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Série : Castle
Création : 09.06.2012 à 21h42
Auteur : boones
Statut : Abandonnée
« Un serial-killer pour la saint-valentin, Beckett qui reçoit des messages de plus en plus étranges et nos deux partenaires qui se livrent à un véritable jeu de séduction... saison 3 » boones
Cette fanfic compte déjà 34 paragraphes
Chapitre 1) prologue :
Elle marchait dans la rue depuis des heures maintenant. « Errait » aurait peut-être été plus approprié. Oui, elle errait, sans but, juste pour fuir, pour s’éloigner. Mais fuir quoi, elle ne s’en rappelait plus, elle devait juste fuir, le plus loin possible.
Elle regardait ses pieds, dépourvu de chaussures, n’ayant même plus la force de soulever sa tête si lourde en cet instant. Elle ne sentait plus ses pieds, couvert uniquement d’une couche de saleté, entaillé par endroit, meurtries par d’autre.
Elle repensait à la journée qu’elle venait de vivre, à cette horrible journée, en essayant de se rappeler ce qu’il s’était passé… sans résultat.
Sur le sol, la pluie s’écrasait violement, mouillant le corps de la jeune femme. Les larmes sur ses joues glissaient jusqu’à sa bouche. La douleur, la tristesse et le désespoir imprimaient le visage de cette pauvre créature.
Sa peau était couverte de marques marron pour la plupart, probablement de la terre. Mais des traces bleutés décoraient aussi l’épiderme : des bleus, de différentes tailles, témoignaient de la violence qu’avait subit cette femme, à l’apparence si frêle.
Ses bras, parsemés d’entailles, balançaient le long de son corps, inerte. Le sang séché sur son visage lui donnait un caractère presque animal, sauvage.
Elle avançait toujours dans les rues de New-York, tournait une fois à gauche, puis la suivante à droite, laissant son subconscient la guider.
Chacun de ses pas était douloureux.
Une bourrasque souffla brusquement et souleva ses cheveux, laissant apparaître ce qui aurait pu être un beau visage s’il n’avait pas été autant tuméfié. Le vent cessa finalement et son visage fut de nouveau caché par ses cheveux, mêlés au sang qui coulait de sa tempe.
La nuit noire l’entourait totalement de ses grands bras. Seul la lumière laissait transparaître la petite lueur dans les yeux de l’animal blessé : l’espoir. C’est dans cette lueur qu’elle puisait sa hargne, la force qui lui permettait de mettre un pieds devant l’autre et d’avancer.
Elle ne se souvenait pas de grand chose, de presque rien en fait. Tout était flou. Mais elle avait ce visage en tête, ce visage qui l’obsédait, ce visage sur lequel elle ne pouvait mettre aucun nom, ce visage sur lequel elle ne pouvait mettre qu’un sentiment : l’ amour.
DEUX SEMAINES PLUS TOT :
Les rayons du soleil, puissant et aveuglant, traversaient librement la fenêtre du commissariat et finissait leur course dans la grande salle, vide en ce jour de congé. Enfin pas totalement vide. Deux personnes, concentrés sur leur tache, étaient plongées dans des piles de dossiers.
Kate Beckett faisait de la paperasse, comme souvent mais à la différence des autres fois, Castle lui avait proposé son aide. Comme quoi, rien n’était impossible, même Castle voulant faire de la paperasse.
Enfin, faire de la paperasse, façon de parler parce qu’il observait plus Beckett qu’il ne remplissait les rapports.
Il l’observait, sous tous les angles, détaillant chaque parcelle de son visage. Il était absorbé par ses magnifiques yeux noisettes, omnibulé par les lèvres pulpeuses, obsédé par ses joues rosées, attiré par sa douce peau, aspirer par son coté angélique… En cet instant précis, il n’avait qu’une envie : l’embrasser !
Mais il tenait à la vie et n’allait pas tenter cette dangereuse aventure !
Beckett, elle, n’avait pas décroché le regard de ses dossiers de l’après-midi mais ce n’était pas pour autant qu’elle n’avait pas remarqué que Castle la regardait. Elle n’avait rien dit, appréciant cela sans doute… elle ne savait pas trop pourquoi elle n’avait rien dit… pour ne pas gâcher le moment, si précieux à ses yeux ? Parce qu’elle était bien là, avec lui, même si jamais elle ne l’admettrait ?
Castle du remarquer qu’elle l’avait vu car il détourna enfin le regard pour retourner à sa pile de rapports attendant d’être soigneusement remplis et classés.
Alors qu’il allait prendre la parole pour lui dire, encore une fois, une des ses plaisanteries les plus imbéciles mais qui la faisait toujours autant rire même si elle ne le montrait pas, le téléphone de la détective brisa le silence, et l’élan de l’écrivain.
- Beckett, déclara la jeune femme.
- Salut c’est Esposito, déclara une voix d’homme à l’autre bout du fil.
- Salut Javi ! Qu’est-ce qu’on a ?
- Une jeune femme d’une trentaine d’année a été découverte ce matin chez un fleuriste, une rose dans la main !
- Les tueurs sont de plus en plus originaux, souffla Beckett avant de demander l’adresse de la scène de crime à son ami.
- Le fleuriste entre la cinquième et Lexington avenue, en face de central Park.
- Très bien, on arrive, fit elle finalement avant de raccrocher.
- On a un meurtre Castle, ajouta-t-elle en prenant sa veste et ses clefs de voitures.
- Youpi ! hurla l’écrivain avant de courir pour rejoindre sa muse dans l’ascenseur alors que cette dernière leva les yeux au ciel devant l’entrain de son partenaire : il n’y avait que lui pour éprouver tant d’enthousiasme à l’idée d’aller rendre visite à un cadavre.
... à suivre
Chapitre 2) Le retour du tueur :
Après un trajet en voiture qui paru interminable à Kate à cause de Castle qui ne tenait plus en place face à l’impatience de voir le corps, les deux acolytes arrivèrent enfin sur les lieux du sinistre meurtre.
Une horde de journalistes attendaient déjà, tel des vautours, leur scoop. Un public composé principalement de gens du voisinage ou de passant s’était également constitué derrière le périmètre de sécurité.
Beckett et Castle passèrent sous le ruban jaune et retrouvèrent finalement Lanie, agenouillée près du cadavre d’une jeune femme.
Le corps, disposé sur le dos, allongé, faisait penser à un mort dans un cercueil près à se faire enterrer. Les bras étaient croisés sur la poitrine, les jambes étendues simplement l’une à coté de l’autre. Cependant un détail sortait quelque peu de l’ordinaire : une rose blanche, mais imbibé de sang, reposait dans une des mains de la victime.
Cette dernière ne portait pas de trace de coup apparent. Seul les liens qui avaient du entraver ses mouvements avaient laissé des marques, légères mais violacées sur les poignets de la jeune femme. Elle portait une robe blanche, simple mais qui rendait cette femme particulièrement attirante. On aurait pu croire qu’elle avait été choisie exprès pour l’occasion :
- Alors Lanie, qu’est-ce qu’on a ?
- Jeune femme âgée d’une trentaine d’années, et de type caucasien. D’après la décomposition du corps et la température de son fois on peut supposer que le meurtre à eu lieu il y a au moins deux jours, précisa la légiste en se tournant vers son amie.
- D’accord, répondit Beckett en prenant note sur son calepin qui la suivait depuis toutes ces années, autre chose ? Elle releva la tête en attente d’une réponse.
- Oui. La cause de la mort semble être un traumatisme contendant à l’arrière du crâne mais je te préciserai tout ça après l’autopsie. Cependant je peux déjà te dire qu’elle a été détenue avant d’être tué, vu les marques sur ces poignets.
- Très bien… murmura une Beckett pensive.
- Tout va bien détective ? demanda Castle.
- Oui, c’est juste que… son visage est si… serein, paisible, on dirait qu’elle s’est juste…
- Endormie, finit l’écrivain qui décrivait des cercles autour du corps à la recherche de détails qui aurait pu leur échapper.
Beckett compris à son regard qu’il avait vu quelque chose, qu’il avait une théorie. Alors avant même qu’il n’ai pu prononcer un mot, elle le coupa :
- Je vous préviens Castle, si vous me sortez encore une de vos théories improbables avec la mafia, des espions ou des extraterrestres, je vous tire dessus.
- Là je suis vexé détective ! D’abord mes théories sont toujours fondées. Deuxièmement, je n’allais pas mentionner d’espions, de mafieux ou d’extraterrestres !
- Bien ! me voilà sauvée ! Alors quelle est votre brillante théorie cette fois ?
- Et bien… je pense que c’est l’œuvre d’un serial killer…
- Le sérial killer… Bien sûr… Pourquoi j’ai pas pensé à le mettre sur ma liste celui là ? se demanda-t-elle tout haut alors que Castle lui lançait déjà un regard outré.
- Beckett, la fleur dans la main, la robe blanche, la disposition du corps, ce visage angélique et détendue… Vous ne trouvez pas que c’est un peu « Too much » ?
- Certes ce n’est pas un meurtre tout à fait conventionnelle mais c’est aussi tout à fait possible que le tueur ai regretté son geste et qu’il ai voulu se racheter en sauvant un peu la dignité de sa victime.
- Beckett, je suis sûr que vous-même vous ne croyiez pas ce que vous dites.
- Castle ! Je suis flic et pas écrivains. Moi, mon travail c’est de construire une histoire avec des faits, pas avec mon imagination. Alors que ca vous plaise ou non, je vais attendre un peu avant de me prononcer, elle se tourna vers Lanie pour continuer, Je vais voir Ryan et Esposito, je viens te voir à la morgue demain matin.
Lanie retourna à ses observations tandis que Kate Beckett et son ombre masculine sortirent de chez le fleuriste pour rejoindre les deux lieutenants :
- Les gars ? héla la détective alors que Ryan et Esposito finissait d’interroger leur Nième témoins.
- Oui. Alors, commença Ryan, le gérant du magasin n’a pas remit les pieds ici depuis hier matin ou il affirme qu’ « il n’y avait aucun cadavre sur son carrelage ». Le meurtrier a donc eut un créneau de vingt quatre heures pour venir déposer le corps. Il assure également que personne appart lui, son associé et la femme de ménage, n’a les clefs de la porte d’entrée or, la serrure n’a pas été forcé. La femme de ménage, Rose Farel ne passe qu’une fois par semaine, le samedi donc demain et son collègue, Peter Mallow devait faire l’ouverture ce matin…
- Mais il ne s’est jamais pointé ! compléta Esposito avec le ton « on a un suspect ».
- Très bien, reprit Beckett, autoritaire, convoquez Rose Farel et Peter Mallow. J’espère pour eux qu’ils ont un bon alibi ! D’autres témoins Esposito ?
- Oui, une vieille dame de l’appartement d’en face dit avoir vu de la lumière hier soir tard mais elle ne se rappelle plus l’heure exacte. Il n’y a bien sûr pas de caméra de sécurité, ni chez le fleuriste, ni dans la rue.
- Ca aurait été trop beau, commenta Castle.
- Bien. Prenez des photos de la foule, dit-elle en repensant à ce qu’avait dit Castle. Ce dernier sourit légèrement mais Kate ne s’aperçut de rien, on se retrouve au poste.
Après deux hochements de têtes, Castle et Beckett repartirent pour le douzième. Dans l’ascenseur, elle se rendit bien compte Castle se retenait de lui poser une question :
- Quoi ? Elle se tourna vers lui et lui lança un regard inquisiteur.
- Non… rien… c’est juste que je me demandais… à l’approche de la Saint Valentin si vous aviez… des projets ?
Kate se tourna vers lui. Au fond d’elle même, elle avait la réponse : elle était seule. Mais dire cela à Castle l’aurait fait passer pour… une simple célibataire. Or elle voulait s’amuser un peu avec lui, aussi fit-elle l’innocente :
- Je ne comprends pas, serait-ce une invitation ? Touché ! Elle sut par la teinte rouge que prenaient les joues de Castle qu’elle avait réussi son coup.
Mais Castle, qui s’était pris au jeu, répliqua vite et bien, la déstabilisant :
- Si c’était le cas, que diriez vous ? Il sourit.
Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent finalement. Beckett se tourna vers Castle, s’approcha doucement de lui, lui susurra quelques mots à l’oreille avant de partir à reculons, le fixant toujours, avec un grand sourire qui laissait apparaître ses dents blanches, sourire qui faisait fondre Castle. Puis elle rompit le contact, mettant fin à la partie et disparu du champ de vision de l’écrivain, le laissant planter sur place, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. Quand enfin il réalisa ce qu’elle lui avait chuchoté, il hurla :
- Détective ? Qu’est ce que vous vouliez dire par « Et vous que faites vous ? Que diriez vous si je vous invitais ? »
Beckett 1, Castle 0. La partie ne faisait que commencer.
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Castle retrouva finalement Beckett là où elle allait toujours après la découverte d’un corps : en face de son tableau blanc : Le murder board. Un stylo à la main, les sourcils froncés, elle réfléchissait. Castle ne pouvait s’empêcher de la trouver… sexy, dans cette posture, adossé à son bureau, les yeux pétillants, le regard intelligent.
Il s’approcha d’elle qui, concentrée, ne l’avait pas remarquée. Bine décidé à prendre sa revanche il la fit sursauter, ce qui s’avéra extrêmement efficace :
- Castle ! Bon sang ! vous voulez que j’au une crise cardiaque ?
- Oh mais ne vous inquiétez pas Kate, je vous ferai du bouche-à-bouche si cela arrivait !
Ex-æquo, la partie s’annonçait plus qu’intéressante.
Elle ne répondit pas à sa provocation. Elle ne voulait pas lui donner cette satisfaction :
- Castle, la prochaine fois que vous me faite peur de cette manière, je vous jure que je vous égorge ! Maintenant faites moi le plaisir de vous taire, il y en a qui travail !
Castle adopta son air vexé puis se tourna à son tour vers le tableau.
Le nom de la victime, encore inconnu était donc celui de Jane Doe. En effet, la jeune femme ne possédant pas de permis de conduire ou de carte d’identité sur elle, il avait été impossible de l’identifier. Peut-être que les empreintes donneraient quelque chose, ou alors le fichier des personnes disparues.
Rien n’était inscrit dans la case des suspects, ni dans la ligne temporel des évènements ayant précédés le meurtre, ce qui était parfaitement normal à ce stade de l’enquête.
Convaincu qu’il ne pourrait pas être d’une grande utilité ce soir, Castle déclara :
- Bon et bien je vais vous laisser. Il se fait tard et avec le peu d’informations que nous avons, il n’y pas grand chose à faire. Je vais donc aller me reposer et vous devriez faire de même.
- Merci Castle mais je vais rester encore un peu.
Le premier jour d’une enquête, Beckett se sentait toujours coupable de quitter tôt le commissariat. Elle avait l’impression d’abandonner la victime et c’était se sentiment de culpabilité, qui la faisait rester tard, parfois même toute la nuit, à regarder ce tableau, même si elle savait pertinemment qu’elle ne pouvait rien faire :
- Dans ce cas, bonne nuit détective.
- Bonne nuit Castle, répondit-elle sans détacher le regard de la photo de son inconnue.
Beckett resta encore longtemps après le départ de Castle. Elle fut sortit de sa torpeur par la femme d’entretien… qui ne passait que en pleine nuit.
Elle prit alors ses affaires et quitta le bâtiment.
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Les nuits dans la grande pomme était de plus en plus froides, surtout avec l’arrivée de l’automne. Les rues étaient désertes, à cause du froid certes mais surtout à cause de l’heure tardive.
Beckett marchait d’un pas rapides, emmitouflées dans sa veste, le menton rentrée dans son écharpe en cachemire, celle que son père lui avait offert.
Elle arriva enfin chez elle après quelques minutes de marche. Elle avait laissé sa voiture à deux, peut-être trois pâtés de maison de son appartement, faute d’une meilleure place.
Quand enfin elle poussa sa porte, elle sentit cette vague de chaleur l’envahir et réchauffer ses doigts engourdis, ses joues glacées..
Un morceau de papier, qu’elle n’avait pas remarqué tout de suite en rentrant attira finalement son attention. Elle se baissa pour le ramasser : il s’agissait en fait d’une lettre, cachetée avec un sceau rouge pourpre. Son nom était inscrit dessus, avec une écriture en italique, parfaitement réalisé avec une plume. L’expéditeur avait certainement du la glisser sous la porte, anonymement.
C’est une Beckett intriguée qui ouvrit l’enveloppe, délicatement. Elle se mit à lire.
« Kate,
Je pense à vous tous le temps
Jour et nuit, à tous moments
Vous hantez mes rêves
Les plus profonds, sans trêve.
Et votre sourire magique
Et vos yeux brillants
Et votre visage angélique
Et votre cœur si grand
Si seulement j’avais la chance
Même un cour instant
Que vous m’accordiez une dance
Moi, votre prétendant.
Pour la saint valentin,
Fête des amoureux,
Je ne serai heureux
Qu’en vous tenant la main.
Vous a-t-on déjà dit
Que vous étiez magnifiques
Sinon je vous le cri
Vous a-t-on déjà dit
Que vous étiez fantastique
Parce que je vous l’écris.
Celui qui vous aime comme on ne vous a aimé
Qui vous chérira comme personne ne l’a fait
Qui vous protègera plus que jamais.
Bonne nuit détective. ».
Chapitre 3 : Un admirateur secret :
Beckett finit de lire les dernières lignes du poème, la bouche grande ouverte, à l’image de ses yeux.
Elle relit la lettre une nouvelle fois, puis encore une, et ainsi de suite, se délectant de ses mots, pour se persuader que tout ça était bien réel, qu’elle ne rêvait pas.
Elle se sentait flatté. Flatté par cette lettre d’amour, par cette attention, par les mots choisies pour la décrire. Personne ne lui avait jamais écrit quelque chose de si romantique, et qui l’avait autant touché. Et en cet instant, peut-être pour la première fois dans sa vie où les épreuves n’avaient cessées, elle s’autorisa à penser que quelqu’un l’aimait, que quelqu’un pensait à elle et l’appréciait tel qu’elle était, à sa juste valeur.
Mais son instinct de détective pris rapidement le dessus et une pointe de méfiance, s’installa en elle : Qui lui avait envoyé cette lettre ? Pourquoi ? Qui la connaissait si bien, au point de pouvoir prétendre qu’il la « chérira comme personne ne l’a fait » ?
Et même si à l’approche de la saint-Valentin, recevoir une lettre d’amour n’était pas si rare, Beckett de pouvait s’empêcher d’être un peu inquiète.
Elle était quand même le sujet des rêves de l’individu qui lui avait envoyé cette lettre, elle le hantait, « sans trêve ». En somme, elle était le centre de son obsession.
Et puis, la lettre suggérait deux choses : C’était peut-être la première lettre que l’inconnu lui envoyait, mais certainement pas la dernière. Deuxièmement ; L’expéditeur devait être quelqu’un de très proche d’elle. Seulement elle ne voyait vraiment pas qui.
Elle n’avait pas tant d’ami, elle ne voyait jamais ses voisins, ne faisait aucune sortie ou activité en groupe et passait la plupart de son temps au commissariat.
Quelqu’un du 12ème district alors ? Elle enleva directement Esposito et Ryan de sa liste, puis pensa à ses autres collègues. Peut-être était-ce un policier avec qui elle avait collaboré…
Puis elle reprit la lettre qu’elle avait posée sur la table basse de son salon et relit la dernière ligne, pensante. « Bonne nuit détective ».
Elle repensa alors à ce que lui avait dit Castle juste avant de rentrer de chez lui : Il lui avait conseillé de rentrer chez elle pour se reposer et elle avait rétorqué « Merci Castle mais je vais rester encore un peu ». Et c’est là qu’il lui avait répondu « Dans ce cas, bonne nuit détective ».
Le « bonne nuit détective » résonnait encore dans sa tête. Serait-il possible que Castle lui ait écrit cette lettre. Après tout il était écrivain et cette dernière phrase pouvait être un signe qu’il lui laissait. Et puis, ils avaient discuté de la Saint-Valentin dans la journée et s’étaient ouvertement livrés à un jeu de séduction alors il était probable que Castle est voulu marquer un point avec cette lettre.
Elle se sentait un peu soulagé d’avoir une explication probable pour sa lettre même si elle doutait encore un peu de sa théorie. Elle se dit qu’elle sonderait l’écrivain le lendemain. S’il s’avérait qu’elle avait raison, il allait passer un sale quart d’heure.
Le regard de Kate se posa par hasard sur l’horloge digitale de son four. Il était tard, très tard. Encore une nuit où elle pourrait compter ses heures de sommeil sur les doigts d’une main.
Elle se dévêtit et passa un T-shirt bien trop grand pour elle avant de se glisser sous ses draps, la tête confortablement posée sur l’oreiller solitaire.
Elle pensa encore quelques minutes à la lettre puis laissa finalement Morphée l’emmener.
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Katherine Beckett fut réveillé par le bruit des gouttes de pluies qui s’abattait avec force sur le sol. Elle regarda son réveil : 5 :20 … 5 :21 … 5 :30 … 5 :59 … 6 :00 ; son réveil émit un bruit strident et peu agréable à ouïr à une telle heure. Elle préférait le bruit de la pluie qui la berçait.
Elle se leva, et perpétua le rituel matinale : douche, fringue, et petit déjeuner avant de partir à pied, sac à la main, parapluie dans l’autre, pour son travail. Elle retrouva sa voiture là où elle l’avait laissé la veille au soir, à quelques centaines de mètres de chez elle.
Dans sa voiture elle chantonnait « Jimmy » de Moriarty, accompagnée par la radio.
Elle arriva finalement au commissariat, pas loin d’une demi-heure plus tard, à cause des embouteillages.
Il était tôt, il n’y avait personne, pas même la réceptionniste. Mais elle aimait venir tôt pour travailler dans ce silence, propice à la concentration.
Elle finit de remplir les derniers dossiers qu’elle n’avait pas eu le temps de terminer la veille, interrompu par le coup de fil d’Esposito lui annonçant un meurtre.
Elle venait de finir de remplir la dernière ligne du dernier rapport lorsqu’elle décela une présence en face d’elle. Elle leva la tête, doucement et se retrouva nez-à-nez avec… un gobelet de café fumant et duquel se dégageait une odeur alléchante.
Elle sourit, autant physiquement qu’en son fort intérieure. Castle aussi suivait des rituels matinaux : il lui amenait un café, noir sans sucre mais avec un peu de crème, tous les matins, et ceux depuis le premier jour de leur partenariat. Et elle devait avoué qu’elle appréciait ce geste.
Puis elle repensa à la lettre, à la possibilité que Castle le lui ai envoyé et au fait qu’elle devait trouver un moyen pour vérifier cette hypothèse. Mais elle avait aussi un meurtre à résoudre, un criminel à mettre sous les verrous, et des réponses à apporter à la famille de la victime. Et comme à chaque fois, comme pour tout dans sa vie, le travail était sa priorité :
- Merci Castle.
- De rien. Bon, que fait-on ?
- Notre premier objectif est de découvrir l’identité de la victime, répondit Beckett en se levant pour se diriger vers l’ascenseur qui les conduirait à l’étage du bureau de Mr. Finger, le spécialiste chargé de rentrer les empreintes dans la base de données et de voir si il a correspondance avec une identité.
Mais malheureusement pour Castle et Beckett, les empreintes de la victime ne figuraient pas dans le fichier. Ils n’eurent pas plus de chance en rentrant le portrait de Jane Doe dans l’ordinateur : elle ne figurait ni dans le fichier des personnes disparues, ni dans celui des casiers judiciaires : Leur victime était un véritable fantôme.
Il ne restait plus qu’une option. Beckett envoya Ryan et Esposito montrer la photo de la victime dans le quartier où le corps avait été découvert. Avec un peu de chance, quelqu’un la reconnaitrait.
Castle et Beckett était de nouveau dans l’ascenseur, mais cette fois ci pour voir Lanie à la morgue, situé au sous-sol du bâtiment.
Le silence devenait pesant. Castle observait Beckett, qui pensante ne pouvait s’empêcher de penser à la lettre qu’elle avait découverte chez elle et au possible lien avec Castle. Elle ne lui en avait toujours pas parlé, par peur de la réponse peut-être, ou peur que, si la lettre était bien de Castle, elle ne soit pas réelle mais juste un moyen de remporter le jeu idiot auquel les deux partenaires jouait et qui d’ailleurs, semblait momentanément en pause.
En effet, Castle avait remarqué que quelque chose tracassait Beckett et il n’avait pas voulu en rajouter. Il s’était tu, sachant qu’elle lui parlerait quand elle le souhaiterait et pas avant.
Bien sûr, Beckett ne s’était rendu compte de rien et n’avait pas fait attention à Castle de la matinée, trop préoccupé par ses pensées. Ils n’avaient parlé que de l’affaire, et uniquement lorsque ca avait été nécessaire.
En y pensant vraiment, Beckett doutait de plus en plus que Castle ai quelque chose à voir avec son histoire de lettre. Tout d’abord parce qu’il ne lui avait pas fait une seule remarque de la matinée, ensuite parce que même si Castle dépassait parfois… souvent les bornes, il ne serait jamais allé aussi loin, de peur de la blesser. Et si Kate n’était pas arrivée à ce constat plus tôt, c’était parce qu’au fond d’elle même, ca ne l’aurait pas dérangé si la lettre avait été de Castle, et encore moins si elle avait été sincère.
Soulagée par l’innocence présumée de Castle, la curiosité revint la hanter : Qui avait bien pu lui envoyer cette lettre ?
Les portent de l’ascenseur s’ouvrirent finalement, coupant cour à sa réflexion.
Les deux coéquipiers rejoignirent Lanie dans l’antre de la mort :
- Salut Lanie, alors, qu’est que tu as pour moi ?
- Salut, Kate. Alors, j’ai fait un peu mieux connaissance avec notre victime. D’ailleurs, vous avez découvert son identité ?
- Non, aucune reconnaissance mais Esposito et Ryan suivent une autre piste qui pourrait peut-être nous en apprendre plus sur elle, expliqua Ket tout en désignant le corps.
- Très bien. Alors, je peux te confirmer qu’elle est morte il y au moins deux jours donc mercredi mais je ne peux pas être plus précise. La cause de la mort est bien un traumatisme contendant à l’arrière du crâne. Il a très probablement été infligé par la crosse d’une arme à feu, comme nous l’indique cette marque, exposa Lanie à l’aide de geste alors que Castle et Beckett suivait attentivement.
Les traces sur ses poignets nous indique qu’elle à été détenue et étant donné la couleur violacé qu’on prit ces marques, je crois pouvoir affirmé qu’elle a été retenue une semaine environ. Elle à également de multiples hématomes et contusions plus ou moins importantes suivant les endroits, mais la plupart son concentrés sur l’abdomen ou dans le dos.
- Peut-être était-elle couchée sur le sol et que son meurtrier lui donnait des coups de pieds ? Suggéra Castle alors que Lanie et Beckett acquiesçaient, attestant la probabilité de cette Hypothèse.
- Pourquoi pas Castle mais je pense aussi qu’il l’avait accroché par les bras et suspendu en l’air car étant donné l‘état des muscles de ses épaules et de son cou, elle a du pendre dans le vide, les bras au dessus de la tête, et un bon moment, répondit Lanie avant de poursuivre, elle a également des marques de piqures au niveau de la pliure du coude, à l’intérieur du bras.
- Elles à été drogué… déclarèrent en cœur Beckett et Castle.
Ils tournèrent la tête l’un vers l’autre, se regardant un instant, souriant le suivant. Castle fut ravi de voir ce si beau et pure sourire fendre le visage de Kate qui lui avait paru si triste depuis qu’il l’avait retrouvé ce matin.
Kate, quant à elle, appréciait toujours autant ces moments où leur esprits semblaient connectés. « Les grands esprits se rencontrent » se disait-elle à chaque fois.
Lanie se retenait de rire mais elle ne put s’empêcher de faire une petite remarque :
- Vous êtes trop chou quand vous faites ça ! On dirait vraiment que vous êtes…
- Merci Lanie, l’interrompit Kate en rougissant, lançant un regard noir et lourd de sens à son amie alors que Castle paraissait amusé par la situation.
- J’ai comprit. Sujet sensible ! reprit Lanie en souriant de plus bel, a part ça, le bilan toxicologique n’est pas encore revenue mais je soupçonne le tueur d’avoir injecté à notre victime une drogue qui a détendue ses muscles, son corps… d’où son apparence si paisible.
- Bien. Merci Lanie. Apelle-moi si tu trouves autre chose.
- Pas de souci Kate. Au fait tu veux que l’on se retrouve au petit restaurant en face pour déjeuner ensemble ce midi ?
- D’accord. Je t’y retrouve d’ici une demi heure. À tout à l’heure.
En effet, Beckett n’avait pas vu le temps passé mais il était déjà une heure de l’après midi. Castle laissa Beckett pour aller retrouver Alexis qui l’avait convié. Beckett rempli le « murder board » avec les quelques infos qu’elle avait receuillies puis partit rejoindre son amie comme convenu.
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Castle retrouva Alexis dans le restaurant qu’elle lui avait indiqué. Elle avait réservé une table dans le fond pour plus de tranquillité et d’intimité. Castle ne savait pas vraiment pourquoi sa fille lui avait demandé de venir. Peut-être avait-elle besoins d’un conseil ?
- Salut papa, déclara Alexis en embrassant son père avoir de s’asseoir.
Ils choisirent un plat chacun, à base de viande pour Castle et de légume pour Alexis et commencèrent à manger en silence. Alexis, se décida finalement à parler :
- Papa, si je t’ai fait venir c’est parce que j’ai cruellement besoins de conseil.
- Explique-moi tout ma chérie.
- Alors voilà : j’ai une amie à l’école qui ne vas pas très bien ces derniers temps. Je veux dire, d’habitude c’est toujours la première à rire, à faire des blagues, à s’amuser mais depuis peu elle ne sourit même plus, elle paraît si triste…. je ne sais pas quoi faire. Au début je me disais que je n’allais rien lui demander, et attendre que ce soit elle qui vienne me parler mais elle ne l’a pas fait et je veux vraiment l’aider. Du coup j’ai eut une petit idée et je voulais ton avis : Je pensais aller la voir chez elle après les cours ce soir et lui dire que si elle veux me parler elle peut, que si elle a juste besoins de quelqu’un je suis là. Mais j’ai un peu peur de sa réaction.
- Je pense que c’est une excellente idée et que cette fille a beaucoup de chance de t’avoir comme amie !
- Merci papa
Pendant le reste du repas, père et fille discutèrent de tout et de rien, de l’école d’Alexis et des prochaines vacances…
En repartant pour le commissariat, Castle repensa à l’amie d’Alexis en faisant un parallèle avec Beckett, qui ne semblait plus vraiment elle-même depuis qu’il l’avait quittée le soir précédent. Il se promit de lui parler si les choses se s’arrangeaient pas d’elle même parce que la voir triste lui faisait du mal.
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Beckett revint finalement au 12ème district après avoir déjeuné. Au court du repas, elle avait plusieurs fois été à deux doigts de raconter à Lanie pour la lettre d’amour, après tout c’était sa meilleure amie. Mais elle s’était retenue, à chaque fois que l’envie de parler l’avait traversé, tout d’abord parce que Lanie ne pourrait rien faire pour l’aider mais aussi car, d’une certaine manière, le sujet la mettait mal à l’aise : tout ce qu’elle voulait c’était penser à autre chose, oublier cette fichu lettre d’amour, oublier le fait que pendant un court moment, elle avait été flatté, elle s’était sentit aimée.
Elle retrouva finalement son bureau, s’assit à sa chaise, soupira, et prit sa tête entre ses mains : elle se promit de parler de tout ça à Lanie plus tard mais en attendant, elle devait faire abstraction de ses soucis et se concentrer sur son enquête.
Elle releva la tête et c’est à ce moment qu’elle le remarqua : le post-it rose qui était collé sur son écran d’ordinateur, oui ce post-it rose en forme de cœur qui la narguait, ce post-it dont l’écriture ressemblait trop à celle de la lettre que Beckett avait trouvé, ce post-it qu’elle n’avait pas envie de regarder.
Pourtant elle le saisi et lu alors que dans sa poitrine, les battements de son cœurs étaient de plus en plus rapprochés. Une boule naissante s’installa au creux de son ventre.
« Kate,
Je vous observe vous femme parfaite
De cette vue, je me délecte
Vous voir manger ou soupirer
Je ne m’en lasse jamais
Mais vous me semblez
En ce matin, préoccupé
Je le comprends car c’est
Ma lettre qui vous a bouleversée
J’espère que vous avez appréciez
Mes mots d’amour sincères
Et que vous attendez comme hier
Une autre lettre pour vous charmer.
L’amour arrive toujours. »
Chapitre 4) Seule, invisible, inconnue:
Beckett était perdue. Perdue au milieu de ces mots, de ses pensées, de son incompréhension, de ses questions. Le premier mot qu’elle avait reçu l’avait flatté, du moins au début. Mais ce deuxième message était loin de lui faire plaisir, bien au contraire. Elle était sûr maintenant que ce n’était pas Castle qui était à l’origine de cette très mauvaise blague. Une blague… Oui, elle voulait tellement que ce ne soit qu’une simple blague qui cesserait bientôt.
Mais qui alors, était l’auteur de ces mots ? Qui était cette personne qui lui causait tant de peine, de peur, d’appréhension ? Qui était cette personne qui semblait être obsédé par elle ? Qui était-elle et que lui voulait-elle ?
Elle arracha avec haine le mot de son écran d’ordinateur et le déchira en morceaux, Morceaux qui finirent tous dans la poubelle, au milieu du reste des déchets. Beckett enfoui alors sa tête entre ses mains, se couvrant les oreilles. Elle avait besoins de réfléchir, de faire le point.
Cet homme, car seul un homme avait pu lui envoyer de telles choses, commençait vraiment à l’effrayer. Il disait l’observer, et apparemment depuis quelques temps déjà.
Mais que devait-elle faire ? En parler à la police ? Elle était la police et elle ne savait pas quoi faire. Elle savait pertinemment que si elle allait porté plainte pour harcèlement, on l’enverrai sur les roses ou, au mieux, on prendrait sa déposition et on « fera le nécessaire ». Elle savait bien comment sa finissait ce genre d’histoire : affaire classé sans suite. Combien de fois avait-elle vu ce libellé orner des dossiers ?
Non, elle ne pouvait pas en parler à la police, ni à ses amis d’ailleurs. Elle ne se voyait pas tellement leur dire « Hey ! Salut les gars quoi de neuf ? Ca avance notre enquête sur cette pauvre femme assassinée ? Au fait il y a un homme qui m’envoie des petits poèmes d’amour ! Aller à plus ! ». Elle ne devait rien leur dire à eux non plus, parce qu’il ne devait pas savoir, elle devait régler ça seule, comme une grande. Elle n’était pas du genre à se plaindre, à partager ses soucis et encore moins à demander de l’aide.
Elle devait attendre, soit que ça passe, soit que ca empire et dans ce cas là, trouver une solution à long terme. En attendant, elle se promit d’être forte.
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Les portes de l’ascenseur du commissariat venaient de s’ouvrir, libérant Castle qui revenait de son déjeuner. Son regard se posa immédiatement sur le bureau de Beckett. C’était un automatisme, il n’y pouvait rien, il était attiré par cette femme, comme par un aimant, et ca lui plaisait bien.
Mais ce qui était devant ses yeux en cet instant, il n’était pas sûr de l’apprécier. Beckett était recourbée sur la table, voutée, comme si son fardeau, trop lourd à porter, l’écrasait. Il lui avait pourtant dit, à plusieurs reprises, qu’elle portait le poids du monde sur ces épaules, mais à ce point là…
Elle avait également pris sa tête entre ces mains. Ce geste, courant lorsqu’on est triste, qu’on vient d’apprendre une terrible nouvelle renseigna un peu plus Castle sur l’était de son amie.
Ca ne pouvait plus durer : toute la journée elle avait eut cette air morose, elle état resté silencieuse, préoccupé et il avait laissé passé, lui laissant de l’espace et du temps pour se reprendre. Mais la voir comme ça, presque en larmes, il ne pouvait pas le supporter. Il repensa encore une fois à la discussion qu’il avait eut avec sa fille le midi même : il devait faire comme Alexis, parler à son amie et tenter de l’aider, pour son bien. Pour leur bien.
Il avait pris sa décision, il allait lui parler. Il s’avança vers le bureau de Beckett, prenant son courage à deux mains, prenant de l’assurance, cherchant ses mots, les mots justes.
Il s’assit à sa chaise, la chaise qu’on lui avait attribué et qui était devenue avec le temps, partie intégrante de la pièce.
Beckett n’avait même pas relevé la tête, comme si elle ignorait sa présence. Peut-être ne l’avait-elle juste pas remarqué, perdues trop profonds dans ses pensées. Il l’observa un instant, se demandant ce qu’il faisait là. Puis il se rappela, il comprit :
- Kate ? commença-t-il doucement, pour ne pas la surprendre.
Kate n’entendit son nom que lorsqu’il fut prononcé pour la troisième fois. Elle releva alors la tête et c’est la qu’elle aperçut enfin Castle qui l’appelait, avec sa mine inquiète.
Il lui fallu quelques secondes pour reprendre contact avec le monde réel :
- Oui ?
- Il faut qu’on parle.
- Oui, bien sûr, de quoi voulez vous qu’on parle ?
- De vous, déclara-t-il, n’y allant pas quatre chemins.
- De moi ? Je comprends Castle, répliqua-t-elle, un peu perdue. L’emploi de son prénom au lieu de son nom de famille lui indiquait déjà que le sujet de la discussion allait être quelque chose de personnelle.
- Kate… Depuis ce matin vous vous comportez comme si, comme si quelque chose n’allait pas. Vous semblez triste. Je ne veux pas me mêler des affaires des autres mais je tiens à ce que vous sachiez que si vous voulez m’en parler je suis là. Et vous savez que vous pouvez tout me dire. Je sais pas moi je pourrai peut-être vous aider.
Elle était touchée par son inquiétude à son égard. Mais elle ne pouvait rien lui dire. Elle y avait réfléchit et ne rien dire lui avait semblé être la meilleur solution. Et si elle ne pouvait lui dire la vérité, elle allait devoir lui mentir :
- Castle… je … je…
- Beckett ! On a quelque chose, déclara Esposito à l’autre bout de la pièce, sauvant Beckett qui poussa un discret soupire de soulagement.
Castle déçu d’être interrompu alors qu’elle état sur le point de se livrer à lui, se leva finalement pour rejoindre Beckett et les gars qui l’attendait près du tableau. Ils allaient devoir remettre cette discussion à plus tard parce que Castle n’abandonnerait pas sans avoir eut ses réponses :
- Bien. Comme tu nous l’avais demandé Beckett, on est retourné dans le quartier ou le corps a été découvert pour montrer la photo de la victime. Quelqu’un l’a finalement reconnu, expliqua Ryan en inscrivant le nom de la victime sous sa photo.
- Lana Taylor, reprit Esposito, avocate célibataire, 29 ans, pas d’enfants et jamais marié. Elle n’a pas de casier judiciaire et n’a même jamais eut une seule contravention ! Une vraie petite sainte !
Devant le regard de sa patronne, Esposito réalisa que sa dernière remarque était de trop. Castle lui devait penser le contraire :
- C’était peut-être une sainte, n’empêche qu’elle est morte.
- Castle !
- Quoi ? c’est vrai Beckett, si elle avait été si parfaite, gentille, et réglo pourquoi alors serait-elle décédée à l’heure qu’il est ?
- Il peut y avoir des centaines de raisons à sa mort dons la plupart n’ont aucun rapport avec le fait qu’elle soit réglo ou pas Castle !
- Moi je dis que c’est le Karma !
Beckett sourit et leva les yeux au ciel. Pendant un court instant Castle avait réussi à lui faire oublier ses problèmes, sa tristesse et ses peurs. Il sourit à son tour, ils se regardèrent et comme souvent, partagèrent ce moment sans un mot de plus, parce qu’il n’y avait rien d’autre à dire.
Cet échange n’échappa à Esposito ou à Ryan qui se gardèrent bien de faire une remarque :
- Autre chose ? demanda la détective en s’adressant à ses collègues.
- Oui, Rose Farel, la femme de ménage, vous attend en salle d’interrogatoire.
- Bien. Et l’associé du fleuriste Peter Mallow ?
- Il n’a pas répondu à nos coups de fil, on est allé chez lui mais il n’y avait personne. Moi je dis ça, je dis rien mais il a l’air suspect.
- Lance un avis de recherche et tient moi au courant.
- Ok.
Beckett pris ensuite le dossier de la femme de ménage et entra, suivit pas son ombre masculine, dans la salle d’interrogatoire :
- Madame Farel, je suis le détective Beckett.
- Bonjour, répondit-elle avec un accent qui trahissait ses origines d’afro-américaine.
- Je tiens tout d’abord à vous rassurer : vous n’êtes en aucun cas suspecte dans cette affaire de meurtre. J’ai juste besoins de vous posez quelques questions pour faire avancer l’enquête.
- Je comprends et j’espère que je pourrai vous aider.
- Bien commençons. Depuis combien de temps êtes vous employée chez ce fleuriste ?
- Ca fera un an dans une semaine.
- Vous connaissez donc assez bien Monsieur Mallow ?
- Pas vraiment. Disons que je travaille souvent quand il n’est pas là, la nuit, tard le soir. Mais je l’ai rencontré à plusieurs reprises pour parler salaire, enfin ce genre de chose.
- D’accord. Et vous l’avez vu quand pour la dernière fois ?
- Je ne passe qu’une seule fois par semaine, le samedi, mais samedi dernier, je ne l’ai pas vu. Pourtant je suis passée assez tôt mais il devait déjà être partit.
- Et vous n’êtes pas revenu dans la semaine ? À aucun moment ?
- Non.
- Je suis désolé mais je n’ai pas le choix, je dois vous posez une question : Pourriez-vous me montrer vos clefs s’il-vous-plaît ?
- Bine sûr. Tenez les voilà, répondit Rose en fouillant dans son sac puis en tendant un trousseau de quatre clefs et d’un porte-clés en forme de dé.
- Merci. Enfin j’ai une derrière question, et encore une fois je suis obligée de vous la poser : Où étiez-vous dans la nuit de jeudi à vendredi ?
- J’étais chez moi, dans le Bronx avec mes enfants.
- Et quelqu’un peut confirmer ça ?
- Euh… mes enfants, peut-être ma voisine.
- Très bien. Je vous remercie d’être venu. N’hésitez pas à m’appeler si vous vous rappelez de quelque chose.
Rose quitta la salle d’interrogatoire en saluant respectueusement Castle et Beckett. Tout deux éprouvait de la pitié pour cette femme. Elle vivait en faisant des ménages, habitait dans le Bronx, un quartier pauvre et difficile, où elle élevait ses enfants tant bien que mal, et apparemment seule. Face à cela, les deux coéquipiers se rendaient bien compte de la chance que leur avait offert la vie :
- Alors, demanda Castle, que fait-on maintenant ?
- Il faut qu’on en apprenne un peu plus sur Lana Taylor. Je veux dire, qui-était-elle ? on ne sait vraiment pas grand chose.
- Je crois avoir lu dans son dossier qu’elle n’a… n’avait plus de famille appart une sœur.
- Commençons par là alors.
Beckett appela la sœur de la victime qui n’avait en fait même pas été prévenue du meurtre de sa sœur. Beckett du lui annoncer la nouvelle par téléphone. Elle détestait faire ça. Déjà cela semblait inhumain qu’un inconnu vous annonce la mort d’une personne de votre sang, mais si en plus l’inconnu le faisait par téléphone…
Beckett du écouter sangloter la jeune femme à l’autre bout du fil qui ne semblait vouloir accepter le décès de sa sœur, faisant montrer sa tristesse, son empathie.
Castle, lui ne pouvait qu’observer impuissant, admirant le courage et la force de sa partenaire.
Une fois calmée, la sœur, Maïa, accepta de venir au poste pour rencontrer Beckett. Elle arriva pas loin d’une heure plus tard :
- Mademoiselle Taylor, je suis Katherine Beckett, je suis chargée de l’enquête, fit Beckett choisissant ses mots.
- En fait c’est Madame Drew. Je suis mariée. Enchanté, répondit-elle en serrant la main de Beckett et saluant Castle de la tête.
Les cernes sous ses yeux rougis, le mouchoir dans sa main tremblante témoignait de toute la tristesse qu’elle ressentait, de toutes les larmes qu’elle avait versé.
Beckett affichait une mine compatissante, sans toutefois perdre de vue son objectif : elle voulait connaître Lana Taylor :
- Je tiens d’abord à vous présenter mes condoléances, je sais ce que vous ressentez.
- Merci…
- Si je vous ai fait venir c’est pour que vous me parliez de votre sœur. Par exemple, avait-elle un petit copain en ce moment ?
- Non, enfin je ne coirs pas. Je pense qu’elle m’en aurait parlé. Elle est sortit avec un garçon il y quelque temps, un certain Miles. Mais ca n’a pas duré et depuis je crois bien qu’elle était seule. Puis vous savez, sa vie c’était vraiment son travail. Elle ne me parlait quasiment que de ça. Elle s’y plaisait vraiment et y passait tout son temps.
- Elle était avocate c’est bien ça ?
- Oui, et pas mauvaise ! Elle était vraiment irréprochable dans son travail. Sa cause c’était de défendre les gens qui n’avaient pas d’argent. Elle faisait pas mal de bénévole A.
- Et sur le plan personnelle, au niveau de ses amis ?
- Sur le plan amicale c’était pas la joie. Je crois qu’a part son ami Lindsey qui est aussi sa voisine, elle n’avait personne. Il fait dire qu’elle ne sortait quasiment jamais. Elle était timide et pas vraiment sociale, solitaire et je crois que ca lui convenais bien.
- Bien merci. Oh ! Une dernière chose : Avez-vous remarqué du changement chez elle ces derniers temps ?
- Depuis quelques semaines, elle ne venait plus me voir, elle ne m’appelait quasiment plus du tout. Je me suis dit qu’elle devait encore être plongé dans une affaire pour son travail. Mais si ca se trouve elle avait des problèmes… Et moi j’ai rien fait pour l’aider.
- Vous n’avez pas à vous sentir coupable ! Je vous remercie du temps que vous m’avez accordé. Vous pouvez y aller, je vous tiendrai au courant de l’avancer de l’enquête.
- Merci détective… j’espère que vous trouverez le monstre qui a pu faire sa à ma petite sœur. Parce que c’était vraiment une personne en or qui consacrait sa vie aux autres, elle était généreuse et n’a pas mérité une telle fin.
- Je vous promets de faire de mon mieux Madame Drew.
Maïa partit, alors que les larmes recommençaient à couler sur son visage. Elle allait avoir besoins de temps, de temps et de soutien. Pendant les deux conversations, que ce soit celle avec Rose ou celle avec Maïa, Castle était resté silencieux. Il respectait le désespoir de la sœur, il respectait la victime. Il les respectait trop pour se permettre une remarque déplacée, ou même d’intervenir. Et puis Kate avait posé les bonnes questions, et avait obtenu les bonnes réponses.
Pourtant elle n’affichait pas d’air de satisfaction, plutôt une mine curieuse. Non, soucieuse :
- Beckett, vous avez le visage de quelqu’un qui se pose des questions !
- Non… enfin si. C’est juste que je ne comprends pas quelque chose.
- Et qu’est-ce que c’est ? demanda Castle à son tour intrigué.
- Et bien d’après Lanie, la victime avait disparue depuis une semaine environ et si elle était une bourreau de travail comme nous la décrit sa sœur, ses collègues de travail ont bien du remarqué son absence. Alors pourquoi personne n’a signalé sa disparition ?
- C’est vrai que c’est étrange… Mais je sais comment obtenir la réponse à cotre interrogation pertinente !
- Moi aussi ! Ca vous dit une petite virée dans un cabinet d’avocat ?
- Vous lisez dans mes pensées détective ! s’exclama Castle souriant et rassuré que ce petit truc entre lui et Beckett qu’il adorait tant n’est pas disparu malgré la tristesse qu’elle semblait ressentir.
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Dans la voiture de Beckett, le silence rappela à Castle qu’il devait termine rune discussion avec cette dernière :
- Avant que les gars nous interrompent tout à l’heure vous étiez sur le point de me dire la raison de votre … préoccupation.
Beckett avait pensé qu’il aurait oublié. Pourtant elle avait essayé de sourire, de changer d’expression, de rire, de faire comme d’habitude mais l’inquiétude sur un visage ca ne part pas comme ça, ça ne s’efface pas et ca ne se cache pas sous un masque. Et puis, Castle n’était pas du genre à lâché l’affaire : quand il se mêlait des affaire des autres, il allait au bout des choses. Maintenant elle n’avait pas d’autre choix que de lui mentir, et ça lui brisait le cœur :
- Je… Je… C’est à cause de mon père…
- Votre père ? rien de grave j’espère ?
- Rien d’irréversible disons… Il a recommencé à boire.
- Oh… je suis vraiment désolé, je sais combien vous vous êtes battu pour lui alors je suis navré. Si vous voulez en parler…
- Merci Castle mais je préfère pas si ca ne vous dérange pas…
- Je comprends.
Le reste du trajet se fit dans le même silence qu’au début mais un silence pesant dans lequel Castle compatissait, dans lequel Beckett culpabilisait.
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Le cabinet d’avocat, situé dans le sud de Manhattan, n’était certes pas le meilleur de la ville mais avait une très bonne réputation.
Lana Taylor travaillait au sixième étage de l’immeuble d’après l’hôtesse d’accueil. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, laissant Beckett et Castle admirer le spectacle : des dizaines de personnes courait d’un bout à l’autre de la salle, de bureau en bureau. Les téléphones donnaient un vrai concert et dès que l’un s’arrêter de sonner, un autre le remplaçait. C’était ça le monde des avocats : pas de répits.
Les deux partenaires se faufilaient entre cette marée montante, essayant vainement de ne pas s’y noyer. Castle évita à Beckett l’immense plaisir de se prendre un café bouillant en pleine face en la plaquant à temps contre le mur. Mais ils se retrouvèrent prêt, très prêt, trop prêt peut-être. Beckett pouvait sentir le souffle chaud de Castle sur sa peau. Castle ne quittait plus des yeux ceux de sa partenaire, la bouche entrouverte. Puis il se mit à sourire : il avait gagner, encore une fois, il l’avait déstabilisé. Il était vrai qu’elle avait du mal à reprendre contenance, là, en sandwich entre le mur rigide et la poitrine de Castle. Ce n’était pas une position désagréable, oh ca non mais plutôt une situation… embarrassante ! Quand elle se rendit compte qu’il souriait, qu’il se régalait de la voir ainsi, elle le poussa pour l’écarter et fit sa grimace de perdante avant de poursuivre son chemin dans ce labyrinthe humain, puis quand elle fut certaine qu’il ne la voyait plus, elle sourit à sont tour.
Castle la suivit toujours souriant. Encore une fois, le pouvoir de Castle avait marché.
Castle 2 – Beckett 1, et le show continu.
Ils arrivèrent enfin au bureau du « grand patron » qui, trop occupé à reluquer son assistante, ne remarqua pas tout de suite le détective Beckett qui lui montrait son insigne. Elle l’avança alors un peu plus, juste sous son nez :
- Je vous dérange Monsieur ?
- Euh… Non ! Pas le moins du monde ! répliqua-t-il un peu gêné
Il remarqua alors la beauté et la pureté de Beckett. Il se désintéressa tout de suite de sa subalterne pour se concentrer sur la nouvelle perle qu’il avait sous les yeux. Ce regard échappa peut-être à Beckett mais certainement pas à Castle qui serra les points et souffla un bon coup.
- Je suis là pour vous parler d’une de vos employés, Lana Taylor.
- Laissez-nous Mélissa je vous prie, dit-il à son assistante avant de reprendre en s’adressant cette fois ci à Beckett avec une voix suave, alors, que puis-je faire pour vous ?
- Lana Taylor était-elle bien une vos employés ?
- Lana Taylor… euh oui peut-être… vous savez j’ai beaucoup d’employé alors je peux pas me souvenir de tout le monde ma jolie.
Beckett écarquilla les yeux. Castle ne résista pas plus longtemps :
- Eh oh un peu de respect ! Je vous signale que vous parlez à un officier de police…
Beckett rayonnait intérieurement. Elle adorait quand Castle prenait sa défense. Ca avait quelque chose de… romantique ? Elle lui adressa un rapide remerciement avant de poursuivre :
- Et bien essayez de vous en souvenir… mon mignon… parce qu’elle est morte.
Le « mon mignon » était la vengeance de Beckett. Et cela fonctionna à merveille puisque Castle se tourna vers Beckett, avec un air de vierge effarouchée, choqué.
Ex-aequo, rien n’est terminé.
Kate fit mine de rien. L’homme avait été plus interloqué par l’appellation de la détective que par l’annonce d’une de ses employés dont il se fichait à première vu éperdument :
- Je suis désolé pour elle mais que voulez vous que je fasse ?
- Depuis quand ne venait-elle plus travailler ?
- Écoutez inspecteur, vous devriez demander à ses collègues de travail parce que moi je ne peux pas garder un œil sur tout le monde. Je crois qu’elle travaillait au bureau numéro 7. C’est au fond du couloir, à gauche.
Comme le leur avait conseillé le directeur du bureau, Castle et Beckett interrogèrent les collègues de leur victime. Mais aucun d’entre eux ne semblait se soucier de Lana, du fait qu’elle soit morte et ne la connaissait quasiment pas. Pour eux elle n’était rien d ‘autre qu’une avocate dévouée à son travail. Aucun d’entre eux n’avait même prit la peine de signaler sa disparition, tout simplement parce qu’aucun d’entre eux ne l’avait remarqué.
Beckett du demander à la réceptionniste, responsable du « pointage » des employés depuis quand Lana Taylor n’était pas venu :
- Une semaine répondit-elle tout en mastiquant son chewing-gum d’une manière impolie et animale.
Beckett ne prit pas la peine de la remercier. Ah quoi bon ?
Ils partirent de cet horrible endroit, sans un mot et reprirent la voiture pour se rendre chez leur victime, avec l’adresse qu’Esposito venait tout juste d’envoyer à sa patronne.
Le silence dans la voiture n’était cette fois pas du à une gêne. C’était juste un silence d’exaspération. Castle et Beckett se demandait comment une fille si adorable, généreuse, serviable, qui s’occupait des oubliés de la justice n’ayant pas de quoi se payé d’avocat pouvait avoir été à son tour oublié. Elle aurait pu ne pas exister que cela n’aurait gêné personne. Ils se rendaient compte en cet instant de l’immondité des gens, de leur égoïsme, et de leur indifférence :
- Castle, expliquez moi comment c’est possible qu’une personne soit à ce point seule, invisible, inconnue ?
- Franchement je ne sais pas… Personne ne devrait vivre comme ça. On devrait quand ca va mal ou tout simplement pour parler. Peut-être que… peut-être que ce qui comptait le plus pour elle c’était les autres, elle voulait les aider si bien qu’elle se faisait passer après. C’est noble courageux et ceux qui ne l’ont pas connu ont raté quelque chose.
- Oui… c’est juste triste… elle est morte et une seule personne la regrettera : Sa sœur. Je ne pourrai vivre comme Lana l’a fait, murmura Beckett, une pointe de tristesse dans la voix.
- Croyez moi Beckett, vous êtes bien entouré ! Vous avez Esposito, Ryan, le capitaine… moi. Aucun d’entre nous ne vous laissera jamais tombé, seule… Et si il vous arrivais malheur, il y aurait beaucoup de gens pour vous regrettez, moi le premier.
Kate ne savait pas quoi répondre à ca. Elle sentait que Castle était sincère et que ce n’était pas pour rire, pour leur petit jeu. Elle sentait la profondeur de ses paroles, leur poids, leur importance aussi. Et elle ne savait pas quoi dire. Elle ne voulait pas le blesser en répondant maladroitement, aussi elle sourit et ne dis rien, ce qu’i signifiait assez pour Castle : Elle le remerciait.
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« L’appartement de la jeune avocate est au premier étage » leur avait répondu le portier sans lever la tête de son écran de télévision qui diffusait un match de foot.
Quand ils arrivèrent en face de l’appartement, ils purent remarquer la porte entrouverte et la poigné brisée qui reposait au sol. Automatiquement, Beckett dégaina son arme, ranger dans le holster fixé à son jean, et fit un signe à Castle qu’il interpréta comme « silence », « bougez pas » ou encore « faites pas de bêtise ».
Elle s’avança doucement, l’arme au poing devant elle. Elle poussa la porte entra, suivit de Castle bien sûr.
Ce qui semblait avoir été le salon n’était plus qu’un champ de bataille, un capharnaüm. Les meubles détruits, les coussins déplumés, les rideaux arrachés faisaient de la pièce une véritable ruine. Le sol était jonché d’objets en tout genre, de la lampe de poche, au saladier en passant par la brosse à dent.
Beckett vérifia rapidement les pièces, une à une pour sécurisé l’appartement puis rengaina son arme.
Castle qui observait la pièce et essayait de comprendre quelle chose, appart un ouragan avait pu faire ça :
- Elle ne devait pas connaître le ménage ni le rangement ! Même chez moi c’est mieux rangé ! Plaisanta Castle.
- Castle ! s’exclama Beckett exaspérée une fois de plus face à ses remarques.
- Beckett, vous pensez que… commença l’écrivain avant d’être interrompu pas un bruit venant de l’entrée.
Par réflex, Beckett reprit son arme en main et se plaça devant Castle. Elle pointa son arme sur la porte que Castle avait soigneusement refermée et attendit.
La porte s’entrouvrit alors avec une extrême lenteur, dans un grincement pénible, inquiétant, laissant apparaître l’intrus.
Beckett hurla.
Chapitre 5) L’obsession passe par le regard :
Je rêve. Ca y est maintenant je m’en suis rendu compte. Je rêve. Et elle est là, comme toujours dans mes rêves, elle est là près de moi, si près. Je crois que je pourrai la toucher. Et si c’était la réalité, je sentirai sous mes doigts sa douce peau. Je l’effleurerai d’abord, puis je la caresserai, de plus en plus.
Si c’était la réalité, je n’aurai pas les simples frissons que je ressens maintenant au fond de mon lit et qui me parcours le corps. Si c’était la réalité, je ressentirai un tel plaisir que je gémirai.
Je tends la main et je peux la toucher, elle sourit. Un rêve permet de faire ce que la réalité refuse. Mais rien ne vaut les sensations réelles. Et même si j’adore la voir en rêve, je veux la voir en vrai, la sentir, la ressentir, la toucher, trembler devant elle, l’aimer, jouir de plaisir avec elle, car elle est la mieux de toutes, et elle le sera toujours.
C’est pourquoi je dois continuer ce que j’ai commencé, je dois la rendre amoureuse de moi, la séduire, l’apprivoiser, l’aimer comme on ne l’a jamais aimé. Cela ne devrait pas être trop dur, j’ai remarqué qu’elle est seule, souvent, et que peu de gens sont autour d’elle. Elle n’a pas encore connu le grand amour mais elle a souffert à cause d’hommes qui n’ont pas su l’aimer. Mais elle aussi elle a le droit à l’amour, au vrai, au grand, à moi. Et je vais m’offrir à elle, j’espère qu’elle méritera mon amour.
Aller, il est temps que je me lève, que je prépare tout pour elle, pour que tout sois parfait entre nous, à commencer par mon prochain poème. Je suis sur que même qi elle a été surprise par les deux premiers, elle les a adoré.
J’ouvre les rideaux, il pleut dehors. Tant mieux, j’adore la pluie, il n’y a rien de plus beau sur terre je crois. C’est un cadeau du ciel pour les Hommes. Et cette atmosphère qui ce dégage de ces nuages noirs… rien de plus agréable.
Comme chaque matin, je fais ma quarantaine de pompes matinales, pour me muscler, me développer : il faut bien que je lui plaise !
Je file sous la douche. Cette eau chaude qui dévale mon corps, qui le réchauffe, c’est… un bonheur. Un bonheur que je partagerai bientôt avec elle.
Je me sèche en vitesse, passe un T-shirt, un pantalon en lin et vais dans mon bureau. C’est ma pièce préférée.
Il me suffit d’un coup d’œil par la fenêtre pour la voir. Mon appartement, juste en face du sien me laisse une vue imprenable sur la femme qui me hante. Malheureusement, en ce si beau matin d’automne, elle n’est pas là.
Mais même si elle est physiquement absente, elle est là, avec moi, sur mon mur, à travers ces articles de presse, ces magazines New-yorkais, ces photos de paparazzi, et mes images personnelles bien sûr !
Elle est si belle, si parfaite. Elle est l’aboutissement de l’évolution, la beauté incarnée, le cinquième élément, et elle est à moi. Elle n’a fait que devenir plus jolie à travers les années, elle est devenue plus femme, plus mûre.
Je me vois déjà embrassant ses lèvres pulpeuses et roses, je vois nos langues qui se mêlent. Je me vois la caresser, partout, à chaque instant, je la vois m’aimer.
Elle sera mienne. Elle sera l’objet de mes convoitises. Elle sera soumise.
Je m’installe à mon bureau, prends une feuille et en un instant, l’inspiration me submerge. Je prends alors mon stylo et le laisse glisser sur le papier.
Ma chère Kate…
PRÉCEDEMMENT DANS THE VALENTINE’S KILLER :
- Beckett, vous pensez que… commença l’écrivain avant d’être interrompu pas un bruit venant de l’entrée.
Par réflexe, Beckett reprit son arme en main et se plaça devant Castle. Elle pointa son arme sur la porte que Castle avait soigneusement refermée et attendit.
La porte s’entrouvrit alors avec une extrême lenteur, dans un grincement pénible, inquiétant, laissant apparaître l’intrus.
Beckett hurla.
Chapitre 6 : Projets futurs :
Mais l’intrus n’était pas vraiment ce qu’avaient imaginé les deux partenaires. Castle, encore sous le choc face à sa découverte affichait une mine effrayée. Il ne faisait pas le fier devant cet animal poilu et pourtant si petit qui se faufilait dans l’entrée de l’immeuble. Beckett, elle, n’avait pu s’empêcher d’éclater de rire, tout d’abord parce qu’elle s’était surprise à mettre en joue ce petit rongeur gris, ensuite parce que devant l’expression de Castle, peu aurait réussi à garder leur sérieux. Il se tenait en retrait face à son ennemi, les jambes écartées, les poings serrés et levés devant son visage, en position de défense. Il semblait défier son adversaire par sa position, pourtant son regard traduisait sa peur :
- Castle, ne me dites pas que vous avez peur d’un rat ? s’éclaffa Beckett en rangeant son arme à sa ceinture alors que Castle hésitait à tourner la tête vers elle, pour ne pas perdre de vu son assaillant.
- Moi, peur ? Non, pas du tout ! C’est juste que… Je… Je n’aime pas trop les rats…
- Ce n’est pas la petite bête qui va manger la grosse !
- Je vous demande pardon ? demanda Castle outré et peut-être aussi un peu vexé.
- Non rien ! déclara Beckett reprenant son sérieux tandis que Castle abandonnait petit à petit sa position de défense, se rendant bien compte du ridicule de la situation, Bon, et si on se remettait au travail !
- Très bonne idée.
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Une heure plus tard, dans le même appartement.
La police scientifique avait rapidement meublé l’appartement de la victime, photographiant, relevant, étiquetant, emballant toutes les preuves des évènements qui avaient du se dérouler ici. L’un d’entre eux, le chef certainement, s’avança vers Castle et Beckett qui était resté en retrait pour ne pas gêner leur travail :
- Bien. Je crois qu’on a quasiment terminé détective Beckett. On va embarquer tout ça, l’analyser et vous aurez les résultats rapidement.
- Merci. Vous pouvez déjà me dire quelque chose, un détail, n’importe quoi qui pourra m’aider, me mettre sur une piste ?
- Et bien… Ce qui est étrange c’est que l’on n’a pas trouvé d’empreintes.
- Vous voulez dire pas beaucoup ? demanda Castle surpris.
- Je veux dire pas du tout !
- Voilà qui est étrange, marmonna Castle, plus pour lui que pour l’assemblée.
- Quelqu’un a probablement du passer « nettoyer » les traces de son passage, expliqua Beckett.
- Oui… Et ben il en a oublié pas mal des signes de son passage, rétorqua l’écrivain en désignant le salon dévasté d’un vaste mouvement de bras.
- Écoutez Castle, nous n’avons aucune piste et on n’aura pas les résultats des analyses avant demain, enfin si on a de la chance et en plus il se fait tard alors pas de théories ou de grandes discussions ce soir. Venez je vous ramène chez vous.
- Sortez de ce corps ! Rendez moi la Beckett qui ne dors jamais.
- Castle, faites pas l’imbécile et dépêchez vous parce que sinon je vous laisse là et vous rentrez à pied ! Ai-je précisé qu’il pleuvait des cordes dehors ? cria Beckett alors qu’elle disparu dans le couloir, en dehors de l’appartement.
- Hey, Beckett, attendez-moi ! Hurla Castle en la rejoignant à grandes enjambées.
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Beckett avait déposé Castle en bas de son immeuble, lui lançant un rapide « Bonne nuit » auquel il avait répondu avant de rentrer chez lui.
Martha s’était couché tôt prétextant un gros rhume mais Castle l’avait entendu découcher. Elle était certainement aller retrouver Chet, son petit ami mais refusait de l’admettre pour une raison que son fil ignorait encore.
Quant à Castle, il s’était installé dans son bureau après avoir manger les restes qu’Alexis lui avait laissé dans la cuisine.
Quelque chose le tracassait, à propos de l’enquête sur laquelle lui, Beckett et les gars bossaient. Il ne saisissait as tout les éléments, il avait du al à les relier entre eux et pour la première fois depuis longtemps, il ne trouvait pas l’histoire qui correspondait à ce meurtre. Et il avait en lui cette sensation sur laquelle il avait du mal à mettre un nom, une idée et qui pourtant le ravageait. Il se sentait à la fois inutile, perdue au fond d’un océan d’incompréhension…
Il y avait cette fille adorable, généreuse, plutôt jolie, et heureuse qui était morte, apparemment sans raison et lui, le grand écrivain de best-seller, Richard Castle, ne trouvait pas la solution de l’énigme. Il se sentait impuissant, tout simplement, et c’était ça qui le ravageait de l’intérieur, ça contre quoi il ne pouvait lutter.
Il repensa encore une fois à la victime, Lana et à comment l’indifférence des gens l’avait rendu invisible. Et il se dit qu’il n’y avait encore pas si longtemps, il aurait peut-être fait parti de ces personnes, de celles qui ne voyaient pas les autres, de celles qui n’avaient vu Lana. Mais aujourd’hui il était différent, il l’aurait remarquée, parce qu’il avait changé, parce que son partenariat avec Beckett l’avait rendu meilleur, elle l’avait rendue meilleur et avait fait ressortir de bonnes choses en lui…
Alexis était dans l’entrée du bureau de son père et l’observait depuis une minute maintenant. Elle était passée lui dire bonsoir et avait perçu son visage perdu et son air songeur :
- Papa ? Tout va bien ?
- Oui, tout va bien ma chérie… C’est juste… L’affaire sur laquelle je suis en ce moment…
- Raconte-moi tout !
Castle expliqua alors à sa fille toute l’enquête, de la découverte du corps à celle de l’appartement, sans-dessus-dessous, sans oublier les résultats de Lanie et les informations issues des interrogatoires. Alexis écouta son père avec attention et intérêt, pour comprendre et peut-être aider. Quant enfin il eut fini son récit, elle s’exprima :
- Mais c’est horrible cette histoire… Comment on peut vivre et passer inaperçu à la fois ? Et puis qui a pu tuer quelqu’un comme elle ? Elle n’a rien fait de mal… C’est pas juste
- Je sais, mais la vie n’est pas juste Alexis !
- Écoute papa, ça ne sert à rien de te triturer l’esprit à essayer de comprendre. Tu devrais aller te coucher et repenser à tout cela demain, à tête reposée, avec les nouveaux éléments que la scientifique aura pu trouver.
- Vous êtes bien trop raisonnable pour votre âge jeune fille !
- Je sais, mais il faut bien une personne adulte dans cette famille ! Entre grand-mère qui quitte le loft en pleine nuit en pensant que personne ne l’a vu et toi qui ne dors pas si on ne te le dit pas…
- Tu as raison… je vais aller me reposer. Et toi aussi file au lit !
- Bonne nuit papa.
- Bonne nuit Alexis, répondit Castle en regardant sa fille quitter la pièce.
Il était si fier d’elle. Elle était sa plus grande réussite. Et elle devenait adulte à une vitesse affolante. Mais avait-elle seulement été enfant ?
Castle fini par partir de son bureau après avoir éteint les lumières. Il avait décider de suivre les conseils de sa fille : c’était l’heure de dormir.
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Castle eut du mal à s’endormir cette nuit là, les pensées trop occupées. La pluie ne cessait de tomber au dehors et le bruit des gouttes s’écrasant sur le sol qui berçait Castle en temps normal ne suffisait pas, cette fois, à le faire sombrer. Il se leva alors et s’assit devant sa fenêtre observant la tempête qui faisait rage.
Les arbres en bas de son immeuble dansaient le tango tandis que le peu de New-yorkais encore dans la rue à cette heure avancée de la nuit couraient s’abriter sous l’abri le plus proche.
Castle resta là, à observer la terre cracher son trésor si convoité par endroit mais ne réussi pas à plonger dans les bras de Morphée, laissant son esprit divaguer.
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Castle retrouva Beckett au poste le lendemain, lui apportant un café bien chaud et fumant. Comme à chaque fois, il lui tendit la tasse, reçu son sourire et s’assit sur sa chaise. Elle prit une gorgée du breuvage brûlant :
- Salut Castle !
- Beckett, cria Ryan à l’autre bout de la pièce en s’approchant d’elle, la faisant tourner la tête.
- Oui ?
- La sécurité de l’aéroport de Newark a reconnu notre suspect grâce à sa photo sur l’avis de recherche. Ils l’ont arrêté alors qu’il allait embarqué pour Houston. Esposito et moi l’avons récupéré. Il vous attend en salle d’interrogatoire !
- Merci Ryan. Castle, prêt à obtenir enfin des réponses ?
- Et comment !
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- Bonjour Monsieur Mallow, je suis le détective Beckett. J’aurais quelques questions à vous poser au sujet du meurtre de Lana Taylor survenu dans votre fleuristerie.
- C’est pour ça que je suis là ?
- Oui. Vous êtes le principal suspect dans cette affaire.
- Moi ? Suspect ? Mais je n’ai strictement rien fait.
- Alors pourquoi étiez-vous sur le point de vous enfuir pour le Texas ?
- C’est compliqué…
- Expliquez-moi maintenant, j’ai tout mon temps, sinon ce sera aux jurés que vous devrez le faire.
- Très bien… Quand j’ai su pour cette affaire de meurtre j’ai paniqué parce que… c’est un peu ma faute …
- Comment ça votre faute ? demanda Castle intrigué.
- L’autre soir je suis sorti et je suis allé m’amuser en boîte avec des copains. J’ai rencontré un gars, on a sympathisé et il m’a dit qu’il avait besoins d’un endroit calme pour emmener sa copine pour une demande en mariage je crois. Alors je lui ai filé la clé du magasin. Il avait plutôt l’air réglo mais je me suis rendu compte qu’il m’avait filé un faux numéro et je n’ai jamais pu récupérer mon trousseau de clefs. J’avais peur d’être arrêter pour complicité de meurtre ou je ne sais pas trop quoi alors je me suis taillé…
- Très bien, écoutez moi attentivement Monsieur Mallow : Quand est-ce que vous lui avez donné votre clé ?
- Euh… Mercredi soir.
- Ok. Seriez-vous capable de décrire assez précisément l’homme que vous avez rencontré à un de nos dessinateur pour qu’il fasse un portrait robot.
- Oh non… je crois pas… j’avais bu vous savez…
- D’accord, répondit Beckett, une pointe de déception dans la voix, mais vous pourriez au moins me décrire quelques éléments de son physique tels que sa taille, sa couleur de cheveux… enfin ce genre de chose…
- Et bien il était plutôt grand, musclé, beau gosse…
- Vous n’auriez pas une description plus… précise, par hasard ?
- Il avait les cheveux courts, les yeux vert, peut-être bleu mais clairs en tout cas.
- C’est tout ?
- Euh oui… Ah non attendez je me rappelle d’une dernière chose : Il portait une chaîne autour du cou avec un pendentif. Je crois qu’il représentait cupidon.
- Cupidon ? Très bien merci monsieur Mallow, murmura Beckett, terminant de prendre la déposition de son ex-suspect.
- C’est bon je peux y aller détective ?
- Une dernière chose : Où étiez-vous dans la nuit de jeudi à vendredi ?
- Au bar… Le bar au croisement de la 46ème et de White Park avenue… je crois qu’il s’appelle le Miranda.
- Très bien je vais vérifier ça, en attendant, ne quittez pas la ville.
Beckett, toujours suivie de Castle, quitta la pièce. Elle failli rentrer dans Esposito qui sortait de la salle d’observation accompagné de Ryan, son acolyte :
- Wow ! Les gars, vérifiez-moi l’alibi de cet imbécile s’il-vous-plait…
- Imbécile ? on dirait que vous ne l’aimez pas tellement ! s’exclama Castle.
- Non, pas tellement…
- Pourquoi ? demanda-t-il alors que les gars étaient déjà repartit à leur tâche respective.
- Premièrement parce qu’il faisait un très bon suspect, enfin jusqu'à qu’il ouvre sa bouche… ensuite parce qu’il a probablement vu notre meurtrier et que la chose la plus intéressante dont il se souvient et une médaille représentant Cupidon…
- Qui sait, peut-être que Cupidon sera l’élément qui nous aidera à résoudre l’enquête, plaisanta l’écrivain.
- Castle !
- Désolé… vous semblez énervé…
- Oui, parce que l’on a aucune piste… Et ne me ressortez pas Cupidon !
- Loin de moi cette idée ! Je suis désolé de vous lâcher comme ça en pleine enquête mais Paula, mon agent, vient de me rappeler que j’ai une séance de dédicace…
- Allez y Castle, de toute façon l’enquête fait du sur place alors…
- Je reviens dans une ou deux heures… À tout à l’heure…
- À tout à l’heure… soupira Kate en se laissant tomber sur sa chaise.
Elle détestait ne pas avoir de piste, ne pas savoir où chercher, que faire…
Elle prit le dossier de Lana Taylor ainsi que tout ce qui la concernait, elle où son meurtre, de près ou de loin et fit même glisser le murder board dans une des pièces de travail où elle s’installa pour être plus au calme et gagner plus vite la concentration dont elle allait avoir grand besoin.
Elle se plongea dans les rapports, dans les papiers, cherchant une piste, une théorie, n’importe quoi. Une heure passa sans résultat.
Le regard de Beckett se posa sur la photo de la scène de crime et tout de suite elle repensa à la théorie que Castle lui avait soumise, tout au début, celle du sérial killer, celle qu’elle avait rejeté d’emblé. Mais quand elle y repensait, et qu’elle étudiait la photo de plus près, cette théorie pouvait trouver du sens. De toute façon elle n’avait aucune piste alors elle ne perdait rien à creuser un peu de ce coté là.
Elle commença à noter des choses sur son carnet concernant sa nouvelle piste quand elle se fit une réflexion : Si Castle apprenait qu’elle s’intéressait à sa théorie du serial killer, elle allait en entendre parler pendant des mois !
Alors que Beckett était entrain de penser qu’elle devrait peut-être lui cacher, des bruits de pas puis une voix guillerette et moqueuse se firent entendre :
- Détective Beckett prise en flagrant délit ! Alors comme ça ma théorie n’est peut-être pas si nulle que ça, avouez-le !
- Castle… Vous revenez tôt dites-moi…
- N’essayez pas de noyer le poisson Lieutenant !
- Écoutez Castle, j’avais pas d’autre piste… enfin si on peut appeler cela une piste bien sûr… Alors soit vous m’aidez et vous arrêtez de vous moquez de moi soit vous retournez à cotre séance de dédicace ! déclara Beckett agacé et cherchant désespérément à reprendre le dessus.
- Tout doux… Où en êtes-vous ? demanda Castle qui voulait simplement éviter de contrarier son amie qui avait déjà pas mal de problème ces derniers temps.
- Je me lance donc sur la piste du sérial-killer. Ca peut correspondre avec les éléments de l’enquête comme par exemple répondre à la question : motif du meurtre. J’étais sur le point d’aller chercher les affaires du même genre non-classés aux archives.
- Allez-y, pendant ce temps je vais nous faire du café : quelque chose me dit qu’on aura pas fini de si tôt.
- Bien…
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Cela faisait maintenant deux heures que le duo de partenaires parcourait tout les dossiers pouvant correspondre à leur affaire. Castle allait proposer de faire une pause quand Beckett hurla presque :
- Ca y est ! je crois que j’ai quelque chose !
Castle se leva de sa chaise pour passer de l’autre coté de la table et se placer à coté de Beckett, son souffle chaud caressant son cou :
- Alors, demanda Castle ?
- Euh… commença Beckett déconcentrée par cette proximité soudaine, voici le dossier du meurtre de deux femmes, l’une il y a une semaine, l’autre il y en a deux. Les deux affaires au départ indépendantes ont été regroupées lorsque les enquêteurs respectifs se sont rendus compte des similitudes des scènes de crimes. Elles sont toujours irrésolues.
- Quoi d’autre ? demanda Castle de plus en plus intéressé.
- Les victimes sont Britney Jones et Elsa Viper. Elles ont toutes les deux la trentaine. La première est juge spécialisé dans les affaires de violences conjugales, l’autre fait partie de l’équipe de sécurité de nuit du Musée d’histoire naturel de New-York, elles…
- Attendez…
- Quoi ? demanda Beckett surprise puis voyant le regard de Castle, elle comprit qu’il avait une idée.
- Notre victime Lana Taylor était avocate, Britney Jones juge et Elsa Viper travaillait dans la sécurité…
- On a donc trois femmes, qui avaient toute autour de trente ans et qui travaillaient dans le secteur des forces de l’ordre ou de la justice mais qui dans tout les cas, travaillait pour protéger des gens, continua Beckett à son tour inspirée.
- Où ont été retrouvé les deux victimes précédentes ?
- Dans un supermarché sur time square en ce qui concerne Britney et dans un bureau de tabac sur la 42ème rue pour Elsa.
- Donc toutes les trois ont été découvertes dans des commerces simples et sans importance particulière… Je pense qu’on a vraiment un sérial killer. On a trois victimes tuées selon le même modus operandi…
- Elles ont été tué toutes les trois à une semaine d’intervalle depuis trois semaines maintenant, mais pourquoi maintenant ? s’interrogea Beckett en se tournant vers son partenaire.
- Je ne sais pas, peut être que ces meurtres sont centrés sur un évènement prochain...
- Mais lequel ?
- Voyons voir, continua Castle songeur, une rose imbibé de sang, un corps paisible en robe blanche…
- La Saint-Valentin ! S’exclama Beckett.
- Oui… un tueur en série pour la Saint-Valentin…Très romantique !
- Castle !
- Je ne plaisante pas ! Ce serait parfait pour mon prochain roman comme histoire ! Mais attendez, il faut lui donner un nom !
- CASTLE !
- The lover killer ? Non…
- Bon, pendant que vous vous amusez à chercher un nom à notre nouvel ennemi, je vais prévenir le capitaine de l’avancée de l’enquête ainsi que Ryan et Esposito.
- The Heart killer ? Non plus… Ca y est j’ai trouvé !! The Valentine’s Killer !!
- J’entends rien Castle ! s’écria Beckett qui disparu dans le bureau du capitaine Montgomery
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Castle et Beckett avait tout raconté au chef qui les avait félicité pour leur travail avant de leur recommander une discrétion absolue sur cette affaire, surtout vis à vis des médias qui n’allait pas tarder eux aussi à faire le rapprochement entres ces trois affaires. Il avait par ailleurs mis Le trio de détective et l’écrivain sur l’affaire du Valentine’s Killer regroupant officiellement les trois meurtres. En effet, Castle avait eut gain de cause et son surnom avait été adopté. Le capitaine avait surtout accepté pour que Castle se taise.
Il avait également promis à Beckett de tout faire pour tenir le FBI loin de tout ça et avait demander à sa jeune détective de dresser le profil de ce fameux tueur.
Le fait que ces hécatombes soient l’œuvre d’un sérial killer n’était pas encore certain à cent pour cent. Le manque de preuves matérielles restait la priorité.
Mais, comme pour confirmer les suppositions de Castle et Beckett, le chef de la police scientifique qu’ils avaient rencontré la vieille les attendaient en salle de réunion :
- Détective Beckett, j’ai les résultats.
- Merci pour votre rapidité Monsieur…
- Petermann. Alors, tout est écris dans ce rapport mais pour vous la faire courte, nous n’avons décelé aucune trace d’ADN. Par contre on a trouvé un bouquet de roses rouges après votre départ accompagné d’un mot qui disait mot pour mot « Ne t’inquiètes pas ma douce, tu mourras dans mes bras. ».
- Très bien, merci monsieur Petermann.
- Je vous en prie. Je vous laisse, j’ai encore quatre de vos confrères à aller voir !
Ils le laissèrent s’en aller. Tout deux pensaient à la même chose. Une question leur brûlait les lèvres. Enfin, des milliers de questions leur brûlaient les lèvres comme pourquoi l’appartement de Lana avait été vandalisé alors que ce n’était pas le cas pour les deux autres victimes ? Comment se faisait-il que la scientifique n’ai relevé aucune trace d’ADN ?... Mais une en particulier méritait d’être posée, et ce fut Castle qui se décida à transposer ses pensées à haute voix :
- Pourquoi Lana n’a parlé à personne de ce bouquet et de cette lettre ? Je veux dire, ce malade lui a clairement dit qu’il allait la tué et elle a continué sa vie comme si de rien était.
- Je me posais la même question mais en y réfléchissant d’avantage, à qui vouliez-vous qu’elle en parle ?
- Vous n’avez pas tort… Mais elle avait quand même une sœur…
- Je vais demander à Ryan et Esposito d’aller voir aux appartements des deux précédentes victimes voir si elles ont reçu des cadeaux du même genre…
- Bonne idée. Si ca ne vous gênes pas, je vais rentrer… avec toute cette histoire qui est plutôt compliqué, ces meurtres et ce tueur à attraper… ca fait beacoup en une journée… on se voit demain ?
- Oui. De toute façon on a bien assez travaillé pour aujourd’hui. À demain Castle.
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Castle rentra à pieds. Il ressentait ce même sentiments que la veille, ce sentiment d’impuissance total. Alors il marchait, face au vent, pour se changer les idées et réfléchir.
Il retrouva sa mère qui avait préparé le déjeuner pour eux deux, Alexis se trouvant à l’école.
Le fait que le repas se déroule en silence alors que les deux personnes à table étaient habituellement de vraies pipelettes renseigna justement Castle et sa mère sur l’état de l’autre :
- Tout va bien mère ?
- Non, pas vraiment… Je me suis disputé avec Chet… Mais ce n’est pas bien grave, une petite querelle de vieux amoureux… Et toi alors ?
- Une affaire plus compliqué et éprouvante que prévu !
- Cette affaire de sérial Killer de la Saint-Valentin? c’est bien vrai alors ?
- Oui c’est … Comment es-tu au courant ? demanda Castle surpris.
- Oh tu sais tout se sait rapidement à New-York !
- Cette affaire était censée resté le plus longtemps possible hors de portée des vautours !
- Il ne fallait pas trop compter là dessus richard ! On est à New-York ! D’ailleurs en parlant de ce tueur de la Saint-Valentin, la fête des amoureux approche ! Tu t’es enfin décidé à inviter Beckett ?
- Mère !
- Quoi ? Tu en pince pour elle depuis des lustres, il est peut-être temps de faire un pas vers elle et de l’inviter au restaurant !
- Elle ne dira jamais oui et de toute façon, je ne vois pas ou tu vas chercher l’idée que j’aime Beckett !
- C’est écris sur ton front fils. Tu le sais, je le sais et elle le sait même si elle non plus elle ne peut l’admettre. Bref, arrête un peu de te mentir, ne fais pas les mêmes erreurs que les miennes et ne laisse pas passer ta chance.
Martha, avec ses mots justes, avait plongé Castle dans une intense réflexion sur le sujet. Il était vrai que la relation entre lui et Beckett était loin d’être claire. Et il savait quelque part au fond de lui qu’il l’aimait plus que comme une collègue ou une amie. Mais elle alors ? Qu’en était-il de ses sentiments ? Il ne l’a voyait pas vraiment accepter une invitation de sa part. Pourtant quand il avait tenté de savoir ses projets pour cette fameuse soirée, elle était restée énigmatique mais n’avait en aucun cas laissé penser qu’elle était déjà prise… Enfin, il avait d’autres choses importantes à penser en ce moment mais se promit de creuser un peu sa réflexion plus tard.
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Beckett était resté au poste pour finir de travailler sur le profil du Tueur de la Saint-Valentin.
« Homme blanc, autour de 35 ans, plutôt grand et musclé.
Modus operandi : femme blanche, la trentaine, travaillant pour aide et protéger les civiles des gens comme lui. Rose blanche imbibée de sang sur le corps inanimé mais paisible comme endormis… »
C’était mince, elle le savait mais elle n’arrivait pas à ce concentrer. Quand le chef de la scientifique lui avait lu le mot retrouvé chez la victime, elle n’avait pas pu s’empêcher de penser aux mots qu’elle recevait. Elle avait réussi à ne pas y penser depuis la veille puis Petermann lui avait rappelé. Il lui avait déterré ses problèmes, problèmes qu’elle ne savait pas vraiment comment réglés.
Après plus d’une heure sans avoir écrit un seul petit mot, elle posa son stylo et abandonna. Elle prit ses affaires et quitta le commissariat pour rentrer chez elle. Il était tard mais comme à chaque fois qu’elle travaillait, elle ne voyait pas le temps passer.
Il pleuvait encore sur la grosse pomme ce soir. Comme la veille. Sauf que cette fois ci elle n’avait ni voiture, ni parapluie, ni argent pou le bus. Mais a ne la dérangeait pas. Elle avait besoins de marcher, de réfléchir et de se retrouver un peu avec elle même.
Elle arriva trempée jusqu’au os chez elle, frigorifiée et complètement crevée. Et comme si ce la ne suffisait pas, elle tomba nez-à-nez avec une enveloppe qui avait été glissé sous sa porte et qui trainait sur le sol, attendant son ouverture.
Personne ne lui laissait de répits décidément. Les lettres se faisaient de plus ne plus pressantes.
C’est le cœur serré qu’elle se baissa pour ramasser la lettre. Du bout des doigts, elle décacheta l’enveloppe et déplia la lettre, tremblante…
« Ma chère Kate,
Je sais que vous aimiez mes poèmes, que vous les attendiez avec une impatience insupportable mais ce que j’ai à vous dire est sérieux et passe avant notre désir… pour le moment.
J’ai observé vos moindres réactions face à mes mots d’amour profonds et si j’ai décelé une inquiétude, une peur, je l’ai apparenté sans doute aucun à de la surprise, à de l’étonnement mais je suis convaincu qu’ils vous ont tous plus et charmé.
Mais si je vous adresse aujourd’hui cette lettre, c’est pour vous dire ceci : Je vous regarde chaque jour, du matin jusqu’au soir, de votre réveil à votre sommeil et même la nuit. Vous regardez endormis me berce et me comble. J’aime vous regarder toute la journée parce que je ne connais plus belle et parfaite que vous sur terre. J’ai côtoyé beaucoup de femme mais nulle ne vous fut semblable. Vos jambes fines, élancées. Votre dos juste cambré et mat. Votre visage aux traits fins, votre bouche attirante, vos yeux renversant. Tout votre être chamboule le mien. Ne soyez pas gêné par mes propos qui j’en suis sûr vous flattes, ni outré car avouez-le vous les aimez !
Et mon amour pour vous et à la hauteur de notre désir mutuel et de votre beauté.
J’espère que bientôt nous nous trouverons, pour assouvir désir et passion.
Nous sommes fait l’un pour l’autre je le sais. Vous êtes la femme de ma vie comme je suis l’homme de la votre.
Le temps viendra car l’amour vient toujours.
Votre amour éternel. »
Chapitre 7: En un coup d’œil :
Beckett lâcha la lettre qui alla s’écraser par terre. Elle n’avait plus la force de tenir quoi que ce soit. Elle était trop choquée pour ça. À vrai dire, elle n’avait même plus la force de tenir debout, aussi se laissa-t-elle glisser contre sa porte d’entrée jusqu’au sol. La dureté du carrelage et la porte dans son dos lui procuraient un sentiment de sécurité, de stabilité, mince mais existant. Son cœur ne voulait pas ralentir la cadence. Il battait au contraire de plus en vite, rendant difficile toute respiration. Elle n’arrivait plus à se contrôler, ni elle, ni les réactions involontaires de son corps. Sa tête tournait de plus en plus. Des perles de sueur apparaissaient sur son front. Des bouffées de chaleur lui arrivaient de toute part. En clair, Beckett faisait une crise d’angoisse aiguë.
Dans un mouvement de rage elle arracha le foulard qui lui enserrait le coup, ainsi que son manteau qui lui tenait bien trop chaud tout d’un coup.
Elle était encore frigorifiée quelques minutes auparavant, en rentrant chez elle, sous la pluie mais en cet instant. Pourtant, en cet instant, elle semblait plus proche de l’ébullition, de l’explosion voir de la combustion spontanée.
Son visage quant à lui virait petit à petit au rouge pivoine. Les tremblements qui l’avaient secouée à l’ouverture de la lettre se firent plus intense. Elle se retenait d’éclater en sanglot avec une force venu de nul part.
Kate Beckett resta ainsi un long moment, essayant vainement de se ressaisir, de respirer plus calmement et à intervalle régulier, d’arrêter de trembler… Mais elle comprit bien vite que seul du temps et du repos permettraient de l’apaiser.
Alors elle ne bougea pas. Une heure, puis deux, passèrent sans qu’elle ne ferme l’œil.
Mais au fur et à mesure que les heures défilaient, son cœur tremblait moins, sa respiration devenait moins saccadée, sa température revenait à la normal et ses sanglots initialement si dure, fort et rempli de désespoir se transformait en faible gémissement, en plainte presque inaudible.
Elle se décida enfin à se lever pour se diriger vers sa chambre où elle s’allongea doucement avant de replonger dans sa réflexion.
Comment un homme pouvait écrire de telles choses ? Comment pouvait-il oser ? Ce message était si… si pervers qu’elle n’en revenait toujours pas. Et comment, encore une fois, pouvait-il s’imaginer un futur avec elle alors qu’elle ne le connaissait même pas ?
Cet inconnu paraissait tellement convaincu que elle aussi l’aimait, qu’elle pouvait ressentir autre chose que de la peur pour lui.
Mais ce qui la terrifiait le plus, ce qui avait causé cette crise d’angoisse chez elle, c’était le fait que cet homme, qui la connaissait si bien, semblait l’observer.
Une phrase en particulier avait attiré son attention et raisonnait encore dans sa tête sans qu’elle ne puisse l’en chasser : « j’espère que bientôt nous nous trouverons, pour assouvir désir et passion ».
Cet homme était décidément prêt à tout pour la séduire et bien plus que ça, et cela ne pouvait que renforcer son inquiétude.
Mais Beckett ne pouvait pas vivre comme ça, et faire une crise d’angoisse à chaque fois que ce… cet homme lui adressait un nouveau message parce que le but de ces lettres était certainement de la déstabiliser et elle ne devait pas, ne voulait pas lui donner ce plaisir.
Elle se promit alors de se contrôler la prochaine fois que cela arriverait.
C’est sur cette pensée qu’elle s’endormit et même si il ne lui restait plus beaucoup d’heure de sommeil, elles suffirent à la reposer.
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Le buzzer agressif du réveil de Kate la tira d’un sommeil dans le quel elle serait volontiers resté encore un peu.
Mais il était l’heure qu’elle se lève et qu’elle aille au travail !
Elle commença par ouvrir les rideaux dans sa chambre laissant passer le peu de rayons de lumières qui avaient réussi à filtrer parmi les nuages occupant l’immensité du ciel. Elle ouvrit ensuite ceux du salon et de la cuisine pour que son appartement devienne un peu plus lumineux.
Après s’être débarbouillée et douchée dans la salle de bain, elle avala rapidement deux pancakes recouvertes… enfin plutôt noyées dans du sirop d’érable ne prit pas de café. C’était comme convenu avec Castle, que c’était son rôle d’apporter la boisson chaude de Madame.
6h30 : Il ne lui restait plus qu’a prendre son sac et à partir pour le boulot. Elle le trouva sur un des tabourets de son bar.
Alors qu’elle allait le saisir, son téléphone émit une légère vibration, lui signalant qu’elle avait reçu un message texte. Numéro inconnu.
Elle ouvrit le SMS, son sang se glaça, son cœur se remit à battre la chamade, comme la veille.
« Vous êtes vraiment très belle
Surtout au réveil »
Beckett comprit alors. Elle comprit tout. La description perverse dans le message de la veille, et maintenant les propos tenus dans ce SMS. L’homme l’observait. Elle l’avait soupçonné la veille au soir mais là, elle en était sûre et certaine.
Ce type était vraiment un grand malade, un névrosé qui l’épiait.
Il était là, quelque part dehors, à travers une des nombreuses fenêtres qu’elles pouvaient voir et il guettait sa réaction.
Mais ca n’allait pas se passer comme ça : elle se précipita dans son salon, ferma tout les rideaux puis réitéra son action avec ceux de sa chambre, puis ceux de la cuisine et ferma même les volets.
Elle s’assit alors sur son sofa, et prit sa tête entre ses deux mains, pur réfléchir un instant.
Cet homme, cet inconnu n’était pas un simple admirateur comme elle l’avait d’abord pensé. Elle, Kate Beckett, semblait être le centre de son obsession. Il avait du prendre un appartement pour pouvoir l’espionner, il avait son numéro de portable, son adresse et savait bien trop de chose sur elle.
Elle avait déjà vu des comportements semblables, en tant qu’officier de police. Et ce genre d’histoire finissait rarement bien. Le coupable était souvent un psychopathe, un détraqué sexuel ou autre type peu fréquentable du même genre.
Et le portrait qu’elle venait de dresser de son harceleur, car il s’agissait à ce stade d’harcèlement pur et simple, ne lui plaisait pas vraiment et la rassurait encore moins.
Après avoir reprit ces esprits et avoir repenser à ce qu’elle s’était dit la veille – à savoir : ne pas se laisser atteindre, ne pas donner à ce malade satisfaction- Beckett sortit de chez elle sans oublier de verrouiller la porte de chez elle à double tour, « pour plus de sécurité ».
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Beckett marchait depuis quelques minutes maintenant. Elle avait laissé sa voiture à quelques centaines de mètres de chez elle, n’ayant pas trouvé une place plus prêt.
Elle avait un sentiment bizarre, un sentiment qu’elle n’avait pas eu depuis longtemps : l’impression d’être suivie, épiée…
C’était une sensation étrange, plutôt désagréable.
Elle s’arrêta un instant, se retourna mais ne vit personne de suspect, juste de simples passants qui vivaient leur vie.
Elle continua son chemin, se convaincant que son instinct paranoïaque lui jouait des tours avec ce qui lui arrivait ces dernier temps.
Mais son impression ne passa pas, et s’intensifia au contraire.
Elle stoppa de nouveau sa marche et se retourna : personne…
Elle soupira un bon coup et reprit sa route. Elle arriva à sa voiture et démarra en vitesse. Au premier croisement, elle tourna à gauche. C’est pourquoi elle ne vit pas l’homme qui se tenait, adossé au feu rouge sur la chaussé de droite, avec ses lunettes de soleil qui masquaient ses yeux d’un bleus très clair.
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Malgré les mésaventures qui étaient arrivé à Kate en cette matinée d’automne, elle arriva à l’heure au travail et trouva Castle, tranquillement assis sur sa chaise qui semblait l’attendre. Comme elle s’y attendait, une tasse de café l’attendait aussi sur son bureau.
Beckett s’arrêta à une quinzaine de mètres de Castle. Après le message de la veille et celui du matin même, elle était bien contente de voir une figure familière. Même si elle n’allait rien lui dire de ces ennuis, le voir la rendait déjà plus sereine, plus calme, moins inquiète et aussi plus heureuse.
Elle s’en voulait un peu de lui avoir mentit quand il lui avait demandé ce qui n’allait pas. Il voulait prendre soins d’elle et elle elle avait fabriqué un mensonge, et un beau : son père qui avait recommencé à boire.
Mais, si elle se sentait un peu coupable, elle ne le regrettait pas pour autant. Elle devait lui mentir et régler ça seule, comme une grande.
Elle ne voulait pas l’impliquer là-dedans.
Beckett releva la tête et laissa son regard parcourir la pièce et se poser sur l’écrivain. Elle l’observa un moment, un long moment. Plusieurs secondes, minutes peut-être.
Il jouait avec son téléphone et souriait parfois. Il devait jouer à « Angry Birds », ce jeu qu’il adorait temps parce que « tirer sur des cochons vert avec des oiseaux c’est poilant » lui avait-il expliqué un jour avant de la laisser jouer.
Elle se rappelait de ce moment passé avec Castle comme si c’était hier : elle avait fait semblant de ne pas connaître ce jeu, de ne pas savoir y jouer et avait laissé Castle lui expliquer les modalités comme si elle était une enfant curieuse et ignorante.
Elle avait apprécié ce moment, mais il n’était qu’un parmi tant d’autres. Et quand il pensait un peu sérieusement, depuis que cet homme faisait parti de sa vie, les sourires, les rires, le bonheur… tout ça s’était fait plus présent dans sa vie. Et elle aimait assez cette idée.
Il avait parfois des réactions enfantines, des propos déplacés mais ce n’était qu’une façade qu’il voulait se donner, cet humour n’était que la partie émergée de l’iceberg. Et quand on creusait un peu - ce qu’elle avait fini par faire – on pouvait trouver un homme gentil, attentionné enfoui sous la glace.
Il était protecteur, doux et toujours présent quand elle en avait besoins. Il ne demandait rien et donnait tout et c’était une des choses qu’elle appréciait particulièrement chez lui.
Les gens passaient autour d’elle mais elle ne les voyait pas, ne les entendait pas, trop profondément encrée dans ses pensées. Elle dressait le portrait de Castle et réalisait entièrement, pour la première fois peut-être, tout ce qu’il représentait.
Les gens passaient autour d’elle mais elle ne les voyait pas, ne les entendait pas, trop profondément encrée dans ses pensées. Elle dressait le portrait de Castle et réalisait entièrement, pour la première fois peut-être, tout ce qu’il représentait.
Chapitre 8 : Possessif
Castle attendait patiemment sa partenaire, assis sur sa chère chaise qui lui avait été si fidèle ces dernières années. Il lui avait apporté son café, comme à chaque fois. Ce rituel, c’était un peu le fil rouge de leur relation. Il lui apportait, elle lui renvoyait un sourire : tout allait bien.
Il regarda sa montre… pour une fois, c’était lui qui était en avance !
Pour passer le temps, il sortit son IPhone, et lança l’application « Angry Birds ». Il adorait ce jeu si addictif.
Il avait tenté d’initier Beckett une fois. Elle lui avait assuré ne pas connaître ce jeu, ne pas savoir y jouer mais il avait vu clair dans son jeu. Si elle avait dit ça, c’était pour lui faire plaisir.
Alors ils avaient partagé ce moment, différent des autres mais tout aussi important pour eux. Ils avaient fait plaisir à l’autre et indirectement, ils s’étaient fait plaisir à eux-mêmes.
Se sentant observé, il leva la tête et orienta son regard vers l’ascenseur.
Il aperçu alors Beckett, les yeux dans le vagues comme déconnectée de la réalité, pensive. Elle affichait un sourire radieux, celui que l’on pouvait avoir en se remémorant un souvenir heureux.
Elle regardait dans sa direction mais de manière imprécise et ne semblait pas avoir remarqué que lui aussi s’était mis à l’observer.
Il se demandait ce qu’elle faisait là, comme ça. Il se demandait depuis combien de temps elle était là. Il se demandait à quoi elle pensait. Il aurait adoré entrer dans sa tête, dans son esprit mais elle restait pour lui un mystère et c’était une des raisons de sa présence auprès d’elle.
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Elle souriait bêtement, elle le savait mais elle ne pouvait pas lutter. Elle avait le sourire niait de la fille qui explore un souvenir, un moment passé de pur bonheur et qui se trouve de nouveau assailli par cette vague de joie.
Si elle n’avait pas été consciente qu’elle était entourée, elle se serait volontiers mise à rire.
Mais elle n’était pas seule. Elle n’était pas seule…
La phrase résonna quelque fois dans sa tête avant qu’elle ne reprenne pied avec la réalité et qu’elle réalise que Castle la regardait.
Oups…
Elle rangea son sourire et ressortit son air sérieux de femme flic avant de rejoindre enfin son bureau et son partenaire. Avant qu’il ne puisse la questionner sur son petit numéro qu’elle aurait qualifié de moment de faiblesse devant lui, elle engagea la conversation sur le même sujet que d’habitude :
- Merci pour le café Castle !
- De rien… dit-il songeur.
Il voulait en savoir d’avantage et en tant qu’écrivain, sa curiosité était bien trop forte pour qu’il se contente de la piètre tentative de sa coéquipière pour noyer le poisson :
- Je peux savoir ce qui à le pouvoir de vous faire sourire comme ça ?
Opération noyage de poisson échoué
- Oh… ca… c’était rien, juste le passage fugace d’un souvenir
- Ca devait être un sacré bon souvenir !
- Oui en effet… répondit-elle en y repensant encore une fois.
Elle allait se remettre à sourire, il fallait qu’ils changent de sujet :
- Bon, on a du travail alors au boulot ! déclara Beckett.
- Très bien. Par où commence-t-on ?
- Et bien maintenant qu’on est sûre que Lana est une des victimes du sérial-killer, il faut l’empêcher de tuer à nouveau.
- Il tue une fille par semaine un mois avant la Saint-Valentin, trois sont déjà mortes, une doit encore mourir.
- Et nous sommes Lundi sois le premier jour de la dernière semaine avant la fête des amoureux… murmura Beckett.
- Oui. Et on peut penser, vu que ces meurtres tournent autour de cet événement, qu’il va commettre le meurtre le jour même. Au fait, vous ne deviez pas dresser le profil de ce malade ? demanda Castle.
- Si mais j’étais fatiguée hier soir et je suis rentrée, j’ai pas eu le temps de terminer. Bref, il faut qu’on trouve d’autres points communs à nos trois victimes pour réduire un peu notre…
- Botte de foin ! Oui… on sait déjà qu’il cible des femmes, travaillant pour la justice ou pour l’état, ayant une trentaine d’années. Peut-être que l’on devrait aussi considérer l’aspect physique de nos victimes.
- Bonne idée Castle.
- Ca m’arrive ! Alors voyons ca, commença-t-il en juxtaposant les photos des victimes sur le bureau avant de poursuivre sa réflexion, elles ont toutes les trois des cheveux long, châtain.
- Et les yeux marron ou vert mais jamais bleu.
- Peut-être que le tueur a les yeux bleu et qu’il recherche des femmes différentes de lui, qui ne lui ressemble pas… supposa l’écrivain.
- Possible, réfléchit Beckett, je pense en effet que l’apparence compte pour lui, et que c’est un des critères de sélection de ses futures victimes. Ces trois femmes sont plutôt belles. Mais il y a plus que ça…
- Que voulez-vous dire ? Castle était intrigué par la remarque de Beckett.
- Lana Taylor vivait seule, elle avait peu de famille et n’avait jamais été marié. Si on regarde dans le dossier des deux autres victimes, on peut voir que Britney Jones était fille unique et que ses deux parents sont morts quand elle était jeune. Elsa Viper a passé sont enfance à d’une famille d’accueil à une autre et était également fille unique.
- Si j’étais profiler, je dirais que notre tueur recherche des femmes avec lesquelles il pourrait potentiellement être en couple. Il doit d’ailleurs avoir la trentaine et être lui-même assez seul dans sa vie. Je pense même qu’il n’a personne. Et sans trop m’avancer, j’ajouterai que ce qui a déclenché sa frénésie meurtrière est une cause sentimentale comme… la mort de sa femme par exemple. Ce qu’il veut, c’est peut-être retrouver l’amour qu’il a perdu ?
- Intéressant, commenta la jeune femme de manière admirative.
- Oui ca m’arrive aussi parfois…
- Mais cela reste des spéculations Castle. Il pourrait très bien choisir des femmes seules et peu entourées pour avoir le champ libre. Comme ca personne ne signale l’enlèvement parce que personne ne remarque rien. Elle ne manque à personne. Le tueur est content.
- Je sais mais même si on rentrait toutes les infos que l’on a dans votre ordinateur, on aurait des milliers de résultats.
Leur discussion dura encore une demi-heure. Puis ils se replongèrent dans leurs recherches, cherchant d’autres points communs, d’autres signes distinctifs, n’importe quoi, toujours plus…
Trois heures plus tard, ils furent interrompus par Ryan et Esposito, les acolytes qui revenait de la tache que leur avait assigné Beckett, c’est-à-dire d’aller voir chez les deux premières victimes si elle aussi elles avaient reçu des fleurs ou des messages du tueur.
La réponse positive à laquelle s’attendaient Castle et Beckett fut confirmée lorsque Esposito, deux bouquets de fleur à la main débarqua.
Après avoir fait un rapide débriefing à leur patronne, ils allèrent déposer leurs nouvelles preuves à la scientifique.
Castle s’était levé à deux reprises pour apporter à son amie du café. N’ayant pas trouvé plus de points communs pouvant les aider à identifier la prochaine victime, Castle avait suggéré une autre idée pertinente « Et si on se concentrait sur comment le tueur trouve ses victimes ? Je veux dire, où les repère-t-il ? On sait que nos trois victimes n’habitaient pas le même quartier et travaillaient à différents endroits à Manhattan, alors où nos victimes se sont-elles croisées ? »
Cette remarque avait inspiré une certaine admiration chez Kate qui avait sourit discrètement. Quand il voulait, Castle pouvait être utile ! Et derrière cette façade de gros rigolo ne prenant rien au sérieux que Castle adorait se donner, il y a avait un homme sensible et intelligent :
- Oui mais quel lieu ? Une boite de nuit peut-être ? C’est là qu’il avait rencontré Peter Mallow, l’associé du fleuriste alors peut-être qu’il trouve ses futures victimes dans des clubs branchés de Manhattan ? interrogea Beckett.
- Je ne pense pas… Nos trois victimes n’étaient pas trop du genre à trainer dans des night club… plutôt solitaire, accro au travail, pas beaucoup d’ami ou de famille… je pense même qu’elles ne sortaient pas du tout. Peut-être faisaient-elles parties d’un club, d’une association ou autre communauté.
- Rien ne montre que nos victimes se connaissaient ou qu’elles ne se soient même jamais croisées. Vous savez Castle, peut-être qu’il n’y a pas de lieu en particulier, peut-être que notre tueur repère sa proie dans la rue tout simplement.
- Non, c’est un sérial-killer ce qui veut dire qu’il suit son modus opérandi, il suit un schéma qu’il a définit et qu’il est le seul à connaître. Il n’y a rien d’aléatoire, tout est calculé et il suit une certaine régularité dans ses actions, expliqua Castle qui avait adopté un air sérieux, tout en faisant des gestes avec les mains.
- Si vous le dites Monsieur le spécialiste !
- Je le dis !
- Bien. Si ça ne vous dérange pas Castle on va arrêter là pour ce matin, on reprendra cette piste après le déjeuner.
- Je suis assez d’accord, et mon ventre aussi ! répliqua l’écrivain alors que estomac criait famine.
- Oui, j’entends ça ! On va à l’endroit habituel ?
- C’est parti !
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« L’endroit habituel » était en fait une baraque à frite et à hot dog, situé à quelques centaines de mètres du commissariat, dans un parc fleuri.
C’était un autre des rituels auquel se livraient Beckett et Castle. C’était leur endroit, leur place, là où ils allaient pour déjeuner tranquillement tout les deux. Ils discutaient de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, de leur vie, tout en prenant un bain de soleil, ou un bain tout court.
C’était un moment rare qu’ils appréciaient à sa juste valeur et parfois même, ils avaient hâte d’être midi pour profiter de cet instant.
Mais aux yeux de l’autre, cela restait un déjeuner simple sans signification particulière, sans tout ce qu’il représentait en réalité.
Castle et Beckett étaient presque arrivés. Encore deux cent petit mètre, et le rituel pourrait commencer.
Le trajet s’était fait dans les blagues de Castle et le rire de Beckett.
C’est le bruit du téléphone de Kate qui brisa le court moment de silence entre deux farces-a-la-Castle. Elle décrocha et sans plus attendre, prononça le platonique et récurrent « Allo ? »
C’est une voix d’homme qui lui répondit à l’autre bout du fil, une voix d’homme, grave, qui trahissait sa colère et qui n’inspirait que crainte et méfiance.
Mais si la voix en elle-même était effrayante, ce que l’homme déblatérait dans le combiné ne l’était que d’avantage.
« Kate ! Kate… Tu n’as pas le droit ! Tu n’as pas le droit de me faire ca ! Comment ose-tu ? Je te donne tout mon amour, je te le hurle dans mes poèmes, dans mes lettres, je t’offre mon cœur et toi ? Toi tu fais quoi ? Tu sautes dessus à pied joins ! Salle ordure ! Tu n’es pas une femme ! Tu es un monstre insensible, une menteuse, une manipulatrice qui se joue de moi, de mes sentiments !
Je t’aime, tu le sais et tu te pavanes devant moi avec ton petit écrivain minable ! Tu rigoles avec lui, tu lui souries ! Tu n’as pas le droit. Tu es à moi, pas à lui. Il n’a pas le droit de voir ton sourire, ni d’entendre ton rire. Il ne devrait même pas te voir ! Tu sors avec lui hein ? C’est ça ? Tu es en couple avec lui et tu ne veux pas me l’avouer ! Je te l’interdis ! Ce n’est pas ce qui est prévu ! »
Beckett avait comprit dès le premier mot que celui qui lui avait téléphoné était celui qui lui envoyait toutes ces lettres. Elle le savait. Mais en cet instant, elle ne pouvait prononcer un seul mot. Elle s’était arrêter de marcher, la bouche ouverte, les yeux écarquillés de terreur.
Il l’observait, là, maintenant, tout de suite.
Elle regarda à gauche, à droite, ne vit personne. Pourtant il était là, elle le savait, elle le sentait…
Castle, quand il s’était rendu compte que Beckett ne le suivait plus, s’était à son tour arrêter puis retourné.
Et c’est là qu’il l’avait vu. Une Kate paniquée, terrorisée, effrayée par il-ne-savait-quoi. Elle regardait frénétiquement d’un coté, puis de l’autre, haletante. Ses pupilles dilatées devenaient des perles noirs.
Elle semblait sur le point d’éclater en sanglot.
Il ne savait pas qui c’était à l’autre bout du combiné, ni ce qu’il disait, pourtant il avait un très mauvais pressentiment.
Il rebroussa chemin, s’approchant de son amie qui paraissait avoir fait abstraction de tout ce qui l’entourait.
Il l’observait avec ce regard de l’homme qui ne comprend rien et attendit qu’elle raccroche.
Il entendit très nettement, peut-être à cause du fait qu’il ait approché son oreille du cellulaire au fil des secondes, la tonalité qui avait mit fin à la conversation.
Pourtant, Beckett n’avait pas esquissé un mouvement. Elle était paralysée :
- Qui était-ce ? demanda Castle curieux, voulant saisir le sens de tout ça.
C’est en entendant les mots sortir de la bouche de son partenaire que Kate reprit contact avec la réalité, de manière brutale :
- Euh… non, c’était rien…
- Tout va bien Kate ?
- Oui, tout va bien… Écoutez Castle, j’ai oublié quelque chose au commissariat, il faut que j’y retourne alors… euh… on se voit plus tard…
- Mais vous n’avez même pas mangé… lui cria-t-il désemparé face à cette réaction.
- J’ai plus faim…
Elle partit, d’un pas pressé, ne cessant de regarder partout autour d’elle, laissant un Castle seul au milieu de la rue, totalement perdu…
Il n’y comprenait rien, strictement rien.
Un instant, ils allaient manger tous les deux tranquillement, se racontant des blagues, souriant et la seconde d’après, plus rien. Non, plus de sourires, de rires, de blagues, juste de la peur dans les yeux de Kate.
Autant de peur pour un coup de fil, était-ce possible ? Qu’est-ce qui avait bien pu effrayer la grande Kate Beckett. Et pourquoi avait-elle regardé partout autour d’elle comme si son interlocuteur l’observait ?
Beaucoup de scénarios, tous plus dingues et inquiétants les uns que les autres, défilaient dans la tête de l’écrivain qui après le spectacle auquel il avait assisté, était rentré chez lui, le ventre vide.
Lui non plus il n’avait plus faim…
D’ailleurs, Beckett avait dit qu’elle n’avait PLUS faim, et pas qu’elle n’avait PAS faim ce qui prouvait bien que ce coup de fil l’avait déstabilisé, même si pour elle, « c’était rien… ».
Il était sûr maintenant que ce coup de fil avait quelque chose à voir avec la tristesse de Kate de ces derniers jours.
Peut-être était-ce lié au fait que son père s’était remis à boire ? Peut-être était-il arrivé quelque chose à Jim Beckett ?
En ayant marre des suppositions, Castle repris sa veste jetée sur le sofa quelques minutes plutôt et partit pour le commissariat. Ca ne pouvait plus durer : c’était l’heure des explications.
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Salle de travail, commissariat du 12ème district.
Beckett était assis sur une chaise, la seule chaise encore debout, la seule sur laquelle elle n’avait pas passé ses nerfs. La table avait eut plus de chance et semblait avoir échappé à la tornade.
La jeune femme avait prit sa tête entre ses deux mains. Les yeux clos, la respiration saccadée, peut-être à cause du sprint qu’elle avait fait pour revenir au commissariat, peut-être à cause du coup de téléphone qu’elle avait reçu, elle avait fermé les stores, plongeant la pièce dans l’obscurité, atténuant très légèrement sa panique.
Il l’avait appelé. Appelé au téléphone. Il lui avait craché reproches et insultes avec une haine qu’elle n’avait jamais vu précédemment. Il l’avait observé avec Castle. Il avait dépassé les bornes.
Mais le pire dans ce coup de fil, c’était que cet homme lui avait parlé comme si elle n’était qu’un objet, son objet, sa chose, sa poupée. Elle n’était pas à lui, ni à personne d’autre. Elle n’avait jamais appartenu à quelqu’un, ca n’allait pas commencer aujourd’hui.
Mais elle ne savait toujours pas quoi faire. Elle se sentait prise au piège. Si elle n’en parlait pas, rien ne cesserait. Mais si elle en parlait… elle n’était pas vraiment sûre que ca changerai grand chose.
Et elle avait sentit dans la voix de cet homme, un vent de menace, contre elle, mais aussi contre Castle, lui reprochant de passer du temps avec elle.
Alors si elle lui en parlait et qu’il l’apprenait… Non, elle ne pouvait pas lui dire, elle ne pouvait pas risquer de le mettre en danger, de l’embarquer dans cette histoire lui aussi.
Encore une fois, elle allait devoir se débrouiller seule.
Elle essayait de faire le point dans sa tête, de faire le tri, le vide.
Une pensée traversa alors son esprit. Une pensée qu’elle aurait préférée ne jamais avoir eu.
Et si ce malade qui la harcelait était le sérial killer de son affaire ? Et si c’était elle, la quatrième victime du Valentine’s killer?
Après tout, elle avait dans la trentaine, elle était flic, elle avait de long cheveux bruns, ses yeux n’étaient pas bleus, elle n’avait jamais été marié, n’avait pas beaucoup d’ami, passait beaucoup de temps au travail, sa mère était morte…
NON, non… c’était impossible…
Kate rejeta cette idée aussi vite qu’elle était venue, ne voulant pas y croire, essayant d’oublier ce qu’elle venait de faire, ce rapprochement.
Mais c’était trop tard, une évidence s’était imposée à elle et elle ne pouvait qu’y faire face.
Elle mettrait du temps à l’admettre, elle le savait. Elle n’était même pas sûre de pouvoir l’accepter.
Un bruit de poignet qui se baisse ramena Beckett du monde de l’illusion.
C’était Castle qui venait d’entrer dans la salle.
Elle allait devoir s’expliquer, mais elle ne savait pas quoi dire.
Castle regarda autour de lui. Sept chaises jonchaient le sol en bois. Mais qu’avait-il bien pu se passer ici ? Il porta ensuite son regard sur Beckett qui avait levé la tête en l’entendant entrer.
Elle avait toujours le regard rempli de peur mais l’incompréhension qui l’avait habité la dernière fois qu’il l’avait vu avait disparu.
Mais pas la sienne :
- Je crois qu’il est temps qu’on parle.
- Je… je suis fatiguée Castle…
- Je ne partirai pas avant de savoir ce qui vous arrive.
Non, il ne partirait pas, elle le savait. Elle allait devoir parler mais elle ne voulait pas lui mentir encore…
Castle ramassa une chaise et s’assis dessus, face à Beckett, le regard rivé dans les perles de sa coéquipière :
- Alors vous allez me dire ce qu’il se passe ?
- Je… je peux pas… c’est compliqué…
Tic…
- Quoi, c’est à cause de votre père ? il lui est arrivé quelque chose ? Parce que si c’est ça je suis…
- Chut ! taisez-vous Castle…, chut…
…Tac…
- Parlez-moi Kate.
- Mon père ne s’est jamais remis à boire, je vous ai menti, déclara Beckett en baissant la tête, honteuse.
…Boom !
- Je comprends pas… pourquoi ? il était déçu, déçu par Kate, par son comportement, par le fait qu’elle n’est pas eu assez confiance en lui pour lui dire la vérité.
- C’était plus simple. Vous n’auriez pas cessé de me poser des questions si je vous ne vous avais rien dit et je ne pouvais pas vous dire la vérité.
- Vous ne VOULIEZ pas me dire la vérité, c’est différent !
- Castle… ce n’est pas si simple…
- Si ca l’est ! vous ne me faisiez pas assez confiance pour me dire la vérité ? Vous vous en fichez que des gens se soucient de vous ? vous apprécient ?
- Ca n’à rien avoir avec la confiance Castle…
- Alors expliquez-moi ! Dites moi ce qui vous rend si triste !
- Je ne peux pas… Je suis désolé…
- Pas autant que moi, dit-il en se levant avant de se diriger vers la porte de sortie.
Il se retourna pour voir Beckett désemparé. Elle avait besoins de lui, il le voyait et le savait mais si elle n’était pas capable de faire la part des choses, il ne pouvait rien faire pour l’aider :
- Je ne sais pas ce qui me fait le plus mal Kate : le fait que vous m’ayez mentit, trahissant par la même occasion ma confiance ou le fait que justement, notre confiance mutuelle ne soit pas assez forte pour que vous vous confiez à moi. Je pensais que l’on pouvait tout ce dire… j’avais tort… j’ai fait une erreur, je ne la referai plus.
Il était partit, en lâchant cette dernière phrase, la deuxième bombe de la discussion. Elle n’était pas sûre d’avoir comprit le sens de la dernière phrase de Castle, elle n’était pas sûre de vouloir la comprendre.
Mais elle l’avait mérité d’une certaine manière. Elle lui avait menti, elle l’avait trahi, lui et leur relation. Et il ne lui pardonnait pas.
Elle aurait tellement aimé qu’elle comprenne, qu’il lui laisse un peu d’espace. Mais elle ne pouvait le blâmer, après tout il ne savait pas ce qu’il se passait.
Elle reprit sa tête dans ses mains et se replongea dans le silence. C’était tout ce qu’elle pouvait faire maintenant. Se taire et pleurer.
Les sanglots ne tardèrent pas.
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Elle avait passé toute la fin de l’après-midi à pleurer, si bien qu’elle n’avait plus de larme.
Elle avait fini sa crise. L’angoisse était passée. Sa colère s’amenuisait.
La tristesse elle, persistait. La tristesse du à sa dispute avec Castle.
Épuisée, elle se leva, remit toutes les chaises debout autour de la table et partit. Il était temps qu’elle rentre.
Elle arriva rapidement en bas de chez elle, ne sachant pas vraiment comment elle était arrivée là. Peu importait. Rien n’importait.
Complètement déconnectée du monde réel, elle ne vit pas l’homme qui se jeta sur elle.
Elle se retrouva au sol, sonnée, chevauchée par cette grande brute, tout de noir vêtu, une capuche cachant sa tête et son sourire mesquin.
Il lui assena un coup d’une force incroyable dans le visage, lui éclatant la lèvre supèrieur. Le goût métallique du sang envahit sa bouche, mais elle n’eut même pas le temps de le sentir que déjà, le prochain coup suivait.
Son arcade sourcilière gauche versait à son tour le liquide pourpre.
Beckett gémissait à chacun des coups que lui portait son agresseur.
Elle essaya de bouger les jambes pour déstabiliser son adversaire mais il les lui bloquait parfaitement.
Il l’écrasait de tout son poids.
Après lui avoir balancé quelques coups de plus au visage et dans la poitrine, lui coupant le souffle, vidant ses poumons, il se leva et se mit à lui assener de violent coup de pieds dans les côtes, dans le bassin, dans les jambes.
Mais c’était sa première erreur. Les jambes libres, Beckett les fit pivoté sous l’homme qui tomba lourdement en arrière. Sa tête heurta le bord du trottoir dans un bruit sourd.
Elle se leva, prête à courir mais il tendit le bras et réussi à la faire trébucher à son tour. Elle tomba à plat ventre, son front rencontra involontairement le béton. Il revint à la charge et redressa sa victime. Il saisit le bras de Beckett qui encore sonnée par sa chute ne pouvait que se laisser faire. L’homme tordit le bras de la jeune femme dans son dos, encore plus loin alors qu’elle hurlait déjà de douleur, son visage se tordant dans un rictus de douleur insupportable, rien qu’a observer. Elle n’entendit ni le craquement de sa clavicule, ni celui de son omoplate, occulté par son hurlement.
La deuxième erreur de l’agresseur fut de lâcher un court instant sa victime. Malgré la douleur vive que Beckett ressentait dans tout son corps, elle n’avait pas baissé les bras, enfin façon de parler puisque l’un de ses bras était actuellement inutilisable.
Elle prit ses jambes à son coup sans demander son reste, ne se retournant pas.
Elle entendit l’homme jurer et reconnu sa voix : le gars du téléphone. Cette révélation ne le fit que courir plus vite.
Elle était essoufflé mais ne s’arrêtait pas. Cela faisait maintenant une éternité qu’elle détalait comme un lapin. Elle avait un peu d’avance sur son poursuivant et ne comptait pas la perdre.
Tout son corps lui faisait mal, lui hurlait de s’arrêter mais elle ne pouvait pas.
Elle avait un plan. Un plan qui lui sauverait la vie, elle l’espérait.
Elle arriva à une centaine de mètre de l’immeuble de Castle.
Une fois face à la porte, elle composa le code qui la déverrouillerait et de sa main valide la poussa. Elle se referma juste à temps pour que l’homme ne puisse pas entrer. Il jura de nouveau, tapa contre la vitre.
Elle recula, effrayée.
Il fabriqua des ses doigts un pistolet, le pointa sur elle et mima le coup de feu, promesse qu’il allait se revoir et que la prochaine fois il ne la raterait pas, avant de partir, disparaissant dans la nuit.
Elle soupira de soulagement, respirant à nouveau. Elle appela l’ascenseur, lâchant un instant son bras blessée et ses cotes meurtries. Le trajet dans la cabine lui parut interminable. Elle serait les dents, inspirait et expirait comme si cela pouvait faire disparaître sa douleur.
Elle arriva enfin au bon étage, puis devant la porte d’entrée de l’appartement de Castle. Tout d’un coup elle hésita. Et si il ne voulait pas la voir? Et si il ne voulait plus lui parler ?
Elle savait qu’il était le seul à pouvoir l’aider, d’ailleurs, il était la première personne à qui elle avait pensé.
Sur cette pensée, elle toqua à la porte oubliant la présence de la sonnette. Quatre coups lui parurent suffisants.
La porte s’ouvrit sur Castle.
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« Toc, toc, toc, toc » Mais qui pouvait bien venir frappé à sa porte à une heure pareil ? Castle se leva du canapé sur lequel il s’était endormi.
Il ouvrit la porte, laissant apparaitre Beckett.
Beckett ? Mais que faisait-elle là ? Cette question heurta Castle une demi-seconde à peine avant qu’il ne se rende compte que sa partenaire était dans un sale état. Elle avait le visage maculé de sang, le bras tordu dans un angle improbable. Courbée comme elle l’était, il devina qu’elle avait des cotes cassées.
Elle leva la tête vers lui et accrocha son regard :
- Aidez-moi…
« Toc, toc, toc, toc » Mais qui pouvait bien venir frappé à sa porte à une heure pareil ? Castle se leva du canapé sur lequel il s’était endormi.
Il ouvrit la porte, laissant apparaitre Beckett.
Beckett ? Mais que faisait-elle là ? Cette question heurta Castle une demi-seconde à peine avant qu’il ne se rende compte que sa partenaire était dans un sale état. Elle avait le visage maculé de sang, le bras tordu dans un angle improbable. Courbée comme elle l’était, il devina qu’elle avait des cotes cassées.
Elle leva la tête vers lui et accrocha son regard :
- Aidez-moi…
Chapitre K+/T (rien de vraiment hard mais je préfère prévenir)
Chapitre 9 : La vérité, les conséquences…
Castle ne répondit pas tout de suite, essayant d’analyser la situation. Ce ne fut que la seconde fois que Kate réclama son aide avec une petite voix qu’il comprit enfin ce qu’il se passait.
Kate Beckett était sur le palier de sa porte, à deux doigts de tomber, et lui demandait son aide.
Sans dire un mot, il s’approcha d’elle et passa un bras derrière son épaule, et doucement, l’emmena à l’intérieur de l’appartement. Elle semblait si fragile, habitée par la douleur.
Elle gémissait tantôt.
Castle la soutenait du mieux qu’il pouvait, ne voulant pas lui faire plus de mal.
Même si il lui en voulait pour son mensonge, il ne pouvait pas la laisser comme ça. Elle lui avait mentit certes mais toute sa colère semblait s’être envolée dès qu’il l’avait vu, comme ça, implorant son aide. Elle avait besoins de lui et il serait là pour elle. Comme toujours. Sans condition.
Martha et Alexis, ayant entendu des bruits, étaient descendus voir ce qu’il se passait en bas.
En chemise de nuit et pyjama, elles trouvèrent Kate dans les bras de Castle, recouvertes de sang, tenant à peine debout.
Affolées face à la détresse de la jeune femme, Martha s’approcha, demandant ce qu’il s’était passé pour que Beckett finisse dans un état pareil tandis qu’Alexis proposa son aide.
Castle envoya sa fille chercher des serviettes, de l’eau tiède et de quoi prodiguer les premiers soins à Kate que l’écrivain avait installé sur le canapé pour plus de confort, ou peut-être tout simplement pour qu’elle ne tombe pas.
Il s’agenouilla en face d’elle et de deux doigts lui releva le menton :
- Beckett, regardez-moi, dites-moi ce qu’il s’est passé !
Mais elle ne répondit pas, pas encore remise de ses émotions. Elle lui était reconnaissante de tout ce qu’il avait fait pour elle, de tout ce qu’il faisait pour elle. Mais en cet instant, elle avait perdu les mots. L’adrénaline était retombée, exacerbant un peu plus la douleur, et assimilant ce qu’elle venait de vivre, elle était… non pas traumatisé mais bien chamboulée. « Choquée » était le mot.
Ses pupilles, noires et dilatée témoignait pour elle.
Castle ne la brusqua pas, sachant très bien qu’elle parlerait quand elle serait prête, quand elle l’aurait décidée.
Alexis revint avec des serviettes et de l’eau, accompagnée de Martha qui apportait de la gaze, du désinfectant et une trousse de premier secours.
Castle les remercia et les rassura.
« Tout va bien, je m’occupe d’elle, allez vous coucher ! »
Elles avaient obéit, après qu’il est promis de les appeler en cas de besoins.
Enfin seul, il se tourna de nouveau vers elle. Avec un peu plus d’intimité, peut-être allaient-ils pouvoir parler.
Beckett semblait quant à elle se calmer. Le choc passait.
Aussi Castle détermina que c’était le bon moment. De toute façon, il ne pouvait pas la laisser dans cet état :
- Kate, racontez-moi tout. Sa voix était posée, douce.
- Je… je…
- La vérité cette fois s’il vous plait.
- C’est une longue histoire…
- J’adore les histoires !
Elle sourit. Comment pouvait-il la faire sourire même dans ce genre de moment, où elle avait l’impression que rien n’allait bien.
Castle, c’était un peu comme… une constante dans sa vie. Elle allait mal, il était là pour elle. Elle allait bien, il était là avec elle.
Elle lui devait bien la vérité, TOUTE la vérité, même si après ça il risquait de la détester. Pour le lui avoir cacher, pour s’être laisser faire et n’en avoir parler à personne ? Elle se lança, elle avait confiance en lui.
- Il y a quelques jours, le jour où on a trouvé le corps de Lana Taylor vous savez ?
- Oui.
- En rentrant chez moi le soir, j’ai trouvé une lettre sur le pallié de ma porte. C’était un poème… d’amour… Sur le coup, j’ai trouvé cela romantique et pas vraiment anormal, surtout à l’approche de la Saint-Valentin. Je me suis dit que j’avais un admirateur secret… mais je ne pensais pas que ca irait aussi loin, continua-t-elle en baissant la tête face à Castle qui écoutait sans broncher ; Mais il y a eu d’autres poèmes, des lettres, des messages tous plus effrayant les uns que les autres où cet homme disait des choses… des choses… horribles…
Beckett avait du mal à ne pas flancher. Elle sentait les sanglots monter. Une larme coula d’ailleurs. Castle l’essuya du bout de son doigt, l’incitant à poursuivre :
- Quelles choses Kate ?
- Il me prenait pour la femme de sa vie, s’imaginait un futur avec moi et pensait que je lui appartenait. Ces messages étaient très… pervers…
- Je vois, souffla Castle en serrant les dents.
Au fur et à mesure du récit de la jeune femme, les points de Castle se resserrait, sa colère montait. Pas contre Kate, non, elle il l’a comprenait mais contre la personne qui envoyait tous ces messages et qui harcelait Kate.
- Dans une de ces lettres, il m’a avoué qu’il me surveillait, je ne sais pas comment mais il me disait que j’étais belle a réveil, ce genre de choses… En marchant dans la rue je me sentais épié, espionner dans le dos, observée tout le temps… Et puis il y a eut ce coup de fil, l’autre jour au parc, quand on allait manger. Il m’a craché des immondices, comme quoi j’étais à lui, et que je ne devais pas vous voir, rire ou sourire avec vous. Il m’a insulté…
Elle ne voulait pas encore lui parler du Valentine’s killer, du fait que c’était elle la prochaine victime. Elle n’était pas prête. Mais elle se promit de la faire le lendemain.
- Et hier soir ?
Castle ne savait pas quoi dire d’autre que « Et hier soir ? ». Il aurait voulu faire mieux que ça, dire plus, dire quelque chose pour la réconforter mais non, rien, rien que « Et hier soir ? ».
- Hier soir je rentrais tranquillement chez moi après notre… dispute… quand un homme s’est jeté sur moi. Il ne m’a pas loupé. Mais j’ai réussi à m’échapper et je suis venu ici. Je ne savais pas où aller d’autre. Je suis désolée d’avoir débarqué comme ça sans prévenir. Mais je ne pouvais pas rentrer chez moi…
- Kate, vous n’avez pas à vous excusez de quoi que ce soit. Ce n’est pas votre faute si un malade vous poursuivait et vous savez très bien que vous êtes la bienvenue ici.
- Je sais mais après que je vous aie menti, je comprendrai si vous vouliez que je m’en aille.
- Votre mensonge est pardonné, parce que je comprends pourquoi vous l’avait fait. J’aurais aimé que vous m’en parliez c’est sûr mais je ne pensait pas que la situation était à ce point critique. D’ailleurs, je vous propose de rester ici le temps que cette affaire soit réglée.
- C’est gentil Castle mais je ne voudrai m’installer et vous envahir.
- Kate : ce n’était une question !
- Merci.
- De rien. Bon, si vous ni voyez pas d’inconvénients, on va s’occuper de vos blessures maintenant.
Castle aida Beckett à retirer sa veste puis commença à enlever le sang avec un gant de toilette humidifié.
Il le passa sur son visage ou le sang séché s’était mêlé à la transpiration du à sa course folle et nocturne dans les rues de la grosse pomme, puis sur ses bras ou le sang se faisait moins présent. Maintenant que les coupures étaient plus visibles, il pouvait les désinfecter. Une par une, les plaies furent enduites de désinfectant, tirant des grimaces de douleur à Kate et des grimaces de compassion à Castle.
Il regarda la plaie sur son arcade sourcilière ou le sang coulait encore, mais plus doucement déjà. Il posa un pansement de compression sur l’entaille, en attendant meilleur traitement.
Il regarda son bras, n’osant pas le toucher tellement il semblait… douloureux était un faible mot. Tordu. Oui ca c’était sûr il était tordu :
- Je ne sais pas trop quoi faire pour votre bras.
- Il est déboité et j’ai probablement la clavicule et l’omoplate fêlées, voir cassées. Mais si vous m’aidez, je pourrais déjà remettre mon épaule en place.
- Euh je ne suis pas sûr que ce soit une excellente idée Beckett !
- Est-ce que vous avez une idée de la douleur que ca cause une épaule déplacée Castle ? Moi, c’est la troisième fois. Heureusement avec le temps j’ai appris à réparer ca si on peut dire.
- D’accord, répondit-il peu sûr de lui.
- Bon. Vous allez placer votre main dans la mienne et à trois vous tirez de toutes vos forces, ok ?
- Oui… mais…enfin…
- Castle ! 1… 2… 3 !
Il tira de toutes ces forces. Oui, de TOUTES ces forces comme elle le lui avait demandé, persuadé que si quelqu’un avait tiré sur son bras, non blessé, comme ça, il aurait hurlé à la mort.
Elle hurla de douleur dans un cri insoutenable. Se pliant en deux, laissant les flots de larmes couler, formant une rivière sur son visage. Castle n’avait pas lâché sa main et se confondait en excuse. Il n’avait jamais voulu lui faire de mal et même si c’était elle qui lui avait demandé, il se sentait terriblement mal.
Il se doutait que tirer sur le bras de quelqu’un pour remboiter une épaule devait être douloureux. Alors il n’osait imaginer ce que cela faisait de se faire tirer un bras cassé avec force pour remboiter une épaule.
Beckett gémissait, toujours recourbé sur ses cotes cassées. Castle lâcha sa main pour s’asseoir à coté de Beckett sur le divan. De ses deux mains, une sur chaque épaule, il redressa la jeune femme crispé dans un rictus de douleur.
Elle essayait de reprendre son souffle, de chasser la douleur, de la faire disparaître.
Elle sentit deux mains puissantes la redresser :
- Beckett, est-ce que ça va ? Je suis désolé…
- C’est bon Castle, ça va. Je vais m’en remettre. Je pensais pas que ca ferait si mal c’est tout.
- Où êtes-vous blesser appart ça ?
- Nul part. Tout va bien.
- Kate !
- Quoi Castle ?
- Levez votre T-shirt !
- Je vous demande pardon ?
- Kate Beckett ! Je n’avais aucune arrière pensée en disant cela ! Je parle de vos cotes, je sais qu’elle sont cassées alors levé votre T-shirt que j’examine ça.
Elle s’exécuta, curieuse de savoir comment il avait su, appréciant son air autoritaire.
Un énorme hématome violacé s’étendait déjà sur son abdomen musclée. Castle, d’un simple coup de tête, demanda l’autorisation à Beckett qui acquiesça. Il approcha délicatement sa main du ventre de sa partenaire et effleura du bout de son pouce sa peau. Elle frémit à ce contact. Il avait touché son ecchymose, elle avait mal. Mais plus que ça, elle avait des frissons, comme si… comme si elle avait apprécié cette fugace caresse.
Castle avait touché cette peau si douce, parfaite. Au contact de Kate, il avait frémit, parcouru par une sensation qu’il n’avait jamais ressentit aussi intensément et sur laquelle il ne pouvait mettre de nom.
Comme pour briser l’instant, il retira sa main, le T-shirt retomba :
- Venez, je vous emmène à l’hôpital, déclara-t-il en se levant déjà.
- NON ! avait-elle presque crié.
- Pourquoi ? Vous avez besoins de soins ! Vous faites peut-être une hémorragie interne et votre bras fait peur à voir ! clama-t-il essayant obtenir gains de cause mais sachant pertinemment que si Beckett avait dit non, c’était non !
- Je ne veux pas ressortir dehors. C’est hors de question. Je suis fatiguée et ce malade est toujours là, dehors alors, non, je ne vais nul part.
- Bien, Il comprenait, mais demain vous n’y réchapperez pas !
- Castle ! ce n’est pas nécessaire !
- Écoutez Beckett, vous êtes venu ici pour me demander mon aide je vous la donne mais maintenant on joue selon mes règles. Demain, à la première heure, nous irons à New-York Princeton hospital. Maintenant, je vais vous cherchez des habits propres parce que dans vos haillons, vous ressemblez à jack l’éventreur, et pas dans un bon jour !
Alors qu’il montait à l’étage, elle regarda ce qu’elle portait et pu constater à juste titre qu’elle était couverte de sang.
Il revint à peine deux minutes plus tard avec un grand T-shirt, probablement l’un des siens et un short, celui d’Alexis ? Certainement. Elle ne voyait pas Martha porter Un short si cour avec des cœurs roses sur chaque fesse.
Il déposa les vêtements et parti pour lui laisser l’intimité dont elle avait besoins.
Elle réussit à retirer ses chaussures, non sans gémir mais ne pu rien retirer de plus. Elle se leva alors, avec difficulté, poussant des petits cris, les plus discrets possible et titubant, se dirigea vers la chambre de Castle.
Elle se tenait au mur, aux portes, à tous ce qu’elle pouvait attraper de sa main valide.
Arrivée devant la fameuse porte, elle trouva Castle qui attendait en gentleman dans sa chambre, qu’elle ai finit de se rhabiller, qu’elle soit décante.
Rien que pour ça, elle l’appréciait d’avantage :
- Castle, gémit-elle d’une petite voix.
Surpris il se tourna vers elle :
- Oui ? Les habits ne vont pas ?
- Non, c’est pas ça, c’est juste… je… je n’arrive pas à enlever mon T-shirt…
- Oh ! Vous voulez que je vous aide ?
- Oui, j’aimerai assez !
Il se releva et la raccompagna en la soutenant dans le salon.
Il attrapa le T-shirt à la source, en bas et le leva doucement. Beckett leva les bras pour faciliter la tache de l’écrivain. D’une main, il tenait le tissu, de l’autre il aidait les bras de Beckett à passer par les manches sans trop de douleurs.
Elle se retrouva alors à moitié nue devant lui, seulement vêtue de son soutien gorge noir au bord dentelé.
Elle ne se sentait pas gêné pour autant, au contraire. Elle aimait le regard qu’il posait sur elle. Ce n’était pas un regard pervers, envieux, libidineux, désireux… Non, c’était simplement du respect, de l’admiration, un regard qui signifiait qu’il l’a trouvait belle
Dans sa vie, Castle avait déshabillé un nombre incalculable de fille, avait vu un nombre inimaginable de poitrine, mais il n’avait jamais ressentit autre chose que du désir à l’égard de toutes ses filles.
Cette fois c’était différent. Il admirait Beckett, il la respectait, il l’a trouvait magnifique.
Sans un mot de plus il lui passa son T-shirt, son préféré, qui portait son odeur, et bientôt celle de Kate.
Il la détaillait toujours. Sa bouche, ses joues, son cou, son ventre si… parfait. Ce mot était pauvre pour décrire ce qu’il voyait.
Toujours dans le silence, Beckett se leva, déboutonna la pression de son jean, le baissa jusqu’à mis cuisse, le plus qu’elle pouvait avant que ces cotes ne crient une nouvelle fois douleur, laissant Castle parcourir le reste du chemin.
Il s’agenouilla devant elle, descendant le pantalon jusqu’aux chevilles de Kate, admirant ses grandes jambes musclées et fine.
Beckett se sentait chez elle en cet instant, bien, en sécurité. Et elle savait qu’en de telles circonstances, Castle n’aurait jamais profité de sa faiblesse pour tenter quoi que ce soit.
Elle leva un pied, puis l’autre. Castle approcha alors le short. Elle releva un pied suivi par l’autre et Castle pu monter le short le long de ses jambes.
Pensant qu’elle allait le récupérer au niveau des genoux, là où elle l’avait laisser prendre le pantalon, il s’arrêta, l’attendant mais elle le regardait, c’était tout. Elle ne semblait pas vouloir saisir le short en molleton.
Sans hésiter plus longtemps, il poursuit sa course et remonta le pan de tissu jusqu'à la taille de sa coéquipière, tout en se redressant lui même.
Il se retrouva face à Beckett
Beckett se rassit sur le canapé, suivi par Castle.
Son regard tomba dans celui de Castle et comme si c’était une habitude tout-a-fait normale, elle posa sa tête sur l’épaule de l’écrivain.
Ils fermèrent les yeux à l’unisson.
Aucun mot n’avait été prononcé depuis de longues minutes maintenant. Mais cela ne semblait pas déranger qui que ce soit. Qui avait-dit qu’on avait besoins des mots pour communiquer ? Parfois, une attitude, un regard, ca pouvait suffire.
Beckett ne dormait pas. Pourtant l’épaule d’un écrivain endormi c’était confortable.
Cela faisait une heure, peut-être deux qu’elle était dans cette position.
Elle ne pouvait s’empêcher de penser à tout ça. Son agression mais aussi cette fin de soirée. Cette exhibition spontanée à laquelle elle s’était livrée et qui sur le coup ne lui avait pas paru si étrange.
Mais hors contexte, en y repensant, elle se demandait ce qui l’avait prit.
Enfin, ca n’avait pas eu l’air de gêner Castle.
Castle. Même dans l’inattendu, dans l’urgence, « dans la mort comme dans la maladie » pensa-t-elle avec un sourire, il était là pour elle. Toujours.
Une évidence s’imposa alors à elle. Une évidence plus facile à énoncée quand IL dormait que en face, de plein jour, réveillé.
Elle se retourna vers l’écrivain, paisible dans son sommeil, et murmura : « Merci Castle, merci d’être là pour moi, quand j’en ai besoins »
Si elle ne s’attendait pas à une chose, pensant qu’il dormait, ce fut bien qu’il réponde d’une voix endormis « Je serai toujours là… ».
Chapitre 10) Hard evening, Sweet morning :
Les rayons du soleil, si absent ses derniers jours, filtraient à travers la vitre d’un loft, éclairant deux formes humaines avachis sur un sofa, encore endormies.
Une femme et un homme, presque enlacés, étaient sur les coussins. La tête de la jeune femme, sous sa crinière brune, reposait sur l’épaule de l’homme qui commençait à esquisser quelques mouvements de réveil, ouvrant, puis refermant ses yeux, aveuglés par la lumière.
Il bailla un instant, passa sa main devant sa bouche avant que celle-ci ne glisse devant ses yeux.
Il tourna la tête d’un coté puis de l’autre, se remémorant ce qui s’était passé la veille, essayant de se situer, un peu perdu.
« Beckett, agression, soigner, habiller, dodo canapé». Ca devait être quelque chose comme ça, et a peu près dans cet ordre.
Richard Castle posa alors un regard empreint de douceur sur le visage de Kate Beckett qui, elle, ne semblait pas vouloir quitter le pays des rêves.
Il la comprenait, après ce qu’elle venait de vivre.
Ne voulant pas la réveiller, il resta là, à l’observer, la détaillant.
Elle semblait si sereine et paisible dans son sommeil. Un sourire fin et difficile à percevoir s’étendait sur ses lèvres.
Ses yeux clos bougeaient parfois, secouant ses paupières.
Une de ses mains était tombée sur le torse de Rick, l’autre tenait ses cotes, probablement encore douloureuses.
Caste grimaça, pensant à la douleur qu’elle devait ressentir, et à comment elle la dissimulait, à comment elle arrivait à être si forte.
Un bruit venant des escaliers le tira de sa contemplation. Il se retourna pour découvrir Martha suivit de près par sa fille, qui dévalaient les marches, déjà vêtues.
Elles exprimaient toutes deux des mines fatigués, certainement du au trou de sommeil de la nuit dernière.
Malgré leur inquiétude pour la jeune femme, elles ne pouvaient s’empêcher de sourire, heureuses de voir Kate dormant dans les bras de son père pour Alexis, de son fils pour Martha.
Il leur sourit, les rassurant, les confortant, leur tirant un autre sourire plus large encore.
Sans un bruit, les deux femmes de la maison commencèrent à préparer le petit déjeuner, toastant, tartinant, découpant, versant le café et le jus de fruit.
Castle observait simultanément sa mère vive, sa fille extraordinaire, sa muse… parfaite.
Il se sentait tellement bien avec elle si près de lui, collé à son corps et encore assaillis par les images de la veille où il aidait Kate à s’habiller.
Il était rassuré et heureux qu’elle soit finalement venue lui demander son aide même si il était sûr qu’il aurait pu l’aider avant.
Son regard effleura un moment le cadrant de sa montre de luxe ornant son poignet et il se dit que c’était le moment de la tirer des bras de Morphée.
D’une lenteur et d’une douceur extrême, il approcha sa main de son épaule valide et la secoua en lui murmurant de se réveiller à l’oreille.
D’abord sans réaction, Beckett finit par s’animer, un peu trop brusquement peut-être puisqu’elle grimaça, reportant sa main sur son abdomen.
Après avoir étudier la pièce qui l’entourait, tout lui revint. La soirée de la veille, son agression, Castle… Tout.
Castle.
L’écrivain se tenait à coté d’elle, souriant et la regardait émerger lentement.
Elle lui lança à son tour un sourire et une fois leur échange muet terminé, Beckett se leva du canapé.
Ses cotes la lançaient, tous comme sa tête et son épaule qu’elle n’osait même pas bouger.
Elle vacilla quelques secondes en posant les deux pieds au sol mais remarqua que Castle était là, prêt à intervenir si besoins.
Elle lui répondit de nouveau pas un sourire, le rassurant, puis se retourna vers la cuisine pour apercevoir Martha et Alexis qui s’activaient tout en rigolant.
Castle et Beckett si dirigèrent vers la table où des assiettes bien remplies les attendaient et après un échange de « bonjour », ils s’assirent.
Beckett était gênée, terriblement gênée. Elle avait débarqué en pleine nuit, réveillant toute la famille Castle, et il lui semblait normal de s’en excuser. Aussi déclara-t-elle en baissant la tête :
- Martha, Alexis, je suis désolée d’avoir débarquée hier soir et de vous avoir réveillée…
- Kate… Vous n’avez pas à vous excuser ! Grand dieu je suis bien contente que vous soyez venu ici et que vous ne soyez pas dans un pire état ! s’exclama Martha tout en conversant avec ses bras à l’aide de gestes théâtrales.
- Merci… répondit Kate rassurée par ces paroles et par le sourire attendrissant d’Alexis qui les avait accompagné.
- Si je puis me permettre, que vous est-il arrivé ? continua la jeune adolescente rousse.
Beckett raconta rapidement son histoire, sans s’acharner sur les détails encore pénible.
Tous écoutaient attentivement, tirant parfois des grimaces à Alexis, des « Oh ! » à Martha et des juron étouffés à l’écrivain.
Une fois son récit fini, le silence s’installa. Beckett pouvait sentir les regards compatissant se poser sur elle.
Après un « bonne appétit les amis » lancé d’un ton guilleret par Castle qui voulait détendre un peu l’atmosphère, et les yeux de Kate se levant vers le ciel, chacun commença à manger, dégustant ces vivres si apetissant, appréciant les plats concoctés par les femmes de la maison.
Martha n’avait pu s’empêcher de ressortir de vieilles histoires d’enfance de son fil, lui tirant une moue boudeuse alors que sa fille et Kate riaient sans sembler pouvoir s’arrêter.
Castle, malgré la gêne qu’il éprouvait à cause de sa mère déballant l’histoire de sa vie, rayonnait. Ce petit déjeuner était magique. Il passait un bon moment en compagnie de sa famille et de sa muse. Il la voyait rire et sourire de toutes ses dents et pensa, heureux, qu’ils avaient réussi à lui faire oublier ses derniers jours et ce qui lui arrivait. Satisfait, il rejoignit les trois femmes dans leur fou rire.
Martha les abandonna rapidement, devant filer à son école de théâtre et proposa de déposer Alexis à son lycée. Cette dernière accepta, courant chercher son sac, embrassant son père et faisant un petit signe de la main à Kate avant de rejoindre sa grand-mère au pas de course.
Beckett avait vraiment apprécié ce moment, unique pour elle. Elle n’avait ressentit une telle ambiance qu’elle aurait qualifiée de familiale depuis si longtemps… Mais en voyant Alexis et Martha rirent, et en se joignant à cette joie si attirante elle avait eut l’impression de retrouver le temps où elle, son père et sa mère petit-déjeunaient ensemble chaque matin.
Mais, même si elle sentait la nostalgie l’envahir, elle était reconnaissante envers Castle de lui avoir fait retrouver ce qu’elle croyait avoir perdu à jamais.
Après avoir débarrassé dans les moqueries de Kate et les justifications de Castle sur les horribles histoires que sa mère avait osé raconter, l’écrivain rapporta à Kate de quoi s’habiller pour la journée.
Il comprit au regard qu’elle lui lança, qu’elle lui demandait de nouveau son aide pour se vêtir.
Repensant à ce regard, le même que la veille au soir, et qui les avait entrainé dans une dance silencieuse mais pas muette, chacun espérait que cette fois serait différente. Non parce qu’il n’avait pas apprécié, bien au contraire, mais plutôt parce que cette fois, il avait peu de perdre le contrôle et de se laisser envahir par ses sentiments qu’ils n’admettaient pas.
Beckett se débrouilla pour ne pas regarder Castle dans les yeux, laissant son regard explorer les rideaux et autres objets intéressants… tant qu’elle pensait à autre chose qu’aux mains qui frôlaient sa peau, lui donnant des frissons !
Après lui avoir enfilé un jean slim noir et un T-shirt violet uni, il la laissa pour aller se changer à son tour, en profitant pour changer les visions que lui donnait son esprit, le calmant ainsi.
Une fois seule et calmée, Beckett trouva son téléphone et le porta à son oreille dans un long soupir.
Elle du attendre la seconde tonalité avant d’entendre la voix du Capitaine Montgomery.
Elle avait décidé de ne rien leur dire, elle ne voulait pas les inquiéter. Elle expliqua juste au capitaine qu’elle ne viendrait pas travailler de la journée, qu’elle était fatiguée – ce qui n’était pas faux – et qu’elle allait donc prendre une journée de congé.
Il ne lui posa pas de question, facilitant l’échange. Il savait que si Beckett l’appelait pour lui demander sa journée, c’est qu’elle en avait besoins. Aussi lui accorda-t-il cette journée de repos sans discuter.
Elle souriait de ce coté du téléphone, contente de voir qu’autour d’elle, des gens était là pour elle, à veiller sur elle, sur son bien-être.
Elle raccrocha finalement au moment ou Castle revint, vêtu d’une chemise blanche, de sa veste marron en Daim et d’un Jean bleu, blanchit par la javel volontairement par endroit.
Dans un échange mutuel de sourire, ils quittèrent le loft et rejoignirent une des voitures de Castle, la plus « passe partout ».
Le trajet vers l’hôpital se fit dans un silence pesant. Castle jusque là concentré sur la route se tourna vers Kate qui regardait d’un regard vide le haut des buildings défiler.
Elle semblait plonger dans ses pensées.
Pensive, elle essayait de trouver le moyen de dire à Castle qu’elle était certainement la prochaine cible de leur tueur en série, en vain…
Comment lui dire une chose pareille ? Comme lui avouer que encore une fois elle ne lui avait pas dit toute la vérité ? Comment lui dire que bientôt ce serait son tour ? Qu’elle était la prochaine ? Que bientôt c’était peut-être son cadavre qu’il découvrirait une fraiche matinée d’automne ?
La réponse elle ne l’avait pas. Mais elle savait que peut importé la manière, elle allait devoir balancer le morceau avant qu’il ne remarque qu’elle lui cachait encore quelque chose.
La question maintenant était de savoir qu’elle serait le bon moment ?
Il n’y avait pas de bons moments, jamais, et encore moins pour ce genre de nouvelle.
Elle se promit de lui dire durant le trajet du retour, coute que coute.
Castle tourna de nouveau la tête vers Kate après avoir éviter un cycliste qui sortait à toute vitesse d’une ruelle et qui bien sûr n’avait pas regardé devant lui mais derrière.
Elle n’avait pas esquissé un geste depuis le départ, pas dit un seul mot et fixait toujours le ciel, comme si elle attendait quelque chose.
Il avait ce regard quand il cherchait des réponses à ses questions, quand il avait quelque chose de difficile à avouer et qu’il ne savait pas quoi faire.
Il savait qu’elle lui avait caché quelque chose, il la connaissait trop bien pour ça.
Pourtant il ne lui avait rien demander, rien dit, rien reprocher.
Elle lui en parlerait, il le savait, parce qu’elle ne lui cacherait plus rien après leur dispute de la veille et ce qui lui était arrivé.
Il se contenta de lui demander si tout allait bien et accepta sa réponse positive avant de se retourner vers la route. Il détestait les embouteillages !
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Après une longue attente dans les embouteillages, voilà qu’ils devaient attendre aux urgences !
Ils étaient debout dans la file d’attente du comptoir où chacun devait remplir des papiers. Devant eux, une petite fille s’était « accidentellement » d’après la mère, mit une bille dans le nez.
Beckett avait mal aux cotes à force de rester debout mais ne disait rien.
Elle faisait par fois quelques grimaces lorsqu’elle passait d’un pied à l’autre grimaces que Castle du remarquer car, après avoir demander à l’homme derrière eux de leur garder la place, il la conduisit vers un des sièges présent dans la salle où attendait de nombreuses personnes et lui intima l’ordre de ne pas bouger et de se reposer.
Elle le remercia d’un sourire avant qu’il ne reparte se mettre dans la queue, attendant plus ou moins patiemment son tour.
Il passa finalement un gros quart d’heure plus tard, rempli rapidement les papiers, s’arrêtant sur les quelques informations qu’il ne connaissait pas, « Deuxième prénom », se demandant même en quoi cela pouvait intéresser le médecin des urgences.
Il laissa quelques blancs mais avait compléter toutes les infos vitales demandées.
Il finit par rejoindre Kate et s’assit à coté d’elle, une idée en tête, plutôt une question, une curiosité à satisfaire.
Kate connaissait ce regard, aussi prit elle les devant :
- Quoi Castle ?
- Quoi Quoi ?
- Vous avez une question à me poser alors posez là ! dit-elle avec de grands gestes l’encourageant à poursuivre.
- Je me demandais, c’est quoi votre deuxième prénom ?
- Mon deuxième prénom ? demanda-t-elle surprise, ne comprenant pas vraiment la raison de la question.
- Oui, répondit-il avec ce petit sourire en coin qu’elle trouvait adorable.
Il essayait de la charmer pour obtenir sa réponse mais ca n’allait pas se passer comme ça ! Elle trouva là une occasion de lancer un petit jeu :
- Pourquoi devrais-je vous le dire Monsieur Castle ?
- Parce que vous savez le mien !
- Je l’ai lu sur votre site internet ! Moi je n’étale pas ma vie privée sur le net !
- Oui mais c’est moi qui vous ai dit pour Alexander !
- Très bien… dit-elle en approchant doucement de son oreille une lueur malicieuse dans le regard.
- Je suis toute ouïe détective, répondit-il en s’approchant un peu plus d’elle.
Ils pouvaient sentir le soupir de l’autre sur leur joue. Elle entrouvrit ses lèvres, prête à prononcer le mot tant attendu par Castle :
- Mon… deuxième… prénom… est… murmura-t-elle d’une voix basse, presque soupir.
- Est…? reprit Castle alors qu’un sourire de victoire s’étendait déjà sur ses lèvres.
Elle colla sa bouche à son oreille et murmura quelques mots avant de reculer et d’éclater de rire.
Castle se releva, n’affichant plus du tout de sourire mais plutôt une moue boudeuse :
- Comment ça vous n’avez pas de deuxième prénom ? c’est une blague c’est ça ?
- Non, Castle ce n’est pas une blague ! Mais vous auriez voir votre tête ! À mourir de rire !
- Très drôle détective ! Franchement, tout le monde à au moins deux prénoms !
- Pas moi !
Elle avait effectivement un deuxième prénom mais faire mariner un peu Castle était bien mieux que de lui dire. Et bien plus drôle !
Son second prénom était le nom de sa défunte mère, « Johanna ». Elle avait toujours aimé ce nom, elle en était fière, surtout depuis la mort de sa mère. Elle avait l’impression de garder sa mère près d’elle, de lui rendre hommage.
Elle remercia silencieusement Castle pour le lui avoir rappeler. C’était une des rare fois où elle n’était pas triste en pensant à sa mère. Souvent, quand c’était Castle qui lui faisait penser à sa mère, elle ne ressentait pas cette tristesse qui l’avait si longtemps habité. Elle sentait que Castle était intéressé par sa mère, pas juste curieux, elle sentait qu’il voulait la connaître, les connaître elle et sa mère.
Et elle sentait une certaine fierté quand elle lui en parlait. Elle se sentait heureuse et revivait parfois les moments mère-fille passés.
Sur cette pensée, Beckett s’adossa un peu plus sur son siège, posa sa tête sur le haut du dossier, attendant que le médecin vienne.
Elle attendit, ils attendirent, longtemps, une heure, deux. Trop peut-être car Castle, qui en avait plus que marre de se faire devancer par une simple coupure, un mal de tête persistant se leva jetant un « trop c’est trop » avant de composer un numéro sur son téléphone sous le regard curieux de Kate :
- Adam Mercer, répondit une voix d’homme.
- Adam c’est Rick Castle !
- Rick ! Ca fait un bail ! Désolé hein pour l’autre jour, pour le golf mais ma fille était malade et ma femme travaillait alors j’ai du garder la petite !
- Pas de souci ! Dis moi tu es de garde là ?
- Oui bien sûr pourquoi ?
- J’ai une maie qui aurait besoins de voir un docteur rapidement. ON est aux urgences là et ca fait des heures alors…
- N’en dis pas plus ! j’arrive !
- Merci Adam ! répondit-il avant de raccrocher et de s’adresser à Beckett qui attendait visiblement une explication, voilà tout est réglé ! Mon ami va vous prendre en charge !
- Castle ! Vous ne pouvez pas faire ça !
- Faire quoi ?
- Passer devant tout le monde !
- Si, d’ailleurs je viens de le faire ! répliqua-t-il plutôt fière de lui avant de se rassoir.
- Castle, des gens attendent depuis plus longtemps que nous, ce n’est pas correct !
- Beckett ! Je pense que la jeune fille avec la bille dans la narine va survivre, tout comme l’adolescent qui s’est foulé le gros orteil ! Vous, vous vous êtes fait passer à tabac par un psychopathe qui vous a très certainement cassé les côtes et vous voulez que l’on parle de votre bras ? Alors, question urgence, je crois que c’est vous qui gagnez.
Beckett voulu répondre mais fut interrompu par les retrouvailles de l’ami « Adam » et de Castle. Lorsque ce dernier la présenta elle se leva, trop vite, et sourit en serrant la main au jeune et séduisant médecin. Après avoir récupéré les documents que Castle avait rempli en arrivant auprès de la standardiste, Adam les invita à le suivre dans une salle de consultation.
Il s’excusa et les laissa un moment pour aller chercher du matériel, non savoir au préalable dit à Kate de se déshabiller et d’enfiler une blouse d’hôpital.
Castle n’aurait jamais cru devoir déshabiller Kate Beckett trois fois en si peu de temps. Il n’allait pas s’en peindre ah ça non !
Il l’aida à passer la blouse blanche parsemée de pois bleu marin et ouverte dans le dos.
Encore une fois, le contact de la peau de Castle avec celle de Kate fut cause de frissons. Mais si Castle l’avait sentit, il ne fit que sourire.
Alors qu’Adam revenait, Castle sortait lançant un clin d’œil d’encouragement à Kate et un signe de remerciement à son ami. Il prit ensuite le chemin de la salle d’attente et prit son mal en patience.
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Adam enfilait une paire de gants en latex :
- Alors comme ça c’est vous la nouvelle muse de Rick ?
- Oui c’est moi. Et vous, comment vous êtes vous connu ?
- Un jour il a amener sa fille aux urgences. C’était ma première année d’internat. La petite n’avait rien de grave, juste un bras cassé, mais lui était totalement paniqué. Je l’ai soigné et lui m’a remercier comme si je lui avait sauvé la vie ! Il m’a invité à une de ces parties de golf avec le maire et un juge et depuis, on se fait régulièrement des parties.
- Oui, c’est vrai que quand il s’agit d’Alexis, Castle peut perdre un peu les pédales ! rigola la jeune femme.
- Et vous, que vous est-il arrivé ?
- C’est une longue histoire mais pour vous la faire courte, je me suis fait agresser dans la rue hier soir…
- Voyons un peu ça, dit-il en s’approchant d’elle avant de lui intimer de s’allonger d’un geste ample de la main.
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Castle regarda une nouvelle fois sa montre. Depuis combien de temps il attendait ? Une heure au moins. Mais qu’est-ce qui pouvait bien prendre aussi longtemps ?
Il commandait à s’inquiéter. Il s’était levé, faisait les cents pas à travers toute la pièce.
Adam arriva enfin, un dossier gris à la main, et sourit en voyant la mine inquiète de Rick.
« Il doit vraiment bien l’aimer sa muse » pensa le jeune homme à qui l’expression de l’écrivain rappelait ce fameux jour où il s’était rencontré. Il était presque aussi inquiet que lorsqu’il lui avait amené sa fille.
Il décida d’abréger ses souffrances :
- Rick ?
- Oui ? s’exclama Castle, Pourquoi ca a prit si longtemps ?
- Parce que j’ai du lui faire passer des radios et une IRM et un scanner.
Pour Rick, ces trois mots n’étaient pas vraiment bon signe. Cependant, il ne dit rien et laissa Adam poursuivre :
- Ton amie à le radius cassé, l’épaule démise, l’omoplate et la clavicule cassées, deux cotes cassées et trois fêlées légèrement. Je lui ai recousu les plaies les plus profondes et désinfecté les autres mais il faudra changer les pansements tous les jours pour celles que j’ai du recoudre. Elle a aussi de nombreuses contusions un peu partout mais qui devront rapidement disparaître. Elle a également un léger trauma crânien ce qui implique que tu dois la surveiller. Si elle a des vertiges, des nausées, ou autres signes inhabituelles, tu me la ramènes, OK ?
Castle avait pali au fur et à mesure qu’Adam lui décrivait les blessures de Kate. Elle n’avait pas été épargnée même si elle avait tenté de lui faire croire que tout allait bien.
Il se ressaisit face à la demande de son ami et lui assura qu’il allait veiller sur elle.
D’après Adam, une infirmière aidait Beckett à se rhabiller.
Il la retrouva donc dans le hall d’entrée quelques minutes plus tard et sourit en voyant qu’elle essayait de faire comprendre à l’infirmière qu’elle n’avait pas besoins d’un fauteuil roulant pour sortir et qu’elle pouvait parfaitement marcher :
- Je comprends bien Madame Beckett mais c’est la règle : tout patient doit sortir en fauteuil roulant. C’est comme ça. C’est pas moi qui décide.
La jeune femme sembla soulagée par l’arrivée de Castle qui prit les choses en main et commença à pousser le fauteuil vers la sortie.
Beckett, elle, s’était mise à bouder sur son siège, les bras croisés.
Elle détestait se sentir si faible, surtout face à un homme, et surtout face à Castle.
Elle put enfin abandonner son « véhicule » comme avait dit Castle avec un petit rire.
« Vous n’allez pas vous y mettre vous aussi ! » avait-elle répondu en soupirant.
Castle l’aida à se lever et la conduisit jusqu’à la voiture.
Il tenta de lui mettre sa ceinture de sécurité mais elle lui expliqua que ce n’était pas parce qu’elle avait un bras en écharpe qu’elle était handicapée.
Il n’insista pas, tenant trop à la vie, surtout quand elle rajouta qu’elle n’avait pas oublié d’emporter son flingue.
Castle appréciait son envie de tout contrôler, son besoin d’autonomie, même si parfois cela l’empêchait d’agir en parfait gentleman :
- Alors cette consultation ? demanda-t-il en démarrant.
- Longue. Adam m’a donné une ordonnance alors si on peut s’arrêter dans une pharmacie…
- Pas de souci, il y en a une à deux pas de mon appartement. D’ailleurs, en parlant d’appartement, on va passer au votre pour vous prendre deux trois affaires, de quoi habiter chez moi quelques temps.
- Je peux très bien me louer une chambre d’hôtel vous savez ?
- Adam a dit que du fait de votre traumatisme crânien, quelqu’un devait vous surveiller. Je ne vous laisserais donc pas seule une minute. D’autant plus qu’un psychopathe en a après vous ! Donc, vous habiterez chez moi le temps qu’on le retrouve. Et puis on en a déjà parler hier soir : je ne vous laisse pas trop le choix.
« Un psychopathe en a après vous ». Ces quelques mots raisonnaient dans l’esprit de kate.
Elle se rappela la promesse qu’elle s’était faite et décida que c’était le moment de dire à Castle ce qu’elle avait « omis » de dire.
Elle se retourna vers lui, étudiant les traits de son visage qui paraissaient détendus, « pas pour longtemps » se dit-elle.
- Castle ?
- Oui, répondit-il d’une voix qu’il voulait douce en tournant légèrement la tête vers elle, ayant compris qu’elle allait lui avouer ce qui la tracassait.
- Je pense savoir qui est la quatrième victime du Valentine’s killer
- Et qui est-ce ? demanda-t-il, surpris, ne s’attendant pas à ce qu’elle lui parle de l’affaire en cours.
- Moi…