HypnoFanfics

Neuf mois

Série : Castle
Création : 26.05.2012 à 20h38
Auteur : judy1 
Statut : Terminée

« Pas de bébé après une seule nuit. A vous de découvrir la signification du titre. Histoire juste impossible a résumer en 200 mots! » judy1 

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Chapitre 62 :

 

Rick avait à peine poussé la porte du loft qu’une bonne odeur l’envahit. Il resta quelques minutes à admirer Kate en pleine préparation. Il ne savait pas encore ce qu’il y avait au menu mais ça sentait drôlement bon, sans compter qu’il adorait la voir ainsi. Ils avaient passé 3 jours à s’essayer au rôle de parents et là elle préparait le dîner tout en écoutant de la musique. C’était bien loin de l’image du Lieutenant autoritaire et de la femme hyperactive qu’elle donnait au travail. Et c’est justement le décalage entre ces deux personnalités qui le fascinait et lui arracha un sourire. Il s’avança doucement et la serra dans ses bras tout en l’embrassant.

-« Oh… Je ne t’ai pas entendu rentrer. Tout va bien ? » demanda-t-elle en voyant son air si sérieux.

-« Je t’aime Kate, » affirma-t-il le plus sérieusement possible.

Kate n’avait pas l’habitude de le voir aussi sérieux, elle fronça les sourcils craignant une mauvaise nouvelle.

-« Qu’est ce qui se passe Rick ? » demanda-t-elle inquiète.

-« Je sais que quelque chose te tracasse… » continua-t-il aussi sérieusement. « J’ignore ce que c’est et la raison pour laquelle tu ne veux pas en parler mais j’ai juste l’impression d’en avoir ajouté une couche tout à l’heure en parlant de Lilou. »

Il hésita un instant avant de continuer. Beckett le regardait droit dans les yeux et lui caressait la joue, certainement pour lui assurer que tout allait bien.

-« Ryan et Espo ont raison, n’est-ce pas ? Tu as envie de cette vie-là, tu as envie d’un enfant ? Je me trompe ? »

Kate baissa les yeux et prit une grande inspiration avant de relever la tête et de lui répondre. Ses yeux étaient remplis de larmes et la réponse était plus qu’évidente.

-« Je t’aime Rick » affirma-t-elle avant de continuer en le regardant droit les yeux pour lui assurer de sa sincérité. « Je t’aime plus que tout… Je sais que tu ne me demanderas jamais en mariage et je sais que je ne serais jamais maman. »

Voyant Rick sur le point de l’interrompre, elle posa un doigt sur ses lèvres.

-« Laisse-moi finir. J’ai envie d’être avec toi, c’est toi que je veux. Et je ne prends pas ça comme un sacrifice. Je t’aime et je sais que tu n’en as pas envie. Je ne veux pas te changer ni même te convaincre. Je te respecte et j’accepte ça. »

-« Mais tu risques de le regretter dans quelques années, quand tu croiseras une de tes amies avec ses enfants. Quand ton père te demandera des petits-enfants. Quand tu te rendras compte que la maison est bien calme. »

Malgré les larmes dans ses yeux, elle se mit à sourire.

-« Calme ? Chez les Castle ? Tu plaisantes là… Hein ? » dit-elle en riant. « Je suis certaine que dans 5… Ou même dans 10 ans, tu seras toujours capable de te comporter comme un gamin. Et d’ici là, Alexis s’y sera mise. Je profiterais de tes petits-enfants. J’aurais même l’avantage de pouvoir les renvoyer chez eux quand j’aurais trop mal à la tête. » Assura t elle tout en continuant ses caresses sur le visage de Rick. « Quand à mon père, avec tout ce que je lui ai fait endurer, je ne pense pas qu’il ait envie de prendre le risque de revivre ça. »

 

Son ton se voulait déterminé alors qu’elle affirmait ses dires tout en continuant ses caresses sur le visage de Rick.

-« Tu pourrais avoir cette vie-là avec un homme plus jeune, » dit-il en craignant la réponse et sa réaction.

-« Richard Castle ! Je t’interdis de dire ça ! Ca n’aurait aucun sens que je fonde une famille avec un autre puisque c’est TOI que j’aime. Depuis que tu t’es incrusté dans ma vie, il n’y a que toi. Même s’il m’a fallu de temps pour m’en rendre compte et pour l’accepter, » dit-elle avec assurance.

-« KATE … » essaya-t-il de l’interrompre.

-« Rick, s’il te plait Je n’ai pas envie de continuer à en parler. Je sais que tu as déjà eu cette vie-là et que tu n’as pas envie de tout recommencer. Je n’ai pas envie de te convaincre de me faire un petit Castle, je respecte ta décision. Je ne veux pas que tu me dises ‘oui’ pour me faire plaisir et que tu te réveilles dans quelques années en te disant que cette vie de famille est devenue un fardeau. Je ne veux pas être la 3° ex-Madame Castle… Et je ne veux plus en parler, » dit-elle en s’éloignant de lui pour continuer à préparer le dîner.

Rick avait horreur de voir Kate aussi triste et malheureuse. Il préféra laisser tomber car, de toute façon, elle ne risquait pas de croire autre chose. Il se disait simplement qu’il aborderait à nouveau ce sujet plus tard, quand elle serait un peu calmée. Il se contenta de se lever pour la serrer dans ses bras tout en la couvrant de baisers et en l’assurant qu’il était complètement fou d’elle.

Ils changèrent de sujet avec l’entrée de Martha qui commença tout de suite à parler du succès de la pièce jouée par ses élèves et de ses nouvelles idées de spectacles pour la fin d’année. Le dîner se passa dans la bonne humeur : les lasagnes étaient délicieuses et, à la surprise de Martha, Rick et Kate vidèrent la bombe de crème fraiche tout en savourant leur mousse au chocolat, chose très étonnante de la part de Kate, elle qui d’ordinaire faisait attention à sa ligne… La soirée fut très calme entre Rick qui ne savait plus trop quoi dire pour lui rendre le sourire et Kate qui essayait de faire comme si de rien n’était. Martha ne savait plus quoi faire et décida de s’éclipser pour les laisser régler leur problème entre eux. Mais à peine eut-elle quitté la pièce que Kate prétexta être fatiguée pour aller se coucher et se retrouver seule dans la chambre. Rick ne voulait pas la suivre tout de suite, il voyait bien qu’elle avait besoin d’espace et qu’elle voulait se retrouver seule. Il était tout de même heureux qu’elle reste chez lui au lieu de se refugier dans son appartement. Ca prouvait au moins qu’elle se sentait un peu chez elle. Il s’assit donc à son bureau et tenta de trouver un peu d’inspiration pour terminer le chapitre de son éditrice lui réclamait déjà depuis plusieurs semaines. Après avoir écrit et effacé à plusieurs reprises ses dernières pages, il abandonna cette idée, éteignit son ordinateur et ouvrit l’un de ses tiroirs et en sortit un petit coffret. Il l’ouvrit et passa délicatement son doigt sur la bague qu’il ne cessait de contempler.

-« Qu’est ce que je peux être bête ! Pourquoi est-ce que je ne lui ai pas demandé plus tôt ? C’est fichu maintenant, elle ne me dira jamais ‘oui’. Elle ne me croira jamais, elle pensera qu’elle a juste fini par me convaincre et qu’une fois de plus je capitule pour lui faire plaisir. Mais pourquoi je suis toujours à côté de la plaque avec elle ? » se parla-t-il à lui-même.

Rick était seul dans son bureau, assis sur sa chaise, et il ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir… Pourquoi avait-il attendu aussi longtemps ? Il avait demandé sa main à Jim depuis presque 3 mois et il n’avait même pas eu le courage de le lui demander à elle. Il s’en voulait terriblement que les mots aient dépassé sa pensée plus tôt dans la journée, au commissariat. Il s’en voulait de la laisser penser qu’il ne voulait pas fonder une famille avec elle et il espérait vraiment qu’il pourrait bien vite dissiper ce mal entendu.

 De son côté, Kate s’était couchée et ne pouvait plus retenir les larmes qui menaçaient de couler depuis que Rick était rentré. Elle était seule et laissa les émotions l’emporter. Même si elle ne prenait pas ça comme un sacrifice, le fait de savoir qu’elle resterait ‘Mademoiselle Beckett’ pour le reste de sa vie et que personne ne l’appellerait jamais ‘Maman’ lui faisait vraiment très mal. Elle ne comprenait même pas pourquoi, elle n’avait jamais vraiment imaginé se marier et avoir des enfants un jour. Elle était heureuse avec Rick !

 Lorsque Rick la rejoignit, elle ne dormait toujours pas. Elle se blottit tout contre lui en essuyant ses yeux.  Rick l’embrassa passionnément tout en la serrant dans ses bras. Il avait peur de la perdre, il avait peur qu’elle finisse par partir et ne pouvait s’empêcher de prier pour que cette histoire ne fasse pas de dégâts entre eux. Le lendemain matin, Rick trouva le lit vide à côté de lui, il se leva d’un bond en ayant peur qu’elle soit partie. Il fut soulager de la voir préparer le petit déjeuner. Elle lui fit un grand sourire en l’apercevant et lui demanda si tout allait bien. Il lui répondit en la prenant dans ses bras et en l’embrassant. La journée commençait comme si la discussion de la veille n’avait jamais eu lieu…

 


judy1  (30.07.2012 à 18:32)

Chapitre 63 :

 

Kate était assise à son bureau depuis déjà une ou deux heures. Elle et les gars se chargeaient de la paperasserie relative à l’enquête qui venait de se terminer et Castle, bien sûr, avait trouvé le moyen de se défiler : il avait toujours un chapitre à terminer. Ryan reçut alors un appel sur son portable, nota une adresse sur son calepin et regarda Esposito d’un drôle d’air.

-« Suis-moi mec, » dit-il à voix basse à son collègue.

Ils se retrouvèrent dans la salle de repos, face à la machine à café pour faire croire à Beckett qu’ils prenaient juste une petite pause.

-« Lanie nous a appelé pour la rejoindre sur une scène de crime. »

-« Et alors… Pourquoi c’est toi qu’elle appelle ? Pourquoi pas Beckett ? »

-« Regarde l’adresse… » dit-il en lui tendant le bout de papier.

-« Je ne vois toujours pas pourquoi tu fais autant de mystère, » dit Espo en essayant de sortir de la pièce.

Ryan le rattrapa par le bras et le tira vers lui.

-« Mais c’est pas vrai ça ! Tu n’écoutes jamais rien quand on te parle. Castle nous rabat sans cesse les oreilles avec l’affaire de la mère de Beckett… Ne me dis pas que ça ne te dit toujours rien ? »

Etant donné qu’il n’avait pas l’air de comprendre, Ryan arrêta de tourner autour du pot. Ils devaient agir vite pour éloigner Beckett et se rendre sur cette scène de crime sans perdre trop de temps.

-« C’est l’adresse de la ruelle où la mère de Beckett a été retrouvée. Il ne faut pas qu’elle y aille, tu la connais… »

-« J’appelle Castle ! Il trouvera certainement le moyen de l’écarter pendant quelques jours. Enfin, j’espère… Avec un peu de chance, il arrivera à la raisonner. Ne me regarde pas comme ça, on ne sait jamais ! » fit-il devant l’air peu convaincu de Ryan.

-« Même s’il arrive à l’éloigner quelques jours, ça risque de ne pas suffire. Elle ne voudra jamais qu’on l’écarte de cette affaire. Elle va encore vouloir prouver ce qu’elle vaut. »

-« Tout le monde sais que c’est la meilleure ! Elle n’a rien à prouver ! » dit-il en mettant son portable à son oreille.

Ryan lui lança un regard désespéré en lui expliquant qu’il partait rejoindre Lanie car il savait que la légiste avait horreur qu’on la fasse attendre.

-« Castle ! » dit le latino en parlant dans son portable. « Je crois qu’on a un sacré problème. Rien de bien grave pour l’instant mais retrouve-moi devant le commissariat. »

Esposito n’eut pas longtemps à attendre, Rick arriva très vite et il lui expliqua le problème en quelques minutes seulement. Ensuite, le latino fonça rejoindre Ryan et Lanie sur la scène de crime et Castle décida d’aller voir Gates pour lui demander d’écarter de force Beckett de cette enquête : la mettre en congé ou l’envoyer sur une autre affaire, qu’importe ! Mais à peine avait-il mis un pied dans le service que Kate l’avait déjà aperçu.

-« Rick ? Qu’est-ce que tu fais là ? Tu viens m’aider ? » demanda-t-elle pour le taquiner.

Elle était ravie de le voir mais sa réaction changea vite avec l’attitude de Rick.

-« Euhh… Oui, » dit-il en regardant partout autour de lui pour essayer de trouver la Capitaine.

-« Ok. Qu’est-ce qui se passe ? » dit elle d’un air sérieux et autoritaire.

-« Bah… Rien, » essaya-t-il de mentir.

-« Rick ! Je ne suis pas stupide. Les garçons disparaissent sans rien dire et toi tu arrives à l’improviste ? Je n’y crois pas une seconde. Alors explique-moi. »

Il n’en revenait pas, il se retrouvait face au Lieutenant Beckett qui essayait de lui tirer les vers nu nez. Il n’avait pas la moindre chance de pouvoir inventer quoi que ce soit qui arrive à la convaincre et, pour une fois qu’il aurait aimé la voir, Gates était introuvable.

-« Castle ! Tu comptes me dire ce qui se passe ou je dois te tirer les oreilles ? » menaça-t-elle en joignant le geste à la parole.

-« Torture-moi tant que tu veux… » affirma-t-il en faisant une grimace de douleur. « Je ne dirais rien. »

-« Très bien. »

Kate libera son oreille et réfléchit une seconde.

-« Tu ne veux rien me dire. Tant pis. Je vais faire tracer les portable des gars et je saurais où ils sont. Et de là, je découvrirai ce que tu me caches. »

-« Non, Kate… Ne fais pas ça, je t’en prie. Quelques jours de repos Kate… S’il te plait, arrête. »

Il avait beau la supplier, Kate le regardait avec son regard noir. Elle détestait que les autres prennent les décisions à sa place et que Rick aide Ryan et Esposito à l’éloigner, ça la mettait encore plus en colère. Elle téléphona au service qui s’occupait des localisations et donna les numéros de ses coéquipiers puis attendit que son collègue arrive à les localiser. Elle nota l’adresse qu’il lui indiqua et partit à toute vitesse. Castle dut presque courir pour la rattraper avant qu’elle ne démarre la voiture : il n’était pas question qu’il la laisse un seul instant. Kate était tellement en colère qu’elle n’avait même pas réalisé où l’adresse allait la mener. Ce n’est qu’en arrivant sur les lieux qu’elle se rendit compte que ses collègues essayaient juste de la protéger. Elle resta figée à l’entrée de la ruelle avant de se décider à y aller.

-« Je ne suis plus une petite fille, » dit-elle à Castle à voix basse tout en avançant vers Lanie et les garçons.

-« Ah oui… Parce que je te trouve bien pâle pourtant tout d’un coup, » remarqua-t-il.

Elle lui lança un regard terrifiant pour lui faire comprendre de se taire puis s’adressa à Lanie.

-« Alors. Qu’est-ce qui se passe ? »

-« Mais qu’est-ce que tu fais là toi ? » hurla la légiste avant de s’adresser aux inspecteurs. « Je vous avais demandé de ne pas l’avertir tout de suite ! »

-« Si tu ne voulais pas que je vienne, fallait appeler une autre équipe ! » lui lança Kate tout à fait ironiquement.

-« Ce n’est pas moi qui choisit ma belle… Je ne fais que suivre les ordres sinon j’aurais préfère appeler n’importe qui d’autre là tu vois ! »

Kate ne se sentait vraiment pas bien du tout : elle avait la tête qui tournait et de terribles nausées mais il n’était pas question que les autres s’en aperçoivent. Elle essayait de faire comme si de rien n’était et demandait à Lanie des détails sur la victime et sur la cause du décès. Lanie et les inspecteurs se regardèrent une nouvelle fois, très embarrassés.

-« Je vous rappelle que je suis votre supérieure, » essaya-t-elle de dire très clairement avant de préciser en voyant le regard assassin de son amie. « Bon, pas la tienne Lanie ! »

Kate se retourna vers ses deux collègues.

-« Je dois vraiment vous donner l’ordre de me répondre ? » demanda-t-elle d’un ton plus autoritaire encore que d’ordinaire.

Tous la dévisagèrent. La voir s’énerver de la sorte alors qu’ils essayaient juste de l’épargner un peu, c’était tout de même assez difficile à accepter mais aucun d’eux n’avait envie de la voir sombrer.

-« Elle s’appelait Georgia Neira. »

Lanie hésita encore quelques secondes avant de s’écarter du corps. Elle regarda Castle désespérément, attendant qu’il intervienne et que Kate accepte de s’en aller. Mais même lui était incapable de la raisonner.

-« Elle a reçu douze coups de couteau. Je ne sais pas encore s’ils ont tous été fait avec la même arme ni même lequel lui a été fatal mais… »

Lanie n’acheva pas sa phrase. Beckett s’était écarté d’eux et se tenait appuyé contre un mur. La tête baissée, elle avait l’air de reprendre son souffle, tout en se tenant le ventre. Elle avait vraiment l’air d’être au plus mal. Rick s’approcha d’elle tout doucement.

-« Kate ! Tu es sûre que ça va ? » demanda-t-il bien qu’il voyait bien qu’elle n’allait pas bien du tout.

Elle ne répondit même pas. Elle se blottit dans ses bras et se mit à pleurer.

-« Je suis désolée Rick… »

-« Tu n’as pas à t’excuser. Si on ne voulait pas que tu viennes ici c’est qu’il y avait une raison. »

-« Je sais… Mais j’ai horreur qu’on décide à ma place. Puis… C’est mon job ! » dit-elle toujours en sanglotant dans les bras de Castle.

Lanie se dépêcha de faire son travail et d’emmener le corps à la morgue. Kate s’éloigna de la ruelle et partit à toute vitesse. Tellement vite que Castle n’avait même pas eu le temps de réagir. Elle disparut avant même qu’il n’arrive à la retrouver. Il retourna donc auprès des garçons et ensemble ils décidèrent de rentrer au poste. Ryan et Esposito commencèrent tout de suite à rassembler des informations sur la victime ainsi que sur ses habitudes. Rick était assis sur sa chaise et attendait désespérément que Beckett l’appelle vu que, pour l’instant, elle ne répondait même pas. Beckett ne retourna au commissariat qu’après le déjeuner. Rick était fou d’inquiétude quand elle arriva et il se précipita pour la serrer dans ses bras.

-« Excuse-moi ! » dit-elle en déposant un baiser sur ses lèvres. « J’avais vraiment besoin d’être seule. Je vais bien. Je t’assure, ça va beaucoup mieux. »

Esposito et Ryan avaient déjà commencé à noter les informations importantes sur le tableau et ils s’empressèrent de leur faire un rapide résumé : Georgia Neira faisait elle-aussi partie des forces de l’ordre. Elle travaillait pour les stup’ dans un autre commissariat. Son patron n’avait aucune idée de ce qu’elle pouvait bien faire là, étant donné le fait que ce n’était pas son secteur et qu’elle était sensé être en service. Ryan avait réussi à joindre son mari et il n’allait pas tarder à arriver pour identifier le corps et répondre à quelques unes de leurs questions.


judy1  (31.07.2012 à 17:59)

Chapitre 64 :

 

Cette affaire était bien plus compliquée qu’elle n’y paraissait. Beckett et son équipe avaient déjà interrogé tous les collègues de Georgia Neira, son supérieur et ils s’étaient même renseigné pour savoir si elle ne travaillait pas sous couverture mais, visiblement, personne ne savait ce qu’elle faisait à cet endroit et les enquêteurs tournaient en rond. Kate et Rick profitaient enfin d'une soirée de détente après une très longue semaine où s'étaient succédés de nombreux interrogatoires complètement infructueux. Cette nouvelle affaire était tellement compliquée que même Castle n'y voyait aucune logique. Lorsqu'une sonnerie de téléphone se fit entendre, Castle supplia:

-« Oh non, Kate, je t'en prie, ne réponds pas. Juste une soirée en tête à tête ! Rien que toi et moi… » dit-il en enlaçant la jeune femme.

Celle-ci se retourna aussitôt avant de lui rétorquer :

-« Moi aussi j'aurais vraiment apprécié mais ce n'est pas le mien cette fois-ci, » dit-elle tout sourire en lui tendant son portable.

Reconnaissant le numéro, Rick prit un air très soucieux et mit le haut-parleur. De toute manière, il ne pourrait rien cacher à la jeune femme.

     -« Monsieur Castle ! Je ne sais pas à quoi vous jouez mais vous devez arrêter. Refermer ce dossier une bonne fois pour toute et cesser d'interroger les mauvaises personnes ! »

-« Mais de quoi parlez-vous ? »

     -« Vous avez mis certaines personnes très en colère avec vos questions. Laissez ce Bob Armen reposer en paix... »

-« L'enquête en cours n’a rien avoir avec ça ! »

     -« On ne peut pas continuer cette discussion au téléphone. Retrouvez-moi à l’endroit habituel monsieur Castle, vous avez une heure. »

L'homme raccrocha laissant le jeune couple complètement bouche-bée au milieu du salon. Ne sachant quoi faire d'autre, Rick commença par allumer son tableau tactile et vérifia qui était exactement ce Bob Armen... Si Smith se permettait de l'appeler, ça devait forcément avoir un rapport avec l'affaire JB. Il valait mieux savoir de quoi il parlait exactement avant de le retrouver. Kate était sidérée de voir tout ce que Rick avait réussi à réunir comme information. Ils passèrent donc en revue tous les personnages directement concernées ainsi que leur rôle dans cette histoire, juste pour être prêts pour la confrontation.

 Ils se retrouvèrent comme convenu dans le parking souterrain. Lorsque la silhouette de Smith apparut, il fit signe au couple de ne pas s'avancer.

-« Je ne sais pas sur quoi vous enquêtez mais retirez-vous. »

-« Je n'ai pas pour habitude de laisser tomber, » dit Beckett toujours aussi entêtée.

-« Je sais bien mademoiselle Beckett mais nous avions un accord. Si vous voulez rester en vie, évitez de faire ressortir certaines vieilles affaires. »

-« Ce n’est pas moi qui ai passé ce marché. Je suis prête à me défendre. Ces gens ne me font pas peur, » dit-elle avec audace.

-« Vous ignorez à qui vous avez affaire Mademoiselle, » reprit Smith.

-« Nous n'avons rouvert aucun dossier, ça n’a rien avoir... » coupa Castle.

-« Alors trouvez d'autres pistes pour votre enquête. Certaines personnes sont en colère et je ne pourrais pas les retenir bien longtemps si vous continuez sur cette voie. »

Rick ne put terminer sa phrase. Un véhicule venait d'entrer dans le parking et roulait à toute allure. Lorsqu'il arriva à leur niveau, des coups de feu commencèrent à éclater. Smith leur hurla de partir, de se mettre à l’abri et de ne surtout pas se retourner. Vu que le couple ne se décida pas à bouger, il commença malgré lui à paniquer et les mots sortirent tout seul.

-« Va-t-en Ritchie... Va-t-en, je t'en prie ! » supplia-t-il.

Rick resta figé sur place tandis que cette phrase fit revenir Kate à la réalité. Elle le tira violement par le bras et l'entraina hors du souterrain. Une fois à l'extérieur, il reprit ses esprits.

-« On ne peut pas le laisser comme ça ! Il faut y retourner Kate... On ne peut pas partir. »

Sa voix était pleine d'angoisse et ses yeux trahissaient sa peur. Elle céda devant l'état de panique de son ami et décida à contre cœur d'y retourner mais tout y paraissait si calme, comme si rien n'avait existé, comme si ça n'était qu'un rêve. Rick se retourna vers Kate, il avait l'air totalement perdu.

-«  Il m'a appelé Ritchie... »

-« J'ai entendu. Peut-être que c'est quelqu'un que tu connais en fait, » essaya-t-elle de le rassurer.

-« Une image a ressurgi au moment où il a crié. J'ai eu comme un flash. Je me suis revu 35 ans plus tôt. Kate… Je crois que... Que c'est mon père ! » Il avait son visage sous les yeux depuis plus d'un an, sur son tableau, mais il fallu que l'homme mystérieux l'appelle par son surnom pour que les souvenir réapparaissent.

 

Il était assis à son bureau et fixait la photo de Bob Armen. La jeune femme savait que, malgré tout ce qu'il pouvait dire, l'absence de son père l'avait profondément marqué. Elle se retint de faire le moindre commentaire mais lui conseilla tout de même d'avoir une discussion avec Martha avant de pouvoir se réjouir.

-« Mère me ment depuis toutes ces années...Tu crois vraiment qu'elle me donnerait une autre version comme ça, sans raison, juste parce que je demande une fois de plus? »

Une fois rentrés à l'appartement, Rick ne cessait de tourner en rond, de fouiller dans les vieux albums de photos. Il ne trouva aucune photo de son enfance. Sur la plus ancienne photo qu'il trouva de lui-même, il devait déjà avoir plus de 5 ans. Il se dirigea alors vers la chambre de sa mère et entreprit une fouille minutieuse de ses effets personnels.

-« Rick !.... Enfin, calme-toi ! Tu ne peux pas tout mettre sans-dessus-dessous comme ça ! » tenta la jeune femme.

-« Oui, c'est vrai que c'est bien mieux de mentir à son enfant pendant plus de 35 ans ! »

Il avait tellement besoin de réponses qu'il ne se rendait même plus compte de ce qu’il faisait. Kate l'attrapa par le bras et le força à la regarder dans les yeux.

-« Richard Castle ! Peut-être que ta mère te ment depuis toutes ces années. Peut-être qu'elle sait qui est ton père et peut-être qu'elle dissimule encore beaucoup de petits secrets. Mais je doute vraiment qu'elle fasse ça par plaisir. Si elle a vraiment fait ça, ça n'a pas dû être simple pour elle non plus. Alors tu crois vraiment qu'elle mérite ce que tu es en train de lui faire là ? » Bien qu'elle ne soit pas ravie de le voir se comporter de cette manière envers sa mère, elle essaya de garder son calme et de garder une voix douce et convaincante. Rick s'arrêta immédiatement, regardant tout autour de lui et constata le chaos qu'il venait de mettre dans cette pièce. Il s'appliqua alors à tout remettre en place avant le retour de Martha.

Une fois Castle calmé et légèrement plus détendu, Kate vint s'asseoir à ses côtés lui expliquant que le mieux serait de se retirer de l'affaire. Laisser Esposito et Ryan se charger seuls d'une telle enquête serait une grande première mais ils en étaient tout à fait capables. Apres d'interminables discours de la part de la jeune femme, Rick finit par capituler.

-« Tu crois que… Qu’il s’en est sorti ? » demanda-t-il tout d’un coup.

-« Il n’y avait aucune trace de sang dans le parking. S’il se cache depuis toutes ces années, oui, je pense qu’il s’en est sorti ! » rassura Kate. « Les coups de feux étaient juste destinés à nous faire peur ! Sinon, nous ne serions plus là. »

Kate changea de sujet de conversation puis essaya de convaincre son petit-ami qu’une bonne nuit de repos serait nécessaire.

La petite soirée bien tranquille dont ils avaient désespérément besoin devrait attendre encore un peu. Beckett avait tout de même décidé de se retirer de cette affaire, certes, mais elle s’apprêtait à en déterrer une qui risquait de tout bouleverser…


judy1  (01.08.2012 à 17:42)

Chapitre 65 :

Dès le début de la journée, Beckett se rendit dans le bureau de Gates pour l'informer de la décision qu'ils avaient pris.

-« Sir, vous avez exigé de l'honnêteté de ma part alors je vais être directe. Je ne peux pas continuer cette enquête pour des raisons personnelles. »

-« Pour raisons personnelles ? Pratique n'est ce pas... Je ne peux pas vous obliger à détailler de cette manière, » lança Gates surprise de cette révélation.

-«  En effet, c'est le but ! »

Kate essaya de garder son calme et de rester maître de la situation. Elle avait encore une idée derrière la tête et allait avoir besoin de beaucoup de diplomaties pour faire accepter une telle chose.

-« Bon, si c'est ce que vous voulez, très bien. Mais ne croyez pas que vous allez vous tourner les pouces pour autant ! »

-« Je n'en avais pas l'intention. En fait, Sir, j'aurais encore une requête. »

Beckett essayait de garder son air sûr d'elle-même mais Castle la connaissait suffisamment pour savoir qu'elle hésitait encore et, vu qu'il ne savait pas lui-même ce qu'elle avait en tête, il s'attendait au pire.

-« Je me disais aussi que c'était trop beau ! Je vous écoute alors, » dit la supérieure en regardant légèrement l'inspectrice.

-« Une personne m'a laissé sous-entendre qu'il y avait d'énormes zones d'ombre dans une certaine affaire. J'aimerais votre permission pour pouvoir mener une petite enquête. »

La supérieure, connaissant parfaitement la jeune femme, redoutait le pire.

-« Et laissez-moi deviner, s’agirait-il de l'affaire Johanna Beckett par hasard ! »

-« Non, Sir. Il s'agit de l'affaire Bob Armen en fait. »

Gates fronça les sourcils, elle ne connaissait pas ce dossier et ne savait pas exactement où voulait en venir l’inspectrice. Elle prit donc le temps de consulter la base de données via son PC et, après quelques minutes de lecture, elle reprit son air autoritaire et s'adressa de nouveaux à Kate.

-« Vous vous moquez de moi Lieutenant ! »

-« Non Sir. Je... »

-« Vous me demandez de vous retirer une affaire pour des raisons personnelles et ensuite vous voulez que je vous autorise à enquêter sur le meurtre de votre mère ? Vous plaisantez j'espère ? »

-« Il ne s'agit pas du meurtre de ma mère mais d'un… »

-« Il s'agit du meurtre à l’origine de la mort de votre mère ! Avouez tout de même que la limite entre les deux est mince. »

Gates était furieuse de constater que Beckett était toujours aussi déterminée à poursuivre.

-« Et qu'avez-vous donc découvert de si important qui mériterait de recouvrir cette vieille affaire ? »

-« En fait... » hésita Kate.

-« Vous ne vous gênez pas pour me demander de régler une affaire personnelle mais vous hésitez à me faire part de vos découvertes… Allez-y Lieutenant. Je crois qu’à présent, je peux tout entendre ! » se résigna la chef du service.

-« Il apparaitrait que ce flic, celui qui était infiltré dans l'un des gangs, celui qui s'est fait tirer dessus dans la ruelle… »

-« Venez-en aux faits Beckett ! » ordonna-t-elle en criant.

-« Il serait toujours en vie ! »

Kate la regarda en prononça ces mots. Gates, qui était occupée à relire des rapports tout en discutant avec eux, releva le nez de ses papiers et dévisagea la jeune femme.

-« Et qu'est-ce qui peut bien vous faire penser une telle chose ? »

-« Je l'ai vu la nuit dernière. Et Castle aussi l'a déjà rencontré à plusieurs reprises, il lui a même parlé au téléphone. »

-« Oh… Ca m'étonnait aussi que Monsieur Castle n'ait rien avoir dans toute cette histoire ! »

Elle le foudroya du regard. Il décida donc de rester silencieux, bien qu'il n'ait toujours rien dit.

-« Si vous connaissez son numéro de téléphone et son adresse, peut-être devriez-vous aller le voir !!! Vous n'avez pas vraiment besoin de mon aide pour ça ! »

-« Si c'était aussi simple, on ne serait pas venu vous déranger pour si peu ! » osa ajouter Beckett.

La capitaine ne releva même pas, elle se contenta de soupirer et préféra s'adresser à l'écrivain.

-« Et c'est comme ça que vous l'empêcher de faire des bêtises… Et bien, on ne peut pas dire que vous ayez beaucoup d'autorité ! »

-« Je n'avais aucune idée de ce qu'elle avait en tête en entrant de ce bureau. »

Il n'avait pas l'intention de se laisser insulter de la sorte.

-« Mais oui, bien sûr ! Vous croyez vraiment que je vais vous croire là ?! »

Elle les dévisageait tous les deux. Mais dans quel Pétain allaient-ils encore se fourrer ! Ces deux-là étaient vraiment imbattables pour foutre le bordel !

-« Bon... De toute façon, quoi que je puisse répondre, vous n'en ferez qu'en même qu'à votre tête, comme d’habitude. Alors autant que je puisse vous superviser. »

Beckett et Castle échangeaient déjà un regard ravi lorsque Gates choisit de leur gâcher un peu leur plaisir.

-« J'exige d'être informée de chacune de vos avancés. Et s'il vous plaît… Essayez d'être discrets pour une fois ! Je n'ai vraiment pas envie d'expliquer au maire pourquoi l'un de mes lieutenants enquête sur une affaire résolue depuis plus de 20 ans ! Suis-je assez claire ? »

-« Pas de problème, je m'en chargerai si vous voulez ! » plaisanta le jeune homme.

-« Merci Sir, » se contenta de répondre Beckett.

La capitaine le regarda très sévèrement et leur ordonna de sortir. Une fois sortis, Kate retourna s'asseoir à sa place, encore légèrement sous le choc : elle venait de convaincre Gates de la soutenir dans une enquête aussi dangereuse que compliquée. Rick prit place à ses côtés et essaya de comprendre.

-« Merci... Mais pourquoi prendre tous ces risques ? Tu n'es pas obligée, tu sais ? »

-« Je croyais que tu voulais savoir ! Ça ira plus vite que de fouiller dans la chambre de ta mère, » dit-elle avec un petit sourire. « Si Smith est vraiment ton père et qu’il veut nous éloigner de cette enquête, c’est qu’il doit y avoir un truc qui a échappé à beaucoup de monde. Peut-être que c’est ce que ma mère avait découvert. »

-« Et tu proposes quoi ?? Appeler pour l'inviter à souper et passer la soirée à le questionner sur les 20 dernière années ? »

-« Oh Castle ! Je te laisserais ce plaisir quand j'aurais découvert la raison pour laquelle il se fait passer pour mort. »

Elle réfléchit un instant avant de poursuivre.

-« Si tu devais disparaître, tu pourrais vraiment couper les ponts avec tout le monde ? »

-« Avec Mère, sans problème ! »

Kate le regarda l’air de dire qu’il exagérait.

-« Par contre, je ne pourrais jamais me séparer d’Alexis, je ne pourrais pas l’abandonner. »

Beckett, comprenant tout à fait l’allusion, sentit son cœur se serrer.

-« Alors il faut trouver s’il lui reste de la famille et inventer un prétexte pour les faire venir ! »

-« Commence donc par Martha… »

Castle voulait paraitre tout à fait neutre mais sa colère lui faisait visiblement dire n’importe quoi.

-« Rick ! Je te promets de l’interroger. Mais pas comme ça, autant trouver une bonne raison de la faire venir ! »


judy1  (02.08.2012 à 18:38)

Chapitre 66 :

 

Bob Armen n’avait pratiquement plus de famille : ses parents étaient morts relativement jeunes laissant leurs fils seuls pour affronter les difficultés de la vie et ce, dès la fin de l’adolescence. Aucun oncle, aucune tante, ces deux jeunes adultes avaient dû apprendre à se débrouiller seuls et à ne compter que sur eux-mêmes. Beckett convoqua donc ce Ned Armen, espérant qu’il ait été suffisamment proche de son frère pour avoir gardé le contact.

Une fois qu’il fut arrivé, elle demanda à Ryan de le faire patienter dans la salle de repos. Accompagnée de Rick, ils firent leur entrée après quelques minutes pour laisser à Ned le temps de s'installer. Kate paraissait très sûre d’elle. Cependant, elle allait juste à la pêche aux informations et ne savait pas exactement par où commencer.

-« Monsieur Armen, je vous remercie de vous être déplacé. Je suis le Lieutenant Kate Beckett et voici Monsieur Castle, il est juste là en tant que consultant. Savez-vous pour quelle raison je vous aie fait venir ? » demanda l’inspectrice en faisant semblant de relire une page du dossier, juste pour se donner un air ‘sérieux’.

-« L’inspecteur qui m’a convoqué m’a vaguement expliqué que c’était à propos de Bob. Mais je ne comprends pas, cette affaire date de près de 20 ans. Pourquoi maintenant ? » demanda-t-il totalement décontracté.

-« D’après certains éléments apparus sur une toute autre affaire, il se pourrait que votre frère ne soit pas mort cette nuit-là. Apparemment, il serait toujours en vie. »

Elle avait à peine terminé sa phrase que déjà elle le regardait attentivement, essayant de décrypter ses expressions.

-« C’est pas vrai ? Oh non ! Sacré Bob ! Vous savez quoi ? Ça ne m’étonnerait pas ! »

Il ne paraissait pas très surpris en fait, comme s’il savait que cette nouvelle finirait par arriver tôt ou tard.

-« Je ne comprend pas vraiment. Vous voulez bien m’expliquer ce que vous voulez dire ? » demanda-t-elle très curieuse.

-« Bob était le genre de gars avec lequel vous ne pouvez même pas rivaliser. »

Beckett et Castle durent faire un drôle de tête car il s’assit sur le bord du fauteuil, comme pour se rapprocher d’eux et commença à s’expliquer.

-« Ce que je voulais dire, c’est qu’il devait avoir un don pour s’attirer les ennuis. Il pouvait se comporter en véritable clown, faire l’idiot à un point presque sublime et redevenir sérieux en une fraction de seconde. Oh, mais il avait des valeurs ! Il pouvait même être très pointilleux sur les choses qui lui tenaient à cœur. Ça lui arrivait même d’être trop sérieux par moment mais alors là, ça en était presque barbant ! Il a toujours été comme ça : très sérieux à l’intérieur mais ne pouvant s’empêcher d’être un pitre aux yeux des autres. »

-« Vous n’allez peut-être pas me croire mais je connais ! » soupira Beckett avec un petit sourire et un regard moqueur destiné à Castle qui faisait une drôle de tête.

-« Sérieusement ? … Eh ben je vous plains. Mais je crois que le pire, ça a toujours été sa petite tête d’ange : il avait tellement de charme qu’il aurait pu vous revendre votre propre chemise à un prix fou. Il était doué pour berner les gens afin de s’en sortir mais il l’était plus encore pour s’attirer de gros problèmes. Alors qu’il ait eu besoin de se faire passer pour mort… Non Madame, ça ne m’étonne même pas. »

-« Vous n’avez pas l’air de beaucoup l’aimer, » fit Castle qui ne devait pas trop comprendre ce qu’il pouvait bien y avoir d’agaçant à tout ça.

-« C’était mon petit frère et je l’adorais. Seulement, j’en avais marre par moment. C'était toujours le petit préféré. Peu importe où nous étions, il n’y en avait que pour lui… Je devais juste en avoir assez de toujours devoir passer l’éponge. J’ai fini par ne plus le contacter. Je ne préférais pas savoir. »

-« Donc s’il avait été en vie, il ne vous aurait pas contacté ? »

-« Je vous jure que je le croyais mort. Et s'il a trouvé un moyen de s'en sortir encore une fois, il ne m’a pas appelé. »

-« Vous étiez sa seule famille. Il a bien dû essayer. Au moins une fois ! Vous n'avez jamais rien remarqué d'étrange, pas le moindre petit indice ? »

-« Je n'ai jamais rien remarqué de tel en tout cas ! » dit-il en réfléchissant. « Mais vous savez, je ne suis pas vraiment sa seule famille. La dernière fois qu'il m’a laissé un message sur mon répondeur, il me disait qu'il allait se marier. Je ne l’ai jamais rappelé. Je ne savais pas si c’était sérieux ou s’il blaguait et, sur le moment, ça m'était complètement égal. »

-« Vous vous rappelez avec qui il devait se marier ? »

-« Ca ne m’a jamais vraiment intéressé. Je crois que c’était une actrice, Marie, Marthe… Je ne sais plus quoi. Ah si, elle a dû jouer un rôle dans ‘Another World’ je crois. »

-« Martha Rodgers ?? » s’époumona Castle.

Il avait compris depuis des années que sa mère lui mentait. Mais, cette fois, il en avait la preuve. Il se sentait trahi et humilié. Comment sa propre mère pouvait lui avoir caché la vérité pendant toutes ces années ?

-« Wah ! Vous n’êtes pas un peu jeune pour être un de ces grands fans. »

-« J’adore les vieilles séries, » se rattrapa-t-il ironiquement.

Après quelques pestions supplémentaires et encore une petite demi heure à discuter, Beckett lui tendis la main en le remerciant de son aide.

-« Merci beaucoup d’être venu Monsieur Armen, » finit par dire Beckett en lui tendant une main.

-« Je ne suis pas certain de vous avoir été d’un grand secours. Mais c’était un plaisir de vous rencontrer. »

Kate lui répondit par un petit sourire et se tourna vers Rick, une fois que l’homme eut refermé la porte.

-« Dites donc Monsieur Castle… »

Elle voulait être sérieuse mais se mit à rire en voyant la tête que tirait Rick.

-« Tu sais, à un moment, j’ai eu du mal à me dire que ce n’était pas toi qu’il décrivait. En tout cas, on peut dire que le charme doit être dans les gênes. »

-« Très drôle. Tu en as appris assez, tu l'appelles maintenant ? »

Kate avait bien comprit qu’il parlait de sa mère, qu’il était furieux et qu’elle n’avait pas vraiment le choix.

 Environ une demi-heure plus tard, Martha Rodgers arriva au commissariat. Beckett ayant été plus qu’évasive sur le sujet de cette convocation, Martha avait peur qu'il ne soit arrivé quelque chose de grave à son fils. Elle fut donc soulagée de le voir assis à côté de Kate, buvant tranquillement un café.

-« Kate, Rick ? Que se passe-t-il enfin ? Pourquoi refuser de me dire ce que vous voulez ? J'ai cru que j'allais devenir folle moi ! » commença à rouspéter l'actrice.

D'ordinaire, Castle aurait trouvé une petite réplique afin de lui faire remarquer qu'elle l'était déjà. Sauf que là, il attendait toujours des réponses et qu'il était à la fois nerveux et furieux. Kate les entraîna jusqu'à la salle de repos et ferma la porte pour être tranquille un moment.

-« Alors, que se passe-t-il de si grave ? » demanda Martha avant même que Kate n'ait eu le temps de s'assoir.

-« Si je te dis Bob Armen ! » répondit Castle du tac au tac et faisant bien comprendre que, cette fois, elle ne pouvait plus mentir.

Martha pâlit subitement et s'assit avant de les fixer tous les deux.

-« On ne pouvait pas régler ça à la maison ? Vous étiez vraiment obligé de me faire venir jusqu'ici ? » dit-elle en prenant une voix grave et un air très sérieux.

-« Mais ça fait plus de 30 ans que je te demande des explications. 30 ans que j'attends qu'enfin tu te décides à me dire la vérité. Tu me crois assez idiot pour imaginer que tu ne puisses même pas te souvenir ? »

Kate décida de laisser parler Rick. Au moins, une fois la colère évacuée, il se sentirait plus léger et plus serein pour pouvoir entendre les réponses. Mais vu qu’il n’avait pas l’air de se calmer, elle décida tout de même d’intervenir.

-« Rick, s'il te plait, calme-toi un peu voyons, » essaya de tempérer la jeune femme.

Kate et Martha attendirent en silence, laissant à Richard le temps de reprendre ses esprits.

-« Martha. Ceci n'est pas une enquête officielle. Rick et moi avons juste obtenu l'autorisation de fouiller un peu mais je vous promets que, peu importe ce que vous cachez, il n'y aura aucune poursuite contre vous. »

-« Tu me vouvoies maintenant ? » demanda Martha avec peine.

-« C'est mon travail Martha. On n'a juste besoin d'un peu d'aide. Si je vous explique, promettez-vous de nous dire TOUT ce que vous savez ? Si vous décidiez de me mentir, sachez que vous risquez de le regretter. »


judy1  (03.08.2012 à 18:19)

Chapitre 67 :

 

Martha était obligée de se rendre à l'évidence : il était grand temps de passer aux aveux. Elle aurait préféré que ça se passe autre part que dans un poste de police mais, après tout, elle n'avait rien à craindre.

-« Que voulez vous savoir exactement ? » soupira-t-elle très mal à l'aise et n'osant même plus regarder son fils.

-« Est-ce mon père ? Où est-il ? » s’empressa de demander Rick.

-« Minute Castle !... Je crois que le plus simple serait de commencer par le début. Depuis votre mariage peut être ? » dit Beckett tout naturellement pour faire comprendre qu’ils en savaient déjà beaucoup.

-« Ok, j'ai compris le message. Apparemment vous en savez déjà plus que ce que j'imaginais, n'est-ce pas ? »

Elle n'attendait pas vraiment de réponse et le clignement des yeux de Kate lui fit comprendre qu'ils attendaient la suite.

-« Lorsqu'on s'est mariés, il venait d’entrer au F.B.I. C’était un simple agent, tout en bas de l’échelle. Ma carrière à moi ne décollait pas mais on arrivait à s'en sortir. Les choses ont commencé à se compliquer lorsque je suis tombée enceinte. »

-« Eh ben voilà, ça va encore être de ma faute... » râla son fils.

-« Ne dis pas de telles choses Richard ! Nous étions heureux à l'idée d'avoir un enfant mais la vie était chère et, avec un seul salaire… »

Elle fit une petite pause, le temps de chercher les mots probablement.

-« Donc, ton père a travaillé comme un dingue pour obtenir plusieurs promotions. Et tu devais avoir euh... Je dirais 4 ans, lorsqu'on lui proposa une mission sous couverture. Ce travail était très bien payé et nous avions besoin d'argent. Alors après plusieurs nuits entières passées à réfléchir, il a fini par accepter. Oh... Tout ça est de ma faute... Je n'aurais jamais dû lui faire ça... »

-« Martha ! Si Rick n'avait que 4 ans. On doit être encore loin de 1992... »

-« Eh... Je te signale que je suis là. Je ne suis quand même pas aussi vieux que ça ! »

Kate leva les yeux au ciel et le regarda d'un air désespérée pour lui faire comprendre d'arrêter d'exagérer un peu. A cette vision, Martha sourit légèrement et continua son récit.

-« Je l'aimais, je l'aimais profondément. Mais cette mission a durée 7 ans. 7 années sans pouvoir le serrer dans mes bras, sans pouvoir donner la moindre explication sur son absence. A plusieurs reprises, je lui ai demandé d'arrêter et, à chaque fois, il me répondait qu'il n'avait pas le droit, que beaucoup de monde comptaient sur lui, que c'était une question de survie pour beaucoup de gens... Alors j'ai attendu. Il m'avait promis d'arrêter par la suite. Alors, pendant ces années, j'ai continué ma vie, j'ai décroché quelques rôles et je commençais à gagner ma vie. On n'avait plus vraiment besoin qu'il continue. »

-« Mais quelque chose me dit qu'il n'a pas vraiment arrêté, n'est-ce pas Mère ? »

-« Non. Après 7 années passées sans lui, il n'est revenu que deux jours. Et tu n'étais même pas là mon chéri. »

Sa voix était plaintive et les larmes avaient du mal à ne pas couler.

-« Alors je lui ai demandé de choisir... Son travail ou nous. Il ne m'a pas prise au sérieux. Il est reparti le soir même et moi, j'ai emballé mes affaires et je suis partie avec Richard. J'ai accepté un rôle important que l'on me proposait. Je me suis servie de l'argent de Bob pour envoyer notre fils dans les meilleures écoles, dans les meilleurs pensionnats. »

-« Donc tu ne voulais plus de lui mais tu as tout de même accepté son argent ! »

-« Richard ! Comment oses-tu me dire ça ? Tu crois que c'était simple ? Je devenais dingue à attendre chaque petite lettre, à attendre qu’il puisse passer un coup de fil. Et je n’en pouvais plus de trembler à chaque fois que je devais décrocher le téléphone. Imagine la peur que tu peux avoir pour Kate ou Alexis à chaque fois que vous êtes sur une affaire délicate. »

Elle laissa à son fils le temps d'imaginer. 

-« Maintenant, imagine ça à chaque fois que tu entends ton portable sonner ! Combien de temps pourrais-tu tenir sans devenir complètement fou ? Alors oui, je suis partie, je l'ai quitté... De son coté, il a enchainé les enquêtes en continuant en tant ‘qu'infiltré’. »

-« Et tu n’as plus jamais entendu parler de lui... »

-« Il ne t'a jamais abandonné... Il prenait de tes nouvelles, suivait tout ton parcours, payait pour tes études... Mais il n'est jamais revenu, non. »

-« Il ne m'a pas abandonné ? Tu te moques de qui là ? Il a choisi ce putain de travail, il n'était pas obligé ! Je me fichais d'aller dans les meilleurs lycées, dans les meilleures universités. J'ai tout fait pour me faire renvoyer. Tout ce que je voulais moi, c'était voir ma mère, mon père… Oh, mais rassurez-vous, je suis bien élevé. Je ne vais pas me plaindre non plus, c'était pour mon bien je suppose ! »

Rick n'adressa même pas un regard à Martha. Les larmes coulaient sur ses joues. Il ne souhaitait même pas entendre la suite. Il était furieux et déçu en même temps. Il voulait connaître la vérité depuis tant d’années mais, savoir que son père avait choisit son travail en acceptant de le délaisser et que sa mère lui avait menti pendant toutes ces années pour le couvrir, ça faisait beaucoup d’un seul coup. Il se leva et partit en claquant la porte derrière lui. Les deux femmes se regardèrent un instant, sans voix.

-« Je suis désolée Martha. Je ne voulais pas raviver de si mauvais souvenirs. J'ignorais que ça avait été aussi douloureux. »

-« Tu n'as pas à t'en vouloir Kate. Ritchie aurait dû savoir tout ça depuis longtemps. »

La jeune femme sourit en entendant Martha surnommer son fils de la sorte.

-« Mais dis-moi, tout ça ne doit pas vraiment t'aider ? »

-« Non, en effet... Mais je ne pouvais pas vous arrêter, Richard voulait connaître son histoire. »

-« Et toi, qu'est-ce que tu veux savoir ? »

-« Cette nuit de 1992, que s'est-il passé ?... Il n'y avait que toi Martha, s'il était en vie... Il t'a forcément appelé. »

-« Oh Kate... »

Elle ferma les yeux quelques secondes pour prier en silence.

-« Pardonne-moi ! J'ignorais que ça prendrait de telle mesure... Pardonne-moi Kate ! N'en veux pas à Richard, il n'y est pour rien… »

Les larmes commencèrent à monter aux yeux de Kate...

-« Dites-moi ce que vous avez fait. »

Elle venait de prendre l'air le plus autoritaire qu'elle puisse faire.

-« Bob m'a appelé. Il m'a expliqué qu'il venait de recevoir une balle dans le ventre et qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps. Je suppose qu'il voulait s'excuser mais je ne lui ai pas laissé le temps de parler. Je lui ai demandé où il était. Je lui ai assuré que j'allai envoyer des secours et que je m'occuperai de lui. »

-« Martha ! C’est admirable... Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça. »

Kate posa sa main sur celle de Martha. La jeune femme s’en voulait de faire ressortir de si mauvais souvenirs. Mais elle avait envie de savoir ce qui s’était passé ce soir-là, ce que sa mère avait probablement fini par découvrir elle-aussi et les raisons pour lesquelles elle était morte. Elle sentait qu’elle était tout près de but. Martha, elle, sentait que le moment de décharger sa conscience était venu. Elle avait toujours peur des représailles si elle se décidait à parler mais, cette fois, elle se sentait coincée, elle n’avait plus aucune échappatoire.

-« Une fois qu'il a été transporté à l'hôpital et que le chirurgien lui a sauvé le vie... J'ai appelé un ami. Bob lui a raconté tout ce qui s'était passé ce soir-là. Et il a promis de faire le nécessaire, on devait juste accepter toutes les conditions. »

-« Qui avez-vous appelé et quelles étaient ces conditions ? »

Kate l'avait volontairement tutoyé quelques instants plutôt. Mais là, elle ne pouvait plus. Martha détenait la clé depuis le début et avait gardé le silence. Elle ne pouvait même pas y croire.

-« Bob devait accepter de disparaître, de se faire passer pour mort. On ne devait jamais intervenir dans l'enquête qui aurait lieu. On ne devait jamais se revoir non plus. »

-« Martha, qui était-ce ? » demanda Kate avant de se mettre à crier en voyant qu'elle ne répondait pas. « MARTHA ! »

-« Le Sénateur Randall Stinson. »

-« Vous...Vous voulez dire que c'est un sénateur qui est derrière tout ça ? Vous vous moquez de moi, n'est-ce pas?? »

Kate regardait Martha et essayait d'y voir un peu plus clair.

-« C'est à cause de moi... Il s'est servi de cette histoire pour se faire réélire... Il voulait juste le pouvoir. Il a couvert les 3 flics ripoux en éloignant Bob. C'est lui qui a... Oh Kate ! »

Elle secouait la tête, sa détresse était aussi visible que celle de Kate.

-« Je suis sincèrement désolée Kate. Je n'ai jamais voulu... Je voulais juste sauver Bob ce soir-là ! J''ignorais que... »

Kate n'écouta même pas la suite... Les larmes ne cessaient de couler. La jeune femme fit plusieurs pas en arrière pour s'éloigner de Martha tout en la regardant horrifiée. Enfin, elle s'en alla elle-aussi.


judy1  (04.08.2012 à 19:07)

Chapitre 68 :

 

Martha rattrapa Kate avant qu’elle ne referme la porte derrière elle et lui demanda de l’écouter encore un peu.

-« Comment tu as pu me faire ça Martha ? Me mentir pendant toutes ces années ! Comment as-tu pu laisser Rick prendre tous ces risques pour me protéger alors que, depuis le début, tu connais la personne qui est derrière tout ça ? »

Kate était en colère contre Martha et les larmes continuaient de couler de ses yeux.

-« Richard ne risquait rien tant qu’il se contentait de t’éloigner. Je n’aurais jamais gardé le silence s’il en avait été autrement. »

-« Je peux comprendre que vous ayez gardé le silence pour protéger votre mari le soir où il s’est fait tirer dessus mais quand ma mère est morte… Vous n’avez rien fait, vous avez continué à vous taire ! Ca nous a démoli mon père et moi de ne pas comprendre ce qui s’était passé, que personne ne paie pour nous l’avoir enlevée. »

Martha savait que le meurtre de sa mère avait changé la vie de Kate à tout jamais et qu’aujourd’hui encore les blessures de la jeune femme étaient encore très douloureuses. Elle ne pourrait jamais rien faire pour revenir en arrière et tout ce qu’elle pouvait dire n’arriverait probablement pas à excuser tous ses mensonges. Cependant elle voulait tout de même essayer de se défendre.

-« Ecoute-moi une minute, s’il te plait Kate. Je t’assure que je n’ai jamais voulu faire de mal à qui que ce soit… »

Kate la regarda et accepta de lui laisser une chance de s’expliquer. Voyant qu’elle revenait dans la pièce, Martha poursuivit ses explications.

« Ce soir-là, j’étais terrifiée, je ne savais pas quoi faire. Bob n’avait déjà expliqué que, lorsqu’un indic’ était découvert ou blessé, toute l’opération tombait à l’eau et que de nombreuses vies étaient souvent menacées. J’avais rencontré Randall Stinson des années auparavant, lors d’une réception. Il n’était pas encore sénateur à l’époque mais c’était déjà quelqu’un de très influant. Je savais qu’il pourrait m’aider, qu’il avait suffisamment de connaissances pour sortir Bob de ce pétrin. Je voulais juste arranger les choses et c’est ce qu’il a fait : il s’est arrangé pour que Bob soit déclaré mort, il a fait en sorte que l’enquête sur son meurtre soit bâclée et que toutes les preuves disparaissent. A cette époque, j’ignorais l’implication des policiers, j’ignorais qui avait tiré et je ne voulais pas le savoir. Bob et Randall sont restés seuls pendant des heures à discuter. »

Jusque là, Kate écoutait et avait encore l’air de rester maître de ses émotions mais le pire était encore à venir et Martha le savait très bien.

-« Ce n’est que bien des années plus tard que j’ai appris que c’était un policier qui avait tiré sur Bob. J’ignorais que des policiers terrorisaient les membres des gangs pour essayer de faire revenir le calme. J’ignorais que de très grosses sommes d’argent étaient en jeu. »

-« Mais visiblement, aujourd’hui, tu connais toute l’histoire. Comment as-tu découvert la vérité ? Et pourquoi continuer à mentir et à dissimuler la vérité ? » demanda-t-elle en coupant la parole à Martha.

Martha déglutit avant de répondre à Kate. La situation devenait de pire en pire.

-« Une avocate est venue me trouver… » avoua-t-le.

Kate resta bouche bée, la laissant continuer en espérant au fond d’elle-même se tromper sur l’identité de cette avocate.

-« J’ignore comment c’est possible mais elle avait eu accès à des dossiers qui auraient dû disparaitre. Elle avait relevé plusieurs incohérences dans les rapports d’enquêtes et un ancien collègue de Bob lui avait parlé de moi. Elle est venue me trouver et à commencer à me poser des tas de questions auxquels je ne pouvais pas répondre. »

-« Et qu’est-ce que tu as fait ? Tu lui as raconté tout ça ? » demanda Beckett complètement à bout de souffle tellement elle avait du mal à croire ce qu’elle entendait.

-« Bien sûr que non… Je ne lui ai rien dit. J’ai répété ce qu’il était convenu que je dise. J’en suis restée à ma première version. Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre. Randall était devenu sénateur et personne ne m’aurait cru ! Sans parler des représailles qui m’attendaient si j’avouais quoi que ce soit… Je lui ai dit d’arrêter et de s’en aller, je l’ai mise à la porte en la suppliant de rentrer chez elle et d’oublier cette histoire, de laisser tomber. »

-« Alors tu la connaissais, tu lui as parlé… Je n’en reviens pas que tu ne m’aies jamais rien dit, que tu aies osé ma mentir et me cacher ça pendant toutes ces années… Comment as-tu osé me faire ça alors que tu savais que j’avais besoin de réponses ? » demanda Kate les yeux plein de larmes.

-« Je suis tellement désolée Kate, je t’assure… Quelques jours après sa visite, j’ai appris qu’elle avait été assassinée dans cette ruelle. Je savais que Randall avait continué à faire disparaitre toute les preuves et je m’en suis voulu encore plus. Mais je ne pouvais rien faire sans mettre ma propre famille en danger… »

Kate était debout, elle tournait en rond dans la pièce. Elle avait enfin la vérité sur la mort de sa mère. Johanna Beckett était morte pour avoir découvert un énorme complot et pour rendre justice à un homme accusé d’un meurtre qui n’avait même pas eu lieu. Et Martha savait ça depuis le début.

-« J’avais une famille à protéger, un fils qui n’avait rien avoir dans toute cette histoire. Je ne voulais pas qu’il en souffre. »

-« Mais moi non plus je n’avais rien avoir dans cette histoire… Vous avez pensé une seconde à la famille de cette avocate ? » hurla Beckett. « As-tu pensé une seule fois à toutes les vies que cette histoire brisait. Ma mère et trois de ses collègues sont morts pour avoir voulu aider un homme innocent ! Juste pour avoir cherché la vérité ! Et tu n’as jamais rien fait ! Tu as laissé faire ! Tu les aurais laissé me tuer moi aussi ? Il aurait fallu qu’ils s’en prennent à Rick avant que tu ne réagisses ? »

-« Mais qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? Même si j’avais été voir la police, Randall était devenu sénateur et personne ne m’aurait cru, personne ne m’aurait aidé. Et je serais certainement morte moi aussi, » tenta d’expliquer Martha.

Elle marqua une petite pause avant de continuer.

-«  Je n’ai jamais voulu un tel massacre. Le soir où j’ai appelé Randall, j’ignorais qu’il se servirait de nous pour obtenir le poste qu’il convoitait. Je t’assure Kate… Je n’ai jamais voulu tout ça... »

Martha s’approcha de Kate et essaya de lui prendre les mains. Mais Kate s’écarta de Martha. Elle refusait son geste et n’en pouvait plus. Elle connaissait désormais la vérité mais à quel prix… Comment pourrait-elle continuer à regarder Martha sans penser à toutes ces années de mensonge et de trahison ? Comment pourrait-elle continuer à vivre avec Rick sans penser que ses parents sont responsables de la mort de sa mère ? Kate était furieuse et les larmes continuaient à couler de ses yeux. Elle en voulait à Martha mais elle en voulait encore plus à ce Randall Stinson. Elle regarda Martha avec colère une dernière fois et quitta la pièce en claquant la porte.


judy1  (05.08.2012 à 18:33)

Chapitre 69

 

Rick était rentré chez lui. Il aurait aimé pouvoir oublier ce qu’il avait entendu, comment un père pouvait abandonner sa femme et son fils pour un travail… Mais en rentrant au loft, il ne savait toujours pas quoi faire. Comment sa mère avait pu garder ça pour elle pendant si longtemps ? Pourquoi ne jamais lui avoir dit la vérité ? Sachant qu’à force de continuer à se poser autant de questions, il allait finir par devenir complètement fou. Il prit la décision d’attendre le retour de Martha et de ne plus chercher à comprendre.

A peine avait-elle eu le temps de passer la porte que déjà l’interrogatoire commença.

-« Pourquoi tu ne m’as jamais dit tout ça ? J’aurais pu comprendre ! » Rick était assis à la cuisine, appuyé sur la table, il faisait face à l’entrée. C’était évident qu’il attendait son retour depuis pas mal de temps déjà.

-« Je sais que tu méritais de savoir. Mais comment je pouvais t’expliquer ça ? Comment te dire que ton père avait préféré son travail à une vie de famille ? Je ne voulais pas que tu te sentes rejeté. »

-« Ce que je ressens pour l’instant, c’est encore bien pire tu vois ! » rétorqua-t-il, furieux.

-« Richard, écoutes-moi mon chéri. » Elle s’était approchée et prit son visage entre ses mains. « Je t’aime Richard, et je n’ai jamais voulu te faire de mal. Je ne peux pas remonter le temps, je ne peux plus rien changer au passé. Mais si je pouvais revenir plus de 35 ans en arrière, je supplierais ton père de ne pas accepter ce travail. Je le supplierais de rester avec nous. Je sais que ton père t’a toujours manqué, malgré que tu n’ais jamais rien dit. Je sais que je t’ai fait beaucoup de mal. Mais ce que j’ai fait à Kate, je crois que c’est encore pire. »

Martha s’en voulait terriblement, elle venait de créer un véritable cataclysme au sein de sa famille. Et même si son fils souffrait, l’état de Kate devait être pitoyable à voir. Elle savait que la jeune femme aurait besoin d’aide et de soutien. Accepterait-elle l’aide de Rick… Pouvait-elle passer au-dessus de tout ça par amour ? Si ce n’était pas le cas, Richard devait au moins savoir ce qu’elle lui reprocherait.

Oubliant subitement toute sa peine vis-à-vis de ce père qu’il n’avait jamais connu, l’idée que Kate puisse, elle-aussi, souffrir de cette histoire le mit encore plus en colère.

- « Qu’est-ce que tu as fait à Kate ?  Mère ? » Voyant qu’elle ne répondait pas, et que les larmes coulaient de ses yeux, l’angoisse le saisit également. « Oh non mère… NON ! Ne me dit pas que c’est toi qui… non, pas ça ! »

-« Non Richard, je n’ai pas tué sa mère. » Sachant exactement ce que son fils pouvait redouter à ce point. « Je n’ai pas appuyé sur la détente, mais c’est tout comme ! » Richard enfouit alors sa tête dans ses mains et se mit à pleurer.

Martha sortit de son portefeuille un petit bout de papier qu’elle gardait précieusement. Elle utilisa le portable de son fils pour appeler le numéro qui y était griffonné et laissa un message tout à fait incompréhensible à quiconque essaierait de le lire.

Bob, qui n’avait jamais vraiment pu quitter sa famille passait tout son temps à les observer, surtout ces derniers jours. Il ne mit donc que quelques minutes pour se joindre à eux.

Rick n’eut pas le choix et fut obligé d’entendre tout le reste de l’histoire. Comment ils avaient réussi à s’en sortir, comment le Sénateur Stinson s’était arrangé pour faire disparaître Bob Armen… Toutes les conséquences de cette soirée, ils ne les avaient même pas imaginées. Jamais ils n’auraient pensé que d’autres personnes auraient à souffrir des erreurs qu’ils avaient commises.

Rick était totalement anéanti. Comment une telle histoire était possible ? Petit, il adorait imaginer son père en agent secret, ou en espion avec plein de supers gadgets. Mais la vérité était bien plus sinistre, et il appréciait beaucoup moins. Bien sûr, il pouvait comprendre que leurs vies étaient en jeu, que Martha et Bob n’avaient pas eu beaucoup d’autres choix…Mais tout ça lui semblait tellement improbable. Comment Kate pourrait-elle pardonner une telle chose, Il la connaissait suffisamment bien pour savoir qu’il allait lui falloir du temps pour accepter ça, sans être certain qu’elle puisse y arriver un jour.

Du coté de Kate, la situation n’était guère plus réjouissante.

La jeune femme avait quitté la pièce comme une furie, s’était emparée de son arme, le regard plein de haine et s’apprêtait à quitter l’étage lorsqu’elle se retrouva face à Gates. Celle-ci, n’ayant aucune idée de ce qui venait de se passer, mais constatant que dans cet état, Beckett serait capable d’un véritable massacre. Elle l’empoignât par le bras et essaya de l’entraîner vers son bureau.

-« Vous ne comprenez pas Sir, il a tué ma mère ! » Dit-elle en essayant de se dégager.

-« Oh si, je crois que je comprends très bien au contraire, mais vous n’irez nulle part. » Gates profita de l’effet de surprise pour attraper Beckett à nouveau, la retourner et lui passer les menottes. Kate resta immobile essayant de comprendre ce qui se passait.

Gates finit par emmener Beckett dans son bureau pour avoir quelques explications. Elle lui avait passé les menottes pour la calmer et l’empêcher de faire une énorme bêtise. L’inspectrice mit du temps à se calmer, elle finit tout de même par lui expliqua tout depuis le début, y compris l’implication de Montgomery et des autres flics.

La capitaine restait bouche bée, elle n’arrivait pas à y croire. Elle avait travaillé pendants des années dans les services internes, donc elle savait que des affaires de ce genre avaient été étouffées. Elle avait accepté que Beckett et Castle se renseigne sur cette histoire car les dates coïncidaient avec quelques affaires très louches, mais elle était loin de s’imaginer qu’un tel complot pouvait avoir été dissimulé depuis tant d’années.

-« Il ne peut pas s’en sortir comme ça ! Je vais le tuer. » Beckett était toujours furieuse. La supérieure se fit remarque à elle-même qu’elle serait incapable de trouver les bons mots. Elle prit le téléphone, vérifia un numéro sur le net et appela.

-« Monsieur Beckett. Excusez-moi de vous déranger, c’est le Capitaine Gates ici. J’aimerais que vous veniez rapidement au 12 th. »

     « Oh mon dieu Katie… »

-« Kate va bien, rassurer vous, elle est en face de moi, seulement, je ne suis pas certaine de pouvoir la raisonner bien longtemps. S’il vous plait, j’ai vraiment besoin de votre aide. »

     « Mettez le haut-parleur, je veux lui parler ! » Gates s’exécuta et fit comprendre à Jim qu’elle entendait. « Katie, j’ignore ce qui se passe, mais je serais là dans moins d’une demi-heure. Tu n’as pas intérêt à bouger. Ne fait pas de bêtises, attends-moi… »

-« Je suis là papa. » Kate ne put rien dire de plus. Elle se mit à pleurer, complètement perdue par tous les événements.

Gates laissa Beckett menottée dans son bureau et sortit. Elle donna l’ordre à Esposito et Ryan de ne la laisser sortir sous AUCUN prétexte et de ne laisser entrer que monsieur Jim Beckett !

 

Lorsque Jim arriva, il trouva sa fille dans un état lamentable. Il sortit du bureau et s’adressa à Esposito en lui ordonnant de lui détacher les menottes. Le latino exécuta sans broncher et repartit en les laissant seuls.

Lorsque la jeune femme eut fini de tout expliquer à son père, son état était presque encore pire que le sien. Mais d’un autre côté, il était soulagé de pouvoir connaître la vérité, après toutes ces années.

-«’ La vérité de peu pas te faire de mal’….Ta mère adorait cette phrase. » dit il en prenant le visage de sa fille entre les mains. « Je me suis effondré à sa mort. Mais je m’en suis remis… Il m’a fallu beaucoup de temps, mais j’ai fini par accepter sa mort. Aujourd’hui, je sais qui est derrière son meurtre, et je sais pourquoi… Je crois qu’il est temps pour nous deux de ne garder que les bons souvenirs, de penser à ta mère en se rappelant tous les moments de joie et oublier tout le reste. » affirma-t-il les larmes aux yeux.

Vu qu’ils étaient toujours seuls tous les deux, ils continuèrent à parler de tout ce que ça allait changer dans leur vie. De tout ce que cette histoire avait engendré comme problèmes, et pas uniquement dans leurs vies à eux, Jim s’inquiétait de savoir comment elle allait faire pour arriver à surmonter la trahison et tous les mensonges de Martha. Il essaya de lui faire comprendre qu’eux aussi en avait souffert, et qu’il ne pouvait pas leur en vouloir d’avoir essayé de se protéger. Après tout, Martha et Bob ne pouvaient pas savoir qu’ils demandaient de l’aide à la mauvaise personne. Avant que Kate n’ai eu le temps de lui répondre, Gates entra dans la pièce et constata avec soulagement que le père devait être bien moins têtu que la fille.

-« Afin de pouvoir vous laisser partir en ayant la certitude qu’aucun de vous deux ne fasse de bêtises, sachez que je me suis adressée directement au Maire et il nous assure qu’il va contacter des gens bien plus haut encore dans la hiérarchie pour que le Sénateur Stinson ne s’en sorte pas cette fois. Il a beaucoup de pouvoir, mais je vous assure que ce ne sera pas suffisant. Je ne laisserais pas une telle affaire être étouffée ! Pas sous mon commandement. »

Père et fille décidèrent de faire confiance au capitaine et sortirent du bureau. En passant à côté de ses collègues, elle les remercia de veiller sur elle. Elle était très calme et les deux inspecteurs ne l’avaient probablement jamais vu aussi fatiguée mais visiblement fort apaisée.

-« Je crois que je vais prendre le reste de la journée pour profiter de la présence de mon père. Alors à demain les gars. »

Les garçons se regardèrent surpris de cette réponse de la part de Beckett, mais ils décidèrent finalement de faire comme si de rien n’était et de simplement lui souhaiter une bonne après-midi.

 

 


judy1  (06.08.2012 à 19:00)

Chapitre 70

 

Kate avait beaucoup de mal à se remettre des derniers événements, elle ne savait plus du tout où elle en était dans sa vie à présent. Pouvait-elle passer au-dessus de tous ces mensonges pour continuer son histoire avec Rick et faire comme si de rien n’était ? Elle avait besoin de temps pour remettre de l’ordre dans sa tête, et bien que ça faisait plus d’une semaine maintenant qu’elle connaissait la vérité, elle en était toujours au même point : Que faire ?

Un jour, Gates l’avais surprise en larmes, toute seule dans la salle de repos. Elle lui avait ordonné de rentrer chez elle et de prendre rendez-vous chez un médecin car, en plus d’être de plus en plus pâle, elle avait l’air complètement exténuée. Ça faisait déjà plus de 3 jours que personne ne l’avait vu au travail et Gates refusait de faire le moindre commentaire sur l’état de santé de la jeune femme. C’est donc Lanie qui se dévoua pour essayer de la remuer un peu. Kate laissa donc entrer son amie à contre cœur car elle n’avait envie de parler à personne, elle voulait juste rester seule. Mais ses amis en avaient décidé autrement.

Lanie entra donc, serra son amie dans ses bras.

-« Aller Kate, tu ne vas pas rester enfermée chez toi et refuser de nous parler pour le reste de ta vie ?»

-« J’aimerais pourtant Lanie… Je ne sais plus ce que je dois faire. Je suis vraiment perdue. »

-« Tu parles de Rick n’est-ce pas ? Tu sais ma chérie, eux aussi ont souffert et certainement autant que ton père et toi. Martha t’a menti, c’est vrai, mais elle n’aurait jamais pu te dire la vérité sans mettre sa famille en danger. Je doute qu’elle ait fait ça par plaisir tu sais, ça n’a pas dû être facile pour elle de garder ce secret si longtemps. »

Kate se remit à pleurer tout en s’asseyant, car elle était très faible en ce moment.

-« Je sais Lanie… Mon père a fini par arriver à me le faire comprendre lui aussi. » Dit-elle tout en sanglotant.

Lanie prit une chaise et vint s’asseoir à côté de Kate. Elle lui essuya les larmes de ces yeux et essaya tant bien que mal de la réconforter.

-« Je suis certaine que tout va s’arranger Kate. Je suis certaine que tu vas trouver le moyen de surmonter ça. Tu es dingue de Castle et ce mec est fou de toi, c’est sûr que vous allez trouver le moyen de vous remettre ensemble. Fais-toi confiance. Mais tu sais, tu devrais prendre un peu soin de toi, tu as l’air vraiment malade ma pauvre… Pas sûre que ton prince charmant te reconnaisse dans cet état. »

-« Je n’ai pas encore trouvé le courage de lui parler. Je l’aime et j’ai peur de le perdre. J’ai peur qu’il me dise que tout est fini et d’un autre côté, j’ai peur de ne pas être capable de passer au-dessus de toute cette histoire. Je t’assure que j’aimerais pouvoir me blottir dans ses bras et lui dire à quel point je l’aime. Mais j’ai tellement peur de ce que lui a à me dire. »

Lanie la prit alors dans ses bras. Elle n’avait jamais vue son amie dans cet état, elle avait l’air si fragile en ce moment.

-« Tu as pris rendez-vous vous chez ton médecin comme te l’avait ordonné Gates ? »

-« Rassures-toi, ça au moins, je l’ai fait. J’y ai été hier, et il n’a rien trouvé d’anormal, il m’a fait une prise de sang en me disant qu’il rappellerait quand il aurait des résultats. »

-« Et ben voilà… Tu vois quand tu veux ! Ce n’est pas si difficile d’obéir aux ordres. » Avec cette réflexion, Lanie arriva à arracher un léger sourire à Kate. Mais le bonheur fut de très courte durée, son portable se mit à sonner, et rien que de penser qu’il s’agissait encore de Castle, Kate s’effondra à nouveau.

-« Dis-lui que je ne suis pas là. Dis-lui ce que tu veux, mais je ne peux pas lui parler maintenant. » Dit-elle en tendant son G.S.M à son amie. « S’il te plaît Lanie. »

Elle prit le portable et consentit à répondre à sa place.

-« Allo… »

     -« Mademoiselle Beckett ? C’est le Docteur Matthews à l’appareil. »

-« Un instant s’il vous plait ! »

Lanie s’adressa à Kate tout en éloignant le téléphone de sorte que l’interlocuteur n’entende pas toute la conversation.

-« Kate, c’est ton Docteur. Je prends le message ou tu acceptes au moins de lui parler ? »
Elle reprit son téléphone des mains de Lanie et décida d’écouter elle-même ce que la prise de sang avait bien pu révéler.

-« Beckett »

     -« J’ai les résultats de votre prise de sang. Et le test sur lequel j’avais fortement insisté, il est positif. »

-« Non… Ce n’est pas possible ! NON pas ça ! »

      -« J’ai sous les yeux une liste de quelques spécialistes en qui j’ai toute confiance, je vous envoie leurs noms pour que vous puissiez prendre un rendez-vous avec l’un d’entre eux. Mais quoi que vous décidiez de faire, parlez-en à vos amis, je suis sûr qu’ils vous soutiendront. »

-« Merci Docteur. »

     -« C’est vraiment important de les contacter mademoiselle. Ne perdez plus de temps. »

-« Oui, je vous promets de le faire. »

Kate raccrocha et resta quelques secondes immobile, essayant de réaliser ce que son docteur venait de lui apprendre. Elle s’écroula littéralement dans les bras de Lanie. Elle lui expliqua ce dont il s’agissait et la légiste décida de passer la soirée avec elle. Il fallait vraiment que Kate arrive à se calmer et à se détendre.

Une fois que Kate eut fini de pleurer, Lanie décida qu’il était temps de la faire sortir un peu de chez elle.

-« Katherine Beckett » Dit-elle fermement pour que son amie la prenne un peu au sérieux. « Tu vas me faire le plaisir de prendre une douche, ou un bain, je m’en fiche, j’ai tout mon temps. Et ensuite, on sort, je t’invite à dîner, et tu n’as pas intérêt de refuser. Je te signale qu’il va te falloir des forces. »

Lanie profita que Kate se détende dans son bain pour réserver une table pour 4 personnes. Elle appela Esposito et Ryan pour les inviter eux aussi en leur expliquant qu’elle allait avoir besoin d’aide pour lui remonter le moral. Elle ne leur raconta rien de son état de santé, se disant que Kate leur en parlerait bien elle-même quand elle serait prête. Elle leur donna une liste de mots à ne surtout pas prononcer.

 

Après avoir passé une soirée très agréable entre amis, Lanie raccompagna Kate chez elle, elle mourrait d’envie de lui faire quelques recommandations encore. Elle savait que son amie était butée mais elle n’avait pas envie de la voir gâcher bêtement son histoire avec l’homme de sa vie.

Une fois à l’intérieur de l’appartement, Lanie laissa son amie lui servir un verre et s’assit face à elle.

-« Tu es ma meilleure amie, et je t’adore, tu le sais. Mais tu dois vraiment parler à Rick. Il a le droit de savoir. »

-« Je sais, mais je ne veux pas lui imposer cette vie-là. Je ne supporterais pas de le voir malheureux à cause de moi. »

-« Mais enfin, Kate… Tu te rends compte de ce que tu dis ? »

-« Je l’aime Lanie. Je l’aime plus que tout, mais je ne lui imposerais pas une vie dont il ne veut pas.

-« Je t’adore… et tu sais que je te soutiendrais quoi que tu fasses. Mais crois-moi, tu risques de t’en mordre les doigts plus tard. » Soupira la légiste en se disant que son amie était la femme la plus têtue qu’elle connaisse.

Lanie termina son verre et après un long moment de silence, elle se décida à parler de toute autre chose, elle ne voulait pas que Kate se sente jugée ou offensée. Elle changea alors de sujet de conversation et passa encore quelques heures à parler de tout et de rien avant de la laisser se reposer.


judy1  (07.08.2012 à 18:03)

Chapitre 71

Tandis que Gates avait tenu ses promesses et que tout se mettait en place pour que le Sénateur Stinson ne sorte jamais de prison, Kate avait repris le travail et essayait de se concentrer.

Cependant, personne n’avait revu Castle depuis près de deux semaines maintenant. Et vu la fragilité de la jeune femme, personne n’osait demander quoi que ce soit. Alors quand il fit son apparition et se planta juste devant Kate sans rien dire, personne n’osa plus parler. Tout le monde attendait en silence la suite des événements.

-« Castle ? Mais qu’est-ce que tu fais là ? » Kate ne relevait même pas la tête, elle posait la question sans pour autant vraiment s’intéresser à la réponse.

-« Bah, je suis venu te voir, puisque tu m’ignores depuis deux semaines maintenant. » Il ne criait pas, mais sa voix était assez dure, et il n’était visiblement très énervé. « Tu sais, je comprends que tu sois furieuse, que tu ne puisses pas pardonner pas à mes parents, OK. Mais MOI, qu’est-ce que je t’ai fait ? »

Beckett le regarda droit dans les yeux cette fois.

-« Rien Castle ! Rien du tout ! »

Cette réponse le mit véritablement en colère, et cette fois, il n’essayait même plus de se retenir.

-« Alors pourquoi tu m’évites ? Tu ne réponds pas au téléphone. Tu fais semblant de ne pas être chez toi. … Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour mériter ça ? Je ne te demande pas de sauter au cou de Mère. Elle et Bob ont juste envie de s’expliquer ! Kate s’il te plait. Une petite conversation à 4, juste pour éclaircir les choses. » Supplia t il en essayant de se maitriser un peu.

-« Rick, je n’ai pas besoin d’une conversation à… » Castle ne la laissa même pas terminer sa phrase. Il n’en revenait pas qu’elle puisse être aussi têtue.

-« TOI, tu n’en as peut être pas besoin, mais MOI si. Tu n’es pas la seule à avoir souffert pendant des années. »

-« Rick !! »

-« Laisse-moi finir… » Ordonna t il. « J’ai du grandir sans mon père, Mère à passé plus de 30 ans loin de l’amour de sa vie…Je sais que la mort de ta mère était injuste et que ça t’a démoli. Et je n’excuse pas mes parents, seulement, il faut qu’on en parle, qu’on règle ça entre nous. Mais je ne pensais pas que tu pouvais être aussi égocentrique, têtue et sans cœur… »

-« Egocentrique ?? Et c’est toi qui me dis ça !! Tu te fiche de moi ?? Je te signale que c’est TOI qui à rouvert le dossier sur la mort de ma mère. Que c’était pour TON bouquin et uniquement pour satisfaire TA curiosité…Et là, c’est MOI qui suis égocentrique….Et SANS CŒUR ???  » Dit elle furieuse que Castle puisse lui dire une telle chose. «Super, voilà qui est dit… Mais si je suis aussi impossible à vivre, tu n’as qu’à t’en aller. Après tout Rick, si tu pense vraiment ce que tu viens de me dire, qu’est ce qui te retient ? » Dit elle toujours en criant et en le regardant droit dans les yeux.

Ryan qui n’avait pas assisté à l’entrée de Rick ni à leur petite dispute passa devant lui, le nez dans un dossier et commença à s’adresser à Kate

-« Qu’est-ce que je fais du…. »

-« Non mais tu ne vois pas que tu déranges là, on ne pourrait pas terminer au moins une fois une conversation ici ? » Hurla Rick face à Ryan qui ne comprenait même pas ce qu’il avait fait.

-« Castle ! » Interrompit Kate.

-« Ca fait 4 ans qu’ils s’amusent à nous interrompre ! 5 minutes, c’est trop demander. Ils ne peuvent vraiment pas se débrouiller sans toi ? » Il se retourna vers Kate et s’apprêtait à continuer lorsque le portable de la jeune femme se mit à sonner. Castle le prit et regarda le numéro avant de le relancer sur le bureau de Kate.

-« Lanie ! Mais elle, je suppose que tu vas la rappeler ! Je sais qu’il y a eu pas mal de problèmes entre nous ces derniers temps, et que tu ne pardonneras certainement jamais à ma famille pour tout le mal qu’ils vous ont fait à toi et à ton père….  Mais comme d’habitude, quoi que je dise, ça ne changera rien. Tu sais…En fait, je crois que tu as raison »répondit il plein d’assurance. « Il n’y a absolument RIEN qui me retient ! »

Gates, qui avaient vu Castle arrivé, jugeait que leur scène de ménage avait assez durée. Elle sortit de son bureau et s’apprêtait déjà à les interrompre quand Castle la pris de court et se chargea lui-même d’arrêter le massacre.

-« C’était pas la peine de vous déranger, Capitaine ! J’ai fini…Je vous laisse. » Il était prêt à partir, mais il se retourna une dernière fois vers Kate. « Tu sais, si tu voulais que je sorte de ta vie, tu pouvais au moins me le dire en face. » Il repartit, encore plus furieux qu’à son arrivée.

 

Beckett se laissa tomber sur son fauteuil et se prit la tête entre les mains. Il y avait quelques heures encore, elle ne savait toujours pas ce qu’elle devait faire, s’ils arriveraient à se parler calmement et à s’expliquer. Là elle en avait le cœur net, il lui offrait la possibilité de rompre sans faire davantage de dégâts. Elle n’avait qu’une seule chose à faire, le laisser partir. Elle ne releva les yeux que quand Espo l’appela.

-« Il y a Lanie qui demande si c’est ok pour ce soir ? »

-« Dis à Lanie que je m’en fiche ! »

Esposito ne répondit même pas à Lanie, de toute façon, elle avait dû tout entendre. Il se contenta de raccrocher le téléphone avant de s’approcher de Beckett.

-« Tu ne vas quand même pas le laisser partir ? » Kate le regarda l’air complètement perdue. « Rattrape le Kate, ne le laisse pas s’en aller ! » ajouta t il.

Elle se leva et se cogna à Ryan qui avait toujours sont dossier entre les mains et qui s’apprêtait à parler.  « Tu fais comme tu veux, ça m’est égal. » Et elle disparut elle aussi.

 


judy1  (08.08.2012 à 18:13)

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