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Série : Castle
Création : 09.06.2012 à 21h42
Auteur : boones
Statut : Abandonnée
« Un serial-killer pour la saint-valentin, Beckett qui reçoit des messages de plus en plus étranges et nos deux partenaires qui se livrent à un véritable jeu de séduction... saison 3 » boones
Cette fanfic compte déjà 34 paragraphes
Chapitre 11 : Hard to Heard :
« Moi ». C’était le mot en trop, le mot à ne pas dire, le mot interdit, le mot qu’elle n’aurait pas du prononcer, le mot qu’il ne voulait pas entendre, qu’il ne pouvait pas entendre.
D’un geste brusque, Castle tourna le volant à gauche, faisant une queue de poisson à la vieille dame qui conduisait juste derrière eux. Elle klaxonna alors qu’il se rangeait déjà sur le bas coté, stoppant totalement le véhicule, ôtant même les clefs du contact.
Castle était surpris d’avoir réussi à conserver une once de réflexe de sécurité face à l’aveu de Beckett. Il avait garé la voiture, ne voulant surtout pas avoir d’accident. Il savait qu’il allait avoir besoins de quelques minutes pour digérer cette… arête de taille avant de pouvoir reprendre la route.
Il fixait le volant alors que Kate regardait nerveusement ses mains.
Il allait aussi avoir besoins d’une discussion avec la jeune femme assise sur le siège passager qui semblait d’un coup très intéressée par le bout de ses orteils.
Il ne comprenait pas pourquoi elle lui avait caché.
Il ne savait pas comment réagir. Mais si son esprit ne pouvait pas croire ce qu’il venait d’entendre, sa raison savait. Et son cœur lui… son cœur sombrait dans la colère.
Il ne le voulait pas, mais s’il voulait obtenir des réponses, complètes cette fois, il allait devoir hausser un peu la voix. Il n’aurait pas à se forcer beaucoup, la haine l’envahissait d’elle même. L’emportement était proche.
Elle savait qu’elle aurait du lui dire la veille, lui dire toute la vérité, et pas que des morceaux de l’histoire.
Comme elle l’avait prédit, l’air détendu qu’arborait l’écrivain quelques secondes auparavant avait totalement disparu pour laisser place à un masque de colère, d’indignation, d’incompréhension.
Elle ne savait pas quoi faire. Devait-elle dire quelque chose, ou était-ce à lui d’exprimer son ressentiment ?
Quand il se tourna enfin vers elle et qu’il posa son regard sur elle, elle sut. Elle sut que cette fois, elle allait connaître les foudres de Castle.
Et elle avait raison :
- Vous savez Beckett, je commence vraiment à en avoir par dessus la tête de vous, de vos mensonges, de vos cachoteries. D’abord vous ne me dites rien de vos problèmes puis vous venez me demander mon aide après m’avoir menti et moi je vous la donne, pensant naïvement que cette fois vous vous confirez à moi mais non, vous ne me dites encore une fois qu’une partie de la vérité. Vous lâchez des brides de vérité au gouttes à gouttes, quand vous l’avez décidé en pensant que tout le monde doit se plier à votre règle mais je vais vous dire moi : ca ne marche pas comme ça l’amitié, la confiance, le respect !
- Castle je…
- Non ! laissez moi terminer ! je vous ai donné une chance de tout me dire, vous l’avez gâché. Maintenant c’est à mon tour de parler ! Vous ne pouvez pas vous servir des gens comme ça et ne leur dire que ce que vous voulez.
- Castle laissez-moi vous…
- Non, taisez-vous ! je vous dis tout moi. Et vous ? vous vous ne dites rien. La communication ce n’est pas à sens unique vous savez ?
- Je sais…
- Alors pourquoi vous ne me l’avez pas dit hier soir, en même tant que le reste ?
- …
- Pourquoi Beckett !? dit-il un peu plus durement qu’il ne l’aurait souhaité.
- Stop ! Arrêtez maintenant ! Arrêtez de hurler, de me crier dessus ! Ca sert rien parce que je sais déjà tout ce que vous me dites. Je le sais et je suis désolée d’accord ? Mais arrêter de parler aussi fort. J’ai un mal de tête pas possible alors s’il vous plait… chut ! s’exclama-t-elle à sont tour.
Elle l’avait laissé expulsé sa colère, sa déception mais là elle n’en pouvait plus. Sa voix trop forte raisonnait dans sa tête comme un tambour, sans fin, comme un marteau.
Elle se prit la tête entre les mains, souffla un coup et reposa sa tête sur le dossier du siège, les yeux clos.
Elle pouvait sentir la respiration de Castle ralentir ce qui la rassurait un peu et l’encourageait à commencer ses explications, enfin :
- J’allais vous le dire, hier soir mais… j’étais pas prête, je savais pas comment le dire, ni quand. J’avais déjà fait immersion chez vous en pleine nuit, je vous embêtais avec mes histoires alors je ne voulais pas en rajouter avec ca…
- Mais vous n’êtes sûre de rien ? Je veux dire ca pourrait très bien être quelqu’un d’autre la prochaine victime !
Lui-même n’était pas convaincu par son histoire cette fois. Il savait très bien que Kate avait le profil parfait, autant physiquement qu’en ce qui concernait son travail ou sa vie privée.
D’ailleurs l’absence de réponse de Kate lui indiquait tout ce qu’il avait besoins de savoir. Elle n’était sûre de rien, elle savait. Et lui aussi désormais.
Il sentait la colère, la haine disparaître en lui, laissant une place pour l’inquiétude grandissante qui serrait ses entrailles.
Il se retourna vers Kate après de longues secondes, minutes durant lesquelles il cherchait ses mots, chose assez paradoxal pour un écrivain :
- Bien… passons à votre appartement… puis à la pharmacie… puis on ira chez moi… dit-il essayant d’occulter ses émotions, alors qu’il redémarrait la voiture.
- Merci Castle.
- Kate ?
- Oui ? demanda-t-elle en décollant son visage à l’expression soulagée de la vitre.
- Plus de mensonges.
Il aurait voulu rajouter « jamais » à la fin de sa phrase mais son message était assez clair.
Kate ne répondit pas, elle avait comprit, tout compris, le sens de cette phrase, comme le sous-entendu qu’elle avait doucement imprimé dans l’esprit de la jeune femme, il en était persuadé.
Si elle lui mentait encore, il n’y aurait plus de « on », de « nous » ou de « Always »
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Sous-vêtements, affaires de toilette, chemises, chaussures, chaussettes, pantalons, jeans, débardeur, livre, armes à feu, badge, chargeur…
Kate Beckett vérifia une dernière fois son sac. Elle ne partait pas en voyage pour six mois mais on aurait pu le croire.
« Ah les femmes ! Dite-moi détective c’est ca que vous appelez quelques affaires ?» avait dit en rigolant l’écrivain en voyant Beckett trainer sa valise et ses deux sac à main.
Après sa plaisanterie qui avait quand même réussi à tirer un mince sourire à la détective, Castle avait accouru pour décharger Beckett de ses affaires voyant la grimace de douleur succéder à son sourire.
Elle fit le tour des pièces de son appartement, vérifiant aussi que toutes les lampes étaient éteintes, que touts les volets étaient fermés.
Elle revint finalement dans le salon où attendait patiemment Castle :
- Bon, je crois que j’ai fait le tour ! Un café ?
- Avec plaisir ! c’est bien aussi d’échanger les rôles ! s’exclama-t-il ;
- Comment ça ?
Beckett se tourna vers la machine à expresso flambant neuve qu’elle avait « emprunter » à son père « pour une durée indéterminée », qu’elle lui avait dit. Il ne s’en servait pas de toute manière :
- Pour une fois que c’est vous qui m’apportez le café !
Elle ne lui répondit que par un sourire en lui tendant une tasse qui portait le logo des Yankees. Il lui répondit de la même manière rajoutant un « merci » mais ne put s’empêcher de la taquiner une fois de plus en voyant ce dessin sur le mug brûlant et rempli :
- Une fan des yankees !
- Oui, ca vient de mon père !
- Sage homme !
- Et vous Castle, Red Sox ou Yankees ? demanda-t-elle soudain curieuse en portant sa propre tasse rouge uni à ses lèvres.
- Malheureusement, l’absence de mon père à entrainé l’absence de ce genre de tradition dans ma vie. Je n’y connais presque rien et n’ai d’ailleurs jamais assisté à un match opposant ces deux équipes !
- Sérieusement ?
Devant les hochements de tête de son partenaire, elle continua en souriant de plus belle :
- il va falloir remédier à ca !
- Et que proposez-vous détective ? demanda-t-il alors d’un sourire taquin, sugestif.
- Leur prochaine rencontre est pour bientôt et mon père ne rate aucun match. J’y vais souvent avec lui, c’est un peu comme… notre rituel. Vous n’aurez cas venir avec nous !
- Je ne voudrais pas m’immiscer dans votre relation en perturbant vos moments passé tous les deux…
- Je ne vous laisse pas le choix ! Vous verrez ce sera sympa !
- Je n’en doute pas une seconde, chuchota-t-il si bas que personne n’avait du le percevoir, du moins le pensait-il.
Le silence momentané qui s’installait comme de la brume laissa le temps aux deux partenaires de déguster leur café.
Castle avait déjà assisté à sept matchs opposants les Yankees aux Red Sox.
Si son père avait fait le mort et ne l’avait jamais emmené respecter cette tradition, Rick y avait souvent emmené sa propre fille, comblant ce vide dans son éducation.
Mais il avait prétendu le contraire, anticipant la réaction de Kate et l’appréciant.
Elle avait parlé de ces moments partagés avec son père comme une relique, un trésor à ses yeux, et il était fier et heureux qu’elle lui ai proposé d’en faire parti.
Plus il découvrait cette femme, plus elle l’émerveillait, le surprenait et plus il l’appréciait.
Mais comme sa mère lui avait si bien dit une fois, les bonnes choses ne dure jamais longtemps.
Beckett lisait le message qu’elle venait de recevoir sur son portable. Et à en juger par la pupille noir se dilatant, par son souffle court, sa respiration saccadée, les perles de du sueurs apparaissant sur son visage et son teint soudain pâle, Castle comprit que quelques choses ne tournait pas rond. Ca devait le psychopathe. Ca ne pouvait être que ça.
Castle scrutait Beckett. Il ne l’avait jamais vu dans un tel état, si apeuré, surprise et désemparé à la fois. Disons qu’il en avait eut un aperçu lorsqu’un serial killer avait dédié ses meurtres à Nikki Heat, harcelant Beckett. Mais cette fois s’étais différent ; cet homme s’en prenait directement à elle :
- Kate ?
Sa voix était douce, calme, apaisante, rassurante. Kate leva les yeux vers lui. Mais elle ne dit rien, préférant lui tendre simplement le téléphone.
Avec appréhension, Castle lu :
« Alors comme ça on est allé se cacher dans les jupes de sa mère, enfin… de son petit partenaire plutôt ! Vous vous croyez à l’abris ma douce ? Vous ne le saurez que à mes cotés !
Vous lui manquerez comme vous me manquez en cet instant et bientôt, très bientôt, je serai celle qui aurait le plaisir de vous voir toute la journée parce que bientôt, je vous le confie ma chère, vous serez à moi !
L’amour approche pas à pas »
Chapitre 12 : To keep you safe !
Castle jeta son regard par la fenêtre de la cuisine ; puis à travers celle du salon, sachant bien que sa réaction était profondément inutile et devait faire jubiler le tueur.
Il serrait les poings autant que les dents mais ne disait mot.
Pourtant, tout se bousculait dans son crâne. Ce psychopathe avait appelé Beckett « ma douce » et « ma chère » ce qui déplaisait fortement à l’écrivain. Mais si certains mots l’avaient en effet choqué, le sens de la lettre l’avait fait tout autant.
Cet homme s’appropriait la jeune femme. Comme si Kate Beckett appartenait à qui que ce soit !
Et pour couronner le tout, il disait que bientôt Kate lui manquerait alors que lui l’aurait comme si… comme si il allait lui prendre, lui enlever…
Il rendit le portable à Kate toujours murée dans son silence. Il n’y avait rien à dire, et plus rien à faire ici.
Castle prit la tasse à café de Kate, la sienne et les déposa dans l’évier de la cuisine.
Kate comprit qu’il était temps pour eux de partir.
Elle avait regardé Castle durant toute sa lecture du message. Il n’avait pas flanché, il était resté calme, à peu prêt.
Elle avait remarqué les muscles tendus de sa mâchoire et ses poings serrés qui en devenaient blanc, vidé de sang.
Elle n’avait pas manqué ses coups d’œil jeté au dehors.
Il avait comprit ce qu’elle vivait maintenant, ce qu’elle ressentait.
Elle était bien contente de partir de chez elle, où elle ne se sentait plus en sécurité.
Castle récupéra les bagages de Kate qui après avoir fermé son appartement à double tours, appela l’ascenseur.
Dans l’ascenseur, alors que chacun regardait le nombre indiquant l’étage défiler sur l’écran au dessus des portes, ils se tournèrent l’un vers l’autre et d’un sourire, Kate le remercia encore une fois de ce qu’il faisait pour elle.
D’un hochement de tête, il lui fit comprendre pour la Nième fois qu’il serait toujours là.
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Après le passage prévu à la pharmacie ou Castle était descendu de la voiture pour aller chercher les différents médicaments et produits prescrits par son ami Adam, ils arrivèrent enfin au loft de l’écrivain.
Ils eurent la joie de découvrir le magnifique repas préparé par Martha qui les attendaient pour partager son déjeuner. Elle les accueillit avec de grands gestes grandiloquents, les invitant à poser leurs paquets pour la rejoindre sans plus attendre.
Castle l’embrassa avant de s’asseoir. Beckett complimenta la mère de l’écrivain.
Elle faisait face à un véritable festin composé de viandes de toutes sortes, d’une salade de légumes, de fruits ainsi que de pomme de terre en robe des champs. De quoi se régaler :
- Mère, tu n’étais pas censé travailler ce matin ?
- Si. Mais en tant que prof, directrice et fondatrice de mon école de théâtre, j’estime avoir le droit d’être flexible sur mes horaires de travail ! dit-elle tirant un sourire à Kate.
- Je vois ! répondit son fils en plongeant sa fourchette de poulet dans sa bouche.
Ils dégustèrent ces vivres avec appétit pour Kate et Martha. Castle lui, s’il faisait bonne figure et appréciait la nourriture et ce moment, ne pouvait s’empêcher de repenser à ce message du tueur et à ce qu’il impliquait.
En tant qu’écrivain, il ne pouvait s’empêcher d’imaginer toute sorte de scénarios et de vouloir connaître la fin de l’histoire. Mais tous ce qui lui passait par la tête ne lui plaisait pas. Parce que tout ce à quoi il pensait finissait mal.
Il devait trouver une solution, une manière d’empêcher cet homme de nuire à nouveau, et de faire du mal à Beckett, de l’arrêter une bonne fois pour toute avant qu’il ne soit trop tard.
Et le seul moyen qu’il voyait, c’était de faire protéger Beckett. Mais ca n’allait pas lui plaire, pas du tout. Pourtant, il le faudrait bien et il n’allait pas lui laisser le choix. Pas cette fois. Pas dans ces circonstances. Pas avec de tels enjeux. Pas si il risquait de la perdre.
Il lui en parlerait, dès qu’il serait seul.
Beckett appréciait vraiment Martha. Elle trouvait cette femme forte et courageuse malgré les épreuves qu’elles avaient du traverser. Et elle admirait par dessus toute son audace, sa persévérance. Cette femme disait ce qu’elle pensait, comme elle le pensait, faisait ce qu’elle voulait comme elle le voulait et ne laissait personne lui dire quoi faire. Elle acceptait les conseils et en donnais volontiers.
Elle lui faisait penser à quelqu’un qu’elle aimait de tout son cœur : sa mère.
Elle écoutait Martha lui raconter encore une fois une de ses nombreuses aventures amoureuses qui s’étaient soldé en échec.
Après un fou rire partagé par les deux femmes, Kate se tourna vers Castle, prête à lui dire quelque chose. Mais elle remarqua que sous son sourire presque forcé se cachait un voile noir. Il était à peine perceptible mais ne lui avait pas pour autant échappé. Elle le connaissait trop bien, depuis trop longtemps et savait reconnaître quand il était perdu dans ses pensées, quand quelque chose le tracassait.
Elle le lui en parlerait, dès que Martha repartirait pour ses cours.
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« À ce soir et faites pas de bêtises ! » s’exclama Martha fidèle à elle-même en claquant la porte du loft derrière elle, tirant de sourire gêné et quelques yeux en l’air.
Le débarrassage se passa dans un silence pesant. Martha était parti, ils étaient donc libres de parler. Curieusement, ce fut Beckett qui engagea la conversation :
- Qu’est ce qu’il y a Castle ?
- Comment ça ? demanda l’écrivain curieux en passant un chiffon sur la table.
- J’ai bien vu que quelque chose vous démange depuis que je vous ai montré le SMS tout à l’heure. A midi vous n’avez même pas rigolé aux aveux de votre mère et vous ne l’avez pas taquiné non plus sur ses ex- conquêtes. Alors dites moi ce que vous avez en tête qu’on passe à autre chose.
- Bien. Je veux que vous racontiez votre histoire aux gars et au capitaine Montgomery et que vous soyez placée sous protection.
Son ton était neutre mais sans appel. Il était déterminé et allait difficilement accepter qu’on le contredise. Pourtant, il s’agissait de Beckett et il savait très bien à quoi il devait s’attendre :
- Non.
- Pourquoi ? vous savez que ce malade va s’en prendre à vous !
- Je n’ai pas envie de raconter ma vie. Le meilleur moyen que je sois en sécurité c’est d’arrêter le tueur. Et ça je ne peux le faire que du commissariat. Je n’ai pas besoins de protection Castle ! je suis une grande fille !
- Ah oui ? comme hier soir où vous en êtes sortie de justesse ?
- Castle, ne commencez pas. C’est ma vie dont on parle ! Je n’ai pas envie d’être suivi partout, ni que Ryan et Esposito me regarde comme si j’étais faible, avec pitié. Je ne veux pas être mise sur la touche par le Capitaine et c’est ce qui arrivera si je lui dis la vérité sur l’identité de la quatrième victime. Alors je ne vais rien dire à personne et vous non plus ! fin de la discussion, clama-t-elle avant de quitter la pièce.
- Non. On n’en a pas terminé ! Si vous vous fichez de votre vie, arrêtez de faire l’égoïste et pensez au gens qui tiennent à vous !
- Écoutez-moi bien Castle : je m’occupe très bien de moi toute seule ! je n’ai besoins de personne pour ça ! et encore moins d’une protection ! il n’ m’arrivera rien parce que je vais attraper ce psychopathe.
Elle récupéra ses sacs, les faisant trainer sur le sol car elle n’arrivait pas à les porter à cause de ses côtes toujours douloureuses.
Elle s’enferma dans la chambre d’ami et commença à déballer ses affaires.
Mais habitée pas sa colère elle balança son sac par terre dépliant tous ses habits.
Elle s’assit sur le bout du lit, prit la tête dans ses mains et souffla un instant.
Castle avait le don dans la mettre dans des états pas croyable.
Et elle détestait quand on se mêlait de sa vie, il aurait du le savoir. D’un coté elle trouvait son coté trop protecteur très craquant et séduisant mais ce même coté l’exaspérait.
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Castle était seul dans le salon, pensif. Elle ne l’avait pas écouté, encore une fois. Elle n’en faisait qu’a sa tête. Elle était tellement têtue !
Il aimait bien son coté indépendante, forte et solitaire d’un coté mais parfois, il ne le supportait plus.
Et cette fois il n’allait pas laisser faire. La dernière fois qu’elle avait refusé une protection, son appartement avait explosé.
Sur cette dernière pensée, Castle saisit le téléphone posé sur la table basse et composa le numéro du douzième district qu’il connaissait par cœurs avec le temps.
La standardiste lui répondit rapidement et il demanda à parler au capitaine Montgomery.
- Montgomery à l’appareil.
- Oui bonjour. C’est Castle.
- Castle ! Quelle bonne surprise ! Que puis-je faire pour vous ?
- C’est à propos du lieutenant Beckett.
- Esposito et Ryan m’ont dit qu’elle prenait un jour de congé.
- Oui, c’est à propos de ça… Beckett n’est pas venu travailler aujourd’hui car je l’ai emmené à l’hôpital. Elle a débarqué chez moi hier soir. Elle avait été agressée.
- Quoi ? Elle va bien ? Qui était son agresseur ? Et pourquoi n’a-t-elle pas appelé ?
- Ce que je vais vous dire va certainement vous surprendre et assurément vous déplaire mais… Beckett est la quatrième victime du Valentine’s killer. C’est lui qui l’a agressé et il lui envoi des messages de menaces, pervers et effrayant depuis quelques jours.
- Je vois.
Castle pouvait facilement imaginé les dents serrées du capitaine et son expression du visage.
- Elle ne voulait pas vous appeler et refuse toute protection. Mais je ne vais pas la laisser mettre sa vie en danger, poursuivi Castle.
- Vous avez bien fait. Je dois avoir une discussion avec le lieutenant Beckett le plus vite possible. Et vous devez tous les deux venir au poste pour faire une déposition. Le plus tôt sera le mieux. Je vais faire mettre en place une protection pour elle, qu’elle le veuille ou non. Ah et n’oubliez pas de m’apporter tous les messages qu’elle à reçu ? Ce sont des preuves.
- Bien merci Capitaine. Le temps que je lui dise et on arrive.
- Bonne chance.
En effet il allait en avoir besoins. Il devait avouer à Kate qu’il lui avait désobéi et qu’il avait prévenu le capitaine qui les attendait au poste pour une déposition et une mise sous protection.
Il choisi la méthode directe. Il trouva Kate dans la chambre d’ami, s’approcha d’elle et lui raconta tout :
- Vous avez fait quoi ? s’exclama-t-elle au bord de la crise de nerf.
- Ce que vous vous étiez incapable de faire : protéger votre vie.
- Castle ! Vous n’avez pas à choisir pour moi ! en quoi ca vous regarde ?
- En quoi ca me regarde ? vous rigolez j’espère ! c’est vous qui êtes venu me demandez de l’aide ! moi je vous la donne. Je suis votre partenaire ! je n’ai pas envie que vous vous vous fassiez tué parce que vous croyez être invincible ! Ce n’est pas le cas Kate ! vous devez être protégé, juste par précaution parce qu’on ne joue pas avec sa vie !
- Mais c’est ma vie !
- Certes c’est peut-être votre vie mais vous n’êtes pas la seule à y tenir ! des fois on dirait que vous vous en fichez ! De toute manière c’est trop tard. Maintenant on doit aller au commissariat pour une déposition.
- Bien. Mais je tiens à vous dire que cette conversation n’est pas terminée. Il faut que vous appreniez à vous mêler de vos affaires au lieu de vous occuper de celle des autres…
Elle tourna les talons et après avoir passé sa veste en grimaçant de douleur, sortit du loft en claquant la porte un peu plus fort qu’elle ne l’aurait voulu.
Castle souffla. La journée allait être longue.
Il rejoint finalement sa muse dans la voiture et faillit heurter un jeune homme qui portait une casquette dans l’escalier.
« Excusez-moi monsieur, je ne vous avez pas vu. » s’excusa l’homme.
Castle s’arrêta une seconde sur ses yeux. Il était si bleu…
Il continua son chemin conscient que Kate devait l’attendre et que la patience n’était pas la plus grande de ses qualités.
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« Beckett ! Dans mon bureau ! » Fut la première phrase que prononça le Capitaine Montgomery en voyant arriver Castle et la jeune femme au bout du couloir après l’ascenseur.
Castle le soupçonnait de les avoir attendu là depuis son coup de fil.
Beckett se tourna vers Castle et lui lança un regard de colère avant de suivre son patron qui ferma la porte derrière eux.
Castle pouvait voir le capitaine faire de grands gestes, crier et Kate qui baissait la tête en acquiesçant.
Il s ‘en voulait un peu de lui faire subir ça après ce qui lui était arrivée mais savait que c’était nécessaire pour elle, et sa survie. Et d’une certaine manière pour sa propre conscience. Si il lui arrivait quelque chose, il s’en voudrait toute sa vie. Et ca il ne pourrait le supporter.
Il rejoint les gars qui eux aussi regardait la scène de leur bureau respectifs :
« T’as bien fait bro’ » lui lança Esposito pour qui la sécurité de Beckett était aussi très importante.
Ryan hocha la tête montrant son approbation.
Le capitaine avait du leur raconter.
L’écrivain se tourna de nouveau vers le bureau. Il ne pouvait faire que ça ; attendre.
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- Kate… je ne sais pas ce que je vais faire de vous, commença le capitaine.
- Monsieur laissez-moi vous…
- Non. C’est vous qui allez m’écouter. Dès qui s’agit de vous, vous n’en faites qu’à votre tête. Qu’est ce qui à bien pu vous traverser l’esprit pour que vous omettiez de me dire qu’un sérial-killer en avait après vous ?
- Je ne voulais pas que vous me retiriez l’enquête et que vous m’enfermiez dans une maison sécurisée pour ma protection. Je veux attraper ce malade moi-même.
- Et moi ce que je veux c’est vous garder en vie ! Je vous mets donc sous protection vingt quatre heure sur vingt quatre. Deux agents du FBI ne devraient pas tarder à arriver.
- Le FBI ?
- Nous avons à faire à un sérial-killer. Ils ont donc demandé à faire partie de l’enquête.
- Génial, soupira Beckett que l’idée enchantait guère, je peux continuer à travailler sur cette affaire ?
- Tant que votre vie n’est pas trop exposée je n’y vois pas d’objection. Quoi qu’il en soit, vous verrez ca avec les agents du FBI. Ils vont s’occuper de prendre votre déposition. Avez vous emmené les lettres qu’il vous a envoyées ?
- Oui…
- Donnez les à Ryan et Esposito. Ils vont s’occuper de les étudier, voir si on peut en tirer quelque chose. Et dites à Castle de se joindre à eux, en tant qu’écrivain il pourra peut-être se montrer utile.
- Bien Monsieur.
L’idée que Castle lise les lettres du tueur n’était pas des meilleurs mais elle en avait marre de contredire tout le monde. Et elle savait pertinemment que de toute manière, il aurait demandé à les voir.
Elle donna donc les lettres au gars ainsi que son portable pour les SMS qu’elle avait reçu et leur transmis les ordres de Montgomery.
Les gars étaient déjà partis en salle de travail. Castle se tourna vers Beckett :
- Et vous, qu’allez vous faire ?
- Montgomery dis que je reste sur l’affaire. Je dois faire ma déposition à deux agents du FBI, expliqua-t-elle d’une voix qu’elle voulait dure, montrant qu’elle ne l’avait pas pardonné.
- Le FBI ? j’adore ! Et vous savez qui sont les agents sur cette affaire ?
- Non, je…
« Castle ! Quel plaisir de vous voir ! » Déclara une voix encore lointaine mais reconnaissable entre mille qui surpris les deux partenaires :
- Agent Shaw ! s’exclamèrent-t-ils en chœur.
- Moi aussi je suis contente de vous revoir ! Castle, je vois que vous êtes toujours de la partie ! Beckett, j’ai cru comprendre que pour la seconde fois, vous êtes la cible d’un sérial-killer ! On dirait que vous attirez les psychopathes, ajouta-t-elle en adressant un clin d’œil à l’écrivain.
- Mais… qu’est-ce-que vous faites là ? demanda Beckett incrédule.
- Un sérial-killer, vous en ligne de mire… je suis devenue spécialiste ! Je vous présente l’agent Mickael Wilson de la division de protection des témoins.
L’homme tendit sa main à Beckett puis à Castle qui la serrèrent en étudiant l’homme. Grand, brun, à la carrure imposante, il ne souriait pas. Lui aussi semblait les étudier.
- Bien. Puisque les présentations sont faites, passons à ce qui nous intéresse : Beckett, déposition en salle d’interrogatoire.
Kate suivit les deux agents sous le regard compatissant et désolé de Castle. Lui rejoignit se deux amis en salle de réunion. Avant de pénétrer totalement dans la salle, il eut le temps d’apercevoir cinq autres agents qui déballaient le matériel du FBI dont leur grandes matrices de données.
Il ne put s’empêché de sourire. Mais son sourire s’effaça quand il entra. Des lettres étalées sur la table l’attendaient et il savait qu’il n’allait pas aimer leur contenu.
Il s’assit et saisit la première.
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Chapitre 13 : Découvertes en série :
Castle reposa la dernière lettre sur la table. Enfin, jeta le morceau de papier avec rage aurait été plus exacte.
Il se leva d’un bond et commença à tourner en rond autour de Ryan Esposito.
Les points serrés, la mâchoire prête à imploser, les gars ne l’avaient jamais au grand jamais vu dans un tel état de colère.
Il balança son point dans la vitre du cadre d’un tableau pendu là. La vitre se brisa sous l’effet de cette force puisée dans une haine sans nom.
Castle jura, contre la douleur qui partait de sa main en sang et qui se diffusait dans tout son bras, contre ce tueur en série qui avait commis l’irréparable.
Castle ne se considérait pas comme quelqu’un de violent, bien au contraire, il estimait être pacifiste, calme et patient et croyais plus aux pouvoirs des mots qu’a celui de la violence.
Et les mots de ces lettres avaient fait leur effet : plus de calme, de patience, juste de la haine.
Les gars ne savaient pas trop quoi faire. Approcher Castle ne semblait pas être une bonne idée, autant pour l’écrivain que pour leur survie.
Ils devaient attendre qu’il se raisonne tout seul. L’autre option était d’aller chercher Beckett mais elle était en pleine déposition et le FBI n’allait pas apprécier.
Non, ils ne leur restaient plus qu’à se remettre au travail et à attendre que Castle l’ouragan ai éliminé toute sa colère.
Esposito comprenait la rage de son ami. Il éprouvait la même. Mais toutes ces années en tant que policier lui avait appris bien des choses, et la plus importante, qu’il n’oublierait jamais : la colère ne sert à rien si on ne sait pas l’utiliser. Aussi se risqua-t-il à parler à Castle pur lui donner ce conseil qui l’avait tant aidé fut un temps :
- Hey Bro’, gardes ta colère pour le moment où on mettra la main sur ce type. En attendant elle ne sert à rien. Alors calme toi, aides-nous et quand le moment sera venu, quand on aura ce malade à notre merci, je t’aiderai volontiers à lui refaire le portrait !
Castle avait totalement oublié la présence des deux hommes à ses cotés. D’un coup, il se sentait ridicule. Certes il était en colère mais Ryan et Esposito devait l’être tout autant. Après tout ils connaissaient Beckett depuis bien plus longtemps que lui.
Sa colère dégringola de quelques degrés.
Il sourit à Esposito, le remerciant pour son soutien et se rassit.
Il savait qu’il pouvait se rendre utile. Pour une fois, il pouvait vraiment faire partager ses connaissances et établir une expertise grâce à ses lettres.
Il allait devoir prendre sur lui, il en était conscient, mais pour Kate, il pouvait le faire.
Il reprit la première lettre, la relu une fois, deux fois, trois fois. D’une voix posée, il commença : « Bien. On peut remarquer par l’emploi de cette tournure que… »
Les gars l’écoutaient attentivement, soulagés et intéressés aussi.
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- Lieutenant Beckett, vous êtes prête ? On peut commencer ? demanda Jordan Shaw.
- Oui, finissons-en…
- Wilson, prenez note, continua la jeune femme en s’adressant à son agent avant de se tourner vers Kate, racontez-moi tout ! je n’ai eu droit qu’a la version courte mais si je veux bien faire mon travail, j’ai besoins de connaître tous les détails.
- Bien. On a découvert le corps d’une femme vendredi dernier…
Beckett en avait marre de raconter son histoire. Elle espérait que ce serait la dernière fois. Elle savait bien que cette fois c’était plus que nécessaire et comme l’avait dit l’agent Shaw, plus elle en saurait, plus vite elle retrouverait ce tueur en série.
Elle essayait de ne rien oublier, parlant des lettres, des autres filles tuées dans les mêmes conditions, de son agression…
Certains souvenirs étaient plus douloureux que d’autres mais elle tentait de ne pas y penser.
À la fin de son récit, Jordan qui l’avait laissé parler hochant seulement la tête, prit la parole :
- Bien. Et cet homme, que pouvez vous me dire sur lui ? physiquement il est comment ?
- Je sais pas vraiment… c’était la nuit… j’essayais de lui échapper… mais je peux vous dire qu’il était plutôt grand, cheveux court, musclé… et qu’il avait une sacrée droite !
- C’est vrai qu’il ne vous a pas raté ! s’exclama Shaw en observant les hématomes violacés sur le visage du lieutenant et son bras en écharpe, et sinon, au niveau psychologique ?
- J’ai commencé à établir un profil mais je dois avouer qu’avec toutes ces lettres que je recevais, j’étais trop préoccupé pour le terminer.
- Je comprends, mais vous devez bien pouvoir m’apprendre quelque chose ?
- Oui. Avec mon équipe, on a déterminé que ce tueur en série était un homme blanc, la trentaine. Nous l’avons surnommé le Valentine’s killer car il tue quatre femmes durant le mois avant cet évènement. Il cible des femmes de race blanches, aux cheveux châtains et bruns, aux yeux vert et marron ce qui nous fait penser qu’il a lui-même les yeux de couleur bleu. Ces victimes étaient des femmes défendant les civiles des gens comme lui: secteur de la justice, de la sécurité, de la police. Les corps de ces femmes ont tous été retrouvés allongé de manière paisible comme si elles dormaient. Je pense qu’il cherche ainsi à se sentir moins coupable. Ah et on a également retrouvé des roses blanches ensanglantés sur les cadavres. Tous ses crimes ont l’air de crimes passionnels.
- Je sens qu’on va s’amuser avec celui là ! et à propos des messages, des lettres qu’il envoie ?
- On a découvert que les trois victimes avaient reçu des lettres, mais pas de message sur leur téléphone. Pas de poème non-plus.
- Mais vous si ! Ce qui fait de vous une cible spéciale. Mais pourquoi ? Parce que vous êtes la dernière victime.
- Génial… soupira Beckett.
Une cible spéciale. Elle avait bien besoins de ça…
- Et vous ne savez toujours pas comment il repère ses victimes ? Ni pourquoi la saint-valentin semble si importante à ses yeux ?
- Non.
- À nous de le découvrir !
- Une dernière chose agent Shaw… je reste sur l’affaire.
- Ca ne m’étonne pas venant de vous ! Vous allez avoir une impression de déjà-vu mais on va mener cette investigation selon mes règles. Vous serez sous protection vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Pas question que Monsieur vous mette la main dessus !
- Bien.
L’agent Wilson quitta la pièce avec son calepin sans un mot. Beckett allait sortir à son tour quand Jordan l’interrompit :
- Juste par curiosité : Vous et Castle… toujours pas ensemble ?
- Non, dit-elle avant de sortir pour de bon, toujours pas, ajouta-t-elle une fois à l’abris d’oreilles indiscrètes.
Elle retrouva les gars et Castle près de la machine à café. L’écrivain lui tendit un café, reçu un sourire, sourit à son tour.
Ryan et Esposito ne perdaient pas une miette de cet échange silencieux.
Quand l’agent Shaw arriva, elle s’empara du café que tenait Castle, et en bu une gorgée :
- Je vous en prie, servez-vous ! déclara-t-il la mine boudeuse en relançant la machine.
- L’agent Wilson met en place votre protection Beckett. En attendant, dites-moi ce que vous avez découvert Messieurs, demanda-t-elle aux trois hommes.
Kate ne pouvait s’empêcher de se demander quelle avait été la réaction de Castle face aux lettres du tueur. Il lui en parlerait certainement plus tard, quand ils seraient seuls.
Castle jeta un coup d’œil vers Beckett et la surprit entrain de le regarder. Elle fini par rompre le contact en baissant la tête, gênée par ce lien. Castle raconta alors ce qu’il avait pu déduire des lettres et des messages :
- C’est le tueur le plus dérangé que je n’ai jamais vu. On peut ressentir à travers ses lettres et les tournures de phrases employées qu’il est vraiment, vraiment amoureux de Beckett, commença-t-il en baissant la tête, plus que de l’amour, c’est de la passion…
Ce fut au tour de Kate de baisser la tête. Elle avait honte. Pourquoi ? Après tout elle n’y pouvait rien mais elle éprouvait quand même une certaine honte à être prise comme objet de la passion d’un psychopathe.
- Dans ces dernières lettres et dans ses messages, poursuivit l’écrivain en serrant les points pour se contenir, il se montre de plus en plus possessifs. On sent qu’il veut Beckett pour lui tout seul et il éprouve de la colère envers son entourage, en particulier envers les hommes. Tenez par exemple l’autre jour, j’étais avec Beckett, on allait déjeuner. Il lui a écrit un message pour l’insulter et lui dire, je cite qu’elle « n’avait pas le droit » de passer du temps avec un autre homme. On peut sentir une jalousie puissante et ainsi déduire qu’à ses yeux, il a le contrôle. Il veut se sentir supérieur et souhaite par dessus tout que Beckett lui obéisse.
- Je vois le profil ! soupira Jordan Shaw, autre chose de significatif ?
- A part ce que je viens de vous dire, pas grand chose. Ryan et Esposito ont fait une remarque intéressante cependant : chaque lettre décrit plus ou moins ce que fait Beckett. Il l’observait, la suivait. Il est fort possible qu’il ai prit un appartement en face de chez le lieutenant. Il n’y est certainement plus à l’heure qu’il est mais on trouvera certainement des indices qui pourront nous conduire à lui.
- Bien, je vais envoyer quelques hommes fouiller l’immeuble d’en face et interroger quelques voisins, voir s’il ont vu quelqu’un. En attendant, rentrer vous reposer, l’agent Wilson va vous raccompagner.
- Bien, acquiesça Castle en se tournant vers Beckett.
Elle n’avait pas prononcé un mot durant la conversation. Il pouvait voir qu’elle était gênée, honteuse même si elle n’y était pour rien. Il la comprenait. Voyant la fatigue qui imprimait son visage, il posa sa main en bas de son dos et d’un geste doux et lent, l’invita à prendre la sortie.
Il était bien sûr talonné par l’agent du FBI et ses hommes qui les suivirent également en voiture jusqu’au loft de l’écrivain.
Dans le véhicule de Castle, le silence régnait. Il voulait lui faire comprendre qu’elle ne devait pas se sentir honteuse, ou gênée :
- Pour les lettres…
Voilà. Le moment où il lui parlerait des lettres étaient venu.
- Pour les lettres je tiens à vous dire que je suis désolée.
- Désolée ? dit-elle surprise.
- Oui. Je suis désolée que vous ayez enduré ca toute seul. Je comprends un peu plus pourquoi vous ne m’en avez pas parlé même si je pense que j’aurais pu vous aider. Ca n’a pas du être facile en tout cas alors je suis désolée. SI vous voulez en parler… je suis là.
- Merci. C’est gentil mais j’aimerai assez oublier ces messages. J’ai l’impression d’être une espèce de convoitise, un but à attendre, un objet de passion à obtenir. Ca me met mal à l’aise. Surtout que tout le monde a lu ces lettres alors…
- Vous n’avez pas à être mal à l’aise. Si nous avons lu ces lettres c’était uniquement pour tenter de découvrir des indices. Les gars, moi et tout le monde sur cette enquête, nous savons très bien que ce n’est pas parce que cet homme vous décrit comme tel que vous l’êtes. Et ce n’est pas parce qu’il dit vous vouloir qu’il vous aura.
- Je l’espère Castle, je l’espère… soupira la jeune femme en posant sa joue contre la vitre, appréciant cette fraicheur et mettant fin à la discussion.
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Après quelques coups de clefs dans la serrure, la porte du loft s’ouvrit enfin laissant les deux partenaires accéder à l’appartement. L’agent Wilson les avaient laissé en bas de l’appartement, leur certifiant qu’en cas de besoins, lui et ses agents n’étaient pas loin. Il leur avait également conseillé de n’ouvrir la porte à personne.
Ils avaient acquiescé rapidement, trop fatigué pour répondre ou discuter et étaient monté dans l’espoir de se coucher rapidement.
Ils découvrirent Martha et Alexis, assises sur l’un des canapés, l’air grave, un morceau de papier posé sur la table basse. En entendant les bruits venant de la porte d’entrée, elles s’étaient tournées vers les nouveaux arrivant.
Beckett comprit à la mine défaite et triste de Martha que quelque chose de grave était arrivé. Alexis semblait éprouvé de la pitié :
- Ben vous en faites une de ses têtes ! s’exclama Castle.
- Kate… commença Alexis, je suis désolée…
- Désolé ? Pourquoi ? demanda Kate pas vraiment sûre de comprendre et pas sûre de vouloir savoir.
- Je… j’ai trouvé une enveloppa en rentrant, sur le pas de la porte, poursuivit la jeune fille. Je l’ai ouverte… j’ai lu la lettre, elle est pour vous…
Alexis tendit la feuille à Kate qui tremblait depuis qu’elle avait entendu le mot « lettre ».
Elle la saisit tout de même, jetant un regard effrayé à Castle avant de se plonger dans cette lecture.
Chapitre 14 : Esprit dérangé :
« Ma très chère,
Moi qui pensais que vous étiez indépendante, débrouillarde, que vous saviez vous défendre toute seule, comme l’autre jour. Mais non, je me suis trompé, vous avez fait appel au FBI, à l’agent Shaw. Vous pensez vraiment qu’elle m’arrêtera ? Vous pensez vraiment qu’elle arrivera à nous empêcher d’être réunis ? Qu’elle m’empêchera de vous avoir ? Naïveté que d’osé songer une telle chose !
Je suis déçu. À un point que vous n’imaginez certainement pas. Et croyez moi sur parole, ce n’est pas une bonne idée de me décevoir.
Mais je peux comprendre votre peur, de l’inconnu, de moi mais bientôt vous n’aurez plus peur, réchauffé par la chaleur de mon corps, entouré par mes bras puissant, rassuré pas la dureté de mon torse.
Votre peur s’évanouira pour laisser place à l’amour Kate.
Il faut que vous croyiez, à cet amour que je vous offre. Parce que si vous n’y croyez pas, si vous ne me laissez pas vous aimer, si vous me rejetez comme vous semblez le faire depuis le début… il se pourrait que ma colère remplace l’amour que je vous porte Katherine.
D’ailleurs, dites à vos amis de ne pas trop vous approcher.
De l’amour Katy, c’est tout ce que je demande… »
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Elle n’est pas encore là. Mais elle va arriver. Je le sais, je le sens. Elle va découvrir ma lettre, mon amour et mes projets. Mes craintes aussi et mon caractère.
Je sais qu’au fond elle m’aime. Elle a peur de moi mais elle m’aime. C’est sûr. Ca se voit dans son regard profond, dans ses yeux magnifiques.
Mais elle n’arrive pas à se plonger dans cet amour qui l’effraie.
Je suis sûr que c’est à cause de ces agents du FBI et de son écrivain qui le suit partout. Ce Castle. Je l’ai croisé dans son immeuble tout à l’heure. Je ne comprends pas ce qu’elle lui trouve. Des fois elle semble tellement accrochée à ses lèvres…
De toute façon, quand elle me verra, elle l’oubliera.
Il faut que je m’occupe de ce problème. Rien ne doit contrecarrer les plans que je nous ai construits, ou détruire notre nid d’amour.
Il faut que je lui fasse comprendre qu’on ne touche pas à MA Kate. Elle est à moi, et à personne d’autre. Et toute personne qui se trouvera sur mon chemin le paiera très cher.
Alors j’espère pour eux qu’ils sauront se tenir à distance.
J’ai du changer d’appartement aujourd’hui. Avec l’arrivée du FBI, j’étais sûr qu’il trouverait mon ancien poste d’observation et puis maintenant, elle vit chez son toutou. Mon nouveau petit nid est pile en face du loft de Richard Castle.
Mais celui là n’est pas si mal. J’ai une vu imprenable sur le salon, la chambre et la salle de bain principale de ce grand loft de millionnaire.
De quoi me satisfaire en attendant de l’avoir pour de vrai.
La voilà ! Elle est rentrée. Toujours avec son écrivain bien sûr !
Elle sent que quelque chose ne vas pas. C’est à cause de la famille de l’homme. Ca doit être sa mère et sa fille. Elles ont lu la lettre.
Sa fille… quelle beauté cette jeune femme. Ces yeux, sa chevelure, sa silhouette. Il doit beaucoup l’aimer, être fière d’elle. Il souffrirait beaucoup s’il lui arrivait quelque chose. C’est peut-être le meilleur moyen de lui faire comprendre qu’il doit s’éloigner de Kate…
Un accident, ca arrive facilement, n’est-ce pas ?
Elle a ouvert l’enveloppe, elle lit. Je jubile d’avance de voir sa réaction !
Elle pleure je crois. Je vois des larmes à travers mes jumelles. Mais pourquoi ? Pourquoi pleure-t-elle ? Elle pleure surement de joie. Elle est émue par mes mots.
Je la vois courir maintenant. Elle cherche à fuir ou à se cacher ?
L’écrivain la poursuit mais elle s’est enfermée dans la salle de bain. Elle se prend la tête entre les mains. Elle doit penser à nous.
Mais elle a l’air d’avoir peur. Peut-être peur de la réaction de ses amis ? Il faut que je leur fasse comprendre ce que nous vivons. Ils ne doivent plus l’approcher. Ils la déstabilisent.
À la vue de cette femme, l’inspiration me submerge une nouvelle fois. Sans détacher le regard de la fenêtre, je saisi un morceau de papier et de quoi écrire et me laisse aller aux différentes sensation qui déchire mon cœur. Un poème. Voilà ce qu’elle m’inspire. La beauté de la poésie.
« Katherine, Kate, Katy
J’aime te voir terrifiée
Bientôt je te consolerai
Et avec mes bras
Je te bercerai
Tu seras à moi
Pour l’éternité.
On sera heureux
Jusqu’à la fin des temps
Rien que tous les deux
Main dans la main
Yeux dans les yeux
Et je t’apprivoiserai
Et je te découvrirai
Et t’aimerai comme jamais
Et tu m’apprivoiseras
Et tu m’idolâtreras
Et m’aimeras comme moi
Je ne te tuerai pas
Je te garderai pour moi
Mais si tu ne m’obéis pas
Le sang coulera.
J’espère que l’amour triomphera… »
Je saisis la feuille de papier désormais imprimée des mots de mon cœur et l’accroche sur son mur. Celui au dessus de mon lit, ornées de centaines de photos d’elle, que je regarde à chaque instant.
Bientôt, j’aurais bien plus que des photos, je l’aurai elle, serrés dans mes bras puissant, contre mon torse chaud, près de mon souffle brulant qui la fera frissonner et gémir en se dispersant sur sa douce peau, dans son cou, dans son dos.
« Bientôt Kate » souffla-t-il en fermant les yeux, celant la promesse qu’il s’était faite.
Chapitre 15 : Trop c’est trop :
Beckett lisait cette lettre. Encore une. Une de plus.
Les larmes coulaient sur ses joues sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte. Elle pensait réussir à contenir le flot qui s’échappait de ses prunelles, en vain. Elle ne contrôlait plus rien. Elle lisait juste ces mots qui lui déchiraient le cœur, la dégoutaient et l’effrayaient en même temps.
« De l’amour Katy, c’est tout ce que je demande… ». Cette dernière phrase finit de l’achever. C’était plus fort qu’elle. Elle partit en courant. C’est tout ce qu’elle savait faire dans ses moment là : fuir. Elle ne pouvait montrer sa faiblesse alors elle se cachait. Elle la cachait.
Les petites gouttes d’eau saline dévalaient toujours la peau douce de son visage quand elle atteignit enfin la première porte. Elle entra dans la salle de bain, poussant un gémissement quand son bras blessé et douloureux heurta le mur. Elle se laissa tomber le long de la paroi après avoir fermé la porte à clef.
Seule, elle s’accorda enfin le droit de se laisser aller dans sa tristesse, dans sa peur.
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Castle guettait la réaction de Kate depuis le début de la lecture. Il grimaça quand il vit la première larme glisser lentement vers le menton de sa partenaire. Il aurait aimé la prendre dans ses bras, la réconforter mais elle ne l’aurait accepté, comme elle n’acceptait pas ses faiblesses.
Puis elle partit, en courant, en pleurant. Alors il la suivit, pressant le pas mais arriva trop tard et n’eut droit qu’au claquement de porte qui faillit s’abattre sur son nez
Il posa les deux mains sur la porte, si proche il pouvait entendre ses sanglots, ses gémissements.
Il baissa la tête et soupira, se demandant ce que pouvait bien contenir cette lettre.
Alors qu’il allait retourner voir sa fille pour le lui demander puisqu’elle l’avait lu, il aperçu un morceau de papier qui jonchait le sol juste à ses pieds.
Kate avait du la laisser tombé dans sa course.
Il saisit la lettre, et lu à son tour, un nœud aux entrailles, une boule dans la gorge, signe d’appréhension.
« Ma très chère,
Moi qui pensais que vous étiez indépendante, débrouillarde, que vous saviez vous défendre toute seule, comme l’autre jour. Mais non, je me suis trompé, vous avez fait appel au FBI, à l’agent Shaw. Vous pensez vraiment qu’elle m’arrêtera ? Vous pensez vraiment qu’elle arrivera à nous empêcher d’être réunis ? Qu’elle m’empêchera de vous avoir ? Naïveté que d’osé songer une telle chose !
Je suis déçu. À un point que vous n’imaginez certainement pas. Et croyez moi sur parole, ce n’est pas une bonne idée de me décevoir.
Mais je peux comprendre votre peur, de l’inconnu, de moi mais bientôt vous n’aurez plus peur, réchauffé par la chaleur de mon corps, entouré par mes bras puissant, rassuré pas la dureté de mon torse.
Votre peur s’évanouira pour laisser place à l’amour Kate.
Il faut que vous croyiez, à cet amour que je vous offre. Parce que si vous n’y croyez pas, si vous ne me laissez pas vous aimer, si vous me rejetez comme vous semblez le faire depuis le début… il se pourrait que ma colère remplace l’amour que je vous porte Katherine.
D’ailleurs, dites à vos amis de ne pas trop vous approcher.
De l’amour Katy, c’est tout ce que je demande… »
Castle avait envie de vomir. De vomir et de hurler. Ce prédateur -parce c’était exactement ce qu’il était au final : un animal en chasse- se permettait, non seulement d’harceler un lieutenant de police de manière plus que perverse, mais passait maintenant à la menace. Il menaçait Kate, et son entourage, par pure jalousie.
Il n’imaginait même pas dans quelle état d’esprit se trouvait Kate. Cet homme lui décrivait des scènes intimes où elle et lui s’adonnaient à une passion qu’il était le seul à éprouver.
La colère que l’écrivain ressentait en cet instant ne demandait qu’à ressortir. Mais il repensa au conseil de son ami Esposito et souffla un bon coup. Il devait être là pour Kate, pour la soutenir, l’aider du mieux qu’il pouvait et la protéger.
Il s’approcha de nouveau de la porte en bois après avoir plié et rangé la lettre dans la poche de son jean et colla sa bouche près de l’embrasure. D’une voix qu’il voulait douce, il murmura « Kate, c’est Castle, ouvrez-moi, vous n’avez pas à traverser ça tout de seule, je suis là ».
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Comment pouvait-on avoir autant de larmes dans le corps ? Parce que Kate Beckett était une source intarissable ! Peut-être était-ce parce qu’elle se retenait toujours de pleurer, refusait toujours de se laisser aller. Au fil des années, la tristesse, la rancœur, et les larmes s’étaient accumulées. Et le résultat c’était elle dans cette salle de bain, se noyant au milieu de ses larmes qui l’aveuglaient. Mais elle s’en fichait, ca lui faisait du bien.
Cette lettre était peut-être la pire. Il s’en prenait à elle, s’imaginait des scènes sexuelles avec elles, espérait qu’elle l’aimait. Ca la dégoutait, lui donnait la nausée, la révulsait plus qu’autre chose mais, même si c’était dur à penser, rien de nouveau jusque là.
Mais pour la première il la menaçait. Si elle refusait de se donner à lui, de l’aimer, il s’en prendrait à elle. Étais-ce cela qui étai arrivé aux précédentes victimes ? Elle avait refusé d’aimer un psychopathe, il les avait tué.
Il menaçait également son entourage, et ca, elle ne pouvait l’accepter. Cet homme lui reprochait d’avoir des amis prêt à tout pour la protéger, là pour elle. Et il lui avait bien fait comprendre que si ils continuaient sur cette voix, il ne ferait de cadeau à personne.
Et la dernière chose dont Kate avait envie à ce jour, c’était qu’un sociopathe s’en prennent à quelqu’un à qui elle tenait. Par sa faute qui plus est.
Mais que devait-elle faire ? Ne rien changer et vivre avec la peur qu’elle ressentait en cet instant, et cette culpabilité qu’elle pouvait entrevoir ? Ou bien céder aux exigences d’un tueur ?
Une voix la sortie de sa léthargie. C’était Castle, fidèle à lui-même et tenant ses promesses : il était là pour elle si elle en avait besoins. Mas là, elle ne voulait pas en parler, même pas à Castle. Elle refusait catégoriquement qu’il la voie comme ça, si faible, si triste, détruite.
Il avait du lire la lettre. Elle se souvenait, étrangement, l’avoir laissé tombé quelque part entre la salle de bain et le hall d’entrée.
Alexis l’avait lu aussi. Martha devait être au courant du contenu.
Voilà, elle avait honte encore une fois. Tellement honte.
Elle se tourna vers la porte, sachant pertinemment que l’écrivain était derrière la porte. Elle aurait aimé se jeter dans ses bras, avoir un peu de réconfort mais elle ne pouvait pas. Elle ne devait pas. Elle était forte.
Alors elle ne répondit pas non plus.
Elle avait prit une décision : elle devait se montrer distante, envers Castle, envers les Gars, envers toute les personnes qu’elle chérissait, les protégeant ainsi, même si elle devait en payer le prix. Ils ne la laisseraient pas faire, elle devrait se montrer convaincante.
Dans un nouvel élan, elle se leva, sécha ses larmes. Inspiration, expiration, inspiration, expiration. Une fois qu’elle eut reprit le contrôle sur sa respiration, régulière désormais, et que toute trace de ses sentiments avaient disparues des son visage elle déverrouilla la porte et sortit.
Castle fut un peu surprit en entendant le verrou tourner.
Beckett sortit, sourit à Castle. Sans un mot elle se dirigea vers la chambre d’ami.
Mais l’écrivain ne se laissa pas prendre dans le jeu de la jeune femme qui faisait comme si rien ne s’était passé.
Elle devait penser qu’il lâcherait l’affaire. C’était mal le connaître. Surtout quand il s’agissait d’elle.
Aussi l’intercepta-t-il sur le pas de la porte, attrapant son bras valide. Elle tourna la tête vers lui, essayant d’adopter une expression de surprise :
- Un problème Castle ? demanda-t-elle d’une voix plate.
- Ce serait plutôt à vous de me le dire…
- Je ne vois pas de quoi vous…
- J’ai lu la lettre Kate, l’interrompit-t-il en secouant la tête lui faisant bien comprendre qu’il était inutile de continuer ce petit jeu.
- Il est tard Castle… je suis fatiguée. Bonne nuit.
- Kate… Il faut qu’on parle.
- De quoi ? répliqua-t-elle innocemment.
- De ce qu’il y a dans cette lettre.
- Demain Castle, avec tout les autres, le FBI, les Gars, le capitaine… C’est juste une preuve…
- Ce n’est pas juste une preuve Kate et vous le savez très bien. Je sais que tout ne vas pas bien même si vous tentez vainement de vous en persuader. Si vous voulez en parler, je suis là.
- Bonne nuit Castle, déclara-t-elle, éludant sa proposition.
Il lui lâcha le bras, elle tourna les talons et pour la deuxième fois de la soirée, la porte qui les séparait se ferma devant lui, lui dehors, elle dedans.
Il resta quelques secondes de plus devant la barrière de bois, espérant certainement qu’elle s’ouvrirait et que Beckett lui parlerait. Ca n’arriverai pas il le savait mais il pouvait toujours espérer.
Elle s’adossa à la porte et prit un moment pour souffler. Il n’y avait que lui pour la réconforter, pour trouver les mots justes mais elle ne le laissait pas faire, comme souvent, trop souvent.
Sans prendre la peine de se changer – étant donnée qu’elle n’étais pas sur de pouvoir y arrivé seul, blessée et qu’il était hors de question de retourner voir Castle- elle se glissa sous les bras, posa son bras en écharpe sur son abdomen et ferma les yeux, priant pour que Morphée viennent rapidement. Elle ne voulait pas penser ce soir, juste dormir et oublier la réalité.
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Castle se réveilla en sursaut. Il avait entendu un cri. Du moins il le pensait mais peut-être avait-il seulement rêvé. Il regarda son réveil qui affichait fièrement un quatre suivi de deux zéro. Quel timing !
Un autre cri brisa le silence que la nuit imposait. Ce cri, cette voix, il ne la connaissait que trop bien : Kate.
Tel un lion, il bondit de son lit, poussant les couvertures violement.
Il se précipita en dehors de sa chambre, courant presque. Il ne prit même pas le temps d’allumer les lumières dans le couloir, se dirigeant à tâtons dans ce loft qu’il connaissait quasiment par cœur.
Il atteint rapidement la chambre d’ami et n’hésita même pas avant d’entrer, sans frapper.
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Kate, allongée sur son lit, dégoulinante de sueur, se débattait avec ses couvertures.
« Non ! NON !!! Pas lui ! Ne le touchez pas ! Ne le tuez pas ! Pas elle ! »
Elle hurlait tantôt, ou soupirait.
D’un coup, elle se réveilla, cherchant vainement son souffle, suffocant.
Elle manquait terriblement d’air et commençait à sentir des picotements dans le bout des ses doigts.
Elle voulait crier mais ce ne fut qu’un gémissement qui franchit ses lèvres.
Même réveillée, elle se sentait encore poursuivit pas l’horreur de son cauchemar qui lui avait inspiré une peur qu’elle n’avait jamais connu. Et dans cette vision irréelle qui lui avait semblé pourtant bien réel, le psychopathe qui en avait après elle s’en prenait aux personnes à qui elle tenait le plus pour se venger de son refus de l’aimer, de s’offrir à lui. Les gars, Lanie… Castle…
Elle ne retrouvait toujours pas son souffle. Au bord de l’asphyxie, elle aperçut quand même Castle qui accourait dans sa chambre. Il s’assit à coté d’elle et lui parla d’une voix douce :
- Calmez-vous Kate ! je suis là !
Il lui prit la main alors qu’elle se tournait vers lui, les yeux grands ouverts, effrayée, à bout de force.
Il comprit alors qu’elle sortait d’un cauchemar et qu’elle avait une crise de panique :
- Chut… Calmez-vous et respirez doucement. Comme ça. C’est bien, l’encouragea-t-il alors qu’elle calait sa respiration sur la sienne.
Il lui laissa le temps dont elle avait besoins pour faire face à ce qu’elle vivait.
L’écrivain savait bien que la lettre de la veille l’avait perturbée.
Sa respiration revint enfin à la normale et elle se délectait des grandes bouffées d’air qu’elle inspirait à intervalles réguliers :
- Castle… bégaya-t-elle néanmoins, pas encore totalement remise de ses émotions et surprise pas la présence de l’écrivain, même si elle l’appréciait.
- Je vous ai entendu crier alors je suis venu. Je pense que vous avez expérimenté une terreur nocturne, expliqua l’écrivain, tenant toujours sa main.
- Vous avez l’air de vous y connaître.
- Alexis en faisait parfois quand elle était petite. Comme vous, elle manquait de s’étouffer, privée d’air. Elle n’arrivait pas à respirer paralysée par sa peur.
- Je suis désolée de vous avoir réveillé. Et d’avoir crié.
- Il n’y a pas de quoi être désolée Kate. Pas pour ça !
- Merci pour… votre soutien…
- Toujours.
Devant son silence, et voyant qu’elle reprenait des couleurs, il se permit d’approfondir la discussion :
- Si vous voulez parlez de votre cauchemar… Je suis là, encore une fois.
- Je sais. Merci Castle. J’ai juste besoin de souffler un coup.
Kate posa sa tête sur l’épaule de Castle qui ne dit mot.
5h00, ils n’avaient pas bougé. Kate respirait correctement, calée contre son épaule :
- Pourquoi moi Castle ? Pourquoi ce tueur s’en prend-t-il à moi ?
- Il ne faut rien y voir de personnel. Vous êtes le type de femme qu’il cherche. Ca s’arrête là. Rien de plus.
- Pourquoi pas quelqu’un d’autre... moi j’en ai marre… je n’arrive même plus à dormir !
- Je sais Kate. Je vous promets qu’on va l’attraper !
Castle avait de la peine pour elle et souffrait de la voir dans un tel état.
Kate éclata en sanglot, sans prévenir.
Trop de pression. Trop tout court. Trop c’est trop.
Voilà ce qui arrive quand Kate Beckett se laisse aller à ses sentiments. Et pour la première fois, Castle le voyait et pouvait la réconforter.
Chapitre 16 : Far away from them :
Elle avait fini par s’endormir contre son épaule, là où sa tête avait glissé au bout d’un certain temps.
Encore parfois secouée par ses sanglots, elle avait quand même réussi à fermer les yeux, rassurée par cette présence à ses cotés, cette épaule sur laquelle se reposer.
Castle, lui, n’avait pas pu s’endormir. La lettre occupait toutes ses pensées, ainsi que la jeune femme qui sombrait dans le sommeil à ses cotés.
La voir dans un tel état lui faisait si mal. Il aurait tout donnée pour que cette histoire ne soit qu’un mauvais rêve, une illusion, une mauvaise mascarade.
Mais ce n’était pas le cas, et il devait faire avec.
Alors, pour la réconforter, la rassurer, lui procurer un mince sentiment, même passager, de sécurité, il laissait sa main passer dans son dos, la caressant du cou jusqu’au creux des reins.
Quand enfin il fut sûr qu’elle dormait profondément, il la rallongea sur le lit et remonta les couvertures sur elle. Puis il la laissa dans les bras de Morphée et quitta la pièce.
Non pas qu’il ne serait pas rester le reste de la nuit avec elle mais il devait réfléchir un peu… seul.
Il récupéra la lettre du Valentine’s killer et, une fois bien assit sur le sofa, la relu. Il ne cherchait pas à se faire du mal, juste à comprendre, à LE comprendre.
Qui pouvait écrire de telle chose ? Qui pouvait être dérangé à ce point ?
Les esprits dérangés, ça le connaissait. En tant qu’écrivain de polar et spécialiste du macabre, il cernait plutôt bien la psychologie des tueur mais là… là il devait bien avouer qu’il ne comprenait pas tout. ET ca le déstabilisait parce qu’il se sentit vraiment inutile.
Il pouvait tirer de ces lettres deux ou trois traits de caractère mais ce n’était pas ca qui aiderait à arrêter ce tueur… du moins pas directement.
Il voulait faire quelque chose, qui compterait, qui servirait, qui aiderait vraiment.
Il commença par appeler l’agent Shaw pour lui signaler l’arrivée de la nouvelle lettre et les menaces qu’elle contenait :
- Bien. Venez au poste pour huit heures, nous en discuterons là bas. Je vais contacter l’agent Wilson chargé de la protection du lieutenant Beckett. À tout à l’heure ! lui répondit la jeune femme.
Castle regarda sa montre et en apercevant les deux aiguilles pointées sur le six, il décida de préparer le petit déjeuner.
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Kate ne refit aucun cauchemar. En fait, après l’intervention de Castle, elle s’était plongée dans un sommeil sans rêve, un sommeil vide mais reposant.
Elle se réveilla d’elle même à sept heures tapantes, réglée comme une horloge.
Tout en s’habillant, elle repensa à cette nuit, cette nuit bien remplie, entre terreur et réconfort.
Qu’est ce qui l’avait prit de se laisser aller de la sorte dans les bras de l’écrivain. Jamais ca ne lui était arrivé auparavant.
La veille, elle se disait encore qu’elle devait s’écarter de ses amies, pour les protéger, et se protéger un peu aussi et voilà que maintenant, elle pleurait son désespoir et a tristesse qui la hantait dans les bras de son partenaire.
Si ca n’avait pas provoqué le psychopathe…
Elle fit taire la voix dans sa tête après s’être promis de respecter une chose : elle ne mettrait pas la vie des personnes qu’elle chérissait en danger, coute que coute. Et elle devait commencer par Castle parce que visiblement, c’était le premier sur la liste du tueur, parce que c’était un homme peut-être, l’homme le plus proche d’elle, un homme auquel elle tenait beaucoup et qu’elle appréciait énormément. Par jalousie tout simplement.
Mais que lui dire ? Que faire ? Comment ne pas le faire souffrir ?
Un poids sur l’estomac, elle se dirigea finalement vers la salle commune et retrouva son partenaire, une spatule dans la main gauche, une cuillère à soupe dans la droite, qui s’activait dans la cuisine.
Il lui avait préparé une collation digne de ce nom ! Pancakes, bacon, œuf, jambon, pain toasté, et avait même pensé au sirop d’érable :
- Bonjour Castle !
- Beckett ! hey ! dit-il surprit de la trouver là devant ses yeux, déjà réveillée.
- Dites-moi, vous n’auriez pas été cuisinier dans une vie antérieur ?
- Eh non ! que du talent détective ! Bien dormi ?
Et voilà qu’il abordait le sujet qui fâche. C’était le moment pour elle de lui faire comprendre que ce qui c’était passé la nuit dernière ne se reproduirait plus, jamais :
- Écoutez Castle… à propos de cette nuit…
- Si vous compter vous excusez, ou me remercier, pas la peine !
- Oui, merci mais… Non ce que je voulais vous dire c’est que… je me suis laissé aller, à mes sentiments et je n’aurais pas du… c’était juste un moment de faiblesses passager. Ca n’arrivera plus. Je vais bien et je ne sais pas ce qui m’a prit.
Katherine Beckett, la vraie, l’unique, celle qui ne laisse rien paraître, qui enferme ses sentiments au fond de son cœur, dans une muraille infranchissable était de retour.
Castle se doutait bien qu’elle ferait tout pour oublier ce moment où elle avait laissé entrevoir son cœur au reste du monde, et pour lui faire oublier aussi, lui faisant croire que ce n’était pas elle ca.
Mais il n’oublierait pas, que pendant quelques instants, il avait eu accès au cœur de sa partenaire, au cœur de cette femme si surprenante.
Elle essayait de remettre cette distance entre eux, cette distance de « sécurité » et il craignait trop de ne savoir pourquoi. Les propos du tueur lui revinrent en mémoire : « D’ailleurs, dites à vos amis de ne pas trop vous approcher. ». Elle tentait de s’éloigner de lui pour le protéger, lui et tous leurs amis.
Mais il ne lui faciliterait pas la tache, non, pas quand elle voulait s’éloigner :
- À vous de m’écouter Kate. Et ouvrez bien vos grandes oreilles parce que je ne le répèterai pas deux fois : je sais ce que j’ai vu hier soir et c’était bien vous. Vous étiez triste, vous avez pleuré, vous avez demandé de l’aide mais c’était bien vous. Je le sais et vous le savez tout autant ! Pas la peine de me faire croire que c’était juste un instant de faiblesse parce que ca arrive à tout le monde. Il n’y a pas de honte à se laisser aller, au contraire, moi je trouve ca courageux !
- Je vais bien Castle ! arrêter de croire que vous me connaissez par cœur !
- Mais je vous connais par cœur ! je sais que vous essayez de vous éloignez de vous ami par peur qu’il ne leur arrive malheur à cause de ce qu’a dit le tueur ! et je sais aussi que je ne vous laisserai pas faire ! vous vous apprêtez à faire exactement ce que le tueur vous demande, vous cédez, vous capitulez, vous lui donner satisfaction : vous seule, sans vos amis, une proie parfaite !
- Vous oubliez qu’il vous menace ! Tous ! Mettez-vous à ma place et demandez-vous ce que moi je ressens ! Que feriez-vous si un tueur sans pitié menaçait les personnes à qui vous tenez le plus ? vous feriez comme moi alors ne me dites pas ce que je dois faire et ne pensez pas que vous me comprenez Castle !
L’écrivain et sa muse petit-déjeunèrent dans un silence pesant, lourd de sens et rempli du ressenti de chacun. Castle était déçu, en colère et un peu perdue par l’attitude de son amie.
L‘effet d’une douche froide. Voilà ce qu’avait fait à Castle la dernière phrase de sa muse.
Il la comprenait ça il en était sûr. Il la comprenait même mieux que personne. Mai c’était elle qui ne voulait ou ne pouvait pas comprendre, son besoins de la garder auprès de lui, pour la protéger.
Kate était sidérée. Sidérée de ce trouver face à cet homme qui la connaissait si bien même si elle tentait en vain de lui faire croire le contraire. Il l’avait cerner jusqu’au bout des doigts, elle, dans tout son ensemble, dans tout ce qu’elle était. Il devinait ce qu’elle pensait, ses intentions.
Mais cela la mettait aussi en colère. Toute sa vie, elle avait été seule, se cachant du monde et voilà qu’aujourd’hui, quelqu’un l’avait délogé de sa cachette, l’avait comprise et essayait de rentrer dans sa tête.
Le pire était qu’il y parvenait sans mal.
Il y avait cependant une chose qu’il ne semblait pas saisir : son envie de les protéger, ou plutôt son besoins incontrôlable de les protéger.
Finalement cela avait fini en dispute. Ce n’était pas si mal, au moins ils étaient tous les deux en colère l’un contre l’autre et cela les éloignait… suffisamment pour le moment du moins. Ca lui faisait mal, mais avait-elle vraiment le choix ?
Elle verrait ce qu’elle ferait plus tard, si elle retournait à son appartement…ou pas.
Ils finirent de manger rapidement, sans toutefois échanger un seul regard, ni même un seul mot.
Ils se préparèrent, chacun de leur coté, se déplaçant dans cette atmosphère orageuse et cette ambiance électrique.
En quittant l’appartement, alors que Castle lui tenait gentiment la porte, silencieux, elle passa devant lui sans un regard, silencieuse elle aussi et continua son chemin jusqu'à sa voiture qu’elle avait garé en bas de chez l’écrivain.
Elle ne l’attendit pas et parti pour le commissariat.
Il comprit son geste quand, en arrivant en bas de son immeuble, il la vit passer dans son véhicule juste devant lui. Une voiture noire, du FBI certainement la suivait.
Il du se résigner à rejoindre le 12ème district de son coté, atterré.
Il n’avait pas eu le temps de lui dire qu’il avait déjà appelé l’agent Shaw pour la prévenir.
Tant pis pour elle.
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- Lieutenant Beckett ! ponctuelle comme d’habitude ! déclara Jordan Shaw en voyant la jeune femme sortir de l’ascenseur et se diriger vers son bureau alors qu’elle les attendait elle est Castle.
D’ailleurs, el parlant de l’écrivain elle ne manqua pas de notifier son absence au coté de la jeune femme.
- Où est Castle ? continua-t-elle alors, curieuse.
- Je ne sais pas. Il devrait arriver bientôt je suppose, répondit Kate, un peu sèchement à cause de sa colère.
- Vous n’êtes pas venu ensemble ?
- Non.
Ca méritait d’être clair. « Papa et maman se font la tête » déduit Shaw avec un faible sourire, se demandant quand ses deux là cèderaient enfin à l’amour qu’ils partageaient silencieusement et plus ou moins secrètement.
Castle arriva finalement dix minutes plus tard, une expression de déception et de colère sur le visage qui n’échappa à personne en salle de réunion. Mais tous se gardèrent bien de faire un commentaire.
L’agent Wilson, de la protection était présent lui aussi, et fidèle à lui même restait en retrait dans son silence et sa non-réaction.
Les gars étaient assis à coté de Montgomery. Bref, tout le monde était présent, la réunion pouvait commencer. Shaw, en tant que chef de cette enquête, prit naturellement la parole en première.
- Monsieur Castle, pouvez-vous nous lire la lettre que le lieutenant Beckett a reçu hier soir ?
Castle ferma les yeux un instant. Il avait pensé qu’il aurait le temps de parler de cette réunion à Kate avant qu’elle ne se produise, pour éviter cette surprise et cette colère dans son regard qu’elle pointait sur lui.
Elle détourna le regard en secouant la tête avec dédain mais ne fit aucun commentaire, reportant simplement la discussion à plus tard.
L’écrivain lu tout de même la lettre d’une voix plate et monotone.
Mais chacun avait bien compris ce qu’il ressentait. D’ailleurs, ils le ressentaient tous :
- Bien. Ce tueur est déterminé et passe à la menace. À nous d’agir en conséquence, poursuivit l’agent Shaw. Wilson, renforcez la sécurité en face du loft de Monsieur Castle. Beckett, c’est désormais votre nouveau « chez vous » officiel jusqu’à la fin de cette enquête.
Kate soupira. Elle ne pourrait plus retourner à son appartement comme elle l’avait prévu.
- Les hommes que j’avais envoyé dans votre immeuble et d’en celui d’en face ainsi qu’interroger le voisinage m’ont fait parvenir leur rapport. Ils ont trouvé le repaire du tueur, dans l’immeuble en face de chez vous, même étage avec vu sur… sur la chambre et… la salle de bain… fini la jeune femme.
Kate baissa la tête, soupira de plus belle et serra les dents, colérique, honteuse.
- Ils ont interrogé tous les voisins du même étage mais aucun d’eux n’avaient remarqué sa présence. L’appartement en question était totalement vide quand mes hommes sont arrivés. D’après le propriétaire, l’appartement, un trois pièces, attendait d’être loué. Il y avait bien des traces D’ADN et des empreintes mais elles ne sont pas dans le fichier. Vos voisins n’ont pas non plus vu d’homme déposé des lettres devant chez vous ou rodé prêt de votre porte.
- Encore une impasse quoi ! soupira la principale intéressée.
- Oui. Pour le moment. Mais il y a une chose que je ne comprends pas. Comment le tueur a su que vous aviez déménagé ? Et quand et comment a-t-il déposé la lettre sur le palier de votre porte Castle, surtout avec mes hommes postés dans l’immeuble et en bas ? Il est malin. Très malin. Je vais demander un mandat pour les vidéos de surveillance de l’immeuble de Castle, voir si on peut trouver quelque chose, n’importe quoi qui pourrait réduire nos recherches.
- Moi je vais continuer mon enquête pour meurtre ! déclara Beckett.
- Pas si vite détective ! Compte tenu de la lettre et de l’état d’esprit du tueur… je serais d’avis que vous arrêtiez d’enquêter.
- Pas question Jordan ! c’est toujours mon enquête et ces trois jeunes femmes ont le droit de voir leur coupable mis derrière les barreaux ! s’exclama la jeune femme en quittant la pièce avant d’ajouter : Castle ! il faut qu’on parle !
- J’espère seulement que vous ne serez pas la quatrième jeune femme, soupira Shaw avant d’adresser un clin d’œil d’encouragement à l’écrivain qui quittait la pièce à son tour.
Dans la salle de réunion, les personnes restantes continuaient de discuter de la protection de Beckett et de tout ce qu’impliquait cette nouvelle lettre.
Kate attendait Castle à la sortie de la pièce et dès qu’il franchit le pas de la porte, elle le saisit par le col et le plaqua contre le mur :
- Pourquoi vous avez appelé Shaw derrière mon dos ?! Ce n’était pas à vous de faire ça !
- Si je ne l’avais pas fait, vous ne l’auriez pas fait non plus ! je ne vais pas vous laisser mettre votre vie en danger d’avantage ! Vous voulez vous éloigner ? Allez-y ! essayez ! mais moi je reste ici, à vos cotés. On est partenaire alors je vous collerais comme votre ombre, que vous le vouliez ou non. Un point c’est tout.
Malgré toute sa colère, Kate ne put s’empêcher de sourire. Il était tellement protecteur envers elle, tellement présent. Pouvait-elle vraiment lui en vouloir ?
Elle relâcha son étreinte et alors qu’elle s’apprêtait à partir, elle remarqua que sur l’une des mains de l’écrivain il y avait un bandage :
- Qu’avez-vous fait à votre main Castle ?
- J’ai agressé un cadre je crois.
- Pourquoi ?
- Disons que… j’ai laissé ma colère s’exprimer en lisant les lettres que le tueur vous avait adressées…
Sans répondre, Kate lui sourit une nouvelle fois et repartit pour son bureau : elle devait avancer dans cette enquête.
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En bas du loft de Richard Castle,
Alexis sortit enfin de l’appartement. Avec la dispute qui avait opposé son père et Beckett, elle n’avait pas osé se montrer trop tôt se matin, préférant attendre qu’ils sois partie, « pour plus de tranquillité et moins de décibels » dit-elle à voix haute en imitant les voix des publicités de télévision.
Elle rigola toute seule et continua son chemin.
Sa grand-mère, elle, avait passé la nuit chez « un ami » comme elle le prétendait.
La jeune fille rousse sentit son cellulaire vibrer dans sa poche. En voyant de qui il s’agissait, elle adopta ce sourire niait des amoureux et décrocha sans plus attendre :
« Ash ! Oui j’arrive dans quelques minutes ! Non je suis à pieds ! à toute suite ! Je t’aime ! »
Elle raccrocha. N’ayant pas cour ce matin, elle allait rejoindre son petit ami dans central Park pour une matinée en amoureux, rien que tout les deux.
Perdues dans ses pensées, elle passa à coté d’un jeune homme séduisant aux yeux d’un bleu si clair qu’ils en étaient presque effrayants.
Il s’engagea dans son sillage avec un sourire de jouissance, jubilant. Il se frotta les mains et sourit de plus belle, ne lâchant plus sa proie d’un regard.
ATTENTION ! Scène de violence dans ce chapitre !
Chapitre 17 : How to make you suffer :
Il suivait toujours la jeune fille. Dieu qu’il aimait sa crinière rousse ! Et sa peau pâle qu’il voulait toucher ! Juste passer la main sur son bras, frémir sous cette douceur, dans une simple caresse…
Il observait ses longues jambes, ses formes bien dessinées, et imaginait son sourire face à la joie d’aller retrouver son petit copain. Sourire qui allait bientôt s’effacer.
Il avait décidé que ce serait elle sa prochaine proie, que ce serait elle qui paierait pour les erreurs des autres. Ce serait cette enfant qui ferait passer son message aux grands.
L’idée lui était revenu alors qu’il s’obligeait à regarder un spectacle qui l’avait horrifié : Kate, SA Kate, dans les bras de ce petit écrivain amateur qui la réconfortait après la fabuleuse lettre qu’il lui avait envoyé, écrite avec son cœur.
Il n’aurait pas du, elle non plus. Ils devaient comprendre leurs fautes et il allait s’en occuper.
Et quel meilleur moyen de faire souffrir cet insolent, cet arrogant que de s’en prendre à sa fille, à sa fierté, à son bébé, la chair de sa chair, tant aimée ?
Ca lui apprendrait à s’approcher trop de Kate Beckett. Ne lui avait-on jamais appris à ne pas toucher à la femme d’un autre ?
Après ça, il était sûr que ce « Rick » s’éloignerait de la flic, et que lui, son prétendant l’aurait pour lui tout seul.
Et puis ce n’était pas comme s’ils ne les avaient pas prévenu ! Il avait bien dit à Kate de prendre de la distance.
ELLE ne l’avait pas écouté, IL en payerait le prix.
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Ashley. Elle n’avait que lui en tête. Lui et l’idée de cette merveilleuse journée qui s’annonçait en compagnie de l’homme qu’elle aimait. Que demander de plus ?
Au loin, elle pouvait déjà apercevoir les feuillus de Central Park qui se dessinait dans le ciel azur.
Les branches frémissaient légèrement, en harmonie avec le vent. Le soleil aussi était au rendez-vous.
Tous les ingrédients pour une parfaite journée.
Alexis était tellement excité qu’elle décida même de prendre un raccourci. Une petite ruelle qui lui éviterait d’attendre que l’interminable feu vert de l’avenue passe au rouge pour laisser traverser les piétons.
Si son père ou sa grand-mère avait été là, il lui aurait probablement défendu de s’engager dans ce genre de petite ruelle sombre et déserte mais il n’était pas là et l’envie de voir Ashley se faisant de plus en plus pressante, la jeune adolescente bifurqua pour pénétrer dans la venelle.
La petite rue était longue mais elle savait qu’elle gagnait quand même un peu de temps. Comme elle l’avait prévu, elle était seule. Elle n’entendait même plus le bruit des moteurs, ni celui saccadé des pas de New-Yorkais pressés.
Elle lança son IPod sur la chanson « Society » d’Eddy Vedder avant d’enfiler rapidement ses écouteurs. C’était une chanson que Ashley lui avait envoyée la semaine dernière et depuis, elle l’écoutait en boucle en pensant à lui.
Elle se mit même à chantonner les premiers mots, accompagné par la mélodie qui emplissait ses oreilles.
Mais quelqu’un approchait derrière elle. Le bruit de ses pas, imperceptible par la jeune fille qui écoutait sa musique était pourtant bien présent.
L’homme s’avança, se rapprochant un peu plus de sa future victime.
Quand il fut assez prêt d’elle pour sentir son parfum, il passa à l’action.
D’une main il arracha l’appareil qu’elle tenait dans sa main et ses écouteurs et les jeta plus loin, sur le sol, brisant la vitre de l’IPod.
Alexis se retourna, une expression de colère teinté d’inquiétude sur le visage et commença à hurler « Hey ! Mais ca va pas bien dans votre… »
Mais elle n’eut pas le temps de finir qu’un poing serré s’abattait déjà sur sa pommette.
La violence de cette première attaque projeta l’adolescente surprise contre le mur, entre deux descente de gouttière, lui coupant le souffle tant elle heurta la dure paroi avec force.
Elle tenta de prendre la fuite en se baissant et en commença à courir malgré son étourdissement du au choc.
Mais il l’a rattrapa en quelques pas et lui assena un coup de genou en bas du dos. Elle gémit et se cambra avant de finir sur le sol, abasourdie.
Elle tentait de reprendre son souffle mais déjà une main la prit par les cheveux et la traina sur une dizaine de mètre sous ses cris de douleurs.
« Lachez-moi ! Au secours !». Elle avait beau hurler, personne ne l’entendait, personne ne viendrait, elle venait de le comprendre.
Il l’adossa au mur et alors qu’elle se massait le cuir chevelu il la roua de coups de pieds, tantôt dans les cotes, tantôt dans le visage.
Sa lèvre inférieure éclata, son nez se brisa dans un bruit atroce caché par son hurlement de douleur et par les propos de l’homme qui avait abandonné le sourire pour un masque de haine. Haine qui le contrôlait totalement maintenant.
« Je les avait prévenu ma belle !! C’est de leur faute si je suis obligé de te faire du mal ! ils auraient du m’écouter mais ils ont préféré m’ignorer et voilà ce qui arrive quand on me contrarie jeune fille ! C’est de la faute à ton père, il ne devait pas l’approcher, Kate ! Et c’est de sa faute à elle aussi ! Je lui avais bien dit de s’éloigner de vous tous ! C’est de leur faute si tu as mal, ne l’oublie pas ! »
Mais son explication, sa tentative pour se justifier était apparemment une vengeance insuffisante car il continua à frapper ce corps qui gisait au sol.
On aurait pu la croire morte, si elle ne gémissait pas quand la pointe de la chaussure de l’homme heurtait ses cotes déjà meurtries, son visage déjà ensanglanté.
Quand enfin il se rendit compte qu’elle était immobile, à la limite de sombrer dans l’inconscience, il cessa son massacre. Il se baissa, et, d’un geste d’une extrême lenteur, il dégagea les quelques mèches du visage méconnaissable de la rouquine mêlée au sang pour admirer ses traits fins crispés par la douleur. Elle serrait les dents, il souriait.
Il approcha alors son visage du sien, si près qu’elle pouvait sentir son souffle chaud sécher le sang qui maquillait sa peau. D’une voix douce, charmante, il prononça ses quelques mots alors qu’elle gémissait une fois de plus :
« Tu diras à Kate que je l’aime ! Et que je ne l’oublie pas ! Dis lui que dans quelques jours, on aura enfin notre premier rendez-vous bien mérité ! Et dis à ton père qu’il doit être fière d’avoir une fille comme toi, si belle, si douce, si fragile ».
Elle tentait d’assimiler ses mots malgré la souffrance qu’elle ressentait. Quand elle l’aperçut sortir un marqueur noir de sa poche, elle se raidit de peur.
Il déboucha le stylo et, de son encre indélébile, il grava ses mots sur le front de sa victime :
« LOVE HURTS ».*
Puis il se releva et commença à partir avant de se retourner, de revenir près d’Alexis.
Elle était allongée sur le dos, contre le mur, presque sur le flanc droit. Son visage était rivé sur son bourreau. Un de ses bras était protégé par son corps. L’autre trainait sur le bitume.
L’homme se rapprocha et observa ce membre qui reposait tel un déchet sur le goudron. Il sourit et avec un peu d’élan dans sa jambe, il écrasa le bras gauche de la jeune fille. Un craquement atroce se fit entendre, une douleur lancinante se fit ressentir, une joie infinie naquit.
Les larmes coulaient librement sur le visage pâle parsemé de tâche de rousseur. Larmes de peur. Larmes de douleur.
L’homme reprit finalement son chemin et se mit à fredonner un air bien connu : « L’AMOUR ET LA SOUFFRANCE NE FONT QU’UN PARFOIS »
Une forme méconnaissable demeurait par terre.
Elle lutta un peu, elle essaya vraiment de repousser la noirceur qui l’envahissait mais finit pas se laisser aller. A quoi bon !
Elle ferma les yeux et sombra. Peut-être était-ce mieux comme ça. Plus de souffrance, d’espérance, juste le noir et le répit.
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Au commissariat :
Shaw avait finalement réussi à obtenir assez rapidement les vidéos de surveillance de l’immeuble de Castle.
« Un mandat fédéral c’est un peu comme un passe-partout » avait-elle lancé en revenant chargé d’un carton de déménagement rempli de casettes.
Castle avait sortit son calepin pour noter cette réplique « digne d’un film ».
Kate avait sourit, rigolé quand personne de la voyait avant de se replonger dans ses dossiers, ses rapports d’autopsie et toutes ses photos du dossier.
C’était à Ryan, l’as de l’informatique qu’était revenu la tache d’analyser des heures et des heures de vidéo de surveillance. Esposito avait proposé sa paire d’yeux en plus pour gagner du temps.
Les agents du FBI c’était regroupé dans la pièce devenue leur centre de commande et tentait de développer le profil du tueur pour restreindre les suspects. Relevé téléphonique, factures des victimes étaient également passé au peigne fin mais, jusque là, rien de très significatif pour l’enquête.
Rick quant à lui se contentait d’observer Kate Beckett, sa muse si concentrée qu’une légère ride barrait son front.
Elle fronçait tantôt son petit nez, tantôt ses sourcils.
Et à vrai dire, Castle trouvait cela extrêmement craquant.
En la voyant passer sa langue sur ses lèvres sèches, il prit l’initiative d’aller leur faire du deux café bien chaud et sucré. Un peu de douceur ne ferait pas de mal.
Alors que le jus bouillant et brun coulait dans la seconde tasse, son IPhone se mit à vibrer dans la poche arrière de son jean.
Il décrocha malgré le numéro inconnu qui s’affichait sur l’écran :
- Oui allo ?
- Monsieur Castle ?
- Lui-même. Qui est à l’appareil ?
- Je suis le docteur Cormack du Columbia presbyterian hospital. Je vous appelle au sujet de votre fille, Alexis…
Sa gorge se serra, ses mains devinrent moites, une boule se forma au creux de son ventre. Il tremblait. Il avait peur. Peur de ce qu’allait bien pouvoir lui annoncer ce médecin, inquiet pour sa fille.
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Kate avait sourit en voyant son écrivain se lever pour préparer du café. Toujours au bon moment d’ailleurs !
Elle avait besoins d’une pause, de penser à autre chose qu’à toute cette paperasse, à cette enquête.
Elle se leva et alors qu’elle allait rejoindre Castle, il sortit en trombe de la salle de repos et s’élança vers la sortie. Il arborait un air qu’elle ne lui connaissait pas, un mélange de frayeur, d’horreur, d’inquiétude et de panique. Il semblait avoir perdu son sang froid, son calme et sa sérénité :
- Castle ?
Comme s’il venait de la remarquer, il se tourna vers elle étonné et bégaya d’une voix mal assurée :
- C’est Alexis…
Il n’avait pas besoins d’en dire plus, elle comprit. Quelque chose était arrivée à sa fille.
Elle délaissa tout ce qu’elle était entrain de faire et après avoir attrapé sa veste et ses clefs de voiture –car il était hors de question qu’il conduise dans cet état- et s’engagea dans son sillage au pas de course.
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*L’amour fait mal.
Chapitre 18 : Oh my baby !
Sirène hurlante et gyrophare allumé, Kate Beckett gara la voiture sur le parking de l’hôpital. Elle n’eut même pas le temps d’éteindre le contact que déjà Castle bondissait du véhicule et s’élançait vers l’entrée des urgences, Kate sur ses talons, essayant malgré tout de suivre.
Elle n’avait pas eu le temps, ni l’occasion de lui demander ce que se passait. Dans la voiture il n’avait pas lâché un mot malgré ses regards insistants.
Elle savait juste qu’Alexis était à l’hôpital.
Et quand ca concernait Alexis, Castle n’était plus le même.
Elle retrouva finalement l’écrivain en grande discussion plutôt animé avec un médecin qu’elle reconnu sans mal : Adam.
L’inquiétude qui imprégnait le visage de son ami lui fit mal au cœur. En s’approchant, elle perçu enfin des brides de conversation. Elle n’osait pas les interrompre mais elle écouta attentivement :
- Adam, dis moi ce qu’elle a bon sang ! C’est ma fille ! J’ai le droit de savoir !
- Calme-toi Rick et écoute-moi ! Elle va bien, elle va s’en tirer. Je ne suis pas son médecin, je suis juste venu me renseigner sur son état quand j’ai vu son nom sur le registre des urgences. Je sais simplement qu’elle a été agressée et que c’est un passant qui l’a retrouvé.
- D’accord… Mais… je pourrai la voir quand ?
- Je vais aller chercher son médecin. En attendant, assieds-toi et respire profondément.
Castle du se résoudre à accepter l’évidence : il allait devoir attendre un bon moment avant d’avoir des réponses et de pouvoir serrer sa fille dans ses bras. Il ne savait même pas ce qu’elle avait, ou elle était, ce qui lui était arrivé… Quoi de pire pour un père que de savoir qu’on s’en était pris à son enfant, à son bébé, à la chair de sa chair ? De savoir qu’on avait pas su le protéger ?
Il s’assit sur un fauteuil libre usé par le temps. Beckett le rejoint et lui prit la main, en silence. Il n’y avait rien à dire, rien à faire mais elle pouvait être là pour lui comme il était là pour elle dans tout ces moments durs qui vous forgent.
Finalement, une heure plus tard, Adam revint accompagné d’un homme, certainement un médecin.
Comme s’il était doté d’un sixième sens, Castle s’en rendit compte et alla à sa rencontre.
Inquiet, crispé, il osa tout de même poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu’il avait reçu ce coup de fil :
- Alors, Docteur, comment va-t-elle ?
- Votre fille à deux côtes cassées, ainsi qu’une fracture complexe du radius et du cubitus qui a nécessité une intervention immédiate mais simple je vous rassure. Elle à également le nez brisé, un traumatisme crânien ainsi que beaucoup d’hématomes et de plaies, notamment sur le visage et le bas du dos. Aucune trace d’agression sexuelle.
Castle avait pali à chaque nouveau mot prononcé par l’homme. Et particulièrement quand le médecin avait évoquer le viol. Imaginer sa pauvre fille avec toutes ses blessures… Il ne pouvait pas. Ça le détruisait.
- Je peux la voir ? demanda-t-il tout de même alors que Kate se rapprochait de lui doucement.
- Elle est en salle de réveil mais je vous emmènerai la voir dès que les infirmières l’auront installée dans sa chambre. Elle a besoins de repos alors ménagez-la.
- Mais que c’est-il passé je ne comprends pas !
- Votre fille a été retrouvée dans une ruelle du centre-ville par un passant alors qu’elle était inconsciente. Il a appelé une ambulance et la police quand il a comprit qu’elle avait été agressée. Elle a un message gravé sur le front et le policier qui est arrivé le premier sur les lieux et qui est chargé de l’enquête pense que c’est de la part de son agresseur.
- Ah oui ? Et que disais ce message ? demanda Kate jusqu’alors restée silencieuse mais habitée par un drôle de sentiment.
- « LOVE HURTS » si je me rappelle bien.
Ce sentiment qui l’habitait quelques secondes auparavant prit alors tout son sens. C’était le tueur. Son tueur. Celui qui la traquait, qui la voulait, qui l’espérait, qui l’aimait… Celui qui lui avait bien fait comprendre que si elle laissait ses amis trop l’approcher, ou être là pour elle, il le lui ferait regretter. Il le LEUR ferait regretter. Et c’est ce qu’elle avait fait, avec Castle, la nuit dernière. Elle l’avait laissé entrer dans son monde, sous sa coquille, entre ses larmes, dans sa tristesse. Il l’avait laissé la réconforter, la prendre dans ses bras. Elle avait donné au tueur une raison de s’en prendre à un de ses proches. Ce qu’il ne s’était pas privé de faire.
Mais Alexis… Comment avait-il pu s’en prendre à une adolescente ? À une jeune fille si adorable qui n’appartenais en rien à ce conflit d’adultes ? À la fille de son partenaire…
Elle souffrais, il souffrait, ce tueur avait réussis son coup et devis jubiler en cet instant.
Elle le détestait, elle lui en voulait. Mais elle s’en voulait encore plus à elle-même, d’avoir pu croire même une seconde qu’il n’était pas sérieux, qu’elle pouvait lui résister, le vaincre, et le combattre.
Et jamais elle ne pourrait se le pardonner. Jamais elle ne pourrait se débarrasser de ce sentiment de culpabilité qui prenait déjà racine dans son cœur.
Et jamais, jamais plus Rick ne lui adresserait la parole, ne la regarderait…
Elle regarda Castle une dernière fois, droit dans les yeux, lui signifiant ô combien elle était désolée et s’enfuit en courant, sans se retourner.
Castle aussi avait comprit en entendant ces deux mots pourtant anodins mais qui voulaient bien trop dire pour lui, pour eux. Le jour où il aurait ce tueur sous la main…
Il s’était alors tourné vers Kate pour voir sa réaction. Elle l’avait regardé, comme si elle le voyait pour la dernière fois avant de détaler… comme à chaque fois.
Il la connaissait trop bien pour savoir qu’elle devait se sentir tellement coupable…
Il s’apprêtait à la rattraper, à lui dire qu’elle n’y pouvait rien mais le médecine en charge du dossier de sa fille l’interpela avant qu’il n’ait eu le temps d’esquisser un mouvement.
L’homme lui annonça que son bipper venait de sonner et qu’une infirmière lui annonçait que sa fille était réveillée.
Kate devrait attendre, il s’élança vers l’ascenseur.
« Chambre 212 » hurla le médecin en souriant avant de retourner à ses occupations.
°°°
Castle arriva essoufflé par sa course devant la chambre. Il aurait pu se précipiter dans les bras de sa fille mais il avait besoins d’un moment pour se remettre les idées en place, pour penser à l’état dans lequel il allait la trouver derrière cette porte. Il n’avait jamais vu sa fille blessée de la sorte et il se doutait bien que ca allait lui faire un choc alors quelques secondes pour s’y préparer lui semblaient nécessaires.
Prêt, il poussa la porte et entra. Martha était déjà au chevet d’Alexis.
Comme il l’avait prédit, sa fille était dans un état déplorable.
Tout le sang n’avait visiblement pas pu être totalement enlevé de son visage Elle en avait même dans sa crinière rousse. Sa lèvre inférieure était complètement ouverte. Des ecchymoses étaient peintes sur son visage pâle et bleu par endroit au milieu de ses plaies récemment refermées. Elle avait un bras plâtré en écharpe et un fin pansement blanc couvrait son nez violacé. Et pour couronner le tout, comme si ce n’était pas assez, deux mots gravés sur son visage rappelèrent à Castle la raison de la présence de sa fille.
Mais le pire pour Castle, au milieu de toutes ces blessures, c’était les larmes qui perlaient aux bords des yeux de l’adolescente.
Il s’approcha d’elle et sans plus attendre, la sera dans ses bras si fort qu’elle gémit de douleur :
- Désolé… mais si tu savais la frayeur que tu m’as fait ma chérie !
- Je sais papa mais je suis là, vivante et quasiment en un seul morceau.
- Comment tu te sens ?
- Fatiguée… répondit la jeune fille d’une petite voix.
- Bien. Repose-toi alors, je reste là.
Il lui caressa les cheveux, souriant alors que Martha observait la scène, silencieuse.
Elle n’imaginait pas l’enfer qu’avait du vivre sa petite fille, ni ce qu’elle pouvait ressentir mais elle savait qu’avoir son père à ses cotés était une bonne chose. Aussi s’éclipsa-t-elle prétextant les besoins de vider sa vessie pour laisser le père et sa fille avoir une petite discussion sur ce qu’elle avait vécu.
Elle prit soins de refermer la porte derrière elle, les laissant seul et tranquille.
Castle s’assit au bout du lit de sa fille, prit ses mains dans les siennes et apposa son regard dans le sien toujours emplit de ses larmes qu’elle voulait retenir. Pendant une seconde, il pensa à Kate qui elle aussi retenait ses larmes pour ne jamais paraître faible.
Il revint à sa fille et d’une voix douce, lui donna l’autorisation de se laisser aller
« Tu n’as pas à te retenir de pleurer. Pleurer c’est courageux. Alors vas-y, laisse-toi aller, tu n’as plus rien à craindre, je suis là maintenant ! »
Comme si c’est ce qu’elle attendait, elle lâcha prise dans les bras de son père et éclata en sanglot. Elle en avait marre d’être forte, de faire comme si tout allait bien, parce que ce n’était pas le cas en cet instant. Elle n’allait pas bien et, étrangement, pleurer lui faisait un bien fou, comme si la souffrance, la douleur, la peur s’évacuait dans chacune des larmes qui tombaient en cascade le long de ses pommettes.
Castle lui murmurait de douces paroles, entre deux sanglots qui lui arrachaient le cœur.
Il se promit de se venger de l’homme qui faisait tant souffrir sa fille.
« Chut, c’est fini Alexis, je suis là maintenant, il ne te touchera plus, personne ne te fera plus jamais de mal… »
« Papa… » Une plainte, remplie de douleur, de souffrance, de tristesse.
Elle s’accrocha à son T-shirt, comme si sa vie en dépendait, comme si elle lui interdisait de la laisser une fois de plus.
« Je sais ma chérie… je sais que tu as peur, que tu ne comprends pas pourquoi il t’a fait ça, ni même qui c’était, et je suis sûre que tu dois te demander, « pourquoi moi ? » mais la réponse est qu’il n’y a pas de réponse. Tu n’y est pour rien et ton agresseur est juste un malade… »
Mais elle ne se calmait pas, elle pleurait de plus belle.
« Il faut que tu oublies tout ça maintenant Alexis »
« Oublier ? Mais comment veut-tu que j’oublie ! Il m’a écrit sur le front ! Et ça ne part pas ! Papa, il m’a écrit sur le front » elle pleurait et ces mots, quasiment inaudible était haché par les secousses de son corps.
Une larme apparu au coin de l’œil de l’écrivain et alors que cette larme solitaire entamait sa longue descente, l’homme sera encore plus fort sa fille dans ses bras, comme pour s’assurer qu’elle était bien là, qu’il ne rêvait pas, qu’on ne lui reprendrait plus jamais.
Puis, quand toutes leur émotions se furent suffisamment taries au milieu des larmes et grâce à leur contact, ils calquèrent leur respiration l’un sur l’autre et l’effusion sentimentale prit fin, brisé comme le silence par la petite voix de la rouquine qui se détachait lentement du torse de son père :
- Mon… agresseur, commença-t-elle difficilement, c’est l’homme qui écrit au lieutenant Beckett
- Oui, répondit-il alors qu’il ne savait si sa fille lui posait la question ou au contraire l’informait de ce fait. Mais ce qu’il ne voulait surtout pas, c’est qu’Alexis en veuille à sa partenaire.
- Bien.
- Mais tu sais ma chérie, ce n’est pas sa faute.
- Je suis fatiguée maintenant papa. Je veux dormir.
Castle avait bien comprit. Alexis, malgré toute sa gentillesse, sa compréhension, ne pouvait s’empêcher d’en vouloir à Kate. Il ne le voulait pas, mais il ne pouvait pas demander à sa fille de ne pas lui en vouloir. Il espérait seulement que le temps suffirait à pardonner Kate. Elle avait besoins de temps, d’espace et de réflexion.
Il la laissa donc après lui avoir fait un baiser sur le front et rejoins sa mère à l’extérieur de la pièce.
Martha, qui connaissait son fils par cœur comprit à son expression qu’il avait besoins de parler, que quelque chose le tracassait. Elle l’invita à prendre une chaise à ses cotés et après un bref silence, elle engagea la conversation :
- Alors, comment va-t-elle ?
- Bien. Enfin je crois. Elle a du mal à comprendre ce qui lui est arrivé. Elle sait que c’est l’homme qui harcèle Kate qui l’a brutalisé.
- Et elle lui en veut c’est ça ?
- Oui… soupira Castle, la mine triste.
- Tu ne peux pas la blâmer. Elle a besoins d’un responsable, de quelqu’un contre qui diriger son ressentiment, sa haine mais ca passera tu le sais comme moi. Elle a juste besoins de toi, de nous et…
- De temps. Je sais. Mais Kate s’en veut tellement elle aussi. Dès qu’elle a su, elle est partie en courant. Je voudrais leur faire comprendre à toute les deux que personnes n’y est pour rien dans cette affaire, si ce n’est ce psychopathe, cracha l’écrivain.
- Tu y arriveras j’en suis sûre. Et tu devrais aller chercher Kate maintenant, avant qu’elle ne fasse de bêtise ! Parce que moi si j’étais votre tueur, toute cette mascarade s’apparenterait à la devise « Diviser pour mieux régner » et je profiterais de cette zizanie semée pour exécuter mes plans.
- Veille sur Alexis ! je reviens vite ! Salut Ashley ! cria L’homme en s’élançant déjà vers la sortie.
-
Avec sa fille blessée à l’hôpital, Castle avait complètement oublié Kate, proie de ce tueur sans pitié. Il ne savait pas où elle était allé mais la connaissant, et après ces évènements, elle était probablement retourné chez elle. Un endroit que le tueur connaissait. Comment avait-il pu oublier sa sécurité et la laisser partir ?
Il prit sa voiture et démarra en trombe. En chemin, alors qu’il se rendait chez son amie, il contacta l’agent Shaw pour la prévenir des derniers évènements. Elle lui assura qu’elle allait envoyer deux de ces meilleurs hommes surveiller la chambre d’hôpital de sa fille et prendre sa déposition ainsi que les preuves retrouvées sur son corps afin de les ajouter au dossier de l’enquête.
Étant donné qu’il arrivait quasiment à son appartement, il ne mentionna pas qu’il se rendait chez Kate et que sa sécurité était peut-être en danger.
Sans même éteindre le contact, il bondit de sa voiture et déboula dans le hall d’entrée de l’immeuble sous le regard effaré d’une vieille dame qui attendait l’ascenseur. Quatre-à-quatre, il gravit les marches d’escalier pour arriver enfin à l’étage de sa partenaire. Il avança jusqu’à poser un pied sur son paillasson.
Il leva la main, non loin du Juda et frappa deux coups sur le bois de la porte. Mais, non fermé, celle ci s’ouvrit dans un grincement. Kate ne laissait jamais sa porte ouverte.
Chapitre 19 : À qui la faute ?
Elle regarda Castle une dernière fois, droit dans les yeux, lui signifiant ô combien elle était désolée et s’enfuit en courant, sans se retourner.
Kate faisait les cents pas dans le salon de son appartement. En fuyant l’hôpital, et Castle par la même occasion, elle n’avait pas su tout de suite où aller, où se réfugier, où se cacher. Elle avait finalement opté pour son appartement, le seul endroit qui lui appartenait vraiment, le seul endroit où elle se sentirait chez elle et acceptée.
Et maintenant, elle tournait en rond en se demandant ce qui lui avait prit, de rester près de Castle, dans son loft, de passer la nuit dans ses bras, de tenter le tueur de la sorte, et de mettre en danger toutes les personnes qu’elle aimait et qui comptait le plus dans sa vie.
Était-elle naïve à ce point ? Aveugle ? Mais aveuglée par quoi ?
Et Alexis… elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer la jeune fille avec toutes les blessures évoquées par le médecin.
Ce tueur aurait du s’en prendre à elle directement, et pas en passant par une adolescente, une fille qui plus est. Quel genre d’homme pouvait être aussi malveillant, aussi peu compatissant, aussi sadique ?
Tout était sa faute aussi. Elle avait été arrogante, suffisante. Elle avait voulu jouer à la plus forte, à la plus intelligente, et maintenant, une enfant en payait le prix à sa place. Ce sentiment de culpabilité… ca la rongeait de l’intérieur.
Alexis, son père, sa grand-mère, elle leur avait fait tellement de mal. Ils devaient la détester. Il devait la détester…
Et le pire, en cet instant, c’est qu’elle ne pouvait rien y faire. Elle se sentait tellement impuissante, tellement inutile.
Et seule… Oui elle se sentait seule. Seule. Perdue. Inutile. Impuissante. Idiote. Triste. Egoïste… Tout ça à la fois. Et ca la détruisait.
Une larme coula sur sa joue, roula sous son menton. Kate se laissa tomber sur le canapé et implosa. Toute cette enquête, cette histoire, cette agression, ces lettres, c’était bien plus qu’elle ne pouvait supporter.
Elle se releva, saisit un verre et une bouteille de vodka qui avait prit racine dans le fond d’un vieux placard en bois d’olivier.
Elle se servit un verre en prenant place au bar.
Les gouttes d’eau salines qui dévalaient son visage se mêlaient à l’alcool de son verre.
Alors qu’elle allait s’apitoyer un peu plus sur son sort, un bruit de pas précipité se fit entendre près de l’entrée.
Réflexe de flic, elle bondit sur ses deux jambes et se précipita sur la poche de sa veste pur y récupérer son arme de service.
En face de la porte d’entrée qu’elle avait laissé ouverte à cause de trop plein d’émotions, elle se positionna jambes écartées, bras tendu, canon pointé vers sa cible potentielle. Elle calma sa respiration jusqu'à en reprendre totalement le contrôle.
Dans une longue expiration elle observa attentivement la porte d’entrée s’ouvrir dans un grincement.
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Castle leva la main, non loin du Juda et frappa deux coups sur le bois de la porte. Mais, non fermée, celle ci s’ouvrit dans un grincement. Kate ne laissait jamais sa porte ouverte.
Un tambour dans la poitrine, il poussa totalement la porte et fit un pas en avant… pour se retrouver face au canon d’un SIG SAUER pointé sur son front.
Sa partenaire le tenait en joue. Par reflexe, il leva les mains en l’air devant son visage, comme si ce geste inutile pouvait le protéger des balles.
Kate, quand elle se rendit enfin compte que l’intrus n’était en fait que Castle, abaissa son arme rapidement et soupira. Il lui avait fait une sacrée frayeur. Un instant, elle avait cru que c’était ce tueur qui venait… « Enfin »… pour elle.
D’un coup de pouce, elle essuya les quelques larmes qui venaient juste de recommencer à parcourir sa peau et chassa une mèche de cheveux rebelle qui lui barrait la vue en la consignant derrière son oreille.
Mais que faisait-il là ? Était-il venu lui annoncer officiellement la fin de leur partenariat ? Ou simplement lui dire qu’il ne voulait plus la voir ? Que eux deux, c’était fini pour toujours ?
Pourquoi la hanter ainsi ? La tourmenter encore un peu plus ? Elle y arrivait déjà assez bien toute seule.
Sa colère reprit possession de son corps, tout comme la tristesse. Drôle de cocktail. Dangereux cocktail :
- Castle. Que faites-vous là ? Elle se voulait dure, mais les tremblements de sa voix et ses yeux humides la trahissaient.
- Je suis venue vous parler. Je voulait vous dire quelque chose à l’hôpital mais vous êtes parties avant que je n’ai eu le temps d’esquisser un geste alors… me voilà ! Il avait l’air soulagé de la trouver là, comme si il ne s’y attendait pas…
- Comment va Alexis ? La question lui brûlait les lèvres, elle DEVAIT savoir.
- Elle va s’en remettre, avec du temps et de l’aide. Justement, c’est de ça que je suis venu vous parler : ce qui lui est arrivée, ce n’est pas votre faute Kate.
- Pas ma faute ? je… Elle devait avouer qu’elle était surprise. Bien sûr que c’était sa faute ! Pourquoi ne lui en voulait-il pas alors ? Le trouble passé, elle reprit, Si je m’étais éloignée de vous, rien de tout ca ne serait arrivé !
- Vous n’en savez rien !
- Si je le sais puisqu’il l’a écrit noir sur blanc, vous vous souvenez dans cette maudite lettre ? Si je ne m’étais pas pitoyablement laissée aller dans vos bras l’autre nuit, Alexis ne serait pas à l’hôpital. Je vous l’avais dit, je vous avais prévenu que j’étais un danger. Mais vous ne m’avez pas écouté, vous ne m’avez pas laissé partir et maintenant, votre fille souffre par ma faute et je ne peux strictement rien y faire !
- Vous n’avez donc rien compris ? Ce qui se passe en cet instant, cette dispute, vous essayant de vous enfuir, de vous éloigner, c’est exactement ce que souhaite le tueur ! Si ca n’avait pas été Alexis, ca aurait été quelqu’un d’autre mais ce n’est en aucun cas votre faute ! Vous n’êtes pas un danger, c’est lui qui l’est. Maintenant débarrasser vous de votre culpabilité mal placé et aidez-moi à trouver celui qui a fait ça à ma fille.
Castle s’approcha d’elle, comblant l’espace qui les séparait, le vide, le fossé qu’elle avait volontairement creusé entre eux. De deux doigts sous le menton, il lui releva la tête et d’un hochement, il lui fit comprendre qu’il ne lui en voulait aucunement :
- Bien, elle déglutit, cette agression s’étant passé dans le cadre de notre enquête, les policiers qui ont découvert Alexis coopéreront et l’affaire nous reviendra.
- J’ai eu l’agent Shaw et elle s’occupe de placer une surveillance sur Alexis ainsi que de récolter toutes les preuves matérielles. Je suppose qu’il ne reste donc plus qu’à prendre la déposition du passant qui l’a découverte ainsi que celle d’Alexis.
- Non Castle, pas ça ! Je ne peux pas aller voir Alexis. Je…
- Si vous pouvez ! Et vous allez le faire ! Pour moi, et pour elle aussi ! Elle vous en veut je ne vais pas vous mentir mais pas parce que c’est de votre faute ! Elle a juste besoin d’un coupable, d’une raison. Et c’est tombé sur vous parce que c’était plus facile. Mais l’éviter ne résoudra pas le problème. Alors vous allez aller la voir et faire votre travail. Et puis elle vous admire même si elle est un peu contrariée. Vous parler lui fera surement du bien !
- Je… D’accord Castle.
Cet homme. Mon dieu ! Il n’y avait que lui qui pouvait la rendre si dingue, la faire changer d’avis aussi vite, la convaincre en quelques mots bien placés, la faire sourire en une seconde ou sortir de ses gonds en un instant. Et ca l’exaspérait qu’on homme puisse avoir tant de pouvoir sur elle !
D’un revers de manche elle sécha ses larmes et remit quelques mèches de cheveux en place pour paraître présentable mais surtout, pour masquer son désarroi et se préparer à affronter Alexis.
Manteau, clef et courage en main, Kate, suivie de ses deux ombres, quitta son appartement.
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Et voilà. Elle y était. Le moment tant redouté durant tout le trajet de voiture affreusement silencieux était arrivé. Kate se trouvait devant la chambre d’hôpital d’Alexis, main levé, non loin de la porte, prête à toquer mais pas vraiment prête pour ce qui allait suivre.
Et si Alexis ne voulait pas la voir ? Et si elle ne lui pardonnait jamais ? Et si…
Stop ! Kate savait très bien qu’on avançait pas avec des « Et si ? ». Sans se poser plus de question, elle toqua à la porte au rythme saccadé des battements de son cœur.
Une petite voix faible l’invita à entrer et pendant un instant, Kate se demanda si Alexis lui aurait ouvert sachant qui était sa visiteuse mais elle chassa vite cette pensée et entra, pas à pas.
Voilà, maintenant elle devait faire face à Alexis. À une Alexis blessée.
Kate grimaça en voyant toutes les blessures sur le corps de la jeune femme. Un élan de rage qu’elle réprima avec difficulté surgit quand elle vit les mots gravés sur son visage, mots qui la provoquait ouvertement.
Elle s’avança d’avantage, jusqu’à se tenir assez proche d’Alexis pour qu’elle puisse avoir une conversation mais pas trop près non plus, histoire d’avoir une échappatoire en cas de besoins.
Une petite poussée de courage lui délia la langue :
- Salut Alexis !
« Quelle originalité ! » pensa-t-elle en arborant un sourire à l’adresse de la jeune fille qui la regardait elle-même avec une expression indéchiffrable qui la mettait mal à l’aise.
- Kate.
Elle ne lui facilitait pas la tâche.
- Je suis ravie de voir que tu vas bien, que tu es saine et sauve. Et je tenais à m’excuser pour ce qui t’est arrivé. Si seulement tu savais à quel point je me sens coupable. Je ne savais pas qu’il s’en prendrait à toi et si j’avais su ce qu’il avait dans la tête je n’…
- Vous le saviez.
- Pardon ?
- vous le saviez ce qu’il avait en tête. Vous le saviez puisqu’il vous l’avait dit dans la lettre qu’il vous avait envoyée. Il vous avait bien dit que si vous restiez près de vos proches il s’en prendrait à eux. Vous êtes restée, il s’en ai prit à moi.
- Écoutes Alexis, je suis sincèrement désolée pour ce qui t’est arrivé et je sais également que j’ai ma part de responsabilité dans cette histoire mais je…
- C’est bon détective Beckett. J’ai compris. Vous êtes désolée, vous vous en voulez. Et je sais que ce n’est pas vraiment de votre faute mais… j’ai besoins de temps, de réfléchir… Je suis fatiguée maintenant. Fermez la porte derrière vous et dites à mon père qu’il repasse plus tard.
Alexis, quand elle avait vu Kate entrer, avait eu une montée de colère, de hargne, de haine même.
Elle savait que c’était injustifié mais en cet instant elle s’en fichait éperdument. C’était elle qui avait tant souffert, et qui souffrait encore dans ce lit d’hôpital.
Elle en voulait à la détective et n’avait pas l’intention d’occulter ses émotions, ses sentiments.
Elle savait qu’elle était dure, que Kate souffrait aussi mais elle avait décidé d’être un peu égoïste et estimait que personne n’avait le droit de lui en tenir rigueur.
Et même après leur discussion, Alexis ressentait toujours cette colère. C’est pourquoi elle avait demandé à Kate de partir, de peur de lu dire quelque chose qu’elle pourrait vraiment regretter. Comme elle lui avait dit, elle avait besoins de temps pour gérer ce qu’elle ressentait, pour se débarrasser de toute sa haine.
Kate se redressa et hocha la tête. Elle avait tellement mal dans la poitrine. Mon dieu ce qu’elle avait mal.
Elle respectait la volonté de la jeune fille, aussi sortit-elle en fermant la porte en bafouillant encore une fois des excuses à peine intelligible.
Chapitre 20 :
Castle qui patientait sagement sur sa pauvre chaise en se triturant les doigts bondit en la voyant et vint à sa rencontre mais elle lui passa devant comme s’il avait été invisible, transparent. Les yeux emplies de larmes elle alla s’asseoir plus loin.
L’écrivain comprit que tout ne s’était pas passé comme prévu. Il la rejoint, prêt à la réconforter et pensa un instant à la position dans laquelle il se trouvait. Sa fille d’un coté, sa muse de l’autre, deux femmes qu’il aimait beaucoup, de différente manière mais… autant. Et lui se trouvait au milieu. Il ne voulait pas prendre partie, il ne pouvait pas.
Castle attendit un moment que Kate se calme et quand elle leva son regard vers lui pour le déposer dans ses yeux, il sut qu’elle était prête, prête à parler :
- Vous voulez en parler ?
- Parler de quoi ? Pour dire quoi ? Que votre fille me déteste et que je la comprends parfaitement ?
- Elle ne vous déteste pas et vous le savez. On en a déjà parlé : elle a juste besoins de temps pour expulser sa haine.
Kate hocha la tête, essayant de se laisser convaincre par les mots de son coéquipier. Il devait avoir raison, comme souvent.
- Vous avez pris sa déposition ?
- Non Castle, je suis désolée mais… je n’ai pas eu le courage, c’était déjà assez dur comme ça. Et puis elle m’a gentiment mais fermement demandé de quitter sa chambre.
- Ce n’est pas grave Kate. Laissons là se reposer un peu. Nous reviendrons plus tard et vous pourrez lui poser toutes les questions que vous voudrez.
- Je ne suis pas sûre que j’y arriverai Castle… Vous auriez vu son regard. Je vais demander à Shaw ou à un n’importe quel autre flic.
- Non Kate. C’est moi qui vous le demande cette fois. Je veux que vous soyez celle qui interrogera ma fille. Elle vous connaît, elle a confiance en vous, elle vous respecte. Après ce qu’elle a vécu, un visage familier dans une discussion difficile serait vraiment une bonne chose alors s’il vous plait Kate : faites le pour moi, interrogez-la !
- Je… Kate était troublé par les dires de l’écrivain… Bien.
Pour lui, elle pourrait le faire. Elle en aurait la force.
Mais elle savait que si elle voulait pouvoir mener cet interrogatoire, elle devrait gagner le pardon d’Alexis. Ca n’allait pas être chose facile mais la phrase que Castle venait juste de prononcer lui avait donner quelques idées et de la confiance en elle.
Elle se leva, résigné, prête, oui, à faire quelque chose. Elle commença à se diriger vers la porte de la chambre d’hôpital mais elle fut interceptée par la voix de Castle :
- Que faites-vous ?
- Je vais me faire pardonner.
- Mais elle a dit qu’elle avait besoins de repos.
- Je sais. Mais vous le pensez comme moi, ce n’était qu’un prétexte. Et ca ne changera rien si je vais lui parler maintenant ou dans une heure. Au contraire, le plus tôt sera le mieux.
Elle se retourna et reprit son chemin vers la sérénité, vers la paix intérieure qu’elle voulait réacquérir. Elle savait que son explication convenait à Castle et elle pouvait sentir son regard d’encouragement se poser dans son dos. Elle sourit. Premier sourire depuis longtemps.
Sans s’arrêter cette fois si, et sans même frapper, elle entra.
Mais là voix froide d’Alexis la rappela vite à l’ordre :
- Que faites-vous là ? Je croyais vous avoir demandé de partir ?!
- Je sais. Et pourtant je suis là. Je suis là parce que je ne supporte pas que tu m’en veuille Alexis. Écoute ce que j’ai à dire et si après tu veux toujours que je m’en aille, alors je m’en irais et te laisserais tranquille.
Devant l’absence de réaction de la jeune fille, Kate continua avant de perdre son courage et ses mots :
- Je sais que tu m’en veux, et tu as le droit ! tu as même plein de raison de m’en vouloir, de me détester, mais sache que je suis profondément, sincèrement désolée !
Les larmes avaient recommencé à couler sur ces joues, si timides, si légère, qu’elle ne s’en était même pas rendue compte. Mais Alexis, elle, n’avait pas pu manquer cette réaction inconsciente qui ne faisait que renforcer le discours de la femme devant elle et lui provoquer des pincements au cœur. Cette détresse… elle commençait à s’en vouloir de la faire souffrir de la sorte. Elle savait qu’elle le pouvait, que c’était légitime de sa part, mais d’un coté, elle n’avait pas le droit.
- Je n’ai jamais voulu qu’il t’arrive quoi que ce soit ! Si j’avais pu, j’aurai préféré mille fois prendre ta place plutôt que te laisser subir ça ! Et je sais que je suis en partie responsable de ta douleur aujourd’hui mais je t’en prie… pardonne-moi ! J’ai été égoïste de rester prêt de vous, je m’en rends compte maintenant et je vais m’occuper de ça pour ta sécurité, votre sécurité à tous mais j’ai besoins de savoir que je ne t’ai pas perdue.
Le débit de ses larmes augmentait, ses battements de cœur aussi. Pourtant, elle se sentait comme libéré d’un poids qui lui aurait bientôt brisé la poitrine.
Kate scrutait avec une certaine appréhension le visage de la jeune femme. Des secondes s’écoulèrent… de longues secondes qui sonnaient de plus en plus comme des heures pour Kate.
Seulement Alexis avait besoins d’un temps de réflexion. D’un temps d’adaptation après la scène qu’elle venait de vivre. Elle avait été tant émue par la détective. Et pendant cet instant, les émotions qu’elle avait expérimentées avaient complètement occulté sa haine. Elle avait pu voir avec une clarté déconcertante que toute sa colère n’était qu’une façade. Elle n’en voulait à personne. Elle avait fini par comprendre que Kate n’y était pour rien. Et maintenant, elle se sentait bête, idiote d’avoir réagit comme ça, d’avoir fait tant de peine à cette femme qu’elle admirait, qu’elle respectait. C’était à son tour de s’excuser. Elle lui devait bien ça :
- Je suis désolée…
Si il y avait une réponse à laquelle Kate ne s’attendait pas, c’était sans aucun doute bien celle là ! Alexis, qui quelques temps auparavant lui avait bien fait comprendre qu’elle lui en voulait à mort s’excusait maintenant… Mais de quoi au juste voulait-elle se faire pardonner ?
Face à la surprise du lieutenant, Alexis cru bon de poursuivre :
- Je suis désolée pour ce que je vous ai fait. Je sais bien qu’au fond, vous n’y êtes pour rien dans ce qui m’est arrivée. Mais c’était tellement plus simple de vous en vouloir… J’en avais besoins d’une certaine manière vous comprenez ?
Alexis espérait que Kate la comprendrait. Elle avait besoins que quelqu’un la comprenne. Elle en avait vraiment besoins. Elle ne s’était jamais sentit aussi seule de toute sa vie. Et même avec toute cette présence autour d’elle, tous ce réconfort, elle ne se sentait jamais mieux. Tout ce qu’elle voulait, c’était qu’on la comprenne, qu’on la regarde dans les yeux, qu’on lui parle autrement que comme si elle n’était que la pauvre petite Alexis blessée et traumatisée au fond de son lit d’hôpital :
- J’avais besoins d’en vouloir à quelqu’un parce que dès que je me vois dans un miroir, je ne vois que mes blessures et je repense à ce qu’il m’a fait et…
Elle ne put finir sa phrase, rattrapé par les sanglots qui lui nouaient la gorge.
Touché par la détresse de l’adolescente, Kate s’approcha, s’assit à ses cotées sur le matelas blanc et d’un geste doux et lent, lui caressa le dos. Oui elle la comprenait.
Elle comprenait qu’elle avait besoins de parler à quelqu’un. Elle attendit donc que le courage revienne et qu’Alexis reprenne :
- Je repense à ce qu’il m’a fait… à ce qu’il m’a dit… je me sentais tellement impuissante dans cette ruelle… et j’avais tellement mal…
- Je sais Alexis… mais je te promets que plus personnes ne te fera jamais de mal !
Les dents serrés de Kate et le ton dur de sa voix firent comprendre à la jeune femme qu’elle le lui promettait.
La détective continuait de lui caresser le dos, la réconfortant comme elle pouvait, de son mieux.
Il fallait qu’Alexis fasse sortir ce qu’elle avait en elle, les larmes, les mots, tout.
- Le pire, c’est qu’il n’avait aucune raison de me faire du mal… et ca avait l’air de lui faire du bien en plus !
- C’est un psychopathe. C’est leur façon de ressentir qui veut ça. Dis-moi Alexis ; je sais que c’est dur mais… j’ai besoins de savoir en détail ce qu’il s’est passé.
- C’est la flic ou la femme qui parle ?
- Les deux. Ce que tu as vu, entendu, vécu est important pour l’enquête. Mais je pense qu’en parler te libèrera aussi. Et tu sais que je ne te jugerai pas. C’est peut-être un peu flou mais dis-moi déjà ce qui te revient.
- Ce n’est pas flou. Je me souviens de tout. Je ne peux pas oublier. Je ne pourrais pas même si je le voulais. Et croyez-moi, je le veux !
- Bien. Raconte-moi tout dans ce cas là.
- Il m’a abordé dans cette fameuse ruelle… je ne l’ai pas entendu approcher parce que j’écoutais de la musique. Après, tout s’est passé très vite. Il m’a frappé, je suis tombé. J’ai essayé de m’échapper mais il m’a rattrapé et il m’a battu de nouveau. Il m’a trainé au… Elle reprit son souffle haché par l’émotion… il m’a trainé au sol
- Si c’est trop dur, on peut arrêter Alexis.
- Non, je veux le faire ! Je vais y arriver, s’écria la jeune fille les yeux rougis par les larmes, les dents serrées par la tristesse et la colère. Je peux la faire… Elle inspira, expira, malgré les larmes qui lui emplissaient la bouche. Et là, il m’a roué de coup, un peu partout. Quand enfin il s’est rendu compte que j’étais KO, il…
- Il a quoi Alexis ? demanda Kate face à l’hésitation dont l’adolescente faisait preuve.
- Il m’a laissé un message pour toi avant de m’écrire sur le front… Alexis baissa la tête. Elle savait qu’elle aurait du parler plus tôt du message mais elle n’avait pas vraiment su trouver le bon moment.
- Quel message ? De quoi tu parles ? De celui là ? dit-elle en montrant le visage de la jeune femme.
- Non. Il m’a laissé un autre message pour toi. Il disait, mot pour mot « Tu diras à Kate que je l’aime ! Et que je ne l’oublie pas ! Dis lui que dans quelques jours, on aura enfin notre premier rendez-vous bien mérité ! » Alexis avait volontairement omis la dernière partie du message qui s’adressait à son père mais qu’elle avait l’intention de garder pour elle.
- Oh… c’était au tour de Kate de se sentir mal. Et ce message ne faisait qu’exacerber un peu plus sa culpabilité déjà bien encrée au fond de son être. Bien… Elle ne voulait pas vraiment en parler maintenant, et encore moins avec Alexis qui avait déjà été trop mêlé à cette affaire à son gout. Elle se laisserait aller plus tard, seule mais pour le moment, elle gardait le contrôle. Et ensuite ?
- Il a commencé à partir… puis il est revenu et il m’a piétiné le bras. Rien que le fait d’évoquer ce souvenir réveillait une douleur lancinante dans le membre plâtré d’Alexis. Il a fait ça juste pour le plaisir ce monstre ! continua-t-elle en laissant à ses larmes la liberté de tracer leur chemin sur ses joues pâle. J’ai finalement perdue connaissance. C’était peut-être mieux finalement.
La jeune fille secouait la tête en pleurant. Elle même n’en revenait pas de ce qu’elle avait vécu. Elle revoyait la scène dans ses cauchemars qui la traumatisait tellement qu’elle appréhendait de dormir et en venait à détester le sommeil.
Alexis posa sa tête sur le torse de Kate qui se trouvait toujours à coté d’elle et lui murmurait de douces paroles à l’oreille pour la calmer, la rassurer :
« Ne t’en fait pas. Tout va bien maintenant. Je suis là. »
Kate s’en voulait d’avance pour ce qu’elle s’apprêtait à faire. Mais c’était nécessaire. Tout en continuant à caresser la chevelure soyeuse de la rouquine, elle mit son mode « flic » sur ON et posa la question qu’elle devait à tout prix poser. La question qui pourrait tout changer :
- Alexis. C’est très important : As-tu vu l’homme qui t’a agressé ?
A l’entente de cette question, Alexis changea complètement de comportement. Sa respiration s’accéléra, elle se contracta, rentra la tête dans les épaules et gémit légèrement. Elle tourna lentement son visage vers l’enquêtrice et plongea son regard dans le sien. Les yeux écarquillés de terreur, elle répondit :
- Oui je l’ai vu. Je l’ai très bien vu. Je saurais le reconnaître.