle N°3 ! » Dit Esposito qui ne s'attendait pas à le voir dans cette tenue.
Mais visiblement, cette remarque ne fit pas rire Castle car il tenta de refermer la porte. Le latino la bloqua en mettant son pied avant que celle-ci ne se referme complètement et s'invita lui-même à entrer.
-« Non mais ça ne va pas ? Vous avez vu l’heure ? »
-« On est parfaitement au courant de l’heure. Il se trouve que Miss Lilou s’est réveillée en hurlant. Elle réclame Kate et tu sais quoi ? Elle ne répond pas au téléphone et n’est même pas chez elle. Alors comme c’est toi qui nous as mis dans cette situation, c’est à toi de te débrouiller maintenant ! » Dit Espo toujours aussi furieux.
-« Ok, c’est bon, j’ai compris ! Mais tu ne pourrais pas parler moins fort ? Je te rappelle que je n’habite pas seul ! Ce n’est peut-être pas la peine de les réveiller. »
-« Oh laisse-moi deviner… Madame Castle N°3 est là ? Serait-elle du genre grognon au réveil ? » Dit Ryan pour essayer de détendre l’atmosphère.
-« Je te conseille d'oublier ce petit nom si tu ne veux pas qu'elle t'étrangle. Et tu n’as pas idée à quel point elle peut être grognon ! » Dit-il avec un léger sourire.
Esposito avait repris son G.S.M. et composa une fois de plus le numéro de Kate. De la cuisine, la sonnerie du portable de la jeune femme se fit entendre. Les garçons se retournèrent alors vers l’écrivain. Le regard amusé, ils attendaient une explication qui tienne la route.
-« Elle a dû l’oublier en me raccompagnant tout à l’heure, » expliqua-t-il.
-« En te raccompagnant hein ?? » reprit Esposito de moins en moins crédule.
-« Quoi ? On est collègues, ça ne vous arrive jamais à vous de passer boire un verre chez l’autre ? » Tenta Rick pour les convaincre.
Pendant ce temps-là, Kate qui n’avait rien entendu des coups frappés à la porte se réveilla en sentant que le lit était vide à côté d’elle. Elle se leva alors, pensant qu’une insomnie l’avait poussé à allumer son ordinateur et commencer un nouveau chapitre. Elle se rendit vite compte que le bureau était vide et que plusieurs personnes discutaient à voix basses dans le salon. Encore légèrement endormie, elle ne reconnut même pas ses coéquipiers et c’est en short extrêmement court et tee-shirt moulant qu’elle apparut à l’entrée du salon.
-« Rick ?? … Qu’est-ce qui… »
Chapitre 54 :
-« Rick… Qu’est-ce qui se… » dit-elle en arrivant dans la pièce avant de s’exclamer, gênée en voyant ses collègues. « Mais qu’est-ce que vous faites là vous ?? »
-«’ Tate, ‘Tate… Toi là ! » dit la fillette en courant dans ses bras.
-« Qu’est-ce qu’ils vont nous trouver comme excuse, là ? Elle a oublié ses clés au poste ? » commença déjà à se moquer Ryan.
-« Non mais c’est pas vrai… Alors nous, on te cherche depuis des heures et toi tu… Tu fais des câlins avec Castle ? » râla le latino.
-« Donc, si ça avait été avec n’importe qui d’autre, tu ne serais pas en train de rouspéter ? » demanda Kate pour en rajouter une couche afin de masquer son embarras.
-« Mais… C’est Castle !!! » dit il complètement à bout de souffle.
Esposito n’en revenait pas : voir Beckett en petite tenue sortir de la chambre de Rick alors là, il hallucinait complètement.
-« Oui, c’est Castle ! »dit-elle en souriant. « Alors, qu’est-ce que vous faites là ? Vous ne deviez même pas sortir du commissariat je vous rappelle ! » dit elle pour changer de sujet.
-« Ca, on sait… Seulement, cette petite canaille ne voulait que Toi ! Et on n’arrivait même pas à te joindre… Et tu n’étais pas chez toi… » expliqua Ryan en passant de Rick à Kate pour se faire à l’idée qu’ils étaient ensemble.
-« J’en reviens pas… Castle et Beckett ! » fit Espo toujours dans son petit monde.
Kate et Rick échangèrent un regard tout en souriant. Visiblement, même en les prenant sur le fait, ils avaient bien du mal à y croire. Kate s’intéressa alors à la fillette qui se blottissait dans ses bras.
-« Alors toi ? Tu ne m’avais pas promis d’être sage ? » dit-elle en la posant sur le sol et se mettant à sa hauteur.
-« Mais wââ saze… Eux pas zentil ! » dit-elle timidement en baissant les yeux.
Kate la regarda alors en fronçant les sourcils.
-« Mais v’ais… li pas bien conter histoi… » dit Lilou en regardant Ryan avant de se tourner vers Esposito. « Et li, même pas zouer avec eau ! Et pas compend wââ ! nuyé wââ ‘vec eux… »
-« Mais vous êtes vraiment nuls hein ! » dit-elle en s’adressant aux garçons.
-« Ah ouais, parce que toi tu as compris ce qu’elle vient de dire là peut être ! » fit Espo boudeur.
-« Elle vient de dire qu’elle a été sage, que Ryan ne sait pas raconter les histoires, que toi tu ne joues pas avec l’eau et que vous ne comprenez rien à ce qu’elle dit et qu’elle s’est ennuyée… C’était clair non ? » fit Beckett d’un naturel incroyable.
-« C’est intégré le décodeur bébé chez les femmes? » demanda Ryan à Rick qui était lui-même impressionné.
-« Vous devriez rentrer vous reposer… Il va falloir être aux bureaux de bonne heure pour arriver avant Gates, » ajouta Beckett d'un ton autoritaire.
-« Je ne peux pas rentrer chez moi ! Je suis sensé être en planque je vous rappelle… Et je n’ai pas envie de passer une heure à inventer n’importe quoi pour convaincre Jenny… »
-« Bon, tu n’as qu’à rester ici… Il y a une chambre d’amis à l’étage, 3e porte à droite. Je ne te conseille pas de te tromper, à part si tu veux avoir à faire à Alexis, » dit Rick en plaisantant.
-« On est venu avec sa voiture !! » dit Esposito en se plaignant.
-« Tu n’auras qu’à dormir sur le canapé… Rassure-toi, il est plus confortable que ceux du commissariat, » dit Kate en se moquant.
Kate déposa un baiser sur les lèvres de Rick juste pour faire halluciner d’avantage les garçons qui n’en revenaient toujours pas.
-« A tout de suite toi. » lui dit elle avec un petit sourire.
Ensuite, elle prit la fillette par la main pour l’emmener dormir dans leur chambre. Rick proposa des couvertures et des coussins aux garçons qui avaient décidé de dormir au salon puis retourna se coucher près de sa petite amie.
Quelques heures plus tard, le réveil de Beckett sonna et tout le monde dut se lever à une vitesse incroyable pour éviter de se faire tirer les oreilles par Kate.
Avant de se lever, Kate et Rick s’étaient mis d’accord pour ne rien changer de leurs habitudes et de profiter du petit déjeuner comme tous les matins. Après tout, puisqu’ils étaient démasqués, ils n’avaient plus aucune raison de continuer à jouer la comédie.
Elle prit le petit sac avec les affaires de Lilou que les garçons avaient pris avec eux la veille et s'enferma dans la salle de bain avec elle pour se préparer. Elle ressortit avec la petite avant même que les garçons ne se soient levés des divans.
-« Allez debout ! » dit-elle en les secouant un peu.
Elle alla ensuite dans la cuisine où Rick était déjà en train de préparer le café. Elle lui donna un baiser en passant à côté de lui et commença à beurrer une tranche de pain grillé. Rick la lui prit des mains en déposant sa tasse de café à coté d'elle ce qui fit sourire les garçons qui venaient d'arriver. Beckett beurra une seconde tranche et à peine avait-elle terminé qu'une petite 'terreur' la lui chipa. Kate leva les yeux au ciel et recommença à beurrer une troisième tartine. Elle resta un petit moment assise sur la chaise la cuisine buvant son café et grignotant la tartine du bout des dents.
-« Ca ne va pas ma chérie ? » demanda Castle qui venait de se poster juste derrière elle.
Il voyait bien qu'elle n'était pas dans son état normal depuis quelques temps et il se disait qu'elle finirait bien par lui dire ce qui pouvait bien la tracasser à ce point.
-« En fait… Je n'ai plus très faim ! » dit-elle en reposant la tranche de pain sur la table.
Rick se rapprocha encore plus de la jeune femme et déposa tendrement de petits baisers dans son cou. Elle qui n'était pas du genre câline d'habitude profita de chaque instant de douceur.
-« Eh… Vous savez que je mange là ! » râla Esposito en les voyant collés l'un contre l'autre.
-« Bon appétit ! » répondirent-ils en même temps avant de se mettre à rire.
-« Je suis tellement fatiguée que je n'ai même pas l'impression d'avoir dormi. » continua-t-elle en posant sa tête contre le torse de Rick.
-« Vous savez que vous pouvez dormir de temps en temps la nuit ? » répliqua Esposito pour les taquiner ce qui lui valut un regard menaçant de Beckett qui ne se priva pas pour lui répondre.
-« Je serais peut-être moins fatiguée si personne ne m'avait réveillée à 2h et demie du matin ! »
Kate était toujours appuyée contre Rick qui ne se privait pas pour déposer de petits baisers sur ses joues.
-« Non mais vous ne pourriez pas vous arrêter deux minutes… » râla une fois de plus le latino.
-« Tout compte fait, je crois que je préfère encore quand ils font comme si de rien n'était… » répondit Ryan à son tour.
-« Il va falloir vous y habituer. Maintenant que Kate s'est enfin décidée, ils ne se lâchent plus... » dit Alexis que personne n'avait vu descendre.
-« Mais qu'est-ce que tu fais debout de si bonne heure toi ? » demanda son père en l'embrassant sur la joue.
-« Avec tout le bazar que vous avez fait cette nuit. Tu plaisantes là ! » dit-elle en lançant un regard furieux à Ryan et Esposito.
Quand à la petite Lilou, trop contente de retrouver Kate, elle déjeunait sagement et ne broncha même pas au moment de partir pour le commissariat.
Chapitre 55
L'équipe arriva au 12 th peu de temps avant Gates mais, fort heureusement, la petite ne parla pas de sa petite expédition nocturne et se contenta de serrer une poupée tout contre elle et de tourner inlassablement autour des bureaux avec son vélo. Beckett et son équipe étaient coincés au poste à devoir garder cette petite et leur enquête avançait au ralenti. Là, ils étaient obligé d'attendre le bon vouloir d'un agent de probation alors qu'en temps normal Beckett n'aurait pas hésité à se pointer au domicile du suspect, voire même à aller le trouver directement sur son lieu de travail. Lorsque ce Jeff Willet arriva enfin, Beckett le fit entrer sans attendre dans la salle d'interrogatoire pendant que Ryan, Espo et l'agent de probation suivaient la conversation de l'autre pièce.
-« Monsieur Willet, savez-vous pourquoi vous êtes là ? » demanda Beckett d'une voix très autoritaire. -« Pour ne pas avoir de problème avec mon agent, » répondit l'homme qui ne se cachait pas pour faire savoir qu'il n'en avait rien à faire.
-« Connaissez-vous Mary Banks ? » demanda-t-elle pour engager la conversation.
-« Mary ?? Ouais j'la connais... Et alors ? Ça fait des années que j'lai pas vu... Et j'm'en fous ! » répondit-il en la regardant droit dans les yeux.
-« Que s'est-il passé avec Mademoiselle Banks ? » insista-t-elle.
-« J'ignore ce que cette petite p*** a bien pu vous raconter mais c'était il y a des années. Vous n'avez aucune raison de m'arrêter ! »
-« Elle ne nous a rien dit ! Elle est morte ! » dit Beckett se décidant à être cash devant l'attitude peu coopérative de ce type avant de poursuivre, menaçante. « Mais si vous ne me racontez pas toute l'histoire, croyez-moi, j’arriverai quand même à faire en sorte que vous ayez vraiment de gros ennuies ! »
-« Ok... Je vais vous raconter... Mais vous ne devez rien dire à mon agent... Il m'aime bien... Vous comprenez ?? »
-« Rassurez-vous... On ne lui répétera rien ! » dit Castle ironiquement sachant qu’il était dans la pièce d’à côté.
Beckett le regarda avec un léger sourire et fit de nouveau face à Jeff, le regardant sévèrement pour l'inviter à parler.
-« C'était il y a plus de 9 ans maintenant... On était tous les deux accro à la cocaïne, aux amphétamines et à tout ce qu'on trouvait... On était ensemble et défoncés en permanence... »
-« Jusque-là... Ça peut encore aller ! » fit remarquer Castle.
Beckett le fusilla du regard en lui faisant comprendre de se taire.
-« Ouais... Jusque là, ça allait. Sauf elle est tombée enceinte. »
-« Elle avait un enfant ?? » laissa échapper Beckett surprise de cette nouvelle.
-« J'en sais rien... J'en voulais pas de ce môme... Je m'suis tiré ! »
-« Alors ça, c'est la grande classe ! » fit remarquer une fois de plus Castle.
- « Eh... J'suis pas obligé de vous raconter ça, ok ? »
-« Excusez-le... Continuez ! » intervint Beckett. « Elle a gardé l'enfant ? »
-« Non... Elle est entrée en cure de désintox pour le bien du bébé et ensuite elle l'a fait adopter. 'Pour qu'il ait une vie meilleure' comme elle disait. Elle aurait pu en faire ce qu'elle voulait, de toute façon, j'm'en fichais complètement. »
-« Comment savez-vous tout ça si vous n'en aviez rien à faire ? » s'interrogea l'auteur.
-« Parce qu'elle m'avait renseignée comme étant le père et que, du coup, elle avait besoin de ma signature pour les papiers d'adoption. »
-« Vous savez si c'était une fille ou un garçon ? Vous connaissez le nom de la famille qui a adopté le bébé ? » demanda Beckett.
-« J'vous dis que j'en sais rien. J'avais à peine 20 ans, j’étais fauché, drogué et je ne voulais pas d'un marmot sur les bras. J'ai signé les papiers et j'l'ai plus jamais revue ! »
-« Vous n'avez jamais cherché à savoir ? Si j'avais un enfant quelque part, même sans l'avoir désiré, je ne pourrais jamais lui tourner le dos ! » pensa Castle à voix haute en père modèle qu'il était.
-« Bon, ben... Vous êtes quelqu'un bien ! C'est ça qu'vous vouliez que j'vous dise ? Vous pensez ce qu'vous voulez j'm'en fiche ! Moi, j'suis parti ! »
Il marqua une petite pause.
-« Je n'sais pas ce que Mary a fait après ça et je n'sais pas non plus où est l'enfant. Je n'sais pas pourquoi elle est morte. Et si vous n'avez rien à me reprocher, vous n'pouvez pas m'garder ! » dit-il en se levant.
-« Mais vous être tout à fait libre de partir... » fit Beckett en lui ouvrant la porte.
Le type partit sans se retourner et sans rien demander. Son agent de probation le rejoignit près de l'ascenseur et ils partirent sans même échanger un mot. Castle et Beckett retournèrent près du tableau blanc pour y noter les dernières informations et la jeune femme demanda à Ryan d'en savoir un peu plus sur cette adoption et de retrouver la trace de l'enfant et de sa famille.
-« Où est Lilou ? » demanda soudain Kate en constatant que l'étage était bien calme tout d'un coup.
-« Gates l'a prise avec elle dans son bureau pendant que vous étiez en salle d'interrogatoire, » répondit l’officier de police auquel Kate avait demandé de garder la petite. « La petite s'amusait à décrocher tous les téléphones, à déposer ses peluches à côté et à discuter avec ses amis imaginaires. »
-« Wah... Ça c'est cool ! Je n'y avais jamais pensé moi ! » dit l'écrivain en faisant sa tête de gamin.
-« Castle ! Tu veux bien arrêter de faire le pitre ! » dit Kate en le foudroyant du regard.
-« Oh... C'est 'Castle' tout d'un coup ? C'était mignon ce matin de l'entendre l'appeler 'Rick'. Tu crois qu'elle l'appelle 'chaton' quand ils sont seuls ? » se moqua Esposito.
Ryan explosa de rire et même Beckett eut du mal de se retenir tandis que Castle soupirait de désespoir.
-« Je t'avais bien dit qu'ils ne se priverait pas de nous charrier... Gates nous a interdit de nous montrer trop complice et de nous câliner pendant les heures de services, » expliqua Beckett.
-« Ah… Parce que même Gates est au courant ?... Et il a le droit de rester ? » remarqua Ryan surpris de l’indulgence de la Capitaine.
-« Elle nous a surpris. Du coup, Rick peut rester tant qu’on continue à faire notre travail et qu’on ne passe pas tout notre temps à flirter. »
-« Encore heureux ! » répondit Ryan. « Alors, en fait, on était les seuls à ne pas être au courant ? »
-« Ben c'est ça qui était drôle justement ! » lui répondit Castle. « Et avouez quand même que, pour des enquêteurs, mettre 8 mois à découvrir ça, ça ne le fait pas vraiment. »
-« Quand vous aurez fini de vous chamailler, on pourra peut être travaillé ! » dit Beckett assez sèchement pour que les enquêteurs se remettent au travail. « Ryan, tu trouves quelque choses ? »
-« Il va me falloir des heures pour éplucher ses soins de santé… Et encore plus pour convaincre les services sociaux de nous aider… Alors je crois que tu vas devoir patienter un peu. »
-« Bon !!Je n’aime pas attendre… Continue avec les remboursements de soins de santé, je contacte les hôpitaux. Espo, toi tu contactes les services sociaux et use de ton charme légendaire pour convaincre la secrétaire de nous obtenir ce renseignement. »
-« Tu ne préfères pas que ‘chaton’ s’occupe de charmer la standardiste ? » fit-il en coupant la parole à Beckett.
-« Ne l’appelle pas chaton ! Et si tu estimes que tu n’as pas assez de travail, tu peux aussi te charger d’appeler les hôpitaux pour avoir accès aux archives, » répondit l'inspectrice en essayant de rester sérieuse mais rien que le mot ‘chaton’ lui donnait envie d’exploser de rire.
Beckett commençait déjà à prendre note des numéros de téléphone des différents hôpitaux lorsque Castle l’interrompit.
-« Tu comptes laisser Lilou seule avec Gates ? »
-« Un peu de calme… » supplia l'enquêtrice avant de lui promettre. « Juste pour pouvoir avancer un peu. Je te promets d’aller la délivrer dés qu’on en saura un peu plus. »
-« C’était pour Gates que je m’inquiétais ! » dit Rick en regardant vers le bureau.
Kate le regarda en souriant et se disant qu’il exagérait quand même. Elle l’aimait bien cette petite ! Une vraie chipie, pleine d’idées et de bêtises mais tellement adorable !
-« Sinon, j’ai peut-être une autre idée, » dit Castle en regardant attentivement les clichés pris au parc par Mary Banks… »
Chapitre 56
-« Qu’est-ce que tu veux dire ? » dit Beckett en se levant et s’approchant du tableau.
-« Est-ce que tu as regardé Jeff Willet ? » demanda-t-il l’air de rien.
-« C’est pas vraiment mon style ! Si c’est ce qui peut te rassurer, »répondit-elle avec un léger sourire. « Dis-moi où tu veux en venir ! »
-« Le petit garçon en gros plan sur ce cliché, si tu observes bien toutes les photos, il apparait à l’arrière-plan sur une bonne partie des autres. »
Les deux autres inspecteurs laissèrent leurs recherches et s’approchèrent pour vérifier eux aussi cette affirmation. Comment avaient-ils pu passer à côté de ça ?
-« Ce n’est peut-être qu’une coïncidence… » fit remarquer Ryan.
-« Jeff a une fossette au menton, » dit Castle en prenant la photo de l’homme en question. « Et regardez bien le menton du petit… Elle est légère mais elle est bien là. C’est un facteur héréditaire tout comme la couleur des yeux, des cheveux… »
-« Ce n’est pas parce que Dr House a dit que c’était héréditaire que ça l’est vraiment mon pote. La génétique est bien plus complexe en fait, » dit Esposito rien que pour le contrarier.
Castle prit alors son portable et commença à fouiller dans les photos qu’il avait prises au parc.
-« Tu as pris les gens en photo ! » s’exclama Beckett presque aussi furieuse que surprise.
-« Bah quoi ? Ça aussi c’est interdit ? Ne te plains pas, tu vas voir, ça va être utile ! » assura-t-il avec une sourire.
Gates venait d’arriver et préféra les observer dans leur raisonnement.
-« Castle ! Il y a plus de 8 millions de personnes à New-York ! Il est quasiment impossible qu’elle ait réussit à retrouver son fils. »
-« Tu oublies qu’elle connaissait le nom de la famille qui a adopté son enfant. Ça fait partie des renseignements que peuvent connaitre les parents biologiques. Et tu ne trouves pas que ce garçon ressemble bien plus à Jeff et Mary qu’à ses parents ? Et ça expliquerait que ça ne la dérangeait pas de travailler à l’autre bout de la ville. Peut-être qu’elle voulait juste le voir de temps en temps ou peut-être qu’elle voulait le récupérer. »
-« Il vient presque de me convaincre moi ! » intervient Gates. « Vérifier ça, » ordonna t elle. « Et ensuite vous récupérerez le petit diable qui est dans mon bureau. Pour l’instant, elle joue avec les lego mais je doute que ça l’occupe encore très longtemps. »
Gates les laissa face au tableau et quitta le 12th.
-« Est-ce que tu te rends compte qu’on ne sait même pas s’il était bien avec ses parents. Peut-être que c’était juste des amis… Mais bon, puisqu’on a ordre de vérifier ça, » soupira Kate. « Il y a une école juste à coté du parc. Espo, trouve-moi le nom de cet établissement et contacte le directeur, je sais qu’on est dimanche mais trouve le moyen de lui montrer la photo de l’enfant et de lui demander ce qu’il sait. Ryan, trouve-moi l’hôpital dans lequel elle a accouchée et la date de naissance de l’enfant, c’est impossible qu’il n’y ait aucune trace dans ses soins de santé. »
-« Mais qui te dit qu’elle avait une mutuelle ? C’était une droguée… » fit Castle qui venait de se rendre compte qu’il était peu probable qu’elle en ait une.
-« Parce qu’elle a suivi une cure de désintox. Le genre de truc qu’il est impossible de payer cash. Donc elle avait forcement accès à des soins de santé. »
-« Ne vous disputez pas les amoureux. Elle avait belle et bien un numéro de sécurité social. Ce sont ses parents qui payaient avant qu’ils ne meurent. Ensuite, apparemment, les virements venaient de son compte. Mais je ne sais pas comment vu qu’elle ne travaillait pas. »
Castle et Beckett se regardaient complètement désorienté. Jusqu’à ce qu’un léger sourire apparaisse sur le visage de l’auteur.
-« Elle avait bien 19 ans quand ses parents sont décédés, n’est-ce pas ? » demanda-t-il juste pour confirmation.
-« C’est à peu près ça, oui. Un peu avant la naissance de son enfant je crois mais ça ne dit pas où elle a trouvé l’argent ? »
-« Elle avait 27 ans et est tombée enceinte il y a 9 ans, » raisonna-t-il à voix haute en regardant Kate dans les yeux.
-« Ça fait 18 ans… Donc quand elle a donné naissance au bébé, elle devait avoir... » continua-telle.
-« 19 ans, » compléta-t-il.
Beckett détourna son regard et s’adressa alors à Esposito.
-« Contacte également la banque et trouve d’où proviennent les virements. On finira bien par trouver la personne qui l’aide depuis tout ce temps. Si elle comptait récupérer son fils, cette personne est peut-être au courant. Peut-être même qu’elle essaye déjà de l’aider encore une fois. »
Beckett laissa les garçons poursuivre leurs recherches et se dirigea vers le bureau de Gates pour retrouver la petite Lilou. Elle s’arrêta net devant la porte, ouvrit de grands yeux et entrouvrit la bouche : jamais elle ne s’attendait à un tel désastre.
-« Adorable !! C’est toujours ce que tu penses ? » lui souffla Castle à l’oreille.
-« Dis-moi que c’est un cauchemar… Gates va la tuer ! » se contenta-t-elle de répondre.
-« Zoli hein ?? » demandait fièrement la petite.
Lilou avait découvert la perforatrice sur le bureau de la capitaine et, visiblement, du haut de ses deux ans, elle avait tout de suite trouvé comment se servir de cette petite merveille ! Elle avait commencé par la vider et c’était servi des feuilles trainant sur le bureau pour faire d’avantages de ‘confettis’. Rien de plus amusant que de tout lancer et de les observer retomber sur le sol.
-« Moi je trouve ça plutôt joli ! » dit Rick toujours à l’oreille de Kate.
-« Tu veux peut-être l’aider à ramasser alors ! » fit Beckett en le regardant d’un air furieux.
-« Ok ! J’ai rien dit… »
Kate s’approcha de la fillette et se mit à sa hauteur tout en lui lançant le regard qui d’ordinaire était réservé à faire avouer les suspects.
-« Toi pas aimer ? »
-« Non… Et je doute que Gates trouve ça très joli, » assura la jeune femme avant d'ordonner sèchement. « J’espère pour toi que tu n’as pas utilisé des documents importants pour ton petit jeu… Mais tu as intérêt à ramasser tous les petits confettis que tu as lancés. »
-« Moi ? Tout ‘amasser ? »
-« OUI Mademoiselle. »
Lilou n’avait jamais vu Kate aussi furieuse et comprit très vite qu’elle venait de faire une grosse bêtise. Avant même que Kate n’ait quitté la pièce, elle avait déjà commencé à ramasser et, lorsqu’elle regarda l’inspectrice pour lui demander ce qu’elle devait faire des petits bouts de papiers, Kate lui montra la poubelle. Lorsque Kate sortit du bureau de la Capitaine, elle remarqua celle-ci assise à son bureau et admirant le tableau remplis d’indications et de photos.
-« Comment vous avez réussi à travailler avec ce petit monstre dans vos pieds ? » dit la supérieure avec un regard compatissant.
-« Sans Lilou, on aurait peut-être déjà trouvé. Mais pour l’instant, on ignore toujours la raison pour laquelle elle est morte. On sait juste qu’elle a reçu un coup à la tête et, vu qu’il n’y avait pas de trace de sang sur les lieux, la thèse de l’accident a été éliminée. On n’a aucune idée de l’identité du tueur ni du mobile ni même de l’arme du crime. On ne fait que fouiller dans sa vie et interroger les personnes qui la connaissaient, » expliqua le lieutenant.
-« Bon, ben continuez, » répondit Gates en se levant avant d'ajouter avec un léger sourire. « Au fait, ne vous inquiétez pas trop, il n’y avait rien de bien important sur mon bureau. Je devrais juste réimprimer quelques petites choses. Vu l’état de mon bureau, je pense que ça me fait une excuse pour sortir déjeuner ! »
Chapitre 57 :
Kate s’occupa du déjeuner pour toute l’équipe et commanda plusieurs sandwichs qu’elle fit livrer. Ils mangèrent dans le calme et chacun repartit vers son travail. Même Lilou retourna ramasser chaque confettis sans même qu’on le lui ordonne. Un peu plus tard, Kate leva les yeux de son ordinateur en sentant qu’elle était observée. Lilou était juste à ses côtés et attendait sagement que l’inspectrice la remarque.
-« Peux ? » demanda-t-elle timidement en s’approchant d’elle lui faisant comprendre qu’elle voulait monter sur ses genoux pour un petit câlin.
-« Tu as tout ramassé ? » demanda Kate en la regardant sévèrement.
-« Vi… » répondit Lilou toute honteuse.
Derrière elle, Rick fit signe à Kate pour lui confirmer qu’effectivement le bureau était aussi bien rangé qu’avant. Kate recula alors sa chaise et la petite comprit tout de suite qu’elle était pardonnée. Lilou se blottit dans les bras de Kate et déposa un baiser sur sa joue. Kate ne résista pas et embrassa la fillette avant de commencer à la chatouiller pour un petit moment de détente. Kate avait détestée devoir se mettre en colère contre Lilou et avait envie de passer un petit moment à jouer avec elle avant de poursuivre son travail. Les garçons, qui venaient de confronter leurs résultats respectifs, arrivèrent alors pour les interrompre.
-« Désolé de vous déranger, » dit Esposito. « Mais je crois que ça va vraiment t’intéresser. »
-« Tu as déjà contacté le Directeur ? » demanda Beckett surprise de le voir réussir trop vite à son goût.
Elle qui voulait le ‘punir’ pour avoir appelé Rick ‘chaton’, c’était raté.
-« L’école en question dispose d’un site internet. C’est une super école en fait, avec plein d’activités extra scolaires et tout un tas de cours trop sympa… C’est toujours comme ça dans les écoles privées ? » demanda le latino qui n’en revenait pas de la différence avec les écoles publiques.
-« Espo ! » le reprit Beckett pour qu’il reprenne contacte avec la réalité avant de poursuivre avec humour. « Tu y inscriras tes enfants si tu veux mais, en attendant qu’ils arrivent, tu pourrais peut-être me dire ce que tu as trouvé ! »
-« Ah oui, c’est vrai que toi et ton petit chéri n’aurez pas ce genre de problème. Les écoles se battront pour accueillir les petits ‘Castle’. »
Ryan se cachait derrière son dossier pour ne pas leur rire au nez alors que le teint de Castle vira plutôt au blanc transparent. Beckett, bien déçue, fit semblant de ne pas remarquer l’expression du visage de Rick et se contenta de continuer à s’adresser à son collègue.
-« Esposito ! Si je dois me lever pour te prendre tes notes des mains, je te donne une claque, » fit-elle, n’appréciant pas qu’il aborde ce sujet qui visiblement mettait Rick dans tous ses états.
-« Ok… Toujours pas d’humour à ce que je vois. Bon, ce garçon s’appelle Christopher Fillo. Il est âgé de 9 ans. Il adore le Basket et participe à chaque activité sportive organisée par son école. Je n’ai eu aucun mal à trouver son nom vu qu’apparemment c’est l’un de leur meilleur élève, son visage et son nom apparaissent sur plusieurs articles qui parlent de cet établissement. »
-« Super. Et alors ??? » fit Beckett agacée.
-« Maintenant, devine qui paye la sécurité sociale pour Mademoiselle Mary Banks depuis plus de 9 ans ? » dit Ryan très fier de lui.
-« Pourquoi ai-je l’impression qu’on va reparler de la famille Fillo ? » dit Castle ironiquement.
-« Bien vu Castle. Des virements venant du compte commun des Fillo arrivent chaque mois sur le compte de Mary Banks et sans jamais le moindre retard. »
-« Pourquoi payer sa sécurité sociale ? Ils se connaissaient ? » demanda Beckett ne comprenant pas le lien entre les personnes avant d’ordonner. « Trouvez-moi ce tout ce que vous pourrez sur la famille Fillo, je veux savoir où et comment ils se sont rencontré. Je me vois mal arriver chez eux et leur demander des détails sur l’adoption de leur fils, sans même être sûr qu’il ait été adopté et leur poser tout un tas de questions sur une femme qui pourrait être sa mère sans même avoir la preuve qu'ils se connaissaient ! Ça fait peut-être un peu beaucoup d’hypothèses à vérifier. »
En attendant les résultats, Kate se dirigea vers la salle de repos où Rick et Lilou venaient de s’installer pour une séance coloriage. Castle avait ennuyé Esposito jusqu’à ce qu’il accepte de leur imprimer plusieurs dessins et tous les deux semblaient fort appliqués. Elle se servit une tasse et s’assied juste à coté de la fillette et admira son œuvre.
-« Wahh… C’est vraiment très joli ! C’est qui ? »
-« C’est Mickey et son fidèle Plutôt ! » répondit Rick tout fier.
-« Oui mon Chéri, lui je l’avais reconnu. Mais à ton âge, je pensais qu’on savait colorier sans dépasser, » dit-elle avec un grand sourire et un regard moqueur.
-« Eh… C’est Lilou qui a colorié les nuages ! » fit-il boudeur.
Kate explosa de rire devant l’attitude enfantine de son auteur préféré, elle adorait le faire enrager et se moquer gentiment de lui.
-« Mais non…T’ès bô ikey ! » dit la petite en se mettant debout sur sa chaise pour pouvoir être assez haute pour pouvoir déposer un baiser sur la joue de Rick.
-« Moi…P’incesse Tiana ! » dit la petite fille. « Toi connait’ ? »
-« Euh… Non… Mais ça fait bien longtemps que je n’ai pas regardé de dessins animés tu sais ma puce ! » admit Kate d’un air malheureux.
Elle n’avait aucune idée de la raison mais elle se sentait bien triste tout d’un coup. Elle avait presque envie de pleurer mais se sentait bien stupide de se mettre dans un tel état pour un dessin.
-« Elle zoli ...hein ? » demanda la fillette toute heureuse.
-« Oui, vraiment très jolie, » répondit Kate en retenant ses larmes.
-« Elle est presque aussi jolie que toi, »murmura Castle qui s’était levé et approché de Beckett.
Il essuya la larme qui était au bord de ses yeux et déposa un baiser sur sa joue.
-« Encore, mais c’est pas vrai ! Vous avez mis le temps à vous décider, mais c’est pas pour ça que vous êtes obligés de rattraper tous les câlins de retard ! En plus, je vous signale que Gates est dans son bureau et que, si elle vous voyait, vous pourriez avoir de gros ennuies ? » fit Esposito que personne n’avait entendu entrer.
-« Arrête un peu de râler ! » fit Ryan en lui donnant une tape derrière la tête avant de continuer en souriant. « Ce n’est pas parce que Lanie t’en veut toujours que tu dois te venger sur tous les couples. Avoue qu’ils sont tout mignons quand même ! N’est ce pas… Chaton. »
En entendant la voix d’Espo, Rick avait reculé de plusieurs pas et se retrouvait près de sa chaise. Kate essuya ses joues pour être certaine qu’aucune larme ne s’était échappée et s’adressa aux deux inspecteurs.
-« Alors ? Qu’est ce que vous avez trouvé ? » dit Kate sans relever aucune des moqueries de ses coéquipiers.
-« Tout va bien ? » demandèrent les garçons presque en même temps.
-« Oui, oui. Alors ? » fit-elle en montrant la feuille que Ryan tenait en main.
Les garçons se regardèrent surpris et déçus que Beckett ne marche pas dans leur petit jeu, mais elle n’avait vraiment pas l’air très bien, alors ils laissèrent tomber et reprirent leur travail comme si de rien n’était.
-« Jeannette Fillo est médecin au ‘Meadows’, c’est un centre de désintoxication de très haute gamme et leur taux de réussite est excellent. Quand à Martin Fillo, il est architecte et possède l'un des bureaux les plus importants de la ville. »
-« Et laisse-moi deviner, » dit Beckett soudain fort intéressée. « Je parie que Mary Banks s’est fait soigner au Meadows ! »
-« Gagné, » fit Espo. « Et demande-moi comment elle a fait pour y entrer… »
-« Mais je n’ai pas besoin de demander puisque je sais que tu vas me le dire… » fit Beckett d’un air faussement amusé.
-« C’est le Docteur Fillo qui s’est arrangée pour lui trouver une place de toute urgence. T’es pas drôle tu sais ! » râlait la latino. « Ce n’est pas tout ! Tu veux le meilleur ? »
-« Mais non voyons… Je vais bien finir par deviner… »
-« Wah... » fit Espo en s’approchant de l’oreille de Rick pour lui chuchoter. « Tu devrait la laisser se reposer de temps en temps ! Elle est encore moins drôle quand elle est fatiguée. »
Devant le regard menaçant de Beckett, il continua son explication.
-« Ce charmant petit couple avait déjà introduit plusieurs demande d’adoption à chaque fois rejetées soit à cause de leur métier trop prenant, soit à cause d’un document manquant, soit la famille biologique avait changé d’avis… Enfin bref, beaucoup de malchance. »
-« Jusqu'à ce que Mary Banks débarque dans leur vie, » ajouta Castle.
-« Bingo Mec ! Comme par hasard, ils se sont vu accorder la garde d'un charmant petit garçon quelques mois après l'avoir rencontrée. »
-« Bon, et bien il ne reste plus qu’à leur rendre une petite visite, »fit Beckett résignée à devoir travailler au lieu de passer un moment de détente avec Lilou et Rick.
-« Qu’est ce qu’on fait de la petite ? » fit Esposito qui avait déjà peur de devoir jouer le baby-sitter une fois de plus.
-« Puisqu’elle et Rick s’amusaient bien, Ryan n'a qu'à rester ici pour les surveiller, » dit-elle avec un léger sourire. « Espo tu m’accompagnes. »
-« Pourquoi c'est moi qui doit rester ? » supplia Ryan qui prenait ça comme une punition.
-« Elle n'est pas si terrible cette petite, tu verras. Sois juste un peu gentil avec elle. Jenny me remerciera… » répondit Kate en lui faisant un clin d’œil.
Chapitre 58 :
Beckett et Esposito se rendirent donc à l'adresse des Fillo en espérant que le couple soit chez lui. Kate passa outre le gardien de cet immeuble assez luxueux et préféra se rendre à leur appartement sans y avoir été annoncée. Ils se rendirent donc à l'appartement 3 du 5e étage et attendit patiemment après avoir frappé à la porte.
-« Monsieur et Madame Fillo ? Inspecteurs Beckett et Esposito, N.Y.P.D. Nous aimerions vous poser quelques questions, pouvons nous entrer ? »
-« Bien sûr, » répondit la femme sans comprendre se qui se passait.
Elle appela son mari qui arriva tout de suite et envoya son fils jouer dans sa chambre.
-« Nous voudrions vous parler de Mary Banks, » affirma Kate sans faire de détour.
Les Fillo se regardèrent et ne comprenaient visiblement toujours pas ce que pouvait bien vouloir ces inspecteurs.
-« C'était tout à fait légal ! Hein Martin ? » commença alors à paniquer Madame Fillo. « Notre avocat nous a affirmé qu'on n’aurait pas le moindre problème... »
-« Jeannette !!! Laisse-les au moins-nous dire ce qu'ils nous veulent, » intervint l'homme certainement pour qu'elle n'en dise pas davantage.
-« Si vous commenciez par laisser votre épouse parler, » dit Esposito en voyant le regard intéressé de sa coéquipière.
-« Madame Fillo, nous savons que l'adoption de votre fils a été difficile et que les enquêtes des services sociaux n'étaient pas en votre faveur. Nous savons également que Mary Banks était enceinte il y a 9 ans. C'est bien l'âge de votre fils, n'est ce pas? »
Ils firent signe de la tête pour répondre affirmativement.
-« Nous savons que vous la connaissiez puisque c'est vous qui l'avez fait entrer dans votre service pour se faire désintoxiquer et nous avons la preuve que l'argent lui permettant d'avoir accès aux soins de santé provient de votre compte. Vous payez sa sécurité sociale depuis 9 ans, ne me dites pas que c'est par pure générosité ! » dit-elle en la regardant fixement.
-« Quoi ! » s'exclama Martin Fillo en regardant sa femme. « Tu continues à payer pour elle ? »
-« Bien sûr... Elle nous a offert ce que nous avons de plus précieux. On peux bien faire ça pour elle, » dit-elle en regardant son mari dans les yeux pour essayer de le convaincre.
-« Nous ne sommes pas là pour vous attirer des ennuies, nous voulons juste savoir dans quelle circonstances vous l'avez rencontrée et si vous continuiez à la voir. C'est tout ce que nous voulons, » assura Esposito.
Puisque visiblement ces inspecteurs n’avaient rien à leur reprocher, Monsieur Fillo prit la parole.
-« C'est moi qui ai rencontré Mary. Je faisais l'inspection d'un vieux bâtiment avec une équipe d'employés du bâtiment, on cherchait un moyen de le rénover. C'est là qu'on a découvert un groupe de drogués qui squattaient les lieux. On les a chassés pour faire notre job et, en repartant, j'ai vu cette jeune femme qui se cachait. Elle était seule, paraissait complètement paumée. Alors j'ai pris le temps de parler avec elle et je lui ai donné le numéro de Jeannette en lui disant que, si elle voulait s'en sortir, elle n'avait qu'à appeler de ma part et que des gens l'aideraient, » commença à expliquer l'homme.
Sa femme prit la relève.
-« Martin m'avait prévenu de cette rencontre et Mary a appelé 3 jours plus tard. Je l'ai reçue et j'ai longuement parlé avec elle. Elle m'a raconté toute son histoire et j'ai accepté de la prendre en charge et de me charger pour faire adopter son enfant par une bonne famille. »
-« La votre en l'occurrence ! » fit remarquer Esposito.
-« Notre avocat nous a assuré qu'on pouvait faire ça légalement si Mary acceptait de renoncer ses droits à notre profit. Il nous a également dit qu'il se chargerait pour qu'on ait une assistance sociale plus souple et que tout se passe bien, » se défendit immédiatement Monsieur Fillo en n'hésitant pas à dénoncer l'avocat en question.
-« Je ne suis pas certaine que cette procédure soit totalement légale. En fait, ça ressemble plus à un trafic d'être humain qu'à une adoption. Mais si les services sociaux n'y ont vu que du feu ! » dit Beckett en prenant un air sévère. « Et après l'adoption, vous l'avez revue ? »
-« Non, nous ne l'avons jamais revue. Mais pourquoi nous posez vous toutes ces questions ? Ne me dites pas qu'elle veut le récupérer… »
Les yeux de Madame Fillo se remplirent de larmes. Du regard, elle suppliait les inspecteurs de ne pas laisser faire une telle chose
-« Maintenant que nous avons répondu à vos questions, dites-nous au moins de quoi vous nous accusez ! » demanda sèchement Monsieur Fillo.
-« Mais nous ne vous accusons de rien. Mary Banks a été assassinée dans un parc non loin de chez vous. Nous essayons juste de découvrir ce qu'elle faisait là-bas, » répondit calmement Beckett.
Elle se garda bien de parler de la petite Lilou et ne donna aucun détail précis sur la cause du décès.
-« Oh mon dieu... C'est affreux ! » s’exclama la femme.
Beckett la regarda, surprise de cette réaction. Après tout, plus personne ne risquait de venir leur réclamer l'enfant.
-« Je vous remercie d'avoir répondu à nos questions et d'avoir éclairci certaine zone d'ombre, » dit Beckett en se levant.
Beckett et Esposito retournèrent au poste où Ryan les attendaient impatiemment. En arrivant dans le service, Esposito éclata de rire en apercevant Lilou assise les fesses à l’air sur la chaise de Kate.
-« Alors mon pote, vous êtes à court de Pampers ? » se moqua Espo en s'adressant a Ryan.
-« C'est facile de se moquer quand on passe son temps avec la boss, » répondit-il en colère.
-« Où est Rick ? » demanda Kate en regardant partout autour.
-« Il est parti chercher de quoi mettre aux fesse de ce petit monstre, » dit-il toujours furieux.
-« Je crois que je ne vais même pas demander ce qui c'est passé cette fois, » dit-elle en se prenant la tête dans les mains.
Rick arriva et lança le paquet de langes à Kate en lui disant de s'en charger puisque, de toute façon, elle était la seule capable de maîtriser la petite terreur. Kate s'installa sur la table de la salle de repos et il ne lui fallut même pas 2 minutes pour rhabiller la petite. Elle sortit de la pièce en regardant désespérément les garçons. Kate demanda à la fillette de jouer calmement pour qu'ils puissent se remettre au travail. Lilou s'assit donc sur la chaise de Rick et les observa emmètre leurs théories mais, comme ça lui semblait fort ennuyant, elle descendit de sa chaise et partit faire un petit tour. A son retour, elle prit les marqueurs qui étaient sur le bureau de Kate et se faufila pour écrire sur le tableau elle aussi.
-« NON ! » cria Ryan. « Mais c'est pas vrai ça ! Elle ne peut pas rester tranquille 5 minutes ! »
La petite allait se mettre à pleurer lorsque Kate la prit dans ses bras et l'éloigna des yeux des enquêteurs. Elle lui fit brièvement la leçon et lui demanda de rester dans la salle de repos jusqu'à ce qu'elle vienne la chercher. Elle lui donna les poupées, les lego, les marqueurs et tout un tas de feuilles. Elle repartit ensuite vers les autres avec un chiffon à la main.
-« Arrête de râler Ryan. Il suffit d'essuyer et.... »
Kate avait beau passer le chiffon sur les gribouillis de Lilou mais rien ne s'effaçait.
-« Ok, bon, ben on essayera de ne pas avoir besoin de cette partie du tableau, » fit-elle avec un petit sourire.
-« Ah lala... Les femmes ! Faut toujours qu'elle prenne la défense des enfants... » soupira le latino.
Ils reprirent leur travail avec cette fois comme hypothèse de vérifier si Mary Banks essayait de récupérer son fils ou bien si sa présence à proximité de cette famille n'était qu'un pur hasard. Ryan s'installa devant son ordinateur et il se mit à hurler encore une fois.
-« Non mais c'est pas possible... Elle a même renversé son cacao sur mon clavier ! Comment c'est possible de renverser avec un biberon ?? Elle l'a fait exprès hein ? » dit-il en jetant un regard furieux vers la salle de repos.
Personne n'osa répondre. Ils se retenaient pour ne pas rire devant lui mais Kate et Esposito ne purent se retenir lorsque Rick, qui venait de prendre le biberon posé sur le bureau de Kate, le retourna et laissa l'enquêteur constater de lui même que ‘oui’ c'était tout à fait possible de renverser avec un biberon et ‘oui’ c'était tout à fait exprès.
-« Tu vois !!! Je ne suis pas certaine que Jenny te remercie sur ce coup là, » souffla Castle à l'oreille de Beckett.
Chapitre 59 :
Il était à peu près 1heure du matin mais Rick et Kate ne dormaient toujours pas. Ils étaient au poste et devaient encore passer la nuit sur les fauteuils qu'aucun d'eux ne trouvait très confortable. Ils n'arrêtaient pas se retourner et aucun d'eux ne trouvait une position plus ou moins agréable pour arriver à s'endormir. En ayant plus qu'assez de cette situation, Rick se leva, prit la main de Kate pour l'inviter à le suivre et s'assit dans un coin de la pièce, faisant comprendre à la jeune femme qu'elle n'avait plus qu'à se blottir contre lui.
-« Il doit être très tard parce que je ne suis pas certaine de te comprendre là ! » dit-elle peu rassurée.
-« Ces fauteuils sont tellement peu confortable que, même en dormant comme ça, on aura bien moins mal au dos demain ! Tu peux t'appuyer contre moi. A moins que tu ne préfères ces trucs là-bas, » dit-il en montrant les fauteuils.
Kate fit un sourire à Rick, partit chercher une couverture et se blottit dans les bras de son petit-ami. C'est évident que, confortablement installée comme ça dans les bras de Rick, elle ne mit pas longtemps à s'endormir. Rick la regarda un instant, caressa ses cheveux, l'embrassa doucement et ferma les yeux. Le sommeil ne tarda pas non plus à le rattraper.
Fort heureusement pour les amoureux, Gates eût un empêchement ce matin-là et arriva assez tard au bureau. Ils furent donc réveillés par Ryan et Espo qui s'étaient mis d'accord pour leur offrir le petit déjeuner. En les surprenant installés de cette manière, il ne fallut qu'un regard aux garçons pour se mettre d'accord et faire payer une fois de plus au petit couple le fait de s'être moqué d'eux aussi longtemps. Ils réveillèrent la petite Lilou en lui faisant signe de ne pas faire trop de bruit. Ensuite, ils s'installèrent sur les fauteuils, assis l'un en face de l'autre, le petit déjeuner installé sur une table basse. Lilou, à genoux devant la table, dévorait son croissant en attendant que son chocolat chaud refroidisse. Les deux garçons en profitaient pour parler du petit couple en attendant leur réveil.
-« La belle au bois dormant et son prince charmant…C’est pas mal trouvé hein ??? » Proposa Ryan.
- «Ouais pas mal…J'aurais plutôt dit la Belle et la Bête ! Quand est ce qu'il va se transformer en prince charmant tu crois? » les deux garçons explosèrent de rire devant Lilou qui ne comprenait rien et les regardait bizarrement. « Tu te rends compte qu'ils se foutent de nous depuis plus de 8 mois ? » dit Esposito en parlant toujours suffisamment fort pour les réveiller.
-« J'en reviens pas qu'on ait rien vu ! En même temps, je n'aurais jamais imaginé que Beckett finirait par capituler un jour. A ton avis, qu’est ce qu’elle peut bien lui trouver ? »
-« Tu plaisantes...Elle est dingue de ce type depuis le début ! Si ça n'avait pas été le cas, je suis certain qu'elle lui aurait collé une balle entre les yeux depuis longtemps déjà. »
Rick avait ouvert les yeux et écoutait les gars discuter entre eux tout en caressant les joues de Kate pour essayer de la réveiller tout en douceur.
-« Et là... Tu crois qu'ils se rendent compte que c'est Gates qui va finir par les massacrer s'ils continuent à se faire les yeux doux ? » dit Ryan en riant.
Ils se retournèrent en entendant Kate émettre un léger grognement, indiquant qu'elle n'avait aucune envie de se lever.
-« Rick... S'il te plait mon Chéri. Rendors-toi… » dit-elle à voix basse, encore endormie.
Ryan et Esposito se retinrent de rire en entendant Beckett appeler Rick 'mon chéri'. Lilou, quant à elle, lâcha son croissant, se redressa d'un coup et fonça directement dans les bras de Kate.
-« Tate ! Tate ! … Toi 'veillée ! » cria la petite en se jetant sur le couple.
Kate sursauta, regarda partout autour d'elle avant de se souvenir de l'endroit où elle était et regarda la fillette en soupirant.
-« Maintenant... Oui !! » fit-elle en regardant Lilou qui craignait avoir fait une nouvelle bêtise.
-« Moins romantique que le baiser du prince charmant… » Riait Ryan.
-« tout aussi efficace, en plus dôle ! » fit remarquer Esposito.
-« Bien dormi les amoureux ?? »
-« Vous savez qu'il y a des fauteuils ? » fit remarquer Esposito.
Rick et Kate se levèrent et la fillette les emmena vers la table du petit déjeuner.
-« Tu es libre de ne pas me croire mais, même assis par terre avec Kate contre moi, je suis certain que je vais avoir moins mal au dos que dans ces trucs que tu appelles ‘fauteuils’. » fit remarquer l'auteur.
Le petit déjeuner se passa dans la bonne humeur. Les garçons se chargeant de faire enrager Rick et Kate tandis que Lilou ne quittait plus les genoux de la jeune femme. Les enquêteurs se remirent au travail. Lilou et Rick s'installèrent dans la salle de repos pour faire un puzzle ensemble. Il n'y avait que 4 pièces à assembler mais Castle s'arrangea pour que ça dure assez longtemps afin que les autres aient un peu de calme pour avancer un peu. Quand Lilou décida qu'elle en avait marre, elle se leva laissant Rick seul devant la table et lui envoya un baiser.
-« Toi pas savoi' fai' seul ? »
La petite monta sur son vélo et commença à faire le tour des bureaux en chantant.
-« C'est pas possible ! » se lamenta Espo en se bouchant les oreilles.
-« Arrête un peu de te plaindre, dis-toi qu'elle sera bientôt partie, » fit Beckett en soupirant.
-« Pense à ses parents qui doivent supporter ça tous les jours, » dit Ryan.
-« Ouais... Ben en tout cas, ça ne m'étonne pas qu'ils ne se pressent pas pour la récupérer ! » dit le latino en regardant la petite d'un air mécontent.
Lilou regarda le tableau en passant juste à côté et se mit à hurler d'un coup, sans que personne ne comprenne la raison.
-« Pas li... Pas li !!!! » hurla la petite.
Kate se leva d'un bond et serra la fillette dans ses bras pour la rassurer. Elle fit en sorte qu'elle tourne le dos au tableau pour ne pas l'effrayer d'avantage.
-« Tout va bien ma puce. Je t'assure que personne ne va te faire de mal, » la rassura-t-elle. « Ce n'est qu'une photo. Rien qu'une image. Il n'est pas là pour de vrai. Mais, si tu me montres de qui tu parles et que tu m'expliques pourquoi tu as aussi peur, je te promets que jamais plus tu ne le reverras. »
Lilou se retourna tout en restant collée contre Kate et montra du doigt.
-« On s'approche ? Je reste avec toi. Je te le promets ! » proposa l'inspectrice.
Kate et Lilou s'approchèrent du tableau et la petite montra la photo de la famille Fillo. Ryan l’avait ajoutée dans la matinée, la fillette n'y avait donc pas encore prêté attention.
-« Qui te fais peur ? Dis-moi. Je t'assure que tu ne crains rien, » assura Kate.
Toute l'équipe était rassemblée autour de la petite Lilou à attendre.
-« Li... » affirma-t-elle en montrant Martin Fillo.
Les inspecteurs se regardèrent. La veille, cet homme avait affirmé ne pas avoir revu cette femme depuis près de 9 ans alors comment cette petite fille pouvait l'avoir déjà rencontré ?
-« C'est lui qui te fais si peur ? Où l'as tu rencontré ? » demanda Kate en regardant la fillette.
-« Au pa'c ! » répondit-elle en se cachant dans les bras de Kate.
-« Ok... Mais il va falloir que tu me dises pourquoi il te fait peur. Qu'est-ce qui s'est passé au parc ? » demanda Beckett en détournant la tête de Lilou pour qu'elle se sente un peu plus en sécurité.
-« Li pa'ler Ma'y. K'ier fo' py li taper. Ma'y tomber et elle plus 'veillée, » dit-elle en pleurant.
-« Dis-nous que tu as compris ! » dit Rick à voix basse à l'oreille de Kate.
Beckett regarda les 3 garçons qui faisaient la même tête. Agacée, elle fit alors la traduction:
-« Elle vient de dire que cet homme parlait avec Mary, qu'il criait très fort. Ensuite, il l'a tapée et elle est tombée. Et elle ne s'est jamais relevée... C'est bien ça ? » demanda-t-elle à Lilou.
La petite secoua la tête pour affirmer que c'était bien ça. Beckett dit à Esposito et Ryan d'aller chercher cet homme pendant qu'elle et Rick s'occupaient de calmer et d'occuper la petite.
-« Ne lui dites pas pour quelles raisons vous lui demandez de vous suivre. Inventez n'importe quoi comme excuse mais je n'ai pas envie que son avocat arrive avant lui. J'aimerais avoir une chance de l'interroger avant, » ordonna-t-elle.
Chapitre 60
-« Monsieur Fillo ! » dit Beckett en entrant dans la salle d’interrogatoire où il l’attendait.
-« Vous pouvez me dire pourquoi vos inspecteurs ont débarqué à mon bureau et m’ont emmené, devant mes collègues et mes employés ? » commença t il a hurlé. « Je veux mon avocat… Vous m’entendez ? »
-« A moins d’être sourd, je crois que le service entier vous entend » dit Rick en s’asseyant, pendant que Kate prenait place le plus naturellement possible.
Elle avait horreur qu’on se moque d’elle et avait envie de le pousser à bout pour le faire avouer. Car même si Lilou lui avait décrit la scène, la parole à peine compréhensible d’une petite fille de 2 ans ne faisait pas le poids. Elle avait besoin de ses aveux. Elle prit alors son air blasé de celle qui n’en a rien à faire des autres et fit glisser un portable sur la table.
-« Vous parlez de l’avocat qui vous a aidé à ‘acheter’ votre fils ? Allez-y, je vous en prie. Je suis certaine que certains responsables des services sociaux seront ravis de le rencontrer quand j’en aurai fini avec vous. »
-« Mais qu’est ce que vous me voulez ? » s’énerva t il encore.
-« Vous m’avez dit hier que vous n’aviez jamais revu Mary Banks après l’adoption de votre fils… » Affirma t elle.
-« Et alors ? » continua t il
-« Faite attention à ce que vous dite, elle n’aime pas les menteurs. » prévint gentiment Castle.
-« J’ai un témoin qui affirme vous avoir vu au parc vendredi matin. » Kate n’en dit pas plus car elle voulait qu’il se grille tout seul. Pour l’instant, elle voulait juste lui faire un peu peur.
Il réfléchi un instant.
-« J’habite juste à côté de ce parc je vous rappelle. Et mon fils est inscrit à l’école juste en face. Alors oui, il est possible que j’y sois allé … Je ne sais plus trop. Mais ça ne veux pas dire que j’y ai vu Mary. Je travail le vendredi, alors Je devais à mon bureau vers 9h, comme tous les matins. » Affirma t il sans trop hésiter.
-« Ha oui… Vous êtes sûr ? C’est bizarre parce que pendant que mes inspecteurs venaient vous chercher, j’en ai profité pour appelé votre associé qui ma affirmé que vendredi vous êtes arrivé aux alentours de 11h. Mary Banks est morte entre 8 et 9h. Ça vous laissait tout à fait le temps de l’assassiner et de rentrer chez vous pour vous changer. »
-« Vous n’avez aucune preuve de ce que vous avancé. Mon avocat va vous réduire en miettes. » Dit il avec un sourire aux lèvres.
-« Mon témoin est prêt à témoigner vous avoir vu en train de vous disputer avec Mary Banks. » elle sorti une photo récente de Mary et la mis sur la table. « Vous êtes vraiment sûr que je dois continuer ? Des policiers sont chez vous en ce moment et perquisitionnent votre appartement. S’ils trouvent l’arme du crime avant que vous n’ayez avoué, je ne chercherais même pas à vous aider. J’aurais assez de preuve pour vous faire condamner.» dit elle calmement en le regardant droit dans les yeux.
Rick l’observait avec attention. Il adorait la voir bluffer avec autant d’assurance et à en juger par la tête que tirait Martin Fillo, elle avait vraiment beaucoup de tallent.
-« Mais si vous préférer attendre, pas de problème. On peut faire ça aussi. » Répondit elle à son silence. Elle reprit la photo qu’elle remit dans le dossier et se leva sans rien ajouter.
-« Attendez…. » Dit il d’un coup. « Ok, c’est vrai. J’ai vu Mary, et c’est vrai aussi que je lui ai parlé. » Beckett et Castle s’assirent à nouveaux. Elle remit la photo de Mary en évidence sur la table.
-« Vous parliez ou vous lui hurliez dessus ? » demanda Castle pour plus de précision.
-« Je me suis peux être emporté. Et peut être que je criais, en effet. Mais pourquoi je l’aurais tué ? »
-« Bah peut être que vous ne vous attendiez pas à la voir là. Peut être qu’elle s’intéressait un peu trop à votre fils. Heu… Le sien en fait ! » Continua Rick en insistant bien sur les ‘peut être’.
-« Elle avait abandonné son enfant. Elle ne devait jamais réapparaitre. C’était convenu comme ça. Elle n’avait pas le droit d’être là. » Commença t il a expliqué.
-« Moi, je crois que vous l’avez manipulez jusqu’à ce qu’elle vous laisse son enfant. Cette adoption ressemble plus à un achat qu’à une véritable adoption. Vous avez eut peur qu’elle ait fini par le comprendre et qu’elle vienne le rechercher ? » Dit Beckett.
-« Elle à signé les papiers, elle n’avait plus aucun droit. » dit il furieux.
-« Elle n’avait plus aucun droit parental. Mais ça ne signifie pas qu’elle n’en avait plus aucun. Il arrive parfois que certains parents regrettent et désire renouer un contact avec leur enfant. Et quand tout est fait pour le bien de l’enfant, ça arrive même que tout se passe très bien. » Assura Beckett en gardant toujours son calme.
-« Elle voulait le récupérer. Elle avait refait sa vie, elle se promenait sans cesse avec sa fille, elle venait nous narguer jusque devant chez nous. Elle était présente chaque matin et chaque soir à la sortie des classes. »
-« C’est un lieu public, elle avait tout à fait le droit d’être là. » indiquait Castle.
-« A-t-elle déjà parlé à votre fils ? A-t-elle essayé rien qu’une fois de partir avec lui ? » Demanda Beckett pour le pousser a bout.
-« Christopher dit que personne d’étrange n’est jamais venu lui parler. Mais pourquoi serait elle revenu si ce n’était pas pour le reprendre. »
-« Donc elle voulait récupérer son fils. » dit Beckett, puisque ce type en était convaincu, autant aller dans sa direction. « Vous admettez l’avez vue, vous l’avez suivie ? »
-« Elle était assise sur un banc juste devant l’école. Pour une fois, sa fille n’était pas avec elle. Alors je suis allé la voir pour lui parler. Je voulais juste qu’elle s’en aille et qu’elle arrête de trainer près de chez nous. »
-« Elle a refusé et vous vous êtes énervé ? » conclu tout de suite Castle.
-« Elle disait qu’elle voulait juste le voir. Qu’elle ne comptait pas s’imposer. Mais je savais que ce n’était pas vrai, que tôt ou tard elle et son mari viendraient nous l’enlever. » Tenta t il d’expliquer aux enquêteurs. « Je voulais juste protéger ma famille, vous comprenez ? »
-« En la tuant ? » demanda Beckett.
-« Je suis retourné à ma voiture. J’ai vu la batte de base-ball de Chris. Je voulais juste lui faire peur, je ne voulais pas lui faire de mal. »
-« Mais les choses ont dégénérés. » intervins Castle.
-« Elle s’est enfuie, elle disait qu’elle allait appeler la police. Alors je l’ai frappé, c’était pour la faire taire, pour ne pas qu’elle attire l’attention d’autres personnes. Elle est tombée…Je suis parti. J’ignorais qu’elle était morte, je ne voulais pas la tuer. » Dit il pour se défendre.
-« Il était quoi, entre 8h 30 et 9h, le parc devait être désert à cette heure là, vous auriez pu vous expliquer, et même la laisser hurler sans pour autant attirer l’attention de qui que ce soit. » fit remarquer Castle avec beaucoup d’ironie.
- « Et tant qu'on y est… » Précisa Beckett. « La petite, elle était là c’est elle qui vous a dénoncé. Elle est bien trop jeune pour que son témoignage soit prit en compte, mais vu que vous venez d’avouer, ça n’a plus d’importance. » Termina Kate. « Vous ne saviez absolument rien d’elle et vous ne lui avez même pas laissé une seule chance de s’expliquer. Vous savez, je pense qu’elle disait la vérité. La petite fille qui était avec elle, c’était l’enfant qu’elle gardait, pas la sienne. Elle travaillait comme nounou pour pouvoir vivre. Elle partageait son appartement avec 2 autres femmes. Elle n’avait pas les moyens d’intenter un procès contre vous. Elle n’avait même pas les moyens d’assurer une vie décente à son fils. Alors je doute fort qu’elle ait eu envie de le récupérer. Je pense qu’elle voulait juste pouvoir le regarder tout en restant dans l’ombre. Le regarder grandir, le voir heureux. Ca l’aidait peut être juste à ne pas se sentir coupable de l’avoir abandonné. »
En entendant le raisonnement de Beckett, le sourire disparu du visage de Martin Fillo et la colère dont il faisait preuve jusqu’à maintenant laissait place à la surprise et au remords. Mais Beckett décida d’enfoncer encore un peu le clou, elle n’avait aucune envie d’être tolérante avec cet homme.
« Vous aussi vous auriez pu comprendre ça, si vous aviez pensé un peu plus à l’intérêt de votre fils. Si vous aviez essayé de vous mettre à la place de cette femme, ne serait ce qu’une seconde. Mais pour ça, il aurait juste fallu penser un peu moins à vous ! » Beckett lui tendis à nouveau le G.S.M et lui conseilla de changer d’avocat car le sien allait probablement, lui aussi, avoir quelques ennuis. Elle reprit le dossier tout en laissant la photo de Mary bien en évidence sous ses yeux, et sortis de la pièce.
Kate se dirigeait vers le tableau et enlevait déjà les photos quand Castle arriva, suivit de Lilou qui se précipitait pour lui sauter dans les bras.
-« Qu’est ce qu’il va arriver à Christopher Fillo ? » demanda Castle.
Kate s’assied sur sa chaise et réfléchit un instant. Pendant que Lilou essayait d’attraper les figurines en formes d’éléphants.
-« Ca sera au juge d’en décider. Mais étant donné que son père ne risque pas de réclamer sa garde, que Mary n’avait plus de famille et que Martin fillo va passer le reste de sa vie derrière les barreaux, je pense qu’il est probable que la garde soit accordée à Jeannette Fillo. Mais je suis certaine que les services sociaux continueront à les surveiller de très près pendant un long moment. »
Le ventre de Lilou n’arrêtait pas de crier famine et la fillette commençait à se plaindre et réclamer à manger.
-« Je m’occupe du déjeuner. Pendant ce temps là, occuper vous de classer cette affaire. » Dit elle à Esposito et Ryan.
-« Pourquoi c’est toujours nous qui devons faire le sale boulot ? » râla le latino.
-« Parce que c’est moi le chef ! » répondit Beckett avec le sourire. Elle était déjà devant l’ascenseur lorsqu’elle se retourna. « Oh…Euh, Rick ! » appelait elle. « Ca serait bien que je puisse m’absenter 10 minutes sans avoir d’incident diplomatique à arranger. » dit elle, faisant bien sûr allusion a toutes les bêtises de Lilou.
Chapitre 61 :
Kate revint 20 minutes plus tard avec plusieurs plats à emporter et tous se mirent à table. Lilou tendit même sa cuillère à Kate voyant que c’était du riz et une sorte de ragout.
-« Mmm… C’est vraiment très bon ! Qu’est ce que c’est ? » demanda Ryan.
-« Des pieds de vache en sauce, » répondit-elle tout en continuant à manger.
Ryan et Esposito repoussèrent leur assiette d’un air dégouté tout en lui demandant si elle était vraiment sérieuse.
-« Bah quoi ? Tu trouvais ça bon il n’y a même pas deux minutes. »
Rick était mort de rire sachant que Beckett avait eu la même réaction lorsqu’elle en avait mangé la première fois.
-« J’ignorais que tu avais trouvé ça si bon… » dit Castle en la regardant d’un air interrogateur.
-« J’en avais jamais repris. Mais, en voyant ce plat sur le menu, j’en ai eu envie. Et puis c’est très bon ! Il suffit juste de ne pas trop penser à ce que c’est, » répondit-elle naturellement tout en donnant à manger à Lilou.
-« Ne nous invitez jamais à manger chez vous, » dit Espo en partant chercher un sandwich.
-« Ku as kord. Elle cuichine vraimô bien ! » dit Rick en parlant la bouche pleine.
-« Tu me dois 1$, » fit Kate avec un petit sourire.
-« Chai pô gi ge gros mot ! » dit- il surpris.
-« On ne parle pas la bouche pleine ! »
Esposito et Ryan explosèrent de rire constatant que, même dans leur vie privée, Rick se laissait mener par le bout du nez. Etant donné que leur enquête était résolue, ils prenaient leur temps pour déjeuner et discuter entre collègues. Lilou venait de terminer son repas et faisait une comédie à Esposito pour qu’il lui mette plus de grenadine dans son biberon.
-« Mais il y en a déjà ! » râlait-il. « Ca ne sert à rien qu’il soit rempli jusqu’au bord, » essaya-t-il de la raisonner.
Comme la petite n’était pas du tout du genre à capituler et qu’elle cassait les oreilles de tous le monde, Kate se leva, attrapa la bouteille qui était juste devant Esposito, ouvrit le biberon que Lilou lui avait tendu et y versa à peine une goute. Elle referma le biberon et tout en regardant Espo avec un regard noir et le tendit à la petite qui partit jouer toute heureuse.
-« C’est vraiment difficile d’être gentil ? » lui fit-elle.
-« Wah… » se contenta d’admirer Ryan.
-« Tu as eu des cours de psychologie infantile pendant ta formation ? » demanda Rick surpris de sa facilité avec Lilou.
-« Non mon chéri ! Ces 4 dernières années avec toi m’ont largement suffi ! » lui répondit-elle avec un grand sourire et les yeux malicieux.
Castle était le seul à ne pas trouver ça drôle. Même Gates qui venait d’entrer dans la pièce se pinça les lèvres pour rester sérieuse.
-« Lieutenant Beckett ? Je vous présente… » voulut commencer la Capitaine.
-« Maman !!! Papa !!! » s’exclama Lilou qui venait de les apercevoir.
-« Monsieur et Madame Rush, les parents de Lilou, » termina-t-elle.
Kate tendit la main en direction du couple pour les saluer.
-« Excusez-nous de ne pas être venu plus tôt. Je vous assure qu’on a essayé de rentrer mais tout était complet. On vous remercie d’avoir pris soin de notre fille. On espère qu’elle ne vous a pas créé trop de problèmes ? » dit Monsieur Rush craignant légèrement la réponse de l’inspectrice.
-« De rien Monsieur. C’était un plaisir. Rassurez-vous, Lilou a été sage, » affirma la jeune femme en faisant un clin d’œil à la fillette.
-« Tu trouves ? » firent les garçons.
Kate se retourna et les fusilla du regard.
-« Je suis sincèrement désolée pour tous les ennuis qu’elle a pu vous causer. Je sais qu’elle a tendance à faire beaucoup de bêtises, » dit Madame Rush.
-« Ne vous inquiétez pas pour eux, ils s’en remettront, » assura Beckett en les raccompagnant près de l’ascenseur.
Lilou sauta dans les bras de Kate pour l’embrasser et fit même un petit câlin à Rick pour lui dire au revoir. Ryan et Esposito eux n’eurent juste qu’un petit signe de la main avant que la fillette ne retourne vite dans les bras de son père. Une fois que la petite et ses parents eurent quitté le service, Gates ordonna de faire disparaître tous les jouets et de classer cette affaire. Beckett effaçait le tableau et classait tous les éléments de preuves dans le dossier pendant que les garçons se chargeaient de rassembler tous les jouets dans un carton. Castle s’assit sur sa chaise et regarda Beckett taper son rapport.
-« Qu’est ce qui se passe ? » demanda-t-il. « Je vois bien que quelque chose te tracasse. Dis-moi ce qu’il y a... »
-« J’étais juste en train de me demander… Entre une mère qui abandonne son enfant pour qu’il ait une vie meilleure et des parents qui mettent 3 jours avant de venir récupérer leur fille, lequel des 2 est pire ? » demanda-t-elle fort songeuse.
-« Ils étaient en vacances ! » fit Castle pour les excuser.
-« Je ne partirais jamais en vacances sans mes enfants si j’en avais. »
-« Je pense que chaque parent essaye de faire de son mieux pour ses enfants. Ce n’est pas toujours facile et, parfois, on est amené à prendre des décisions qui semblent illogiques ou stupides. Mais je crois que, si j’avais une fille comme Lilou, je prendrais mon temps moi aussi pour aller la récupérer, » dit-il le plus sérieusement possible.
-« Je sais que tu plaisantes ! Et tu exagères, elle n’était pas si terrible que ça ! »dit-elle pour la défendre.
-« Je dois te faire la liste de toutes ses bêtises peut-être, » dit-il en prenant une feuille.
-« Je ne suis pas certaine que tu auras assez avec une feuille, » dit Kate en plaisantant. « Je sais qu’Alexis a été une petite fille très sage mais ne me dis pas qu’elle n’a jamais fait de bêtises et que tu n’as jamais eu à la gronder ! Je ne suis pas certaine que je te croirais tu sais. »
-« C’est vrai, » admit il. « Alexis savait être une petite terreur quand elle le voulait vraiment. Je dois juste être trop vieux pour tout ça ! En tout cas, je ne suis pas prêt de retenter l’expérience, ces 3 jours m’ont épuisé ! »
Cette phrase provoqua chez Beckett une réaction incompréhensible pour Caste. Son attitude changea du tout au tout : elle baissa les yeux, son sourire s’effaça et elle se leva d’un bon. Elle prit la caisse avec les jouets et s’adressa aux garçons.
-« Etant donné que cette affaire est classée, je vais pouvoir rentrer chez moi ? » dit-elle avec un sourire forcé.
-« Mais il est tôt ! Et la paperasserie ? » s’indignait Ryan.
-« Vous m’avez bousillé deux jours de repos. Alors personne ne m’en voudra de rentrer chez moi avec quelques heures d’avance. Et je vais aller rendre ces jouets à la crèche en passant, » dit-elle avant de disparaitre dans l’ascenseur.
-« Qu’est ce que j’ai dit ? » demanda Rick en s’approchant des garçons après le départ de Beckett.
-« Sérieusement ? » dit Ryan.
Devant l’air perdu de Rick, il lui expliqua patiemment sa façon de voir les choses.
-« Tu viens de lui offrir l’opportunité de jouer à la maman pendant 3 jours. Et Beckett est une femme très sensible, même si elle me tuerait si elle m’entendait dire ça. Et comme elle a enfin trouvé son prince charmant, bien que personnellement je ne vois pas ce qu’il a de charmant, » ajouta-t-il pour plaisanter. « Ca a dû lui ouvrir les yeux et lui donner envie de fonder une famille bien à elle. Et faut reconnaître qu’elle était très douée avec cette petite. »
-« Et toi, tu viens juste de lui dire que tu ne te sentais plus de taille à affronter ça ! » termina Esposito. « Et, à mon avis, un petit mélange de vous deux, ça risque d’être encore bien pire que cette petite tornade »
-« Oh non…. » dit Rick en soupirant avant de poursuivre, rêveur. « C’est clair qu’elle a été super avec Lilou. Une vrai petite maman. Je suis vraiment trop nul hein ?? »
Il se leva pour partir.
-« Monsieur Castle !! » dit Gates très fermement avant de poursuivre sur le même ton. « Vous comptiez partir ? »
-« Bah… Oui ! » dit-il en regardant désespérément la sortie.
-« Vous rentrerez chez vous lorsque toutes les traces de marqueurs auront disparu sur la table de la salle de repos et que la salle de réunion aura retrouvé son aspect initial ! C'est-à-dire plus de traces de doigts sur les écrans, plus de biberons, plus de Pampers et plus la moindre tâche nulle part. C’est bien clair ? »
-« Ca va me prendre des heures !! » dit-il en le plaignant.
-« Et bien autant commencer tout de suite alors ! » ajouta Gates avec un grand sourire, très fière de lui gâcher son après-midi.